Carnet de voyage

Balade à vélo en Europe

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Dernière étape postée il y a 327 jours
Après les fjords de Scandinavie, l'humidité, le froid, le vent du Cap Nord, cette année place au sud de l'Europe, à la chaleur et aux richesses de son patrimoine naturel et archéologique.
Du 12 avril au 15 août 2023
18 semaines
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Le projet d'itinéraire  
En juillet 2021 dans les Vosges au retour de Copenhague...

Le véritable départ à vélo commencera à Vintimille...

Cest reparti pour un tour !
Cest reparti pour un tour !
C'est reparti pour un tour... 

Pour rejoindre les rivages de la Méditerranée, le Paris-Nice devait nous emmener en une nuit et en couchettes vers Cannes. Sauf que le mouvement social en a décidé autrement et nous avons du au dernier moment changer un peu nos plans. C'est par l'Intercités Nantes-Lyon et un TGV Lyon-Cannes, qui prend les vélos que nous rejoignons un grand copain, Jacques et sa femme Monique. Nous allons passer une journée et deux nuits chez eux à Peymeinade, petite ville située près de Grasse. Jacques et son copain Michel nous attendent à la gare de Cannes pour nous amener à Peymeinade à une vingtaine de kilomètres. Il est 22h30, il pleut, parti à 6h00 ce matin il est vraiment temps d'arriver. Partis sous la pluie de Vertou...c'est aussi sous la pluie que nous arrivons sur la côte d’Azur !

Départ de Vertou sous la pluie...

13 avril


Il est difficile de passer près de Cannes sans aller sur la Croisette..dans un mois le festival aura lieu...les stars seront là en attendant on se contente de regarder les photos des célébrités qui sont exposés le long du palais du festival...



Cannes vue de la vieille ville

Notre home pour quelques mois ⛺️ ⛺️ ⛺️ essayée dans le jardin de Vertou pour bien la vérifier avant notre départ.


Ce matin temps très beau au départ de la maison...

Départ de chez Jacques et Monique

On va prendre la direction de la gare de Grasse pour prendre le TER qui va à Vintimille. Nous n'avons pas envie de suivre la route très urbanisée qui va de Cannes à Vintimille...dernières photos avant de partir...

À la sortie de la gare de Vintimille, nous prenons une route qui longe la mer. Le temps est idéal pour rouler, fini les vestes et autres polaires. Tee-shirt et shorts sont les bienvenus.

Cinq kilomètres avant San Remo l'itinéraire emprunte une ancienne voie ferrée. Cette route vélo est très large elle longe en permanence la mer. San Remo ville célèbre pour la course cycliste Milan San Remo, à l'entrée de la ville, des affiches célèbrent les anciens vainqueurs de cette course de début de saison.

La piste cyclable continue jusqu'à San Lorenzo, petite ville côtière où nous trouvons un camping niché sur les hauteurs...comme d'habitude l'arrivée est en haut d'une belle montée...


Une étape venteuse et fraîche


Tout s'annonçait bien ce matin. Le soleil commençait à bien chauffer l'atmosphère et il était vraiment agréable de prendre le petit-déjeuner sous ses rayons.

Sitôt le matériel plié nous avons repris la route d'hier et sommes revenus au bord de la mer. Le vent soufflait très fort de Nord-est et nous l'avions de face. Jusqu'à Imperia, nous avons repris la superbe piste cyclable qui longe la mer. Mais à Imperia la piste s'arrêtait un peu avant l'entrée de la ville. Nous étions un samedi, en plus ce sont les congés de Pâques et la circulation sur la route était importante. Le ciel s'ennuageait de plus en plus et ce vent de Nord-est était vraiment froid. Les villes le long de la côte sont très nombreuses et à vélo elles ne sont pas vraiment agréables à traverser.

Malgré tout la côte est jolie mais un brin de soleil serait le bienvenu...


Quelques belles montées viennent ponctuer l'itinéraire. La route se déroule en un long serpentin en dominant la mer. Le paysage est très beau.

Après une belle montée on aperçoit le port de Savone. Ce sera la fin de notre journée. Le camping est en zone urbaine près de la mer. Il est temps d'arrivée, l'orage gronde. La propriétaire est d'une très grande gentillesse. Elle nous prête une table des chaises un marreau car l'emplacement est sur du gravier...coincé entre les caravanes et les camping-cars...c'est assez typique des campings italiens ces minuscules emplacements. C'est sous l'averse qu'on finit de monter la tente ⛺️ ⛺️ mais tout est à l'abri et on est au sec.


On ne regrette pas notre tente, certes un peu lourde mais idéal pour manger à l'abri de la pluie et du vent...

Publié le 16 avril 2023

Une belle étape mais faite de contrastes...

Ce matin le temps est très beau, ensoleillé, il fait chaud, le temps idéal pour pédaler. Nous allons suivre en permanence la côte. La route est en promontoire. Tous les cyclos sportifs de la région sont de sortie en ce beau dimanche de printemps. La matinée est vraiment agréable. Les descentes sont rapides et même les côtes aux pourcentages moyens (5-6%) sont avalées facilement.




Nous reprenons une petite portion de piste cyclable qui est une ancienne voie ferrée. Les piétons sont nombreux et dans les tunnels peu éclairés il vaut mieux faire attention ⚠️ ⚠️

Malheureusement on est dimanche et sur cette côte très belle il y a beaucoup de monde...les villes se succèdent rapidement et il devient un peu compliqué de rouler. Les aménagements cyclables urbains sont plutôt médiocres.

La longue traversée de Gênes est une horreur. La première partie se fait dans l'immense zone portuaire. Puis nous arrivons au niveau du périphérique, il y a une piste cyclable mais elle est fermée. On s'engage dans la rocade pas trop fréquentée à cette heure de début d'après-midi. Au bout d'un km on finit par rejoindre la piste cyclable qui débouche à l'entrée du centre de Gênes. Aux alentours du port où sont amarrés des monstrueux paquebots il y a un monde fou.. un bordel monstre. Ensuite la sortie n'est pas mieux c'est la foule d'un dimanche d'été il faut rouler entre les voitures, les scooters quand il y a une piste cyclable elle est occupée par les piétons...

Sortis de l’agglomération la circulation est hyper dense. Je n'ai rarement connu un tel bazar à vélo même à Istanbul...finalement on fait encore une quinzaine de kilomètres pour monter au camping de Bogliasco, une montée de 1.600 m à 10 % belle arrivée en côte dans ce petit camping nichée dans les collines qui dominent la mer.

Une étape très belle mais difficile


L'étape à été plus courte que prévue à cause d'une météo capricieuse. Partis sous un beau soleil, le temps va se dégrader, les nuages arrivent, et une petite pluie commence à tomber. Le vent se met de la partie évidemment il est plutôt défavorable...pourtant le paysage est très beau. C'est un vrai plaisir de rouler dans cette province de Ligurie. Les côtes et les descentes se succèdent...ça use un peu !

En début de matinée un temps splendide...

Un peu d'histoire (source Wikipedia)

Nous roulons depuis le départ sur la via Aurelien. La Via Aurelia ou voie Aurélienne est le nom donné à la grande voie romaine de la côte méditerranéenne de l’Italie romaine et de l’ancienne Gaule. Elle partait de Rome, longeait la côte occidentale de la péninsule italienne et passait par Pisæ (Pise) pour arriver à Luna (Luni).

La construction de la Via Aurelia revêt à l'époque une grande importance. Jusqu’alors, pour relier Rome et l’Hispanie, il fallait passer plus au nord, par le col de Montgenèvre, puis emprunter la Via Domitia. La soumission des peuples du sud-est de la Gaule va permettre de raccourcir le trajet en temps et en distance, en passant par des zones plus praticables, sans réelle difficulté de circulation.

Le cursus publicus (la « poste » romaine) parcourait 70 kilomètres par jour (avec quatre changements de cheval).

En bleu, le tronçon initial reliant Rome à Pise.

Nous sommes maintenant dans la belle région des Cinque Terre.

Les Cinque Terre occupent un paysage accidenté et escarpé, sur lequel sont construites au fil des siècles des terrasses permettant l'agriculture.

C'est une région difficile d'accès à vélo. Par contre pour les randonneurs c'est un beau territoire à parcourir.

Pour nous à vélo cela se traduit par de beaux dénivelés...

On casse la croûte sur l'esplanade de Rappalo, il fait très frais avec le vent. Vite fait nous reprenons la route et au sommet d'un petit col nous mettons la veste de pluie ☔️ 🌦 ☔️ et les protections pour les sacoches. Après une rapide descente nous faisons un stop à Chiavari. La pluie s'arrête, le vent se calme...

Nous décidons de nous arrêter au camping de Sestri Levanti, douze kilomètres après Chiavari. Très beau camping avec des grands emplacements (c'est rare en Italie !)

Un peu après notre arrivée nous retrouvons un couple de hollandais rencontré hier au camping. Eux ils sont partis pour un périple en Europe d'une année....

Une belle étape de montagne

Au départ de Sarzana nous roulons 5 km le long d'un torrent puis nous allons emprunter une petite route quasi-déserte qui monte durant 4 km à près de 10 % ...c'est là qu'on se dit que le vélo carbone sans sacoche c'est quand même mieux ! En attendant il faut se hisser là haut. Béatrice caracole en tête !!

Elle m'épate car même avec un VAE il faut s'arracher.

Le paysage de montagne méditerranéenne est très beau, le temps est frais, ensoleillé. Je monte à mon rythme et je rejoins Béatrice qui m'attend au sommet de cette première partie du col.

À cet endroit on rejoint la via Aurelia qui est la route nationale SS1. C'est la seconde partie du col dont la pente s'adoucit, la route vient d'être refaite, c'est un vrai billard. Le sommet de ce col du Bracco est vite atteint, il culmine à 626 m, c'est pas de la haute montagne mais on part au niveau de la mer ..

La descente est rapide mais le temps s'est assombri, nous remettons la veste. Après le casse-croûte dans un petit village on continue une longue descente très sympathique cela devient plus un faux plat descendant mais le fort vent de sud-est nous freine beaucoup. À l'approche de La Spezia la circulation s'intensifie, la chaleur revient. Les jambes commencent à être lourdes. Il est temps d'arriver mais nous avons du mal à trouver un camping. Une gentille dame s'arrête pour nous renseigner mais on se comprend mal et elle nous oriente vers une mauvaise direction. On tourne en rond et finalement on se rajoute presque dix kilomètres....c'est bien rincé qu'on s'endort ce soir sous la tente ⛺️ ⛺️ ⛺️ Nous sommes maintenant en Toscane, demain nous serons à Pise et en fin de semaine à Florence...

Publié le 20 avril 2023

Une étape de récupération

Ce matin les jambes étaient bien raides. Mais l'étape d'aujourd'hui est plate comme la Hollande. Le vent plutôt favorable. L'itinéraire vélo emprunte une piste cyclable bordant la mer. Rien de tel pour mouliner et détendre les muscles...

Les cyclos sportifs sont très nombreux. Dommage que les villas, clubs de plage, bistrots etc...empêchent de voir la mer car ils sont construits entre la plage et la voie vélo...

On roule donc très vite jusqu'à Viareggio, petit port de pêche dont une belle passerelle permet de franchir le bassin portuaire.


Viareggio est aussi un gros chantier de construction de bateaux de plaisance. Un magnifique deux mâts est en finition C’est un yacht d'environ 50 mètres.


Après Viareggio nous reprenons la via Aurelia, la circulation devient importante mais pas très gênante et nous arrivons à Pise où le camping es très proche de la cité historique.

Une fois la tente plantée nous allons vers le centre historique. C'est la foule sur la Piazza des Miracoli.

C'est la seconde fois que je viens dans cette très belle ville connue dans le monde entier à cause de sa tour penchée. Ce phénomène s'est produit dès sa construction car l'édifice est construit sur une plaine alluviale. Le terrain s'est affaissé et la tour au fil des siècles à continuer attirer les visiteurs. Néanmoins en 1990, elle menaçait de tomber et jusqu'en 1993 elle a été fermée et a fait l'objet de travaux de consolidation.

Nous visitons la cathédrale et le baptistère. À l'intérieur de la cathédrale on peut admirer une chaire magnifique sculptée par Giovanni Pisano Pergamo.


C'est tout pour aujourd'hui...Ciao, ciao

Publié le 20 avril 2023

Une étape tranquille !

Florence est à un peu plus de 100 kilomètres et nous avons réservé un appartement pour 3 jours à partir de vendredi. Aussi on choisit de faire en gros les 2/3 du parcours aujourd'hui afin d'être tranquillement à Florence demain en début d'après-midi.

Le temps est un peu gris des orages sont annoncés dans l'après-midi.On essaie de ne pas trop traîner pour arriver dans un camping à la ferme situé dans les environs de Empoli. Nous roulons dans un paysage typique de la Toscane, fait de douces collines où poussent la vigne et les oliviers.

De temps en temps nous sommes doublés par des cyclos sportifs qui nous encouragent en criant "allez, allez" serait-ce une expression internationale ?

Le camping est situé dans le domaine de Montaioncino.

C'est une trouvaille de Jean Paul, le paysage environnant est magnifique.

Il n'y a qu'un kilomètre pour y monter mais c'est comme un toboggan qu'on prendrait à l'envers.

C'est un chemin de terre avec par moments des pentes supérieures à 15%. Faut appuyer sur les pédales pour monter ce chemin ! Trop fort Jean Paul. Moi je suis au maximum de mon vélo. Je suis admirative.

Il y a une dizaine de camping- cars allemands qui sont là. Les allemands sont omniprésents dans la région...Nous sommes obligés d'attendre car la réception n'ouvre qu'à 16h00. Le ciel se noircit...nous avons juste le temps de monter la tente sous l'orage qui gronde.

Résultat la grosse pluie arrive on a juste le temps de nous engouffrer sous la tente et d'y mettre nos bagages car le sol dur comme du béton n'absorbe pas l'eau et sous le auvent ça commence à inonder...

Heureusement l'orage se calme, tout revient dans l'ordre. Le soir, le camping fait un repas dégustation des produits locaux et de sa production viticole. Bien sûr nous ne manquerons pas ce moment de gastronomie Toscane...

Publié le 21 avril 2023

Arrivée à Florence


Une étape très courte et facile, quasiment toute plate sauf la montée d'hier soir qu'on a dévalée avec plaisir !



L'itinéraire emprunte un chemin sur une digue qui longe l'Arno.

Nous entrons dans Florence par cet itinéraire dédié aux cyclistes et aux piétons. Florence est une ville avec des aménagements cyclables de bonne qualité et c'est en roulant presque en permanence sur une piste cyclable que nous arrivons à l'appartement que nous avons réservé pour trois jours.




Ce soir fini la tente...un bon lit 🛌 🛌 nous attend.

Publié le 24 avril 2023
La cathédrale Santa Maria dei Fiore

Berceau de la Renaissance, patrie de Machiavel, de Michel-Ange et des Médicis, Florence est toujours aussi envoûtante. Capitale du royaume d'Italie entre 1865 et 1871. La ville présente une richesse artistique exceptionnelle. Elle est universellement reconnue comme l'un des berceaux de l'art et de l'architecture.

Elle est considérée comme l'une des plus belles villes du monde grâce à ses nombreux monuments et musées dont le Duomo, Santa Croce, Santa Maria Novella, la Galerie des Offices, le Ponte Vecchio, la Piazza della Signoria, le Palazzo Vecchio et le Palazzo Pitti.


Fontaine de Neptune piazza della Signoria
Le campanile

Nous allons y séjourner deux journées complètes pour mieux apprécier cette ville unique par ses richesses architecturales et artistiques. Rançon de ces splendeurs, nous ne sommes pas seuls ! En plus c'est le week-end et nous sommes en plein dans les vacances scolaires. Autant dire que c'est "bain de foule" assuré. Un peu de notre faute en planifiant notre voyage nous n'avions pas fait attention à ces éléments et le week-end prochain du 1er mai on sera à Rome, tant pis et dommage pour nous car les entrées dans les différents monuments sont souvent impossibles car tout est plein.

Ceci dit, il reste les balades dans les ruelles. les promenades le long de l'Arno, les places magnifiques avec ses fontaines et ses sculptures qui expriment la puissance créatrice des artistes de la Renaissance.

Il fait beau, les terrasses des cafés accueillent les touristes. Ça parle fort, ça rit c'est l'Italie avec cette langue qui met en joie. L'accueil est toujours agréable, nous nous comprenons par gestes. Les italiens parlent autant par l'oral que par la gestuelle, c'est bien connu !


Neptune

Nous allons donc nous laisser aller au gré de nos envies à parcourir la ville à pied ou à vélo. La ville est facile à parcourir à vélo. En dehors du centre historique il y a des voies vélos empruntées par les touristes et aussi par les habitants de tout âge.

Vue de Florence du Belvédère

La cathédrale est une splendeur, une architecture unique. Par contre l'intérieur est totalement dépouillé.

Le Duomo
Giardino dell'Orticultura : grande serre.

Le pont Vecchio vu du Belvédère où nous sommes montés avec nos vélos. Un peu au dessus du Belvédère une autre place, une autre église plus petite, San Miniato al Monte, très belle et peu visitée, laisse la place au recueillement et à l’apaisement. C'est simplement beau.

Le Ponte Vecchio,

La basilique de Santa Croce. Elle est la plus grande église franciscaine au monde. Comme le Panthéon, des personnalités illustres y reposent. Michel Ange, Machiavel, Galilée ...

Basilique Santa Croce

Sur la place Santa Croce un marché ne proposant que des produits français ou bretons ! Les biscuits sont à l'honneur.

Deux jours sont trop peu pour visiter et s'imprégner de l'atmosphère de Florence, nous y reviendrons. Prochaine grande étape Rome, pas besoin de chercher l'itinéraire tous les chemins y mènent !

La météo annonçait une journée d'orage sur Florence. Du coup par prudence hier soir nous avons acheté des billets de train pour faire une grande partie de l'étape. Mais de l'orage ce matin ce furent simplement trois gouttes d'eau qui vinrent mouiller l'asphalte. Les billets étaient achetés et non remboursables c'est un peu déçu que nous avons fait le trajet en train 🚆 🚆 🚆.

Un trajet qui aurait pu se prolonger car les vélos étaient chargés dans un fourgon dont une seule porte fonctionnait pour descendre, la porte gauche. Durant tout le trajet le train s'arrêtait sur la voie de gauche du quai lors des cinq ou six arrêts précédents notre arrivée. Évidemment le seul arrêt à droite fut pour nous ! Heureusement quatre cyclistes italiens montés en cours du trajet nous ont aidés à traverser un wagon entier avec nos vélos et nos sacoches pour débarquer sur le quai. Tout seul on serait allé bien plus loin...

Nous sommes ce soir installés dans un camping agréable au bord du lac de Trasimeno dans la région de l'Ombrie. Demain retour sur les vélos pour prendre la direction d'Orvieto.

Une belle étape, du plat et deux belles montées

Ce matin le temps est mitigé, du vent pas trop favorable, des nuages menaçants, une température un peu fraîche et une route bien plate pendant 40 kilomètres. Du coup on avance vite, plus de 20 km/h de moyenne.




Aujourd'hui c'est jour férié en Italie, le pays fête sa libération à la fin de la seconde guerre mondiale. Nous arrivons juste dans une commune où une fanfare joue l'hymne nationale. Nous nous arrêtons quelques instants.


La route va bientôt commencer à monter après la ville de Fabro. Alors que nous roulons sur la route nationale, plutôt tranquille, l'itinéraire vélo nous fait prendre une petite route pour monter à la ville de Ficulle, j'aurais mieux fait de rester sur la nationale car cette route monte très dure pendant quatre bons kilomètres, alors que la nationale monte en douceur, certes en plus de distance, mais on aurait moins fatigué surtout que cette route à un revêtement très dégradé et qu'il y passe finalement beaucoup de voitures. Bref mauvais choix.

Nous arrivons sous la pluie au village de Ficulle, joli village où nous nous mettons un peu à l'abri de l'averse qui va vite s'arrêter.



Béatrice est folle de ces petites camionnettes à trois roues, elle rêve d'en ramener une à Vertou .


Nous reprenons la route cette fois sur la nationale pour terminer la montée.

La descente s'annonce, rapide, le soleil revient et bientôt on aperçoit le promontoire où se situe la ville d'Orvieto.

Il y a quatre kilomètres de montée...


On avale bien la côte et ce soir on sait qu'un bon lit nous attend dans un ...monastère qui fait gîte d'accueil. Nous sommes ici sur l'itinéraire de la Francigena.

La via Francigena, en français la « voie francigène » est un chemin de pèlerinage reliant Canterbury à Rome en passant par la France et la Suisse.

À l'instar du chemin de Compostelle, c'est une importante voie de pèlerinage médiévale qui a été l'objet d'études, d'un balisage et d'une reconnaissance en 1994 par le Conseil de l'Europe comme grand itinéraire culturel du Conseil de l'Europe.

La via Francigena n'est pas identifiable par un symbole aussi connu que la coquille de Saint-Jacques-de-Compostelle. En Italie, il n'y a pas de balisage homogène mais la signalétique reste dans les teintes de rouge, avec la silhouette du pèlerin.

Nous sommes donc installés dans une chambre "matrimoniale" du monastère. La vue est très belle de la chambre. J''étais venu dans cette ville en ....1969...je voyageais en stop et l'automobiliste qui m'avait pris était je crois archéologue. Il m'avait fait visiter cette petite ville magnifique et m'avait donné une statuette étrusque car Orvieto est une ancienne ville étrusque. J'avais vraiment envie de revoir cette cité dont la cathédrale est superbe. La conception de l’édifice prit 30 ans et sa construction, 3 siècles.



Cette merveille gothique se distingue par sa remarquable façade et par ses fresques, parfois comparées à celles de la chapelle Sixtine.

À l’intérieur, on peut admirer le magnifique Jugement dernier de Luca Signorelli. Michel-Ange se serait inspiré de cette œuvre pour sa fresque de la chapelle Sixtine. (l'enfer et le paradis seraient-ils des camps naturistes 😁😁😁)

Nous finirons l'après-midi en parcourant les ruelles de la ville

Une très belle journée

Ce matin nous sommes restés à Orvieto pour visiter le musée. Béatrice est repartie voir les fresques de la cathédrale dont elle ne se lasse pas. Puis nous avons repris les vélos pour descendre dans la plaine. Nous avons emprunté les ruelles pentues, étroites et pavées de la ville. Béatrice n'était pas du tout à l'aise dans ces ruelles. Le vélo très chargé se laisse facilement emporter !


Nous avons ensuite pris la route nationale pour entamer une très longue montée de quinze kilomètres. La pente est plutôt douce et on peut admirer Orvieto qui se trouve de l'autre côté de la vallée. Le temps ensoleillé est très agréable et nous montons assez rapidement.

On en oublierait presque le poids des sacoches qui se rappellent toutefois à nous quand la pente s'accentue !


Nous atteignons le sommet du col, puis nous degringolons vers le lac de Bolsena que nous apercevons en contrebas à travers les arbres.


Nous faisons une halte à l'entrée de cette très belle ville, de nombreux randonneurs font halte dans cette viĺle étape de la Francigena

Miracle ou magie de Bolsena ? Un peu d'histoire religieuse (source Wikipedia)


Le miracle eucharistique de Bolsena définit un miracle eucharistique à Bolsena en 1263, lorsqu'une hostie consacrée aurait commencé à saigner pendant le canon de la messe sur un corporal, petit tissu sur lequel reposent l' hostie et le calice. L'apparition du sang est considérée comme un miracle pour affirmer la doctrine catholique romaine de la transsubstantiation, qui stipule que le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ au moment de la consécration pendant la messe.

On dit que le prêtre qui célébrait la messe ne croyait pas à la "transsubstantiation" peut-être qu'un magicien est passé par là pour ramener ce prêtre dans le droit chemin du dogme catholique😄😄😄

Le tissu original est conservé dans la cathédrale d'Orvieto...

La route continue le long du lac. Elle monte doucement pendant quatre kilomètres puis voyant qu'un chemin descend rapidement vers le lac et qu'ensuite une petite route longe le lac jusqu'à notre arrivée, je m'engage dans ce chemin, sauf que la descente est casse gueule avec les vélos chargés cela devient compliqué, Béatrice va faire toute la descente à pied...deux bons kilomètres avant d'atteindre enfin les rives du lac où nous reprenons une route plus confortable jusqu'à Marta, petite ville au bord du lac.

Ce soir nous sommes dans un camping à la ferme. Les poules, les lapins baguenaudent ici et là. Il y a une grande salle équipée pour cuisiner, vraiment très bien.

Des hauts et des bas, une journée un peu éreintante...

La journée à été un peu fatigante ! Le relief était très heurté. Nous sommes restés presque tout le temps sur la nationale qui va à Rome. La circulation était importante. La chaussée par endroit est très dégradée, il faut être très vigilant car les écarts sont dangereux et les italiens ne s'écartent pas toujours des cyclistes, parfois les rétros des fourgons nous passent bien près des épaules.

La traversée de Viterbo, ville assez importante a été un peu "sportive" car nous roulons sur la rocade et à la sortie de la ville deux belles côtes sur une route dégradée nous ont donné des sueurs " froides "

Le vélo en Italie n'est pas toujours facile surtout avec nos vélos chargés qui ne permettent pas toujours d'avoir une trajectoire rectiligne quand la route monte beaucoup.

Le paysage n'était pas non plus fantastique...Nous ferons une petite halte cassé croûte dans un bois. D'habitude nous trouvons toujours des petits villages sympas aujourd'hui rien...


Quelques champs de coquelicots viennent égayer les paysage un peu morne. Sur la fin un vent violent de sud se met de la partie bref il y a comme ça des journées où ça ne va pas !

Nous arrivons ce soir au bord du lac de Bracciano, une superbe maison se trouve à l'entrée de la ville.

Vue du camping....

Spéciale dédicace pour Mosé qui doit nous donner la marque et le modèle de cette voiture 🚗 🚗 🚗

Rome est à cinquante kilomètres nous y serons demain pour trois grandes journées...

Publié le 28 avril 2023

Arrivée dans la ville éternelle

Si l'étape a été courte et rapide, elle s'est révélée très stressante à cause de l'intense circulation et des conditions de chaussée très dégradées avec d'énormes nids de poule et autres grosses fissures dans l'asphalte, de quoi casser du matériel avec des vélos chargés comme les nôtres. Beaucoup de poids lourds qui nous doublent avec un écart de moins de 50 cm, cela fait peur de sentir les roues du camion qui nous frôlent les bras. Plus on s'approche de Rome, plus évidemment la circulation s'intensifie, heureusement la route est globalement descendante ce qui permet de garder une bonne trajectoire rectiligne sauf pour éviter les trous !!

À une quinzaine de kilomètres de l'arrivée on entre véritablement dans l'agglomération romaine, la route s'élargit un peu et au bout d'une longue descente nous arrivons aux abords du périphérique. Nous roulons sur des voies dont on ne sait pas trop si les vélos sont admis....finalement grâce à l'application nous franchissons ce périphérique et nous entrons dans les quartiers de Rome. L'atmosphère est plus tranquille mais il faut faire attention aux multiples voitures garées n'importe comment ou en double file...aux portières qui s'ouvrent, aux scooters qui se faufilent un peu partout, dans ce joli bordel quelques cyclistes comme perdus au milieu d'un océan de voitures...ici et là on aperçoit des embryons de pistes cyclables, nous verrons mieux cela demain pour nous rendre vers le centre historique de Rome.

Nous déjeunons dans le parc d'une clinique puis nous traversons complètement la ville pour rejoindre l'appartement que nous avons réservé dans le quartier très cosmopolite de Torpignattara.

La propriétaire nous y attend, nos vélos sont rangés dans l'arrière cour de l'immeuble. Nous allons rester ici durant trois jours.

Aujourd'hui nous n'avons pris aucune photo...c'est un signe d'un parcours bien peu enthousiasmant !

Publié le 1er mai 2023

Comme toute les grandes métropoles Rome présente plusieurs facettes. Il y a évidemment la ville aux richesses patrimoniales, architecturales, artistiques uniques au monde et c’est ce visage qu'on retient d'abord de la capitale italienne. Mais il y a aussi l'autre visage d'une ville très sale, d'une ville où la circulation est intense, encombrée par les voitures y compris dans les quartiers historiques. Un stationnement totalement anarchique, une chaussée totalement délabrée. Une ville où marcher est presque un calvaire dans certains quartiers. Ne parlons pas des déplacements à vélo qui sont totalement dépourvus d’aménagements dignes d’une grande capitale européenne. À la décharge des pouvoirs publics, Rome est victime, comme d’autres grandes villes du surtourisme engendré par les low cost à 10 balles ou les bateaux de croisière qui déversent par milliers les touristes dans les ports tout proches.

Il faut dire que nous n’avions pas fait très attention quand nous avions planifié notre voyage puisque c’était le week-end du 1er mai. Autant dire que nous sommes un peu responsables de nos inconséquences.

Ceci étant dit et au-delà de nos quelques déceptions nous avons su apprécier les beautés des fresques de la chapelle sixtine et des nombreuses églises de la ville.

Nous avons été impressionnés par la grandeur du Colisée, cet amphithéâtre qui pouvait accueillir 75.000 personnes pour des jeux qui pouvaient durer jusqu'à 100 jours et qui sacrifiaient jusqu'à 10.000 animaux. Contrairement à une légende tenace peu de gladiateurs étaient tués car ils appartenaient à des propriétaires qui souhaitaient les garder en forme et en vie. Les paris rapportaient gros, la FDJ n'a rien inventé ! "Panem et circenses"

Nous avons apprécié la beauté des grandes places de Rome et si la fontaine de Trévi était noire de monde, les fontaines de la place Navona étaient encore plus belles.

L’immense place Saint Pierre et la basilique avec la multitude des gens de la planète entière marquent également le symbole d’une religion chrétienne qui se veut universelle et qui au-delà de ses propres croyances ne peut qu’impressionner sur ce phénomène d’attractivité que l’on soit croyant ou non croyant.


À vélo nous avons parcouru une grande partie de la ville et l’appartement où nous étions étant un peu éloigné du centre historique cela nous a permis justement de sortir d’une image par trop idyllique de cette grande ville en découvrant des quartiers populaires, cosmopolites qui font de Rome une ville comme toutes les autres, une ville tout en constrates, une ville vivante, une ville animée.

Bon 1er mai à toutes et à tous !

Publié le 2 mai 2023

Ne voulant pas renouveler notre expérience de rentrée dans Rome avec la circulation d'enfer, nous avons fait le choix de prendre ce matin le train pour sortir de la ville.

Nous sommes installés dans une petite maison que nous avions reservée car dans la région il n'y a pas de camping et il faudra maintenant attendre la côte adriatique pour en retrouver. Nous prenons maintenant la direction des Pouilles pour arriver à Brindisi dans sans doute une semaine.

Actuellement, nous sommes dans le Latium, puis nous entrerons après demain dans la Campanie.

Heureusement d'ailleurs que nous sommes en hébergement en dur car le temps est très orageux et ce soir en allant faire les courses à quelques kilomètres de la maison, on s'est ramassé une belle saucée ! À priori le temps doit s'améliorer dans la suite de la semaine.

Ce soir, c'est soirée au coin du feu 🔥 🔥 à sécher les godasses...

Une étape rondement menée

Nous partons vers 8 heures ce matin. Le brouillard stagne autour des montagnes. Nous voudrions arriver assez tôt dans l'après-midi car des orages sont annoncés.

Sauf au début du parcours, la circulation est beaucoup moins dense, nous roulons sur des petites routes et le revêtement dans l'ensemble est de bonne qualité Cela faisait longtemps que nous n'avions pas roulé aussi bien sur les routes italiennes.

La route est plutôt descendante, le vent faible, les kilomètres défilent vite. Nous roulons au sud du parc Naturel Régional de Monti Simbruini.

Après Frosinone, ville assez importante, que nous contournons pas une longue zone industrielle nous poursuivons notre trajet sous un ciel qui s'ennuage de plus en plus. Nous faisons une petite halte vers 12h30 sur un parking pour manger un peu. Quelques gouttes commencent à tomber, mais finalement rien de méchant et nous arrivons à Castrocielo un peu avant 14 heures.


Castrocielo est un joli village situé sur les contreforts du Monte Cairo et c'est par une longue montée en ligne droite qu'on atteint le cœur du village.

Le village s'est développé autour de l'église paroissiale de Santa Lucia.

Aujourd'hui la plupart des maisons sont inhabitées.

Cela laisse une impression étrange de désertification...et de village abandonné.

Nos hôtes qui nous accueillent ce soir, sont aux petits soins pour nous. Bonbons, gâteaux sont disposés sur la table. Nous ne boudons pas notre plaisir. Et hop tous les bonbons y passent.

Tous les italiens que nous rencontrons ont un petit mot pour nous. D'ou venons nous ? Où allons nous ? Les bici (vélo, en italien ) nous valent toujours des remarques encourageantes. En un mot, ils sont vraiment sympas ces italiens.

Trafic important sur les 2/3 de l'étape ; tranquille et sympa sur la fin...


Nous partons vers 8h00, la circulation est très importante sur la route jusqu'à Cassino...heureusement le revêtement de la route est de bonne qualité. C'est vrai les italiens sont sympathiques sauf quand ils sont en voiture...ça va très vite, ça klaxonne, ça frotte les mollets ou les épaules. Vraiment pas rassurant.

Nous arrivons à Cassino, ville assez importante. Cassino est connue pour la terrible bataille qui a eu lieu durant la seconde guerre mondiale quand les forces alliées qui remontaient de Sicile et de Calabre se sont heurtées aux allemands au mont Cassino qui constituait un verrou bloquant les alliés et les empêchant de remonter vers Rome. La bataille dura de janvier à mai 1944. Dans la réalité ce sont quatre batailles qui se sont succédées. Le corps expéditionnaire français (l'armée d'Afrique) commandé par le Maréchal Juin participe à cette opération militaire au côté des autres forces alliées. Les pertes furent énormes plus de 125.000 soldats tués dont 6.500 français, essentiellement des soldats originaires du Maghreb.

Un musée et des blindés sont exposés quelques kilomètres après Cassino au sommet d'un petit col. Un mémorial à été également érigé à cet endroit.

Nous continuons notre route et quittons la route SS6 qui conduit à Naples pour emprunter la route SP 10 après la traversée de Marzanello. Cette route est plus tranquille mais bien défoncée !

On s'arrêtera déjeuner dans la jolie petite ville de Pietraverano. L'ancienne cité est nichée sur le flanc de la montagne.

C'est vraiment très beau. On assiste à la sortie des enfants de l'école. En Italie il n'y a pas d'école en après-midi.

Puis nous reprenons la route, il fait chaud, la route est mauvaise, il faut slalomer entre les trous et autres nids de poule.

En milieu d'après midi nous nous arrêtons au joli village d'Alife où nous prenons un café à la terrasse d'un bar sur la place centrale toute calme.

Les belles ruelles d'Alife.

Depuis ce matin on aperçoit aux fenêtres où dans les rues des drapeaux et des banderoles. En fait ce sont les couleurs du club de foot de Naples qui vient ou va être sacré champion d'Italie. Naples est tout proche, environ 50 kilomètres. C'est la capitale de la Campanie, la région où nous sommes aujourd'hui.

D'Alife à Telese Terme il reste une vingtaine de kilomètres et enfin on trouve une petite route agréable, tranquille quasiment sans voiture, on respire ! Nous occupons ce soir un bel appartement doté d'une immense terrasse avec une très belle vue sur les massifs montagneux environnants.

Cette nuit feux d'artifice, musique...nous apprenons ce matin que Naples est champion d'Italie, c'est la fiesta. ⚽️ ⚽️ ⚽️ ⚽️ ⚽️ ⚽️

Une journée à rebondissements

La journée commençait bien. Nous prenions une petite route mais au bout de cinq kilomètres, demi-tour, la route est fermée. Il y a un énorme chantier (construction d'une voie de chemin de fer)...il y avait effectivement un panneau (via chiuso) mais sans vraiment d'indications particulières, ni de déviation). Nous sommes obligés de prendre la grosse nationale Naples Bari. Nous roulons dessus durant environ quatre kilomètres puis nous retrouvons une bretelle de sortie pour reprendre la petite route bien tranquille.

Entre vignes et oliviers le trajet est très agréable.

Par contre c'est la saison des pesticides. On voit les viticulteurs en combinaison et masque qui pulvérise à qui mieux mieux les vignes...

Sur la route on enchaîne montées et descentes. Puis nous arrivons à Benevento, ville moyenne que nous contournons péniblement par la rocade. Il faut remonter une longue côte pour sortir de la ville.

Il y a peu de villages et finalement on s'installe aux tables d'une petite station service pour pique niquer...

Il fait maintenant bien chaud nous reprenons la route...

Derrière moi j'entends un cri de Béatrice...je me retourne, elle est arrêtée sur le bas côté de la route...pneu arrière crevé...pas grave ça se répare..


À trente mètres il y a un chemin à l'ombre. On enlève les sacoches, on retourne le vélo 🚲 oui mais là c'est la catastrophe le pneu est purement déchiré. La tuile ! Le pneu un schwalble marathon + n'a pas résisté sans doute à un bout de métal qui devait traîner dans les trous de la route en mauvais état.

Et c'est là qu'on a du pot..ce soir nous avions réservé un logement à Ariano Irpino. C'est à 25 kilomètres. Je téléphone au propriétaire, je lui explique la situation, il parle un peu français. Il me dit que sa mère est française et que c'est elle qui gère le logement. Il lui téléphone et la dame se propose de venir nous chercher avec sa voiture...on échange notre position et une heure après elle est là. Nous embarquons le vélo dans la voiture avec tous les bagages, Béatrice part en voiture chez un vélociste à Ariano, il y en a plusieurs, et moi je reprends la route avec mon vélo tout léger et heureusement car la fin de l'étape est très dure, plus de 500 m de dénivelé avec une fin en montagnes russes qui n'en finit pas...

Pendant ce temps Béatrice est arrivée chez le vélociste...elle va raconter sa petite aventure..

Je laisse Jean Paul finir la route tout seul. Dans la voiture nous discutons avec la propriétaire sur nos différents voyages. Eux on beaucoup voyagé en camping car. Nous nous arrêtons tout d'abord sur le lieu de notre réservation, pour laisser tous nos bagages embarqués dans la voiture. Puis quelques kilomètres pour arriver chez le vélociste. La boutique est fermée. Notre propriétaire s'entretient avec l'épouse du vélociste qui paraît à sa fenêtre. Je dois attendre 16 h 30 son retour. Nous descendons le vélo de la voiture et la propriétaire s'en va me laissant là. Je m'assois sur le siège devant la porte et j'attends un peu anxieuse ne parlant pas l'italien et sans doute lui pas le français. Il arrive, nous échangeons par l'intermédiaire du traducteur sur le portable. Tout de suite il prend les choses en main en bon professionnel, remet une chambre à air et un pneu neuf, les deux roues en place, un coup d 'œil sur l'ensemble. Et voilà un vélo prêt à reprendre sa route. Nous échangeons sur notre voyage, l'itinéraire, la destination. Il me parle aussi des endroits à aller voir. Et bien sûr du prochain Giro qui passera tout prêt. Lui envisage d'aller voir le tour de France l'année prochaine. Mais il faut nous quitter, je rejoins Jean Paul au supermarché un peu plus loin et nous rentrons ensuite dans notre location. Jean Paul bien fatigué de cette journée et moi toute contente de retrouver mon vélo.

Un beau parcours mais qui se mérite ça a été dur...

Ce matin l'itinéraire que nous faisait prendre l'appli locus map nous emmenait sur des routes très très secondaires ! Cet itinéraire était plus court mais je me méfiais et finalement après une descente très raide d'un kilomètre. Cette route se révèle effectivement être un chemin défoncé qui a du, un jour très lointain, être goudronné. Je préfère rebrousser chemin et remonter toute la côte de 7 km pour revenir à Ariano. Dénivelé de plus de 300 mètres avec une portion finale à plus de 10 % sur 500 m.

La route débouche sur un tunnel et contourne Ariano ce qui évite de monter au sommet de la viĺle qui est à 800 mètres.

Une fois le tunnel passé la route redescend un peu, nous sortons vraiment de la ville et nous allons rouler sur une route très tranquille et dans un très beau paysage de moyenne montagne. Tranquillement durant vingt kilomètres nous allons monter, descendre, remonter, la route est un long serpentin qui se faufile sur les sommets de ces douces collines.

Nous allons atteindre l'altitude de 800 mètres. (ce sera le point culminant du parcours en Italie)

Nous sommes entrés dans la région des Pouilles (Puglia) et sur ces plateaux dénudés et venteux des centaines d'éoliennes se dressent vers le ciel.

Des moutons paissent dans les champs et des grandes parcelles sont consacrées à la culture du blé.

Pour la première fois on voit des panneaux indiquant que nous sommes sur l'eurovélo 5. Depuis plusieurs semaines nous suivons cet itinéraire qui est celui de la Francigena qui va de Canterbury à Brindisi. En réalité en Italie sur l'application Locus map on la visualise mais dans la réalité et sur le terrain il n'y a aucun balisage, ni aménagements particuliers. Durant quelques kilomètres et jusqu'à la petite ville de Monteleone di Puglia, on voit de nombreux panneaux comme celui-là, ainsi que des balisages d'itinéraires cyclables. Peut-être que dans le coin il y a des associations qui veulent promouvoir le cyclotourisme. Toujours est-il que passé cette ville les panneaux disparaissent, ainsi que les balisages

Nous faisons une halte dans le parc attenant à l'église de Monteleone.

Puis nous poursuivons notre chemin par monts et par vaux

Pour la première fois aujourd'hui nous allons utiliser la seconde batterie du VAE de Béatrice. On a bien cramé les watts dans les montées, et au moins nous ne sommes plus inquiets comme l'an passé en Norvège de tomber en panne de batterie.

Il commence à faire très chaud, la fatigue arrive et par deux fois la route est barrée et nous oblige à allonger l'itinéraire initial finalement on fera 10 bornes de plus que prévu.


Et à la fin 10 bornes ça pèsent lourds, surtout qu'il y a trois bons kilomètres de montée pour arriver à la ville de Lavello. Et un dernier kilométre sur ces jolis pavés qui sont agréables sauf pour des cyclistes qui ont roulé 100 bornes et dont les bras et les fesses commencent à être cramoisis !

Ce soir ça tire vraiment dur, le soleil a bien chauffé, les muscles tirent de partout. Demain nous aurons 50 km à faire sur du plat et nous aurons alors rejoint la mer Adriatique...on se reposera..

Publié le 7 mai 2023

Entre vignes, oliviers et arbres fruitiers

Aujourd'hui c'est un parcours facile, une descente rapide au départ de Lavello, puis une longue ligne droite d'une dizaine de kilomètres et enfin une petite route charmante qui va serpenter entre les vignes, les plantations d'oliviers et les arbres fruitiers.

Îl n'y a plus de relief, ça roule tout seul...

Nous sommes régulièrement doublé par des petits tracteurs qui traînent une remorque de pulvérisation des pesticides...ici c’est pas du bio ! Et les pauvres ouvriers pulvérisent sans protection.

Très surprenant une pancarte indique un itinéraire vélo 🚲 🚲 mais on n'en voit pas d'autres. Et on ne voit quasiment aucun cycliste se baladant comme nous...

Comme cette pancarte qui indique bien que nous sommes sur l'itinéraire de la Francigena et que l'on aperçoit de temps à autres sans vraiment de cohérence....

Nous avons rejoint la côte Adriatique et nous arrivons en début d'après-midi à Barletta, ville assez importante de 90.000 habitants. Située un peu au Nord de Bari.

Barletta est une très belle cité. Nous sommes vraiment dans l'Italie traditionnelle avec ses villages et ses vieilles cités aux ruelles étroites où le linge est étendu aux fenêtres...

Nous sommes dimanche et en fin de journée il y a beaucoup de monde dans les rues. C'est aussi l'heure de la messe du dimanche soir et dans les trois églises que nous visitons il y a foule pour assister aux offices religieux.

Les Pouilles constituent l'une des régions où les traditions religieuses perdurent de façon importante. Longtemps région très pauvre, les Pouilles connaissent aujourd'hui un développement économique plus important que les autres provinces italiennes. Les relations avec les pays des Balkans se sont intensifiées. Mais la Mafia s'est aussi installée...et l'immigration récente liée aux différents conflits africains ou moyens orientaux fournie une main d'œuvre "bon marché", proche d'une forme d'esclavage dénoncée par plusieurs ONG.

À côté de la cathédrale le colosse de Barletta, statue en bronze, appelé Heraclius.

C'était aussi jour de fête dans la cité...

Nous sommes dans les Pouilles, cette région qui était très déshéritée a connu un fort développement économique ces dix dernières années. Dans le tourisme bien sûr, mais surtout dans le domaine agricole.

La région se transforme et sans doute pas forcément en bien sur le plan environnemental. Les terres sont recouvertes sur des milliers d'hectares de filets de protection pour les arbres fruitiers. L'emploi des pesticides est intense. On le constate en ce moment avec ces nombreux petits tracteurs qui pulvérisent un peu partout entre les arbres ou les vignes.

C'est donc dans ce paysage où se côtoient oliviers, vignes, arbres fruitiers, fleurs que nous évoluons à travers des chemins et des petites routes qui ont l'avantage d'être tranquilles. Les traversées des petites villes sont toujours très sympathiques grâce à la richesse de leurs patrimoines et grâce à la préservation des centres historiques que les autorités italiennes ont su conserver pour en faire des espaces agréables à parcourir.

Nous ferons une étape à Bitonto, jolie cité dominée par son imposante cathédrale romane.

Après une nuit passée à Bitonto dans un agréable B&B. Nous repartons vers le sud. Il nous faut contourner la grande ville de Bari. Et là c'est moins excitant...une grande zone industrielle aux odeurs pestilentielles, des ordures partout sur le bord des routes. On touche ici à un grave problème de l'Italie du Sud, une absence totale de la gestion des déchets et des ordures. Partout ce ne sont que des sacs poubelles éventrés, des bouteilles en verre ou en plastique qui jonchent le sol bref c'est une vaste décharge à ciel ouvert...contraste saisissant entre les très beaux centres historiques et ces zones totalement abandonnées aux déchets.

À la sortie de Bari, une énorme soucoupe, un Colisée des temps modernes, le stade de foot..." panem et circenses" c'est toujours d'actualité !

Après Bari nous allons découvrir ĺ'une des particularités des Pouilles, ce sont les Trulli. Ces habitations en pierres et aux toits en forme de tourelles. Durant ces trois jours nous allons en observer des centaines.

Elles ont été construites dans des enclos eux-mêmes délimités par de magnifiques murets de pierres.

Ces demeures en pierre sèche, construites avec du calcaire de la région, remontent pour les plus anciennes au XIVe siècle. Nous sommes ici au cœur des Murge où se déploie la magnifique vallée d’Itria. Verdoyante et vallonnée, parsemée de ces murets en pierre sèche, de vignobles, d’amanderaies, d’oliveraies et de routes sinueuses, ce sont là où l'on observe les trulli. Ces constructions qui étaient à l'origine des habitations temporaires servant aux paysans durant les travaux des champs sont devenus aujourd'hui des habitats permanents et/ou des hôtels ou B&B de luxe. Pour donner une idée de l'envolée des prix en 1999 la réfection d'une tourelle coûtait en moyenne 1.500 € en 2009 c'était 15.000 € (source Wikipedia) si la progression est identique faites le calcul...


Et évidemment l'industrie du tourisme s'est emparée de cette poule aux œufs d'or et a fait de la ville de Alberobello l'un des hauts lieux des visites des Trulli. C'est ce qu'on appelle un attrape touristes (pour être poli) où le café est vendu 4,50 € (1 € dans les petits bars en général) et donc nous, tout naturellement on est tombé dans le piège !! 🥵🥵🥵🥵

Il pleuvait, il faisait presque froid et on a fait 30 bornes aller/retour pour aller dans ce village type Disneyland...

Alors un conseil si vous venez dans la région. Allez vous promener sur les petites routes des environs, c'est sympa, vous verrez plein de vrais trulli, certains plus ou moins abandonnés, d'autres bien restaurés et vous serez seuls à admirer ces belles et originales habitations.

Nous logions à Selva de Felaso toute petite ville située au sommet d'une colline qui dominait la vallée. Nous y sommes restés deux nuits. Cela nous a permis de nous reposer car depuis Rome les kilomètres se sont accumulés.

De Selva de Felaso nous partons vers San Vito dei Normanni. Le temps s'est mis au beau, ces derniers jours la météo n'était pas très bonne. La route serpente toujours au milieu des champs, ça monte, ça descend mais nous sommes à peu près tranquilles. On remarque aussi que dans cette région le réseau routier est de bien meilleur qualité que dans les autres régions. Je pense que les subventions européennes ont sans doute abondées largement pour soutenir l'économie de la région.

Nous faisons une halte à Ostuni la "citta blanca". Les façades des maisons et des différents édifices sont de couleur blanche.

Puis nous arrivons en début d'après-midi dans la ville de San Vito dei Normanni. Ville traditionnelle, au centre historique tranquille, sans animation particulière...très cool.

Pour les italiophones...un peu d'humour...

Nous terminons notre longue descente de l'Italie...plus 1 600 kilomètres de réaliser depuis Vintimille. Brindisi est à 20 kilomètres. Nous prendrons le ferry pour rejoindre les côtes grecques et continuer le voyage le long de l'Adriatique en remontant vers l'Albanie...

Petite pensée à ma petite sœur qui vient d'être grand mère d'un petit Ewann. Il y a quelques jours, elle était elle aussi à vélo en Italie (le vélo est dans l"ADN de la famille...) elle est revenue rapidement vers Grenoble et Chambéry pour rejoindre Virginie et Léo, les heureux parents, ainsi que Alix son second fils de retour pour quelques temps d'Australie.

Bises à tous les cinq...

Publié le 15 mai 2023

Notre parcours en Italie est donc terminé. Ce fut un beau parcours. L'Italie et ses villes grandes et petites est sans doute l'un des plus riches pays au monde pour son patrimoine artistique et architectural. Bien sûr Florence et Rome, mais aussi tous ces petits villages dont les centres historiques sont toujours d'une grande beauté et agréables pour s'y balader. La dernière région que nous venons de traverser, les Pouilles vaut vraiment le détour par son originalité. Elle n'échappe pas malheureusement à l'emprise d'une mafia que le journal Le Monde vient de documenter dans un article dont je mets une copie écran ci-dessous.


Par contre voyager à vélo en Italie n'est pas toujours facile. Les italiens au volant ne sont vraiment pas très sympathiques ! C'est la quatrième fois que je viens à vélo en Italie. Mais jusqu'à maintenant j'étais plutôt resté dans le Nord, plaine du Po, Haut Adige, Dolomites, sud Tyrol et c'était assez tranquille. Là on a connu des parcours parfois très stressants dus à la conjugaison de conduites automobiles dangereuses et à des chaussées très dégradées. Je ne conseillerais pas à des cyclistes débutants de venir ici...et c'est bien dommage. Si les italiens ont eu et ont toujours des grands champions cyclistes, ils n'ont pas su à l'instar des autres pays de l'Europe Centrale ou du Nord ou même de la France qui s'améliore sur ce plan là, aménager leur pays par des grands itinéraires cyclables.

Mais pour ne pas finir sur une note négative nous avons toujours été bien accueillis et les gens ont toujours été prêts à nous rendre service. Ils ont toujours été curieux, nous demandant où nous vivions, nous interrogeant sur notre parcours. La langue chantante italienne est aussi un plaisir à entendre, à défaut de la comprendre...


Addio Italia, ciao Grecia! αντίο Ιταλία, γεια Ελλάδα!


À Brindisi nous prenons un ferry pour traverser l'Adriatique et nous rendre au port grec d'Igoumenitza. Le bateau part avec 1h30 de retard et nous arriverons en pleine nuit en Grèce aux alentours de minuit.


Nous avions réservé un petit appartement dans un quartier de la ville. Mais se diriger dans ces quartiers un peu excentrés, dans des rues chaotiques et pentues, dans le noir et aux sons des aboiements des chiens ce n'est pas évident. Heureusement un jeune couple qui passait par là dans un vieux van déglingué va nous aider et nous guider dans ces quartiers où toutes les ruelles s'entrelacent et où il n'y a aucun nom de rues, ni de numéro visible sur les façades des maisons...finalement vers une heure du matin on est à l'appartement...(l'alphabet grec ne facilite pas les choses...mais ça fait partie de l'originalité des voyages, ces alphabets non latins)

Nous décidons de rester trois jours dans les environs et nous réservons un appartement dans le petit port de Plataria à une quinzaine de kilomètres d'Igoumenitza. Le temps n'est pas très beau. Un vent plutôt chaud souffle par violentes rafales et parfois des courtes averses tombent en déversant des gouttes d'eau chargées de poussière venue des zones montagneuses semi-arides.

De Plataria nous partons en mode léger...vers le port de Sývota situé à dix kilomètres dans une autre baie.

La route monte pendant cinq kilomètres et surplombe la mer. Dommage que le temps soit si gris...

Ensuite descente de cinq kilomètres pour atteindre Sývota.

Nous allons y passer une partie de l'après-midi en terrasse de café à défaut d'être sur la plage...

Pour notre troisième jour à Plataria, la chaleur est montée d'un cran...le ciel est toujours bien nuageux mais quand le soleil perce de temps en temps c'est vraiment très chaud et nous en profitons pour aller sur la plage goûter l'eau encore un peu froide de la mer ionienne et parfaire notre bronzage cycliste....

Plataria recèle quelques originalités...une cabine téléphonique...qui marche ! Une simili "sirène" qui tient une sorte de bénitier et une statue ayant une vague ressemblance avec Hercule terrassant un serpent... à part cela c'est très calme la saison touristique n'est pas vraiment commencé c'est tant mieux pour nous. Nous nous sommes bien reposés. Demain nous reprenons vraiment les vélos pour nous diriger vers l'Albanie dont la frontière est à une trentaine de kilomètres d'ici. Apparemment le vent soufflera fort, mais coup de chance il vient du sud et devrait nous aider...

Publié le 17 mai 2023

Arrivée en Albanie

Ce matin nous sommes en mode "norvégienne"! Il a plu une bonne partie de la nuit et le vent a soufflé très fort. Au réveil la pluie tombe par intermittence, normalement ce sont des averses qui devraient aller en diminuant. Nous retardons un peu notre départ. Quand nous nous décidons à partir quelques gouttes tombent ici et là rien de bien méchant. Pour rejoindre la frontière albanaise nous revenons à Igoumenitsa. La météo semble s'améliorer. À Igoumenitsa nous prenons un café et nous en profitons pour enlever nos protections de pluie. Un peu trop optimiste, nous roulons à peine un kilomètre pour sortir de la ville et nous avons juste le temps de nous mettre à l'abri près d'un market car des trombes d'eau s'abattent accompagnés par de fortes rafales de vent. Nous remettons nos vêtements de pluie et tandis que l'averse semble s'éloigner nous reprenons la route.





Sous un ciel menaçant, mais finalement sans pluie, nous roulons sur une route quasi déserte qui serpente au milieu des arbres fruitiers et des canaux d'irrigation. Nous déjeunons dans le dernier village grec avant la frontière. Un pope nous vire de l'endroit où nous étions. Assis sur un banc à l'entrée de l'église...pas sympa le curé du coin !

Le petit poste frontière se trouve dans un endroit très isolé, d'ailleurs il n'est pas ouvert la nuit. La fonctionnaire des douanes albanaises semble sortie tout droit des années soixante au temps du stalinisme ! Elle n'a pas l'air de rigoler tous les jours !

Nous voici donc maintenant en Albanie, petit pays des Balkans. L'Albanie du temps de l'URSS et de ses pays satellites était un pays à part. Une sorte de Corée du Nord en Europe, base avancée du maoïsme en Occident. Le gouvernement albanais est en effet le seul à refuser la déstalinisation en 1956, ce qui le conduit à rompre avec l'URSS et à rechercher l'alliance de la Chine.

En France et en français on pouvait, au milieu des années soixante, écouter radio Tirana sur ondes courtes qui relayait en Europe radio Pékin. C'était passionnant puisqu'à longueur d'antennes c'était les litanies du petit livre rouge de Mao !!

De la France, l'un des rares pays à avoir conservé des relations diplomatiques, des voyages d'études étaient organisés pour analyser le "modèle" albanais. En réalité la République populaire albanaise dirigée d'une main de fer par Enver Hoxha était une dictature féroce, les exécutions capitales étaient la règle (plus de 8.000 pour un pays d'à peine 3 millions d'habitants), des milliers de personnes étaient emprisonnées. Après l'effondrement de l'URSS, l'Albanie connaît des graves difficultés, conflits des Balkans, trafics en tout genre, corruption généralisée, l'État albanais est en déliquescence. Progressivement l'UE met en place des programmes d'investissements pour accompagner et aider l'Albanie à sortir des systèmes de corruptions et à moderniser ses structures politiques, administratives, économiques et sociales. Depuis plus de dix ans l'Albanie frappe aux portes de l'UE, mais les marches sont encore très hautes pour adhérer tant les différences socio-économiques sont importantes avec les autres pays de l'Union.

C'est donc dans ce petit pays que nous allons passer une dizaine de jours en le traversant du sud vers le nord. Je suis venu à trois reprises en Albanie, les habitants sont très avenants, accueillants. C'est un pays plutôt brinquebalant, c'est ce qui fait aussi son charme...cet après-midi c'est sur un antique bac à câble que nous traversons un étroit bras de mer à l'extrémité de la presqu'île du parc national de Butrint.

Nous allons rester une journée complète demain ici pour visiter ce parc national qui est aussi une cité antique.

Publié le 17 mai 2023

Un site antique remarquable dans un environnement très reposant


Le parc de Butrint se situe à l'extrémité de la presqu'île de Ksamil, en face de l'île grecque de Corfou. C'était un port grec puis romain important et stratégiquement bien situé. C'est à cet endroit où hier nous avons traversé ce bras de mer très étroit (≈50m) avec le bac tiré par des câbles.

Ce site remarquable, situé dans un environnement très verdoyant a fait l'objet de restaurations importantes. Il constitue aujourd'hui un lieu visité par de nombreux touristes en Albanie. Son parcours est commenté de façon très pédagogique et une plaquette explicative en français permet de bien comprendre son histoire.


Autour du théâtre où tous les ans un festival est organisé en juillet, on retrouve l'organisation classique des villes gréco-romaines. Forum, thermes, villas. Puis lorsque le christianisme prend son essor on va y observer un baptistère et une très belle basilique romane datant du 6 ème siècle

La ville est ceinte d'un mur de forteresse construit au bord des rives de la mer qui ressemble à un lac et qui aujourd'hui est une réserve de poissons. Des moules sont également élevées dans des parcs.

Tout cela dans un environnement bucolique et humide où coassent les grenouilles et où les tortues se prélassent dans les fontaines dédiées aux nymphes.

Et puis si ce matin, il tombait des grosses averses, l'après midi fut très belle et nous la terminons au bord d'une petite plage en face de Corfou...

Publié le 18 mai 2023

Une belle étape, difficile près de 1.500 m de dénivelé...

Ci-dessous le profil du parcours. C'était vraiment difficile surtout sur la fin...mais cette journée a été très belle. La route était souvent en surplomb de la mer.

Dix kilomètres après notre départ nous sortons de la presqu'île de Butrint pour atteindre la ville de Sarandë. Cette petite cité balnéaire semble gonfler les appétits des promoteurs immobiliers. Les immeubles poussent partout, les hôtels sont innombrables. Visiblement, à l'image de l'Espagne des années soixante, l'Albanie entend développer un tourisme de masse en direction de l'Italie et des pays des Balkans.


Pas sûr que ces projets soient vraiment bon pour un développement économique équilibré, l'activité monotouristique est toujours un facteur de déséquilibre pour les populations locales. Les prix montent, l'environnement se dégrade à cause des systèmes d'assainissement défaillants ou inexistants. Les mafias et les "requins" de l'immobilier prospèrent comme les vautours autour des cadavres. C'est fou le nombre de mercedes ou audi haut de gamme à circuler dans la région. Le salaire moyen est d'environ 450 euros...chercher l'erreur.

Après Sarandë, la route surplombe une vallée verdoyante. Un peu en contrebas on observe une vieille chapelle en ruines.


La route serpente et s'élève en lacets.

Et si les mercedes circulent c'est souvent sur des routes où vaches, ânes, moutons ou chèvres se baladent également.

Au sommet d'un promontoire la route domine à nouveau la mer. De montées en descentes nous rejoignons la ville d'Hamarë où nous resterons ce soir.


Nous logeons dans un immeuble entouré de maisons traditionnelles, dont les jardins sont ombragés par des treilles de vignes.

Comme dans la majorité des pays méditerranéens, les toits en terrasse supportent des citernes et les panneaux solaires permettent de chauffer l'eau.

Demain nouvelle étape avec du dénivelé. Il faudra monter au Llogara Pass. 900 m de dénivelé en 12,5 km...Mon frère, Dominique, qui l'a passé l'an dernier m'a dit qu'il était difficile. Je me méfie car lui il est un peu comme le célèbre alpiniste Walter Bonnati qui lorsqu'il qualifiait une voie comme difficile, il fallait entendre que c'était en réalité du TD+ !

Publié le 19 mai 2023

Merci à ma chérie, sans elle j'aurais abandonné...

Une étape grandiose mais classée en TD sup.

(Ce sont des classifications d'alpinisme qui pourraient s'appliquer au vélo de randonnée...)

Nous savions que cette journée serait très dure. Et elle a tenu ses promesses...j'ai bien cru que je n'y arriverais pas. À la sortie d'Himarë la route s'élève toute droite avec des pourcentages qui dépassent allègrement les 10%. Vers le quatrième kilomètre la pente doit être proche de 15%. Béatrice est devant, je la vois arrêter plus haut le long de la route sur un espace de stationnement, arqué sur le vélo, je tiens à peine à l'équilibre, mon compteur indique 4km/h, je ne veux pas m'arrêter car j'ai peur de tomber. C'est complètement épuisé que j'arrive à sa hauteur...je commence à envisager un plan B. Un camion chargé de gravier est en train de caler dans la côte. Il me rappelle les camions du film "Le salaire de la peur", dont le tournage avait eu lieu (en partie) sur la route du lac de Cap de Long dans les Pyrénées après St Lary dans la vallée d'Aure.

Béatrice m'encourage...je regarde un peu mieux le profil de la pente, normalement plus haut ça devrait aller mieux...Je suis admiratif de Béa, quand on s'est connu il y a quatre ans, elle ne pratiquait pas le vélo 🚲 🚲 heureusement St VAE est passé par là et de la Vendée à Copenhague, en allant jusqu'au Cap Nord nous voyageons ensemble à vélo. Et maintenant c'est elle qui me pousse dans mes retranchements ! Je remonte sur la selle et passé ce dur moment nous continuons la route entre mer et montagne.


Après ces rudes montées, en seulement quatre kilomètres, nous atteignons 300m (départ au niveau de la mer), ensuite ça redescend brusquement pour remonter à 400 m. Et au bout de 10 km la route redescend vers le très beau village de Dhërmi. Nous nous arrêtons prendre un café dans cette jolie maison qui est aussi un café. Le propriétaire discute un peu avec nous, il est grec.

Après cette pause, nous repartons, la route continue à descendre, puis remonte à la sortie du village par des lacets très courts. On se retrouve aux alentours de 250 m.

Au loin on aperçoit la route du col qui trace son sillon sur la pente de la montagne. Treize kilomètres de montée à peu près régulière.

Les premiers kilomètres sont plutôt faciles. Béatrice est devant et m'attend dans les lacets là où la route s'aplanit un peu. Un énorme chantier est en cours en contrebas. En fait on le verra dans l'après midi quand nous atteindrons le bas de l'autre versant, un tunnel est en construction et en voie de se terminer. Il permettra aux camions et autres véhicules d'éviter le passage de ce col. Cela explique aussi les nombreux camions chargés de matériaux qui circulent sur ce col...mais la route est belle et large, les camionneurs sont très prudents.


J'applique la méthode donnée par Anne Marie. Permettre à Jean Paul entre chaque lacet de reprendre son souffle, manger un peu, et prendre des photos. Mais que dire de son courage, où va-t-il puiser cette énergie ? Je suis admirative. Et les personnes que nous croisons à vélo, en voiture ou autres l'encouragent d'un pouce levé ou d'un coup de klaxon. C'est une expérience unique même avec un VAE cette montée superbe entre mer et montagne. Et l'arrivée au sommet un moment de grande joie.

Mais la fatigue commence à se faire sentir, la route monte un peu plus dure aussi. De nombreux cyclistes pour la plupart en VAE randonnent également dans la région. À l'occasion d'un arrêt on discute avec eux, ce sont des américains qui sont avec un tour opérateur albanais. Leurs bagages sont transportés, et un camion avec remorque transporte également les vélos en cas de défaillance ou pour les aider à rejoindre les villes étapes.

Nous faisons une dernière pause à deux kilomètres du sommet. Des parapentistes s'envolent du promontoire où nous nous trouvons. Un commerçant est installé ici nous lui achetons des figues. La fin de l'ascension est un peu plus facile, quelques courts lacets, puis un faux plat, j'ai des crampes , il est vraiment temps d'arriver mais déception au sommet du Llogara Pass (1.027 m) aucun panneau... dommage même pas une photo 📷 📷 📷

Nous entamons la descente vers Orikum...un peu après le sommet, halte bien méritée, dans un restaurant...puis descente très rapide sur 18 km. Arrivée dans une ville "fantôme". Des grands immeubles construits autour d'une large avenue...on se retrouve dans une ville à l'architecture très soviétique....des rues déglinguées. Des commerces fermés, étrange ambiance...le bord de mer est à 800 mètres. On y trouve un hôtel isolé, un couple de motards allemands est là, c'est pas la folle ambiance mais au moins on s'y repose.

Publié le 20 mai 2023

Une journée très cool

Nous quittons tranquillement Orikum ce matin pour effectuer les 18 km qui nous séparent de Vlorë. C'est une petite étape qui longe la mer, afin de récupérer des fatigues d'hier et nous rapprocher de notre étape de demain à Berat.

Vlorë est le deuxième port et la troisième ville la plus peuplée d'Albanie. C'est la porte d'entrée de la riviera albanaise. Le long de la mer sur plusieurs kilomètres des immeubles, des hôtels luxueux ont été construits pour en faire la capitale du tourisme.

Heureusement à deux pas des immeubles, dans une petite rue nous avons trouvé un appartement au rez-de-chaussée d'une maison, au calme.

Vlorë est le lieu où fut déclarée l'indépendance du pays le 28 novembre 1912 par Ismail Qemali, premier président du pays.

Sur la place du Drapeau, le monument de l'indépendance, l'un des plus célèbres du pays. Il fut inauguré en 1972. Il s'agit d'une statue en bronze de 17 m de hauteur comportant sept personnages dont Ismail Qemali et cinq combattants symbolisant les régions albanaises. Au sommet le porteur du drapeau national.

Rue Justin Godart.

Homme politique français, ministre de 1924 à 1933 ainsi que fondateur de la ligue contre le cancer. Il plaida pour une évolution démocratique de l'Albanie. La rue qui porte son nom aligne de belles petites maisons colorées. Elle traverse le cœur de la vieille ville sur 250 m.

C'est une image un peu différente de l'Albanie qui apparaît aujourd'hui. À la fois un territoire marqué par un développement hyper touristique avec des structures hôtelières innombrables en bord de mer. Et plus en "arrière cour" une ville plus traditionnelle faite de bric et de broc où se côtoient une population jeune, dynamique et une population de personnes plus âgées et qui semblent vivre dans une certaine pauvreté et sans doute dépassées par ce développement explosif de l'activité touristique.

Publié le 21 mai 2023

Une étape sympathique, plate, facile

Nous partons de bonne heure ce matin. Il pleuviote, rien de bien méchant. Une petite erreur de parcours au départ à cause de l'autoroute nous allonge de six kilomètres.

Depuis notre entrée en Albanie , on observe ces petites tourelles enterrées dans le sol. Elles datent du début des années 60 et avaient été construites par l'autocrate et dictateur Hodja. Car n'acceptant pas la déstalinisation décidée par Kroutchev, Hodja s'était rapproché de la Chine de Mao, l'URSS voyant ce rapprochement d'un mauvais œil voulait remettre au pas l'Albanie et menaçait d'envahir ce pays. Hodja avait donc construit ces abris fortifiés pour se défendre d'un débarquement. Finalement la crise des fusées de Cuba en 1962 amena l'URSS à privilégier d'autres objectifs plus importants. L'Albanie ne fut pas envahie et Hodja continua sa politique "stalino maoïste"....

Notre parcours s'est poursuivi dans des zones rurales où céréales, arbres fruitiers mais aussi cultures maraîchères se succèdent.

De temps à autres nous croisons des paysanes qui accompagnent des mules pour transporter un peu de marchandises. (les hommes se déplacent à vélo ou en mobylette...)

Nous faisons une halte dans une grosse bourgade où se tenait un marché dominical. On déjeune dans un petit café où le patron avec une jeune fille fait griller des brochettes et des saucisses excellentes. En milieu d'après-midi nous arrivons à Berat où nous allons rester une journée complète. Berat est l'une des plus belles villes d'Albanie. On en reparlera demain.

Ce soir, dîner en amoureux dans un petit restau bien agréable découvert au détour d'une ruelle de la vieille ville de Berat, avec un patron musicien très sympa....

Béatrice va faire un duo sur la chanson de Piaf " Non je ne regrette rien..."

Publié le 22 mai 2023

Pour bien commencer notre journée, notre hôte nous a préparé un petit déjeuner albanais. Un moment que nous avons dégusté. A chaque voyage Jean Paul trimbale dans une sacoche sa petite cafetière italienne. Très appréciée ce matin, car il n'y a pas de café ni de thé servi avec le petit déjeuner.

Étonnamment nous avions deux hirondelles qui venaient tourner autour de nous. C'est leur nid qui est accroché juste au-dessus de notre porte d'entrée, qui les intéressait. Les voir de si près et si peu farouches, incroyable.

Les jambes de Jean Paul lui demandant un peu de repos, je pars ce matin visiter la citadelle de Berat au sommet de la colline de Mangalem. Ça grimpe ça grimpe. Et si la citadelle n'est plus que ruines, le petit village intérieur se parcourt tranquillement. La vue sur la vallée de l'Osum et sur la vieille ville de Berat est époustouflante. Au tournant d'une ruelle, des vendeurs de bouteilles d'eau, de fruits, et de graines de tournesol sont très appréciés car ce matin il fait chaud. Sur les murs de la citadelle, les femmes vendent les vêtements, nappes, tapis et top bag brodés. Je croise un groupe d'étudiants venus fêter les examens. Ils dansent et chantent au son d'une musique traditionnelle sur la plus haute plateforme du château. Ma visite se termine par l'ancienne cathédrale orthodoxe de la Dormition de la Mère de Dieu, son iconostase paroi en bois finement sculptée et ses icônes chefs-d'œuvre des artisans albanais du 19e siècle. Ainsi qu'une exposition des icônes réalisées par Onufri, peintre albanais du 16e siècle. Il fut le premier à utiliser la couleur rouge pour ses icônes, et c'est de toute beauté.

L'après-midi visite de Berat surnommée la ville aux milles fenêtres. Le vieux centre est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2008. Nous parcourons les petites ruelles pavées en admirant ces maisons si bien conservées dans leur cachet.

L'après-midi se termine par la visite de la mosquée du roi, la plus ancienne mosquée de Berat. Puis du Tekké Halveti, ancien lieu de culte soufi. Ce lieu ne se visite pas normalement. Mais la présence d'un gardien et d'un droit d'entrée nous ont permis la visite.



Un gros orage nous a fait nous rapatrier boulevard Republika, cette grande avenue piétonne bordée d'un côté par de nombreux cafés et de l'autre par un jardin voit se promener touristes et habitants jusque tard dans la soirée.

Demain nous reprenons la route.


Publié le 23 mai 2023

Une étape rondement menée

Nous sommes partis de bonne heure ce matin de Berat, le vent léger et favorable, une route plate font que nous roulons à presque 25 km/h de moyenne durant les deux premières heures. Nous sommes sur une route nationale mais de temps à autre on y voit des paysans avec leurs ânes ou bien encore cette charrette tirée par des petits chevaux. Puis nous sortons de la nationale pour nous engager sur une petite route qui longe une zone de marais. Des parcelles de terre sont mises en culture et on y voit des paysans qui travaillent manuellement à l'entretien des cultures de légumes qui seront vendus sur les marchés locaux. On est bien loin d'un modèle agricole intensif et productiviste.


Nous faisons une halte à Tërbuff, gros village où quelques hommes se sont rassemblés à l'ombre et jouent aux dominos.

Puis nous rejoignons de nouveau la nationale qui devient une autoroute. Comme je ne trouve pas d'itinéraire alternatif, on reste dessus pendant 5 ou 6 kilomètres...bon c'est pas l'autoroute du sud au moment des vacances. Après un giratoire on retrouve une petite route qui longe l'autoroute. On va la suivre jusqu'à Durrës...rien d'excitant, à gauche l'autoroute, à droite des zones de décharges de tout genre.. plastiques, matériaux divers et variés, carcasses de bagnoles...friches industrielles qui datent de l'ère soviétique ou maoïste.

Et puis une quinzaine de kilomètres avant Durrës ce sont les barres d'immeubles qui succèdent à ces friches et autres décharges...Durrës est le port principal d''Albanie, il y a donc une activité industrielle et un trafic importants. Maintenant tout le bord de mer est hérissé d'immeubles, d'hôtels etc...

Ce soir nous avons trouvé une maison avec jardin, à l'extérieur de la ville, dont les propriétaires ont aménagés des chambres et une cuisine commune pour accueillir des voyageurs...c'est un peu une auberge de jeunesse et c'est bien sympathique.

Publié le 24 mai 2023

Arrivée à Tirana

Courte étape aujourd'hui pour rejoindre Tirana, la capitale de l'Albanie. Nous quittons Durrës par une petite route qui monte rapidement sur les collines et permet de dominer la ville. La route se poursuit ensuite dans la campagne. Malheureusement cette route secondaire est très mal entretenue. La chaussée est défoncée, nids de poule, larges fissures. Les vélos et les corps fatiguent sur cette route. L'entrée dans Tirana est également un peu difficile avec une circulation qui va en s'intensifiant et qui devient plutôt anarchique. Il faut comprendre que Durrës et Tirana concentrent quasiment 40 % de la population de l'Albanie. (Environ 1.300.000 hab. pour une population globale légèrement supérieure à 3 millions). Cela fait donc beaucoup de monde à circuler.

Nous traversons toute la ville pour rejoindre un appartement que nous avons réservé pour passer deux jours complets à Tirana. Le quartier est calme, les immeubles ici sont plutôt récents. Le notre est quasiment neuf, moderne. L'ensemble forme un grand carré aménagé en square préservé des voitures où jouent les enfants.

Pendant ces deux journées, nous allons alterner visites et détente. Nous avons commencé dès cette fin d'après midi par la détente, et la découverte du quartier.

Publié le 26 mai 2023

Tirana se situe au centre de l’Albanie au pied du mont Dajti que l'on peut atteindre par des télécabines. Elle est arrosée par les rivières Lana et Tirana. L’animation de la ville se fait à partir de la grande place centrale Skanderberg. C’est de cette place que convergent les grandes avenues. La ville est dynamique, équipée de voies cyclables qui malheureusement sont trop souvent occupées par les voitures et un stationnement totalement anarchique. Nous passons ici deux jours complets.

La place Skanderberg vue de la tour de l'horloge, la mosquée Et'hem Bey et l'opéra construit par des architectes chinois.

La statue de Skanderberg (une des grandes figures de la résistance albanaise contre les Ottomans.) Jusqu'en 1991, la place abritait également une monumentale statue d'Enver Hoxha.

La rénovation de la place et des rues adjacentes a été confiée à une équipe d'architectes, sous la supervision du cabinet français Architecture-Studio. Cette revalorisation de la place s'inscrit dans un projet de modernisation global de la ville, visant à mettre en œuvre « une vision européenne de la capitale ». (Source Wikipedia)

La place a été inaugurée en 2017. Elle est maintenant la plus grande zone piétonne des Balkans.

La cathédrale orthodoxe de la Résurrection-du-Christ inaugurée en 2012. Très "bling, bling" la nuit on dirait Las Végas...

La grande mosquée dont la construction vient de se terminer.

Le quartier très chouette du marché qui est entouré de jolis immeubles aux façades colorés.

Les légumes et les fruits des marchés albanais sont excellents. Production locale et très traditionnelle, les pesticides sont sans doute peu présents dans les modes de production peu intensifs.

Nous déjeunons dans un restaurant albanais près du marché. Après avoir choisi nos plats, une soupe végétarienne puis du poulet, nous sommes surpris des suppléments de légumes froids, puis chauds. Tout cela délicieux et à des prix défiants toute concurrence. (Pour nous français, le coût de la vie en Albanie est très bas)

Nous monterons au mont Dajti, (1.000 m ) malheureusement le temps orageux gâche un peu la vue sur Tirana

Lors de la première journée nous irons visiter le musée Bunk’Art qui retrace l’histoire de l’Albanie de 1940 à 1992.

Le Bunk’Art se situe dans les souterrains qui servaient de refuge ou d’abri à Enver Hoxha (Hodja) et à son gouvernement. Tout bon dictateur à son bunker…

Personnellement ce musée m’a déçu car il présente une histoire linéaire, factuel, pas forcément très objective et surtout pas du tout didactique ou pédagogique. Il n’aborde absolument pas le choix d’Hoxha qui refuse la déstalinisation et qui s’allie à la Chine. Faisant de ce petit pays un cas unique en Europe de l’Est d’un modèle marxiste léniniste fondé sur les principes maoïstes. La fin du régime communiste n’est pas non plus abordée.

Cette histoire est sans doute aussi trop récente pour être écrite. Passer d’un régime totalitaire à la guerre des Balkans, puis à une prise de pouvoir des mafias sur le pays n’est pas simple. Il faudra du temps aux dirigeants albanais pour réellement trouver un équilibre économique et politique pour assurer la mise en place d’institutions réellement démocratiques permettant à l’Albanie d’entrer dans l’U.E.


Nous finirons l'après-midi en parcourant les allées d'un très grand parc situé près d'un lac. Le temps sent l'orage....

Il finit d'éclater à notre retour, on se met à l'abri.... ça déborde un peu dans les rues.

S'il faut retenir une image de cette ville en ébullition c'est le fait que tout le monde semble y vivre selon ses habitudes et ses traditions. Les hommes les plus âgés continuent à jouer aux dominos dans les parcs ou dans la rue, ils circulent tranquillement à vélo. A côté du "modernisme" d'une autre partie de la population plus jeune en général et qui vit comme chez nous en France.

Publié le 27 mai 2023

Une étape semée...d'embûches


La sortie de Tirana a été un peu longue. La route était en très mauvais état et avec une circulation importante, il fallait redoubler de vigilance. Après dix kilomètres nous sortons de la ville, mais la circulation est toujours très dense.

Il y a en plus de gros travaux qui occasionnent des bouchons énormes. On s'en sort en roulant sur le bas côté mais c'est un peu stressant quand on a à côté de soi un poids lourd dont les roues sont à moins d'un mètre de nos épaules.

J'essaie de trouver un itinéraire plus tranquille mais rapidement on se retrouve dans des chemins. Du coup on revient sur la route nationale qui est une 4 voies et qui devient une autoroute interdite aux vélos. Comme je vois un cycliste albanais qui roule sur la voie d'arrêt d'urgence, on le suis en se disant que ça doit être toléré...on roule un kilomètre et le cycliste albanais sort de l'autoroute par un petit chemin qui rejoint un village et qui nous emmène sur une route secondaire....

Je suis entré dans la petite ville de Mamurras. Je m'arrête et je m'aperçois que Béatrice n'est plus derrière moi...j'attends un peu...je ne la vois toujours pas, je m'apprête à revenir en arrière et je la vois arriver...mais voilà elle a chuté sur un des nombreux ralentisseurs qui sont de simples bourrelets de bitume, souvent peu visibles et très dangereux pour les vélos...la pauvre Béatrice a un genou et un coude bien amochés...

Elle me dit qu'elle a fait un vol plané. Alors que depuis le départ Béatrice redouble de vigilance en faisant attention aux trous de la chaussée, aux portières des bagnoles, aux absences de clignotants, aux piétons qui traversent sans regarder, aux chiens qui court après les vélos etc..aujourd'hui c'est en étant surpris par des cloches qui sonnaient (cela faisait longtemps qu'on ne les entendaient plus !) que sa vigilance a été prise en défaut et qu'elle a "mordu la poussière"...!


Nous sommes dans un petit square et je sors la trousse à pharmacie...il y a un café à côté du square et la dame qui le tient viens vers nous. Elle nous invite dans le café, nous amène une bande compresse, une paire de ciseaux...vraiment super gentille, un monsieur nous offre le café...

On soigne la plaie de Béatrice, ça saigne pas mal et il y a plein de petits gravillons...vraiment pas de chance.

La dame nous amène une salade de tomates et des morceaux de melon...tout le monde est aux petits soins dans ce village un peu perdu...l'hospitalité albanaise est vraiment superbe...

Il faut bien reprendre la route. Pour Béatrice c'est pas facile...en plus le vent s'est levé il souffle de face, de nouveau nous retrouvons la route nationale avec beaucoup de véhicules...c'est un peu vannés que nous arrivons à Lezhë petite ville près de la côte et située dans une zone semi-montagneuse.

Une ville assez différente de celles que nous avons pu connaître, où nous observons des habitants vêtus d'habits traditionnels. Ici se côtoient des catholiques, des orthodoxes, des musulmans. Ville très proche des frontières du Kosovo, de la Macédoine...le Monténégro n'est pas très loin non plus...nous sommes ici dans ces petits pays formant une mosaïque de cultures, de religions dont l'histoire assez récente nous a montré toute la complexité et la conflictualité.

Ce soir repos pour Béa, il faut soigner les coupures et les écorchures...demain ça va tirer on a une petite étape de 40 kilomètres pour aller à Shkodër où nous resterons au moins deux jours.

Publié le 28 mai 2023

Une étape cool et agréable

Le coude et le genou bien soignés et bien désinfectés ; c'est reparti pour Béatrice. Ce matin le temps est beau pas trop chaud et c'est quasiment du plat en permanence.

Après une dizaine de kilomètres nous quittons la nationale et nous suivons une petite route très tranquille dans un environnement de marais. De temps en temps nous croisons des tracteurs qui tirent des charettes de foin. Le vent de Nord-est souffle assez fort et nous gêne un peu puisque nous remontons plein nord vers la ville de Shkodër.

Nous y arrivons en tout début d'après-midi. Nous sommes logés en plein centre dans une maison très agréable avec une petite cour où nos vélos sont rangés. Shkodër est une ville de 85.000 habitants. Elle est située à la frontière du Monténégro. C'est une ville très agréable, les vélos sont très nombreux et les espaces piétonniers sont vastes. Surprise la ville est calme et presque silencieuse. Les automobilistes ici ne klaxonnent pas, contrairement au reste du pays où le klaxon est permanent...





Plusieurs mosquées ont été construites et de nombreuses églises catholiques et orthodoxes sont également présentes. La cathédrale St Étienne est catholique, l'autre cathédrale de la Nativité-du-Christ est orthodoxe. Entre les prières des muezzin et les cloches des églises chacun a le choix...quels sont les rapports entre les différentes communautés je ne saurais le dire...car les conflits des Balkans ont mis en exergue des rapports complexes...même si aujourd'hui tout semble apaisé.

En ce dimanche de la Pentecôte une messe est célébrée en fin de journée en présence de nombreux fidèles. On notera la photo de Mère Térésa d'origine albanaise et née tout près d'ici à Skopje, aujourd'hui capitale de la Macédoine. En Albanie de nombreuses places portent son nom et des statues sont également présentes en sa mémoire dans beaucoup de villes.


Nous restons encore une journée ici, avant de quitter l'Albanie après demain, mardi.

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Publié le 1er juin 2023

Galères et galères etc..

Le VAE c'est très bien mais ça peut tomber en panne et quand c'est en Albanie les choses se compliquent...

C'est le chargeur de la batterie qui a semble-t-il connu un court-circuit et qui ne fonctionne plus. Et c'est surtout pas en Albanie qu'il faut avoir ce type de panne. Les VAE sont presque inconnus ici. L'Albanie n'étant pas dans l'U.E. et ayant des liaisons aériennes limitées les livraisons sont compliquées dans des délais raisonnables. Après avoir cherché en vain un chargeur dans tous les commerces de vélos de Shkodër, il nous faut trouver une solution.

Le pays le plus proche susceptible d'avoir des chargeurs c'est la Croatie mais il faut faire plus de 200 kilomètres sur un parcours pas très plat et ce n'est pas jouable. Les bus n'acceptent pas de prendre les vélos où alors il faut négocier avec le chauffeur et de Shkodër les bus directs sont rares car il faut traverser le Monténégro. En regardant sur Dubrovnik je ne vois qu'un seul vélociste, par contre sur Split, seconde ville de Croatie ils sont relativement nombreux nous pouvons donc espérer trouver là bas un chargeur adapté à la batterie shimano, car aucun chargeur n'est universel. On opte donc pour aller à Split. (400 bornes)

Près de la station de bus et des hôtels de touristes il y a des chauffeurs qui draguent les clients. On va les trouver, assez vite, le téléphone "arabe" fonctionne car ils savent que deux cyclistes cherchent à aller à Split...finalement on fait affaire avec l'un d'entre eux qui nous assure qu'il peut mettre les vélos sur une galerie de sa Mercedes...nous partons le mercredi matin. Il vient à l'heure prévue à la maison où nous logeons. On démonte les roues des vélos et on attache les vélos sur la galerie...

Et nous voilà partis pour la journée...la conversation avec notre driver était limitée à deux mots "no problem, no problem" !!!

Il y a plusieurs frontières à traverser, Monténégro puis la Bosnie-Herzégovine et ensuite la Croatie. À chaque fois les passages sont assez longs et j'ai bien cru que la douane croate allait nous refuser l'entrée. (Très soupçonneuse avec le chauffeur albanais, suspectéde trafic.. ) il a fallu que je descende de la voiture pour aller expliquer que nous avions un problème mécanique avec un vélo et que la pièce de rechange était impossible à trouver en Albanie. Finalement on est quand même passé. Et puis auparavant, en Bosnie, crevaison d'une roue arrière dont le pneu était complètement pourri...ah là c'était un peu l'aventure on trouvera quand même un garage bosniaque qui mettra un pneu neuf à la place de la roue de secours.. après plus de 8h de route nous arrivons à Split. Le chauffeur est paniqué car il se rend compte que le paiement du péage de l'autoroute ne se fait que par carte bancaire. Pour l'aller c'est pas trop gênant, on a les notres mais pour le retour il ne sait pas comment faire...je lui explique qu'il doit prendre la route nationale...mais comme son téléphone ne fonctionne pas en Croatie il n'a pas l'itinéraire sur le gps de son smartphone. Évidemment il n'a pas de carte routière... en fait je me rends compte qu'il n'est sans doute jamais venu par ici contrairement à ce qu'il nous avait dit.. et qu'il connaît mal les itinéraires...Finalement il repart, je pense qu'il aura bien trouvé une solution..

Nous voilà donc à Split. Maintenant c'est la chasse au chargeur. Et là grosse déception aucun vélociste ne propose de chargeur shimano ils sont tous avec du Bosch...l'un veut bien en commander mais le délai sera de 20 à 30 jours ! Du coup j'appelle Rémi, vélociste à Nantes de Sardines à vélo, je sais qu'il en a en stock, car mardi matin je l'avais eu au téléphone. Il va nous l'envoyer et je me suis mis d'accord avec un vélociste de Split pour que la livraison se fasse à son magasin. En principe DHL nous assure la livraison pour lundi prochain...on croise les doigts !



Et quand tout s'enchaîne... je m'aperçois que j'ai perdu notre carte bancaire commune...bon il nous en reste encore deux ! On devient philosophe mais depuis samedi c’est la loi des séries :

chute de Béatrice,

les ennuis avec ce foutu chargeur,

les recherches de solutions qu'on croit avoir résolues mais qui mènent à des impasses...

et pour finir une CB perdue,

Il va être temps que ça s'arrête !

En attendant et c'est heureux, Split est une superbe ville et nous avons découvert pour revenir à notre appartement un bel itinéraire vélo le long de la mer. Le temps est beau, la mer est belle, pour le week-end nous allons renouer avec le camping au bord de la plage à quelques kilomètres d'ici...

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Publié le 6 juin 2023


Attente du chargeur ; gros coup de mou...il est enfin là!!!!!


Depuis une bonne semaine on a enchaîné quelques déconvenues. Bien sûr nous avons pris beaucoup de plaisir à visiter la belle ville Split.

Ses ruelles sont charmantes, le palais Dioclétien rassemble des édifices mariant divers époques. Mais au bout de deux jours on a fait le tour. On s''amuse avec les simili-romains, on touche le pied du géant Grégoire de Nin pour qu'il nous porte chance, on a en grand besoin en ce moment !

Flâner dans les rues où déambule tout le monde, avec les mêmes boutiques ou restaurants lasse assez vite....

Nous avons un peu de mal à nous projeter sur les prochains jours. La panne de ce chargeur nous a un peu cassé le moral. A partir du samedi, nous partons nous installer à une trentaine de kilomètres au nord de Split dans un camping sympathique en bord de mer. Baignades et visite de la très belle cité de Trogir nous font oublier l'attente du chargeur.

Mais le temps se gâte, tourne à l'orage. Lundi matin les fortes pluies nous amènent à nous réfugier sous un perron en compagnie d'un autre cycliste espagnol. S'ouvrent sur le perron un grand salon, une cuisine, une salle à manger où s'activent 4 personnels croates. Ils nous interdisent l'entrée dans le salon mais nous permettent de rester sur le perron. Dur dur après l'hospitalité albanaise de se voir ainsi mis à l'écart. Et puis reprendre le camping après plus d'un mois à loger dans des hébergements en dur, c'est un peu difficile. Autant rouler à vélo est finalement assez facile même avec du relief, autant dormir sous une tente, sur un petit matelas n'est vraiment pas confortable...et oui l'âge est là, les courbatures se font sentir et quand l'orage se met de la partie c'est moins drôle !

Et puis quelques soucis de "santé", rhume, turista oui ça arrive ! viennent nous saper le moral...mais enfin ce matin le chargeur est arrivé, je suis retourné à Split, les batteries se rechargent et nous avec !!

Demain nous reprenons notre voyage à vélo 🚲.

Publié le 11 juin 2023

Une courte étape reposante et un camping pied dans l'eau...

Nous repartons ce matin pour une étape le long de la côte. Il fait très beau, le paysage côtier est superbe. On a beaucoup de plaisir à rouler sur cet itinéraire...Au 35 ème kilomètre on aperçoit la jolie cité de Primošten. Une rocade la contourne et au bout de cinq kilomètres nous trouvons un petit camping. Le propriétaire nous indique quelques emplacements, ils ont été aménagés en terrasse juste au bord de la mer. Et pour une fois les camping cars sont derrière nous et ne gâchent pas la vue sur la mer.

Nous choisissons un premier emplacement mais le vent un peu fort nous donne bien du mal à installer la tente. Finalement on en trouve un assez bien abrité du vent et nous nous y installons. C'est vraiment super. Un ponton est tout proche et nous pouvons nous baigner sans crainte des rochers.. on va rester deux jours ici, farniente et visite de la ville de Primošten qui est à quelques kilomètres et atteignable en partie par un chemin côtier.


Une étape un peu difficile...chaleur, circulation

Il n'y a pas beaucoup de routes alternatives et nous devons suivre la route principale. Pas toujours très facile, car les conducteurs croates ne sont pas forcément très sympathiques avec les cyclistes. Ils roulent vite, ne s'écartent pas en nous doublant. Leur conduite est souvent dangereuse. La Croatie est le pays européen qui connaît avec la Bulgarie et la Roumanie le plus fort taux d'accidents mortels par millions d'habitants. (Croatie 71/M ; France 49/M ; Allemagne 38/M ; Suède 21/M) De ce point de vue la conduite des français n'est pas non plus très glorieuse !!

Bref le parcours aujourd'hui est un peu stressant. Par moments il y a une signalétique qui indique l'itinéraire de l'eurovélo 8 (EV de la Méditerranée) mais ce sont des chemins peu adaptés à nos vélos et que nous ne pouvons pas prendre. Et c'est bien dommage car ils longent la côte. La Croatie n'est pas vraiment un pays facile pour les cyclistes, contrairement à l'Albanie où la pratique du vélo est restée relativement importante. Ici on voit peu de cyclistes croates en ville et encore moins en zone rurale. La voiture est omniprésente, ainsi que le scooter.


La chaleur commence à monter et nous commençons à bien fatiguer pour la première fois depuis notre départ on fait un stop dans un restau. Nous repartons pour rejoindre le port ferry de Biograd Na Moru pour nous rendre sur l'île de Ugljan. C'est une île toute en longueur parallèle à la côte et qui va nous permettre demain de rejoindre Zadar en prenant un autre ferry au nord de l'île. Nous quittons aussi les routes très circulantes.

Quelques kilomètres après le débarquement, nous trouvons un camping très modeste et calme en bord de plage. Nous profitons de cette proximité pour nous rafraîchir et c'est bien agreable.

Nous faisons connaissance avec Céline et Jérôme, un couple de cyclistes français qui sont partis de la région parisienne il y a quelques semaines et qui sont en route vers la Turquie et la Géorgie. Tous les deux sont des grands voyageurs à vélo. Ils font actuellement un break professionnel et très curieusement ils connaissent bien Vertou car travaillant dans les projets d'aménagements urbains ils ont participé à celui de la Chaussée des Moines à Vertou. Le monde est bien petit ! Avec eux nous allons passer une très belle soirée restau dans le village voisin, soirée ponctuée d'échanges sur les pays traversés, les itinéraires à vélo, les projets à venir.

Depuis Split, ces dernières étapes de camping en bord de mer nous ont permis d'apprécier la beauté restée intacte de la côte croate avec ses villages ancestraux, ses criques et petites plages familiales. Demain nous serons à Zadar pour deux jours puis nous reprendrons un ferry pour rejoindre le port de Mali Losinj au sud de l'île de Cres. Progressivement on se rapproche de l'Istrie au nord de la Croatie, région frontalière avec la Slovénie.

Arrivée à Zadar

Belle nuit au calme et baignade avant de partir. Le parcours est court mais finalement fatiguant à cause d'un vent défavorable et fort de nord-ouest (depuis deux jours il nous embête bien d'ailleurs...) Le ciel devient menaçant et il tombe quelques gouttes.

Avant l'arrivée au port ferry de Preko, Béatrice me demande de vérifier sa roue avant car elle trouve que sa direction "flotte ". On regarde et effectivement les boulons du blocage du moyeu sont complètement dévissés ! Et c'est vrai que l'autre jour à Split quand j'avais remonté la roue avant je ne l'avais pas totalement serrée car je voulais vérifier le disque du frein. Ensuite j'ai oublié de le faire et progressivement la roue s'est dévissée. Une négligence qui peut coûter chère.


Du port ferry de Zadar nous rejoignons l'appartement que nous avons réservé. Il est à trois kilomètres du centre historique.

La ville compte environ 75 000 habitants. Elle a été en permanence disputée entre les hongrois et les vénitiens. Sous l'empire napoléonien c'est l'Autriche qui la récupère. Puis après la première guerre mondiale le traité de Rapallo attribue la ville à l'Italie. Durant le second conflit mondial la ville est détruite par de nombreux bombardements et la population italienne (20.000 personnes) s'enfuit. La ville en 1947 est attribuée à la Yougoslavie.

En novembre 1991, l’armée yougoslave soumit Zadar à une pluie de roquettes pendant trois mois. Aujourd’hui, les traces de la guerre ont été en grande partie effacées, et la ville a repris sa place parmi les plus dynamiques de Croatie.(cinquième ville de la Croatie)

Le centre historique est tout en longueur. Entouré par une muraille qui servait de protection il est sillonné par de multiples ruelles qui en font tout son charme.

La place des cinq puits qui servaient à l'alimentation en eau de la ville.

Les portes de la muraille surmontées par le lion vénitien.

L'église Saint-Donat

Ancienne ville italienne il faut bien sacrifier à la traditionnelle gelato...

Ce matin départ de Zadar pour rejoindre l'île de Crès avec la compagnie Adrolinija. Nous allons voyager d'îles en îles au gré des arrêts du bateau qui ravitaille ces petites îles.

Départ 9 h 30. Le bateau transporte une vingtaine de véhicules, trois vélos et des marchandises et produits divers pour assurer les ravitaillements des îles. Nous sommes une petite cinquantaine de passagers à profiter de ce moment.

La 1ere île où nous accostons est l'île d'Ist. 9,65 km² Aucune voiture sur cette île. Le transport se fait au moyen de carrioles tirées par des mini tracteurs ou par des hommes. Les maisons sont toutes regroupées autour du port sauf l'église située au sommet d'un monticule tout en haut de l'île. On l'aperçoit à gauche sur une photo.


Continuons notre voyage. Nous accostons à l'île d'Olib, 26 km².Il fait beau et même de plus en plus chaud. Difficile de rester sur le pont en plein soleil ☀️.

Puis c'est l'île de Silba, 15 km². Mais ici les voitures peuvent débarquer grâce à l'infrastructure routière.

C'est un vrai dépaysement. Ici pas de montagne, mais des monticules surgissant de la mer, plus ou moins grands, plus ou moins hauts, l'un cachant l'autre. Le bateau effectue des rotations pour atteindre les îles desservies.

L'île de Premuda, 9,2 km², s'étire vers l'île de Crès notre point d'arrivée.

Ile de Crès. Le port d'arrivée Mali Losinj, 405,78 km². La côte de cette île, longue de 66 km est découpée en petites plages de galets dont nous profitons sans retenue depuis notre arrivée au petit port de Nerezine. Camping au bord de l'eau et charmant restaurant.

Une vraie vie de vacanciers !!

Pendant ces quelques jours, nous allons traverser l'île de Crès du sud au nord, en faisant une halte de deux jours à Nerezine au sud de l'île puis une autre halte de trois jours à Crès, la ville principale. En chemin nous traversons le joli village de Osor, un véritable musée à ciel ouvert avec ses restes de murailles, ses sculptures sur la place et dans les rues. Son café bien ombragé que nous avons tout de suite adopté.

La route qui nous mène à Crès serpente à l'intérieur de l'île entre montagnes rocheuses et vue sur la mer. C'est en surplombant le port de Crès que nous arrivons à notre destination au camping Kovacine.

La ville a gardé les vestiges de la domination vénitienne tel le lion ailé. La visite d'une église nous amène à pousser la porte du monastère attenant, et de son superbe jardin.

Une promenade piétons cyclistes partant du camping jusqu'à la ville de Crès nous trouve plusieurs fois sur son parcours soit pour acheter des légumes et fruits délicieux, soit pour prendre un verre et le soir venu, s'attabler dans un restaurant de spécialités croates. Nous sommes en vacances. 🙂🙂🙂

Et pour finir ce séjour, baignades plusieurs fois par jour et dès le matin pour Jean Paul, dans une eau très froide. Qui dit que la mer Méditerranée est chaude !! Notre tente est plantée tout près de la plage, juste quelques pas nous en séparent.

Publié le 17 juin 2023

Une très belle étape en surplomb de la mer

Si l'étape est relativement courte elle est néanmoins difficile car il y a pas mal de dénivelé. Nous partons ce matin du camping de Cres vers 8 heures. Le temps est très beau. Le vent est faible et la température idéale ce matin. Rapidement la route s'élève pour atteindre une altitude de 300 mètres en cinq kilomètres. Le paysage est rocailleux, sec c'est typiquement méditerranéen. Le long de la route il y a quelques moutons et au-dessus de nos têtes des rapaces survolent les broussailles car cela sent parfois la charogne et il doit y avoir quelques cadavres d'animaux à traîner ici et là.

Après ce premier gros dénivelé la route monte en faux plat pendant une dizaine de kilomètres. Nous sommes sur un plateau et sur notre droite, on aperçoit au loin le port de Cres que nous venons de quitter et nous distinguons très bien le sud de l'île avec le port de Mali Losinj par où nous étions arrivés lundi dernier. Nous remontons toute l'île de Cres pour prendre le ferry à l'embarcadère de Porozina. Depuis Split nous aurons donc remonter la côte dalmatienne en essayant de parcourir le maximum d'îles. Ce n'est pas toujours facile car les bateaux qui vont d'îles en îles ne prennent pas souvent les vélos. Ce sont des catamarans qui ne transportent que les piétons. Ou alors il faut jongler avec les jours pour prendre les bateaux qui font les ravitaillements des îles comme celui que nous avions pris de Zadar à Mali Losinj (deux bateaux par semaine).

Quelques beaux villages surplombent la mer.

Au sommet du parcours à 400 m d'altitude, on aperçoit maintenant la péninsule de Pula et les côtes de l'Istrie. La route qui fait l'objet de gros travaux descend rapidement vers l'embarcadère. Une armada de camping cars forme une longue file d'attente que l'on double rapidement...

La traversée est rapide environ 6 kilomètres.

De l'autre côté on aperçoit la route qu'il va falloir remonter...à peine 3 kilomètres pour passer du niveau 0 à 270 m...c'est la grosse difficulté du jour.

En plein soleil, par moment la pente est à 11%...Nous atteignons la route qui vient de Pula et qui rejoint la ville de Rijeka, port important que l'on aperçoit au loin.

Il reste 30 kilomètres à faire pour atteindre la ville de Opatija. Après cette dure montée, cette route qui longe la côte est très belle, elle descend doucement. On fait une halte dans le joli village de Brseč où nous faisons quelques courses au petit market. Progressivement la circulation devient très importante et c'est un peu vanné que nous nous installons au camping d'Opatija.

Aujourd'hui ce sera notre dernière étape complète en Croatie. Demain nous prenons la direction nord vers la Slovénie dont la frontière est toute proche. Nous quittons la Croatie sans vraiment de regret. Bien sûr les paysages maritimes sont très beaux, la Croatie a réussi à conserver le charme de ses villes et villages contrairement à beaucoup d'autres pays. Mais pour les cyclistes la conduite des automobilistes est une calamité. Les campings sont hors de prix entre 30 et 40 euros pour nous avec les vélos et la tente...on ne peut pas dire non plus que les Croates sur la côte soient vraiment très accueillants business business...j'ai connu il y a quelques années une autre Croatie dans l'intérieur ou sur les frontières avec la Bosnie et la Serbie où les rapports avec les gens étaient vraiment très différents...

Publié le 18 juin 2023

Arrivée en Slovénie

Nous quittons ce matin le Croatie. Les cinq premiers kilomètres se déroulent tranquillement le long de la mer. Puis ensuite il faut trouver un itinéraire pas trop difficile pour gravir les cinq kilomètres suivants car la route est en zone urbaine et en s'éloignant de la côte il y a un dénivelé de 300 m à gravir. La route n'est pas trop fréquentée jusqu'à la frontière de la Slovénie car il y a une autoroute. Par contre l'autoroute n'existe pas sur la partie slovène, nous sommes un week-end de début d'été et on a l'impression que toute l'Allemagne et l'Autriche est sur la route ! Apparemment on appelle cela un "chassé-croisé".

On sent que la Slovénie aime le vélo 🚲 🚲 🚲 sur la route "fleurissent" les bicyclettes vertes. Et de temps en temps des belles pistes cyclables ont été aménagées le long de la route.

Le paysage est devenu alpin. Les maisons sont à larges toits comme les chalets. C'est en Slovénie que débute l'arc alpin qui prendra fin à Nice d'où nous sommes partis il y a maintenant plus de deux mois.

La Slovénie est ainsi un pays de montagnes. Ce petit État, marqué par son passé austro-hongrois, a été le premier en 1991 à prendre son indépendance à la suite d'un conflit qui dura un peu plus d'une semaine et à s'émanciper grâce à l'accord du chancelier Helmut Khol de ce qui était alors la Fédération de Yougoslavie. (accord de Brioni)

Si pour la Slovénie, la transition vers son indépendance se passa quasiment sans heurt. Il en fut bien différemment pour les autres États de la Fédération de Yougoslavie.

Aujourd'hui, la Slovénie, deux millions d'habitants, moins grande que la Bretagne, est un État moderne doté notamment d'un système de santé considéré comme l'un des meilleurs en Europe. Le service de l'Éducation est gratuit et l'indice de développement humain (IDH) est très élevé (23ème mondial) alors que la France est seulement au 28ème rang. L'IDH prend notamment en compte les performances des politiques publiques dans les domaines de la santé et de l'éducation, il est bien plus intéressant que le sacro-saint PIB dont on nous rebat les oreilles !



Nous sommes ce soir à Postojna, petite ville de 16.000 habitants, connue pour ses grottes et ses galeries souterraines qui font de cette ville un territoire d'exploration dans les domaines de la spéléologie. Demain nous resterons ici pour visiter une vaste grotte souterraine. Nous séjournons dans une agréable auberge de jeunesse située au cœur d'un jardin public. Après-demain nous irons à Ljubljana, la belle capitale de la Slovénie.

Nous restons aujourd'hui à Postojna. Première visite ce matin le château de Predjama.

Pour s'y rendre nous empruntons une petite route bordée par la forêt de part et d'autre. Quelques montées et descentes nous ravissent, au cœur de ce paysage alpin.

Il faut dire que depuis notre entrée en Slovénie nous avons retrouvé la sérénité à vélo qui nous avait quittée en Croatie. Ici, des panneaux pour prévenir les voitures et camping car de la présence de vélos, des voies vélos bien signalées. Les mêmes voitures qui nous frôlaient en Croatie s'écartent maintenant ou bien même attendent derrière nous de pouvoir passer.

Le château est un vrai nid d'aigle. Il est accolé à une paroi rocheuse de 123 m. Une première construction au 13e siècle puis l'actuelle forteresse datant du 16e siècle. Le château a été rendu célèbre par le chevalier Erasmus Lueger (c'est lui sur le tableau). Défenseur de l'opprimé, considéré comme le Robin des Bois de la région, le noble rebelle affronte l'armée de l'empereur. Le château est assiégé mais il ne manque de rien grâce à des voies souterraines secrètes ignorées de l'ennemi. Trahi par un serviteur, un boulet de canon causa sa perte alors qu'il était dans les toilettes !!!

La visite du château se fait en montant d'étage en étage sur six niveaux pour arriver au dernier niveau du château construit directement sur la roche. Il est ainsi considéré comme un château troglodytique. Visite très intéressante et ludique. Tout une partie est fermée aux touristes car trop escarpée mais peut se faire accompagner d'un guide pour les amateurs d'escalade, nous en connaissons quelques uns du côté de Grenoble.

Retour à Postojna et visite de la grotte

La grotte de Postojna, site emblématique de la Slovénie. On commence en parcourant un tronçon des 24 km de galeries, de tunnels et d'impressionnantes salles, à bord d'un petit train électrique. Puis nous continuons à pied dans ces immenses grottes de la région slovène du Kras. Les cavernes sont riches de stalagmites et de stalactites de toutes formes, de toutes grandeurs. Impressionnant à regarder.

Une minuscule salamandre, le protée anguillard aveugle vit dans les grottes à proximité d'eau. Il s'est complètement adapté à cette obscurité au point de ne pas posséder d'yeux, ni de pigmentation et d'être absolument sourd. Il possède des récepteurs sensoriels lui permettant de détecter les vibrations.

Il fait 10° dans la grotte, et c'est avec plaisir que nous retrouvons à la fin de la visite un beau soleil ☀️ pour rentrer à l'auberge de jeunesse.

Demain matin départ pour Ljubljana.

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Publié le 20 juin 2023

Arrivée à Ljubljana ; capitale de la Slovénie

Nous réalisons un très beau parcours dans la matinée, En partant de bonne heure, le temps est frais et le paysage de moyenne montagne est verdoyant. Le voyage à vélo aujourd'hui ce n'est que du bonheur partagé.

...il n'y a qu'à se laisser glisser doucement dans les descentes comme sait le faire Béatrice avec beaucoup de maîtrise...

Petite halte dans un café où un "collègue" trimbale quasiment sa maison sur son vélo cargo et ceci sans assistance électrique...je ne sais pas comment il fait pour grimper les côtes ou les cols de la région. Assez vite nous arrivons dans la banlieue de Ljubljana...une piste cyclable longe la route et sans difficulté nous traversons la ville pour rejoindre le camping situé à cinq kilomètres au nord.

Les sanitaires femmes sont très originaux...ce camping aura cinq étoiles pour le mobilier.

En fin de journée nous partons pour une petite soirée nocturne dans le centre-ville. Demain nous restons ici pour une visite complète de cette ville parmi les plus belles d'Europe.

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Nous partons tôt ce matin visiter Ljubljana pour profiter un peu de la fraîcheur. La ville prépare elle aussi sa fête de la musique, une chorale qui nous enchante est présente dès ce matin. Nous prévoyons de revenir ce soir "à la fraîche" pour y participer.

Nous commençons par la visite de la cathédrale Saint Nicolas. La cathédrale est repérable à son dome aux nuances de vert ainsi qu'à ses deux tours symétriques. De style baroque on y remarque dès l'entrée les fresques, le trône de l'évêque, la coupole et les dorures. Même Jésus sur sa croix en est revêtu.

Juste derrière la cathédrale sur la place Vodnik se dressent les étals de fruits et légumes du marché. Comme midi sonne, nous en profitons pour goûter les saveurs des food truck présents et les fruits du marché. Cerises et abricots délicieux. On se régale....

Nous continuons par Zmajski most, le pont des dragons qui fut l'un des premiers du continent a être construit en béton armé. La symbolique du dragon est progressivement passée de monstre à protecteur de la ville, incarnant le pouvoir, le courage et la sagesse. Il figure sur les armoiries de la ville et on le retrouve un peu partout. Là sur une mosaïque au sol de la gare.

En début d'après-midi, visite du musée municipal, qui retrace l'histoire de Ljubljana. Seul regret les explications sont écrites en slovène et en anglais. Il n'y a pas d'explications ou d'audio guide en français.

Cherchez l'intrus...Où est donc JP ?'?'?

Après une pause au camping du fait de la chaleur, nous retournons découvrir la ville en déambulant le long de sa rivière, des rues piétonnes, le nez en l'air pour en apprécier l'architecture et la douceur de vivre. Comme deux jours ne nous ont pas suffit, nous revenons dimanche soir pour une journée de visite lundi.

Depuis novembre 2021, je parcours sur mon petit vélo rouge les pays européens que Jean Paul me fait découvrir. Ce soir nous avons parcouru ensemble 10000 km. Il est toujours vaillant malgré les chutes, les intempéries, les dénivelés et j'espère qu'il le sera longtemps encore.

Une étape en deux temps : train jusqu'à Bled ; vélo jusqu'au lac de Bohinj

Nous avons fait le choix de quitter ce matin Ljubljana par le train pour aller à Bled car nous reviendrons dimanche à Ljubljana et nous ne préférons pas faire un aller-retour à vélo. Bled est un peu excentrée par rapport à l'itinéraire que nous faisons. Cette ville se situe au nord-ouest de la Slovénie près de la frontière autrichienne.

La semaine prochaine nous prendrons une direction nord-est pour rejoindre Maribor et Graz en Autriche.


Nous avons souhaité aller à Bled, car cette petite cité est très belle. Nichée près d'un lac, symbole de la beauté de la Slovénie, Bled fait partie des communes du nord-ouest du pays. Cette ville appartient à la région de Haute-Carniole (Gorenjska) au pied des Alpes juliennes.

Bled tient sa réputation touristique de son île, de son château et surtout de son fameux lac (Blejsko jezero), magnifiquement entouré de montagnes verdoyantes.

Merci aux amis de la marche nordique qui nous ont incité à nous rendre à Bled.

Évidemment Bled est victime de son succès, en cette période de l'année le site est envahi. Nous avons choisi de ne pas y rester préférant aller plus loin au lac de Bohinj à une trentaine de kilomètres.

Nous repasserons à Bled samedi après-midi et dimanche nous repartirons à Ljubljana soit en train, soit à vélo...on verra en fonction de la chaleur qui devient très forte et étouffante. Des orages sont annoncés demain.

Nous sommes donc arrivés en début d'après-midi dans un petit village à quatre kilomètres du lac de Bohinj. Village superbe aux maisons traditionnelles qui surplombent la vallée. Par contre il se mérite et dans la chaleur il a fallu grimper un beau dénivelé (10 % quand même) et se hisser dans une ruelle pour arriver à l'appartement que nous avions réservé, essorés à l'arrivée mais vraiment heureux d'être pour deux jours dans un cadre magnifique de montagnes.

La ruelle de l'arrivée...la photo aplanie, c'est le "mur" de St Fiacre que les copains du CC Vertou connaissent bien mais il faut ajouter les sacoches ; pour les cyclos je monte ici en 26 × 32...mes trois plateaux sont de 46 ; 36 ; 26 ...et à l'arrière la cassette est de 10 vitesses de 12 à 32...

Vue de la terrasse du chalet où nous résidons...demain nous irons nous balader tranquillement autour du lac de Bohinj. Nous sommes ici dans le parc national du Triglav.

Publié le 23 juin 2023

Un lac alpin reposant

Situé aux portes du parc national du Triglav, le lac de Bohinj est un havre de calme. Peu de monde, une eau claire, de la verdure, des arbres, tout pour s'y reposer...

Pour s'y rendre, il suffit de descendre doucement la route pendant quatre kilomètres. Cette route se faufile à travers des champs où se dressent de nombreuses granges ouvertes qui servent à abriter des engins agricoles ou divers matériaux, notamment du bois.

Nous allons faire partiellement le tour du lac car les sentiers qui le bordent sont exclusivement réservés aux nombreux randonneurs.

Baignade pour Jean Paul. Le site de la météo annonçant orage et pluie à partir de 11 h, Béa n'a pas emporté son maillot mais son vêtement de pluie. Comme le logement n'est pas très loin, elle retourne le chercher. Le temps de déjeuner et la pluie se met à tomber. Heureusement profitant d'une éclaircie, nous nous sommes baignés tous les deux l'après-midi.


Photo insolite... de Béatrice

L'église et son petit cimetière du village où nous résidons...

Rentrée rapide entre les gouttes de l'orage qui gronde et qui rafraîchit l’atmosphère, ça fait du bien.

Deux très belles journées

Le temps ce matin est très clair. L'orage d'hier soir à bien lavé les montagnes.

Nous reprenons la route pour revenir vers Bled. Ce n'est que du bonheur pour faire la trentaine de kilomètres. La route descend légèrement à travers les champs où ont été construits des grands râteaux à foin pour nourrir les animaux.

Dans ce beau paysage alpin, nous traversons quelques villages avec des belles églises. L'habitat et l'environnement ont été très préservés.

Il y a quelques stations de ski mais elles sont complètement intégrés dans les forêts ou les alpages, ici pas d'usines à ski...De temps à autres on aperçoit des tremplins de saut. Les slovène sont des experts dans cette spécialité des sports d'hiver.

Assez vite nous parvenons au lac de Bled où nous nous installons au camping situé tout au bord du lac. Beaucoup de tentes de randonneurs ou de cyclistes sont installés . Nous sommes loin des campings croates des bords de mer....

Dans l'après-midi nous partons faire le tour de ce magnifique lac où Tito s'était fait construire une très belle demeure pour y passer ses vacances et accueillir ses hôtes et homologues chefs d'État. Aujourd’hui cette demeure est devenue un hôtel de luxe...nous visitons d'abord l'église St Martin située en surplomb du lac.

Beaucoup de dorures...de lumières

Et puis grande curiosité de ce tableau. Il s'agit de la Cène, le dernier repas du Christ. Autour de lui sont rassemblés ses apôtres tous dotés d'une auréole, symbole des saints, sauf un, le traitre Judas, et regardez bien, le visage de Judas c'est celui de Lénine !

Tout à côté de l’église en remontant sur la colline et adossé aux rochers se trouve le château médiéval dont les début de la construction remontent au 11ème siècle. Monter au château permet d'admirer le lac dans son ensemble avec au milieu son île où à été construite une chapelle.

Le temps s'est un peu rafraîchi, Béatrice qui avait son maillot de bain va le ramener bien sec au camping !

Dimanche matin, temps magnifique. Nous partons faire une petite randonnée dans les sentiers qui montent au-dessus du lac.

Vue magnifique et panoramique sur l'ensemble de ce splendide plan d'eau.

Et puis les meilleurs pour la fin....

Encore un imprévu...

Maître Jean Paul, dans sa tente couché,

           Tenait en son sac un pied parfumé.

       Maître Renard, par l'odeur alléché,

           Lui tint à peu près ce langage :

       Et bonjour, Monsieur de Jean Paul,

    Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

           Sans mentir, si votre ramage

           Se rapporte à votre plumage,

     Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.

À ces mots le Jean Paul ne se sent pas de joie,

           Et pour montrer ses belles jambes,

   Il ouvre son large sac, laisse traîner son pied.

   Le Renard s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,

              Apprenez que tout flatteur

     Vit aux dépens de celui qui l'écoute.

   Cette leçon vaut bien un bon pied.

           Le Jean Paul honteux et confus

   Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.


Vous aurez bien sûr tous reconnus la célèbre fable de La Fontaine. Reprenons le film de la nuit. Dimanche soir nous étions revenus au camping de Ljubljana situé à côté d'une rivière. Bien installés nous dormions profondément quand vers trois heures du matin j’ai senti des coups violents sur la tête. Surpris j'ai compris qu'il y avait une bestiole assez grosse qui était entre la tente et le double toit. J'ai frappé avec la main la toile mais de nouveau je reçois des coups sur la tête. Béatrice est aussi réveillée. On sort du duvet, je veux ouvrir la fermeture éclair pour sortir, mais aussitôt je la referme craignant que la bestiole entre dans la tente. On entend aucun bruit, je me dis que la bête est parti et tout d'un coup je ressens une violente morsure au pied gauche, l'animal m'a mordu à travers la toile, du coup on sort et je m'aperçois que j'ai un bout du pied qui saigne pas mal. Dans le camping on entend un grand cri de frayeur...on ne sait pas trop ce qui se passe...

Nous sommes dehors nous ne voyons pas d'animal...il a du fuir. On sort la trousse à pharmacie pour désinfecter la plaie. Un homme s'est levé, vient nous voir, c'est un français et il nous dit que le bas de sa tente a été lacéré et que sa femme a senti qu'on lui tirait son duvet vers l'extérieur ! Lui nous dit qu'il pense que c'est un blaireau.

On entend à une trentaine de mètres un couple qui parle très fort, mais déjà hier soir c'était le cas et apparemment ils picolaient pas mal tous les deux.. donc on se dit qu'ils doivent reprendre leur trip...et on ne s'en inquiète pas.

Finalement après avoir bien désinfecté la plaie on se recouche et on finit par se rendormir.

Mais l'histoire continue...le lendemain matin, le couple que nous pensions éméché s'était fait agresser par deux renards qui avaient pénétré dans leur tente qui n'était pas bien fermée. Lui un allemand s'est fait mordre à plusieurs endroits aux pieds, elle une brésilienne n'a rien eu et c'est elle que nous avions entendu pousser des cris de frayeur. On parle ensemble et c'est bien lui qui nous confirme que ce sont des renards qui sont venus. Je vais également voir la tente du français, elle est effectivement bien lacéré comme si on l’avait tailladée avec un cutter. Pendant ce temps le couple germano brésilien revient nous voir, il a été signaler ces incidents à la réception et on lui a donné les coordonnées des urgences pour aller se faire soigner et avoir un avis médical sur la prévention par rapport à la rage...

Nous qui pensions flâner dans Ljubljana nous voilà donc partis à la découverte des urgences hospitalières slovènes...

Nous évoquions l'autre jour la très grande qualité du système de santé slovène et bien nous le confirmons. Entre notre arrivée à l'accueil des urgences, où nous retrouvons notre couple germano brésilien, et notre sortie il s'est écoulé tout juste une heure et demie. On ne ressent aucun encombrement et un personnel qui nous accompagne à tous les stades de la procédure admission et procédures administratives, premier examen et orientation vers le service adéquat, soins avec anesthésie locale et pansement, conseil sur les conduites à tenir et pharmacie pour des antibiotiques. Le tout dans une fluidité remarquable avec un temps d'attente entre chaque étape qui ne dépasse quasiment jamais cinq minutes.

La dernière étape est un peu plus longue car il faut se rendre dans un autre service qui est un peu à l'extérieur de l'hôpital. Il s'agit du problème de la vaccination. Nous sommes interrogés par trois personnes. On ne connaît pas bien leurs fonctions mais elles veulent savoir comment tous ces incidents se sont déroulés. Elles sont conscientes qu'il y a beaucoup de renards à traîner et elles ont eu connaissance de quelques cas de morsures mais elles sont très surprises par ce qui s'est passé "It's extrange" revient souvent dans la conversation..

Sur la rage elles sont un peu dans l'inconnu...mais ne nous encourage pas à nous faire vacciner car il y a plusieurs rappels...je les avais eus quand j'étais allé en Turquie en 2011..

Par contre le tétanos est prescrit mais là je suis à jour.

De toute façon je retourne à l'hôpital dans deux jours ce sera à Maribor près de la frontière autrichienne. Nous prendrons le train car à vélo le pied risque de souffrir surtout avec le temps chaud. Mon pansement sera renouvelé là bas et on verra bien. Mon assurance est également dans la boucle au cas où...Mais si on m'avait dit que je me ferai mordre un jour dans une tente par un renard je ne l'aurais jamais cru alors que depuis l'âge de dix ans j'ai dormi un peu partout dehors ou sous la tente...heureusement Béatrice tient bien la barre !

Publié le 29 juin 2023

Repos et train


Après nos péripéties hospitalières, ici en grande discussion avec mon " collègue allemand" pour savoir si on doit se faire vacciner contre la rage, nous avons pris l'option train pour aller à Maribor. Bonne pioche car il va pleuvoir toute la journée du 27. Nous avons loué un appartement pour la première nuit. Le propriétaire, un colosse de près de deux mètres, me reconnaît car j'étais venu chez lui en avril 2018, belle mémoire !



Le lendemain matin, direction l'hôpital, pour changer le pansement et vérifier s'il n'y a aucune infection. Arrivée à 9 heures aux urgences, sortie à 11 heures. Même protocole qu'à Ljubljana tout s'enchaîne sans problème, le jeune interne me donne les pansements nécessaires avec un kit composé de seringues remplies de produits de désinfection...l'assistance médicale MAIF m'appelle aussi tous les jours pour prendre des nouvelles. .j'ai l'impression qu'on est mieux soigner suite à ce genre d'incident à l'étranger qu'en France...puis après avoir récupéré nos bagages à l'appartement nous allons au camping qui est à six kilomètres du centre de Maribor, tout près du départ des pistes de ski. Maribor est une station de ski réputé de Slovénie. Le camping est super pour les cyclistes, tables, prises électriques pour recharger, frigo, four micro-ondes, bouilloire..un vrai camping pour "vrais campeurs" et nous sommes nombreux notamment tout un groupe de jeunes cyclistes polonais ...

Ville de 100.000 habitants, Maribor a un beau centre-ville, bien aménagé en vaste zone piétonnière.



La cathédrale catholique dédiée à St Jean-Baptiste.


Le monument dédié aux victimes de la seconde guerre mondiale et les fontaines...

À noter également l'excellent réseau de pistes cyclables qui sillonnent toute la ville.

Arrivée en Autriche ; on a allongé la foulée !

Ce matin nous quittons Maribor sous un temps idéal, beau, pas trop chaud. Nous montons à travers les côteaux. La Slovénie produit beaucoup de vins.


Par contre pour contourner l'autoroute l'itinéraire vélo nous fait passer dans un bourbier sans nom !"

Nos beaux vélos sont devenus des VTT. .

Nous quittons la Slovénie. Pays que nous avons beaucoup apprécié. D'abord parce que y faire du vélo est facile, beaucoup d'aménagements et la conduite des automobilistes est très responsable. On est rarement mis en danger comme en Croatie. Les slovènes sont très attachants, agréables. Pays de montagnes, très verts les paysages sont variés.

Voilà maintenant l'Autriche, autre pays alpin avec des montagnes plus ardues. Faire du vélo en Autriche est un régal. Le pays dispose d'un réseau très dense de pistes cyclables intercommunales. Quasiment toutes les villes sont accessibles par des voies vélo indépendantes des voies routières..le balisage est précis toutes les voies vélos sont classées et hiérarchisés. La nous allons suivre la R2 qui suit la rivière la Mur.

Au hasard d'un arrêt, un vélo couché caréné

Aujourd'hui l'étape est longue plus de cent kilomètres. Après une pause à Graz il nous reste une vingtaine de kilomètres à faire pour atteindre le camping de Kumberg. La route vélo serpente dans les faubourgs de Graz, le long de la ligne de tram mais à cinq kilomètres de l'arrivée une montée de plus de un kilomètre avec des passages qui frôlent les 20 % vient me rappeler que je n'ai plus 20 ans..j'ai bien failli mettre le pied à terre...mais ce soir c'est également un très beau camping pour tentes, sans réception, le patron n'est pas là, les lapins courrent partout. Ils font fuir les renards...

Et ce matin avant de partir, mauvaise surprise, le pneu avant du vélo de Béatrice est crevé...réparation vite faite...

Mais on n'a pas grand chose pour le petit-déjeuner et pas de market très proche...du coup c'est Frühstück au café du lac près du camping...

Et il est très bien ce Frühstück...bonne journée à tout le monde

Une belle étape dans un paysage de montagnes verdoyantes

Nous partons de bonne heure ce matin. Le temps est nuageux, les prévisions météos annoncent un peu de ☔️ 🌦 finalement nous aurons juste un peu de bruine à la fin. Les six premiers kilomètres sont assez accidentés. La route s'élève assez durement au départ.


Puis c'est une longue descente vers la vallée de la rivière Mur. Nous allons la longer durant toute la journée. Au début la piste cyclable longe la route, coincée entre l'autoroute, la route nationale et la voie de chemin de fer.

Puis l'itinéraire vélo s'écarte progressivement de la vallée et nous roulons tranquillement dans un paysage montagneux sur une piste qui serpente à travers les champs. À noter la très belle qualité du revêtement ainsi que le balisage parfait de l'itinéraire (la R2 MurRadweg)

Parfois ça monte et ça descend assez durement mais ce n'est jamais trop long et l'environnement est magnifique. Un vrai plaisir à rouler ici.

Nous faisons une halte dans la commune de Pernegg an der Mur, ville de pèlerinage où une belle église a été construite.


Nous pique niquons sur une table à côté de l’église. Un distributeur de pâtes et d'œufs a été installé ici par le propriétaire d'une ferme.

Accroché aux pentes de la montagne le château de Rabenstein.

Les photos insolites de Béatrice prises le long de la route.

En milieu d'après midi nous arrivons à Bruck, une fête traditionnelle est en cours. Les costumes sont de sortie.


Les hommes portent la culotte en cuir comme en Bavière, la lederhose. Les femmes s'habillent avec la dirdnl.

Quelques statues originales sur la place de la mairie.

Ce soir nous dormons dans un camping très sympa. Depuis Maribor les campings sont bien adaptés aux personnes qui recherchent simplicité, cadre agréable et reposant. On est un peu loin des campings uniquement équipés pour les mobil home. Les randonneurs et les cyclistes sont également plus nombreux.

Publié le 2 juillet 2023

Le vent aura eu raison de nous !

Tout partait bien ce matin...belles éclaircies, beau lac et puis un vent violent à plus de 40 km/h va nous achever et nous finirons l'étape en train...


Nous suivons jusqu'à la ville de Leoben la R2 qui surplombe la Mur par une belle voie cyclable. Nous traversons Leoben et son beau centre ville. On quitte cette ville par une zone industrielle. Leoben était une cité où l'industrie métallurgique était importante. Il y a un itinéraire de trail ici qui s'appelle "Iron trail".

Nous quittons la R2 pour rejoindre la R15 qui est une section de l'eurovélo 14. Cette itinéraire européen est une route reliant les rivières, les lacs et les stations thermales à travers l'Autriche et la Hongrie.

L' euroVelo 14 constitue une importante liaison est-ouest et croise les routes EuroVelo 7, 9 et 13.

Nous traversons de très jolis villages, les montagnes sont verdoyantes. La petite route que nous empruntons est une succession de montées et de descentes.

Vers midi on s'arrête pique niquer au bord d'un petit lac...il fait très beau, on est dimanche beaucoup de cyclistes passent par là, des gens pêchent dans le lac.. on resterait bien là.

On se décide à repartir mais le vent s'est levé, l'itinéraire se situe dans une très large vallée typique des Alpes, des vallées en auge. Il n'y a rien pour arrêter le vent. J'essaie bien de me caler dans la roue de Béatrice qui avec le VAE peut avancer plus facilement mais c'est un peu compliqué de réguler nos allures. Le profil de la route est aussi difficile, il y a beaucoup de ruptures de pentes, bref on avance péniblement à 10 km/h...la route longe aussi une autoroute et le bruit des voitures est abrutissant.

En regardant sur la carte on voit qu'il y a une ligne de train, très nombreuses en Autriche, on décide de s'arrêter et de terminer le parcours en train...les trains en plus s'arrêtent dans presque toutes les gares.


Le gare se trouve à 500 mètres du camping où nous avions choisi d'aller ce soir.

Il est situé au bord d'un lac...ce soir le vent s'est calmé on verra demain...

Une superbe étape en pleine montagne

Le vent est tombé dans la nuit...il pleuviote ce matin, il fait frisquet mais on est à près de 700 mètres d'altitude. La route vélo serpente dans les champs dominée par les montagnes aux pentes douces. L'Autriche possède peut-être le plus beau réseau cyclable du monde en milieu de montagne. Sur ces toutes petites routes ne passent que les engins agricoles, il n'y a quasiment jamais de voitures. C'est un magnifique terrain de jeu pour les cyclistes qui évoluent ici en toute sécurité et dans un cadre magnifique.

De temps en temps on aperçoit juché sur des aplombs rocheux des anciennes forteresses ou des châteaux.

Pique nique du midi près d'une fontaine à l'entrée d'un village.

À plusieurs reprises nous empruntons différents itinéraires le dernier du parcours sera le R19.

Après le pique nique, une montée difficile nous attend, avec des pentes qui oscillent par moments à plus de 15 %. Nous arrivons sur une forme de haut plateau où se trouve une station de ski. .

J'étais venu ici en avril 2018. C'était grand soleil dans les villages sous les toits des maisons il y avait encore de gros paquets de neige mais la vélo route était praticable.

Le tremplin du saut à ski.. impressionnant...en France celui de Lans en Vercors est pas mal non plus.

Et puis ensuite c'est une jolie descente qui nous amène au camping.


En traversant de jolis villages...

Cette fontaine est dédiée à notre ami Jacques qui sculpte chez lui de belles statues en bois..

Fin de soirée au camping... où nous avons reçu un très bel accueil de la part de la propriétaire qui nous a mis à disposition une table et des chaises longues qui furent les bienvenues.

Une étape "entre 15 et 23 %" ...

La journée allait être difficile, nous avions pris nos aises pour le petit-déjeuner...

Béatrice ramenait les croissants commandés la veille au camping. Moi je me faisais des œufs au plat...nous avions choisi d'aller jusqu'à Salzburg, La distance était un peu longue mais cela nous semblait faisable. Sauf que j'avais mal observé le relief sur les smartphones on se fait facilement piéger. Une côte dont la moyenne est à 5 % se révèle souvent sur le terrain bien plus dure car elle ne monte que rarement de manière uniforme et on a du mal à voir les portions qui parfois redescendent sur 500 m, font perdre du dénivelé et du coup on se retrouve avec des pourcentages un peu monstrueux..




.

Ici 23 % c'est le record de la journée et coup de bol c'était en descente mais avant pour y monter il y avait du 17 %...et durant la journée on va se retrouver à grimper des routes très difficiles, certes jamais trop longues mais à la fin les jambes et le corps finissent par dire "ça suffit !"

Ça c'était pour le physique...mais on a le mental aidée en cela par un paysage superbe entre hautes montagnes.

...torrents, belles vallées

Forêts immenses...

Routes vélo longeant les lacs.

Superbes villages accrochés au bord du lac...

Et c'est comme ça que bien carbonisé on se retrouve au camping de Salzburg totalement blindé car ce prochain week-end se déroule un énorme festival de musique électronique...on ne le savait pas...on venait visiter la ville de Mozart...on se retrouve avec un helfestt bis..joueront-ils la " Petite musique 🎶 de nuit " ou la " marche turque" ?

Publié le 6 juillet 2023

Mozart à toutes les "sauces"

Salzbourg compte 159 108 habitants, constituant la quatrième ville la plus peuplée d’Autriche après Vienne, Graz et Linz. C’est la ville natale de Mozart. Von Karajan est également né ici. Mais Belphegor, groupe autrichien de death / black metal est originaire de cette ville…formant ainsi l’alliance de la musique 🎶 classique et du hard-rock !

Salzbourg est parfois surnommée « la ville aux cent églises ».

La cathédrale Saint-Rupert de Salzbourg est une cathédrale baroque du XVIIe siècle située dans la ville de Salzbourg en Autriche. Elle est dédiée à saint Rupert de Salzbourg. C’est dans cette cathédrale qu’a eu lieu le baptême de Mozart.

Cet édifice est remarquable, je n'avais jamais vu dans une cathédrale des balcons comme ici. C’est un style baroque on peut ne pas aimer...

Symbole de la ville consacré à la musique, on observe également sous la coupole quatre orgues...


Bien évidemment on voit également le grand orgue. Nous assisterons ici à un concert d'orgues.


La forteresse de Hohensalzburg, située sur la colline de Festungsberg et surplombant la ville depuis le XIe siècle est la plus grande d’Europe.

Il faut monter à cette forteresse car on a une vue panoramique sur l'ensemble de la ville et de ses environs. Comme c'est une journée touriste, c'est avec le funiculaire et non avec les vélos que nous accédons au château.

Ce qui donne tout son charme à Salzbourg, ce sont les rues de la vieille ville, véritable dédale composé de maisons et échoppes anciennes tout à fait remarquables.

Ce sont aussi ses multiples fontaines.

Ses statues célébrant l'esthétique des corps.

Ses jardins comme ici au parc Mirabell.

Si vous aimez la musique classique vous serez comblés, les concerts sont permanents et ils ont lieux dans des lieux magnifiques comme ici à la chapelle Mirabell.

Oui Mozart est ici mis à toutes les sauces !

Arrivée en Allemagne

Nous partons ce matin de Salzbourg pour nous rendre au lac de Königssee dans les Alpes bavaroises. La distance est très courte, un peu plus de trente kilomètres, mais le trajet nous semble difficile, il y a très peu de dénivelé, c'est un long faux plat montant et sur la fin nous roulons dans un chemin agréable mais marqué par des montées et des descentes courtes qui ne permettent pas de garder un rythme régulier. Il faut dire que nous commençons à sentir la fatigue voilà maintenant trois mois que nous sommes partis...ce n'est pas seulement le vélo 🚲 🚲 mais aussi la vie pas toujours très confortable en camping...


Et aujourd'hui près du lac, le camping est une honte. On dirait un terrain vague...avec des caravanes et des campings cars dans tous les sens et on nous propose un bout de terrain pour 42 € !!! Record battu ! Et ici compliqué de bivouaquer nous sommes dans le parc national de Berchestgaden. De plus notre tente ⛺️ ⛺️ est assez grande et peu discrète. Donc on reste pour la nuit ici...dommage les montagnes et le lac sont splendides...


Le village très touristique de Schönau...

Le lac ..pas besoin de commentaires...

Et cela change de ma dernière venue ici ....

C'était en avril 2019...il neigeait...

Pour les personnes intéressées par l'histoire, c'est à Berchestgaden qu'Hitler avait fait construire le Berghof en 1933. Il recevait ici les personnalités politiques.

En partie détruit après la guerre cet endroit longtemps tabou a été reboisé et abrite aujourd'hui un centre de documentation sur l'histoire du national-socialisme.

Publié le 9 juillet 2023

Repos ...et changement de programme

La chaleur, la fatigue du voyage nous incitent à revoir nos plans. Hier nous sommes partis de notre camping "pourri" du Königssee et nous avons pris un train pour aller vers le lac de Chiemsee. Dans la petite bourgade de Bergen nous avons trouvé un "vrai" camping ⛺️ ⛺️ à côté d'un vaste plan d'eau. Relax au programme et réflexion sur la suite du parcours.

Nous avions envisagé de nous rendre à Munich mais nous y renonçons à cause des trop fortes chaleurs des jours à venir (plus de 35⁰). Nous allons suivre le très bel itinéraire vélo qui relie le Königssee au Bodensee (lac de Constance), en longeant la chaîne des Alpes bavaroises.

Nous emprunterons ensuite l'EV6 qui longe le Rhin à la sortie du Bodensee pour aller vers Bâle, Mulhouse et Strasbourg où nous prendrons le 26 juillet le TGV direct pour Nantes (il prend les vélos et nous avons fait les réservations). C'est donc la dernière ligne presque droite que nous entamons.

Pluvieux et venteux au début ; très chaud sur la fin...

Nous allons donc suivre la Bodensee Königssee radweg durant cette semaine. C'est un itinéraire qui longe toutes les Alpes bavaroises d'est en Ouest.

C'est également l'un des nombreux chemins de St Jacques de Compostelle. Ici il s'appelle Jacobsweg. Pour les non germanistes (comme moi) weg signifie chemin...et vélo se traduit par rad d'où radweg qui est une vélo route.

Ici en Allemagne les radwegs sillonnent tout le pays. On peut se rendre partout en Allemagne en restant sur des voies vélos en site propre où uniquement réservées aux véhicules agricoles et aux riverains. Les itinéraires sont tellement nombreux qu'on s'y perd quelquefois. Les routes nationales sont souvent doublées par une voie vélo en parallèle. Et les allemands n'aiment pas trop voir les cyclistes sur les routes dédiées aux voitures...

Et c'est un vrai plaisir de rouler ici au pied des Alpes. En fin de matinée par contre le temps se dégrade, un vent violent de face se met à souffler, il commence à pleuvoir. On se réfugie sous un toit, ici ils sont larges, pour se mettre à l'abri. La pluie ne dure pas longtemps.

Nous reprenons la route après avoir mangé. Le ciel s'est dégagé. D'un seul coup la chaleur monte.

Nous traversons de très beaux villages. Les façades des maisons sont joliment décorées. La Bavière a su préserver et entretenir son patrimoine.

Les gasthaus sont accueillants. Pour les amateurs de bière c'est le paradis !

Et pour les pâtisseries et les glaces les bakerei sont aussi des pousse au crime..

Nous terminons l'étape dans une petite ville où un camping ⛺️ bien confortable nous attend...

Départ à 8 h 30 du camping de Bad Feilnbach, sous un beau soleil et en suivant la voie vélo Bodensee Konigssee comme nous l'avions défini en début de semaine. L'appli de Jean Paul nous oriente sur un autre itinéraire, sans doute plus facile, mais nous décidons de continuer sur cette route. La vallée entourée de montagnes est très belle. nous passons par des forêts qui ombragent le chemin. Bien sûr il y a du dénivelé ça monte ça descend, ça commence même à beaucoup monter au sortir de la forêt. À peu près 10% en moyenne sur trois kilomètres.

Au sortir de la forêt une petite église isolée. Toujours des maisons décorées de peintures et de fleurs, typique de la Bavière. Les maisons des villages ont aussi leurs fleurs et décorations sur les balcons dans les jardins.. Au loin, une grande ferme. Les odeurs de lisier nous parviennent fortement, même de loin. Les élevages de porcs sont importants, l'Allemagne est championne du monde de la charcuterie ! Mais la route n'en finit pas de monter et descendre.

Nous arrivons au lac de Schliersee que nous longeons pendant plusieurs kilomètres. C'est un lieu de villégiature pour les familles allemandes. Il fait très chaud, nous décidons de nous arrêter déjeuner au bord du lac. Il est midi et nous n'avons parcouru qu'une trentaine de kilomètres depuis 8h30.

Nous repartons "requinqué" et heureusement car nous attend un sentier pierreux très praticable au départ puis de moins en moins. Et les montées sont impressionnantes. Nous croisons essentiellement des touristes en VAE tout terrain et quelques sportifs en "vélo à assistance humaine". Le seul qui s'aventure sur ce chemin sans assistance électrique et vélo chargé c'est Jean Paul. Il arrive en haut de chaque pente épuisé. Puis reprenant son souffle il repart. Comment fait il ? Je ne sais pas.

Nous pensions avoir tout vu, mais non. C'est une montée pavée qui nous fait traverser un golf au sommet d'une montagne. Un bon kilomètre à plus de 12%.

Puis c'est la descente, en partie sur un chemin caillouteux tout en descente pendant 10 km. Nous arrivons à Bad Tolz. Il est 18 h et 65 kilomètres parcourus.

Ce soir il n'y aura ni camping ni tente à monter. Un appartement nous attend pour une nuit de repos. Nous l'avions réservé dans l'après midi compte tenu de notre état de fatigue.

Heureuse initiative, car vers minuit un orage nous réveille. Des trombes d'eau, du tonnerre, des éclairs, du vent. Qu'on est bien dans notre lit douillet.


Copie écran du parcours enregistré sur la montre de Béatrice.

En avril 2018, j'étais venu sur cet itinéraire, j'allais à Split rejoindre des copains pour naviguer au large de la Croatie. J'avais été hébergé chez un cycliste allemand de la région qui m'avait conseillé de prendre cet itinéraire. " Tu verras tu vas te régaler" m'avait-il dit...sauf que l'hiver était à peine terminé, le chemin était encore à moitié enneigé et en glace. J'avais vite repris une route plus facile. Cette année en été le parcours même non verglacé est toujours aussi difficile...je pense que cette étape a été la plus difficile de notre voyage... chapeau à Béatrice qui même avec son VAE a réussi une sacrée performance car il fallait vraiment monter sur ces chemins difficiles et ensuite maîtriser parfaitement le vélo chargé dans les descentes caillouteuses et casse gueule...ici c'est tout bon pour les gravel ! Mais pas vraiment pour nos vélos chargés et peu adaptés à ce genre de terrain...

Une étape plan-plan mais qui se termine par une belle montée pour arriver au camping

Pour se refaire une santé après la dure journée d'hier nous décidons de rester à Bad Tölz. En plus la météo n'est pas très bonne durant deux jours. Nous trouvons à côté de Bad Tölz une magnifique maison bavaroise qui loue des appartements, nous allons y rester deux jours pour nous reposer. Cette maison familiale est gérée par un couple très accueillant et chaleureux contribuant à faire de ce lieu un espace où il fait bon vivre. Une adresse à retenir pour revenir ici en hiver....


Alors que dehors il pleut et que la température est descendu sous les quinze degrés, l'appartement "respire" la chaleur !

Bad Tölz est une ville située au sud de Munich. Elle est traversée par l'Isar qui ensuite poursuit son cours vers la capitale bavaroise.

Béatrice va faire le tour de la ville et surtout des églises dont elle "rafole" ! En haut de la ville elle découvre une réplique d'un calvaire. La Bavière est une grande région catholique. La religion garde un pouvoir important. Le denier du culte est prélevé à la source sur les salaires. (Je ne sais pas ce qu'il en est pour les autres régions et les autre cultes). Mais les ecclésiastiques sont payés par l'État ou les landers. (idem en Alsace Lorraine...vieil héritage du concordat et de l'occupation allemande au 19ème siècle en totale contradiction avec la loi de séparation de l''Église et de l'État...)

Il faut bien quitter notre belle demeure. Ce matin le beau temps est revenu. Nous sommes reposés, le vent souffle dans le bon sens. La chaîne des Alpes se détache à l'horizon.Tout va bien.

Et encore des églises ! Ici c'est l'abbaye de Benedictum. Vaste bâtisse avec une église baroque couverte de dorures en veux-tu en voilà !

Nous poursuivons notre route sous une chaleur qui progressivement est montée.

Les cyclistes sont nombreux, ici au hasard d'une halte j'ai l'impression d'être un dinosaure. Il y a seulement deux vélos "musculaires"...

Après une belle montée assez douce dans un chemin forestier, nous arrivons à Bad Kohlgrub, petite station de montagne tout près de Garmisch Partenkirchen, sans doute la plus connue des stations de sports d'hiver allemande, mais il reste deux kilomètres évidemment très durs pour arriver au camping....

Les parapentistes nous narguent en faisant des arabesques au dessus de nos têtes...

Ce soir coucher de soleil flamboyant...

Canicule !

Nous commençons la journée de bonne heure. Il fait encore frais. Les montées et les descentes s'enchaînent assez facilement dans un super paysage vallonné.

De temps en temps des montées un peu plus raides font un peu mal aux cuisses pour nous rappeler qu'après trois mois de vélo, les muscles demandent à se reposer !

Parfois on a l'impression d'évoluer dans un immense terrain de golf ⛳️ ⛳️ ⛳️

Au loin les hauts sommets des Alpes se détachent,

Et puis au détour du chemin...(image du guide en français)

splendeur de l'art baroque/rococo... on n'aime ou on n'aime pas...l'église de Ŵies dite du sanctuaire "flagellé".

"Le miracle de la statue qui pleure" à l'origine et développement du pèlerinage


Haut lieu de pèlerinage pour celles et ceux qui croient au miracle ou à la magie...

En 1730, à l’occasion de la traditionnelle procession du Vendredi saint, le Père Magnus Straub et le Frère Lukas Schwaiger, moines Prémontrés de l’abbaye de Steingaden, créèrent un Christ à partir de morceaux de statues en bois. Après avoir recouvert de toile les articulations de la nouvelle statue, ils la peignirent. Le spectacle du Christ couvert de sang et de plaies s’avéra cependant si traumatisant pour les fidèles que la statue fut vite mise de côté.

II y avait quatre ans qu’elle gisait dans l’oubli dans le grenier de l’aubergiste de l’abbaye de Steingaden lorsque le 4 mars 1738, sa marraine, la fermière Maria Lory, vint la chercher pour l’installer dans sa ferme de Wies. Elle lui voua aussitôt une grande vénération. Le miracle de Wies se produisit pendant la prière du soir du 14 juin 1738 : Le samedi 14 juin au soir, de même que le dimanche matin, elle remarqua quelques gouttes sur le visage de la statue qu’elle prit pour des larmes. Ce miracle des larmes provoqua un afflux de pèlerins qui prit très vite de l’ampleur. ( cf. guide de l'église de Wries)


Nous sommes le samedi matin. Une cérémonie religieuse a lieu avec une chorale.

Après cette étape spirituelle, il n'y a pas de miracle pour nous, la chaleur est montée. La température approche les 35⁰, Et pourtant nius sommes relativement haut, nous évoluons entre 700 et 900 m.

Nous déjeunons dans une auberge et nous faisons un stop sur les bords du lac de Füssen.

Nous reprenons la route vers 16h00, la chaleur est toujours là, il y a peu d'ombrage, les côtes sont bien dures à monter.

Nous allons entrer dans les Alpes d'Allgäu qui font partie de la chaîne du Vorarlberg, entre les Alpes tyroliennes, le Lech et le lac de Constance. Elles donnent leur nom au pays environnant. L'Allgäu est un territoire s'étendant au sud-ouest de la Bavière ainsi que dans une petite partie du sud-est du Bade-Wurtemberg.


Nous nous installons dans un camping au bord du lac de Grütensee. Nous allons y rester deux jours pour s'y reposer, les températures doivent redescendre un peu...

Publié le 18 juillet 2023

Plus de jus !

Une étape pas plus difficile que ça ...mais on n'a plus de tonus.. passage d'un col à 1000 m d'altitude, longue descente vers Immenstadt où on s'arrête pour casser la croûte...Béatrice prend quelques photos...

Les cyclistes sont en nombre...



On repart vers Oberstaufen et par une descente rapide nous arrivons au camping de Aach à la frontière de l'Autriche...demain nous aurons terminé la traversée de la Bavière par la très difficile radweg Königssee Bodensee. Nous arriverons à Bregenz, la ville autrichienne sur le bord du lac de Constance. Fini les côtes et les descentes, place au plat le long du lac...

Publié le 18 juillet 2023

Fin de la montagne, arrivée au lac de Constance...ça roule fort !

Réveil au lever du soleil

Et bon petit déjeuner bien complet...café, œufs fromage, yaourt....c'est vraiment notre dernière journée de montagnes...cela nous redonne du peps alors qu'hier on se traînait.

Nous partons dans l'air frais, il y a une trentaine de kilomètres à faire entre montées parfois avec des passages à 12 %...et descentes tout aussi rapides.

Un long col de près de 12 km avalé très rapidement au son des cloches des vaches qui paissent dans les alpages et voilà le sommet.

Au loin dans la brume on distingue les Alpes de l'Oberland...plus bas on devine le Bodensee.

..une superbe descente de six kilomètres et nous voilà à Bregenz...un vrai plaisir cette descente...il fait beau, il est tout juste dix heures du matin

Il ne reste plus que quelques kilomètres à faire sur la large piste cyclable pour atteindre Lindau, le très beau port allemand à l'extrémité Est du lac de Constance.

C'est là que se termine la Königssee-Bodensee radweg. Nous l'aurons faite dans sa quasi intégralité. C'est un itinéraire magnifique à travers toute la Bavière. Il est très difficile pour les cyclistes à vélos " normaux" ...car les pentes par moments sont très rudes parfois au delà de 15 %. Une bonne partie de l'itinéraire n'est pas asphalté, ce qui accentue la difficulté surtout avec des vélos chargés.

Je connaissais déjà cet itinéraire mais l'ayant fait en conditions un peu hivernales, j'avais zappé les portions plus difficiles. Gros coup de chance aussi, nous avons eu globalement du beau temps, les deux jours de pluie nous étions au sec...en appartement. La Bavière est une région très pluvieuse et on peut se retrouver ici avec une semaine complètement pourrie...

Alors voilà maintenant on continue notre chemin le long des rives du lac...il y a beaucoup de monde...ce sont des pelotons de cyclistes de tous âges qui se promènent ici...en bas des coteaux où la vigne est cultivée.

Les photos "insolites " de Béatrice....

Et notre camping du soir en bord de lac ...tout complet...Béatrice a pleuré auprès du proprio pour qu'il nous accepte...au bout de 100 bornes ça commençait quand même à fatiguer !

Fin du lac de Constance et début du Rhin

Ce matin nous continuons à longer le lac. On voit qu’ici c’est une classe sociale aisée qui vit sur ces rives du Bodensee. Anciennes demeures de l'empire, grandes villas plus modernes, marinas qui se succèdent. Le lac de Constance pour les riches allemands est la côte d'Azur...moins huppé que le lac Léman, ce lac est un territoire recherché pour y résider.

Arrivés à l'extrémité du lac, par une très longue montée en faux plat puis une belle descente nous atteignons Radolfzell. Nous roulons maintenant sur l'eurovélo 6. L'itinéraire européen qui relie l'estuaire de la Loire au delta du Danube dans la mer Noire. Un très bel itinéraire permettant de découvrir de multiples pays et des grandes capitales comme Vienne, Budapest, Belgrade et en faisant quelques détours on peut facilement aller à Bratislava et à Bucarest.

Il nous suffit maintenant de suivre cet itinéraire pour rentrer à Nantes. Comme on est un peu fainéant on le laissera à Bâle pour rejoindre Strasbourg mercredi prochain.

Après Radolfzell nous continuons sur cet itinéraire EV6. La chaleur est très forte et un violent vent chaud de Sud-ouest nous fatigue beaucoup. Les bateaux dans les marinas sont bien secoués. On a l'impression d'être sur la côte...À Stein an Rhein nous entrons en Suisse, c'est ici que le Rhin débouche du Bodensee. Nous franchissons ce fleuve par un petit pont pour rejoindre un camping qui se trouve sur l''autre rive. Une petite plage permet de se baigner.. super rafraîchissement...

Cuisine du soir et...

Dessert nous sommes en Suisse !

Une très belle étape le long du Rhin

Nous commençons par un stop dans la superbe petite ville de Stein an Rhein. Hier notre camping était de l'autre côté de la rive du Rhin.

Nous traversons tranquillement la ville. Ce matin il est 8h30 et il y a peu de monde, tout est très calme.

Nous poursuivons notre route pour atteindre ensuite Diessenhofen, une autre jolie ville. Un pont recouvert d'un toit en bois enjambe le Rhin. Ici nous sommes revenus en Allemagne et de l’autre côté c'est la Suisse. Toute la journée nous passerons d'une frontière à l'autre sans vraiment nous en apercevoir. Le Rhin n'est pas forcément la frontière naturelle comme on pourrait le penser.

Direction Schaffausen par l'EV6,

Tous les itinéraires cyclables semblent partir de Schaffausen !

À la sortie de la ville, ce sont les Rheinfalls, le Rhin qui a traversé le lac de Constance continue sa course furieuse et tumultueuse à travers ces rochers. La hauteur de ces chutes est de 23 mètres.

La piste remonte ensuite à travers bois par un chemin gravillonneux et très agréable.

Vers midi petite halte déjeuner dans le beau village suisse de Wil.

Merci à Ernst son banc nous aura servi pour le pique nique....

Nous repartons vers 13h00, comme hier le vent s'est levé et souffle fort de face...nous sommes revenus en Allemagne à Waldshut/Teingen où nous trouvons un petit camping à l'extérieur de la ville...


Dernière semaine, derniers jours de ce voyage de trois mois à vélo. Samedi nous serons à Mulhouse. La bière est bonne ! À notre santé !

Petite étape tranquille

Ce matin départ tranquille pour rejoindre le village de Frick (normal c'est en Suisse !)

On roule assez vite, car la pluie ☔️ ☔️ est annoncée, finalement il y aura quelques gouttes sans plus...

Pas grand chose à dire sur cette journée très cool chez les helvètes.

Publié le 25 juillet 2023

Retour en France....

Départ de bonne heure ce matin...le vent d'ouest sud ouest doit se renforcer en fin de matinée. Du coup on va très vite sur la première partie du parcours qui mène à Bâle pour éviter ce vent de face.

Bâle où nous avions séjourné en juin 2021 sur le parcours qui nous avait emmené vers Copenhague en suivant le Rhin jusqu'à Cologne...

Ville très belle, agréable lorsque l'on suit les berges du Rhin.

La sortie de la ville en direction des frontières allemande et française est par contre peu intéressante, zones commerciales, zones industrielles...nous voilà donc revenus en France après 18 semaines....nous longeons le canal de l'Ill au Rhin qui conduit à Mulhouse où nous retrouvons un camping très bien aménagé pour les cyclistes...abri vélos, petit outillage, salle commune on aimerait des campings comme cela plus souvent.

Par contre pour la petite histoire alors que durant tout notre voyage nous n'avons jamais été victime de vols ou autres désagréments en allant faire des courses au market tout proche, on m'a piqué mon petit outillage dans ma sacoche de selle.. un peu minable et vexant car j'avais un multitool brooks auquel je tenais qui a disparu...merci pour ce retour en France...

Rassemblement de fans des deudeuches...et autres Citroën...très vintage...

Publié le 26 juillet 2023

Une étape rapide pour passer entre les gouttes...

Dimanche matin au camping de Mulhouse, mini tornade...en quelques minutes la tente se retrouve dans une "piscine", grêle, vents violents, coups de tonnerre, la tente tient bon...l'eau n'entre pas à l'intérieur, j'ai eu le temps de mettre tout ce qui était sous le auvent à l'abri.

Par contre des arbres et des grosses branches sont tombés et deux caravanes sont détruites, heureusement aucun blessé n'est à déplorer.

On se réfugie dans l'abri vélo....puis une fois le calme revenu on change la tente de place pour la mettre à un endroit moins humide...

Le lendemain matin nous partons vers Sélestat où nous avons réservé un appartement. Les prévisions météos sont plutôt mauvaises mais en partant de bonne heure on devrait rouler vite car le vent vient du sud et la pluie est annoncée vers 13h00. Bien vu, les prévisions sont juste on roule en permanence à plus de 25 km/h durant les quelques 80 kilomètres du parcours... et nous arriverons pile poil avant la pluie.

Sur la route beaucoup de branches d'arbres jonchent le sol. Parfois des arbres sont tombés témoignant de la violence de la tempête d'hier. Les premiers 30 kilomètres sont agréables, d'abord en longeant le canal de l'Ill au Rhin, puis ensuite en sous bois.

Par contre les 50 kilomètres qui suivent se déroulent entre les champs de maïs qui semblent avoir le monopole des cultures dans la plaine alsacienne...rien de vraiment enthousiasmant. En sens inverse de notre parcours on croise pas mal de cyclistes en mode ultra light. Apparemment il y a une épreuve cycliste de longue distance, mais j'aurais beau chercher sur le web je ne trouve pas de compétition de ce type en France ou en Europe actuellement...(ces types d'épreuves restent encore confidentiels...)

Sélestat est une très belle ville typiquement alsacienne avec ses maisons à colombages.

Nous logeons dans une maison traditionnelle, joliment aménagée en duplex avec une chambre accessible par une échelle de meunier, il vaut mieux être bien "valide" pour habiter ici...sous les toits.

Depuis notre arrivée à Sélestat il pleut. Pour nous réconforter une seule solution. Dîner dans un restaurant typique alsacien d'une délicieuse choucroute et d'un verre de vin blanc ( riesling) pour Béatrice. Après tout va beaucoup mieux.

Dernière étape....

Le voyage à vélo prend fin...c'est notre dernier jour. Au bout de cette étape c'est la gare de Strasbourg et le TGV pour rentrer à Nantes. Nous quittons Sélestat avec toujours un vent de Sud-ouest qui nous pousse sans difficulté dans le Lied (la plaine alsacienne) où picorent quelques cigognes.

Les pistes cyclables serpentent toujours à travers les mornes champs de maïs...mais aujourd'hui contrairement à hier nous traversons de nombreux villages avec les belles maisons à colombages.

À 15 kilomètres de Strasbourg nous rejoignons le canal de l'Ill...le chemin de halage bordé par de majestueux platanes nous mène droit à l'entrée de la ville. Encore quelques kilomètres et nous sommes à la gare. Le voyage prend fin...au bout de 106 jours et 4400 kilomètres.

À bientôt pour une conclusion...

Béatrice et Jean Paul

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Publié le 29 juillet 2023

Conclure un écrit est toujours un exercice difficile. Depuis trois ans Béatrice voyage avec moi à vélo. Nous avions fait un premier essai à l'été 2020 en faisant le tour de la Vendée. Cette première expérience fut une découverte pour elle qui avait très peu pratiqué le vélo et loin de la rebuter nous avons au contraire voulu aller plus loin, et l'année suivante.... sur un VAE "bicloo" loué à Nantes Métropole nous sommes partis de Genève. Nous avons remonté le Rhône jusqu'à sa source puis en suivant le cours du Rhin jusqu'à Cologne nous avons rejoint Copenhague. Du Danemark pour revenir en France nous avons longé les côtes de la mer du Nord aux Pays Bas puis la Meuse et la Moselle pour revenir en France vers Mulhouse.

Béatrice était devenue alors "addict" au voyage à vélo et nous avons alors investi dans un VAE pour poursuivre plus loin nos périples.

Grâce à Jean-Paul j'ai pris goût à la découverte du voyage à vélo dans son itinérance, aller d'un endroit à un autre, découvrir chaque jour une nouvelle route un nouveau paysage, des compagnons de route. Je suis complètement admirative de la force de Jean Paul, de son endurance. J'ai même du mal à le suivre avec mon VAE, sauf dans les côtes où je me fais plaisir en le doublant. Si la première année je me suis complètement laissée guider, cette année nous avons partagé l'itinéraire, le choix des lieux visités. Chacun à soutenu l'autre au moment les plus difficiles pour faire de ce voyage une aventure à deux.


C'est comme cela que l'an passé nous nous sommes retrouvés au Cap Nord, voyage difficile dans le vent, le froid, l'humidité mais l'environnement et les paysages somptueux compensèrent largement ces dures conditions météorologiques.


Cette année pour bénéficier d'un temps plus clément nous avons fait le choix de partir vers les rives de la Méditerranée et de l'Adriatique. En partant au printemps nous avons fait le bon choix car nous n'avons pas vraiment eu des journées trop chaudes. (sauf un peu sur la fin en Allemagne). Si l'Italie n'est pas toujours très facile pour y rouler à vélo, ses richesses patrimoniales nous ont enchantés, l'accueil et le contact avec les habitants ont toujours été très sympathiques.

C'est sans doute l'Albanie que nous aurons le plus apprécié. Pays décalé par rapport aux autres, ces habitants sont toujours prêts à rendre service, curieux, accueillants, ce pays souffre sans doute trop de sa réputation sulfureuse de trafics en tout genre. C'est vrai la proportion incroyable de voitures haut de gamme présentes dans ce pays pauvre interrogent sur leurs provenances. Les énormes investissements touristiques réalisés par des promoteurs peu scrupuleux et sans doute pas les mafias font craindre le pire pour l'avenir de ce petit pays. Mais il reste une Albanie rurale et intérieure très riche de ses cultures et de son histoire qui respire une réelle authenticité.

Nous aurons aimé les côtes croates mais un peu moins la conduite dangereuse des automobilistes croates.

En arrivant en Slovénie, nous entrons dans un petit pays montagneux où circuler à vélo devient plus simple. Séduisant pays et facile d'accès, le lac de Bohinj est une pépite encore peu connue, il faut en profiter sans trop faire sa publicité car il pourrait devenir surfréquenté comme son voisin, le célèbre lac de Bled.

La capitale Ljubljana est une petite Copenhague dont l'architecture et son urbanisme rappelle la puissance de l'empire austro hongrois.


Sur la route du retour, rouler en Autriche c'est parcourir un pays alpin aux itinéraires vélos toujours bien tracés entre forêts, alpages, villages aux chalets fleuris dont les vastes toits nous rappellent qu'il peut pleuvoir et neiger beaucoup en hiver.

Enfin la traversée de la Bavière d'Est en Ouest si elle fut superbe nous fit mal aux muscles tant l'itinéraire vélo du Königssee au Bodensee fut exigeant et difficile.

Les rives du lac de Constance et le retour vers la France en longeant le Rhin jusqu'à Strasbourg nous aurons offert une belle récupération, les côtes et les descentes progressivement ne furent plus que des souvenirs et le vent de sud nous aura propulsé presque sans effort vers la gare de Strasbourg.

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La roulante balade de Béatrice et Jean-Paul 

Auteur : Jacques Nicolle

D’hier à aujourd’hui et peut-être demain,

Le nez au vent et sur la selle l’arrière-train,

Du matin au soir les pieds rivés aux pédales,

Voilà l’sud d’Italie si loin de Peymeinade.

À la tombée du jour, quand ce n’est de la pluie,

Ils cherchent un naturel gîte pour la nuit.

Ou, las de rustiques couches rêvent d’un vrai lit,

Et s’courbent sur le WEB avec l’oeil qui luit.

Près d’villes historiques aux peintures enivrantes,

Acceptent caresses tôlières d’ritales autos,

Se délectent du legs florentin de Giotto.

Enfin du sud Pouille l’Adriatique enjambant

Atteignent rives D’Ulysse puis frontière d’Albanais,

Où l’aventure reprend si l’chargeur libérait

L’énergie shimanesque à Bea nécessaire

À égaler d’Jean-Paul les muscles septent’naires.

Quand un matin le triste NO du Shimano,

Contraignit notre imaginatif duo

D’s’enterrer en Split, via l’albanaise Mercedes,

Pour subir Croate absence d’charge japonèse.

Puis l’accueillante, verdoyante Slovénie offrit

L’arpion d’Jean-Paul aux crocs d’cannibales goupils,

Et sans rougir, compatissant parcours santé,

Puis voie ferroviaire pour pallier l’infirmité.

Enfin l’Autriche vallonnée,

L’Allemagne bien gravillonnée,

Un' persistante canicule…

Et ils en eurent plein le "cul"

Pour d’un réel coup de reins Suivre les rives du Rhin,

Réserver deux places de train,

Pour à Vertou inscrir' FIN.

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Jacques Nicolle est un ami de jeunesse. Nous nous étions perdus de vue depuis près de 50 ans et nous nous sommes retrouvés à l'été 2019 alors que je terminais la traversée à pied des Alpes du Nord au Sud par le GR 5. Il vit près de Cannes à Peymeinade et c'est de chez lui que nous avons débuté ce voyage à vélo. Après une belle carrière professionnelle comme ingénieur et consultant, Jacques est aussi écrivain. Outre un ouvrage professionnel "Le management par projet", il a publié "Mozart a raté l'avion" et "Errances" qui racontent ses souvenirs de randonneur et d'alpiniste sous une forme onirique. C'est avec Jacques que j'ai commencé dans les Pyrénées la haute montagne, c'était en 1967...Jacques ensuite installé dans le sud de la France a poursuivi les randonnées et les courses alpines. Le guide de haute montagne, Hervé Gourdel, assassiné en 2014 par des terroristes islamistes en Algérie, était l'un de ses grands amis avec qui il avait fait de très belles courses. Il lui rend hommage dans "Mozart a raté l'avion". Merci à lui de nous offrir cette belle conclusion.

Voilà donc la fin de ce récit de voyage. Nous remercions toutes celles et ceux qui nous ont suivis, encouragés. Nous n'avons pas toujours répondu car souvent le soir la fatigue nous gagnait...c'est avec plaisir qu'à l'occasion de nos rencontres nous échangerons avec vous sur ce beau voyage.

Béatrice et Jean Paul