Carnet de voyage

Au gré du vent

J
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Dernière étape postée il y a 41 jours
Par JeffO
Partir découvrir le monde doucement, à la rencontre des gens, de leur culture, de leur cuisine et des paysages.
Du 3 juillet 2018 au 20 juin 2019
353 jours
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Capitale déchue, reléguée au rang de ville de second ordre qui ne rend absolument pas honneur à son histoire captivante. Un peu crasseuse, elle cache quelques petits sites d’intérêts. Le musée maritime, installé dans une réplique d’une caraque portugaise, donne un aperçu de l’histoire de la Malaisie.

Musée maritime à Malacca 

Nous avons aussi passé une journée dans l’immense complexe qui comprend la résidence du gouverneur, le Stadthuys. Nous avons déambulé dans les petites rues du heritage trail, un brin ennuyeuses avec leurs boutiques exclusivement destinées aux touristes Chinois, bonbons au durian, restos chinois (malhonnête en plus), boutiques de thé, etc...

Melaka 

Nous avons tenté notre chance dans un resto indien. Il nous avait été chaudement recommandé par un russe qui en sortait, selon lui c’était le meilleur de la ville. Les plats étaient très corrects, mais c’est le service qui retient notre attention. Les assiettes n’étaient rien de moins que des feuilles de bananiers déposées directement sur la table. Ensuite, le service se fit en plusieurs phases, on passa d’abord avec les condiments qui ont été déposés sans cérémonie à grand coup de louche. Vint ensuite le riz, servi lui aussi sur la feuille de bananier avec une assiette en guise de louche. Et on en met tant qu’on en désire, le regard du serveur se fait inquisiteur à chaque pelletée et il en remet si on ne sourcille pas. Ensuite, vint les incendiaires plats principaux, poulet et poisson. En absence de coutellerie, Aurélie sortie une petite fourchette en plastique du fond de son sac, on n’avait pas vraiment envie de manger avec les doigts. Mais ce n’est que plus tard que nous avons vu sur une table du fond un pot contenant couteaux et fourchettes que notre serveur n’avait pas cru bon nous apporter. C’était bon, mais si ce resto était le meilleur, la barre n’était pas très haute pour les autres. Ça nous aura au moins permis de vivre un dépaysement total pour notre dernière étape avant un retour vers les Europes.

Resto indien typique 
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Publié le 12 juillet 2019

Le dernier jour, nous avons visité l’île Pulau Ubin, sanctuaire intact avec ses balades dans la jungle millénaire et ses mangroves. Nous avons loué les vélos les plus pourris des deux hémisphères. Cette partie de l’île renferme une riche biodiversité. Bien que les tigres ont depuis longtemps déserté les lieux, on y retrouve encore sangliers, singes, loutres, etc...

L’île de Pulau Ubin 

Pendant notre visite de la mangrove, une passerelle s’avançant dans la mer permettait de bien l’observer à marée basse. C’est à cet endroit qu’un petit salaud de singe nous attendait dans un guet-apens. Il terrorisa une touriste qui avait un bouteille de boisson gazeuse, évidemment. Mais au moment de l’ouvrir, ce petit écervelé ne s’attarda pas au bouchon comme l’auraient fait ses congénères. Il observait le fond et tentait vainement d’en croquer le plastique épais. En fait, il savait exactement ce qu’il faisait. Il eu tôt fait de le percer avec ses dents acérées et d’en laper avidement le contenu. Nous avons profité de la diversion pour échapper à l’attention du quadrumane.

Outram et alentours 
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Deux jours après notre arrivée à Singapour, nous avions rendez-vous avec un ami Servas, Wang Yee. Cryptique sur WhatsApp, c’est un vrai senior Servas. Il avait des points en commun avec Pisit (Bangkok) ou Shyaam (Kathmandou). Généralement des rigolos toujours de bonne humeur, pince sans rire, intelligents et curieux. Nous avons été reçu pour le repas du soir, d’inspiration chinoise, origine de sa femme. Le repas fut somptueux, jamais nous n’avions gouté ces mets.

Dans la famille de Wang Yee 

Le lendemain, nous avons visité le vieux quartier jusqu’à Garden by the bay. Ce parc avec son immense serre de 3 étages à l’architecture audacieuse, ses faux arbres gigantesques, fait partie d’un complexe hôtelier et d’un centre commercial aux dimensions pharaoniques. D’une valeur de 5 milliards $ USD, il faut presque deux jours pour tout visiter. Juste l’hôtel avec son vaisseau spatial au sommet vaut le détour.

On parle souvent du coût de la vie élevé de Singapour, mais une fois prises en compte toutes les dépenses, il n’en revient pas plus cher que de visiter l’Europe. Un hôtel très confortable, 4 étoiles, tourne autour des 100$CAD, un passage de bus coûte 1,5$, un repas dans les cours à bouffe, autour de 5$. Et manger dans les cours à bouffe est une excellente façon de découvrir la culture culinaire de Singapour. Tous ces petits restos sont uniques, pas de grandes chaines. Ils sont tenus par des gens passionnés et professionnels. On parle même de nommer les cours à bouffe de Singapour (hawkers) au titre de patrimoine intangible de l’Unesco. Malheureusement, le dernier curry de JF lui ayant resté de travers dans la gorge après avoir été malade, celui-ci courait plus les Burger King et les McDo depuis une semaine.

Singapour  
Little India 
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Singapour, la « ville jardin », ordonnée, propre, est unique en Asie, voire dans le monde. Beaucoup moins austère qu’elle ne le semble de l’extérieur, il fait vraiment bon visiter cette ville après tout ce temps en Asie du sud-est. D’une superficie de 20km par 40km, les enjeux ne manquent pas pour fournir tous les services qu’une telle mégapole requière. Les besoins en énergie, en eau, la gestion des déchets, l’urbanisme, etc... doivent être gérés avec le plus grand soin. Une visite du centre de gestion de l’urbanisme (URA Center) permet de voir avec quelle ingéniosité et discipline le développement de cette ville pays est exécuté.

URA Center 

Le premier jour, nous avons visité le jardin botanique. Pour faire honneur au surnom de cette ville, ce dernier est immense. Il renferme un musée ethno botanique, un jardin des orchidées, un jardin de plantes odorantes, de plantes médicinales, une jungle, etc.

Jardin botanique de Singapour

Nous avons visité la rue Orchard, avec ses immeubles commerciaux démesurés et ses magasins de marques capables de mettre à genoux n’importe quel marathonien du shopping.

À un moment, nous n’en pouvions plus de cette artère et avions besoin d’une petite pause. JF ne fit ni un ni deux et trouva un sympathique petit bar pour boire une bière et goûter le fameux Singapour sling. Mais Aurélie attira l’attention de JF sur un détail peu banal, les filles étaient assez légèrement vêtues et les couples semblaient un peu « anachroniques ». On venait de mettre les pieds dans un bar à putes ! Prends ça dans ta gueule la belle image polie de Singapour. Nous avons donc opté pour un irish pub, et finalement, le Singapore sling, c’est bon mais vachement trop sucré.

Orchard street 

À chaque déplacement, nous étions aux anges avec le service de bus hyper efficace, climatisé, avec wifi, prises USB, fréquents, ponctuel et économique. On pouvait suivre en temps réel sur Google maps le bus que nous attendions. Et que dire du métro ...

Le métro et bus de Singapour, wouaw !
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Publié le 13 juin 2019

Ville qui se veut ultra moderne avec ses gratte-ciels au design audacieux, comme les tours Petronas et la KL Tower, elle donne plutôt l’impression d’être le temple de la vanité et du superficiel. En effet, les boutiques que l’on retrouve dans ces grandes infrastructures sont principalement celles des grands couturiers et designers de ce monde. Chanel, Armani, Paco Rabane, Omega et des dizaines d’autres dont j’ignorais complètement l’existence occupent tout l’espace. Destinés à une clientèle touristique fortunée, nous n’y étions pas les bienvenus. Aurélie voulu aller voir un concert seule aux tours Petronas, pendant que JF se vidait de ses entrailles à l’hôtel, mais son habillement ne correspondait pas au strict dress code de l’événement.

Kuala Lumpur by night

Nous avons rencontré un ami Servas qui était guide volontaire au musée national de la Malaisie. En apparence modeste de par sa superficie, il se révèle être une véritable mine d’or d’informations. Il faut dire que l’histoire de la Malaisie est haute en couleurs. Les Orang Asli, natifs de la région, aux traits des noirs africains, ont été envahis par les différentes dynasties chinoises jusqu’au 16ème siècle. Les Portugais les ont d’abord mis sous leur joug et ont pillé leur fortune. Malheureusement, leur avidité ne leur profita pas car le bateau rempli à craquer des trésors de guerre sera envoyé par le fond lors d’une terrible tempête.

Mais les pouvoirs étrangers ont continué d’être attirés par le port florissant de Malacca. Profitant de vents favorables soufflant vers l’ouest à partir de la Chine, les commerçants chinois y étaient très présents. Et pendant une autre période de l’année, un vent favorable soufflant vers l’est profitait aux Indiens qui venaient à Malacca y faire leur commerce. Et entre ces deux périodes de vents favorables, les marins restaient à Malacca pour attendre, se mêlant à la population locale et fondant commerces et familles. Ceci explique la diversité culturelle en Malaisie. Le port de Malacca était l’un des plus prospères au monde en cette période. Des milliers de bateaux y entraient et sortaient, plus de 80 langues y étaient parlées, il représentait un véritable défi de gestion logistique. Sous la responsabilité directe du sultan, il y employait la fine fleur des fonctionnaires de l’état pour faire de ce port l’un des principal port au monde.

C’est pourquoi il attisa les convoitises. Des Portugais, il passa aux mains des Anglais ensuite des Hollandais et encore les Anglais et finalement les Japonais. Ces derniers n’eurent pas le contrôle très longtemps et les traces de leur passage sont presque inexistantes. En 1960, la Malaisie signa finalement son indépendance après plus de 400 ans de contrôle étranger. L’île de Borneo dans sa région de Sarawak s’annexa également, mais non sans quelques velléités des pays voisins qui font encore pression aujourd’hui.

Théâtre d’une histoire à succès sans précédent, le rejet de Singapour par la Malaisie, pour des raisons de frictions ethniques, sera marquant pour cette dernière.

Kuala Lumpur en vrac 

À environ 10 kilomètres de Kuala Lumpur, se trouvent les grottes de Batu qui renferment un temple Hindou très populaire en Malaisie. C’est d’ailleurs le plus grand sanctuaire Hindou en dehors de l’Inde. En ce dimanche après-midi, la foule est dense et les parents se pressent pour recevoir une bénédiction. On voit défiler des jeunes enfants tête rasée et recouverte d’une poudre jaune (c’est de la pâte de bois de santal). Cette cérémonie de la première tonte s’appelle Chudakarana et se pratique avant les 3 ans de l’enfant afin de le libérer du passé et de lui permettre de grandir sainement. En effet, dans l’Hindouisme, les cheveux sont liés aux vies antérieures indésirables. Ce rite intervient lorsque l’enfant commence à s’alimenter par lui-même et marque la délivrance de l’enfant de la dépendance totale à sa mère.


Batu caves 
23
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La forêt de Taman Negara serait vieille de 130 millions d’années. Il est donc impensable de venir en Malaisie et de ne pas aller la voir. Le village en tant que tel est assez ordinaire. Routes en terre, hébergement vétuste et restauration assez modique, le confort y est spartiate. L’attraction numéro 1, la promenade dans la canopée, était fermée et l’attraction numéro 2, la remontée du fleuve en bateau n’était pas possible par manque d’eau.

Kuala Tahan 

Comme seule autre attraction, il nous restait à arpenter la forêt dans ses moindres racoins. Certaines rando demandent un guide, mais elles demandent aussi plusieurs jours de marche. Nous avons donc une fois de plus entrepris une randonnée dans une forêt tropicale. Mais si on croyait avoir sué à Cameron Highlands, ici c’était une toute autre paire de manche. Aucune quantité d’eau n’aurait été suffisante pour nous hydrater convenablement. Mais malgré cette humidité, il n’y avait pas de moustique car nous étions en saison sèche. À plusieurs occasions, nous avons sursauté, surpris par d’énormes lézards qui s’enfuyaient avec fracas à notre approche.

Taman Negara 

Nous avons croisé les habitants aborigènes Orang Asli (« hommes des origines » en malais). Il est étonnant de voir qu’ils ont les traits des noirs d’Afrique, il n’y a absolument rien d’asiatique dans leurs traits. Ils habitent dans des villages profondément enfouis dans la jungle. Ceux que nous avons croisés transportaient de fines branches de bambous, probablement destinées à la fabrication de sarbacanes.

Les Orang Asli à Taman Negara 

Le soir, nous avons participé à une marche de nuit dans la jungle. Cela nous a permis de voir des lémuriens perchés dans les arbres, oiseaux endormis dans des buissons, araignées, énormes scorpions et autres bestioles.

La jungle la nuit 

Et malgré que nous étions au milieu de nulle part, en rentrant à notre hébergement le soir, une fête battait son plein chez nos voisins et la musique et le boumboum baignaient notre chambre.

C’est aussi dans cette ville, grâce à un infect café glacé, que JF se tapa sa seconde tourista du voyage.

21
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Perchée dans les montagnes, cette station balnéaire est assaillie par les Malais à la recherche d’un peu de fraîcheur. En effet, la température y est plus fraiche de 10 degrés par rapport aux villes au niveau de la mer. Cela permet de se reposer de cette chaleur insoutenable de un, mais aussi de profiter des fraises qui sont cultivées dans la région. C’est également un lieu fertile pour le thé qui pousse un peu partout, offrant des vues imprenables sur les montagnes.

Les fraises de Cameron Highlands 

Il y a possibilité de faire plusieurs randonnées dans la forêt. C’est d’ailleurs ici que disparu Jim Thomson (voir notre article sur Bangkok), mangé par un tigre ou bien victime d’un bête accident de la route, la mystère plane encore aujourd’hui. Nous avons décidé de partir sur ses pas à l’assaut de la jungle humide, luxuriante et... montagneuse. Décidément, il faut vraiment être maso pour faire de la randonnée en pleine jungle, mais le jeu en vaut la chandelle. La végétation alpine tropicale est assez unique et vaut le coup d’oeil. Seul bémol, après 4 heures de marche suante et éreintante, le point d’observation au sommet était nouvellement payant au prix de 30 ringgits , soit 10$ canadien. Pour vous donner un point de comparaison, la jungle préhistorique de Taman Negara coutait 1 ringgit avec accès illimité pour 1 mois. Refusant de se faire arnaquer, nous avons pris le chemin du retour à pied, ce qui nous a permis de profiter de paysages à couper de souffle. Les champs de thé vert tendre à l’infini étaient vraiment magnifiques. Et en descendant un bon samaritain nous offrit de nous assoir dans la boite de sa camionnette pour nous reconduire en ville. La balade fût très amusante.


Dans la jungle de Cameron Highlands, regardez où est posé le papillon sur la photo du chasseur d’insectes.
Plantation de thé Sungai Palas Boh

Petite anecdote, on avait entendu parler de cas d’agressions sur les sentiers de la région et notre hôte nous rassura. Il n’y aurait eu que deux cas connus, un à la pointe du couteau et l’autre, une pauvre randonneuse se serait faite agresser par des « ducks ». Notre hôte ayant un accent assez fort, on n’était pas certain de ce qu’on avait entendu. Mais on ne voulait certainement pas croiser ces canards agressifs. Cette idée nous trotta au fond de la tête, mais nous avons finalement conclu qu’il devait plutôt s’agir de « dogs », et non de « ducks », c’était plus plausible.

19
avr
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Publié le 3 juin 2019

Petite ville est célèbre pour avoir été le coeur économique de la région lors des années prospères de l’extraction de l’étain. Sous contrôle chinois et malais, les Anglais ont repris les affaires dans des répressions sanglantes dont la ville en conserve encore les stigmates aujourd’hui. On y retrouve quelques petits musées et temples. Son marché nocturne est immense si on prend en considération la taille de la ville.

L’art urbain à travers Ipoh 


Ipoh en vrac 

Nous avons tenté tant bien que mal de nous rendre à un temple en vélo, mais la chaleur et l’humidité nous ont dissuadés bien vite. Des chiens territoriaux complétaient le tableau et nous bloquaient l’accès au seul temple que nous pouvions atteindre à vélo. À peine à 1 km de notre point de départ, nous étions déjà à deux doigts de l’insolation. En prenant un taxi Grab, le conducteur nous avoua que même pour les Malais la journée était un peu trop chaude. Le temple le plus impressionnant était le Kek Look Tong, situé dans une grotte immense sous une montagne et celle-ci débouchait de l’autre côté dans une vallée verdoyante.

Au temple Kek Look Tong

Mais en dehors de ces points d’intérêts et un minuscule tronçon de rue destiné exclusivement aux touristes chinois, la ville semblait totalement déserte. Notre hostel étant situé à côte d’une discothèque qui faisait trembler les murs, nous ne nous sommes pas éternisés dans cette ville que nous avons quitté après deux jours.

Ipoh 
16
avr

Nous mettons les voiles vers la ville de Georgetown. Située sur l’île de Penang, cette ville d’importance allie tradition et modernité. Comme la Malaisie aspire à entrer dans club sélect du G20, les efforts ne sont pas ménagés pour rendre la ville tendance et policée. Déjà, les automobilistes semblent respecter le code de la route et prennent en considération les piétons, ça faisait tout bizarre. La Malaisie ayant été, entre autres, sous protectorat anglais, les signes ne trompent pas. L’architecture et l’urbanisme ont un petit je ne sais quoi de britannique.

Georgetown historique 

Nous avons eu la chance que notre passage coïncide avec le PIFF, Penang international food festival. Déjà qu’en Malaisie, on est gâté côté nourriture, ce festival est venu enrichir encore plus notre expérience. Le premier soir, nous avons écumé le quartier autour de notre hôtel. Nous pouvions voir les influences chinoises, indiennes et malaises, halal ou pas, dans l’offre des restaurants. Et comme les malais, nous ne nous sommes pas contentés d’un seul resto, nous avons pris çà et là de petites portions d’un peu tout ce qui nous tentait.

Bouffe de rue 

Comme dans toutes les villes en Malaisie, il y avait un Little india où on pouvait sentir les parfums de tandoori sur des airs de Bollywood. Quand on y passe par hasard, on sait très bien où on est.

Dans le quartier indien 

La ville de Georgetown est aussi reconnue pour son art urbain qui décore tous les coins de la ville. Murales géantes, vélo coupé en deux fixé au mur et graffitis plus officiels immortalisés en fil de fer se retrouvent partout. Ces oeuvres d’arts nous ont servi de jalon tout au long de nos promenades et nous ont permis de découvrir la ville de fond en comble.

Art urbain à Georgetown 

Nous avons visité la tour Komtar symbole de la modernité et de la démesure. Un véritable parc d’attraction avec son cinema 3D, ses statues de cire de stars du cinema, ses dinosaures grandeur nature et pour amateur d’émotions fortes, le circuit extérieur attaché à un câble de fer. Déserté et hors de prix, cette visite permet au moins d’avoir une vue imprenable sur la ville.

Dans un tout autre style, nous avons visité le musée Pinang Peranakan Mansion construit en1893 par un richissime homme d’affaire chinois, il s’inspirait de l’architecture anglaise. À l’intérieur, un guide nous fit visiter les lieux et ne manqua pas de nous faire bien rigoler avec son humour pince sans rire. Les oeuvres exposées étaient impressionnantes. Une des formes d’art consistait à recouvrir chaussures, vêtements, chemin de table avec de minuscules billes de verre coloré. Fabriquées par la belle fille afin de s’attirer les bonnes grâces de la belle mère, elles pouvaient prendre 5 ans à confectionner. Il y avait également une collection de vaisselle en porcelaine et de verre soufflé à couper le souffle.

Visite de Georgetown de l’intérieur 

Le premier soir du PIFF, nous avons assisté au Mini curry festival. Sous un énorme chapiteau étaient rassemblés des spécialités de curry de partout dans le monde, Japon, Vietnam, Chine, c’était comme refaire notre voyage à l’envers. Notre choix s’est porté sur les spécialités indiennes, étant les champions du curry. En plein pendant le concert de cyhtare indienne, un orage se déchaina, les trombes d’eau tambourinaient sur le chapiteau. L’endroit où on cassait la croûte 30 minutes auparavant était maintenant une rivière de 10cm de profondeur.

Le second soir du PIFF, le thème était Tout à 2 ringgits, soit environ 50 cents canadiens. Nous avons gouté d’excellents dumpling Sichuannais, de l’aligot, d’horribles hamburgers malais à la viande rose bonbon et des boissons diverses. La manifestation avait lieu dans un endroit un peu excentré, le Butterworth art walk. Dans un quartier industriel de longues allées sont couvertes de murales plus ou moins récentes et plus ou moins réussies. Mais avec les festivaliers un peu partout, l’ambiance donnait un air joyeux à ces rues lugubres.

On déguste au PIFF, miam !
15
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Publié le 22 mai 2019

Nous quittons la Thaïlande repus d’images de plages et de fonds marins paradisiaques pour la Malaisie. Départ pas trop stressant, la douane se situe sur la plage de Koh Lipe. On nous prend nos passeports et direction le quai d’embarquement flottant au milieu de la baie. Le trajet passe très vite d’autant qu’on nous projette des films durant toute la traversée. Par contre, la sélection est douteuse : The Meg, Waterworld et Titanic, 3 films où les bateaux se font attaquer par des monstres géants préhistoriques, par des pirates ou sombrent au fond de l’océan. Pour peu que vous soyez un peu paranoïaque et la croisière peut vite virer au cauchemar pour vous.

Bye, bye Koh Lipe et la Thaïlande! 

Le débarquement en Malaisie se fait à Langkawi, une île où on ne souhaitait pas trop s’éterniser. Par chance, le bateau pour notre prochaine destination part dans à peine 1h30 et il reste de la place. Nous avons juste le temps de passer l’immigration et de régler les formalités habituelles lorsqu’on arrive dans un nouveau pays : carte SIM et argent local, le ringgit malais. Nous voilà prêts à découvrir la Malaisie !

Arrivés en Malaisie, on nous souhaite « Bon voyage » en français.
11
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Publié le 26 avril 2019

Départ sans regret de Koh Phi Phi. On embarque sur un bateau équipé de 3 énormes moteurs hors bord 250 forces de Honda. Ces moteurs surpuissants semblent être la norme dans les îles. La violence de leurs ruades n’a d’égale que le bruit assourdissant qu’ils produisent quand ils sont lancés à plein régime. On s’est fait exploser les tympans dans une odeur d’essence pestilentielle pendant 2 heures.

L’arrivée dans le port de Koh Lipe (en fait, une plateforme au large de la plage) est très encourageante, l’eau est claire et pleine de poissons. Craignant un peu les hébergements bruyants, nous en avons choisi un qui était légèrement décentré. Au Sunflower, on débarque chez une dame, Suisse, qui habite chez ses chiens. Ceux-ci sont des rescapés de l’île et déambulent librement dans la propriété. Seule exigence, on doit se faire renifler une fois par les cabots, c’est ainsi qu’on est ensuite autorisé à entrer et sortir. La rue est un peu moche mais on sent qu’on est vraiment dans un petit quartier résidentiel où tout le monde se connait. C’est assez sympa malgré le look un peu dêlabré. La coiffeuse et le patron du bar rasta en contrebas de la rue, nous saluent à chaque fois qu’on passe.

Arrivée sur Koh Lipe 

Sans attendre, nous louons masques et tubas pour aller nager avec les poissons à la plage semi privée d’un très joli resort. On voit la faune habituelle et une petite raie qui tentait de se camoufler dans le sable. Il nous semble que les poissons rasoir sont un brin plus gros ici.

Snorkeling sur Sunrise Beach 

Sachant que nous pouvions voir le coucher de soleil de la plage ouest, nous nous sommes ensuite dénichés un apéro bière et glaçons pour voir Galarneau descendre doucement derrière l'horizon et ensuite incendier les nuages. Nous avons pu constater la grande quantité de chiens errants un peu partout. Pas très belliqueux mais quand même intéressés par notre casse-croûte, nous avons dû distribuer quelques « non » bien sentis à gauche et à droite à ceux qui s’approchaient trop. C’est là que nous avons vu pour la première fois Dobbie, une chienne jaune, baptisée ainsi pour ses énormes oreilles.

Coucher de soleil sur Sunset Beach avec Dobbie

Nous avons aussi essayé un resto chaudement recommandé, le Bamboo, où en effet le pad thai, et autres spécialités, étaient divins.

On se régale à Koh Lipe 

Le lendemain, nous avons réservé une sortie en mer avec snorkeling. Nous avons vu lors de cette sortie les plus beaux sites de plongée depuis le début de notre voyage, tant au niveau de la clarté de l’eau que de la diversité de la faune et de la flore. Il y avait un site en plein milieu des îles, loin de toute berge, où se trouvait du corail mou de couleur rose. Quand le soleil décidait de montrer le bout de son nez, le fond avec les coraux brillait de mille feux. A cet endroit, il fallait bien se tenir car le courant était très fort et nous entrainait rapidement.

Dans le parc national de Tarutao

Le soir, nous avons eu notre coucher de soleil sur Sunset beach avec Dobbie qui eut droit cette fois à quelques os de poulet. Mais, cette chienne était très farouche et ne se laissait pas approcher.

Le lendemain, Aurélie est allée plonger avec Koh Lipe Diving school pendant que JF relaxait en se tapant des cafés glacés au Bamboo café. C’était aussi jour de fête chez les Thailandais, le Song Kran, premier jour de l’année. Et pour célébrer, tout le monde se munit de fusils à l’eau et s’asperge à qui mieux mieux. Installés aux deux intersections majeures de l’île, les arroseurs vident leur fusil sur les infortunés passants. Les jeunes se courent les uns après les autres tandis que les mamies ravitaillent avec leur tuyau d’arrosage.

Plongée autour de Koh Lipe 

Et le soir, encore une fois, Sunset beach, apéro et os de poulet pour Dobbie. Répéter, tous les jours, svp. La belle vie !


Et pour ceux qui se poseraient la question, pourquoi on appelle le soleil « Galarneau », voici la réponse :

http://www.meteo.org/phenomen/galarsun.htm

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Publié le 23 avril 2019

À partir de Koh Lanta, on a mis le cap sur Koh Phi Phi avant notre dernière étape en Thaïlande à Koh Lipe. Et pour ceux qui se donneraient la peine de vérifier sur une carte, oui, on le sait, nous aurions dû passer par Kho Phi Phi avant Koh Lanta, mais des fois on ne prend pas toujours le chemin le plus direct. Notre devise c’est : Au gré du vent, souvenez-vous.

Arrivée à Koh Phi Phi, prononcer « pipi »

On nous avait bien avertis, dans les guides comme en discutant avec les autres plongeurs, il faut avoir le coeur accroché solide pour aller à Kho Phi Phi. Les évaluations de tous les hébergements étaient unanimes, on entend la musique des bars jusqu’à minuit, une heure, deux heures du matin. Il ne semblait pas y avoir des consensus sur l’heure par contre. L’île était microscopique, quelques kilomètres de diamètre à peine.

He, bien Koh Phi Phi n’a pas manqué l’occasion de faire honneur à sa réputation. Déjà, sur une île si petite et si densément peuplée, ça fait beaucoup d’eau usée à traiter. Donc, on était toujours plus ou moins loin d’une source d’odeurs d’égouts, peu importe où on se trouvait. Mais, c’était souvent dans les pires emplacements qu’Aurélie décidait de consulter son guide ou ranger tranquillement un truc dans son sac... bref.

Ensuite, la faune... du douchebag tatoué, partout, aussi loin que le regard peu porter, des ataviques avec leur femelle à peine habillée parcourant les rues en recherche de bars, tatoueurs et bons prix sur le seau à cocktail. Partout, les épiceries et les bars se vantaient d’avoir le meilleur « bucket » à cocktail. Le meilleur étant bien entendu le plus concentré en alcool. On prit pour preuve les dires d’un fêtard ridé et grisonnant qui plongeait avec nous : « les bonnes placent vous vident une bouteille d’alcool entière dans le bucket » (et oui, il était Français). Il avait vraiment la mine d’une personne qui aurait dû en boire un de moins la veille.

Et le soir venu, vers les 22 heures, le tremblement de terre commençait. Notre chambre donnant directement sur la baie des bars, on avait droit à un maelström de musique d’une dizaine d’établissements qui se compétitionnaient pour le plus haut niveau de décibels.

Sur la plage Loh Dalum à la tombée du jour 

Aurélie arrêta son choix sur un centre de plongée prétendument le meilleur de l’île. On n’en doute pas, mais on n’aurait certainement pas voulu tomber sur la pire. Cela dit, la plongée ne semblait pas la priorité des touristes qui débarquent ici. Et c’est donc sans surprise que ce centre était assez médiocre. Mais bon, c’est le seul endroit dans toutes nos excursions que nous avons pu voir des tortues de mer.

« Duuude, I saw a turtle ! » 

Nous avons aussi fait une journée de snorkeling où nous avons vu des singes nager dans la mer la tête sous l’eau, un coucher de soleil en pleine mer et observé le plancton luminescent à la nuit tombée. Pour que le plancton se mette à briller, il fallait remuer les bras sous l’eau et alors on voyait des petits points brillants partout. Un spectacle féérique!

Autour de Koh Phi Phi Leh 

Vous l’aurez compris, on n’a pas trop aimé Koh Phi Phi. Et c’est sans regret aucun, que nous avons quitté cet endroit après deux jours en direction de Koh Lipe.

4
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Publié le 21 avril 2019

Après le golfe de la Thaïlande, il fallait maintenant aller explorer les merveilles qui se trouvaient à l’ouest, dans la mer d’Andaman. Encore là, rien de plus simple, le billet comprenait la navette jusqu’au port et le bateau vers l’île de Koh Lanta. Nous approchions à grand pas de la fin de la saison touristique en Thaïlande, les orages étaient à la porte et il y avait beaucoup moins de monde. Pour nous, c’était parfait car ça nous donnait la chance de n’avoir rien à organiser en avance, on pouvait tout faire à la dernière minute, il y avait toujours de la place.

Koh Jum et arrivée sur Koh Lanta 

Koh Lanta est une île assez grande de 30 km de longueur. On en n’a jamais fait le tour complet, même avec notre scooter. Les seules attractions dignes de mention de cette île ont été son parc naturel Mu Ko Lanta au sud et la vieille ville Old town, au sud est. Nous avons évité toute attraction qui impliquait des singes et des éléphants parce qu’on déteste les premiers et que les seconds n’ont pas la réputation d’être bien traités en captivité.

Parc national de Mu Ko Lanta 
Du côté d’Old town 

Nous avons donc alterné les visites, la plage et les apéros au coucher de soleil. Des fois, la contemplation du coucher se poursuivait par l’observation des orages sur la mer une fois l’obscurité venue.

Nous avons aussi trouvé notre resto favori, les Three sisters. Il offrait des plats succulents mitonnés par trois soeurs aussi bonnes cuisinières que sympathiques. En plus, les prix y étaient fort compétitifs.

Koh Lanta en vrac 

Petite anecdote au sujet de notre second hébergement, dans une paillote. La dame nous ventait la tranquillité du site. Mais entre le groupe de jeunes français qui a investi le site pour jouer aux cartes et beugler jusqu’à minuit et la mosquée qui fit ses appels à la prière à 5 heures du matin, la nuit a été courte. Il faut dire que c’est un peu de notre faute, la mosquée n’était pas cachée, le minaret se trouvait à moins de 50 mètres de notre paillote et le haut parleur était directement aligné sur nous. Il y avait aussi une fête religieuse cette journée là et à partir de 7h30 nous avons eu droit à la cérémonie complète pendant plus d’une heure. La chance ! Mais cela n’a dérangé que JF car Aurélie était déjà partie plonger.

Notre paillote au bord de la plage 


Koh Haa, un site de plongée incroyablement beau 

Après tout ça, on appréhendait notre départ vers Koh Phiphi car les guides la présentaient comme pas mal bruyante.

3
avr

Pour se rendre de Koh Tao à notre prochaine île, Koh Lanta, il était préférable de passer par la ville de Krabi sur la côte ouest de la Thaïlande. Le trajet en bateau fut des plus intéressants avec cet orage au loin sur lequel on fonçait. Mais comme celui-ci était plus rapide, nous n’avons jamais été pris dans la tempête.

L’entrée du port était lugubre, sale, le cours d’eau n’inspirait rien de bon. Le trajet en bus nous sembla interminable et nous sommes finalement arrivés en fin de journée à Krabi, à 2 km de notre hébergement. Merci à Google maps qui nous fit passer par des rues aux maisons délabrées, un terrain vague jonché d’immondices et ce qui semblait être un bunker nucléaire, mais qui était en fait le marché couvert.

Retour en Thaïlande continentale

Nous avons suivi un cours de cuisine thaïlandaise dans une excellente école et avons confectionné pad thaï, salades, pad si-io, poisson vapeur, pâte de curry (verte, rouge et panang), soupes et desserts (mangue avec riz gluant et bananes au lait de coco). Nous en avons eu suffisamment pour deux repas complets tant il y en avait.

La confection de la pâte de curry n’est pas une mince besogne. Il faut mettre dans un pilon les piments forts (rouges ou verts selon le curry désiré), l’ail, non pelé car sa peau est très fine, le galanga, la racine de gingembre et de curcuma et on dispose de 2 minutes top chrono pour en faire une pâte homogène. Il faut y aller de toute ses forces et couvrir l’ouverture du pilon afin que les ingrédients ne volent pas au quatre coins de la cuisine. Une fois qu’on a le bras mort, le biceps en feu et la main qui tremble de fatigue, on change de bras et on continue, c’est un sprint et il ne faut pas ralentir sinon le curry ne sera pas réussi.

Notre instructrice était très rigolote et avec son petit air innocent, on ne soupçonnait pas qu’elle nous tendait des pièges. Une fois, elle a dit qu’elle lavait sa vaisselle au miel. En anglais, elle disait « I wash my dishes with honey ». Et ensuite de nous dire qu’en fait, elle disait « Honey, can you do the dishes ? »

Cours de cuisine avec Thaï charm cooking class

On aime la Thaïlande et les Thaïlandais mais là, Krabi, on n’a pas le choix de le dire, c’est moche, très moche. Pourtant, tout y est pour que ça soit sympathique. Notre hébergement était calme et climatisé, décoré horriblement certes, mais très propre. Notre hôte était très gentil et amical. L’établissement était équipé d’une cuisine complète avec frigo occidental et un coin café avec des biscuits dont on s’est goinfrés pendant notre séjour. Dans la ville, le soir, il y avait au moins deux énormes marchés de restos de rue. Le choix était étourdissant et tout semblait succulent. Non, vraiment, cette ville avait tout pour plaire. Mais sa rivière poluée et ses immeubles décrépits lui donnent une sale allure et on n’avait pas envie de s’y éterniser.

Krabi en vrac 
29
mars

Lors de notre séjour à Bangkok, nous avons rencontré une guide Servas nommée Sunisa. Elle nous avait proposé de visiter le quartier Asiatique (c’est son nom) pour une soirée. Il s’agissait d’un sordide centre d’attractions touristiques au bord du fleuve Chao Prayah avec ses restos branchés hors de prix. Néanmoins, la vue sur la ville y était magnifique et le poulet grillé une décadence. Comme Sunisa était une grande amatrice de plongée, nous avons discuté avec elle des meilleurs choix qui s’offraient à nous dans les îles du sud. De toutes les options, Koh Tao rassemblait le plus grand nombre d’avantages. Ile pas très grande, elle a probablement la plus haute densité d’écoles de plongée au monde, il y en a plus de 80 apparemment. Les sites de plongée sont superbes et proches de l’île, donc pas de longs déplacements en perspective. Egalement, l’île offre aussi beaucoup d’options pour le snorkeling. Située dans le golfe de Thaïlande, la faune et la flore exotiques y sont très riches, mais son eau est apparemment un peu trouble. Avec notre faible expérience de l’eau paradisiaque, on a trouvé que la visibilité était très bonne.

Et c’est donc en direction que Koh Tao que nous avons quitté Bangkok deux jours plus tard. Quand on se procure un ticket pour ce genre de trajet, le bus et le bateau sont combinés, les transferts sont synchronisés, pas besoin de réfléchir, on se laisse porter. Si Bangkok était la ville des chats, Koh Tao est clairement l’île des chiens. Ils sont partout, surtout endormis sur la plage, en train de « chasser » les poissons ou bien à jouer les assistants plongeurs.

Arrivée à Koh Tao 

Nous avions réservé l’hébergement dans un centre de plongée, Coral Grand divers, sur les conseils de Sunisa. Aurélie voulait compléter sa certification Open Water et JF voulait faire un cours de refresh. Après 27 ans d’inactivité, ce n’était pas un luxe.

Arrivés sur place, déjà on se trouvait un peu décentré par rapport à la ville. Nous étions à environ 1km du mini centre ville qui lui était environ à 2km du port. On nous montra notre chambre qui était ultra de base. En fait, c’était simplement une boite de planches. Quand le voisin éternue, on reçoit des postillons (façon de parler).

Notre hébergement sur Koh Tao et les alentours.

Ce centre donnait aussi le cours de refresh Open Water, mais les prix semblaient un peu élevés, et avec 80 écoles sur l’île, je ne pouvais pas croire que la concurrence n’offrait pas mieux. Donc, quand Aurélie faisait son premier jour d’Open Water, j’ai écumé toutes les écoles, ou presque, et j’ai trouvé pas mal moins cher, dans un centre PADI 5 étoiles, rien de moins. L’école Isla Tortuga me semblait professionnelle et son staff était très sympathique. J’accorde beaucoup d’importance au premier contact, la clarté des informations, des tarifs et le déroulement du cours.

Le lendemain, j’avais rendez-vous avec Gus (Gustavo, oui, c’était une école essspanole) pour mon refresh. Pour le même prix, j’avais deux plongées fun dive incluses. Je suis donc parti avec eux en après midi vers Mango bay. Ma première plongée dura 20 minutes, je n’arrivais pas à descendre au fond, je flottais comme un bouchon et je devais ramer comme un malade, la tête en bas, pour rester en flottaison. Bilan, à travailler comme un beau diable, j’ai épuisé ma réserve d’air très rapidement. Ma seconde plongée fut encore plus courte, 10 minutes, je ne pouvais plus descendre, je n’arrivais plus à égaliser la pression dans mes oreilles. Je me rendis compte, après avoir consulté Ben (ami plongeur au Québec), que je devais être victime de l’otite du plongeur. L’eau salée et les micro-organismes irritent l’oreille et provoquent de l’inflammation, rendant impossible l’essentiel équilibrage.

Pour sa part, Aurélie compléta sans mal sa formation et fit ses deux plongées, à son plus grand bonheur (Note d’Aurélie : le bonheur n’est pas arrivé de suite, c’était très effrayant au début. Il fallait taire cette petite voix qui disait que c’est contre nature d’aller sous l’eau et qu’on s’en allait vers une mort certaine. Les premières plongées étant consacrées à l’apprentissage, on n’a pas le temps de profiter du moment et de la raison pour laquelle on plonge : voir la faune et la flore sous marine.)

Je me suis beaucoup amusé à voir évoluer la faune de plongeurs sur le bateau. Éminemment sympathique, elle était composée de « dude », qui s’interpellaient entre eux par le sobriquet « dude ». Les dudes, blonds, grands et musclés étaient surexcités par la plongée et tout ce qui l’entourait. Sauter dans l’eau du toit du bateau de deux étages, faire des cabrioles et piéger leurs autres amis dudes avec des blagues potaches les amusaient au plus haut point. L’un d’entre eux d’ailleurs semblait au paroxysme de l’excitation quand à sa seconde plongée il vit un tortue de mer. Déjà, il monta les marches du bateau d’une seule enjambée en lâchant un « SHIIIIIIIIIIIITTTT » à l’intention de tout le monde présent. Il alla aussitôt voir un de ses dudes pour lui dire « SAW A TUUURTLLEEEE!! » pour ensuite s’élancer par dessus la rambarde et exécuter une belle bombe dans l’océan.

Cours de PADI Open Water avec Kray, instructeur patient et efficace

Le snorkeling des jours suivants ne nous laissa pas en reste. Au début, on se contentait du récif en avant de notre auberge. Se contenter était un bien grand mot car les spécimens de poissons tropicaux étaient très variés et colorés. On voyait beaucoup de poissons perroquets. Ce dernier est assez baquet et imposant par sa taille, il est facilement reconnaissable à ses couleurs, semblables à celles dudit volatile. Vert vibrant et bleu avec des reflets métalliques, il croque sans relâche les coraux pour se nourrir. Les petits curieux que l’on retrouve partout, jaune rayés noir viennent nous voir de très près et si on les laisse faire, commencent à nous mordiller le bout des orteils. Il y a aussi beaucoup de moon fish, semblables aux couleurs du poisson perroquet, il est beaucoup plus petit et effilé. Il a environ la taille d’un gros cigare. Certains de ces spécimens, pas tous, on appris à repérer les blessures et viennent rapidement pour tenter de croquer la peau morte. Il n’y vont pas avec le dos de la main morte et ça fait assez mal. Ce sont eux aussi des poissons de coraux et leur mâchoire conçue pour les coraux n’ont aucun mal avec la chair molle des humains. Il y a aussi les nettoyeurs, de la taille d’une sardine en boite ils ont un peu une forme de missiles et sont facilement reconnaissables à leurs deux bandes bleues fluorescentes. Eux aussi adorent mordiller les orteils, mais vu leur taille, il est facile de s’en débarrasser. Il y a les razor fish, très fins et allongés de couleur argenté. Il ressemblent à de fines lames de métal. Ils sont si fins qu’on se demande bien où sont les organes dans ce corps. Un poisson qu’on voit beaucoup mais qui n’aime pas trop notre présence est le poisson ange, avec sa très longue et ondulante nageoire dorsale. Rayé jaune, noir et blanc, de forme presque carrée et doté d’un bec assez effilé il se déplace lentement, avec grâce. Et évidemment, le sol est jonché de concombres de mer, des petits, des gros, des foncés, des clairs, des avec des pics, etc. Il y a aussi beaucoup d’oursins avec leur très longs pics et on peut apercevoir dans le fond leur bouche.

Le lendemain, nous sommes allés dans une autre baie où dès les premiers pas, le fond descendait très rapidement. Mais comme partout, la grande quantité d’eau ne change rien, les poissons se tiennent dans les coraux, pas de coraux, pas de poisson. Quand on a la tête dans l’eau, on peut entendre de partout autour de nous le bruit des coraux qui craquent sous la dent des poissons. Ça fait un peu comme un grand bol de rice krispies, cric crac croc.

Et dans une des dernières baies que nous avons visitée, nous avons eu la chance de voir un poulpe et un groupe de bébés requins. Pareils à leurs parents avec la tache caractéristique sur la nageoire dorsale, ces derniers se montrent très timides et fuient aussitôt qu’on s’approche d’eux.

Durant ces sorties en snorkeling, et en plongée profonde, il fallait rester alerte pour le titan triggerfish. Le signal que l’on fait entre plongeurs pour l’identifier est le pistolet avec les doigts. Ce poisson est énorme et peut se montrer très territorial quand vient le temps de la nidification. Il fonce sur les plongeurs et croque tout ce qui est à portée, doigts, bras, palmes, etc. Sa morsure est redoutable, n’oubliez pas, son menu habituel est du corail. Il est préférable de se défendre avec ses palmes et fuir à reculons. Il ne faut pas tenter de le passer par le dessus, son territoire ayant une forme de cône inversé, il poursuivra ses attaques en montant. Si on voit un triggerfish de loin, on le contourne et si jamais sa nageoire dorsale est dressée c’est qu’il est énervé, on fuit en quatrième vitesse.

Poissons tropicaux ! Photos prises lors du snorkeling uniquement.

Le soir venu, c’était apéro à la bière dans un verre plein de glaçons pour observer le soleil se coucher. Nous avions trouvé un bar avec musique d’ambiance lounge house et bean bags sur la plage. C’est là que nous avons passé tous nos apéros. Les derniers jours, il était inutile de passer commande, tout nous était servi selon nos désirs au moment de poser notre séant sur le sac de billes de styromousse géant. Inutile de vous dire que ce fut un choix déchirant quand il a fallu se décider à quitter l’île. Nous avions aussi trouvé notre resto favori qui faisait un excellent pad thaï, le Su Chili. Nous avions notre petit couple de papi-mamie qui vendait des fruits en bord de rue pour un prix ridicule. Nous avions aussi le vendeur d’ananas succulents. Ses fruits étaient aussi bon que celui-ci était antipathique, ce qui n’était pas peu dire. Et il y avait aussi un occidental qui confectionnait des sandwichs au poulet frit. Le tout Koh Tao faisait le détour pour aller s’en régaler. À lui seul, il devait faire plus de 200 sandwichs par jour !

Koh Tao en vrac 

Mais les choses étant ce qu’elles sont, cette démangeaison sous la semelle de nos souliers se fit sentir et après 8 jours dans cet endroit, il fallait partir.

Ce n’est qu’après notre départ que nous avons été informé des dangers de cette île. Apparemment, quelques familles mafieuses contrôlent tout sur cette île et on déplore bien des meurtres d’occidentaux non élucidés.

https://www.dailystar.co.uk/travel/travel-news/625806/Koh-Tao-Thailand-death-island-backpacker-murders

22
mars
22
mars
Publié le 14 avril 2019

Bangkok, on aime ou on n’aime pas... Ce que je peux détester ces clichés, bien sûr qu’on aime ! C’est une ville cosmopolitaine avec ses énormes boulevards bondés du matin au soir, hyper difficiles à traverser. Les tuktuks font un son de voiture de formule 1, il y a des 7-Eleven tous les 200 mètres, des boygirl de 1m80 et des comptoirs de bouffe de rue partout, l’immersion est totale.

Le premier matin, on part donc à pied pour le fleuve, toujours sur les conseils de Ms Bee, avec qui les relations se réchauffent un peu. De là, on prendra un bateau pour aller visiter les temples de la ville. Le fleuve est vraiment à l’image du reste de la ville : des bateaux long tails pétaradants, des bateaux transports en commun, des bateaux privés pour les clients des hôtels de luxe et des péniches par grappes de trois. Tout ce beau monde se croise, se coupe, se dépasse et accoste dans un bordel le plus total.

En route vers le centre ville de Bangkok en transport en commun 

On prendra la ligne orange pour se rendre au grand palais, le Wat Phra Kaew. Temple d’inspiration bouddhiste, ici on doit rester humble et on ne s’expose pas trop sous peine de devoir louer un pantalon ou un chandail plus pudique aux motifs éléphants complètement ridicule. Ce temple est magnifique, il surpasse par sa beauté tout ce que nous avons pu voir en matière de temple dans tout notre voyage. Des statues dorées, des statues en mosaïques ultra fines, Bouddhas en veux-tu en voilà. Cet endroit n’est pas juste l’endroit de prédilection où tous les touristes de passage convergent, mais c’est également un lieu de prière et de recueillement, si prier au centre d’une foule grouillante est votre tasse de thé. Il ne faut pas manquer le Bouddha d’émeraude, statue entièrement sculptée dans un bloc de jadéite, très impressionnant. Ensuite, on se balade le nez en l’air en admirant l’architecture du grand palais. Il régnait une chaleur infernale, on suait comme des damnés sous ce soleil de plomb. Les coins d’ombres étaient rare et pris d’assaut. Aux points d’approvisionnement gratuits, l’eau avait un goût de marais. Mais tout près, il y avait stratégiquement placé des petits marchands d’eau froide et limpide. Inutile de dire qu’ils faisaient de très bonnes affaires.

Le Grand palais 

Le temple d’à côté, c’est Wat Pho (comme la soupe). On y retrouve un Bouddha couché de 46 mètres de long, étincelant avec son plaquage en or. Il est bercé au son des pièces que l’on jette dans les 108 urnes de donation tout autour.

Le magnifique temple Wat Pho 

Nous sommes revenus à pied du quartier des temples et avons traversé le Chinatown, rien qu’on avait pas déjà vu et le quartier indien aux parfums envoûtants.

Chinatown à Bangkok

Après quelques jours de ces balades quotidiennes dans Bangkok chez Ms Bee, nous devions quitter car nous étions attendus chez un ami Servas, Pisit. Cet ami habitait à 20km du centre et c’est là que nous nous sommes rendu compte à quel point il peut être ardu de se déplacer à Bangkok. Aucune ligne de métro ne déservait le quartier, le seul bus qui se rendait prenait plus d’une heure et demie, le taxi semblait être une option viable. Au moment de partir, le taxi que nous avons appelé prit un bon 15 minutes à arriver, cela aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Une fois dans le taxi, il fallu une heure pour parcourir 3km... on était encore loin de l’arrivée. Devant l’évidence même, nous n’avions pas d’autre choix que de quitter ce taxi là où nous étions rendu et trouver un autre moyen de transport.

On était un peu stressé parce qu’il était déjà tard et on ne voulait pas faire attendre notre hôte Servas. Mais que faire perdu au milieu d’un quartier inconnu de Bangkok sans vraiment de moyen de transport. La situation n’était pas si désespérée qu’elle ne semblait. Après deux minutes de marches, nous nous sommes retrouvés dans un quartier branché du nom de Sukhumvit. Un petit bar confortable offrait des promotions sur les consommations, quoi de mieux que de se poser un peu pour réfléchir à la suite. Après 30 minutes, on avait beau regarder, on commençait à manquer d’options pour se rendre chez Pisit. En plus, Google map ne nous aidait pas vraiment avec des trajets plus farfelus les uns que les autres. Il y en avait même un qui proposait de prendre le bateau, en plein centre de la ville. Après moult tergiversations, il fallu quand même revoir toutes les options et en y regardant de plus près, il y avait bien un canal, très étroit, sur la carte qui traversait la ville. On demanda autour de nous, personne ne semblait connaître ce moyen de transport. Je trouvai un numéro de téléphone et passai l’appel à notre gentille serveuse. Conclusion, il y avait bien un bateau qui passait aux quinze minutes, nous avons donc décidé de tenter notre chance.

Arrivés sur place, le fameux canal était pris d’assaut par des bateaux de transport de passagers. Agitant les flots nauséabonds et crachant une fumée noire, ils accostaient avec une vitesse folle et les passagers montaient et descendaient du mieux qu’ils le pouvaient. Lors des croisements, les bateaux s’aspergeaient mutuellement, il faillait vite monter un rideau de plastique sous peine de se prendre une douche d’eau d’égout. Nous avons donc pris notre bateau en direction du quartier de notre hôte et 45 minutes plus tard nous n’étions plus qu’a 2km à pied.

Dans le bateau bus d’un klong secondaire de Bangkok à l’heure de pointe

Pisit partageait certains points communs avec un autre hôte Servas que nous avons rencontré au Népal, ... Grand, mince, pince sans rire et un penchant immodéré pour les fruits. A tous les repas, nous avions une grande sélection de fruits, et autant que possible il fallait tout manger. Bananes de toutes les sortes (même une avec des pépins), mangue, melon d’eau, noix de coco, etc ... constituaient la base de tous les repas. Grand amateur de noix et d’arachides, il possédait une grande variété de chacune.

Découverte de Bangkok avec Pisit, notre ami Servas 

Dans les derniers jours, nous avons vécu au rythme des élections. Les Thaïlandais étaient appelés aux urnes afin, on l’espère, de se débarasser de la junte militaire au pouvoir. L’impact le plus immédiat (et le plus direct pour nous) fut l’interdiction de la vente d’alcool à partir de la veille jusqu’à la fermeture des bureaux de vote le lendemain soir. À partir de 18h, les bars ont cessé de vendre de l’alcool et on nous a enfermé derrière les rideaux de fer afin qu’on puisse finir notre bière loin des yeux de la police. Je vous laisse deviner la température qui régnait dans le bar encore plein, sans ventilation. L’ambiance était détendue mais on se serait cru au temps de la prohibition.

Bangkok en vrac 
19
mars
19
mars
Publié le 10 avril 2019

À partir de Battambang, la route pour se rendre en Thaïlande est assez directe, à peine 375 km. Nous appréhendions les entourloupes à la frontière. Les douaniers Cambodgiens exigent habituellement quelques dollars pour le tampon de sortie. Les douaniers Thaïlandais pour leur part sont des pros, pas de ça ici. En sens inverse, de la thaïlande vers le Cambodge, c’est encore pire, presque garanti de se faire soulager de quelques dollars ici et là.

Nous avons pris un bus couchette vers 7 heures du matin en provenance de Phnom Penh. Il nous arrêta au milieu de la ville de Poipet près de la frontière thaïlandaise mais sans trop donner d’indication. C’est la vendeuse de cartes SIM qui nous indiqua la direction de la frontière. Attente de quelques minutes dans une petite pièce mal ventilée et nous voici hors du Cambodge. Pas d’entourloupe, pas de chichis. Aurélie a même eu droit à un clin d’oeil du douanier : « Vous reviendrez ma p’tite dame, on n’est pas sorteux ».

La douane thaïlandaise était bondée. On était préparés. 1h30 d’attente et nous avions nos visas gratuits, pour 30 jours au pays. Il suffisait ensuite de trouver un bus qui nous emmènerait à Bangkok. La compagnie de bus cambodgienne est de concert avec une compagnie de minibus de l’autre côté de la frontière. Ils ont bien essayé de nous embarquer, mais le prix demandé nous semblait un peu élevé et le départ n’était que dans une heure et demi. On nous pressait, faisait comprendre qu’il ne restait plus beaucoup de place, etc, etc. Mais, Aurélie alla voir la concurrence juste à côté. Non, seulement c’était moins cher mais en plus on partait tout de suite.

Passage de la frontière Cambodge - Thaïlande à pied

Dès les premiers kilomètres, on sent la différence avec le Cambodge. Les routes sont droites et uniformes, ça roule vite et à gauche, svp ! La petite halte casse croûte nous permit de déguster nos premières saveurs thaïlandaises. Petites brochettes de porc, glace, tout est excellent même si on est sur une aire d’autoroute. Nous arriverons à Bangkok vers 18h30. Ville survoltée et grouillante, on sent bien comme il faut que nous ne sommes dans une capitale économique. Courte balade en métro, on débarque au coeur du quartier Silom. Nous ne le savions pas au moment de la réservation de notre hébergement, mais nous sommes très bien situés. C’est le quartier des affaires, regorgeant de restos de rue pris d’assaut par les travailleurs le jour, la nuit il se transforme et devient un endroit de night live incontournable.

Arrivée en Thaïlande, moderne mais avec une image du roi omniprésente 

Arrivés chez Ms Bee, notre hôte, le contact est un peu froid. Il y a des règles à ne pas enfreindre partout avec amendes ou punitions à la clef si on les transgresse. En même temps, on s’en fout un peu, on est mort de fatigue, on dormirait n’importe où. On part pour une petite expédition dans Silom pour aller manger, suivant les recommandations de Ms Bee. On traverse sans le savoir la pire rue de la ville, celle du night market Patpong, où se trouvent également les bars de spectacles de ping pong girl. Mais, nous n’en sommes pas à nos premiers échanges d’armes et on repousse ces harangueurs suspects et leur spectacles louches. Ça sent l’arnaque à 100 km leur truc.

Finalement, au bout de cette rue, dans un petit stationnement public converti le soir en aire de restauration, se trouvait rien de moins que le bonheur. N’étant pas un grand fan de pad thaï, je me forçai quand même à en prendre un, n’en ayant jamais mangé dans le pays de son origine. Trouvant ce plat assez semblable à un renvoya de chien, je n’avais jamais accroché auparavant. L’expérience me marqua. Ce pad thaï avait un je ne sais quoi qui le différenciait définitivement des autres. Nouilles plus fermes, goûts plus francs et les assaisonnements servis en à côté, chili en poudre, piments dans le vinaigre, sucre et arachides faisaient en sorte que l’on pouvait ajuster l’assaisonnement à notre goût.

Affamé, je pris également un plat en apparence d’une banalité sans nom, le poulet sur riz. Il s’agit de poulet bouilli servi sur du riz blanc, point. Mais... le poulet est cuit dans un bouillon qui a servi à bouillir 100 autres poulets avant et le riz est aromatisé avec ce bouillon. Le poulet est tendre, juteux et très parfumé. Le riz est fondant et a tout juste ce qu’il faut de gras de poulet pour qu’il ne soit pas sec. On sert le tout avec un petit bol de ce bouillon magique, les saveurs sont tellement intenses qu’on le déguste à petites gorgées.

C’est bien repus que nous retournons chez Ms Bee s’effondrer de sommeil.

Bouffe de rue à Bangkok 
18
mars
18
mars
Publié le 9 avril 2019

Au Cambodge, ce fut un peu comme en Chine, on devait passer rapidement et seulement visiter les temples d’Angkor. Mais dès notre arrivée, nous avons été subjugués par le sourire et la gentillesse des Cambodgiens. C’était tellement relaxe de voyager dans ce pays qu’on a voulu prolonger notre séjour. Du coup, notre circuit a été un peu erratique. On est parti à l’ouest puis on est revenu complètement à l’est pour finir par retourner à l’ouest pour passer la frontière avec la Thaïlande.


Notre voyage au Cambodge en chiffres :

  • du 27 février au 18 mars 2019
  • Nombre de jours au Cambodge = 19 jours
  • Température = entre 31°C et 36°C
  • Budget moyen = 47,95 $ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé au Cambodge :

+ le sourire des Cambogiens,

+ les temples d’Angkor,

+ le amok, un soufflé de poisson au curry.


Ce qu’on a moins aimé au Cambodge :

- les feux de poubelles dont la fumée envahie les villes à la nuit tombée,

- les sono qui hurlent à tue-tête pour tous les événements de la vie (mariages, funérailles) ou simplement le pique-nique du dimanche ou le karaoke,

- la déforestation.


Vive le Cambodge !

Prochaine étape en Thaïlande !


Bayon, notre temple préféré 
17
mars
17
mars
Publié le 5 avril 2019

Dernière halte au Cambodge, la ville de Battambang est très accueillante pour les touristes, faute d’être bucolique. Les rues sont pas mal défoncées, la moitié des commerces sont fermés, ce n’est pas très propre, mais il y a une belle architecture coloniale.

Depuis Banlung, nous avons adopté les hôtels sans climatisation. De un, parce que des fois, on a juste pas le choix et de deux, parce que c’est moins cher et je dirais de trois, parce qu’on commence à s’habituer à la chaleur. C’est donc dans un four que nous avons loué une chambre pour notre séjour. Heureusement que nous avions une fenêtre, enfin, c’était avant d’entendre les litanies mortuaires des moines hurlées dans des haut parleurs à 6h30 du matin (... tous les matins).

Au Pomme hostel, au coeur de Battambang 

Beaucoup de choses à voir aux alentours de Battambang : fabrique artisanale de feuilles de riz, de pâte de poisson, de bananes séchées au soleil, de nouilles, de happy water et j’en passe. Mais les attractions principales sont la montagne au Bouddha avec une cave qui servit aussi de charnier pendant la période des Khmers rouges et l’envol des chauves-souris au coucher du soleil.

En une journée nous avons fait le tour de toutes les attractions, intéressantes certes, mais pas transcendantes non plus. Il faut dire qu’après les temples d’Angkor, le reste du Cambodge ne peut qu’être moins impressionnant.

Visites gourmandes et culturelles autour de Battambang 

Une mention peut-être au sujet du bamboo train. Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre. J’imaginais une locomotive en bambou qui traine quelques répliques de wagons en bambou, truc hyper kitch et usé à la corde. En fait, ce n’est pas ça du tout. Le bamboo train, c’est juste une plate forme minuscule pouvant assoire six personnes, le guide et le chauffeur. Les roues sont actionnées par un petit moteur à essence sur l’unique voie. On fait quoi quand on croise un autre bamboo train ? C’est simple, celui qui a le moins de passagers doit céder le passage. On démonte le bamboo train, on le met sur les bords du rail et on le remonte ensuite. Sur un trajet de 2 km, ça peut se produire 3 ou 4 fois.

Le bamboo train de Battambang 

L’autre événement digne de mention est l’envol des chauves-souris. Aussitôt le soleil derrière l’horizon, elles se précipitent hors de leur grotte. Ce ballet d’une heure met en scène une petite dizaine de millions de chauves-souris qui forment une nuée hypnotisante et poétique. Mais les chiropteras auraient pu disparaître car elles constituent un met de choix pour les palais locaux. Une famille voisine tire un revenu confortable de la collecte des fientes des petites bêtes et a donc commencé à les protéger. Sans elle, aucune initiative gouvernementale n’aurait permis de les épargner. Exemple parmi tant d’autres que l’intérét pécunier est le seul rempart pour sauver l’environnement.

L’envol des chauves-souris au dessus des cocotiers
14
mars
14
mars

De retour à Phnom Penh pour un arrêt d’une soirée, nous avons été témoin d’une forme de « divertissement » qui nous avait complètement échappée depuis notre arrivée au Cambodge. Côté sombre et moins glamour de la ville, la prostitution est pourtant omniprésente. Pour arriver à notre hôtel, il nous a fallu traverser le quartier rouge de la ville. Les bars à hôtesses se succédent. Les filles, parfois mineures attendent patiemment sur leur tabouret. Quand on sait que le salaire minimum est à 5,5$ CAD / jour, notamment dans l’industrie du textile, il n’est pas difficile de recruter des candidates. Le quartier est fréquenté par les touristes occidentaux mais tous les publics sont représentés. On voit aussi bien des vieux mononcles que des beaux gosses bodybuildés se ballader avec 2 petites Cambodgiennes à l’air dépité. Bref, début de soirée plutôt déprimant qui nous a mis face à face avec la réalité du pays.


Malgré tout, on aime Phnom Penh. La promenade sur le bord du Mékong y est agréable. On a pris plaisir à boire l’apéro sur le toit de notre hôtel en regardant l’animation de la ville.

À Phnom Penh, sur les bords du Mékong 
13
mars

Si on croyait être dans une habitation modeste à Balung, nous avons eu un rappel à Kratie qu’on peut faire encore plus modeste. Déjà, cette ville est si petite que le chauffeur est passé tout droit et à dû revenir en arrière nous déposer. Nous étions les seuls à descendre ici et il nous avait tout bonnement oublié. Il fallait ensuite prendre un traversier pour rejoindre notre hébergement qui se trouvait sur l’ile de Koh Trong juste en face. Nous avons traversé le bras de rivière dans un bateau poussif, fumant et pétaradant dont seuls les cambodgiens ont le secret.

Trouver Pomelo homestay ne fut pas très difficile. Il fallait suivre la seule route qui fait le tour de l’ile jusqu’à la maison avec trois arbres à pomelo en face. Ici, pour on est dans la maison des habitants, on dort, on mange et on vit Khmer pour environ 8$ par jour, par personne, chambre privée, petit déjeuner et souper Khmer inclus. Ici, la douche aussi est khmer, c’est en fait un bidon d’eau de pluie dans les toilettes. On prend l’écuelle de plastique et on s’asperge d’eau fraîche, on savonne, frotte, rince et c’est terminé. Principe simple, efficace et très rafraîchissant. Il faudra quand même deux ou trois douches pour arriver à faire décoller la terre rouge incrustée dans nos pieds et nos mains. Le groupe présent en ces lieux est très sympathique et fera en sorte que nous resterons une nuit de plus. Juliette, la petite française sympathique qu’on avait croisé à Banlung est ici également.

Sur l’île de Koh Trong, au milieu du Mékong 

Les attractions principales ici sont quelques temples, la balade à pied autour de l’île, les dauphins de rivière et le farniente en hamac les deux pieds dans le Mékong. C’est en tuktuk que nous ferons notre tournée avec 4 autres touristes, néerlandais et français. L’observation des dauphins se fait en bateau, mais il est inutile de s’éloigner du bord, ils sont tous regroupés au même endroit et se baladent dans un rayon de 500 mètres. Il faut juste essayer d’anticiper leur déplacement, partir brièvement le moteur pour s’élancer dans la direction voulue et couper le moteur. On se laisse ensuite glisser en silence et avec un peu de chance les mammifères feront irruption près du bateau. Mais, quand on descend du bateau et qu’on remonte l’immense escalier qui mène à la rue, on voit encore mieux les dauphins. Heureusement que c’est pas trop cher.

Temples et dauphins 

Nous avons passé le reste de la journée dans une station balnéaire construite sur pilotis au dessus du Mékong. Des paillotes géantes peuvent certainement accueillir un bon millier de visiteurs sans manquer de hamac. Nous avons donc descendu quelques bières et le courant du Mékong à quelques reprises pendant ce temps.

Aux rapides du Mékong  
9
mars
9
mars

Nous prenons maintenant la direction du nord est du Cambodge dans le but de visiter le parc naturel du Virachey dans le Ratanakiri. La ville la plus proche se nomme Banlung et nous serons hébergés dans le modeste mais combien confortable Family house homestay de Puthea. Le groupe de touristes présent sur place est sympathique et on se régale de la cuisine familiale Khmer.

Seul rappel, si besoin est, que la conduite en mobilette est périlleuse au Cambodge, nous ferons la connaissance d’un jeune russe dans un bien piteux état. Couvert de plaies tachées de teinture d’iode, il se repose dans un hamac, il est raide comme Frankenshtein dont il a la démarche. Selon ses dires, il est simplement tombé dans le sable à basse vitesse... Malgré cela, nous avons pris une journée pour visiter la région en mobilette. Certains points d’intérêt dépendaient de la présence de l’eau qui manquait cruellement en cette période. Mais, nous avons pu profiter du spectacle de la récolte des noix de cajou. Nous avons parcouru des kilomètres de plantations d’arbre à cajou. Le fruit sur lequel la noix pousse n’est pas conservé et il est jeté au sol où il pourri et fermente rapidement. L’odeur qui règne dans la plantation fait tourner la tête, ça sent la carambole pourrie avec une pointe d’alcool et de noix de cajou, tout un cocktail. On pouvait voir ensuite les exploitants se balader avec des sacs de 50kg de noix sur leur mobilette pour aller les vendre.

Banlung et alentours 

La chaleur étant toujours aussi accablante, on a décidé de ne faire qu’une courte randonnée dans la jungle. Il nous semblait que des journées de 18 km de marche par cette chaleur et cette humidité seraient au dessus de nos forces. Oh, que nous avions vu juste. La première journée, nous sommes partis en tuktuk et avons roulé 1h dans la poussière rouge caractéristique de la région. Puis 30 minutes de pirogues nous ont conduits au départ de notre trek. Nous n’avons marché que 3 heures et pourtant nous étions complètement fourbus et transis de sueur. Il faut dire que pour atteindre la jungle il fallait traverser une zone de brûlis encore chaude et fumante, l’enfer sur terre. Nous étions accompagnés pour l’occasion par un guide, un ranger et une petite touriste française sympathique du nom de Juliette. Le ranger ne faisait qu’un avec son environnement, il nous a fait découvrir la flore et la faune locale avec passion. Au moment de faire sa connaissance, il courrait derrière un petit lézard qu’il tua d’un coup de machette. Ce serait l’apéro pour le repas du soir.

Nous avons établi le campement dans le lit d’une rivière asséchée. En temps normal, une jolie cascade doit couler à cet endroit. Pour le moment, seul un filet d’eau alimente un petit bassin tout juste assez grand et profond pour nous accueillir tous les trois en même temps. Pendant que le ranger préparait le repas, de la soupe cuite dans un bambou, on se rafraichissait dans notre bain tourbillon. Les hamacs ont été installés entre deux bambous fixés aux arbres. Cela complétait le tableau de notre campement. L’endroit était dégagé et permettait de profiter de la jungle sans être étouffé par celle ci. Le lieu du campement était stratégiquement placé près d’une forêt de bambou dont le rangers faisait grand usage. Que ça soit pour se faire une grille pour chauffer le pain sur le feu, réparer le support à hamac ou fabriquer des tasses et des touillettes à café, il partait avec sa machette et revenait avec ce dont il avait besoin. Le repas du soir fut savoureux et copieux, bien relevé à la sauce Khmer. Et les restants ? Ne vous inquiétez pas, ceux ci serviront de petit déjeuner au rangers.

Dans les plantes dégustées, il y a eu un genre d’oseille mais avec des tiges énormes (« sour leaf »), on mangeait tout, feuilles et tiges. Il y eu aussi l’arbre à eau, cette liane qui coupée par tronçon de 50cm laissait couler une sève claire et limpide dont on s’abreuvait. On a vu un arbre à la fibre rouge qui guérit la diarrhée dûe à la malaria (scroba ou « malaria tree »). Et comme dernière dégustation, il entailla une racine qui goutait sucré, très sucré, un peu comme du stevia. Le goût restait dans la bouche pendant des heures. Côté animal, on a savouré quelques fourmis rouges croquantes au goût acidulé.

Le lendemain, nous nous sommes enfoncés un peu plus dans la jungle qui était bien dense malgré la sécheresse du climat. On a observé le « sap tree burning », un arbre qui est entaillé puis enflammé pendant 1 h. La cire noire qui s’en écoule sert alors à imperméabiliser les pirogues ou à fabriquer des bougies. Plus loin, il y avait aussi un arbre creu rempli de chauves-souris. Le retour se fit par les brûlis, toujours aussi enfumés et brulants sous le soleil de plomb. On étouffait dans ce décor dantesque tant et si bien que le ranger fit une halte sous une maison sur pilotis. Nous avons été accueillis par des chiens maigres suivis par trois enfants pas tellement plus gras. Assoiffés et n’ayant que du thé à boire, j’ai jeté mon dévolu sur des fruits du dragon que je trainais depuis la veille. Ceux-ci avaient une chair d’un fushia intense. Nous en avons donné aux enfants qui ont hésité beaucoup mais devant la douceur d’Aurélie et les mots rassurants du ranger, ont finalement mangé ce fruit qu’ils n’avaient probablement jamais vus.

Dans la jungle aux abords du parc Virachey 

De retour de notre randonnée, nous avons passé une journée de plus à notre homestay. Mais on commençait à être bien écœurés d’étouffer dans la fumée des feux de poubelles qui envahissaient la vallée tous les soirs. Et que dire de la poussière rouge brique de ce village qui s’infiltre partout, salissant vêtements et sac à dos et tachant les mains et les pieds. Même les chiens, les arbres et les maisons sont rouges. « Terre rouge » est d’ailleurs la traduction de Banlung en Khmer.

4
mars
4
mars

Majestueux, uniques, inspirants, les superlatifs ne manquent pas dans les guides pour décrire les temples d’Angkor. On s’attend à être déçu, forcément. Pourtant, il est difficile de rester de marbre devant ces sculptures de grès. Les temples qu’il est possible de visiter couvrent une vaste superficie, les plus lointains étant à 25 km de Siem Reap. Et malgré cela, il y en a encore beaucoup qui sont cachés dans la jungle, attendant d’être restaurés et présentés aux touristes. Le potentiel archéologique est énorme et on n’en effleure que la surface en ce moment. Cela dit, ce qui est découvert aujourd’hui est franchement impressionnant. Dans le circuit classique de la « petite boucle », « moyenne boucle » et « grande boucle », on dénombre une bonne trentaine de temples. Nous les avons visités en tuktuk et en vélo, malgré la chaleur infernale qui règne sur le site. Heureusement, les routes sont abritées dans la jungle, mais il fait quand même 36°C à l’ombre.

Bayon 

Parmi les temples qui ont retenu notre attention, on compte Bayon, les sculptures sont très détaillées et en bon état. Ce temple permet de se perdre un peu dans ses dédales et fuir par la même occasion les hordes de touristes qui le visitent au pas de charge.

Temples secondaires d’Angkor 

Quelques temples secondaires, plus sobres ou encore en ruine, ont l’immense intérêt d’être désertés par les tours guidés. On se retrouve alors seul avec pour unique son, le chant assourdissant des grillons. Immersion garantie dans un autre monde. Dans ces moments, on se prend à rêver qu’on est les premiers explorateurs de ces lieux.

Ta Phrom, envahi par la jungle

Le temple Ta Prohm a été rendu populaire pour l’utilisation de son architecture dans le jeu vidéo Thomb Raider. Ce dernier est immense et certains arbres se sont encastrés dans la structure, épousant le profil du temple et s’infiltrant entre les briques. Les fromagers de 400 ans, arbres gigantesques, parsèment le site. Ils ont un peu l’aspect du fromage fondu qui coule.

Banteay Srei, le temple des femmes 

Ensuite, le temple des femmes, qui doit son nom à une ressemblance étymologique entre la langue ancienne khmer et l’anglais. Donc, rien de féminin dans ce temple hormis peut-être qu’il inspire l’admiration et que la roche est légèrement rosée. Mis au jour tout récemment, ses bas reliefs sont intacts et offrent un spectacle saisissant. Il a également été mis en valeur par un jolie musée extérieur qui relate les faits saillants de son histoire et de sa restauration. Ce temple est aussi célèbre pour l’abracadabrante histoire de vol de certains de ses bas reliefs par Malraux. Personnage Français peu scrupuleux sévissant au début du vingtième siècle, il comptait refaire sa fortune en revendant le fruit de ses rapines sur le vieux continent. Malheureusement pour lui, il se fit prendre et purgea 3 ans dans les geôles Cambodgiennes.

Angkor Wat, le temple mythique 

Et dernier temple, mais non le moindre, Angkor Wat, gigantesque, il est impressionnant pour ses bas reliefs, son architecture, ses tours énormes et aussi le fait qu’on peut visiter sa tour principale. Après avoir attendu en ligne 15 minutes, on gravit un escalier hyper abrupt pour avoir une vue à 360 degrés sur le site. Ce temple est envahi par des groupes de 40 touristes braillards et encombrants et des singes. Lesquels sont les pires ? On ne sait pas trop. Mais l’ironie est douce quand on voit les deuxièmes s’en prendre aux premiers. Sucettes, sacs de mangues fraichement coupées, bouteilles sont arrachés des mains et consommés immédiatement après.

3
mars

Après la visite des Killing fields et de S-21, nous nous sommes dirigés vers Siem Reap où se trouvent les fameux temples d’Angkor. La ville est bien certainement très touristique, mais pas dans le sens péjoratif. Il y a beaucoup de bons restaurants, offrant un menu Khmer et occidental. La rue principale, Pub street, est animée le soir, mais sans que ça soit démesuré. On s’assoit à une des nombreuses terrasses pour se rafraîchir avec de la bière à 50 cents le verre et un bac de glaçon.

Pub street et autres coins de Siem Reap 

Nous avons pris un jour de repos pour suivre un cours de cuisine. C’est dans un restaurant tenu par un Belge qui fait des crêpes bretonnes que nous nous sommes initiés à la cuisine Khmer. La chef Channy est bien khmer et est une cuisinière hors pair. Nous avons choisi 10 plats au total : 4 entrées, 4 plats principaux et 2 desserts. Le fish hamok (poisson au curry) et les bananes flambées au rhum et fruit de la passion ont été nos favoris. Les salades ont pas mal toute la même vinaigrette à la sauce de poisson, et varient certains ingrédients comme la mangue verte râpée, les crevettes et le poulet.


Pour ceux qui seraient tentés de cuisiner khmer, voici les recettes éprouvées :

http://www.angkor-cooking-class-cambodia.com/html/video.php

Marché et cours de cuisine à Siem Reap 

L’idée saugrenue nous est venue d’aller visiter les villages flottants. Deux raisons pourquoi ce n’était pas une bonne idée. Les fameux villages étaient à 15 km sous un soleil de plomb et nous sommes partis à vélo. Ensuite, les villages ne flottent pas dans l’eau à cette période de l’année, ils reposent dans un lit de gadoue puante. En plus, il fallait débourser 20 $ US pour les visiter plus 20 $ pour le bateau, non merci. Tout au long de la route nous avons vu les petits commerces offrant des hamacs pour se rafraichir tout en se reposant. La vue imprenable sur cette étendue de boue nous laissait de glace malgré la chaleur insoutenable.

Autour de Siem Reap 

Nous sommes allés nous réfugier à notre hôtel ou la piscine procurait un soulagement temporaire. Nos hôtes, un jeune couple dans la soixantaine, lui Pakistanais et elle Australienne, s’assurait que notre séjour se passait sans le moindre tracas.

Au Areca hôtel, notre petit paradis 
28
fév

*** Âmes sensibles s’abstenir ***


Le lendemain de notre arrivée, direction les sites principaux de Phnom Penh, soit les Killing fields et la prison S-21. Déjà en se rendant aux Killing fields, ça donne un coup. Notre tuktuk passe par des quartiers de la ville assez pauvres et assez pollués. Les immondices jonchent les sol partout et on étouffe dans les feux de poubelles.

L’atmosphère aux Killing fields est lugubre, l’audioguide fourni à l’entrée s’en assure. Le narrateur est d’origine cambodgienne s’exprimant dans la langue de notre choix, le Français dans notre cas. Cet endroit a été la destination finale pour plus de 20 000 Cambodgiens. C’est à cet endroit que les Khmers rouges, qui promettaient un monde meilleur à leur peuple, ont conduit leur génocide. Transportés par camions sous différents prétextes, ils atterrissaient à cet endroit pour être exécutés à coup d’objets contondants. Les munitions pour les armes étant chères et peu discrètes, on utilisait marteaux, barres de fer, machettes, masses pour fracasser le crâne des condamnés. Le tout sous le bruit de la génératrice qui crachait des chants révolutionnaires afin de couvrir les hurlements des victimes. Les corps étaient ensuite enfouis sommairement dans des fosses communes et arrosés de DDT pour couvrir la puanteur.

Aujourd’hui, un grand nombre de corps ont été exhumés mais beaucoup de fosses sont restées intouchées. Les ossements et les vêtements récupérés ont été placés dans un mausolée en forme de stupa au centre du site. Les crânes ainsi exposés portaient les marques des coups assénés lors des exécutions. Mais le site n’a pas fini de recracher le fruit de ces horreurs. Chaque année, lors de la saison des pluies, vêtements, ossements et dents refont surface régulièrement.

C’est un peu le moral à plat et avec un arrière goût de DDT dans la bouche que notre tuktuk nous conduisit des Killing fields à la prison S-21.

Cette prison a été établie au coeur de la ville de Phnom Penh dans une école reconvertie pour les nouveaux besoins. Une clôture en tôle et des barbelés l’entouraient, mais de manière discrète afin de ne pas attirer l’attention. L’endroit était gardé secret, son existence étant inconnue des Cambodgiens ainsi que du reste du monde. C’est donc en toute quiétude que les agents de renseignement des Khmers rouges ont pu conduire leurs interrogatoires à S-21. Torturés pendant des semaines afin d’avouer des crimes qu’ils n’avaient pas commis, les prisonniers devaient aussi dénoncer des amis, parents ou collègues afin de corroborer leurs dires. Quelques étrangers sont aussi passés par cette prison. Un navigateur d’origine américaine qui voguait près des côtes cambodgiennes a été arraisonné et conduit à S-21. Torturé comme les autres, il a ainsi avoué qu’il était membre des services secrets et que son supérieur était un dénommé Colonel Sanders (pour ceux qui l’ignorent, c’est le fondateur des restaurants KFC, une chaîne de fastfood). Une fois leur dossier bien étoffé, les prisoniers prenaient le chemin des Killing fields.

Cet endroit est demeuré secret pendant plus de 4 ans et a été découvert lors de la fuite des Khmers rouges en janvier 79. Dans leur précipitation, les tortionnaires ont abandonné les lieux sans détacher les prisonniers qu’ils étaient en train de torturer. Ces corps mutilés ont été découverts par les forces de libérations, témoignant de toute l’horreur des sévices perpétrées en ces lieux. Malgré une tentative d’effacer leurs traces, beaucoup d’archives ont été retrouvées. Les photos des condamnés sont maintenant exposées sur des tableaux géants dans les locaux de S-21. Les traits tirés et le visage émacié, ces photos sont percutantes.

Seules 3 personnes auraient survécu à cette prison, parce que ces individus étaient utiles au régime. Après avoir exécuté ses intellectuels, ingénieurs, professeurs, médecins, il ne restait plus grand monde pour conduire les tâches techniques. Un ingénieur qui avait été emprisonné s’est montré efficace pour réparer les machines à écrire, c’est pourquoi il a été épargné. Encore vivant aujourd’hui à 88 ans, il vend ses livres dédicacés dans l’enceinte même des murs de la prison.

C’est avec beaucoup d’empathie mais un peu honteux de notre ignorance sur les détails du génocide Cambodgien que nous sommes sortis de la prison. Commencer notre exploration du Cambodge par un lieu aussi chargé d’émotion a complètement changé notre image de son peuple. Ces événements sont récents et chaque Cambodgien aujourd’hui peut encore témoigner de l’horreur de cette période et a au moins un membre de sa famille qui a souffert du régime de l’Angkar. C’est d’autant plus surprenant de voir la joie de vivre et le sourire des Cambodgiens.


Pour plus d’infos sur les Khmers rouges et les « champs de la mort» ainsi que sur Bophana, une victime devenue célèbre, voir les liens suivants :

http://www.killingfieldsmuseum.com/

http://bophana.org/fr/about/bophana/

Bophana, victime des Khmers rouges 
27
fév
27
fév

Le trajet en bateau pour rejoindre Phnom Penn est d’environ 5 heures, plus 7 dans notre cas. Les formalités aux postes frontières vietnamiens et cambodgiens comptent pour beaucoup dans l’allongement de ce délai. La « croisière » nous permet d’observer les berges vietnamiennes pendant la première heure, la rivière devenant beaucoup plus large ensuite, on ne voit plus grand chose.

Delta du Mékong côté vietnamien 

Enfin, le Cambodge ! Nous foulons le sol cambodgien en début d’après midi, le soleil plombe et il règne une chaleur infernale. Première impression, la ville est relativement propre, on ne se fait plus klaxonner pour un oui ou pour un non et les guichets automatiques distribuent uniquement de l’argent américain. Encore un peu perplexe sur la présence d’argent américain, on n’ose pas trop faire de retrait. Il est fort probable que le taux de conversion de la monnaie Américaine au Cambodge ne soit pas à notre avantage.

Les moyens de transport ne sont plus les mêmes, on voit des tuktuk partout. Cette charrette à deux roues peut accommoder jusqu’à quatre passagers, voire plus si on est Cambodgien. La remorque est attachée à une moto, sur le banc, avec un système ultra encombrant qui tape constamment dans les reins du conducteur. Il y a aussi des rickshaw, petits véhicules à 3 roues en forme de bulle, ils deviendront notre moyen de transport favori. Notre hôtel est situé au coeur de la ville, dans un quartier bourré de restos sympas.

Avant de partir en exploration, on plonge dans la piscine pour tenter de se rafraîchir un peu. Ici, la chaleur est caniculaire, de jour comme de nuit.

Arrivée au Cambodge, douane et capitale 
27
fév
27
fév
Publié le 17 mars 2019

Après plusieurs semaines au Vietnam, il était temps pour nous de découvrir une autre culture. C’est donc l’heure du bilan. Quoi de plus représentatif que de parler des mobilettes au Vietnam pour clore ce chapitre ?

Les mobilettes au Vietnam ... De toutes les tailles, de toutes les formes, toutes différentes mais toutes pétaradantes, bruyantes et dotées d’un klaxon fonctionnel et utilisé à outrance. Casque obligatoire mais souvent « oublié », accroché au guidon ou de qualité tellement médiocre qu’il serait complètement inutile en cas d’accident. Tout le monde grimpe sur la mob, jusqu’à 5 passagers même : mamie, bébé ou la mariée, chiens, cochons (saucissonnés ou en cage), poulets. Aucun chargement n’est trop lourd ou trop encombrant : une moto sur une mobilette, un frigo, des chaises, des arbres en fleur pour le Têt, une cargaison d’oeufs, des bonbonnes de gaz ou des bidons d’eau, un escabeau, du foin pour le bétail. Tout peut être tiré par la mobilette : des troncs d’arbres de 5 mètres, des barres de fer de 30 mètres, des boutiques mobiles. D’ailleurs, une mobilette peut être transformée en n’importe quel commerce : épicerie, glacier, stand à brochettes, affûtage de couteaux, vente de poissons rouges, imprimante public, coiffeur, recyclage de cartons. On va partout avec une mobilette : sur la plage ou sur la montagne, dans le restaurant, dans le marché ou dans l’église (bien comprendre « dans », soit à l’intérieur), au milieu des rizières. Et on se stationne sur le trottoir pour aller faire ses emplettes. Vous l’aurez compris, la mobilette a un statut spécial. Elle a remplacé le vélo dans le coeur et dans la vie des Vietnamiens. Pas étonnant qu’elle rentre tous les soirs dans les salons pour faire dodo. Bien trop précieuse pour risquer de se la faire voler. Mais qu’arrivera-t-il en 2030, date à laquelle la ville d’Hanoï veut interdire la circulation des 5 millions de mobs ? C’est le bon moment pour le transport en commun de se faire une place !

Mobilettes au Vietnam ! 

L’autre chose qu’on ne peut ignorer au Vietnam, et qui est très lié au premier point, c’est le BRUIT. Partout, toujours, fort. Voici un article qui résume bien l’environnement sonore au Vietnam. Seul oubli, selon nous, les coqs qui chantent à toute heure du jour ou de la nuit bien loin d’annoncer le jour qui se lève.

https://www.lecourrier.vn/mal-a-louie/115742.html


Notre voyage au Vietnam en chiffres :

  • Voyage du 7 janvier au 27 février 2019
  • Nombre de jours au Vietnam = 50 jours
  • Température = entre 5°C et 36°C
  • Budget moyen = 33,45$ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé au Vietnam :

+ la boucle dans la région d’Ha Giang,

+ les croisières ou ballades en bateau,

+ les tours en mobilette,

+ fêter le Têt dans la famille de Viet Ha,

+ les eggcoffee, chè, pho et autres nems.


Ce qu’on a moins aimé au Vietnam :

- la pollution : sonore (le bruit, surtout les klaxons intempestifs), atmosphérique et les déchets partout,

- le tourisme de masse à Sapa,

- les chauffeurs de bus,

- les infestations de cafards régulières.


Vive le Vietnam !

Prochaine étape au Cambodge !

26
fév
26
fév
Publié le 12 mars 2019

Il a quand même fallu quitter Phu Quoc et ses stations balnéaires russes. Nous avons réservé un bus à la dernière minute, pris le traversier par une mer démontée, repris un autre bus, changé encore vers un autre bus pour finalement arriver 7 heures plus tard notre destination : Chau Doc.

Dernière étape du Vietnam, point de départ vers le Cambodge, Chau Doc est une petite ville animée sur les bords du delta du Mékong. La ville est fréquentée par beaucoup de touristes en croisière. Nous y avons dégusté de l’anguille à la sauce de poisson. La chair délicate fondait dans la bouche, un délice !

Chau Doc sur les bords du Mékong