Carnet de voyage

El Camino

Dernière étape postée il y a 36 jours
Mon chemin jusqu'à St Jacques de Compostelle par le Camino Francés.
Du 5 septembre au 5 octobre 2017
31 jours
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*31/08/2017

Réveil à 7h00 ce matin, je n'ai pas vraiment réussi à dormir, trop excitée par le premier jour de cette nouvelle aventure que j'attends depuis 2 ans. Il y en a eu d'autres entre temps, mais celle-là je le sais sera différente... Je prends mon petit-déjeuner puis embrasse mes parents qui partent travailler avant de finir mon sac qui est quasi prêt depuis déjà dimanche, vu que j'avais prévu de partir ce jour-là mais un gros rhume m'a fait reporter de 3 jours mon départ. Mieux vaut partir en forme.

Je ferme la porte de chez moi et pars à pied en direction de la voie rapide qui va vers Nantes. J'ai prévu de faire un peu de stop sur la partie française pour gagner du temps. Il me faut presque une demie-heure pour trouver une voiture qui va en centre-ville de Nantes. C'est un couple qui s'avère habiter à quelques centaines de mètres de chez moi. On se recroisera sûrement. Ils me déposent à 3km du centre que je rejoins ensuite à pied. Je vais faire tamponner ma Crédentiale à l'office de tourisme et achète un sandwich aux falafel à emporter pour plus tard. Je prends ensuite le tram pour sortir de la ville, en direction de l'aéroport, je me dis que de là-bas il y aura bien des gens qui iront vers Bordeaux. Une dame s'arrête. Elle est de Vertou et peux m'avancer un peu, du moins me déposer sur la bonne route qui va vers le sud. Il commence à pleuvoir, je lui dis de me laisser où il y a une station, ça me permettra de m'abriter si la pluie s'intensifie. Je ne sais pas exactement où je vais dormir ce soir, j'avais penser aller jusqu'à Bordeaux mais si je m'arrête à La Roche-sur-Yon ou Niort ça me va aussi, du moment que j'avance. Je n'ai aucun impératif au niveau de la date de retour. Un monsieur m'emmène ensuite jusqu'à la sortie de Montaigu. Je refais du stop juste avant le péage et une dame accompagnée de son fils me dépose à une autre sortie d'autoroute un peu avant Niort. De là je tente de repartir vers Bordeaux, beaucoup de voitures s'arrêtent mais toutes remontent vers Nantes. J'abandonne l'autoroute et marche jusqu'à un rond-point pour récupérer une nationale. Je n'ai même pas encore levé le pouce qu'une voiture s'arrête à mon niveau. 2 jeunes hommes qui me demandent où je vais. Je ne sais pas vraiment mais j'accepte qu'ils m'avancent un peu. Ce sont deux guyanais qui se rendent à Niort. Le conducteur m'informe qu'ils ont une course à faire et peuvent m'avancer de nouveau après. Très bien, j'ai le temps... Une fois leur affaire terminée, nous reprenons la route vers Saintes mais ils me déposent un peu avant, à la sortie de St Jean d'Angély.

Je commence à faire du stop pour Saintes ou Bordeaux mais me décide finalement passer la nuit ici. Je sais que c'est une ville étape sur le chemin de Compostelle qui arrive de Tours alors je marche jusque dans le centre-ville et trouve l'office de tourisme pour y faire mon tampon. J'en profite pour demander où je peux trouver un logement pour pélerin. Malheureusemeny le gîte de l'abbaye est fermé ce soir mais une dame que l'hôtesse d'accueil appelle, a une place pour moi ce soir. Je fais un tour dans le village, visite la fameuse abbaye et monte jusqu'aux tours avant de me rendre chez la dame qui m'accueille très chaleureusement chez elle dans une chambre tout confort pour moi toute seule.

Saint Jean d'Angély 
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*01/09/2017

La pluie a fait place au beau temps. Dès le réveil, j'ouvre la porte et aperçois les rayons du soleil qui me donnent déjà envie de partir. Je m'habille et vais un peu avant 8h chez Mme Texier qui doit m'attendre pour le petit-déjeuner. Elle m'a préparé un thé, des petites brioches et du pain grillé. Nous discutons pas mal mais a un moment il faut quand même que j'y aille. Je vais finir mon sac et la salue.

Je retourne faire un petit tour en centre-ville et prends le chemin de St Jacques qui descend vers Saintes. Je marche une bonne dizaine de kilomètres jusqu'au petit village de Fenioux. Les chemins au milieu des champs et des bois sont vraiment sympas et le temps est parfait, c'est agréable. Je ne croise par contre aucun autre pèlerin, juste les habitants des villages dans lesquels je passe.

A la sortie de Fenioux, je vois qu'il y a encore 24km jusqu'à Saintes, ça va me prendre trop de temps alors je fais du stop sur une petite route. La première voiture que je vois s'arrête, c'est un gitan qui m'emmène quelques kilomètres plus loin, puis un autre monsieur me dépose à l'entrée de la ville de Saintes. Je vais à pied jusque dans le centre pour faire tamponner ma crédentiale à l'office du tourisme et visiter l'église, puis je marche de nouveau vers le sud pour aller vers vers Bordeaux. Le mec qui s'arrête quand je fais du stop va beaucoup plus au sud de Bordeaux, vers Bayonne et au final il m'emmène avec lui presque jusqu'au bout. Je comptais m'arrêter à Bordeaux mais n'avais pas grand chose à y faire, je connais déjà et puis ressortir d'une grande ville en stop n'est pas toujours simple. C'est pas plus mal d'avancer un peu pour gagner du temps. Nico, mon chauffeur me dépose donc à Castets, un village en sortie d'autoroute. Il y a un gîte pour pèlerins ici mais il n'est que 17h30 et ce n'est pas très grand, j'ai peur de m'ennuyer alors je préfère continuer jusqu'à Dax. J'ai de la chance aujourd'hui, pour la 3ème fois, je n'attends pas du tout, la première voiture s'arrête. Un jeune homme me conduit jusque dans le centre de Dax. Mais le temps que je trouve l'office de tourisme pour me renseigner sur les hébergements de pèlerins, il est 18h10 et c'est déjà fermé... je trouve une connexion internet et envoie un message sur Couchsurfing à la seule personne de Dax qui s'est connectée dans la journée, Mathieu, un breton. Je fais un tour en centre-ville le temps qu'il me réponde (s'il me répond, rien est sûr...). Puis je découvre qu'il y a bien un gîte à Dax mais il faut marcher un peu, alors je me dirige dans sa direction. Mais sur la route je reçois un message de Mathieu qui me dit que si je suis toujours à la recherche d'un logement, il peut m'héberger. Je fais 2-3 courses et me rends chez lui à pied.

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*Du 02/09/2017 au 04/09/2017

Une douleur me prend dans la cuisse. Quand j'arrive à Cambo-les-Bains, je déjeune et fais une demande de Couchsurfing dans la ville car je ne peux plus avancer. Je m'arrête même voir un médecin que me parle de tendinite et de repos pendant 2 semaines... Je ne comprends pas, je n'ai même pas encore commencé le vrai chemin que je suis obligée de m'arrêter! Je vais passer le week-end tranquille et on verra ensuite, mais hors de question de rentrer chez moi après seulement 2 jours. Jean-Gonzague accepte ma demande d'hébergement pour le week-end. Nous faisons quelques petites balades aux alentours de Cambo sans trop forcer. Le lundi, je prends le risque de repartir: petite étape en stop jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port où je visite et trouve une auberge de pélerins à 10€ la nuit.

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*05/09/2017 (10km)

Un ami de Jean-Gonzague m'a parlé d'un pélerinage de nuit qui a lieu tous les premiers mercredis de septembre. Et ça tombe demain. Je me dis qu'il serait bien de commencer l'aventure par une nocturne, mais quand je demande des informations à l'office de tourisme où dans l'église du village, personne ne sait me dire l'heure et l'endroit du départ. De toute façon, je ne compte pas rester ici, je décide d'avancer un peu dans les montagnes où je planterai ma tente et me lèverai de bonne heure demain matin pour rejoindre les pélerins en route. Je fais une pause déjeuner au refuge d'Orisson qui affiche déjà complet pour la nuit. Je pense à aller camper un peu plus loin alors je traîne un peu en terrasse,, profite du soleil et échange avec les pélerins. Certains m'informent qu'ils ont réservé plusieurs mois à l'avance leu chambre ici. Moi je vis au jour le jour en fonction de l'énergie que mon corps me donnera.

Vers 16-17h, le brouillard arrive et je me dis qu'il est temps que j'avance pour trouver un endroit pour poser ma tente. J'arrive à la fameuse Vierge de Biakkori, protectrice des bergers, mais ai du mal à la trouver tellement le brouillard est dense.

Je continue ma route encore un peu. J'entends les cloches des vaches et des moutons autour mais ne voit pas plus loin qu'à 10m devant moi. A un moment, une voiture s'arrête à mon niveau et l'homme au volant me dit: "Tu ne vas quand même pas dormir dehors de ce temps là!, J'ai une cabane à Biakorri, y'a à boire, à manger et en plus ça ne te coûte rien". J'accepte son invitation et monte dans sa chichinette après qu'il m'ait promis de me déposer ici vers 5h00 du matin le lendemain. Patrick est un berger d'une cinquantaine d'année qui vit ici l'été avec ses chiens et son troupeau. Il a su qu'une fille seule allait camper par le patron du refuge d'Orisson à qui j'avais fait part de mes intentions. Patrick reçoit des pélerins à l'occasion et a même un cahier dans lequel on lui laisse des petits mots. Je ferai de même avant mon départ pour le remercier de son accueil. Le soir après un bon repas et avoir vu les chiens ramener le troupeau, je me couche assez tôt pour être en forme demain.

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Publié le 5 septembre 2017

*06/09/2017

A 5h30 Patrick me dépose à l'endroit où il m'a trouvé hier, nous croisons quelques pélerins éclairés par leur frontale. Je remercie mon hôte pour son accueil et commence mon pélerinage de nuit. J'avance à mon rythme, , je prends les chemins forestiers bien que contrindiqué à cette période. Avec la brume matinale on se croirait dans la forêt interdite de Harry Potter. J'aime cette ambiance. Je ne croise qu'un couple. A la sortie des bois, je retrouve un peu plus de pélerins. Je traverse la frontière entre 7h et 8h et arrive à Ronceveaux vers 9h30.

Il pleut et impossible de s'abriter dans l'église qui est déjà bondée pour la messe de 10h. Après une pause petit-déjeuner dans les toilettes, j'assiste 2 minutes à la messe de l'extérieur puis reprends ma route. Je ne vais quand même pas m'arrêter à 10h30. Bien que je sens que quelques ampoules se former sur mes talons, je suis en forme et mes jambes m'emmènent jusqu'à Zubiri. Il est 17h, les auberges affichent toutes complètes mais une dispose d'un gymnase dans lequel on peut y mettre un matelas et profiter des douches et de la cuisine pour 3€. C'est parfait pour moi.

Après m'être lavée, je vais faire quelques courses et cuisine mon dîner. Je fais la connaissance de Julien et d'Alexandre, 2 gars d'Arras qui sont partis de chez eux il y a déjà plus d'un mois.

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Publié le 17 mai 2019

*07/09/2017

Ce matin, impossible de mettre mes chaussures de rando à cause de mes ampoules de la veille. Même bien protégées par des pansements, elle me font mal et m'empêche de faire un pas. Je tente avec mes baskets légères mais au bout d'un kilomètre, même problème. Je ne veux pas m'arrêter pour autant, il me reste la solution de secours: mes tongs. Je suis habituée à marcher en tongs ce n'est pas un problème. On verra combien de kilomètres je peux faire avec.

Au final, j'arrive jusqu'à Pampelune où je trouve un couchsurfer pour m'héberger. C'est jeudi soir et le jeudi à Pampelune, c'est soirée Cañas-Tapas qui attire beaucoup de monde. Les gens sont assis par terre dans les rues. L'ambiance est joyeuse.

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*08/09/2017

Je continue de marcher en tongs pour aujourd'hui.

J'arrive jusqu'à Puente-La-Reina où je retrouve les gars français d'Arras mais les auberges sont pleines dans ce village. Après le dîner, je sors de la ville par le fameux pont et trouve un petit parc pour planter ma tente pour la nuit.

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*09/09/2017

Je me réveille sous la pluie. Mes pieds vont un peu mieux, je peux remettre mes chaussures tout en protégeant bien mes ampoules pour ne pas les agraver. Je plie ma tente et me mets en route direction Estella.

Je retrouve les français en fin d'étape avec un groupe de jeunes italiens et espagnols. Nous trouvons une auberge où nous pouvons tous dormir cette fois. Nous partageons les courses et préparons un repas tous ensemble.

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*10/09/2017

Direction Torres del Rio aujourd'hui. Je rencontre Beth, una infirmière américaine en fin de matinée avec qui je déjeune et marche jusqu'en fin d'étape.

Beth a réservé un lit dans une auberge du village de Torres del Rio. Le village est petit et ça a l'air d'être animé. En effet en plus des nombreux pélerins, c'est aussi le jour de la fête du village. Des tables sont installées sur la place centrale ainsi qu'une scène. Je m'arrête ici moi aussi, mais je vais dans une auberge différente car les 2 premières affichent complètes. En fin d'après-midi je retrouve le groupe de jeunes d'hier. Nous passons un bon moment avec les locaux et leurs foulards rouges.

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Je commence à marcher avec le groupe d'hier soir. Nous nous arrêtons dans un village prendre un café puis eux s'arrêtent à Logroño à 12h45, l'auberge n'est même pas encore ouverte alors je trouve un resto vegan pour déjeuner et continue ma route. SI je prends de l'avance je suis malheureusement presque sûre de ne plus les recroiser. C'est dommage mais j'aime bien marcher l'après-midi, il fait un peu plus chaud mais il y a moins de monde, c'est tout aussi agréable.

Je reprends donc ma route et rencontre Christan, un monsieur nantais avec qui je fais le chemin jusqu'à Navarette où lui s'arrête en auberge et où moi je plante ma tente à la sortie du village.

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Je marche jusqu'à Najera où je m'arrête déjeuner.

J'arrive à Cirueña (un village fantôme), où je retrouve Christian. Les 2 auberges du villages sont complètes et nous marchons ensemble les 5km qui nous séparent de la prochaine ville. Nous arrivons à Santo Domingo de la Calzada éreintés et trouvons enfin une auberge pour nous accueillir ce soir.

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Le chemin d'aujourd'hui n'est vraiment pas intéressant, il est plat et longe une grande route. A Belorado certaines auberges disposent d'une piscine pour se détendre un peu. Je m'arrête assez tôt aujourd'hui et profite de l'après-midi pour laver mon linge.