Carnet de voyage

Escal' à 2 roues

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Bruno Sourzac
Deux vélos, du matériel d'escalade, des petits coeurs qui volent et plein de temps devant nous !
Mai 2022
365 jours
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Publié le 8 mai 2022

Et voilà, deux zozos en vacances ! ... "encore des vacances ?!" allez vous nous dire ! Non, mais cette fois, c'est pour de vrai ! Les graaaanndes vacances, voyez vous ?!

"Escal' à 2 roues", c'est deux vélos, deux paires de mollets, plein de bazar pour camper, grimper et réparer, des petits cœurs qui volent partout et plein plein plein de temps devant nous !

Tente, pinceaux, doudounes, chaussons d'escalade, réchaud, gants, corde, rustines, culottes, appareils photos, lunettes, buffs, sacs de couchage, liseuses, mousquetons, stylos, polaires, frontales, bols, casques, t-shirts, inreach, casserole, sac à pof, carnets, shorts, tapis de sol, tournevis, chaussettes, crème solaire, bonnets, palette d'aquarelle, casquette, pompe...

Voilà le nouveau jeu de ces jours ci : Faire rentrer tout ça dans 8 sacoches !

Rentrera, rentrera pas ? Réponse au prochain épisode !

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Publié le 10 mai 2022

Et voilà ! Chaque chose a finalement trouvé sa petite place dans une de nos sacoches...

Et une fois n'est pas coutume, nous sommes même prêts avant l'heure du départ !

Pour autant ces dernières heures, il a fallu faire des choix et pendant que Bruno s'allégeait considérablement en ne prenant qu'un seul slip pour tout le voyage, je m'allourdissais (considérablement !) en ajoutant encore un joli carnet à dessin et un foulard supplémentaire !

Mais chuuuut ! Il ne s'est encore rendu compte de rien...

Je me suis quand même retrouvée à aller faire les dernières courses avec dans mon sac à main la balance de la cuisine pour gagner trois grammes sur une batterie externe. C'est comme ça quand on est amoureuse d'un stacano du light !

Tant que ce n'est pas moi qu'il fait monter sur la balance, tout va bien !

Bref, résultats des courses une quarantaine de kilos pour chaque vélo chargé.

17kg de vélo et un peu plus de 20kg de bazar... Correct quand on emporte à la fois, sa garde robe, sa chambre à coucher, sa cuisine, son local à matos, sa salle de bain, son tiroir informatique et sa boîte à outils en vacances, non ?!

Pourtant j'en vois déjà un faire des bonds du fin fond de sa vallée d'Ossau ! On n'aura ni la même vitesse de croisière, ni le même dénivelé au compteur, c'est certain !

"Light is rigth !" Je la connais la chanson... et pour sûr, elle me reviendra en tête bien assez tôt !

On en reparle bientôt !


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Publié le 10 mai 2022

"Et rontonton, demain nous partons,

Et rintintin, nous partons demain,

Et rititi, nous voilà partis !"

Voici la formule magique qui a depuis toujours rythmé chacun de mes départs en vacances. Aussi loin que je me souvienne, à peine le portail du jardin franchi, le voyage commençait. Mon papa au volant du camion poussait la chansonnette, ma maman, le nez dans le grand atlas jaune levait les yeux amusée et moi, le sourire jusqu'aux oreilles, assise au milieu, je clamais les couplets avec joie, tellement impatiente de partir pour de nouvelles aventures !

... alors cette fois, pas de volant mais un guidon, pas d'atlas Michelin mais une carte du monde, pas de papa ni de maman mais un amoureux. Quant à ma curiosité débordante et à mon envie de partir à la découverte de la planète, je crois que rien n'a changé. L'horizon m'apparaît chaque jour toujours plus vaste.

Alors si on n'échappe pas à la traditionnelle ritournelle du départ, on pourrait ce coup-ci l'enrichir d'une strophe ou deux.

"Et rololo, nous partons à vélo,

Et rantantan, nous partons longtemps !"


Ces dernières semaines, ces derniers jours, chaque embrassade, chaque au revoir et chaque "à bientôt" maladroit ont pris des airs bien différents de d'habitude. Comme un air de nostalgie déjà perceptible à l'instant présent.

Comme une envie de nous garder avec vous et à la fois de vous sentir ravis de nous voir nous envoler, comme si nous laisser partir était gage d'histoires à vous raconter au retour ou en cours de route, comme si on se quittait vite pour mieux se retrouver bientôt !

Pour nous, comme une réelle envie de vous embarquer d'une manière ou d'une autre avec nous dans cette folle aventure.

Il faut dire que ce mois d'avril a été pour moi un tel condensé de partages, de joies de vivre, d'expériences vécues un peu partout et d'émotions fortes que laisser tout ça derrière fait tout bizarre.

Mais je sais aussi qu'en regardant de temps à autre dans le rétro, toutes ces images et éclats de rire me reviendront en tête ! Merci à toutes et tous pour vos petits mots, vos petites attentions ces jours-ci. Merci pour toutes vos bonnes ondes, on embarque un peu de vous tous dans nos bagages !

Vous pourrez donc nous suivre ici de près ou de loin, régulièrement ou non, en ayant peut-être parfois les mains mointes ou les mollets qui chauffent...

Il paraît que vous pouvez même vous abonner pour ne rien rater et surtout pour ne pas vous fatiguer à pédaler dans la semoule pour produire assez d'électricité pour arriver jusqu'ici alors qu'il n'y aurait rien de nouveau à lire.

L'humeur et la connectivité décideront de la fréquence des différents épisodes. Et n'oubliez pas... pas de nouvelle, bonne nouvelle !


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Publié le 12 mai 2022

Pourquoi choisir d'attaquer le périple en Grèce et pas depuis la maison ? Bonne question !

Notre idée étant de pouvoir rejoindre la Turquie pour y grimper avant que la trop grosse chaleur ne soit là, gagner quelques semaines sur le calendrier estival n'a pas de prix pour la peau des doigts des grimpeurs que nous sommes ! Perte considérable cependant pour les fabricants de magnésie.

Pour autant, prendre un avion pour aller si peu loin ne nous satisfaisait pas complètement et c'est pour une petite mission bus, bateau, vélo, bateau... que nous avons opté.

Rejoindre Milan puis Ancone avec 2 vélos et 12 bagages c'est un peu comme jouer à tetris dans une soute d'un Flixbus.

Flixbus, les seuls bus équipés pour faire voyager les vélos en théorie. En pratique, c'est comme ailleurs dans le monde, tu te dépatouilles comme tu peux. Des tendeurs pour les accrocher à l'arrière et les perdre sur l'autoroute ou bien en rampant dans la soute au milieu d'une certaine de valises. Le spéléo met ses qualités à l'œuvre et en quelques minutes, on est prêt pour le depart. C'est parti pour 22h de bus.

A chaque arrêt, à notre plus grand désarroi les valises viendront s'empiler une à une sur nos belles roues (pas encore voilées) et sur nos porte-bagages (pas encore tordus !). Je me demande bien si d'ici la fin de ce trajet en bus, nos montures se seront transformées en trottinettes ou en monocycles ! Contrairement à Bruno, je ne suis une spécialiste d'aucun de ces deux engins.

Arrivés à Ancone, on se dégourdie les jambettes dans un rallye cyclo en direction du port et on saute dans un ferry à 18h30 pour un départ prévu initialement à 16h30. Comme quoi, la non anticipation c'est parfois la clé du succès ! On grimpe sur le pont et le bateau largue les amarres ! C'est parti pour 22h sur les flots !

Enfin, 22h plus tard, on s'offre nos premiers tours de pédales sur le sol grec !

Quelques kilomètres vers l'Est... 18km selon Bruno, 32 km selon le compteur, cherchez l'erreur (!). C'est comme dans les manifs... ce coup-ci, j'aurais tendance à croire le moins engagé des deux !

Et déjà la nuit est là et la faim aussi... Pour cette première soirée greque, on a droit à un accueil collector !

On vous raconte ça plus tard !

12
mai

Première soirée du voyage ou comment tester l'accueil à la mode grecque...

20h, la nuit pointe son nez et les estomacs commencent à crier famine. Grands coups de frein devant le premier bar venu. Quelques vieux sont assis là et regardent, l'air blasé, le match de foot à la télé.

Le temps d'attraper deux ou trois trucs dans les sacoches, lorsque j'arrive dans le bar, mon Bruno est déjà installé comme un roi et semble avoir déjà tapé la causette à tout le monde. Le festival peut commencer...

Deux grandes bières arrivent, offertes par ce monsieur là nous explique-t-on.

Ah... Et ben, efcharistó !

On commande ensuite une salade grecque. Notre voisin nous explique que ce qui irait très bien avec, ce serait des brochettes et des frites. Bingo, ça arrive justement. Miaaam ! Et c'est déjà réglé par ce même voisin. Ah... Efcharistó !

Le bar se remplit peu à peu. A la télé on passe du foot au basket puis re au foot. Public de toutes les générations mais exclusivement masculin.

Évidemment, on nous demande d'où on vient et où on va. Un peu gênés, on explique qu'on a de grands projets mais que pour le moment, on a roulé à peine une trentaine de kilomètres et que c'est notre premier jour ! Peu importe, on est déjà leurs héros !!

Lorsqu'on nous demande où on compte dormir ce soir, on fait un vague signe du bras pour montrer que l'on n'en sait réellement rien mais qu'en même temps ce n'est pas tellement un problème.

Le téléphone grec semble marcher à toute vitesse dans ce petit bar de pêcheurs et entre plat et dessert, deux gars nous emmène, non loin, visiter la terrasse intérieure d'un restau fermé appartenant à sa sœur où nous pourrons passer la nuit... Royal !

Efcharistó les mecs !

On enchaîne avec un gros morceau de gâteau au chocolat et une énorme part de mille-feuille offert par quelqu'un d'autre encore. Efcharistó !


Bouquet final, quand on croit le repas enfin terminé, John, sûrement le seul irlandais du Péloponése vient discuter avec nous (en français s'il vous plaît !)

Il voudrait lui aussi nous offrir quelque chose : ce sera le café ! Thank you !


Et le comble c'est que quand John nous demande ce qu'on fait dans la vie, c'est le voisin grec déjà bien renseigné qui répond en français : guides de montagne. Ben ouais quoi ?! On n'a pas gardé les cochons ensemble mais on a mangé des brochettes à des tables voisines pardi !

Alors là évidemment, la montagne, ça lui rappelle son bon copain d'école en Angleterre. Il faisait de l'alpinisme. Il était fort. Malheureusement ce dernier est mort à l'Everest en 82 avec son compagnon de cordée.

Ah oui ?

His name was Joe Tasker.

Et Bruno qui rétorque dans la seconde : Ah oui il était avec Peter Boardman, ils sont super famous !

L'irlandais n'en croit pas ses oreilles et moi je n'en crois pas mes yeux. J'ai l'impression d'être dans un bon film ! Au fin fond de la Grèce, on parle de vieux copains morts à l'Everest.


Au moment d'aller nous coucher dans notre palace, il nous reste tout le bar à remercier. Efcharistó encore et bonne nuit !

Au petit matin, c'est la propriétaire du restau où nous dormons qui nous offre café et bouteille d'eau fraîche, pas plus étonnée que ça de découvrir deux clodos sur sa terrasse ! Efcharistó et bonne journée !


Bref, une soirée comme une autre en voyage !


15
mai

Rejoindre Athènes depuis Patras nécessite d'avoir quelque tours de pédales dans son sac. Pas franchement de gros dénivelé au programme de ces trois jours puisque nous longeons la côte mais de là à parler de plat, il ne faut pas rigoler non plus ! Ce serait trop facile et puis il faut bien se mettre dans le bain...

Le bain ? Ne croyez pas que je me sois mise à l'eau mais croyez bien par contre que cela fait au moins un an et demi que je n'ai pas posé les fesses sur un vélo !

Ces deux cent cinquante premiers kilomètres permettent donc de prendre un peu la température et ce n'est pas peu dire !

Sous le soleil du Péloponnèse, il n'y a pas que les mollets qui chauffent, les fesses s'échauffent sur la selle, les épaules, les cuisses et le dessus des pieds grillent au soleil comme des merguez. Le mode bronzage cycliste est activé !

Tongs, short, lunettes et casquette, voilà la parfaite tenue des vacanciers qui pédalent, sous un soleil de plomb, le long du Golfe de Corinthe.

La pause s'impose aux heures les plus chaudes de la journée et c'est aussi l'occasion de reprendre quelques forces. Pour ces premiers jours d'efforts, il n'y a pas de secret : pour avancer, il faut manger ! Et comme on n'a pas de nourriture dans nos sacoches, la réciproque est vraie aussi : pour manger, il faut avancer !

Salades grecques et souvlakis (brochettes) font le job à merveille.

Pour le dessert, point de raisin sans pépin, on n'a pas vu une vigne aux alentours de Corinthe... cherchez l'erreur !

Avec un peu d'élan, on saute le canal du même nom et nous revoilà sur le continent (mais pas pour longtemps...)

D'Athenes, nous voguons en une nuit vers l'île de Kos puis vers Brodum.

Youpi, nous sommes en Turquie !

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Publié le 18 mai 2022

[Quand Bruno prend la plume...]

Ce qu'on laisse...


Un balcon au sud-est, où il faisait bon boire son café au réveil, et souvent un maté au retour d’une sortie. Un endroit où "fare niente" et regarder passer le temps. Dedans, la pièce bicentenaire offrait cette douce quiétude au coin du feu. Heureusement, l'étable remisée accueillait toutes les extensions matérielles qu’on accumule au fil du temps… whish bone, bâtons, haches, kites, diapos, jumar, machine à coudre, piolets, quelques milliers de mètres de corde, des courriers, etc... Manu et Armelle m’y avaient accueilli avec toute la bienveillance qui les caractérise à un moment où je n’en menais pas large… L'art s'y était même invité au gré de l’existence sans qu’on aurait pu s'en douter !

26 ans de boutique, c'est quand même pas rien. L'école des guides, on finit par avoir des espérances… Bon, je vous rassure tout de suite, sitôt terminé mon tout premier contrat d'été, j'embarquais sur Pétrel pour traverser l'Atlantique. Destination le Brésil puis la Patagonie pour ce qui allait devenir une véritable addiction.

Tout jeune guide, mes qualités d'enseignant étaient à l'image des innombrable doutes qui inévitablement m’assaillaient. Et je suis sûr que mes premiers stagiaires garderont de nos échanges la stricte rigueur que je rapportais de ces campagnes Patagones : « l’à peu près » n'était pas de mise.

Certains collègues, à mes yeux charismatiques, m'ont nourri. Ce contexte professionnel, associé au fait de presque continuellement devoir se remettre en question a été source de dynamisme et d'élan. Le terrain était au centre de nos préoccupations, l'administration n'était qu'une lointaine nébuleuse.

Puis la roue a tourné, d’autres têtes sont apparues, la confiance et la solidarité « des potes de boulot » s'est perdue… L'absentéisme pour soulever des causes m'a pesé. Bref, cette prise d'année de dispo signe très probablement ma sortie par la petite porte, j'n'en attendais pas plus ! Sentiment de nostalgie, quand même ?...

Ma Twingo rouge, aux bonnes mains de ma chère filleule ! Longue route à vous, et n'oublie pas, avec Renault chaque jour un bruit nouveau ;-)

Des mètres de découverte karstique juste au dessus de la maison! Qu'ils continuent donc à se creuser…

Mes petits. Que les adieux furent émouvants… Je souhaite que cet intermède vous fasse réaliser de l'importance de chaque moment échangé, peu importe la forme. Gagnez en indépendance, en capacité à choisir par vous-même. Qu'ils soient assidus aux études devrait d'une certaine façon me rassurer, j'ai cependant envie de leur dire trouvez vous un centre d'intérêt, quel qu'il soit ! L'avenir tient plus à être motivé par une cause qui nous anime, le reste suivra… Quel regret d'avoir si peu partagé ces dernières années…

Nôtre VW volant, bien au chaud chez les parents de Lara, désassuré. Et oui, on peut, il suffit de demander !

Un truc électronique de 13cm sur 7, voyeur à outrance qu'on passe son temps à charger, inimaginablement chronophage…

Plus qu'une lassitude, une incompréhension de cette pensée dominante à valoriser les gens qui travaillent ?! Ou comment le travail devient une fin en soit alors qu'il devrait être relégué à un simple moyen. Cet anti capitalisme primaire ne serait-il pas LA solution ?

Les montagnes. Plus aucune attirance alpinistiquement parlant. La récurrence des disparitions associée n'est sûrement pas étrangère. Et quoi faire de cet aléa qui devient trop prégnant à mes yeux ... Comment, et pourquoi continuerais-je à l'accepter ?

Des voiles de traction… je ne vous cache pas que j’étais à deux doigts d’en tasser une au fond d'une sacoche. Rhâ… avancer grâce à Éole !!

Ça s'appelle comme ça, une forme de routine...

N’est-ce pas la méga suerte de s'être trouvés, et de partager les mêmes aspirations ? Lara croque la vie, et nous avons cette évidence commune qu'on n'en aura pas deux !

19
mai

A l'heure où on vous écrit ces lignes, cela fait une grosse semaine que nous sommes partis et nous avons parcouru en vélo environ 300 km. Soit même pas la moitié de ce que vient de parcourir Rémi ces trois derniers jours pour relier Hendaye à Cerbère pour une traversée des Pyrénées versant sud. Trois étapes de respectivement 245, 212 et 270 km pour un dénivelé de près de 13000m au total ! Une vraie machine à pédale !

Autant dire, qu'à côté, on se sent un peu comme la tortue de cette photo !

N'avons nous pas, nous aussi notre maison sur le dos ? Ici en Turquie, le décor semble bien vallonné et on a vraiment failli tomber à la renverse quand en pianotant sur le GPS et en y entrant nos hypothétiques prochaines destinations, on a vu s'afficher le chiffre de 7km de dénivelé positif.

Et en même temps, il paraît que "rien ne sert de pédaler (fort !), il faut partir à point".

Alors, pas de vélo ces jours-ci, on sort corde, chaussons et ce qu'il reste de bras à Datça !

24
mai
24
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Publié le 24 mai 2022

Nous étions à peine partis, en escale à Milan, que justement un vieux Milanais croisé dans un marché de primeurs, à la vue du vélo se remémorait ses Paris-Brest, Marseille-Paris et plein d'autres virées… L'heureuse évocation le fit même quelques minutes plus tard, revenir avec comme cadeau, un demi-kilo de mandarines fraîches.

Depuis toujours, un guidon était pour moi conçu pour être tenu à deux mains. En Grèce, il semble que la priorité numéro un soit la consommation du café frappé. Et les conducteurs de scooter de devenir livreurs avec jusqu'à quatre breuvages dans une main, l'autre servant éventuellement à se diriger dans le dense flux des autres véhicules, et ce le plus rapidement possible : faudrait pas que le café se réchauffe !

Quel bel engin pédagogique que ces scooters pour se familiariser à la conduite. Dès leurs plus jeunes âges, même en cours d'apprentissage de la marche, agrippés au guidon les enfants peuvent s’y tenir debout, entre les jambes du soit disant responsable. Parfois même, un troisième passager chevauche l'engin chargé de quelques cartons hétéroclites au milieu desquels pointent des yeux canins. Mais qui pilote ? …

À Bodrum, classe oblige, les casques tiennent lieu de parures de mode. Génial la multitude de formes et de design, généralement assorti à la couleur de l'engin. La sangle sous le menton, c'est selon… Si on est livreur, on ne coche pas la case obligatoire. Si notre coiffure est imposante non plus. Enfin s'il fait vraiment chaud, c'est le casque lui-même qui est remis en cause. Quel pragmatisme finalement, et quelle capacité d'adaptation !

Les quelques individus qui nous ressemblent, sur des engins non motorisés, sont le plus souvent des jeunes. Et faut assurer pour tenir la roue arrière le plus longtemps possible sur la cannebière locale, zigzaguant entre tous les étals. Le top dans ce registre, c'est au milieu de la foule de touristes entre tables de restaurant et alignement de yachts à quai. La marge est ténue, yessss 🤘 !

Bon, on a aussi partagé quelques belles heures de grimpe avec Claire et Adrien, des Belges en césure qui aussi roulent. Mais eux c'est vraiment la mala-suerte ! Figurez-vous qu'ils sont trois avec Albert, et n’ont que deux roues. Les pauvres… Si vous voulez leurs apporter votre soutien, c'est là :

https://www.polarsteps.com/voyadair/4528856-le-voyadair


Bruno.

25
mai
25
mai
Publié le 26 mai 2022

Ces derniers jours se suivent et se ressemblent...

Comme deux parfaits petits ouvriers de la grimpe qui bosseraient en trois 8, on est soit du matin, soit de l'après-midi (quant à la nuit on essaie de se reposer entre hurlements de chiens et aboiements de coqs !).

Travail à la chaîne, on empile les longueurs. Monoactifs, grimpeurs en quête de falaises ombragées.

Ouf ! Un jour de repos hebdomadaire réclamé par la peau des doigts est obtenu de justesse après quelques négociations, on a frôlé le mouvement social.

Les autres jours, c'est la routine : métro-boulot-dodo à peu de choses près... vélo-grimpe-dodo.

Un détail de taille, notre usine est un paradis, caillou gris ou oranger piquant ou grand porche plein de colos.

Philippe Poutou l'a si bien dit à son meeting, on pourrait très bien vivre sans travailler, on s'en sortirait très bien et on ne s'ennuierait très certainement jamais. Ce qu'il faudrait néanmoins c'est un salaire. Nous n'avons ni l'un ni l'autre mais apprécions grandement cette saveur de liberté retrouvée.

Aussi ces jours-ci, ce n'est ni la rentabilité ni le profit que l'on recherche mais plutôt l'ombre et la fraîcheur toute relative à la Turquie en un début d'été ! On jongle donc avec les faces Est et ĺes faces Ouest, avec les levés un peu tôt et les couchés un peu tard, avec la grimpe du matin ou de l'après-midi et avec les murs raides et les dévers à colos.

Can baba, Sucuk, les Frouzes, que de merveilles pour les grimpeurs gâtés que nous sommes !

On pofe, on dégouline, on repofe, on rerepofe encore et parfois ça fonctionne. On clippe les relais souvent tout transpirants mais heureux !

La plupart du temps quand je retouche le sol, je ressemble davantage à une peintre en bâtiment qu'à une élégante grimpeuse !

Ajoutez y quelques bleus et quelques croûtes et c'est parfait ! Un genou coincé par ci, un autre coincé par là... en short évidemment ! J'adore tellement ce style de grimpe où on passe son temps à chercher des repos. Une grimpe d'oso perezoso !

Reprise du travail pour les petits autistes. J'ai même mis deux essais consécutifs dans la même voie, suffisamment rare pour être souligné !


Matériel de grimpe vieillissant destiné à être abandonné d'ici quelques semaines. Corde ressortie du carton des cordes remisées pour usure avancée et dégaines dépareillées des années 90. Évidemment qu'on enchaîne les voies, qui voudrait tomber sur de telles vieilleries !

Datça nous aura offert son lot de pépites minérales et de belles journées verticales.

Retour à l'horizontale maintenant... quoique, quand on voit ces milliers de mètres de dénivelé à gravir pour rejoindre la région d'Antalya, on se demande si les prochains jours seront si horizontaux que ça !

En tout cas, on range les bras, on ressort les mollets !