Carnet de voyage

De Cayenne à Ushuaïa

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Dernière étape postée il y a 15 heures
Par KSP
Premier voyage en solo, et quel plaisir de se retrouver avec soi-même. Retrouver également le goût savoureux du Voyage, le sac sur le dos. l'Argentine, c'est un peu un rêve de gosse qui se réalise.
Juillet 2019
55 jours
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Réveil aux aurores. Il paraît que ça prend du temps de faire le parc d'iguassu, et également de passer la frontière. 7h30 tout le monde sur le pont! On boucle le sac, on avale un bon ptit dej et c'est parti.

Je descends de l'auberge jusqu'à l'arrêt de bus, me préparant à demander à qui voudra bien, comment se rendre du côté argentin. Ma bonne étoile veille encore sur moi puisque j'aperçois un bus sur lequel est écrit "Puerto Iguassu". Je fais signe au chauffeur, il s'arrête. Il m'annonce un prix en pesos mais je n'en ai pas encore. Par chance (à nouveau), le prix correspond en reais aux derniers billets qu'il me reste ! Me voilà donc parti pour l'Argentine.

Le chauffeur, aimable, m'arrête au poste frontière brésilien. Et hop, un tampon de plus. Puis côté Argentin. Et deux tampons de plus. Et la promenade se poursuit jusqu'à la gare routière. J'en profite pour changer de l'argent et prendre mon billet de bus du soir qui m'emmènera jusqu'à Corrientes, ville étape entre deux bus de nuit pour me permettre de rejoindre Salta (les bus couchette ou comment faire de longues distances et économiser une nuit d'hôtel) . Bref, il est 10h, j'ai des pesos plein les poches, mon billet de bus du soir et je monte dans le bus direction le parc d'iguassu.

Arrivé là bas, c'est un peu Disney Land, du monde partout, un petit train qui fait le tour du parc...

En attendant ce train d'ailleurs, un coati tente de racketter ma première empanadas. Mais c'est mal me connaître ! On touche pas à ma bouffe !


Plusieurs circuits dans le parc. Je commence par celui qui amène à la Garganta del Diablo. C'est tout un petit chemin de passerelle qui m'amène au dessus du gouffre gigantesque. Le reste en image. C'est tout bonnement indescriptible !

Petite pause repas, quelques photos de papillons, tous plus beaux les uns que les autres, et c'est reparti dans le petit train. Retour à la case départ, départ des autres circuits : un qui surplombe les chutes, l'autre pour les voir d'en bas.

Je commence par prendre de la hauteur sur les choses. Tout un serpentin de passerelle avec une vue sur les différentes chutes. Dont 2 côte à côte dont les noms m'ont marqué: Adam et Eve. Là encore les mots ne suffisent pas, la suite en images!

Sur ce sentier, je croise une jeune femme, carnet à la main, en train d'écrire et de dessiner. Je poursuis ma route. Et puis... La chose est assez insolite pour être remarquée. Je fais demi tour et m'assied à côté d'elle. On discute un peu. Elle m'explique qu'elle tiens le petit stand de "souvenirs" artisanaux avec sa mère, juste derriere. Je lui demande de me montrer ce qu'elle dessine et si je peux écrire qqch. Ni une ni deux, voilà qu'un sonnet en l'honneur des chutes émerge de mon esprit. Je tente tant bien que mal de lui traduire. Et puis, comme un voleur, je m'en vais. Je termine le circuit en profitant des énergies si pures qui sont dans ce lieu magique. Et puis... Je me dis que quand même, ce n'est pas juste, j'aurais dû acheter un petit qqch à cette jeune fille. Je réfléchis, j'hésite, et puis je me décide à refaire le circuit afin d'acheter un petit magnet peint à la main représentant les chutes. Puis, elle me propose de faire un bout de chemin ensemble. On parle de tout et de rien, d'énergies et de choses ésotériques. C'est une native guérisseuse. Et puis chacun poursuit sa route.

Je rassemble mes dernières forces pour faire la boucle du bas, toujours aussi splendide. J'en profite pour me poser et mediter face à cette nature indomptable, faisant fi des touristes alentour.

Et puis il faut bien que les bonnes choses aient une fin. Direction la sortie du parc, le bus et retour à la gare routière. J'avale sans grande conviction un repas un peu fade en attendant de prendre le bus de nuit qui m'amenera vers d'autres contrées.

Prochain arrêt Corrientes !

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Le plan de base c'était de faire rapidement le côté brésilien des chutes d'iguassu, retourner à l'auberge récupérer mon sac et tracer du côté argentin. En réalité il en fût tout autre...

La nuit a été un peu agitée, pensant que mon roommate rentrerait, j'ai laissé la lumière allumée. Grossière erreur, je l'ai éteinte dans la nuit. J'ai eu froid, sensation inconnue depuis des lustres...

Tant et si bien que mon réveil de 7h30 a sonné... pendant une heure. Voyant ma fatigue, je me suis résolu dès lors à réserver une nuit de plus. Quel choix judicieux !

J'en ai profité, une fois le petit-déjeuner de l'auberge avalé, pour régler quelques détails techniques comme celui de mon airbnb, qui a réservé, mais qui veut modifier ses dates, qui doit m'appeler, mais qui n'appelle pas, à qui je dis trois fois "je suis à l'étranger, appeler via WhatsApp", qui me répond "je tombe sur ta messagerie", "appelle via WhatsApp". Bref je l'ai appelé.

Il est donc 10h30 quand, mon sac sur le dos, je quitte l'auberge à l'assaut des chutes. Là marche ne fut pas très longue puisque le parc se trouve à 500 mètres à peine.


A l'entrée, je tente de négocier le tarif réduit MERCOSUR, - actualité oblige- en vain.

J'avais regardé un peu les offres proposées la veille et j'étais bien tenté par le rafting. A l'entrée, ni une ni deux, je prends également un billet pour le rafting. Je me suis étonné moi-même :je découvre que j'aime vraiment ça et que je n'ai pas peur. Ce voyage va me transformer.

Une fois l'entrée passée, un bus nous conduit jusqu'au circuit menant aux chutes. Dès la descente du bus, je suis accueilli par des coatis, sortes de petits ratons laveurs tout kawaï et fourbes.

Et le spectacle commence. Là, sous mes yeux, s'étend une des plus belles merveilles de la nature. De la droite vers la gauche, des chutes d'eau immenses, des plus petites, en tout, bien une dizaine de chutes qui viennent s'échouer avec fracas en eaux vrombissantes quelques deux cents mètres en contrebas.

Le sentier d'une heure environ nous laisse tous admiratifs et nous permet d'apercevoir ces chutes sous différents angles.

Le terminus du sentier nous amène proche de la Garganta del Diablo, et la brume qu'elle crée nous trempé tous jusqu'à l'os. (parlerais-je ici des touristes de base encapuchés de capes de pluie, qu'on dirait de gros sacs poubelle blancs, qu'on dirait de gros préservatifs titubant...parlerais-je des touristes humains, trop humains.-la dignité est morte-)

Revenons-en aux chutes. Elles ont eu le mérite de figer un large sourire sur mon visage, fasciné que j'étais par ce spectacle sublime, merveille de la nature. Je suis resté longtemps dans un état méditatif.

Et puis je suis allé manger. Reprendre des forces avant le rafting.

Après m'être trompé d'arrêt de bus, j'arrive au départ du rafting qui n'est autre que... Le début du circuit du matin. Moi qui me demandait où menait ce petit portail vert... L'employé me fait attendre un peu. Je profite de ce temps pour lutter avec un papillon afin de le prendre en photo. Sûrement le plus beau que j'ai vu de ma vie. Ils étaient plusieurs à voleter là autour de moi.

L'employé revient vers moi et me dis que finalement, j'allais faire le rafting maintenant. Il ouvre le portail et là... grand moment de solitude. Je me retrouve à descendre quelques 250metres au moins de dénivelé sur das escaliers posés à flanc de roche, faits d'une sorte de grille, si bien que l'on voit tout ce qui se passe en dessous. Parfois, les escaliers descendaient à pic. J'ai pris sur moi pour ne pas me laisser gagner par mon vertige, cette peur qui peut littéralement me paralyser. À un moment, j'ai voulu faire demi tour mais, en tournant la tête, je m'aperçus que j'étais déjà beaucoup trop loin. Pas d'echappatoire. J'ai fredonné en boucle jusqu'en bas le refrain d'une chanson afin de penser à autre chose et... ça a fonctionné ! Je pose le pied sur les roches au bord de l'eau, heureux comme jamais, criant même ma joie, ma joie d'avoir, une fois, surmonté ma plus grande peur.

Là, deux jeunes me receptionnent, je les invitent à me parler en portugais afin de m'améliorer- à savoir que je n'ai parlé qu'en portugais pendant toute la partie brésilienne du voyage, pas de triche !-. Ils me donnent toutes les consignes, me demandent si je suis novice, je réponds "non". Ils me demandent si je veux quelque chose de "hard" ou de "tranquille". Vu les glou-glous des chutes juste derrière, je m'attends au pire et je ne fais pas le malin :"middle". Et nous voilà partis. L'eau est froide, je ne connais plus cela en Guyane ! Si bien que j'ai même dû refuser la baignade proposée.

La première partie de la balade fut très agitée, l'autre plus tranquille. Le raft décollait par moments de la surface de l'eau, à d'autres, les rapides nous secouaient dans tous les sens, mes deux accompagnateurs et moi-même.

Dans la partie tranquille, j'en profitais pour admirer les parois rocheuses qui entourent le Rio Iguassu. D'un côté l'Argentine, de l'autre le Brésil. En observant la roche, j'avais cette impression de nager dans le berceau du monde. Une atmosphère magique.

Et la balade se termina finalement assez vite, un peu trop même...

Arrivé sur une plate-forme flottante, des wagons comme des téléphériques remontaient les passagers du rafting et des autres bateaux. J'eus un petit moment de panique en voyant ces wagons de métal s'élever dans les airs, et puis, je me suis rappelé de mon exploit de tantôt, et je n'ai pas eu peur. Je me suis même risqué à regarder par-dessus bord.


La suite de la journée fût beaucoup moins riche en aventures--quoi que... -. Je ressors du parc avec un nouveau tampon sur mon passeport " parque do Iguassu", qui vient s'ajouter à celui du Machu piccu et quelques autres collectors.

Retour à l'hôtel où je me dis que je suis déjà mouillé, donc pourquoi ne pas profiter de la piscine. Je m'installe alors sur une chaise longue et me motive à aller dans l'eau... En vain. Trop froid. Je rentre me poser dans la chambre quelques heures. Je ne ressortirai que pour manger. Or, à cette heure ci, tout est fermé. Mais je ne me contenterai pas un soir de plus des noodles lyophilisées. Je pars donc à la chasse à la bouffe! Je marche au bord de la route quelques minutes lorsque je croise deux types devant un hôtel, je leur demande alors où je peux trouver à manger. Pas le choix : en ville, en bus. D'ailleurs le bus allait arriver. Je le prends et m'arrête à un centre commercial. Grand et beau, comme je n'en avais pas vu depuis un an au moins- ça n'existe pas en Guyane-. À l'étage de celui-ci, plein de tables au centre et autour, plein de lieux de bouffe plus ou moins saine. Même si Burger King m'appelait, je m'arrête à un buffet à volonté de sushis (ver-o-peso). La serveuse, voyant ma CB me demande d'où je viens, et me voilà parti à lui expliquer où se trouve la Guyane française, sortant même une carte sur mon téléphone. C'est récurent en Amérique du Sud :personne ne connaît la Guyane! Elle finit par me dire: "c'est pour ça que tu as un accent different." ouasi enfin, c'est surtout parce que je galère un peu en portugais à mon avis ! Au final je me suis gavé de sushis pour... 10€, ça m'aurait coûté le triple en France !


Je sors du centre commercial et reprend... Le même bus qu'à l'aller, si bien que je n'ai pas payé, le chauffeur très sympathique. Et me voilà de retour à l'auberge.


Je ne peux que conseiller de voyager seul, c'est très formateur et puis on s'aperçoit à quel point les gens peuvent être avenants et gentils. J'en reste stupéfait.


Demain, je passe la frontière, je vais voir les chutes d'un peu plus près avant de prendre un bus de nuit jusqu'à Corrientes pour d'autres aventures. Enfin ça, c'est le plan de base...




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La journée a été très longue et les heures de sommeil trop peu nombreuses. Le plus long fût l'attente à Macapà à l'aéroport de 22heures à 3heures du matin. J'ai déambulé dans l'aéroport en long en large et en travers. À peine monté dans l'avion que je m'endors du sommeil du Juste.

Réveil environ trois heures plus tard à l'aéroport de Brasilia. Je suis en short et T shirt, mon sac dans les soutes d'un avion et... Je me les gèle !!! Rien de tel qu'un bon café et un bon petit-déjeuner pour remédier à tout ça. En attendant le prochain vol à 9heures, je lis, je fais quelques amplettes, je me dégourdis les jambes.

Tout se passe sans embûche et les passages des douanes deviennent familiers.

Décollage-dodo-arrrivée São Paulo, l'aéroport est immense, à l'image de la ville. Le connaissant déjà un peu, je retrouve vite quelques reperes.

L'attente fût un peu longue de 11h à 16h mais j'ai bouquiné, mangé... pour faire passer le temps. Un petit message aux amis, à Lucie et à la mère pour lui dire qu'elle m'a fait peur avec ses histoires d'avion qui s'écrase...


Et elle ne croyait pas si bien dire ! De grosses turbulences ont pimenté le vol jusqu'à Iguassu, si bien que je dus me résoudre à une petite prière. Toutefois, le soleil couchant sur la mégalopole a des effets magiques.

Arrivé à 19h à l'aéroport de Foz do Iguassu. Je suis exténué ! A ma grande surprise, mon sac à dos m'a bien suivi dans cette traversée du Brésil.

Je sors de l'aéroport, un Uber essaie de me recruter. Je décline l'offre, souhaitant prendre le bus. Un premier arrive et le chauffeur me dit que le prochain va vers mon hôtel. Je demande au chauffeur du second bus s'il se rend bien dans cette direction, ce à quoi il me répond par l'affirmative. Mais un arrêt plus tard, ce même chauffeur se confond en excuses, me rembourse mon billet et me laisse sur le bord de la route, au milieu de je ne sais où, en pleine nuit. Je tente désespérément de trouver l'autre bus mais, après une bonne demie heure je rencontre un chauffeur de taxi et lui demande de me conduire à l'auberge. Je repense au Uber de l'aéroport.

Promis, je réessaierai le bus une prochaine fois.

L'auberge a un goût familier, avec ses hamacs en terrasse, je me sens comme à la maison.

Quelques mots échangés avec mon voisin de chambrée, avec le réceptionniste, un appel vidéo avec Lucie et il ne m'en faudra pas plus pour tomber dans les bras de Morphee ce soir.

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Publié le 5 juillet 2019

Le voyage en bus a été long mais largement supportable. Toutes les 3heures, il s'arrêtait à ce qui ressemblerait chez nous à une aire d'autoroute. Au premier arrêt, j'ai mangé au kilo, spécialité du Brésil, qui, comme son nom l'indique consiste à se servir à un genre de self rempli de spécialités brésiliennes, puis de payer selon le poids de l'assiette -ver o peso-. J'ai mangé comme un roi pour 10 reais soit 2,50€.

Jai ensuite tenté de dormir tant bien que mal, les jambes coincées dans le siège devant moi. Je ne suis décidément pas adapté aux transports en commun !

Nous sommes arrivés presque 12h plus tard à 4h45 du matin.

Durant la nuit j'ai échangé avec mon voisin Mario, un enseignant d'Oïapoque qui travaille dans les villages amerindiens. À ma grande surprise il me propose de l'accompagner chez lui pour déposer mes affaires, en attendant mon vol le (lendemain) soir. Il m'a laissé sa chambre pour que je me repose quelques heures...

Au début, j'étais un peu méfiant mais, très vite, je me suis rendu compte que c'est un vieil homme au grand cœur qui me traite comme son fils.

A mon réveil quelques heures plus tard, j'ai pu engloutir le traditionnel cafe da manhã, café sucré accompagné d'un sandwich au fromage.

J'explique à Mario que je dois aller en ville pour racheter un sac. Celui-ci se propose de m'accompagner et nous voilà partis en bus à travers la ville. Près de 10 magasins plus tard, je trouve un sac qui semble faire l'affaire. Nous allons ensuite manger dans une galerie commerciale avant de retourner chez lui. Alors, je m'aperçois que le mieux aurait été de trouver quelqu'un apte à recoudre mon sac, ce sur quoi il s'empresse de me dire qu'il à une amie couturière. À peine revenus, Mário repart à la banque, mon sac sous le bras, et je profite de ce moment pour dormir quelques heures de plus. A son retour, mon sac a été réparé pour 20 reais -5€-.

Étant malade, Mário s'affaire actuellement à me préparer un jus de citron et de carotte, remède de grand mère contre la toux et les microbes.

J'ai vraiment beaucoup de chance de l'avoir rencontré et j'espère que cela pose les conditions de la suite de mon voyage. Je profite de ces quelques heures de calme avant d'aller à l'aéroport ce soir, vers minuit pour la suite des aventures. Départ 3h direction Brasilia. Le temps de prendre mon petit-déjeuner et un autre vol m'emmènera vers São Paulo, le temps de déjeuner et je repars pour Iguassu, première "vraie étape" de ce voyage. Arrivée prévue 18h30, une chambre m'attend déjà aux portes du parc.


Je rends grâce à Dieu, à mes anges et mes protecteurs pour toutes les belles choses de ce voyage, pour leur protection.


[photos: exposition à l'aéroport de Macapà]

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La journée a été mouvementée depuis 7h ce matin lorsque j'ai ouvert les yeux aux côtés de Lucie. Boucler le sac, qui a craqué en beauté, boucler le départ...

11h15, Lucie me conduit à la gare routière de Cayenne, après avoir échoué à rechercher un nouveau sac. 2 heures d'attente et un Mac Do plus tard, me voilà parti, loin de Lucie, loin de Cayenne, plus proche de moi.

Les 3heures de route jusqu'à Saint George ont été longues par la suite, mais pas de quoi se plaindre, ce n'est qu'un échauffement comparé à ce qui m'attend ces prochaines semaines. J'en ai profité pour rattraper quelques heures /minutes de sommeil que j'avais accumulées en retard.

Ensuite, tout s'est enchaîné très vite. Pirogue jusqu'à Oïapoque, tampon à la PAF, mototaxi jusqu'au bus que j'espérais avoir à temps, tout en étant très confiant depuis l'illumination de ce matin 10heure. Et dire que je pensais d'abord faire du stop ! Par chance, j'arrive 20 minutes avant le départ et il reste de la place. Juste le temps de prendre un ticket et de charger le sac.

Arrivée prévue demain à 6h.

Je suis mélangé entre fatigue, tristesse, appréhension, excitation et joie. J'ai vraiment besoin de repos !

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[Si je devais donner un titre à cette journée, ce serait la journée de l'échec.]


J'ai dormi comme un bébé dans le bus cama... Jusqu'à 2h du matin, heure à laquelle je fus réveillé par une petite dame : "vos affaires sur le siège. J'ai le numéro 222". Au début je n'ai pas tout à fait compris... Je m'étais mis sur le siège de gauche afin d'être en quinconce avec la personne devant moi. Apparemment pour cette dame, 221 et 222 c'est vraiment pas la même chose. Je restais abasourdi, me disant que jamais je le serai permis de réveiller quelqu'un pour si peu. Enfin... Le reste de la nuit, je l'ai passée sans embûche, dans un profond sommeil.

J'avais hésité entre Corrientes et Resistência, deux villes de part et d'autre du Rio Paraná, à égale distance d'iguassu et de Salta. Et puis les plages présumées de Corrientes au bord du río avaient eu raison de Resistência et ses "1001 sculptures".

J'arrive donc à Corrientes à 6h00 du matin. Il y fait très froid. Je me demande alors comment je vais occuper ma journée en attendant le bus du soir. Paraît-il, des vélos sont à disposition des touristes à l'office du tourisme... à l'autre bout de la ville, près des plages.

Des bus passent en crachant de la fumée épaisse dans la ville qui s'éveille, mais ils ne m'inspirent pas, je ne sais pas où ils vont et, je ne sais pourquoi, je n'ai pas la foi de demander mon chemin. Me voilà donc parti, à la fraîche, mon sac de 15kg sur le dos, pour une petite marche matinale de 5km en direction du rio. Entre-temps, j'apprends via mon guide de voyage -appelons-le Lonely Planet, cela simplifiera les choses à l'avenir- que les bus pour Salta sont bien plus nombreux... à Resistência. J'envisage donc de couper la journée en deux, de part et d'autre du rio. Sur la route, et après bien 3km de marche, je trouve un café, et en plus il sert des croissants.-et en plus, pas si mauvais que ça-. L'atmosphère était si paisible que je dus bien rester une heure dans ce café.

Près de 2km plus loin, j'arrive aux pieds d'un pont gigantesque enjambant le rio. À ses pieds, des plages de sable. Pas de trace cependant de ce fameux distributeur de vélos... Je profite d'un peu de repos sur une chaise longue en pierre surplombant la plage. Et puis, je me motive à me doucher dans le fleuve, un peu comme j'aime le faire en Guyane. Il faut dire que j'ai les mêmes fringues et 0 douche depuis 48heures. Même mon déodorant action 92000heures ne peut rien pour moi.

Plein d'entrain, je trempé timidement un orteil et me ravise, non seulement à cause du froid glacial de l'eau, mais aussi à cause du bout de poisson mort flottant sur le bord. Tant pis, je puerai jusqu'à Salta ! C'est aussi ça la vie de backpacker! Je repense alors à la réputation qu'ont les français à l'étranger: ils puent, c'est même pour ça paraît il qu'ils sont forts en parfums !

Je longe un moment la côte qui a le mérite d'être vraiment bien aménagée. Je me demande pourquoi il n'y a pas ce genre de chose en Guyane...


D'après mon GPS, la gare routière locale est à quelques 2 km. On the road again! [...] Et je marche, et je marche... je marche encore...

Par deux fois je demande à des anciens la direction de la gare. Mais la gare locale, pas celle dont je viens. Par deux fois ils me parlent de port et je ne comprends pas trop pourquoi. Je poursuis ma route jusqu'au point indiqué par le GPS. Une fois arrivé, rien, que dalle, nada. Je redemande et cette fois je comprends qu'au port se trouvent les bus locaux qui mènent... À Resistência!

Je vois des gens attendre au milieu de nul part et leur demande s'ils attendent le bus, ils répondent par l'affirmative mais ce n'est pas le bus 104 comme indiqué sur le GPS mais le 108. La dame me dit que tous les bus mènent au port. Ouf ! Elle me précise également qu'on ne peut pas payer dans le bus, on doit posséder une carte chargée. Je lui dis que je vais tenter quand même.

Le bus arrive enfin et, une étudiante qui attendait également passe devant moi et me dis "c'est bon, je te paie le bus". Je suis touché par cet acte de générosité.

Après une énième demande de renseignement une fois au port, je trouve enfin le bus qui mène à Resistência. Ironie de l'histoire, il était à quelques mètres du lieu où je me trouvais quelques heures plus tôt. Ironie du sort 2, il y avait un arrêt au pied du pont vers lequel j'ai tenté de me baigner un peu plus tôt.

Je demande à une personne devant moi si elle peut payer mon trajet. Elle accepte. Je lui propose un billet de 100 pesos, le plus petit en ma possession, elle refuse, expliquant que c'est beaucoup plus qu'un ticket à 20 pesos.

Je suis assez touché par le charme relatif de cette petite ville, et surtout par la générosité et la gentillesse des habitants...

... Ce qui n'est pas le cas de l'autre côté de la barriere!

Resistência semble être une ville un peu plus riche, un peu bobo mais dans le mauvais sens du terme.-oui il y a un sens positif à ce terme-. Les gens font semblant d'être pressés et ont l'air maussade. Ils ont tellement l'air d'européens, j'avais même oublié ce que c'était !

J'attrape un bus pour le terminal-- = gare routière-. Cette fois ci je fraude car toujours pas la fameuse carte. Heureusement que j'avais discuté avec un vieux monsieur à côté de moi car à un moment le chauffeur du bus s'arrête et me fait signe de venir vers lui. Il paraît que j'ai pas payé. Je lui explique de bonne foi que j'ai l'argent mais pas la carte, il ne veut rien savoir et me dit de trouver quelqu'un pour payer pour moi. Alors le vieux monsieur se lève et passe sa carte. Il est déjà 14h30 lorsque j'arrive. Je fais le tour des différentes agences de bus, et m'aperçois qu'il n'y a finalement pas beaucoup plus de choix de ce côté ci du fleuve -fucking lonely planet! -. Je réserve une place auprès d'une dame peu aimable qui ne me dit pas l'heure de départ- j'avais simplement demandé le soir meme-. Elle me dit simplement "si vous voulez il y en a un plus tôt", je pensais :dans l'après midi. En réalité le bus qu'elle m'a vendu partait à 22h pour arriver 12h plus tard. L'autre partait à 19h. Je demande donc à changer. Elle s'exécute et me répond un "ya estamos?", comprenez "c'est bon cette fois !?" Le plus vite je serai parti de cette ville le mieux ce sera et le moins j'attendrai. Je sens déjà que ce trajet n'aura pas la même saveur que le précédent.

Je lui demande pour déposer mon sac, et elle me dit qu'elle ne peut pas- en comparaison, à Iguassu c'était no problem! -. Il y a un local de l'entreprise au bout de la gare à côté des toilettes pour femmes. J'arrive devant, l'agence annexe me dit "ils sont fermés jusqu'à 15h30". Génial ! Moi qui rêvait de me débarrasser de ce fardeau ! Tant pis, je vais attendre. Je décide d'aller aux toilettes et là, pas de toilettes hommes à côté de ceux des femmes. Plein de logique, je file donc à l'autre bout de la gare et là, surprise, les toilettes hommes. Et deuxième surprise : une douche. Hallelujah!

Ah! C'est 40 pesos la douche, bon qu'importe, là je me sens aussi mal qu'un Sims qu'on a laissé à l'abandon--génération 90, les besoins vitaux toussa toussa-. Tiens, on peut aussi charger son téléphone... Pour 20 pesos. Allons bon, je crache les billets.

Moi qui comptait sur cette douche pour me réchauffer... Elle est froide. Bon paraît que c'est bon pour la circulation.

Ensuite, trop faim, il est 15h,je décide de manger dans la gare, bien que l'expérience prouve que c'est rarement un repas de fin gourmet. Eh bien cette fois ci j'ai bien mangé. Spaghetti bolo, avec un espèce de bœuf braisé à la place de la viande hachée. Un régal ! Et je me dis qu'avec toute l'énergie dépensée, des sucres lents et des protéines rien de tel.

Après manger, déposer le sac deuxième essai. La boutique est ouverte mais... Le monsieur n'a pas la clé, je dois trouver le muchacho sur les quais. Me voilà parti à la chasse à l'homme. 10 minutes plus tard, je dépose mon sac... Pour 100 pesos. Sérieusement?!?! Je me dis qu'ils ont un souci dans cette gare !

Moralité de l'histoire il me reste à peine 3heures pour retourner en ville et contempler les "1001 sculptures" qui l'orne. Je finis par acheter cette foutue carte et décide de faire un aller retour. Le bus qui ramène en ville est au terminus, je demande à monter, le chauffeur me répond que ce bus ne part pas. Résigné à croupir dans cette gare routière jusqu'à 19heure, je m'installe à une table pour écrire.... Jusqu'à ce que 10 minutes plus tard, je vois des gens monter dans le même bus. Et là, comme dirait Goldmann, est ce que ce monde est sérieux ?!?

J'arrive quelques minutes plus tard au centre ville et tente de m'intéresser aux sculptures disséminées un peu partout. Mais toute cette histoire m'a donné le goût du rien, et puis mes jambes commencent à me faire mal. Je m'installe alors dans un café et recommence à écrire. Cette fois ci c'est une "apologie de Nekfeu, nouveau peintre de la vie moderne ou pour une étude stylistique, littéraire, sociale et métaphysique du dernier album". Ouais je m'amuse !

Et puis il est déjà l'heure de retourner dans la gare de l'enfer. Je lis un peu, je prends un énième café. Et puis je file récupérer mon sac. Same player, play again, le muchacho est sur les quais, il faut le trouver, mais avant de pouvoir poser la question au monsieur de l'agence, je dois laisser passer 2 personnes. 18h50, pas de sac et envie de pisser. Je finis par trouver le muchacho, je récupère mon sac, le sandwich commandé tantôt, un pipi et tout le monde sur le pont.

Et là... Plein de bus mais pas le mien. 19h, 19h10, 15, je demande à tous les chauffeurs si ce sont eux qui m'emmènent. Négatif. L'un d'entre finit par me dire que mon bus va arriver. Il est 19h30 quand je grimpe dans le bus. Je savais que je le sentais pas ce trajet!

Et je ne croyais pas si bien penser. Arrivé à mon siège, deux petites vieilles me lancent des "c'est ma place"! Euh... Comment dire.... Non! J'appelle le chauffeur pour nous départager et là, oh ! Surprise ! Une des deux vieilles avait le numéro 16. 16 pas 23. Péché de mensonge, tu irás brûler en enfer ! J'ai bien compris qu'elles ne voulaient pas être séparées, mais tout de même ! En comparaison toujours, lors du trajet de la veille, la petite vieille devant moi m'avait gentiment demandé de l'aider à débloquer sa ceinture. Je finis par m'installer au 16 à côté d'une dame sans gêne qui prend toute la place. Pour rappel, je fais 1m94... Mais il y a une autre place et je crois qu'aucun passager ne montera ensuite. Il est possible que je migré pendant la nuit... Qui promet d'être longue !


LES LEÇONS DU JOUR:


1/ Improve your Spanish

2/ Préférer la sagesse des anciens à la fiabilité discutable de la technologie.

3/ L'herbe est parfois plus verte d'un côté de la barrière plutôt que de l'autre.

4/ patience

5/ Je hais Sartre, mais tout de même, effectivement parfois l'enfer, c'est les autres.



P. S. Au moment où j'écris, une délicate et suave odeur de merde se répand dans le bus... Allez, c'est pas si long 12heures !

P. S. 2, d'après mon téléphone j'ai fait 18000 pas hier soit environ 12 km (après vu la taille de mes pas c'est sûrement plus), et 20000 aujourd'hui ( dont la plupart sac sur le dos) soit environ 16km. Ce qui fait presque 30km à pied en 2jours. J'ai mal aux jambes mais suis heureux, moi qui m'étais un peu empaté cette année, je compte bien sur ce voyage pour retrouver ma taille de bourdon (ahah).

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Publié le 8 juillet 2019

Finalement, la dame sans gêne à côté de moi dans le bus s'est tout bonnement volatilisée pendant la nuit, me laissant toute la place. C'était bien la peine de râler !

Après une nuit plus ou moins reposante de 14h, j'arrive à Salta. Je retrouve deux petits Suisses-ils auraient pu être mes élèves-, un frère et une sœur, avec qui j'ai pris le bus. Je leur demande s'ils ont deja choisi un hostel, car je n'arrive pas à me décider. Ils en ont repéré un et nous partons tous les trois à sa recherche. Nous trouvîmes sans difficulté. À l'entrée, de larges escaliers en bois couduisaient à la réception. Une fresque aux motifs andins ornait ces escaliers.

Par chance, le petit déjeuner était encore servi. Nous nous sommes donc restaurés puis les deux jeunes sont sortis, tandis que je restais un peu au calme.


Je ne suis ressorti qu'une ou deux heures plus tard, arpentant les rues à la recherche d'un vrai manteau. Il fait toujours un froid de canard et cette sensation devenue étrangère ne m'est toujours pas familière.

S'en suivent des déambulations au gré du vent à travers les rues de la ville. Elle est étonnante car, elle ressemble à beaucoup de villes d'Amérique du sud, avec ses pâtés de maison bien carrés, avec ses places et parcs. Mais cependant, il y a quelque chose de très européen ici, tant chez les habitants, que dans l'architecture ou l'ambiance générale. C'était le temps des colonies. Je ne sais pourquoi, mais cette ville me rappelle Dijon. Peut-être parce qu'il y a beaucoup d'églises, toutes plus colorées les unes que les autres.

Mais ce qui m'étonne le plus, c'est que le long des trottoirs poussent des orangers, comme il pousse des platanes par chez nous. Et là, les arbustes portent de grosses oranges bien mûres, accessibles à quiconque.

Sur la place centrale, à l'étage d'un des bâtiments qui l'entoure, se tient un marché d'artisans. Il ressemblait un peu à nos marchés de Noël à nous. Et.. İl faut dire qu'ici c'est l'hiver. J'en profite pour acheter un pot à maté , posé sur un socle de fer représentant des lamas. J'achète également une cuillère à maté ornée de la chakruna, la croix des andes -j'y reviendrai-. A un autre stand, je me laisse séduire par un couteau dont la lame est en carbone et le manche en Palo santo, bois d'un arbre sacré dans les andes, avec lequel, s'elaborent divers rituels, notamment un pour purifier sa maison. Pour plaisanter, je demande à la dame s'il est possible de faire des sacrifices d'enfants ou de lamas avec. Elle rit et me dit que oui. Je reviendrai à ces coutumes demain, lorsque je vous raconterai ma visite d'un musée.. Le maté, je n'en ai pas parlé encore. C'est la boisson traditionnelle d'Argentine, une herbe qu'ils mettent dans une calebasse avec de l'eau et qu'ils sirotent toute la journée, le partageant avec leurs amis.

Je me suis ensuite laissé séduire par une parilla, un restaurant de viande, typique aussi de l'argentine. Je profite de manger un repas un peu plus haut de gamme que des sandwich pour commander un peu de vin. Paraît-il que le vin argentin est bon. Je plaisante avec le serveur lorsqu'il ouvre de grands yeux parce que je commande 1/2 de vin. Je lui précise que je suis français, comme pour le rassurer.


Après manger, je continue mes déambulations puis retourne à l'hostel. Je ressors une heure ou deux plus tard avec une idée fixe : je dois me faire tatouer.

Me voilà donc reparti à la recherche d'un salon de tatouage. J'en trouve un, presque par hasard- ce n'était pas celui que j'avais repéré sur la carte-. J'entre m'imprégner du style du tatoueur et du respect des règles d'hygiène. Je ressors de la boutique, disant, sans trop y croire, que je repasserai.

Je continue ma promenade jusqu'à un parc très beau, dans lequel ont lieu des festivités. Là encore il y a un petit goût de marché de Noël. C'est très agréable.

Pendant ce temps, ça cogite dans ma tête. Le tatouage ! A vrai dire, lors de mon dernier voyage, au Pérou, j'avais longuement hésité à me faire tatouer la chakruna, la croix des Andes, symbole inca avec la trilogie inca à savoir le condor, le puma et le serpent. Pour la faire brève, le serpent représente les bas instincts de l'homme, ou l'âge de l'enfance, lorsque nous sommes à peine capables de ramper. Le puma représente l'âge adulte avec toute sa force. Le condor, animal sacré par excellence dans les andes, représente l'âge avancé, la sagesse, comme le vieillard, le condor s'avance peu à peu vers le ciel. Il y a bien d'autres significations à ces symboles, mais je vous laisse faire vos propres recherches.

Et du coup, est ce que je fais ce tatouage? Un autre ? les animaux tête vers moi, ou dans l'autre sens ? Est-ce que je rajoute quelque chose autour, ou pas. Bref, ça cogite.


Me surprenant moi même une fois de plus je retourne dans le salon de tatouages. J'explique au tatoueur ce que je veux, ça l'intéresse. Je lui montre mon médaillon- avec les mêmes symboles--comme modèle. Après une vingtaine de minutes, le dessin est sur papier. Mon cœur bat à tout rompre en m'installant face au tatoueur. Peur de la douleur, et appréhension de ce que je suis en train de faire. Les premières minutes, je regarde ailleurs et puis finalement, jobserve le motif apparaître peu à peu sur mon bras. Aucune douleur. Je suis content du résultat. Le tatoueur me demandait 600 pesos, l'équivalent de 10euros. Je lui laisse de bon cœur 1000 pesos, l'équivalent de 20 euros- les matheux trouveront là matière à redire-. Il ne cache pas sa surprise et me demande plusieurs fois si je suis sérieux. Bien sûr que oui! J'aurais payé cinq fois plus en France.

Dans certaines société, le tatouage est un rite de passage. Et, tout comme le premier marqua le passage d'un âge à un autre, j'ai la ferme intention de voir celui-ci comme un témoin de maturité, de l'âge adulte.

Je retourne ensuite à l'hostel, bien décidé à sortir le soir écumer les bars de Salta. Je recroise les petits suisse et nous discutons quelques minutes. Ils sortent manger, me propose tacitement de les accompagner, mais je n'ai pas faim.

Je profite d'un temps de répit à l'hostel pour appeler Lucie. Elle m'a bien fait rire encore. Même si je tenais à faire ce voyage seul, il y a bien des moments où j'aurais aimé qu'elle soit là pour partager tout ça avec moi.

Après la douche, je me pose dans le lit et, m'y trouvant si bien, j'annule tous mes plans du soir et m'endors paisiblement.


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Salta


Salta, Salta la blanche,

Salta la dorée,

Salta la toute bariolée

Du lundi au dimanche.




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Publié le 8 juillet 2019

Je me suis levé assez tard aujourd'hui, il faut croire que j'avais besoin d'une bonne nuit de sommeil.

Des français, un jeune couple, sont arrivés dans la nuit et on se retrouve au petit déjeuner. Une fille de Buenos Aires est avec nous également. Me voilà donc à tenter de parler espagnol dès le réveil et... C'est franchement pas une réussite! Impossible d'aligner deux mots.

Je ne connaissais pas les auberges de jeunesse et il faut dire que ça a ses bons et ses mauvais côtés. Ça parle toutes les langues, ça échange sur tout et n'importe quoi. Mais également on vit en mini communauté et cela a parfois ses inconvénients.


Après le petit déjeuner je ne sais pas trop ce que je vais faire de ma journee. On est dimanche après tout !

Quelques mots échangés avec le réceptionniste, et me voilà parti dans la ville, souhaitant visiter le musée archéologique inca.

Et puis finalement, je ne me sens pas motivé pour le musée mais pour déambuler dans les rues. Je décide de retourner dans le beau parc de la veille et puis, de fil en aiguille, je me retrouve au pied du Cerro San Bernardin, un mont de 300 m que l'on peut gravir pour avoir une vue sur toute la ville. Il existe un téléphérique qui emmène jusqu'en haut mais cette fois ci ma peur du vide a raison de moi. Et me voilà donc parti dans l'ascension des 1040 marches. J'y vais avec l'ardeur d'un escargot si bien que, presque 2h00 plus tard j'arrive au sommet. La ville est minuscule en contrebas et les montagnes au loin sont imposantes et majestueuses.

Je n'avais pas mangé ni emporté à boire, n'ayant pas vraiment prévu cette ascencion. Je profite alors de la petite cafétéria au sommet pour manger un bout et boire une bière locale. Problème, il n'y a que des bouteilles d'un litre. Bon, et bien.... Tant pis! Me voilà contraint et forcé de boire un litre de bière seul. Même pas peur !

Sortant de là, un peu éméché par la bière, j'essaie de me convaincre de prendre le téléphérique pour redescendre. Mais même là, mon, cerveau n'y consens pas. Quel plaie cette peur ! Bon, et bien, pas le choix, je devais redescendre comme je suis monté. Et là, en vingt minutes c'était plié. Mais qu'est ce que j'ai foutu à l'aller !?!

En retournant à la ville, je retombe sur la rue passée la veille en cherchant l'hostel, avec plein de graff très beaux. J'en profite pour prendre quelques photos.

Également, je tombe sur une parade dune centaine de chevaux avec leurs gauchos. C'est assez plaisant.

Je repasse rapidement à l'hostel, échange quelques mots par ci par là, et me voilà reparti pour le musée inca.

Ça a été vite plié, vingt minutes environ. Il présentait quelques objets retrouvés appartenant aux incas et retraçait l'histoire et les coutumes incas. Je suis passé assez vite puisque j'avais déjà connaissance de ces coutumes de par mon précédent voyage au Pérou.

Finalement, ce musée n'était intéressant "que" pour la momie d'enfant sacrifié exposé. (c'est maintenant que je vous explique la blague du couteau à sacrifices de la veille). Les incas veneraient la nature et, avaient pour coutumes de faire des sacrifices en son honneur, et en l'honneur des montagnes andines- sacrées également-. Souvent, ils sacrifiaient des lamas mais, il n'était pas rare qu'ils sacrifient des enfants d'une dizaine d'années tout au plus. Mais attention, pas n'importe quels enfants. Les plus beaux et généralement issus des familles "royales"-il n'y a pas de roi, mais, disons le comme cela-.

Ah ! Le choc des cultures ! Heureusement que les européens sont arrivés pour remettre de l'ordre dans toutes ces coutumes barbares ! (ironie)


Après le musée, je flâne encore un peu autour de la place et il se trouve qu'il y a une retransmission de la finale de foot de la coupe d'Amérique Pérou /Brésil. Je m'arrête pour regarder. Entre les deux pays, mon cœur balance. C'est finalement le Brésil qui s'impose 3-1.

Ensuite, je compte aller jusqu'au terminal pour reserver un bus qui m'emmenera à San Salvador de Jujuy le lendemain. Et puis en passant, je tombe sur des agences de location de voiture et je me dis que, quand même, je n'en risque rien d'aller me renseigner, surtout si je peux me rendre aux points touristiques sans passer par une agence !

Mais les agences de location sont fermées à cette heure ci, alors je décide de rebrousser chemin, attendant le lendemain pour y voir plus clair.


Je retourne à l'hostel et retrouve le couple de français du matin. On papote sur notre journée, on refait le monde, on partage un maté. Un peu plus tard, ils me proposent de sortir manger avec eux. J'accepte. Au menu ce soir pour moi soupe de potiron et empanadas. Là encore, on se perd dans des discussions toutes plus intéressantes les unes que les autres.


Et puis retour à l'hostel. Merci au revoir bonne nuit.

Ils viennent de me proposer de me déposer à San Salvador de Jujuy demain car ils y passent et ont loué une voiture. J'ai bien fait de ne pas aller au terminal finalement !


Bonne nuit les petits ! 🐻

9

C'est un peu la guerre à l'hostel. Des problèmes d'eau, pas de petit déjeuner. Mais bon, pas de quoi fouetter un chat !


On se prépare avec Guillaume et Wendy et on part récupérer la voiture de loc. Je les attends à l'extérieur de l'agence et, ils reviennent vers moi quelques instants plus tard, confus. Il faut une carte de crédit pour la caution de la voiture, caution qui sera retirée du compte puis recréditée. Sans hésiter, je leur dis que je vais me charger de la caution, ils sont gênés mais, je leur explique que cela fait partie du voyage, repensant à ces gens qui m'ont aidé de bon cœur depuis mon départ. Et puis, je leur fais confiance.

Nous voilà donc partis vers Jujuy. Après un petit arrêt dans un petit village perdu et environ 2heures de route, nous arrivons à San Salvador de Jujuy. On partage une parilla puis nous nous séparons, avec l'espoir, peut être, de nous revoir à Ushuaïa dans un mois...

Je commence à déambuler dans les rues à la recherche d'un hostel. J'en trouve un-merci lonely planet! - et je demande à la réception si il y a un endroit pour louer une voiture. On m'explique que oui, à un kilometre. Je repars donc et, arrivé là bas, il se trouve que toutes les voitures sont louées.

Je continue d'arpenter les rues mais pas moyen de trouver une agence de location. Je retourne à l'hostel, je repars et finis après un long moment par trouver une agence hertz à l'autre bout de la ville... Qui est fermée. Je me décourage un peu et vadrouille quelques minutes sans trop savoir où aller. Je pense à rentrer en bus, mais, une fois de plus, il faut une carte. Je vais donc pour en acheter une et repasse devant l'agence Hertz... Ouverte. L'homme est fort sympathique et nous discutons fort bien tandis qu'il se charge du dossier. Il me dit "tu te défends bien avec l'espagnol". Ça fait toujours plaisir.

Quelques minutes plus tard, me voilà au volant d'une Chevrolet Prisma toute neuve. Je ne veux même pas savoir combien elle coûte et me dis qu'il va me falloir être prudent... Je démarre et essaie au plus vite de me familiariser avec la conduite Argentine. Heureusement, j'avais observé Guillaume le matin-même et je me rappelais des conseils que Wendy, co-pilote de choc, lui avait donné. Beaucoup de sens uniques, les feux tricolores sont de l'autre côté de la route et pour le reste... La priorité en Argentine est relative, c'est souvent le plus couillu qui passe- ça marche aussi pour les piétons et c'est meme assez dangereux-. Je retrouve l'hôtel sans trop de difficulté, sachant qu'il se trouve sur l'autre rive. Décidément, j'aime particulièrement ces villes organisées autour de rivières.

D'ailleurs, avec tout ça, j'ai peu pris le temps de jouer les touristes dans cette ville. Ce sera pour plus tard !

Arrivé à l'hostel, je suis encore plein de la parilla du midi: lechoncito con papás : tranches de lard grillé et patates-.

Je me repose et prépare mon itinéraire du lendemain, j'échange quelques mots avec un collègue de chambre qui me propose d'aller écumer les bars de la ville, ce que je refuse. Ni l'envie ni la force.

À demain !!


10

En me couchant la veille, je suis un peu perdu. Je ne sais pas trop pourquoi je suis ici, ni pourquoi j'ai loué une voiture pour deux jours, ni ce que je vais en faire. Je me dis que j'aurais dû tracer vers le sud directement.

Je m'explique. Le nord de l'argentine, et particulièrement la province de Jujuy, est frontalier avec la Bolivie via le Salar d'Uyuni, que j'ai vu il y a deux ans, et avec le Chili via, notamment, le désert d'atacama, que j'ai vu il y a deux ans également. Pour le reste, la région de Jujuy est très similaire, avec ses montagnes de toutes les couleurs, ses salars*...

*Salar : ancienne mer asséchée laissant de vastes étendues de sel exploité et qui font la joie des touristes puisque la lumière y est telle qu'on distingue mal l'horizon et on peut y prendre des photos avec effets d'optique.


Du coup, j'ai envie de quelque chose que je ne connais pas encore. Bien sûr, je peux apprécier à nouveau, presque avec des yeux étrangers, ces merveilles de la nature, mais bon...

Après, une amie m'a parlé d'un endroit nommé Tolar Grande où se trouve le cône de Arita, une masse rocheuse formant un cône presque parfait, ce serait un volcan qui ne serait jamais entré en irruption. À côté, se trouve Los ojos del Mar, des trous d'eau turquoise au milieu de nul part. Paraît-il qu'on ne connaît toujours pas la profondeur de ces trous d'eau saline. Paraît il également que là, se trouvent les bactéries qui ont été à l'origine de la vie sur terre. Il n'y a que 5 endroits comme celui ci dans le monde. Ça ce serait original !


Un réveil sonne dans la chambre à 5h du matin. Il sonne et re-sonne. À croire qu'il n'y a que son propriétaire qui ne l'entend pas. Je me dis que je devrais en profiter pour me lever, boucler mes affaires et partir.

Et puis... İl est 9h30 quand je rouvre les yeux. Je saute hors du lit. Et tente de me dépêcher de partir. Je ne sais toujours pas où, mais advienne que pourra. A quelques kilomètres au nord se trouvent las salinas grandes, autant commencer par là. Il est 10heures.


Une particularité de l'Argentine, à chaque frontière entre provinces, et souvent, à la sortie des agglomérations, se trouvent des controles de police. J'arrive à un premier, et quelque chose me dit que ce sera pour moi.. Bingo ! Controle d'identité, rien de plus banal. Sauf que lagent veut me verbaliser parce que je n'ai pas mis les feux. C'était ça la dernière règle de Wendy ! Et pourtant je m'en rappelais mais... J'avais mis les feux de croisement et non ceux de position. Bon, je parviens tout de même à négocier.

Quelques kilomètres plus loin, la route commence à se tortiller dans tous les sens, la montagne andine approche. Sur la route des Salinas grandes se trouve le petit village de Purmamarca, célèbre pour ses montagnes de toutes les couleurs. Je retrouve finalement avec grand plaisir cette merveille de la nature. Du vert, du rouge, de l'orange, du marron, et des cactus candélabres à foison. Grand dieu que c'est beau.

Chaque virage est ensuite plus beau, différent et plus impressionnant que le précédent. Je m'arrête plusieurs fois, tourisme oblige, pour prendre quelques photos, me perdant dans des réflexions métaphysiques sur la place de l'homme dans le monde et sur son aspect minuscule face à l'immensité de la nature.

Près d'une heure de route plus tard, j'arrive à la Salinas grandes-le salar-. Et bien... Il n'a rien de grand, on dirait même une maigre tache blanche au milieu de nul part. De plus, il est pris d'assaut par une centaine de touristes, se comportant, bien entendu, comme des touristes.. Mais bon, ça fait tourner le commerce local. Quelques natifs profitent de l'affluence pour vendre diverses babioles. Voilà, me dis-je, l'aspect le plus triste de la mondialisation. Vendre son âme au diable blanc, encore. Je me laisse tout de même tenter par deux porte-clé lama et un cœur en sel-chassez le romantisme, il revient au galop-. Je discute avec une dame d'un stand qui vend des gravures sur pierre représentant la chakana-croix des andes pour ceux qui n'ont pas suivi-. Elle m'explique la signification de divers motifs dont les 4 éléments ou la pachamama, la déesse terre sacrée. C'est beau, mais ça casse dans le sac! Un peu plus loin, on vend des sachets de plantes. Ça, ça m'intéresse, surtout dans cette région, les natifs possèdent toutes sortes de remèdes. Jachete de la pupusa- le nom m'a fait rire--et une autre herbe dont j'ai oublié le nom. On m'explique que c'est contre le mal des montagnes. Touriste que je peux être parfois, je m'empresse de faire un maté avec la pupusa- j'apprendrais plus tard que ce n'est pas vraiment l'usage-. Le goût est plutôt bon et, cela fait du bien aux voies respiratoires.

Je prends quelques photos sur le salar et puis je retourne à la voiture.

Et maintenant, que faire ? Je regarde sur Maps.me et tolar grande se trouve à quelques 200km. J'y vais ? J'y vais pas ? Je fonce vers la quebrada de humahuaca plus au nord, circuit plus traditionnel.-quebrada = canyon -. Bon, plus de temps à perdre à tergiverser, Tolar Grande me voilà! Je me dis que je vais regretter si je n'y vais pas.


À quelques centaines de mètres du salar, un troupeau de lamas est en train de paître paisiblement. Je tente de les prendre en photos mais ils sont bien trop farouches. Fucking llamitas !!


Et c'est là que les problèmes commencent. Je roule, et je roule, et je roule encore. Passant à travers des paysages tous plus fabuleux les uns que les autres. Après plusieurs heures de route, je tombe sur un point d'informations touristiques, je me renseigne sur le temps restant jusqu'à Tolar, et la dame me répond "5heures". Donc maps.me ne se trompe pas.-cette règle annule la précédente :parfois on peut malheureusement faire confiance à la technologie-. Je reprends donc la route, me disant qu'il est encore temps de faire demi tour. Que nenni !


Et là, les problèmes commencent vraiment, le GPS me dit de tourner à gauche, sauf qu'à gauche... Il n'y a pas de route. Ah ! Si! Il y a un petit chemin de cailloux mélangés à du sable. Et bien... Allons-y ! Ce chemin est en fait une route provinciale. Elle traverse une mine d'exploitation de sel à ciel ouvert. Plein de chemins partent dans tous les sens, si bien qu'un 4*4 me voyant un peu en galère, m'escorte quelques minutes jusqu'à ce que le chauffeur me dise "maintenant, c'est tout droit". Plusieurs fois, je manque de ruiner la voiture à cause de trous, je manque de rester embourbé dans des trous de sable, l'arrière de la voiture part comme si je faisais du drift. En toute modestie, j'ai découvert ce jour que je suis un pilote, quoi qu'en disent mes amis qui trouvent que je conduis mal- et c'est plutôt justifié-. Je me dis, heureusement que je suis seul dans la voiture! Et, pendant cette traversée du désert, seul avec moi même, je me livre à toutes sortes de méditations, émerveillé toujours plus par la nature qui m'entoure.

Sur la route, je croise encore un ou deux salar, beaucoup plus sauvages, avec de petits villages aux abords, au charme atypique.

Sur la route toujours, pas un chat. Je croise peut-être un ou deux 4*4 par heure. Les seuls êtres vivants sont des lamas, des vicunas ou des mules.

Et je roule, et roule encore. Le temps file à une vitesse et la flèche indiquant ma position sur la carte est toujours plus éloignée de Tolar.

En fin d'après midi, j'arrive dans une zone de haute montagne, la route est plus caillouteuse et sinueuse que jamais. Je fais par moments des dérapages (in)contrôlés. Et là, la nature devient oppressante : je suis si petit dans ma voiture au fond de ces espèces de canyons sans aucune vie, avec ces montagnes toujours plus impressionnantes autour de moi. Je vérifie par moments à quelle altitude je me trouve, point culminant repéré :4100 mètres. En moyenne, 3700/3 800 mètres d'altitude. Si je ne dis pas de bêtise, le mont blanc est à 3700 mètres. Et là, la balade interminable commence à peser. Moi qui n'ai pas vu de montagne depuis des lustres, pas franchement habitué à cela et vivant au bord de l'océan, il semblerait que le fameux soroche vienne me tenir compagnie. Il faut dire qu'en peu de temps je suis passé de 1500 mètres d'altitude à 4000...

Le soroche, c'est le fameux mal des montagnes redouté des touristes dans les andes. Sur le principe : en altitude la pression atmosphérique augmente et l'air devient plus rare- cette fois ce sera aux biologistes de me reprendre-. Pour les symptômes : mal de tête, essoufflement, nausées, perte d'appétit, accélération du rythme cardiaque...

Pour ma part, ça a commencé par un léger mal de tête. Mais très vite, sont apparues des difficultés respiratoires et une grosse accélération du rythme cardiaque. Et puis la fatigue s'ajoute à cela. Il est 18h et voilà donc environ 8h que je roule. Et puis... Seul dans la voiture, difficile de se calmer et de se concentrer sur autre chose que la tachycardie de fou qui s'empare de moi. J'ai bien tenté un autre maté de pupusa mais rien à faire.

Je m'arrête et tente de me dégourdir les jambes, mais c'est pire. Mes jambes chancellent et mon rythme cardiaque s'accélère encore. À ce moment, j'ai prié fort le ciel de me venir en aide...

Et voilà que la nuit tombe et je me retrouve seul en pleine montagne. J'ai dû croiser un ou deux 4*4 qui se sont arrêtés pour me dire qu'un camion arrive et qu'il me faut me ranger. Ils me demandent si ça va. J'acquiesse, pas convaincu. Ils me disent que Tolar est à une demie heure. Ouf ! Mais c'était sans compter les minutes supplémentaires parce que je me suis perdu. Et comme il faut. Je me retrouve sur un chemin encore plus ardu que le précédent, montant toujours plus. Jusqu'à arriver à une chaîne qui barre la route. Bon... Demi-tour.

20h30 , voilà environ 10heures que je roule. Mon rythme cardiaque est toujours incontrôlable. Je trouve une auberge au centre du village. La réceptionniste m'explique qu'ils sont peut-être complets car ils attendent un groupe. Je lui demande avec le peu de forces qu'il me reste si je peux me poser quelques minutes, le temps de me calmer un peu. Je lui explique que je ne me sens pas bien, elle me dit qu'il y a un service médical à l'entrée du village. Je songe un instant à y aller mais me dis que la situation me fera stresser encore plus. J'ai la tête qui tourne et me demande si je ne vais pas faire un malaise. Et puis, allongé sur un bout de canapé près du poêle à bois, ça commence à aller mieux.

La dame revient vers moi quelques minutes plus tard et me dit que le groupe attendu arrive. Je me vois déjà dormir dans la voiture, dans le froid. Elle m'explique alors qu'il y a un hospedaje, soit une maison d'hôte. Je marche avec difficulté, entre dans l'hospedaje et, par chance, il reste un lit dans une chambre avec un vieux monsieur. Tous les convives sont attablés mais, je n'ai pas faim, bien que mon dernier repas remonte à la parilla de la veille. Je file dans la chambre et la dame me dit qu'elle reviendra pour m'apporter une couverture et une serviette.

Je m'allonge, mets de la musique relaxante - un album que j'ai avec moi et qui m'aide à me reposer-. Je m'endors profondément sans demander mon reste.


Rq1:Je ne comprends pas pourquoi cette fois-ci les montagnes sacrées des andes n'ont pas voulu de moi. Rien que d'écrire ce récit, j'ai le souffle coupé.


Rq2: sur ce coup, c'est moi qui me suis comporté comme un vrai touriste en ayant oublié à quel point les trajets dans les andes peuvent être longs et périlleux. 100km ici ce n'est pas la même chose qu'en France !

11

En me réveillant le matin, j'ai la gorge sèche, je suis déshydraté. Ça va mieux mais c'est toujours pas la grande forme. Chaque pas que je fais me demande une énergie considérable. J'échange quelques mots avec mon voisin de chambre. Il s'appelle Pierre et il semble être un genre de guide de haute montagne, habitué de la région. Il me prend un peu sous son aile. Encore une fois je me dis que je suis protégé. Nous allons déjeuner et, machinalement je demande un café que je ne boirais pas. Je nai d'ailleurs toujours pas faim. Pierre commande pour moi un maté de puna, une fleur locale idéale contre le soroche. Ça me fait énormément de bien. Il m'explique qu'il existe aussi de la pupusa qu'il faut inhaler. Si seulement j'avais su cela plus tôt ! Je réalise alors que cette région se nomme la Puna, sûrement du nom de cette fleur.

Encore un peu faible, je décide de partir. Tant pis pour le cone de Arita, il semblerait qu'il faille marcher 5km pour y accéder et je ne m'en sens pas capable. Los ojos del Mar se trouve à la sortie du village. Parfois, le voyage vaut mieux que la destination. Je n'ai qu'une envie : redescendre en altitude au plus vite. Je reprends un peu d'essence gardé dans une remise et acheté à la mairie. Je n'en aurais jamais assez pour le retour. Presque une heure plus tard, on the road again. Toujours un peu essoufflé je m'arrête à Los ojos del Mar. Mais peu de temps. Ça aussi, c'est une vraie merveille de la nature, il y a là, dans ce trou turquoise, quelque chose de mystique. L'origine de la vie sur terre. Je prends quelques photos et repars.

Deux choix s'offrent à moi, rentrer par où je suis venu et Pierre m'a dit que c'est le chemin le plus court- la blague!-, ou passer par San Antonio de los cobres. Il y a là une station essence et je n'en ai pas pris assez à Tolar pour pouvoir rentrer sereinement. Je me dirige donc là bas. À San Antonio, il y a le fameux tren a las nubes, attraction touristique de bas étage. C'est un train qui part, je crois, de Jujuy et qui traverse les montagnes jusqu'à San Antonio.

La route est longue à nouveau jusque là, mais je me délecte toujours plus des paysages magnifiques alentours. Cette fois-ci, pas, ou presque, de pause photo. Je suis conscient du chemin à parcourir, pas le temps de niaiser!

Mon rythme cardiaque fait encore un peu des siennes, mais je m'apaise en reniflant le sachet de pupusa. C'est vrai que ça fait du bien!

Plusieurs heures plus tard, j'arrive à San Antonio de los Cobres. Après avoir fait plusieurs fois le tour du Pueblo, je trouve la station essence. À boire pour la voiture, à boire pour le chauffeur, et c'est reparti. Là, deux choix s'offrent à moi:ou bien retourner à Salinas grandes à quelques 80km sur le même type de route, soit aller en direction de Salta, au sud de ma destination, ce qui me fait descendre pour remonter. Le GPS me conseille de passer par Salta et je vois qu'une route nationale n'est pas loin. Je n'en peux plus de ces chemins de pierre et de sable donc allons-y pour Salta. En quelques minutes, j'arrive sur une route goudronnée, une belle route presque lisse. Que ça fait du bien ! Pendant plusieurs heures je redescends de la montagne, naviguant sur des routes tortueuses. Là encore, les paysages sont fabuleux, mais déjà différents de ceux de tantôt. Je retrouve les montagnes de toutes les couleurs, avec des pics, des monts plus aplatis, dss cactus. Au fur et à mesure que je redescends en altitude- San Antonio était toujours à 3700metres d'altitude-, mon corps retrouve sa forme et, fait interessant, j'ai l'impression de respirer pour la première fois, mes poumons s'emplissant pleinement d'air, plus soumis à la pression.

Je croise un autre barrage de police au milieu de nul part, me fais encore arrêter pour un contrôle. Et je repars.

Près de deux heures plus tard, j'arrive aux abords de Salta, et retrouve enfin un peu de civilisation. C'est pas déplaisant.

Mon GPS me fait éviter le centre de Salta mais me fait faire, semble-t-il, un gros détour. Je ne le suis pas et tente la traversée de Salta pour rejoindre la nationale qui semble plus courte. Et évidemment, je m'égare un peu, d'autant qu'avec la fatigue accumulée, je commence à perdre patience. D'autant que l'heure tourne et je me rappelle que j'ai laissé mon sac sur le lit à l'hostel, d'autant que je dois rendre la voiture avant 20h00, au risque de payer le double d'une journée de location pour le retard...

Au final, à force de me perdre dans Salta, j'ai bien perdu une heure et il en reste presque deux jusqu'à Jujuy. Jarrive enfin sur la nationale. La circulation routière ici est un peu anarchique, les gens roulent très vite. Cependant, les routes sont plutôt bonnes et ont un air de France. Et puis, quelques embouteillages plus tard, j'arrive enfin à Jujuy. Je refais le plein d'essence et tente de ne pas me perdre jusqu'à l'agence Hertz pour rendre la voiture. J'ai tenté de trouver un endroit pour la nettoyer, en vain. Cette brave voiture, ma partenaire d'un temps, elle a bien souffert pendant ces deux jours. Elle est entièrement couverte de poussière et de moucherons. Cependant, fait assez exceptionnel, aucune égratignure. Je ne sais même pas comment c'est possible après ce périple. Tant et si bien que le retour à l'agence se passa sans embûche. Total : environ 18heures de voiture en deux jours.

Mission numero 2: retourner a l'hostel. Il y a une bonne partie de la ville à traverser mais après deux jours et environ 18h00 de voiture, ça me fera le plus grand bien.

Je ne sais pas si c'est le voyage ou ces deux derniers jours sans manger, mais je m'aperçois que je perds mon pantalon. Cela m'amuse et en même temps me fait plaisir. Il était temps que je retrouve un peu ma condition physique. D'ailleurs, ce voyage me motive plus que jamais à appliquer les résolutions d'adulte que j'appliquais jusque là de manière trop aléatoire. Une meilleure hygiène de vie, plus de sport, plus économe... Il fallait bien que jeunesse se passe comme disait ma grand-mère !


Arrivé à l'hostel, la réceptionniste m'explique, à demi gênée, qu'il n'y a plus de place pour ce soir puisque je n'avais pas prévenu, mais il faut par ailleurs que je règle la nuit précédente, même si je n'étais pas là. C'est de bonne guerre, mais je me demande vraiment pourquoi je n'ai pas chargé mes affaires dans la voiture la veille !

Moi qui rêvait d'une douche et d'un lit, me voilà à la rue...

Mais il ne me faudra pas beaucoup marcher pour trouver un autre Hostel. Là, la réceptionniste me demande si je veux un lit en dortoir ou bien une chambre privée. J'hésite quelques secondes et, très vite, je choisis la chambre privée. Là j'ai besoin de calme, dun minimum de confort.

Direction la douche. Quel bonheur ! Ensuite, ma faim étant revenue, je file dans la ville à la recherche du dîner presque parfait. Je trouve un restaurant "Greek restaurant", me disant que des mets grecs seront parfaits pour ce soir. Et bien... Pas du tout ! Une carte assez classique pour l'argentine. Je commande un matambre, je ne sais absolument pas ce que c'est. Et bien c'était bon ! Un genre de steak braisé et/ou frit sur lequel sont déposées des rondelles de tomates et une épaisse couche de fromage. C'est bon, mais c'est gras. Je me surprends même à finir l'assiette avec difficulté. Heureusement, un bon petit vin local vient faire descendre tout ça. Pas que j'apprécie vraiment de boire seul, mais c'est vrai que par moment, j'apprécie un vin local, puisque, paraît-il, l'Argenrine produit des bons vins et, amèrement, je dois dire que c'est plutôt vrai. Ce soir là j'ai pu déguster un Malbec pas degueu du tout.

En ressortant du restaurant, je flâne un peu, ce que j'avais peu pris le temps de faire jusque là.

C'est vraiment un territoire intrigant l'argentine, témoin de son histoire. Du moins, pour ce que j'ai pu en voir jusque là, du moins dans cette province mi andine mi Argentine. Le jour, la plupart des boutiques sont fermées, les passants sont plutôt âgés. Le soir, des centaines et des centaines de gens déambulent, bien plus jeunes. Les boutiques sont toutes ouvertes proposant tout et n'importe quoi. On y retrouve là l'ambiance d'Espagne. L'heure espagnole. Les cartes des restaurants proposent pizzas, ravioli, gnocchis. On y retrouve l'ambiance italienne. Les quelques croix gammées gravées sur les murs rappellent que, au moment de la seconde guerre mondiale, de nombreux nazis ont fui l'Europe et ont su trouver en Argentine une terre d'asile. Les gens quant à eux sont nombreux à être typés européens, mais, on retrouve également les caractéristiques des natifs andins, la peau basanée, petits, trapus. Tout cela crée un joyeux mélange.

De même, on peut voir un peu partout sur les murs, et dans plusieurs villes, des réflexions anthropologiques / sociales qui sont au centre des débats en Europe. On condamne la violence envers les femmes, on s'interroge sur les genres, on implore de protéger la Terre Mère...

Les villes, quant à elles, pour ce que j'ai pu en voir jusque là, sont assez développées et, là encore, rappellent l'Europe. Elles fonctionnent en cuadrados, en pâtés de maisons bien carrés, avec leurs places de ci de là.


Une fois revenu à l'hôtel, j'ai du mal à trouver le sommeil malgré la fatigue. J'ai un peu froid. Je parviens par chance à avoir Lucie en visio, cela faisait longtemps. Elle m'appelle depuis l'aéroport du Panama. Pour elle, commence le voyage en terre etats-unienne. Elle me dit que tout s'est bien passé jusque là. On rit et on est heureux de se retrouver quelques instants, même virtuellement. Je lui dis que je suis content qu'elle n'ait pas été dans la voiture, et en même temps qu'elle m'a manqué lorsque j'ai cru que j'allais mourir !


Il est presque 2heure du matin lorsque je tombe dans les bras de Morphee.


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Publié le 12 juillet 2019

La nuit a été courte mais très reposante... Jusqu'à ce que je sois réveillé par des travaux non loin de l'hôtel. Qu'importe, de toute manière je dois rendre la chambre dans peu de temps si je ne veux pas payer une nuit de plus.

J'en profite pour ranger correctement tout mon sac et aujourd'hui, c'est mission laverie. Je passe sur les aléas vestimentaires de la vie de backpacker...

Me voilà donc à parcourir à nouveau les rues de Jujuy à la recherche d'une laverie. Une première... Fermée. Une seconde me dit qu'ils vont fermer sur le temps de midi et que je pourrais récupérer mes affaires vers 16h00. Ça m'arrange pas cette histoire, d'autant qu'il faut que je lave le jeans que j'ai sur moi. Bon et bien échec mission.

Je flâne un moment, aujourd'hui c'est détente après les deux jours précédents. Je m'assois au soleil en terrasse pour prendre un café puis manger. Je laisse le temps défiler car je ne veux pas arriver trop tôt au terminal.

Vers 15h, je m'y rend tout de même. J'hésite entre deux destination, ou bien Cordoba, ou bien Mendoza. La première est une ville assez grande, avec des centres culturels et artistiques importants, lieu de vie nocturne également paraît-il. La seconde, est réputée pour être LA ville du vin argentin.

Le but du jeu, en réalité c'est de trouver un point de chute pour le week-end avant de partir à l'assaut de la Patagonie, en commençant par Bariloche. Ces deux villes se valent globalement quant au temps de parcours jusqu'à Bariloche. Bon...

J'arrive à une agence et je demande à la dame ce qu'elle pense de tout ça. Elle dit connaître Cordoba et apprécie beaucoup cette ville. Et il paraît que le temps de trajet est plus court jusqu'à Bariloche en partant de là. Bon, et bien, banco!


Le bus part 3 ou 4 heures plus tard, ce qui me laisse le temps de bouquiner.

Après 30 minutes de retard, le bus arrive enfin. Je monte et m'endors comme un bébé dès les premières minutes. C'est reparti pour une nuit de bus ! Celui-ci est vraiment confortable. Parfait !

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Publié le 14 juillet 2019

Je dormais paisiblement lorsqu'une main vint me secouer brusquement. J'ouvre les yeux et voit un militaire, du genre pas commode du tout. Il me baragouine quelque chose mais ne se doute pas que je n'ai pas encore branché mon cerveau en mode espagnol.

Je vois alors tous les passagers à l'extérieur du bus. Je comprends qu'il me faut descendre aussi, je réveille ma voisine pour qu'elle fasse de même.

Tout le bus a le droit à un contrôle intégral : les sacs à dos, les bagages en soute, contrôle d'identité. Fait assez drôle, la flic qui contrôle mon identité reste en admiration devant mon passeport, puis me le rend à coup de grands sourire, sans même ouvrir mon sac. C'est plutôt cool!

La fouille a bien duré une demie heure, et il régnait alors dans le bus une ambiance oppressante. Il est presque 2h du matin lorsque l'on repart.

Le reste de la nuit a été paisible. Il est presque midi lorsque j'arrive à Cordoba. La ville est immense, paraît il qu'il y a une grosse offre culturelle et artistique. Ça me rappelle Lyon et je m'y sens vraiment bien.

Pas la force de marcher ou prendre le bus. Du coup direct taxi, un petit billet au vieux monsieur qui ouvre la porte du taxi, tout comme j'ai dû en filer un quelques minutes plus tôt au muchacho de la gare qui descend les sacs du bus. Il y a des sacrés traditions ici, mais je me dis que c'est toujours un moyen de sortir de la précarité. C'est mieux que faire la manche. Meme si c'est mon œil d'occidental trouve que c'est abusé de payer pour ça.

Tiens en parlant de choc des cultures, je retrouve ici une coutume qui est diffuse dans toute l'Amérique du Sud. Lorsque l'on va aux toilettes, ne surtout pas jeter le papier dans les toilettes. Ça risquerait de boucher les canalisations souvent fragiles. Du coup tout dans une petite poubelle juste à côté. C'est vraiment ultra glamour!


Le taxi me dépose devant l'hostel que j'avais repéré... Complet malheureusement. Et oui, vacances d'hiver en Argentine oblige. Je tente un second au bout de la rue. Idem. J'arpente finalement les rues et artères de cette ville immense et pentue pendant plus d'une demie heure et, étant trop faible, je me rabats sur le premier hôtel croisé. C'est toujours le double du prix d'un dortoir mais qu'importe. En plus, ô joie, il y a une laverie juste à côté.

Je dépose mes affaires et ressors pour manger. Je trouve un petit resto au kilo, ça fera l'affaire pour ce midi. Je mange sans grande faim, il semblerait que mon estomac se soit bien rétréci pendant ce voyage. Et c'est tant mieux !


Je retourne ensuite à l'hôtel et dépose mes affaires à la laverie. Rien à faire et pour moins de 7euros je reviens chercher mes affaires en fin d'après midi lavées pliées. Quel luxe.


J'ai passé le reste de la journée à me reposer. Je suis extrêmement fatigué et mon corps me fait comprendre que je dois rester au calme. Il faut dire que je me remets doucement de mon ascencion à 4000metres. Il faut dire également, après calcul, sans les avions à travers le Brésil, j'ai parcouru par voie routière quelques 4500km en moins de deux semaines.

Je m'endors donc jusqu'au lendemain.

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Publié le 14 juillet 2019

M'étant couché tôt, je suis réveillé aux aurores. J'en profite pour regarder le Marrakech du rire et ça me change un peu les idées. Dans la matinée j'ai pu avoir Lucie en visio. Elle semble bien s'amuser chez l'oncle Sam et je suis content pour elle. Toujours aussi heureux de voir son sourire.


Je tente vers midi de sortir manger, mais après une ou deux rues, je me sens très faible. Je préfère retourner m'allonger à l'hôtel. De toute façon, je n'ai pas vraiment faim.

Je me repose jusqu'à tard dans l'après midi et là, à mon réveil, ça va beaucoup mieux. Je ressors en ville pour manger. Un bon plat local et traditionnel :burger King. Ça faisait tellement longtemps !!

Sur la route, je croise une église et m'y arrête un instant.

Ça va beaucoup mieux ce soir et je compte sur le repos de cette nuit pour finir de me rétablir et enfin partir aller à la rencontre de cette immense ville.


C'est aussi ça le voyage, on peut vite avoir des problèmes insoupçonnés. Mais je crois que je préférais encore les grosses turistas qui me clouaient au lit plusieurs jours au Brésil ou au Pérou !


Au programme demain, inchallah, musées d'art et théâtre si j'arrive à obtenir des places. Je me suis renseigné ce soir dans l'un des théâtres de la ville, mais, là encore, vacances oblige, beaucoup des spectacles programmés sont pour les enfants.


Bonne nuit !

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Publié le 16 juillet 2019

J'ai eu du mal à m'endormir cette nuit, si bien que, je me suis réveillé assez tard. Ça va beaucoup mieux aujourd'hui. Je pars donc enfin explorer la ville.

Je commence par un musée regroupant des œuvres d'artistes de Cordoba du XIX et XXeme siècle. J'y ai croisé des œuvres très drôles parfois.


Et je m'imprégne surtout enfin de l'ambiance de cette grande ville. C'est un véritable coup de cœur. Elle me rappelle vraiment ma belle Lyon, qui me manque. L'air est doux malgré la fumée des pots d'échappements, les gens se croisent et s'ignorent, chacun peut aller librement, sans jugement. Et paradoxalement, il règne une énergie vraiment agréable. Ici des jeunes discutent, là un commerçant explique quelque chose à une vieille dame. Les gens s'ignorent, mais sont pourtant tellement proches. Tout comme à Lyon. Ça sent la culture et les arts. J'adore vraiment ça !

J'ai fait un grand tour dans le quartier plus jeune de la ville. Là ou sont tous les musées justement. J'en ai fait au moins trois dans l'après midi. Je ne détaillerai pas plus ici. Les photos parlent d'elles même.


Après avoir cavalé et piétiné une bonne partie de l'après-midi, je rentre un moment à l'hôtel et ne ressortirai que pour manger.

Je refais plus ou moins le même tour que l'après midi. Je connais le quartier comme ma poche à présent (ou pas). Et puis près du Paseo buen pastor, lá où les jeunes artistes de la ville exposent librement, je tombe sur un spectacle en pleine rue d'un imitateur de Michael Jackson. Je reste quelques minutes mais reprends vite mon chemin. Je ne suis pas trop fan de ce genre de chose.

Et là, le moment tant attendu de ce voyage en Argentine (pas tant que ça non plus), au détour d'une place, une foule de gens est regroupée. J'entends de la musique tango. Et au centre, des duos se forment et se déforment, tous les âges sont là à danser avec une grâce majestueuse. De ces pas de dansent se dégage une sensualité que j'avais rarement connue auparavant. Après le tango, quelques pas de chamame, une danse plus locale, je crois. Et puis de danse à deux on passe aux danses en groupe, des genres de rondes, toujours aussi gracieuses. Enfin, la danse reprend en duo et chaque danseur utilise un foulard pour danser et charmer son partenaire. Cette ambiance est tout bonnement indescriptible. C'est vraiment d'une beauté incroyable. La seule fois où j'ai été bluffé par des danseurs comme cela dans la rue,c'était à Rio. Ne nous méprenons pas, ces danseurs là étaient des gens comme vous et moi, pas de costumes, de simples passants qui avaient déposé en tas dans un coin de la place leurs effets personnels, pour simplement danser. Grand dieu que c'est beau!

Il va me falloir prendre quelques cours à Buenos Aires, bien que je ne sois pas très doué en danse, mais cela tend à s'améliorer depuis que je suis en Guyane.


Après ce spectacle improvisé, je rentre à l'hôtel. Une bonne nuit de repos et peut-être que demain je partirai pour Bariloche, la ville du chocolat, au nord de la Patagonie. Enfin, ça, c'est si j'ai vraiment retrouvé toute mes forces, sinon je resterai un jour de plus dans cette belle ville de Cordoba.


A l'heure où j'écris ceci, je viens de prendre contact avec une estancia, entendez un ranch pour les gauchos, ces fameux cow boys argentins. Ils seraient d'accord pour me recevoir. Mais ce sera pour bien plus tard, en remontant d'ushuaia. Je suis hyper content !!


Bonne nuit !


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Publié le 16 juillet 2019

Je crois que j'ai pris le rythme des vacances. Je me suis endormi très tard dans la nuit et donc réveillé très tard également. Ça y est ma santé est revenue à son top, je vais pouvoir partir pour d'autres aventures. J'avais le choix entre vingt heures de bus pour bariloche ou 2h d'avion (60€). Le choix est vite fait, désolé l'empreinte carbone ! Je réserve donc un vol pour le lendemain, ça me laisse encore une journée pour recharger mes batteries et profiter de Cordoba, d'autant que je dois aller boire un café plus tard dans la journée avec une fille d'ici à qui j'avais demandé de m'héberger via le site couchsurfing.

Il est déjà bien tard quand je quitte l'hôtel. Première mission, trouver un bureau de change car les billets commencent à se faire rare. J'ai demandé à la réception et le type m'indique vaguement où en trouver un. Il me faudra presque une heure pour vraiment trouver. Et là, surprise, le taux de change est même meilleur qu'à Iguassu. Je repars de là avec une liasse de billets.

Je vais ensuite manger dans le premier truc venu. Une pizza au maïs, je ne me rappelais plus ce que veux dire choclo, dommage ! C'était pas fameux mais ça allait.


Ensuite je retourne déposer les liasses à l'hôtel avant de partir faire le tour d'un immense parc non loin de l'hôtel. Le parc abrite également un zoo. Je me dis pourquoi pas. J'ai donc flâné au milieu de toutes sortes d'animaux. La cause animale, il faut le dire, ça fait pas vraiment parti de mes combats. Mais dans ce zoo, tout de même, j'ai été déçu. Beaucoup d'animaux venaient d'Afrique, peu, finalement, d'Amérique du Sud. C'est bien dommage. Et puis ils avaient l'air triste. Et puis ils avaient peu d'espace. Ça m'a un peu fait de la peine. Même si j'ai bien ri devant les hippos ! C'est quand même sacrément moche !


Et puis retour à l'hôtel avant de ressortir. Je dois rencontrer une fille de Cordoba avec qui j'ai été en contact via couchsurfing. Elle ne pouvait pas m'héberger mais était partante pour aller boire un café. Il se trouve qu'on est presque collègues puisqu'elle termine ses études... de littérature française. Elle fait actuellement une thèse sur le marquis de Sade. Elle essaie d'apprendre le français. Ainsi autour d'un café nous voilà à parler littérature et culture. J'ai tenu presque deux heures de conversation "intellectuelle" en espagnol, c'était pas simple ! Elle m'a appris pas mal de choses sur la place des natifs ici en Argentine, sur la fondation de Cordoba ou encore sur l'argentine. C'était vraiment chouette, d'autant que depuis Wendy et Guillaume, je n'avais quasiment pas eu l'occasion de discuter avec quelqu'un.

Je suis ensuite rentré à l'hôtel profiter d'une bonne nuit avant la suite des aventures demain, cette fois ci, pour de vrai de vrai ! Bariloche j'arrive !


P.S.1 Ah ! J'ai acheté une ceinture aussi. Détail anodin mais je vous garantis que jen avais marre de perdre mon pantalon, lui que je remplissais pleinement il y a peu !

P. S. 2 Après décompte il semblerait que j'ai fait 122km à pied depuis mon départ. Sans compter les parties avec le sac sur le dos ou dans les montagnes !


17

Je suis réveillé assez tôt aujourd'hui. Il me faut rendre ma chambre d'hôtel avant 10h. On refait tout le sac et on the road again!

Je profite de la matinée pour traîner encore un peu dans les rues. Je vais également au musée de la Femme, mais je suis un peu déçu car il n'y a vraiment pas grand chose. C'est dommage. En plus, je ne comprends pas pourquoi les gens s'obstinent à à associer la cause feministe et celle LGBTQ+++.

Passons.

Je vais ensuite manger en terrasse et, il faut le dire, je glande pas mal. Mon avion est à 17h.

Après manger je passe devant une librairie et, sans trop y réfléchir, j'entre. Sans trop y réfléchir toujours, je demande à voir des recueil de poètes argentins. On m'en désigne une tonne, ainsi que des poètes de Cordoba. Je demande les livres les plus petits possibles. Faudra porter tout ça après ! D'ailleurs, je me demande pourquoi je ne suis pas passionné de timbres comme tout le monde ! Ca prend moins de place. Enfin..

Je choisis au final 4 œuvres, toutes d'autrices. C'est vraiment bien écrit.


Et puis taxi, direction l'aéroport. Là il me faudra encore attendre quelques heures et un léger retard pour enfin m'installer dans l'appareil qui me mènera vers la Patagonie.


[...]


Après 2heure et quelques de vol, me voici à Bariloche et... Il fait hyper froid. Mais genre un vrai froid pas celui de Salta ! On dit de Bariloche que c'est la petite Suisse d'Argentine et, dès mon arrivée, je dois dire que c'est vrai. Il y a là une ambiance de station de ski à la montagne, ça me rappelle mes annees passées à la frontière suisse dans le Jura. C'est magnifique. J'aperçois le lac un peu plus loin. On verra ça demain !


J'ai bien discuté avec le chauffeur de taxi. Étant donné que c'est la pleine saison de ski, il m'explique qu'il y a énormément de monde. J'espère que je vais trouver. Et là il me dit que toute une rue est remplie de bars et de boîte de nuits. La rue d'après il y a une douzaine d'hostel, de quoi trouver mon bonheur. Je descends et le remercie. Une bonne grosse montée de montagne le sac sur le dos et à la conquête des hostels ! Je dépasse un premier qui ressemble à un petit chalet de montagne avec une super vue sur le lac. Mais... Ça me paraît petit. Next! Au final quelques mètres plus loin je croise le "Marco Polo Inn" il a l'air immense et bonne ambiance.

Et là je tombe des nues. La nuit est hyper chère ! Bah oui, en même temps Suisse X montagne = je sens que je vais raquer ici !

Je monte à l'étage où se trouve mon dortoir. Et là, surprise, ce ne sont pas des dortoirs mais tout simplement d'immenses chambres en duplex à 6. C'est limite aussi grand que chez moi !

Parfait !

Sur 6 roommates il n'y a qu'une fille, Lucrécia, qui vient de Cordoba. On discute brièvement et je ressors manger. Je trouve un pub qui a une bonne carte dans une rue en contrebas. Et je m'émerveille devant l'ambiance qui règne ici. Des restos tous plus chouettes les uns que les autres, un casino, des boutiques de vin, de chocolat... Le paradis !

Je commande un bon morceau de bœuf- l'argentine en est grand producteur et donc c'est bon et pas cher-. Et, je me laisse séduire par une bière artisanale au goût de miel. Parfait pour l'ours que je suis! Tant et si bien que je me vois obligé d'en commander une deuxième pour accompagner mon repas !

Ensuite je remonte à l'hôtel. Le projet c'est douche et dodo. Meme si je me dis que je viens de passer plusieurs jours alité à Cordoba et que j'aimerais bien bouger un peu.


Et là, les lois de l'attraction ont encore frappé. Devant l'hostel je croise Lucrecia avec deux gars, Felipe, son frère et Leandro un gars d'environ mon age- les deux autres sont plus jeunes-. Lucrécia m'explique qu'ils parlaient de moi : "j'ai rencontré un français". Quelque chose du genre. Et ils m'invitent à mes rejoindre pour aller boire un verre dans un bar.

Les argentins raffolent d'un alcool italien à base de plante : le Fernet. Avec coca. Et nous voilà à trinquer et refaire le monde tous ensemble. Ils sont surpris par mon niveau d'espagnol et ça me fait très plaisir. C'est vrai quils parlent tous très vite et je les comprends, j'arrive à discuter normalement avec eux. Fier !


Au final, deux bars et quelques verres plus tard, on rentre à l'hostel. Avant cela, Leandro me fait faire un détour pour prendre des photos au bord du lac, devant le nom de la ville : Bariloche.


Et nous rentrons en courant jusqu'à l'hôtel, il fait vraiment hyper froid, même avec l'alcool !

Il est 3h30 du matin.


Rq: si vous avez bien suivi, en Argentine, il y a un peu de tous les pays d'Europe : restos italiens, heure espagnole... À présent la Suisse est à l'honneur. Et quand est il de la France alors ? Et bien les argentins adorent fumer et boire du vin. So frenchie !

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18
Publié le 18 juillet 2019

Je me réveille tard et avec un sacré mal de tête ! Il faut croire que le Fernet, je l'encaisse pas comme le rhum en Guyane !

Je regarde du côté des mes roommates, ils ont l'air autant ko que moi. La journée de ski est tombée à l'eau, littéralement, car le temps est pitoyable aujourd'hui.

Je sors péniblement de mon lit et vais manger en ville. Je trouve un boui-boui dont la particularité est de jouer l'addition aux dés. Trois 6 et l'addition c'est cadeau. Bien entendu j'ai dû payer... Malheureux aux jeux..

Je retourne ensuite à l'hostel retrouver Felipe et Lucrécia. On est tous un peu blasés par ce temps et par nos projets annulés. On tente de sortir faire un escape game, mais il semblerait que tout le monde a eu la même idée que nous. Alors on traîne un peu dans les rues, mais on rentre assez vite à l'hostel chiller quelques heures. Vous savez, c'est ce genre de temps où il ne fait pas assez froid pour qu'il neige, mais presque. Donc grosse pluie, vent, thermomètre autour de zéro. Quelle horreur !

En fin d'après midi je décide tout de même de ressortir afin de me renseigner pour louer une voiture pour faire la route des 7lacs autour de Bariloche plus tard dans la semaine qui, comme son nom l'indique, est une route qui traverse 7 lacs. Il s'avère qu'en passant par une agence qui organise les excursions c'est limite aussi cher que de louer une voiture. La route peut vite être glissante, ça fait du 400km aller à retour, autant prendre l'agence ! Pas très chaud de repartir à l'aventure en voiture !

En rentrant à l'hôtel, je passe faire quelques courses. Ce soir je m'occupe de cuisiner- si tant est que cela soit possible dans les cuisines d'une auberge- pour Lucrécia Felipe et moi. Leandro est convié mais il a déjà mangé. C'est un peu mes petits frères ces deux là, ils ont 20 et 22 ans. Et ils sont vraiment drôles et me font progresser en espagnol.

On partage donc un petit repas, on fait une partie de billard et cette fois ci pas plus de folie. Réveil à 6h30 demain pour partir sur les pistes !


J'ai eu Lucie en visio. A Miami où elle se trouve il faisait grand soleil et encore jour.


J'ai du mal à trouver le sommeil. Je ne sais pas pourquoi.


19
19
Publié le 18 juillet 2019

Réveil aux aurores. Ça pique, ça faisait longtemps. Mais bon, il se trouve que les 6 habitants de ce grand duplex se levent pour partir à l'assaut des pistes. A ce propos, je n'ai quasiment pas eu de rapports avec les gars qui occupent également la chambre. Ils ne rentrent que pour dormir et ne sont pas très enclins à la conversation...


En moins d'une heure, Felipe à préparé des sandwichs pour tout le monde, Lucrécia à trouvé un monsieur pour nous conduire au peid des pistes, et tout le monde est paré au décollage.

Sur la route, ils parlent de je ne sais quoi mais je n'écoute pas. Je reste en admiration devant le paysage qui défile sous mes yeux. Des bords de lac, des petits chalets, puis très vite, la montagne et les pics enneigés. C'est sublime. Tout cela au lever du soleil, aux couleurs sublimes, mais aussi avec la pleine lune qui brille encore. Dommage que je ne puisse pas prendre des photos depuis la voiture !


En une petite demie heure nous voici au pied des pistes. Grand dieu que c'est beau. À vrai dire, depuis les quelques temps que j'ai passé dans le Jura autour de mes vingt ans, je crois que je ne suis jamais retourné à la montagne. Ça doit donc faire 8ans.

Mes deux amis sont au petit soin avec moi, ils ont déjà leur équipement mais veulent attendre que je sois équipé aussi. C'est gentil ! Du coup me voilà partir à acheter le pass pour les pistes, louer une planche de snow et des chaussures. Let's go !

On s'échauffe d'abord sur des bébés pistes. Mais, surprise, une fois arrivé en haut, prêt à chausser, il manque un morceau sur ma planche. Retour à la case départ. J'en profite pour louer un pantalon de ski, je voulais faire avec les moyens du bord mais la première fois les fesses dans la neige m'a fait comprendre que quand même, au moins un pantalon ce sera pas du luxe.


Et c'est reparti sur les pistes. Lucrécia et Felipe galerent un peu en snow, ils n'en ont jamais fait, eux c'est le ski. Personnellement, je me surprends à être plutôt à l'aise. Il faut croire que le snow c'est comme le vélo, ça s'oublie pas. Meme le tire-fesses dont j'avais d'horribles souvenirs, et bien sans souci ! Après plusieurs descentes je me dis que l'après midi j'essaierai des pistes un peu plus sérieuses.


On fait quelques poses photos le cul dans la neige, on filme une descente ou deux et, très vite, la faim s'empare de nous.

On mange un morceau et il repartent en ski. Pour moi ce sera plutôt chocolat chaud au cognac, histoire de mettre du baume au cœur, et quelques empanadas pour le dessert ! Ou l'inverse je ne sais plus.

Et puis je me décide à repartir sur les pistes. Mais les pauvres qui viennent à la demie journée-humour- sont arrivés en nombre. Et puis, bien que quelques flocons tombent, la neige fond de plus en plus, si bien qu'il n'y en a presque plus sur les plus grandes pistes. Ne reste que la neige artificielle sur les bébés pistes que je faisais le matin. Et puis du monde, toujours plus de monde. Pas très vaillant sur ce coup, je décide d'aller rendre ma planche. Ça ne sert à rien d'insister. J'en profite pour me réchauffer en buvant des bières de patagonie dans un chalet. C'est tout aussi bien. Je suis d'ailleurs déçu car ils ne semblent pas connaître le vin chaud ici...

Quelques heures plus tard, je retrouve les deux petits, on rend le matériel et on retourne tous ensemble boire une petite bière dans le chalet où j'ai passé l'après midi. Il y a de la bonne musique, c'est encore mieux !

Ensuite il, faut rentrer. Il y a une queue interminable de gens qui attendent un taxi, et aucun bus. On décide de demander aux passants sur le parking s'ils ont un peu de place pour nous ramener. Un monsieur nous prend gentiment dans la benne de son 4*4, nous trois plus les deux planches de snow !


Arrivés à l'hôtel, douche pour tout le monde et on ressort pour manger.

Pour ce soir personne ne demande son reste. Au dodo !

20
20
Publié le 21 juillet 2019

Entre le retour de soirée et mon réveil, il a bien dû tomber 40cm de neige. La tempête continue, et ce sera ainsi sans interruption pendant plus de 24h.

Je découvre avec joie (ou pas) plein de messages sur mon téléphone à mon réveil. La "bonne" nouvelle, c'est que Felipe et Lucrécia reviennent à l'hôtel car leur vol a été annulé à cause de la neige. La mauvaise, c'est que mon excursion est également annulée le lendemain à cause de la neige. Décalée à lundi, ce qui me fera prendre le bus pas avant mardi selon mes calculs. Ça me chiffonne un peu, mais bon je ne peux rien y changer. Vu la galère que c'est ici, je songe même à faire une croix sur Ushuaïa. Mais vu que je suis têtu, j'irai jusqu'au bout du monde un point c'est tout !

J'ai un peu la gueule de bois, et c'est à ce moment que mon air bnb en Guyane m'appelle. J'avais totalement zappé ça! Il me dit qu'il est un peu perdu, ce qui ne m'étonne guère. Ça a l'air d'être un gros boulet, définitivement! Alors je tente tant bien que mal de lui indiquer la route, adoptant même un ton un peu cynique, tant je suis loin de tout ça. Une fois arrivé devant la porte, on aurait dit qu'il s'attendait à ce que je vienne lui ouvrir. Le gars est totalement déconnecté j'ai l'impression ! Je lui explique d'appeler mon voisin car c'est lui qui a les clés. Sauf que... J'ai oublié de prévenir mon voisin et il ne répond pas sur son téléphone. Je suggère donc au gars d'aller faire quelques courses priant pour que, mon voisin qui est militaire, ne soit pas parti en mission toute la semaine !

Je me dis alors que je ne peux rien faire de plus et sors de l'hostel pour aller m'équiper pour le froid. Ça suffit d'avoir les pieds mouillés. Je trouve au bout de quelques magasins mon bonheur, des bottes et un pantalon pour la neige. C'est cher, d'autant que je ne vais pas m'en reservir en Guyane, mais c'est la condition sine qua non pour descendre jusqu'à Ushuaïa. Cette session à Bariloche me l'a bien fait comprendre.

Je mange un morceau et retourne à l'hostel, me disant déjà que la journée du lendemain ne servira à rien (ou presque).

Quelques mots échangés avec Felipe et Lucrécia, une petite heure en visio avec Lucie et au dodo! J'ai vraiment hâte de partir pour la prochaine étape !

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Publié le 21 juillet 2019

On se réveille tous assez tard, un peu claqués de la journée de la veille.

Il a neigé toute la journée, ça ne donne pas envie de mettre les pieds dehors.

Mais pourtant il me faut organiser la suite du périple. Je décide donc de me rendre au terminal de bus. Sauf qu'avec la neige et la grève des bus municipaux, les taxis sont pris d'assaut. Et me voilà donc pendant plUs d'une demie heure à lever le bras au moindre taxi qui passe. En vain. Il y en a bien un qui finit par s'arrêter. Enfin ! Arrivé au terminal, une seule compagnie vend les trajets pour El Chalten, ma prochaine destination et... les bureaux sont fermés !

Il y a un bureau d'information touristique, je demande s'ils savent à peu près vers quelle heure part le bus pour El Chalten car j'ai besoin de faire coïncider les horaires avec L'excursion pour la route des lacs... Qui se termine à 19h... Le monsieur me répond que le bus part vers 17h00 mais que de toute manière vu les conditions météo, il n'y aura pas de bus le lendemain.

Super !

Je suis trempé, j'ai froid et je suis venu là pour rien. Demi tour à l'hostel et je ne bougerai plus avant un moment !

Je suis un peu blasé. On est en haute saison ici et tout coûte une blinde et je m'aperçois que je vais rester bloqué plus de temps que prévu. Je regarde pour faire le trajet en avion comme le monsieur me l'a conseillé mais le billet est cher et j'ai un changement... à Buenos Aires. Pas question de remonter pour redescendre. (même si en bus c'est environ 24h et que peut être, l'avion c'est pas si bete)

Je m'endors et me réveillerai en fin d'après midi, ne sachant toujours pas vraiment ce que je vais faire.

Je vais faire un tour en ville pour trouver une excursion sur la route des 7 lacs. Je trouve sans difficulté et on m'explique que la sortie se fera dimanche car de la neige est annoncée pour le lendemain et les routes risquent d'être fermées.. Et bien... D'accord!


Je rentre à l'hôtel avec une petite bouteille de Fernet qu'on partage avec Felipe au bar de l'hôtel. On fait quelques parties de billard également et, je découvre avec joie que je peux brancher ma musique sur la chaîne hi-fi. Que la fête commence !

C'est vrai que depuis le début du voyage je suis assez calme. Je n'ai, à vrai dire, pas tellement envie de faire la fête. Ce n'est pas le projet de ce voyage. Mais ce soir c'est différent ! Mes amis partent le lendemain et puis il y a une soirée électro qui a l'air sympa en ville.


On part de l'hôtel avec deux autres gars, direction l'irish pub dans lequel je suis déjà allé manger la nuit. L'ambiance est vraiment différente ! On prend un verre ou deux et on repart avec Felipe, laissant les deux autres. Dans la rue, on discute avec tous les gens que l'on croise, on croise également une nana qui nous demande gentiment de la raccompagner chez elle. Allons bon, gentlemen que nous sommes, on ne peut pas refuser.

Mais ce qui vient agrémenter cette nuit c'est la neige. Une véritable tempête commence à s'abattre sur la ville et tout recouvrir d'un epais manteau blanc. C'est beau. Ça faisait très longtemps que je n'en avais pas vu. Et c'est là que ça devient drôle. Quelques verres d'alcool, un sol pentu et glissant, il n'en faut pas plus pour que je tombe un bon paquet de fois. Ça nous fait tous bien rire.

Et puis après avoir un peu arpenté les rues et bien discuté avec tout le monde, on trouve enfin le club dans lequel on voulait aller. L'ambiance y est très bonne. J'ai dansé toute la nuit sans me soucier de rien, Felipe réapparaissait de temps à autres.

J'ai même rencontré un français qui me dit que je suis fou de vouloir descendre jusqu'à Ushuaïa. Peut-être.


Il est bien 7h du matin quand on sort du club, et il nous faudra bien encore une heure pour arriver jusqu'à l'hôtel suite aux nombreux arrêts pour discuter avec les gens encore ou pour trouver à manger. Felipe semble avoir oublié qu'il doit partir dans une heure pour l'aéroport!

Je leur demande de me réveiller quand ils partent et m'écroule sur mon lit !

Qu'est ce qui est jaune et qui attend ?