Carnet de voyage

Au gré du vent

J
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Dernière étape postée il y a 11 jours
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Par JeffO
Partir découvrir le monde doucement, à la rencontre des gens, de leur culture, de leur cuisine et des paysages.
Du 3 juillet 2018 au 20 juin 2019
353 jours
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Publié le 12 février 2019

Il règne à Hoi An une atmosphère de ville balnéaire touristique, mais sans démesure. Le premier soir, nous avons profité du night life dans le quartier touristique avec les bars donnant sur une mignonette étendue d’eau. Cette partie de la ville est très jolie, on s’assoit aux terrasses pour observer le ballet des petites embarcations illuminées de lanternes multicolores sur le plan d’eau.

Hoi An by night 

Le lendemain, nous avons encore loué une mob afin de parcourir les îles aux alentours. Très rapidement en dehors de la ville, on se retrouve dans des rizières et les petites maisons où la population coule des jours tranquilles. Dans les petits villages, on sentait vraiment le début du Têt. Plusieurs maisons étaient le théâtre de réceptions animées avec des tablées remplies de convives.

L’Île de Cam Kim 

Nous avons également profité de notre mob pour nous rendre à la plage de Cam Kim. Notre premier contact avec une mer chaude et ensoleillée depuis notre départ en voyage. Bien qu’il faille fermer les yeux sur les piles d’immondices qui jonchaient le bord de certaines plages, il y aura toujours quelque chose de relaxant à s’écraser dans un transat avec une bière à écouter la mer.

Plage de Cua Dai 

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Publié le 11 février 2019

Nous avons pris le train de nuit à partir de Tam Coc pour nous rendre à Hué. Bien que le train menait un boucan du tonnerre de Dieu, qu’il bringuebalait d’un côté comme de l’autre et qu’il y avait présence de cafards (encore), nous avons dormi comme des bébés. Au réveil, la gentille petite famille vietnamienne qui partageait notre cabine nous proposait toutes sortent de victuailles pour le petit déjeuner. Le trajet s’est donc parfaitement bien passé.

Nous ne faisions qu’une courte halte à Hué pour visiter la cité impériale. Imposante demeure, à moitié reconstruite, elle offre un spectacle unique qui valait le détour.

Halte éclair à Hué 

Il faut dire qu’on doit presser le pas dans le voyage. Nous sommes attendus à Ho Chi Minh city pour la fête du Têt qui débute dans quelques jours et nous sommes encore loin. C’est donc tout de suite après la visite que nous avons sauté dans un taxi afin de ne pas rater le bus en direction de Hoi An. Petit détail pour ceux qui feraient un jour ce trajet, il nous a été impossible de trouver un bus direct pour Hoi An. Tous passaient par Da Nang. Mais comme Da Nang est à 30km de Hoi An, nous avons pu atteindre facilement cette dernière par un bus local. Il s’arrêtait tous les 100 mètres, klaxonnait tous les dix secondes et prenait deux heures pour compléter le trajet mais il se rendait bien à notre destination.


Petite comparaison amusante entre 2 pays visités :

Quand il fait 23°C au Vietnam, les Vietnamiens portent leur manteau et sortent le bonnet. Ils ont froid.

Quand il fait 23°C en Mongolie, les Mongoles relèvent leur tee-shirt sur leur bedaine. Ils ont chaud.

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Publié le 10 février 2019

À partir de l’île de Cat Bah, il est possible rejoindre Tam Coc, aussi appelée la baie d’Halong terrestre. Le trajet se fait en bus, ensuite en bateau et encore un bus. Ce trajet nous a permis de voir une autre partie de l’île et les parcs à huitres. Mais pas besoin de se casser la tête, l’agence s’organise pour les correspondances, on demande un billet pour Tam Coc et tout se fait tout seul.

Nous sommes un peu sortis de nos habitudes pour prendre une chambre d’hôtel plus luxueuse dans cette ville. Nous avions un joli balcon avec une vue sur les formations rocheuses de la région. Le jour de notre arrivée, il était encore tôt, on a pris les vélos de l’auberge pour explorer la région rapprochée. Les rizières sont à peine à la sortie de la ville. On a pu observer les paysans les 2 pieds dans la boue en train de repiquer les pousses de riz. On a tout de suite vu la différence par rapport au nord du Vietnam où la culture est loin d’être commencée pour cette année. Ça a pour conséquence d’égayer un peu le paysage en verdissant les plans d’eau brune. Non loin de là, il y avait une grotte, semblable mais moins impressionnante, que celle visitée au nord du Vietnam. Ses 2 caractéristiques intéressantes étaient un petit autel au Bouddha et une ouverture qui offrait une vue aussi improbable qu’imprenable sur la vallée en contrebas.

Tam Coc 

Le lendemain, nous avons loué une mob de nouveau et sommes partis sur les routes de la région. Nous avons visité le petit village de Hoa Lu, une ancienne capitale. Notre visite fut de courte durée, assaillis de toutes parts que nous étions par de prétendus agents de stationnement. C’est aussi ça le Vietnam. Cette fois notre mob étant de meilleure qualité, on les choisit mieux maintenant qu’on s’y connait, nous avons couvert une plus grande distance. Nous avons visité la montagne au dragon et la grotte du tigre. La grotte du tigre était un trou minuscule avec un tigre en béton à l’air ahuri. La montagne était sympathique, mais le dragon en béton au sommet était un peu ridicule. Certains grimpent sur les flanc de la montagne en se tenant au dragon, c’est assez casse gueule, je n’ai pas osé.

Virée en 2 roues 

Anecdote pour certain, mais événement marquant pour moi (JF), j’ai mangé une des meilleures pizzas de ma vie. Pas trop convaincu quand ils prétendaient que la pizza était cuite au four à bois, mais c’était rigoureusement exact. Pâte fine et craquante, croûte bien gonflée avec quelques bulles calcinées, on se serait cru au coeur de l’Italie. Si j’avais une aussi bonne adresse au Canada, j’y serais toujours rendu. J’étais tellement heureux que je suis allé remercier les pizzaïolli vietnamiens en personne.

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Publié le 8 février 2019

Encore en manque de la nature luxuriante et des montagnes de la région, nous nous dirigeons maintenant vers l’île de Cat Ba. Un traversier nous emmène directement de Halong vers l’île en question. Mais ça serait trop pratique que ce soit à partir du même port où nous sommes arrivés depuis Bai Tu Long. Il a fallu traverser la ville de part en part, en taxi, afin de joindre l’autre port et nous sommes arrivés 15 minutes trop tard pour la navette du matin. Nous avons attendu celle de l’après midi à lézarder sur le bord de l’eau à regarder les innombrables bateaux quitter pour la baie d’Halong.

La balade en traversier était très agréable et pourrait même remplacer une croisière si on n’a pas beaucoup de moyens. Une heure à contourner les îles sous un ciel radieux et une eau calme. De ce côté, nous sommes très chanceux, le beau temps semble nous coller au derrière depuis 2 jours, ce qui change énormément des deux derniers mois.

Une fois sur l’île, il faut la traverser pour accéder à la ville de Cat Ba. Évidemment, on nous entasse comme des sardines dans le bus, mais comme c’est pas cher et pas trop long on s’en accommode. De plus, la vue est superbe : mangroves, montagnes, forêt. On a l’impression d’être dans un petit écrin de nature.

En route vers l’île de Cat Ba 

Quel choc ce fut une fois arrivés en ville ! C’est le paradis du routard fatigué. Petite ville qui s’étend sur quelques rues en bord de mer, petits restos tendances qui offrent des plats occidentalisés sur des airs de reggae. Et là, j’entends monter les critiques, « vous allez quand même pas manger occidental tout le temps en Asie ?! » Oui, mais non, car par occidentalisé on entend un plat local mais qui est préparé avec plus de soin, avec des ingrédients de meilleure qualité. A l’extérieur de Hanoï, c’est à Cat Ba chez « Bigman » que j’ai mangé les meilleurs plats vietnamiens. Bon, ok, d’accord, j’y ai aussi mangé une excellente pizza. On combat le mal du pays comme on peut dans un voyage au long cours, le tout arrosé de bière locale à 20k dongs la pinte, ce qui est plus que raisonnable.

C’est aussi sur cette île que nous avons loué notre première mobilette. La location est d’une facilité déconcertante : « Tiens, vla ta mob, deux casques, ça fera 50k dongs, l’essence c’est dans le port à 1km d’ici, tu remets les clefs dans le bidon de plastique coupé en deux attaché à l’arbre à ton retour, merci, au revoir ». Pas de contrat, pas de vérification du permis, pièce d’identité ou passeport, rien. Et c’est ainsi que nous avons parcouru en profondeur les moindres recoins de l’île de Cat Ba. Nous avons remis notre mob à la nuit tombée avec un réservoir vide et des fesses endolories. Notre destrier était bien merdique, il consommait 10 litres au 100 kms et le siège nous burinait le popotin. Mais le sentiment de liberté d’aller et venir dans toutes les directions était franchement grisant.

Visite de l’île de Cat Ba

Le soir, chez « Bigman », c’est bien écrasés dans des bean bags que nous avons écouté le film Venom, navet hollywoodien qui semblait oscarisable ce soir là tant on était en manque de film.

Cat Ba by night 
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Publié le 6 février 2019

Direction maintenant la ville de Halong. Le seul trajet disponible à partir de Ha Giang était par un bus de nuit avec couchette. En soi, rien de mal avec ces couchettes qui font de très confortables sièges et qui permettent de s’étendre et roupiller un peu. Mais comme tous les autres bus en cette période d’avant les célébrations du Têt, les arrêts pour embarquer les fruits, légumes, poulets, cochons et paquets divers seront très nombreux. Il faut aussi dire que la forme de vie la plus basse et la plus vile dans ce bus n’était pas les cafards qui infestaient pourtant l’habitacle, mais bien le chauffeur et le responsable du bus. De un, le chauffeur klaxonnait toutes les 2 minutes, se croyait dans une course de rallye et dépassait les autres véhicules comme si les secondes étaient comptées. De deux, le responsable du bus nous traitait à peine mieux que les cochons (vivants) qu’il empilait dans la soute. Donc, aussi bien dire que le confort de ce bus de nuit ne prêtait pas tellement au sommeil. Et c’est à quatre heures du matin que nous furent accueillis par des chauffeurs de taxi en mal d’extorquer de pauvres voyageurs perdus à la centrale de bus au milieu de nulle part. Mais heureusement qu’il y a Grab, un genre de Uber, qui permet de commander une voiture à un prix fixe et généralement raisonnable. Et malgré qu’on montrait au chauffeur de taxi qu’il chargeait juste 3 fois plus cher que Grab, il refusait de négocier. Tant pis pour lui car deux minutes plus tard on le laissait en plan en prenant place dans un taxi qui utilisait Grab.

Le lendemain, on s’était laissé un peu de temps pour visiter la ville de Halong, mais hormis une courte avenue commerçante qui s’anime uniquement le soir venu, cette ville présente peu d’intérêt. Elle est conçue pour les touristes en autobus, rien ne se fait à pied. Même l’accès au port pour les croisières est totalement inaccessible aux piétons, il faut absolument prendre un taxi ou arriver avec 30 de ses comparses dans un bus touristique.

Pour le lunch du midi, un peu las des plats vietnamiens, nous nous sommes tous laissés tenter par un hamburger à 95000 dongs (5,50 CAD), soit une fortune au Vietnam. Servi sous une cloche, cet ersatz d’hamburger fit son travail de nous changer un peu du quotidien.

Hamburger certes, mais service 3* 

C’est maintenant le temps de dire au revoir à nos amis Français, Steph et Jean-Phé qui quittent le Vietnam. Nous, on s’est réservé une croisière de luxe dans la baie de Bai Tu Long pour un prix d’ami sur Tripadvisor. Cette croisière, d’un peu moins de 24 heures nous portera dans la voisine de la baie d’Halong, la baie de Bai Tu long, un peu moins assaillie de bateaux (60 par jour contre 400), mais toute aussi intéressante pour ses formations géologiques.

Notre chambre est très luxueuse, nous avons même un petit balcon et un jacuzzi. Défiler doucement sur la baie Tu Long est une expérience unique. Les iles aux parois escarpées, caractéristiques de la région, offrent un spectacle à couper le souffle. De plus, nous avons la chance d’avoir un soleil radieux, ce qui n’est pas arrivé depuis des semaines.

Croisière dans Bai Tu Long sous un soleil inespéré 

Il y aura quelques activités ultra touristiques comme la visite du village de pêcheurs flottant et la balade en canot rustique dans les iles en passant par la démonstration d’insémination d’huitres perlières.

Au village de pêcheurs flottant  

Les repas à bord, bien que frugaux, seront excellents et préparés avec soin. Le soir, la pêche au calmar ne sera pas fructueuse mais offrira un moment de détente.

Coucher de soleil sur la baie et pêche aux calamars

Le lendemain, c’est au petit matin que nous avons visité une grotte minuscule et une plage. Nous étions les seuls au moment de la visite, du coup cela fut quand même agréable. Comme on commençait à prendre goût à cette vie de grand luxe, on nous ramenait sur la terre ferme.

Chanceux, le soleil est aussi là au réveil 
22
janv

Le lendemain, on évalue les différentes options qui s’offrent à nous pour faire la boucle des villages du nord de Ha Giang. Beaucoup le font en autonomie, à mobilette. L’avantage est la grand mobilité que cela procure, les distances relativement courtes quotidiennement permettent d’utiliser ce moyen de transport. Les inconvénients en contrepartie sont assez nombreux. Dans la montagne vietnamienne, en hiver, c’est plutôt froid, autour des 10 degrés et assez humide, il faut donc être bien équipé pour faire face aux intempéries. En plus, les routes sont assez raboteuses et peuvent être glissantes s’il pleut. Les nombreux accidents dont nous avons été témoin nous ont convaincu des dangers d’une telle expédition. De toute façon, pour à peine plus cher nous avions la possibilité de faire le trajet en SUV de luxe avec chauffeur pour les 4 jours. Nos amis Français étant également intéressés, cela réduisait d’autant les coûts par personne.

Une fois cette affaire réglée, nous sommes partis à l’assaut des paysages de la région à vélo, pour le reste de la journée. Nous avons grimpé une petite montagne qui donnait une vue imprenable sur la vallée où se niche la ville de Ha Giang. Nous avons également visité un village non loin de là. Rizières inondées, maisons sur pilotis, poulets, cochons et réunion de village bruyante respiraient l’authenticité. On pouvait entendre le conseil du village bien avant de le voir, c’était notre première expérience des ravages que peut provoquer le mélange « happy water » et karaoke. Nous ne le savions pas encore mais c’était loin d’être notre dernière.

Nous avons continué notre chemin à travers le village adossé à une montagne et au delà. Le chemin sinueux menait aux rizières cachées dans les montagnes derrières. Rendus à ce qui nous semblait être la fin du sentier, un paysan affairé à surveiller ses buffles nous appela au loin. Pas trop certain de ses intentions, bien qu’il ne semblait manifestement pas hostile, j’envoyai Aurélie en émissaire. De un, on sait bien qu’il est d’usage de ne pas s’en prendre aux émissaires, et aussi, certainement que son approche féminine aurait un effet positif. Comme de fait, aussitôt arrivée à sa hauteur, il l’entraina avec lui dans un petit chemin qui menait vers une rivière. C’est ainsi que nous avons pu voir ce joli cours d’eau qui sépare cette vallée montagneuse en deux.

Le soir, nous avons été manger dans un restaurant local recommandé par notre auberge. L’offre y est on ne peut plus locale, rien de travesti pour plaire aux voyageurs, c’est ce qu’on aime. Bien que ce resto était typiquement local, il attirait beaucoup de touristes, nous étions loin d’être les seuls sur place. En arrivant, nous avons été pris d’assaut par une meute de pré-adolescentes assoiffées de savoir et en mal de pratiquer leur anglais. Nous avons donc fait la conversation, et après une ou deux doses de philtre de bilinguisme, c’est à dire de la bière, Aurélie et moi conversions comme deux anglophones de naissance.

Autour de la ville d’Ha Giang 

Le lendemain, début de l’expédition. Nous rencontrons notre guide et pilote, Tong. Le camion est énorme, et nous avons mis les voiles avec Steph et Jean-Phé vers la région reculée du nord de Ha Giang. Nous reverrons nos amis Israéliens qu’on avait vu partir en taxi il y a deux jours lors de la panne du bus. Notre guide nous a fait visiter la grotte de Lung Khuy magnifiquement mise en valeur. La visite se fait en 45 minutes et c’est du vrai bonbon pour les yeux.

Le soir, nous avons été accueillis dans une famille Dao du village de Tam Son. Nous étions les seuls clients dans l’établissement, nous avons pu prendre notre petite bière tranquille pendant que nos hôtes préparaient le repas. Il faisait quand même relativement froid et les chambres, complètement ajourées, n’offraient qu’une maigre protection contre les éléments. Heureusement, dans ces régions les couvertures sont en espèce de polaire ultra épaisse et elles viennent en grande quantité. Le repas du soir fut divin. Décidément, c’est vraiment dans les homestays qu’on mange le mieux dans ce pays. Le tout a été arrosé de « happy water », mais quand même pas trop. Steph affirma au guide que quand même « I am not a pochetronne ». Dans les jours qui suivront, force est de constater qu’elle avait peut-être fait cette déclaration à la légère. Nous y reviendrons.

Chez les Dao

Le second jour, nous avons vu de magnifiques paysages et bien qu’il ne faisait pas soleil, les montagnes n’étaient pas cachées dans la brume. Nous avons visité la frontière chinoise, qui est sans surveillance à cet endroit. Elle fait 100 mètres et est constituée de barbelés tenus par des piliers en briques. Son centre est défoncé et le sol de terre battu témoigne que ce chemin est très fréquenté. Des avertissement sinistres avec des têtes de mort de chaque côté complètent le tableau.

Le soir, nous avons arrêté au village H’Mong de Dong Van. Nous avons rencontré des Australiens et une Allemande fort sympathiques qui ont embarqué dans le jeux du « happy water » sans se faire prier. Et après le repas, l’hôte s’empressa d’allumer la machine à karaoke et nous supplia qu’on lui chante des tubes occidentaux. Tout le monde se prit au jeux, et tout le palmares de ce que la chanson peut offrir de kitch y passa. Nous avons terminé notre prestation par quelques interprétations vibrantes de Johnny dont « L’envie ». Je crois que les échos retentissent encore aujourd’hui dans la vallée en contrebas. Entre deux performances, notre hôte et sa femme nous ont fait une interprétation de danse traditionelle. Au son d’un instrument de musique, genre de flûte cornemuse, les pas de danse se font au tapant sur les pieds de son partenaire dans un ballet assez complexe. Le filles ont été endimanchées en tenue traditionnelle et invitées à exécuter cette danse. Et c’est sans voix et fort avinés que nous sommes allés nous coucher vers 1h du matin. C’est aussi ce soir là qu’Aurélie a prêté sa doudoune en plumes à Tong qui n’avait pas été très prévoyant et qui se gelait royalement depuis deux jours. Il ne la quittera pas jusqu’à la fin du voyage.

Chez les H’Mong

Le 3ème jour nous réserva une autre journée de paysages magnifiques : routes en lacets, montagnes abruptes et rizières juchées. Toutes ces aventures ont aussi tissé des liens avec Tong qui manifeste son amitié de façon beaucoup plus tactile. Plusieurs fois, il m’a (JF) saisi par les bourrelets pour m’assoir avec lui et faire une session de calins amicaux.

Le soir, au village de Du gia, notre hébergement affichait complet. Beaucoup de touristes d’un peu partout en Europe. Le repas du soir proposait un item jusque là absent du menu, du poisson. Celui-ci était apprêté à la perfection. Comme il y a bien longtemps que nous n’en avions mangé, cela ajoutait au plaisir de le déguster. Encore une fois le « happy water » coulait à flot, plusieurs fois la marmite de distribution fut remplie. Chauds comme la braise, nous n’attendions que le signal de départ pour aller faire exploser le karaoke. Mais coutume oblige, il fallait écouter le match de foot Vietnam - Japon de la coupe d’Asie. Déjà que je ne suis pas un amateur, mais quand deux équipes nulles s’affrontent, le spectacle est d’un ennui mortel. À la fin, il eu quelques tentatives de chanter, mais les Hollandaises ne voulaient pas céder la micros. Aurélie et Stéphanie ont quand même sauvé la mise avec « Allumer le feu » qui laissa les mamies de l’auberge médusées. En plus, la chambre de Steph et Jean-Phé avait été rebookée, donc, plus de chambre pour eux. Après moult négociations et tergiversations, qui ne menaient nulle part, c’est non sans faire un joyeux vacarme pendant un bon 30 minutes, que ces derniers sont venus s’installer dans notre paillote, suffisamment grande pour accueillir tout le monde.

Chez les Tay 

La dernière journée fut marquée par un événement rare et nous sommes tombés complètement par hasard au bon endroit au bon moment. En effet, en harpentant les rues paisibles d’un petit village endormi, notre attention fut attirée par un mouvement de foule. Foule est un bien grand mot, mais 2 mobilettes, quelques mamies et une grande soeur et une petite soeur qui se pressent dans une direction, il y a de quoi qui se passe. Une fois arrivés en périphérie du village, la source de toute cette excitation s’offrit à nous. On voyait tous les hommes du village affairés à agacer les buffles pour qu’ils se battent. Ce n’était pas très difficile d'énerver ces bestiaux qui cornaient à qui mieux mieux le comparse le plus près. Il y eu même des combats à 3. Les plus faibles furent naturellement éliminés et ne restai que le plus fort, qui s’en alla halletant avec son propriétaire une fois les combats terminés. Le tout ne dura pas plus de 10 minutes et le gagnant était déclaré. Étant donné la valeur de ces bêtes on est quand même étonné qu’ils courent la chance qu’ils se blessent dans une compétition aussi futile. Mais peut-être aussi que cela permet de déterminer quel est le buffle le plus fort et aussi celui ayant le plus de valeur.

Le reste de la route vers Hagiang était très cahoteux et la place de derrière était la moins convoitée et c’est notre pauvre Jean-Phé qui s’est fait taper le popotin pendant plus de deux heures.

Nous avons mangé un dernier repas avec Thong à son restaurant familial. Sa femme nous a concocté un mi quang, sorte de soupe aux nouilles avec un peu de viande de porc, crevette, salade, herbes aromatiques et arachides que l’on mélange ensemble.

Et c’est aussi probablement très déçu que Tong redonna la doudoune à Aurélie.

Autour de Du Gia 
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Publié le 30 janvier 2019

Le lendemain, direction Ha Giang, trajet de bus sensé durer 5 à 6 heures. Un changement était prévu après 1 heure pour prendre un second bus. Au carrefour, personne, on roule donc à contre sens de notre direction pendant 30 kms avant de croiser notre second bus. On s’aperçoit rapidement qu’il n’y a pas assez de place pour tout le monde. Le bus est rempli de marchandises et seules 3 rangées de bancs restent vacantes. Certains devront embarquer sur les genoux des autres. Le responsable n’est pas vraiment ouvert aux commentaires, mais après quelques protestations il veut bien déplacer les sacs pour que Stéphanie, une amie française croisée il y a deux jours, ne soit pas pliée en quatre sur son siège. À peine 30 minutes plus tard, on s’arrête et on nous demande de sortir, la vapeur et l’eau qui sortent de sous le bus ne laissent rien augurer de bon. Il y a avec nous un groupe d’Israéliens et 2 Coréens. On trouve refuge de l’autre côté de la route car une pluie fine commence à tomber. À cet endroit, on se fait boucaner par un nuage de fumée de sciure de bois en combustion. À un moment donné, le bus émet un grand bruit de casserole à pression qui explose, il y a de la vapeur qui sort de partout, porte, fenêtres, toit. Le bus est maintenant rendu un sauna et nos sacs sont toujours à l’intérieur. Le porte parole du groupe d’Israéliens, que cette situation énerve au plus haut point, obtient du responsable que l’on puisse sortir nos sacs avant qu’ils ne se transforment en beignets cuits à la vapeur. On attend encore et toujours et à un moment il y a comme un mouvement, mais le responsable du bus ne semble pas nous porter attention. Stéphanie, à qui on ne la fait pas, sent une entourloupe. Elle tente de rentrer dans le bus mais le responsable lui refuse l’accès. Elle nous appelle en renfort et j’alerte nos Israéliens qu’il y a un truc qui se passe. Non, c’est non, le responsable ne veut plus qu’on entre. Son plan est que l’on reste là, plantés sur le bord de la route, perdus au milieu du Vietnam. Stéphanie bien énervée force le passage sans demander son reste, on emboite le pas et le responsable ne peut plus lutter contre ce mouvement et se contraint de mauvaise foi à nous laisser entrer. Les 2 Coréens, quant à eux déclarent forfait et décident de rebrousser chemin vers la ville la plus proche. Et le bus repart, mais il ne semble pas y avoir eu de réparations qui ont été faites, on ne pourra pas aller bien loin. Comme de fait, on s’arrête 2 kilomètres plus loin dans ce qui semble être un garage. Le mécano repère le problème, l’embrayage du ventilateur du système de refroidissement ne fait plus son travail et donc tout surchauffe. Il va donc réparer la pièce qui fait défaut. Pendant qu’on attend au beau milieu de nulle part, la moindre attraction devient très intéressante. Un vendeur ambulant flairant la bonne affaire s’arrête pour essayer de vendre de son inventaire. Joyeux et propre sur lui, il est aux anges à la vue de ce groupe d’étrangers et se prend en selfie avec sa moto épicerie et chaque groupe de touristes. Pendant que ce manège suit son cours, Aurélie et moi entendons un grand bruit provenir de la route, crissement de métal sur le bitume suivi d’un cri de mort très facilement identifiable à celui du cochon. On se retourne et c’est un papi et une mamie en mobilette qui ont raté la courbe et se sont scratchés au sol. On s’empresse d’aller leur porter secours, la mamie est couchée dans la rue, elle bouge mais ne se relève pas. Le papi a bien du mal à relever sa bécane qui est alourdie par la cage avec les deux cochons à l’intérieur. Pendant qu’Aurélie aide la mamie à se redresser, moi j’aide le papi avec sa mob. La mamie est tétanisée, Aurélie tente de la calmer et je vois que les cochons aussi sont terrorisés, ils tremblent comme des feuilles. Au final, plus de peur que de mal, la mamie a mal au genou droit et a une petite égratignure à la main. Même chose pour le papi, égratignure à la main et une cage de cochons tordue.

Une heure plus tard, on remonte dans le bus et c’est de nouveau le grand départ, nous avons maintenant presque deux heures de retard. On ne fait pas 10 kms que déjà on sent que le chauffeur de bus lève le pied, on dirait que ça chauffe encore. Comme de fait, on s’arrête encore une fois sur le bord de la route. Pour le porte parole des Israéliens, c’est la goutte qui fait déborder le vase, il s’engueule à qui mieux mieux avec ce qui semble être la propriétaire du bus. Elle se cachait où elle depuis le départ ? Il demande un taxi immédiatement pour terminer le trajet jusqu’à Ha Giang. On négocie sec sur le prix, mais la dame ne semble pas être à ses premières démêlées, elle reste intraitable. En plus, elle refuse catégoriquement de nous rembourser le trajet que l’on a déjà payé. Aurélie tente aussi de son bord de convaincre le chauffeur de taxi de nous prendre tous pour un prix d’ami. À chaque fois que cela semble réussir, il jette un regard de chien piteux à la proprio qui le fusille en retour et il refuse notre offre à tous les coups. Les Israéliens partiront donc tous les trois pour 1,5M de dong, soit 85 CAD, autant dire une fortune pour le Vietnam. Mais comme on n’est pas bien loin du garage, nous avons quand même bon espoir que nous allons repartir un jour. Le bus étant plein à craquer à l’intérieur et sur le toit avec les roues qui touchent les garde-boues, on se dit qu’il doit y avoir des clients qui attendent impatiemment leurs commandes. Et c’est presque deux heures plus tard (mais quelques minutes seulement après le taxi), sous le soleil couchant que l’on repart au son de la house music à fond. Finalement, l’heure estimée de notre arrivée est révisée de 18h à 23h. On arrive à quelques kms de Ha Giang avec un bon 30 minutes d’avance, ce qui est déjà ça de gagné. Mais le bus est encore plein à craquer. Nous passerons donc les dernières 30 minutes à livrer tout le bordel qui se trouve dans le bus sous une pluie battante. Le toit était rempli de craquelins de riz et l’intérieur du bus, hormis quelques cartons, était rempli de bidons de 20 litres de « happy water ». Il y en avait 150 au final, pour un total de 3 tonnes métriques de vinasse. Ça pouvait bien puer dans le bus. Ça nous aura pris 12 heures pour parcourir 185 kms. Nous sommes donc arrivés comme prévu à 23h à notre hostel, le 10AM. Et comble de malheur, notre hébergement avait surbooké ses chambres et il n’y avait plus de place. Ils nous ont relocalisés à leurs frais en taxi à 5 minutes de là. Le temps de prendre une bière bien méritée et quelques cacahouètes, on s’est couché à 1h30 du matin.

Livraisons en autobus 
19
janv

Arrivés à Bac Ha une journée avant son méga marché du dimanche, nous mirent les voiles vers un autre marché, perdu dans les montagnes, dans le village de Can cau. Plus modeste mais pas moins animé, ce marché est pour et par les habitants de la région. Il y avait la mobilette cordonnier, la mobilette serrurier, la mobilette coiffeurs, les vendeurs de babioles, de légumes, de cannes à sucre et les restaurants nauséabonds. Le marché se tenant sur la route principale, celle-ci s’est retrouvée complètement obstruée par les bus, camions de livraisons, énormes 4x4 de luxe, buffles, mobilettes et piétons. Le responsable de la circulation, ne sachant trop quoi faire devant ce bordel se contentait de faire sonner la sirène de police de sont porte-voix.

Can Cau, dans une des vallées de Lao Cai

En périphérie, on retrouvait le marché aux cochons. Ceux-ci sont attachés dans un sac avec seulement un trou pour le groin. Pour choisir le porc, on demande au propriétaire de le sortir de son sac. On le tient solidement par les pattes de derrière et on le laisse tomber sur les pattes de devant. On admire la croupe, son niveau d’engraissement et sa vigueur car le porc hurle à la mort pendant tout le processus en se tortillant de tout son corps afin d’échapper à cet examen. Une fois le marché conclu, on met l’animal dans une cage en bambou ou en fer, on l’embarque sur la mobilette et on le ramène chez soi. Un beau cochon se vend 20k dong le kg (1,14 CAD). Dans le contrebas du marché, il y avait le marché des buffles, vendus environ 40M de dong (2300 CAD). Essentiel pour labourer la terre, cet animal fait la joie et la fierté de son propriétaire. Nous avons aussi acheté un peu de « happy water ». Une rangée de dames installées avec leur bidon de 20 litres blanc vendaient beaucoup de ce précieux liquide. On en a pris de celle qui semblait la plus populaire, mais au final, même du bon « happy water », c’est assez mauvais. À l’entrée du marché, il y avait aussi l’endroit où l’on peut se procurer un petit chien. Attachés au bout d’une ficelle, ils sont trimbalés de gauche à droite assez rudement malgré leur cris de protestations. On se doute bien qu’ils ne sont pas là à cause de leur qualité de chien de garde ou de chasse. Et tout au fond du marché, planqués dans le stationnement à mobilettes, s’échinant sur leurs instruments, les vendeurs de flûtes flutiotaient joyeusement au grand dam de leur voisins.

Au marché de Can Cau, marchands divers 

Le soir venu, de retour à Bac Ha, avait lieu le « night market », sorte d’événement sensé galvaniser les foules pour le marché du lendemain. Divers talents locaux s’y produisaient où danses et chants traditionnels étaient à l’honneur. Nous avons quitté les lieux quand un jeune prodige nous a fait saigner les oreilles avec du hip hop vietnamien.

Le marché du lendemain ressemblait beaucoup au marché de Can Cau mais en plus structuré. Fait un peu troublant, on avait cru apercevoir un combat de coq à Can Cau, alors qu’à Bac Ha, cela s’est déroulé sous nos yeux.

Sur le marché de Bac Ha 
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Publié le 27 janvier 2019

Sapa, notre première incursion dans la région mythique du nord du Vietnam. Froide en cette période, son paysage montagneux avec ses villages isolés dans la brume offre un spectacle irréel. La vie y est rustique, rude même, mais les villageois sont accueillants et chaleureux. Cette région est à découvrir, elle ne se révèle pas d’elle même, les guides touristiques offrant au mieux une vue superficielle des subtilités de ce territoire. Nous n’allions passer que deux jours dans cette ville, après avoir visité un village complètement gangrené par le tourisme. Mais ça aurait été une grave erreur d’en rester là. Le village de Lao Chai est un monument à la mémoire du côté obscur du tourisme. Ce village est une enfilade de restaurants et de homestays pris d’assaut quotidiennement par une horde de touristes qui se suivent à la queue leu leu dans ses rues étroites. Les femmes Hmong ou Dzaos et les enfants en habits traditionnels tentent à tout prix de vendre leur artisanat aux touristes agacés par ce flot incessant. Ce village n’a plus rien de traditionnel, le tourisme l’a corrompu jusqu’à l’os. Touristes comme habitants y sont perdants. Ce village est une exception, mais sa popularité laisse l’impression qu’il est la norme.

Autour de Sapa vers Lao Chai 


Au dessus de Cat cat 

Heureusement, nous sommes tombés un peu par hasard sur Sapa O’Chau, une agence de voyage qui travaille avec les minorités pour organiser des treks touristiques « équitables ». C’est ainsi que nous sommes partis deux jours dans les montagnes brumeuses et glaciales au contact des minorités et de leur mode de vie. Une petite boucle d’un trentaine de kilomètres à pieds nous a fait traverser rizières, sentiers glaiseux et villages endormis. Nous avons croisé des villageois affairés à leurs tâches quotidiennes et aussi à la préparation de la fête du Têt. Le pêcher en fleur, abondant dans ces montagnes, est coupé et attaché tant bien que mal sur la mobilette pour être vendu en ville. Les cochons bien gras sont ficelés dans du bambou et transportés vers la ville également. Nous avons aussi rencontré un grand nombre de mères poules avec leur couvée, canards dandinants, buffles paisibles ruminant dans la rizière, porcinets en cavale à flanc de montagne, chats et beaucoup de chiens. La pause du midi laissa entrevoir le quotidien du microscopique village de Phin Ho. Il devait faire aux alentours de 8 degrés, on ne voyait pas à deux pas tant il y avait de la brume. Notre guide préparait le repas dans ce restaurant qui aurait aussi bien pu passer pour une basse cours. Les canards et les petits poulets allaient et venaient pour becqueter ici et là des miettes ou pour faire une pause et se réchauffer près du feu. Les villageois s’arrêtaient pour boire un thé et prendre quelques bouffées de la pipe à eau communautaire à partir de la réserve de tabac offerte sur la table basse. Le repas fut fameux : nems, légumes bouillis, omelette, porc sauté accompagné de riz. Notre guide sait y faire.

Après avoir crapahuté dans les rizières et pataugé dans l’épaisse glaise toute l’après midi, c’est rompu de fatigue que nous sommes arrivés au village de Suoi Thau dans notre homestay. Habitation rustique aux murs en béton et au toit ajouré afin d’y laisser s’échapper la fumée du feu qui brûle au centre de la pièce à même le sol. Notre hôte s’empresse de nous faire un petit casse croute pour tromper la faim et le froid qui nous transperce. Une belle platrée de frites chaudes et craquantes dans ces montagnes représente un luxe fort apprécié. Le repas du soir fut excellent, les spécialités comme les nems, tofu à la tomate, porc à la citronelle, radis blancs vapeur, légumes du jardins bouillis et riz, le tout arrosé de plusieurs tournées de « happy water », un incendiaire alcool de riz distillé sur place. Tout ce qui se trouvait sur cette table avait été récolté, élevé et préparé sur la ferme du propriétaire, à 10 mètres de là.

Dans les montagnes de Sapa 

Nous avons également pris un tour gourmand dans la ville avec l’agence Ethos, elle aussi aux valeurs centrées vers le bien être des minorités de la région. L’offre des restaurants à Sapa est très monotone, axée sur la même formule, elle s’adresse à une population touristique qui n’aime pas le risque et l’originalité. Grâce à cette agence, nous avons découvert la truite d’élevage servie en sashimi avec les délicieuses herbes aromatiques vietnamiennes, le crabe de rizière servi entier, sans sa carapace, croustillant et parfumé, les grenouilles sautées avec du bambou, l’oeuf de canard fécondé et le fameux dessert Che thap cam. Ce dernier est un mélange de boules de tapioca, graines de lotus, haricots rouge, riz gluant sucré arrosé de lait de coco, de chair de noix de coco grillé et de glace pilée. C’est fondant, coulant, craquant, sucré et délicatement parfumé, on en redemande !

Gastronomie locale 

C’est aussi à Sapa que nous avons mangé, pour la première et dernière fois nous l’espérons du canidé, de la famille canis sp, soit nul autre que notre animal de compagnie favori et meilleur ami de l’homme, le chien. Cette viande de « porc » sautée n’avait ni la couleur, ni la texture que nous connaissons. Nous avons même demandé confirmation au restaurateur, il affirmait qu’il s’agissait bien de porc. Mythe ou réalité, les comparses à quatre pattes croisés au retour nous ont été plus hostiles qu’à l’habitude, l’un d’eux a bien failli manger une salade de cailloux de notre part pour calmer ses ardeurs.

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Publié le 22 janvier 2019
Hanoï en vrac

Hanoï n’est pas notre ville préférée. Néanmoins, nous y avons trouvé des lieux intéressants. Les incontournables pour tout voyageur sont : les marionettes aquatiques, le musée d’ethnologie, le vieux quartier et son train qui le traverse et le lac Hoan Kiem où l’on retrouve l’île du temple Ngoc Son.

Nous avons bien aimé le spectacle de marionnettes, bien que cela ait le potentiel d’être kitchissime à souhait. Les histoires sont simples et ne pas comprendre la narration en vietnamien n’enlève rien au plaisir. Les marionnettistes sont talentueux et le fait que cela se déroule à fleur d’eau donne un aspect plus dynamique avec l’eau qui gicle et éclabousse au gré des courses folles. Il y avait même une animation pyrotechnique. Et pour ajouter à la qualité de la prestation, les musiciens jouaient en direct.

Les marionnettes aquatiques 

Le vieux quartier est intéressant parce qu’il est un peu plus animé et beaucoup plus propre que le quartier où nous séjournons. Ça se bouscule et ça klaxonne à fond. Il faut avoir des yeux partout pour avancer et voir tout ce que la ville a de petits détails singuliers. Les marchands s’entassent dans les ruelles et il y a parfois 3 rangées de commerçants. Une voie ferrée le coupe en deux et quelques fois par jour un train y passe. Cela oblige les gens à dégager la voie et rentrer les jambes sous les tables des cafés tant il passe près des commerces.

Dans la « rue du train » 

Le temple Ngoc Son renferme une énorme statue en bronze d’une tortue célèbre. Celle-ci aurait donné une épée magique aux vietnamiens pendant la guerre avec la Chine en l’an 1400 et serait retournée avec son présent au fond du lac une fois la guerre terminée. La représentation de la bestiole la montre avec un regard tendre et un peu louche.

Le temple Ngoc Son et le pont rouge 

Le musée d’ethnologie est fascinant. C’est une véritable mine d’informations. La population du Vietnam est composée d’un grand nombre d’ethnies aux coutumes très différentes. Il est intéressant avant de partir à l’aventure dans ce pays de comprendre un peu comment se découpe cette mosaïque culturelle. Le musée d’ethnologie est l’endroit idéal pour s’initier ou approfondir ses connaissances à ce sujet.

Au musée d’éthnologie 

Nous avons aussi visité le musée de la guerre, mais le ton propagandiste dans les descriptions diverses qu’on y retrouve choque un peu. Par exemple, lors de la description d’un lance-flamme, est-il utile de rajouter que celui-ci en particulier a servi à anihiler 200 parachutistes impérialistes américains ? Étrangement, nulle part dans ce musée il n’est fait mention des conditions de vie des militaires ennemis dans les prisons vietnamiennes. Le seul fait intéressant dans ce musée fut de retrouver un M-113 ravi aux troupes américaines pendant la guerre. En effet, JF a passé des semaines entières lors de ses entrainements militaires à se faire balader dans cette boîte de conserve.

Au musée d’histoire militaire du Vietnam 

Attirés par une annonce d’un tour de moto gratuit dans la ville sur les réseaux sociaux, nous nous sommes laissés tenter. Le fait de rouler en scooter au milieu du trafic hallucinant de Hanoï était une expérience en soi. Nous nous sommes aussi baladés sur l’île verte, un écrin de nature à 2 pas du centre ville où sont cultivés bananes, choux et autres produits de subsistance. Après le tour, nous avons été harcelés par cette agence car nous n’avions pas donné la note parfaite de 5 étoiles sur 5 dans TripAdvisor. Déjà, ils insistaient lourdement pour qu’on laisse une évaluation, ce qui dans mon cas était déjà une raison de ne plus donner la note parfaite. De plus, ce tour allait être vendu assez cher et pour une prestation somme toute assez amateure. Donc, une note de 4/5 était déjà très généreuse. En gros, ça voulait dire « vous pouvez faire mieux les amis ». Cela ne leur a pas plu, mais pas du tout et j’ai tout simplement retiré ma note pour avoir la foutue paix. Enfin, libre à eux de croire qu’il est crédible d’avoir uniquement des notes de 5/5 avec plus d’une centaine d’avis. Si les clients ne flairent pas l’arnaque, c’est qu’ils méritent d’être arnaqués.

Petit tour de scooter dans Hanoï  
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Publié le 19 janvier 2019

C’est après avoir pris 4 autobus, 1 avion puis 1 autre autobus que nous sommes arrivés dans la trépidante capitale vietnamienne : Hanoï. Dès la sortie de l’aéroport, nous rencontrons plus de touristes occidentaux que pendant tout notre voyage en Chine. Le Vietnam est beaucoup plus touristique que la Chine. Cela vient avec ses avantages, plus facile de s’y faire comprendre dans la langue de Shakespeare, infrastructures mieux développées, mais vient aussi avec sa flopée d’inconvénients qui selon moi annule, et de loin, les effets positifs, mais ça c’est moi (JF).

Notre auberge nous conquis sur le champ : petite musique vietnamienne, déco originale et tranquilité. Le Hanoïan Backpack Hostel, c’est l’endroit idéal pour rester au ralenti quelques temps. Nous allons y passer 2 jours sans sortir. Le personnel venait nous voir pour nous proposer de la bouffe, que nous acceptions. C’est là que nous avons apprécié nos premiers plats vietnamiens aux saveurs bien différentes des saveurs chinoises. Nous nous sommes régalés des petits rouleaux à la viande, soupes pho, poisson au caramel mais surtout cafés aux oeufs. Comment avons nous fait pour vivre sans ? Imaginez une meringue onctueuse sucrée au lait concentré et qui se mélange délicatement au café. Un pur délice !

Quand nous avons finalement décidé d’aller explorer la ville, le jeune homme à l’accueil n’en revenait pas et n’avait de cesse de nous demander « But, why ? ».

Notre petit havre de paix : Hanoïan Backpack Hostel

À la recherche de sorties pour visiter Hanoï, nous avons trouvé sur une plateforme des activités un peu hors des sentiers battus. Mais comme cela était proposé sur les réseaux sociaux, les utilisateurs pouvaient interragir avec le publicitaire. Certains semblaient comblés des propositions, d’autres s’en moquaient, mais si bien que j’ai cru pertinent de vous rapporter ici ces activités qui selon moi résument un peu le côté moins glamour de Hanoï.

  • Visiter des marchés de viande de chat et de chien,
  • Admirer des plans d’eau noséabonds jonchés d’immondices,
  • Manger de la nouriture et prier qu’elle ne soit pas bourrée d’agents de conservation et risquer l’empoisonnement alimentaire,
  • Apprécier les chauffards à moto qui changent de voies sans avertir, qui vous foncent dessus, montent sur les trottoirs en sauvage et tournent au feu rouge,
  • Pourrir le trottoir avec des déchets de table à un restaurant qui a envahi cet espace qui lui est sien tout en bloquant le passage aux piétions,
  • Faire réparer son iPhone dans un Apple store authentique parce qu’il y une statue de Steeve Jobs dans sa vitrine,
  • Se sentir valorisé quand vous refusez d’acheter des biscuits de riz à une mamie et qu’elle vous houspille.

Voilà pourquoi on a finalement décidé de sortir de l’auberge mais en suivant un circuit plus traditionnel ...

7
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Notre voyage est fait de contrastes. Entre la Mongolie et Hong-Hong, on est passé du pays avec la plus faible densité de population au monde (1,9 habitants au km2) à un des territoires les plus densément peuplé au monde avec une densité de 6 357 habitants au km2 (la ville abrite le lieu le plus densément peuplé de la planète : Mong Kok, près de sept millions d'habitants s'entassent sur 1 092 kilomètres carrés).

Contraste aussi entre Chine continentale et Chine anglaise ou portugaise. Le concept « un pays, deux systèmes » est bien présent. Mais pour combien de temps encore ? Dans 30 ans, l’entente sino-britanique prendra fin et le modèle de développement économique capitaliste ainsi que les droits et libertés des habitants de ces 2 régions administratives spéciales de la République populaire de Chine sera mis en péril.

Au vue des tensions diplomatiques entre la Chine et le Canada nous aurions préféré;terminer notre voyage dans l’Empire du milieu sur une note un peu moins stressante.


1. Notre voyage à Hong-Kong en chiffres :

  • Voyage du 30 décembre 2018 au 5 janvier 2019
  • Nombre de jours à Hong-Kong = 6,5 jours
  • Température = entre 8°C et 23°C
  • Budget moyen = 185 $ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé à Hong-Kong :

+ les ballades en Star ferry, bus impérial ou tram pour en prendre plein la vue

+ la proximité de la mer partout et les plages où se tremper les pieds

+ la facilité de se déplacer et l’efficacité des transports qui vous emmènent dans les moindres recoins

+ les rues consacrées aux piétons pour le Nouvel An

+ le feu d’artifice énorme dans le port Victoria


Ce qu’on a moins aimé à Hong-Kong :

- les détritus et décharges sauvages dans les coins plus reculés

Hong-Kong 

2. Notre voyage à Macao en chiffres :

  • Voyage du 5 au 7 janvier 2019
  • Nombre de jours à Macao = 1,5 jours
  • Température = entre 18°C et 23°C
  • Budget moyen = 184 $ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé à Macao :

+ le mélange de culture sino-portugaise

+ les pastels de nata tout chauds et leur croute bien feuilletée et craquante

+ les petits sablés aux amandes de Macao

+ jouer aux machines à sous et se rappeler ses jeunes années


Ce qu’on a moins aimé à Macao :

- l’invasion des nouveaux casinos gigantissimes qui nous font perdre la tête

Macao 

Vive Hong-Kong et Macao !

Prochaine étape au Vietnam !

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Publié le 17 janvier 2019

D’abord, le transfert de HK vers Macau nous a permis d’utiliser les services de la navette ultra rapide qui traverse l’estuaire de la rivière Zhujiang. Les douanes sont une formalité, le pays est très ouvert aux étrangers qui veulent venir y dépenser leur fortune. Nous restons au luxueux hotel Royal Macau, sur les hauteurs de la vieille ville. La chambre est incroyable et le personnel tout dévoué et efficace, ce qui est assez rare de voir en même temps.

Tout d’abord, il faut savoir que Macau est un ancien territoire portugais, comme HK était sous contrôle anglais avant. Les conséquences sont donc que les annonces publiques et noms de rues sont bilingues chinois - portugais, c’est assez inusité. De plus, il y a une culture résolument portugaise dans l’offre des restaurants ainsi que dans l’architecture de la vieille ville. Le premier soir, nous nous sommes précipités dans un restaurant typiquement portugais chinois. On y sert le poulet rôti à la portugaise accompagné de pain et de fromage et les fameuses sardines grillées, qui ici sont frites. Et on fait descendre le tout avec la cuvée du patron, un bon rouge portugais qui tache. Les papis chinois, au lieu de siroter le thé, dans ce resto sirotent leur verre de rouge que l’on sert rempli jusqu’à ras bord.

Resto portugais A Vencedora 

On ne pouvait pas non plus passer à côté de la chance de visiter les fameux casinos. Nous sommes donc partis vers un des casinos les plus anciens : le Grand Lisboa pour tenter notre chance. Première constatation, il y a beaucoup de jeux de table, on reconnait le black jack et le poker, mais un autre nous est inconnu. Il semble très populaire car des masses de chinois se rassemblent autour des tables et l’ambiance est survoltée. Les joueurs ont un comportement très étrange, au moment de recevoir leur cartes, ils s’adonnent à tout un manège afin, semble-t-il, de s’attirer le bon sort. Ils frottent énergiquement les cartes sur le tapis, les regardent en cachette, les tournent et retournent dans tous les sens, tant et si bien que les cartes s’en retrouvent complètement tordues. Le tout se déroule sous le regard blasé des croupiers qui attendent patiemment que le manège se termine. Une fois les cartes dévoilées, elle sont lancées au croupier. Nous n’allions comprendre que plus tard les raisons derrière tout ce cinéma.

Casino El Gran Lisboa 

Le lendemain, nous avions rendez-vous avec Jane, une hôte servas qui nous fit découvrir les petites merveilles cachées ici et là dans la vieille ville, notamment les meilleurs pastel de Nata.

Temples et églises, Macau entre Chine et Portugal 

Nous sommes également partis à la découverte du vieux quartier de l’île de Taipa. Dans cette partie, on se balade le nez en l’air dans ces rues étroites à l’architecture portugaise. On se laisse tenter par les biscuiteries qui font déguster la vaste gamme de leurs produits, dont le fameux biscuit aux amandes de Macau.

Dans le vieux quartier de Taipa 

C’est aussi sur cette île que se sont installés les nouveaux méga-casinos dont l’architecture est copiée à l’identique sur ceux de Las Vegas. Le Parisian, le Venetian, le Galaxy, autant de noms pompeux qui laissent entrevoir leur démesure. Il faut savoir que les asiatiques sont de bons parieurs, le chiffre d’affaire des casinos de Macau tournait autour des 49 milliards USD en 2013, en comparaison, celui de Las Vegas était de 6 milliards USD...

Première visite, le Galaxy, est, comme son nom l’indique, un endroit assez vaste. Une fois entré, bonne chance pour trouver la sortie. La section casino est également immense, beaucoup de jeux de table, encore et toujours ce jeux étrange dont on connait maintenant le nom, le baccarat. Petite leçon d’histoire. En 2015, Macau connu une période plus basse, mais le baccarat ne perdit pas de sa popularité, tant et si bien qu’on peut dire que ce jeu a sauvé la mise pour l’industrie des casinos. Donc, bien que cela soit totalement inutile et le fruit d’une superstition débordante, le fait de détruire les cartes est toléré chez les joueurs.

Nous sommes ensuite aller visiter le Venitian. Encore là, la démesure est au rendez-vous. La cours des boutiques est décorée pour donner l’impression que nous sommes dans les rues de Venise. Plafonds peints pour simuler le ciel, éclairage diurne, gondoles et gondoliers chantant, on s’y croirait. Mais nous commencions à être bien fatigués de marcher dans ces lieux immenses et on recherchait désespérément un coin pour se reposer un peu. En demandant notre chemin à un comptoir d’information, on nous dit qu’on pourrait trouver ce qu’on recherchait à la salle familiale. Il fallait savoir où elle se trouvait, mais une fois rendus sur place, on a pu bien se poser. Un endroit hors du temps, paisible, loin des tumultes criards du casino. La salle familiale accueillait au moment de notre visite, deux petites familles tranquilles.

Les casinos dominant le vieux village de Taipa 
5
janv


L’art urbain à Hong-Kong 

Direction l’ouest sur l’île de Lantau, plus précisément le port de Mui Wo. Une traversée de 45 minutes en bateau, que nous apprécions tant à Hong-kong. Il règne sur cette île un air de je-ne-sais-quoi qui la rend différente. Déjà, elle héberge le célèbre Bouddha de Tian Tan, qui confère à cette île un aspect mystique pour les hongkongais. Nous sommes à moins de 20 kms de la métropole la plus densément peuplée de la terre, l’aéroport international et Disneyland sont de l’autre côté de l’île et ici les vaches paissent en toute quiétude. Les villes et villages de cette île semblent désertés, plusieurs cabanes dans les bois sont abandonnées. Un petit sentier de 8 kms nous fera traverser les endroits les plus isolés que nous ayons vu dans les îles de Hong-kong. Malgré tout, un hameau en apparence anodin semblait être habité par une population d’expats biens nantis. Les belles grosses voitures ne manquaient pas lorsque nous attendions le bus.

Lantau Island, c’est aussi ça Hong-Kong

Rendez-vous en fin de journée avec Brenda, notre hôte Servas qui nous offirt une soirée de son temps afin de nous faire découvrir des parties méconnues de Hong-Kong. C’est d’abord dans un resto prisé des hongkongais et inconnu des touristes que débute notre soirée découverte. Nous allons ainsi déguster des plats signature de cet établissement. Le plus particulier était le plat de boeuf. Recouverte de pannure et frite, cette pièce de viande moitié viande, moitié gras fond dans la bouche. Le gras se mange, bien entendu, et sa texture est moelleuse et fondante. Le contraste avec le craquant de la croute est tout simplement divin. Évidemment, on ne pouvait pas passer à côté de l’oie rotie, autre spécialité de cet établissement. C’est repus que nous avons marché une heure dans la ville avant de pénétrer dans un énorme centre d’achat. Les boutiques étaient fermées mais cette immeuble est tellement grand qu’il sert de passage pour atteindre différentes parties du quartier. Nous sommes grimpés au sommet pour observer la vue sur Kowloon et écluser une bière dans un bar où le DJ faisait jouer de l’électro swing.

En balade avec notre nouvelle amie Brenda 
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Une autre journée d’envol de drône pour JF. Cette fois direction l’île Lamma. Nous accostons au port de O Tsai, très prisé des touristes à en croire la horde qui débarque en même temps que nous. On remarque qu’un certain effort a été déployé pour rendre ce village accueillant. Propre, mais pas trop non plus, boutiques de souvenirs à tous les deux pas, la route principale est une longue enfilade de petits restaurants. La plupart sont assez modestes et offrent des spécialités locales, principalement des fruits de mer. Malgré la présence de la mer à quelques mètres de là, les prix sont rédhibitoires car tout est importé. De toute façon, nous n’avons pas l’intention d’y faire des racines, notre plan est de traverser l’île à la recherche d’un coin tranquille afin d’y croquer des images aériennes sans être dérangés. On prend donc le chemin de Sok Kwu Wan, de l’autre côté de l’île, où un autre bateau fait la navette vers Hong-kong. Ici, pas de route, on se déplace à pied ou à vélo sur d’étroits sentiers bétonnés. Le paysage est mignonnet, la forêt, la côte, la plage, sont autant d’endroits qui révèlent leurs charmes au gré de notre randonnée. Par contre, on se rend vite compte qu’il va falloir marcher longtemps pour échapper à la vue de l’énorme usine électrique au charbon. Cette dernière, avec ses 3 cheminées lugubres, est visible de toute la partie ouest de l’île.

Enfin, une plage isolée permettra à JF, encore nerveux de voler son engin, de s’adonner à un peu de photo aérienne. Plusieurs autres point de vue tout au long du chemin permettent d’apprécier le paysage de l’île.

Le village de Sok Kwu Wan a une offre de restaurants plus guindés que notre village d’arrivée. La formule ici est de choisir dans une poissonnerie adjacente au restaurant, le poisson ou le crustacé de nos rêve, de le peser et de le faire apprêter. Cette formule, bien que très intéressante, a pour effet de multiplier le montant de la facture sans pour autant garantir la qualité gustative du plat. Nous ne nous laisserons donc pas tenter.

Sur l’île de Lamma

Aujourd’hui, direction le wet market d’Aberdeen pour y faire des emplettes pour notre cours de cuisine avec Edith. Le marché est grouillant d’activité, les locaux sont occupés eux aussi à faire leurs courses pour le repas du midi. On retrouve une belle sélection de viande à la boucherie, la poissonerie exibe des carasses de poissons sanguinolentes fraîchement dépecées, le coeur du poisson bat encore tellement c’est frais. On y retrouve les coques, couteaux, crabes, anguilles et crapauds d’usage. Arrivés chez Edith, nous préparerons un poisson frit sauce aigre-piquante, des siu may porc-crevettes et des aubergines braisées. Le truc à retenir de tout cela est que le wok est le meilleur réceptacle pour y frire un poisson. Il utilise peu d’huile et permet de retourner le poisson facilement sans éclabousser de l’huile brulante partout.

Marché et cours de cuisine avec Edith

A la fin du cours, la journée étant encore jeune nous avons mis le cap en taxi (fait rarrissime) vers l’est en direction du village de Stanley et son petit marché. Qu’on se le tienne pour dit, ici c’est Français, et il n’a pas fallu longtemps pour entendre résonner dans l’air un accent bien connu. L’extrémité de la baie a été épargné par le béton et un joli cap de roche rougeâtre cache un petit temple. La ville est mignonne et assez cossue, les restaurants aux enseignes européennes sont légions. Nous ferons une balade dans un sentier qui traverse le Ma Hang Park et vers une plage tranquille où JF pourra exécuter quelques vols.

Le retour de Stanley sera épique à bord d’un bus royal sur une route étroite et sinueuse le long d’une falaise. Les croisements avec les autres véhicules devaient se faire au ralenti et les branches des arbres frappaient violemment aux fenêtres. Bien assis au premier rang du second étage, Aurélie et moi ne manquions rien de toute l’action.

Au sud de Hong-Kong, à Stanley

Second cours de cuisine à Hong-Kong. Chez Bill de Pots and Pans, ça ne rigole pas. Menu avec pas moins de 5 recettes, cuisine professionnelle géante avec fours à vapeur, fours à pâtisserie, plans de travail énormes et des assistantes. JF capotait grave. Au menu, poulet juteux cuit au bouillon, brioche craquante au poivre, brioches vapeur cuites de deux façons, porc sauté et crevettes aux deux ails. On s’est encore régalé.

Cours de cuisine avec Bill de Pots & Pans 
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Publié le 13 janvier 2019

De retour du vol inaugural du drône, nous avons juste le temps de souper avant le réveillon. Aurélie propose un plat facile et rapide à préparer à l’hôtel : une soupe ramen. Alors là, JF a trouvé que c’était quand même un peu trop basic pour le dernière repas de l’année, déjà qu’on n’avait pas de champagne.

Impressionnés par la vue du port Victoria 

Le soir, nous avions rendez-vous avec une membre Servas, Polly, afin de célébrer l’arrivée de la nouvelle année. Attention, en cette soirée de réveillon, la météo nous avait mis en garde. Il allait faire très, très froid : 13°C. Les manteaux Canada Gouse et les bonnets étaient de sortie tandis que nous avions une petite pensée pour nos amis Canadiens qui auraient rêvés d’un tel froid. Cela ne nous a pas empêché de grimper au Peak pour observer d’en haut les feux dans le port Victoria. La vue était à couper le souffle avant même que les festivités ne commencent. Et quand les dizaines de millions de dollars ont pété en 10 minutes, ça a fait son effet. Les bombes étaient lancées 8 de large et le ciel s’est illuminé sans interruption.

N’étant pas les seuls qui avons eu l’idée de grimper dans les hauteurs, il nous faudra attendre 1h30 le bus qui nous redescendra de notre perchoir. La police a bien essayé de convaincre tout le monde de prendre le cable car mais il restait encore une foule conséquente d’irréductibles. Et alors que les bus se succédaient toutes les 30 minutes au début, nous avons vu arriver pas moins de 6 bus en même temps dans l’hystérie générale. Il est à parier que certaines personnes bien connectées ne voulaient pas passer la nuit ici et ont fait des appels pour que la place soit vidée au plus vite.

Nous avons fait une tentative pour aller prendre un verre dans le quartier des bars, Lan Kwai Fung. En cette soirée de festivités à cette heure tardive, la foule envahissait toutes les rues qui s’y rendait, il était impossible d’y pénétrer. Les policiers orientaient le trafic de piétons en sens unique pour fluidifier les déplacements dans les rues. Mais malgré tout, la marée humaine était trop dense. Et c’est fourbu et complètement à jeûn, que nous sommes rentrés aux petits heures à Koolown, dans notre microscopique chambre d’hôtel.

Réveillon sur les hauteurs de Hong-Kong au Peak 
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Publié le 12 janvier 2019

Ça y est, nous avons quitté la Chine continentale. Ici, à Hong-Kong, c’est vraiment pas pareil. Déjà, il faut passer une frontière et remettre au douanier chinois le petit papier jaune gardé précieusement depuis notre entrée au pays. Là, des madames en uniforme repèrent les touristes qui ont l’air un peu blafard et leur collent un thermomètre dans le front. Les enfants, eux, sont tous contrôlés sans exception. Ceux qui échouent le test bifurquent aussitôt dans la salle de quarantaine. Pour le passage de l’immigration, aucun tampon n’est apposé, on reçoit seulement un petit papier et circulez !

Première impression, Hong-Kong ressemble à New-York mais les badauds sont Chinois, les voitures roulent à gauche et les bus sont impériaux. Ici, presque tout le monde parle anglais et tous les menus sont traduits. On a retrouvé l’anonymat dans la foule des autres touristes et la pression est retombée d’un coup. Le $ de Hong-Kong (HKD) a remplacé le Yuan (CNY) et quand tu mets la monnaie dans ton porte-monnaie tu as l’impression d’avoir un trésor. Les pièces sont énormes, dentelées et pèsent super lourd. Le billet le plus gros est un 1000 HKD quand en Chine continentale il était de 100 CNY et qu’il y avait des machines pour identifier les faux partout. Les prix sont bien sûr gonflés à bloc et la brioche qui coûtait 0,50$ à Guangzhou et rendue 3,40$, la soupe est passée de 3,60$ à 7,80$ mais le prix du café, par contre, a diminué de moitié. La SIM de China Mobile ne fonctionne plus et JF a donc enrichi sa collection d’une SIM China mobile Hong-Kong. C’est aussi le retour de Google maps, Youtube et autres sites utiles ou pas tels que Facebook et Instagram. Pour ce qui est des milliers de travailleurs qu’on croisait dans la rue, disparus (les balayeurs et jardiniers). Bye, bye, aussi les militaires dans le métro, les scanners et les bunkers anti-bombe.

Notre minuscule chambre pour 3 jours dans le quartier de Tsim Sha Tsui. 250$ CAD la nuit, cafards inclus !

Le soir de notre premier jour à Hong-kong, on décide d’aller tâter le pouls de la ville. En cette avant veille du jour de l’an, les rues sont bondées. Entre les touristes aux valises gigantesques qui marchent trois de large, les piétons qui louvoient au ralenti le nez planté dans leur portable et les files interminables devant les restaurants, il faut pas être pressé ! On profite donc du paysage et on se laisse imprégner par l’atmosphère électrisante de la ville. Nous allons d’abord en direction du Victoria harbourg et embarquons pour une traversée du bras de mer qui sépare l’île de Hong-kong du continent. Le Star ferry est définitivement le moyen de transport le plus branché de Hong-kong. Il permet pour quelques HKD de faire une balade sur l’eau et de profiter d’une vue imprenable des deux rives. De jour comme de soir, c’est un plaisir sans cesse renouvelé.

Victoria Harbour 

Cette traversée avait pour but d’aller au magasin phare de la société DJI. Fleuron de la technologie chinoise, la société DJI fait un peu penser à Apple dans son approche. Equipement de grande qualité, design léché, conception ingénieuse et bourré de technologie dernier cri, leurs produits sont au top. C’est à la recherche d’un drône compact et abordable que nous avons rendu une visite à cet établissement. Mais la maison mère ne pratiquant pas la négociation des prix, nous mirent le cap vers des cieux plus cléments pour notre portefeuille. Et c’est de retour sur le continent que nous découvrirent ce qui deviendra le QG de JF : la suite Simcity. Imaginez six étages de microscopiques boutiques qui vendent des produits de photographie et d’électronique de pointe. Les marques et les modèles les plus prestigieux s’y retrouvent, de quoi dépenser facilement 4 fois le contenu de son compte de banque et d’alourdir un peu plus le sac à dos. Et c’est dans cet endroit de rêve que JF pu négocier son drône pour près de 1000 HKD de moins (soit 170 CAD ou 112€).

Hong-Kong, premier contact 

Le lendemain devait forcément être le baptême de l’air du drône et de son pilote. C’est en quête d’un emplacement où le vol est permis et à l’abris des regards que nous mirent le cap vers Nai Chung. Petit village en bord de mer, cet endroit est prisé des aficionados du cerf-volant. Nous avons pu en observer avec leur accoutrement un peu étrange, tenter tant bien que mal de faire voler leur cerf-volant. La technique consiste à accrocher un cerf-volant en papier de soie, de taille relativement modeste, et de le faire virevolter frénétiquement le plus loin possible. Pratiquement incontrôlable, ce manège prend fin quand le cerf-volant s’empêtre dans les branches d’un arbre ou que la fine ficelle qui le retient ne cède. La quantité phénoménale de cadavres de cerf-volants dans les arbres aux alentours confirmait cette façon de faire. Ensuite, on rembobine ce qui reste de fil avec un système ingénieux de glissières accroché au devant du pantalon, on attache un nouveau cerf-volant et c’est reparti pour un tour.

Le vol inaugural de JF se passa bien. Nous avons croisé un autre pilote de drône avec qui nous avons pu échanger des informations sur les meilleurs endroits où voler dans les différentes îles.

À Nai Chung, paradis des cerfs-volants et premier pilotage de drône pour JF. 

Dans le métro de Hong-Kong, c’est encore l’efficacité à la chinoise. Toutefois, on observe des comportements qui étaient complètement absents, banis (punis ?) en Chine continentale : courir pour attraper son métro ou bloquer les portes. Je parierais que l’efficacité du métro est moindre à HK. Ceci dit, on est loin des métros nord américains.

Dans le MTR, métro de Hong-Kong. Propre, efficace, économique. Tout ce qu’on aime.
29
déc
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On désigne la Chine « continentale » par opposition à Hong-Kong ou Macao. Ces dernières sont de nouveau des villes chinoises après des années de contrôle étranger mais leur statut demeure particulier. Il existe de nettes différences (que nous détaillerons plus tard), c’est pourquoi, elles constituent des destinations à part dans notre voyage.

C’est drôle comment on aime arriver en Chine continentale et comment on a hâte de la quitter après 2 semaines. Ça nous avait déjà fait ça lors de notre première visite. Le contexte de ce dernier voyage est particulier du fait des tensions diplomatiques avec le Canada. Pour autant, nous n’avons jamais vécu de désagrément avec la population qui a toujours été accueillante et aidante avec nous. Mais, on ne sait jamais ce que le gouvernement peut trouver pour montrer son mécontentement face aux politiques étrangères.

Nous avons vu beaucoup de différences entre le sud-est et le nord-ouest. Le riz a pris la place des nouilles et toutes sortes de bestiolles se sont invitées au menu. Les dim sum et les pains à la vapeur ont fait leur apparition. Les sites touristiques sont nettement plus abordables au sud voire même gratuits. Ce second voyage nous a coûté bien moins cher alors que nous avons pris seulement des trains rapides (plutôt que des trains de nuit, 3x moins chers et qui économisent une nuit d’hôtel). Par contre, les problèmes de communication demeurent partout en Chine où l’anglais est très peu parlé.


Notre voyage en Chine continentale en chiffres :

  • Voyage du 12 au 30 décembre 2018
  • Nombre de jours en Chine = 18 jours
  • Température = entre 8°C et 26°C
  • Nombre de villes visitées = 5
  • Budget moyen = 56 $ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé en Chine cette fois-ci :

+ Shanghaï !

+ les trains grande vitesse super confortables, rapides et efficaces

+ les distributeurs d’eau chaude partout pour faire du café ou du thé


Ce qu’on a moins aimé en Chine :

- Changsha

- l’omniprésence des contrôles et de la surveillance


Encore une fois, vive la Chine continentale !

Prochaine étape à Hong-Kong !

27
déc
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Arrivés en train à Guangzhou, on s’aperçoit qu’on est 35 kms au nord du centre ville et qu’il faut reprendre le prochain train grande vitesse pour la gare sud (celle que l’on pense proche de notre auberge). Une fois rendus à la gare sud, nous sommes maintenant à 25 kms au sud de la ville... Vive la communication en Chine ! On se demande si on va arriver un jour. Mais cette incertitude ne dure que quelques instants. La présence du métro à cette gare, nous assure qu’on pourra rejoindre le centre sans problème. En plus de cela, changement drastique de température, il fait maintenant 24 degrés et il y a du soleil !

Notre établissement, le Lazy Gaga, ça ne s’invente pas, est une belle auberge de jeunesse en plein centre de la ville. Gaga, le bichon maltais de service, nous accueille chaleureusement. Mais un avertissement nous met en garde contre cette petite boule de poils soyeuse : « En premier, je vais voler votre coeur, ensuite votre lit ». Qu’on se le tienne pour dit. Un second avertissement, moins sympathique celui là, vous rappelle de vous conformer à la loi chinoise sinon votre nouvel hébergement sera la geôle chinoise. Contrôle surprise anti-drogue, enregistrement obligatoire, validité du visa, tout écart est punissable des peines les plus sévères. Est-ce vraiment nécessaire de nous le rappeler par des affiches à la réception, dans l’ascenseur et à tous les étages ? La présence de policiers à la table de billard n’est peut-être pas anodine.

La ville est moins envahie par l’architecture moderne et ses grands magasins que ses consoeurs du nord. Il y a bel et bien un coeur commercial mais il est de moindre envergure. Les autres secteurs de la ville sont constitués de bâtiments moins hauts et toutes les rues semblent animées par le va-et-vient des activités quotidienne de ses habitants.

Arrivée à Guangzhou dans la forêt vierge 

Visite du musée de la dynastie Han de l’ouest. On pénètre dans la tombe d’un grand dignitaire, le roi Nanyue, dont le musée à l’architecture moderne a été construit tout autour. Ce personnage important avait été installé dans sa demeure éternelle vêtu d’une armure constituée de petites pièces plates de jade cousues les unes aux autres avec de la soie. Cette armure devait le conserver intact et ainsi lui procurer la vie éternelle. Contrairement à la dame Xin Zhui, son corps se décomposa complètement pour ne plus laisser qu’un amoncellement de pièces de jade éparses.

Sun Yatsen, roi Nanyue et oreillers en céramique


L’un est un alcool de céréales appelé « baijiu », l’autre est de l’alcool à friction . Attention à ne pas confondre les 2.


J’en connais qui adoreraient ce manteau ... 


Bois Services autour du monde ; en plus de l’abileté, ça prend un peu de souplesse.

Ici, les spécialités culinaires sont l’oie entière, le flanc de porc au miel parfumé, les pains vapeurs fourrés au porc, et bien d'autres merveilles. Les plats sont aussi plus sucrés et plus huileux. Bien que je sois friand de la nourriture en Chine, cette combinaison sucre - gras fait en sorte que je suis saturé d’un plat avant de ne plus avoir faim. Un bon exemple est la fois où pensant commander du poulet à l'ananas, on s'est retrouvé avec du gras de porc frit (avec quand même une sauce à l'ananas). On mange moins et nos repas sont plus espacés.

Une spécialité nous faisait bien saliver d’avance : la soupe cuite à la vapeur dans une noix de coco. La file pour manger au restaurant le plus prisé nous promettait monts et merveilles. Le menu en Chinois et le fait que toutes les soupes ne sont pas disponibles en même temps force un peu à faire notre choix à l’aveuglette. Au final, je me suis retrouvé avec une soupe fadasse et légèrement sucrée où baignait une viande noire indéterminée qui goutait vaguement le poulet. C’est seulement le lendemain que nous avons réalisé avoir mangé de la poule-soie. Cet hirsute gallinacé, à la chair et aux entrailles d’un noir d’encre, est très prisé en Asie du sud-est. Il est vrai que sa chair est fine et délicate et que sont goût est agréable.

C’est également dans cette ville qu’Aurélie se décida à goûter une spécialité du coin : la patte de poulet. L’ergot est mijoté amoureusement dans une sauce sucrée parfumée aux 5 épices. La texture de la chair est gélatineuse. Pour le manger, il faut s’enfourner les ergots un à un et recracher les os. Le goût est agréable mais la texture molle et flasque a vite eu raison des envies de découverte de notre exploratrice culinaire.

Gastronomie cantonaise 
24
déc
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C’est après avoir testé la cuisine du Hunan qu’on a décidé de mettre le cap sur la capitale de cette région du sud-est de la Chine : Changsha. Première impression, c’est tristounet à ce temps-ci de l’année. Le ciel est gris, les nuages touchent le sol, il fait 8°C et notre hébergement qui se trouve dans une tour d’habitation de banlieue aux fenêtres grillagées n’est pas là pour arranger les choses. Cette ville est toute petite selon les critères chinois et nous sommes les seuls touristes occidentaux ce qui a pour conséquence de nous attirer tous les regards, de se faire pointer du doigt par les enfants ou prendre en photo par des ados ou des mamies.

Dans les rues du centre-ville, c’est bien l’ambiance de Noël qui règne et les néons lumineux nous souhaitent Merry Christmas. On s’y croirait à quelques détails près : il y a des Pères-Noël gringalets tous les 50 mètres avec une demie barbe et une coupe de cheveux tendance, la musique de Jingle bell est tellement remasterisée qu’on reconnait à peine la chanson, et surtout, il flotte encore cette délicate odeur de tofu puant.

Notre hébergement à Changsha : dans la vie d’un Chinois 
Pour les collègues STM : ici, les titres de transport sont en jetons (mais c’est comme partout en Chine du « pay-as-you-go »). 

Depuis notre arrivée en Chine, on se débrouille comme on peut pour commander notre nourriture. La plupart du temps, on fréquente les restos qui possèdent des menus avec images ou traduits sommairement en anglais, mais les deux étant souvent loin de la réalité, on s’en tient aux valeurs sûres. C’est donc à notre plus grand bonheur que nous avons découvert un resto où les plats sont déjà prêts et posés sur un présentoir, y'a plus qu’à faire réchauffer et on nous les sert à la table. Nous avons pu y aller franchement dans la découverte de nouveaux plats. C’est dans ce resto qu’Aurélie, qui n’écouta que son courage, goûta au tofu puant. Bilan : ça pue, c’est noir comme du charbon et la texture est spongieuse, mais c’est pas mauvais.

Un peu en mal d’arpenter la ville de long en large, nous avons entrepris de visiter l’île Tangerine, flanquée au beau milieu du fleuve Xiangjiang qui sépare la ville en deux. Étroite et allongée, elle permet une balade d’environ 8 kms si on parcourt l’entièreté de ses berges. Le clou de la visite n’est nul autre qu’une sculpture géante de la tête du jeune Mao Zedong. Les traits fins, presque féminins, les cheveux au vent, le regard résolu, tendu vers l’horizon, il contemple cette Chine qu’il transformera. Tout on long de la ballade, on salivait à la vue des pamplemousses géants dans les arbres du parc. Bien entendu, tous étaient hors de portée et trop bien accrochés pour tomber à la moindre petite secousse qu’on faisait des branches. C’est grâce à notre hôte qu’on testera ce fruit fort alléchant. Le goût est très parfumé mais la peau est très épaisse et il y a quasiment plus de pépins que de chair.

Changsha en quelques lieux avec Mao et Xin Zhui

Nous voulions quand même célébrer le réveillon, tout aussi artificielle qu’était l’ambiance de Noël dans la ville. Les traditions, ça se respecte. On s’est mis à la recherche d’un resto digne d’un tel événement. Les établissements guindés ne manquent pas sur la grande rue commerçante, mais les prix sont prohibitifs. Ne sachant pas trop si on en aurait pour notre argent, nous ne les avons pas considérés. Et c’est au détour d’une rue piétonne, un peu à l’écart du brouhaha qu’un resto de hot-pot retint mon attention. Pas vraiment une gargotte et définitivement pas un resto guindé, il semblait avoir juste ce qu’il fallait de crasse avec une touche de classe, pour attirer à la fois mon estomac sans repousser mon portefeuille. Le bonhomme à l’entrée nous accueille chaleureusement et c’est cigarette au bec qu’il nous décrit les merveilles qui nous attendent si on accepte de ripailler dans son établissement. Formule simple : le frigo est rempli d’ingrédients et on se sert directement de légumes, champignons, tofu, nouilles, poulet mariné, petits poulpes, saucisses, etc, etc... Avec ça, on a un hot-pot à 2 compartiments : bouillon piquant et bouillon doux et quatre assiettes de viande. Je lui demande alors combien coûte cette merveilleuse bière fraîche dans son frigo, il fait un grand geste circulaire et me montre la bière, le bar à sauce et la machine à glace et me fait un sourire, toujours avec sa cigarette. Je ne comprends pas trop, la bière serait incluse ? Et la glace aussi ? Tout ça est trop beau pour être vrai. Le menu est à 68 yuans par personne. Bon, même si sa bière devait être un peu chère, c’est quand même une aubaine. En effet, on s’est régalé, tout était très bon, Aurélie a eu raison de la réserve de pleurottes et j’ai presque bu le bouillon piquant tellement il était savoureux. Les bières étanchaient la soif et calmait le feu réveillé par ce merveilleux bouillon. Au moment de payer, on s’attendait à une surprise, et en effet, elle fut de taille. Montant du repas ? 136 yuans, soit deux fois 68, merci bonsoir. Le patron nous à même fait cadeau de 1 yuan parce qu’il manquait de monnaie. Et c’est au travers un nuage de fumée que celui-ci nous remercia et qu’il nous fit ses aux revoirs. Nous avons terminé le réveillon avec ce qu’on a pu trouver comme chocolat (du Dove, comme le savon) et une petite bouteille de Bai-ju, alcool fort à base de céréales. Joyeux Noël !

Réveillon de Noël

Le jour de Noël, belle suprise que fut la visite du musée provincial du Hunan. On y retrouve un peu tout ce qui est exposé ailleurs dans les autres musées en Chine : poterie, faillence, céladons, cloches en bronze, sculptures, calligraphie, etc, etc. Mais... on ne s’attendait pas à tomber nez à nez avec une momie humide grimaçante vieille de 2200 ans ! Les techniques d’embaumement de ces ancêtres Chinois, oubliées aujourd’hui, ont permis de conserver le corps frais comme aux premiers jours de sa mort. Les membres sont flexibles, la peau est élastique, les entrailles sont complètes et le cerveau toujours dans la boîte crânienne. Tout ça après 2 millénaires à croupir dans un trou à 20 mètres sous terre, enfermée dans une dizaine de sarcophages emboités, enroulée dans une vingtaine de couches de soie et baignant dans une soupe mystérieuse. Xin Zhui « repose » aujourd’hui dans une boîte en plexiglass exposée aux centaines de badauds qui viennent quotidiennement lui rendre visite. Bonjour le repos éternel.

Le patriotisme à la chinoise 
22
déc
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L’arrivée à Hangzhou à partir de la gare nous fait traverser la partie la plus triste de la ville. Mais, il ne faut absolument pas se laisser influencer car la vieille ville est magnifique. Ceinte en partie d’une vieille muraille, ses rues en pavés sont hôtes de petites boutiques de thé, marchands de soie, de restaurants divers et de bijoutiers qui martèlent l’argent au rythme de la musique techno. Le soir venu, la rue s’anime avec ses vendeurs ambulant qui vendent des éventails peints à la main, des bijoux en jade et des parasols en bambou et papier de soie. Cette ville est également reconnue pour une spécialité bien particulière, le tofu qui empeste. Au début, on identifie mal ce fond d’air putride, mais quand on arrive près des petites échoppes qui en vendent, c’est sans équivoque. Les longues files qui se forment en soirée devant ces vendeurs démontrent manifestement que ce met est fort apprécié des locaux. Notre nez occidental n’étant pas accoutumé à autant d’intensité, nous avons attendu un peu avant de nous lancer dans l’aventure.

Petits canaux 

Un des joyaux de cette ville est sans conteste son lac, le lac de l’ouest, où le tout Hangzhou vient pour s’y balader les week-ends. De la barque à rame jusqu’au plus gigantesque bateau orné d’un énorme dragon doré, les options sont vastes pour naviguer sur les flots. La journée étant assez frisquette et embrumée, nous optèrent pour le tour complet, une marche de quelques 8 kms. Nous y avons croisé des passionnés de cerfs-volant. Leur impressionnant moulinet contient des centaines de mètres de corde et leur permettait d’aller chercher les vents très haut, parfois même au dessus de la couche nuageuse.

Nous avons aussi croisé un sympathique groupe de retraités chinois qui arpentait la digue à la recherche de voyageurs pour leur faire la conversation et pratiquer les langues étrangères. L’un d’entre eux s’exprimait même en français, et malgré une prononciation rocailleuse, on le comprenait bien. Des questions du style, « pourquoi la femme de Macron est si vieille ? » et « qu’avez vous pensé de Kathmandou? » et leur déception face aux piètres performance des équipes de foot chinois ont fait partie des sujets abordés.

Le lac de l’ouest 
La gare d’Hangzhou, ultra moderne et gigantesque

Hangzhou est aussi réputée pour avoir reproduit de nombreux momuments européens. Le plus célèbre est sans conteste la tour Eiffel, ses fontaines et jardins, et même des immeubles hausmaniens. Nous ne sommes pas allés les voir malheureusement, tout comme nous avons boudé le clocher de la basilique Saint-Marc, le palais des Doges de Venise, les canaux et les immeubles d’inspiration italienne, et le petit village français perché sur une colline.

Voici 2 liens pour mieux comprendre le phénomène :

http://www.slate.fr/lien/72595/chine-reproduit-villes-occidentales

https://www.challenges.fr/economie/immobilier-a-hangzhou-chine-la-copie-de-paris-n-a-pas-trouve-preneur_153581

20
déc
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Nous quittons la vie trépidante et l’atmosphère survoltée de Shanghaï pour Suzhou et ses petits canaux paisibles. Se situant à peine à 90 kms de Shanghaï cette ville de 4,3 millions d’habitants grouille de touristes locaux qui parcourent les avenues commerçantes. Notre hôtel se trouve au coeur du centre ville commercial, à quelques pas de la rue piétonnière accueillant les grandes enseignes de la mode internationale. Il serait plus rapide de dire quelles marques ne sont pas au rendez-vous : Chanel, Dior, Swarovski, Nike, etc. Il y de a l’argent en Chine, ça se confirme à l’achalandage de ces grandes maisons un simple soir de semaine.

Notre auberge de jeunesse a ceci de particulier que les murs de tous les étages sont couverts de graffitis laissés par les voyageurs qui y sont passés, principalement en Chinois, mais pas seulement. Notre chambre est propre et confortable, on changera plus tard suite à une rupture de conduite d’eau sur le toit qui inondait notre pare-soleil dans un fracas d’enfer.

L’auberge Mingya à Suzhou 

Nous avons ensuite parcouru le canal principal bordé de commerces hyper touristiques. Mais au fur et à mesure qu’on se dirige vers le nord, la rue se rétrécit, les commerces deviennent moins clinquants et offrent des services plus abordables.

Le lendemain, on se tape la visite gratuite du usée de Suzhou, hyper moderne, avec ses bronzes, poteries, peintures et calligraphie. Juste pour le magnifique céladon qui s’y trouvait ça valait le déplacement.

Musée de Suzhou 

Nous avons également visité le Jardin du modeste administrateur qui est un hommage à la beauté et la contemplation. Son lac est parsemé d’îles qui abritent autant de pavillons admirablement construits aux noms évocateurs comme : Observer le lointain, J’écoute tomber la pluie et Parfum distant. Les anciens y allaient pour admirer la vue et se laisser bercer par cette atmosphère paisible. On pouvait également visiter une magnifique collection de bonsaïs extérieurs taillés à la perfection. Une équipe de pas moins de dix jardiniers étaient d’ailleurs affairés tous en même temps à tailler un de ceux-ci.

Jardin du modeste administrateur 

Nous avons par la suite visité le Musée de la soie où un immense métier à tisser était activé par deux dames dont une était perchée à plus de deux mètres dans la machine. On pouvait y observer de véritables vers à soie en plein festin dans leur lit de feuilles de murier ou grimpés dans des gerbes de pailles pour y tisser leur précieux cocon.

Musée de la soie 

Toujours à la recherche de la gargote cachée qui nous offrira des plats authentiques, JF déniche une microscopique échoppe dans le fond d’une ruelle. L’annonce prétend que la dame fait de la cuisine comme à la maison. Comme de fait, les plats sont succulents. On prend pratiquement toujours de l’aubergine sautée et dans ce cas précis, elle était excellente.

Suzhou by night 
14
déc

Non loin de notre auberge se tient un ballet suranné tous les dimanches. Les parents désespérés de voir un jour leur enfant trouver l’âme soeur viennent afficher leur pedigree dans un parc du centre ville. On est bien loin de Tinder ou autres sites de rencontre sur Internet. Ici, on affiche ses exigences et aussi le statut des parents. Et les annonces à l’internationale sont nombreuses : Canada, USA comptent des coeurs à prendre. À qui la chance ?

Le marché aux mariages dans le parc du peuple 

Shanghaï est une ville aux multiples visages : trépidante et commerciale d’un côté, banlieusarde et tranquille de l’autre avec ses “lilongs”, petites allées abritant des logements de 3 à 4 étages.

Au coeur de la ville, le + gros croisement d’autoroutes est situé sur la demeure d’un dragon. Beaucoup de prières pour le calmer .

Hongkou, tout d’abord est un ancien quartier américain occupé ensuite par les Japonais. L’architecture du début du xxème siécle côtoie les terrains en reconstruction et les énormes centres commerciaux sur 10 étages qui habillent Shanghaï et plus encore. Dix minutes à l’intérieur et on était complètement étourdis.

Concession américaine  

La concession française est caractérisée par des rangées de platanes qui rappellent que ce coin de Chine était surnommé la “Paris de l’Est”. Les inscriptions en français sont nombreuses ainsi que les petites boutiques de produits bien de chez nous. Dans cette apparente uniformité se retrouvent 2 mondes : à l’est, ruelles et résidences, à l’ouest, consulats et grosses demeures cachées derrière des murs.

Concession française et gastronomie de Shanghaï

La vieille ville est une succession de petits quartiers résidentiels et de temples. Au milieu se cache un petit trésor : le jardin de Yu (Yuan) qui obéit aux règles du Feng Shui. Ces dernières ont certainement à voir avec le sentiment de bien-être qu’on a ressenti dans ce jardin. Recoins cachés, petits bassins, arbres centenaires, mousse sur les toits. Ce dernier détail est un indice que l’endroit ne semble pas avoir subi de cure de rajeunissement comme le reste du quartier dont des pans entiers sont rasés et remplacés par des bâtiments aux airs anciens.

Dans la vieille ville et au jardin Yu 

Loin de ces quartiers traditionnels se trouve un petit ensemble d’ateliers d’artistes installés dans une ancienne usine de textiles. Ici, on peut admirer le meilleur de l’art contemporain chinois.

M50 
12
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Publié le 25 décembre 2018

C’est un retour en Chine !

Vol inaugural sur Xiamen Air, on est gâtés! 

Première impression : à Shanghaï, des grattes-ciel en voulez-vous en voilà. Tous rivalisent d’ingéniosité pour attirer le regard. Ce n’est plus assez de les couvrir de lumières colorées le soir, maintenant les immeubles sont convertis en écrans géants et on y passe des clips ou de jolies animations.

Sur le bord de la rivière Huangpu

C’est également une ville gourmande, l’offre des restaurants est hallucinante, des plus modestes aux plus chics. Et quand au fil des jours on creuse la ville, on découvre sa riche culture et sa diversité. Il y a plusieurs quartiers historiques qui relatent l’architecture française ou américaine. Le bund, la rive ouest de la rivière Huangpu, est une enfilade d’édifices de prestige construits début des années 1900. Hôtels de grand luxe, banques, journaux, etc, ont pignon sur cette berge. Ils font face maintenant au riche centre ville qui s’est développé de l’autre côté de la rivière. Que dire de cette partie de la ville ? Tous les immeubles sont uniques dans leur style et leur conception. L’un ressemble à une pagode, un autre à un décapsuleur et encore un autre complètement excentrique, de forme hélicoïdal. Ce dernier est la seconde plus haute tour du monde, pour grimper il fallait débourser la coquette somme de 36$ canadiens par personne. Nous avons opté pour une option plus dans nos cordes, un point de vue non loin de là, dans le bar du Hyatt à 22$ par personne, coupe de champagne ou cocktail inclus !

La rue Nanjing Est, la rue la plus commerçante de Shanghaï 

Côté resto JF, se régale au petit déjeuner avec la soupe lamian très pimentée. Nous recherchons également les petits bouibouis embrumés dans la vapeur ou on déguste d’excellents dumplings ou wontons. D’ailleurs, il flotte partout dans la ville une odeur de bambou chauffé à la vapeur, qui nous rappelle qu’on n’est jamais bien loin d’une gargote à dumplings. Nous avons également essayé les offres plus prestigieuses et n’avons pas été en reste. Entre autres le Di Shui Dong, qui nous apporte la cuisine incendiaire de la région du Hunan. Ambiance non guindée et plats en effet très épicés, mais rien de trop extrême. Nous nous sommes régalés des beignets d’aubergines fourrés à la viande, des cuisses de grenouilles aux piments forts, des côtes de boeufs en croûte de cumin et de spare ribs sauce aux haricots noirs. Le tout arrosé de quelques verres de bière salvatrice et terminé par un dessert classique mais ô combien appréciable après autant de piments, les bananes frites caramélisées.

Bouffe Chinoise ! 
27
nov
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Publié le 23 décembre 2018

Aurélie presque remise sur pieds, il était temps de repartir pour de nouvelles aventures ... gastronomiques. Et quoi de mieux que de commencer par Paris ?

Aurores boréales au dessus de l’Islande 

Nous avons été en France juste à temps pour ne rien manquer de la crise des gilets jaunes. JF ne pouvait plus porter son imperméable jaune citron en public de peur d’envoyer le mauvais message et de se faire donner des coups de sacoches par des madames. Ça commençait bien.

Côté bouffe, on a été gâté : caviar, foie gras, fromages fins, champagne, Armagnac, Château Pétrus, etc, etc, sans oublier les petits plats maison de maman : petit salé, lotte à l’américaine, teurgoule, marquise au chocolat... On s’est fait une révision de tous les meilleurs mets français. Malheureusement, pas assez de repas dans une journée pour tout manger. Tous les kilos perdus en Mongolie ont vite été repris (et même un peu plus pour passer l’hiver).

Au Salon des plaisirs gastronomiques 

Mais, Paris n’est pas juste une capitale gourmande, elle sait toujours nous divertir et nous émerveiller avec ses galleries d’art, ses musées et ses bâtiments magnifiquement illuminés (l’astronome amateur soupire ou grogne un peu de voir toute cette pollution lumineuse).

Aux ateliers d’artistes du 59 Rivoli 

JF s’est découvert une passion pour les cadenas « d’amoureux ». Il prend un malin plaisir à les arracher du monument qu’ils défigurent. Mais pas question de les jeter dans la Seine ... Il les garde pour relever le challenge de les ouvrir. Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé avec 15 kilos de cadenas dans le sac à dos.

Paris, ville lumière 
24
oct
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Publié le 22 décembre 2018

Retour au Québec en passant par Istambul. Traitement VIP à l’aéroport où on a traversé tous les contrôles en un temps record.

Bye, bye, Katmandou. 


Les montagnes d’Afghanistan 

Au Québec, juste le temps de passer de l’automne à l’hiver, de vivre un -15°C, de revoir la famille, de fêter l’Halloween et Noël un peu en avance et de se reposer avant de repartir ...

Première neige 


Le Québec, c'est aussi la chasse.
19
oct
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oct
Publié le 8 janvier 2019

Nous n’avions pas publié de bilan du Népal, pays que nous avons adoré. Et pourtant, il y a plein d’aspects qui nous ont dérouté au premier abord. En voici quelques uns pêle-mêle.

Au Népal, quand le commerçant n’a pas la monnaie, il te rend le change en bonbons (celui là, Aurélie s’en est bien accomodée). Les échaffaudages sont en bambou même sur les immeubles assez hauts. Des petits culs qui n’ont pas de chaussure te parlent en anglais et essaient de te vendre des ceintures ; visiblement, ils ne vont pas à l’école. Et pour s’amuser, ils font voler leur cerf-volant au milieu des fils électriques. Quand ils se prennent dedans, ils montent tout naturellement au poteau pour le déprendre. Il est très mal vu de se moucher mais tu peux cracher partout. Les bonhommes de 50 ans se tiennent par la main comme des écoliers en marchant. Aucun drap n’est changé entre 2 touristes dans les lodges des montagnes. Personne n’empêche un chien d’aboyer toute la nuit. Tu risques ta digestion à chaque crudité ingérée ou pour un petit morceau de viande qui a voyagé à dos de népalais pendant 3 jours. Le ciel de Katmandou n’est pas bleu mais jaune et il flotte dans la rue une poussière épaisse soulevée par les véhicules. Les rabatteurs t’abordent pour te vendre du matériel de trekking ou ... te nettoyer les oreilles. Un feu d’artifice peut avoir lieu au milieu d’une rue en pleine journée juste pour annoncer une promotion. Les ambulances ont 5 sirènes différentes pour essayer de se frayer un passage dans les embouteillages (aucune n’est efficace). Des ados de 15 ans portent des charges de 2 fois leur poids sur leur front pendant que toi tu forces avec tes 13 kg sur le dos.


Quelques moments au Népal 

Quelle tristesse ce fut de quitter le Népal et ce bazar organisé. Ça fait du bien de sortir des univers trop asceptisés et réglementés des fois.


Notre voyage au Népal en chiffres :

  • Voyage du 24 septembre au 19 octobre 2018
  • Nombre de jours au Népal = 25 jours
  • Nombre de jours de trek = 13 jours
  • Nombre de kms parcourus à pied = 158 kms
  • Dénivelé positif = 9807 mètres
  • Température = entre -10°C et 28°C
  • Altitude = entre 1400 et 5600 mètres
  • Nombre de cours de cuisine = 1
  • Budget moyen = 43$ CAD / jour / personne (excluant les frais payés par l’assurance)
  • Coût d’une extraction par hélicoptère = 5000$ US


Ce qu’on a aimé au Népal :

+ les montagnes bien sûr !

+ les rencontres avec les Népalais (notamment Ganesh, notre guide) et leur façon de dodeliner de la tête pour s’exprimer

+ la bouffe maison préparée avec les légumes frais du jardin

+ les bâtiments sculptés dans Katmandou et les terrasses sur les toits des immeubles

+ le joyeux bordel qui règne dans la ville

+ les fêtes colorées et fleuries


Ce qu’on a moins aimé au Népal :

- les caravanes de mules qui vous bousculent et recouvrent le sentier de pisse nauséabonde

- le froid glacial dans les hébergements pas chauffés

- la surpopulation de touristes sur le sentier d’EBC

- les entorses qui mettent le voyage entre parenthèses


Vive le Népal !

Prochaine étape au Québec, bien involontairement !

13
oct

Après deux nuits à l’hopital, nous recevons notre congé et mettons le cap vers un hôtel plutôt confortable, calme, moderne, avec ascenseur. Quel luxe dans ce Kathmandou effervescent, empoussiéré aux escaliers biscornus. Malgré ce confort, nous essaierons d’autres établissements durant cette semaine, question de ne pas trop s’ennuyer car les déplacements de la convalescente sont assez limités.

Kathmandou vue du ciel 

L’un de ces établissements, le Baber Mahal Vilas, était un véritable palais, on se serait pris pour des aristocrates népalais. Le domaine a été construit par les descendants du premier ministre népalais ayant gouverné le plus longtemps, Maharaja Chandra Shumshere Rana. Les portes et fenêtres étaient sculptées dans des bois précieux et les lustres délicatement ciselés. Pour ne rien gâcher, on nous traitait comme des notables et les restos sur la propriété étaient divins. Pour se consoler de cet arrêt forcé et changer le goût du graillon des tea house du EBC, saucisson, tartiflette et profiteroles étaient le remède tout indiqué. Un tel menu était inespéré dans ce pays du dahl bat. Seul petit inconvénient, la suite grand luxe se situait au dernier étage, accessible par d’étroits escaliers en bois qu’Aurélie grimpait à cloche-pied.


http://www.babermahalvilas.com/


L’hôtel boutique Baber Mahal Vilas 

JF a profité de son temps libre pour suivre un cours de cuisine népalaise. Un peu épicée avec des notes indiennes, elle propose des plats qui gagnent à être connus.

Cours de cuisine népalaise avec Nepal cooking schools

Lors des rare sorties que nous avons faites à Kathmandou, nous avons pu constater qu’une bonne partie de la ville avait déserté à l’occasion de la fête de Dashain. Rues vidées, boutiques fermées et bonhommes saouls sur les coins de rues étaient quelques unes des manisfestations inhabituelles. D’un autre côté, les femmes arboraient des tenues rouges spéciales à cette fête. Temples, logements et véhicules étaient bénis et décorés d’offrandes de fleurs, fruits, encens, pigments et autres.

Fête de Dashain à Kathmandou 


La fête de Dashain à notre hôtel
11
oct

Il est de bon aloi lors d’un passage à Gorak Shep de gravir la montagne, ou plutôt le button Kala Pattar. Il offre une belle vue sur la vallée et les hautes montagnes aux alentours, dont l’Everest. Le gravir le même jour que l’aller-retour au EBC est trop pour une seule journée. Aurélie planifie une ascension dès potron minet le lendemain. C’est donc à 4 heures du matin qu’Aurélie, Jake et Ganesh, en l’absence de JF qui est resté au lit, partent pour aller se congeler en observant le lever de soleil au sommet de Kala Pattar. La configuration de la vallée et l’orientation des montagnes n’offrent pas vraiment une vue particulièrement intéressante lors du lever de soleil. Il faut que le soleil soit assez haut dans le ciel avant qu’il ne commence à illuminer les lieux. C’est sans avoir vu un rayon de soleil que notre trio congelé est revenu du point de vue vers les 7h pour déjeuner. Il ne faut pas trop trainer, nous devons nous rendre à Shola et entreprendre demain ce qui sera probablement la journée la plus difficile du trek, le passage du col de Chola (Chola pass). La difficulté vient de la montée interminable et de la très longue distance vers Gokyo.

Kala Patar - altitude 5600 mètres

On part d’un bon pas de Gorak Shep et arrivons rapidement à Lobuche. Ganesh en profite pour retrouver mon foulard perdu lors de la dernière visite. JF a du mal, il a mal à la tête depuis deux jours. Il est encore possible de prendre la route directement vers Namche. On se laisse le temps d’y penser. Environ 20 minutes de marche passé Lobuche, nous arrivons au croisement. Il faut maintenant décider si on continue ou si on reste. Après un peu de tergiversations de JF, on repart, il sera encore possible de prendre le chemin de Namche dans quelques kilomètres si on change d’idée.

Je (JF) marchais devant avec Jake et Ganesh quand j’entendis un cri d’Aurélie derrière. Je rebrousse chemin et je la vois assise dans le chemin. Elle s’est fait mal à la cheville. Après moult Holalal.. et Ho put… on décide de regarder la source de tout cet émoi. En baissant la chaussette, déjà sa cheville est bien enflée, c’est une belle entorse. Un guide qui passait par là donna les premiers soins à Aurélie et enveloppa la cheville dans le foulard retrouvé plus tôt. Ganesh se mit à énumérer les différents scénarios qui s’offraient à nous : trajet à dos de mule ou de cheval jusqu’au prochain village où se trouve un hôpital « international » (je me souviens qu’a l’aller j’avais vu un bâtiment en tôle avec « Hospital » écrit au rouleau dessus) et ensuite retour en 2 ou 3 jours à Namche à dos de mule. Et après avoir énuméré toutes ces options toutes aussi tentantes les unes que les autres, il dit : « If you have insurance, better take helicopter ». Et c’est ainsi que je rebroussai chemin vers Lobuche pour organiser l’extraction. Une fois sur place, la patronne de notre auberge me mit en contact avec le répartiteur qui contacta les assurances. Il me proposa de payer d’avance la course car les assureurs peuvent prendre plus de 6 heures à répondre. Je lui dis que je pouvais bien attendre au chaud dans le petit café, mais restait le problème d’Aurélie juchée dans son sentier. Mais, je n’ai pas eu le temps de finir ma phrase qu’il me dit que c’était bon, les assurances venaient de donner leur accord. Je lui signifiai qu’Aurélie était dans une portion du sentier qui était inaccessible pour l’hélicoptère, mais qu’elle était près d’une grande plaine. Il me dit qu’il n’y avait aucun problème et prit avec lui un petit népalais de la taille d’un enfant de 12 ans, pour la descendre de son perchoir. Je salivais d’avance à l’idée des photos que j’allais prendre de cet événement cocasse. Une fois sur place, ce fut la déception la plus totale. Aurélie, maintenant seule, était descendue elle même de sa fâcheuse posture et attendait peinarde dans la plaine. Exit ce qui aurait probablement été les meilleures photos de notre année de voyage. Aurélie, grimpée sur le dos d’un népalais deux fois plus petit qu’elle, descendant le sentier. Encore aujourd’hui j’ai des fou-rire juste à y penser.

Mes sauveteurs : Nawan et Dorji 

Le répartiteur appela l’hélicoptère et nous annonça qu’il serait là dans 15 minutes. En effet, 15 minutes plus tard il nous passe au dessus de la tête en direction de Lobuche. On le vit repartir et nous repasser au dessus de la tête en direction d’un autre village. Il repassa encore une fois une heure plus tard, et une autre fois 30 minutes après. C’est finalement au bout de deux heures qu’il se décida enfin à venir nous chercher. On avait pas grand chose d’autre à faire qu’attendre, mais il faisait frais et le petit vent rendait le 2 degrés de température ambiante légèrement inconfortable quand le soleil disparaissait. Nous mirent le cap vers Lukla où nous devions faire une halte avant de partir pour Kathmandou. L’hélicoptère devait aller chercher un autre malade ailleurs dans un autre village. Mais quand celui-ci revient 1 heure plus tard il était rempli jusqu’au plafond de bidons de gazoil, de chaises de bureau, tapis et de boites diverses. En fait quand un hélicoptère est nolisé pour extraction, les népalais en profitent pour faire leur courses. C’est de bonne guerre, et comme la vie de personne n’était en danger, ce petit manège nous amusa plus qu’il nous énerva. Le trajet entre Lukla et Kathmandou était spectaculaire. Les autres passagers, souffrant du mal des montagnes, ne partageant pas notre enthousiasme. Aurélie et moi étions aux anges. Le pilote passait des cols au travers des nuages, on pouvait voir le villages perchés au sommet des montagnes. On pouvait voir des temples magnifiques dans des endroits complètement isolés, les cultures en terrasse d’un vert tendre, les rivières, les vallées. Nous avons vu le Népal comme il est rarement possible de le faire. L’heure du trajet passa en un éclair. Une fois à Kathmandou, Aurélie fut embarquée dans une ambulance, couchée dans une civière trop petite, avec la tête dans le banc du chauffeur et les pieds dans la porte de derrière. Le chauffeur roulait comme un maboule, il prenait la voie en sens inverse et faisait sonner ses 4 ou 5 sirènes simultanément pour dégager la route. Je me demandais bien où on allait se retrouver.

L’Himalaya vue du ciel, on est privilégiés !

Nous avons été accueilli dans un hôpital pour touristes, à quelques centaines de mètres du quartier touristique de Thamel. La prise en charge fut immédiate, le personnel était disponible. On a eu une petite frousse quand ils ont demandé à Aurélie de retirer ses chaussures. Ça faisait quand même 4 jours que nous marinions dans nos vielles chaussettes imbibées de merde de mules. L’odeur faisait monter l’eau aux yeux. Professionnelles, l’assistante et la docteur ne sourcillèrent pas.

Après les radios, Aurélie se vit attribuer une paire de béquilles népalaises, même ajustées au maximum elles étaient presque trop courtes. On nous montra notre chambre, car oui, une hospitalisation était nécessaire. On nous présenta Ramiz, qui serait notre serveur, coursier, messager, femme de ménage et homme à tout faire pour la durée de notre séjour. Quand il se présenta il nous dit : « Ask me anything you want, I’ll bring it to you ». C’est ainsi que j’eu mes grignotines Dalmoth ultra piquantes que j’aimais tant et qu’Aurélie demanda des Jhangris bien gras et dégoulinants de sirop. La nourriture de l’hôpital était excellente, on choisissait à partir d’un menu et Ramiz nous apportait les plats dans la chambre. Les tractations avec les assurances se passèrent sans problème, l’hôpital reçu ses paiements, nous n’avons rien eu à débourser.

Le lendemain de notre arrivée, j’ai recroisé les infortunés voyageurs qui nous avaient accompagnés lors du transfert en hélicoptère. Ils avaient tous été évacués pour le mal des montagnes et se sentaient beaucoup mieux après une nuit de repos et les soins attentionnés du personnel. Ils étaient bien penauds de ne pas avoir complété leur trek, mais après discussion nous avons conclu qu’il s’agissait d’une randonnée extrêmement difficile et qu’il n’y avait aucune honte à ne pas l’avoir terminée.

Bien pris en charge ... 

Pour ceux qui penserait à faire ce trek, je n’ai qu’un conseil à vous donner, ne le faites pas. N’y songez même pas. Aurélie et moi ne sommes pas des alpinistes, mais on a gravi plus que notre part de sentiers de montagnes. Malgré que nous étions en bonne forme physique, avec 10 kg en moins autour de la ceinture, cette randonnée représenta le plus grand défi que nous n’ayons jamais relevé.

Les risques reliés au mal des montagnes sont biens réels et ce trek réclame annuellement son lot de randonneurs. De plus, les agences de voyages et guides touristiques sous-évaluent le niveau de difficulté des randonnées. On a qu’à penser au Chola pass, au Three passes, d’un niveau de difficulté extrême, sont présentés comme de simples détours. Déambuler en montagne à 5200 mètres d’altitude vous expose à un soleil qui écorche toute malheureuse parcelle de peau exposée. Il faut impérativement se couvrir le visage en permanence, même si cela gène la respiration. Les sherpas, qui sont rompus à ces conditions, se baladent avec un foulard dans le visage. Il faut dire que porter un foulard protège également des nuages de poussière soulevés par les caravanes de mules et de yacks que l’on croise régulièrement. Côté température, il fait rarement plus chaud que 2 degrés celcius et le vent est omniprésent, il n’y aucune protection contre celui-ci hormis nos vêtements. La raréfaction de l’air nous fait respirer comme un chien essoufflé au moindre effort, on a la tête qui tourne et l’estomac qui se noue, la nausée n’est jamais bien loin. L’inconfort des hébergements est également à prendre en considération. Les chambres ne sont pas chauffées, humides et sombres. La salle à manger est quelque peu réchauffée pour le repas du soir, laissant les randonneurs transis de froid le reste de la journée. Le seul réconfort, les repas, sont gâchés par un manque d’appétit total, mais il faut se forcer sous peine de tomber en panne d’énergie.

Nous avions pris la peine de partir de Jiri pour avoir une semaine d’entrainement supplémentaire afin de rendre la section Lukla - EBC plus facile, heureusement pour nous. Je crois que nous n’aurions jamais pu y arriver sans cela. Je ne voudrais pas être dans les bottes de ceux qui arrivent à Lukla pas trop en forme et non acclimatés et qui entreprennent le périple vers l’EBC illico presto. Ce genre de périple est une recette pour le désastre. D’autres endroits sur la planète offrent des paysages tout aussi spectaculaires sans les risques du trek de l’EBC. On a qu’à penser au « W » du Torres del Paine en Patagonie, au trek des incas au Pérou ou le Landmannalaugar en Islande. Même au Népal, le trek des Annapurnas est beaucoup plus facile tout on offrant des paysages tout aussi féériques.

Ceux qui pourraient croire que notre expérience auraient été meilleure en requérant les services d’une agence ne savent peut-être pas qu’il faut se méfier de celles-ci. En effet, les agences népalaises sont notoires pour les escroqueries concernant les évacuations en hélicoptères. Leur stratégie consiste à pousser d’infortunés randonneurs au delà de leur limite, ce qui provoque le mal aigu des montagnes, les forçant ainsi à l’évacuation.


Voir l'article ci-dessous (en anglais) :

https://www.nytimes.com/2018/09/04/world/asia/nepal-everest-rescue-fraud.html

10
oct
10
oct

Courte rando, encore, qui nous porte à 5200 mètres à Gorak Shep. Il fait froid, nous sommes sous le point de congélation et le vent est omniprésent. Le village est en bordure d’un glacier, le même où se trouve le camp de base, à quelques kilomètres de là. Ce glacier n’est pas blanc, il est couvert de gravats, il faut le savoir qu’il est là, sinon on pourrait croire qu’il s’agit d’une simple vallée rocailleuse. Les montagnes aux alentours offrent une vue imprenable. Malgré le froid, on flâne à l’extérieur pour profiter de la vue en se réchauffant tant bien que mal au soleil. N’ayant pas trop faim en cette fin d’avant midi, nous partons directement pour EBC.

Dernière ligne droite vers Gorak Shep - altitude 5200 mètres

Contrairement à ce qu’on pourrait être tenté de croire, on ne passe pas la nuit au camp de base de L’Everest. Premièrement, il n’y a rien au camp de base, il n’y a aucune infrastructure, village, cabane, rien. C’est juste un emplacement où les aventuriers posent leur campement pendant la saison. Il n’y a qu’un petit amoncellement de pierres garni de drapeaux du monde entier qui nous indique qu’on est bien rendu. Deuxièmement, on ne voit pas l’Everest du camp de base. En réalité, on le voit un peu, mais juste une toute petite partie du sommet. Et pour terminer, en octobre, il doit faire autour des -15°C la nuit à cet endroit. Pas vraiment la place pour passer une nuit à la belle étoile avec un sleeping bag d’été.

La balade pour se rendre au EBC se passe sans problème. Nous marchons vite et le corps suit bien. Nous sommes ralentis par les processions interminables de touristes qui marchent au ralenti, comme des mouettes engluées dans le mazout lourd.

Arrivé sur place, je suis déçu par la relative banalité du site, hormis son statut historique, la vue n’est pas mieux, ni pire qu’à Gorak Shep. Je suis aussi frappé par le caractère complètement insensé de la conquête de l’Everest. Seul un esprit dérangé peu entreprendre une aussi pénible et mortelle aventure avec comme seul objectif de pouvoir affirmer avoir jeté des déchets sur la plus haute poubelle du monde.

Gorak Shep à EBC : 3 kms pour atteindre 5400 mètres d'altitude 


Le but est atteint : Everest Base Camp !
9
oct
9
oct
Publié le 9 novembre 2018

Lever de soleil majestueux sur l'Himalaya. Les montagnes sortent enfin des nuages !

Le soleil se lève sur les montagnes 

C’est la ligne droite vers l’EBC, nous touchons presque au but, plus que deux jours et seulement 12 kms. Mais la partie est loin d’être gagnée, nous devons encore affronter une acclimatation de plus de 1000 mètres.

Vers Tokla Pass - altitude 4830 mètres

L’auberge où nous allons passer la nuit est bondée. Les groupes organisés originaires des quatre coins du monde occupent toute la salle à diner. Nous passerons la journée dans un petit café offrant d’excellentes pâtisseries, à boire des hot lemon. Le hot lemon est tout simplement de la limonade servie bouillante, ça réchauffe et c’est pas très cher.

Un tableau dans la salle à manger explique les effets du mal aigüe des montagnes, l’oedème cérébral et pulmonaire. On y affiche aussi le niveau de saturation d’oxygène dans le sang que nous devrions avoir en fonction de l’altitude à laquelle on se trouve. À 4900 mètres, nous devrions nous trouver entre 70% et 85%, en bas du seuil minimum, il faut penser redescendre. Ganesh sort son petit appareil pour mesurer notre niveau de saturation. On se trouve tous autour de 88%, cela nous rassure car on franchit un palier plus haut que les autres cette nuit avec 700 mètres de plus que la veille.

Lobuche - altitude 4900 mètres
8
oct

Depuis un peu avant Pangboche, on ne voit plus un arbre. La végétation est clairsemée et les Yacks font preuve de beaucoup d’imagination afin d’aller brouter.

Les fours solaires font leur apparition au fur et à mesure que nous grimpons. Il faut dire que le ciel est plus dégagé en altitude et que le soleil est bien puissant. Une bouilloire de 5 litres prend environ 15 minutes à atteindre le point d’ébullition alors que l’air ambiant ne dépasse pas les 5 degrés.

Quelques signes que l’automne s’en vient ici 

Très courte journée, nous arrivons en fin d’avant midi sous un soleil radieux à Dingboche. Nous sommes accueillis par Ama Dablam, montagne sacrée de 6856 mètres, qui se situe juste en face de notre hébergement. Le spectacle est époustouflant, cette montagne accroche l’oeil. On ne se lasse pas de la contempler.

Au village de Dingboche  - altitude 4210 mètres

Après le diner, nous avons fait une petite randonnée d’acclimatation, sans les gros sacs, 400 mètres plus haut que notre lieu d’hébergement. Dingboche n’est pas directement sur le sentier vers EBC, c’est un petit détour mais l’altitude de ce village, à 4200 mètres, en fait un point d’arrêt intéressant pour l’acclimatation. En effet, cela représente un ascension de seulement 300 mètres après la nuitée à Pangboche.

Nangkartshang Gompa 
7
oct

Petite journée de randonnée sans histoire, hormis que nous sommes maintenant partie intégrante de l’expédition avec Jake et Ganesh. Ganesh nous sert comme ses propres clients. Il réserve les hébergements pour nous et nous fait le service aux tables. Il faut dire que c’est la coutume à ces altitudes pour les guides de passer les commandes de leur client et de récupérer les plats à la cuisine pour nous les porter à la table. Comme le guide est généralement bilingue, cela assure qu’on aura bien ce que l’on désire et cela évite la congestion au comptoir de la cuisine quand la salle à manger est pleine à craquer. Aurélie et moi convenons que Ganesh aura droit à un pourboire pour ses services. Il faut dire qu’il est très efficace dans son travail. Malgré que la salle est bondée, occupée par des groupes qui ont probablement payé 10 fois plus cher que nous pour être là, il obtient toujours ses commandes en premier. Il arrive parfois qu’il nous trouve de petits extras, comme des fruits en conserve, un véritable luxe en haute montagne.

De  Namche à Tengboche - altitude 3860 mètres

L’altitude affectant mon sommeil, je profite de mes périodes d’insomnie pour observer le ciel nocturne. Depuis notre départ de Jiri, presque toutes les nuits étaient nuageuses. Ce ciel dégagé offre un spectacle impressionnant. Le voie lactée est très visible, on aperçoit bien la galaxie d’Andromède et un peu plus tard on assiste au levé du chasseur, la constellation d’Orion. Très tôt le matin, nous avons eu droit à un combat de chien au pied de notre porte. Ça réveille sec. Un des belligérants était encore tout ensommeillé sur le pas de la porte lorsque nous nous sommes levés le matin.

Quand on sort de la forêt pour arriver à Pangboche - altitude 3930 mètres
6
oct

Le matin, nous partons de Phakding sous un soleil radieux. Une petite journée de marche de 5 heures avec une dénivellation de 700 mètres. On sent de plus en plus les effets de l’altitude sur notre cardio. Malgré notre entrainement, on pompe pas mal dans les ascensions. Vers 11h nous sommes salués par Ganesh, le guide de Jake et Mitch, arrêté dans un tea house pour la pause dal bhat. On demande tout de suite des nouvelles de nos comparses, et on apprend que Mitch a finalement décidé de prendre le premier avion pour Kathmandou. Seul Jake reste et il semble très content de nous revoir. Comme nous allons tous vers Namche, Ganesh nous propose de nous réserver un hébergement par téléphone, nous acceptons.

La journée est radieuse, l’air est frais et on marche dans la bonne humeur en discutant avec notre ami retrouvé. Les différents ponts de singe se succèdent au grés des vaux où coulent rageusement en contrebas des rivières glaciaires. Je garde toujours le truc de Shyaam afin de traverser sans problème : ne pas regarder en bas… ne pas regarder en bas. Je repère un point de l’autre côté de la rive, bien au dessus du pont et je le fixe en traversant. Mais à cet endroit, on rencontre beaucoup plus de gens, ce qui m’oblige à négocier en aveugle les croisements. Une fois, j’ai passé bien près de croiser un convoi de mules, mais j’ai accéléré le pas pour que ça ne se produise pas. Mais ma chance allait bientôt tourner… Au franchissement d’un pont de singes particulièrement long et haut, j’aperçus un convoi de yacks approcher du pont par la rive opposée, et selon un calcul rapide, ils allaient s’engager avant que j’aie fini de le franchir. La seule solution dans cette situation eu été de rebrousser chemin ou bien de foncer et d'arriver avant. Vu mon appréciation des ponts de singes, il n’était pas question que je me le tape deux fois. Je me mis donc à accélérer, mais pas encore à courir, parce que c’est pas facile de s’exécuter sans regarder où on met les pieds. Mais plus j’approchais de la fin du pont, plus je me rendais compte que je n’arriverais pas à temps. Je faisais des grands signes à la guide des yacks, mais elle faisait bien attention de m’ignorer. Rendu à quelques mètres de la fin, deux yacks s’engagèrent sur le pont. Pas question de battre en retraite. S’ensuivit alors un face à face silencieux, je fixais le yack de tête, il me renvoyait la politesse, impassible. Je savais que cette situation ne pouvait pas durer bien longtemps, la guide allait bientôt s’impatienter et intimer ses bêtes de s’activer, je pris donc sur moi de dominer la situation, ignorant mon évidente position de faiblesse dans ce duel. Je me mis donc à agiter les bras, à crier en imitant les guides que nous avions croisés avant et à siffler. Le regard du yack changea légèrement, je crus percevoir un doute dans son assurance. Je repars de plus belle mes manoeuvres et il commença à se trémousser pour passer à reculons. En effet, reculer en aveugle avec un comparse dans le cul ne semble pas être l’activité favorite du yack. Saisissant cette faiblesse, je redoublais d’effort afin de me rendre encore plus convaincant et avant que la guide n’intervienne et renverse la vapeur. Je m’exécutais tant et si bien que les deux yacks reculèrent et dégagèrent le pont, au grand dam de la guide qui commença à tenter de reprendre le contrôle, mais trop tard. Je n’attendis pas sur place afin d’avoir l’avis de la guide sur ma manoeuvre et je partis immédiatement dans le sentier d’un pas décidé. Le reste du trajet fut sans histoire hormis le fait que comme tous les jours précédents, le ciel se couvrit en fin de journée.

J8 : en route vers Namche Bazar - altitude 3440 mètres  

La ville de Namche Bazaar est très animée. Ses rues étroites et escarpées fourmillent de touristes. Les boutiques d’équipement de plein air sont foison. La ville renferme également nombre de bons petits restaurants. Nous avons découvert une boulangerie dont le patron avait suivi sa formation en France. Sa baguette était excellente et nous l’avons mangée avec, attention roulement de tambours, de l’huile d’olive et du vinaigre balsamique, une première depuis notre départ du Canada.

L’hébergement proposé par Ganesh s’avéra fort convenable, propre, avec une cuisine décente. Le seul point cocasse était son emplacement, il était tout en haut de la ville. Il fallait monter pas mal d’escaliers pour se rendre et en monter encore une fois rendu car notre chambre était au troisième étage, après une journée entière à monter, on en avait plein notre casque.

Namche Bazar, entre montagnes et pizzas - altitude 2440 mètres

Le lendemain était une journée réservée à l’acclimatation, on est quand même à 3440 mètres. On couchait donc encore à Namche. Nous avons fait une mini rando pour aller voir les hauts sommets et sur la route nous avons rencontré un Suisse en charge d’un projet de récupération de matières recyclables appelé : « Sagarmatha next ». À terme une usine de traitement produira des paquets de 1kg de matières recyclables que les voyageurs seront invités à rapporter à Kathmandou. Avec 70 000 touristes par année, il y a un potentiel de vider l’Himalaya de 70 tonnes de déchets annuellement.

Vers Everest view point 

Sur le chemin du retour nous avons visité le musée des Sherpas. On y relate l’histoire et la vie des Sherpas et également leurs exploits à la conquête des différents sommets de la région. On se rend compte du péril qui attend les aventuriers dans ces expéditions. En regardant les dates où ils ont été réalisés ont voit par exemple : Everest summit by north face, april 16th 1995, dead 17th of april 1995. Inutile de dire que Sir Edmund Hillary est à l’honneur dans ce musée. Pas autant pour avoir été le premier à gravir officiellement l’Everest mais parce qu’il a ensuite conservé une excellente relation avec les Sherpas, parrainant l’ouverture de nombreuses écoles dans les coins les plus reculés.

Nous avons également profité de notre temps libre pour faire quelques emplettes, comme un pantalon en plume d’oie, affectueusement surnommé « space pants » à cause de sa couleur et son aspect particulier. Nous avons également fait le plein de barres Snickers.

Au musée des sherpas 
4
oct

À partir de Junbesi, terminés les sentiers paisibles loin des touristes. Dans cette étape, nous commençons à revenir vers la civilisation. Les touristes se font plus nombreux et les caravanes de mules et de yacks sont très fréquentes. Cette portion du sentier, cachée au nord des montagnes est très humide, les pierres sont glissantes et la gadoue omniprésente. La bouse de mules et de yacks se mêle à ce cocktail et la pisse, brune comme du café, vient embaumer le tout. Le soir, à l’auberge, on ose à peine toucher à nos chaussures enduites de ce mélange, mais il faut bien les enlever car l’odeur qu’elles dégagent nous provoque des réflexes de haut-le-coeur. Normalement, cette portion du sentier ne devrait pas être si populaire. Mais la fermeture de l’aéroport de Lukla à cause du brouillard pousse les randonneurs les plus déterminés vers des aéroports alternatifs situés à quelques jours de marches de là. C’est ainsi que nous feront connaissance avec Jake et Mitch, qui après 10 heures en jeep ont ensuite fait 20 kms de marche pour arriver dans la même tea house que nous, à Nunthala. Disons que pour une première journée de rando, la marche était haute pour eux. Mitch était dans un état d’hystérie, il avait le mal de pays, il ne demandait pas mieux que de rentrer chez lui. Il faut dire que c’était sa première rando à vie et le fait qu’il se soit blessé en s’affalant de tout son long dans la merde de mules n’aidait en rien son état d’esprit. Jake, plus philosophe tentait tant bien que mal de relativiser les événements avec lui. J'essayais aussi de le rassurer, je lui ai mentionné que je randonne depuis des années, cette journée comptait parmi les pire que j’ai jamais faite.

J5 : de Junbesi à Nunthala - altitude 2194 mètres  

De Nunthala à Pulya : la grande montée. Cette journée fut parmi les plus rudes que nous ayons eu à date. Une montée de 1600 mètres nous attendait sur une distance de 18 kms. Normalement, nous devions nous arrêter bien avant, à Bupsa, mais nous sommes arrivés tôt dans ce village et ayant encore de l’énergie, nous décidâmes de pousser plus loin jusqu’à Pulya. Ce fut encore une journée à patauger dans la bouse et la gadoue. Le village de Pulya, bien que coquet, était très humide, ce qui rendait les hébergements assez inconfortables. Nous avons recroisé Mitch et Jake à cet endroit. En fait, nous n’avons pas vu Mitch qui se terrait dans sa chambre humide. Jake, tout sourire, nous faisait part des velléités de son ami qui souhaitait quitter le voyage dès le lendemain et sauter dans le premier avion Lukla - Katmandou. En effet, le lendemain la route passait près de Lukla. Nous avions le choix de nous arrêter ou de passer outre, ce qui faisait économiser une montée de 400 mètres. Le guide de Jake et Mitch, Ganesh, nous recommanda de ne pas y aller si nous n’avions pas absolument besoin d’y passer. C’est pourquoi le lendemain nous mirent le cap vers Phakding.

J6 : de Nunthala à Paiya - altitude 2730 mètres 

À partir de Pulya, finies les vacances. Le niveau de difficulté de cette journée était assez bas, peu de dénivelé mais c’est passé Lukla que les hordes de touristes ont commencé à apparaître tout doucement. Phakding est un village à mi-chemin entre Lukla et Namche Bazaar. Les touristes qui débarquent de l’avion à Lukla entreprennent généralement cette rando le jour même ce qui fait en sorte que Phakding est passablement occupée, beaucoup d’hébergements, des restaurants et même des bars, un pub irldandais et un bar jamaïcain ! Étrangement, notre choix s’est arrêté sur l’hébergement qui était adjacent à une boulangerie. Encore sous l’effet de la mauvaise température des derniers jours à Lukla, les touristes étaient peu nombreux, et nous avons pu négocier le prix de la chambre, de l’internet, de la douche et du chargement du téléphone assez agressivement. J’y ai également mangé ma première pizza potable des trois derniers mois.

J7 : de Paiya à Phakding - altitude 2700 mètres
1
oct

Sur la portion Bhandar - Sete, on commence la journée avec une longue descente vers Kinja. Nous casserons la croûte dans ce mignonnet petit village. Nous y croiserons également un couple de jeunes catalans, Kevin et Sarah, que nous reverrons souvent dans les jours qui viennent. C’est là qu’on s’aperçoit que les restaurant ne préparent absolument rien en avance, ils n’ont même pas de réserve de nourriture. Quand on commande, on voit la cuisinière partir faire les courses, cueillir les légumes dans le jardin et revenir pour préparer le repas. Faut pas être pressé !

La montée vers Sete, après la longue descente et le repas s’avère assez pénible. Nous sommes submergés par la brume avant le sommet, on ne voit absolument rien. C’est complètement fourbu que nous arrivons à destination. Seule indication que nous sommes bien rendus, le nom du village est taillé en petit sur une des pierres de l’escalier à l’entrée du village. Pour confirmer que nous somme bien où nous croyons, nous demandons notre chemin à l’auberge qui se trouve là et on nous confirme que Sete, c’est bien ici et que nous nous tenons devant la seule auberge du village. En fait, le lendemain nous verrons que d’autres auberges se cachaient dans la brume.

J3: de Lower Bhandar à Sete - altitude 2500 mètres 

Le lendemain nous réserve une ascension longue et douloureuse de près de 1300 mètres. Mais malgré les défis de plus en plus difficiles, le corps s’adapte rapidement. Les kilos de gras fondent également, on sent les effets bénéfiques de tous ces efforts. Nous casserons la croûte au passage du col dans une petite tea house. Le chef possédait une serre dans laquelle il cultivait menthe, échalote verte et sobji, genre d’épinard népalais. Cette région est également réputée pour ses champignons sauvages. Le plat de pommes de terre sautées aux champignons sauvages et échalotes vertes se révélera être un véritable délice. Il fait de plus en plus froid lors des franchissements. À 3000 mètres au moment de notre repas, il ne doit pas faire plus de 5 degrés. Kevin et Sarah feront la pause du midi en même temps que nous à cet endroit. Nous arriverons à Junbesi avec les jambes bien douloureuses. Le village est dans un escarpement, nous ne ferons pas le tour pour trouver la meilleure auberge et c’est au premier établissement que nous nous arrêterons. Cette tea house nous avait été recommandée par le cuistot du midi. Elle était tenue par la soeur de ce dernier. Le talent pour la cuisine court dans cette famille et le dal bhat du soir sera succulent. Nous aurons même droit aux piments fort népalais. Heureusement que j’avais eu de la pratique en Chine, car c’est sans me méfier que j’en engloutis un entier. La saveur était très intéressante mais le contrecoup me pris par surprise. À l’image de notre journée en ascension soutenue, la chaleur montait et montait et brulait les papilles, les yeux, le nez, le visage. À un moment, je perdis le souffle et me mis à hoqueter. Je me demandais bien quand ce bouche à bouche avec un volcan prendrait fin. Quand je finis par pouvoir articuler quelques mots pour dire que je me consumais par en dedans, notre hôte nous informa de faire attention aux piments au Népal, de ne pas en goûter dans les petits potagers qui sont le long des sentiers. Selon lui, il arrive que des personnes meurent étouffées en les consommant tellement il sont forts. Je crois bien en avoir eu un dans mon assiette ! Prix de la Snickers dans ce village, 110 NPR, une aubaine, on en prend 6 ! Avec les efforts déployés, nous sommes constamment affamés. Les barres Snickers sont de véritables bouées de sauvetages dans ces circonstances.

J4 : de Sete à Junbesi - altitude 2730 mètres 
29
sept

Il y a maintenant plus de 65 ans, l’explorateur et alpiniste néo-zélandais Sir Edmund Percival Hillary arrivait à pieds à Jiri pour poursuivre sa légendaire expédition à la conquête de l’Everest. Plus modestement, c’est après 10 heures de bus qu’Aurélie et moi avons franchi les quelques 200 kms qui séparent Kathmandou de Jiri. Nous croisons dans le bus Barry, un ventripotent Australien en quête d’une remise en forme, et son guide Nima. Tous, nous nous retrouverons vers les 19h, sous une pluie fine sur la place principale de Jiri. Les chambres de l’hébergement recommandé par Nima sont confortables et notre premier dal bhat nous met en confiance pour les jours à venir.

Un petit mot sur ce plat mythique des montagnes népalaises. Il se compose principalement de riz et de lentilles réduites en purée et est généralement servi à volonté. La purée de lentilles varie beaucoup en saveur et en consistance au gré des talents du chef, des ingrédients disponibles et de l’altitude à laquelle on se trouve. Il est parfois accompagné de légumes assaisonnés et d’une galette de lentilles fine et craquante.

En théorie, la route s’arrête à Jiri, mais elle continue maintenant jusqu’à Shivalaya, le village suivant, et bien au delà, si on a le véhicule approprié. En effet, le développement de la région est en effervescence, il y a aujourd'hui des routes partout dans les montagnes, mais elles sont en piteux état. Elles ne sont parcourues que par les piétons et les fermiers, recyclés parfois en livreurs, avec leurs tracteurs à quatre roues motrices et leurs remorques bringuebalantes.


Pourquoi commencer le trek EBC (Everest base camp) par Jiri ?

1 - L’acclimatation.

Ennemi numéro 1 de l’aventurier citadin qui vit au niveau de la mer, le mal des montagnes est au mieux une nuisance, au pire, un danger mortel qui plane au dessus de nos têtes endolories. L'’oedème cérébral ou pulmonaire menace tous les randonneurs au delà des 3500 mètres. Cette affliction réclame son lot d’âmes pures et innocentes et fauche annuellement quelques infortunés, il faut donc bien de préparer. De Jiri à Lukla, chaque soir, on dort graduellement de 200 à 300 mètres plus haut, tout en franchissant des cols à une altitude plus élevée, ce qui est idéal pour l’acclimatation.

2 - La remise en forme.

Avec ses montées et descentes vertigineuses quotidiennes, il n’est pas long que les cuisses et les fesses s’endurcissent et que le cardio se développe. En effet, jusqu’à Lukla, le sentier grimpe en moyenne de 1000 mètres par jour et descend d’environ 800.

3 - Le contact avec la culture sherpa, en théorie.

Comme ce sentier relie une multitude de petits villages habités par des sherpas, le contact avec les locaux est plus intime, en principe. Ceci pourrait être vrai si : on parlait la langue, on n'était pas si occupé à souffrir, les sherpas n’avaient pas désertés leur village à cause de la saison touristique. De plus, passé Shivalaya, les habitants étaient un peu plus distants. Et pas question d’engager la conversation avec un porteur qui se déplace avec un chargement de 100 kgs surmonté d’un coq en cage qui lui hurle dans les oreilles.

4 - La sainte paix.

Cette section est pratiquement désertée par les touristes. Après 4 jours, on connaissait par leur nom tous les touristes qui avaient entrepris la randonnée en même temps que nous. Ils étaient au nombre de 6. Les hébergements étaient déserts à notre arrivée, pas de stress pour avoir une chambre. On avait la montagne à nous, il était possible de se perdre dans la contemplation du paysage pendant des heures sans être perturbé par un groupe organisé bruyant.

En route vers Jiri : 200 kms en 10h de bus - altitude 1995 mètres 

La randonnée du premier jour entre Jiri et Shivalaya est une balade dans le parc. Seulement quelques petits kilomètres séparent ces deux villages, et c’est donc juste à temps pour le midi que nous arrivons à une sympathique auberge le long de la rivière. Nous croiserons en route Barry, suant et soufflant comme un boeuf avec son porteur. La route sera longue pour ce pauvre australien. Le village est coloré, plusieurs petites échoppes vendent des victuailles fraîches : fruits, légumes, oeufs, etc ... On en profite donc pour faire quelques réserves. On sait que l’offre réduira drastiquement dans les jours qui suivent. Notre produit étalon, qui nous permettra de mesurer le coût de la vie dans les différents villages sera la barre chocolatée Snickers. Vendue 90 roupies népalaises (NPR) à Kathmandou, elle se transigera entre 100 et 250 NPR au cours de notre périple.

J1 : de Jiri à Shivalaya à pied - altitude 1790 mètres 

Le lendemain, la section Shivalaya - Bhandar, en passant par Deurali, nous donnera un premier aperçu de ce qui nous attend. La montée exténuante de 900 mètres débute à la sortie du village, elle sera incessante jusqu’à Deurali. Et c’est trempés de sueur que nous ferons une pause pour acheter du fromage de Nak sous les regards d’une foule de locaux qui semblent voir leur premiers touristes depuis le Déluge. Le village de Bhandar n’étant plus sur le trajet du trek depuis le tremblement de terre de 2015, nous ratons presque ce qui reste du village. C’est à la sortie de Lower Bandhar qu’on s’aperçoit qu’on va passer tout droit et qu’on choisit la dernière auberge avant la sortie du village. L’accueil est froid et impersonnel, on se fait même enfermer à double tours en soirée. Une seule porte, qu’il faudra trouver nous même, nous permet de sortir dehors passés 20h00. Aurélie fera les frais des sangsues affamées qui se cachent dans les herbes hautes. Personnellement, je passerai les quelques heures de temps libres que nous avons cet après midi à regarder un charpentier construire l’agrandissement de notre hôtel et un artisan fabriquer les fameux paniers en bambous que les porteurs utilisent pour porter leurs énormes charges.

J2 : de Shivalaya à Lower Bhandar  - altitude 2190 mètres 
26
sept
26
sept

Après avoir douté pendant une journée que nous pourrions quitter la Chine à cause d’une inversion de nom / prénom sur nos billets d’avion, nous voici en moins de temps qu’il faut pour le dire rendus au Népal.

En route vers Kathmandou. Juste la vue sur les montagnes vaut la peine de prendre l’avion. 

Il règne un joyeux bordel dans l’aéroport de Kathmandou. Les files se multiplient pour l’enregistrement électronique, payer le visa et obtenir l’approbation finale des douaniers. Au moment de mettre les pieds hors de la zone contrôlée, le douanier nous demande notre statut marital, soit aucun ou ben « accotés », ce qui n’existe pas au Népal. Il insistera lourdement pour que je fasse ma demande en mariage le plus tôt possible, visiblement, il avait Aurélie dans l’oeil.


Nous étions attendus par un ami Servas népalais qui habitait dans une ville à 5 km du centre de Katmandou, Thintana. La route pour s’y rendre était infernale. La poussière et la fumée de mauvais diésel envahissaient complètement la rue et l’habitacle du taxi. La chaleur est d’enfer et on fait du surplace alors que les motos, mobilettes, piétons, chèvres, vaches, camions bennes aux couleurs criardes se faufilent tant bien que mal dans ce chaos routier. On se demande bien où nous allons aboutir, nous ne connaissons ni la ville, ni notre hôte et on a de sérieux doutes au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans ce capharnaüm. Après moult tergiversations et arrêts pour demander la route, notre chauffeur s’engouffre dans une ruelle tout aussi étroite qu’escarpée. Au bout, un joli portail coloré et des gardes en uniformes droits comme des I qui nous saluent solennellement. A la mention du nom de notre hôte, les portent s’ouvrent et les indications sont rapidement données au chauffeur. On débarque ailleurs, exit la poussière et le diésel, nous voici rendus à Asnières-sur-seine (banlieue proprette de Paris). Dans ces rues pavées avec soin règne un calme souverain. Les petits jardinets sont encerclés de belles murailles avec des portails en fer forgé. Notre hôte nous attend au bout de la rue, toutes nos craintes inutiles s’évaporent, on débarque à la maison !

Poussière et embouteillages en route vers Tinthana 


Chez nos hôtes à Tinthana 

Trop tôt pour le repas de soir, Shyaam nous envoie nous balader dans une petite ville ancestrale voisine, Kirtipur. Pour s’y rendre, il faut franchir un vertigineux pont de singes d’au moins 100 mètres de long, c’est le temps de se pratiquer avant le trek du EBC (Everest base camp) où ces ponts seront légion. Shyaam me rappelle l’évidence suivante : « Don’t look down » en clignant profusément des yeux, à la fois parce que c’est son tic favori mais aussi pour se moquer un peu de moi, je le sens.

La traversée vers Kirtipur 

La ville de Kirtipur, normalement envahie par les touristes en saison haute, était calme en cette fin septembre. Reposant sur une colline escarpée, les rues de pavés étroites donnent une légère impression de Carcassone. Chats, chiens et habitants vaquaient doucement à leurs occupations dans la douce lumière d’une fin d’après midi. Les maisons datant des temps immémoriaux affichent bien les signes de leur âge et des différents tremblements de terre. Tordues, lézardées, penchant soit en avant, en arrière, d’un côté ou de l’autre, elles reposent sur des poutres de fortune pour les empêcher de s’effondrer complètement. Les fenêtres et ornements des toitures sont finement sculptés dans un bois noir de jais, le niveau de raffinement de ces ouvrages est impressionnant. Les petits temples entretenus par les habitants ne sont pas en reste pour nous impressionner. Décorés avec de la poudre de pigments et des fleurs pour le festival de la déesse vivante qui débute cette semaine, ils sont resplendissants.

Kirtipur 


Dans le bus à Kathmandou, y a du monde. 
Katmandou, musée vivant  - altitude 1400 mètres
24
sept
24
sept
Publié le 26 octobre 2018

Notre voyage en Chine en chiffres :

  • Voyage du 29 août au 24 septembre 2018
  • Nombre de jours en Chine = 26
  • Nombre de kms parcourus = 4729 kms
  • Nombre de régions visitées = 5
  • Nombre de nuits dans le train = 4
  • Nombre de trajets en train grande vitesse = 2
  • Nombre de trajets en auto-stop = 2
  • Température = entre 10°C et 32°C
  • Nombre de cours de cuisine = 4
  • Budget moyen = 62 $ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé en Chine :

+ la gastronomie (diversifiée et savoureuse)

+ les rencontres avec les Chinois

+ les animations et les éclairages nocturnes dans les villes

+ l’histoire millénaire

+ le sentiment de sécurité

+ les toilettes publiques partout


Ce qu’on a moins aimé en Chine :

- la pollution atmosphérique

- les foules de touristes dans tous les lieux d’intérêt

- le prix des sites touristiques

- la fumée de cigarette partout (surtout dans les trains)


Vive la Chine !

Prochaine étape au Népal !


De la Chine au Népal : l’Himalaya vue du ciel. 
23
sept
23
sept
Publié le 16 octobre 2018

A Chengdu, les touristes viennent pour les pandas. Et les lieux pour les voir ne manquent pas. Je suis donc allée, seule car JF, les pandas, ça le laisse de glace, au Centre de recherche et d’élevage du panda géant de Chengdu. C’est un peu comme aller à Disneyland sauf qu’au lieu de rencontrer Mickey, on fait la file pour voir ... des pandas. En effet, comme dans tous les lieux touristiques en Chine, il y a du monde et on attend bien sagement de prendre son selfie. Ici, le ratio panda / touriste est largement déficitaire. Levée aux aurores pour essayer de voir ces braves bêtes en action, je n’ai pas été déçue. Et je dirais même que j’ai adoré ça. Ils reçoivent leur ration de bambous vers 8h et c’est à ce moment qu’ils sortent de leur enclos climatisé. Et oui, rien n’est trop beau pour le confort de ces gros nounours. Ils sont vraiment trop mignons, surtout maman panda qui essaie de faire descendre fiston de son arbre ou les petits bébés de quelques jours qui se tortillent.


À la pouponnière, on se tortille comme on peut. 


14 heures par jour, les pandas grignotent. Le reste du temps, c’est dodo. 
22
sept
22
sept
Publié le 14 octobre 2018

Je croyais avoir bien préparé mon palet aux piments au cours des dernières semaines avec toutes ces soupes épicées que j’avais mangées en Chine. Mais rien ne m’avait préparé à l’incendie aux écrevisses qu’on s’appretait à manger. Nous avons choisi un petit restaurant familial en marge du quartier des restos nocturne, Zhang Gong Qiao Jie. Quand nous avons commandé, le serveur a fouillé un bon 5 minutes sur son téléphone pour nous dire « c’est très épicé ». Comme on en avait vu d’autres, plus rien ne pouvait nous impressionner. He bien le serveur avait raison, ça arrachait la gueule. La moitié du plat était composé de piments rouges déshydratés et de poivre de sichuan. Le tout baignait dans une huile pimentée d’un rouge vif. Chaque écrevisse était chargée d’énormément de saveur mais de tout autant de chaleur. La bouche et les lèvres brulaient, le visage nous chauffait, le nez nous coulait et les yeux aussi. Mais c’était tellement savoureux qu’on y retournait malgré la brulure. Les tranches de racines de lotus, branches de céleris, morceaux d’oignons étaient autant de défis que nous relevions tant le parfum de ce plat était envoutant. Nous n’avons laissé que les piments et l’huile, tout le reste a été englouti avec bonheur.


Les écrevisses à la sichuanaise, ça donne chaud !


Leshan by night 


 Le Bouddha géant de Leshan


Capital Bouddhas


Les raviolis en fleur, un pur délice !