A peine plus d'un an après notre mariage, la générosité de nos proches a permis de financer un de nos rêves : voyager en Jordanie ! Ce rêve est devenu réalité. On vous raconte tout ça ici...
Du 16 au 25 mai 2019
10 jours
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Géographie :

Superficie 92 300 km2

Point culminant : 1 854 m (Jabal Um ad Dami) – Plus bas : -420 m (Mer Morte)

Frontières : Arabie Saoudite (728 km), Syrie (375 km), Israël dont Cisjordanie (335 km), Iraq (181 km),

Côtes : 26 km (Mer Rouge), 67 km (Mer Morte)

Capitale : Amman


 Population :

Habitants : 9 702 000 (dont plus de 4 000 000 vivent à Amman la capitale). 1,2 millions de réfugiés Syriens, 600 000 Egyptiens, 600 000 Palestiniens

Religions : Islam (religion d’état, 97,2% de la population principalement sunnites), chrétiens grecs orthodoxes, coptes ou arméniens (2,7%)

Age médian : 22 ans. L’indice de fécondité est de 2,7 enfants / femme (jusqu’à 4,7 pour la population de réfugiés Syriens)

Espérance de vie : 74 ans.


 Politique / Economie :

Régime : Monarchie constitutionnelle. Roi Abdallah II (depuis le 7/02/1999), dont l'épouse est la reine Rania. Premier ministre Omar Razzaz (depuis le 14/06/2018)

Monnaie : le Dinar Jordanien (JOD). 1 JOD = 1,26 € . 1 € = 0,79 JOD (le 05/05/2019)

Produit Intérieur Brut : 43,9 Mds $ (prévisions 2019), avec un taux de croissance de 2,5 % et une inflation de 2,3 %

- 64 % dans le secteur des services, notamment technologies de communication, finances, et tourisme

- 25 % dans l’industrie, notamment mines de phosphate et potasse

- 4% dans l’agriculture (blé, orge, lentilles, tomates, concombres, aubergines, agrumes, olives, fraises, raisins). Le manque de ressources en eau (avec le Jourdain asséché et le lac de Tibériade) étant un frein à son développement

Endettement de l’Etat : 96 % du PIB

Energie : le pays importe 97 % de ses besoins énergétiques, principalement de ses pays voisins producteurs de pétrole (Arabie saoudite, Irak). Une centrale nucléaire, co-financée par les Russes, devrait être opérationnelle en 2023.

Taux de chômage :· 18 % (en 2018)

Salaire moyen mensuel : 430 JOD en 2019 (541 €, contre 2 250 € en France)

Drapeau : Il ressemble beaucoup au drapeau Palestinien. Il reprend les couleurs Panarabes (noir pour les Abbassides de Bagdad, blanc pour les Ommeyades de Damas, vert pour les Fatimides du Caire) symbolisant la révolte Arabe contre l'Empire Ottoman en 1916. Le triangle rouge symbolise la maison Hachémite de Mahomet. L'étoile à 7 branches symboliserait les 7 collines qui entourent Amman.


 Histoire :

-500 000 à -17 000 avant JC (paléolitique) : premières traces d'activité humaine.

-2 000 avant JC : mille ans après l’Egypte et la Mésopotamie, l’écriture apparaît.

-1 407 avant JC : Moïse, interdit d’entrer sur la Terre Promise, serait mort à 120 ans au sommet du Mont Nebo, qui domine le pays de Canaan.

-733 avant JC : de nombreux royaumes Cananéens et Sémites sont mentionnés dans la Bible et localisés en Jordanie. La conquête du Pays de Canaan par les Hébreux commence par la rive orientale du Jourdain, et fera partie du royaume d’Israël jusqu’à sa destruction par l’Assyrie en -722 avant JC.

-312 avant JC : le roi gréco-égyptien, Ptolémée II Philadelphe (descendant d’Alexandre Le Grand) fonde la ville antique de Philadelphie, qui deviendra Amman.

-169 avant JC : toute la région au sud d’Amman est sous le contrôle des Nabatéens. Leur capitale est la cité troglodytique de Pétra. Les Nabatéens y sont décrits comme bienveillants.

-40 avant JC : les Parthes envahissent la région, puis la perdent au profit de l’armée Romaine dirigée par Hérode Le Grand. Les Romains puis les Byzantins domineront la Jordanie jusqu’au VIIe siècle

~30 après JC : Selon le nouveau testament, Saint-Jean Baptiste aurait baptisé Jésus sur les rives du Jourdain qui sépare aujourd’hui la Jordanie d’Israël, à Béthanie-au-delà-du-Jourdain

635 : dès le début de l’hégire, les forces musulmanes battent l'armée byzantine. Le territoire de la Jordanie actuelle fera intégralement partie de l'empire musulman au cours des différents califats qui se succèdent.

1135 : les Croisés créent la Seigneurie d'Outre-Jourdain. Les Ayyoubides et les Mamelouks y mettent un terme et s'affrontent également pour le contrôle de ce territoire jusqu'au XVIe siècle et l'émergence de l'empire ottoman qui durera jusqu'au début du XXe siècle.

1916 : 1ère guerre mondiale, et chute de l’empire Ottoman. la révolte Arabe éclate, sous l’influence de l’officier britannique Thomas Edword Lawrence (dit Lawrence d’Arabie), jusqu’à constitution d’un émirat de Transjordanie « semi-autonome » par rapport au Royaume-Uni.

1946 : le 25 mai, la Transjordanie déclare son indépendance et devient le royaume Hachémite de Jordanie. Ce jour est désormais celui de la fête nationale.

1965 : La Jordanie négocie avec l’Arabie Saoudite un échange de territoire permettant d’obtenir 26 km de côtes sur la mer Rouge, au sud du pays (golfe d'Aqaba).

1967 : Guerre des 6 jours, Israël occupe Jérusalem-Ouest. Des centaines de milliers de Cisjordaniens affluent et trouvent refuge en Jordanie.

1994 : le 25 juillet, signature d’un traité de paix Israélo-Jordanien

années 2000-2010 : la Jordanie accueille un grand nombre de réfugiés Irakiens puis de réfugiés Syriens

Longue journée aujourd’hui 16/05/2019, sans grand intérêt touristique puisqu’ uniquement dédiée au voyage vers la Jordanie.

Après un décollage de Roissy à peine en retard en début d’après-midi (vol LH1035), le tour operator Salaün holidays nous a imposé une maxi escale à Francfort, gigantesque aéroport.

Attente à l'aéroport de Francfort
Attente à l'aéroport de Francfort
Attente à Francfort... 

Entre un atterrissage à la ville natale de Goethe et d’Henri Nestlé avant 16:00, et le décollage pour Amman prévu à 21:00 (vol LH692), on a largement eu le temps de goûter aux produits locaux (knacks et bretzels), et de récupérer des secousses du premier vol. La Lufthansa nous a placé au 37ème et avant- dernier rang de l’Airbus A321, ça a remué pas mal !

Après un nouveau retard au décollage de Francfort, et plus de 4 heures de vol, on atterrit à Amman vers 3:00 du matin (2:00 heure française), puis récupération des valises, puis passage à la douane pour le visa touristique, puis trouver notre contact et notre bus, avant 45 minutes environ de transfert jusqu’à notre hôtel, le Harir Palace Hôtel.

Couchés 4:30. L’hôtel où on passera 4 nuits est très bien, chambres spacieuses et tout. La nuit sera courte... mais intense après une telle journée ! Le vrai programme des visites commencera demain, 10:00 !

Amman, la ville haute : citadelle

Nous commençons la journée par la visite de la citadelle antique d'Amman, qui domine la ville. Enclos par une muraille, ce site conserve quelques vestiges de son époque Romaine, notamment les restes du temple d'Hercule. La cité s'appelait alors Philadelphia.

On trouve également dans l'enceinte un palais Omeyyade du VIIIème siècle assez bien conservé et restauré.

Détruite ensuite par plusieurs tremblements de terre, Amman n'était plus, selon notre guide, qu'une petite cité de 1 500 habitants au début du XXème siècle, jusqu'en 1921 où Abdallah 1er, Roi du tout nouveau émirat de Cisjordanie, la choisisse pour capitale. C'est surtout à partir de 1948 avec la création de l'état d'Israël, puis 1967 (la guerre des six jours) qu'Amman a commencé de s'étendre considérablement avec l’afflux de réfugiés Palestiniens. Du haut de cette citadelle, on voit clairement ces quartiers, construits de façon désordonnée, sans rue ni règle d'urbanisme, où des familles entières de réfugiés se concentrent dans des immeubles pouvant atteindre jusqu'à 5 étages. La ville d'Amman rassemble désormais près de 4 millions d'habitants. Le problème d'alimentation en eau devient de plus en plus compliqué !

À noter enfin au cœur de la citadelle un petit mais passionnant musée archéologique, retraçant l’histoire du site depuis le paléolithique !

Ville d'Amman et théatre romain, depuis la citadelle
Citadelle d'Amman, temple d'Hercule
Quartier Palestinien, depuis la citadelle d'Amman
Amman, vu de la citadelle au pied du temple d’Hercule 

Amman, la ville basse

Juste en bas de l’antique citadelle, nous visitons sous un soleil de plomb un charmant théâtre romain de 5 000 places, assez bien restauré. Sur le même site, on trouve un odéon de la même époque, et un petit musée des traditions populaires intéressant pour ses étoffes orientales, et quelques mosaïques qui mériteraient peut être d’être mieux mises en valeur.

Amman, théâtre romain
Théâtre romain de la ville basse d’Amman 

Le désert à l’est d’Amman, et ses châteaux

Nous quittons ensuite Amman en direction de l’est. Les panneaux routiers indiquant la direction de l’Irak et de la Syrie nous rassurent assez peu vu le contexte géopolitique actuel, mais pas de souci ne vous inquiétez pas, on ne s’approchera pas à moins de 50 km de la frontière Syrienne tout de même, pas de zone rouge à craindre vu du ministère des affaires étrangères... Très vite, le paysage s’assèche et devient désertique. Et c’est pourtant là que les califes Omeyyades ont choisi de faire construire quelques « résidences d’été » au VIIIème siècle...

À quelques kilomètres avant le 1er château, nous longeons un des 3 plus gros camps de réfugiés Syriens de Jordanie, celui d'Al Azraq en plein désert, immense avec une capacité de 250 000 personnes ayant fui depuis 2011 le régime de Bachar El Assad (et de DAESH). L’ensemble est financé par l’Etat Jordanien, aidé par la communauté internationale.

Camp de réfugiés Syriens, près d'Al Azraq
Camp de réfugiés Syriens d’Al Azraq 

Le premier des châteaux visités cet après-midi, Qasr Al Azraq, était au départ une fortification Romaine du IIIème siècle, toute en pierre, même les portes. Faut dire qu’ici, les arbres sont tellement rares que la pierre coûte moins cher que le bois ! Lawrence d'Arabie y aurait séjourné pendant la 1ère Guerre Mondiale.

Le deuxième château, Qasr Amra, était sans doute un pavillon de chasse Omeyyade, d’inspiration à la fois Byzantine pour ses fresques uniques et exceptionnelles (et classées au patrimoine mondial de l’UNESCO), et Romaine pour ses bains en 3 salles. On estime, en fonction des fresques, qu’il était construit autour de l’an 701.

Le troisième et dernier château de la journée, Qasr Al Kharaneh, a été érigé en massif château fort vu de l'extérieur. C’est en réalité un petit caravansérail apportant ici aux nomades, au milieu de rien, un havre de fraîcheur, un point d’eau, et le gite pour eux comme pour les animaux. À l’étage, les califes Omeyyades, ceux-là même qui furent repoussés par Charles Martel à Poitiers des années plus tard, avaient réservés des appartements d’étape pour leurs trajets réguliers entre la Syrie (là où ils régnaient) et l’Arabie-Saoudite (leur pays d’origine). Une inscription date ce bâtiment de l’an 711.

Qasr Al Azraq
Qasr Amra
Qasr Al Kharaneh
Les 3 châteaux du désert, à l’est d’Amman

Ce fut vraiment une très chaude (38°C à l’ombre) mais très belle première journée touristique. Bises à toutes celles et tous ceux qui nous suivent. À demain, pour de nouveaux récits, bibliques...

Contrairement à hier, la nuit a été complète et réparatrice. C’est donc parti pour une journée à marcher dans les pas de Moïse, Jésus, et son cousin Jean Baptiste.

Béthanie, et le Jourdain en face d’Israël

La première étape du matin nous a conduit d’Amman (altitude moyenne 900 m) aux rives du Jourdain à Béthanie ou Al-Maghtas (altitude -250m), par une route serpentant au milieu de paysages vertigineux. Sur cette route, une courte étape marque un passage étonnant : la borne Sea Level en dessous de laquelle nous passerons sous le niveau zéro de la mer (la référence mondiale étant prise en bord de Méditerranée, à Marseille).

Borne « Sea Level », avant la descente à la Mer Morte à -420 mètres ! 

Béthanie, c’est le lieu supposé où Jean le Baptiste aurait baptisé Jésus en l’an 30, sur cette rive Est du Jourdain (en Transjordanie). La rivière fait également frontière avec les territoires Palestiniens (la Cisjordanie, sur la rive Ouest) occupés par l’Etat d’Israël. Le site est d’ailleurs totalement contrôlé par les militaires, de part et d’autre des deux rives. C’est assez émouvant de voir cette petite rivière tant chargée d’histoire, et désormais large d’à peine 5 mètres, avec sur l’autre rive un véritable complexe touristique dominé par le drapeau Israélien, où de fervents pèlerins à priori Russes Orthodoxes s’immergent en masse dans l’eau boueuse de la rivière. Pour notre part, nous resterons au sec...

D’ici, on voit très bien le bourg de Jericho (celui des trompettes qui en auraient fait tomber les murs, selon la Bible), à 7 km à peine côté Israélien. Sur les hauteurs au loin, on devine également les quartiers Sud et Est de Jérusalem, à environ 25 km à vol d’oiseau.

Territoires occupés de Cisjordanie, depuis la rive Jordanienne du Jourdain 

Sur la rive Jordanienne, quelques sites archéologiques, de nombreux lieux de culte plus ou moins anciens, jusqu’à cette charmante église orthodoxe Saint-Jean, construite en 2003.

Béthanie : vrai site (asséché) du baptême de Jésus, église Saint-Jean, rive Israélienne du Jourdain 

Le mont Nebo

Après un court détour pour voir la pointe nord de la Mer Morte (nous y reviendrons en fin de séjour), nous grimpons au Mont Nebo, à 850 mètres d’altitude. La montée, serpentant dans un décor de pierres jaunes, est époustouflante, sans être vertigineuse. Tout en haut, la vue à presque 360º est exceptionnelle.

C’est là, raconte l’Ancien Testament, que Moïse aurait conduit le peuple Hébreu après 40 ans d’exode. Il n’a par contre pas rejoint lui-même cette fameuse Terre promise que le Mont Nebo domine, puisqu’il serait mort ici, à 120 ans. Un lieu de culte existe sur ce site depuis le IVème siècle. Il est contrôlé aujourd’hui par des moines Franciscains. On y trouve entre autres une large mosaïque au sol, exceptionnelle de conservation.

Mont Nebo : mosaïque, et vue sur la Mer Morte 

À quelques kilomètres d’ici à Khirbet Al Mukhayyat, dans cette province de Madaba où reste une communauté chrétienne importante, le guide nous conduit à l’entrée d’une maison isolée dans la montagne, toute simple, et gardée par un bédouin. À l’intérieur, nous trouvons les restes de la petite église St-Lot-et-St-Procope datant de l'époque Bysantine au VIème siècle, remarquable pour sa mosaïque au sol qui célèbre l’art de la vigne. Pour un voyage de noces entre un bourguignon et une alsacienne, il n’y aurait pas pu avoir de meilleur endroit !

Mosaïque de l’église Saint-Lot-et-Saint-Procope

Iraq Al-Amir

Nous reprenons la route en direction de l’ouest d’Amman, pour visiter les ruines d’Irak Al-Amir. Si les Romains ont laissé un grand nombre de traces de leur passage dans tout le Moyen-Orient, très rares sont les vestiges encore visibles de la période Hellénistique. Ce palais, dit château « de l’esclave » (Qasr Al-Abd), a été construit au IIème siècle avant JC, pour le prince Grec Hyrcanus de la dynastie des Tobiades qui gouverna la région. Certains blocs de pierre font plus de 15 tonnes. Initialement sur 2 niveaux, il a été partiellement restauré par des archéologues Français.

Palais grec d’Iraq-Al-Amir 

Et c’est là, au pied de ce palais Grec, que nous avons entendu pour la première fois du séjour l’appel à la prière, qui rebondissait des minarets environnants sur toutes les collines alentour. En plein ramadan, l’ambiance était très particulière. Chouette moment.

Au retour vers Amman, on verra à la sortie du site, dans la falaise, des traces de vie troglodytique. Des grottes étaient ici auparavant occupées par des Araméens.

Cette dernière visite marque la fin de notre programme du jour, dans un petit rayon de 50 km à peine, à l’ouest et au sud de la capitale. Encore une très belle journée, riche et variée sans être épuisante, et de plus moins chaude qu’hier.

Après les châteaux du désert de l’Est, et les paysages desséchés du Mont Nebo au Sud Ouest d’Amman, les visites d’aujourd’hui sont réputées plus vertes. En prenant la direction du Nord, sur les traces du multi-millénaire chemin de Damas, nous longerons la vallée fertile du Jourdain.

Château d’Ajlun

La première étape nous emmène au sommet d’une des plus hautes collines de cette région très vallonnée, entourée d’oliviers, à 1 100 mètres d’altitude. C’est ici, sur l’emplacement d’un ancien site Romain puis Bysantin, que les armées de Saladin ont décidé de construire ce fort en 1184 pour résister aux Croisés. En Jordanie, cet exemple de construction militaire arabe est unique pour l’époque médiévale. Cette place forte, réputée imprenable, était notamment un des points relais permettant aux armées de Saladin d’envoyer des messages, par pigeon voyageur, de Damas au Caire en moins d’une journée ! Mieux que Chronopost !

Quand on est en haut de la tour principale, on comprend l’importance stratégique de ce site. Du Sud au Nord, la vue porte à plus de 100 km ! Nous passons de la vallée du Jourdain au Sud, aux territoires occupés de Cisjordanie à l’Est avec notamment Ramallah, puis la Galilée Israélienne si riche en récits du Nouveau Testament. On devine ensuite le lac de Tibériade (là où Jésus aurait marché sur l’eau, multiplié les poissons, changé l’eau en vin à Cana, ...), puis plus au Nord le Golan annexé à la Syrie par Israël en 1967. Enfin et d’après Ghassan notre guide, le temps exceptionnellement clair aujourd’hui nous permet même de voir les sommets enneigés du mont Hermon, point culminant du Moyen Orient à 2 814 m, faisant frontière entre le Liban et la Syrie. Au pied de ce mont se trouve une des plus vieilles villes du monde : Damas.

Un endroit exceptionnel, vraiment !

Château d’Ajlun :  formidable vue sur 3 000 ans d’histoire (sauf quand 2 zozos posent au premier plan) 

Pause repas à Jerash

Avant de replonger dans des visites historiques, la pause repas sera l’occasion pour Ghassan notre guide de nous initier à la cuisine Jordanienne, notamment la recette de cet excellent caviar d’aubergines qu’on mange partout ici.

Référence du restaurant à Jerash : Abu Ahmed Shehu. Chouette adresse, avec galettes de pain faites maison et servies chaudes, un très copieux mezze de légumes, et une viande de qualité très inspirée de celle qu’on peut trouver en Turquie. À noter également une boisson locale très bonne (et très sucrée) à base de citron et de menthe.

Très agréable pause repas, à Jerash 

Jerash, la Romaine

C’est donc bien rassasiés que nous attaquons la visite de la cité antique de Jerash. Déjà occupée par les Grecs sous Alexandre le Grand au IVème siècle avant JC, sa période prospère et glorieuse se situe aux deux premiers siècles de notre ère, sous gouvernance Romaine. Jerash était à l’époque un lieu de passage obligé sur la route des épices et de l’encens. Sa richesse en a fait l’une des 10 villes adhérentes de la Décapole Romaine, marquant les limites de l’Empire à l’Est du Jourdain. C’est aujourd’hui la mieux conservée de toutes.

Ce qu’il en reste aujourd’hui est exceptionnel : tous les bâtiments publics de la ville sont encore, au moins partiellement, debout sur les quelques 10 km2 du site (dont près de 70 % restent à fouiller !) : deux théâtres au Nord et au Sud, un hippodrome de 3 000 places, deux thermes, une immense et célèbre place ovale bordée de colonnes, le temple de Zeus, celui d’Artemis aux colonnes Corinthiennes parfaites (l’une d’entre elles bouge d’ailleurs...), un imposant Arc de Triomphe d’Hadrien (en hommage à mon fils sans doute, à moins que ce ne soit en celui d’un obscur empereur Romain du même nom), une immense allée principale de 800 m dite Cardo Maximus, de nombreuses églises Bysantines un peu plus récentes avec mosaïques du VIème siècle, ... Bref, une merveille de l’humanité qui, curieusement, n’est pas encore classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Jerash : arc d’Hadrien, porte Sud, théâtre, église Byzantine, temple d’Artemis, Odéon, et place ovale 

Impossible de vous montrer toute l’immensité et la richesse de ce site, qu’on a pris le temps de découvrir un après-midi entier, en plein soleil. Vous n’imaginez pas combien on a apprécié à la fois cette visite, mais aussi la climatisation du bus pour rentrer (à défaut d’un Picon bière bien frais)

Nous avons 300 km environ à faire aujourd'hui en direction du Sud Jordanien, au pays Bédouin. Nous emprunterons la fameuse Route du Roi. Il y a deux versions expliquant ce nom. La première est biblique, naturellement : Moïse après avoir traversé le Sinaï égyptien avec le peuple Hébreu, aurait emprunté cette route du Sud au Nord, pour rejoindre la Terre Promise. La seconde version est multi-millénaire aussi : ce serait la route du commerce de l’encens et de la myrrhe.

Le Wadi Mujib, entre Madaba et Kerak

Un Wadi en Jordanien, c’est la même chose qu’un Oued dans le Maghreb. Le Wadi Mujib est un immense et spectaculaire canyon qui plonge d’un seul coup des hauts-plateaux de la province de Madaba à 800 mètres d’altitude, à un barrage proche de la Mer Morte à 200 mètres. Les 15 km de descente puis de remontée aux plateaux fertiles de Moab à 1 000 mètres, ont été un enchantement à chaque virage !

Wadi Mujib : ses paysages spectaculaires, et deux bédouins qui ont tenus à poser au premier plan 

La forteresse de Kerak

Si les troupes de Saladin occupaient le Nord de la Jordanie, comme nous l’avons vu hier à Ajlun, ici à Kerak au Sud, ce sont les Croisés qui ont bâti une immense forteresse pour résister aux armées musulmanes, en 1142.

Il faut dire que le site est un carrefour obligé, entre le Yémen (pour les épices et l’encens), l’Arabie Saoudite (et la Mecque), Damas en Syrie, et enfin Jérusalem bien sûr.. Depuis le fort, on voit clairement ce couloir naturel qui conduit jusqu’à la Mer Morte qu’on devine 80 km plus loin.

Un croisé a en particulier marqué l’histoire Jordanienne par sa sauvagerie ici : Renaud de Châtillon.

Forteresse de Kerak : carrefour obligé (et toujours bien surveillé) entre les plus grands axes du Proche Orient 

Sur la route de Shobak...

Au départ de Kerak, la route a plutôt mal commencé, puisque notre bus n’a pas réussi à démarrer. On a donc pris le temps de déjeuner tranquillement, le temps de réparer.

Tout ça à été parfaitement géré, et du coup ça nous a permis de prendre le temps d’un moment très convivial avec les autres participants à notre voyage. Très sympa.

Nous avons ensuite rejoint la Route du désert que nous avons suivi pendant près de 150 km. Cette route toute droite, très fréquentée par nombre de camions, traverse un désert de pierres parfois utilisées par l’homme avec des carrières de phosphate. Pas de grand intérêt touristique.

Dès qu’on en sort par contre, le paysage en direction de Shobak s’est transformé. Encore un canyon incroyable, même pas dans les guides, avec un village à flan de colline qui existait peut-être déjà, du temps des Nabatéens (dont la capitale était Petra)... Chouette moment, où le temps s’est arrêté.

Wadi (ou canyon) sur la route de Shawbak 

Quelques virages plus loin dans ce même paysage, se dévoile le château de Shobak (ou Krak de Montréal), première fortification Croisée érigée dans cette région au XIIème siècle, avant même Kerak, à la demande de Baudoin 1er premier roi de Jérusalem (après sa prise en 1099 par Godefroy de Bouillon. Ca vous rappelle les cours d’histoire de primaire, non ?)

Forteresse croisée de Shawbak 

Direction Petra !

Les 30 km de route qui restent jusqu’à notre hôtel à Petra sont assez sympas, les collines sont plus vertes, ici et là des tentes Bédouines et l’inévitable troupeau de moutons ou de chèvres autour ponctuent le paysage. Le temps est toujours magnifique. Demain devrait être une grande journée ! Juste pour vous donner un avant goût, voici la vue que nous avons depuis notre fenêtre de chambre, à l’hôtel Petra Panorama le bien nommé !

Hôtel Petra Panorama, vue depuis notre chambre ! 

Soirée Bédouine, à Beida (Little Petra)

Ce soir, Ghassan nous a promis un repas Bédouin privé, dans un site insolite à 10 km d’ici. Nous avons été gâtés : le bus s’est arrêté en pleine nuit au milieu de nulle part. Nous avons suivi quelques bougies, jusqu’à l’entrée d’une grotte faiblement éclairée, qui s’est avérée être un triclinium troglodyte Nabatéen de 2 000 ans (rendez-vous après-demain pour savoir ce qu'est un triclinium). Et c’est là que nous avons dîné. Alors oui bien sûr, on sait que tout ça c’est artificiel, un truc à touristes... Mais on s’en fout, ce moment était magique !

Soirée Bédouine à Little Petra 

Et voilà la même vue qu’hier soir, depuis notre fenêtre de chambre mais au réveil ce matin.

Petra : vue depuis la chambre, au réveil  

Dans l’imaginaire collectif de ceux (dont nous sommes) qui ne sont jamais venus ici, Petra c’est un couloir entre deux falaises le Siq), puis un palais sculpté dans la roche qu’on découvre au dernier moment (le Khazneh, ou le Trésor) comme Indiana Jones, et voilà...

En réalité, Petra est un site immense, de 18 km sur 12 km. Les Nabatéens y ont sculpté dans la roche, entre le 1er siècle avant JC et le 1er siècle après, pas moins de 3 000 cavités ou monuments, pour la plupart des tombeaux, avec des systèmes très sophistiqués de barrages, de citernes, de circulation d’eau. Dans notre circuit, environ 600 sont visibles...

De l’entrée au Siq

Le premier contact avec Petra se fait avec une descente en pente douce d’environ 800 mètres, où déjà apparaissent des premiers monuments taillés dans les falaises de grès jaune.

Blocs de Djinn, Tombeau aux obélisques 

Du Siq au Khazneh

Puis c’est l’entrée dans le Siq. Ce couloir naturel de 1 200 mètres, également en pente douce, voit la montagne autour de nous s’élever de plus en plus jusqu’à atteindre 120 mètres de chaque côté. La largeur par contre peut se resserrer par endroits, parfois moins de 3 mètres, ce qui n’est pas sans créer quelques frayeurs aux marcheurs quand une calèche de touristes déboule à toute vitesse.

Le grès vire progressivement du jaune au rouge, des figuiers poussent à flan de montagne sur des pentes improbables, puis on arrive au bouquet final. Dernier virage, et entre deux pans de falaise, la merveille, le trésor, le Khazneh se dévoile !

On n’a plus rien à dire, là. On vit le truc à fond, et c’est génial !

La ville basse

Puis nous continuons vers la ville basse de Petra, passons devant quelques immenses façades et un théâtre de 3 000 places sculpté dans la roche. Ghassan nous fait découvrir les tombeaux royaux, la rue à colonnades et le grand temple par un chemin bien choisi qui donne de la hauteur.

Le grès rose prend ici des nuances variant du blanc au bleu, dessinant des veines extraordinaires dont les Nabatéens se sont servis pour tailler joliment leurs monuments.

Montée au Monastère

Après un repas bien mérité, et des litres d’eau bus pour compenser la chaleur du jour, le groupe décide d’attaquer la montée au Monastère... 860 marches, 2,4 km, 1h15' de montée, nous dit Ghassan. Bon ok, les grands sportifs que nous sommes décidons de nous lancer, si ça ne va pas, on fera demi tour.

Et bien figurez vous que nous sommes arrivés en haut ! Et quelle récompense ! Les paysages de la montée sont somptueux, et en haut, le monument sculpté dit « Le Monastère » se révèle : plus gros mais aux motifs sculptés inachevés par rapport au Khazneh. Imaginez que la seule urne au dessus de la partie centrale fait à elle seule 9 mètres de haut.

Les plus courageux (dont Karin) ont même consenti quelques marches supplémentaires pour une vue donnant jusqu’à la Mer Morte et la Cisjordanie.

Formidable montée vers le Monastère 

La redescente

Le retour nous a permis de redécouvrir tous ces paysages merveilleux avec un éclairage différent.

Nouvelles couleurs en fin de journée, sur le chemin du retour

La remontée de toutes ces parties « en pente douce » du matin a été éprouvante, imaginez (nous ont dit Christophe et Valérie, deux co-voyageurs très sympas, et plus sportifs que nous !), que nous aurions fait aujourd’hui entre 17 et 19 km de marche, dont 600 mètres de dénivelé positif. On est un peu fiers quand même d’avoir tenu le coup. Et quelle journée ! Nous sommes crevés, mais heureux.

Après la journée exceptionnelle d’hier, nous resterons pour commencer dans l’ambiance de Petra, avec une petite étape à 10 km d’ici. Nous y étions avant-hier soir pour le repas bédouin d’exception en pleine nuit, sans rien voir de l’endroit.

Beida, la petite Petra

Après un court arrêt en haut de la colline qui domine la ville de Wadi Musa (la vallée de Moïse) et tout le site de Petra, nous prenons la route de la Petite Petra. C’est naturellement moins spectaculaire que Petra, mais le site ne manque pas d'intérêt. Il s’agissait d’une station caravanière Nabatéenne capable de recevoir jusqu’à 1 500 animaux. Les voyageurs nomades avec qui les Nabatéens commerçaient pouvaient y trouver gîte et couvert au sein de tricliniums creusés dans la roche (salles fraîches à trois banquettes à la Romaine, avec un coin cuisine).

Là encore, on y trouve un système très sophistiqué de barrages, de recueillement des eaux de pluie, de canalisation et de citernes.

Charmant endroit gardé par les Bédouins, avec peu de touristes... et tout plat (ça fait du bien après la marche d’hier)

Petite Petra, caravansérail Nabatéen  

Au revoir Petra, qu’on peut deviner une dernière fois sur la route de la prochaine étape, depuis une vue panoramique à 1 560 mètres d’altitude.

Au revoir Petra ! 

Vers notre campement dans le Wadi Rum

La route du désert que nous avons suivi ensuite sépare le désert du Néguev à droite, du désert du Wadi Rum à gauche (précision pour Jacky : Rum, pas Rhum !).

Pendant deux heures de route sur ces hauts plateaux, seuls quelques dromadaires autour de tentes Bédouines noires (car tressées en laine de chèvre), défient une nature a priori hostile pour des Européens de base. Nous arrivons aux limites de la route carrossable pour le bus. Les derniers kilomètres pour rejoindre le campement se font sur une banquette à l’arrière d’un pick-up, sous un soleil de plomb, le plus chaud et sec qu’on ait connu depuis notre arrivée en Jordanie.

Quant au campement, le Rahayeb Desert Camp, on est loin du mode aventurier ! Dans un décor de sable rouge et entourés de monticules de grès ocre, notre tente a tout le confort possible : électricité, climatisation, salle d’eau... et même le Wifi !

Wadi Rum : le Rahayeb Desert Camp


Découverte du Wadi Rum en 4x4

Après une heure de sieste, indispensable avec cette chaleur, nous voilà partis pour 4 heures de découverte d’une partie des 600 km2 de ce désert mythique, en 4x4.

C’est là, pendant la 1ère guerre mondiale, que Sir Thomas Edward Lawrence (dit Lawrence d’Arabie), militaire anglais qui connaissait très bien les cultures du Moyen-Orient, a su convaincre Aouda Abou Tayi (chef très respecté de la puissante tribu Bédouine des Howeitat) de combattre pour chasser la coalition Turque et Allemande de ces terres.

C’est également le décor naturel de nombreux films : Lawrence d’Arabie forcément, mais aussi Seul sur Mars, Aladin (sorti en salles le 23/05/2019 avec Will Smith), ... Des scènes du 9ème volet de la saga Star Wars y auraient aussi été tournées.

Enfin pour les amateurs d’archéologie, plusieurs gravures Bédouines dateraient de 3 000 ans !

Mais trêve de baratin, les images parlent d’elles même...

Merveilleuses couleurs du Wadi Rum 

Soirée Bédouine : le Zarb

Enfin, pour conclure la soirée au camp où nous passerons la nuit, nous avons pu assister, puis goûter, à une tradition culinaire Bédouine, le Zarb (qui se traduit par « enfermé »). Il s’agit d’un plat avec viandes de poulet et de mouton, enterré dans le sable avec des braises, et cuit à l’étouffé pendant au moins 8 heures. Un vrai délice, la viande était aussi fondante et goûteuse qu’un agneau de 7 heures !

Sortie de terre du Zarb 

Après une nuit très agréable dans notre tente du désert de Wadi Rum, même sans climatisation, nous avons mis le réveil à 5:25 pour aller voir le lever du soleil.

Lever du soleil : autres couleurs du Wadi Rum

Le train de Lawrence d’Arabie

Tout de suite en sortant du campement, notre première halte sera consacrée à la seule ligne de train de Jordanie, toujours en service. Elle fut construite au début du XXème siècle par les Turcs Ottomans puis les Allemands pour rejoindre La Mecque et Istanbul, en passant par Médine et Damas. C’est cette ligne de train que Lawrence d’Arabie a attaqué en 1916 avec les Bédouins, la scène symbolisant la révolte Arabe (qui conduira à la chute de l’Empire Ottoman) est d’ailleurs célèbre dans le film de David Lean. Ce train en photo plus bas est un vrai, construit en 1902, c’est précisément celui qu’on voit dans le film.

Train « de Lawrence » 

Aqaba

Direction la Mer Rouge désormais, à une bonne heure de route. La carte de la Jordanie dessinée en 1921 ne lui laissait que 8 km d’accès à la Mer Rouge. À la faveur d’un échange de territoire négocié en 1965 avec L’Arabie Saoudite, la Jordanie bénéficie depuis de 18 km de côtes supplémentaires.

Cette pointe Nord de la Mer Rouge est très particulière, puisqu’en quelques kilomètres, on peut passer dans 4 pays différents : à l’Ouest, l’Egypte. Au Sud-Est, l’Arabie Saoudite. À la pointe Nord, Israël. À L’Est, la Jordanie.

Après un bon repas de poisson grillé à midi, et installation à l’hôtel au Marina Plaza à Tala Bay (qu'on ne vous recommande pas), le programme de l’après-midi, c’est quartier libre. Après une tentative d’approche de la Mer Rouge, nous avons été vite refroidis par une plage vide mais surtout assez sale, et des méduses partout. On s’est donc contentés de tremper les pieds, de regarder le désert du Sinaï Egyptien juste en face, l’Arabie Saoudite à moins de 4 km au Sud, ainsi que quelques jolis poissons et coraux depuis un ponton.

Et puis on finit, comme quasiment tous les Français et Belges du groupe, au bord de la piscine de l’hôtel.

Mer rouge, à 4 km de l'Arabie Saoudite (au Sud) avec l'Egypte en face
Repos mérité, sans risque de méduse dans l'eau 

Dernier petit coucher de soleil sur la Mer Rouge, avec vue sur l’autre rive Égyptienne juste en face, et dernière nuit en Jordanie, même si il nous reste encore une expérience sympa à vivre demain avant de rentrer dans la nuit.

Coucher de soleil sur la Mer Rouge, avec en face le Sinaï Égyptien 

Nuit moyenne à Aqaba. , enfin Tala Bay un peu plus au sud pour être précis (la ville des hôtels). Selon Hassan, même les Jordaniens sont surpris par les températures en ce moment, qui seraient 12º au dessus des normales saisonnières avec une pointe à 43ºC à l’ombre. La climatisation de l'hôtel, plus bruyante qu’efficace, n’a pas suffi pour rafraîchir notre nuit. Pas grave, on repart aujourd’hui pour une nouvelle expérience singulière en Jordanie : se baigner dans la Mer Morte.

La route traditionnelle, paraît-il très intéressante pour relier Aqaba à la Mer Morte, est malheureusement fermée aux bus depuis octobre dernier suite à des intempéries et un terrible accident de bus scolaire. Nous ferons donc un détour, soit 5 heures de route ce matin.

Un bain dans la Mer Morte !

La Mer Morte est en fait une retenue d’eau salée qui s’est engouffrée il y a des millions d’années dans une faille terrestre. C’est ce qui explique l’altitude, à -420m sous le niveau de la mer. Et ce n’est pas fini, car avec la chaleur, l’eau continue à s'évaporer, l’altitude négative continue donc de baisser, et du même coup avec moins d’eau le taux de salinité augmente.

Aujourd’hui, ce taux serait de 370 grammes de sel au litre, ce qui est 10 fois supérieur au taux moyen de la Mer Rouge qui est déjà très salée. C’est grâce à cette très grande concentration de sel qu’on flotte aussi bien.

La Mer Morte, chargée de sel, et qui recule chaque année 

L'accès à la Mer Morte n'est pas libre. Il est réservé à des complexes touristiques souvent très chers, incluant différents services de vestiaire, de restaurant et même d'hôtellerie. Le nôtre est le Amman Tourist Beach Resort, où nous déjeunerons avant la trempette.

L’expérience du bain dans cette eau salée ne se raconte pas, elle se vit ! Il suffit de s’immerger avec juste assez d’eau pour arriver aux genoux. On s’étend sur le dos. Et Hop, on fait la planche sans effort. Magique !

Et hop ! 

C’est par contre plus compliqué de se relever ! Il faut en fait plier les genoux sur le ventre, sinon impossible. Et attention à ne pas recevoir la moindre goutte d’eau dans l’œil !

Douche obligatoire à la sortie. Super moment !

Dernier repas à Amman, avant décollage...

Et voilà, après cette dernière expérience, l’heure de la fin de notre voyage de noces en Jordanie approche. Il ne nous reste plus qu’à nous changer, partager un dernier repas avec le groupe, et attendre notre avion qui décollera théoriquement à 3:10 du matin pour arriver à Roissy, via Francfort, vers 9:35.

Ce dernier repas, dans un restaurant fréquenté par la bourgeoisie d’Amman en particulier à cette heure de rupture du jeûne en plein ramadan, a été très bon et très sympa. L’occasion également de remercier Rami notre chauffeur, et Ghassan notre guide. Et dernier moment pour dire au revoir à nos amis Belges qui restent encore quelques heures.

Bises à toutes celles et tous ceux qui nous ont suivi chaque jour.

Merci à Christophe et Valérie, Jean-François et Michel, Françoise et Marie, Marie-Françoise, Roland et Martine ainsi que Michel et son épouse (nos 2 couples Belges préférés), ... et tous les autres co-voyageurs avec qui nous avons eu le plaisir de partager ce circuit. Peu habitués aux voyages en groupe, nous avions un peu peur de ne pas savoir nous adapter, ou d'un râleur pénible qui pourrit le voyage de tous les autres... Et en réalité, tout s'est très bien passé, tout le monde a été très sympa y compris dans les moments un peu plus compliqués comme la panne du bus à Kerak.

Et enfin bien sûr, un immense merci à tous les généreux contributeurs à notre liste de mariage, qui ont permis qu’on vive ces moments inoubliables.