Parti pour un 7ème voyage avec mon partenaire-baroudeur, en route pour une destination peu connue des touristes français en Afrique anglophone.
Février 2019
2 semaines
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Après la « belle surprise » du Burkina l’an passé en 2018, l’envie de prolonger la découverte de l’Afrique de l’Ouest n’a cessé de me trotter dans la tête, en particulier du cōté du pays voisin mais différent, le Ghana.

Ce pays présentait à mes yeux 2 spécificités : Une histoire anglophone et une façade maritime (la Gold

Coast) où subsistent des forts et châteaux construits aux 17è et 18è servant au sinistre commerce triangulaire (traite des esclaves).

Malgré les questions de proches, du genre « quoi tu vas au Ghana ? », « pour quoi faire ? », «mais c’est où ? », « t‘as pas peur ? », « Y’a pas de touristes là-bas !», quelques mois avant le départ, c’est décidé, je prends un billet Paris- Accra, via Lisbonne sur TAP, compagnie portugaise, (477 USD) afin de profiter d’un « stop over » de 5 jours dans la capitale portugaise au retour, tandis que mon "copain-de-voyage" prend un vol direct Paris-Accra sur Air France.


Bien lui en pris ! Il passa les 2 premiers jours à arpenter les rues chaudes et poussiéreuses de la capitale seul, tandis que la TAP (compagnie portugaise) me confinait, avec environ 140 autres passagers-naufragés du vol Lisbonne-Accra, dans un hôtel à l'extérieur de Lomé (Togo) pour cause de … « problèmes techniques sérieux » sur l’avion !!!!!

Ça commençait bien !!!!

Heureusement, ce fut la seule fausse note d’un voyage fort instructif dans un pays qui gagne à être connu par les voyageurs francophones, les autres étant déjà très présents (allemands et hollandais surtout, passé oblige nous en reparlerons, dont aussi beaucoup de ghanéens expatriés dans tous les pays européens et USA, Canada).


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Commençons par le moins "vendeur", esthétiquement parlant, du voyage, Accra et ses 2,5 millions d’habitants, qui ne mérite pour des touristes comme nous, qu’une visite (très) rapide. Très étendue, une circulation difficile sur de larges avenues sans style, des quartiers très hétérogènes entre centre d'affaires et quartiers populaires à bidonvilles, pas grand chose d’intéressant à voir a priori.

De plus, bien que située en bord de l'Océan Atlantique, dit dans cette partie, Golfe de Guinée, Accra n'est pas une capitale tournée vers la mer, l'absence d'un port en eau profonde l'illustre d'ailleurs tristement, le port commercial le plus important et le plus proche est celui de Lomé au Togo (construit par les allemands lors de la colonisation).

Sa côte n'est pas entretenue, l’absence d’un front de mer de type Malecón, pas vraiment urbanisée, ni aménagée, semble plutôt considérée comme une décharge à ciel ouvert !

Les notions de protection de l'environnement et de développement durable sont encore loin des préoccupations d'une population ghanéenne dont le niveau de vie lui permet à peine d'assouvir ses besoins essentiels !

Labadie Beach
Port  de pêche de Jamestown
"Front de mer" 
Mausolé de Kwame Nkrumah, "père" de l'indépendance du Ghana (1957) 
Independence Arch

Contrastes :

Oxford Street, quelques rues à côté ! 
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1ère étape : Ada Foah, village situé à l'estuaire de la Volta et de l'Océan.

Quand la Volta rejoint l'Océan  
Rue du village d'Ada Foah
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Le hasard des recherches sur la toile m'a fait rencontrer une petite agence d'éco- tourisme qui contribue grandement au développement d'un petit village bordant les rives de Volta.

(https://www.joli-ecotours.com/villagelodge-atsiekpoe.htm).

C'est avec un guide de celle-ci qui nous passerons 3 jours en immersion complète dans ce village rural, traditionnel, partageant de près la vie des habitants.

L'arrivée au village, en bateau, et le "droit" d'entrer requiert une visite au "chef" à qui il est de coutume d' "offrir" une bouteille de "rhum" servant d'offrande aux dieux; après avoir récité quelques phrases incompréhensibles pour nous et trinqué, nous serons alors les bienvenus et pourrons circuler librement parmi les habitants.

Au tour de la femme du "chef" 
Villageoise
"Maternité", financée par "notre" agence ! 

Faute de puits et d'eau courante, l'eau du quotidien provient du fleuve, qu'il faut porter jusqu'à sa case ! C'est le "travail" des enfants et des femmes !

Salomon, notre hôte au "Cashew Lodge"
Vraiment ? 
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Seuls clients dans un "éco-lodge" de 5 bungalows, rustiques, situés directement sur une immense plage de sable clair à 3 km du village d'Akwidaa, balades et contacts avec la population constituent un programme zen.

Lever de soleil 

Posée à l'embouchure de l'Ezile River, Akwidaa vit essentiellement de la pêche en mer.

Un petit port traditionnel bien protégé des vents de l'Océan, avec ses bateaux bariolés, est le poumon du village et son animation est un festival de couleurs, musiques et odeurs….

Un pont de bois relie les 2 rives du village :

Vraiment ? 
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Journée-aventure à partir d'Akwidaa : Notre hôte nous a trouvé 2 jeunes "motards" prêts à nous secouer les articulations sur une piste défoncée.

Pourquoi ? Nous montrer la pointe la plus au sud du pays, à Cape Three Points, avant de découvrir l'un des nombreux forts d'où partaient les esclavages dans le cadre de l'horrible commerce triangulaire qui sévissait entre les 16 ème et 18 ème siècles. (https://agoraafricaine.info/2017/11/13/maafa-le-commerce-triangulaire-des-esclaves/)

Tu vois ?  

Le fort de Princess Town (Groot Friedrichsburg) date de 1683, construit par les hollandais , fut considéré comme l'un des plus important parmi les dizaines de forts disséminés le long de la "gold coast" ghanéenne, comme les anglais nommaient leur "colonie" jusqu'en 1957.

Ces forts étaient des prisons où les esclaves provenant de toute l'Afrique étaient détenus avant d'être vendus Outre-Atlantique (Amériques, Caraïbes, Brésil….)

Le village de Princess Town 
Cachot

De retour, franchissement du pont à Akwidaa, fourbu !

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Nous quittons Akwidaa, direction l'Est, pour commencer à nous rapprocher d'Accra, et pour faire étape à Cape Coast l'ancienne capitale du Ghana (jusqu'en 1877), aujourd'hui simple capitale régionale, de plus à de 200 000 habitants.

En route, notre jeune chauffeur nous conseille une visite de son village, Dixcove, petite cité portuaire doté d'un Fort du 17è s. dominant la baie et son port animé, très pittoresque !


Cour intérieure
Vue pu port depuis le Fort

Nous poursuivons notre route, en bus local, vers Cape Coast.

C'est une des destinations prisées du Ghana grâce à son "château", classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, et à la visite rendue par le couple Obama alors président en 2009.

Vue sur la ville depuis le château


Dernière visite mémorielle à Elmina, proche de Cape Coast, lieu où le plus ancien des forts-châteaux du Ghana fut édifié par les portugais en 1482, avant de changer de mains au cours des siècles suivants (hollandais, puis anglais) !!!

Fort Saint-Georges

Port d'Elmina 
Porteurs de lourds filets de pêche 
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Un dernier stop à une trentaine de km d'Accra, car ni envie d'être dans cette capitale qui ne nous a pas conquis…. ni de quitter un pays finalement attachant où nous nous sentons bien. Ce village "balnéaire" surtout fréquenté par la jeunesse fêtarde de la capitale où le reggae et le rhum font bon ménage, les activités nautiques et les pêcheurs locaux également: Un choix très judicieux et tonifiant !

Dur, dur ….

Sans oublier :

Quand d'autres travaillent …..

Vraiment une belle étape !

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Bilan de ce voyage au Ghana:

Les moins : Saleté, pauvreté, inégalités

footballeur dans les caniveaux 
Baignades dans la saleté

Les plus : Accueil, gentillesse, courage des ghanéens et sécurité

Beaucoup de bonne humeur 
Une jeunesse pleine de promesses …..
Bye et merci …..

Même si …. un passé douloureux pèse toujours…