Carnet de voyage

Au gré du vent

J
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Dernière étape postée il y a 1 jour
Par JeffO
Partir découvrir le monde doucement, à la rencontre des gens, de leur culture, de leur cuisine et des paysages.
Du 3 juillet 2018 au 20 juin 2019
353 jours
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L’art urbain à Hong-Kong 

Direction l’ouest sur l’île de Lantau, plus précisément le port de Mui Wo. Une traversée de 45 minutes en bateau, que nous apprécions tant à Hong-kong. Il règne sur cette île un air de je-ne-sais-quoi qui la rend différente. Déjà, elle héberge le célèbre Bouddha de Tian Tan, qui confère à cette île un aspect mystique pour les hongkongais. Nous sommes à moins de 20 kms de la métropole la plus densément peuplée de la terre, l’aéroport international et Disneyland sont de l’autre côté de l’île et ici les vaches paissent en toute quiétude. Les villes et villages de cette île semblent désertés, plusieurs cabanes dans les bois sont abandonnées. Un petit sentier de 8 kms nous fera traverser les endroits les plus isolés que nous ayons vu dans les îles de Hong-kong. Malgré tout, un hameau en apparence anodin semblait être habité par une population d’expats biens nantis. Les belles grosses voitures ne manquaient pas lorsque nous attendions le bus.

Lantau Island, c’est aussi ça Hong-Kong

Rendez-vous en fin de journée avec Brenda, notre hôte Servas qui nous offirt une soirée de son temps afin de nous faire découvrir des parties méconnues de Hong-Kong. C’est d’abord dans un resto prisé des hongkongais et inconnu des touristes que débute notre soirée découverte. Nous allons ainsi déguster des plats signature de cet établissement. Le plus particulier était le plat de boeuf. Recouverte de pannure et frite, cette pièce de viande moitié viande, moitié gras fond dans la bouche. Le gras se mange, bien entendu, et sa texture est moelleuse et fondante. Le contraste avec le craquant de la croute est tout simplement divin. Évidemment, on ne pouvait pas passer à côté de l’oie rotie, autre spécialité de cet établissement. C’est repus que nous avons marché une heure dans la ville avant de pénétrer dans un énorme centre d’achat. Les boutiques étaient fermées mais cette immeuble est tellement grand qu’il sert de passage pour atteindre différentes parties du quartier. Nous sommes grimpés au sommet pour observer la vue sur Kowloon et écluser une bière dans un bar où le DJ faisait jouer de l’électro swing.

En balade avec notre nouvelle amie Brenda 

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Une autre journée d’envol de drône pour JF. Cette fois direction l’île Lamma. Nous accostons au port de O Tsai, très prisé des touristes à en croire la horde qui débarque en même temps que nous. On remarque qu’un certain effort a été déployé pour rendre ce village accueillant. Propre, mais pas trop non plus, boutiques de souvenirs à tous les deux pas, la route principale est une longue enfilade de petits restaurants. La plupart sont assez modestes et offrent des spécialités locales, principalement des fruits de mer. Malgré la présence de la mer à quelques mètres de là, les prix sont rédhibitoires car tout est importé. De toute façon, nous n’avons pas l’intention d’y faire des racines, notre plan est de traverser l’île à la recherche d’un coin tranquille afin d’y croquer des images aériennes sans être dérangés. On prend donc le chemin de Sok Kwu Wan, de l’autre côté de l’île, où un autre bateau fait la navette vers Hong-kong. Ici, pas de route, on se déplace à pied ou à vélo sur d’étroits sentiers bétonnés. Le paysage est mignonnet, la forêt, la côte, la plage, sont autant d’endroits qui révèlent leurs charmes au gré de notre randonnée. Par contre, on se rend vite compte qu’il va falloir marcher longtemps pour échapper à la vue de l’énorme usine électrique au charbon. Cette dernière, avec ses 3 cheminées lugubres, est visible de toute la partie ouest de l’île.

Enfin, une plage isolée permettra à JF, encore nerveux de voler son engin, de s’adonner à un peu de photo aérienne. Plusieurs autres point de vue tout au long du chemin permettent d’apprécier le paysage de l’île.

Le village de Sok Kwu Wan a une offre de restaurants plus guindés que notre village d’arrivée. La formule ici est de choisir dans une poissonnerie adjacente au restaurant, le poisson ou le crustacé de nos rêve, de le peser et de le faire apprêter. Cette formule, bien que très intéressante, a pour effet de multiplier le montant de la facture sans pour autant garantir la qualité gustative du plat. Nous ne nous laisserons donc pas tenter.

Sur l’île de Lamma

Aujourd’hui, direction le wet market d’Aberdeen pour y faire des emplettes pour notre cours de cuisine avec Edith. Le marché est grouillant d’activité, les locaux sont occupés eux aussi à faire leurs courses pour le repas du midi. On retrouve une belle sélection de viande à la boucherie, la poissonerie exibe des carasses de poissons sanguinolentes fraîchement dépecées, le coeur du poisson bat encore tellement c’est frais. On y retrouve les coques, couteaux, crabes, anguilles et crapauds d’usage. Arrivés chez Edith, nous préparerons un poisson frit sauce aigre-piquante, des siu may porc-crevettes et des aubergines braisées. Le truc à retenir de tout cela est que le wok est le meilleur réceptacle pour y frire un poisson. Il utilise peu d’huile et permet de retourner le poisson facilement sans éclabousser de l’huile brulante partout.

Marché et cours de cuisine avec Edith

A la fin du cours, la journée étant encore jeune nous avons mis le cap en taxi (fait rarrissime) vers l’est en direction du village de Stanley et son petit marché. Qu’on se le tienne pour dit, ici c’est Français, et il n’a pas fallu longtemps pour entendre résonner dans l’air un accent bien connu. L’extrémité de la baie a été épargné par le béton et un joli cap de roche rougeâtre cache un petit temple. La ville est mignonne et assez cossue, les restaurants aux enseignes européennes sont légions. Nous ferons une balade dans un sentier qui traverse le Ma Hang Park et vers une plage tranquille où JF pourra exécuter quelques vols.

Le retour de Stanley sera épique à bord d’un bus royal sur une route étroite et sinueuse le long d’une falaise. Les croisements avec les autres véhicules devaient se faire au ralenti et les branches des arbres frappaient violemment aux fenêtres. Bien assis au premier rang du second étage, Aurélie et moi ne manquions rien de toute l’action.

Au sud de Hong-Kong, à Stanley

Second cours de cuisine à Hong-Kong. Chez Bill de Pots and Pans, ça ne rigole pas. Menu avec pas moins de 5 recettes, cuisine professionnelle géante avec fours à vapeur, fours à pâtisserie, plans de travail énormes et des assistantes. JF capotait grave. Au menu, poulet juteux cuit au bouillon, brioche craquante au poivre, brioches vapeur cuites de deux façons, porc sauté et crevettes aux deux ails. On s’est encore régalé.

Cours de cuisine avec Bill de Pots & Pans 
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Publié le 13 janvier 2019

De retour du vol inaugural du drône, nous avons juste le temps de souper avant le réveillon. Aurélie propose un plat facile et rapide à préparer à l’hôtel : une soupe ramen. Alors là, JF a trouvé que c’était quand même un peu trop basic pour le dernière repas de l’année, déjà qu’on n’avait pas de champagne.

Impressionnés par la vue du port Victoria 

Le soir, nous avions rendez-vous avec une membre Servas, Polly, afin de célébrer l’arrivée de la nouvelle année. Attention, en cette soirée de réveillon, la météo nous avait mis en garde. Il allait faire très, très froid : 13°C. Les manteaux Canada Gouse et les bonnets étaient de sortie tandis que nous avions une petite pensée pour nos amis Canadiens qui auraient rêvés d’un tel froid. Cela ne nous a pas empêché de grimper au Peak pour observer d’en haut les feux dans le port Victoria. La vue était à couper le souffle avant même que les festivités ne commencent. Et quand les dizaines de millions de dollars ont pété en 10 minutes, ça a fait son effet. Les bombes étaient lancées 8 de large et le ciel s’est illuminé sans interruption.

N’étant pas les seuls qui avons eu l’idée de grimper dans les hauteurs, il nous faudra attendre 1h30 le bus qui nous redescendra de notre perchoir. La police a bien essayé de convaincre tout le monde de prendre le cable car mais il restait encore une foule conséquente d’irréductibles. Et alors que les bus se succédaient toutes les 30 minutes au début, nous avons vu arriver pas moins de 6 bus en même temps dans l’hystérie générale. Il est à parier que certaines personnes bien connectées ne voulaient pas passer la nuit ici et ont fait des appels pour que la place soit vidée au plus vite.

Nous avons fait une tentative pour aller prendre un verre dans le quartier des bars, Lan Kwai Fung. En cette soirée de festivités à cette heure tardive, la foule envahissait toutes les rues qui s’y rendait, il était impossible d’y pénétrer. Les policiers orientaient le trafic de piétons en sens unique pour fluidifier les déplacements dans les rues. Mais malgré tout, la marée humaine était trop dense. Et c’est fourbu et complètement à jeûn, que nous sommes rentrés aux petits heures à Koolown, dans notre microscopique chambre d’hôtel.

Réveillon sur les hauteurs de Hong-Kong au Peak 
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Publié le 12 janvier 2019

Ça y est, nous avons quitté la Chine continentale. Ici, à Hong-Kong, c’est vraiment pas pareil. Déjà, il faut passer une frontière et remettre au douanier chinois le petit papier jaune gardé précieusement depuis notre entrée au pays. Là, des madames en uniforme repèrent les touristes qui ont l’air un peu blafard et leur collent un thermomètre dans le front. Les enfants, eux, sont tous contrôlés sans exception. Ceux qui échouent le test bifurquent aussitôt dans la salle de quarantaine. Pour le passage de l’immigration, aucun tampon n’est apposé, on reçoit seulement un petit papier et circulez !

Première impression, Hong-Kong ressemble à New-York mais les badauds sont Chinois, les voitures roulent à gauche et les bus sont impériaux. Ici, presque tout le monde parle anglais et tous les menus sont traduits. On a retrouvé l’anonymat dans la foule des autres touristes et la pression est retombée d’un coup. Le $ de Hong-Kong (HKD) a remplacé le Yuan (CNY) et quand tu mets la monnaie dans ton porte-monnaie tu as l’impression d’avoir un trésor. Les pièces sont énormes, dentelées et pèsent super lourd. Le billet le plus gros est un 1000 HKD quand en Chine continentale il était de 100 CNY et qu’il y avait des machines pour identifier les faux partout. Les prix sont bien sûr gonflés à bloc et la brioche qui coûtait 0,50$ à Guangzhou et rendue 3,40$, la soupe est passée de 3,60$ à 7,80$ mais le prix du café, par contre, a diminué de moitié. La SIM de China Mobile ne fonctionne plus et JF a donc enrichi sa collection d’une SIM China mobile Hong-Kong. C’est aussi le retour de Google maps, Youtube et autres sites utiles ou pas tels que Facebook et Instagram. Pour ce qui est des milliers de travailleurs qu’on croisait dans la rue, disparus (les balayeurs et jardiniers). Bye, bye, aussi les militaires dans le métro, les scanners et les bunkers anti-bombe.

Notre minuscule chambre pour 3 jours dans le quartier de Tsim Sha Tsui. 250$ CAD la nuit, cafards inclus !

Le soir de notre premier jour à Hong-kong, on décide d’aller tâter le pouls de la ville. En cette avant veille du jour de l’an, les rues sont bondées. Entre les touristes aux valises gigantesques qui marchent trois de large, les piétons qui louvoient au ralenti le nez planté dans leur portable et les files interminables devant les restaurants, il faut pas être pressé ! On profite donc du paysage et on se laisse imprégner par l’atmosphère électrisante de la ville. Nous allons d’abord en direction du Victoria harbourg et embarquons pour une traversée du bras de mer qui sépare l’île de Hong-kong du continent. Le Star ferry est définitivement le moyen de transport le plus branché de Hong-kong. Il permet pour quelques HKD de faire une balade sur l’eau et de profiter d’une vue imprenable des deux rives. De jour comme de soir, c’est un plaisir sans cesse renouvelé.

Victoria Harbour 

Cette traversée avait pour but d’aller au magasin phare de la société DJI. Fleuron de la technologie chinoise, la société DJI fait un peu penser à Apple dans son approche. Equipement de grande qualité, design léché, conception ingénieuse et bourré de technologie dernier cri, leurs produits sont au top. C’est à la recherche d’un drône compact et abordable que nous avons rendu une visite à cet établissement. Mais la maison mère ne pratiquant pas la négociation des prix, nous mirent le cap vers des cieux plus cléments pour notre portefeuille. Et c’est de retour sur le continent que nous découvrirent ce qui deviendra le QG de JF : la suite Simcity. Imaginez six étages de microscopiques boutiques qui vendent des produits de photographie et d’électronique de pointe. Les marques et les modèles les plus prestigieux s’y retrouvent, de quoi dépenser facilement 4 fois le contenu de son compte de banque et d’alourdir un peu plus le sac à dos. Et c’est dans cet endroit de rêve que JF pu négocier son drône pour près de 1000 HKD de moins (soit 170 CAD ou 112€).

Hong-Kong, premier contact 

Le lendemain devait forcément être le baptême de l’air du drône et de son pilote. C’est en quête d’un emplacement où le vol est permis et à l’abris des regards que nous mirent le cap vers Nai Chung. Petit village en bord de mer, cet endroit est prisé des aficionados du cerf-volant. Nous avons pu en observer avec leur accoutrement un peu étrange, tenter tant bien que mal de faire voler leur cerf-volant. La technique consiste à accrocher un cerf-volant en papier de soie, de taille relativement modeste, et de le faire virevolter frénétiquement le plus loin possible. Pratiquement incontrôlable, ce manège prend fin quand le cerf-volant s’empêtre dans les branches d’un arbre ou que la fine ficelle qui le retient ne cède. La quantité phénoménale de cadavres de cerf-volants dans les arbres aux alentours confirmait cette façon de faire. Ensuite, on rembobine ce qui reste de fil avec un système ingénieux de glissières accroché au devant du pantalon, on attache un nouveau cerf-volant et c’est reparti pour un tour.

Le vol inaugural de JF se passa bien. Nous avons croisé un autre pilote de drône avec qui nous avons pu échanger des informations sur les meilleurs endroits où voler dans les différentes îles.

À Nai Chung, paradis des cerfs-volants et premier pilotage de drône pour JF. 

Dans le métro de Hong-Kong, c’est encore l’efficacité à la chinoise. Toutefois, on observe des comportements qui étaient complètement absents, banis (punis ?) en Chine continentale : courir pour attraper son métro ou bloquer les portes. Je parierais que l’efficacité du métro est moindre à HK. Ceci dit, on est loin des métros nord américains.

Dans le MTR, métro de Hong-Kong. Propre, efficace, économique. Tout ce qu’on aime.
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On désigne la Chine « continentale » par opposition à Hong-Kong ou Macao. Ces dernières sont de nouveau des villes chinoises après des années de contrôle étranger mais leur statut demeure particulier. Il existe de nettes différences (que nous détaillerons plus tard), c’est pourquoi, elles constituent des destinations à part dans notre voyage.

C’est drôle comment on aime arriver en Chine continentale et comment on a hâte de la quitter après 2 semaines. Ça nous avait déjà fait ça lors de notre première visite. Le contexte de ce dernier voyage est particulier du fait des tensions diplomatiques avec le Canada. Pour autant, nous n’avons jamais vécu de désagrément avec la population qui a toujours été accueillante et aidante avec nous. Mais, on ne sait jamais ce que le gouvernement peut trouver pour montrer son mécontentement face aux politiques étrangères.

Nous avons vu beaucoup de différences entre le sud-est et le nord-ouest. Le riz a pris la place des nouilles et toutes sortes de bestiolles se sont invitées au menu. Les dim sum et les pains à la vapeur ont fait leur apparition. Les sites touristiques sont nettement plus abordables au sud voire même gratuits. Ce second voyage nous a coûté bien moins cher alors que nous avons pris seulement des trains rapides (plutôt que des trains de nuit, 3x moins chers et qui économisent une nuit d’hôtel). Par contre, les problèmes de communication demeurent partout en Chine où l’anglais est très peu parlé.


Notre voyage en Chine continentale en chiffres :

  • Voyage du 12 au 30 décembre 2018
  • Nombre de jours en Chine = 18 jours
  • Température = entre 8°C et 26°C
  • Nombre de villes visitées = 5
  • Budget moyen = 56 $ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé en Chine cette fois-ci :

+ Shanghaï !

+ les trains grande vitesse super confortables, rapides et efficaces

+ les distributeurs d’eau chaude partout pour faire du café ou du thé


Ce qu’on a moins aimé en Chine :

- Changsha

- l’omniprésence des contrôles et de la surveillance


Encore une fois, vive la Chine continentale !

Prochaine étape à Hong-Kong !

27
déc
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Arrivés en train à Guangzhou, on s’aperçoit qu’on est 35 kms au nord du centre ville et qu’il faut reprendre le prochain train grande vitesse pour la gare sud (celle que l’on pense proche de notre auberge). Une fois rendus à la gare sud, nous sommes maintenant à 25 kms au sud de la ville... Vive la communication en Chine ! On se demande si on va arriver un jour. Mais cette incertitude ne dure que quelques instants. La présence du métro à cette gare, nous assure qu’on pourra rejoindre le centre sans problème. En plus de cela, changement drastique de température, il fait maintenant 24 degrés et il y a du soleil !

Notre établissement, le Lazy Gaga, ça ne s’invente pas, est une belle auberge de jeunesse en plein centre de la ville. Gaga, le bichon maltais de service, nous accueille chaleureusement. Mais un avertissement nous met en garde contre cette petite boule de poils soyeuse : « En premier, je vais voler votre coeur, ensuite votre lit ». Qu’on se le tienne pour dit. Un second avertissement, moins sympathique celui là, vous rappelle de vous conformer à la loi chinoise sinon votre nouvel hébergement sera la geôle chinoise. Contrôle surprise anti-drogue, enregistrement obligatoire, validité du visa, tout écart est punissable des peines les plus sévères. Est-ce vraiment nécessaire de nous le rappeler par des affiches à la réception, dans l’ascenseur et à tous les étages ? La présence de policiers à la table de billard n’est peut-être pas anodine.

La ville est moins envahie par l’architecture moderne et ses grands magasins que ses consoeurs du nord. Il y a bel et bien un coeur commercial mais il est de moindre envergure. Les autres secteurs de la ville sont constitués de bâtiments moins hauts et toutes les rues semblent animées par le va-et-vient des activités quotidienne de ses habitants.

Arrivée à Guangzhou dans la forêt vierge 

Visite du musée de la dynastie Han de l’ouest. On pénètre dans la tombe d’un grand dignitaire, le roi Nanyue, dont le musée à l’architecture moderne a été construit tout autour. Ce personnage important avait été installé dans sa demeure éternelle vêtu d’une armure constituée de petites pièces plates de jade cousues les unes aux autres avec de la soie. Cette armure devait le conserver intact et ainsi lui procurer la vie éternelle. Contrairement à la dame Xin Zhui, son corps se décomposa complètement pour ne plus laisser qu’un amoncellement de pièces de jade éparses.

Sun Yatsen, roi Nanyue et oreillers en céramique


L’un est un alcool de céréales appelé « baijiu », l’autre est de l’alcool à friction . Attention à ne pas confondre les 2.


J’en connais qui adoreraient ce manteau ... 


Bois Services autour du monde ; en plus de l’abileté, ça prend un peu de souplesse.

Ici, les spécialités culinaires sont l’oie entière, le flanc de porc au miel parfumé, les pains vapeurs fourrés au porc, et bien d'autres merveilles. Les plats sont aussi plus sucrés et plus huileux. Bien que je sois friand de la nourriture en Chine, cette combinaison sucre - gras fait en sorte que je suis saturé d’un plat avant de ne plus avoir faim. Un bon exemple est la fois où pensant commander du poulet à l'ananas, on s'est retrouvé avec du gras de porc frit (avec quand même une sauce à l'ananas). On mange moins et nos repas sont plus espacés.

Une spécialité nous faisait bien saliver d’avance : la soupe cuite à la vapeur dans une noix de coco. La file pour manger au restaurant le plus prisé nous promettait monts et merveilles. Le menu en Chinois et le fait que toutes les soupes ne sont pas disponibles en même temps force un peu à faire notre choix à l’aveuglette. Au final, je me suis retrouvé avec une soupe fadasse et légèrement sucrée où baignait une viande noire indéterminée qui goutait vaguement le poulet. C’est seulement le lendemain que nous avons réalisé avoir mangé de la poule-soie. Cet hirsute gallinacé, à la chair et aux entrailles d’un noir d’encre, est très prisé en Asie du sud-est. Il est vrai que sa chair est fine et délicate et que sont goût est agréable.

C’est également dans cette ville qu’Aurélie se décida à goûter une spécialité du coin : la patte de poulet. L’ergot est mijoté amoureusement dans une sauce sucrée parfumée aux 5 épices. La texture de la chair est gélatineuse. Pour le manger, il faut s’enfourner les ergots un à un et recracher les os. Le goût est agréable mais la texture molle et flasque a vite eu raison des envies de découverte de notre exploratrice culinaire.

Gastronomie cantonaise 
24
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C’est après avoir testé la cuisine du Hunan qu’on a décidé de mettre le cap sur la capitale de cette région du sud-est de la Chine : Changsha. Première impression, c’est tristounet à ce temps-ci de l’année. Le ciel est gris, les nuages touchent le sol, il fait 8°C et notre hébergement qui se trouve dans une tour d’habitation de banlieue aux fenêtres grillagées n’est pas là pour arranger les choses. Cette ville est toute petite selon les critères chinois et nous sommes les seuls touristes occidentaux ce qui a pour conséquence de nous attirer tous les regards, de se faire pointer du doigt par les enfants ou prendre en photo par des ados ou des mamies.

Dans les rues du centre-ville, c’est bien l’ambiance de Noël qui règne et les néons lumineux nous souhaitent Merry Christmas. On s’y croirait à quelques détails près : il y a des Pères-Noël gringalets tous les 50 mètres avec une demie barbe et une coupe de cheveux tendance, la musique de Jingle bell est tellement remasterisée qu’on reconnait à peine la chanson, et surtout, il flotte encore cette délicate odeur de tofu puant.

Notre hébergement à Changsha : dans la vie d’un Chinois 
Pour les collègues STM : ici, les titres de transport sont en jetons (mais c’est comme partout en Chine du « pay-as-you-go »). 

Depuis notre arrivée en Chine, on se débrouille comme on peut pour commander notre nourriture. La plupart du temps, on fréquente les restos qui possèdent des menus avec images ou traduits sommairement en anglais, mais les deux étant souvent loin de la réalité, on s’en tient aux valeurs sûres. C’est donc à notre plus grand bonheur que nous avons découvert un resto où les plats sont déjà prêts et posés sur un présentoir, y'a plus qu’à faire réchauffer et on nous les sert à la table. Nous avons pu y aller franchement dans la découverte de nouveaux plats. C’est dans ce resto qu’Aurélie, qui n’écouta que son courage, goûta au tofu puant. Bilan : ça pue, c’est noir comme du charbon et la texture est spongieuse, mais c’est pas mauvais.

Un peu en mal d’arpenter la ville de long en large, nous avons entrepris de visiter l’île Tangerine, flanquée au beau milieu du fleuve Xiangjiang qui sépare la ville en deux. Étroite et allongée, elle permet une balade d’environ 8 kms si on parcourt l’entièreté de ses berges. Le clou de la visite n’est nul autre qu’une sculpture géante de la tête du jeune Mao Zedong. Les traits fins, presque féminins, les cheveux au vent, le regard résolu, tendu vers l’horizon, il contemple cette Chine qu’il transformera. Tout on long de la ballade, on salivait à la vue des pamplemousses géants dans les arbres du parc. Bien entendu, tous étaient hors de portée et trop bien accrochés pour tomber à la moindre petite secousse qu’on faisait des branches. C’est grâce à notre hôte qu’on testera ce fruit fort alléchant. Le goût est très parfumé mais la peau est très épaisse et il y a quasiment plus de pépins que de chair.

Changsha en quelques lieux avec Mao et Xin Zhui

Nous voulions quand même célébrer le réveillon, tout aussi artificielle qu’était l’ambiance de Noël dans la ville. Les traditions, ça se respecte. On s’est mis à la recherche d’un resto digne d’un tel événement. Les établissements guindés ne manquent pas sur la grande rue commerçante, mais les prix sont prohibitifs. Ne sachant pas trop si on en aurait pour notre argent, nous ne les avons pas considérés. Et c’est au détour d’une rue piétonne, un peu à l’écart du brouhaha qu’un resto de hot-pot retint mon attention. Pas vraiment une gargotte et définitivement pas un resto guindé, il semblait avoir juste ce qu’il fallait de crasse avec une touche de classe, pour attirer à la fois mon estomac sans repousser mon portefeuille. Le bonhomme à l’entrée nous accueille chaleureusement et c’est cigarette au bec qu’il nous décrit les merveilles qui nous attendent si on accepte de ripailler dans son établissement. Formule simple : le frigo est rempli d’ingrédients et on se sert directement de légumes, champignons, tofu, nouilles, poulet mariné, petits poulpes, saucisses, etc, etc... Avec ça, on a un hot-pot à 2 compartiments : bouillon piquant et bouillon doux et quatre assiettes de viande. Je lui demande alors combien coûte cette merveilleuse bière fraîche dans son frigo, il fait un grand geste circulaire et me montre la bière, le bar à sauce et la machine à glace et me fait un sourire, toujours avec sa cigarette. Je ne comprends pas trop, la bière serait incluse ? Et la glace aussi ? Tout ça est trop beau pour être vrai. Le menu est à 68 yuans par personne. Bon, même si sa bière devait être un peu chère, c’est quand même une aubaine. En effet, on s’est régalé, tout était très bon, Aurélie a eu raison de la réserve de pleurottes et j’ai presque bu le bouillon piquant tellement il était savoureux. Les bières étanchaient la soif et calmait le feu réveillé par ce merveilleux bouillon. Au moment de payer, on s’attendait à une surprise, et en effet, elle fut de taille. Montant du repas ? 136 yuans, soit deux fois 68, merci bonsoir. Le patron nous à même fait cadeau de 1 yuan parce qu’il manquait de monnaie. Et c’est au travers un nuage de fumée que celui-ci nous remercia et qu’il nous fit ses aux revoirs. Nous avons terminé le réveillon avec ce qu’on a pu trouver comme chocolat (du Dove, comme le savon) et une petite bouteille de Bai-ju, alcool fort à base de céréales. Joyeux Noël !

Réveillon de Noël

Le jour de Noël, belle suprise que fut la visite du musée provincial du Hunan. On y retrouve un peu tout ce qui est exposé ailleurs dans les autres musées en Chine : poterie, faillence, céladons, cloches en bronze, sculptures, calligraphie, etc, etc. Mais... on ne s’attendait pas à tomber nez à nez avec une momie humide grimaçante vieille de 2200 ans ! Les techniques d’embaumement de ces ancêtres Chinois, oubliées aujourd’hui, ont permis de conserver le corps frais comme aux premiers jours de sa mort. Les membres sont flexibles, la peau est élastique, les entrailles sont complètes et le cerveau toujours dans la boîte crânienne. Tout ça après 2 millénaires à croupir dans un trou à 20 mètres sous terre, enfermée dans une dizaine de sarcophages emboités, enroulée dans une vingtaine de couches de soie et baignant dans une soupe mystérieuse. Xin Zhui « repose » aujourd’hui dans une boîte en plexiglass exposée aux centaines de badauds qui viennent quotidiennement lui rendre visite. Bonjour le repos éternel.

Le patriotisme à la chinoise 
22
déc
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L’arrivée à Hangzhou à partir de la gare nous fait traverser la partie la plus triste de la ville. Mais, il ne faut absolument pas se laisser influencer car la vieille ville est magnifique. Ceinte en partie d’une vieille muraille, ses rues en pavés sont hôtes de petites boutiques de thé, marchands de soie, de restaurants divers et de bijoutiers qui martèlent l’argent au rythme de la musique techno. Le soir venu, la rue s’anime avec ses vendeurs ambulant qui vendent des éventails peints à la main, des bijoux en jade et des parasols en bambou et papier de soie. Cette ville est également reconnue pour une spécialité bien particulière, le tofu qui empeste. Au début, on identifie mal ce fond d’air putride, mais quand on arrive près des petites échoppes qui en vendent, c’est sans équivoque. Les longues files qui se forment en soirée devant ces vendeurs démontrent manifestement que ce met est fort apprécié des locaux. Notre nez occidental n’étant pas accoutumé à autant d’intensité, nous avons attendu un peu avant de nous lancer dans l’aventure.

Petits canaux 

Un des joyaux de cette ville est sans conteste son lac, le lac de l’ouest, où le tout Hangzhou vient pour s’y balader les week-ends. De la barque à rame jusqu’au plus gigantesque bateau orné d’un énorme dragon doré, les options sont vastes pour naviguer sur les flots. La journée étant assez frisquette et embrumée, nous optèrent pour le tour complet, une marche de quelques 8 kms. Nous y avons croisé des passionnés de cerfs-volant. Leur impressionnant moulinet contient des centaines de mètres de corde et leur permettait d’aller chercher les vents très haut, parfois même au dessus de la couche nuageuse.

Nous avons aussi croisé un sympathique groupe de retraités chinois qui arpentait la digue à la recherche de voyageurs pour leur faire la conversation et pratiquer les langues étrangères. L’un d’entre eux s’exprimait même en français, et malgré une prononciation rocailleuse, on le comprenait bien. Des questions du style, « pourquoi la femme de Macron est si vieille ? » et « qu’avez vous pensé de Kathmandou? » et leur déception face aux piètres performance des équipes de foot chinois ont fait partie des sujets abordés.

Le lac de l’ouest 
La gare d’Hangzhou, ultra moderne et gigantesque

Hangzhou est aussi réputée pour avoir reproduit de nombreux momuments européens. Le plus célèbre est sans conteste la tour Eiffel, ses fontaines et jardins, et même des immeubles hausmaniens. Nous ne sommes pas allés les voir malheureusement, tout comme nous avons boudé le clocher de la basilique Saint-Marc, le palais des Doges de Venise, les canaux et les immeubles d’inspiration italienne, et le petit village français perché sur une colline.

Voici 2 liens pour mieux comprendre le phénomène :

http://www.slate.fr/lien/72595/chine-reproduit-villes-occidentales

https://www.challenges.fr/economie/immobilier-a-hangzhou-chine-la-copie-de-paris-n-a-pas-trouve-preneur_153581

20
déc
20
déc

Nous quittons la vie trépidante et l’atmosphère survoltée de Shanghaï pour Suzhou et ses petits canaux paisibles. Se situant à peine à 90 kms de Shanghaï cette ville de 4,3 millions d’habitants grouille de touristes locaux qui parcourent les avenues commerçantes. Notre hôtel se trouve au coeur du centre ville commercial, à quelques pas de la rue piétonnière accueillant les grandes enseignes de la mode internationale. Il serait plus rapide de dire quelles marques ne sont pas au rendez-vous : Chanel, Dior, Swarovski, Nike, etc. Il y de a l’argent en Chine, ça se confirme à l’achalandage de ces grandes maisons un simple soir de semaine.

Notre auberge de jeunesse a ceci de particulier que les murs de tous les étages sont couverts de graffitis laissés par les voyageurs qui y sont passés, principalement en Chinois, mais pas seulement. Notre chambre est propre et confortable, on changera plus tard suite à une rupture de conduite d’eau sur le toit qui inondait notre pare-soleil dans un fracas d’enfer.

L’auberge Mingya à Suzhou 

Nous avons ensuite parcouru le canal principal bordé de commerces hyper touristiques. Mais au fur et à mesure qu’on se dirige vers le nord, la rue se rétrécit, les commerces deviennent moins clinquants et offrent des services plus abordables.

Le lendemain, on se tape la visite gratuite du usée de Suzhou, hyper moderne, avec ses bronzes, poteries, peintures et calligraphie. Juste pour le magnifique céladon qui s’y trouvait ça valait le déplacement.

Musée de Suzhou 

Nous avons également visité le Jardin du modeste administrateur qui est un hommage à la beauté et la contemplation. Son lac est parsemé d’îles qui abritent autant de pavillons admirablement construits aux noms évocateurs comme : Observer le lointain, J’écoute tomber la pluie et Parfum distant. Les anciens y allaient pour admirer la vue et se laisser bercer par cette atmosphère paisible. On pouvait également visiter une magnifique collection de bonsaïs extérieurs taillés à la perfection. Une équipe de pas moins de dix jardiniers étaient d’ailleurs affairés tous en même temps à tailler un de ceux-ci.

Jardin du modeste administrateur 

Nous avons par la suite visité le Musée de la soie où un immense métier à tisser était activé par deux dames dont une était perchée à plus de deux mètres dans la machine. On pouvait y observer de véritables vers à soie en plein festin dans leur lit de feuilles de murier ou grimpés dans des gerbes de pailles pour y tisser leur précieux cocon.

Musée de la soie 

Toujours à la recherche de la gargote cachée qui nous offrira des plats authentiques, JF déniche une microscopique échoppe dans le fond d’une ruelle. L’annonce prétend que la dame fait de la cuisine comme à la maison. Comme de fait, les plats sont succulents. On prend pratiquement toujours de l’aubergine sautée et dans ce cas précis, elle était excellente.

Suzhou by night 
14
déc

Non loin de notre auberge se tient un ballet suranné tous les dimanches. Les parents désespérés de voir un jour leur enfant trouver l’âme soeur viennent afficher leur pedigree dans un parc du centre ville. On est bien loin de Tinder ou autres sites de rencontre sur Internet. Ici, on affiche ses exigences et aussi le statut des parents. Et les annonces à l’internationale sont nombreuses : Canada, USA comptent des coeurs à prendre. À qui la chance ?

Le marché aux mariages dans le parc du peuple 

Shanghaï est une ville aux multiples visages : trépidante et commerciale d’un côté, banlieusarde et tranquille de l’autre avec ses “lilongs”, petites allées abritant des logements de 3 à 4 étages.

Au coeur de la ville, le + gros croisement d’autoroutes est situé sur la demeure d’un dragon. Beaucoup de prières pour le calmer .

Hongkou, tout d’abord est un ancien quartier américain occupé ensuite par les Japonais. L’architecture du début du xxème siécle côtoie les terrains en reconstruction et les énormes centres commerciaux sur 10 étages qui habillent Shanghaï et plus encore. Dix minutes à l’intérieur et on était complètement étourdis.

Concession américaine  

La concession française est caractérisée par des rangées de platanes qui rappellent que ce coin de Chine était surnommé la “Paris de l’Est”. Les inscriptions en français sont nombreuses ainsi que les petites boutiques de produits bien de chez nous. Dans cette apparente uniformité se retrouvent 2 mondes : à l’est, ruelles et résidences, à l’ouest, consulats et grosses demeures cachées derrière des murs.

Concession française et gastronomie de Shanghaï

La vieille ville est une succession de petits quartiers résidentiels et de temples. Au milieu se cache un petit trésor : le jardin de Yu (Yuan) qui obéit aux règles du Feng Shui. Ces dernières ont certainement à voir avec le sentiment de bien-être qu’on a ressenti dans ce jardin. Recoins cachés, petits bassins, arbres centenaires, mousse sur les toits. Ce dernier détail est un indice que l’endroit ne semble pas avoir subi de cure de rajeunissement comme le reste du quartier dont des pans entiers sont rasés et remplacés par des bâtiments aux airs anciens.

Dans la vieille ville et au jardin Yu 

Loin de ces quartiers traditionnels se trouve un petit ensemble d’ateliers d’artistes installés dans une ancienne usine de textiles. Ici, on peut admirer le meilleur de l’art contemporain chinois.

M50 
12
déc
12
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Publié le 25 décembre 2018

C’est un retour en Chine !

Vol inaugural sur Xiamen Air, on est gâtés! 

Première impression : à Shanghaï, des grattes-ciel en voulez-vous en voilà. Tous rivalisent d’ingéniosité pour attirer le regard. Ce n’est plus assez de les couvrir de lumières colorées le soir, maintenant les immeubles sont convertis en écrans géants et on y passe des clips ou de jolies animations.

Sur le bord de la rivière Huangpu

C’est également une ville gourmande, l’offre des restaurants est hallucinante, des plus modestes aux plus chics. Et quand au fil des jours on creuse la ville, on découvre sa riche culture et sa diversité. Il y a plusieurs quartiers historiques qui relatent l’architecture française ou américaine. Le bund, la rive ouest de la rivière Huangpu, est une enfilade d’édifices de prestige construits début des années 1900. Hôtels de grand luxe, banques, journaux, etc, ont pignon sur cette berge. Ils font face maintenant au riche centre ville qui s’est développé de l’autre côté de la rivière. Que dire de cette partie de la ville ? Tous les immeubles sont uniques dans leur style et leur conception. L’un ressemble à une pagode, un autre à un décapsuleur et encore un autre complètement excentrique, de forme hélicoïdal. Ce dernier est la seconde plus haute tour du monde, pour grimper il fallait débourser la coquette somme de 36$ canadiens par personne. Nous avons opté pour une option plus dans nos cordes, un point de vue non loin de là, dans le bar du Hyatt à 22$ par personne, coupe de champagne ou cocktail inclus !

La rue Nanjing Est, la rue la plus commerçante de Shanghaï 

Côté resto JF, se régale au petit déjeuner avec la soupe lamian très pimentée. Nous recherchons également les petits bouibouis embrumés dans la vapeur ou on déguste d’excellents dumplings ou wontons. D’ailleurs, il flotte partout dans la ville une odeur de bambou chauffé à la vapeur, qui nous rappelle qu’on n’est jamais bien loin d’une gargote à dumplings. Nous avons également essayé les offres plus prestigieuses et n’avons pas été en reste. Entre autres le Di Shui Dong, qui nous apporte la cuisine incendiaire de la région du Hunan. Ambiance non guindée et plats en effet très épicés, mais rien de trop extrême. Nous nous sommes régalés des beignets d’aubergines fourrés à la viande, des cuisses de grenouilles aux piments forts, des côtes de boeufs en croûte de cumin et de spare ribs sauce aux haricots noirs. Le tout arrosé de quelques verres de bière salvatrice et terminé par un dessert classique mais ô combien appréciable après autant de piments, les bananes frites caramélisées.

Bouffe Chinoise ! 
27
nov
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Publié le 23 décembre 2018

Aurélie presque remise sur pieds, il était temps de repartir pour de nouvelles aventures ... gastronomiques. Et quoi de mieux que de commencer par Paris ?

Aurores boréales au dessus de l’Islande 

Nous avons été en France juste à temps pour ne rien manquer de la crise des gilets jaunes. JF ne pouvait plus porter son imperméable jaune citron en public de peur d’envoyer le mauvais message et de se faire donner des coups de sacoches par des madames. Ça commençait bien.

Côté bouffe, on a été gâté : caviar, foie gras, fromages fins, champagne, Armagnac, Château Pétrus, etc, etc, sans oublier les petits plats maison de maman : petit salé, lotte à l’américaine, teurgoule, marquise au chocolat... On s’est fait une révision de tous les meilleurs mets français. Malheureusement, pas assez de repas dans une journée pour tout manger. Tous les kilos perdus en Mongolie ont vite été repris (et même un peu plus pour passer l’hiver).

Au Salon des plaisirs gastronomiques 

Mais, Paris n’est pas juste une capitale gourmande, elle sait toujours nous divertir et nous émerveiller avec ses galleries d’art, ses musées et ses bâtiments magnifiquement illuminés (l’astronome amateur soupire ou grogne un peu de voir toute cette pollution lumineuse).

Aux ateliers d’artistes du 59 Rivoli 

JF s’est découvert une passion pour les cadenas « d’amoureux ». Il prend un malin plaisir à les arracher du monument qu’ils défigurent. Mais pas question de les jeter dans la Seine ... Il les garde pour relever le challenge de les ouvrir. Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé avec 15 kilos de cadenas dans le sac à dos.

Paris, ville lumière 
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oct
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Publié le 22 décembre 2018

Retour au Québec en passant par Istambul. Traitement VIP à l’aéroport où on a traversé tous les contrôles en un temps record.

Bye, bye, Katmandou. 


Les montagnes d’Afghanistan 

Au Québec, juste le temps de passer de l’automne à l’hiver, de vivre un -15°C, de revoir la famille, de fêter l’Halloween et Noël un peu en avance et de se reposer avant de repartir ...

Première neige 


Le Québec, c'est aussi la chasse.
19
oct
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Publié le 8 janvier 2019

Nous n’avions pas publié de bilan du Népal, pays que nous avons adoré. Et pourtant, il y a plein d’aspects qui nous ont dérouté au premier abord. En voici quelques uns pêle-mêle.

Au Népal, quand le commerçant n’a pas la monnaie, il te rend le change en bonbons (celui là, Aurélie s’en est bien accomodée). Les échaffaudages sont en bambou même sur les immeubles assez hauts. Des petits culs qui n’ont pas de chaussure te parlent en anglais et essaient de te vendre des ceintures ; visiblement, ils ne vont pas à l’école. Et pour s’amuser, ils font voler leur cerf-volant au milieu des fils électriques. Quand ils se prennent dedans, ils montent tout naturellement au poteau pour le déprendre. Il est très mal vu de se moucher mais tu peux cracher partout. Les bonhommes de 50 ans se tiennent par la main comme des écoliers en marchant. Aucun drap n’est changé entre 2 touristes dans les lodges des montagnes. Personne n’empêche un chien d’aboyer toute la nuit. Tu risques ta digestion à chaque crudité ingérée ou pour un petit morceau de viande qui a voyagé à dos de népalais pendant 3 jours. Le ciel de Katmandou n’est pas bleu mais jaune et il flotte dans la rue une poussière épaisse soulevée par les véhicules. Les rabatteurs t’abordent pour te vendre du matériel de trekking ou ... te nettoyer les oreilles. Un feu d’artifice peut avoir lieu au milieu d’une rue en pleine journée juste pour annoncer une promotion. Les ambulances ont 5 sirènes différentes pour essayer de se frayer un passage dans les embouteillages (aucune n’est efficace). Des ados de 15 ans portent des charges de 2 fois leur poids sur leur front pendant que toi tu forces avec tes 13 kg sur le dos.


Quelques moments au Népal 

Quelle tristesse ce fut de quitter le Népal et ce bazar organisé. Ça fait du bien de sortir des univers trop asceptisés et réglementés des fois.


Notre voyage au Népal en chiffres :

  • Voyage du 24 septembre au 19 octobre 2018
  • Nombre de jours au Népal = 25 jours
  • Nombre de jours de trek = 13 jours
  • Nombre de kms parcourus à pied = 158 kms
  • Dénivelé positif = 9807 mètres
  • Température = entre -10°C et 28°C
  • Altitude = entre 1400 et 5600 mètres
  • Nombre de cours de cuisine = 1
  • Budget moyen = 43$ CAD / jour / personne (excluant les frais payés par l’assurance)
  • Coût d’une extraction par hélicoptère = 5000$ US


Ce qu’on a aimé au Népal :

+ les montagnes bien sûr !

+ les rencontres avec les Népalais (notamment Ganesh, notre guide) et leur façon de dodeliner de la tête pour s’exprimer

+ la bouffe maison préparée avec les légumes frais du jardin

+ les bâtiments sculptés dans Katmandou et les terrasses sur les toits des immeubles

+ le joyeux bordel qui règne dans la ville

+ les fêtes colorées et fleuries


Ce qu’on a moins aimé au Népal :

- les caravanes de mules qui vous bousculent et recouvrent le sentier de pisse nauséabonde

- le froid glacial dans les hébergements pas chauffés

- la surpopulation de touristes sur le sentier d’EBC

- les entorses qui mettent le voyage entre parenthèses


Vive le Népal !

Prochaine étape au Québec, bien involontairement !

13
oct

Après deux nuits à l’hopital, nous recevons notre congé et mettons le cap vers un hôtel plutôt confortable, calme, moderne, avec ascenseur. Quel luxe dans ce Kathmandou effervescent, empoussiéré aux escaliers biscornus. Malgré ce confort, nous essaierons d’autres établissements durant cette semaine, question de ne pas trop s’ennuyer car les déplacements de la convalescente sont assez limités.

Kathmandou vue du ciel 

L’un de ces établissements, le Baber Mahal Vilas, était un véritable palais, on se serait pris pour des aristocrates népalais. Le domaine a été construit par les descendants du premier ministre népalais ayant gouverné le plus longtemps, Maharaja Chandra Shumshere Rana. Les portes et fenêtres étaient sculptées dans des bois précieux et les lustres délicatement ciselés. Pour ne rien gâcher, on nous traitait comme des notables et les restos sur la propriété étaient divins. Pour se consoler de cet arrêt forcé et changer le goût du graillon des tea house du EBC, saucisson, tartiflette et profiteroles étaient le remède tout indiqué. Un tel menu était inespéré dans ce pays du dahl bat. Seul petit inconvénient, la suite grand luxe se situait au dernier étage, accessible par d’étroits escaliers en bois qu’Aurélie grimpait à cloche-pied.


http://www.babermahalvilas.com/


L’hôtel boutique Baber Mahal Vilas 

JF a profité de son temps libre pour suivre un cours de cuisine népalaise. Un peu épicée avec des notes indiennes, elle propose des plats qui gagnent à être connus.

Cours de cuisine népalaise avec Nepal cooking schools

Lors des rare sorties que nous avons faites à Kathmandou, nous avons pu constater qu’une bonne partie de la ville avait déserté à l’occasion de la fête de Dashain. Rues vidées, boutiques fermées et bonhommes saouls sur les coins de rues étaient quelques unes des manisfestations inhabituelles. D’un autre côté, les femmes arboraient des tenues rouges spéciales à cette fête. Temples, logements et véhicules étaient bénis et décorés d’offrandes de fleurs, fruits, encens, pigments et autres.

Fête de Dashain à Kathmandou 


La fête de Dashain à notre hôtel
11
oct

Il est de bon aloi lors d’un passage à Gorak Shep de gravir la montagne, ou plutôt le button Kala Pattar. Il offre une belle vue sur la vallée et les hautes montagnes aux alentours, dont l’Everest. Le gravir le même jour que l’aller-retour au EBC est trop pour une seule journée. Aurélie planifie une ascension dès potron minet le lendemain. C’est donc à 4 heures du matin qu’Aurélie, Jake et Ganesh, en l’absence de JF qui est resté au lit, partent pour aller se congeler en observant le lever de soleil au sommet de Kala Pattar. La configuration de la vallée et l’orientation des montagnes n’offrent pas vraiment une vue particulièrement intéressante lors du lever de soleil. Il faut que le soleil soit assez haut dans le ciel avant qu’il ne commence à illuminer les lieux. C’est sans avoir vu un rayon de soleil que notre trio congelé est revenu du point de vue vers les 7h pour déjeuner. Il ne faut pas trop trainer, nous devons nous rendre à Shola et entreprendre demain ce qui sera probablement la journée la plus difficile du trek, le passage du col de Chola (Chola pass). La difficulté vient de la montée interminable et de la très longue distance vers Gokyo.

Kala Patar - altitude 5600 mètres

On part d’un bon pas de Gorak Shep et arrivons rapidement à Lobuche. Ganesh en profite pour retrouver mon foulard perdu lors de la dernière visite. JF a du mal, il a mal à la tête depuis deux jours. Il est encore possible de prendre la route directement vers Namche. On se laisse le temps d’y penser. Environ 20 minutes de marche passé Lobuche, nous arrivons au croisement. Il faut maintenant décider si on continue ou si on reste. Après un peu de tergiversations de JF, on repart, il sera encore possible de prendre le chemin de Namche dans quelques kilomètres si on change d’idée.

Je (JF) marchais devant avec Jake et Ganesh quand j’entendis un cri d’Aurélie derrière. Je rebrousse chemin et je la vois assise dans le chemin. Elle s’est fait mal à la cheville. Après moult Holalal.. et Ho put… on décide de regarder la source de tout cet émoi. En baissant la chaussette, déjà sa cheville est bien enflée, c’est une belle entorse. Un guide qui passait par là donna les premiers soins à Aurélie et enveloppa la cheville dans le foulard retrouvé plus tôt. Ganesh se mit à énumérer les différents scénarios qui s’offraient à nous : trajet à dos de mule ou de cheval jusqu’au prochain village où se trouve un hôpital « international » (je me souviens qu’a l’aller j’avais vu un bâtiment en tôle avec « Hospital » écrit au rouleau dessus) et ensuite retour en 2 ou 3 jours à Namche à dos de mule. Et après avoir énuméré toutes ces options toutes aussi tentantes les unes que les autres, il dit : « If you have insurance, better take helicopter ». Et c’est ainsi que je rebroussai chemin vers Lobuche pour organiser l’extraction. Une fois sur place, la patronne de notre auberge me mit en contact avec le répartiteur qui contacta les assurances. Il me proposa de payer d’avance la course car les assureurs peuvent prendre plus de 6 heures à répondre. Je lui dis que je pouvais bien attendre au chaud dans le petit café, mais restait le problème d’Aurélie juchée dans son sentier. Mais, je n’ai pas eu le temps de finir ma phrase qu’il me dit que c’était bon, les assurances venaient de donner leur accord. Je lui signifiai qu’Aurélie était dans une portion du sentier qui était inaccessible pour l’hélicoptère, mais qu’elle était près d’une grande plaine. Il me dit qu’il n’y avait aucun problème et prit avec lui un petit népalais de la taille d’un enfant de 12 ans, pour la descendre de son perchoir. Je salivais d’avance à l’idée des photos que j’allais prendre de cet événement cocasse. Une fois sur place, ce fut la déception la plus totale. Aurélie, maintenant seule, était descendue elle même de sa fâcheuse posture et attendait peinarde dans la plaine. Exit ce qui aurait probablement été les meilleures photos de notre année de voyage. Aurélie, grimpée sur le dos d’un népalais deux fois plus petit qu’elle, descendant le sentier. Encore aujourd’hui j’ai des fou-rire juste à y penser.

Mes sauveteurs : Nawan et Dorji 

Le répartiteur appela l’hélicoptère et nous annonça qu’il serait là dans 15 minutes. En effet, 15 minutes plus tard il nous passe au dessus de la tête en direction de Lobuche. On le vit repartir et nous repasser au dessus de la tête en direction d’un autre village. Il repassa encore une fois une heure plus tard, et une autre fois 30 minutes après. C’est finalement au bout de deux heures qu’il se décida enfin à venir nous chercher. On avait pas grand chose d’autre à faire qu’attendre, mais il faisait frais et le petit vent rendait le 2 degrés de température ambiante légèrement inconfortable quand le soleil disparaissait. Nous mirent le cap vers Lukla où nous devions faire une halte avant de partir pour Kathmandou. L’hélicoptère devait aller chercher un autre malade ailleurs dans un autre village. Mais quand celui-ci revient 1 heure plus tard il était rempli jusqu’au plafond de bidons de gazoil, de chaises de bureau, tapis et de boites diverses. En fait quand un hélicoptère est nolisé pour extraction, les népalais en profitent pour faire leur courses. C’est de bonne guerre, et comme la vie de personne n’était en danger, ce petit manège nous amusa plus qu’il nous énerva. Le trajet entre Lukla et Kathmandou était spectaculaire. Les autres passagers, souffrant du mal des montagnes, ne partageant pas notre enthousiasme. Aurélie et moi étions aux anges. Le pilote passait des cols au travers des nuages, on pouvait voir le villages perchés au sommet des montagnes. On pouvait voir des temples magnifiques dans des endroits complètement isolés, les cultures en terrasse d’un vert tendre, les rivières, les vallées. Nous avons vu le Népal comme il est rarement possible de le faire. L’heure du trajet passa en un éclair. Une fois à Kathmandou, Aurélie fut embarquée dans une ambulance, couchée dans une civière trop petite, avec la tête dans le banc du chauffeur et les pieds dans la porte de derrière. Le chauffeur roulait comme un maboule, il prenait la voie en sens inverse et faisait sonner ses 4 ou 5 sirènes simultanément pour dégager la route. Je me demandais bien où on allait se retrouver.

L’Himalaya vue du ciel, on est privilégiés !

Nous avons été accueilli dans un hôpital pour touristes, à quelques centaines de mètres du quartier touristique de Thamel. La prise en charge fut immédiate, le personnel était disponible. On a eu une petite frousse quand ils ont demandé à Aurélie de retirer ses chaussures. Ça faisait quand même 4 jours que nous marinions dans nos vielles chaussettes imbibées de merde de mules. L’odeur faisait monter l’eau aux yeux. Professionnelles, l’assistante et la docteur ne sourcillèrent pas.

Après les radios, Aurélie se vit attribuer une paire de béquilles népalaises, même ajustées au maximum elles étaient presque trop courtes. On nous montra notre chambre, car oui, une hospitalisation était nécessaire. On nous présenta Ramiz, qui serait notre serveur, coursier, messager, femme de ménage et homme à tout faire pour la durée de notre séjour. Quand il se présenta il nous dit : « Ask me anything you want, I’ll bring it to you ». C’est ainsi que j’eu mes grignotines Dalmoth ultra piquantes que j’aimais tant et qu’Aurélie demanda des Jhangris bien gras et dégoulinants de sirop. La nourriture de l’hôpital était excellente, on choisissait à partir d’un menu et Ramiz nous apportait les plats dans la chambre. Les tractations avec les assurances se passèrent sans problème, l’hôpital reçu ses paiements, nous n’avons rien eu à débourser.

Le lendemain de notre arrivée, j’ai recroisé les infortunés voyageurs qui nous avaient accompagnés lors du transfert en hélicoptère. Ils avaient tous été évacués pour le mal des montagnes et se sentaient beaucoup mieux après une nuit de repos et les soins attentionnés du personnel. Ils étaient bien penauds de ne pas avoir complété leur trek, mais après discussion nous avons conclu qu’il s’agissait d’une randonnée extrêmement difficile et qu’il n’y avait aucune honte à ne pas l’avoir terminée.

Bien pris en charge ... 

Pour ceux qui penserait à faire ce trek, je n’ai qu’un conseil à vous donner, ne le faites pas. N’y songez même pas. Aurélie et moi ne sommes pas des alpinistes, mais on a gravi plus que notre part de sentiers de montagnes. Malgré que nous étions en bonne forme physique, avec 10 kg en moins autour de la ceinture, cette randonnée représenta le plus grand défi que nous n’ayons jamais relevé.

Les risques reliés au mal des montagnes sont biens réels et ce trek réclame annuellement son lot de randonneurs. De plus, les agences de voyages et guides touristiques sous-évaluent le niveau de difficulté des randonnées. On a qu’à penser au Chola pass, au Three passes, d’un niveau de difficulté extrême, sont présentés comme de simples détours. Déambuler en montagne à 5200 mètres d’altitude vous expose à un soleil qui écorche toute malheureuse parcelle de peau exposée. Il faut impérativement se couvrir le visage en permanence, même si cela gène la respiration. Les sherpas, qui sont rompus à ces conditions, se baladent avec un foulard dans le visage. Il faut dire que porter un foulard protège également des nuages de poussière soulevés par les caravanes de mules et de yacks que l’on croise régulièrement. Côté température, il fait rarement plus chaud que 2 degrés celcius et le vent est omniprésent, il n’y aucune protection contre celui-ci hormis nos vêtements. La raréfaction de l’air nous fait respirer comme un chien essoufflé au moindre effort, on a la tête qui tourne et l’estomac qui se noue, la nausée n’est jamais bien loin. L’inconfort des hébergements est également à prendre en considération. Les chambres ne sont pas chauffées, humides et sombres. La salle à manger est quelque peu réchauffée pour le repas du soir, laissant les randonneurs transis de froid le reste de la journée. Le seul réconfort, les repas, sont gâchés par un manque d’appétit total, mais il faut se forcer sous peine de tomber en panne d’énergie.

Nous avions pris la peine de partir de Jiri pour avoir une semaine d’entrainement supplémentaire afin de rendre la section Lukla - EBC plus facile, heureusement pour nous. Je crois que nous n’aurions jamais pu y arriver sans cela. Je ne voudrais pas être dans les bottes de ceux qui arrivent à Lukla pas trop en forme et non acclimatés et qui entreprennent le périple vers l’EBC illico presto. Ce genre de périple est une recette pour le désastre. D’autres endroits sur la planète offrent des paysages tout aussi spectaculaires sans les risques du trek de l’EBC. On a qu’à penser au « W » du Torres del Paine en Patagonie, au trek des incas au Pérou ou le Landmannalaugar en Islande. Même au Népal, le trek des Annapurnas est beaucoup plus facile tout on offrant des paysages tout aussi féériques.

Ceux qui pourraient croire que notre expérience auraient été meilleure en requérant les services d’une agence ne savent peut-être pas qu’il faut se méfier de celles-ci. En effet, les agences népalaises sont notoires pour les escroqueries concernant les évacuations en hélicoptères. Leur stratégie consiste à pousser d’infortunés randonneurs au delà de leur limite, ce qui provoque le mal aigu des montagnes, les forçant ainsi à l’évacuation.


Voir l'article ci-dessous (en anglais) :

https://www.nytimes.com/2018/09/04/world/asia/nepal-everest-rescue-fraud.html

10
oct
10
oct

Courte rando, encore, qui nous porte à 5200 mètres à Gorak Shep. Il fait froid, nous sommes sous le point de congélation et le vent est omniprésent. Le village est en bordure d’un glacier, le même où se trouve le camp de base, à quelques kilomètres de là. Ce glacier n’est pas blanc, il est couvert de gravats, il faut le savoir qu’il est là, sinon on pourrait croire qu’il s’agit d’une simple vallée rocailleuse. Les montagnes aux alentours offrent une vue imprenable. Malgré le froid, on flâne à l’extérieur pour profiter de la vue en se réchauffant tant bien que mal au soleil. N’ayant pas trop faim en cette fin d’avant midi, nous partons directement pour EBC.

Dernière ligne droite vers Gorak Shep - altitude 5200 mètres

Contrairement à ce qu’on pourrait être tenté de croire, on ne passe pas la nuit au camp de base de L’Everest. Premièrement, il n’y a rien au camp de base, il n’y a aucune infrastructure, village, cabane, rien. C’est juste un emplacement où les aventuriers posent leur campement pendant la saison. Il n’y a qu’un petit amoncellement de pierres garni de drapeaux du monde entier qui nous indique qu’on est bien rendu. Deuxièmement, on ne voit pas l’Everest du camp de base. En réalité, on le voit un peu, mais juste une toute petite partie du sommet. Et pour terminer, en octobre, il doit faire autour des -15°C la nuit à cet endroit. Pas vraiment la place pour passer une nuit à la belle étoile avec un sleeping bag d’été.

La balade pour se rendre au EBC se passe sans problème. Nous marchons vite et le corps suit bien. Nous sommes ralentis par les processions interminables de touristes qui marchent au ralenti, comme des mouettes engluées dans le mazout lourd.

Arrivé sur place, je suis déçu par la relative banalité du site, hormis son statut historique, la vue n’est pas mieux, ni pire qu’à Gorak Shep. Je suis aussi frappé par le caractère complètement insensé de la conquête de l’Everest. Seul un esprit dérangé peu entreprendre une aussi pénible et mortelle aventure avec comme seul objectif de pouvoir affirmer avoir jeté des déchets sur la plus haute poubelle du monde.

Gorak Shep à EBC : 3 kms pour atteindre 5400 mètres d'altitude 


Le but est atteint : Everest Base Camp !
9
oct
9
oct
Publié le 9 novembre 2018

Lever de soleil majestueux sur l'Himalaya. Les montagnes sortent enfin des nuages !

Le soleil se lève sur les montagnes 

C’est la ligne droite vers l’EBC, nous touchons presque au but, plus que deux jours et seulement 12 kms. Mais la partie est loin d’être gagnée, nous devons encore affronter une acclimatation de plus de 1000 mètres.

Vers Tokla Pass - altitude 4830 mètres

L’auberge où nous allons passer la nuit est bondée. Les groupes organisés originaires des quatre coins du monde occupent toute la salle à diner. Nous passerons la journée dans un petit café offrant d’excellentes pâtisseries, à boire des hot lemon. Le hot lemon est tout simplement de la limonade servie bouillante, ça réchauffe et c’est pas très cher.

Un tableau dans la salle à manger explique les effets du mal aigüe des montagnes, l’oedème cérébral et pulmonaire. On y affiche aussi le niveau de saturation d’oxygène dans le sang que nous devrions avoir en fonction de l’altitude à laquelle on se trouve. À 4900 mètres, nous devrions nous trouver entre 70% et 85%, en bas du seuil minimum, il faut penser redescendre. Ganesh sort son petit appareil pour mesurer notre niveau de saturation. On se trouve tous autour de 88%, cela nous rassure car on franchit un palier plus haut que les autres cette nuit avec 700 mètres de plus que la veille.

Lobuche - altitude 4900 mètres
8
oct

Depuis un peu avant Pangboche, on ne voit plus un arbre. La végétation est clairsemée et les Yacks font preuve de beaucoup d’imagination afin d’aller brouter.

Les fours solaires font leur apparition au fur et à mesure que nous grimpons. Il faut dire que le ciel est plus dégagé en altitude et que le soleil est bien puissant. Une bouilloire de 5 litres prend environ 15 minutes à atteindre le point d’ébullition alors que l’air ambiant ne dépasse pas les 5 degrés.

Quelques signes que l’automne s’en vient ici 

Très courte journée, nous arrivons en fin d’avant midi sous un soleil radieux à Dingboche. Nous sommes accueillis par Ama Dablam, montagne sacrée de 6856 mètres, qui se situe juste en face de notre hébergement. Le spectacle est époustouflant, cette montagne accroche l’oeil. On ne se lasse pas de la contempler.

Au village de Dingboche  - altitude 4210 mètres

Après le diner, nous avons fait une petite randonnée d’acclimatation, sans les gros sacs, 400 mètres plus haut que notre lieu d’hébergement. Dingboche n’est pas directement sur le sentier vers EBC, c’est un petit détour mais l’altitude de ce village, à 4200 mètres, en fait un point d’arrêt intéressant pour l’acclimatation. En effet, cela représente un ascension de seulement 300 mètres après la nuitée à Pangboche.

Nangkartshang Gompa 
7
oct

Petite journée de randonnée sans histoire, hormis que nous sommes maintenant partie intégrante de l’expédition avec Jake et Ganesh. Ganesh nous sert comme ses propres clients. Il réserve les hébergements pour nous et nous fait le service aux tables. Il faut dire que c’est la coutume à ces altitudes pour les guides de passer les commandes de leur client et de récupérer les plats à la cuisine pour nous les porter à la table. Comme le guide est généralement bilingue, cela assure qu’on aura bien ce que l’on désire et cela évite la congestion au comptoir de la cuisine quand la salle à manger est pleine à craquer. Aurélie et moi convenons que Ganesh aura droit à un pourboire pour ses services. Il faut dire qu’il est très efficace dans son travail. Malgré que la salle est bondée, occupée par des groupes qui ont probablement payé 10 fois plus cher que nous pour être là, il obtient toujours ses commandes en premier. Il arrive parfois qu’il nous trouve de petits extras, comme des fruits en conserve, un véritable luxe en haute montagne.

De  Namche à Tengboche - altitude 3860 mètres

L’altitude affectant mon sommeil, je profite de mes périodes d’insomnie pour observer le ciel nocturne. Depuis notre départ de Jiri, presque toutes les nuits étaient nuageuses. Ce ciel dégagé offre un spectacle impressionnant. Le voie lactée est très visible, on aperçoit bien la galaxie d’Andromède et un peu plus tard on assiste au levé du chasseur, la constellation d’Orion. Très tôt le matin, nous avons eu droit à un combat de chien au pied de notre porte. Ça réveille sec. Un des belligérants était encore tout ensommeillé sur le pas de la porte lorsque nous nous sommes levés le matin.

Quand on sort de la forêt pour arriver à Pangboche - altitude 3930 mètres
6
oct

Le matin, nous partons de Phakding sous un soleil radieux. Une petite journée de marche de 5 heures avec une dénivellation de 700 mètres. On sent de plus en plus les effets de l’altitude sur notre cardio. Malgré notre entrainement, on pompe pas mal dans les ascensions. Vers 11h nous sommes salués par Ganesh, le guide de Jake et Mitch, arrêté dans un tea house pour la pause dal bhat. On demande tout de suite des nouvelles de nos comparses, et on apprend que Mitch a finalement décidé de prendre le premier avion pour Kathmandou. Seul Jake reste et il semble très content de nous revoir. Comme nous allons tous vers Namche, Ganesh nous propose de nous réserver un hébergement par téléphone, nous acceptons.

La journée est radieuse, l’air est frais et on marche dans la bonne humeur en discutant avec notre ami retrouvé. Les différents ponts de singe se succèdent au grés des vaux où coulent rageusement en contrebas des rivières glaciaires. Je garde toujours le truc de Shyaam afin de traverser sans problème : ne pas regarder en bas… ne pas regarder en bas. Je repère un point de l’autre côté de la rive, bien au dessus du pont et je le fixe en traversant. Mais à cet endroit, on rencontre beaucoup plus de gens, ce qui m’oblige à négocier en aveugle les croisements. Une fois, j’ai passé bien près de croiser un convoi de mules, mais j’ai accéléré le pas pour que ça ne se produise pas. Mais ma chance allait bientôt tourner… Au franchissement d’un pont de singes particulièrement long et haut, j’aperçus un convoi de yacks approcher du pont par la rive opposée, et selon un calcul rapide, ils allaient s’engager avant que j’aie fini de le franchir. La seule solution dans cette situation eu été de rebrousser chemin ou bien de foncer et d'arriver avant. Vu mon appréciation des ponts de singes, il n’était pas question que je me le tape deux fois. Je me mis donc à accélérer, mais pas encore à courir, parce que c’est pas facile de s’exécuter sans regarder où on met les pieds. Mais plus j’approchais de la fin du pont, plus je me rendais compte que je n’arriverais pas à temps. Je faisais des grands signes à la guide des yacks, mais elle faisait bien attention de m’ignorer. Rendu à quelques mètres de la fin, deux yacks s’engagèrent sur le pont. Pas question de battre en retraite. S’ensuivit alors un face à face silencieux, je fixais le yack de tête, il me renvoyait la politesse, impassible. Je savais que cette situation ne pouvait pas durer bien longtemps, la guide allait bientôt s’impatienter et intimer ses bêtes de s’activer, je pris donc sur moi de dominer la situation, ignorant mon évidente position de faiblesse dans ce duel. Je me mis donc à agiter les bras, à crier en imitant les guides que nous avions croisés avant et à siffler. Le regard du yack changea légèrement, je crus percevoir un doute dans son assurance. Je repars de plus belle mes manoeuvres et il commença à se trémousser pour passer à reculons. En effet, reculer en aveugle avec un comparse dans le cul ne semble pas être l’activité favorite du yack. Saisissant cette faiblesse, je redoublais d’effort afin de me rendre encore plus convaincant et avant que la guide n’intervienne et renverse la vapeur. Je m’exécutais tant et si bien que les deux yacks reculèrent et dégagèrent le pont, au grand dam de la guide qui commença à tenter de reprendre le contrôle, mais trop tard. Je n’attendis pas sur place afin d’avoir l’avis de la guide sur ma manoeuvre et je partis immédiatement dans le sentier d’un pas décidé. Le reste du trajet fut sans histoire hormis le fait que comme tous les jours précédents, le ciel se couvrit en fin de journée.

J8 : en route vers Namche Bazar - altitude 3440 mètres  

La ville de Namche Bazaar est très animée. Ses rues étroites et escarpées fourmillent de touristes. Les boutiques d’équipement de plein air sont foison. La ville renferme également nombre de bons petits restaurants. Nous avons découvert une boulangerie dont le patron avait suivi sa formation en France. Sa baguette était excellente et nous l’avons mangée avec, attention roulement de tambours, de l’huile d’olive et du vinaigre balsamique, une première depuis notre départ du Canada.

L’hébergement proposé par Ganesh s’avéra fort convenable, propre, avec une cuisine décente. Le seul point cocasse était son emplacement, il était tout en haut de la ville. Il fallait monter pas mal d’escaliers pour se rendre et en monter encore une fois rendu car notre chambre était au troisième étage, après une journée entière à monter, on en avait plein notre casque.

Namche Bazar, entre montagnes et pizzas - altitude 2440 mètres

Le lendemain était une journée réservée à l’acclimatation, on est quand même à 3440 mètres. On couchait donc encore à Namche. Nous avons fait une mini rando pour aller voir les hauts sommets et sur la route nous avons rencontré un Suisse en charge d’un projet de récupération de matières recyclables appelé : « Sagarmatha next ». À terme une usine de traitement produira des paquets de 1kg de matières recyclables que les voyageurs seront invités à rapporter à Kathmandou. Avec 70 000 touristes par année, il y a un potentiel de vider l’Himalaya de 70 tonnes de déchets annuellement.

Vers Everest view point 

Sur le chemin du retour nous avons visité le musée des Sherpas. On y relate l’histoire et la vie des Sherpas et également leurs exploits à la conquête des différents sommets de la région. On se rend compte du péril qui attend les aventuriers dans ces expéditions. En regardant les dates où ils ont été réalisés ont voit par exemple : Everest summit by north face, april 16th 1995, dead 17th of april 1995. Inutile de dire que Sir Edmund Hillary est à l’honneur dans ce musée. Pas autant pour avoir été le premier à gravir officiellement l’Everest mais parce qu’il a ensuite conservé une excellente relation avec les Sherpas, parrainant l’ouverture de nombreuses écoles dans les coins les plus reculés.

Nous avons également profité de notre temps libre pour faire quelques emplettes, comme un pantalon en plume d’oie, affectueusement surnommé « space pants » à cause de sa couleur et son aspect particulier. Nous avons également fait le plein de barres Snickers.

Au musée des sherpas 
4
oct

À partir de Junbesi, terminés les sentiers paisibles loin des touristes. Dans cette étape, nous commençons à revenir vers la civilisation. Les touristes se font plus nombreux et les caravanes de mules et de yacks sont très fréquentes. Cette portion du sentier, cachée au nord des montagnes est très humide, les pierres sont glissantes et la gadoue omniprésente. La bouse de mules et de yacks se mêle à ce cocktail et la pisse, brune comme du café, vient embaumer le tout. Le soir, à l’auberge, on ose à peine toucher à nos chaussures enduites de ce mélange, mais il faut bien les enlever car l’odeur qu’elles dégagent nous provoque des réflexes de haut-le-coeur. Normalement, cette portion du sentier ne devrait pas être si populaire. Mais la fermeture de l’aéroport de Lukla à cause du brouillard pousse les randonneurs les plus déterminés vers des aéroports alternatifs situés à quelques jours de marches de là. C’est ainsi que nous feront connaissance avec Jake et Mitch, qui après 10 heures en jeep ont ensuite fait 20 kms de marche pour arriver dans la même tea house que nous, à Nunthala. Disons que pour une première journée de rando, la marche était haute pour eux. Mitch était dans un état d’hystérie, il avait le mal de pays, il ne demandait pas mieux que de rentrer chez lui. Il faut dire que c’était sa première rando à vie et le fait qu’il se soit blessé en s’affalant de tout son long dans la merde de mules n’aidait en rien son état d’esprit. Jake, plus philosophe tentait tant bien que mal de relativiser les événements avec lui. J'essayais aussi de le rassurer, je lui ai mentionné que je randonne depuis des années, cette journée comptait parmi les pire que j’ai jamais faite.

J5 : de Junbesi à Nunthala - altitude 2194 mètres  

De Nunthala à Pulya : la grande montée. Cette journée fut parmi les plus rudes que nous ayons eu à date. Une montée de 1600 mètres nous attendait sur une distance de 18 kms. Normalement, nous devions nous arrêter bien avant, à Bupsa, mais nous sommes arrivés tôt dans ce village et ayant encore de l’énergie, nous décidâmes de pousser plus loin jusqu’à Pulya. Ce fut encore une journée à patauger dans la bouse et la gadoue. Le village de Pulya, bien que coquet, était très humide, ce qui rendait les hébergements assez inconfortables. Nous avons recroisé Mitch et Jake à cet endroit. En fait, nous n’avons pas vu Mitch qui se terrait dans sa chambre humide. Jake, tout sourire, nous faisait part des velléités de son ami qui souhaitait quitter le voyage dès le lendemain et sauter dans le premier avion Lukla - Katmandou. En effet, le lendemain la route passait près de Lukla. Nous avions le choix de nous arrêter ou de passer outre, ce qui faisait économiser une montée de 400 mètres. Le guide de Jake et Mitch, Ganesh, nous recommanda de ne pas y aller si nous n’avions pas absolument besoin d’y passer. C’est pourquoi le lendemain nous mirent le cap vers Phakding.

J6 : de Nunthala à Paiya - altitude 2730 mètres 

À partir de Pulya, finies les vacances. Le niveau de difficulté de cette journée était assez bas, peu de dénivelé mais c’est passé Lukla que les hordes de touristes ont commencé à apparaître tout doucement. Phakding est un village à mi-chemin entre Lukla et Namche Bazaar. Les touristes qui débarquent de l’avion à Lukla entreprennent généralement cette rando le jour même ce qui fait en sorte que Phakding est passablement occupée, beaucoup d’hébergements, des restaurants et même des bars, un pub irldandais et un bar jamaïcain ! Étrangement, notre choix s’est arrêté sur l’hébergement qui était adjacent à une boulangerie. Encore sous l’effet de la mauvaise température des derniers jours à Lukla, les touristes étaient peu nombreux, et nous avons pu négocier le prix de la chambre, de l’internet, de la douche et du chargement du téléphone assez agressivement. J’y ai également mangé ma première pizza potable des trois derniers mois.

J7 : de Paiya à Phakding - altitude 2700 mètres
1
oct

Sur la portion Bhandar - Sete, on commence la journée avec une longue descente vers Kinja. Nous casserons la croûte dans ce mignonnet petit village. Nous y croiserons également un couple de jeunes catalans, Kevin et Sarah, que nous reverrons souvent dans les jours qui viennent. C’est là qu’on s’aperçoit que les restaurant ne préparent absolument rien en avance, ils n’ont même pas de réserve de nourriture. Quand on commande, on voit la cuisinière partir faire les courses, cueillir les légumes dans le jardin et revenir pour préparer le repas. Faut pas être pressé !

La montée vers Sete, après la longue descente et le repas s’avère assez pénible. Nous sommes submergés par la brume avant le sommet, on ne voit absolument rien. C’est complètement fourbu que nous arrivons à destination. Seule indication que nous sommes bien rendus, le nom du village est taillé en petit sur une des pierres de l’escalier à l’entrée du village. Pour confirmer que nous somme bien où nous croyons, nous demandons notre chemin à l’auberge qui se trouve là et on nous confirme que Sete, c’est bien ici et que nous nous tenons devant la seule auberge du village. En fait, le lendemain nous verrons que d’autres auberges se cachaient dans la brume.

J3: de Lower Bhandar à Sete - altitude 2500 mètres 

Le lendemain nous réserve une ascension longue et douloureuse de près de 1300 mètres. Mais malgré les défis de plus en plus difficiles, le corps s’adapte rapidement. Les kilos de gras fondent également, on sent les effets bénéfiques de tous ces efforts. Nous casserons la croûte au passage du col dans une petite tea house. Le chef possédait une serre dans laquelle il cultivait menthe, échalote verte et sobji, genre d’épinard népalais. Cette région est également réputée pour ses champignons sauvages. Le plat de pommes de terre sautées aux champignons sauvages et échalotes vertes se révélera être un véritable délice. Il fait de plus en plus froid lors des franchissements. À 3000 mètres au moment de notre repas, il ne doit pas faire plus de 5 degrés. Kevin et Sarah feront la pause du midi en même temps que nous à cet endroit. Nous arriverons à Junbesi avec les jambes bien douloureuses. Le village est dans un escarpement, nous ne ferons pas le tour pour trouver la meilleure auberge et c’est au premier établissement que nous nous arrêterons. Cette tea house nous avait été recommandée par le cuistot du midi. Elle était tenue par la soeur de ce dernier. Le talent pour la cuisine court dans cette famille et le dal bhat du soir sera succulent. Nous aurons même droit aux piments fort népalais. Heureusement que j’avais eu de la pratique en Chine, car c’est sans me méfier que j’en engloutis un entier. La saveur était très intéressante mais le contrecoup me pris par surprise. À l’image de notre journée en ascension soutenue, la chaleur montait et montait et brulait les papilles, les yeux, le nez, le visage. À un moment, je perdis le souffle et me mis à hoqueter. Je me demandais bien quand ce bouche à bouche avec un volcan prendrait fin. Quand je finis par pouvoir articuler quelques mots pour dire que je me consumais par en dedans, notre hôte nous informa de faire attention aux piments au Népal, de ne pas en goûter dans les petits potagers qui sont le long des sentiers. Selon lui, il arrive que des personnes meurent étouffées en les consommant tellement il sont forts. Je crois bien en avoir eu un dans mon assiette ! Prix de la Snickers dans ce village, 110 NPR, une aubaine, on en prend 6 ! Avec les efforts déployés, nous sommes constamment affamés. Les barres Snickers sont de véritables bouées de sauvetages dans ces circonstances.

J4 : de Sete à Junbesi - altitude 2730 mètres 
29
sept

Il y a maintenant plus de 65 ans, l’explorateur et alpiniste néo-zélandais Sir Edmund Percival Hillary arrivait à pieds à Jiri pour poursuivre sa légendaire expédition à la conquête de l’Everest. Plus modestement, c’est après 10 heures de bus qu’Aurélie et moi avons franchi les quelques 200 kms qui séparent Kathmandou de Jiri. Nous croisons dans le bus Barry, un ventripotent Australien en quête d’une remise en forme, et son guide Nima. Tous, nous nous retrouverons vers les 19h, sous une pluie fine sur la place principale de Jiri. Les chambres de l’hébergement recommandé par Nima sont confortables et notre premier dal bhat nous met en confiance pour les jours à venir.

Un petit mot sur ce plat mythique des montagnes népalaises. Il se compose principalement de riz et de lentilles réduites en purée et est généralement servi à volonté. La purée de lentilles varie beaucoup en saveur et en consistance au gré des talents du chef, des ingrédients disponibles et de l’altitude à laquelle on se trouve. Il est parfois accompagné de légumes assaisonnés et d’une galette de lentilles fine et craquante.

En théorie, la route s’arrête à Jiri, mais elle continue maintenant jusqu’à Shivalaya, le village suivant, et bien au delà, si on a le véhicule approprié. En effet, le développement de la région est en effervescence, il y a aujourd'hui des routes partout dans les montagnes, mais elles sont en piteux état. Elles ne sont parcourues que par les piétons et les fermiers, recyclés parfois en livreurs, avec leurs tracteurs à quatre roues motrices et leurs remorques bringuebalantes.


Pourquoi commencer le trek EBC (Everest base camp) par Jiri ?

1 - L’acclimatation.

Ennemi numéro 1 de l’aventurier citadin qui vit au niveau de la mer, le mal des montagnes est au mieux une nuisance, au pire, un danger mortel qui plane au dessus de nos têtes endolories. L'’oedème cérébral ou pulmonaire menace tous les randonneurs au delà des 3500 mètres. Cette affliction réclame son lot d’âmes pures et innocentes et fauche annuellement quelques infortunés, il faut donc bien de préparer. De Jiri à Lukla, chaque soir, on dort graduellement de 200 à 300 mètres plus haut, tout en franchissant des cols à une altitude plus élevée, ce qui est idéal pour l’acclimatation.

2 - La remise en forme.

Avec ses montées et descentes vertigineuses quotidiennes, il n’est pas long que les cuisses et les fesses s’endurcissent et que le cardio se développe. En effet, jusqu’à Lukla, le sentier grimpe en moyenne de 1000 mètres par jour et descend d’environ 800.

3 - Le contact avec la culture sherpa, en théorie.

Comme ce sentier relie une multitude de petits villages habités par des sherpas, le contact avec les locaux est plus intime, en principe. Ceci pourrait être vrai si : on parlait la langue, on n'était pas si occupé à souffrir, les sherpas n’avaient pas désertés leur village à cause de la saison touristique. De plus, passé Shivalaya, les habitants étaient un peu plus distants. Et pas question d’engager la conversation avec un porteur qui se déplace avec un chargement de 100 kgs surmonté d’un coq en cage qui lui hurle dans les oreilles.

4 - La sainte paix.

Cette section est pratiquement désertée par les touristes. Après 4 jours, on connaissait par leur nom tous les touristes qui avaient entrepris la randonnée en même temps que nous. Ils étaient au nombre de 6. Les hébergements étaient déserts à notre arrivée, pas de stress pour avoir une chambre. On avait la montagne à nous, il était possible de se perdre dans la contemplation du paysage pendant des heures sans être perturbé par un groupe organisé bruyant.

En route vers Jiri : 200 kms en 10h de bus - altitude 1995 mètres 

La randonnée du premier jour entre Jiri et Shivalaya est une balade dans le parc. Seulement quelques petits kilomètres séparent ces deux villages, et c’est donc juste à temps pour le midi que nous arrivons à une sympathique auberge le long de la rivière. Nous croiserons en route Barry, suant et soufflant comme un boeuf avec son porteur. La route sera longue pour ce pauvre australien. Le village est coloré, plusieurs petites échoppes vendent des victuailles fraîches : fruits, légumes, oeufs, etc ... On en profite donc pour faire quelques réserves. On sait que l’offre réduira drastiquement dans les jours qui suivent. Notre produit étalon, qui nous permettra de mesurer le coût de la vie dans les différents villages sera la barre chocolatée Snickers. Vendue 90 roupies népalaises (NPR) à Kathmandou, elle se transigera entre 100 et 250 NPR au cours de notre périple.

J1 : de Jiri à Shivalaya à pied - altitude 1790 mètres 

Le lendemain, la section Shivalaya - Bhandar, en passant par Deurali, nous donnera un premier aperçu de ce qui nous attend. La montée exténuante de 900 mètres débute à la sortie du village, elle sera incessante jusqu’à Deurali. Et c’est trempés de sueur que nous ferons une pause pour acheter du fromage de Nak sous les regards d’une foule de locaux qui semblent voir leur premiers touristes depuis le Déluge. Le village de Bhandar n’étant plus sur le trajet du trek depuis le tremblement de terre de 2015, nous ratons presque ce qui reste du village. C’est à la sortie de Lower Bandhar qu’on s’aperçoit qu’on va passer tout droit et qu’on choisit la dernière auberge avant la sortie du village. L’accueil est froid et impersonnel, on se fait même enfermer à double tours en soirée. Une seule porte, qu’il faudra trouver nous même, nous permet de sortir dehors passés 20h00. Aurélie fera les frais des sangsues affamées qui se cachent dans les herbes hautes. Personnellement, je passerai les quelques heures de temps libres que nous avons cet après midi à regarder un charpentier construire l’agrandissement de notre hôtel et un artisan fabriquer les fameux paniers en bambous que les porteurs utilisent pour porter leurs énormes charges.

J2 : de Shivalaya à Lower Bhandar  - altitude 2190 mètres 
26
sept
26
sept

Après avoir douté pendant une journée que nous pourrions quitter la Chine à cause d’une inversion de nom / prénom sur nos billets d’avion, nous voici en moins de temps qu’il faut pour le dire rendus au Népal.

En route vers Kathmandou. Juste la vue sur les montagnes vaut la peine de prendre l’avion. 

Il règne un joyeux bordel dans l’aéroport de Kathmandou. Les files se multiplient pour l’enregistrement électronique, payer le visa et obtenir l’approbation finale des douaniers. Au moment de mettre les pieds hors de la zone contrôlée, le douanier nous demande notre statut marital, soit aucun ou ben « accotés », ce qui n’existe pas au Népal. Il insistera lourdement pour que je fasse ma demande en mariage le plus tôt possible, visiblement, il avait Aurélie dans l’oeil.


Nous étions attendus par un ami Servas népalais qui habitait dans une ville à 5 km du centre de Katmandou, Thintana. La route pour s’y rendre était infernale. La poussière et la fumée de mauvais diésel envahissaient complètement la rue et l’habitacle du taxi. La chaleur est d’enfer et on fait du surplace alors que les motos, mobilettes, piétons, chèvres, vaches, camions bennes aux couleurs criardes se faufilent tant bien que mal dans ce chaos routier. On se demande bien où nous allons aboutir, nous ne connaissons ni la ville, ni notre hôte et on a de sérieux doutes au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans ce capharnaüm. Après moult tergiversations et arrêts pour demander la route, notre chauffeur s’engouffre dans une ruelle tout aussi étroite qu’escarpée. Au bout, un joli portail coloré et des gardes en uniformes droits comme des I qui nous saluent solennellement. A la mention du nom de notre hôte, les portent s’ouvrent et les indications sont rapidement données au chauffeur. On débarque ailleurs, exit la poussière et le diésel, nous voici rendus à Asnières-sur-seine (banlieue proprette de Paris). Dans ces rues pavées avec soin règne un calme souverain. Les petits jardinets sont encerclés de belles murailles avec des portails en fer forgé. Notre hôte nous attend au bout de la rue, toutes nos craintes inutiles s’évaporent, on débarque à la maison !

Poussière et embouteillages en route vers Tinthana 


Chez nos hôtes à Tinthana 

Trop tôt pour le repas de soir, Shyaam nous envoie nous balader dans une petite ville ancestrale voisine, Kirtipur. Pour s’y rendre, il faut franchir un vertigineux pont de singes d’au moins 100 mètres de long, c’est le temps de se pratiquer avant le trek du EBC (Everest base camp) où ces ponts seront légion. Shyaam me rappelle l’évidence suivante : « Don’t look down » en clignant profusément des yeux, à la fois parce que c’est son tic favori mais aussi pour se moquer un peu de moi, je le sens.

La traversée vers Kirtipur 

La ville de Kirtipur, normalement envahie par les touristes en saison haute, était calme en cette fin septembre. Reposant sur une colline escarpée, les rues de pavés étroites donnent une légère impression de Carcassone. Chats, chiens et habitants vaquaient doucement à leurs occupations dans la douce lumière d’une fin d’après midi. Les maisons datant des temps immémoriaux affichent bien les signes de leur âge et des différents tremblements de terre. Tordues, lézardées, penchant soit en avant, en arrière, d’un côté ou de l’autre, elles reposent sur des poutres de fortune pour les empêcher de s’effondrer complètement. Les fenêtres et ornements des toitures sont finement sculptés dans un bois noir de jais, le niveau de raffinement de ces ouvrages est impressionnant. Les petits temples entretenus par les habitants ne sont pas en reste pour nous impressionner. Décorés avec de la poudre de pigments et des fleurs pour le festival de la déesse vivante qui débute cette semaine, ils sont resplendissants.

Kirtipur 


Dans le bus à Kathmandou, y a du monde. 
Katmandou, musée vivant  - altitude 1400 mètres
24
sept
24
sept
Publié le 26 octobre 2018

Notre voyage en Chine en chiffres :

  • Voyage du 29 août au 24 septembre 2018
  • Nombre de jours en Chine = 26
  • Nombre de kms parcourus = 4729 kms
  • Nombre de régions visitées = 5
  • Nombre de nuits dans le train = 4
  • Nombre de trajets en train grande vitesse = 2
  • Nombre de trajets en auto-stop = 2
  • Température = entre 10°C et 32°C
  • Nombre de cours de cuisine = 4
  • Budget moyen = 62 $ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé en Chine :

+ la gastronomie (diversifiée et savoureuse)

+ les rencontres avec les Chinois

+ les animations et les éclairages nocturnes dans les villes

+ l’histoire millénaire

+ le sentiment de sécurité

+ les toilettes publiques partout


Ce qu’on a moins aimé en Chine :

- la pollution atmosphérique

- les foules de touristes dans tous les lieux d’intérêt

- le prix des sites touristiques

- la fumée de cigarette partout (surtout dans les trains)


Vive la Chine !

Prochaine étape au Népal !


De la Chine au Népal : l’Himalaya vue du ciel. 
23
sept
23
sept
Publié le 16 octobre 2018

A Chengdu, les touristes viennent pour les pandas. Et les lieux pour les voir ne manquent pas. Je suis donc allée, seule car JF, les pandas, ça le laisse de glace, au Centre de recherche et d’élevage du panda géant de Chengdu. C’est un peu comme aller à Disneyland sauf qu’au lieu de rencontrer Mickey, on fait la file pour voir ... des pandas. En effet, comme dans tous les lieux touristiques en Chine, il y a du monde et on attend bien sagement de prendre son selfie. Ici, le ratio panda / touriste est largement déficitaire. Levée aux aurores pour essayer de voir ces braves bêtes en action, je n’ai pas été déçue. Et je dirais même que j’ai adoré ça. Ils reçoivent leur ration de bambous vers 8h et c’est à ce moment qu’ils sortent de leur enclos climatisé. Et oui, rien n’est trop beau pour le confort de ces gros nounours. Ils sont vraiment trop mignons, surtout maman panda qui essaie de faire descendre fiston de son arbre ou les petits bébés de quelques jours qui se tortillent.


À la pouponnière, on se tortille comme on peut. 


14 heures par jour, les pandas grignotent. Le reste du temps, c’est dodo. 
22
sept
22
sept
Publié le 14 octobre 2018

Je croyais avoir bien préparé mon palet aux piments au cours des dernières semaines avec toutes ces soupes épicées que j’avais mangées en Chine. Mais rien ne m’avait préparé à l’incendie aux écrevisses qu’on s’appretait à manger. Nous avons choisi un petit restaurant familial en marge du quartier des restos nocturne, Zhang Gong Qiao Jie. Quand nous avons commandé, le serveur a fouillé un bon 5 minutes sur son téléphone pour nous dire « c’est très épicé ». Comme on en avait vu d’autres, plus rien ne pouvait nous impressionner. He bien le serveur avait raison, ça arrachait la gueule. La moitié du plat était composé de piments rouges déshydratés et de poivre de sichuan. Le tout baignait dans une huile pimentée d’un rouge vif. Chaque écrevisse était chargée d’énormément de saveur mais de tout autant de chaleur. La bouche et les lèvres brulaient, le visage nous chauffait, le nez nous coulait et les yeux aussi. Mais c’était tellement savoureux qu’on y retournait malgré la brulure. Les tranches de racines de lotus, branches de céleris, morceaux d’oignons étaient autant de défis que nous relevions tant le parfum de ce plat était envoutant. Nous n’avons laissé que les piments et l’huile, tout le reste a été englouti avec bonheur.


Les écrevisses à la sichuanaise, ça donne chaud !


Leshan by night 


 Le Bouddha géant de Leshan


Capital Bouddhas


Les raviolis en fleur, un pur délice ! 
20
sept
20
sept
Publié le 13 octobre 2018

Sur les bons conseils de Cécile et Greg, nous avons mis le cap sur la montagne sacrée Emei Shan. Au sommet de ses 3500 mètres, repose une grande statue de Bouddha plaquée d’or. Comme la restauration vient tout juste d’avoir lieu, ça vaut le détour.

Chaud, humide et escarpé

L’ascension des 2000 mètres depuis l’arrêt du bus ne se fait évidemment pas en un jour (bon, ok, à part peut-être pour Nicolas). Un arrêt est donc prévu à mi-chemin dans un des nombreux monastères qu’on retrouve sur la route. La montée ressemble beaucoup à celle de Hua Shan : des escaliers à n’en plus finir recouverts de limon svp, sinon ça serait trop facile. Nos jambes encore fortes de cette dernière montée nous portent bien dans cette ascension interminable et cette atmosphère tropicale. Les vendeurs de babioles sur la route tentent tant bien que mal de nous convaincre d’acheter leurs bâtons de marche en bambou « for the monkeys » disent-ils. Je ne suis pas venu en Chine pour créer un incident diplomatique en tapant sur d’innocents quadrumanes sacrés, alors on ne cède pas. Nous croisons en chemin une jeune chinoise seule et un groupe de jeunes qui mangent des noix crues ramassées plus tôt dans la montagne et qu’ils nous offrent gracieusement. On se croise et recroise au gré des pauses et on finit donc par sympathiser un peu. Vers les 16h, Aurélie et moi décidons de sprinter et on dépasse donc tous nos camarades de balade, juste avant l’arrivée à un temple à côté du fameux Elephant bathing pool. A cet endroit attendait, tranquille, reniflant et crachant, un bon samaritain qui nous fait signe de le suivre. Fait anodin sur le coup, il est en possession d’un beau bâton de marche en bambou de 5cm de diamètre. Comment voulez-vous vous perdre dans un escalier, pourquoi il nous embête ce vieux là ? Il attire notre attention vers un beau spécimen de singe, mâle, installé sur la rambarde. Celui-ci nous dévisage, visiblement énervé. Notre nouveau guide s’élance en nous intimant de le suivre de très près, il use même de son bâton pour nous tenir en groupe bien serré. C’est là qu’on commence à comprendre, le singe est là pour en découdre, il veut tout ce qui serait potentiellement comestible en notre possession. Il avance, menaçant. Le bonhomme commence à faire des grands gestes avec son bâton, il est clair que le singe va s’en prendre un coup s’il approche trop. Le singe crache, montre ses énormes canines, feint de fausses attaques et passe son chemin, mais un peu trop près au goût du bonhomme qui lui assène un bon coup au cul. Et en voilà un autre qui surgit de la rambarde juste à côté de nous et un autre surgit des buissons de l’autre côté en même temps, diable, une embuscade ! Mais, notre guide n’en est pas à ses premiers démêlés, il fait tourner le bâton tant et si bien que les singes se tiennent à distance. Evidemment, c’est à ce moment qu’Aurélie trouve opportun de s’éloigner pour prendre une photo des singes, aussitôt rabrouée et ramenée dans le groupe. C’est alors qu’on entendit des cris et gloussements venir d’un peu plus bas dans les escaliers, la jeune chinoise en était au pugilat avec le gros mâle qui venait d’éventrer son sac à dos et tirait comme un déchainé sur son coupe-vent. Je m’empresse d’avertir le bonhomme qui me fait un signe qui voulait dire « c’est trop tard, on ne peut plus rien pour elle, laisse tomber ». On se serait cru dans un film de zombies quand ceux-ci rattrapent les infortunés membres moins rapides d’un groupe en cavale. Une fois rendus en haut, c’est l’heure des bilans : nous sommes indemnes, merci au bon samaritain, la jeune chinoise n’a plus de coupe-vent et son sac est foutu et le groupe de jeunes n’a plus son sac de noix. Cette dernière aventure nous ayant achevés, et craignant d’autres embuscades après le temple, on décide de rester là pour dormir. Notre choix est confirmé quand on croise un couple de sympathiques Français qui ont eu maille à partir avec les hooligans quelques temps auparavant. Fait amusant, le lendemain, au sortir du temple, un petit restaurant vendait sur un étalage les produits des rapines : sandales, bonnets, parapluies, ayant été abandonnés ça et là par les singes.

Le moine et le (seul) singe sympathique 
Au temple Elephant bathing pool 
Dans les hauteurs d’Emei Shan 
19
sept
19
sept
Publié le 12 octobre 2018

Toujours plus au coeur de la province du Sichuan, nous avons mis le cap vers Chengdu. Cette ville sera notre point de départ pour la visite des pandas, des bouddhas géants et de la montagne sacrée Le Shan. Ce sera aussi dans cette ville que je fêterai dignement mon anniversaire en suivant un cours de cuisine.

Chengdu, ciel gris et humidité écrasante 

Je voulais un cours de véritable cuisine sichuanaise, de l’authentique, et j’ai été servi. On dit que la cuisine sichuanaise est la cuisine du feu, car elle est faite au wok et qu’elle est très épicée. Au menu, nous avions : tofu mapo, typique de Chengdu, porc cuit deux fois, salade trois coupes, porc dans de la sauce chili et peaux de dragons. À part le porc cuit deux fois, tout était ultra piquant. Ce que j’ai bien aimé de cette école est qu’on avait notre propre wok et qu’on préparait les plats en même temps que le chef. Petite remarque sur les peaux de dragons. Il s’agit de simples bouts de piments verts forts frits dans l’huile, ce qui donne l’aspect d’une peau de dragon aux piments. Quand on mangeait un morceau, c’était un peu la loterie. On pouvait tomber soit sur un morceau doux, fort ou feu de l’enfer. Notre guide, Ocean, nous a fortement conseillé d’essayer les écrevisses de la région, ce que nous avons fait peu de temps après. À voir à Leshan !

Épices, tofu et produits frais sur un marché de Chengdu 
Technique de pliage des wontons 
Cours de cuisine sichuanaise en terrasse 
Oreo + lait : bonne fête JF ! 
17
sept

Au premier abord, cette ville est assez rébarbative, et au second elle l’est aussi. Beaucoup d’hébergements abordables sont réservés uniquement aux chinois et les seules options restantes pour les étrangers sont peu tentantes et chères. Nous avons finalement arrêté notre choix sur Yellow river homestay. Et c’est littéralement chez les gens qu’on débarque avec ce genre d’hébergement. Nous sommes tombés chez nos grand parents, gentils comme pas uns. Mais mettez ensemble le décalage générationel, culturel et la barrière de la langue, ce sont tout simplement les olympiques de l’incompréhension. Une phrase n’en attendait pas une autre pour nous éloigner encore toujours plus de ce qu’on voulait dire. Google translate, normalement si fiable, peinait sous les phrases interminables et alambiquées du grand père. Et grand mère de plisser des yeux comme pas une pour essayer de lire ce qu’on tentait de lui communiquer. C’est ainsi qu’on s’est retrouvé à se faire toquer à la porte à 8h30 pour un petit dèj qu’on n’avait jamais demandé. Et c’est de manière identique que le midi même on s’est retrouvé en plein cours de nouilles faites à la main avec en prime le petit dèj qu’on n’avait pas mangé.

Cours de nouilles étirées à la main 

Malgré cela, nous y avons trouvé notre compte. Sur une colline, de l’autre côté de la rivière, est perché un joli petit complexe de temples, le tout est éclairé avec goût (ou presque) la nuit.

Sur les bords du fleuve jaune (Huang He)

Les soupes aux nouilles faites à la main se sont succédées à un rythme effréné, mais pas tant que ça car on sentait bien le poivre de sichuan dans la chaleur de ces plats. Nous avons aussi essayé les spécialités musulmanes comme un genre d’énormes nouilles au riz de 5mm sur 5mm servies froides avec un cocktail de sauces, purée de sésame, huile de chili, piments dans l’huile, c’est excellent mais encore là, un peu piquant. Nous avons suivi les conseils d’un vlogueur ayant habité Lanzhou pour retrouver les meilleurs resto du coin. La vidéo datant de 4 ans nous avons pu constater à quelle vitesse se développe la Chine. Beaucoup des points de repères, gros commerces, chaînes de restaurants, n’y étaient plus et avaient été remplacés par de nouveaux immeubles. Mais nous avons quand même pu tout trouver et se régaler de ces spécialités : patates dans l’huile pimentée, fèves noires dans une sauce sucrée, etc ... Notre arrêt à Lanzhou a vraiment été riche en découvertes gastronomiques.

Bouffe de rue au marché nocturne de Zheng Ning 


Spécialités de Lanzhou 

** On est maintenant au Népal où la connexion dans les montagnes était plutôt limitée. Des mises à jour s’en viennent. Tout va bien pour nous. Bisous. **

13
sept
13
sept

Non loin de Xi’an, il y a également une montagne sacrée, Huá Shán, que je qualifierais de sacrée montagne. Cette montagne a la douce réputation d’être la montagne la plus dangereuse du monde. Peut-être un peu exagéré, mais pas tant que ça. Le lonely planet nous met en garde contre les escaliers qui deviennent dangereux quand il pleut et des hordes de touristes qui se bousculent au sommet. Ça commence bien, il pleut et y’a du monde partout à notre arrivée. Les pierres sont couvertes de limon qui se transforme en bave de limace au contact de la pluie. On patine, on dérape, mais notre volonté reste de fer, nous irons au sommet aujourd’hui ! Un passage très abrupte nous laisse un peu perplexe, la descente semble tout simplement relever du suicide. Toutes les angoisses reliées à la montée sont maintenant remplacées par celles reliées à la descente. On oublie presque qu’il faut gravir 1300 mètres sur 6 kms pour toucher au but.

Au sommet, nous avons pu profiter des belles couleurs des imperméables des touristes Chinois qui ont fait l’ascension en téléférique, car le paysage était bouché par les nuages. Et c’est au moment de la descente qu’un miracle se produisit. Je ne sais pas si ce sont les bâtons d’encens que j’ai allumé pour mes grand-mères mais au moment de choisir la route, on s’est égaré. Or, en s’égarant nous avons évité la descente infernale et avons plutôt emprunté un très civilisé escalier de béton avec rampes et paliers, le grand luxe. Ledit escalier aboutissait au départ du sentier, et c’est avec un sentiment d’allégresse que nous avons pu terminer cette rando.

On essaie de ne pas prendre les hordes de touristes en photo mais y a du monde sur la montagne, c’est un parc d’attractions
Au sommet du pic nord 
12
sept
12
sept

Comment aller en Chine sans passer par Xi’an ? C’est comme aller au pôle nord sans aller voir le père noël. On y retrouve la fameuse armée de terre cuite !

Notre hôtel était situé au coeur du marché des grossistes en alimentation et du marché aux poissons. On oublie tout de suite les images impressionnantes du marché aux poissons de Tokyo. Ici, ça se passe dans des allées étroites, des sous-sols humides et des locaux sans fenêtre, pas éclairés. On y retrouve de tout : anguilles, tortues, serpents, écrevisses, crabes. Et la plupart sont encore vivants dans leur bassin. J’en ai profité pour m’acheter un couteau à nouilles. Ça ressemble à un économe avec une lame incurvée. Après l’avoir testé sur mon doigt bien involontairement, je peux confirmer qu’il coupe très, très bien (Non, ne pensez même pas faire la blague ici, je pense surtout à toi Nicolas...)

La ville se réveille et l’effervescence est presque terminée dans le sous-sol de l’hôtel où se tient le marché aux poissons 

La ville de Xi’an est entourée d’une muraille que l’on peut parcourir à pied en quelques heures. Quoi de mieux qu’une journée à 32 degrés avec un soleil de plomb et 100% d’humidité pour parcourir ces petits 15 kms avec un seul litre d’eau dans le sac à dos ? J’ai dû boire 10 litres quand on a pu finalement sortir de cette prison, parce que oui, y’a seulement 3 accès. Quand tu manques la dernière sortie, tu pars pour tout le tour.

Sur les remparts de Xi’an

Pour visiter l’armée de terre cuite, il faut se préparer mentalement au bain de foule. C’est le second lieu le plus visité en Chine avec la Citée interdite. Trois sites ont été déterrés et en partie reconstitués. À ce jour, les fouilles continuent et les morceaux de soldats sont extraits du sol et rassemblés avec minutie. L’organisation des sites laisse croire à une disposition en ordre de bataille de l’armée. L’état major est sur un site unique, mais il semble que le général manque à l’appel. Peut-être que la place libre est celle de nulle autre que Qin Shi Shuang, empereur de son état. Il reposerait dans son tombeau non loin de là sous une colline. L’armée de terre cuite aurait été mise là pour le protéger ou lui permettre de guerroyer dans l’au-delà. Les archéologues brûlent d’ouvrir ce mausolée. Mais il est si vaste qu’ils craignent ne pas avoir les moyens technologiques d’exhumer ce trésor national sans l’endommager, donc ils attendent. La légende dit qu'il est sensé renfermer une carte en modèle réduit de son empire avec des rivières de mercure. Des relevés sur le site montrent bien qu’il y a des traces de mercure, la légende dirait vrai ! Mais de toute façon, au rythme où vont les choses, ils en auraient encore pour 100 ans à reconstituer l’armée de terre cuite

L’armée de terre cuite et ses soldats où chaque visage est unique


Délices dans le quartier musulman de Xi’an 
10
sept
10
sept
Publié le 19 septembre 2018

Pingyao est une mignonette petite ville qui a été restaurée dans le style de l’époque. La vieille ville comprend plusieurs anciennes résidences de riches commerçants, des anciens bureaux de banques ou des temples. On se balade le nez en l’air dans les rues bondées et parfumées par les restaurants et les boutiques de vinaigres vieillis.

La vieille ville fortifiée de Pingyao 
Les intérieurs 

Nous avons été hébergés dans une famille à l’intérieur de l’enceinte de la vieille ville. Ils nous ont offert les collations (moon cakes maison), fort appréciées après une nuit de train, le petit déjeuner, les jujubes de leur arbre et même les bières le soir venu. Ils ont upgradé notre chambre pour la meilleure qu’ils avaient, sans frais supplémentaire. On se sentait chez eux comme à la maison. Si nous restions à l’intérieur du périmètre des murs, notre notoriété pâlissait un peu sous la masse des touristes, mais aussitôt qu’on sortait et qu’on honorait une gargote de notre présence on avait droit à une séance photo avec le personnel.

Jihoutang homestay Pingyao 
Petit resto en périphérie 

Après avoir visité notre 10 ème maison, c’est un peu blasé que nous entreprirent d’aller visiter la maison Qiao à 25 km du centre. Comme nous étions dans l’erreur, la famille Qiao était milliardaire et a prospéré sur plus de 5 générations. Elle s’étendait sur un terrain immense et comprenait plus de 300 pièces ! J’y ai rencontré mon premier chinois parlant français. Il m’a salué d’un vibrant bonjour dans un accent que je n’arrivais pas à identifier. Après quelques échanges, il m’avoua avoir appris le français après avoir travaillé 6 ans en Afrique. Et c’est quand il prononça « 6 ans en Afrique » que je perçus clairement l’accent si caractéristique de nos amis africains.

Qiao family courtyard 
5
sept
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sept
Publié le 14 septembre 2018

Aujourd’hui, debout à 5 heures du matin pour une randonnée de 8 heures sur la grande muraille. Cette portion que l’on prévoit de marcher s’étire entre Jiankou et Mutianyu et comporte selon notre guide des passages très dangereux. Après plus d’une heure de bus, une heure à chercher un autre bus qui ne partait pas et 30 minutes de taxi, nous arrivons à la base du mur vers 10h30. Les premières minutes sont magiques : la muraille de Chine, en direct, pas de touriste, juste nous et le mur. Il y a en effet des passages un peu chauds où les gardes-fous sont effondrés, des fois le mur au complet est effondré, auquel cas il y a toujours un petit sentier pour le contourner. Mais là où ça s’est gâté, surtout pour JF, c’était à une portion qui montait presque verticalement sur une falaise d’environ 30 mètres. À cet endroit, le mur devient étroit et se résume à un escalier à pic avec des marches rondes et glissantes. Ne nous sentant pas suicidaire, nous avons décidé de prendre le chemin de contournement. Mais le sentier n’a jamais abouti vers un endroit où on pouvait remonter. Nous avons donc mis le cap sur une autre section du mur en rénovation qui se trouvait à 1 km de là. Cette portion était beaucoup plus praticable, nous avons pu voir les travaux en cours et marcher plus longtemps sur la muraille. Et c’est là que nous avons vu le petit frère de la montée vertigineuse, cette fois c’était la descente vertigineuse, toute aussi haute mais en bien piètre état. Les escaliers étaient effondrés, on voyait les briques de la structure, c’était tellement escarpé qu’on ne distinguait pas la base. Toujours pas d’humeur à mourrir les os rompus à la base de cet escalier, nous avons rebroussé chemin. Il était presque 13h et nous avions parcouru en 3h30 un peu moins de 500 mètres des 4 kms prévus.


La grande muraille de Chine 

Aux vus des obstacles, on ne voulait pas terminer la rando à l’obscurité, nous avons décidé de retourner à Beijing. Mais dans le village de Xi Zhan Si Cun, les moyens de transport n’abondent pas. Pas de taxi, pas de bus mais il restait toujours le stop qui s’est montré fort efficace depuis notre arrivée. Et comme de fait, nous avons été pris tout de suite par un homme et une femme dans un énorme 4x4 noir de luxe. Il s’agissait du General manager d’une grande banque chinoise qui s’était permis une petite escapade en montagne avant une longue soirée à rencontrer des clients. Il nous a offert de l’eau, nous avons discuté au moyen de Google translate et il nous a déposé directement à Beijing.


Je ne sais pas comment faisaient les voyageurs sans la technologie mais pour nous, nos 3 meilleurs outils en Chine sont sur le téléphone :

  • Google translate : pour traduire les conversations en direct ou lire les menus uniquement en kanjis,
  • Maps.me : Google maps étant bloqué en Chine, c’est un outil super utile avec toutes les informations nécessaires telles que lignes de métro, banques, itinéraires et le tout écrit dans les 2 langues ce qui permet de communiquer avec les chinois. Fonctionne sans internet et possibilité de mettre des signets sur les lieux à ne pas manquer,
  • VPN : indispensable pour consulter les courriels et faire des recherches internet sur des sites bloqués.

Même avec ça, on galère parfois à arriver à destination et on est étonné quand on se rend où on avait prévu. Pour la Grande muraille, le résultat est mitigé, par exemple, mais on l’a foulée !!

3
sept
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sept

Nous y voici enfin, Beijing, cette mégapole chinoise dont on entend tant parler. Sans surprise, on voit à peine le ciel tant l’atmosphère est chargée de pollution, il fait chaud et c’est humide. Premier contact avec la sécurité omniprésente dans cette ville : on passe au scanner à la sortie du bus, on passe également au scanner en entrant dans le métro. Mais, c’est pas trop sévère pour les étrangers, à peine les gardes nous accordent-ils leur attention.

 Pour la amateurs de transport en commun, voici le métro de Beijing : propre, efficace et sécuritaire.

Notre hôtel se situe dans un quartier de vie paisible et non touristique. Ce type de quartier se nomme un « hutong » : rues étroites, petites maisons, si petites en fait qu’elles n’ont pas de toilettes, d’où la grande quantité de toilettes publiques.

Dans les Hutongs, les ruelles du vieux Beijing.

Première chose de réglée dans le bus en direction de Beijing, inscription à un cours de cuisine chinoise. N’ayant pas trop regardé où il était donné dans la ville, nous avons l’agréable surprise de constater qu’il aura lieu à 5 minutes à pied de notre hôtel.

Le cours était le lendemain midi, pas le temps de niaiser. Au menu : porc aux ananas, poulet kong bao, dumplings au porc, bockchoy et champignons sautés, concombres en spring et haricots frits aux piments.

Pour les dumplings, tout était fait à la main, pâte et farce. La pâte est uniquement à base d’eau et de farine forte en gluten. Nous avons pratiqué trois formes : en croissant, en bouton et en forme de gerbe de blé (la plus difficile).

Dans le groupe, j’ai été celui désigné pour exécuter le porc aux ananas. Mon favori a cependant été le poulet kong bao. Le secret de ce plat, ainsi que d’autres spécialités szechuanaises, est la pâte aux haricots fermentés de Pixian. Également, le poivre de szechuan ajoute une note relevée en engourdissant légèrement la bouche. Le résultat donne un plat sucré - salé, croquant (je ne l’ai pas dit, mais il y a des arachides frites dans ce plat) et qui chauffe, sans enflammer, les papilles. L’effet du poivre de szechuan se compare à se mettre la langue sur les pôles d’une pile de 9 volts. Certains n’apprécieront pas du premier coup, mais attention, on y prend vite goût (au poivre, non à lécher des piles).

Les haricots, eux, ont offert une toute autre performance. C’était le plat le plus épicé, et de loin. Il devait y avoir une louche entière de poivre de szechuan et une demie de piments rouges séchés. Ceux qui avaient choisi d’ignorer les panneaux d’avertissement étaient gratifiés d’une brûlure suivie d’un engourdissement total de la bouche. Loin d’être désagréable, l’effet durait un bon 5 minutes pendant lequel on salivait profusémment tout en sentant notre pouls sur la langue.

Cours de cuisine Chinoise avec Carlyle et Zhang Peiyi de Beijinger kitchen cooking class.

Comme un cours de cuisine ça ne suffit pas, on a pris un second cours, mais cette fois en privé avec uniquement le chef et l’interprète. Au menu : poisson en chrysanthème, spécialité de Beijing, nouilles faite à la main sautées, tofu frit, soupe aigre piquante et curry de poulet. Bien que ce dernier ne soit pas représentatif de la région, le chef maitrisait bien ce plat et a bien voulu l’interpréter pour nous.

Le guide nous met en garde contre la complexité du poisson en chrysanthème, mais je lui dit de ne pas s’en faire, nous sommes des chefs de sushi patentés, ayant suivi une formation d’une demi journée deux ans auparavant au Japon. Pour ce dernier, il faut une belle carpe sans écaille d’environ 1,5 kg. On en retire 2 beaux filets qu’on entaille en diagonale jusqu’à la peau mais en prenant bien garde de ne pas la couper. Après 3 entailles, on coupe la peau et on répète jusqu’à la fin du filet. On reprend chaque morceau qu’on entaille en sens inverse pour créer les pétales de la fleur. On ajoute un oeuf et les condiments et ensuite on enfarine bien dans la fécule. On enroule le morceau de poisson pour lui donner une forme de fleur et on plonge délicatement dans de l’huile bien chaude. On ne relâche pas tout de suite question que la fleur garde sa forme. On fait frire aussi la tête et la queue et on assemble pour faire un semblant de poisson. La sauce qu’on arrose sur ce poisson peut être de style kong bao, mais la traditionnelle est rouge vif, au ketchup. Hooo, le ketchup de s’insurger les puristes. Mais sachez qu’au dire même du grand Chuck Hughes, le ketchup est un ingrédient magique. Quand on se demande, mais c’est quoi ça, comment y zon fait... ketchup.

Pour le tofu, on débite l’infâme cube de pâte drabe en mignons petits triangles d’environs 5mm d’épaisseur. Le truc est qu’il doit être suffisamment épais pour rester moelleux au centre après sa friture. On plonge un a un les petits triangles afin que l’huile ne baisse pas trop en température. Ensuite, on procède à le faire sauter avec la fameuse pâte aux haricots fermentés de Pixian. C’est fondant, craquant et bien relevé.

Pour le curry, la base est la fameuse poudre de curry chinois, mais avec un petit plus. En début de cuisson, le chef aromatise l’huile en y faisant frire un demi bâton de cannelle et quelques grains de poivre de szechuan. Ce détail à lui seul projette ce plat dans une autre dimension, il ne restait rien dans l’assiette, pas même un malheureux bout de peau de poulet.

Les nouilles à la main ont présenté un défi pour JF, le pétrissage n’a pas donné les résultats escomptés alors qu’Aurélie s’est mérité un A+.

On refait les recettes ensemble à notre retour ... Avis aux intéressés.

Cours de cuisine chinoise avancé 

Au lendemain de notre arrivée, surprise : un beau ciel bleu s’offre à nous ! Qui sont les mauvaises langues qui disent que Beijing est une ville polluée? En fait, il y avait des hôtes de marques qui assistaient au sommet Chine-Afrique et Beijing était sous le coup d’un arrêt des usines aux alentours. Ils appellent ça « blue meeting ». L’effet indésirable de cela est que la place Tian’anmen a été fermée tous les jours.

Nous avons évidemment visité la Cité interdite, sous haute surveillance. À toutes les entrées qui mènent aux sites de la place Tian’anmen et de la Cité interdite, il y a des checkpoints avec scanner et détecteurs de métaux, des bus de militaires et de policiers aux plaques d’immatriculations masquées. Des militaires au garde à vous sont dans tous les coins, d’autres arpentent la place au pas cadencé. Il y a des policiers et des surveillants qui font la circulation et qui s’assurent que la masse de touristes se déplace dans une relative efficacité. Et je ne parle pas de la surveillance électronique, des lampadaires remplis de caméras qui pointent dans toutes les directions garnis de projecteurs puissants.

Première rencontre avec Mao 
Parc du temple du ciel 
La Cité interdite 
798 Art district 

Une spécialité à ne pas manquer à Beijing c’est son fameux canard. Alors exit l’ersatz que l’on retrouve dans le quartier chinois de Paris ou Montréal. Ce dernier est cuit sans artifice, au feu de bois, bien qu’il fasse plus de 30°C dans la ville. Il est servi avec des fruits et des légumes en juliennes et ce qui ressemble à des petites tortillas de blé ultra fines. Le canard est savamment découpé par un cuistot sous nos yeux et présenté magnifiquement dans une assiette. La carcasse du canard peut ensuite être préparée en soupe ou en stirred fry. Nous avons choisi la soupe. On assemble nous même les ingrédients : juliennes de peau croustillante et bien grasse, viande juteuse, melon, concombre et une petite sauce genre oisin. On a tout bouffé, mais même après deux mois d’entrainement en Mongolie, ça faisait quand même beaucoup de gras. Et au diable les considérations nutritionnelles, il semblerait que le gras de canard possède les mêmes qualités que l’huile d’olive (j’espère qu’il n’y a pas de nutritionnistes qui lisent ces lignes).

Le canard laqué de Pékin 
31
août


Soupe du petit déjeuner 
Toilette à 3 places à Dátong, on repassera pour l’intimité

Encore une fois, nous avons été la cible d’une vague de solidarité afin de trouver la gare routière d’où partait le bus en direction du temple suspendu Xuan Kong. Dans un bus, nous n’avions pas la monnaie. Une gentille vielle dame donna 1 yuan à Aurélie alors que deux autres passagers cherchaient désespérément sur leur téléphone un moyen de nous faire comprendre où aller. Pendant ce temps, je tentais de faire de la monnaie auprès du reste des passagers. Finalement, une dame partit du fond et alla valider nos entrées. Le chauffeur de bus insista pour nous déposer... à la mauvaise place. Nous avons finalement traversé la ville au complet à pied pour nous rendre à la bonne gare routière.

Le temple suspendu se trouve près du village de Tangjiazhuang à une soixantaine de kms au sud de Dátong. Notre chauffeur était certainement issu d’une grande famille de trompettistes tant il usait avec générosité du klaxon de son bus. Une fois au village, il faut encore prendre un taxi pour rejoindre le temple. La course est inclue dans le prix du billet de bus. Ce détail aura son importance pour notre retour.

Le temple en soi est accroché sur une falaise totalement verticale. Il est suspendu dans le vide sur des pieux qui ne semblent pas enfoncés bien profond dans la paroi de calcaire. Les escaliers et passerelles qui relient les différents bâtiments sont hyper escarpés, glissants et usés à mort. Bien entendu les garde-fous sont faits pour des moines de 1 mètre 50 et arrivent un peu au dessus du genou de l’occidental moyen. Inutile de vous dire que j’avais (JF) le trouillomètre dans le tapis tout au long de la visite. J’ai pu me remettre de mes émotions grâce aux petits cadeaux d’une touriste chinoise qui passait par là : petits poissons séchés et clémentine. Mais mon sixième sens de Spiderman ne me trompait pas. Le lendemain, nos amis y sont allés mais le temple était fermé à cause d’une instabilité dans la structure.

Le temple suspendu Xuan Kong 

Au retour, un taxi nous a bien cassé les bonbons avec des histoires abracadabrantes sur notre retour impossible. Il a même menacé un sympathique touriste chinois qui se proposait de nous ramener à Dátong avec sa voiture. Las d’entendre ses histoires d’arracheur de dents, nous entreprirent à pied les 6 kms jusqu’au terminal de bus. Un petit couple d’espagnols, pas plus dupes que nous, nous accompagna au travers du village de Tangjiazhuang. De mémoire, on retrouva la « gare », qui n’était qu’un espace libre dans le stationnement d’une petite échoppe sur le bord de la route. Mais un bus reconnut notre joyeuse équipée et 500 m avant d’arriver, nous interpela d’un coup de klaxon pour qu’on termine ce bout de chemin ensemble.

Le village de Tangjiazhuang 

Le soir, on donna rendez-vous à Greg et Cécile pour partir à la recherche d’un restaurant à hotpot de Dátong. La veille, on s’était fait bien aguicher quand les employés de notre resto de brochettes festoyèrent à la fin de leur chiffre autour d’un hotpot débordant de victuailles dans le bouillon. Par manque de réflexe, on avait refusé leur offre de gouter à leur plat. C’était donc ce soir que ça allait être notre tour. De retour de la gare, Aurélie et moi avions prospecté et plusieurs ruelles semblaient très prometteuses.

Google translate en main avec « Dátong Hotpot » traduit en grosses lettres, on demande aux premiers locaux qu’on croise « où pourrait-on trouver le restaurant tant convoité ? ». Pas encore trop habitués que nous sommes à l’effet que nous provoquons sur notre passage, nous restons surpris de l’émoi causé par notre simple question. Et c’est reparti ! On nous dit bien sûr où se trouve le restaurant, mais non sans nous offrir au passage quelques brochettes, prendre des selfies et échanger quelques mots avec les enfants. Nous quittons finalement la petite famille qui mangeait des brochettes pour aller au fameux resto de hotpot.

Malheureusement, plus de place en terrasse au hotpot. On décide d’aller tromper l’attente en éclusant quelques bières dans un troquet du coin. En repassant devant la famille, on leur rend les tiges des brochettes offertes plus tôt et c’est là que la soirée pris une tournure magique. Pour cette famille, il n’était pas question de nous laisser filer une seconde fois. Et c’est ainsi que pendant l’heure qui suivit, ils nous offrirent généreusement brochettes, fruits, bières, cigarettes et boniments. Les enfants nous lançaient toutes sortes de questions en anglais en pouffant de rire pendant que les adultes nous souhaitaient la bienvenue en Chine, à Datong à tour de rôle et nous répétaient combien ils étaient heureux qu’on soit avec eux ce soir.

Dans la rue avec la famille Lii 

Nous quittèrent quand les trois générations de la famille Lii présentes sur place décidèrent qu’il était temps d’aller se coucher. Encore sur notre nuage d’amour, nous allèrent tous les 4 digérer ces bons sentiments dans un petit resto à brochettes du coin, n’ayant plus assez d’appétit pour le gargantuesque hotpot. Et c’est là que la soirée magique devint féérique. Notre « notoriété » ne s’était pas émoussée, loin de là. Nous eurent droit à des selfies, des discussions décousues avec des clients du bar, en anglais ou au travers Google translate, des « Bienvenue en Chine » et à Datong, en voulez-vous en voilà. On prenait notre temps, mangeait et buvait abondamment, on flottait. C’était aussi notre soirée d’au revoir avec nos nouveaux amis. Nous quittions le lendemain pour Beijing. Et on était bien loin de deviner la surprise que nous réservaient encore les Chinois. C’est au moment de payer que la stupéfaction fut la plus totale. Un des clients, geôlier de son métier, qui nous avait déjà offert de dormir chez lui ou de nous servir de guide à plusieurs occasions, avait payé la note de notre petit groupe.

Au restaurant de brochettes au sud du quartier historique 
30
août
30
août

Lendemain matin, après un petit déjeuner de soupe de dumplings et oeuf au thé, on se sépare pour la journée du petit couple, Greg et Cécile, qui partent à la recherche d’un hébergement plus près du centre. Et c’est à ce moment qu’on réalise que s’orienter en Chine, c’est pas évident. Les noms des endroits sont en chinois et demander verbalement son chemin aux locaux est tout simplement impossible, notre prononciation étant complètement erronée. Mais merci à Google Translate en mode hors connection. On entre un mot clef comme « Gare ferroviaire », Temple machin, Autobus truc et ça marche à tous les coups. Nous avons finalement trouvé le bus qui nous emmènerait aux grottes Yungang après quelques heures de recherches et l’aide de locaux très dévoués.

Les grottes sont authentiques du v ème siècle. Certaines sculptures de Bouddha sont complètement errodées, d’autres, dans les grottes plus profondes, sont bien conservées et présentent encore de jolies couleurs. Le site, lui par contre, ne date pas d’une époque lointaine. Il a été rénové récemment avec goût dans un style correspondant au décor. La sortie se fait a travers un mini village d’attrape touristes qui comprend une fabrique de vinaigre. Celui-ci, noir comme de l’encre, se décline sous toutes sortes de saveurs : jujube, prune, dattes, fermenté. La dégustation nous révèle des produits qui caressent la palet. Nous en avons aussi profité pour visiter la salle de fermentation, surchauffée et dégageant une odeur suave et complexe.

Les grottes de Yungang 
Fabrique de vinaigre et lunch de nouilles typiques de la région
Vieux Dátong 

Le soir, de nouveau réunis avec notre petit couple, nous entreprirent de retrouver la rue aux brochettes. Légèrement excentrée, nous allions à pied, demandant aux passants s’ils connaissaient l’endroit de notre destination. Finalement, près du but mais bloqués par un étroit tunnel non éclairé, les filles sortirent leur charme pour nous faire embarquer en stop par une voiture. Heureusement d’ailleurs, le tunnel débouchait sur une horrible ruelle étroite remplie d’immondices, même en voiture l’odeur était insupportable. Après un bon kilomètre, nous avons débouché juste en face du lieu tant convoité. Nous apercevions les fameux ventilateurs qui éloignent la fumée des grillades tout en la projetant dans la rue, appelant ainsi les affamés à la grand-messe de la dégustation.

Nous avons utilisé le guide « Gépalémo » du Routard, genre de petit précis rempli d’illustrations de la vie quotidienne, afin de pointer les différentes viandes et légumes que nous souhaitions griller. Étonnement, malgré l’insistance du chef, personne ne voulu sélectionner le mouton, allez savoir pourquoi ... ? Évidemment, le même manège que la veille se déroula : selfies avec tous les membres du personnel, discussions décousues avec les passants, photos à la sauvette, on nous souhaite la bienvenue en Chine et à Dátong, on nous propose de gouter à la fondue et j’en passe. Le tout se déroule dans une atmosphère bon enfant, dans la bonne humeur et la rigolade.

Les Datongois semblent être pétris d’un plaisir authentique de croiser notre chemin. Notre petite équipée ne se sent pas digne d’un tel déploiement de gratitude et de bonheur, mais on se laisse bercer volontier par cette vague d’allégresse. Quel accueil de la part des Chinois !

Des brochettes en bonne compagnie 
28
août
28
août
Zamyn-Üüd, Mongolie

De la Mongolie vers la Chine

Publié le 2 septembre 2018

Nous voulions d’abord faire le trajet Oulan-Bator - Beijing en train pour voir les changements d’essieux à la frontière (et oui, les rails Russes et Mongols ont un écartement différent de celui Chinois). Mais l’horaire du train direct faisait en sorte qu’on devait encore attendre 4 jours en Mongolie. Ayant des fourmis dans les jambes, nous optèrent pour un départ rapide, le 28 août, en train-couchette.

Dans le train pour Zamyn-Üüd, dernière ville mongole avant la frontière chinoise.

Nous avons aussi décidé de passer par Dátong avant Beijing, petite bourgade de 3, 5 millions d’habitants à 300kms de la capitale. Comparativement à la Mongolie et ses 3 millions d’habitants, ça fait pas mal plus de monde. Après une nuit dans le train et deux changements d’autobus, nous foulions le sol Chinois. L’entrée en ville avec le bus nous promettait monts et merveilles avec ses rues enfumées par les vendeurs de brochettes. Voilà une activité qui venait de se rajouter à la liste des choses à faire absolument dans cette ville. Arrivés à la tombée de la nuit, les remparts se sont allumés sur notre passage : atmosphère magique !

Frais comme des gardons après une bonne nuit dans le train 

Notre hébergement étant à l’autre bout de la ville, nous entreprirent de nous y rendre à pied, las que nous étions de s’user le fond de culotte sur des banquettes depuis plus de 1200 kms. La balade était très agréable, d’autant que nous étions accompagnés par un gentil petit couple de Français que nous avions rencontrés à la frontière Chinoise.

Le premier contact avec les locaux se fit à ce moment là afin de trouver ledit hébergement qui se cachait dans une tour d’habitation de 25 étages. La patronne du petit resto d’en face nous offrit de nous assoir pendant qu’elle se démenait pour contacter notre hôte. Nous avons finalement eu nos chambres et vue l’heure tardive, près de 21h, on mit le cap vers les petites rues des alentours en quête de nourriture. Les échoppes étroites et enfumées aux enseignes lumineuses criantes ne manquaient pas dans les environs. Déjà pour les yeux, c’était du bonbon. Notre choix s’est finalement fixé sur un bouiboui qui se spécialisait dans la viande cuite style kébab servie sur un riz sauté avec des légumes. Le sélection se fit assez simplement en pointant l’image du plat tant convoité sur le panneau au dessus de la cuisine. Le chef semblait vraiment excité de nous avoir comme client et nous enjoigna hardiment de nous prendre une bière dans le frigo. Par la suite, les petits cadeaux se sont succédés : bonbons à la noix de coco, prunes succulentes, cigarettes pour les fumeurs, le tout suivi d’une séance de photos pour nous immortaliser. Le plat était excellent, et après 49 jours à manger de la biquette coriace en Mongolie, on a l’impression de flotter dans le ciel du paradis. Il y avait de l’émoi autour de nous, le cuistot et son pote nous posaient des questions sur nous dans un anglais très sommaire. Les passants figeaient à notre vue en tentant, tant bien que mal, de ne pas le laisser paraître. On était tous un peu sous le choc, mais avec nos 26 heures de transport dans le corps, on ne réalisait pas ce qui nous arrivait.

La vue depuis notre chambre 
Premier souper en Chine 
27
août
27
août
Publié le 1er septembre 2018

Et puis on est retourné à Oulan Bator ... Très nostalgiques de notre mode de vie nomade des dernières semaines synonyme de liberté totale. Nous sommes restés 2 jours sans sortir de l'auberge à nous reposer et à digérer ce qu'on venait de vivre. Ensuite, les ballades dans la ville ont repris et maintenant, nous aimons beaucoup UB.

 De retour à UB 
Mémorial Zaïsan (construit par les russes) en souvenir des soldats et héros inconnus 
Contrastes à UB  
 Monastère Gandan Khiid 
 Jeu de shagai (osselets mongols) et bouffe au resto Modern nomad
Notre auberge préférée: le Woodpecker inn 

Finalement, il a fallu envisager de partir et c'est vers la Chine que nous avons mis le cap, le coeur bien lourd de quitter des gens qu'on aimait bien et des paysages à couper le souffle.


Notre roadtrip en Mongolie en chiffres :

  • Voyage du 11 juillet au 28 août 2018
  • Nombre de jours en Mongolie = 49 (dont 39 sur la route)
  • Nombre de kms parcourus = 6046 kms
  • Nombre d’aïmags (régions) traversées = 13
  • Nombre de nuits sous la yourte = 9
  • Nombre de marmottes consommées = 5
  • Température = entre 5°C et 35°C
  • Altitude = entre 1600m et 3000m
  • Prix de l'essence = entre 1690 et 1919 tugriks (soit environ 0,90$ CAD et 0,60 euros)
  • Vitesse moyenne = 30km/heure
  • Nombre d'heures sur la route = 200
  • Budget moyen = 41$ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé en Mongolie :

+ les montagnes de l'Altaï (notamment la vallée de la Tsagaan gol)

+ les rencontres avec les Mongols en général, les enfants super matures

+ la possibilité de se rendre partout avec l'UAZ

+ des lieux de campements infinis

+ le silence dans les campagnes, donc pratiquement partout

+ le ciel étoilé sans pollution lumineuse et sans avion


Ce qu’on a moins aimé en Mongolie :

- la bouffe en général

- la gestion des déchets

- le manque de transparence de certains Mongols (peut-être lié aux difficultés de communication)


Vive la Mongolie !

Prochaine étape en Chine !

22
août
22
août
Mid-Gobi, Mongolie

Mid-Gobi

Publié le 29 août 2018

Pluie la nuit et grisaille le jour. Nous avons une image inhabituelle et inattendue du désert. Il fait en moyenne 18°C. Notre chauffeur nous avait pourtant mis en garde sur la chaleur écrasante du désert.

Dans le désert de Gobi 

Les sites d'intérêt sont assez éloignés mais valent franchement le coup d'oeil, même si l'absence de luminosité ternit les couleurs.

Tsagaan Suvraga 
Ikh Gazryn Chuluu 
 Chèvres dans la tourmente

Pour la dernière nuit de notre road trip, Ganzorig nous conduit chez un de ses amis. Il nous faudra 2 heures et l'assistance des mongols du coin pour retrouver la yourte de ce nomade qui déplace son campement toutes les semaines. L'intérieur est épuré et minimaliste pour voyager léger. Mais très heureux de nous voir, il nous accueille comme des membres de sa famille. La vodka commence à couler à 15h. Puis, il part rapidement rapprocher son troupeau et sélectionner la chèvre qu'il va sacrifier le soir même. Il la ramène tranquillement, vivante, sur sa moto. Habile et efficace, ça ne prendra pas plus de 30 minutes à ce berger aguerris pour dépecer, vider et découper l'animal. On met la main à la pâte en lavant les entrailles remplies de ciboulette fermentée et en préparant le boudin. Ce sera notre souper tandis que toutes les parties musculaires se retrouvent sur le toit de la yourte pour sécher. Alors que les bouteilles se vident, notre hôte enfile son del (manteau traditionnel) et part en moto dans la nuit chercher des provisions. Il revient 1 heure plus tard avec 2 bouteilles de vodka et 4 bières. Autant dire que ça chantait allègrement dans la yourte ce soir là. Le lendemain matin, vers 6h, pas plus fatigué que ça par la beuverie, notre hôte m'emmène remplir le bidon à la source en moto. En hors piste, ça secoue, ça glisse, le vent frais me fouette le visage : j'adore. C'est l'heure du second sacrifice : un mouton cette fois. Nous repartirons avec la viande des 2 bêtes en cadeau mais pas avant d'avoir bu une dernière petite vodka (il est 9h de matin).

Yourte de nomade nomade 
Sacrifice de la chèvre 
20
août
20
août
Yolyn Am, Mongolie

Yolyn Am

Publié le 29 août 2018

Le paysage varie très peu dans le désert de Gobi. Mais quand on approche du Zuun Saïkhan Nuruu, les montagnes se dressent de façon impressionnante. La route du parc a été détruite par les fortes pluies et l'un des passages est transformé en trou de boue. À notre arrivée, 2 voitures sont déjà immobilisées. Fidèle à lui-même, notre chauffeur Ganzorig les sort de là en quelques minutes. Mais le temps de repérer le passage le plus adéquat pour aider les autres automobilistes, un autre UAZ se prend dans la boue puis 2 autres voitures. En tout, ce sont 6 voitures que nous allons remorquer à cet emplacement, dont 2 fois la même famille. On a été obligé de s'échapper en vitesse avant que d'autres voitures ne se coincent.

Sauvetage dans la boue 

Arrivés à Yolyn Am, la marche dans le ruisseau mène à une gorge étroite et tortueuse. La lumière éclaire à peine le fond du canyon. Lucky se fait agacer par les pikas, des sortes de petites souris qui se faufillent entre les rochers. Difficile de creuser dans ces conditions.

Le canyon de Yolyn Am 
19
août
19
août
Bayanzag, Mongolie

Bayanzag

Publié le 29 août 2018

Bayanzag est connu pour ses "falaises de feu", rouges surtout au lever du soleil. On se croirait en Utah (USA). De nombreux ossements de dinosaures y ont été découverts. On a dormi au pied des falaises, seuls au monde. La Mongolie a cela d'extraordinaire qu'on a toujours l'impression d'être dans le décor. Magnifique !

En Mongolie, quand il fait plus de 23°C, les hommes se montrent la bedaine.
Bayanzag du soir 
Bayanzag du matin 
18
août
18
août
khongor els, Mongolie

Khongor els

Publié le 28 août 2018


Les dunes de Khongor sont visibles à des kilomètres. En fait, on les a vu approcher depuis le matin. Mais quand on est arrivés au bord : wouaw ! Campement juste en face à côté d'une petite source (pas le plus paisible quand un groupe de chrétiens coréens décide de venir y chanter des louanges).

Les dunes au coucher et au lever du soleil 

Notre chauffeur, qui ne parlait pas anglais, expliquait à JF que l'ascension de la dune allait être difficile : "you : tabernac, tabernac, tabernac". On dirait qu'il avait vite appris à connaitre le personnage.

L'ascension de la plus haute dune 
17
août
17
août
Gobi Gurvan Saikhan, Mongolie

En route vers le désert de Gobi

Publié le 27 août 2018

Aujourd’hui, c’est direction le désert, finies la steppe verdoyante et les montagnes. Le chauffeur nous désigne la dernière rivière avant 1 semaine de sécheresse. Tout le monde en profite pour faire une bonne toilette sous le regard curieux des yacks, y compris le chien qui va embaumer le Head & Shoulders pendant 3 jours.

La dernière rivière avant la sècheresse 


Soupe de dumplings au lait à Arvayheer 

La pluie des dernières semaines a transformé le désert de roche et de poussière en prairie de ciboulette. A perte de vue, des fleurs blanches ou roses. Certaines zones sont transformées en marécages et retiennent prisonniers les conducteurs qui s'y aventurent. Ça sera l'occasion de porter secours à plusieurs autos dont l'une qui aura attendu toute la journée. Les passagers, couverts de boue de la tête aux pieds nous voient arriver avec soulagement.

Pris dans la bouette 

Voyager avec un chien nous fait vivre toutes sortes d'aventures amusantes. Mais des fois, c'est plutôt surprennant / dégoûtant. L'autre matin, encore à moitié endormie et bien confortablement couchée sur mon matelas, je le vois arriver avec ses morceaux de viande. Le chien avait commencé à placer les morceaux tout autour de moi, sur la couverture, afin de les protéger des faucons qui venaient lui voler. Sympa comme réveil.


Dans le désert de Gobi, il faut refaire nos réserves d'eau dans les puits. A notre arrivée, un troupeau de chèvres et moutons assoiffés nous a assailli. Nous n'avons pas eu le choix que de leur fournir pas moins d'une 50n de seaux d'eau pour épancher leur soif. Les pauvres bêtes se grimpaient les unes sur les autres. Et les plus proches du puit se faisaient arroser la tête allègrement. Seulement après, il nous a été possible de remplir nos bidons et continuer notre route.

Chèvres et moutons assoiffés autour du puits. 
Premiers pas dans le désert 
15
août
15
août
Khangai Nuruu, Mongolie

Parc Khangai Nuruu

Publié le 27 août 2018

On arrive dans une région beaucoup plus touristique car proche d’Oulan Bator. Nous qui étions presque seuls au monde depuis 3 semaines et demie, nous sentons qu’il va y avoir un tournant dans le voyage et que la fin approche. C’est alors que notre chauffeur nous annonce qu’on poursuit le road trip 1 semaine de plus. On est fous de joie. L’aventure se prolonge !

JF fait remarquer que la miche de pain qui vient de nous dépasser roule beaucoup plus vite que nous. Sans mot dire, Ganzorig appuie sur l’accélérateur jusqu’à afficher 145 km/h au compteur et redépasse l’autre UAZ. Démonstration efficace. Mais, avec les options de sécurité qui s’offrent à nous, les troupeaux, les trous dans la route et les autres conducteurs imprudents, on préfère quand même rouler à 80 km/h.

En route vers le parc national Khangai Nuruu 

Dans le parc Khangai Nuruu coulent des sources d’eau chaude. Depuis la dernière douche, 3 semaines se sont écoulées et nous nous lavons depuis dans les rivières. C’est donc avec une joie non dissimulée que nous allons profiter pendant 1h des bains aménagés aux sources Tsenker. Là, nous faisons la connaissance de Mongoles en vacances et bénéficions une fois de plus de leur gentillesse et de leur générosité. Par chance, ils parlent très bien anglais ce qui nous permet d’échanger beaucoup plus avec eux et de constater qu’ils sont vraiment contents qu’on vienne visiter leur pays. JF se voit même offrir une bière et des cacahouètes par son gentil interlocuteur.

La lumière, enfin, après une journée de grisaille 

Une jolie ballade dans une forêt de mélèzes et de pins nous mène au monastère Tövkhön perché sur un rocher. Pour aller voir les grottes d’ermites et les lieux de prières du site, l’ascension se révèle quelque peu accrobatique et périlleuse. Sujets au vertige ou claustrophobes s’abstenir. Par contre, une fois au sommet, nous sommes récompensés par une vue à 360°C éclairée par un soleil perçant les nuages. Ça invite à la méditation.

Le monastère Tövkhön, perché sur son rocher 
 Campement sur le bord de la rivière

A la chûte d'eau Ulaan Tsutgalan, on a encore eu un bon exemple de la solidarité mongole (mais au détriment du chien). Lucky a commencé à courir après les chèvres et moutons pour s'amuser. Mais quand l'un des moutons est sorti du lot, l'instinct de chasseur du chien a embarqué et son unique idée était de tuer sa proie. Il est sorti de sa transe seulement après qu'une dame lui ait jeté des cailloux. Le maître a alors infligé une correction exemplaire au chien pour apaiser les témoins de la scène. Apparemment, les gens criaient de "tuer le chien". Le bétail, c'est sacré car la survie de la famille en dépend. Attention de ne pas toucher aux troupeaux !

Au chûtes d’eau Ulaan Tsutgalan 

Au sortir du parc, le chauffeur nous emmène sur une route qui nous donne un petit coup de blues. Le paysage ressemble tellement au Québec avec la forêt, le petit ruisseau et ce qui pourrait correspondre à une tourbière. Seuls détails qui confirment que nous sommes toujours en Mongolie : une yourte et un ovoo plantés là.

Comme au Québec  
Tente sur un promontoire au milieu des montagnes 
13
août

A partir d’aujourd’hui, notre progression bifurque complètement vers le sud alors que nous revenions doucement vers l’est depuis 2 semaines. Le paysage se fait plus valloné voire montagneux et se couvre de fôrets. On croise les autos du rally mongol lancées à vive allure sur la route ... asphaltée et qui essaient avec peu de réussite de chasser les troupeaux de leur chemin en klaxonnant frénétiquement. On a pu constater que les yacks sont très peu réceptifs à cette pression.

Solongot 

En Mongolie, la météo change très rapidement et un orage peut s’approcher en quelques minutes. Ça donne des ciels contrastés comme je les aime et un jeu de lumières hallucinant. Arrivés au lac Terkhiyn Tsagaan, l’eau cristalline et transparente a laissé la place à une étendue noire et hostile. JF a dû traverser à gué pour vérifier la profondeur de la rivière et la présence de pierres. C’est toujours impressionant de voir le fourgon s’enfoncer jusqu’à mi-portière dans l’eau et on priait pour que le moteur ne décide pas de s’arrêter en court de traversée. Mais pour la première fois du voyage, l’UAZ a cédé face aux éléments et nous avons été contraints de faire un détour pour passer.

 Terkhiyn Tsagaan Nuur dans tous ses états

Au vue des conditions météo, on s’installe dans un petit camp de yourte tenu par une sympathique famille sur le bord du lac. Dès notre arrivée, on nous invite à prendre le thé au lait avec une sorte de dessert frit. Notre chauffeur Ganzorig s’en délecte et se met toujours à l’aise avec une rapidité déconcertante. Alors qu’on s’installe dans notre yourte individuelle, Lucky part en chasse d’un petit chien de prairie. On entend l’un pousser des cris et l’autre japper après sur le haut de la colline. C’est un beau bazard. On décide d’intervenir en soulevant la planche où se cache le rongeur. Commence alors une course poursuite autour de la toilette. Ça crie de plus belle. Tous les clients sont interpellés. Et alors que le chien de prairie tente un sprint vers son terrier, il est attrapé par Lucky sous les yeux horrifiés de 2 Françaises. On doit relâcher le petit animal déjà bien abîmé afin d’apaiser les touristes. Le maître est super fier de son chien de chasse et commence à rêver aux futures marmottes qu’il va lui rapporter.

Justement, on voit que notre chauffeur a les yeux brillants. Pour cause, le père de famille vient de partir à la chasse à la marmotte. Ce soir, il se pourrait qu’il y ait du rongeur au menu. Et effectivement, dans la nuit, on vient nous chercher pour déguster une belle grosse marmotte cuite avec des roches chaudes à l’intérieur. Avant de commencer, il faut se passer les pierres brûlantes d’une main à l’autre. Apparemment, ça donne de la force. Alors qu’on est assis par terre autour de la bassine de viande, c’est soudain le branle bas de combat. Des gens s’en viennent et il faut faire disparaître toute trace de marmotte. En effet, la chasse est illégale en Mongolie et les dénonciations sont possibles. On essaie de faire illusion alors que nos mains sont toutes graisseuses. Finalement, fausse alerte.

Dans la famille de Monkh Gerel 
Le volcan Khorgo Uul dans la brume 
11
août
11
août
Ulaagchiin Khar nuur, Mongolie

Ulaagchiin Khar Nuur

Publié le 24 août 2018

En direction de la réserve naturelle du lac Ulaagchiin Khar, la roue de secours nous en fait voir de toutes les couleurs. Son adhérence laisse quelque peu à désirer, le derrière de la miche de pain chasse quand notre pilote zigzague, on s’enlise honteusement dans des petits trous de sable, décidément, il nous faut un garage pour réparer la roue d’origine.

On passe la nuit près du village de Erdenekhairkhan, plus de lettres dans le nom que d’habitants, sur une jolie colline. La vue est imprenable sur les montagnes de la région au coucher de soleil.

Erdenekhairkhan et environs 
Vue sur dunes et montagnes 

Le lendemain s’avéra riche en aventures. Premièrement, arrêt au garage pour réparer le pneu. En fait, le garagiste et son garage, ne diffèrent pas beaucoup des maisons avoisinantes, au seul détail près qu’il semble avoir quelques outils de plus que ses voisins. Il nous confectionne une rustine avec un vieux bout de pneu à l’aide de sa meuleuse à angle. Le pronostic de JF et de Ganzorig n’est pas brillant au vue de la technique et de la gravité du trou, mais on n’a pas vraiment le choix. Si la réparation dure 15km, ça sera toujours ça de gagné.

Réparation de la crevaison, 2h de travail et une patch solide 

On part ensuite en direction du parc naturel qui renferme une curiosité. En effet, niché au creux des dunes, dans une zone hyper aride et désertique jaillit du sol une source d’eau claire et limpide. On ne parle pas ici d’un simple glouglou dans le sable, mais bien d’un cirque de près de 200 mètres de diamètre d’où suinte une eau glaciale pour former une belle petite rivière.

Aux sources de la rivière Mukhart 

On en profitera au passage pour réparer la camionnette de 3 papis en vadrouille. Pour notre peine, ils nous serviront thé au lait et tsuivan (le plat de nouilles national). Notre destin sera lié à ces trois vénérables pour le reste de la journée, nos chemins étant les mêmes. Il s’avère qu’ils partageaient la même passion culinaire pour le rongeur adipeux des steppes que notre pilote. À quelques occasions, nous leur avons indiqué des proies faciles, mais leur vue baissante n’offrit que déception.

Tout le monde se presse pour aider les 3 papis 

Lorsque nous avons mis le cap pour changer de région avec les papis qui ouvraient le chemin, nous avons gravi une montagne tels des chèvres alpines. Sentier très abrupte, la montée fit chauffer la miche de pain qui affichait 90 degrés celcius au compteur. Le sommet nous gratifia d’une vue magnifique sur la région ainsi que sur une formation rocheuse particulière avec un trou au centre. Le trou étant large et stratégiquement placé au centre, la route le traversait, tout naturellement.

Senjit Khag 
Ulaagchiin Khar Nuur 
9
août
9
août
Durvuljin, Mongolie

Les dunes mongoles

Publié le 24 août 2018

La traversée de la région des lacs Khar us nuur, magnifiques mais réputés infestés de moustiques, nous apporta son lot de paysages magnifiques mais aussi de péripéties. En effet, la miche de pain était lancée à un rythme d’enfer sur une route en gravier râpeuse quand Aurélie entendit ses premiers criquets de la journée. Mais le doux chant de l’insecte était en fait le pneu arrière droit qui venait de se vider de son air. Notre premier plat, au milieu de nulle part dans une zone désertique où régnait une chaleur torride. Pour vous donner une idée du paysage, la petite montagne du coin s’appelle Saar (lune). Le diagnostique est sévère, une roche scélérate a ouvert la gomme et la ceinture d’acier, le pneumatique arborait une belle balafre de 10 cm, « not good » de s’exprimer Ganzorig. On pose alors le pneu de secours, beaucoup plus étroit, et c’est reparti.

Sur la lune, ou presque, c’est la crevaison

On s’installe près de la ville de Durvuljin, sur le bord de la large rivière, Zavkhan. Cette rivière nous sépare des dunes que nous planifions visiter le lendemain. La ville est plantée sur le bord d’une petite falaise, le paysage est très joli. Ce sera aussi le théâtre de notre première nuit d'une longue série à la belle étoile.

Arrivée sur le bord de la rivière Zavkhan 

Au petit matin, Ganzorig nous assure que cette rivière déchaînée est peu profonde et que nous n’aurons pas d’eau plus haut que le genou. Pour nous convaincre, il s’élance et nous montre le chemin. Le courant était assez fort mais l’eau était peu profonde, des fois on se mouillait un peu le caleçon, mais sans plus. La traversée valait la peine, le spectacle de nos premières dunes est à la hauteur. On tombe aussi sur des arbustes à argousier, que l’on cueille pour s’en délecter. JF fera une liqueur d’argousier en mélangeant vodka, sucre et les fruits.

Lever de soleil sur les dunes 
Traversée vers les dunes 
Un avant goût du désert 
8
août
8
août
Chandmani - Mongolie

Chandmani

Publié le 20 août 2018

Le lendemain, on repart pour une destination très attendue, Chandmani, la capitale des chanteurs de gorges Mongols. Nous serons ainsi introduits à Tsevendavaas, chanteur et professeur à la renommée internationale, juste ça. Pour 40$, nous aurons droit à un spectacle en tenue traditionnelle, deux heures de cours de chant, le gîte et le couvert, on a même eu droit à du ragoût de marmotte pour déjeuner, une aubaine. Cela nous a permis de relaxer dans la plus belle pièce de la maison avec électricité et réseau LTE hyper rapide ( vous avez peut-être constaté que nous avons fait beaucoup de mises à jour dans le blog à ce moment). Le professeur à déclaré que j’avais (JF) une gorge de chanteur de calibre international. Il m’a fait pratiquer encore et encore et semblait se délecter des mes hululements. Il m’a invité à revenir quand je voulais pour qu’il puisse faire de moi son prochain prodige. Qu’il soit un bonimenteur ou que j’ai réellement ce talent miraculeux, je doute fort continuer dans cette voie(x). Je l’ai quand même remercié en trinquant quelques verres de chatlane whyskie (whyskie écossais en mongol) dont il était un grand amateur. J’en ai aussi servi un à sa femme qui sembla plus apprécier la teneur en alcool que les parfums de ce petit blended. He oui, j’ai eu la chance de mettre la main sur un Johnny Walker red label à Olgiy. En effet, le summum pour moi (JF) est d’admirer le coucher de soleil tout en sirotant un petit whyskie après une journée à s’être fait tabasser dans la miche de pain.

L’artiste s’exécute 
La toilette mongole 
7
août
7
août
Publié le 17 août 2018

Direction Munkhkhairkhan, par une route détournée car dans un premier temps nous avons dû rebrousser chemin, la route principale ayant été complètement détruite par un torrent. Cette route secondaire nous à fait traverser une étroite vallée encaissée où coulait une rivière. Cette vallée luxuriante offrait un très jolie paysage, mais il ne fallait pas s’arrêter trop longtemps, elle était infestée de moustiques. On suivait un chemin qui n’avait pas dû être emprunté depuis 5 ans. Celui-ci était à peine visible, on devait traverser d’un bord à l’autre de la rivière constamment, tant la vallée était étroite par endroits.

Dans la vallée Gurvansenkheriin 

Une fois sortis de cette vallée, notre guide n’était pas certain du chemin, mais par hasard, une autre miche de pain passait par là, première âme qui vive que nous croisions depuis le matin. Finalement, nous mirent la cap vers les tréfonds de la montagne. Une route hyper cahoteuse nous mena vers ce qui nous sembla être le bout du monde. Vallée glaciale entourée de montagnes, le vent sifflait sur cette terre grise et rocailleuse. Disons que sans le soleil, cet endroit n’était pas très accueillant. On a trouvé de justesse un espace pour notre tente tant le sol était jonché de gros cailloux. Un motocycliste qui passait par là est venu nous voir, probablement surpris de voir des touristes à cet endroit. On a partagé une eau chaude - miel avec lui, et il a tapé la discute avec notre chauffeur.

Dans le parc Munkhakhairkhan 

Le lendemain, par un beau soleil on part faire une petite rando dans les montagnes des alentours. Yacks, chèvres, marmottes agrémentent le paysage. Il se trouve que nous n’étions pas au bout du monde et que le route continuait. Elle s’enfonçait encore plus dans la montagne et complétait un énorme demi-cercle d’environ 70kms.

De l’autre côté du parc et Mönkhakhairkhan 

Avec dans les réservoirs d’essence tout juste ce qu’il faut pour compléter le périple si tout va bien, on est un peu inquiet. Et comme de fait, tout ne se déroule pas pour le mieux, la route est plus souvent une rivière qu’une route. On la cherche partout, nous rebroussons souvent notre chemin quand l’eau devient trop profonde. Les herbes et les arbustes sont hauts, il y a des cailloux énormes, l’eau est trouble et on ne peut pas juger la profondeur de l’eau. En plus, il y a de la boue, ça glisse, ça patine, on s’enlise mais par la magie de la miche de pain on s’en sort, une fois, deux fois, trois fois, on perd le compte au final. Après deux heures de ce calvaire, on aperçoit Markhan, notre ville de destination. Nos roues touchent le macadam de la ville et nous ne devons pas avoir plus de 2 litres d’essence dans le dernier réservoir.

Vers Mankhan 

Il y a de l’effervescence dans la ville ! Un mini Naadam est prévu pour le week end, on est juste mardi, mais déjà on sent la fébrilité dans l’air.

On refait le plein de vivres et d’essence, au grand bonheur de notre conducteur, nous avons déniché un morceau indéterminé de chèvre congelée.

La nuit sera mouvementée, des fêtes improvisées dans tous les coins, passages incessants des motos et tests de sono en ville jusqu’aux petites heures, décidément, on préfère les contrées reculées de la Mongolie.

4
août


  • Une belle grosse marmotte de l’Altaï (à défaut, une de la colline du parlement ou celle dans votre jardin)
  • De l’eau pure de la rivière
  • 1 oignon pelé et haché (+ 1 oignon en accompagnement)
  • 4 c à s de poudre de bouillon de boeuf
  • 2 c à s de poudre d’oignon
  • 2 c à s de poudre d’ail
  • 2 c à s de mélange d’épices pour raviolis mongols (désolé, pas de détail sur le contenu)
  • 2 c à s de poudre de bouillon de légumes
  • 4 feuilles de laurier
  • Sel, poivre


  1. Retirer la peau de la marmotte en laissant le plus de gras possible ou brûler le poil au chalumeau. Si vous privilégiez cette seconde technique, gratter le brûlé et laver la marmotte à grande eau en frottant bien la peau pour enlever tout résidu d’essence. Couper le bout des pattes.
  2. Découper la marmotte en morceaux de 10 cm. Bien conserver le foie, les rognons et la tête.
  3. Placer la viande et l’oignon dans une grande marmite.
  4. Mouiller au 3/4.
  5. Ajouter tous les assaisonnements.
  6. Couvrir et laisser mijoter 1h30 ou jusqu’à l’obtention d’une sauce épaisse. Encore meilleur lorsqu’on laisse caraméliser un peu les morceaux.
  7. Placer dans un plat de service au centre de la table et déguster sans tarder. Le ragout se suffit à lui même. Accompagner d’un oignon cru coupé en tranches.


S’il vous reste de la sauce bien graisseuse, récupérer pour faire un fond de soupe.

Regardez la jolie tête (version marmotte grillée)
3
août
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Tsambagarav Uul - Mongolie

Tsambagarav Uul

Publié le 14 août 2018

Nous mettons le cap vers Tsambagarav Uul, une montagne du coin et pour ce faire Ganzorig décide de prendre une nouvelle route qui traverse les montagnes. Un petit mot sur les routes en Mongolie. On s’entend que depuis que la Mongolie existe elle a été traversée en long en large et en travers, d’autant plus que la population est nomade. Ce qui veut dire que toutes les routes possibles entre les différentes régions existent depuis belle lurette. Il reste donc peu de place pour de nouvelles routes à moins de faire preuve de détermination, de courage et d’un brin de folie. Cette nouvelle route nous en a fait voir de toutes les couleurs. Montées vertigineuses et descentes dantesques, le tout dans un paysage lunaire, rocailleux et décharné. Pour couronner le tout, un orage de grêle nous est tombé sur la tête pendant la traversée, couvrant le sol d’un tapis blanc en moins de 5 minutes. Le soir, nous avons dormi au milieu de nulle part dans une magnifique vallée.

Vers les glaciers de Tsambagarav Uul