Carnet de voyage

Au gré du vent

J
Par
55 étapes
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Dernière étape postée il y a 23 jours
Par JeffO
Partir découvrir le monde doucement, à la rencontre des gens, de leur culture, de leur cuisine et des paysages.
Du 3 juillet 2018 au 20 juin 2019
353 jours
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11
oct

Il est de bon aloi lors d’un passage à Gorak Shep de gravir la montagne, ou plutôt le button Kala Pattar. Il offre une belle vue sur la vallée et les hautes montagnes aux alentours, dont l’Everest. Le gravir le même jour que l’aller-retour au EBC est trop pour une seule journée. Aurélie planifie une ascension dès potron minet le lendemain. C’est donc à 4 heures du matin qu’Aurélie, Jake et Ganesh, en l’absence de JF qui est resté au lit, partent pour aller se congeler en observant le lever de soleil au sommet de Kala Pattar. La configuration de la vallée et l’orientation des montagnes n’offrent pas vraiment une vue particulièrement intéressante lors du lever de soleil. Il faut que le soleil soit assez haut dans le ciel avant qu’il ne commence à illuminer les lieux. C’est sans avoir vu un rayon de soleil que notre trio congelé est revenu du point de vue vers les 7h pour déjeuner. Il ne faut pas trop trainer, nous devons nous rendre à Shola et entreprendre demain ce qui sera probablement la journée la plus difficile du trek, le passage du col de Chola (Chola pass). La difficulté vient de la montée interminable et de la très longue distance vers Gokyo.

Kala Patar - altitude 5600 mètres

On part d’un bon pas de Gorak Shep et arrivons rapidement à Lobuche. Ganesh en profite pour retrouver mon foulard perdu lors de la dernière visite. JF a du mal, il a mal à la tête depuis deux jours. Il est encore possible de prendre la route directement vers Namche. On se laisse le temps d’y penser. Environ 20 minutes de marche passé Lobuche, nous arrivons au croisement. Il faut maintenant décider si on continue ou si on reste. Après un peu de tergiversations de JF, on repart, il sera encore possible de prendre le chemin de Namche dans quelques kilomètres si on change d’idée.

Je (JF) marchais devant avec Jake et Ganesh quand j’entendis un cri d’Aurélie derrière. Je rebrousse chemin et je la vois assise dans le chemin. Elle s’est fait mal à la cheville. Après moult Holalal.. et Ho put… on décide de regarder la source de tout cet émoi. En baissant la chaussette, déjà sa cheville est bien enflée, c’est une belle entorse. Un guide qui passait par là donna les premiers soins à Aurélie et enveloppa la cheville dans le foulard retrouvé plus tôt. Ganesh se mit à énumérer les différents scénarios qui s’offraient à nous : trajet à dos de mule ou de cheval jusqu’au prochain village où se trouve un hôpital « international » (je me souviens qu’a l’aller j’avais vu un bâtiment en tôle avec « Hospital » écrit au rouleau dessus) et ensuite retour en 2 ou 3 jours à Namche à dos de mule. Et après avoir énuméré toutes ces options toutes aussi tentantes les unes que les autres, il dit : « If you have insurance, better take helicopter ». Et c’est ainsi que je rebroussai chemin vers Lobuche pour organiser l’extraction. Une fois sur place, la patronne de notre auberge me mit en contact avec le répartiteur qui contacta les assurances. Il me proposa de payer d’avance la course car les assureurs peuvent prendre plus de 6 heures à répondre. Je lui dis que je pouvais bien attendre au chaud dans le petit café, mais restait le problème d’Aurélie juchée dans son sentier. Mais, je n’ai pas eu le temps de finir ma phrase qu’il me dit que c’était bon, les assurances venaient de donner leur accord. Je lui signifiai qu’Aurélie était dans une portion du sentier qui était inaccessible pour l’hélicoptère, mais qu’elle était près d’une grande plaine. Il me dit qu’il n’y avait aucun problème et prit avec lui un petit népalais de la taille d’un enfant de 12 ans, pour la descendre de son perchoir. Je salivais d’avance à l’idée des photos que j’allais prendre de cet événement cocasse. Une fois sur place, ce fut la déception la plus totale. Aurélie, maintenant seule, était descendue elle même de sa fâcheuse posture et attendait peinarde dans la plaine. Exit ce qui aurait probablement été les meilleures photos de notre année de voyage. Aurélie, grimpée sur le dos d’un népalais deux fois plus petit qu’elle, descendant le sentier. Encore aujourd’hui j’ai des fou-rire juste à y penser.

Mes sauveteurs : Nawan et Dorji 

Le répartiteur appela l’hélicoptère et nous annonça qu’il serait là dans 15 minutes. En effet, 15 minutes plus tard il nous passe au dessus de la tête en direction de Lobuche. On le vit repartir et nous repasser au dessus de la tête en direction d’un autre village. Il repassa encore une fois une heure plus tard, et une autre fois 30 minutes après. C’est finalement au bout de deux heures qu’il se décida enfin à venir nous chercher. On avait pas grand chose d’autre à faire qu’attendre, mais il faisait frais et le petit vent rendait le 2 degrés de température ambiante légèrement inconfortable quand le soleil disparaissait. Nous mirent le cap vers Lukla où nous devions faire une halte avant de partir pour Kathmandou. L’hélicoptère devait aller chercher un autre malade ailleurs dans un autre village. Mais quand celui-ci revient 1 heure plus tard il était rempli jusqu’au plafond de bidons de gazoil, de chaises de bureau, tapis et de boites diverses. En fait quand un hélicoptère est nolisé pour extraction, les népalais en profitent pour faire leur courses. C’est de bonne guerre, et comme la vie de personne n’était en danger, ce petit manège nous amusa plus qu’il nous énerva. Le trajet entre Lukla et Kathmandou était spectaculaire. Les autres passagers, souffrant du mal des montagnes, ne partageant pas notre enthousiasme. Aurélie et moi étions aux anges. Le pilote passait des cols au travers des nuages, on pouvait voir le villages perchés au sommet des montagnes. On pouvait voir des temples magnifiques dans des endroits complètement isolés, les cultures en terrasse d’un vert tendre, les rivières, les vallées. Nous avons vu le Népal comme il est rarement possible de le faire. L’heure du trajet passa en un éclair. Une fois à Kathmandou, Aurélie fut embarquée dans une ambulance, couchée dans une civière trop petite, avec la tête dans le banc du chauffeur et les pieds dans la porte de derrière. Le chauffeur roulait comme un maboule, il prenait la voie en sens inverse et faisait sonner ses 4 ou 5 sirènes simultanément pour dégager la route. Je me demandais bien où on allait se retrouver.

L’Himalaya vue du ciel, on est privilégiés !

Nous avons été accueilli dans un hôpital pour touristes, à quelques centaines de mètres du quartier touristique de Thamel. La prise en charge fut immédiate, le personnel était disponible. On a eu une petite frousse quand ils ont demandé à Aurélie de retirer ses chaussures. Ça faisait quand même 4 jours que nous marinions dans nos vielles chaussettes imbibées de merde de mules. L’odeur faisait monter l’eau aux yeux. Professionnelles, l’assistante et la docteur ne sourcillèrent pas.

Après les radios, Aurélie se vit attribuer une paire de béquilles népalaises, même ajustées au maximum elles étaient presque trop courtes. On nous montra notre chambre, car oui, une hospitalisation était nécessaire. On nous présenta Ramiz, qui serait notre serveur, coursier, messager, femme de ménage et homme à tout faire pour la durée de notre séjour. Quand il se présenta il nous dit : « Ask me anything you want, I’ll bring it to you ». C’est ainsi que j’eu mes grignotines Dalmoth ultra piquantes que j’aimais tant et qu’Aurélie demanda des Jhangris bien gras et dégoulinants de sirop. La nourriture de l’hôpital était excellente, on choisissait à partir d’un menu et Ramiz nous apportait les plats dans la chambre. Les tractations avec les assurances se passèrent sans problème, l’hôpital reçu ses paiements, nous n’avons rien eu à débourser.

Le lendemain de notre arrivée, j’ai recroisé les infortunés voyageurs qui nous avaient accompagnés lors du transfert en hélicoptère. Ils avaient tous été évacués pour le mal des montagnes et se sentaient beaucoup mieux après une nuit de repos et les soins attentionnés du personnel. Ils étaient bien penauds de ne pas avoir complété leur trek, mais après discussion nous avons conclu qu’il s’agissait d’une randonnée extrêmement difficile et qu’il n’y avait aucune honte à ne pas l’avoir terminée.

Bien pris en charge ... 

Pour ceux qui penserait à faire ce trek, je n’ai qu’un conseil à vous donner, ne le faites pas. N’y songez même pas. Aurélie et moi ne sommes pas des alpinistes, mais on a gravi plus que notre part de sentiers de montagnes. Malgré que nous étions en bonne forme physique, avec 10 kg en moins autour de la ceinture, cette randonnée représenta le plus grand défi que nous n’ayons jamais relevé.

Les risques reliés au mal des montagnes sont biens réels et ce trek réclame annuellement son lot de randonneurs. De plus, les agences de voyages et guides touristiques sous-évaluent le niveau de difficulté des randonnées. On a qu’à penser au Chola pass, au Three passes, d’un niveau de difficulté extrême, sont présentés comme de simples détours. Déambuler en montagne à 5200 mètres d’altitude vous expose à un soleil qui écorche toute malheureuse parcelle de peau exposée. Il faut impérativement se couvrir le visage en permanence, même si cela gène la respiration. Les sherpas, qui sont rompus à ces conditions, se baladent avec un foulard dans le visage. Il faut dire que porter un foulard protège également des nuages de poussière soulevés par les caravanes de mules et de yacks que l’on croise régulièrement. Côté température, il fait rarement plus chaud que 2 degrés celcius et le vent est omniprésent, il n’y aucune protection contre celui-ci hormis nos vêtements. La raréfaction de l’air nous fait respirer comme un chien essoufflé au moindre effort, on a la tête qui tourne et l’estomac qui se noue, la nausée n’est jamais bien loin. L’inconfort des hébergements est également à prendre en considération. Les chambres ne sont pas chauffées, humides et sombres. La salle à manger est quelque peu réchauffée pour le repas du soir, laissant les randonneurs transis de froid le reste de la journée. Le seul réconfort, les repas, sont gâchés par un manque d’appétit total, mais il faut se forcer sous peine de tomber en panne d’énergie.

Nous avions pris la peine de partir de Jiri pour avoir une semaine d’entrainement supplémentaire afin de rendre la section Lukla - EBC plus facile, heureusement pour nous. Je crois que nous n’aurions jamais pu y arriver sans cela. Je ne voudrais pas être dans les bottes de ceux qui arrivent à Lukla pas trop en forme et non acclimatés et qui entreprennent le périple vers l’EBC illico presto. Ce genre de périple est une recette pour le désastre. D’autres endroits sur la planète offrent des paysages tout aussi spectaculaires sans les risques du trek de l’EBC. On a qu’à penser au « W » du Torres del Paine en Patagonie, au trek des incas au Pérou ou le Landmannalaugar en Islande. Même au Népal, le trek des Annapurnas est beaucoup plus facile tout on offrant des paysages tout aussi féériques.

Ceux qui pourraient croire que notre expérience auraient été meilleure en requérant les services d’une agence ne savent peut-être pas qu’il faut se méfier de celles-ci. En effet, les agences népalaises sont notoires pour les escroqueries concernant les évacuations en hélicoptères. Leur stratégie consiste à pousser d’infortunés randonneurs au delà de leur limite, ce qui provoque le mal aigu des montagnes, les forçant ainsi à l’évacuation.


Voir l'article ci-dessous (en anglais) :

https://www.nytimes.com/2018/09/04/world/asia/nepal-everest-rescue-fraud.html

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10
oct
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Courte rando, encore, qui nous porte à 5200 mètres à Gorak Shep. Il fait froid, nous sommes sous le point de congélation et le vent est omniprésent. Le village est en bordure d’un glacier, le même où se trouve le camp de base, à quelques kilomètres de là. Ce glacier n’est pas blanc, il est couvert de gravats, il faut le savoir qu’il est là, sinon on pourrait croire qu’il s’agit d’une simple vallée rocailleuse. Les montagnes aux alentours offrent une vue imprenable. Malgré le froid, on flâne à l’extérieur pour profiter de la vue en se réchauffant tant bien que mal au soleil. N’ayant pas trop faim en cette fin d’avant midi, nous partons directement pour EBC.

Dernière ligne droite vers Gorak Shep - altitude 5200 mètres

Contrairement à ce qu’on pourrait être tenté de croire, on ne passe pas la nuit au camp de base de L’Everest. Premièrement, il n’y a rien au camp de base, il n’y a aucune infrastructure, village, cabane, rien. C’est juste un emplacement où les aventuriers posent leur campement pendant la saison. Il n’y a qu’un petit amoncellement de pierres garni de drapeaux du monde entier qui nous indique qu’on est bien rendu. Deuxièmement, on ne voit pas l’Everest du camp de base. En réalité, on le voit un peu, mais juste une toute petite partie du sommet. Et pour terminer, en octobre, il doit faire autour des -15°C la nuit à cet endroit. Pas vraiment la place pour passer une nuit à la belle étoile avec un sleeping bag d’été.

La balade pour se rendre au EBC se passe sans problème. Nous marchons vite et le corps suit bien. Nous sommes ralentis par les processions interminables de touristes qui marchent au ralenti, comme des mouettes engluées dans le mazout lourd.

Arrivé sur place, je suis déçu par la relative banalité du site, hormis son statut historique, la vue n’est pas mieux, ni pire qu’à Gorak Shep. Je suis aussi frappé par le caractère complètement insensé de la conquête de l’Everest. Seul un esprit dérangé peu entreprendre une aussi pénible et mortelle aventure avec comme seul objectif de pouvoir affirmer avoir jeté des déchets sur la plus haute poubelle du monde.

Gorak Shep à EBC : 3 kms pour atteindre 5400 mètres d'altitude 


Le but est atteint : Everest Base Camp !
9
oct
9
oct
Publié le 9 novembre 2018

Lever de soleil majestueux sur l'Himalaya. Les montagnes sortent enfin des nuages !

Le soleil se lève sur les montagnes 

C’est la ligne droite vers l’EBC, nous touchons presque au but, plus que deux jours et seulement 12 kms. Mais la partie est loin d’être gagnée, nous devons encore affronter une acclimatation de plus de 1000 mètres.

Vers Tokla Pass - altitude 4830 mètres

L’auberge où nous allons passer la nuit est bondée. Les groupes organisés originaires des quatre coins du monde occupent toute la salle à diner. Nous passerons la journée dans un petit café offrant d’excellentes pâtisseries, à boire des hot lemon. Le hot lemon est tout simplement de la limonade servie bouillante, ça réchauffe et c’est pas très cher.

Un tableau dans la salle à manger explique les effets du mal aigüe des montagnes, l’oedème cérébral et pulmonaire. On y affiche aussi le niveau de saturation d’oxygène dans le sang que nous devrions avoir en fonction de l’altitude à laquelle on se trouve. À 4900 mètres, nous devrions nous trouver entre 70% et 85%, en bas du seuil minimum, il faut penser redescendre. Ganesh sort son petit appareil pour mesurer notre niveau de saturation. On se trouve tous autour de 88%, cela nous rassure car on franchit un palier plus haut que les autres cette nuit avec 700 mètres de plus que la veille.

Lobuche - altitude 4900 mètres
8
oct

Depuis un peu avant Pangboche, on ne voit plus un arbre. La végétation est clairsemée et les Yacks font preuve de beaucoup d’imagination afin d’aller brouter.

Les fours solaires font leur apparition au fur et à mesure que nous grimpons. Il faut dire que le ciel est plus dégagé en altitude et que le soleil est bien puissant. Une bouilloire de 5 litres prend environ 15 minutes à atteindre le point d’ébullition alors que l’air ambiant ne dépasse pas les 5 degrés.

Quelques signes que l’automne s’en vient ici 

Très courte journée, nous arrivons en fin d’avant midi sous un soleil radieux à Dingboche. Nous sommes accueillis par Ama Dablam, montagne sacrée de 6856 mètres, qui se situe juste en face de notre hébergement. Le spectacle est époustouflant, cette montagne accroche l’oeil. On ne se lasse pas de la contempler.

Au village de Dingboche  - altitude 4210 mètres

Après le diner, nous avons fait une petite randonnée d’acclimatation, sans les gros sacs, 400 mètres plus haut que notre lieu d’hébergement. Dingboche n’est pas directement sur le sentier vers EBC, c’est un petit détour mais l’altitude de ce village, à 4200 mètres, en fait un point d’arrêt intéressant pour l’acclimatation. En effet, cela représente un ascension de seulement 300 mètres après la nuitée à Pangboche.

Nangkartshang Gompa 
7
oct

Petite journée de randonnée sans histoire, hormis que nous sommes maintenant partie intégrante de l’expédition avec Jake et Ganesh. Ganesh nous sert comme ses propres clients. Il réserve les hébergements pour nous et nous fait le service aux tables. Il faut dire que c’est la coutume à ces altitudes pour les guides de passer les commandes de leur client et de récupérer les plats à la cuisine pour nous les porter à la table. Comme le guide est généralement bilingue, cela assure qu’on aura bien ce que l’on désire et cela évite la congestion au comptoir de la cuisine quand la salle à manger est pleine à craquer. Aurélie et moi convenons que Ganesh aura droit à un pourboire pour ses services. Il faut dire qu’il est très efficace dans son travail. Malgré que la salle est bondée, occupée par des groupes qui ont probablement payé 10 fois plus cher que nous pour être là, il obtient toujours ses commandes en premier. Il arrive parfois qu’il nous trouve de petits extras, comme des fruits en conserve, un véritable luxe en haute montagne.

De  Namche à Tengboche - altitude 3860 mètres

L’altitude affectant mon sommeil, je profite de mes périodes d’insomnie pour observer le ciel nocturne. Depuis notre départ de Jiri, presque toutes les nuits étaient nuageuses. Ce ciel dégagé offre un spectacle impressionnant. Le voie lactée est très visible, on aperçoit bien la galaxie d’Andromède et un peu plus tard on assiste au levé du chasseur, la constellation d’Orion. Très tôt le matin, nous avons eu droit à un combat de chien au pied de notre porte. Ça réveille sec. Un des belligérants était encore tout ensommeillé sur le pas de la porte lorsque nous nous sommes levés le matin.

Quand on sort de la forêt pour arriver à Pangboche - altitude 3930 mètres
6
oct

Le matin, nous partons de Phakding sous un soleil radieux. Une petite journée de marche de 5 heures avec une dénivellation de 700 mètres. On sent de plus en plus les effets de l’altitude sur notre cardio. Malgré notre entrainement, on pompe pas mal dans les ascensions. Vers 11h nous sommes salués par Ganesh, le guide de Jake et Mitch, arrêté dans un tea house pour la pause dal bhat. On demande tout de suite des nouvelles de nos comparses, et on apprend que Mitch a finalement décidé de prendre le premier avion pour Kathmandou. Seul Jake reste et il semble très content de nous revoir. Comme nous allons tous vers Namche, Ganesh nous propose de nous réserver un hébergement par téléphone, nous acceptons.

La journée est radieuse, l’air est frais et on marche dans la bonne humeur en discutant avec notre ami retrouvé. Les différents ponts de singe se succèdent au grés des vaux où coulent rageusement en contrebas des rivières glaciaires. Je garde toujours le truc de Shyaam afin de traverser sans problème : ne pas regarder en bas… ne pas regarder en bas. Je repère un point de l’autre côté de la rive, bien au dessus du pont et je le fixe en traversant. Mais à cet endroit, on rencontre beaucoup plus de gens, ce qui m’oblige à négocier en aveugle les croisements. Une fois, j’ai passé bien près de croiser un convoi de mules, mais j’ai accéléré le pas pour que ça ne se produise pas. Mais ma chance allait bientôt tourner… Au franchissement d’un pont de singes particulièrement long et haut, j’aperçus un convoi de yacks approcher du pont par la rive opposée, et selon un calcul rapide, ils allaient s’engager avant que j’aie fini de le franchir. La seule solution dans cette situation eu été de rebrousser chemin ou bien de foncer et d'arriver avant. Vu mon appréciation des ponts de singes, il n’était pas question que je me le tape deux fois. Je me mis donc à accélérer, mais pas encore à courir, parce que c’est pas facile de s’exécuter sans regarder où on met les pieds. Mais plus j’approchais de la fin du pont, plus je me rendais compte que je n’arriverais pas à temps. Je faisais des grands signes à la guide des yacks, mais elle faisait bien attention de m’ignorer. Rendu à quelques mètres de la fin, deux yacks s’engagèrent sur le pont. Pas question de battre en retraite. S’ensuivit alors un face à face silencieux, je fixais le yack de tête, il me renvoyait la politesse, impassible. Je savais que cette situation ne pouvait pas durer bien longtemps, la guide allait bientôt s’impatienter et intimer ses bêtes de s’activer, je pris donc sur moi de dominer la situation, ignorant mon évidente position de faiblesse dans ce duel. Je me mis donc à agiter les bras, à crier en imitant les guides que nous avions croisés avant et à siffler. Le regard du yack changea légèrement, je crus percevoir un doute dans son assurance. Je repars de plus belle mes manoeuvres et il commença à se trémousser pour passer à reculons. En effet, reculer en aveugle avec un comparse dans le cul ne semble pas être l’activité favorite du yack. Saisissant cette faiblesse, je redoublais d’effort afin de me rendre encore plus convaincant et avant que la guide n’intervienne et renverse la vapeur. Je m’exécutais tant et si bien que les deux yacks reculèrent et dégagèrent le pont, au grand dam de la guide qui commença à tenter de reprendre le contrôle, mais trop tard. Je n’attendis pas sur place afin d’avoir l’avis de la guide sur ma manoeuvre et je partis immédiatement dans le sentier d’un pas décidé. Le reste du trajet fut sans histoire hormis le fait que comme tous les jours précédents, le ciel se couvrit en fin de journée.

J8 : en route vers Namche Bazar - altitude 3440 mètres  

La ville de Namche Bazaar est très animée. Ses rues étroites et escarpées fourmillent de touristes. Les boutiques d’équipement de plein air sont foison. La ville renferme également nombre de bons petits restaurants. Nous avons découvert une boulangerie dont le patron avait suivi sa formation en France. Sa baguette était excellente et nous l’avons mangée avec, attention roulement de tambours, de l’huile d’olive et du vinaigre balsamique, une première depuis notre départ du Canada.

L’hébergement proposé par Ganesh s’avéra fort convenable, propre, avec une cuisine décente. Le seul point cocasse était son emplacement, il était tout en haut de la ville. Il fallait monter pas mal d’escaliers pour se rendre et en monter encore une fois rendu car notre chambre était au troisième étage, après une journée entière à monter, on en avait plein notre casque.

Namche Bazar, entre montagnes et pizzas - altitude 2440 mètres

Le lendemain était une journée réservée à l’acclimatation, on est quand même à 3440 mètres. On couchait donc encore à Namche. Nous avons fait une mini rando pour aller voir les hauts sommets et sur la route nous avons rencontré un Suisse en charge d’un projet de récupération de matières recyclables appelé : « Sagarmatha next ». À terme une usine de traitement produira des paquets de 1kg de matières recyclables que les voyageurs seront invités à rapporter à Kathmandou. Avec 70 000 touristes par année, il y a un potentiel de vider l’Himalaya de 70 tonnes de déchets annuellement.

Vers Everest view point 

Sur le chemin du retour nous avons visité le musée des Sherpas. On y relate l’histoire et la vie des Sherpas et également leurs exploits à la conquête des différents sommets de la région. On se rend compte du péril qui attend les aventuriers dans ces expéditions. En regardant les dates où ils ont été réalisés ont voit par exemple : Everest summit by north face, april 16th 1995, dead 17th of april 1995. Inutile de dire que Sir Edmund Hillary est à l’honneur dans ce musée. Pas autant pour avoir été le premier à gravir officiellement l’Everest mais parce qu’il a ensuite conservé une excellente relation avec les Sherpas, parrainant l’ouverture de nombreuses écoles dans les coins les plus reculés.

Nous avons également profité de notre temps libre pour faire quelques emplettes, comme un pantalon en plume d’oie, affectueusement surnommé « space pants » à cause de sa couleur et son aspect particulier. Nous avons également fait le plein de barres Snickers.

Au musée des sherpas 
4
oct

À partir de Junbesi, terminés les sentiers paisibles loin des touristes. Dans cette étape, nous commençons à revenir vers la civilisation. Les touristes se font plus nombreux et les caravanes de mules et de yacks sont très fréquentes. Cette portion du sentier, cachée au nord des montagnes est très humide, les pierres sont glissantes et la gadoue omniprésente. La bouse de mules et de yacks se mêle à ce cocktail et la pisse, brune comme du café, vient embaumer le tout. Le soir, à l’auberge, on ose à peine toucher à nos chaussures enduites de ce mélange, mais il faut bien les enlever car l’odeur qu’elles dégagent nous provoque des réflexes de haut-le-coeur. Normalement, cette portion du sentier ne devrait pas être si populaire. Mais la fermeture de l’aéroport de Lukla à cause du brouillard pousse les randonneurs les plus déterminés vers des aéroports alternatifs situés à quelques jours de marches de là. C’est ainsi que nous feront connaissance avec Jake et Mitch, qui après 10 heures en jeep ont ensuite fait 20 kms de marche pour arriver dans la même tea house que nous, à Nunthala. Disons que pour une première journée de rando, la marche était haute pour eux. Mitch était dans un état d’hystérie, il avait le mal de pays, il ne demandait pas mieux que de rentrer chez lui. Il faut dire que c’était sa première rando à vie et le fait qu’il se soit blessé en s’affalant de tout son long dans la merde de mules n’aidait en rien son état d’esprit. Jake, plus philosophe tentait tant bien que mal de relativiser les événements avec lui. J'essayais aussi de le rassurer, je lui ai mentionné que je randonne depuis des années, cette journée comptait parmi les pire que j’ai jamais faite.

J5 : de Junbesi à Nunthala - altitude 2194 mètres  

De Nunthala à Pulya : la grande montée. Cette journée fut parmi les plus rudes que nous ayons eu à date. Une montée de 1600 mètres nous attendait sur une distance de 18 kms. Normalement, nous devions nous arrêter bien avant, à Bupsa, mais nous sommes arrivés tôt dans ce village et ayant encore de l’énergie, nous décidâmes de pousser plus loin jusqu’à Pulya. Ce fut encore une journée à patauger dans la bouse et la gadoue. Le village de Pulya, bien que coquet, était très humide, ce qui rendait les hébergements assez inconfortables. Nous avons recroisé Mitch et Jake à cet endroit. En fait, nous n’avons pas vu Mitch qui se terrait dans sa chambre humide. Jake, tout sourire, nous faisait part des velléités de son ami qui souhaitait quitter le voyage dès le lendemain et sauter dans le premier avion Lukla - Katmandou. En effet, le lendemain la route passait près de Lukla. Nous avions le choix de nous arrêter ou de passer outre, ce qui faisait économiser une montée de 400 mètres. Le guide de Jake et Mitch, Ganesh, nous recommanda de ne pas y aller si nous n’avions pas absolument besoin d’y passer. C’est pourquoi le lendemain nous mirent le cap vers Phakding.

J6 : de Nunthala à Paiya - altitude 2730 mètres 

À partir de Pulya, finies les vacances. Le niveau de difficulté de cette journée était assez bas, peu de dénivelé mais c’est passé Lukla que les hordes de touristes ont commencé à apparaître tout doucement. Phakding est un village à mi-chemin entre Lukla et Namche Bazaar. Les touristes qui débarquent de l’avion à Lukla entreprennent généralement cette rando le jour même ce qui fait en sorte que Phakding est passablement occupée, beaucoup d’hébergements, des restaurants et même des bars, un pub irldandais et un bar jamaïcain ! Étrangement, notre choix s’est arrêté sur l’hébergement qui était adjacent à une boulangerie. Encore sous l’effet de la mauvaise température des derniers jours à Lukla, les touristes étaient peu nombreux, et nous avons pu négocier le prix de la chambre, de l’internet, de la douche et du chargement du téléphone assez agressivement. J’y ai également mangé ma première pizza potable des trois derniers mois.

J7 : de Paiya à Phakding - altitude 2700 mètres
1
oct

Sur la portion Bhandar - Sete, on commence la journée avec une longue descente vers Kinja. Nous casserons la croûte dans ce mignonnet petit village. Nous y croiserons également un couple de jeunes catalans, Kevin et Sarah, que nous reverrons souvent dans les jours qui viennent. C’est là qu’on s’aperçoit que les restaurant ne préparent absolument rien en avance, ils n’ont même pas de réserve de nourriture. Quand on commande, on voit la cuisinière partir faire les courses, cueillir les légumes dans le jardin et revenir pour préparer le repas. Faut pas être pressé !

La montée vers Sete, après la longue descente et le repas s’avère assez pénible. Nous sommes submergés par la brume avant le sommet, on ne voit absolument rien. C’est complètement fourbu que nous arrivons à destination. Seule indication que nous sommes bien rendus, le nom du village est taillé en petit sur une des pierres de l’escalier à l’entrée du village. Pour confirmer que nous somme bien où nous croyons, nous demandons notre chemin à l’auberge qui se trouve là et on nous confirme que Sete, c’est bien ici et que nous nous tenons devant la seule auberge du village. En fait, le lendemain nous verrons que d’autres auberges se cachaient dans la brume.

J3: de Lower Bhandar à Sete - altitude 2500 mètres 

Le lendemain nous réserve une ascension longue et douloureuse de près de 1300 mètres. Mais malgré les défis de plus en plus difficiles, le corps s’adapte rapidement. Les kilos de gras fondent également, on sent les effets bénéfiques de tous ces efforts. Nous casserons la croûte au passage du col dans une petite tea house. Le chef possédait une serre dans laquelle il cultivait menthe, échalote verte et sobji, genre d’épinard népalais. Cette région est également réputée pour ses champignons sauvages. Le plat de pommes de terre sautées aux champignons sauvages et échalotes vertes se révélera être un véritable délice. Il fait de plus en plus froid lors des franchissements. À 3000 mètres au moment de notre repas, il ne doit pas faire plus de 5 degrés. Kevin et Sarah feront la pause du midi en même temps que nous à cet endroit. Nous arriverons à Junbesi avec les jambes bien douloureuses. Le village est dans un escarpement, nous ne ferons pas le tour pour trouver la meilleure auberge et c’est au premier établissement que nous nous arrêterons. Cette tea house nous avait été recommandée par le cuistot du midi. Elle était tenue par la soeur de ce dernier. Le talent pour la cuisine court dans cette famille et le dal bhat du soir sera succulent. Nous aurons même droit aux piments fort népalais. Heureusement que j’avais eu de la pratique en Chine, car c’est sans me méfier que j’en engloutis un entier. La saveur était très intéressante mais le contrecoup me pris par surprise. À l’image de notre journée en ascension soutenue, la chaleur montait et montait et brulait les papilles, les yeux, le nez, le visage. À un moment, je perdis le souffle et me mis à hoqueter. Je me demandais bien quand ce bouche à bouche avec un volcan prendrait fin. Quand je finis par pouvoir articuler quelques mots pour dire que je me consumais par en dedans, notre hôte nous informa de faire attention aux piments au Népal, de ne pas en goûter dans les petits potagers qui sont le long des sentiers. Selon lui, il arrive que des personnes meurent étouffées en les consommant tellement il sont forts. Je crois bien en avoir eu un dans mon assiette ! Prix de la Snickers dans ce village, 110 NPR, une aubaine, on en prend 6 ! Avec les efforts déployés, nous sommes constamment affamés. Les barres Snickers sont de véritables bouées de sauvetages dans ces circonstances.

J4 : de Sete à Junbesi - altitude 2730 mètres 
29
sept

Il y a maintenant plus de 65 ans, l’explorateur et alpiniste néo-zélandais Sir Edmund Percival Hillary arrivait à pieds à Jiri pour poursuivre sa légendaire expédition à la conquête de l’Everest. Plus modestement, c’est après 10 heures de bus qu’Aurélie et moi avons franchi les quelques 200 kms qui séparent Kathmandou de Jiri. Nous croisons dans le bus Barry, un ventripotent Australien en quête d’une remise en forme, et son guide Nima. Tous, nous nous retrouverons vers les 19h, sous une pluie fine sur la place principale de Jiri. Les chambres de l’hébergement recommandé par Nima sont confortables et notre premier dal bhat nous met en confiance pour les jours à venir.

Un petit mot sur ce plat mythique des montagnes népalaises. Il se compose principalement de riz et de lentilles réduites en purée et est généralement servi à volonté. La purée de lentilles varie beaucoup en saveur et en consistance au gré des talents du chef, des ingrédients disponibles et de l’altitude à laquelle on se trouve. Il est parfois accompagné de légumes assaisonnés et d’une galette de lentilles fine et craquante.

En théorie, la route s’arrête à Jiri, mais elle continue maintenant jusqu’à Shivalaya, le village suivant, et bien au delà, si on a le véhicule approprié. En effet, le développement de la région est en effervescence, il y a aujourd'hui des routes partout dans les montagnes, mais elles sont en piteux état. Elles ne sont parcourues que par les piétons et les fermiers, recyclés parfois en livreurs, avec leurs tracteurs à quatre roues motrices et leurs remorques bringuebalantes.


Pourquoi commencer le trek EBC (Everest base camp) par Jiri ?

1 - L’acclimatation.

Ennemi numéro 1 de l’aventurier citadin qui vit au niveau de la mer, le mal des montagnes est au mieux une nuisance, au pire, un danger mortel qui plane au dessus de nos têtes endolories. L'’oedème cérébral ou pulmonaire menace tous les randonneurs au delà des 3500 mètres. Cette affliction réclame son lot d’âmes pures et innocentes et fauche annuellement quelques infortunés, il faut donc bien de préparer. De Jiri à Lukla, chaque soir, on dort graduellement de 200 à 300 mètres plus haut, tout en franchissant des cols à une altitude plus élevée, ce qui est idéal pour l’acclimatation.

2 - La remise en forme.

Avec ses montées et descentes vertigineuses quotidiennes, il n’est pas long que les cuisses et les fesses s’endurcissent et que le cardio se développe. En effet, jusqu’à Lukla, le sentier grimpe en moyenne de 1000 mètres par jour et descend d’environ 800.

3 - Le contact avec la culture sherpa, en théorie.

Comme ce sentier relie une multitude de petits villages habités par des sherpas, le contact avec les locaux est plus intime, en principe. Ceci pourrait être vrai si : on parlait la langue, on n'était pas si occupé à souffrir, les sherpas n’avaient pas désertés leur village à cause de la saison touristique. De plus, passé Shivalaya, les habitants étaient un peu plus distants. Et pas question d’engager la conversation avec un porteur qui se déplace avec un chargement de 100 kgs surmonté d’un coq en cage qui lui hurle dans les oreilles.

4 - La sainte paix.

Cette section est pratiquement désertée par les touristes. Après 4 jours, on connaissait par leur nom tous les touristes qui avaient entrepris la randonnée en même temps que nous. Ils étaient au nombre de 6. Les hébergements étaient déserts à notre arrivée, pas de stress pour avoir une chambre. On avait la montagne à nous, il était possible de se perdre dans la contemplation du paysage pendant des heures sans être perturbé par un groupe organisé bruyant.

En route vers Jiri : 200 kms en 10h de bus - altitude 1995 mètres 

La randonnée du premier jour entre Jiri et Shivalaya est une balade dans le parc. Seulement quelques petits kilomètres séparent ces deux villages, et c’est donc juste à temps pour le midi que nous arrivons à une sympathique auberge le long de la rivière. Nous croiserons en route Barry, suant et soufflant comme un boeuf avec son porteur. La route sera longue pour ce pauvre australien. Le village est coloré, plusieurs petites échoppes vendent des victuailles fraîches : fruits, légumes, oeufs, etc ... On en profite donc pour faire quelques réserves. On sait que l’offre réduira drastiquement dans les jours qui suivent. Notre produit étalon, qui nous permettra de mesurer le coût de la vie dans les différents villages sera la barre chocolatée Snickers. Vendue 90 roupies népalaises (NPR) à Kathmandou, elle se transigera entre 100 et 250 NPR au cours de notre périple.

J1 : de Jiri à Shivalaya à pied - altitude 1790 mètres 

Le lendemain, la section Shivalaya - Bhandar, en passant par Deurali, nous donnera un premier aperçu de ce qui nous attend. La montée exténuante de 900 mètres débute à la sortie du village, elle sera incessante jusqu’à Deurali. Et c’est trempés de sueur que nous ferons une pause pour acheter du fromage de Nak sous les regards d’une foule de locaux qui semblent voir leur premiers touristes depuis le Déluge. Le village de Bhandar n’étant plus sur le trajet du trek depuis le tremblement de terre de 2015, nous ratons presque ce qui reste du village. C’est à la sortie de Lower Bandhar qu’on s’aperçoit qu’on va passer tout droit et qu’on choisit la dernière auberge avant la sortie du village. L’accueil est froid et impersonnel, on se fait même enfermer à double tours en soirée. Une seule porte, qu’il faudra trouver nous même, nous permet de sortir dehors passés 20h00. Aurélie fera les frais des sangsues affamées qui se cachent dans les herbes hautes. Personnellement, je passerai les quelques heures de temps libres que nous avons cet après midi à regarder un charpentier construire l’agrandissement de notre hôtel et un artisan fabriquer les fameux paniers en bambous que les porteurs utilisent pour porter leurs énormes charges.

J2 : de Shivalaya à Lower Bhandar  - altitude 2190 mètres 
26
sept
26
sept

Après avoir douté pendant une journée que nous pourrions quitter la Chine à cause d’une inversion de nom / prénom sur nos billets d’avion, nous voici en moins de temps qu’il faut pour le dire rendus au Népal.

En route vers Kathmandou. Juste la vue sur les montagnes vaut la peine de prendre l’avion. 

Il règne un joyeux bordel dans l’aéroport de Kathmandou. Les files se multiplient pour l’enregistrement électronique, payer le visa et obtenir l’approbation finale des douaniers. Au moment de mettre les pieds hors de la zone contrôlée, le douanier nous demande notre statut marital, soit aucun ou ben « accotés », ce qui n’existe pas au Népal. Il insistera lourdement pour que je fasse ma demande en mariage le plus tôt possible, visiblement, il avait Aurélie dans l’oeil.


Nous étions attendus par un ami Servas népalais qui habitait dans une ville à 5 km du centre de Katmandou, Thintana. La route pour s’y rendre était infernale. La poussière et la fumée de mauvais diésel envahissaient complètement la rue et l’habitacle du taxi. La chaleur est d’enfer et on fait du surplace alors que les motos, mobilettes, piétons, chèvres, vaches, camions bennes aux couleurs criardes se faufilent tant bien que mal dans ce chaos routier. On se demande bien où nous allons aboutir, nous ne connaissons ni la ville, ni notre hôte et on a de sérieux doutes au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans ce capharnaüm. Après moult tergiversations et arrêts pour demander la route, notre chauffeur s’engouffre dans une ruelle tout aussi étroite qu’escarpée. Au bout, un joli portail coloré et des gardes en uniformes droits comme des I qui nous saluent solennellement. A la mention du nom de notre hôte, les portent s’ouvrent et les indications sont rapidement données au chauffeur. On débarque ailleurs, exit la poussière et le diésel, nous voici rendus à Asnières-sur-seine (banlieue proprette de Paris). Dans ces rues pavées avec soin règne un calme souverain. Les petits jardinets sont encerclés de belles murailles avec des portails en fer forgé. Notre hôte nous attend au bout de la rue, toutes nos craintes inutiles s’évaporent, on débarque à la maison !

Poussière et embouteillages en route vers Tinthana 


Chez nos hôtes à Tinthana 

Trop tôt pour le repas de soir, Shyaam nous envoie nous balader dans une petite ville ancestrale voisine, Kirtipur. Pour s’y rendre, il faut franchir un vertigineux pont de singes d’au moins 100 mètres de long, c’est le temps de se pratiquer avant le trek du EBC (Everest base camp) où ces ponts seront légion. Shyaam me rappelle l’évidence suivante : « Don’t look down » en clignant profusément des yeux, à la fois parce que c’est son tic favori mais aussi pour se moquer un peu de moi, je le sens.

La traversée vers Kirtipur 

La ville de Kirtipur, normalement envahie par les touristes en saison haute, était calme en cette fin septembre. Reposant sur une colline escarpée, les rues de pavés étroites donnent une légère impression de Carcassone. Chats, chiens et habitants vaquaient doucement à leurs occupations dans la douce lumière d’une fin d’après midi. Les maisons datant des temps immémoriaux affichent bien les signes de leur âge et des différents tremblements de terre. Tordues, lézardées, penchant soit en avant, en arrière, d’un côté ou de l’autre, elles reposent sur des poutres de fortune pour les empêcher de s’effondrer complètement. Les fenêtres et ornements des toitures sont finement sculptés dans un bois noir de jais, le niveau de raffinement de ces ouvrages est impressionnant. Les petits temples entretenus par les habitants ne sont pas en reste pour nous impressionner. Décorés avec de la poudre de pigments et des fleurs pour le festival de la déesse vivante qui débute cette semaine, ils sont resplendissants.

Kirtipur 


Dans le bus à Kathmandou, y a du monde. 
Katmandou, musée vivant  - altitude 1400 mètres
24
sept
24
sept
Publié le 26 octobre 2018

Notre voyage en Chine en chiffres :

  • Nombre de jours en Chine = 26
  • Nombre de kms parcourus = 4729 kms
  • Nombre de régions visitées = 5
  • Nombre de nuits dans le train = 4
  • Nombre de trajets en train grande vitesse = 2
  • Nombre de trajets en auto-stop = 2
  • Température = entre 10°C et 32°C
  • Nombre de cours de cuisine = 4
  • Budget moyen = 62 $ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé en Chine :

+ la gastronomie (diversifiée et savoureuse)

+ les rencontres avec les Chinois

+ les animations et les éclairages nocturnes dans les villes

+ l’histoire millénaire

+ le sentiment de sécurité

+ les toilettes publiques partout


Ce qu’on a moins aimé en Chine :

- la pollution atmosphérique

- les foules de touristes dans tous les lieux d’intérêt

- le prix des sites touristiques

- la fumée de cigarette partout (surtout dans les trains)


Vive la Chine !

Prochaine étape au Népal !


De la Chine au Népal : l’Himalaya vue du ciel. 
23
sept
23
sept
Publié le 16 octobre 2018

A Chengdu, les touristes viennent pour les pandas. Et les lieux pour les voir ne manquent pas. Je suis donc allée, seule car JF, les pandas, ça le laisse de glace, au Centre de recherche et d’élevage du panda géant de Chengdu. C’est un peu comme aller à Disneyland sauf qu’au lieu de rencontrer Mickey, on fait la file pour voir ... des pandas. En effet, comme dans tous les lieux touristiques en Chine, il y a du monde et on attend bien sagement de prendre son selfie. Ici, le ratio panda / touriste est largement déficitaire. Levée aux aurores pour essayer de voir ces braves bêtes en action, je n’ai pas été déçue. Et je dirais même que j’ai adoré ça. Ils reçoivent leur ration de bambous vers 8h et c’est à ce moment qu’ils sortent de leur enclos climatisé. Et oui, rien n’est trop beau pour le confort de ces gros nounours. Ils sont vraiment trop mignons, surtout maman panda qui essaie de faire descendre fiston de son arbre ou les petits bébés de quelques jours qui se tortillent.


À la pouponnière, on se tortille comme on peut. 


14 heures par jour, les pandas grignotent. Le reste du temps, c’est dodo. 
22
sept
22
sept
Publié le 14 octobre 2018

Je croyais avoir bien préparé mon palet aux piments au cours des dernières semaines avec toutes ces soupes épicées que j’avais mangées en Chine. Mais rien ne m’avait préparé à l’incendie aux écrevisses qu’on s’appretait à manger. Nous avons choisi un petit restaurant familial en marge du quartier des restos nocturne, Zhang Gong Qiao Jie. Quand nous avons commandé, le serveur a fouillé un bon 5 minutes sur son téléphone pour nous dire « c’est très épicé ». Comme on en avait vu d’autres, plus rien ne pouvait nous impressionner. He bien le serveur avait raison, ça arrachait la gueule. La moitié du plat était composé de piments rouges déshydratés et de poivre de sichuan. Le tout baignait dans une huile pimentée d’un rouge vif. Chaque écrevisse était chargée d’énormément de saveur mais de tout autant de chaleur. La bouche et les lèvres brulaient, le visage nous chauffait, le nez nous coulait et les yeux aussi. Mais c’était tellement savoureux qu’on y retournait malgré la brulure. Les tranches de racines de lotus, branches de céleris, morceaux d’oignons étaient autant de défis que nous relevions tant le parfum de ce plat était envoutant. Nous n’avons laissé que les piments et l’huile, tout le reste a été englouti avec bonheur.


Les écrevisses à la sichuanaise, ça donne chaud !


Leshan by night 


 Le Bouddha géant de Leshan


Capital Bouddhas


Les raviolis en fleur, un pur délice ! 
20
sept
20
sept
Publié le 13 octobre 2018

Sur les bons conseils de Cécile et Greg, nous avons mis le cap sur la montagne sacrée Emei Shan. Au sommet de ses 3500 mètres, repose une grande statue de Bouddha plaquée d’or. Comme la restauration vient tout juste d’avoir lieu, ça vaut le détour.

Chaud, humide et escarpé

L’ascension des 2000 mètres depuis l’arrêt du bus ne se fait évidemment pas en un jour (bon, ok, à part peut-être pour Nicolas). Un arrêt est donc prévu à mi-chemin dans un des nombreux monastères qu’on retrouve sur la route. La montée ressemble beaucoup à celle de Hua Shan : des escaliers à n’en plus finir recouverts de limon svp, sinon ça serait trop facile. Nos jambes encore fortes de cette dernière montée nous portent bien dans cette ascension interminable et cette atmosphère tropicale. Les vendeurs de babioles sur la route tentent tant bien que mal de nous convaincre d’acheter leurs bâtons de marche en bambou « for the monkeys » disent-ils. Je ne suis pas venu en Chine pour créer un incident diplomatique en tapant sur d’innocents quadrumanes sacrés, alors on ne cède pas. Nous croisons en chemin une jeune chinoise seule et un groupe de jeunes qui mangent des noix crues ramassées plus tôt dans la montagne et qu’ils nous offrent gracieusement. On se croise et recroise au gré des pauses et on finit donc par sympathiser un peu. Vers les 16h, Aurélie et moi décidons de sprinter et on dépasse donc tous nos camarades de balade, juste avant l’arrivée à un temple à côté du fameux Elephant bathing pool. A cet endroit attendait, tranquille, reniflant et crachant, un bon samaritain qui nous fait signe de le suivre. Fait anodin sur le coup, il est en possession d’un beau bâton de marche en bambou de 5cm de diamètre. Comment voulez-vous vous perdre dans un escalier, pourquoi il nous embête ce vieux là ? Il attire notre attention vers un beau spécimen de singe, mâle, installé sur la rambarde. Celui-ci nous dévisage, visiblement énervé. Notre nouveau guide s’élance en nous intimant de le suivre de très près, il use même de son bâton pour nous tenir en groupe bien serré. C’est là qu’on commence à comprendre, le singe est là pour en découdre, il veut tout ce qui serait potentiellement comestible en notre possession. Il avance, menaçant. Le bonhomme commence à faire des grands gestes avec son bâton, il est clair que le singe va s’en prendre un coup s’il approche trop. Le singe crache, montre ses énormes canines, feint de fausses attaques et passe son chemin, mais un peu trop près au goût du bonhomme qui lui assène un bon coup au cul. Et en voilà un autre qui surgit de la rambarde juste à côté de nous et un autre surgit des buissons de l’autre côté en même temps, diable, une embuscade ! Mais, notre guide n’en est pas à ses premiers démêlés, il fait tourner le bâton tant et si bien que les singes se tiennent à distance. Evidemment, c’est à ce moment qu’Aurélie trouve opportun de s’éloigner pour prendre une photo des singes, aussitôt rabrouée et ramenée dans le groupe. C’est alors qu’on entendit des cris et gloussements venir d’un peu plus bas dans les escaliers, la jeune chinoise en était au pugilat avec le gros mâle qui venait d’éventrer son sac à dos et tirait comme un déchainé sur son coupe-vent. Je m’empresse d’avertir le bonhomme qui me fait un signe qui voulait dire « c’est trop tard, on ne peut plus rien pour elle, laisse tomber ». On se serait cru dans un film de zombies quand ceux-ci rattrapent les infortunés membres moins rapides d’un groupe en cavale. Une fois rendus en haut, c’est l’heure des bilans : nous sommes indemnes, merci au bon samaritain, la jeune chinoise n’a plus de coupe-vent et son sac est foutu et le groupe de jeunes n’a plus son sac de noix. Cette dernière aventure nous ayant achevés, et craignant d’autres embuscades après le temple, on décide de rester là pour dormir. Notre choix est confirmé quand on croise un couple de sympathiques Français qui ont eu maille à partir avec les hooligans quelques temps auparavant. Fait amusant, le lendemain, au sortir du temple, un petit restaurant vendait sur un étalage les produits des rapines : sandales, bonnets, parapluies, ayant été abandonnés ça et là par les singes.

Le moine et le (seul) singe sympathique 
Au temple Elephant bathing pool 
Dans les hauteurs d’Emei Shan 
19
sept
19
sept
Publié le 12 octobre 2018

Toujours plus au coeur de la province du Sichuan, nous avons mis le cap vers Chengdu. Cette ville sera notre point de départ pour la visite des pandas, des bouddhas géants et de la montagne sacrée Le Shan. Ce sera aussi dans cette ville que je fêterai dignement mon anniversaire en suivant un cours de cuisine.

Chengdu, ciel gris et humidité écrasante 

Je voulais un cours de véritable cuisine sichuanaise, de l’authentique, et j’ai été servi. On dit que la cuisine sichuanaise est la cuisine du feu, car elle est faite au wok et qu’elle est très épicée. Au menu, nous avions : tofu mapo, typique de Chengdu, porc cuit deux fois, salade trois coupes, porc dans de la sauce chili et peaux de dragons. À part le porc cuit deux fois, tout était ultra piquant. Ce que j’ai bien aimé de cette école est qu’on avait notre propre wok et qu’on préparait les plats en même temps que le chef. Petite remarque sur les peaux de dragons. Il s’agit de simples bouts de piments verts forts frits dans l’huile, ce qui donne l’aspect d’une peau de dragon aux piments. Quand on mangeait un morceau, c’était un peu la loterie. On pouvait tomber soit sur un morceau doux, fort ou feu de l’enfer. Notre guide, Ocean, nous a fortement conseillé d’essayer les écrevisses de la région, ce que nous avons fait peu de temps après. À voir à Leshan !

Épices, tofu et produits frais sur un marché de Chengdu 
Technique de pliage des wontons 
Cours de cuisine sichuanaise en terrasse 
Oreo + lait : bonne fête JF ! 
17
sept

Au premier abord, cette ville est assez rébarbative, et au second elle l’est aussi. Beaucoup d’hébergements abordables sont réservés uniquement aux chinois et les seules options restantes pour les étrangers sont peu tentantes et chères. Nous avons finalement arrêté notre choix sur Yellow river homestay. Et c’est littéralement chez les gens qu’on débarque avec ce genre d’hébergement. Nous sommes tombés chez nos grand parents, gentils comme pas uns. Mais mettez ensemble le décalage générationel, culturel et la barrière de la langue, ce sont tout simplement les olympiques de l’incompréhension. Une phrase n’en attendait pas une autre pour nous éloigner encore toujours plus de ce qu’on voulait dire. Google translate, normalement si fiable, peinait sous les phrases interminables et alambiquées du grand père. Et grand mère de plisser des yeux comme pas une pour essayer de lire ce qu’on tentait de lui communiquer. C’est ainsi qu’on s’est retrouvé à se faire toquer à la porte à 8h30 pour un petit dèj qu’on n’avait jamais demandé. Et c’est de manière identique que le midi même on s’est retrouvé en plein cours de nouilles faites à la main avec en prime le petit dèj qu’on n’avait pas mangé.

Cours de nouilles étirées à la main 

Malgré cela, nous y avons trouvé notre compte. Sur une colline, de l’autre côté de la rivière, est perché un joli petit complexe de temples, le tout est éclairé avec goût (ou presque) la nuit.

Sur les bords du fleuve jaune (Huang He)

Les soupes aux nouilles faites à la main se sont succédées à un rythme effréné, mais pas tant que ça car on sentait bien le poivre de sichuan dans la chaleur de ces plats. Nous avons aussi essayé les spécialités musulmanes comme un genre d’énormes nouilles au riz de 5mm sur 5mm servies froides avec un cocktail de sauces, purée de sésame, huile de chili, piments dans l’huile, c’est excellent mais encore là, un peu piquant. Nous avons suivi les conseils d’un vlogueur ayant habité Lanzhou pour retrouver les meilleurs resto du coin. La vidéo datant de 4 ans nous avons pu constater à quelle vitesse se développe la Chine. Beaucoup des points de repères, gros commerces, chaînes de restaurants, n’y étaient plus et avaient été remplacés par de nouveaux immeubles. Mais nous avons quand même pu tout trouver et se régaler de ces spécialités : patates dans l’huile pimentée, fèves noires dans une sauce sucrée, etc ... Notre arrêt à Lanzhou a vraiment été riche en découvertes gastronomiques.

Bouffe de rue au marché nocturne de Zheng Ning 


Spécialités de Lanzhou 

** On est maintenant au Népal où la connexion dans les montagnes était plutôt limitée. Des mises à jour s’en viennent. Tout va bien pour nous. Bisous. **

13
sept
13
sept

Non loin de Xi’an, il y a également une montagne sacrée, Huá Shán, que je qualifierais de sacrée montagne. Cette montagne a la douce réputation d’être la montagne la plus dangereuse du monde. Peut-être un peu exagéré, mais pas tant que ça. Le lonely planet nous met en garde contre les escaliers qui deviennent dangereux quand il pleut et des hordes de touristes qui se bousculent au sommet. Ça commence bien, il pleut et y’a du monde partout à notre arrivée. Les pierres sont couvertes de limon qui se transforme en bave de limace au contact de la pluie. On patine, on dérape, mais notre volonté reste de fer, nous irons au sommet aujourd’hui ! Un passage très abrupte nous laisse un peu perplexe, la descente semble tout simplement relever du suicide. Toutes les angoisses reliées à la montée sont maintenant remplacées par celles reliées à la descente. On oublie presque qu’il faut gravir 1300 mètres sur 6 kms pour toucher au but.

Au sommet, nous avons pu profiter des belles couleurs des imperméables des touristes Chinois qui ont fait l’ascension en téléférique, car le paysage était bouché par les nuages. Et c’est au moment de la descente qu’un miracle se produisit. Je ne sais pas si ce sont les bâtons d’encens que j’ai allumé pour mes grand-mères mais au moment de choisir la route, on s’est égaré. Or, en s’égarant nous avons évité la descente infernale et avons plutôt emprunté un très civilisé escalier de béton avec rampes et paliers, le grand luxe. Ledit escalier aboutissait au départ du sentier, et c’est avec un sentiment d’allégresse que nous avons pu terminer cette rando.

On essaie de ne pas prendre les hordes de touristes en photo mais y a du monde sur la montagne, c’est un parc d’attractions
Au sommet du pic nord 
12
sept
12
sept

Comment aller en Chine sans passer par Xi’an ? C’est comme aller au pôle nord sans aller voir le père noël. On y retrouve la fameuse armée de terre cuite !

Notre hôtel était situé au coeur du marché des grossistes en alimentation et du marché aux poissons. On oublie tout de suite les images impressionnantes du marché aux poissons de Tokyo. Ici, ça se passe dans des allées étroites, des sous-sols humides et des locaux sans fenêtre, pas éclairés. On y retrouve de tout : anguilles, tortues, serpents, écrevisses, crabes. Et la plupart sont encore vivants dans leur bassin. J’en ai profité pour m’acheter un couteau à nouilles. Ça ressemble à un économe avec une lame incurvée. Après l’avoir testé sur mon doigt bien involontairement, je peux confirmer qu’il coupe très, très bien (Non, ne pensez même pas faire la blague ici, je pense surtout à toi Nicolas...)

La ville se réveille et l’effervescence est presque terminée dans le sous-sol de l’hôtel où se tient le marché aux poissons 

La ville de Xi’an est entourée d’une muraille que l’on peut parcourir à pied en quelques heures. Quoi de mieux qu’une journée à 32 degrés avec un soleil de plomb et 100% d’humidité pour parcourir ces petits 15 kms avec un seul litre d’eau dans le sac à dos ? J’ai dû boire 10 litres quand on a pu finalement sortir de cette prison, parce que oui, y’a seulement 3 accès. Quand tu manques la dernière sortie, tu pars pour tout le tour.

Sur les remparts de Xi’an

Pour visiter l’armée de terre cuite, il faut se préparer mentalement au bain de foule. C’est le second lieu le plus visité en Chine avec la Citée interdite. Trois sites ont été déterrés et en partie reconstitués. À ce jour, les fouilles continuent et les morceaux de soldats sont extraits du sol et rassemblés avec minutie. L’organisation des sites laisse croire à une disposition en ordre de bataille de l’armée. L’état major est sur un site unique, mais il semble que le général manque à l’appel. Peut-être que la place libre est celle de nulle autre que Qin Shi Shuang, empereur de son état. Il reposerait dans son tombeau non loin de là sous une colline. L’armée de terre cuite aurait été mise là pour le protéger ou lui permettre de guerroyer dans l’au-delà. Les archéologues brûlent d’ouvrir ce mausolée. Mais il est si vaste qu’ils craignent ne pas avoir les moyens technologiques d’exhumer ce trésor national sans l’endommager, donc ils attendent. La légende dit qu'il est sensé renfermer une carte en modèle réduit de son empire avec des rivières de mercure. Des relevés sur le site montrent bien qu’il y a des traces de mercure, la légende dirait vrai ! Mais de toute façon, au rythme où vont les choses, ils en auraient encore pour 100 ans à reconstituer l’armée de terre cuite

L’armée de terre cuite et ses soldats où chaque visage est unique


Délices dans le quartier musulman de Xi’an 
10
sept
10
sept
Publié le 19 septembre 2018

Pingyao est une mignonette petite ville qui a été restaurée dans le style de l’époque. La vieille ville comprend plusieurs anciennes résidences de riches commerçants, des anciens bureaux de banques ou des temples. On se balade le nez en l’air dans les rues bondées et parfumées par les restaurants et les boutiques de vinaigres vieillis.

La vieille ville fortifiée de Pingyao 
Les intérieurs 

Nous avons été hébergés dans une famille à l’intérieur de l’enceinte de la vieille ville. Ils nous ont offert les collations (moon cakes maison), fort appréciées après une nuit de train, le petit déjeuner, les jujubes de leur arbre et même les bières le soir venu. Ils ont upgradé notre chambre pour la meilleure qu’ils avaient, sans frais supplémentaire. On se sentait chez eux comme à la maison. Si nous restions à l’intérieur du périmètre des murs, notre notoriété pâlissait un peu sous la masse des touristes, mais aussitôt qu’on sortait et qu’on honorait une gargote de notre présence on avait droit à une séance photo avec le personnel.

Jihoutang homestay Pingyao 
Petit resto en périphérie 

Après avoir visité notre 10 ème maison, c’est un peu blasé que nous entreprirent d’aller visiter la maison Qiao à 25 km du centre. Comme nous étions dans l’erreur, la famille Qiao était milliardaire et a prospéré sur plus de 5 générations. Elle s’étendait sur un terrain immense et comprenait plus de 300 pièces ! J’y ai rencontré mon premier chinois parlant français. Il m’a salué d’un vibrant bonjour dans un accent que je n’arrivais pas à identifier. Après quelques échanges, il m’avoua avoir appris le français après avoir travaillé 6 ans en Afrique. Et c’est quand il prononça « 6 ans en Afrique » que je perçus clairement l’accent si caractéristique de nos amis africains.

Qiao family courtyard 
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Publié le 14 septembre 2018

Aujourd’hui, debout à 5 heures du matin pour une randonnée de 8 heures sur la grande muraille. Cette portion que l’on prévoit de marcher s’étire entre Jiankou et Mutianyu et comporte selon notre guide des passages très dangereux. Après plus d’une heure de bus, une heure à chercher un autre bus qui ne partait pas et 30 minutes de taxi, nous arrivons à la base du mur vers 10h30. Les premières minutes sont magiques : la muraille de Chine, en direct, pas de touriste, juste nous et le mur. Il y a en effet des passages un peu chauds où les gardes-fous sont effondrés, des fois le mur au complet est effondré, auquel cas il y a toujours un petit sentier pour le contourner. Mais là où ça s’est gâté, surtout pour JF, c’était à une portion qui montait presque verticalement sur une falaise d’environ 30 mètres. À cet endroit, le mur devient étroit et se résume à un escalier à pic avec des marches rondes et glissantes. Ne nous sentant pas suicidaire, nous avons décidé de prendre le chemin de contournement. Mais le sentier n’a jamais abouti vers un endroit où on pouvait remonter. Nous avons donc mis le cap sur une autre section du mur en rénovation qui se trouvait à 1 km de là. Cette portion était beaucoup plus praticable, nous avons pu voir les travaux en cours et marcher plus longtemps sur la muraille. Et c’est là que nous avons vu le petit frère de la montée vertigineuse, cette fois c’était la descente vertigineuse, toute aussi haute mais en bien piètre état. Les escaliers étaient effondrés, on voyait les briques de la structure, c’était tellement escarpé qu’on ne distinguait pas la base. Toujours pas d’humeur à mourrir les os rompus à la base de cet escalier, nous avons rebroussé chemin. Il était presque 13h et nous avions parcouru en 3h30 un peu moins de 500 mètres des 4 kms prévus.


La grande muraille de Chine 

Aux vus des obstacles, on ne voulait pas terminer la rando à l’obscurité, nous avons décidé de retourner à Beijing. Mais dans le village de Xi Zhan Si Cun, les moyens de transport n’abondent pas. Pas de taxi, pas de bus mais il restait toujours le stop qui s’est montré fort efficace depuis notre arrivée. Et comme de fait, nous avons été pris tout de suite par un homme et une femme dans un énorme 4x4 noir de luxe. Il s’agissait du General manager d’une grande banque chinoise qui s’était permis une petite escapade en montagne avant une longue soirée à rencontrer des clients. Il nous a offert de l’eau, nous avons discuté au moyen de Google translate et il nous a déposé directement à Beijing.


Je ne sais pas comment faisaient les voyageurs sans la technologie mais pour nous, nos 3 meilleurs outils en Chine sont sur le téléphone :

  • Google translate : pour traduire les conversations en direct ou lire les menus uniquement en kanjis,
  • Maps.me : Google maps étant bloqué en Chine, c’est un outil super utile avec toutes les informations nécessaires telles que lignes de métro, banques, itinéraires et le tout écrit dans les 2 langues ce qui permet de communiquer avec les chinois. Fonctionne sans internet et possibilité de mettre des signets sur les lieux à ne pas manquer,
  • VPN : indispensable pour consulter les courriels et faire des recherches internet sur des sites bloqués.

Même avec ça, on galère parfois à arriver à destination et on est étonné quand on se rend où on avait prévu. Pour la Grande muraille, le résultat est mitigé, par exemple, mais on l’a foulée !!

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Nous y voici enfin, Beijing, cette mégapole chinoise dont on entend tant parler. Sans surprise, on voit à peine le ciel tant l’atmosphère est chargée de pollution, il fait chaud et c’est humide. Premier contact avec la sécurité omniprésente dans cette ville : on passe au scanner à la sortie du bus, on passe également au scanner en entrant dans le métro. Mais, c’est pas trop sévère pour les étrangers, à peine les gardes nous accordent-ils leur attention.

 Pour la amateurs de transport en commun, voici le métro de Beijing : propre, efficace et sécuritaire.

Notre hôtel se situe dans un quartier de vie paisible et non touristique. Ce type de quartier se nomme un « hutong » : rues étroites, petites maisons, si petites en fait qu’elles n’ont pas de toilettes, d’où la grande quantité de toilettes publiques.

Dans les Hutongs, les ruelles du vieux Beijing.

Première chose de réglée dans le bus en direction de Beijing, inscription à un cours de cuisine chinoise. N’ayant pas trop regardé où il était donné dans la ville, nous avons l’agréable surprise de constater qu’il aura lieu à 5 minutes à pied de notre hôtel.

Le cours était le lendemain midi, pas le temps de niaiser. Au menu : porc aux ananas, poulet kong bao, dumplings au porc, bockchoy et champignons sautés, concombres en spring et haricots frits aux piments.

Pour les dumplings, tout était fait à la main, pâte et farce. La pâte est uniquement à base d’eau et de farine forte en gluten. Nous avons pratiqué trois formes : en croissant, en bouton et en forme de gerbe de blé (la plus difficile).

Dans le groupe, j’ai été celui désigné pour exécuter le porc aux ananas. Mon favori a cependant été le poulet kong bao. Le secret de ce plat, ainsi que d’autres spécialités szechuanaises, est la pâte aux haricots fermentés de Pixian. Également, le poivre de szechuan ajoute une note relevée en engourdissant légèrement la bouche. Le résultat donne un plat sucré - salé, croquant (je ne l’ai pas dit, mais il y a des arachides frites dans ce plat) et qui chauffe, sans enflammer, les papilles. L’effet du poivre de szechuan se compare à se mettre la langue sur les pôles d’une pile de 9 volts. Certains n’apprécieront pas du premier coup, mais attention, on y prend vite goût (au poivre, non à lécher des piles).

Les haricots, eux, ont offert une toute autre performance. C’était le plat le plus épicé, et de loin. Il devait y avoir une louche entière de poivre de szechuan et une demie de piments rouges séchés. Ceux qui avaient choisi d’ignorer les panneaux d’avertissement étaient gratifiés d’une brûlure suivie d’un engourdissement total de la bouche. Loin d’être désagréable, l’effet durait un bon 5 minutes pendant lequel on salivait profusémment tout en sentant notre pouls sur la langue.

Cours de cuisine Chinoise avec Carlyle et Zhang Peiyi de Beijinger kitchen cooking class.

Comme un cours de cuisine ça ne suffit pas, on a pris un second cours, mais cette fois en privé avec uniquement le chef et l’interprète. Au menu : poisson en chrysanthème, spécialité de Beijing, nouilles faite à la main sautées, tofu frit, soupe aigre piquante et curry de poulet. Bien que ce dernier ne soit pas représentatif de la région, le chef maitrisait bien ce plat et a bien voulu l’interpréter pour nous.

Le guide nous met en garde contre la complexité du poisson en chrysanthème, mais je lui dit de ne pas s’en faire, nous sommes des chefs de sushi patentés, ayant suivi une formation d’une demi journée deux ans auparavant au Japon. Pour ce dernier, il faut une belle carpe sans écaille d’environ 1,5 kg. On en retire 2 beaux filets qu’on entaille en diagonale jusqu’à la peau mais en prenant bien garde de ne pas la couper. Après 3 entailles, on coupe la peau et on répète jusqu’à la fin du filet. On reprend chaque morceau qu’on entaille en sens inverse pour créer les pétales de la fleur. On ajoute un oeuf et les condiments et ensuite on enfarine bien dans la fécule. On enroule le morceau de poisson pour lui donner une forme de fleur et on plonge délicatement dans de l’huile bien chaude. On ne relâche pas tout de suite question que la fleur garde sa forme. On fait frire aussi la tête et la queue et on assemble pour faire un semblant de poisson. La sauce qu’on arrose sur ce poisson peut être de style kong bao, mais la traditionnelle est rouge vif, au ketchup. Hooo, le ketchup de s’insurger les puristes. Mais sachez qu’au dire même du grand Chuck Hughes, le ketchup est un ingrédient magique. Quand on se demande, mais c’est quoi ça, comment y zon fait... ketchup.

Pour le tofu, on débite l’infâme cube de pâte drabe en mignons petits triangles d’environs 5mm d’épaisseur. Le truc est qu’il doit être suffisamment épais pour rester moelleux au centre après sa friture. On plonge un a un les petits triangles afin que l’huile ne baisse pas trop en température. Ensuite, on procède à le faire sauter avec la fameuse pâte aux haricots fermentés de Pixian. C’est fondant, craquant et bien relevé.

Pour le curry, la base est la fameuse poudre de curry chinois, mais avec un petit plus. En début de cuisson, le chef aromatise l’huile en y faisant frire un demi bâton de cannelle et quelques grains de poivre de szechuan. Ce détail à lui seul projette ce plat dans une autre dimension, il ne restait rien dans l’assiette, pas même un malheureux bout de peau de poulet.

Les nouilles à la main ont présenté un défi pour JF, le pétrissage n’a pas donné les résultats escomptés alors qu’Aurélie s’est mérité un A+.

On refait les recettes ensemble à notre retour ... Avis aux intéressés.

Cours de cuisine chinoise avancé 

Au lendemain de notre arrivée, surprise : un beau ciel bleu s’offre à nous ! Qui sont les mauvaises langues qui disent que Beijing est une ville polluée? En fait, il y avait des hôtes de marques qui assistaient au sommet Chine-Afrique et Beijing était sous le coup d’un arrêt des usines aux alentours. Ils appellent ça « blue meeting ». L’effet indésirable de cela est que la place Tian’anmen a été fermée tous les jours.

Nous avons évidemment visité la Cité interdite, sous haute surveillance. À toutes les entrées qui mènent aux sites de la place Tian’anmen et de la Cité interdite, il y a des checkpoints avec scanner et détecteurs de métaux, des bus de militaires et de policiers aux plaques d’immatriculations masquées. Des militaires au garde à vous sont dans tous les coins, d’autres arpentent la place au pas cadencé. Il y a des policiers et des surveillants qui font la circulation et qui s’assurent que la masse de touristes se déplace dans une relative efficacité. Et je ne parle pas de la surveillance électronique, des lampadaires remplis de caméras qui pointent dans toutes les directions garnis de projecteurs puissants.

Première rencontre avec Mao 
Parc du temple du ciel 
La Cité interdite 
798 Art district 

Une spécialité à ne pas manquer à Beijing c’est son fameux canard. Alors exit l’ersatz que l’on retrouve dans le quartier chinois de Paris ou Montréal. Ce dernier est cuit sans artifice, au feu de bois, bien qu’il fasse plus de 30°C dans la ville. Il est servi avec des fruits et des légumes en juliennes et ce qui ressemble à des petites tortillas de blé ultra fines. Le canard est savamment découpé par un cuistot sous nos yeux et présenté magnifiquement dans une assiette. La carcasse du canard peut ensuite être préparée en soupe ou en stirred fry. Nous avons choisi la soupe. On assemble nous même les ingrédients : juliennes de peau croustillante et bien grasse, viande juteuse, melon, concombre et une petite sauce genre oisin. On a tout bouffé, mais même après deux mois d’entrainement en Mongolie, ça faisait quand même beaucoup de gras. Et au diable les considérations nutritionnelles, il semblerait que le gras de canard possède les mêmes qualités que l’huile d’olive (j’espère qu’il n’y a pas de nutritionnistes qui lisent ces lignes).

Le canard laqué de Pékin 
31
août


Soupe du petit déjeuner 
Toilette à 3 places à Dátong, on repassera pour l’intimité

Encore une fois, nous avons été la cible d’une vague de solidarité afin de trouver la gare routière d’où partait le bus en direction du temple suspendu Xuan Kong. Dans un bus, nous n’avions pas la monnaie. Une gentille vielle dame donna 1 yuan à Aurélie alors que deux autres passagers cherchaient désespérément sur leur téléphone un moyen de nous faire comprendre où aller. Pendant ce temps, je tentais de faire de la monnaie auprès du reste des passagers. Finalement, une dame partit du fond et alla valider nos entrées. Le chauffeur de bus insista pour nous déposer... à la mauvaise place. Nous avons finalement traversé la ville au complet à pied pour nous rendre à la bonne gare routière.

Le temple suspendu se trouve près du village de Tangjiazhuang à une soixantaine de kms au sud de Dátong. Notre chauffeur était certainement issu d’une grande famille de trompettistes tant il usait avec générosité du klaxon de son bus. Une fois au village, il faut encore prendre un taxi pour rejoindre le temple. La course est inclue dans le prix du billet de bus. Ce détail aura son importance pour notre retour.

Le temple en soi est accroché sur une falaise totalement verticale. Il est suspendu dans le vide sur des pieux qui ne semblent pas enfoncés bien profond dans la paroi de calcaire. Les escaliers et passerelles qui relient les différents bâtiments sont hyper escarpés, glissants et usés à mort. Bien entendu les garde-fous sont faits pour des moines de 1 mètre 50 et arrivent un peu au dessus du genou de l’occidental moyen. Inutile de vous dire que j’avais (JF) le trouillomètre dans le tapis tout au long de la visite. J’ai pu me remettre de mes émotions grâce aux petits cadeaux d’une touriste chinoise qui passait par là : petits poissons séchés et clémentine. Mais mon sixième sens de Spiderman ne me trompait pas. Le lendemain, nos amis y sont allés mais le temple était fermé à cause d’une instabilité dans la structure.

Le temple suspendu Xuan Kong 

Au retour, un taxi nous a bien cassé les bonbons avec des histoires abracadabrantes sur notre retour impossible. Il a même menacé un sympathique touriste chinois qui se proposait de nous ramener à Dátong avec sa voiture. Las d’entendre ses histoires d’arracheur de dents, nous entreprirent à pied les 6 kms jusqu’au terminal de bus. Un petit couple d’espagnols, pas plus dupes que nous, nous accompagna au travers du village de Tangjiazhuang. De mémoire, on retrouva la « gare », qui n’était qu’un espace libre dans le stationnement d’une petite échoppe sur le bord de la route. Mais un bus reconnut notre joyeuse équipée et 500 m avant d’arriver, nous interpela d’un coup de klaxon pour qu’on termine ce bout de chemin ensemble.

Le village de Tangjiazhuang 

Le soir, on donna rendez-vous à Greg et Cécile pour partir à la recherche d’un restaurant à hotpot de Dátong. La veille, on s’était fait bien aguicher quand les employés de notre resto de brochettes festoyèrent à la fin de leur chiffre autour d’un hotpot débordant de victuailles dans le bouillon. Par manque de réflexe, on avait refusé leur offre de gouter à leur plat. C’était donc ce soir que ça allait être notre tour. De retour de la gare, Aurélie et moi avions prospecté et plusieurs ruelles semblaient très prometteuses.

Google translate en main avec « Dátong Hotpot » traduit en grosses lettres, on demande aux premiers locaux qu’on croise « où pourrait-on trouver le restaurant tant convoité ? ». Pas encore trop habitués que nous sommes à l’effet que nous provoquons sur notre passage, nous restons surpris de l’émoi causé par notre simple question. Et c’est reparti ! On nous dit bien sûr où se trouve le restaurant, mais non sans nous offrir au passage quelques brochettes, prendre des selfies et échanger quelques mots avec les enfants. Nous quittons finalement la petite famille qui mangeait des brochettes pour aller au fameux resto de hotpot.

Malheureusement, plus de place en terrasse au hotpot. On décide d’aller tromper l’attente en éclusant quelques bières dans un troquet du coin. En repassant devant la famille, on leur rend les tiges des brochettes offertes plus tôt et c’est là que la soirée pris une tournure magique. Pour cette famille, il n’était pas question de nous laisser filer une seconde fois. Et c’est ainsi que pendant l’heure qui suivit, ils nous offrirent généreusement brochettes, fruits, bières, cigarettes et boniments. Les enfants nous lançaient toutes sortes de questions en anglais en pouffant de rire pendant que les adultes nous souhaitaient la bienvenue en Chine, à Datong à tour de rôle et nous répétaient combien ils étaient heureux qu’on soit avec eux ce soir.

Dans la rue avec la famille Lii 

Nous quittèrent quand les trois générations de la famille Lii présentes sur place décidèrent qu’il était temps d’aller se coucher. Encore sur notre nuage d’amour, nous allèrent tous les 4 digérer ces bons sentiments dans un petit resto à brochettes du coin, n’ayant plus assez d’appétit pour le gargantuesque hotpot. Et c’est là que la soirée magique devint féérique. Notre « notoriété » ne s’était pas émoussée, loin de là. Nous eurent droit à des selfies, des discussions décousues avec des clients du bar, en anglais ou au travers Google translate, des « Bienvenue en Chine » et à Datong, en voulez-vous en voilà. On prenait notre temps, mangeait et buvait abondamment, on flottait. C’était aussi notre soirée d’au revoir avec nos nouveaux amis. Nous quittions le lendemain pour Beijing. Et on était bien loin de deviner la surprise que nous réservaient encore les Chinois. C’est au moment de payer que la stupéfaction fut la plus totale. Un des clients, geôlier de son métier, qui nous avait déjà offert de dormir chez lui ou de nous servir de guide à plusieurs occasions, avait payé la note de notre petit groupe.

Au restaurant de brochettes au sud du quartier historique 
30
août
30
août

Lendemain matin, après un petit déjeuner de soupe de dumplings et oeuf au thé, on se sépare pour la journée du petit couple, Greg et Cécile, qui partent à la recherche d’un hébergement plus près du centre. Et c’est à ce moment qu’on réalise que s’orienter en Chine, c’est pas évident. Les noms des endroits sont en chinois et demander verbalement son chemin aux locaux est tout simplement impossible, notre prononciation étant complètement erronée. Mais merci à Google Translate en mode hors connection. On entre un mot clef comme « Gare ferroviaire », Temple machin, Autobus truc et ça marche à tous les coups. Nous avons finalement trouvé le bus qui nous emmènerait aux grottes Yungang après quelques heures de recherches et l’aide de locaux très dévoués.

Les grottes sont authentiques du v ème siècle. Certaines sculptures de Bouddha sont complètement errodées, d’autres, dans les grottes plus profondes, sont bien conservées et présentent encore de jolies couleurs. Le site, lui par contre, ne date pas d’une époque lointaine. Il a été rénové récemment avec goût dans un style correspondant au décor. La sortie se fait a travers un mini village d’attrape touristes qui comprend une fabrique de vinaigre. Celui-ci, noir comme de l’encre, se décline sous toutes sortes de saveurs : jujube, prune, dattes, fermenté. La dégustation nous révèle des produits qui caressent la palet. Nous en avons aussi profité pour visiter la salle de fermentation, surchauffée et dégageant une odeur suave et complexe.

Les grottes de Yungang 
Fabrique de vinaigre et lunch de nouilles typiques de la région
Vieux Dátong 

Le soir, de nouveau réunis avec notre petit couple, nous entreprirent de retrouver la rue aux brochettes. Légèrement excentrée, nous allions à pied, demandant aux passants s’ils connaissaient l’endroit de notre destination. Finalement, près du but mais bloqués par un étroit tunnel non éclairé, les filles sortirent leur charme pour nous faire embarquer en stop par une voiture. Heureusement d’ailleurs, le tunnel débouchait sur une horrible ruelle étroite remplie d’immondices, même en voiture l’odeur était insupportable. Après un bon kilomètre, nous avons débouché juste en face du lieu tant convoité. Nous apercevions les fameux ventilateurs qui éloignent la fumée des grillades tout en la projetant dans la rue, appelant ainsi les affamés à la grand-messe de la dégustation.

Nous avons utilisé le guide « Gépalémo » du Routard, genre de petit précis rempli d’illustrations de la vie quotidienne, afin de pointer les différentes viandes et légumes que nous souhaitions griller. Étonnement, malgré l’insistance du chef, personne ne voulu sélectionner le mouton, allez savoir pourquoi ... ? Évidemment, le même manège que la veille se déroula : selfies avec tous les membres du personnel, discussions décousues avec les passants, photos à la sauvette, on nous souhaite la bienvenue en Chine et à Dátong, on nous propose de gouter à la fondue et j’en passe. Le tout se déroule dans une atmosphère bon enfant, dans la bonne humeur et la rigolade.

Les Datongois semblent être pétris d’un plaisir authentique de croiser notre chemin. Notre petite équipée ne se sent pas digne d’un tel déploiement de gratitude et de bonheur, mais on se laisse bercer volontier par cette vague d’allégresse. Quel accueil de la part des Chinois !

Des brochettes en bonne compagnie 
28
août
28
août
Zamyn-Üüd, Mongolie

De la Mongolie vers la Chine

Publié le 2 septembre 2018

Nous voulions d’abord faire le trajet Oulan-Bator - Beijing en train pour voir les changements d’essieux à la frontière (et oui, les rails Russes et Mongols ont un écartement différent de celui Chinois). Mais l’horaire du train direct faisait en sorte qu’on devait encore attendre 4 jours en Mongolie. Ayant des fourmis dans les jambes, nous optèrent pour un départ rapide, le 28 août, en train-couchette.

Dans le train pour Zamyn-Üüd, dernière ville mongole avant la frontière chinoise.

Nous avons aussi décidé de passer par Dátong avant Beijing, petite bourgade de 3, 5 millions d’habitants à 300kms de la capitale. Comparativement à la Mongolie et ses 3 millions d’habitants, ça fait pas mal plus de monde. Après une nuit dans le train et deux changements d’autobus, nous foulions le sol Chinois. L’entrée en ville avec le bus nous promettait monts et merveilles avec ses rues enfumées par les vendeurs de brochettes. Voilà une activité qui venait de se rajouter à la liste des choses à faire absolument dans cette ville. Arrivés à la tombée de la nuit, les remparts se sont allumés sur notre passage : atmosphère magique !

Frais comme des gardons après une bonne nuit dans le train 

Notre hébergement étant à l’autre bout de la ville, nous entreprirent de nous y rendre à pied, las que nous étions de s’user le fond de culotte sur des banquettes depuis plus de 1200 kms. La balade était très agréable, d’autant que nous étions accompagnés par un gentil petit couple de Français que nous avions rencontrés à la frontière Chinoise.

Le premier contact avec les locaux se fit à ce moment là afin de trouver ledit hébergement qui se cachait dans une tour d’habitation de 25 étages. La patronne du petit resto d’en face nous offrit de nous assoir pendant qu’elle se démenait pour contacter notre hôte. Nous avons finalement eu nos chambres et vue l’heure tardive, près de 21h, on mit le cap vers les petites rues des alentours en quête de nourriture. Les échoppes étroites et enfumées aux enseignes lumineuses criantes ne manquaient pas dans les environs. Déjà pour les yeux, c’était du bonbon. Notre choix s’est finalement fixé sur un bouiboui qui se spécialisait dans la viande cuite style kébab servie sur un riz sauté avec des légumes. Le sélection se fit assez simplement en pointant l’image du plat tant convoité sur le panneau au dessus de la cuisine. Le chef semblait vraiment excité de nous avoir comme client et nous enjoigna hardiment de nous prendre une bière dans le frigo. Par la suite, les petits cadeaux se sont succédés : bonbons à la noix de coco, prunes succulentes, cigarettes pour les fumeurs, le tout suivi d’une séance de photos pour nous immortaliser. Le plat était excellent, et après 49 jours à manger de la biquette coriace en Mongolie, on a l’impression de flotter dans le ciel du paradis. Il y avait de l’émoi autour de nous, le cuistot et son pote nous posaient des questions sur nous dans un anglais très sommaire. Les passants figeaient à notre vue en tentant, tant bien que mal, de ne pas le laisser paraître. On était tous un peu sous le choc, mais avec nos 26 heures de transport dans le corps, on ne réalisait pas ce qui nous arrivait.

La vue depuis notre chambre 
Premier souper en Chine 
27
août
27
août
Publié le 1er septembre 2018

Et puis on est retourné à Oulan Bator ... Très nostalgiques de notre mode de vie nomade des dernières semaines synonyme de liberté totale. Nous sommes restés 2 jours sans sortir de l'auberge à nous reposer et à digérer ce qu'on venait de vivre. Ensuite, les ballades dans la ville ont repris et maintenant, nous aimons beaucoup UB.

 De retour à UB 
Mémorial Zaïsan (construit par les russes) en souvenir des soldats et héros inconnus 
Contrastes à UB  
 Monastère Gandan Khiid 
 Jeu de shagai (osselets mongols) et bouffe au resto Modern nomad
Notre auberge préférée: le Woodpecker inn 

Finalement, il a fallu envisager de partir et c'est vers la Chine que nous avons mis le cap, le coeur bien lourd de quitter des gens qu'on aimait bien et des paysages à couper le souffle.


Notre roadtrip en Mongolie en chiffres :

  • Nombre de jours en Mongolie = 49 (dont 39 sur la route)
  • Nombre de kms parcourus = 6046 kms
  • Nombre d’aïmags (régions) traversées = 13
  • Nombre de nuits sous la yourte = 9
  • Nombre de marmottes consommées = 5
  • Température = entre 5°C et 35°C
  • Altitude = entre 1600m et 3000m
  • Prix de l'essence = entre 1690 et 1919 tugriks (soit environ 0,90$ CAD et 0,60 euros)
  • Vitesse moyenne = 30km/heure
  • Nombre d'heures sur la route = 200
  • Budget moyen = 41$ CAD / jour / personne


Ce qu’on a aimé en Mongolie :

+ les montagnes de l'Altaï (notamment la vallée de la Tsagaan gol)

+ les rencontres avec les Mongols en général, les enfants super matures

+ la possibilité de se rendre partout avec l'UAZ

+ des lieux de campements infinis

+ le silence dans les campagnes, donc pratiquement partout

+ le ciel étoilé sans pollution lumineuse et sans avion


Ce qu’on a moins aimé en Mongolie :

- la bouffe en général

- la gestion des déchets

- le manque de transparence de certains Mongols (peut-être lié aux difficultés de communication)


Vive la Mongolie !

Prochaine étape en Chine !

22
août
22
août
Mid-Gobi, Mongolie

Mid-Gobi

Publié le 29 août 2018

Pluie la nuit et grisaille le jour. Nous avons une image inhabituelle et inattendue du désert. Il fait en moyenne 18°C. Notre chauffeur nous avait pourtant mis en garde sur la chaleur écrasante du désert.

Dans le désert de Gobi 

Les sites d'intérêt sont assez éloignés mais valent franchement le coup d'oeil, même si l'absence de luminosité ternit les couleurs.

Tsagaan Suvraga 
Ikh Gazryn Chuluu 
 Chèvres dans la tourmente

Pour la dernière nuit de notre road trip, Ganzorig nous conduit chez un de ses amis. Il nous faudra 2 heures et l'assistance des mongols du coin pour retrouver la yourte de ce nomade qui déplace son campement toutes les semaines. L'intérieur est épuré et minimaliste pour voyager léger. Mais très heureux de nous voir, il nous accueille comme des membres de sa famille. La vodka commence à couler à 15h. Puis, il part rapidement rapprocher son troupeau et sélectionner la chèvre qu'il va sacrifier le soir même. Il la ramène tranquillement, vivante, sur sa moto. Habile et efficace, ça ne prendra pas plus de 30 minutes à ce berger aguerris pour dépecer, vider et découper l'animal. On met la main à la pâte en lavant les entrailles remplies de ciboulette fermentée et en préparant le boudin. Ce sera notre souper tandis que toutes les parties musculaires se retrouvent sur le toit de la yourte pour sécher. Alors que les bouteilles se vident, notre hôte enfile son del (manteau traditionnel) et part en moto dans la nuit chercher des provisions. Il revient 1 heure plus tard avec 2 bouteilles de vodka et 4 bières. Autant dire que ça chantait allègrement dans la yourte ce soir là. Le lendemain matin, vers 6h, pas plus fatigué que ça par la beuverie, notre hôte m'emmène remplir le bidon à la source en moto. En hors piste, ça secoue, ça glisse, le vent frais me fouette le visage : j'adore. C'est l'heure du second sacrifice : un mouton cette fois. Nous repartirons avec la viande des 2 bêtes en cadeau mais pas avant d'avoir bu une dernière petite vodka (il est 9h de matin).

Yourte de nomade nomade 
Sacrifice de la chèvre 
20
août
20
août
Yolyn Am, Mongolie

Yolyn Am

Publié le 29 août 2018

Le paysage varie très peu dans le désert de Gobi. Mais quand on approche du Zuun Saïkhan Nuruu, les montagnes se dressent de façon impressionnante. La route du parc a été détruite par les fortes pluies et l'un des passages est transformé en trou de boue. À notre arrivée, 2 voitures sont déjà immobilisées. Fidèle à lui-même, notre chauffeur Ganzorig les sort de là en quelques minutes. Mais le temps de repérer le passage le plus adéquat pour aider les autres automobilistes, un autre UAZ se prend dans la boue puis 2 autres voitures. En tout, ce sont 6 voitures que nous allons remorquer à cet emplacement, dont 2 fois la même famille. On a été obligé de s'échapper en vitesse avant que d'autres voitures ne se coincent.

Sauvetage dans la boue 

Arrivés à Yolyn Am, la marche dans le ruisseau mène à une gorge étroite et tortueuse. La lumière éclaire à peine le fond du canyon. Lucky se fait agacer par les pikas, des sortes de petites souris qui se faufillent entre les rochers. Difficile de creuser dans ces conditions.

Le canyon de Yolyn Am 
19
août
19
août
Bayanzag, Mongolie

Bayanzag

Publié le 29 août 2018

Bayanzag est connu pour ses "falaises de feu", rouges surtout au lever du soleil. On se croirait en Utah (USA). De nombreux ossements de dinosaures y ont été découverts. On a dormi au pied des falaises, seuls au monde. La Mongolie a cela d'extraordinaire qu'on a toujours l'impression d'être dans le décor. Magnifique !

En Mongolie, quand il fait plus de 23°C, les hommes se montrent la bedaine.
Bayanzag du soir 
Bayanzag du matin 
18
août
18
août
khongor els, Mongolie

Khongor els

Publié le 28 août 2018


Les dunes de Khongor sont visibles à des kilomètres. En fait, on les a vu approcher depuis le matin. Mais quand on est arrivés au bord : wouaw ! Campement juste en face à côté d'une petite source (pas le plus paisible quand un groupe de chrétiens coréens décide de venir y chanter des louanges).

Les dunes au coucher et au lever du soleil 

Notre chauffeur, qui ne parlait pas anglais, expliquait à JF que l'ascension de la dune allait être difficile : "you : tabernac, tabernac, tabernac". On dirait qu'il avait vite appris à connaitre le personnage.

L'ascension de la plus haute dune 
17
août
17
août
Gobi Gurvan Saikhan, Mongolie

En route vers le désert de Gobi

Publié le 27 août 2018

Aujourd’hui, c’est direction le désert, finies la steppe verdoyante et les montagnes. Le chauffeur nous désigne la dernière rivière avant 1 semaine de sécheresse. Tout le monde en profite pour faire une bonne toilette sous le regard curieux des yacks, y compris le chien qui va embaumer le Head & Shoulders pendant 3 jours.

La dernière rivière avant la sècheresse 


Soupe de dumplings au lait à Arvayheer 

La pluie des dernières semaines a transformé le désert de roche et de poussière en prairie de ciboulette. A perte de vue, des fleurs blanches ou roses. Certaines zones sont transformées en marécages et retiennent prisonniers les conducteurs qui s'y aventurent. Ça sera l'occasion de porter secours à plusieurs autos dont l'une qui aura attendu toute la journée. Les passagers, couverts de boue de la tête aux pieds nous voient arriver avec soulagement.

Pris dans la bouette 

Voyager avec un chien nous fait vivre toutes sortes d'aventures amusantes. Mais des fois, c'est plutôt surprennant / dégoûtant. L'autre matin, encore à moitié endormie et bien confortablement couchée sur mon matelas, je le vois arriver avec ses morceaux de viande. Le chien avait commencé à placer les morceaux tout autour de moi, sur la couverture, afin de les protéger des faucons qui venaient lui voler. Sympa comme réveil.


Dans le désert de Gobi, il faut refaire nos réserves d'eau dans les puits. A notre arrivée, un troupeau de chèvres et moutons assoiffés nous a assailli. Nous n'avons pas eu le choix que de leur fournir pas moins d'une 50n de seaux d'eau pour épancher leur soif. Les pauvres bêtes se grimpaient les unes sur les autres. Et les plus proches du puit se faisaient arroser la tête allègrement. Seulement après, il nous a été possible de remplir nos bidons et continuer notre route.

Chèvres et moutons assoiffés autour du puits. 
Premiers pas dans le désert 
15
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Khangai Nuruu, Mongolie

Parc Khangai Nuruu

Publié le 27 août 2018

On arrive dans une région beaucoup plus touristique car proche d’Oulan Bator. Nous qui étions presque seuls au monde depuis 3 semaines et demie, nous sentons qu’il va y avoir un tournant dans le voyage et que la fin approche. C’est alors que notre chauffeur nous annonce qu’on poursuit le road trip 1 semaine de plus. On est fous de joie. L’aventure se prolonge !

JF fait remarquer que la miche de pain qui vient de nous dépasser roule beaucoup plus vite que nous. Sans mot dire, Ganzorig appuie sur l’accélérateur jusqu’à afficher 145 km/h au compteur et redépasse l’autre UAZ. Démonstration efficace. Mais, avec les options de sécurité qui s’offrent à nous, les troupeaux, les trous dans la route et les autres conducteurs imprudents, on préfère quand même rouler à 80 km/h.

En route vers le parc national Khangai Nuruu 

Dans le parc Khangai Nuruu coulent des sources d’eau chaude. Depuis la dernière douche, 3 semaines se sont écoulées et nous nous lavons depuis dans les rivières. C’est donc avec une joie non dissimulée que nous allons profiter pendant 1h des bains aménagés aux sources Tsenker. Là, nous faisons la connaissance de Mongoles en vacances et bénéficions une fois de plus de leur gentillesse et de leur générosité. Par chance, ils parlent très bien anglais ce qui nous permet d’échanger beaucoup plus avec eux et de constater qu’ils sont vraiment contents qu’on vienne visiter leur pays. JF se voit même offrir une bière et des cacahouètes par son gentil interlocuteur.

La lumière, enfin, après une journée de grisaille 

Une jolie ballade dans une forêt de mélèzes et de pins nous mène au monastère Tövkhön perché sur un rocher. Pour aller voir les grottes d’ermites et les lieux de prières du site, l’ascension se révèle quelque peu accrobatique et périlleuse. Sujets au vertige ou claustrophobes s’abstenir. Par contre, une fois au sommet, nous sommes récompensés par une vue à 360°C éclairée par un soleil perçant les nuages. Ça invite à la méditation.

Le monastère Tövkhön, perché sur son rocher 
 Campement sur le bord de la rivière

A la chûte d'eau Ulaan Tsutgalan, on a encore eu un bon exemple de la solidarité mongole (mais au détriment du chien). Lucky a commencé à courir après les chèvres et moutons pour s'amuser. Mais quand l'un des moutons est sorti du lot, l'instinct de chasseur du chien a embarqué et son unique idée était de tuer sa proie. Il est sorti de sa transe seulement après qu'une dame lui ait jeté des cailloux. Le maître a alors infligé une correction exemplaire au chien pour apaiser les témoins de la scène. Apparemment, les gens criaient de "tuer le chien". Le bétail, c'est sacré car la survie de la famille en dépend. Attention de ne pas toucher aux troupeaux !

Au chûtes d’eau Ulaan Tsutgalan 

Au sortir du parc, le chauffeur nous emmène sur une route qui nous donne un petit coup de blues. Le paysage ressemble tellement au Québec avec la forêt, le petit ruisseau et ce qui pourrait correspondre à une tourbière. Seuls détails qui confirment que nous sommes toujours en Mongolie : une yourte et un ovoo plantés là.

Comme au Québec  
Tente sur un promontoire au milieu des montagnes 
13
août

A partir d’aujourd’hui, notre progression bifurque complètement vers le sud alors que nous revenions doucement vers l’est depuis 2 semaines. Le paysage se fait plus valloné voire montagneux et se couvre de fôrets. On croise les autos du rally mongol lancées à vive allure sur la route ... asphaltée et qui essaient avec peu de réussite de chasser les troupeaux de leur chemin en klaxonnant frénétiquement. On a pu constater que les yacks sont très peu réceptifs à cette pression.

Solongot 

En Mongolie, la météo change très rapidement et un orage peut s’approcher en quelques minutes. Ça donne des ciels contrastés comme je les aime et un jeu de lumières hallucinant. Arrivés au lac Terkhiyn Tsagaan, l’eau cristalline et transparente a laissé la place à une étendue noire et hostile. JF a dû traverser à gué pour vérifier la profondeur de la rivière et la présence de pierres. C’est toujours impressionant de voir le fourgon s’enfoncer jusqu’à mi-portière dans l’eau et on priait pour que le moteur ne décide pas de s’arrêter en court de traversée. Mais pour la première fois du voyage, l’UAZ a cédé face aux éléments et nous avons été contraints de faire un détour pour passer.

 Terkhiyn Tsagaan Nuur dans tous ses états

Au vue des conditions météo, on s’installe dans un petit camp de yourte tenu par une sympathique famille sur le bord du lac. Dès notre arrivée, on nous invite à prendre le thé au lait avec une sorte de dessert frit. Notre chauffeur Ganzorig s’en délecte et se met toujours à l’aise avec une rapidité déconcertante. Alors qu’on s’installe dans notre yourte individuelle, Lucky part en chasse d’un petit chien de prairie. On entend l’un pousser des cris et l’autre japper après sur le haut de la colline. C’est un beau bazard. On décide d’intervenir en soulevant la planche où se cache le rongeur. Commence alors une course poursuite autour de la toilette. Ça crie de plus belle. Tous les clients sont interpellés. Et alors que le chien de prairie tente un sprint vers son terrier, il est attrapé par Lucky sous les yeux horrifiés de 2 Françaises. On doit relâcher le petit animal déjà bien abîmé afin d’apaiser les touristes. Le maître est super fier de son chien de chasse et commence à rêver aux futures marmottes qu’il va lui rapporter.

Justement, on voit que notre chauffeur a les yeux brillants. Pour cause, le père de famille vient de partir à la chasse à la marmotte. Ce soir, il se pourrait qu’il y ait du rongeur au menu. Et effectivement, dans la nuit, on vient nous chercher pour déguster une belle grosse marmotte cuite avec des roches chaudes à l’intérieur. Avant de commencer, il faut se passer les pierres brûlantes d’une main à l’autre. Apparemment, ça donne de la force. Alors qu’on est assis par terre autour de la bassine de viande, c’est soudain le branle bas de combat. Des gens s’en viennent et il faut faire disparaître toute trace de marmotte. En effet, la chasse est illégale en Mongolie et les dénonciations sont possibles. On essaie de faire illusion alors que nos mains sont toutes graisseuses. Finalement, fausse alerte.

Dans la famille de Monkh Gerel 
Le volcan Khorgo Uul dans la brume 
11
août
11
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Ulaagchiin Khar nuur, Mongolie

Ulaagchiin Khar Nuur

Publié le 24 août 2018

En direction de la réserve naturelle du lac Ulaagchiin Khar, la roue de secours nous en fait voir de toutes les couleurs. Son adhérence laisse quelque peu à désirer, le derrière de la miche de pain chasse quand notre pilote zigzague, on s’enlise honteusement dans des petits trous de sable, décidément, il nous faut un garage pour réparer la roue d’origine.

On passe la nuit près du village de Erdenekhairkhan, plus de lettres dans le nom que d’habitants, sur une jolie colline. La vue est imprenable sur les montagnes de la région au coucher de soleil.

Erdenekhairkhan et environs 
Vue sur dunes et montagnes 

Le lendemain s’avéra riche en aventures. Premièrement, arrêt au garage pour réparer le pneu. En fait, le garagiste et son garage, ne diffèrent pas beaucoup des maisons avoisinantes, au seul détail près qu’il semble avoir quelques outils de plus que ses voisins. Il nous confectionne une rustine avec un vieux bout de pneu à l’aide de sa meuleuse à angle. Le pronostic de JF et de Ganzorig n’est pas brillant au vue de la technique et de la gravité du trou, mais on n’a pas vraiment le choix. Si la réparation dure 15km, ça sera toujours ça de gagné.

Réparation de la crevaison, 2h de travail et une patch solide 

On part ensuite en direction du parc naturel qui renferme une curiosité. En effet, niché au creux des dunes, dans une zone hyper aride et désertique jaillit du sol une source d’eau claire et limpide. On ne parle pas ici d’un simple glouglou dans le sable, mais bien d’un cirque de près de 200 mètres de diamètre d’où suinte une eau glaciale pour former une belle petite rivière.

Aux sources de la rivière Mukhart 

On en profitera au passage pour réparer la camionnette de 3 papis en vadrouille. Pour notre peine, ils nous serviront thé au lait et tsuivan (le plat de nouilles national). Notre destin sera lié à ces trois vénérables pour le reste de la journée, nos chemins étant les mêmes. Il s’avère qu’ils partageaient la même passion culinaire pour le rongeur adipeux des steppes que notre pilote. À quelques occasions, nous leur avons indiqué des proies faciles, mais leur vue baissante n’offrit que déception.

Tout le monde se presse pour aider les 3 papis 

Lorsque nous avons mis le cap pour changer de région avec les papis qui ouvraient le chemin, nous avons gravi une montagne tels des chèvres alpines. Sentier très abrupte, la montée fit chauffer la miche de pain qui affichait 90 degrés celcius au compteur. Le sommet nous gratifia d’une vue magnifique sur la région ainsi que sur une formation rocheuse particulière avec un trou au centre. Le trou étant large et stratégiquement placé au centre, la route le traversait, tout naturellement.

Senjit Khag 
Ulaagchiin Khar Nuur 
9
août
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août
Durvuljin, Mongolie

Les dunes mongoles

Publié le 24 août 2018

La traversée de la région des lacs Khar us nuur, magnifiques mais réputés infestés de moustiques, nous apporta son lot de paysages magnifiques mais aussi de péripéties. En effet, la miche de pain était lancée à un rythme d’enfer sur une route en gravier râpeuse quand Aurélie entendit ses premiers criquets de la journée. Mais le doux chant de l’insecte était en fait le pneu arrière droit qui venait de se vider de son air. Notre premier plat, au milieu de nulle part dans une zone désertique où régnait une chaleur torride. Pour vous donner une idée du paysage, la petite montagne du coin s’appelle Saar (lune). Le diagnostique est sévère, une roche scélérate a ouvert la gomme et la ceinture d’acier, le pneumatique arborait une belle balafre de 10 cm, « not good » de s’exprimer Ganzorig. On pose alors le pneu de secours, beaucoup plus étroit, et c’est reparti.

Sur la lune, ou presque, c’est la crevaison

On s’installe près de la ville de Durvuljin, sur le bord de la large rivière, Zavkhan. Cette rivière nous sépare des dunes que nous planifions visiter le lendemain. La ville est plantée sur le bord d’une petite falaise, le paysage est très joli. Ce sera aussi le théâtre de notre première nuit d'une longue série à la belle étoile.

Arrivée sur le bord de la rivière Zavkhan 

Au petit matin, Ganzorig nous assure que cette rivière déchaînée est peu profonde et que nous n’aurons pas d’eau plus haut que le genou. Pour nous convaincre, il s’élance et nous montre le chemin. Le courant était assez fort mais l’eau était peu profonde, des fois on se mouillait un peu le caleçon, mais sans plus. La traversée valait la peine, le spectacle de nos premières dunes est à la hauteur. On tombe aussi sur des arbustes à argousier, que l’on cueille pour s’en délecter. JF fera une liqueur d’argousier en mélangeant vodka, sucre et les fruits.

Lever de soleil sur les dunes 
Traversée vers les dunes 
Un avant goût du désert 
8
août
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Chandmani - Mongolie

Chandmani

Publié le 20 août 2018

Le lendemain, on repart pour une destination très attendue, Chandmani, la capitale des chanteurs de gorges Mongols. Nous serons ainsi introduits à Tsevendavaas, chanteur et professeur à la renommée internationale, juste ça. Pour 40$, nous aurons droit à un spectacle en tenue traditionnelle, deux heures de cours de chant, le gîte et le couvert, on a même eu droit à du ragoût de marmotte pour déjeuner, une aubaine. Cela nous a permis de relaxer dans la plus belle pièce de la maison avec électricité et réseau LTE hyper rapide ( vous avez peut-être constaté que nous avons fait beaucoup de mises à jour dans le blog à ce moment). Le professeur à déclaré que j’avais (JF) une gorge de chanteur de calibre international. Il m’a fait pratiquer encore et encore et semblait se délecter des mes hululements. Il m’a invité à revenir quand je voulais pour qu’il puisse faire de moi son prochain prodige. Qu’il soit un bonimenteur ou que j’ai réellement ce talent miraculeux, je doute fort continuer dans cette voie(x). Je l’ai quand même remercié en trinquant quelques verres de chatlane whyskie (whyskie écossais en mongol) dont il était un grand amateur. J’en ai aussi servi un à sa femme qui sembla plus apprécier la teneur en alcool que les parfums de ce petit blended. He oui, j’ai eu la chance de mettre la main sur un Johnny Walker red label à Olgiy. En effet, le summum pour moi (JF) est d’admirer le coucher de soleil tout en sirotant un petit whyskie après une journée à s’être fait tabasser dans la miche de pain.

L’artiste s’exécute 
La toilette mongole 
7
août
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Publié le 17 août 2018

Direction Munkhkhairkhan, par une route détournée car dans un premier temps nous avons dû rebrousser chemin, la route principale ayant été complètement détruite par un torrent. Cette route secondaire nous à fait traverser une étroite vallée encaissée où coulait une rivière. Cette vallée luxuriante offrait un très jolie paysage, mais il ne fallait pas s’arrêter trop longtemps, elle était infestée de moustiques. On suivait un chemin qui n’avait pas dû être emprunté depuis 5 ans. Celui-ci était à peine visible, on devait traverser d’un bord à l’autre de la rivière constamment, tant la vallée était étroite par endroits.

Dans la vallée Gurvansenkheriin 

Une fois sortis de cette vallée, notre guide n’était pas certain du chemin, mais par hasard, une autre miche de pain passait par là, première âme qui vive que nous croisions depuis le matin. Finalement, nous mirent la cap vers les tréfonds de la montagne. Une route hyper cahoteuse nous mena vers ce qui nous sembla être le bout du monde. Vallée glaciale entourée de montagnes, le vent sifflait sur cette terre grise et rocailleuse. Disons que sans le soleil, cet endroit n’était pas très accueillant. On a trouvé de justesse un espace pour notre tente tant le sol était jonché de gros cailloux. Un motocycliste qui passait par là est venu nous voir, probablement surpris de voir des touristes à cet endroit. On a partagé une eau chaude - miel avec lui, et il a tapé la discute avec notre chauffeur.

Dans le parc Munkhakhairkhan 

Le lendemain, par un beau soleil on part faire une petite rando dans les montagnes des alentours. Yacks, chèvres, marmottes agrémentent le paysage. Il se trouve que nous n’étions pas au bout du monde et que le route continuait. Elle s’enfonçait encore plus dans la montagne et complétait un énorme demi-cercle d’environ 70kms.

De l’autre côté du parc et Mönkhakhairkhan 

Avec dans les réservoirs d’essence tout juste ce qu’il faut pour compléter le périple si tout va bien, on est un peu inquiet. Et comme de fait, tout ne se déroule pas pour le mieux, la route est plus souvent une rivière qu’une route. On la cherche partout, nous rebroussons souvent notre chemin quand l’eau devient trop profonde. Les herbes et les arbustes sont hauts, il y a des cailloux énormes, l’eau est trouble et on ne peut pas juger la profondeur de l’eau. En plus, il y a de la boue, ça glisse, ça patine, on s’enlise mais par la magie de la miche de pain on s’en sort, une fois, deux fois, trois fois, on perd le compte au final. Après deux heures de ce calvaire, on aperçoit Markhan, notre ville de destination. Nos roues touchent le macadam de la ville et nous ne devons pas avoir plus de 2 litres d’essence dans le dernier réservoir.

Vers Mankhan 

Il y a de l’effervescence dans la ville ! Un mini Naadam est prévu pour le week end, on est juste mardi, mais déjà on sent la fébrilité dans l’air.

On refait le plein de vivres et d’essence, au grand bonheur de notre conducteur, nous avons déniché un morceau indéterminé de chèvre congelée.

La nuit sera mouvementée, des fêtes improvisées dans tous les coins, passages incessants des motos et tests de sono en ville jusqu’aux petites heures, décidément, on préfère les contrées reculées de la Mongolie.

4
août


  • Une belle grosse marmotte de l’Altaï (à défaut, une de la colline du parlement ou celle dans votre jardin)
  • De l’eau pure de la rivière
  • 1 oignon pelé et haché (+ 1 oignon en accompagnement)
  • 4 c à s de poudre de bouillon de boeuf
  • 2 c à s de poudre d’oignon
  • 2 c à s de poudre d’ail
  • 2 c à s de mélange d’épices pour raviolis mongols (désolé, pas de détail sur le contenu)
  • 2 c à s de poudre de bouillon de légumes
  • 4 feuilles de laurier
  • Sel, poivre


  1. Retirer la peau de la marmotte en laissant le plus de gras possible ou brûler le poil au chalumeau. Si vous privilégiez cette seconde technique, gratter le brûlé et laver la marmotte à grande eau en frottant bien la peau pour enlever tout résidu d’essence. Couper le bout des pattes.
  2. Découper la marmotte en morceaux de 10 cm. Bien conserver le foie, les rognons et la tête.
  3. Placer la viande et l’oignon dans une grande marmite.
  4. Mouiller au 3/4.
  5. Ajouter tous les assaisonnements.
  6. Couvrir et laisser mijoter 1h30 ou jusqu’à l’obtention d’une sauce épaisse. Encore meilleur lorsqu’on laisse caraméliser un peu les morceaux.
  7. Placer dans un plat de service au centre de la table et déguster sans tarder. Le ragout se suffit à lui même. Accompagner d’un oignon cru coupé en tranches.


S’il vous reste de la sauce bien graisseuse, récupérer pour faire un fond de soupe.

Regardez la jolie tête (version marmotte grillée)
3
août
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Tsambagarav Uul - Mongolie

Tsambagarav Uul

Publié le 14 août 2018

Nous mettons le cap vers Tsambagarav Uul, une montagne du coin et pour ce faire Ganzorig décide de prendre une nouvelle route qui traverse les montagnes. Un petit mot sur les routes en Mongolie. On s’entend que depuis que la Mongolie existe elle a été traversée en long en large et en travers, d’autant plus que la population est nomade. Ce qui veut dire que toutes les routes possibles entre les différentes régions existent depuis belle lurette. Il reste donc peu de place pour de nouvelles routes à moins de faire preuve de détermination, de courage et d’un brin de folie. Cette nouvelle route nous en a fait voir de toutes les couleurs. Montées vertigineuses et descentes dantesques, le tout dans un paysage lunaire, rocailleux et décharné. Pour couronner le tout, un orage de grêle nous est tombé sur la tête pendant la traversée, couvrant le sol d’un tapis blanc en moins de 5 minutes. Le soir, nous avons dormi au milieu de nulle part dans une magnifique vallée.

Vers les glaciers de Tsambagarav Uul 
Tsambagarav uul par la nouvelle route

Toujours en vadrouille dans l’Altaï, on passe faire un arrêt pour se ravitailler dans la petite ville de Hovd. Je décide de prendre de la chèvre hachée afin de combler l’appétit carnivore de notre pilote. On a aussi pris la petite habitude de prendre un petit apéro vodka et cacahouètes après nos rudes journées, il faut s’assurer de ne manquer ni de l’un ni de l’autre. Enfin, l'arrêt a permis au pilote et à moi-même de se faire rafraîchir la tête avec une petite coupe de cheveux de mi-parcours.

2
août
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Entre Buyant et Sagsai - Mongolie

Solidarité mongole

Publié le 13 août 2018

Le lendemain, toujours vers Olgiy pour refaire le plein de vivres et passer dans une autre région de l’Altaï, nous avons pu assister à un beau moment de solidarité mongole. Un camion transportant une dizaine de chèvres était arrêté dans le milieu d’une longue pente. Le conducteur nous arrête et demande si nous avons des collets de serrage, ceux de son système de refroidissement avaient lâché, laissant couler tout son liquide de refroidissement au sol. Il n’en fallait pas plus pour que Ganzorig sorte ses talents de mécaniciens pour aider cet infortuné berger. Il fit même appel à motocycliste qui passait par là pour lui demander une pièce manquante. Le dit motocycliste, qui se promenait sur sa bécane avec femme et bébé de 1 an, demande si on ne pouvait prendre à bord ses passagers car il craignait la très mauvaise route vers Olgiy. Et nous voici donc avec nos nouveaux passagers en direction de la ville et une bouteille de lait de jument fermenté offert par le berger.

La bouteille d’aïrag maison, lait de jument fermenté 
1
août
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Lorsque nous avons quitté cet endroit magnifique qu’est le parc Tavan Bodg, j’annonce à notre chauffeur qu’il ne reste qu’un seul jour de vivres potables, après c’est les soupes ramen. Il ne lui en fallait pas plus pour qu’il puise dans ses ressources et emprunte les chemins les plus secrets et escarpés qu’il connaissait pour nous trouver une gentille famille de nomades qui nous accueillit ce soir là. Chez Nara, notre hôte, un menu semblable aux autres familles nous y attendait, mais le savoir faire était de loin supérieur. Les nouilles à la biquette étaient meilleures, le thé au lait, que Ganzorig éclusait goulument après des jours de disette, était très bien.

Tsengel Uul 
Momdur, la petite mamie aux yeux tendres dans sa minuscule yourte surchauffée 
Dans la famille de Nara, petit déjeuner de rêve pour Aurélie : thé salé au lait, beurre, bortzig (beignets maison) et fromage.

Mais ce qui était franchement meilleur était leur alcool de lait fermenté. Durant la fabrication du fromage, le lait caillé est chauffé et les vapeurs sont récupérées au moyen d’un alambic rudimentaire. Ce distillat, clair comme de l’eau, fleure bon le lait caillé passé date depuis 1 mois et accuse une légère alcoolémie, Celui que nous avions bu avant ne devait pas dépasser les 2% ou 3 %, mais celui de la famille de Nara devait faire dans les 10% ou 15 %, ce qui rendait, à mon goût (JF), ce nectar un brin moins infecte.

Alambic pour la « milk vodka »  (chez Haindzchou). En Mongolie, les familles font toutes micro-distillerie ou micro-brasserie.

Le lendemain, nous avons été couvert de cadeaux au moment de notre départ, gros sac de fromage, grande bouteille de distillat de lait et en prime un grand bol de lait chaud sucré servi dehors pendant qu’on contemplait le paysage.

Quand on dort dans une ger familiale, on donne ce que l’on veut pour couvrir les frais du gite et du couvert. Le montant doit changer si les régions sont éloignées, donc moins fréquentées, mais on ne sait pas trop. On se fie donc au Lonely planet, mais je soupçonne que celui-ci soit un brin généreux pour les régions moins touristiques. Cela-dit, cela revient à moins de 20$ par jour pour 2 personnes pour le coucher, les trois repas et les amuses gueules.

31
juil
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Publié le 10 août 2018

On reprend la route le long du lac Khoton qui reflète les montagnes comme un miroir. Eau cristaline et glaciale, la baignade ressemblait plus à un défi qu'à un moment de détente pour Aurélie.

Khoton Nuur 

Après une visite dans un petit marché pour faire le plein d’essence et de barres Snickers, essentielles à nos randos, on poursuit en direction d’une autre partie du parc Altaï Tavan Bogd.

Le « super » marché

On passe deux ponts de bois tellement décrépits que je ne les aurais même pas traversés à pieds, mais Ganzorig se sent suffisamment confiant pour y lancer la miche de pain. La dernière section de deux kilomètres pour atteindre notre destination est infernale, le camion grince et couine de partout, on lève de nos bancs, Lucky ne demande même pas et saute sur moi pour se faire tenir pendant ce parcours. Une fois arrivés, le jeu en valait la chandelle, une fois de plus nous établissons notre campement dans un endroit de rêve.

Dans les hauteurs de l’Altaï, vers la frontière chinoise 

Pendant les deux jours en cet endroit, nous avons eu nos premiers échanges avec des Kazakhs. Opiniâtres et bourrus, ceux-ci ne semblaient pas apprécier notre présence en ces lieux, mais dommage pour eux, nous avions tous les droits d’y être. Un s’est amusé à faire traverser notre campement à son troupeau de chèvres, ce qui aurait pu être assez bordélique si notre équipement n’avait pas été bien rangé. Relisez l’épisode chez Bataa pour comprendre. Seule victime, une chaussette qui séchait sur une corde de la tente s’est faite mâchouiller et déposer à quelques mètres de son lieu d’origine.

29
juil
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Lac Tsagaan Boulangiin - Mongolie

Naadam dans l’Altaï

Publié le 9 août 2018

La chance nous suit partout où nous allons, nous sommes gratifiés d’une éclipse de lune le 28 au matin.

Luné comme nous sommes, Haindzchou nous invite à se joindre à lui pour se rendre à un mini-Naadam au confin de la région. Ils auraient difficilement pu trouver un coin plus reculé. Il nous faudra 2 jours pour s’y rendre par une route hyper cahoteuse et des ponts de bois à moitié effondrés. À mesure qu’on s’approche, l’excitation est palpable dans la steppe, on voit de plus en plus de jeep russes qui convergent vers le lieu dit. L’une d’elle était même rempli de 12 adultes et 5 enfants. Une fois sur place, c’est le Naadam classique : vente de babioles, khuushuur, lutte et course de chevaux. On profite que notre chauffeur et Haindzchou s’amusent pour aller explorer les montagnes des environs. Dans cet endroit du parc, il faut quand même être prudent de ne pas aller en Chine tant le frontière est proche. Le soir, Ganzorig, notre chauffeur, trouve un emplacement de camping de rêve. Près d’une rivière poissonneuse, sur un petit button verdoyant. Nous avons eu droit à un festin d’excellent poisson, de l’ombre commun, pour le souper. Le lendemain de veille semblait difficile pour certains, au petit matin nous avons aperçu des corps imbibés de vodka étendus ça et là dans l’herbe.

Naadam au milieu de nulle part 
Camping au bord de la rivière 
27
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Publié le 8 août 2018

Nous arrivons à Olgiy, ville conséquente de l’ouest de la Mongolie. On arrête ici pour faire le plein de provisions, acheter des pièces de rechanges pour la miche de pain et obtenir nos droits d’accès auprès de l’armée pour le parc de l’Altaï. En effet, ce parc partage des frontières avec la Chine et la Russie, ce qui rend nerveux ceux qui aiment bien cirer leurs bottes. Ici, les minorités kazakhs sont très importantes. On reconnait leurs maisons aux toits roses et aux fenêtres vertes et leurs yourtes ont un toit plus pointu. Les femmes portent un petit foulard fleuri.


Le bazar d’Olgiy 
Yourte kazakh et robot douche bien apprécié

Le parc est à 180km à l’ouest d’Olgiy et le trajet est le pire que nous ayons eu à date, ça nous a pris 8 heures. Ici, seuls les 4x4 peuvent franchir les rivières à gué. Arrivés sur place, même avec tous mes vêtements de rechange, je n’arrivais pas à rester dehors 5 minutes. Il faisait un vent à écorner les boeufs et le mercure oscillait autour des 5 degrés, le ciel était couvert. Ça n’augure pas bien pour nos plans de bivouaquer au camp de base du mont Khuiten Uul le lendemain soir. On se renseigne auprès de notre guide et hôte, Haindzchou (à vos souhaits) et il nous informe que cette année est particulièrement froide et qu’il doit faire autour des -10C la nuit au pied du glacier. Bon, ben on dormira définitivement pas là !

En route vers Altaï Tavan Bogd 

Le lendemain, un ciel dégagé et un soleil nous encouragent à au moins faire la rando en direction du glacier, qui se situe à 14km, donc 28km allez-retour. Comme c’est un peu beaucoup, on décide de marcher la moitié de la journée le plus loin qu’on pourra et revenir par la suite. He bien notre choix se montra payant, nous avons pu voir les 3 glaciers dans toute leur splendeur, sans trop forcer.

 Rando vers le mont Khuiten Uul

Lors de notre séjour, nous étions hébergé dans la yourte de la famille de Haindzchou. Éleveurs de yacks, moutons et chèvres, je vous laisse deviner ce qui était au menu. Mais nous avons eu la surprise d’avoir une viande inusitée, de la marmotte ! En effet, il regorge de ce sympathique et délicieux rongeur dans les montagnes de la région. À notre retour de rando, après 7 heures à crapahuter, nous avons été accueilli par un plat fumant de ragout de marmotte, un vrai régal.

 Chez Haindzchou

Nous avons vite pris nos aises chez Haindzchou, c’est pourquoi le lendemain il nous a invité à une partie de chasse à la marmotte et pêche dans le ruisseau de la montagne. Il nous a aussi montré les nombreux pétroglyphes sur les roches de la vallée. Nous avons également assisté à la mise à mort et au dépeçage d’une chèvre. Par la suite, un festin est préparé avec les abats et les os encore entourés de viande de l’infortuné caprin : foie, boudin, saucisses aux intestins, comme seul accompagnement, un oignon cru coupé en tranches. Ici, on aime la viande bien grasse, on mange tout, à la fin du repas il ne reste que des os propres.

Dans la vie des mongols de l’Altaï 
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Khyargas nuur, Mongolie

Cap à l’ouest

Publié le 24 juillet 2018

Nous quittons la région, ici on dit un aïmag, de Khövsgöl, pour pénétrer dans l’aïmag Zavkhan. C’est là qu’on sépare les hommes des enfants, plus de touriste, plus d’asphalte, juste de la steppe rugueuse et des montagnes. On croise par ci par là des ovoos le long des routes, tas de pierres et de branches servant d’offrandes aux dieux. On y retrouve également d’autres offrandes comme de petits bols ayant contenu du lait de jument, des bouteilles de vodka, des béquilles et des morceaux de tissus bleus attachés aux bouts de bois.

Ovoo avec bandes de tissu bleu typiques

Dans cette contrée sauvage, on est heureux quand on fait du 30km/h de moyenne. Les chemins sont ravinés par les pluies, on se tape des passages de rivières à gué et d’énormes flaques de boue. La météo est farceuse, on alterne entre des chaleurs torrides sous un soleil de plomb ou des orages déchaînés faisant tomber des trombes d’eau sous le crépitement de la grêle.


  • Notre voyage est comme le Paris Dakar mais en en moins rapide.
Après les pannes d’essence, les réparations et la pluie, vient le beau temps 


Arrêt d’un soir au magique lac Khyargas, son eau cristalline est légèrement salée. Une baignade s’imposait pour détendre nos carcasses endolories après 8 heures de hors-route et une réparation de panne de démarreur sous un soleil de plomb.

Khyargas nuur 

Nous ne savons jamais de quoi aura l’air notre prochaine aire de campement, mais on peut se fier au flair d’un mongol pour trouver des endroits de camping de choix. L’un des derniers nous a par contre réservé une surprise de taille. Nous avons élu domicile dans le chef-lieu des moustiques de la région, il devait y avoir un festival d’organisé, et nous étions les invités d’honneur. J’ai eu plus que ma part de moustique dans ma vie, mais cela dépassait tout ce que j’ai connu. Notre seul échappatoire fut de monter en quatrième vitesse la partie moustiquaire de notre tente et de s’y réfugier tous les trois, laissant le chien se rouler dans l’herbe en se lamentant. Exit les projets de souper, détente dans le gazon et balade dans les montagnes aux alentours. Au lieu de cela, soirée en tête à tête dans notre minuscule tente sous les effluves d’un feu de bouses allumé à la hâte par notre guide.

Notre campement habité par de petits anges piqueurs 
20
juil
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Après le monastère, direction Khatgal, où nous avons rendez-vous avec le mythique lac Kövsgöl, « Perle bleue de la Mongolie ». Le petit frère du lac Baïkal est entouré de montagnes que l’on grimpe facilement afin de profiter du point de vue unique. Encore faut-il que le beau temps soit de la partie, il pleut sans discontinuer depuis deux journées et la brume cache toute parcelle de paysage qui pourrait présenter un intérêt.

Lac Kövsgöl se découvre

Nous avions prévu dormir dans un camp de yourtes pour touristes, mais ce n’était pas ce à quoi on s’attendait, ça ressemblait à Ibiza. Notre guide nous a donc conduit dans une famille nomade où nous avons été accueilli comme des rois. La famille était composée du père, Bataa, de la mère, des enfants, du grand père, que l’on a gentiment surnommé le vieux yack et du petit-fils de 8 mois. Le patriarche, au cuir tanné et buriné par des années d’exposition aux éléments, prenait soin du petit fils tout en grognant et soufflant de mécontentement lorsque yacks, moutons ou chèvres n’agissaient pas à sa guise.

Dans la famille de Bataa 

Les produits laitiers d’ordinaire à base de lait de jument le sont ici à base de lait de yack, plus fin et moins âcre. Les différentes transformations qui en sont faites, thé au lait, fromage, yaourt, beurre, se prêtent mieux au palet des non-initiés. En plus d’entretenir des yacks, ces fermiers élèvent également des chèvres à cachemire, inutile de vous dire que nous avons eu de la biquette dans l’assiette pendant notre séjour. Nous avons aussi eu une visite surprise pendant notre absence, les chèvres ont pénétré dans notre yourte afin de se repaître de nos réserves, les étalant ostensiblement dans toute la pièce. Elles ont également fait pattes basses sur le fromage et le beurre de yack que nous avaient offerts nos hôtes.

« Tsagaan idee » littéralement « aliment blanc »

Le jour de notre départ, profitant du seul rayon de soleil en presque 3 jours, nous sommes allés à la fête du yack. Chant et danse traditionnels, lutte, khuushuur, yacks insoumis que l’on tente tant bien que mal de monter ou de faire tirer une charrette, on ne fait pas plus Mongol que ça.

Yacks et lutteurs impétueux 

Un petit mot sur le quatrième compagnon de notre voyage, Lucky. Il s’agit d’un chien de chasse de tout juste 5 mois qui endure sans mot dire les secousses et les longs trajets, seul sur le banc de derrière. Il adore courir après les chèvres et les moutons pour les rassembler, mais c’est en rencontrant le vieux chien de ferme qu’il a vraiment compris comment ça marchait. Par contre sa pétulance lui joua un tour quand il prit sur lui de rassembler les yacks. Cet affront lui a valu de se faire rabrouer. Les jeunes yacks l’ont pris à parti et l’ont pourchassé sans répit aux quatre coins de la ferme. Ce soi-disant chien de ferme a quand même creusé un trou sous la cloison de la yourte pendant la nuit pour venir dormir au chaud en boule près du poêle sur le tapis.

Lucky, ravioli et patte de chèvre 
16
juil
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Monastère Amarbayasgalant, Mongolie

Prius dans la steppe

Publié le 18 juillet 2018

Ça y est, on part dans la steppe mongole ! On commence par le visite du monastère Amarbayasgalant, à 360 km d’Oulan Bator. Les premiers kilomètres sur les routes défoncées d’Oulan Bator nous donnent un avant-goût de ce qu’aura l’air notre périple. Un petit mot sur le bolide qui sera notre maison pour les 35 prochains jours. Il s’agit de l’indestructible UAZ-452 de fabrication russe. Surnommé la « miche de pain » à cause de sa forme particulière, c’est une véritable bête de travail. Il évolue dans les conditions difficiles comme un poisson dans l’eau. Sa fiabilité est inversement proportionnelle à son confort, le moteur étant placé entre le conducteur et le passager, il dégage beaucoup de chaleur dans l’habitacle. Quand il pleut, il pleut aussi à l’intérieur. Tape-cul, on se fait secouer sans ménagement, mais il est extrêmement maniable, coiffant Jeep, Range Rover et Toyota Toundra qui tentent de se mesurer à nous.

Notre miche de pain 

C’est ainsi qu’on franchit les derniers 35 km qui nous séparent du temple sur les routes boueuses de la steppe, traversant les rivières gonflées par un orage qui s’éloigne tout juste à l’horizon. Les contrastes sont spectaculaires, la terre boueuse rougeâtre, la plaine verte et brillante, le ciel bleu, gris, noir qui découpe les montagnes de la steppe.

 Le monastère Amarbayasgalant

C’est à ma plus grande surprise que je vois un nombre conséquent de toyota Prius évoluer tant bien que mal sur les mêmes routes que nous. Ces conducteurs téméraires ont été surpris par la pluie et plusieurs avancent péniblement, patinent sans résultat dans le gazon détrempé tandis que les autres attendent, perplexes, devant la rivière en furie qui n’était pas là une heure avant.


13
juil
13
juil
Publié le 14 juillet 2018

Par manque de temps à Francfort, c’est finalement à Oulan-Bator que je me fais couper les cheveux. Super bon service et résultat tel que demandé, le tout pour 10 000 tugriks (soit 3,5€ ou 5,4$). Alors, voilà ma nouvelle tête.

Avant 
Après  
12
juil

Lutte, tir à l’arc, courses de chevaux, parade militaire en habit traditionnel, khuushuur graisseux par paquet de 5, le tableau est mis en place pour une fête nationale mongole réussie. À partir du 11 juillet, le tout Oulan-Bator converge vers le stade pour assister à la lutte et au tir à l’arc. Il règne autour du stade un joyeux bordel, on est enfumé par les stands de brochettes et de khuushuur, bousculés sans ménagement par les mongols pressés, on n’est pas dans le stade que déjà on est emporté par l’ambiance.

Brochettes, tir à l’arc et foule qui se presse au Naadam
Khuushuur, beignets frits au mouton

Pour les courses de chevaux, ça se passe en dehors de la ville dans l’immense steppe. La course commence alors qu’on prend le taxi pour se rendre. Pour arriver à temps, le chauffeur / pilote précipite son bolide sur les routes cahoteuses et embouteillées d’Oulan-Bator. On se serait cru dans une course endiablée du film Days of Thunder. A quatre sur le banc de derrière, on file à vive allure sur l’autoroute en contresens en suivant le convoi de la police. Sur place, on attend 1h30 sous un vent glacial pour assiter à la seconde course. Le départ se fait un peu à l’envers. Les cavaliers doivent faire les 12km en sens inverse pour se rendre à la ligne de départ pour ensuite s’élancer pour revenir à la ligne d’arrivée. Le tout se complète en 15 minutes pour les plus rapides. Nous ne déplorons aucun mort, autant cheval que cavalier, mais un désarçonnement. Néanmoins, le cheval a franchi seul la ligne d’arrivée.

Chants et habits traditionnels 
Course 

De retour au stade, on achète des billets de scalpers 15000 tugrik au lieu du prix régulier de 9000. Mais bon, c’est quand même juste 6 dollars canadiens pour assister à un évènement traditionnel millénaire ! En pénétrant dans le stade, on s’aperçoit vite que la lutte, c’est juste une gang de gros mongols qui se tiraillent ensemble. Beaucoup de simagrées et de fausses attaques, ça ressemble au sumo mais en plus long. Le gagnant se voit coiffé d’un joli chapeau traditionnel. Cette année, le champion de l’an passé à été battu en finale par un aspirant de seconde zone, et zou, un retourné-boulé sur le bedon et la victoire était dans la poche.

Ambiance survoltée 

Pour mieux comprendre les subtilités de la lutte mongole :

11
juil

Après 8h30 de vols, arrivons dans la capitale mongole. Il est 5 heures du matin, la température est de 12°C, il fait gris et humide. Le contraste est déjà fort et on n’est même pas encore sortis de l’aéroport.

Volants à droite ou à gauche, chevaux dans les rues, feux de circulation suggérés (même devant la police, partout en cette journée de fête nationale - Naadam), klaxons, pollution, énormes tuyaux qui sillonnent la ville. Pour l’instant, la capitale la plus moche du monde porte bien son titre.

Dans le centre ville 
Place principale : Gengis Khan 

On a déjà gouté une première spécialité locale : le khuushuur, un beignet frit à la viande traditionnellement servi durant le Naadam. Bon.

9
juil

La vieille ville de Francfort est entourée d’un grand parc en lieu et place des anciennes fortifications. Lieu de ballades sympathiques au frais, sculptures et paradis des jeux d’enfants.

Un rafraichissement dans un café où tous les meubles sont recyclés ? 
Jardins botaniques en pleine floraison 
Dans le quartier en développement 

Francfort by night qui s’illumine

Autour de l’opéra 
6
juil

La ville est agréable et très vivante surtout avec les animations autour du Mainova (Ironman).

C’est un peu par hasard que nous avons commencé à visiter pleins de musées grâce à la carte familiale de 2 jours à 28€. Une aubaine ! On a donc fait le tour des musées des beaux arts, d’art moderne, de la caricature, de l’histoire de la ville, des trésors de la cathédrale et de la maison de Goethe. Au Städel, une partie que j’ai trouvée intéressante est celle de l’envers des tableaux. Ce côté du tableau est aussi important que la peinture en elle-même car il permet une identification précise et apporte tout un tas d’informations aux experts. Autre moment intriguant quand on a observé un tableau de Goethe et sa copie originale (ça fait drôle à dire) dans 2 musées différents. A l’époque, les élèves copiaient leur maître pour s’exercer. En plus, l’original avait une erreur : 2 pieds gauches pour le pauvre poète.

Musée Städel, expo Otto Waalkes et maison de Goethe

Côté bouffe, ici, la saucisse se mange noyée sous le ketchup avec du curry et les frites sous la mayo et les oignons grillés, le bretzel se prête au sandwich et les kebabs sont granis de légumes dans un pain pita au feu de bois, quant à la bière (ou la radler : moitier bière, moitier limonade), elle se boit bien fraîche en terrasse ou dans un parc.

Vive la bouffe allemande ! 
4
juil

Partis en retard de Montréal mais arrivés à l’heure à Francfort. Lever de soleil en accéléré au dessus des nuages. Juste le temps de respirer une bouffée d’air islandais et nous étions déjà embarqués pour notre second vol.

Entre Montréal et Keflavik 

Nous logeons à Offenbach. Pas de coup de coeur pour cette petite ville allemande de la banlieue de Francfort. La place principale est toutefois charmante avec ses terrasses.

3
juil

A l’aéroport de Montréal, en partance pour Kéflavik, Islande puis Francfort, Allemagne.

Merci Jojo, notre taxi du jour. 
2
juil

Température : 36°C ressentie 43°C

Ça y est, le départ s'amorce. On a mis la job en suspend, la voiture est vendue et la maison est entre de bonnes mains. Les sacs sont bouclés : une 100n de petites choses qui totalisent 18kg pour Aurélie (dont 3,5kg de bouffe) et 14kg pour JF. Nous avons tout ce qu’il faut pour camper, purifier l’eau et préparer des repas.

On est accueilli en Chine .... euh à Brossard, depuis 3 jours et les vacances sont vraiment commencées : piscine, farniente, apéro et bonne bouffe chez la cousine.

3
juin

On se prépare petit à petit. Le stress monte doucement. Les sacs se remplissent et les passeports aussi. Les vaccins sont presque tous faits. Il reste l'encéphalite japonaise qui se fera au dernier moment. Les médicaments sur ordonnance sont achetés. Le gros morceau qui m'énerve ben gros de ce temps là, ce sont les assurances :

- habitation est trouvée, il reste à signer,

- auto devrait se régler bientôt aussi,

- mais la responsabilité civile individuelle est quelque chose de très rare. Impossible de trouver une compagnie qui la propose (même à des prix exorbitants ...). On continue de chercher.

Le compte a rebours a commencé !

Il est beau de se taire ensemble. Plus beau de rire ensemble, sous la tenture d’un ciel de soie, adossés contre la mousse du hêtre