C’est reparti pour un tour, cette randonnée annuelle dans sa 3ème édition. Et pour cette nouvelle version nous nous sommes frottés au TMB ou Tour du Mont-Blanc.
Du 22 au 28 juin 2017
7 jours
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C’est reparti pour un tour, cette randonnée annuelle dans sa troisième édition. Presque comme un pèlerinage qui nous ramène pour une semaine sur un des chemins balisé rouge et blanc. Et pour cette nouvelle version nous nous sommes frottés au célèbre TMB ou Tour du Mont-Blanc. Ce GR nous amène à faire une boucle de 170 km au départ des Houches en nous faisant traverser la France, l’Italie et la Suisse. Concernant la préparation, l’habitude s’est installée et malgré quelques modifications, nos sacs ont un poids compris entre 15 et 20 kg.Récit d’un semaine bien riche et qui, comme d’habitude, nous en a mis plein les yeux…

J1

Étant partis de Paris ou de Clermont-Ferrand, nous nous sommes tous retrouvés au village des Houches vers 14h30. Le temps de faire le plein d’eau et le tour du Mont-Blanc pouvait débuter avec une belle vue sur le plus haut sommet de France. Et comme la journée avait bien commencé c’est une petite étape qui était prévue pour se mettre en jambes. Le début de cette randonnée coïncide avec la fin d’un épisode de canicule sur toute la France, il fait donc très chaud. Cependant, petit à petit, le ciel se charge de nuages inquiétants et le Mont-Blanc est déjà derrière les nuages. De plus les prévisions météorologiques vérifiées avant de partir nous annonce une semaine orageuse. On espère fortement que ce ne sera pas le cas, une semaine sous la pluie risquerait de nous miner rapidement le moral.

Nous prenons la direction du col de Voza (1653 m) via le GR qui emprunte une piste de ski pour y accéder, nous considérons cela comme une autoroute, ça monte sévère. Pour couronner le tout et dès le début de la montée, un orage éclate de l’autre côté de la vallée. Nous nous estimons heureux de continuer à progresser au soleil mais notre réjouissance est de courte durée. Après 1h de marche, nous avons droit à une averse de pluie et c’est l’occasion de sortir les ponchos pour rester au sec. Après deux premières éditions très chanceuses, il fallait bien que cela nous arrive un jour mais on espère quand même que cet épisode pluvieux ne soit que de courte durée. Par chance, lorsque nous arrivons au col, tandis que la pluie cesse, le soleil refait son apparition et nous pouvons sécher et faire un pause pour grignoter tout en admirant le tramway du Mont-Blanc.

En théorie nous aurions dû arrêter l’effort pour la journée mais nous sommes motivés et nous continuons en direction du col de Tricot (2120 m). Cette variante du TMB nous a permis d’emprunter la passerelle de Bionnassay qui enjambe le torrent du même nom. Petit passage vertigineux mais la construction est très robuste. Le débit du torrent est impressionnant !Fatigués de notre journée mais déjà avec un peu d’avance sur les étapes prévisionnelles, nous décidons de bivouaquer peu avant la montée au col de Tricot. Un carré de pelouse le long du GR nous permet de planter tout juste nos tentes. Petit plus, nous avons une superbe vue sur le glacier de Bionnassay.

Emplacement

Les Houches au Glacier de Bionnassay

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Bivouac

Temps sur le GR

14h30 – 18h30 (temps de pause compris)

J2

Réveil à 5h30 pour ce deuxième jour. Dès le départ, ça grimpe mais nous arrivons rapidement au col de Tricot et nous n’essuyons pas de pluie. C’est déjà ça. Mieux le soleil s’installe et aucun nuage à l’horizon. Un descente technique nous emmène à proximité du refuge de Miage et après une brève pause nous remontons légèrement pour atteindre le refuge de Truc. Tout se passe bien en ce début de matinée sans grosses difficultés.

Nous redescendons ensuite dans la vallée en direction des Contamines-Montjoie, c’est une autoroute bien longue comme on les aime… En arrivant aux Contamines-Montjoie, nous profitons des commerces pour casser la croûte. Au menu : un reblochon fermier coupé en 3 accompagné d’une baguette. Après cet en-cas savoyard, nous repartons en direction du col du Bonhomme. La montée est en pente douce et longue mais le temps est ensoleillé et il fait très, très chaud. Nous décidons donc de finir cette étape au refuge de la Balme en espérant pouvoir s’y doucher. Il est tout juste midi, mais poursuivre nous amènerait à enchaîner deux cols, d’autant plus que nous préservons notre avance de la veille. Mais en arrivant au refuge, le gérant refuse que nous utilisions ses douches réservées à ceux qui prennent la pension complète. Tant pis, nous nous désaltérons quand même avec des boissons fraîches et pour la douche, le ruisseau et la fontaine feront l’affaire. L’aire de bivouac n’étant pas ombragée, nous passons l’après-midi à nous reposer dans nos tentes en plein soleil. Cela nous permet de préparer le lendemain où nous décidons de nous lever très tôt pour être à la Tête Nord des Fours (2756 m) au lever du soleil. À 17h30, nous dinons et à 19h au lit.

Emplacement

Glacier de Bionnassay – Contamines-Montjoie – Refuge de la Balme

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Bivouac

Temps sur le GR

6h00 – 12h15 (temps de pause compris)

J3

Comme convenu la veille, réveil à 3h. Nous plions les tentes à la frontale et après un petit-déjeuner rapide, nous partons à 4h. Nous enchaînons les montées au col du Bonhomme (2329 m), au col des Fours (2665 m) et à la Tête Nord des Fours, point culminant du TMB, à la fraîche. A cet endroit, nous avons une vue splendide à 360 degrés sur les sommets alpins. Pendant tous nos efforts, nous avons le droit à un panaché de couleurs au fur et à mesure que le soleil se lève. De plus, nous avons droit à nos premières exclusivités du trek : des familles de bouquetins entre les deux cols et de fortes névés en haut du dernier col, ne nous facilitant pas la tâche dans l’ascension.

En y arrivant à l’aube, nous espérions avoir un temps dégagé. Malheureusement, il y avait de nombreux nuages sur la chaîne alpine. Qu’importe, nous ne regrettions pas d’avoir réalisé cette variante d’autant que le jeu de lumières du levé de soleil valait le coup d’œil. Pour arriver au prochain village, la Ville-des-Glaciers, nous avons effectué une longue descente où nous avons perdu près de 1000 mètres d’altitude. A l’entrée du village, du fromage est en vente dans une ferme où nous achetons deux morceaux de Beaufort pour l’en-cas de 10h (décidément une habitude).

Nous repartons ensuite à l’assaut du prochain col, le col de la Seigne (2516 m), qui marque l’entrée en Italie. La montée est très longue, et plus nous nous rapprochons du col plus le vent souffle. À cause de ce vent, nous ne nous éternisons pas au col et nous décidons de continuer notre route rapidement. Nous terminons l’étape au refuge Elisabetta un petit peu avant 14h. En Italie, le bivouac est interdit à moins de 2500 m d’altitude sous peine d’amende. Au refuge, la serveuse n’oublie pas de nous le rappeler et nous annonce le prix de la demi-pension (50€). Elle nous informe qu’il faut compter 3h de marche pour arriver au prochain camping qui est en dehors du GR. Étant éreintés par notre journée, nous préférons rester au refuge. Adrian et Jonathan décident de passer la nuit au refuge et ont eu le droit de prendre une bonne douche. Quant à Alexis, direction la fontaine pour faire un brin de toilette. Le soir, nous dinons tous les trois au refuge. Le repas est bon mais les quantités servies sont trop faibles pour nous satisfaire et justifier un tel prix (25€). Nous nous séparons après le repas, Adrian et Jonathan dorment dans un dortoir du refuge et Alexis plante sa tente quelques mètres en dessous.

Emplacement

Refuge de la Balme – Col du Bonhomme – Tête Nord des Fours – Col de la Seigne – Refuge Elisabetta

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Refuge Elisabetta et Bivouac

Temps sur le GR

4h00 – 13h40 (temps de pause compris)

J4

Nous nous retrouvons en bas de refuge à 5h30. La nuit n’a pas été reposante. Dormir à 20 dans un dortoir surchauffé ou dans une tente sous l’orage, ce n’est pas idéal. Le mauvais temps de la nuit a cessé et nous atteignons Courmayeur en fin de matinée sous un beau soleil. Grâce à Tripadvisor, nous nous restaurons dans une boutique vendant des focacce délicieuses. Cet en-cas local nous a fait du bien, et nous nous remettons en route en direction du refuge Bertone.

Nous montons longuement, environ 800m de dénivelé positif, mais une grande partie s’effectue à l’ombre dans les bois. Et heureusement, cela est très appréciable car le soleil cogne très fort. L’effort est important mais récompensé par une superbe vue sur Courmayeur. Nous effectuons la pause déj’ au dessus du refuge Bertone. À cet endroit, la vue sur le Mont-Blanc est exceptionnelle! Enfin le temps qui a été capricieux jusqu’à maintenant nous permet de profiter pleinement de ce panorama sur le plus haut sommet de l’Europe de l’Ouest. Depuis le chemin, nous apercevons l’entrée du Tunnel du Mont-Blanc côté italien puis les Grandes Jorasses.

À partir de là, le chemin est assez plat et nous permet d’accumuler les kilomètres facilement. Nous arrivons au refuge Bonatti en fin d’après-midi. À ce moment, nous reconnaissons un randonneur qui avait également dormi au refuge Elisabetta la veille. Cela nous étonne beaucoup car il est changé et à l’apéro tandis que nous arrivons seulement au refuge. Pourtant, nous n’avons pas chômé ! Comme à chaque refuge, nous nous installons pour boire un verre bien mérité. Nous avons également conversé avec la gérante du refuge qui nous conseille de nous éloigner un peu du refuge pour bivouaquer. Nous marchons encore 1h avant de trouver un coin tranquille pour camper. La journée se termine après 35 km de marche ! Nous nous lavons dans la rivière Dora di Ferret. L’eau de la rivière étant très froide, la toilette se fait rapidement.

Emplacement

refuge Elisabetta – Courmayeur – refuge Bertone – Refuge Bonatti – Val Ferret

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Bivouac

Temps sur le GR

5h30 – 19h00 (temps de pause compris)

J5

Nous levons le camp à 6h. Dès le début, nous attaquons l’ascension du grand col Ferret (2537 m) qui marque la frontière italo-suisse. Pendant l’ascension, nous croisons un troupeau de bouquetins dans la montée. Les bouquetins sont installés à flanc de falaise, l’air de rien. C’est impressionnant, d’autant que l’on arrive à les approcher de très près ! Au grand col Ferret, nous avons une très belle vue sur le val Ferret italien et suisse et sur le mont Dolent.

Dès lors, nous entamons une très longue descente de plus de 20 km en Suisse. Sur notre route nous avons de la chance de voir des vaches d’Hérens, une race typiquement suisse qui est utilisée pour des manifestations : les combats des reines. À l’entrée de la station de La Fouly, nous nous arrêtons au supermarché pour notre habituel en-cas matinal. Au menu, sans surprise, des fromages locaux et du pain que nous agrémentons d’une bouteille de rosé et de fruits frais. Un régal !Nous traversons ensuite plusieurs villages suisses, c’est l’occasion de voir de superbes chalets et quelques bolides. Nous sommes également surpris par la qualité et l’entretien des pelouses. Tout semble parfait dans ces paisibles villages.

À partir d’Issert, nous devons à nouveau grimper pour rejoindre notre destination, Champex-Lac. Cette étape est avant tout boisée et le chemin était juché de sculptures en bois représentant des animaux. La montée, quand à elle, n’est pas très raide mais la fatigue ainsi que la chaleur ne nous facilitent pas la tâche. Nous arrivons à Champex-Lac vers 14h30, nous traversons la ville pour rejoindre le camping et nous admirons le lac de Champex. Après 5 jours de randonnée, nous avons enfin droit à un peu de confort : douche, sanitaires, table abritée. Par contre, la nuitée au camping est loin d’être offerte, 15€ par tête. Qu’importe, cela fait du bien. Par chance, nous avons eu le temps de nous installer avant que le temps ne se gâte dans l’après-midi.

Emplacement

Val Ferret – Refuge Elena – Grand col Ferret – Champex-Lac

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Camping Champex-Lac

Temps sur le GR

6h00 – 15h00 (temps de pause compris)

J6

Départ à 6h30 du camping sous le crachin. Pas idéal pour débuter la journée mais après une demi-heure, le temps se dégage. Nous démarrons par l’ascension de la fenêtre d’Arpette (2671 m), variante de ce TMB. La montée commence tranquillement avec une voie communale. Puis, nous nous retrouvons sur des chemins plus étroits où la randonnée se transforme en escalade par endroits. Les dernières minutes de l’ascension sont très difficiles, la pente est très raide et le chemin n’est pas simple. Sans doute, la portion la plus difficile et dangereuse de cette randonnée.

Une fois en haut, le temps nuageux empêche de voir au loin. Toutefois, nous visualisons très bien la vallée et la descente qui nous attend avec sur notre gauche le glacier du Trient. Celle-ci est difficile, beaucoup de rochers parfois glissants, un vrai plaisir pour les genoux. Le moindre faux-pas et c’est la chute assurée. Malgré la difficulté de cette ascension, nous avons croisé beaucoup de monde dans la descente. Il nous aura fallu 2 heures pour arriver en bas (1583 m).

Nous avons directement enchaîné avec la montée au col de Balme (2191 m) qui délimite la frontière franco-suisse. Nous revoilà en France ! Le temps se couvre et nous redescendons rapidement vers Montroc puis nous allons jusqu’au village vacances situé aux Frasserands. Après cette journée harassante, nous buvons un verre et nous mangeons au restaurant du village vacances. Buffet d’entrées et desserts à volonté, et tartiflette comme plat de résistance ! Le repas a été très réconfortant à prix cadeau.

Emplacement

Champex-Lac – Fenêtre d’Arpette – Col de Balme – Les Frasserands

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Village vacances

Temps sur le GR

6h30 – 17h15 (temps de pause compris)

J7

Dernier jour de randonnée, la journée s’annonce longue. Des orages ont éclaté durant toute la nuit, nous replions les tentes mouillées ce qui rajoute du poids sur le dos. Pour démarrer, nous montons tranquillement vers le lac Blanc en passant par les Aiguillettes d’Argentière (2352 m). Le chemin est très rocheux et plusieurs échelles sont installées pour monter. Ces aménagements sont très bien faits et se passent sans difficulté malgré le poids des sacs. En arrivant au lac Blanc, nous avons une superbe vue sur Chamonix et sur l’aiguille du Midi qui se trouve de l’autre côté de la vallée de l’Arve mais un fort vent froid nous accueille. Ce paysage est magnifique et nous prenons forcément quelques photos mais redescendons pour se mettre à l’abri du froid.

À Planpraz, nous décidons de boire l’apéritif (attention la note!) au chalet. Au même moment, une grosse averse de pluie s’abat mais ne dure pas très longtemps. Encore une fois, nous l’avons échappé belle. En sortant du chalet, le vent frais et désagréable, ne cesse pas. Nous décidons de manger à côté de la gare du télésiège pour être à l’abri du vent. Une fois le repas terminé, nous démarrons la dernière ascension du TMB, le sommet du Brévent (2525 m). Dans un premier temps, le ciel est très nuageux mais il fait bon. Mais en approchant du sommet, le temps se gâte fortement. Le vent s’intensifie, la pluie se met à tomber drue, le brouillard s’installe, nous avons même droit à la grêle et à des coups de tonnerre. Nous sommes gâtés en cette fin de Tour !

Le chemin, essentiellement composé de cailloux, devient donc très glissant. Sans nous arrêter, nous entamons la descente vers les Houches qui semble interminable. La grêle s’arrête rapidement et le vent se calme. Nous continuons un long moment sous la pluie qui finit également par faire une pause à son tour. Nous arrivons à la gare des Houches vers 18h, fatigués mais heureux d’avoir terminé. Nous allons ensuite au camping. Entre temps, la pluie retombe et nous avons le plaisir de planter nos tentes humides de la dernière nuit sous une averse. Le soir, nous fêtons notre TMB au bar puis au restaurant en mangeant une très bonne fondue savoyarde aux morilles. Le lendemain matin, nous nous sommes levés à 5h30 pour rejoindre la gare des Houches et repartir en train vers nos foyers respectifs.

Emplacement

Les Frasserands – Aiguillette d’Argentière – Lac Blanc – Sommet du Brévent – Les Houches

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Camping les Houches

Temps sur le GR

7h00 – 18h00 (temps de pause compris)

Fini en 6 jours et demi au lieu des 8 initialement prévus, on peut dire que nous n’avons pas chômé pour ce Tour du Mont-Blanc. Encore une fois, nous en avons eu plein les yeux et cela malgré une météo parfois capricieuse. Comme chaque année, cette semaine permet de sortir complètement de la routine quotidienne et de mélanger nature, sport, autonomie et dépassement de soi. A reconduire !

Lien de la trace de notre TMB.

Où?

Tour du Mont-Blanc

Quand?

Du 22 Juin 2017 au 28 Juin 2017 (7 jours)

Comment?

- Aller Paris/Les Houches : TGV + TER

- Sur place : à pied !

- Retour Les Houches/Paris: TER + TGV

Hébergement?

- Bivouac !

- Refuge Elisabetta : 50 € la demi-pension / 25 € le dîner

- Camping Champex-Lac : 15 CHF par personne

- Camping Les Frasserands : 17 € le dîner

- Camping Les Houches : 8 € la nuit

Restaurants testés / Spécialités?

- Lyophilisés !

- Courmayeur : Pan per Focaccia

- Les Houches : La Ferme des Agapes

Incontournables?

Tête Nord des Fours, Mont-Blanc depuis Courmayeur, Fenêtre d’Arpette, Lac Blanc