Carnet de voyage

Au gré du vent

J
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Dernière étape postée il y a 14 heures
Par JeffO
Partir découvrir le monde doucement, à la rencontre des gens, de leur culture, de leur cuisine et des paysages.
Du 3 juillet 2018 au 20 juin 2019
353 jours
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3
avr

Pour se rendre de Koh Tao à notre prochaine île, Koh Lanta, il était préférable de passer par la ville de Krabi sur la côte ouest de la Thaïlande. Le trajet en bateau fut des plus intéressants avec cet orage au loin sur lequel on fonçait. Mais comme celui-ci était plus rapide, nous n’avons jamais été pris dans la tempête.

L’entrée du port était lugubre, sale, le cours d’eau n’inspirait rien de bon. Le trajet en bus nous sembla interminable et nous sommes finalement arrivés en fin de journée à Krabi, à 2 km de notre hébergement. Merci à Google maps qui nous fit passer par des rues aux maisons délabrées, un terrain vague jonché d’immondices et ce qui semblait être un bunker nucléaire, mais qui était en fait le marché couvert.

Retour en Thaïlande continentale

Nous avons suivi un cours de cuisine thaïlandaise dans une excellente école et avons confectionné pad thaï, salades, pad si-io, poisson vapeur, pâte de curry (verte, rouge et panang), soupes et desserts (mangue avec riz gluant et bananes au lait de coco). Nous en avons eu suffisamment pour deux repas complets tant il y en avait.

La confection de la pâte de curry n’est pas une mince besogne. Il faut mettre dans un pilon les piments forts (rouges ou verts selon le curry désiré), l’ail, non pelé car sa peau est très fine, le galanga, la racine de gingembre et de curcuma et on dispose de 2 minutes top chrono pour en faire une pâte homogène. Il faut y aller de toute ses forces et couvrir l’ouverture du pilon afin que les ingrédients ne volent pas au quatre coins de la cuisine. Une fois qu’on a le bras mort, le biceps en feu et la main qui tremble de fatigue, on change de bras et on continue, c’est un sprint et il ne faut pas ralentir sinon le curry ne sera pas réussi.

Notre instructrice était très rigolote et avec son petit air innocent, on ne soupçonnait pas qu’elle nous tendait des pièges. Une fois, elle a dit qu’elle lavait sa vaisselle au miel. En anglais, elle disait « I wash my dishes with honey ». Et ensuite de nous dire qu’en fait, elle disait « Honey, can you do the dishes ? »

Cours de cuisine avec Thaï charm cooking class

On aime la Thaïlande et les Thaïlandais mais là, Krabi, on n’a pas le choix de le dire, c’est moche, très moche. Pourtant, tout y est pour que ça soit sympathique. Notre hébergement était calme et climatisé, décoré horriblement certes, mais très propre. Notre hôte était très gentil et amical. L’établissement était équipé d’une cuisine complète avec frigo occidental et un coin café avec des biscuits dont on s’est goinfrés pendant notre séjour. Dans la ville, le soir, il y avait au moins deux énormes marchés de restos de rue. Le choix était étourdissant et tout semblait succulent. Non, vraiment, cette ville avait tout pour plaire. Mais sa rivière poluée et ses immeubles décrépits lui donnent une sale allure et on n’avait pas envie de s’y éterniser.

Krabi en vrac 

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29
mars

Lors de notre séjour à Bangkok, nous avons rencontré une guide Servas nommée Sunisa. Elle nous avait proposé de visiter le quartier Asiatique (c’est son nom) pour une soirée. Il s’agissait d’un sordide centre d’attractions touristiques au bord du fleuve Chao Prayah avec ses restos branchés hors de prix. Néanmoins, la vue sur la ville y était magnifique et le poulet grillé une décadence. Comme Sunisa était une grande amatrice de plongée, nous avons discuté avec elle des meilleurs choix qui s’offraient à nous dans les îles du sud. De toutes les options, Koh Tao rassemblait le plus grand nombre d’avantages. Ile pas très grande, elle a probablement la plus haute densité d’écoles de plongée au monde, il y en a plus de 80 apparemment. Les sites de plongée sont superbes et proches de l’île, donc pas de longs déplacements en perspective. Egalement, l’île offre aussi beaucoup d’options pour le snorkeling. Située dans le golfe de Thaïlande, la faune et la flore exotiques y sont très riches, mais son eau est apparemment un peu trouble. Avec notre faible expérience de l’eau paradisiaque, on a trouvé que la visibilité était très bonne.

Et c’est donc en direction que Koh Tao que nous avons quitté Bangkok deux jours plus tard. Quand on se procure un ticket pour ce genre de trajet, le bus et le bateau sont combinés, les transferts sont synchronisés, pas besoin de réfléchir, on se laisse porter. Si Bangkok était la ville des chats, Koh Tao est clairement l’île des chiens. Ils sont partout, surtout endormis sur la plage, en train de « chasser » les poissons ou bien à jouer les assistants plongeurs.

Arrivée à Koh Tao 

Nous avions réservé l’hébergement dans un centre de plongée, Coral Grand divers, sur les conseils de Sunisa. Aurélie voulait compléter sa certification Open Water et JF voulait faire un cours de refresh. Après 27 ans d’inactivité, ce n’était pas un luxe.

Arrivés sur place, déjà on se trouvait un peu décentré par rapport à la ville. Nous étions à environ 1km du mini centre ville qui lui était environ à 2km du port. On nous montra notre chambre qui était ultra de base. En fait, c’était simplement une boite de planches. Quand le voisin éternue, on reçoit des postillons (façon de parler).

Notre hébergement sur Koh Tao et les alentours.

Ce centre donnait aussi le cours de refresh Open Water, mais les prix semblaient un peu élevés, et avec 80 écoles sur l’île, je ne pouvais pas croire que la concurrence n’offrait pas mieux. Donc, quand Aurélie faisait son premier jour d’Open Water, j’ai écumé toutes les écoles, ou presque, et j’ai trouvé pas mal moins cher, dans un centre PADI 5 étoiles, rien de moins. L’école Isla Tortuga me semblait professionnelle et son staff était très sympathique. J’accorde beaucoup d’importance au premier contact, la clarté des informations, des tarifs et le déroulement du cours.

Le lendemain, j’avais rendez-vous avec Gus (Gustavo, oui, c’était une école essspanole) pour mon refresh. Pour le même prix, j’avais deux plongées fun dive incluses. Je suis donc parti avec eux en après midi vers Mango bay. Ma première plongée dura 20 minutes, je n’arrivais pas à descendre au fond, je flottais comme un bouchon et je devais ramer comme un malade, la tête en bas, pour rester en flottaison. Bilan, à travailler comme un beau diable, j’ai épuisé ma réserve d’air très rapidement. Ma seconde plongée fut encore plus courte, 10 minutes, je ne pouvais plus descendre, je n’arrivais plus à égaliser la pression dans mes oreilles. Je me rendis compte, après avoir consulté Ben (ami plongeur au Québec), que je devais être victime de l’otite du plongeur. L’eau salée et les micro-organismes irritent l’oreille et provoquent de l’inflammation, rendant impossible l’essentiel équilibrage.

Pour sa part, Aurélie compléta sans mal sa formation et fit ses deux plongées, à son plus grand bonheur (Note d’Aurélie : le bonheur n’est pas arrivé de suite, c’était très effrayant au début. Il fallait taire cette petite voix qui disait que c’est contre nature d’aller sous l’eau et qu’on s’en allait vers une mort certaine. Les premières plongées étant consacrées à l’apprentissage, on n’a pas le temps de profiter du moment et de la raison pour laquelle on plonge : voir la faune et la flore sous marine.)

Je me suis beaucoup amusé à voir évoluer la faune de plongeurs sur le bateau. Éminemment sympathique, elle était composée de « dude », qui s’interpellaient entre eux par le sobriquet « dude ». Les dudes, blonds, grands et musclés étaient surexcités par la plongée et tout ce qui l’entourait. Sauter dans l’eau du toit du bateau de deux étages, faire des cabrioles et piéger leurs autres amis dudes avec des blagues potaches les amusaient au plus haut point. L’un d’entre eux d’ailleurs semblait au paroxysme de l’excitation quand à sa seconde plongée il vit un tortue de mer. Déjà, il monta les marches du bateau d’une seule enjambée en lâchant un « SHIIIIIIIIIIIITTTT » à l’intention de tout le monde présent. Il alla aussitôt voir un de ses dudes pour lui dire « SAW A TUUURTLLEEEE!! » pour ensuite s’élancer par dessus la rambarde et exécuter une belle bombe dans l’océan.

Cours de PADI Open Water avec Kray, instructeur patient et efficace

Le snorkeling des jours suivants ne nous laissa pas en reste. Au début, on se contentait du récif en avant de notre auberge. Se contenter était un bien grand mot car les spécimens de poissons tropicaux étaient très variés et colorés. On voyait beaucoup de poissons perroquets. Ce dernier est assez baquet et imposant par sa taille, il est facilement reconnaissable à ses couleurs, semblables à celles dudit volatile. Vert vibrant et bleu avec des reflets métalliques, il croque sans relâche les coraux pour se nourrir. Les petits curieux que l’on retrouve partout, jaune rayés noir viennent nous voir de très près et si on les laisse faire, commencent à nous mordiller le bout des orteils. Il y a aussi beaucoup de moon fish, semblables aux couleurs du poisson perroquet, il est beaucoup plus petit et effilé. Il a environ la taille d’un gros cigare. Certains de ces spécimens, pas tous, on appris à repérer les blessures et viennent rapidement pour tenter de croquer la peau morte. Il n’y vont pas avec le dos de la main morte et ça fait assez mal. Ce sont eux aussi des poissons de coraux et leur mâchoire conçue pour les coraux n’ont aucun mal avec la chair molle des humains. Il y a aussi les nettoyeurs, de la taille d’une sardine en boite ils ont un peu une forme de missiles et sont facilement reconnaissables à leurs deux bandes bleues fluorescentes. Eux aussi adorent mordiller les orteils, mais vu leur taille, il est facile de s’en débarrasser. Il y a les razor fish, très fins et allongés de couleur argenté. Il ressemblent à de fines lames de métal. Ils sont si fins qu’on se demande bien où sont les organes dans ce corps. Un poisson qu’on voit beaucoup mais qui n’aime pas trop notre présence est le poisson ange, avec sa très longue et ondulante nageoire dorsale. Rayé jaune, noir et blanc, de forme presque carrée et doté d’un bec assez effilé il se déplace lentement, avec grâce. Et évidemment, le sol est jonché de concombres de mer, des petits, des gros, des foncés, des clairs, des avec des pics, etc. Il y a aussi beaucoup d’oursins avec leur très longs pics et on peut apercevoir dans le fond leur bouche.

Le lendemain, nous sommes allés dans une autre baie où dès les premiers pas, le fond descendait très rapidement. Mais comme partout, la grande quantité d’eau ne change rien, les poissons se tiennent dans les coraux, pas de coraux, pas de poisson. Quand on a la tête dans l’eau, on peut entendre de partout autour de nous le bruit des coraux qui craquent sous la dent des poissons. Ça fait un peu comme un grand bol de rice krispies, cric crac croc.

Et dans une des dernières baies que nous avons visitée, nous avons eu la chance de voir un poulpe et un groupe de bébés requins. Pareils à leurs parents avec la tache caractéristique sur la nageoire dorsale, ces derniers se montrent très timides et fuient aussitôt qu’on s’approche d’eux.

Durant ces sorties en snorkeling, et en plongée profonde, il fallait rester alerte pour le titan triggerfish. Le signal que l’on fait entre plongeurs pour l’identifier est le pistolet avec les doigts. Ce poisson est énorme et peut se montrer très territorial quand vient le temps de la nidification. Il fonce sur les plongeurs et croque tout ce qui est à portée, doigts, bras, palmes, etc. Sa morsure est redoutable, n’oubliez pas, son menu habituel est du corail. Il est préférable de se défendre avec ses palmes et fuir à reculons. Il ne faut pas tenter de le passer par le dessus, son territoire ayant une forme de cône inversé, il poursuivra ses attaques en montant. Si on voit un triggerfish de loin, on le contourne et si jamais sa nageoire dorsale est dressée c’est qu’il est énervé, on fuit en quatrième vitesse.

Poissons tropicaux ! Photos prises lors du snorkeling uniquement.

Le soir venu, c’était apéro à la bière dans un verre plein de glaçons pour observer le soleil se coucher. Nous avions trouvé un bar avec musique d’ambiance lounge house et bean bags sur la plage. C’est là que nous avons passé tous nos apéros. Les derniers jours, il était inutile de passer commande, tout nous était servi selon nos désirs au moment de poser notre séant sur le sac de billes de styromousse géant. Inutile de vous dire que ce fut un choix déchirant quand il a fallu se décider à quitter l’île. Nous avions aussi trouvé notre resto favori qui faisait un excellent pad thaï, le Su Chili. Nous avions notre petit couple de papi-mamie qui vendait des fruits en bord de rue pour un prix ridicule. Nous avions aussi le vendeur d’ananas succulents. Ses fruits étaient aussi bon que celui-ci était antipathique, ce qui n’était pas peu dire. Et il y avait aussi un occidental qui confectionnait des sandwichs au poulet frit. Le tout Koh Tao faisait le détour pour aller s’en régaler. À lui seul, il devait faire plus de 200 sandwichs par jour !

Koh Tao en vrac 

Mais les choses étant ce qu’elles sont, cette démangeaison sous la semelle de nos souliers se fit sentir et après 8 jours dans cet endroit, il fallait partir.

Ce n’est qu’après notre départ que nous avons été informé des dangers de cette île. Apparemment, quelques familles mafieuses contrôlent tout sur cette île et on déplore bien des meurtres d’occidentaux non élucidés.

https://www.dailystar.co.uk/travel/travel-news/625806/Koh-Tao-Thailand-death-island-backpacker-murders

22
mars
22
mars
Publié le 14 avril 2019

Bangkok, on aime ou on n’aime pas... Ce que je peux détester ces clichés, bien sûr qu’on aime ! C’est une ville cosmopolitaine avec ses énormes boulevards bondés du matin au soir, hyper difficiles à traverser. Les tuktuks font un son de voiture de formule 1, il y a des 7-Eleven tous les 200 mètres, des boygirl de 1m80 et des comptoirs de bouffe de rue partout, l’immersion est totale.

Le premier matin, on part donc à pied pour le fleuve, toujours sur les conseils de Ms Bee, avec qui les relations se réchauffent un peu. De là, on prendra un bateau pour aller visiter les temples de la ville. Le fleuve est vraiment à l’image du reste de la ville : des bateaux long tails pétaradants, des bateaux transports en commun, des bateaux privés pour les clients des hôtels de luxe et des péniches par grappes de trois. Tout ce beau monde se croise, se coupe, se dépasse et accoste dans un bordel le plus total.

En route vers le centre ville de Bangkok en transport en commun 

On prendra la ligne orange pour se rendre au grand palais, le Wat Phra Kaew. Temple d’inspiration bouddhiste, ici on doit rester humble et on ne s’expose pas trop sous peine de devoir louer un pantalon ou un chandail plus pudique aux motifs éléphants complètement ridicule. Ce temple est magnifique, il surpasse par sa beauté tout ce que nous avons pu voir en matière de temple dans tout notre voyage. Des statues dorées, des statues en mosaïques ultra fines, Bouddhas en veux-tu en voilà. Cet endroit n’est pas juste l’endroit de prédilection où tous les touristes de passage convergent, mais c’est également un lieu de prière et de recueillement, si prier au centre d’une foule grouillante est votre tasse de thé. Il ne faut pas manquer le Bouddha d’émeraude, statue entièrement sculptée dans un bloc de jadéite, très impressionnant. Ensuite, on se balade le nez en l’air en admirant l’architecture du grand palais. Il régnait une chaleur infernale, on suait comme des damnés sous ce soleil de plomb. Les coins d’ombres étaient rare et pris d’assaut. Aux points d’approvisionnement gratuits, l’eau avait un goût de marais. Mais tout près, il y avait stratégiquement placé des petits marchands d’eau froide et limpide. Inutile de dire qu’ils faisaient de très bonnes affaires.

Le Grand palais 

Le temple d’à côté, c’est Wat Pho (comme la soupe). On y retrouve un Bouddha couché de 46 mètres de long, étincelant avec son plaquage en or. Il est bercé au son des pièces que l’on jette dans les 108 urnes de donation tout autour.

Le magnifique temple Wat Pho 

Nous sommes revenus à pied du quartier des temples et avons traversé le Chinatown, rien qu’on avait pas déjà vu et le quartier indien aux parfums envoûtants.

Chinatown à Bangkok

Après quelques jours de ces balades quotidiennes dans Bangkok chez Ms Bee, nous devions quitter car nous étions attendus chez un ami Servas, Pisit. Cet ami habitait à 20km du centre et c’est là que nous nous sommes rendu compte à quel point il peut être ardu de se déplacer à Bangkok. Aucune ligne de métro ne déservait le quartier, le seul bus qui se rendait prenait plus d’une heure et demie, le taxi semblait être une option viable. Au moment de partir, le taxi que nous avons appelé prit un bon 15 minutes à arriver, cela aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Une fois dans le taxi, il fallu une heure pour parcourir 3km... on était encore loin de l’arrivée. Devant l’évidence même, nous n’avions pas d’autre choix que de quitter ce taxi là où nous étions rendu et trouver un autre moyen de transport.

On était un peu stressé parce qu’il était déjà tard et on ne voulait pas faire attendre notre hôte Servas. Mais que faire perdu au milieu d’un quartier inconnu de Bangkok sans vraiment de moyen de transport. La situation n’était pas si désespérée qu’elle ne semblait. Après deux minutes de marches, nous nous sommes retrouvés dans un quartier branché du nom de Sukhumvit. Un petit bar confortable offrait des promotions sur les consommations, quoi de mieux que de se poser un peu pour réfléchir à la suite. Après 30 minutes, on avait beau regarder, on commençait à manquer d’options pour se rendre chez Pisit. En plus, Google map ne nous aidait pas vraiment avec des trajets plus farfelus les uns que les autres. Il y en avait même un qui proposait de prendre le bateau, en plein centre de la ville. Après moult tergiversations, il fallu quand même revoir toutes les options et en y regardant de plus près, il y avait bien un canal, très étroit, sur la carte qui traversait la ville. On demanda autour de nous, personne ne semblait connaître ce moyen de transport. Je trouvai un numéro de téléphone et passai l’appel à notre gentille serveuse. Conclusion, il y avait bien un bateau qui passait aux quinze minutes, nous avons donc décidé de tenter notre chance.

Arrivés sur place, le fameux canal était pris d’assaut par des bateaux de transport de passagers. Agitant les flots nauséabonds et crachant une fumée noire, ils accostaient avec une vitesse folle et les passagers montaient et descendaient du mieux qu’ils le pouvaient. Lors des croisements, les bateaux s’aspergeaient mutuellement, il faillait vite monter un rideau de plastique sous peine de se prendre une douche d’eau d’égout. Nous avons donc pris notre bateau en direction du quartier de notre hôte et 45 minutes plus tard nous n’étions plus qu’a 2km à pied.

Dans le bateau bus d’un klong secondaire de Bangkok à l’heure de pointe

Pisit partageait certains points communs avec un autre hôte Servas que nous avons rencontré au Népal, ... Grand, mince, pince sans rire et un penchant immodéré pour les fruits. A tous les repas, nous avions une grande sélection de fruits, et autant que possible il fallait tout manger. Bananes de toutes les sortes (même une avec des pépins), mangue, melon d’eau, noix de coco, etc ... constituaient la base de tous les repas. Grand amateur de noix et d’arachides, il possédait une grande variété de chacune.

Découverte de Bangkok avec Pisit, notre ami Servas 

Dans les derniers jours, nous avons vécu au rythme des élections. Les Thaïlandais étaient appelés aux urnes afin, on l’espère, de se débarasser de la junte militaire au pouvoir. L’impact le plus immédiat (et le plus direct pour nous) fut l’interdiction de la vente d’alcool à partir de la veille jusqu’à la fermeture des bureaux de vote le lendemain soir. À partir de 18h, les bars ont cessé de vendre de l’alcool et on nous a enfermé derrière les rideaux de fer afin qu’on puisse finir notre bière loin des yeux de la police. Je vous laisse deviner la température qui régnait dans le bar encore plein, sans ventilation. L’ambiance était détendue mais on se serait cru au temps de la prohibition.

Bangkok en vrac 
19
mars
19
mars
Publié le 10 avril 2019

À partir de Battambang, la route pour se rendre en Thaïlande est assez directe, à peine 375 km. Nous appréhendions les entourloupes à la frontière. Les douaniers Cambodgiens exigent habituellement quelques dollars pour le tampon de sortie. Les douaniers Thaïlandais pour leur part sont des pros, pas de ça ici. En sens inverse, de la thaïlande vers le Cambodge, c’est encore pire, presque garanti de se faire soulager de quelques dollars ici et là.

Nous avons pris un bus couchette vers 7 heures du matin en provenance de Phnom Penh. Il nous arrêta au milieu de la ville de Poipet près de la frontière thaïlandaise mais sans trop donner d’indication. C’est la vendeuse de cartes SIM qui nous indiqua la direction de la frontière. Attente de quelques minutes dans une petite pièce mal ventilée et nous voici hors du Cambodge. Pas d’entourloupe, pas de chichis. Aurélie a même eu droit à un clin d’oeil du douanier : « Vous reviendrez ma p’tite dame, on n’est pas sorteux ».

La douane thaïlandaise était bondée. On était préparés. 1h30 d’attente et nous avions nos visas gratuits, pour 30 jours au pays. Il suffisait ensuite de trouver un bus qui nous emmènerait à Bangkok. La compagnie de bus cambodgienne est de concert avec une compagnie de minibus de l’autre côté de la frontière. Ils ont bien essayé de nous embarquer, mais le prix demandé nous semblait un peu élevé et le départ n’était que dans une heure et demi. On nous pressait, faisait comprendre qu’il ne restait plus beaucoup de place, etc, etc. Mais, Aurélie alla voir la concurrence juste à côté. Non, seulement c’était moins cher mais en plus on partait tout de suite.

Passage de la frontière Cambodge - Thaïlande à pied

Dès les premiers kilomètres, on sent la différence avec le Cambodge. Les routes sont droites et uniformes, ça roule vite et à gauche, svp ! La petite halte casse croûte nous permit de déguster nos premières saveurs thaïlandaises. Petites brochettes de porc, glace, tout est excellent même si on est sur une aire d’autoroute. Nous arriverons à Bangkok vers 18h30. Ville survoltée et grouillante, on sent bien comme il faut que nous ne sommes dans une capitale économique. Courte balade en métro, on débarque au coeur du quartier Silom. Nous ne le savions pas au moment de la réservation de notre hébergement, mais nous sommes très bien situés. C’est le quartier des affaires, regorgeant de restos de rue pris d’assaut par les travailleurs le jour, la nuit il se transforme et devient un endroit de night live incontournable.

Arrivée en Thaïlande, moderne mais avec une image du roi omniprésente 

Arrivés chez Ms Bee, notre hôte, le contact est un peu froid. Il y a des règles à ne pas enfreindre partout avec amendes ou punitions à la clef si on les transgresse. En même temps, on s’en fout un peu, on est mort de fatigue, on dormirait n’importe où. On part pour une petite expédition dans Silom pour aller manger, suivant les recommandations de Ms Bee. On traverse sans le savoir la pire rue de la ville, celle du night market Patpong, où se trouvent également les bars de spectacles de ping pong girl. Mais, nous n’en sommes pas à nos premiers échanges d’armes et on repousse ces harangueurs suspects et leur spectacles louches. Ça sent l’arnaque à 100 km leur truc.

Finalement, au bout de cette rue, dans un petit stationnement public converti le soir en aire de restauration, se trouvait rien de moins que le bonheur. N’étant pas un grand fan de pad thaï, je me forçai quand même à en prendre un, n’en ayant jamais mangé dans le pays de son origine. Trouvant ce plat assez semblable à un renvoya de chien, je n’avais jamais accroché auparavant. L’expérience me marqua. Ce pad thaï avait un je ne sais quoi qui le différenciait définitivement des autres. Nouilles plus fermes, goûts plus francs et les assaisonnements servis en à côté, chili en poudre, piments dans le vinaigre, sucre et arachides faisaient en sorte que l’on pouvait ajuster l’assaisonnement à notre goût.

Affamé, je pris également un plat en apparence d’une banalité sans nom, le poulet sur riz. Il s’agit de poulet bouilli servi sur du riz blanc, point. Mais... le poulet est cuit dans un bouillon qui a servi à bouillir 100 autres poulets avant et le riz est aromatisé avec ce bouillon. Le poulet est tendre, juteux et très parfumé. Le riz est fondant et a tout juste ce qu’il faut de gras de poulet pour qu’il ne soit pas sec. On sert le tout avec un petit bol de ce bouillon magique, les saveurs sont tellement intenses qu’on le déguste à petites gorgées.

C’est bien repus que nous retournons chez Ms Bee s’effondrer de sommeil.

Bouffe de rue à Bangkok 
18
mars
18
mars
Publié le 9 avril 2019

Au Cambodge, ce fut un peu comme en Chine, on devait passer rapidement et seulement visiter les temples d’Angkor. Mais dès notre arrivée, nous avons été subjugués par le sourire et la gentillesse des Cambodgiens. C’était tellement relaxe de voyager dans ce pays qu’on a voulu prolonger notre séjour. Du coup, notre circuit a été un peu erratique. On est parti à l’ouest puis on est revenu complètement à l’est pour finir par retourner à l’ouest pour passer la frontière avec la Thaïlande.


Notre voyage au Cambodge en chiffres :

  • du 27 février au 18 mars 2019
  • Nombre de jours au Cambodge = 19 jours
  • Température = entre 31°C et 36°C
  • Budget moyen = 47,95 $ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé au Cambodge :

+ le sourire des Cambogiens,

+ les temples d’Angkor,

+ le amok, un soufflé de poisson au curry.


Ce qu’on a moins aimé au Cambodge :

- les feux de poubelles dont la fumée envahie les villes à la nuit tombée,

- les sono qui hurlent à tue-tête pour tous les événements de la vie (mariages, funérailles) ou simplement le pique-nique du dimanche ou le karaoke,

- la déforestation.


Vive le Cambodge !

Prochaine étape en Thaïlande !


Bayon, notre temple préféré 
17
mars
17
mars
Publié le 5 avril 2019

Dernière halte au Cambodge, la ville de Battambang est très accueillante pour les touristes, faute d’être bucolique. Les rues sont pas mal défoncées, la moitié des commerces sont fermés, ce n’est pas très propre, mais il y a une belle architecture coloniale.

Depuis Banlung, nous avons adopté les hôtels sans climatisation. De un, parce que des fois, on a juste pas le choix et de deux, parce que c’est moins cher et je dirais de trois, parce qu’on commence à s’habituer à la chaleur. C’est donc dans un four que nous avons loué une chambre pour notre séjour. Heureusement que nous avions une fenêtre, enfin, c’était avant d’entendre les litanies mortuaires des moines hurlées dans des haut parleurs à 6h30 du matin (... tous les matins).

Au Pomme hostel, au coeur de Battambang 

Beaucoup de choses à voir aux alentours de Battambang : fabrique artisanale de feuilles de riz, de pâte de poisson, de bananes séchées au soleil, de nouilles, de happy water et j’en passe. Mais les attractions principales sont la montagne au Bouddha avec une cave qui servit aussi de charnier pendant la période des Khmers rouges et l’envol des chauves-souris au coucher du soleil.

En une journée nous avons fait le tour de toutes les attractions, intéressantes certes, mais pas transcendantes non plus. Il faut dire qu’après les temples d’Angkor, le reste du Cambodge ne peut qu’être moins impressionnant.

Visites gourmandes et culturelles autour de Battambang 

Une mention peut-être au sujet du bamboo train. Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre. J’imaginais une locomotive en bambou qui traine quelques répliques de wagons en bambou, truc hyper kitch et usé à la corde. En fait, ce n’est pas ça du tout. Le bamboo train, c’est juste une plate forme minuscule pouvant assoire six personnes, le guide et le chauffeur. Les roues sont actionnées par un petit moteur à essence sur l’unique voie. On fait quoi quand on croise un autre bamboo train ? C’est simple, celui qui a le moins de passagers doit céder le passage. On démonte le bamboo train, on le met sur les bords du rail et on le remonte ensuite. Sur un trajet de 2 km, ça peut se produire 3 ou 4 fois.

Le bamboo train de Battambang 

L’autre événement digne de mention est l’envol des chauves-souris. Aussitôt le soleil derrière l’horizon, elles se précipitent hors de leur grotte. Ce ballet d’une heure met en scène une petite dizaine de millions de chauves-souris qui forment une nuée hypnotisante et poétique. Mais les chiropteras auraient pu disparaître car elles constituent un met de choix pour les palais locaux. Une famille voisine tire un revenu confortable de la collecte des fientes des petites bêtes et a donc commencé à les protéger. Sans elle, aucune initiative gouvernementale n’aurait permis de les épargner. Exemple parmi tant d’autres que l’intérét pécunier est le seul rempart pour sauver l’environnement.

L’envol des chauves-souris au dessus des cocotiers
14
mars
14
mars

De retour à Phnom Penh pour un arrêt d’une soirée, nous avons été témoin d’une forme de « divertissement » qui nous avait complètement échappée depuis notre arrivée au Cambodge. Côté sombre et moins glamour de la ville, la prostitution est pourtant omniprésente. Pour arriver à notre hôtel, il nous a fallu traverser le quartier rouge de la ville. Les bars à hôtesses se succédent. Les filles, parfois mineures attendent patiemment sur leur tabouret. Quand on sait que le salaire minimum est à 5,5$ CAD / jour, notamment dans l’industrie du textile, il n’est pas difficile de recruter des candidates. Le quartier est fréquenté par les touristes occidentaux mais tous les publics sont représentés. On voit aussi bien des vieux mononcles que des beaux gosses bodybuildés se ballader avec 2 petites Cambodgiennes à l’air dépité. Bref, début de soirée plutôt déprimant qui nous a mis face à face avec la réalité du pays.


Malgré tout, on aime Phnom Penh. La promenade sur le bord du Mékong y est agréable. On a pris plaisir à boire l’apéro sur le toit de notre hôtel en regardant l’animation de la ville.

À Phnom Penh, sur les bords du Mékong 
13
mars

Si on croyait être dans une habitation modeste à Balung, nous avons eu un rappel à Kratie qu’on peut faire encore plus modeste. Déjà, cette ville est si petite que le chauffeur est passé tout droit et à dû revenir en arrière nous déposer. Nous étions les seuls à descendre ici et il nous avait tout bonnement oublié. Il fallait ensuite prendre un traversier pour rejoindre notre hébergement qui se trouvait sur l’ile de Koh Trong juste en face. Nous avons traversé le bras de rivière dans un bateau poussif, fumant et pétaradant dont seuls les cambodgiens ont le secret.

Trouver Pomelo homestay ne fut pas très difficile. Il fallait suivre la seule route qui fait le tour de l’ile jusqu’à la maison avec trois arbres à pomelo en face. Ici, pour on est dans la maison des habitants, on dort, on mange et on vit Khmer pour environ 8$ par jour, par personne, chambre privée, petit déjeuner et souper Khmer inclus. Ici, la douche aussi est khmer, c’est en fait un bidon d’eau de pluie dans les toilettes. On prend l’écuelle de plastique et on s’asperge d’eau fraîche, on savonne, frotte, rince et c’est terminé. Principe simple, efficace et très rafraîchissant. Il faudra quand même deux ou trois douches pour arriver à faire décoller la terre rouge incrustée dans nos pieds et nos mains. Le groupe présent en ces lieux est très sympathique et fera en sorte que nous resterons une nuit de plus. Juliette, la petite française sympathique qu’on avait croisé à Banlung est ici également.

Sur l’île de Koh Trong, au milieu du Mékong 

Les attractions principales ici sont quelques temples, la balade à pied autour de l’île, les dauphins de rivière et le farniente en hamac les deux pieds dans le Mékong. C’est en tuktuk que nous ferons notre tournée avec 4 autres touristes, néerlandais et français. L’observation des dauphins se fait en bateau, mais il est inutile de s’éloigner du bord, ils sont tous regroupés au même endroit et se baladent dans un rayon de 500 mètres. Il faut juste essayer d’anticiper leur déplacement, partir brièvement le moteur pour s’élancer dans la direction voulue et couper le moteur. On se laisse ensuite glisser en silence et avec un peu de chance les mammifères feront irruption près du bateau. Mais, quand on descend du bateau et qu’on remonte l’immense escalier qui mène à la rue, on voit encore mieux les dauphins. Heureusement que c’est pas trop cher.

Temples et dauphins 

Nous avons passé le reste de la journée dans une station balnéaire construite sur pilotis au dessus du Mékong. Des paillotes géantes peuvent certainement accueillir un bon millier de visiteurs sans manquer de hamac. Nous avons donc descendu quelques bières et le courant du Mékong à quelques reprises pendant ce temps.

Aux rapides du Mékong  
9
mars
9
mars

Nous prenons maintenant la direction du nord est du Cambodge dans le but de visiter le parc naturel du Virachey dans le Ratanakiri. La ville la plus proche se nomme Banlung et nous serons hébergés dans le modeste mais combien confortable Family house homestay de Puthea. Le groupe de touristes présent sur place est sympathique et on se régale de la cuisine familiale Khmer.

Seul rappel, si besoin est, que la conduite en mobilette est périlleuse au Cambodge, nous ferons la connaissance d’un jeune russe dans un bien piteux état. Couvert de plaies tachées de teinture d’iode, il se repose dans un hamac, il est raide comme Frankenshtein dont il a la démarche. Selon ses dires, il est simplement tombé dans le sable à basse vitesse... Malgré cela, nous avons pris une journée pour visiter la région en mobilette. Certains points d’intérêt dépendaient de la présence de l’eau qui manquait cruellement en cette période. Mais, nous avons pu profiter du spectacle de la récolte des noix de cajou. Nous avons parcouru des kilomètres de plantations d’arbre à cajou. Le fruit sur lequel la noix pousse n’est pas conservé et il est jeté au sol où il pourri et fermente rapidement. L’odeur qui règne dans la plantation fait tourner la tête, ça sent la carambole pourrie avec une pointe d’alcool et de noix de cajou, tout un cocktail. On pouvait voir ensuite les exploitants se balader avec des sacs de 50kg de noix sur leur mobilette pour aller les vendre.

Banlung et alentours 

La chaleur étant toujours aussi accablante, on a décidé de ne faire qu’une courte randonnée dans la jungle. Il nous semblait que des journées de 18 km de marche par cette chaleur et cette humidité seraient au dessus de nos forces. Oh, que nous avions vu juste. La première journée, nous sommes partis en tuktuk et avons roulé 1h dans la poussière rouge caractéristique de la région. Puis 30 minutes de pirogues nous ont conduits au départ de notre trek. Nous n’avons marché que 3 heures et pourtant nous étions complètement fourbus et transis de sueur. Il faut dire que pour atteindre la jungle il fallait traverser une zone de brûlis encore chaude et fumante, l’enfer sur terre. Nous étions accompagnés pour l’occasion par un guide, un ranger et une petite touriste française sympathique du nom de Juliette. Le ranger ne faisait qu’un avec son environnement, il nous a fait découvrir la flore et la faune locale avec passion. Au moment de faire sa connaissance, il courrait derrière un petit lézard qu’il tua d’un coup de machette. Ce serait l’apéro pour le repas du soir.

Nous avons établi le campement dans le lit d’une rivière asséchée. En temps normal, une jolie cascade doit couler à cet endroit. Pour le moment, seul un filet d’eau alimente un petit bassin tout juste assez grand et profond pour nous accueillir tous les trois en même temps. Pendant que le ranger préparait le repas, de la soupe cuite dans un bambou, on se rafraichissait dans notre bain tourbillon. Les hamacs ont été installés entre deux bambous fixés aux arbres. Cela complétait le tableau de notre campement. L’endroit était dégagé et permettait de profiter de la jungle sans être étouffé par celle ci. Le lieu du campement était stratégiquement placé près d’une forêt de bambou dont le rangers faisait grand usage. Que ça soit pour se faire une grille pour chauffer le pain sur le feu, réparer le support à hamac ou fabriquer des tasses et des touillettes à café, il partait avec sa machette et revenait avec ce dont il avait besoin. Le repas du soir fut savoureux et copieux, bien relevé à la sauce Khmer. Et les restants ? Ne vous inquiétez pas, ceux ci serviront de petit déjeuner au rangers.

Dans les plantes dégustées, il y a eu un genre d’oseille mais avec des tiges énormes (« sour leaf »), on mangeait tout, feuilles et tiges. Il y eu aussi l’arbre à eau, cette liane qui coupée par tronçon de 50cm laissait couler une sève claire et limpide dont on s’abreuvait. On a vu un arbre à la fibre rouge qui guérit la diarrhée dûe à la malaria (scroba ou « malaria tree »). Et comme dernière dégustation, il entailla une racine qui goutait sucré, très sucré, un peu comme du stevia. Le goût restait dans la bouche pendant des heures. Côté animal, on a savouré quelques fourmis rouges croquantes au goût acidulé.

Le lendemain, nous nous sommes enfoncés un peu plus dans la jungle qui était bien dense malgré la sécheresse du climat. On a observé le « sap tree burning », un arbre qui est entaillé puis enflammé pendant 1 h. La cire noire qui s’en écoule sert alors à imperméabiliser les pirogues ou à fabriquer des bougies. Plus loin, il y avait aussi un arbre creu rempli de chauves-souris. Le retour se fit par les brûlis, toujours aussi enfumés et brulants sous le soleil de plomb. On étouffait dans ce décor dantesque tant et si bien que le ranger fit une halte sous une maison sur pilotis. Nous avons été accueillis par des chiens maigres suivis par trois enfants pas tellement plus gras. Assoiffés et n’ayant que du thé à boire, j’ai jeté mon dévolu sur des fruits du dragon que je trainais depuis la veille. Ceux-ci avaient une chair d’un fushia intense. Nous en avons donné aux enfants qui ont hésité beaucoup mais devant la douceur d’Aurélie et les mots rassurants du ranger, ont finalement mangé ce fruit qu’ils n’avaient probablement jamais vus.

Dans la jungle aux abords du parc Virachey 

De retour de notre randonnée, nous avons passé une journée de plus à notre homestay. Mais on commençait à être bien écœurés d’étouffer dans la fumée des feux de poubelles qui envahissaient la vallée tous les soirs. Et que dire de la poussière rouge brique de ce village qui s’infiltre partout, salissant vêtements et sac à dos et tachant les mains et les pieds. Même les chiens, les arbres et les maisons sont rouges. « Terre rouge » est d’ailleurs la traduction de Banlung en Khmer.

4
mars
4
mars

Majestueux, uniques, inspirants, les superlatifs ne manquent pas dans les guides pour décrire les temples d’Angkor. On s’attend à être déçu, forcément. Pourtant, il est difficile de rester de marbre devant ces sculptures de grès. Les temples qu’il est possible de visiter couvrent une vaste superficie, les plus lointains étant à 25 km de Siem Reap. Et malgré cela, il y en a encore beaucoup qui sont cachés dans la jungle, attendant d’être restaurés et présentés aux touristes. Le potentiel archéologique est énorme et on n’en effleure que la surface en ce moment. Cela dit, ce qui est découvert aujourd’hui est franchement impressionnant. Dans le circuit classique de la « petite boucle », « moyenne boucle » et « grande boucle », on dénombre une bonne trentaine de temples. Nous les avons visités en tuktuk et en vélo, malgré la chaleur infernale qui règne sur le site. Heureusement, les routes sont abritées dans la jungle, mais il fait quand même 36°C à l’ombre.

Bayon 

Parmi les temples qui ont retenu notre attention, on compte Bayon, les sculptures sont très détaillées et en bon état. Ce temple permet de se perdre un peu dans ses dédales et fuir par la même occasion les hordes de touristes qui le visitent au pas de charge.

Temples secondaires d’Angkor 

Quelques temples secondaires, plus sobres ou encore en ruine, ont l’immense intérêt d’être désertés par les tours guidés. On se retrouve alors seul avec pour unique son, le chant assourdissant des grillons. Immersion garantie dans un autre monde. Dans ces moments, on se prend à rêver qu’on est les premiers explorateurs de ces lieux.

Ta Phrom, envahi par la jungle

Le temple Ta Prohm a été rendu populaire pour l’utilisation de son architecture dans le jeu vidéo Thomb Raider. Ce dernier est immense et certains arbres se sont encastrés dans la structure, épousant le profil du temple et s’infiltrant entre les briques. Les fromagers de 400 ans, arbres gigantesques, parsèment le site. Ils ont un peu l’aspect du fromage fondu qui coule.

Banteay Srei, le temple des femmes 

Ensuite, le temple des femmes, qui doit son nom à une ressemblance étymologique entre la langue ancienne khmer et l’anglais. Donc, rien de féminin dans ce temple hormis peut-être qu’il inspire l’admiration et que la roche est légèrement rosée. Mis au jour tout récemment, ses bas reliefs sont intacts et offrent un spectacle saisissant. Il a également été mis en valeur par un jolie musée extérieur qui relate les faits saillants de son histoire et de sa restauration. Ce temple est aussi célèbre pour l’abracadabrante histoire de vol de certains de ses bas reliefs par Malraux. Personnage Français peu scrupuleux sévissant au début du vingtième siècle, il comptait refaire sa fortune en revendant le fruit de ses rapines sur le vieux continent. Malheureusement pour lui, il se fit prendre et purgea 3 ans dans les geôles Cambodgiennes.

Angkor Wat, le temple mythique 

Et dernier temple, mais non le moindre, Angkor Wat, gigantesque, il est impressionnant pour ses bas reliefs, son architecture, ses tours énormes et aussi le fait qu’on peut visiter sa tour principale. Après avoir attendu en ligne 15 minutes, on gravit un escalier hyper abrupt pour avoir une vue à 360 degrés sur le site. Ce temple est envahi par des groupes de 40 touristes braillards et encombrants et des singes. Lesquels sont les pires ? On ne sait pas trop. Mais l’ironie est douce quand on voit les deuxièmes s’en prendre aux premiers. Sucettes, sacs de mangues fraichement coupées, bouteilles sont arrachés des mains et consommés immédiatement après.

3
mars

Après la visite des Killing fields et de S-21, nous nous sommes dirigés vers Siem Reap où se trouvent les fameux temples d’Angkor. La ville est bien certainement très touristique, mais pas dans le sens péjoratif. Il y a beaucoup de bons restaurants, offrant un menu Khmer et occidental. La rue principale, Pub street, est animée le soir, mais sans que ça soit démesuré. On s’assoit à une des nombreuses terrasses pour se rafraîchir avec de la bière à 50 cents le verre et un bac de glaçon.

Pub street et autres coins de Siem Reap 

Nous avons pris un jour de repos pour suivre un cours de cuisine. C’est dans un restaurant tenu par un Belge qui fait des crêpes bretonnes que nous nous sommes initiés à la cuisine Khmer. La chef Channy est bien khmer et est une cuisinière hors pair. Nous avons choisi 10 plats au total : 4 entrées, 4 plats principaux et 2 desserts. Le fish hamok (poisson au curry) et les bananes flambées au rhum et fruit de la passion ont été nos favoris. Les salades ont pas mal toute la même vinaigrette à la sauce de poisson, et varient certains ingrédients comme la mangue verte râpée, les crevettes et le poulet.


Pour ceux qui seraient tentés de cuisiner khmer, voici les recettes éprouvées :

http://www.angkor-cooking-class-cambodia.com/html/video.php

Marché et cours de cuisine à Siem Reap 

L’idée saugrenue nous est venue d’aller visiter les villages flottants. Deux raisons pourquoi ce n’était pas une bonne idée. Les fameux villages étaient à 15 km sous un soleil de plomb et nous sommes partis à vélo. Ensuite, les villages ne flottent pas dans l’eau à cette période de l’année, ils reposent dans un lit de gadoue puante. En plus, il fallait débourser 20 $ US pour les visiter plus 20 $ pour le bateau, non merci. Tout au long de la route nous avons vu les petits commerces offrant des hamacs pour se rafraichir tout en se reposant. La vue imprenable sur cette étendue de boue nous laissait de glace malgré la chaleur insoutenable.

Autour de Siem Reap 

Nous sommes allés nous réfugier à notre hôtel ou la piscine procurait un soulagement temporaire. Nos hôtes, un jeune couple dans la soixantaine, lui Pakistanais et elle Australienne, s’assurait que notre séjour se passait sans le moindre tracas.

Au Areca hôtel, notre petit paradis 
28
fév

*** Âmes sensibles s’abstenir ***


Le lendemain de notre arrivée, direction les sites principaux de Phnom Penh, soit les Killing fields et la prison S-21. Déjà en se rendant aux Killing fields, ça donne un coup. Notre tuktuk passe par des quartiers de la ville assez pauvres et assez pollués. Les immondices jonchent les sol partout et on étouffe dans les feux de poubelles.

L’atmosphère aux Killing fields est lugubre, l’audioguide fourni à l’entrée s’en assure. Le narrateur est d’origine cambodgienne s’exprimant dans la langue de notre choix, le Français dans notre cas. Cet endroit a été la destination finale pour plus de 20 000 Cambodgiens. C’est à cet endroit que les Khmers rouges, qui promettaient un monde meilleur à leur peuple, ont conduit leur génocide. Transportés par camions sous différents prétextes, ils atterrissaient à cet endroit pour être exécutés à coup d’objets contondants. Les munitions pour les armes étant chères et peu discrètes, on utilisait marteaux, barres de fer, machettes, masses pour fracasser le crâne des condamnés. Le tout sous le bruit de la génératrice qui crachait des chants révolutionnaires afin de couvrir les hurlements des victimes. Les corps étaient ensuite enfouis sommairement dans des fosses communes et arrosés de DDT pour couvrir la puanteur.

Aujourd’hui, un grand nombre de corps ont été exhumés mais beaucoup de fosses sont restées intouchées. Les ossements et les vêtements récupérés ont été placés dans un mausolée en forme de stupa au centre du site. Les crânes ainsi exposés portaient les marques des coups assénés lors des exécutions. Mais le site n’a pas fini de recracher le fruit de ces horreurs. Chaque année, lors de la saison des pluies, vêtements, ossements et dents refont surface régulièrement.

C’est un peu le moral à plat et avec un arrière goût de DDT dans la bouche que notre tuktuk nous conduisit des Killing fields à la prison S-21.

Cette prison a été établie au coeur de la ville de Phnom Penh dans une école reconvertie pour les nouveaux besoins. Une clôture en tôle et des barbelés l’entouraient, mais de manière discrète afin de ne pas attirer l’attention. L’endroit était gardé secret, son existence étant inconnue des Cambodgiens ainsi que du reste du monde. C’est donc en toute quiétude que les agents de renseignement des Khmers rouges ont pu conduire leurs interrogatoires à S-21. Torturés pendant des semaines afin d’avouer des crimes qu’ils n’avaient pas commis, les prisonniers devaient aussi dénoncer des amis, parents ou collègues afin de corroborer leurs dires. Quelques étrangers sont aussi passés par cette prison. Un navigateur d’origine américaine qui voguait près des côtes cambodgiennes a été arraisonné et conduit à S-21. Torturé comme les autres, il a ainsi avoué qu’il était membre des services secrets et que son supérieur était un dénommé Colonel Sanders (pour ceux qui l’ignorent, c’est le fondateur des restaurants KFC, une chaîne de fastfood). Une fois leur dossier bien étoffé, les prisoniers prenaient le chemin des Killing fields.

Cet endroit est demeuré secret pendant plus de 4 ans et a été découvert lors de la fuite des Khmers rouges en janvier 79. Dans leur précipitation, les tortionnaires ont abandonné les lieux sans détacher les prisonniers qu’ils étaient en train de torturer. Ces corps mutilés ont été découverts par les forces de libérations, témoignant de toute l’horreur des sévices perpétrées en ces lieux. Malgré une tentative d’effacer leurs traces, beaucoup d’archives ont été retrouvées. Les photos des condamnés sont maintenant exposées sur des tableaux géants dans les locaux de S-21. Les traits tirés et le visage émacié, ces photos sont percutantes.

Seules 3 personnes auraient survécu à cette prison, parce que ces individus étaient utiles au régime. Après avoir exécuté ses intellectuels, ingénieurs, professeurs, médecins, il ne restait plus grand monde pour conduire les tâches techniques. Un ingénieur qui avait été emprisonné s’est montré efficace pour réparer les machines à écrire, c’est pourquoi il a été épargné. Encore vivant aujourd’hui à 88 ans, il vend ses livres dédicacés dans l’enceinte même des murs de la prison.

C’est avec beaucoup d’empathie mais un peu honteux de notre ignorance sur les détails du génocide Cambodgien que nous sommes sortis de la prison. Commencer notre exploration du Cambodge par un lieu aussi chargé d’émotion a complètement changé notre image de son peuple. Ces événements sont récents et chaque Cambodgien aujourd’hui peut encore témoigner de l’horreur de cette période et a au moins un membre de sa famille qui a souffert du régime de l’Angkar. C’est d’autant plus surprenant de voir la joie de vivre et le sourire des Cambodgiens.


Pour plus d’infos sur les Khmers rouges et les « champs de la mort» ainsi que sur Bophana, une victime devenue célèbre, voir les liens suivants :

http://www.killingfieldsmuseum.com/

http://bophana.org/fr/about/bophana/

Bophana, victime des Khmers rouges 
27
fév
27
fév

Le trajet en bateau pour rejoindre Phnom Penn est d’environ 5 heures, plus 7 dans notre cas. Les formalités aux postes frontières vietnamiens et cambodgiens comptent pour beaucoup dans l’allongement de ce délai. La « croisière » nous permet d’observer les berges vietnamiennes pendant la première heure, la rivière devenant beaucoup plus large ensuite, on ne voit plus grand chose.

Delta du Mékong côté vietnamien 

Enfin, le Cambodge ! Nous foulons le sol cambodgien en début d’après midi, le soleil plombe et il règne une chaleur infernale. Première impression, la ville est relativement propre, on ne se fait plus klaxonner pour un oui ou pour un non et les guichets automatiques distribuent uniquement de l’argent américain. Encore un peu perplexe sur la présence d’argent américain, on n’ose pas trop faire de retrait. Il est fort probable que le taux de conversion de la monnaie Américaine au Cambodge ne soit pas à notre avantage.

Les moyens de transport ne sont plus les mêmes, on voit des tuktuk partout. Cette charrette à deux roues peut accommoder jusqu’à quatre passagers, voire plus si on est Cambodgien. La remorque est attachée à une moto, sur le banc, avec un système ultra encombrant qui tape constamment dans les reins du conducteur. Il y a aussi des rickshaw, petits véhicules à 3 roues en forme de bulle, ils deviendront notre moyen de transport favori. Notre hôtel est situé au coeur de la ville, dans un quartier bourré de restos sympas.

Avant de partir en exploration, on plonge dans la piscine pour tenter de se rafraîchir un peu. Ici, la chaleur est caniculaire, de jour comme de nuit.

Arrivée au Cambodge, douane et capitale 
27
fév
27
fév
Publié le 17 mars 2019

Après plusieurs semaines au Vietnam, il était temps pour nous de découvrir une autre culture. C’est donc l’heure du bilan. Quoi de plus représentatif que de parler des mobilettes au Vietnam pour clore ce chapitre ?

Les mobilettes au Vietnam ... De toutes les tailles, de toutes les formes, toutes différentes mais toutes pétaradantes, bruyantes et dotées d’un klaxon fonctionnel et utilisé à outrance. Casque obligatoire mais souvent « oublié », accroché au guidon ou de qualité tellement médiocre qu’il serait complètement inutile en cas d’accident. Tout le monde grimpe sur la mob, jusqu’à 5 passagers même : mamie, bébé ou la mariée, chiens, cochons (saucissonnés ou en cage), poulets. Aucun chargement n’est trop lourd ou trop encombrant : une moto sur une mobilette, un frigo, des chaises, des arbres en fleur pour le Têt, une cargaison d’oeufs, des bonbonnes de gaz ou des bidons d’eau, un escabeau, du foin pour le bétail. Tout peut être tiré par la mobilette : des troncs d’arbres de 5 mètres, des barres de fer de 30 mètres, des boutiques mobiles. D’ailleurs, une mobilette peut être transformée en n’importe quel commerce : épicerie, glacier, stand à brochettes, affûtage de couteaux, vente de poissons rouges, imprimante public, coiffeur, recyclage de cartons. On va partout avec une mobilette : sur la plage ou sur la montagne, dans le restaurant, dans le marché ou dans l’église (bien comprendre « dans », soit à l’intérieur), au milieu des rizières. Et on se stationne sur le trottoir pour aller faire ses emplettes. Vous l’aurez compris, la mobilette a un statut spécial. Elle a remplacé le vélo dans le coeur et dans la vie des Vietnamiens. Pas étonnant qu’elle rentre tous les soirs dans les salons pour faire dodo. Bien trop précieuse pour risquer de se la faire voler. Mais qu’arrivera-t-il en 2030, date à laquelle la ville d’Hanoï veut interdire la circulation des 5 millions de mobs ? C’est le bon moment pour le transport en commun de se faire une place !

Mobilettes au Vietnam ! 

L’autre chose qu’on ne peut ignorer au Vietnam, et qui est très lié au premier point, c’est le BRUIT. Partout, toujours, fort. Voici un article qui résume bien l’environnement sonore au Vietnam. Seul oubli, selon nous, les coqs qui chantent à toute heure du jour ou de la nuit bien loin d’annoncer le jour qui se lève.

https://www.lecourrier.vn/mal-a-louie/115742.html


Notre voyage au Vietnam en chiffres :

  • Voyage du 7 janvier au 27 février 2019
  • Nombre de jours au Vietnam = 50 jours
  • Température = entre 5°C et 36°C
  • Budget moyen = 33,45$ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé au Vietnam :

+ la boucle dans la région d’Ha Giang,

+ les croisières ou ballades en bateau,

+ les tours en mobilette,

+ fêter le Têt dans la famille de Viet Ha,

+ les eggcoffee, chè, pho et autres nems.


Ce qu’on a moins aimé au Vietnam :

- la pollution : sonore (le bruit, surtout les klaxons intempestifs), atmosphérique et les déchets partout,

- le tourisme de masse à Sapa,

- les chauffeurs de bus,

- les infestations de cafards régulières.


Vive le Vietnam !

Prochaine étape au Cambodge !

26
fév
26
fév
Publié le 12 mars 2019

Il a quand même fallu quitter Phu Quoc et ses stations balnéaires russes. Nous avons réservé un bus à la dernière minute, pris le traversier par une mer démontée, repris un autre bus, changé encore vers un autre bus pour finalement arriver 7 heures plus tard notre destination : Chau Doc.

Dernière étape du Vietnam, point de départ vers le Cambodge, Chau Doc est une petite ville animée sur les bords du delta du Mékong. La ville est fréquentée par beaucoup de touristes en croisière. Nous y avons dégusté de l’anguille à la sauce de poisson. La chair délicate fondait dans la bouche, un délice !

Chau Doc sur les bords du Mékong 
20
fév
20
fév

Dans nos recherches, l’île de Phu Quoc semblait déchainer les passions. Paradisiaque pour certains, bienvenue comme « un pet dans un habit de cosmonaute » pour d’autres. Nous avons donc décidé d’aller voir par nous même, les chances d’y trouver notre compte étant quand même assez bonnes. Il s’agit au final d’une énorme station balnéaire pour Russes. Couverte d’hôtels de luxe et de restaurants aux menus traduits en russe, elle est destinée essentiellement à profiter des charmes de ses plages.

Trajet vers l’île de Phu Quoc 

Un peu las des hébergements modiques, nous en avons profité pour rehausser le budget et se payer un hôtel 4 étoiles. Pour 3 jours seulement au départ, nous avons étendu le séjour pour 3 autres. Nous avons pu profiter de bons rabais sur les agences en ligne. Mais aussi, JF n’avait pas pu profiter trop, trop des commodités, se vidant les entrailles pendant les 3 premiers jours dans la chambre.

LaHana Resort, au milieu de la végétation luxuriante
Playa ! 
Marché de Duong Dong et alentours

Nous avons loué une mobilette pour 2 jours. Mais entre les mobilettes en piteux état et les casques qui ne font pas, nous avons presque mis 2 heures à trouver la perle rare. L’île étant assez grande, on n’avait pas trop envie de se retrouver en panne à 25 kms de notre hôtel. Nous avons bien profité de ce moyen de transport. Visite d’un petit apiculteur très soucieux de l’environnement, trait rarissime au Vietnam, beaucoup de fleurs, plantes aromatiques et arbres fruitiers avaient été plantés partout sur la propriété. Un tour guidé nous permettait de découvrir toutes ces variétés comme l’arbre à cajou, la citronnelle, le jacquier, le manguier, le basilic, .....

Tout juste à côté, nous avons pu visiter une plantation de poivre. Comme c’était la période des récoltes, nous avons vu ces jolies grappes de baies vertes et rouges, prêtes à être cueillies.

Miel, poivre et plage dans le nord de à Phu Quoc 

Le lendemain, nous avons fait un tour à la Coconut prison. Celle-ci est une reconstitution, l’originale ayant été détruite après la guerre. Théâtre des pires sévices que les américains et leurs alliés ont fait vivre aux prisonniers, les reconstitutions sont poignantes. Certaines scènes de torture sont reproduites avec des statues en plâtre avec une telle exactitude qu’une des touristes coréennes qui visitait avec nous est sortie précipitamment pour aller vomir dehors.

Après cette visite, nous sommes allés voir la fabrique de nuoc nam. Il n’y a rien à visiter en fait, si ce n’est que d’observer les énormes barils de l’extérieur et de se faire saisir à la gorge par l’odeur. C’est à cet endroit que la batterie de notre mobilette rendit l’âme. Mais comme on l’avait pressenti à la location, la dame du magasin se montra digne de confiance et nous fit remplacer la mobilette en moins de 45 minutes.

C’est sur notre nouveau destrier que nous sommes partis à la conquête des plages du sud de l’île. Celles-ci sont beaucoup plus belles que leurs consoeurs du nord : sable blanc ultra fin et mer cristalline à faire rêver. Mais malheureusement, il ne faut pas trop sortir des zones exploitées sinon on tombe sur les décharges de déchets que celles-ci produisent.

Le sud de l’île de Phu Quoc 

Encore en mal de plage et de mer chaude, nous avons réservé 2 jours supplémentaires dans un autre resort, mais cette fois avec accès direct à la plage. C’est ainsi que nous passèrent les 2 derniers jours à faire les crottes de chat à brunir tranquillement sur la plage au son des vagues. Comme mentionné plus tôt, ces plages sont moins belles et la mer est trouble. Autre fait un peu irritant, si je peux me permettre, c’est que cette eau est urticante. Il semblerait que les tortues qui se délectent des méduses ne fassent pas le travail au complet et qu’il reste dans l’eau plein de petits débris de méduses. En fonction des courants ou de la période de la journée, la baignade pouvait se transformer en crise d’urticaire.

À notre hôtel, les pieds dans le sable, les yeux dans la mer
17
fév
17
fév
Publié le 2 mars 2019

Courte halte d’une soirée dans la ville de Rach Gia. Le seul intérêt de cette ville est que les bateaux pour l’île de Phu Quoc partent de son port. On soupçonne que les aspirations des autorités locales pour cette ville sont beaucoup plus grandes. Un tour de ville permet de constater qu’elle est envahie par les chantiers de grands hôtels. Il est vrai que la promenade le long de la mer, toute bétonnée bien sûr, est quand même jolie. Mais hormis son usine de nuoc mam et son port, les attractions sont plutôt limitées ici. C’est dans cette ville, en buvant l’eau prétendument bouillie de l’hôtel que JF attrapa sa première tourista du voyage !

Une soirée à Rach Gia 
16
fév
16
fév

C’est le coeur gros que nous avons quitté Ho Chi Minh et la famille de Bao. Nous avions déjà étendu notre séjour parce qu’on ne pouvait pas partir la fin de semaine, parce que c’était la Saint-Valentin, parce qu’on n’avait pas encore essayé le super resto de fruits de mer. La dernière raison était qu’on ne pouvait pas partir un jour impair. Bien qu’on n’avait pas besoin de raison supplémentaire pour avoir envie de rester, il fallait bien que l’aventure reprenne.

Nous sommes donc partis en direction de la capitale de la région du Mekong, Can Tho. Ville de taille raisonnable, elle attire nombre de touristes qui veulent sillonner son fameux delta en bateau. Les berges du delta en ville sont bien sûr bétonnées, mais ils ont construit une jolie promenade qui s’étire sur près de 2 kms. Elle permet d’apprécier le paysage pendant que passent au loin les bateaux et les énormes touffes de jacinthes d’eau.

Les abords de Can Tho 

Les embarcations ne manquent pas sur les eaux du delta. Elles sont propulsées par un étrange moteur grimpé sur un pivot au derrière du bateau. Ces moteurs sont pourvus d’un axe démesuré qui permet de joindre l’eau avec l’hélice. Le capitaine peut à volonté guider l’hélice afin de s’ajuster à la profondeur de l’eau et éventuellement retirer les sacs en plastique qui ne manquent pas de s’emberlificoter dans l’hélice. En fonction de la taille du bateau, le moteur varie en taille et en bruit. Les plus petits sont des moteurs de rotoculteurs, suivis par des moteurs de tracteurs à gazon (avec parfois le capot des lumières) et pour terminer par des moteurs de voiture ! Et pour couronner le tout, ils font un boucan épouvantable en crachant leur fumée noire.

Et c’est aux petites heures du matin, en pleine obscurité, que nous sommes partis sur les flots du détroit du Mekong à la rencontre de ses fameux marchés flottants. Avec une bonne centaine d’autres bateaux, nous tentions tant bien que mal de nous frayer un chemin entre les péniches qui navigaient à contre courant, les bateaux restaurants, les touffes de jacinthes d’eau et les objets flottants non identifiés. Les bateaux café, petites embarcations rapides et maniables faisaient le relais entre les bateaux de touristes. L’un d’eux nous accosta brutalement, comme un pirate, et offrit ses services, thé, café, eau de coco. Debout depuis 4h du matin, l’expresso vietnamien était bienvenu.

Il doit falloir un bon deux heures pour atteindre le marché flottant de Cai Rang à partir de Can Tho. Ce marché fait principalement dans la vente en gros. Les vendeurs arrivent avec leur cargaison de fruits et de légumes, mettent l’ancre pour 2 ou 3 jours le temps de liquider le stock et il repartent. Pour savoir ce qui se négocie, les vendeurs tendent une longue perche avec accroché au bout un exemplaire de leur inventaire. Régime de banane, melons, potirons, patates douces, on trouve de tout. Ce marché est cependant en déclin. Très populaire quand le réseau routier n’était pas bien développé, il perd maintenant en popularité au profit du camionnage.

Sur l’eau aux petites heures 
Dans le delta du Mékong 
Marché de Cai Rang 
Marché de Muoi Cuong et fabrication de nouilles de riz 
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Publié le 27 février 2019

Après quelques jours de farniente dans la maison à boire des bières avec des glaçons et à glander sur internet, nous nous sommes décidés à affronter la chaleur de la ville. En cette période de festivités, la ville était déserte, en comparaison à son effervescence habituelle. On pouvait traverser assez facilement les boulevards sans craindre la horde de mobylettes enragées. Beaucoup de magasins étaient fermés, près de 90% avaient leur rideau de fer abaissé.

Hôtel de ville, Opéra, tours modernes ... 

Nous avons visité le Palais de la réunification, icône de la victoire de la guerre du Vietnam. Le palais était le chef lieu des forces de la coalition. Quand un pilote échappa à la surveillance, il lâcha une bombe qui détruisit les escaliers de l’entrée. Cela ébranla le pouvoir en place et mena éventuellement à la capitulation en avril 1975.

Ce palais ne revêt pas uniquement un intérêt historique, c’est aussi un joyau architectural. Achevé en 1966, il est l’oeuvre d’un jeune architecte vietnamien. Résolument moderne, il n’en reste pas moins vietnamien. Avec ses plafonds de 10 mètres, ses fenêtres en fentes, ses espaces ouverts, ses meubles d’époque, il respire la grandeur, le pouvoir et la quiétude.

Le sous sol de ce batiment était un bunker pouvant accueillir 70 personnes. Haut gradés de l’armée, stratèges, membres du gouvernement, opérateurs en télécommunication, tous étaient installés dans un dédale de salles minuscules et de corridors étroits. Les équipements de communication étaient encore présents dans les locaux, cela ajoutait au côté mystérieux de cet endroit, tout comme le fait d’être seuls pour cette partie de la visite 15 minutes avant la fermeture et le doute de se faire enfermer dans ce sous sol hors du temps.

Voyage dans le temps au Palais de la réunification 

Nous sommes également sortis quelques fois au restaurant, une fois dans un buffet et une autre fois pour aller manger le bun cha (se prononce « boun chaaoo »). Ce dernier est composé de viande grillée servie dans un bol de nuoc mam. On prend une feuille de riz ultra fine, on ajoute de la verdure, salade, basilic, coriandre, herbe au goût de marais (ça, j’en mets pas) et piments forts, on dépose un peu de viande et / ou un morceau de nem, des nouilles de riz, on roule et on déguste. C’est croustillant, rafraîchissant, avec la salade juteuse et les herbes aromatiques, c’est un vrai bonheur pour les papilles. On fait descendre avec de la bière aux glaçons et comme dessert, le popscicle au lait de coco et mangue est tout indiqué. Au mur, il y a un énorme poster d’Antony Bourdain et Barak Obama qui descendent des bières autour d’une table avec un bun cha. C’est dire combien ce plat est emblématique du Vietnam.

Bouffe vietnamienne, miam !!! 

Nous avons aussi profité de la présence du consulat du Cambodge pour faire faire nos visas. Une fois sur place, on remplit le formulaire et le fonctionnaire nous demande 35$ USD pour ses services alors que c’est écrit partout, sur internet et sur la documentation au consulat que le montant est de 30$. Il part donc dans une longue explication qui se résume à si on veut qu’il le fasse tout de suite c’est un petit bakchich de 5$. Refusant d’encourager ce genre de comportement, nous avons payé 30$ mais avons dû attendre 3 jours avant de récupérer nos passeports. Les activités n’étant pas complètement terminées pour la fête du Têt, on avait encore du temps avant de quitter Ho Chi Minh. Ce délai supplémentaire ne nous dérangeait pas du tout. Mais, on se demande comment sera le Cambodge si même au coeur de son consulat, on se livre à ce genre de manège.

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Publié le 26 février 2019

Nous avons donc mis la pédale au plancher et quitté Da Nang rapidement à destination de Ho Chi Minh city. Viet Ha et ses parents nous attendaient et nous étions fébriles à l’idée de nous joindre à eux. À l’arrivée, nous avons eu droit à un somptueux repas de crabes. Mais pas le temps de flâner à table, Bao, le père de Viet Ha, tenait à nous faire visiter la rue florale Nguyên Huê. Cette place piétonne de 700 mètres de long était décorée de jardins fleuris, verrat de 3 mètres, année du cochon oblige, et autres décorations aux couleurs vibrantes devant lesquelles les Saïgonais se prenaient en selfie.

Depuis notre arrivée au Vietnam, nous avons toujours eu droit à des regards perplexes quand nous prononcions nos prénoms. Il faut savoir que la langue vietnamienne ne comporte que des mots à une syllabe. Et c’est tout un défi de parler Français pour les Vietnamiens. C’est pourquoi, Huong et Bao avaient un peu de mal à retenir nos noms et un peu plus encore à les prononcer. Pour les aider, nous avons donc « vietnamisé » nos noms. Aurélie est devenue O, qui veut dire « parapluie » en vietnamien, et moi Gep, un genre de dérivé de Jeff et qui veut dire « sandale ». Donc, Aurélie et moi étions pour quelques jours Parapluie et Sandale.

Des fleurs partout pour le Têt. Cette année, c’est le signe du cochon !

Dès le lendemain de notre arrivée, nous avons vu Huong distribuer aux enfants des voisins des petites enveloppes rouges. Quelques bons mots étaient échangés avant de remettre l’enveloppe. Dans l’enveloppe se trouve un billet de banque, de préférence neuf et non froissé, d’un valeur variant de 20 000 à 100 000 dongs. Cette tradition est sensée porter la chance et se pratique entre voisins, amis et membres de la famille. Nous avons eu droit aussi à nos petites enveloppes et nous sommes pris au jeu en en remettant aussi à la famille.

Le soir du réveillon (dans la nuit du 4 au 5 février), nous avons visité la place aux fleurs. Dans un énorme parc, on retrouvait bonsaïs, orchidées et pêchers en fleur. Il y avait une scène où on pouvait observer des talents locaux danser ou s’époumoner sur des rythmes de musique électronique. Il y avait nombre de petits stands de grillades, de bubble tea, de gâteries glacées et d’artisans divers. La foule était compacte, les familles nombreuses se baladaient le nez en l’air, il y régnait une véritable ambiance festive et détendue.

Ce même soir, il y eu tout un manège pour que l’année débute sous les meilleurs auspices. Le 5 étant la première journée de l’année, les premiers visiteurs à franchir le pas de la porte peuvent apporter la chance ou attirer la malchance. Ici, on ne rigole pas avec les superstitions. C’est pourquoi 5 minutes avant les coups de minuit, tout le monde est sorti, le chef de famille a bien verrouillé la porte (pour s’assurer que personne du mauvais signe n’entre en premier dans la maison) et nous sommes rentrés suivant un ordre bien précis. Le patriarche, resté à l’intérieur, a alors accueilli les convives. En premier, il y a eu Huong avec son petit fils dans les bras, suivie de sa fille et suivie d’une personne dont le signe astrologique était celui de l’année qui débute. Comme mon signe est le cochon, je fus donc convié à entrer par la suite. Et finalement, c’est Aurélie qui a fermé la marche.

Dans une famille vietnamienne pour le nouvel an (Têt) 

La maison de Bao et Huong se trouvait à une centaine de mètres d’une artère principale dans une petite ruelle tranquille. À chaque fois que l’on sortait, on saluait les voisins qui buvaient tranquillement des bières assis dans la ruelle, en face de leur maison. À plusieurs occasions, on a été invité pour boire un coup avec eux. C’est là que j’ai découvert la coutume de mettre des glaçons dans la bière. Cela rend la bière un peu plus légère car par 36 degrés, l’alcool tape et ça permet de rester bien hydraté.

À la pagode, pour demander la chance toute l’année

Pendant les 10 jours de la fête du Têt, nous sommes sortis tous les jours car nous étions invités chez parents et amis pour y partager un repas festif. Ces repas étaient souvent composés de bánh chung, gâteau de riz gluant fourré aux haricots mungo et au porc et cuit dans une feuille de bananier, poulet bouilli, goà lia, pâté de viande de porc pilé bouilli, oignons salés et fermentés. À quelques reprises, nous avons reçu des gens à la maison, Huong étant une cuisinière habile et productive, son menu était fameux. Ses nems, soupe de poulet aux pousses de lotus, soupe aux vermicelles et ses crevettes géantes étaient un pur délice. Le nouvel an au Vietnam, c’est pareil qu’en France ou au Canada : tout est question de bouffe et bien évidemment, on mange trop.

Au petit déjeuner, Bao me préparait le café vietnamien et on finissait les restes du souper de la veille. On avait aussi droit à du jus d’oranges fraîchement pressées et à de l’eau de coco à même la noix. C’est pour toutes ces petites attentions et les merveilleux moments passés avec tout le monde qu’on a eu du mal à quitter la petite famille vietnamienne.

On fête le Têt avec la famille et les voisins. 
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Publié le 12 février 2019

Il règne à Hoi An une atmosphère de ville balnéaire touristique, mais sans démesure. Le premier soir, nous avons profité du night life dans le quartier touristique avec les bars donnant sur une mignonette étendue d’eau. Cette partie de la ville est très jolie, on s’assoit aux terrasses pour observer le ballet des petites embarcations illuminées de lanternes multicolores sur le plan d’eau.

Hoi An by night 

Le lendemain, nous avons encore loué une mob afin de parcourir les îles aux alentours. Très rapidement en dehors de la ville, on se retrouve dans des rizières et les petites maisons où la population coule des jours tranquilles. Dans les petits villages, on sentait vraiment le début du Têt. Plusieurs maisons étaient le théâtre de réceptions animées avec des tablées remplies de convives.

L’Île de Cam Kim 

Nous avons également profité de notre mob pour nous rendre à la plage de Cam Kim. Notre premier contact avec une mer chaude et ensoleillée depuis notre départ en voyage. Bien qu’il faille fermer les yeux sur les piles d’immondices qui jonchaient le bord de certaines plages, il y aura toujours quelque chose de relaxant à s’écraser dans un transat avec une bière à écouter la mer.

Plage de Cua Dai 
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Publié le 11 février 2019

Nous avons pris le train de nuit à partir de Tam Coc pour nous rendre à Hué. Bien que le train menait un boucan du tonnerre de Dieu, qu’il bringuebalait d’un côté comme de l’autre et qu’il y avait présence de cafards (encore), nous avons dormi comme des bébés. Au réveil, la gentille petite famille vietnamienne qui partageait notre cabine nous proposait toutes sortent de victuailles pour le petit déjeuner. Le trajet s’est donc parfaitement bien passé.

Nous ne faisions qu’une courte halte à Hué pour visiter la cité impériale. Imposante demeure, à moitié reconstruite, elle offre un spectacle unique qui valait le détour.

Halte éclair à Hué 

Il faut dire qu’on doit presser le pas dans le voyage. Nous sommes attendus à Ho Chi Minh city pour la fête du Têt qui débute dans quelques jours et nous sommes encore loin. C’est donc tout de suite après la visite que nous avons sauté dans un taxi afin de ne pas rater le bus en direction de Hoi An. Petit détail pour ceux qui feraient un jour ce trajet, il nous a été impossible de trouver un bus direct pour Hoi An. Tous passaient par Da Nang. Mais comme Da Nang est à 30km de Hoi An, nous avons pu atteindre facilement cette dernière par un bus local. Il s’arrêtait tous les 100 mètres, klaxonnait tous les dix secondes et prenait deux heures pour compléter le trajet mais il se rendait bien à notre destination.


Petite comparaison amusante entre 2 pays visités :

Quand il fait 23°C au Vietnam, les Vietnamiens portent leur manteau et sortent le bonnet. Ils ont froid.

Quand il fait 23°C en Mongolie, les Mongoles relèvent leur tee-shirt sur leur bedaine. Ils ont chaud.

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Publié le 10 février 2019

À partir de l’île de Cat Bah, il est possible rejoindre Tam Coc, aussi appelée la baie d’Halong terrestre. Le trajet se fait en bus, ensuite en bateau et encore un bus. Ce trajet nous a permis de voir une autre partie de l’île et les parcs à huitres. Mais pas besoin de se casser la tête, l’agence s’organise pour les correspondances, on demande un billet pour Tam Coc et tout se fait tout seul.

Nous sommes un peu sortis de nos habitudes pour prendre une chambre d’hôtel plus luxueuse dans cette ville. Nous avions un joli balcon avec une vue sur les formations rocheuses de la région. Le jour de notre arrivée, il était encore tôt, on a pris les vélos de l’auberge pour explorer la région rapprochée. Les rizières sont à peine à la sortie de la ville. On a pu observer les paysans les 2 pieds dans la boue en train de repiquer les pousses de riz. On a tout de suite vu la différence par rapport au nord du Vietnam où la culture est loin d’être commencée pour cette année. Ça a pour conséquence d’égayer un peu le paysage en verdissant les plans d’eau brune. Non loin de là, il y avait une grotte, semblable mais moins impressionnante, que celle visitée au nord du Vietnam. Ses 2 caractéristiques intéressantes étaient un petit autel au Bouddha et une ouverture qui offrait une vue aussi improbable qu’imprenable sur la vallée en contrebas.

Tam Coc 

Le lendemain, nous avons loué une mob de nouveau et sommes partis sur les routes de la région. Nous avons visité le petit village de Hoa Lu, une ancienne capitale. Notre visite fut de courte durée, assaillis de toutes parts que nous étions par de prétendus agents de stationnement. C’est aussi ça le Vietnam. Cette fois notre mob étant de meilleure qualité, on les choisit mieux maintenant qu’on s’y connait, nous avons couvert une plus grande distance. Nous avons visité la montagne au dragon et la grotte du tigre. La grotte du tigre était un trou minuscule avec un tigre en béton à l’air ahuri. La montagne était sympathique, mais le dragon en béton au sommet était un peu ridicule. Certains grimpent sur les flanc de la montagne en se tenant au dragon, c’est assez casse gueule, je n’ai pas osé.

Virée en 2 roues 

Anecdote pour certain, mais événement marquant pour moi (JF), j’ai mangé une des meilleures pizzas de ma vie. Pas trop convaincu quand ils prétendaient que la pizza était cuite au four à bois, mais c’était rigoureusement exact. Pâte fine et craquante, croûte bien gonflée avec quelques bulles calcinées, on se serait cru au coeur de l’Italie. Si j’avais une aussi bonne adresse au Canada, j’y serais toujours rendu. J’étais tellement heureux que je suis allé remercier les pizzaïolli vietnamiens en personne.

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Publié le 8 février 2019

Encore en manque de la nature luxuriante et des montagnes de la région, nous nous dirigeons maintenant vers l’île de Cat Ba. Un traversier nous emmène directement de Halong vers l’île en question. Mais ça serait trop pratique que ce soit à partir du même port où nous sommes arrivés depuis Bai Tu Long. Il a fallu traverser la ville de part en part, en taxi, afin de joindre l’autre port et nous sommes arrivés 15 minutes trop tard pour la navette du matin. Nous avons attendu celle de l’après midi à lézarder sur le bord de l’eau à regarder les innombrables bateaux quitter pour la baie d’Halong.

La balade en traversier était très agréable et pourrait même remplacer une croisière si on n’a pas beaucoup de moyens. Une heure à contourner les îles sous un ciel radieux et une eau calme. De ce côté