Carnet de voyage

L'Est américain

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Dernière étape postée il y a 376 jours
Traversée express du Texas, 15 jours en Louisiane, le Nord de la Floride avec escale à Orlando puis les grandes villes de la la côte Est jusqu'à New-York
Avril 2023
60 jours
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Samedi 27 mai

New York. 2 petits mots qui font le tour du monde. Même si on n'a jamais posé les pieds dans la "capitale du monde", on a l'impression de la connaître déjà, par le cinéma, les séries télé, la musique, la littérature. On a tous hâte de la découvrir en vrai. Car New York est une machine à rêves. Éclectique, puissante, frénétique, magnétique, vertigineuse, créative, intense... les adjectifs se bousculent pour la décrire. C'est la ville des extrêmes et des superlatifs.

Plus haut, plus élevé.

Devise de New York

Mais avant tout New York c'est une étape spéciale pour moi, c'est mon cadeau des 30 ans ! Oui, oui, oui c'est bien ça j'ai 37 ans maintenant... Qu'est-ce qui s'est passé ? Un petit bonheur haut comme 3 pommes, blondinette, au caractère bien trempé, à la saveur sucrée des bonbons qu'elle adore... Quand on a projeté ce voyage à New-York, on a su peu de temps après que j'étais en enceinte de Mathilde. Et puis je trouvais Théotime petit pour le laisser une semaine voir plus. Donc on a attendu. En l'expliquant aux enfants, Théotime nous a dit : "Finalement je peux dire merci à Mathilde. C'est grâce à elle, si vous nous avez attendu pour qu'on visite New-York tous ensemble !" Et Mathilde nous répondait :"Merci de nous avoir attendu ! "❤

Avec quelque 8,5 millions d'habitants, New York demeure la mégapole la plus peuplée des États-Unis. La plus visitée aussi, celle où l'on parle au moins 800 langues ! Son métro, le plus étendu de la planète, transporte des millions de passagers 24h/24. Ses musées comptent parmi les plus riches du monde. Et sa mythique skyline, amputée des défuntes Twin Towers, émerge fièrement la silhouette à facettes du One World Trade Center, aujourd'hui le plus haut gratte-ciel d'Amérique du Nord.

New-York, c'est LA ville, trop petite pour être un pays et trop grande pour être une simple cité. Chaque borough, chaque quartier a son identité propre sans que rien ne soit figé. Tout est en perpétuel mouvement. De manière générale, New York affiche un bourdonnement créatif permanent, nourri par une énergie inépuisable palpable à chaque coin de rue. Et si certains épisodes sombres ont laissé des traces indélébiles dans cette ville de tous les excès, New York se relève toujours.

C'est donc le cœur léger et plein d'impatience qu'on traverse le Delaware

La liberté et l'indépendance.

Devise du Delaware

pour aller s'installer dans le New Jersey.

Liberté et Prospérité.

Devise du New Jersey

Au camping Liberty harbor RV Park. On est sur la Marina au milieu des buildings, juste en face de Manhattan dont on en aperçoit la cime des grattes-ciel et surtout celle du One World Trade Center, la plus haute. Après les campings perdus au milieu des forêt, ça nous change ! 🤣 Mais c'est idéal pour bien profiter parce qu'on est à 5 min à pied du métro !

Il y a quelque chose dans l'air de New York qui rend le sommeil inutile.

Simone de Beauvoir

Suite au prochain épisode... 😉

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Vendredi 26 mai

Deuxième journée à Washington D.C., deuxième tournée. Hier les mémoriaux, aujourd'hui les musées (dire qu'il en a qui font la tournée des bars ! 🤣😆😉😊).

D.C. a une incroyable collection de musées qui, réunis, offrent une vision complète du pays, de son histoire et de ses lubies. La plupart, notamment les 19 dépendants de la Smithsonian Institute, sont gratuits ! La grande richesse des musées constitue l'attrait touristique principal de Washington D.C.. On les doit au scientifique anglais James Smithson, qui, en 1829, légua aux États-Unis sa collection de pierres et de livres, ainsi que l'équivalent d'un demi-million de dollars en or, afin de financer une institution destinée à favoriser le savoir. Le magot a prospéré !

On admire les extérieurs de The Castle. 1er lieu d'exposition de la Smithsonian Institution (1855), ce "château" néogothique en pierre rouge sert aujourd'hui de Visitor Center au complexe de musées le plus important au monde.

On commence par le National Museum of American History. Gigantesque et passionnant, ce musée ouvre grand une multitude de portes sur le passé, les réalités et l'âme même de ce pays, depuis ses fondements jusqu'à ces dernières années. Immense, il faudrait peut-être une semaine pour tout faire... Bon on n'a pas la semaine ! Du coup, on fait notre marché un peu de ceci, de là... Le top !

Notamment la section America on the Move, consacrée aux transports. Ludique et interactive, elle plaît à toute la famille avec ses décors aux bruitages réalistes, ses (faux) passagers embarqués et ses panneaux interactifs. Les transports, c'est bien plus que ces rutilantes locomotives à vapeur du XIXe siècle : l'Amérique même, qui s'est bâtie dans un mouvement incessant, de la conquête de l'Ouest jusqu'à l'actuelle civilisation de la bagnole. Bien d'autres véhicules leur tiennent compagnie: pour n'en citer que quelques uns la 1ère voiture qui traversa les États-Unis d'est en ouest en 1903 et l'ancêtre d'Evasion !! Pendant la grande crise, apparurent les premiers VR (Véhicule Récréatif). Les gens n'ayant plus assez d'argent pour acheter des maisons, ils commencèrent à aménager leur véhicule pour vivre dedans (Comme quoi, on a rien inventé ! 😆). Pas de loyer, pas de taxe... Cela créa un véritable phénomène de société au point où les choses finirent par s'organiser, les premiers campings s'installèrent, les constructeurs fabriquèrent les premières caravanes... Sans oublier la section consacrée aux transports maritimes, du commerce des esclaves aux légendaires streamboats du Mississippi.

Puis on poursuit en entrant dans une chambre forte gardée par une impressionnante porte avant d'aller se livrer à toutes sortes d'expériences ludiques au Spark!Lab dans la Places of Invention et Inventive Minds, une section dédiée à l'innovation et aux inventions. Pour finir, un petit tour du côté de la section The First Ladies afin d'admirer les robes portées par ces dames du XIXème siècle à nos jours.

On enchaîne avec le National Museum of Natural History. Dès l'entrée, le décor est posé, l'éléphant naturalisé nous donne une idée de ce qui nous attend: tout, ici, est gigantesque. Ce passionnant musée possède plus de 126 millions de pièces, heureusement pas toutes exposés en même temps ! 😵‍💫

On commence par évoluer dans le Butterfly Pavilion, une serre aux milles fleurs enchanteresses où des dizaines de papillons volent tout autour de nous. Fascinant, on adore ! ❤🧡💛

On poursuit avec un insectarium (aux bestioles vivantes), Théotime et Mathilde ont le plaisir de prendre blattes et sauterelles dans leurs mains... Chacun son kiffe ! 😉 On tombe ensuite sur quelques momies qui s'ennuient, puis on retrouve les animaux sous leur plus simple expression: des squelettes uniquement, dans une drôle d'expo: Bones.

Puis direction les remarquables sections Gems & Minerals et Geology. On commence avec l'exploration du système solaire et une fantastique collection de météorites - dont la Allende, tombée au Mexique en 1969, qui révolutionna la conception qu'avaient les scientifiques de l'Univers. On s'extasie devant les pierres de Lune ramenées par les astronautes. On apprend aussi tout sur la tectonique des plaques et on enchaîne logiquement avec les volcans, la formation des roches et l'exploitation des mines ! Une très belle collection de pépites d'or (dont une pesant 2,55 kg !) et d'argent précède le clou de la collection : les minéraux et les pierres précieuses. Un ensemble fantastique, d'une qualité et d'une variétés rares: cristaux de gypse géants, splendides coussins de mésolite aux milliers de cristaux aiguilles, jusqu'à arriver à ma section préférée: diadème et collier offerts par Napoléon à Marie-Louise, boucles d'oreilles de Marie-Antoinette, diamant Oppenheimer de 253,7 carats et même une émeraude brute de... 858 carats ! On finit par la plus célèbre possession du musée : le diamant Hope. Splendide ! 💎🤩😍

La vedette du musée d'Histoire naturelle,le diamant Hope, est un joyau bleu de 45,52 carats ! Tout porte à croire qu'il s'agit du célèbre Bleu de France (69 carats à l'origine) volé au moment de la Révolution, puis retaillé à Londres, où il reparut comme par enchantement 20 ans et 2 jours plus tard, soit juste après la prescription. En 1958, le joaillier Henry Winston, qui en était alors propriétaire, en fit don à la Smithsonian. Pour plus de discrétion, il l'expédia par la poste, dans une enveloppe kraft !

Ces musées sont vraiment grands: il est difficile d'en visiter plus de 2-3 au risque de friser l'overdose ! Malheureusement on devra se contenter d'admirer seulement la façade du National Museum of African American History and Culture. Le dernier-né des musées nationaux américains, consacré à l'histoire des Afro-Americains. Il fut longuement attendu (les 1ers projets remontent à 1915 !) et maintes fois interrompu. Symboliquement, il se devait d'être inauguré par le 1er président noir des États-Unis, Barack Obama: il l'a été, fin 2016, de justesse ! L'architecture même de l'élégant building de 6 niveaux (conçue par David Adjaye), qui représente la couronne d'une sculpture yoruba tout en treillis fer forgé, est un hommage au labeur des esclaves aux XVIIIe et XIXe siècle.

On quitte Washington D.C.. avec la vue de l'U.S. Capitol. Édifié entre 1973 et 1811, le Capitole était à peine terminé que les Anglais y mettaient le feu lors de la guerre de 1812-1814... Coup de bol: il échappa à la destruction totale par la grâce d'un violent orage. Dieu avait choisi son camp ! 😉😊 Sa façade principale est tournée vers l'est parce que l'on supposait que la ville allait développer dans cette direction : erreur, l'édifice tourne donc aujourd'hui le dos aux beaux quartiers ! Le dôme, lui n'a été achevé que durant la guerre de Sécession : il est coiffé d'une statue incarnant la liberté. Pièce centrale de l'échiquier politique américain, le Capitole est le siège du Congrès, qui regroupe les 2 chambres: le Sénat et la Chambre des représentants. Le 1er est composé de 100 membres élus pour 6 ans, à raison de 2 sénateurs par Etat, quelle que soit leur taille. La 2nde regroupe 435 parlementaires élus pour 2 ans proportionnellement à la population de chaque Etat ; ainsi, les moins peuplés (Alaska, Dakota du Nord, Montana...) n'en ont qu'un, là où la Californie en a 53 et le Texas 36 ! La conjugaison des 2 systèmes permet de contrebalancer la grande disparité de taille et de population des 50 États.

Une dernière petite anecdote pour la route ! 😉 Le Capitole est le seul bâtiment de Washington D.C. qui ne possède pas d'adresse, car sa rotonde marque le point 0 de la ville. C'est de là que partent les 4 grands axes qui la divisent en quadrants: NW, NE, SW et SE.

La culture, c'est comme la confiture : moins on en a, plus on l'étale. 🤣😂

Françoise Sagan

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Publié le 7 juin 2023

Mardi 6 juin

Le 6 juin ???!! Mais Nelly, tu t'étais arrêtée au 25 mai... 😅 Bien sûr je vais continuer de raconter notre périple Washington, New York, Cape Cod, Boston... (Rattraper les 12 jours de retard que j'ai... 😅😢). Mais aujourd'hui on voulait partager avec vous en direct notre anniversaire !!!! Ça fait un an qu'on voyage ! Un an qu'on a tout quitté pour s'envoler, un an qu'on est sur le continent américain, un an qu'on vit en itinérance dans Evasion tous les 4...

On a réussi, on l'a fait, une année de voyage !

Et même s'il n'est pas toujours facile de réaliser ses rêves, on a connu le doute, des moments de découragement, quelques galères aussi mais notre rêve s'est réalisé chaque jour de cette année. C'est un bel anniversaire, on est heureux de le fêter !

Cette année nous a tellement apporté, transformé, offert... Toute cette beauté, ces découvertes, les magnifiques rencontres, l'aventure, le voyage avec un grand V et beaucoup de temps pour le vivre ! On est rempli de gratitude pour tout cela et plus encore !

C'est une belle occasion pour vous remercier vous aussi chers compagnons de ce blog. Merci de nous suivre toujours plus nombreux. Merci de nous accompagner un peu, d'être présent en pensée, avec vos messages, en nous donnant de vos nouvelles (ça nous fait tellement plaisir). On est heureux de partager avec vous notre grande aventure.

Résumé en image de cette année avec une photo par mois...

Croyez en vos rêves, ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous, ils se réaliseront sûrement.

Martin Luther King

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Jeudi 25 mai

Aujourd'hui première journée à Washington D.C.

D.C., c'est à la fois le District of Columbia, qui s'ajoute aux 50 États américains, et la manière la plus courante de désigner la ville, pour ne pas confondre avec l'Etat de Washington, situé sur la côte pacifique (près de Vancouver). Traversée par de larges avenues, dépourvue de gratte-ciel (les immeubles dépassent rarement les 8 étages), Washington est une ville propre sur elle, un peu lisse au 1er coup d'œil. L'administration et la politique y forment l'industrie principale. La capitale du pays abrite quelque 364 000 employés fédéraux, 12 000 lobbyistes et... plus de 50 000 avocats ! Sans oublier la plus forte concentration de journalistes et d'espions au monde. La sphère politique y tient une telle place que l'élection d'un nouveau président déteint forcément sur l'atmosphère de la ville.

Pourquoi venir à Washington ? Pour prendre le pouls de l'Amérique. Pour constater sa démesure. Pour toucher du doigt les lieux fascinants de ce pouvoir qui a pour ambition d'imposer au monde sa conception de la démocratie et de la liberté. Les Américains ne s'y trompent pas. Des écoliers aux retraités, tous viennent en pèlerinage patriotique pour parcourir les Mémoriaux égrenés au fil du Mall et au-delà, et se recueillir devant les stèles qui rappellent le prix que payèrent des générations de citoyens pour apporter la Pax Americana aux 4 coins du monde. Quelque opinion qu'on ait du fameux American dream, on ne peut s'empêcher d'admirer cette foi inébranlable qui, des pères de la nation aux conquérants de la Lune en passant par les pionniers et les émigrés du monde entier, poussa des millions de personnes vers de nouveaux territoires à conquérir et de nouveaux défis technologiques à relever...

En route, c'est parti ! On découvre d'abord le Mall. Waouh c'est immense ! Cette large bande (480m) de verdure et de monuments qui s'étire sur 3 km entre le Capitole à l'est et le fleuve Potomac à l'ouest. C'est l'architecte franco-américain Pierre-Charles L'Enfant qui conçu en 1791 le plan d'urbanisme de Washington. Rapidement congédié en raison de son mauvais caractère, il mourut dans le dénuement en 1825. La "grande aventure" qu'il avait imaginée (l'actuel Mall) sous la forme d'une avenue prestigieuse (inspirée des Champs-Elysées), ne prit forme qu'au début du XXe siècle. C'est alors, en signe de reconnaissance, que ses restes furent transportés avec les honneurs au cimetière national d'Arlington.


En continuant de remonter le Mall, impossible de louper Washington Monument, la plus haute structure de maçonnerie pure du monde (169,3 m de haut), en forme d'obélisque, élevée en l'honneur du 1er président des États-Unis. A l'origine, il devait marquer l'extrémité ouest du Mall ; aujourd'hui il est presque au centre. Sa construction dura en fait plus de 30 ans !

Puis c'est le colossal National World War II Memorial, inauguré par G. W. Bush en 2004 en mémoire des 400 000 Américains morts durant la Seconde Guerre mondiale. 2 ensembles semi-circulaires monumentaux en granit où figurent les théâtres d'opérations, Atlantique d'un côté, Pacifique de l'autre. Les noms des grandes batailles clés, citations célèbres à l'appui, 56 stèles ornées de couronne de bronze représentants un État de l'union ou territoire américain et 400 000 étoiles, une pour chaque vie... Ça dresse le ton de cette journée qui s'annonce riche en histoire mais aussi en émotion !

Et enfin on arrive au célèbre Lincoln Memorial. Basé sur le modèle grec du temple de Zeus à Olympie, ce monument tout de blanc vêtu est éblouissant sous ce grand soleil ! Depuis le sommet des marches, avec la Reflecting Pool (inspirée du Taj Mahal et des bassins de Versailles), la perspective sur Washington Monument est magnifique !

Une fois ses larges colonnes franchies, on se trouve nez à nez avec la fameuse statue de marbre du 16ème président des États-Unis (6m de haut) assis comme sur un trône, sculptée par un certain French (!). Ce monument, un des symboles de Washington, a toujours été lié aux droits civique. Notamment le discours mythique de Martin Luther King, "I have a dream", y fut prononcé le 28 août 1963, devant 200 000 personnes.

A proximité se regroupent les grands monuments commémoratifs emblématiques que l'on découvre à pied au gré d'une longue balade. Ces mémoriaux, évoquant personnages ou événements clés, sont un parfait reflet des enjeux politiques, esthétiques et sociaux des États-Unis au fil du temps. On débute par le Korean War Veterans Memorial. Des soldats argentés progressent sous la pluie en terrain ennemi... le long d'un mur de basalte sur lequel sont gravées les photos de ceux qui pensent à eux. Les statues s'y reflètent, leurs spectres blanchâtres évoquant l'immatérialité du souvenir.

Puis le Martin Luther King Memorial inauguré par Barack Obama en 2011 après plus de 20 ans d'attente. Ce mémorial revêt d'autant plus d'importance que c'est le 1er du Mall à être dédié à une personnalité qui ne fut pas président des États-Unis, afro-américain de surcroît. On y accède par un passage s'ouvrant entre les 2 blocs de granit de la "montagne du Désespoir ", allusion à un discours de Martin Luther King. Son étroitesse symbolise la longue et difficile lutte du chantre des droits civiques. De là semble littéralement surgir la "pierre de l'Espoir", haute de 9 m, au dos de laquelle apparaît MLK, bras croisés et air déterminé. Autour de ces blocs monolithiques blancs se déroule le mur des inscriptions sur lequel sont gravés 14 citations de M. L. King véhiculant ses messages intemporels de démocratie, justice, espoir et amour.

L'une des plus belles, peut-être :

Darkness cannot drive out darkness, only light can do that. Hate cannot drive out hate, only love can do that.

"This generation of Americans had a rendez-vous with destiny..." dit une inscription. On poursuit par le mémorial dédié à Franklin Delano Roosevelt qui, exceptionnellement, pour cause de Seconde Guerre mondiale, fut élu 4 fois président des États-Unis. Un lieu serein, où l'on chemine entre des murs de granit rose, des parterres fleuris et des cascades, en lisant des citations de ce président courageux, humble et bien-aimé.

On longe le magnifique Tidal Basin jusqu'au Thomas Jeffesron Memorial. Cette rotonde de style palladien ouverte aux 4 vents et abritant une imposante statue de Jefferson est l'un des monuments les plus identifiables de la capitale. Aux murs sont gravées certaines des déclarations de cet homme éclairé, on médite et on met en regard des actions américaines depuis sa présidence...

Après tous ces mémoriaux, un petit tour pour apercevoir la Maison Blanche. On est à Washington, c'est un incontournable !! 😁 Mais pas de visite de prévue. La visite est désormais limitée aux citoyens américains qui doivent en faire la demande à leur député. Normalement il y a la possibilité pour les étrangers de se faire parrainer par leur ambassade, mais le département d'Etat a en fait suspendu cette possibilité (jusqu'à nouvel ordre) pour des raisons évidentes de sécurité. On se contentera de la regarder depuis La Fayette Square (ainsi que tout son arsenal de sécurité tout autour au combien impressionnant !!!). Le saviez-vous ? L'architecte (irlandais) qui a construit la Maison Blanche s'est directement inspiré du château de Rastignac, dans le Périgord ! Résidence présidentielle depuis 1800, incendiée en 1814 lors de la guerre contre l'Angleterre, elle doit son surnom au badigeon que l'on passa alors sur ses murs calcinés.

Encore quelques vues de notre première journée de découverte de D.C., avec notamment un des gardes des services secrets assurant la sécurité autour de la maison blanche qui a proposé de prendre la pose avec les loulous, qui étaient hyper impressionnés ! 😉

Pour finir cette journée, je vous quitte avec une dernière anecdote sur Washington D.C. Le District de Columbia n'est pas un État, mais un territoire fédéral, cédé en 1791 par le Maryland dans l'optique d'y établir la capitale du pays. Conséquence: la ville fut jusqu'en 1967 administrée par un conseil de 3 commissaires nommés directement par le président ! En 1974, après des années de lutte, elle réussit enfin à avoir un maire élu au suffrage universel. Corollaire et cas unique pour une capitale moderne, les Washingtoniens n'ont pas le droit d'élire un représentant au Sénat. Quant à leur représentant au Congrès, considéré comme un simple observateur, il n'est pas doté d'un droit de vote ! Selon le même principe, les juges sont eux aussi nommés par le président. Seule concession : les Washingtoniens ont obtenu en 1961... le droit de vote aux élections présidentielles (!).

Les habitants de la ville payant des impôts fédéraux, la situation peut paraître injuste. C'est ainsi que la vieille formule Taxation without representation, utilisée à l'époque de la guerre d'indépendance pour signifier la colère des colons américains taxés par le gouvernement britannique sans leur aval, a refait surface. On peut même la voir gravée sur les plaques des voitures du D.C... Une situation un peu ubuesque: le Departement of Motor Vehicules du district autorise implicitement une revendication du gouvernement fédéral qu'il héberge ! Pour régler le problème, depuis les années 1980, des voix demandent que Washington D.C. devienne le 51ème État de l'Union. Un référendum à été organisé en ce sens en 2016: près de 86% des votants du district se sont prononcés en faveur de cette hypothèse. Une proposition de loi a été formulée en ce sens en 2017. Les opposants ont toutefois un bon argument : si Washington D.C. devenait un État, le gouvernement fédéral serait assujetti, dans son fonctionnement, à ses lois et règlements, ce qui risquerait de compliquer inutilement sa tâche.

Il y a bel et bien des sujets universels... Les problèmes de l'administration par exemple ! 😉😆😊

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Dimanche 21, lundi 22, mardi 23 et mercredi 24 mai

Après la Caroline du Sud, maintenant la Caroline du Nord. Des imposantes montagnes de l'Ouest aux îles-barrières de l'Atlantique, la Caroline du Nord est tiraillée entre le Vieux Sud (Old South), conservateur et rural, et le Nouveau Sud (New South), urbain et progressiste, le Tar Heel State ("État du talon de goudron"), comme on surnomme l'Etat, est une mosaïque de cultures et de communautés.

Être plutôt que sembler.

Devise de la Caroline du Nord

En quête de paysages de bout du monde, on met le cap sur les Outer Banks. Fragiles rubans de sable qui suivent le tracé de la côte sur 160 km, séparés du continent par divers détroits et bras d'eau. Du nord au sud, les îles-barrières de Bodie, Roanoke, Hatteras et Ocracoke, pour l'essentiel de larges bancs de sable, sont reliés par des ponts et des ferries. Ici les pêcheurs continuent de vivre de la pêche à la crevette, et les habitants les plus âgés parlent un anglais teinté d'un accent du terroir so British.

Et plus précisément, direction pour Cape hatteras National Seashore. S'étendant sur près de 113 km du sud de Nags Head jusqu'à la pointe sud d'Ocracoke Island, ce fragile chapelet d'îles reste délicieusement préservé de l'urbanisation. On s'installe au milieu des dunes à deux pas de la plage. Hummmm ça sent la mer ! 😉 Son appel est trop fort, à peine installé, on va découvrir ce qui se cache derrière ces dunes... Une magnifique surprise !! Des kilomètres de plages désertes battues par le vent et les vagues de l'océan. On y admire des oiseaux aquatiques et migrateurs pendant que Théotime et Mathilde construisent un énième château de sable, avec toujours autant de plaisir.

Le lendemain matin, à peine réveillés, le grand jeu des loulous est de dévaler à toute allure les dunes avec une luge, accompagné de grands éclats de rire. Je crois bien que c'est leur jeu favori !

Les courants océaniques et les détroits entre les îles sont favorables à la navigation mais les hauts fonds près des Outer Banks causèrent de nombreux naufrages. De plus, la rencontre des eaux chaudes Gulf Stream et de l'air froid venant du continent est très propice à la formation de tempêtes puissantes, appelées tempêtes du Cap Hatteras, produisant des vagues importantes. La région est connue comme le « cimetière de l'Atlantique» à la suite de nombreux naufrages. Plus de 2 000 bateaux ont chaviré au large des Outer Banks dont celui du cuirassé de la guerre de Sécession le USS Monitor. Pour prévenir les marins de la présence du haut-fond Diamond Shoals et pour les guider lors des tempêtes, une série de phares a été construit à cet effet le long de la côte de Caroline du Nord dont ceux de Currituck, Bodie Island, Ocracoke, Cape Lookout, Oak Island et Cape Hatteras.


On commence par le Bodie Island Lighthouse. Haut de 50 m, ce phare très photogénique, construit en 1872, a la particularité d'avoir conservé ses lentilles de Fresnel d'origine. Nous n'aurons pas le plaisir de gravir ses 219 marchés pour en atteindre le sommet, il est fermé aujourd'hui. Mais rien que du bas, la vue est déjà exceptionnelle !

Et la vie est pleine de surprises ! A la place, en guise de consolation, chouette moment de rencontre très sympathique avec l'équipe chargée de réaliser l'étude de l'impact de la rénovation du pont sur la faune et la flore du parc national. Ils réalisent cette étude à l'aide de photos prises par drone (attention un méga, giga drone aux allures de fusée spatiale) qu'on a pu voir décoller, atterrir, voler... On a même pu visiter leur camion-bureau ! Nous on vit dans une roulotte et eux, ils travaillent dans un camion !! 🤣

Puis on explore les environs en parcourant la sinueuse de Hwy 12, appelée la Outer Banks National Scenic Byway. Un trajet mythique, à l'instar d'autres grandes routes américaines, qu'on effectue les yeux scotchés sur le paysage grandiose. Alternance de marais, de bois, de dunes, quelques villages côtiers mais surtout des kilomètres de plages sauvages et désertes.

On trace la route jusqu'au Cape Hatteras Lighthouse. Haut de 59 m (60 m avec le paratonnerre), ce phare à rayures blanches et noires est un des édifices les plus emblématiques de Caroline du Nord. Lorsqu'il fut allumé pour la première fois, en 1803, il ne s'agissait que d'une tour de grès de 24 m pourvue d'une lampe à huile de baleine. Par la suite, il fut peint avec deux bandes alternées, blanches et noires, formant une spirale, ce qui permit aux marins de l'identifier plus facilement le jour (chaque phare ayant une couleur et une fréquence de rotation différente), et fut rehaussé, maintenant il faut y grimper 248 marches pour arriver au sommet (la malédiction a encore frappé, nous ne pourrons pas monter au sommet, une fois encore. Le phare étant fermé pour réfection).

Ce phare est un survivant ! Malgré les efforts pour stabiliser la plage, il devint évident que le phare serait emporté par une tempête à plus ou moins long terme. En 1999, le phare fut déplacé (sur des rails) de 884 m en 23 jours, il est maintenant à 457,2 m du bord de l'océan (sa position relative originale). Les maisons du phare (celle des gardiens et celle de ses assistants), furent également déplacés pour respecter l'ensemble historique. Truc de fou !

On finit cette jolie parenthèse iodée de bout du monde au restaurant Blue Moon Beach Grill, à déguster un délicieux repas aux saveurs de crabes frits, de soupe de fruits de mer et de poisson pêché du jour ! Un chouette moment même si on se pèle un peu en terrasse ! 😋

Après ces 3 belles journées remplies d'océan, de sable, de fruits de mer, de vent (beaucoup ! 😉), de phares... Il est de nouveau l'heure de reprendre la route, jusqu'à Washington D.C, la capitale des États-Unis ! Une énorme étape, 7h dans la voiture où on traverse la Virginie (et un de plus à notre collection d'Etats !).

Ainsi en est-il toujours des tyrans.

Devise de la Virginie

Après une traversée, disons embouteillée, de Washington D.C (oui oui, notre heure d'arrivée coïncide avec la sortie des bureaux... Mais quelle bonne coïncidence !) et avec Evasion bien sûr sinon c'est pas drôle ! 😉 On arrive au Greenbelt Park, joyau de verdure caché situé aux portes de Washington D.C, dans le Maryland. Il nous offre un point de chute au milieu de la forêt pour recharger les batteries après les journées urbaines trépidantes qui nous attendent. Contraste assez saisissant (qu'on adore ! ❤️) quand on sait être à juste à dix miles du Washington Monument (l'épicentre de la capitale des États-Unis) et que nous, ce soir on dort en pleine forêt, sans eau, ni électricité !

Actions fortes, mots discrets.

Devise du Maryland

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Publié le 28 mai 2023

Jeudi 18, vendredi 19 et samedi 20 mai

On poursuit notre route avec, encore une escale de 3 jours en Caroline du Nord, au Flanners Beach Campground. Un petit camping très nature situé sur une falaise surplombant la pittoresque rivière Neuse. Une étape à la cool où rien n'est vraiment prévu et heureusement parce qu'il pleut ! Les loulous jouent, dansent, font du yoga... pendant qu'on organise la suite du voyage.

Un peu de repos est le bienvenue pour tout le monde après ces derniers jours assez intense ! 😆

Prendre une pause, briser volontairement le rythme, c'est se donner le temps de vivre.

Robert Brisebois

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Lundi 15, mardi 16 et mercredi 17 mai

On continue notre remontée en enchaînant les Etats après la Géorgie maintenant la Caroline du Sud.

Tant que je respire, j'espère.

Devise de la Caroline du Sud

Avec une population de 5 millions d'habitants, la Caroline du Sud s'étend sur près de 83 000 km2. C'est le plus petit des États du Sud. Son territoire recèle une variété de paysages considérables : plages sablonneuses et îles subtropicales dans la zone côtière, immenses forêts de pins, champs de coton et de tabac, impressionnants sommets bleutés des Appalaches. La Caroline du Sud est aussi riche en histoire et elle a conservé de nombreuses traces de son héritage culturel et architectural, principalement des XVIIIe et XIXe siècle, quand l'oligarchie des planteurs incarnait ce Southern way of life insouciant et fastueux que procuraient la culture de riz, du coton et de la main-d'œuvre des esclaves noirs.

Charleston, sur la côte Atlantique, en est l'incontestablement joyau avec ses rues pavées, ses bâtiments historiques, ses belles demeures coloniales érigées le long de Battery Park, ses clochers d'églises si effilés qu'ils embrocheraient les anges, ses jardins secrets dégoulinant de glycines et d'hibiscus, les cliquetis des calèches à chaque coin de rues et sa douceur de vivre. Voilà l'image du Sud éternel.


D'abord installation au James Island County Park. Un joli camping, spacieux et verdoyant, aux portes de Charleston ! On profite de ce merveilleux coin pour se reposer, rêvasser paisiblement installé sur la balancelle. Mathilde s'occupe de sa colonie de doudou, et c'est beaucoup de boulot 😉. Et quand il fait trop chaud, on file se rafraîchir aux jeux d'eau, où les loulous s'en donnent à cœur joie ! Sans oublier les dîners au coin du feu. On est vraiment bien ici !

Puis en route pour Charleston. La cité portuaire revendique bien haut ses 300 ans d'existence, sa fortune passée faite grâce au coton et à l'esclavage, et assume sans honte le tir du premier coup de feu de la guerre de Sécession. Le passé est révolu mais il n'est pas oublié. Charleston connaît depuis quelques années un regain d'activité touristique grâce à l'image qu'elle donne de ville parfaite et inchangée avec ses restaurants de cuisine locale, ses boutiques d'antiquités, ses promenades en calèche sous les chênes drapés de mousse espagnole. Charleston sait se tenir mais jubile de cette dignité retrouvée... elle qui avait subi l'opprobre et le mépris des Yankees de l'Union, qui assimilaient son joli nom à une "danse de sauvages".

On commence par un pique-nique à l'ombre des grands chênes dans les jardins de White Point Garden, à l'extrémité de la péninsule de Charleston. C'est d'ici que se mesure l'amplitude du destin de la ville ! Les yeux se portent d'emblée sur la baie miroitant au soleil et sur le goulet qui permet d'y accéder, plein Est. Un passage obligé pour les navires négriers chargés de leur triste cargaison et les vaisseaux alourdis de balles de coton, qu'allaient carder et filer les petites mains des ouvrières de Manchester ou de Glasgow. Du grand large inquiétant pouvait à tout moment surgir un raid de pirates. Barbe Noire fut de ceux-là ! Le large, c'est aussi de là que surgirent les canonnières des Yankees. Durant un interminable siège de 3 ans, elles pilonnèrent les arrogantes résidences de l'aristocratie sudiste.

Face à la digue qui les protège, les opulentes demeures des barons du coton offrent un bel alignement de colonnades, de varangues et de balcons parfois bordés de dentelles de fer. Leur disposition est calculée pour offrir aux brises océanes l'angle idéal qui permet d'en assurer une ventilation efficace. On en fait le tour à pied pour en apprécier le charme ! La plupart des demeures appartenaient à de grands planteurs qui ne les habitaient qu'épisodiquement: en été, en particulier, lorsque les éclosions de moustiques dans les rivières menaçaient de répandre la malaria. Toute la famille débarquait alors, avec armes, bagages et esclaves. Les hommes y résidaient aussi le temps de conduire leurs affaires en ville. Les plus belles maisons possèdent des piazzas (vérandas) semi-circulaires sur deux étages, franchement superbes. Les jardins n'existaient pas à cette époque: cachés au regard, ils abritaient quartier des esclaves, écuries, vaches, poules, cochons... Pragmatiques, les proprios installaient généralement leurs esclaves au-dessus des cuisines : chaud en hiver mais dangereux...

On remonte Meeting Street jusqu'au Four Corners of Law. Ce carrefour a une forte valeur symbolique car à chaque coin se trouve un édifice représentatif d'un pouvoir: l'église Saint Michael's pour la loi divine, l'hôtel de ville (City Hall) pour la loi municipale, la palais de justice et le bureau de poste pour la loi fédérale, le tribunal du comté de Charleston pour le loi de l'Etat. Puisqu'on est là, la poste vaut le coup d'œil avec son décor antique (casiers d'époque, majestueux escalier en fer forgé) et son charmant petit musée postale au fond.

On se promène au grès des rues en découvrant encore les trésors de Charleston. Tel que le Old City Market, une enfilade jusqu'au port de halles couvertes construites en 1840. Des petits stands de vanneries tressées par les mammas noires en sweetgrass, une herbe des dunes de la côte (présente aussi dans les marécages), héritage d'un artisanat africain importé avec l'esclavage. Une tour en bois dotée d'une cloche qui servait de guet pour la prévention des incendies. Et enfin le Old Exchange Building & Provost Dungeon, bâtiment palladien édifié par les Anglais en 1771, à l'emplacement d'une ancienne prison, pour accueillir un bureau des douanes. On en profite pour goûter au fameux cookies de Byrd's, célèbre boulangerie de Savannah depuis 1924. En entrant dans la boutique, on est accueilli par une longue rangée de bocaux remplis de biscuits de la taille d’une pièce avec lesquels on doit remplir notre boite. On a l’embarras du choix ! Notre favori, le délicieux Georgia Peach.


On poursuit par une agréable balade dans le Waterfront Park sur la jetée le long de l’entrée du port puis à l'ombre des chênes jusqu'à la fontaine en forme d’ananas, un des emblèmes de la ville. Symbole de l’hospitalité à Charleston, on remarque d’ailleurs des ananas un peu partout dans la ville, notamment sur certains édifices du quartier historique, des clôtures ou des portes.

On finit la visite de la charmante Charlestone par une touche de couleur avec Rainbow Row. Une rangée d'une douzaine de maisons de marchands aux couleurs de l'arc-en-ciel, typiques de l'architecture géorgienne. La plupart datent des années 1720-1790 mais les couleurs sont plus récentes (1930). C'est un propriétaire qui en a eu l'idée, au retour d'un voyage dans les Caraïbes. Des boutiques occupaient autrefois le rez-de-chaussée. Dans le quartier, les rues arborent encore les lourds pavés de granit qui servaient de ballast aux navires en provenance du vieux monde.

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Publié le 21 mai 2023

Vendredi 12, samedi 13 et dimanche 14 mai

Bye, bye la Floride, bonjour la Géorgie.

Le plus grand des États du Sud... à l'est du Mississippi. Avec près de 154 000 km2 et 9,8 millions d'habitants, la Géorgie est l'un des États qui personnifiaient autrefois le mieux le "Vieux Sud" rural et conservateur. Mais les clichés liés à la période antebellum sont à ranger au placard. Avec Ray Charles, on se met à fredonner Georgia on my mind..., mais c'est la voix puissante et incantatrice du pasteur Martin Luther King qui domine le chœur des voix noires, en revendiquant dignité et reconnaissance pour la communauté des descendants d'esclaves. Et on peut constater que c'est en Géorgie que les progrès de l'intégration sont les plus marquants: Atlanta et plusieurs grandes villes ont élu des maires noirs, et une grande partie de la population, attirée par le renouveau économique et l'ouverture culturelle sur le monde, a une origine extérieure au Sud traditionnel.

Sagesse, justice et modération.

Devise de l'état de Géorgie

On fait un petit tour du côté de Savannah, une adorable cité romantique à l'architecture préservée qui nous fait tutoyer les charmes d'un passé révolu.

Pour cela, on s'installe pour les 3 prochains jours dans la ferme Whippoorwill aux portes de Savannah. Sous les pins, au milieu des champs de légumes et de fleurs, avec les poulets et les cochons élevés dans les bois.

Une adresse 100% authentique ! 😊

En passe de devenir le plus grand port des États-Unis, Savannah est pourtant l'une des plus jolies villes d'Amérique du Nord. Posé sur les berges de la Savannah River, à 27 km de son embouchure, le vieux port cotonnier conserve près de 2 500 bâtiments à caractère historique.

Parfois l'absence de jolie petite place dans les villes américaines nous manquait ! On les a trouvé ! Elles sont toutes là, à Savannah ! 🤣 A l'origine, la ville, conçue sur un plan militaire (Oglethorpe était général), comptait quatre places équidistantes, destinées à permettre des exercices en armes ! D'autres furent ajoutées au fur et à mesure de son extension, culminant à 24 places en 1851. Il en reste 21 aujourd'hui. On en fait le tour à pied pour en apprécier le charme et partir à la découverte de la ville. (En plus, la ville a une appli gratuite bien pratique qui nous sert de guide. Chouette idée !) On déambule de places en places au milieu des superbes demeures couleur pastel, dans le plus pur style colonial, avec balcons en fonte, escaliers en bois et colonnades majestueuses. La plupart des maisons datent de la première moitié du XIXe siècle et affichent un style Greek revival inspiré de l'architecture des temples grecs de l'Antiquité. On rencontre aussi le Federal style, déclinaison locale du néoclassique, d'inspiration plus romaine. Le Regency n'est autre que l'équivalent américain du style Empire, marqué par la symétrie et la géométrie.

Aux chênes vénérables pendent des guirlandes de mousse espagnole comme les larmes versées de ce Sud profond qui ne s'est jamais remis d'avoir perdu la guerre. Les trolleys touristiques y côtoient des calèches tirées par des chevaux. Tout semble calme, incroyablement bourgeois et assoupi... Un décor tout trouvé pour les cinéastes, qui s'y pressent depuis une bonne trentaine d'années.

Sans oublier Jones Street, bien entendu, considérée comme la plus belle des États-Unis. Et c'est mérité ! ❤

Petit détour également, pour l’anecdote historique, au Colonial Park Cemetery. En usage des années 1750 à 1850, ce cimetière est la dernière demeure de quelques fameux personnages liés à l’histoire de la ville et à la guerre d'indépendance.

Les troupes de l'union ont campé dans le cimetière en 1865, bousculant pas mal les pierres tombales. Comme les soldats s'enquiquinaient, ils en ont profité pour traficoter les pierres tombales, en rajoutant des sobriquets aux noms de famille, ou encore en inventant des dates de naissance fantaisistes.

On descend jusqu'au pied de la River Street. C'est ici que les navires changeaient et déchargeaient leurs balles de coton. C'est dans ces lieux de dur labeur que s'est bâtie la fortune de Savannah. Sur les bords du fleuve, à présent empruntée par d'énormes porte-conteneurs, on se met à rêver à l'âge d'or du commerce et aux trois-mâts qui rejoignaient l'Angleterre, les cales pleines à craquer.

Cette sublime découverte s'achève au Forsyth Park, grand parc à l'anglaise. Pour atmosphère envoûtante à l'ombre des sycomores, magnolias et buissons d'azalées. Il y a une méga aire de jeux dont les américains ont le secret, alors tout le monde est content !

Et dimanche arrive, c'est le Happy Mother's Day tout le monde dans la rue m'interpelle et me souhaite une joyeuse fête des mères ! Je reçois au petit-déjeuner des trésors confectionnés par mes petits et grands artistes chacun utilisant ses talents: mots, dessins, tampons, milles et une couleurs... Mais surtout beaucoup d'amour qui comble mon cœur de maman !

A journée spéciale, programme spécial !

On a décidé de se rendre dans nos plus beaux habits à la First Africain Baptist Church pour suivre une messe rythmé par les gospels. J'en rêvais ! 🥰 Joli moment chargé d'émotions, de beaux chants et de belles vibrations, que quoi faire le plein !!! Faut dire que les murs de cette église ont une âme. Elle a été fondée en 1773, son histoire est précieuse pour la communauté afro-américaine. En effet, pendant la guerre civile, de nombreux esclaves s'y sont cachés. Ces décorations en forme de losanges au sol ? Des trous de ventilation pour leur permettre de respirer. De plus A. Marshall y fut pasteur en 1824... après 50 ans d'esclavage !

Puis direction le Collins Quarter at Forsyth pour prendre le brunch ! On célèbre les mamans de ce continent et les nôtres loin de nous autour de gaufres au poulet frit, de gruau aux crevettes, de toast à l'avocat, d'œuf à la turque... On se régale !!!

Et pour la petite histoire, j'appelle ma maman en m'écriant : " Happy Mother's Day !". Là-dessus ma mère me répond :"C'est très gentil mais ce n'est pas aujourd'hui. En France, c'est le 4 juin !" 🫢😳🤣🤣🤣

Je ne savais pas moi que ce n'était pas un jour international ! 😉

Les mères sont les battements de cœur de la famille.

L. Tom Perry

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Jeudi 11 mai

Et c'est reparti pour un tour ! Aujourd'hui on s'en va du côté de Walt Disney Worl Resort. C'est le plus grand complexe de parcs d'attractions au monde, et aussi le plus visité, avec plus de 55 millions d'entrées dont environ 20 millions pour Magic Kingdom (soit 55 000 personnes par jour environ) ! Walt Disney World Resort, 1er employeur des États-Unis sur un même site d'exploitation avec presque 75 000 employés, regroupe en fait 4 parcs : Magic Kingdom (le tout 1er, ouvert en 1971), EPCOT (1982), Disney's Hollywood Studios (1989) et Disney's Animal Kingdom (1998), sans oublier les 2 parcs aquatiques (Disney's Typhoon Lagoon et Disney's Blizzard Beach). En tout, cela fait 6 parcs tous reliés entre eux par un excellent réseau de bus, un train monorail, et même un bateau à aubes ! Du coup, Walt Disney World Resort est beaucoup plus grand que Disneyland California (qui ne compte que 2 parcs). Au total, ce sont 33 000 ha dédiés au loisir, à la fête, à la magie. Soit la taille d'un ville comme San Francisco ! Quand je vous disais que Disney s'est énooooooooorme ! 😉 Une partie des terrains est heureusement préservée et non construite, ouf ! On a tout de même chaussé de bonnes baskets avant de se lancer à l'assaut de tous ces manèges.

Comme on a déjà fait (il n'y a pas si longtemps, merci le CE d'Unilever !!) Disneyland Paris et que Magic Kingdom en est la copie conforme hormis quelques attractions, on décide de passer la journée à Disney's animal Kingdom.

C'est certainement le plus abouti des parcs de la famille Disney. Il faut dire que sa construction a englouti l'équivalent du budget d'une Exposition universelle ! Quelque 200 ingénieurs, botanistes, architectes paysagers et décorateurs ont sillonné la planète pour rapporter des centaines d'objets, éléments de décor et plantes afin de reconstituer les paysages africains ou indonésiens; des photos ont permis de bâtir les villages à l'identique. Et dire qu'avant il n'y avait sur place que des marécages tout plats et inhabités... Alors qu'aujourd'hui une réplique du mont Everest s'élève au-dessus des forêts luxuriantes ! Ici, on découvre le monde animal, avec un "A" majuscule. Pour Mathilde, c'est comme dans un de ses rêves fabuleux au pays des animaux qu'elle aime tant ! Et c'est l'occasion de rencontrer les héros du Livre de la jungle, de Pocahontas et du Roi Lion. Une visite d'autant plus incontournable qu'un tel parc, ne peut exister ailleurs qu'en Floride, et ce, notamment, en raison du climat. Quelques attractions, parfois à sensations, mais on vient ici, avant tout pour s'offrir une sortie au vert.

Dès l'entrée, l'ambiance est donnée, avec l'Oasis, une végétation tropicale parsemée de cascades où évoluent wallabies, kangourous et babiroussas (sorte de phacochères)...

Puis on arrive à la Discovery Island au milieu de laquelle trône le gigantesque, Tree of Life. Arbre de vie dont l'ossature est en métal recouvert de béton. Avec plus de 800 000 feuilles en plastique, il est entièrement sculpté de 325 figures animales et aussi haut qu'un immeuble de 14 étages ! Tout autour, des trails nous permettent de rencontrer lémuriens, porcs-épics, et même des tortues des Galápagos.


Toujours dans la Discovery Island, on s'engouffre dans les immenses racines, puis on pénètre dans un superbe amphithéâtre creusé dans l'écorce pour un film d'animation en 4D, inspiré du dessin animé 1001 Pattes truffé d'effets spéciaux, humoristique et absolument irrésistible. Les héros y sont des insectes (parfois très vilains !). Une vraie réussite, pleine de surprises !

Ensuite petit tour du côté de l'Asie. Zone très réussie, ici c'est l'esthétique qui prime. On est époustouflé par ces ruines enfouies dans la jungle, par les pagodes, pousse-pousse, drapeaux de prière et bus bariolé, et enfin par la présence de certains animaux rares. Mickey à véritablement recrée une atmosphère magique. Les décors du royaume d'Anandapur méritent ainsi qu'on s'y attarde, les petits temples et les kiosques de marché sont des merveilles de reconstitution.

Embarquement immédiat pour Kali River Rapids, on traverse des maisons asiatiques superbement reconstituées, pour pénétrer ensuite dans un temple tout en bois. Ici, tout est illusion et décor. A bord d'un radeau, on dévale les eaux tumultueuses au milieu de la jungle. On aperçoit les ruines d'un temple et quelques animaux de la forêt tropicale. On assiste aux destructions de la déforestation. Soudain, des chutes, et patatras ! On en sort littéralement trempé ! Heureusement il fait chaud, ça va sécher 😆.

On continue par Expedition Everest - Legend of the Forbidden Mountain. Il s'agit d'un roller coaster (grand huit) lancé à vive allure dans un fabuleux décor himalayen, à la poursuite de l'Abominable Homme des neiges. La file d'attente est déjà un véritable musée du Yéti à l'intérieur d'un camp de base. On prend place ensuite à bord d'un petit train, mais le voyage est stoppé net car le yéti a arraché les rails ! On repart donc en arrière, et là, ça remue fort ! S'ensuit une série d'accélérations et de chutes vertigineuses qui nous collent le cerveau aux yeux !

Pour reprendre nos esprits, une petite balade à pied dans le Maharajah Jungle Trek pour d'observer des animaux. D'abord, le varan de Komodo: lézard géant mesurant 2-3 m de long. Plus loin, des chauve-souris géantes. On pénètre ensuite dans les ruines d'un palais rajput, surveillé par des tigres majestueux (enfin c'est une surveillance plutôt passive, ils dorment allongés de tout leur long au bord de la baie vitrée). 🐯 Viennent alors les antilopes, les singes aussi, pour aboutir enfin à une volière peuplée de perroquets, paons et oiseaux tropicaux. De quoi bien remplir le petit guide d'explorateur fourni aux loulous. On y coche les animaux vus, et ils y collent aussi des stickers à chaque stands disposés un peu partout dans le parc qui apportent des précisions sur le monde animal, très ludique et interactif ! 👍

Pour finir de voyager entièrement, on mange asiatique, au Yak & Yeti Restaurant, un succulent repas fait de noix de Saint Jacques et petits légumes à la douce saveur de coriandre, du porc épicés et de bowls délicieux dans un joli décor. 😋

Puis direction Africa pour le clou du parc : le Kilimandjaro Safaris, qui part de Harambe, village tanzanien.

A bord d'un vrai taxi-brousse tout-terrain avec matériel sanglé sur le toit, pas moins de 200 ha de nature à parcourir sur des pistes accidentées, en traversant gués et rivières pour atteindre plaines et forêts où vivent éléphants, zèbres, gnous, okapi, hippopo, crocodiles, lions, girafes, babouins, phacochères... Les espèces pacifiques vivent en semi-liberté, si bien que notre chauffeur doit s'arrêter pour laisser passer girafe et autruche ! Les animaux dangereux sont bien sûr isolés, mais l'illusion est totale. En pleine savane (verdoyante, c'est là que le bât blesse !), on tombe sur de splendides baobabs, tous factices... sauf un. Le jeu c'est de trouver lequel (on cherche encore !). Même les termitières sont fausses (impossible pour les termites de vivre sur ces terres humides). En tous cas, c'est vraiment très bien fait, on se croirait embarqué dans un vrai safari.

Notre exploration africaine continue par Gorilla Fall's Exploration Trail. Un petite marche dans une forêt de bambous à la rencontre des okapis, d'oiseaux tropicaux aux milles couleurs, de suricates et des gorilles. Ces derniers sont impressionnants dans leurs activités quotidiennes : dégustation de feuilles, épouillage réciproque... Enfin, un gigantesque aquarium où les poissons vivent aussi serrés que dans un taxi-brousse !

De la gare de Harambe, on prend le départ du Wildlife Express Train, un train de brousse avec des tas de valises et de colis empilés sur le toit. Le trajet nous mène jusqu'à une petite gare perdue dans la brousse de la Rafiki's Planet Watch. De là, on emprunte un sentier où l'on tente d'observer des singes tamarins (sans trop de succès) jusqu'à Conservation Station, sorte de dispensaire, où sont soignés les animaux du parc. Petit zoo avec chèvres et moutons que Théotime et Mathilde, tout heureux, caressent, et labo où amphibies, araignées, scorpions et autres bestioles me donnent la chair de poule ! 😉 On assiste aussi à une animation qui nous explique comment dessiner une tête de chien 🐶. Tout les 4, on s'exécute avec beaucoup d'application ! 😁

On finit la section africaine en beauté avec le magnifique Festival of the Lion King. Gymnastes, chanteurs, danseurs et acrobates animent ce show époustouflant. Danse, chant, voltige, jonglage inondé de milles couleurs au milieu de statue d'animaux animés, on se sait plus où donner de la tête ! On a adoré ! Et c'est l'occasion d'apprendre Hakuna Matata en anglais.

Entre temps le temps a changé et on est passé du grand soleil à l'orage. On a juste eu le temps de se mettre à l'abri dans la file d'attente de Na'Vi River Journey (on n'a jamais été aussi content de faire la queue ! ) avant qu'il ne pleuve des trombes d'eau ! On était bien au sec jusqu'à ce que Mathilde nous dise : "J'ai envie de faire pipi !" On est revenu trempé de la tête au pied de cette expédition pipi. Heureusement les 2 attractions qu'il nous reste à faire sont en intérieur, une chance !

D'abord en barque, on découvre une faune et une flore extraterrestres dans une forêt tropicale phosphorescente, le monde de Pandora du film Avatar. L'embarcation chemine de grotte en grotte au milieu d'une végétation luxuriante et féerique. Empreint de tellement de poésie, on a énormément aimé !

Sans le savoir, on a gardé le meilleur pour la fin, Avatar Flight of Magic. C'est une véritable initiation dans le décor du film refait à la perfection. D'abord on devient des avatars sur Pandora. Et pour plus de sensations, notre avatar vole à dos de banshee. Une balade tellement réelle, le meilleur simulateur 4D qu'on ait fait, on voit, on sent les odeurs de terre mouillée, les gouttes d'eau, le souffle d'air sur notre visage, on ressent le ventre de notre banshee qui respire... C'est bluffant, on s'y croit vraiment ! En plus, c'est l'occasion de survoler les terres de Pandora qui sont magnifiques.

Un véritable coup de cœur (si le parc ne fermait pas, on l'aurait refait) ! ❤

A notre sortie, une éclaircie nous permet de profiter encore un peu, en parcourant la Valley of Mo'ara. Pas un manège, plutôt une randonnée enchanteresse au cœur des montagnes flottantes, des marécages, de cascades et d'arbres géants. Cette section, The World of Avatar, est l'un des projets les plus attendus dans l'histoire des parcs d'attractions. James Cameron himself a aidé à la création des décors, pour les rendre aussi réels que sa planète Pandora. Que l'on soit fan (nous on l'est !!!!) ou non, difficile de rester de marbre dans cet extraordinaire univers.

Sur cette belle touche de poésie se termine une chouette journée et notre périple à Orlando !

On s'est beaucoup amusé et on aura fait notre bain de foule pour le reste de l'année ! 😉

Ceux qui ne croient pas en la magie, ne la verront jamais...

Roald Dahl

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Mercredi 10 mai

Petite journée off dans notre paisible camping avec pour compagnie des trop mimi ratons laveurs ! 🦝❤ Atelier coiffure pour papa, spa pour maman mais surtout jeux et bataille d'eau parce qu'il fait chaud ! 32°C... Heureusement qu'on est en Floride au Printemps !

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Lundi 8 et mardi 9 mai

Bienvenue au royaume de l'entertainment, où s'amuser (have fun dans le texte) est le mot d'ordre ! Universal Orlando Resort, c'est une véritable oasis de divertissement à l'image de Disney World, mais en plus petit (car Disney, c'est énooooooorme avec plus de 7 parcs !) avec deux parcs tout de même Universal Studios Florida ouvert en 1990 et Universal's Islands of Adventure, en 2001.

On commence aujourd'hui par Universal Studios Florida. C'est un peu le remake d'Universal Studios Hollywood à Los Angeles, à savoir un parc articulé autour du thème du cinéma. On se balade dans de gigantesques décors de ciné reproduisant tantôt New York, avec ses grattes-ciel, tantôt les quais de San Francisco, ou encore les rues huppées de Beverly Hills. Ce qui est drôle, c'est qu'on a déjà visité ces lieux (à part pour New York) et qu'on les reconnaît (on aurait pas pu dire cela quelques mois en arrière) ! Quand aux attractions, elles ont été conçu pour nous plonger dans l'ambiance de films, dessins animés, bluffant de réalisme, on a aucun mal pour s'y croire !

On commence par se promener dans le Wizarding World of Harry Potter - Diagon Alley (Le Chemin de Traverse), où les décors du film et l'univers magique du livre ont été incroyablement reconstitués. On reconnaît la maison de l'ordre du Phoenix, le Magicobus invisible par les Moldus, mais aussi l'allée des Embrumes ou encore les incontournables boutiques de baguettes magiques Ollivanders, celle des farces de Fred et Georges Weasley.

A vos choixpeaux ! Théotime et Mathilde choisissent Griffondor, revêtus la robe de sorciers et équipés de leurs baguettes, ils jettent des sorts dans tout le parc, une fois cela fait voler une plume, tomber de la pluie ou animer une vitrine... C'est magique !


Puis on entre dans la plus célèbre banque des sorciers, la Gringotts Bank. Bâtiment de guingois, dragon qui crache du feu (du vrai !), gobelins qui planchent sur leurs calculs, la file d'attente est un spectacle en soi ! On s'enfonce ensuite dans les sous-sol quand Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et Beatrix Lestrange se lancent à notre poursuite... Oouh !! On en ressort bien secoué !



Puis changement de décor, retour chez les moldus où on embarque avec la famille la plus folle des États-Unis, les Simpsons, dans une montagne russe imaginée par Krusty le Clown. Attention, ça secoue ! Sinon armés de notre pistolet laser on fait la chasse aux méchants comme Men in Black mais une question demeure sans réponse: " Are we alone ? ". Puis perché sur un vélo volant, on retrouve E.T. pour replonger avec lui dans l'univers du film. De la forêt à sa planète, en survolant une ville scintillante la nuit, de très beaux décors et du charme à revendre. Ensuite harnaché dans une nacelle, on ressent la formidable illusion de participer au combat déchaîné entre les Autobots et les Decepticons. Vraiment époustouflant ! Encore un peu d'adrénaline avec Fast & Furious. Vin Diesel sort ses plus belles voitures de sport et des effets spéciaux du tonnerre pour nous propulser dans une course poursuite à près de 200km/h. Et aussi frisson garantit avec Revenge of the Mummy. Un ride intense et nourri d'effets spéciaux saisissants, où se mêlent le feu, le noir, le vide et la vision horrible des momies. On finit avec plus de douceur par Despicable Me Minion Mayhem. Un simulateur 4D avec Gru, ses fillettes et son armada de "minions"; les héros du dessin animé Moi, moche et méchant. Arrivé dans la maison de Gru, nous voilà transformé en minion et entraîné dans une aventure haletante et hilarante à travers la labo de l'inventeur loufoque ! On gigote, glisse, saute, souffle, tombe... les enfants adorent (et nous aussi !).

Deuxième jour, deuxième parc ! Aujourd'hui on parcourt Universal's Islands of Adventure. Créé avec le concours de Steven Spielberg dans un style assez différent du précédent, ce parc comprend plusieurs zones thématiques aux décors enchanteurs.

On décide d'y arriver avec le Poudlard Express depuis Universal Studio Florida. Eh oui, un Pass 2 parcs est nécessaire pour monter à bord ! Le train relie les 2 parcs où chacun à un morceau du gâteau Harry Potter... Donc dès l'ouverture, rendez-vous sur le quai 9 3/4 pour embarquer à bord du Poudlard Express, qui nous mènera à Pré-au-Lard. Ouuuuuh attention aux Détraqueurs qui croisent notre chemin !

Les toits enneigés et la réplique du château de Poudlard plantent un décor particulièrement réussi. Dans cet univers où la magie devient réalité, on arpente les ruelles de Pré-au-Lard, on se gave de dragées surprises de Bertie Crochue (on est tombé sur savon, vers de terre, cire d'oreille, poussière ou encore vomi, beurk !) et chocogrenouilles.

Et après avoir fait des galipettes au-dessus des champs de citrouilles et de la cabane d'Hagrid dans un petit train Hippogriffe, on pénètre dans le château de Poudlard par les imposantes portes. L'attraction débute dès la file d'attente par la découverte des lieux mythiques de l'école, comme le bureau de Dumbledore ou la salle de classe de défense contre les forces du mal. Puis Harry, Ron et Hermione nous entraînent à faire l'école buissonnière et on s'envole hors du château. Dragons, saule cogneur et Détraqueurs sont au rendez-vous, tandis que décors réalistes, effets spéciaux et simulations nous emportent dans une expérience unique et magique !

Puis changement de décor radical ! On passe de Harry Potter à Jurassic Park. Ici, le cadre devient verdoyant et est tout aussi magnifique ! Le décor est en tout point celui du film de tonton Spielberg. D'ailleurs, le Jurassic Park Discovery Center, aux toits dans le style paillote, s'affiche comme la copie conforme de celui du film, avec ses squelettes de T-Rex. On peut même y observer l'éclosion d'un œuf de dino.

On commence par une "gentillette" balade en bateau qui nous emporte à travers le monde impitoyable des dinosaures. On s'achemine vers le théâtre d'un drame récent : cages éventrées, traces de luttes... Les bestioles nous guettent et le T-Rex surgit au moment où on ne l'attendait plus. Pour finir, trempé en dévalant la chute d'eau de 25 m (Et dire qu'on a payé pour ça !!!! On est complètement fou !) ! Plus cool et plus sec, on emprunte une sorte de télésiège qui survole, le camp Jurassic, fait de rochers et de forêt primaire. Avant de jouer aux explorateurs et découvrir les mines d'ambre à coup de toboggans et de filets suspendus...

On continue encore un peu plus dans la jungle pour arriver à Skull Island, l'île de King Kong ! Une seule attraction dans cette zone, mais quelle réussite ! On pénètre dans un temple abandonné et flippant avant d'embarquer dans un 4x4 géant et de s'enfoncer dans la jungle. Moustiques démesurés et araignées géantes ne sont qu'une mise en garde avant de se faire pourchasser par des dinosaures. Puis vient le spectaculaire combat entre King Kong et des T-Rex. Le 4x4 se balance sur des lianes, accélère, secoue... les effets spéciaux sont impressionnants et la 4D rend le tout franchement réel. On a été vraiment bluffé !

Cette fois-ci, on arrive à Toon Lagoon, complètement différent, c'est le royaume délirant des toons, où vivent 150 personnages de dessins animés : Popeye, Betty Boop ou Denis la Malice... C'est l'occasion pour les loulous de se rafraîchir dans les jeux d'eau, finissant complètement trempés ! Heureusement il fait chaud, ça sèche vite !! En poursuivant encore, nous voilà à Marvel Super Hero Island où on décide de suivre Spiderman. Chaussé de lunettes 3D, on se retrouve au milieu des buildings de New York, dans un engin volant poursuivant les ennemis de Spiderman. En réalité, le simulateur bouge très peu, mais les effets spéciaux sont tellement bien faits qu'on a vraiment la sensation de tomber de l'Empire State Building. Génial !

Puis nous traversons "le pays du Chat au Chapeau", une petite cité aux couleurs acidulées, doté de manèges, d'un petit train et de l'attraction The Cat in the Hat, où, à bord d'un wagonnet virevoltant, on découvre les personnages du livre. Mathilde était aux anges !

Cette épopée nous entraîne dans The Lost Continent. Très belle section, mêlant chevaliers, enchanteurs et contes des Mille et Une Nuits... Derrière une entrée collossale, on assiste à un show. Chaperonné par le fébrile assistant-archéologue du professeur Baxter, on se trouve pris au piège dans le temple du dieu de la Mer. S'ensuit une série de péripéties qui nous entraînent de salles obscures en pièce humide, avec effets laser, hologrammes et boules de feu. Les loulous ont adoré !!

La nuit vient de tomber, on finira cette looooonnnnngggue et magique journée par le spectacle son et lumière sur le château de Poudlard. Magnifique ! On finit en beauté juste avant la fermeture du parc ! Eh oui, oui, on aura bel et bien fait de l'ouverture à la fermeture, on est des grands malades !!

Avant de rentrer, dormir pour au moins les 72 prochaines heures... (si seulement ! 🤣) on s'échoue au Bubba Gump Shrimp Co. dans le Universal City Walk, une avenue bordée de boutiques et de restos-bars qui relie les 2 parcs d'Universal Orlando Resort où tout est ouvert jusqu'à 2h du matin ! Nous on n'ira pas jusque là, on se régale de crevettes, de jambalaya et autres dans le décor pur jus du film Forest Gump.

Qui vit sans folie

n'est pas si sage qu'il croit.

François de La Rochefoucauld

20

Jeudi 4, vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 mai

On quitte la côte et les lamantins pour le rêve et le divertissement qui sont les maîtres mots du nord-est de la Floride, représentant le plus grand parc d'attractions au monde. On commence par la Space Coast abritant le formidable Kennedy Space Center, lieu mythique de la conquête spatiale américaine où, depuis les 1ères capsules Mercury jusqu'aux dernières navettes spatiales, l'épopée de la NASA nous est contée à travers films, équipements et véhicules spatiaux... Paré au décollage ?

Le premier jour, on s'installe au Manatee Hammock Campground, beau camping dans une forêt de pins, de palmiers et de bouleaux le long de la rivière. Romantique ponton sur l'eau pour observer la faune ou les fusées décoller puisque les rampes de lancement sont juste en face. Malheureusement le prochain décollage est prévu 2 jours après notre séjour (bon en même temps il était prévu à 2h du matin) ! 🥲

Puis enfin le Kennedy Space Center, le centre mythique de la conquête spatiale depuis les années 1960, installé sur d'anciennes terres fermières. Tout est inscrit ici, sous forme de documents, photos, rapports, films d'archives, matériels... Les navettes sont là aussi. Pas un parc d'attractions comme à Orlando. Ici, les sensations, à l'exception de 2 ou 3 simulateurs, sont réservées à l'élite des astronautes. Mais bien plus qu'un simple musée, il s'agit d'un vaste complexe où la NASA (National Aeronautics and Space Administration) poursuit inlassablement ses recherches, même si l'activité s'est un peu tassée avec l'arrêt du programme de lancement des navettes, en 2011. Depuis les années 1980, une vingtaine d'engins décollent d'ici chaque année. On n'allait pas manquer ça !

Exploration is really the essence of the human spirit.

Frank Borman

On a visité beaucoup de jardins cette année mais c'est notre premier Rocket Garden ! 😁Jardin du souvenir pour cette dizaine de fusées pointant maintenant leur nez vers le ciel. Une seconde vie après leur première mission, la commémoration de ces glorieux moments et des hommes derrière ces merveilles.

Dans l'espace Heroes and Legends, on vit une immersion dans l'histoire de la conquête spatiale à travers ses figures héroïques. Un voyage multisensoriel en 4D saisissant, à bord d'un vaisseau dans l'espace. Puis belle expo dédiée aux astronautes et aux missions spatiales, avec anecdotes et objets personnels à la clé; on y voit notamment la salle de contrôle de la 1ère mission de la NASA, Mercury, en 1962 ! Curieux, passionné, altruiste, confiant, courageux... Théotime y découvre et s'identifie aux qualités qui définissent les voyageurs de l'espace. Enfin, on arrive dans Hall of Fame, où tous les héros américains sont présentés.

Escale à l'Imax Theater avec le film Asteroid Hunters en 3D sur écran géant qui nous emmène à la découverte des astéroïdes: leurs origines, leurs mystères et les différentes techniques pour les détecter, incroyable et très réaliste !

Puis on embarque pour le KSC Bus Tour qui nous fait découvrir les installations de la NASA sur le site de Cape Canaveral. On tutoie la conquête spatiale ! Le bus sillonne la campagne marécageuse de Cape Canaveral (on y voit crocodiles et tortues !) passant devant les aménagements du KSC: l'emblématique et immense bâtiment blanc flanqué du drapeau américain (le plus grand des États-Unis, de la taille d'un terrain de Base-ball !) et du logo de la NASA - le Vehicule Assembly Building (VAB) - dédié au montage de fusées; le centre de contrôle des lancements; le pas de tir de Space X; et puis ces énormes engins à chenilles qui assurent l'acheminement des véhicules spatiaux jusqu'aux différents pas de tir.

Ensuite, le tour se poursuit à pied dans le Appollo/Saturn V Center. Une étape spectaculaire ! D'abord, un 1er film retrace la course entre Soviétiques et Américains pour la conquête de l'espace ; l'avantage des Soviétiques face aux atermoiements américains, jusqu'à l'intervention historique de J.F. Kennedy: objectif Lune ! Puis les 1ers échecs (Apollo 1 en 1967, où 3 astronautes trouvent la mort: Grissom, White et Chaffee). De là, on passe dans la reconstitution du centre de contrôle de 1968, pour assister avec beaucoup de réalisme au départ de la mission Apollo 8, la 1ère à contourner la Lune ! Compte à rebours de 3 min, images télé de l'époque, la tension est palpable dans la launch contrôle room. 3, 2, 1, décollage... les vitres et les bancs tremblent, on s'y croirait !

Puis, à côté dans un immense hangar, découverte de l'impressionnante fusée Saturn V, qui emporta les capsules Apollo vers la Lune. Découpée en sections pour mieux voir les articulations des différents étages, cette fusée demeure le plus grand engin volant jamais conçu : 2 fois plus haute que la statue de la Liberté ! On a bien aimé les unes des journaux du monde entier datées du 22 juillet 1969 (au lendemain du 1er pas sur la Lune), mise en valeur autour du module lunaire. La Apollo Treasures Gallery présente de vrais équipements (la combinaison de Shepard notamment), objets et accessoires utilisés par les astronautes des missions Apollo ou rapportés de la Lune par leur soin. Enfin, le Lunar Theater présente l'entrée dans la légende d'Apollo 11. On assiste à l'alunissage émouvant du LEM le 21 juillet 1969 et aux 1ers pas d'Armstrong sur la Lune.

Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité

On enchaîne avec Space Shuttle Atlantis. Devant ce grand hall où est exposée la navette Atlantis, on admire d'abord à l'entrée ses 2 propulseurs et son énorme réservoir de carburant ; équipements annexes aidant au décollage, puis largués successivement une fois dans l'espace. A l'intérieur du hall, un film présente la genèse de la création des navettes dans les années 1960, puis la résolution des défis techniques avant le 1er tir deColumbiale 12 avril 1981. On s'émerveille ensuite devant la mythique navette, qui a réalisé son dernier vol en 2011 après 3 décennies de bons et loyaux services rendus à la NASA et à la station spatiale internationale. Atlantis est ainsi exposée à plus de 10 m de hauteur, comme si elle était en apesanteur dans l'espace, les 2 portes de sa soute grandes ouvertes. On peut ainsi admirer sous toutes ses coutures les lignes fluides de la navette et remarquer que la peinture demeure brûlée par son dernier retour dans l'atmosphère.


Puis on vit le lancement d'une navette sanglé dans le cockpit avec le Shuttle Launch Experience ! En introduction, on nous explique le processus de tir, l'allumage et la séparation des propulseurs annexes et du réservoir de carburant une fois en l'air. Ça remue un peu, mais l'ambiance reste très gentillette (les loulous étaient même limite déçus) !!

Notre exploration se poursuit à l'espace Gateway. Alors que jusqu'à présent les différentes expositions du KSC mettent en évidence les réalisations passées des programmes Mercury, Gemini, Apollo et Space Shuttle de la NASA, cette nouvelle attraction audacieuse explore l'avenir du voyage spatial. Tout d'abord, on découvre les engins spatiaux d'aujourd'hui, notamment la capsule Orion qui a effectué l'Exploration Flight Test-1 en 2014. Mais également les conceptions visionnaires ouvrant la voie aux voyages humains dans l'espace lointain. On peut grimper à l'intérieur d'une maquette grandeur nature d'une capsule Boeing Starliner, s'aventurer dans une maquette de l'habitat de l'espace lointain de Lockheed Martin, ou même essayer virtuellement les gants d'une combinaison spatiale de Boeing. Tout ceci sous l'immense artefact booster Space X Falcon 9 qui a lancé la Tesla d'Elon Musk dans l'espace, suspendu au plafond, pour permettre une vision à 360° et offrir un spectacle impressionnant.

Puis dans l'aéroport imaginé du futur, le Spaceport KSC, on se lance dans des balades immersives en simulateur 4D vers des mondes lointains. En route pour la planète Mars ou pour effleurez les anneaux de Saturne... Un voyage inoubliable !

Les loulous sont heureux en découvrant aussi la méga aire de jeux Space Party ! Toboggans, pistolet à balle, tunnel, simulateur, tout cela dans une ambiance mêlant planètes, mondes nouveaux, météorites, satellites... Ils ont adoré et pour nous, c'est la pause 😊 !

On continue la visite par un autre challenge à venir, poser un pas sur la planète Mars. Au fil d'une superbe exposition moderne et interactive, Journey To Mars: Explorers Wanted, on découvre les nombreuses sondes ayant été lancées et toutes les informations récoltées sur la fameuse planète rouge.

Enfin, nous réalisons un des rêves de Théotime, rencontrer un vrai astronaute !! Sam Gemar, il a entre autre réalisé trois vols de plusieurs jours dans différentes navettes et missions spatiales. On a pu échanger un moment avec lui et il a même signé la petite navette de notre Théotime qui était aux anges !

De retour au camping c'est les yeux pleins d'étoiles que nos loulous fabriquent leurs propres fusées ! De futurs petits astronautes ? Théotime et Mathilde nous ont impressionnés avec toutes leurs questions, la passion et l'intérêt qu'ils ont eu pour ces deux jours tellement riches en découvertes. Emportant un peu de cette poussière d'étoile, de la curiosité et de l'esprit de découverte dans le cœur, ce qui ne finira jamais de réjouir le notre 😌

The sky calls to us.

Carl Sagan

Le lendemain on part pour un autre Univers qui s'avère tout aussi incroyable : décollage pour Orlando et ses parcs d'attractions connus dans le monde entier ! C'est parti pour 4 jours de folie !!!!

Encore une fois le camping Bill Frederick Park est une petite pépite, un immense parc situé à quelques minutes seulement des parcs d'attractions. Calme, beauté et à notre arrivée : le comité d'accueil, écureuil et ratons laveurs !

19

Lundi 1er, 2 et 3 mai

En route pour la nature coast. Voilà un nom aux airs d'évidence. La côte nord-ouest de la Floride, on n'est pas encore dans les banlieues résidentielles et les golf du sud, on reste dans une Floride encore authentique et naturelle. Pas de parcs d'attractions dans le secteur, pas de stations balnéaires, mais des côtes sauvages et souvent marécageuses, que la route peine à pénétrer, et quelques petits ports. On vient ici avant tout pour observer les lamantins, qui fréquentent assidûment les nombreuses sources de la région en hiver, et pour s'oublier un peu sur des airs de vieilles nostalgie sudistes.

On commence par s'installer sur un spot de camping primitif équestre (si on avait un cheval, il y a l'enclos prévu pour. Bon on n'a pas de cheval mais deux enfants... Remarque on pourrait avoir parfois envie de s'en servir ?!!! 😉), le Bearhead Hammock situé dans la forêt d'État de Withlacoochee. On est seul, au calme, en pleine forêt (Mathilde a même vu un lynx un matin) tout ce qu'on aime et les soirées autour du feu, ça nous avait manqué ! 😊🔥

Première visite le National Wildlife Refuge à Crystal River, un bon point de chute pour en apprendre davantage sur les lamantins. Avec 3 m de long et 400 à 550 kg au compteur (le record dépasse 1,7t !), ces drôles de semi-remorques ont besoin de beaucoup manger pour faire fonctionner la machine: 10 à 15% de leurs propres poids chaque jour. Dans les parcs aquatiques, chaque animal ingurgite entre 70 et 100 laitues quotidiennes... Pas facile à assimiler, toute cette verdure: le lamantin se trimbale 45 m de boyaux et met une semaine à digérer. Ce qui, en d'autres termes, revient à dire qu'il a toujours plus de 300 kg de nourriture dans l'estomac ! En hiver, ils quittent les eaux plus froides du golfe du Mexique pour se réchauffer dans certaines des nombreuses sources qui jalonnent le littoral, rien qu'à Crystal River on en dénombre 70 !

Mais pour observer les lamantins, on ira à Homosassa Springs. Cette grosse bourgade a grandi sur le flanc d'une rivière abreuvée par l'une des plus importantes sources de la région. La rivière est tellement translucide, c'est magnifique ! Et la probabilité de pouvoir y observer des lamantins est élevée: quelques 200 animaux vivent ici, entre la source et le golfe. Mais comme ceux qui s'ébattent dans la nature ne sont pas au rendez-vous, on se rend au Ellie Schiller Homosassa Springs Wildlife Park, en voir quelques-uns à demeure (et beaucoup, beaucoup d'oiseaux aussi). Enfoui dans la végétation, ce petit zoo placé sous la tutelle des State Parks englobe une résurgence d'où sourdent, toutes les heures, 7 à 11 millions de litres d'eau à 22°C. L'hiver, lorsque le golfe du Mexique refroidit trop, il n'est pas rare que les lamantins remontent jusque-là pour se réchauffer (ils détestent lorsque le bain descend sous 18°C...). On y observe nos premiers lamantins soit nageant tranquillement dans la rivière, soit engloutissant leurs innombrables laitues ! On est content 😊. Mais ce n'est pas tout, un bénévole organise une présentation sur les serpents et autres bestioles tout à fait charmantes. C'est l'occasion pour les plus courageux (Théotime, Mathilde et Olivier) de toucher un serpent vivant (ce sera la première et dernière fois puisque c'est le seul serpent non venimeux de Floride !). Moi je me suis largement contentée de la partie sur les splendides Orchidées et Tillandsias. On a pu observer aussi d'autres animaux de Floride comme la panthère, l'ours ou le lynx et plein d'oiseaux. Certains, blessés et soignés, en cage mais d'autres, attirés par leurs semblables, fréquentant aussi les lieux.

En prime: un hippopotame répondant au doux nom de Lu, vedette de cinéma des sixties à la retraite ! 🦛

Un joli lieu où on a passé une chouette après-midi !

Pour notre dernier jour spécial lamantins, on se jette à l'eau ! Après un pique-nique sur la petite plage de Hunter Springs Park à Crystal River, on loue un canoë pour passer l'après-midi à naviguer sur les chenaux. Un super plan pour observer les lamantins qui vont et viennent en toute liberté. On a même pu se mettre à l'eau, nager avec eux et faire du snorkeling pour encore mieux les observer.

Dans le voyage, il y a plein de bons moments mais certains deviennent inoubliables, celui-là en fait partie ! On a adoré rajouter les lamantins, qu'on ne connaissait pas du tout, à notre beau palmarès d'observation de la faune, très riche cette année.

L'amour pour toutes les créatures vivantes est le noble attribut de l'homme.

Charles Darwin

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Samedi 29 et dimanche 30 avril

Le State Park où nous nous trouvons porte le nom de l'arbre Torreya. Cet arbre en voie de disparition, également connu sous le nom d'arbre Taxifolia, prospérait autrefois dans toute cette région. Maintenant, il ne peut être trouvé que sur les hautes falaises le long de la rivière Apalachicola. Ce magnifique parc de 13 735 acres abrite également l'historique Gregory House, une plantation de 1849.

Le seul hic de cette étape où on fait le plein de nature, de sérénité et de solitude, c'est la météo qui nous joue des tours avec ses deux jours de pluie... Mais bon, on part explorer, avant la pluie, un des sentiers de randonnée à travers les bois ombragés pittoresques jusqu'à la rivière Apalachicola. Une des rando les plus sauvage qu'on ait faite où on a dû affronter une horde de moustiques sans pitié (et où moi, j'étais un peu stressée par l'hypothétique rencontre de serpents, je l'avoue...). Mais on a réussit à rentrer juste juste avant la pluie ! 😁👌 Et surprise, surprise, les tiques sont de la partie... 😱 Heureusement plus de peur que de mal. Sur le coup, non, mais avec du recul la scène était même assez hilarante ! A peine rentré de la balade, on s'est retrouvé tout les 4 à poil dans la caravane, à s'examiner au peigne fil les uns les autres. Pour finir sous la douche à 14h de l'après-midi !!! Bilan: 7 tiques enlevées ! Rassurez-vous tout le monde va bien !!!

On finira le reste du séjour confortablement installé dans notre douce Evasion loin des moustiques, tiques, serpents et autres bestioles sauvages et sans pitié... Bon c'est sûr, on n'avait pas vraiment le choix, il a plu des trombes d'eau !!! Mais au moins, on a avancé sur le "Et après...". Beaucoup se posent la question, quelques-uns commencent à le savoir parce qu'un début de route se profile à l'horizon pour nous. On devrait pouvoir poursuivre le voyage jusqu'au 28 juin avec Tiger et Evasion (puisque finalement Olivier a réussit après maintes négociations, à prolonger notre assurance !!! 🥳). Donc on rajoute une petite escale en Nouvelle-Angleterre pour découvrir Boston et le Cape Cod avant de passer la frontière canadienne le 7 juin. Du 7 au 28 juin, on sera entre Montréal et l'Anse Saint-Jean pour faire la tournée des copains québécois. Ça nous permettra de revoir aussi quelques endroits qu'on avait bien aimé ou d'autres qu'on avait pas encore eu le temps de voir (normalement parce qu'on doit aussi vendre le pick-up et la fifth wheel, à voir comment tout cela s'articule ??!). Puis le 28 juin, on récupère juste nos 4 valises et on s'envole pour l'île de La Réunion.

Avant de partir on avait pas de projet pour l'après. C'était déjà énorme de tout vendre, tout quitter pour partir vivre en itinérance pendant un an. On ne se posait pas vraiment la question du après ! L'essentiel était de vivre au présent et d'en profiter. Mais le voyage nous change, c'est inéluctable ! On savait déjà qu'on ne pourrait pas revenir après cette aventure dans nos vies comme avant, c'est une des raisons pour lesquelles on a tout vendu avant de partir. Et puis on avait besoin qu'il y ait un nouveau projet après celui-là, une nouvelle vie à construire, nouvelle maison, nouveau travail, nouvel équilibre familial à trouver... Construire quelque chose de nouveau ! Puis, ce que le voyage a renforcé, c'est de croire encore plus en nos rêves. Alors on ose franchir le pas et on se laisse tenter par cette envie qu'on avait depuis quelques temps tous les 4, sans vraiment la formuler, ni y croire ou savoir comment l'organiser: vivre quelques temps sur une île ! Un pays chaud, exotique. Une destination de vacances près de la mer. Se remplir de soleil. Un coin du globe que l'on n'a pas encore exploré et qui ouvre la porte des opportunités de découvertes et de voyages.

Pour cela, on va découvrir La Réunion en juillet et Août pour savoir si c'est bien là que l'on veut poser nos 4 valises quelques temps et y construire notre nouvelle vie, celle d'après ??!!

Il n'y a pas de plus belle aventure au monde que de vivre la vie de vos rêves.

Oprah Winfrey

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Mardi 25, mercredi 26, jeudi 27 et vendredi 28 avril

Changement de lieu mais le rêve continue... On avance, toujours sur la côte nord de Floride, en restant sur le bord de mer jusqu'au Topsail hill state park. Il doit son nom à ses dunes, qui s'élèvent comme les voiles d'un navire sur les plages de sable fin et les eaux émeraude du golfe du Mexique. On se retrouve dans un joli camping sous les pins. Moi je me croirais de retour au Gurp dans les Landes, les Américains ont remplacé les Allemands et les palmiers en plus ! 😉

Ces mêmes dunes de quartz blanc sont responsables d'un écosystème côtier rare de lacs dunaires d'eau douce qui regorgent de faune aquatique. On accède à la plage (à pied ou une navette est prévue, trop la classe ! 😉 ) en traversant une forêt de pins anciens, des garrigues sablonneuses, des dunes et des zones humides. Magique toute cette nature ! Un merveilleux avant goût avant de tomber en amour devant les 3 miles de plages immaculées d'un blanc éclatant sur fond bleu translucide...

Deux jours, deux météo ! On commence par un grand ciel bleu et le soleil qui brille. Théotime nous prépare un bon petit-déjeuner salé: bacon, saucisses... pour bien démarrer la journée ensuite ce ne sera que profiter de ce lieu enchanteur, savourer les plaisirs de la plage, tours de canoë (malgré les fortes vagues qui ont fait chavirer Théotime et Olivier une fois) et dégustation de notre fameux et délicieux Pompano ! 🐟

Deuxième jour, pluie, pluie, pluie... Mathilde nous prépare des pancakes pour nous consoler puis journée repos, jeux, activités manuelles... Mathilde commence à lire son tout premier livre sur la liseuse, la championne !! 👍 Et séance cinéma dans Evasion avec le premier volet d'Harry Potter... Théotime a fini de lire le livre et il commence la lecture du deuxième tome sur la liseuse, le champion !! 👍 C'est tout bon, on est prêt pour rencontrer Harry Potter, Ron, Hermione... et tous les autres, à Orlando ! 😁

Comme dit l'adage, après la pluie vient le beau temps ! Avant de partir, on fait une dernière escapade dans la forêt de pins, découvrir toute cette nature puis pique-nique sur la plage pour lui faire nos adieux !

Il est déjà l'heure de partir, on s'arrache difficilement à la contemplation de ces merveilleux paysages pour avancer encore un peu dans les contrées en Floride du Nord mais cette fois-ci en s'enfonçant dans les terres, changement radical de décor ! 😉 On s'installe pour les 3 prochaines nuits au beau milieu d'une immense forêt au Torreya State Park.

Étape 100% Nature et Paisible !

16

Dimanche 23 et lundi 24 avril

On est dans le Panhandle , la "queue de la poêle" de la Floride, une bande de terre de 320 km de long (pour 80 à 160 km de large), bornée d'un côté par le golfe du Mexique et, de l'autre, par les États de Géorgie et d'Alabama. La région est très appréciée des habitants du Midwest (et on comprend très bien pourquoi !😉) pour ses interminables plages de sable fin d'une blancheur extraordinaire ! Des stations balnéaires bardées d'immeubles y ont surgi par endroits mais, face aux côtes, de très longues îles-barrières, protégées par plusieurs state parks et par le Gulf Islands National Seashore, dessinent de fantastiques parenthèses de nature. Ajoutons au tableau presque parfait quelques bourgades bien attachantes, comme l'historique et séduisante Pensacola.

On passe les deux prochains jours à découvrir cette nouvelle contrée, à profiter des trésors qu'elle nous offre et à retrouver avec beaucoup de plaisir la mer !

On commence par l'exploration du joli state park où on s'est installé !

Puis direction le Gulf Island National Seashore. Très dispersée, cette vaste réserve protège un chapelet d'île-barrière flottant au large des côtes de la Floride occidentale et du Mississippi voisin, plus quelques milieux spécifiques qui leurs sont associés.

On découvre avec enchantement les fameuses plages de Floride... Immenses et interminables langues de sable blanc (éclatant !), sauvages, soulignées par endroits de petites dunes sculptées par l'érosion marine. Leur blancheur est due à la proportion élevée de quartz des roches granitiques de Géorgie, patiemment érodées par les cours d'eau se déversant dans le golfe du Mexique et transporté ici par les courants. Les îles sont constamment redessinées par les ouragans et, désormais, la montée des eaux consécutive au réchauffement climatique.

Avant de venir ici, nous ne savions pas que c'était si beau ! Quelle belle surprise, on est trop content ! 😆

Entre deux moments plage, le quart d'heure culturel d'abord avec la visite de Penacola (Il en faut pour tous les goûts ! 😆). Revendiquant à l'instar de St Augustine, le titre de "plus vieille ville des États-Unis ". Pensacola est paisible et bien moins tape-à-l’œil que la plupart des villes côtières de Floride, son atmosphère est encore comme celle du delta du Mississippi. L'agréable Dowtown historique, très vert, élégant sans être muséifié, dévoile de bien belles maisons de bois, certaines victoriennes, d'autres plutôt coloniales, et de petits immeubles en brique dotés de ravissants balcons en fer forgé, façon New-Orleans. On s'y promène avec plaisir, avant d'aller découvrir les plages de sable blanc de Pensacola Beach, sur la longue îles-barrière de Santa Rosa et finir notre quart d'heure culturel au Fort de Pickens ! 😉


On finira l'exploration sur l'île-barrière de Santa Rosa. Si les immeubles y ont poussé comme des champignons, le reste de l'île préserve, lui, de somptueux paysages sauvages dans le cadre encore du Gulf Island National Seashore.

Là s'amarre le puissant Fort Pickens, le plus important des 4 forts qui protégeaient la baie de Pensacola. Il a fallut 21,5 millions de briquets et la sueur de nombreux esclaves pour le construire de 1829 à 1834. Unique bastion de l'Union dans la région durant la guerre de Sécession, il fut transformé en prison en 1887 et accueillir les "rebelles" apaches, dont le célèbre Geronimo...

Pour finir.... à la plage ! L'appel du sable blanc est trop fort, on ne peut pas résister, surtout dans des paysages aussi grandiose.

Depuis la plage, on aperçoit au loin des groupes de dauphins nager et sauter dans les vagues. Une grande première pour nous 4 ! Merveilleux cadeaux de mère nature ! 🙏🐬 On peut ajouter les dauphins à notre palmarès d'observation des animaux de cette année, il commence à être très complet ! 😁👍

Au programme: châteaux de sable, cerf volant pour les uns. Douce contemplation de toute cette beauté pour d'autres... Et quand nos voisins attrapent un poisson, curieux on s'approche. Ce sont un français (un bordelais installé depuis 12 ans aux États-Unis) et un américain passionnés de pêche. A force de discuter, on repart avec un joli pompano (carangue). Les deux pêcheurs nous assurent qu'en plus d'être beau, c'est un très bon poisson (ils viennent du Tennessee exprès pour la saison du pompano qui a lieu en ce moment).

Hummmm, on a hâte de le goûter ! 🐟🍽😜

Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.

Guy de Maupassant

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Samedi 22 avril

Ce matin on quitte notre joli spot au Bayou Segnette State Park, camping paisible dans un grand parc arboré et enherbé où on a été bercé par le chant des oiseaux à deux pas de La Nouvelle-Orléans !

Dernières vues de la Nouvelle-Orléans en passant, le musée National WW2, classé 4e dans le top-ten des musées les plus visitées aux USA. Il déroule la chronologie des batailles menées par les Américains durant la seconde Guerre mondiale. Et le superdome, l'un des plus grands stades couverts du monde: 80 000 places ! Devenu tristement célèbre depuis qu'il a servi d'abri forcé aux derniers réfugiés n'ayant pas pu ou voulu quitter la ville en temps et en heure, lors du passage du cyclone Katrina fin août 2005.

On continue notre route pour aller jusqu'en Floride, on va devoir traverser 2 États : le Mississipi et l'Alabama.

Par le courage et les armes.

Devise du Mississippi.



Nous osons défendre nos droits.

Devise de l'Alabama.


On débute la Floride en s'installant au super Big Lagoon State Park. On y découvre un magnifique et très grand emplacement en pleine nature comme on aime tant ! 😁 On est entouré de très grands pins, fougères, palmiers, du sable fin et blanc au sol, des écureuils et petits lapins par dizaines qui nous tiennent compagnie. En plus les loulous se sont trouvés une dune de sable qui fait office de fort, ils sont heureux !!!

On est au top !!

In God We Trust (En Dieu nous croyons).

Devise de la Floride

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Vendredi 21 avril

Aujourd'hui c'est la folie !!! 🥳😁 Programme spécial pour fêter la Saint-Théotime !!!

Direction le Louisiana Children's Museum. Un musée bien sympa, comme savent en imaginer les Américains. Une sorte de méga ludothèque, où Théotime et Mathilde peuvent découvrir à travers toutes sortes d'installation, les lois de la physique, faire des courses dans un faux supermarché, jouer au cuisto et au serveur, piloter un camion de primeur ou un bateau, faire des bulles géantes, jouer de la musique ou se construire une maison... Un merveilleux moment que les loulous ont adoré et nous aussi !

On finit par une balade dans le Frenchmen Street, une rue d'à peine 300 m de long. Un bar, un club à chaque pas de porte. On glisse de l'un à l'autre entre amateurs de swing, dans une atmosphère relax, joyeuse et conviviale. Dégustant ici et là de bonnes petites choses et on se régale autant le ventre que les oreilles ! 🎷


Théotime était tout heureux, il a beaucoup aimé sa journée spéciale ! 💖

Le plaisir est la plus belle façon de célébrer une fête

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Jeudi 20 avril

Aujourd'hui la tant attendue et fameuse Nouvelle-Orléans !!!

Comme San Francisco et Boston, La Nouvelle-Orléans est une ville exceptionnelle aux Etats-Unis. Une exception qui n'a pas d'égal que l'attachement dont témoignent ses habitants pour la conserver. De quoi accrocher immédiatement le visiteur, et dérouter... les Etats-Uniens eux-mêmes. Ceux-ci se plaisent d'ailleurs à dire que si l'on ne connait de leur pays que la Nouvelle-Orléans, c'est qu'on ne connait pas les Etats-Unis. Nolinss comme on l'appelle ici (et non Niou Olinns), ou Nola, tout simplement, est une ville à part, pas plus américaine qu'européenne. Dans ses veines coule la musique, distillée tous les soirs par des dizaines de bars, de clubs et, partout, au coin d'une rue, à l'ombre d'un balcon suspendu, par des musiciens de bout de trottoir qui grattent le banjo, s'époumonent au trombone. Tous prêchent la bonne parole du jazz, standard ou sans cesse bousculé, réinventé, racontant les joies et les peines d'une population malmenée - encore récemment - par l'histoire et par la nature.

Et le jazz a son écrin, le French Quarter, quartier historique de La Nouvelle-Orléans, appelé aussi Vieux Carré, doit son nom au fait qu'il a été dessiné par un architecte français au début du XVIIIe siècle, avec l'idée d'en faire une sorte de village. Son style architectural, en revanche, doit tout à la période espagnole, durant laquelle furent bâties ces emblématiques maisons colorées, aux façades si caractéristiques dont les balcons en corbeille tarabiscotés de fer forgé forment autant de galeries courant le long des trottoirs.

En avant pour découvrir tout cela, une fois réussit l'épreuve de trouver un parking, on commence l’expérience Nola en sautant dans un streetcar c'est-à-dire le tramway pour rejoindre une visite guidée en français du French quarter. Un des bons plan routard dont on profite depuis le début du voyage.

J'aime l'esprit de ce guide, ses commentaires (souvent retranscrit dans ce blog ! 😉) et les découvertes parfois inattendues qu'il propose à travers le monde.

Ce tour explore le Vieux Carré et son histoire, de la colonisation à la fin de la guerre de Sécession, à travers le destin croisé de plusieurs grandes familles Créoles, mêlant aristocrates, pirates, déportés Acadiens, émigrants sans le sou, esclaves et gens de couleurs libres. On visite jardins et cours intérieures oubliées: ces patios secrets de maisons créoles du Vieux Carré sont autant de prétextes à de passionnantes explications sur les codes sociaux de l'époque, les rapports complexes entre esclaves et propriétaires, qui alternaient entre épouse légitime (souvent une riche héritière) et maîtresses métisses. On y apprend aussi les différences architecturales entre les maisons des WASP (White Anglo-Saxon Protestant), peintes en blanc, et les maisons créoles plus colorées et, à l'instar de celles des Antilles ou de l'océan Indien, construites par les Sénégalais, architectes-esclaves doués.

La Nouvelle-Orléans se composait, à l'époque, de deux mondes qui ne se fréquentaient quasiment pas. Le Vieux Carré était le cœur du monde créole, tandis que le monde américain commençait à l'ouest de Canal Street.

On découvre également Jackson Square, centre religieux et administratif de ce carré, abritait côte à côte Saint Louis Cathedral (Aussi connue ici que la tour Eiffel. Elle n'a pourtant rien d'un chef d'œuvre, mais fût la première église catholique d'Amérique du Nord, élevée par Paul VI à l'ambitieux titre de cathédrale) et le Cabildo (Siège du gouvernement espagnol qui commandait toute la vallée du Mississippi). C'est ici que fût signé l'acte de vente de la Louisiane aux États-Unis en 1803.

La visite guidée comprend aussi le New Orleans Pharmacy Museum. Datant de 1816, cette pharmacie fut la boutique du premier pharmacien diplômé aux États-Unis, Louis Dufilho, un aïeul de Jacques, le comédien. Superbes meubles de pharmacie couvrant une bonne partie des murs. Étonnant, tous les produits qui sont dans les bouteilles et fioles sont parfaitement authentiques. Encore plus surprenant, il fournissait aussi de la drogue, les gens utilisant des stupéfiants étaient assez nombreux à l'époque. Les premières lois réglementant sa consommation ne furent votées qu'en 1908. La pharmacie avait aussi un rôle social. Près de l'entrée, un bar de poche en marbre et sa fontaine à soda en témoignent. Les pots contenant médicaments cohabitaient avec les potions vaudoues: très prisés furent le Love Sucess (nul besoin d'explications), le Devil ou le Lucky-Lucky. Pour plus de discrétion, ces potions portaient des numéros (cela évitait d'être gêné comme quand, aujourd'hui, on demande dans une pharmacie une boîte de Viagra ou un paquet de capotes 🤣).

On passe rapidement par Bourbon Street. Si Jackson Square est le cœur du quartier, Bourbon Street en est la colonne vertébrale. Elle est devenue au fil du temps l'axe commercial, puis musical, au début du XXe siècle. Les boîtes de jazz succédaient alors aux boîtes de jazz. Aujourd'hui, la célèbre rue, victime de son succès, est devenue un coin très touristique; les strip-teases de dernière catégorie, les vendeurs de hot dog ambulants et les rocks-cafés aimantées les touristes venus des quatre coins des États-Unis. Arpenter Bourbon Street au moins une fois fait partie du jeu, ne serait-ce que pour prendre la mesure de l'énergie de la ville. Un souvenir qui nous a marqué c'est l'odeur pourtant c'était le matin et la rue venait d'être lavée au Karsher... 🤢

Après cette riche visite, c'est enfin la pause ! Au menu, 2 spécialités : la mufuletta, un gros sandwich italien (quand on dit gros, c'est gros, on a pu manger à 4 avec un seul), composé d'un pain rond garni de charcuterie (salami, jambon, mortadelle) et de fromage, le tout copieusement arrosé d'une sauce aux olives, qui câpres et aux épices absolument succulente. La mufuletta fut inventée par un immigrant sicilien au début du XXe siècle, qui en régalait ses compatriotes émigrés au déjeuner. Curieusement, la mufuletta n'existe qu'à la Nouvelle-Orléans; en Sicile, on ne connaît pas. Et les célèbres beignets du Café du Monde enfouis sous une montagne de sucre ! Hummmmm.... Un délice ! 😜

L'après-midi, petite balade encore dans le Vieux Carré pour continuer d'explorer ce secteur dont l'harmonie de style participe activement à la magie de la ville. On déambule de bijoux en surprises le long de Royal Street, bordée de boutiques plus élégantes les unes que les autres: antiquaires, galerie d'art, objets en ferronnerie (assortis aux balcons)...

Notamment une surprenante boutique d'armes antiques. Au XIXe siècle, c'était une pharmacie tenue par Antoine Amédée Peychaud, un créole originaire de Bordeaux. Le soir, après la fermeture de sa boutique, il servait à ses amis une boisson de son cru, un mélange de cognac et de bitter laison. Cette mixture, non pas versée dans un verre mais dans un coquetier, fut rapidement appelée "cocktail" par les Américains qui n'arrivaient pas à prononcer "coquetier" correctement.

Voilà l'origine du mot ! 🍸🍹

Bien entendu, le clou de cette balade, on admire La branche House, l'une des plus célèbres doubles galeries de la ville et l'une des remarquables balustrades, avec des entrelacs élégants de feuille de chêne.

Un peu partout des musiciens de rue (parfois les même qu'on retrouve le soir dans certains bars), diseuse de bonne aventure, prêtresse vaudoue et portraitiste à la petite semaine... Ambiance décontractée ! On ouvre les yeux, et surtout les oreilles ! 🤩😍

On finira cette journée en prenant le célèbre Saint Charles Streetcar pour découvrir Garden District, splendide quartier résidentiel. Une séduisante promenade où on apprécie en toute tranquillité le faste et l'opulence des gigantesques demeures du plus pur style colonial, d'influences à la fois néoclassique et victorienne, résidences orgueilleuses des grandes familles de Louisiane, entourées d'immenses parcs toujours verts, de chênes, de cyprès et de frangipaniers. Certains arbres très anciens forment de véritables voûtes végétales au-dessus de la rue. L'occasion pour les loulous de repartir, tout joyeux, chargés d'un véritable butin: quelques colliers de Mardi gras perchés dans les arbres qu'ils ont réussi à attraper ! 😉

C'est grâce à l'héritage jazz que l'homme singe devint l'homme sage.

MC Solaar

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Mardi 18 et mercredi 19 avril

Il était une fois Scarlett, les robes en taffetas, les demeures d'un luxe inouï, bordées de colonnades et de nostalgie architecturale, châteaux d'une terre vierge où s'inventait un art de vivre. Et puis il y avait l'argent qui coulait aussi sûrement que le Mississipi, les fortunes gagnées dans les champs, à la sueur d'hommes exploités, avilis, privés de tout et d'abord de leur liberté, qui eux, inventaient un art de survivre.

Mais, autant en a emporté le vent, vint la guerre, bien plus provoquée par les États du Nord, jaloux de la prospérité du Sud, que motivée par l'émancipation des Noirs. Elle emporta donc les grands propriétaires et les esclaves. Les premiers en sortirent beaucoup moins riches, et les seconds à peine moins pauvres et guère plus libres.

The Recent Unpleasantness ("le désagrément récent", comme disent par dérision les sudistes à propos de la guerre de Sécession) à toutefois laissé de nombreuses traces. Les cicatrices psychologiques ne se voient pas trop, même si elles sont bien présentes, aigreur, méfiance vis-à-vis du Nord, relents ségrégationnistes... D'autres, plus concrètes, se visitent, et souvent avec plaisir. Les grandes plantations antebellum (avant la guerre) témoignent d'un monde disparu, comme les châteaux de la Loire racontent la Renaissance.

Durant l’Age d’Or de l’esclavagisme aux États-Unis, on dénombrait plus de 350 Plantations entre La Nouvelle-Orléans et Baton-Rouge, le long du Mississippi (ici 80% de la population était esclave). Le fleuve apportait l’eau nécessaire aux cultures et permettait le transport des récoltes.

Le coton et la canne à sucre majoritairement mais aussi le riz et l'indigo furent les principales cultures développées dans la région et apportèrent aux propriétaires terriens fortune et prospérité. Ils se firent construire de somptueuses demeures, où la surenchère de luxe et de raffinement contraste cruellement avec la rudesse, le dénuement des cabanes de planches laissées aux esclaves. On comptait sa fortune en dollars, en acres de terre, mais aussi en nombre d'esclaves. C'est ainsi que la douleur des uns profite aux dollars des autres. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une dizaine de plantations, disséminées sur les deux rives du Mississippi. Nous avons choisit d'en visiter 3 pour avoir un bon aperçu et sans en faire une overdose ! 😉

Entre sueurs d’hommes asservis et luxe tapageur, un roadtrip sur la route des Plantations, est une étape incontournable lors de notre tour de la Louisiane. Étape pas facile à aborder avec Théotime et Mathilde, comment expliquer l'intolérable, l'inhumain à des enfants encore tellement plein d'innocence, de candeur... Et pourtant cela nous paraît impensable de vivre la Louisiane pleinement sans faire escale dans cette page de l'Histoire ! Alors on va y aller doucement, à notre rythme, expliquer, accueillir les émotions, répondre aux questions de nos enfants, aux nôtres aussi. En espérant comme cela rendre un petit hommage à ces hommes, ces femmes, ces enfants, justement parce qu'on en parle à nos enfants, on raconte l'Histoire à ces adultes en devenir, acteurs du futur sur cette Planète et dans l'Histoire !

On commence doucement avec Oak Alley Plantation. Très touristique, cette plantation est l'une des plus connues, grâce à son admirable allée de chênes tricentenaires. Ces majestueux vieillards étirent leurs grands bras tentaculaires pour former une voûte ombragée. Et c'est un vrai plaisir de déambuler sous cette douce lumière. C'est en 1700 qu'un colon français édifia une petite bicoque et planta ces 28 arbres faisant le lien entre la modeste demeure (remplacée entre-temps par l'imposante bâtisse actuelle) et le fleuve. A son apogée, la plantation s'étendait sur plus de 450 ha. Une partie de l'ancienne exploitation continue d'ailleurs à produire de la canne à sucre. La bâtisse, élevée en 1839, est l'archétype de Greek revival avec ses 28 colonnes de brique (le même nombre que de chênes) qui ceinturent la demeure. C'était essentiellement une maison d'été, où la famille venait se réfugier 3 mois par an, fuyant la fièvre jaune, la tuberculose et la malaria qui sévissaient durement à La Nouvelle-Orléans durant les mois de grosse chaleur. La visite de la Big House permet de comprendre ce qu'était la vie ici dans les années 1840 et 50. Un des nombreux détails évocateurs d'un style de vie, le système de ventilation au-dessus de la table, actionné autrefois par un esclave. La vie dans cette maison était semblable à cet éventail. Une soirée dans la salle à manger signifiait des choses très différentes, selon si vous étiez la personne qui profite de la brise produite par l'éventail, ou celle qui rendait possible cette brise. La vie du planteur et des esclaves, deux vies inter-reliées, mais pourtant bien différentes.

Après cette première entrée en matière plutôt douce. A Whitney Plantation, on remet mots et maux à leur place, pour raconter l'histoire de ceux qui ont effectivement bâti la richesse de cette région. Pas les planteurs, leurs esclaves, dont 200 à 250 trimaient ici, du temps où Whitney s'appelait Heidi. Il y a bien une maison de maître, relativement modeste, car construite fin du XVIIIe siècle, quand l'économie des plantations n'était pas encore florissante. Des cases aussi, quelques bâtiments agricoles, des cages de fer dans lesquels on entassait hommes et femmes durant les marchés aux esclaves mais en réalité assez peu à voir. A Whitney, il s'agit surtout d'écouter. Muni chacun de notre audioguide (les loulous ont adoré le concept !!), on parcourt le site au rythme du récit de vies de labeur, de souffrance et d'humiliation qui sera fait ici. Celui du travail dans les champs de cannes à sucre et de riz, de "can't see to can't see" , soit de l'aube au crépuscule, si harassant qu'il tuait à la tâche 30% des travailleurs chaque année. Celui des tentatives de fuite et de leur violente répression, des chasseurs de prime qui traquaient les fuyards dans les marais. Celui de l'arbitraire du maître tout-puissant.

Ce récit conté est celui du souvenirs des enfants-esclaves, collectés par des historiens dans les années 30. Leur statue jalonne le parcours et peuple notre visite rendant la visite encore plus bouleversante !

Ajouté à cela les différents mémoriaux, gravés de témoignages et de noms, ou plutôt de prénoms (puisqu'on ne leur avait pas donné de nom) d'esclaves dont on a pu retrouver une trace. 254 qui vécurent ici même, 107 000 autres parmi ceux qui furent déportés depuis le Sénégal, 2 000 enfants morts dans la région durant les 40 années qui précédèrent la guerre civile. Quand au centaines de milliers d'autres, puisqu'ils n'étaient rien, on n'avait noté leur existence nulle part, et leur souvenir s'est éteint avec eux. Si bien que leurs descendants aujourd'hui peuvent rarement remonter le fil de leurs origines au-delà de la guerre de Sécession.

Séquence émotion garantie !!!

On finit en beauté avec Laura plantation, avec une visite passionnante et authentique menée par une guide passionnée en français. Oui, la langue de Molière est encore en usage car cette plantation fut longtemps la propriété d’une famille créole, autrement dit d’une famille née en Louisiane, francophone et catholique.

La maison arbore fièrement les belles couleurs vives pour revendiquer son identité créole, une manière de se différencier des plantations américaines toutes blanches. Elle a été édifiée en 1804 par un esclave sénégalais sur le modèle des maisons africaines. D'abord préparée en kit, tous les éléments numérotés furent assemblés en 11 jours !

La visite est passionnante car elle retrace toute l’histoire de la famille Duparc-Locoul, sur quatre générations. On plonge ainsi dans plus de 200 ans d'histoire de la vie créole en Louisiane, racontée à hauteur d'hommes. Du fondateur Guillaume Duparc, un vétéran de la marine française qui a combattu dans la Guerre d’indépendance américaine à la dernière héritièreLaura, du nom actuel de la plantation – qui décidera finalement de vendre l’exploitation en 1892 (en effet, même si l’esclavage a été aboli depuis 1865, elle refuse de vivre sur un domaine où des années durant tant de noirs ont été exploités, et elle rejette cet ancien monde de vue créole qu’elle juge dépassé).

Cette visite c'est l'occasion de mieux cerner cette culture particulière emportée par la guerre de Sécession, et de saisir la complexité des liens qui unissait maîtres et certains esclaves devenant de fait, au fil du temps, membre de la même famille biologique, sans jamais jouir des mêmes droits.

La visite aborde sans détours le rôle des esclaves, leurs conditions de vie et leurs difficultés pour entrer dans la société une fois affranchis. Notamment on apprend avec stupeur qu’après l’abolition, ces esclaves sont devenus des employés dans les même plantations, mais qu’au lieu d’être payés – très chichement, on s’en doute ! – en dollars, on ne leur donnait que des bons à dépenser exclusivement à la boutique de la plantation où tout les produits de première nécessités étaient facturés à prix fort. Un système qui les maintenaient à la plantation puisque endettés !

Si l'Histoire sert à quelque chose, c'est à ouvrir les yeux.

Pierre Vidal- Naquet