Carnet de voyage

Notre voyage de noces en Jordanie

7 étapes
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Dernière étape postée il y a 11 heures
A peine plus d'un an après notre mariage, la générosité de nos proches a permis de financer un de nos rêves : voyager en Jordanie ! Ce rêve est devenu réalité. On vous raconte tout ça ici...
Du 16 au 25 mai 2019
10 jours
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Jour 1 (16/05/2019) : Paris / Amman (via Francfort)

Accueil par le guide, et transfert à l'hôtel. Dîner libre (ou à bord selon les horaires du vol). Nuit.


Jour 2 (17/05/2019) : Al-Maghtas, Salt, Vallée du Jourdain, Iraq Al-Amir

Départ vers Al-Maghtas, le site du baptême du Christ. Traversée de la vallée du Jourdain via Salt, la première capitale de la Jordanie. Déjeuner. Continuation vers Iraq al-Amir, grand site hellénistique, connu pour son palais du IIe siècle avant J.C. Retour à Amman. Dîner, et nuit.


Jour 3 (18/05/2019) : Amman, les Châteaux du Désert

Visite de la capitale antique et actuelle de la Jordanie, Amman, construite sur sept collines : la citadelle, le théâtre romain, le musée archéologique et le musée des traditions populaires. Repas. Départ vers l'Est désertique pour la visite des Châteaux du Désert : Qasr Al Kharaneh, Qasr Amra et Qasr Al-Azraq, pavillons de chasse aux styles architecturaux variés, construits par les califes Omeyades de Damas au VIIIe siècle. Retour à Amman. Dîner, et nuit.


Jour 4 (19/05/2019) : Jerash, Ajloun

Route au nord d'Amman pour visiter Jerash, la plus belle et la mieux conservée des cités romaines au monde. Visite des rues pavées, colonnades, temples, théâtres et autres trésors antiques restés enfouis sous le sable pendant plusieurs siècles avant leur découverte et leur restauration durant les 70 dernières années. Repas puis visite de la citadelle arabe d'Ajloun, construite par Saladin au XIIe siècle. Ce fut l'un des châteaux les plus efficaces dans la défense contre les Croisés. Retour à Amman. Dîner, et nuit.


Jour 5 (20/05/2019) : Madaba, Mont Nebo, Route des Rois, Kerak

Journée consacrée à la route des Rois, ancienne route de la soie. Arrêt à Madaba, la ville des mosaïques, dont la plus célèbre est une mosaïque du Ve siècle. Visite du Mont Nebo qui offre une vue spectaculaire sur la Terre Sainte. Repas. Continuation par la visite de l'immense forteresse croisée de Kerak, datant du XIIe siècle et s'élevant à 900 m au-dessus du niveau de la mer. Puis, route vers Petra. Dîner, et nuit.


Jour 6 (21/05/2019) : Petra

Journée entièrement consacrée à la visite de Petra, la Cité Rose, ancienne cité caravanière, surnommée la "Rose du Désert". Elle fut, dès le IIe siècle avant J.C, la capitale des Nabatéens qui y taillèrent d'innombrables tombes monumentales, escaliers, palais, temples... dans la roche aux teintes naturellement rouge rosé. Traversée du Siq, gorge sinueuse entre deux parois rocheuses, puis arrivée face à Al-Khazneh (Le Trésor), imposante façade de 43 m de haut et de 30 m de large, taillée dans la roche. Découverte de la cité des Nabatéens avec ses temples, théâtres et tombeaux sculptés à même la montagne. Repas sur le site. Continuation pour découvrir les autres trésors de Petra dont la montée au monastère. Repas et soirée bédouine animée sur le site de Petite Petra. Nuit.


Jour 7 (22/05/2019) : Petite Petra, Wadi Rum

Départ vers la Petite Petra, un ancien caravansérail nabatéen. Continuation vers le Wadi Rum, "la Vallée de la Lune", incroyable site façonné par la nature. Repas dans un camp de bédouins. Départ pour une excursion en 4x4 à la découverte des paysages époustouflants du désert jordanien, de ses monolithes sculptés par l'eau et le vent, de ses canyons ou encore de gravures rupestres datant de plus de 4 000 ans. Dîner nuit au campement.


Jour 8 (23/05/2019) : Aqaba, mer rouge

Départ vers la Mer Rouge et la station balnéaire d'Aqaba. repas en centre-ville et après-midi libre en bord de mer pour profiter de la plage et des activités de la station, ou pour pratiquer la plongée afin de découvrir les somptueux fonds marins qu'offre la Mer Rouge. Dîner, et nuit à Aqaba.


Jour 9 (24/05/2019) : Mer Morte, Amman

Départ vers la Mer Morte, le point le plus bas du globe : trésor de beauté par ses spectaculaires concrétions minérales blanches. La forte salinité de la mer sera l'occasion d'une baignade surprenante. Repas. Retour à Amman. Repas à Amman, puis transfert à l'aéroport.


Jour 10 (25/05/2019) : Retour Paris (via Francfort)


Géographie :

Superficie 92 300 km2

Point culminant : 1 854 m (Jabal Um ad Dami) – Plus bas : -408 m (Mer Morte)

Frontières : Arabie Saoudite (728 km), Syrie (375 km), Israël dont Cisjordanie (335 km), Iraq (181 km),

Côtes : 26 km (Mer Rouge), 67 km (Mer Morte)

Capitale : Amman


 Population :

Habitants : 9 702 000 (dont plus de 4 000 000 vivent à Amman la capitale). 1,2 millions de réfugiés Syriens, 600 000 Egyptiens, 600 000 Palestiniens

Religions : Islam (religion d’état, 97,2% de la population principalement sunnites), chrétiens grecs orthodoxes, coptes ou arméniens (2,7%)

Age médian : 22 ans. L’indice de fécondité est de 2,7 enfants / femme (jusqu’à 4,7 pour la population de réfugiés Syriens)

Espérance de vie : 74 ans.


 Politique / Economie :

Régime : Monarchie constitutionnelle. Roi Abdallah II (depuis le 7/02/1999), dont l'épouse est la reine Rania. Premier ministre Omar Razzaz (depuis le 14/06/2018)

Monnaie : le Dinar Jordanien (JOD). 1 JOD = 1,26 € . 1 € = 0,79 JOD (le 05/05/2019)

Produit Intérieur Brut : 43,9 Mds $ (prévisions 2019), avec un taux de croissance de 2,5 % et une inflation de 2,3 %

- 64 % dans le secteur des services, notamment technologies de communication, finances, et tourisme

- 25 % dans l’industrie, notamment mines de phosphate et potasse

- 4% dans l’agriculture (blé, orge, lentilles, tomates, concombres, aubergines, agrumes, olives, fraises, raisins). Le manque de ressources en eau (avec le Jourdain asséché et le lac de Tibériade) étant un frein à son développement

Endettement de l’Etat : 96 % du PIB

Energie : le pays importe 97 % de ses besoins énergétiques, principalement de ses pays voisins producteurs de pétrole (Arabie saoudite, Irak). Une centrale nucléaire, co-financée par les Russes, devrait être opérationnelle en 2023.

Taux de chômage :· 18 % (en 2018)

Salaire moyen mensuel : 430 JOD en 2019 (541 €, contre 2 250 € en France)

Drapeau : Il ressemble beaucoup au drapeau Palestinien. Il reprend les couleurs Panarabes (noir pour les Abbassides de Bagdad, blanc pour les Omeyyades de Damas, vert pour les Fatimides du Caire) symbolisant la révolte Arabe contre l'Empire Ottoman en 1916. Le triangle rouge symbolise la maison Hachémite de Mahomet. L'étoile à 7 branches symboliserait les 7 collines qui entourent Amman.


 Histoire :

-500 000 à -17 000 avant JC (paléolitique) : premières traces d'activité humaine.

-2 000 avant JC : mille ans après l’Egypte et la Mésopotamie, l’écriture apparaît.

-1 407 avant JC : Moïse, interdit d’entrer sur la Terre Promise, serait mort à 120 ans au sommet du Mont Nebo, qui domine le pays de Canaan.

-733 avant JC : de nombreux royaumes Cananéens et Sémites sont mentionnés dans la Bible et localisés en Jordanie. La conquête du Pays de Canaan par les Hébreux commence par la rive orientale du Jourdain, et fera partie du royaume d’Israël jusqu’à sa destruction par l’Assyrie en -722 avant JC.

-312 avant JC : le roi gréco-égyptien, Ptolémée II Philadelphe (descendant d’Alexandre Le Grand) fonde la ville antique de Philadelphie, qui deviendra Amman.

-169 avant JC : toute la région au sud d’Amman est sous le contrôle des Nabatéens. Leur capitale est la cité troglodytique de Pétra. Les Nabatéens y sont décrits comme bienveillants.

-40 avant JC : les Parthes envahissent la région, puis la perdent au profit de l’armée Romaine dirigée par Hérode Le Grand. Les Romains puis les Byzantins domineront la Jordanie jusqu’au VIIe siècle

~30 après JC : Selon le nouveau testament, Saint-Jean Baptiste aurait baptisé Jésus sur les rives du Jourdain qui sépare aujourd’hui la Jordanie d’Israël, à Béthanie-au-delà-du-Jourdain

635 : dès le début de l’hégire, les forces musulmanes battent l'armée byzantine. Le territoire de la Jordanie actuelle fera intégralement partie de l'empire musulman au cours des différents califats qui se succèdent.

1135 : les Croisés créent la Seigneurie d'Outre-Jourdain. Les Ayyoubides et les Mamelouks y mettent un terme et s'affrontent également pour le contrôle de ce territoire jusqu'au XVIe siècle et l'émergence de l'empire ottoman qui durera jusqu'au début du XXe siècle.

1916 : 1ère guerre mondiale, et chute de l’empire Ottoman. la révolte Arabe éclate, sous l’influence de l’officier britannique Thomas Edword Lawrence (dit Lawrence d’Arabie), jusqu’à constitution d’un émirat de Transjordanie « semi-autonome » par rapport au Royaume-Uni.

1946 : le 25 mai, la Transjordanie déclare son indépendance et devient le royaume Hachémite de Jordanie. Ce jour est désormais celui de la fête nationale.

1965 : La Jordanie négocie avec l’Arabie Saoudite un échange de territoire permettant d’obtenir 26 km de côtes sur la mer Rouge, au sud du pays (golfe d'Aqaba).

1967 : Guerre des 6 jours, Israël occupe Jérusalem-Ouest. Des centaines de milliers de Cisjordaniens affluent et trouvent refuge en Jordanie.

1994 : le 25 juillet, signature d’un traité de paix Israélo-Jordanien

années 2000-2010 : la Jordanie accueille un grand nombre de réfugiés Irakiens puis de réfugiés Syriens

Publié le 16 mai 2019

Longue journée aujourd’hui 16/05/2019, sans grand intérêt touristique puisqu’uniquement dédiée au voyage vers la Jordanie.

Après un décollage de Roissy à peine en retard en début d’après-midi (vol LH1035), le tour operator Salaün holidays nous a imposé une maxi escale à Francfort, gigantesque aéroport.

Attente à Francfort... 

Entre un atterrissage à la ville natale de Goethe et d’Henri Nestlé avant 16:00, et le décollage pour Amman prévu à 21:00 (vol LH692), on a largement eu le temps de goûter aux produits locaux (knacks et bretzels), et de récupérer des secousses du premier vol. La Lufthansa nous a placé au 37ème et avant- dernier rang de l’Airbus A321, ça a remué pas mal !

Après un nouveau retard au décollage de Francfort, et plus de 4 heures de vol, on atterrit à Amman vers 3:00 du matin (2:00 heure française), puis récupération des valises, puis passage à la douane pour le visa touristique, puis trouver notre contact et notre bus, avant 45 minutes environ de transfert jusqu’à notre hôtel, le Harir Palace Hôtel.

https://www.tripadvisor.fr/Hotel_Review-g293986-d12229991-Reviews-Harir_Palace_Hotel-Amman_Amman_Governorate.html?m=19905

Couchés 4:30. L’hôtel où on passera 4 nuits est très bien, chambres spacieuses et tout. La nuit sera courte... mais intense après une telle journée ! Le vrai programme des visites commencera demain, 10:00 !

Nous avions à peine 4:30 de sommeil au réveil ce matin du vendredi 17/05/2019. 9:00, l’heure des braves pour des touristes motivés à profiter pleinement de ce séjour Jordanien ! Notre guide Hassan (ou Ghassan), dans un Français parfait, nous promet malgré tout une journée pas trop chargée pour nous permettre de récupérer.

Amman, la ville haute

Il y a encore quelques dizaines d’années, Amman n’était qu’une bourgade de 1 500 habitants. C’est seulement depuis 1967 et la guerre du Kippour chez les voisins Israéliens que des centaines de milliers de réfugiés Palestiniens ont afflué, et occupé les collines alentour. Depuis l’antique citadelle de la ville haute, on voit à perte de vue ces collines désormais couvertes d’habitations désordonnées, pouvant monter jusqu’a 5 étages. La citadelle Romaine date du IIème siècle, les vestiges les mieux conservés étant ceux du temple d’Hercule.

À noter dans cette enceinte un petit mais passionnant musée Archéologique, retraçant l’histoire du site depuis le Paléolitique !

Amman, vu de la citadelle au pied du temple d’Hercule 

Amman, la ville basse

Juste en bas de l’antique citadelle, nous visitons sous un soleil de plomb un charmant théâtre romain de 5 000 places, assez bien restauré. Sur le même site, on trouve un Odéon de la même époque, et un petit musée des traditions populaires intéressant pour ses étoffes orientales, et quelques mosaïques qui mériteraient peut être d’être mieux mises en valeur.

Théâtre romain de la ville basse d’Amman 

Le désert à l’est d’Amman, et ses châteaux

Nous quittons ensuite Amman en direction de l’Est. Les panneaux routiers indiquant la direction de l’Irak et de la Syrie nous rassurent assez peu vu le contexte géopolitique actuel, mais pas de souci ne vous inquiétez pas, on ne s’approchera pas à moins de 50km de la frontière Syrienne tout de même, pas de zone rouge à craindre vu du ministère des affaires étrangères... Très vite, le paysage s’assèche et devient désertique. Et c’est pourtant là que les califes Omeyyades ont choisi de faire construire quelques « résidences d’été » au VIIIème siècle...

À quelques kilomètres avant le 1er château, nous longeons un des 3 plus gros camps de réfugiés Syriens de Jordanie, à Azraq, immense avec une capacité de 250 000 personnes ayant fui le régime de Bachar El Assad (et de l’EI) depuis 2011, en plein désert. L’ensemble est financé par l’Etat Jordanien, aidé par la communauté internationale.

Camp de réfugiés Syriens d’Azraq 

Le premier des châteaux visités cet après-midi, Qasr El-Azraq, était au départ une fortification Romaine du IIIème siècle, toute en pierre, même les portes. Faut dire qu’ici, les arbres sont tellement rares que la pierre coûte moins cher que le bois !

Le deuxième château, Qasr Amra, était sans doute un pavillon de chasse Ommeyyade, d’inspiration à la fois Byzantine pour ses fresques uniques et exceptionnelles (et classées au patrimoine mondial de l’UNESCO), et Romaine pour ses bains en 3 salles. On estime, en fonction des fresques, qu’il était construit autour de l’an 701.

Le troisième et dernier château de la journée, Qasr Al Kharaneh, a été érigé en massif château fort vu de l'extérieur. C’est en réalité un petit caravansérail apportant ici aux nomades, au milieu de rien, un havre de fraîcheur, un point d’eau, et le gite pour eux comme pour les animaux. À l’étage, les califes Ommeyyades, ceux-là même qui furent repoussés par Charles Martel à Poitiers des années plus tard, avaient réservés des appartements d’étape pour leurs trajets réguliers entre la Syrie (là où ils régnaient) et l’Arabie-Saoudite (leur pays d’origine). Une inscription date ce bâtiment de l’an 711.

Les 3 châteaux du désert, à l’est d’Amman

Ce fut vraiment une très chaude (38°C à l’ombre) mais très belle première journée touristique. Bises à toutes celles et tous ceux qui nous suivent. À demain, pour de nouveaux récits, bibliques...

Publié le 18 mai 2019

Contrairement à hier, la nuit a été complète et réparatrice. C’est donc parti pour une journée à marcher dans les pas de Moïse, Jésus, et son cousin Jean Baptiste.

Béthanie, et le Jourdain en face d’Israël

La première étape du matin nous a conduit d’Amman (altitude moyenne 900 m) aux rives du Jourdain à Béthanie ou Al-Maghtas (altitude -250m), par une route serpentant au milieu de paysages vertigineux. Sur cette route, une courte étape marque un passage étonnant : la borne Sea Level en dessous de laquelle nous passerons sous le niveau zéro de la mer (la référence mondiale étant prise en bord de Méditerranée, à Marseille).

Borne « Sea Level », avant la descente à la Mer Morte à -420 mètres ! 

Béthanie, c’est le lieu supposé où Jean le Baptiste aurait baptisé Jésus en l’an 30, sur cette rive Est du Jourdain (en Transjordanie). La rivière fait également frontière avec les territoires Palestiniens (la Cisjordanie, sur la rive Ouest) occupés par l’Etat d’Israël. Le site est d’ailleurs totalement contrôlé par les militaires, de part et d’autre des deux rives. C’est assez émouvant de voir cette petite rivière tant chargée d’histoire, et désormais large d’à peine 5 mètres, avec sur l’autre rive un véritable complexe touristique dominé par le drapeau Israélien, où de fervents pèlerins à priori Russes Orthodoxes s’immergent en masse dans l’eau boueuse de la rivière. Pour notre part, nous resterons au sec...

D’ici, on voit très bien le bourg de Jericho (celui des trompettes qui en auraient fait tomber les murs, selon la Bible), à 7 km à peine côté Israélien. Sur les hauteurs au loin, on devine également les quartiers Sud et Est de Jérusalem, à environ 25 km à vol d’oiseau.

Territoires occupés de Cisjordanie, depuis la rive Jordanienne du Jourdain 

Sur la rive Jordanienne, quelques sites archéologiques, de nombreux lieux de culte plus ou moins anciens, jusqu’à cette charmante église orthodoxe Saint-Jean, construite en 2003.

Béthanie : église Saint-Jean, vrai site (asséché) du baptême de Jésus, rive Israélienne du Jourdain 

Le mont Nebo

Après un court détour pour voir la pointe nord de la Mer Morte (nous y reviendrons en fin de séjour), nous grimpons au Mont Nebo, à 850 mètres d’altitude. La montée, serpentant dans un décor de pierres jaunes, est époustouflante, sans être vertigineuse. Tout en haut, la vue à presque 360º est exceptionnelle.

C’est là, raconte l’Ancien Testament, que Moïse aurait conduit le peuple Hébreu après 40 ans d’exode. Il n’a par contre pas rejoint lui-même cette fameuse Terre promise que le Mont Nebo domine, puisqu’il serait mort ici, à 120 ans. Un lieu de culte existe sur ce site depuis le IVème siècle. Il est controlé aujourd’hui par des moines Franciscains. On y trouve entre autres une large mosaïque au sol, exceptionnelle de conservation.

Mont Nebo : mosaïque, et vue sur la Mer Morte 

À quelques kilomètres d’ici à Khirbet-Al-Mukhayyat, dans cette province de Madaba où reste une communauté chrétienne importante, le guide nous conduit à l’entrée d’une maison isolée dans la montagne, toute simple, et gardée par un bédouin. À l’intérieur, nous trouvons les restes d’une petite église byzantine du VIème siècle, remarquable pour sa mosaïque au sol qui célèbre l’art de la vigne. Pour un voyage de noces entre un bourguignon et une alsacienne, il n’y aurait pas pu avoir de meilleur endroit !

Mosaïque de l’église Saint-Lot-et-Saint-Procope

Iraq Al-Amir

Nous reprenons la route en direction de l’ouest d’Amman, pour visiter les ruines d’Irak Al-Amir. Si les Romains ont laissé un grand nombre de traces de leur passage dans tout le Moyen-Orient, très rares sont les vestiges encore visibles de la période Hellénistique. Ce palais, dit château « de l’esclave » (Qasr Al-Abd), a été construit au IIème siècle avant JC, pour un prince Grec de la dynastie des Tobiades qui gouverna la région. Certains blocs de pierre font plus de 15 tonnes. Initialement sur 2 niveaux, il a été partiellement restauré par des archéologues Français.

Palais grec d’Iraq-Al-Amir 

Et c’est là, au pied de ce palais Grec, que nous avons entendu pour la première fois du séjour l’appel à la prière, qui rebondissait des minarets environnants sur toutes les collines alentour. En plein ramadan, l’ambiance était très particulière. Chouette moment.

Au retour vers Amman, on verra à la sortie du site, dans la falaise, des traces de vie troglodytique. Des grottes étaient ici auparavant occupées par des Araméens.

Cette dernière visite marque la fin de notre programme du jour, dans un petit rayon de 50 km à peine, à l’ouest et au sud de la capitale. Encore une très belle journée, riche et variée sans être épuisante, et de plus moins chaude qu’hier.

Après les châteaux du désert de l’Est, et les paysages desséchés du Mont Nebo au Sud Ouest d’Amman, les visites d’aujourd’hui sont réputées plus vertes. En prenant la direction du Nord, sur les traces du multi-millénaire chemin de Damas, nous longerons la vallée fertile du Jourdain.

Château d’Ajlun

La première étape nous emmène au sommet d’une des plus hautes collines de cette région très vallonnée, entourée d’oliviers, à 1 100 mètres d’altitude. C’est ici, sur l’emplacement d’un ancien site Romain puis Bysantin, que les armées de Saladin ont décidé de construire ce fort en 1184 pour résister aux Croisés. En Jordanie, cet exemple de construction militaire arabe est unique pour l’époque médiévale. Cette place forte, réputée imprenable, était notamment un des points relais permettant aux armées de Saladin d’envoyer des messages, par pigeon voyageur, de Damas au Caire en moins d’une journée ! Mieux que Chronopost !

Quand on est en haut de la tour principale, on comprend l’importance stratégique de ce site. Du Sud au Nord, la vue porte à plus de 100 km ! Nous passons de la vallée du Jourdain au Sud, aux territoires occupés de Cisjordanie à l’Est avec notamment Ramallah, puis la Galilée Israélienne si riche en récits du Nouveau Testament. On devine ensuite le lac de Tibériade (là où Jésus aurait marché sur l’eau, multiplié les poissons, changé l’eau en vin à Cana, ...), puis plus au Nord le Golan annexé à la Syrie par Israël en 1967. Enfin et d’après Ghassan notre guide, le temps exceptionnellement clair aujourd’hui nous permet même de voir les sommets enneigés du mont Hermon, point culminant du Moyen Orient à 2 814 m, faisant frontière entre le Liban et la Syrie. Au pied de ce mont se trouve une des plus vieilles villes du monde : Damas.

Château d’Ajlun :  formidable vue sur 3 000 ans d’histoire (sauf quand 2 zozos posent au premier plan) 

Un endroit exceptionnel, vraiment !

Pause repas à Jerash

Avant de replonger dans des visites historiques, la pause repas sera l’occasion pour Ghassan notre guide de nous initier à la cuisine Jordanienne, notamment la recette de cet excellent caviar d’aubergines qu’on mange partout ici.

Référence du restaurant : Abu Ahmed Shehu. Chouette adresse, avec galettes de pain faites maison et servies chaudes, un très copieux mezze de légumes, et une viande de qualité très inspirée de celle qu’on peut trouver en Turquie. À noter également une boisson locale très bonne (et très sucrée) à base de citron et de menthe.

Très agréable pause repas, à Jerash 

Jerash, la Romaine

C’est donc bien rassasiés que nous attaquons la visite de la cité antique de Jerash. Déjà occupée par les Grecs sous Alexandre le Grand au IVème siècle avant JC, sa période prospère et glorieuse se situe aux deux premiers siècles de notre ère, sous gouvernance Romaine. Jerash était à l’époque un lieu de passage obligé sur la route des épices et de l’encens. Sa richesse en a fait l’une des 10 villes adhérentes de la Décapole Romaine, marquant les limites de l’Empire à l’Est du Jourdain. C’est aujourd’hui la mieux conservée de toutes.

Ce qu’il en reste aujourd’hui est exceptionnel : tous les bâtiments publics de la ville sont encore, au moins partiellement, debout sur les quelques 10 km2 du site (dont près de 70 % restent à fouiller !) : deux théâtres au Nord et au Sud, un hippodrome de 3 000 places, deux thermes, une immense et célèbre place ovale bordée de colonnes, le temple de Zeus, celui d’Artemis aux colonnes Corinthiennes parfaites (l’une d’entre elles bouge d’ailleurs...), un imposant Arc de Triomphe d’Hadrien (en hommage à mon fils sans doute, à moins que ce ne soit en celui d’un obscur empereur Romain du même nom), une immense allée principale de 800 m dite Cardo Maximus, de nombreuses églises bysantines un peu plus récentes avec mosaïques du VIème siècle, ... Bref, une merveille de l’humanité qui, curieusement, n’est pas encore classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Jerash : arc d’Hadrien, porte Sud, théâtre, église Byzantine, temple d’Artemis, Odéon, et place ovale 

Impossible de vous montrer toute l’immensité et la richesse de ce site, qu’on a pris le temps de découvrir un après-midi entier, en plein soleil. Vous n’imaginez pas combien on a apprécié à la fois cette visite, mais aussi la climatisation du bus pour rentrer (à défaut d’un Picon Bière 🍺 bien frais)

Nous avons 300 km environ à faire aujourd'hui en direction du Sud Jordanien, au pays Bédouin. Nous emprunterons la fameuse Route du Roi. Il y a deux versions expliquant ce nom. La première est biblique, naturellement : Moïse après avoir traversé le Sinaï égyptien avec le peuple Hébreu, aurait emprunté cette route du Sud au Nord, pour rejoindre la Terre Promise. La seconde version est multi-millénaire aussi : ce serait la route du commerce de l’encens et de la myrrhe.

Le Wadi Mujib, entre Madaba et Kerak

Un Wadi en Jordanien, c’est la même chose qu’un Oued dans le Maghreb. Le Wadi Mujib est un immense et spectaculaire canyon qui plonge d’un seul coup des hauts-plateaux de la province de Madaba à 800 mètres d’altitude, à un barrage proche de la Mer Morte à 200 mètres. Les 15 km de descente puis de remontée aux plateaux fertiles de Moab à 1 000 mètres, ont été un enchantement à chaque virage !

Wadi Mujib : ses paysages spectaculaires, et deux bédouins qui ont tenus à poser au premier plan 

La forteresse de Kerak

Si les troupes de Saladin occupaient le Nord de la Jordanie, comme nous l’avons vu hier à Ajlun, ici à Kerak au Sud, ce sont les Croisés qui ont bâti une immense forteresse pour résister aux armées musulmanes, en 1142.

Il faut dire que le site est un carrefour obligé, entre le Yémen (pour les épices et l’encens), l’Arabie Saoudite (et la Mecque), Damas en Syrie, et enfin Jérusalem bien sûr.. Depuis le fort, on voit clairement ce couloir naturel qui conduit jusqu’à la Mer Morte qu’on devine 80 km plus loin.

Forteresse de Kerak : carrefour obligé (et toujours bien surveillé) entre les plus grands axes du Proche Orient 

Un croisé a en particulier marqué l’histoire Jordanienne par sa sauvagerie ici : Renaud de Châtillon.

Sur la route de Shawbak...

Au départ de Kerak, la route a plutôt mal commencé, puisque notre bus n’a pas réussi à démarrer. On a donc pris le temps de déjeuner tranquillement, le temps de réparer.

Tout ça à été parfaitement géré, et du coup ça nous a permis de prendre le temps d’un moment très convivial avec les autres participants à notre voyage. Très sympa.

Nous avons ensuite rejoint la route du désert que nous avons suivi pendant près de 150 km. Cette route toute droite, très fréquentée par nombre de camions, traverse un désert de pierres parfois utilisées par l’homme avec des carrières de phosphate. Pas de grand intérêt touristique. Dès qu’on en sort par contre, le paysage en direction de Shawbak s’est transformé. Encore un canyon incroyable, même pas dans les guides, avec un village à flan de colline qui existait peut-être déjà, du temps des Nabatéens... Chouette moment où le temps s’est arrêté.

Wadi (ou canyon) sur la route de Shawbak 

Quelques virages plus loin dans ce même paysage, se dévoile le château de Shawbak, première fortification Croisée érigée dans cette région au XIIème siècle, avant même Kerak, à la demande du premier roi de Jérusalem (1099 : prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, ça vous rappelle les cours d’histoire de primaire, non ?)

Forteresse croisée de Shawbak 

En route pour Pétra !

Les 30 km de route qui restent jusqu’à notre hôtel à Pétra sont assez sympas, les collines sont plus vertes, ici et là des tentes Bédouines et l’inévitable troupeau de moutons ou de chèvres autour ponctuent le paysage. Le temps est toujours magnifique. Demain devrait être une grande journée ! Juste pour vous donner un avant goût, voici la vue que nous avons depuis notre fenêtre de chambre, à l’hôtel Petra Panorama le bien nommé !

https://www.tripadvisor.fr/Hotel_Review-g318895-d546951-Reviews-Petra_Panorama_Hotel-Petra_Wadi_Musa_Ma_an_Governorate.html

Hôtel Petra Panorama, vue depuis notre chambre ! 

Soirée Bédouine, à Beida (little Petra)

Ce soir, Ghassan nous a promis un repas Bédouin privé, dans un site insolite à 10 km d’ici. Nous avons été gâtés : le bus s’est arrêté en pleine nuit au milieu de nulle part. Nous avons suivi quelques bougies, jusqu’à l’entrée d’une grotte faiblement éclairée, qui s’est avérée être une maison troglodyte Nabatéenne de 2 000 ans. Et c’est là que nous avons dîné. Alors oui bien sûr, on sait que tout ça c’est artificiel, un truc à touristes... Mais on s’en fout, ce moment était magique !

Soirée Bédouine à Little Pétra 

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