Cela faisait 1 an que l’on se préparait pour faire cette randonnée en autonomie (presque totale). Ci-dessous le récit de nos débuts dans le monde de la marche en itinérance.
Du 3 au 12 juillet 2015
10 jours
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Cela faisait 1 an que l’on se préparait pour faire cette randonnée en autonomie (presque totale). Ci-dessous le récit de notre aventure…

Préparation :

Nous avons prévu de faire une randonnée de 8 jours en autonomie totale. Cela nous aura demandé une assez longue préparation car c’était notre première et que nous n’étions pas équipé.

Ci dessous mes préparations en équipement et alimentation :

Avec tout cela je suis arrivé à un sac de 23,6 kg ce qui est, après la randonnée passée, beaucoup trop. Cela m’aura pénalisé quelques jours le temps de m’y habituer. Mon frère et son ami étaient à 17kg et 16kg…

A noter également que j’avais choisi de ne pas prendre de bâton: grossière erreur également…

J1

Après une nuit en train couchette où finalement nous n’avions pas dormi beaucoup nous savions que la première journée serait difficile. Et quel euphémisme ! Arrivée à 11h à Etsaut, un quart d’heure après nous sommes rentrés dans le vif du sujet avec le chemin de la mâture. Ce passage creusé dans la montagne au 18ème siècle servait de passage pour les troncs d’arbres utilisés pour la fabrication des mâts de bateaux. La pente est assez raide et le chemin difficile, un faux pas et c’est le précipice. On se rend donc tout de suite compte de la difficulté de notre future randonnée et le poids de nos sac à dos (23,6 kg pour moi !) se fait rapidement sentir. Au passage nous rencontrons un couple d’octogénaires qui monte également par ce chemin, allégé du sac à dos certes, mais quelle forme !

A la fin de cette première montée nous décidions de manger près d’un ruisseau, histoire de nous requinquer pour l’après midi qui nous attend. Puis commence l’ascension interminable du Col d’Ayous (2185m), sous une chaleur accablante, mettant nos jambes à rude épreuve mais qui finalement arrivés au sommet en valait vraiment la peine. La vue est tout simplement splendide sur le Pic du Midi d’Ossau et les trois lacs d’Ayous. Mais il est déjà tard, nous n’avons pas le temps de trop nous reposer et entamons notre descente au milieu des rochers puis des bois pour Gabas.

20h nous arrivons au lac de Bious-Artigues mais, épuisés, notre objectif d’arriver à Gabas ne sera pas atteint ce soir. Nous prenons la résolution de bivouaquer autour du lac. Pour couronner le tout, notre nuit sera mouvementée par le passage de chevaux sauvages juste à côté de nos tentes.

Emplacement

Etsaut – Chemin de la mâture – col d’Ayous – Lac de Bious Artigues

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Bivouac

Temps sur le GR

11h – 20h (temps de pause compris)

J2

C’est après une quasi nuit blanche que nous sommes obligés de repartir ce dimanche matin. Rapide passage près d’un ruisseau pour faire le plein d’eau et nous voilà prêts et motivés pour rattraper notre retard de la veille. Le chemin jusqu’à Gabas n’est pas des plus joyeux et c’est une longue descente sur le bitume qui nous attend. Après Gabas nous continuons le chemin vers la corniche des Athas, passage vertigineux avec main courante pour aider les randonneurs. En allant vers ce point nous tombons sur les premières difficultés : la chute de plusieurs gros arbres nous barre la route. Ni une ni deux, nous enlevons nos sacs et nous passons en file indienne les obstacles, mais rapidement, car l’endroit ne nous inspire pas confiance.

Ensuite commence l’ascension jusqu’à la Hourquette (2465m), au départ très fort sur un chemin de pierres mais à l’ombre de la forêt puis en pente plus légère suivant le flanc de montagne mais en plein soleil. Le poids de mon sac me provoquant de grosses douleurs aux épaules et la combinaison chaleurs/montées me fait couper net ma course à 16h30. Mes deux compères, qui avaient commencé l’ascension de la Hourquette, redescendent et me rejoignent. L’endroit où nous sommes nous parait idéal pour bivouaquer… en apparence seulement. La nuit commençant à tomber, l’arrivée des moustiques et autres taons nous fait déchanter. Bilan : repas sous la tente pour ne plus se faire piquer et couchés à 21h. Ce n’est pas aujourd’hui que l’on rattrapera le retard mais on espère encore…

Emplacement

Lac de Bious Artigues – Gabas – Corniches des Athas – Pied Hourquette d’Arre

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Bivouac

Temps sur le GR

7h30 – 16h20 (temps de pause compris)

J3

Réveil à 5h30 !! C’est tôt mais nous décidons d’attaquer le col de la Hourquette à la fraiche. Et on fait bien, l’ascension se fait avec quelques difficultés : éboulis du chemin puis le tracé jusqu’au sommet est caché par une épaisse couche de neige (comment-a-t-elle pu tenir avec la chaleur de ces dernier jours ??). Nous sommes obligés de contourner cette neige qui pourrait céder sous nos pas et nous emporter en empruntant un passage sur des rocher : nous sommes à la limite de l’alpinisme !! A quatre pattes sur les rochers, le poids du sac se fait encore bien ressentir…

Arrivés au col, le panorama est encore splendide et en entamant la descente on se rend rapidement compte que le chemin jusqu’à Gourette sera dessiné par une descente longue et technique. Elle me vaudra d’ailleurs 2 chutes : une première avant le lac d’Anglas (magnifique au passage) et une juste avant d’arriver à Gourette. A Gourette, le soleil s’est bien installé au zénith et nous essayons de trouver un coin d’ombre pour faire un bilan et manger. Un bilan car nous voyons que nous prenons du retard et que les ampoules aux pieds et la fatigue de certains ne nous permettent plus d’avancer suffisamment rapidement pour le rattraper. Une analyse du tracé nous montre que le plus facile serait d’arriver à Arrens pour prendre un bus le lendemain direction Gavarnie. Cela nous fixe un objectif pour l’après-midi que l’on sait d’ores et déjà difficile de part la chaleur qui règne et de part les deux cols qui nous attendent…

Le col de Thorte (1799m), premier que l’on franchi se fait dans la douleur : une montée sans ombre qui aura provoqué une petite insolation à certain (mon frère pour ne pas le citer) et de fortes difficultés techniques avec des « marches » tout au long du chemin. Arrivée en haut du col et après une petite descente on devine le tracé du GR : il faut descendre dans une cuvette pour remonter ensuite par le col de Saucède (1525m). Mais une route goudronnée contourne tout ca et limiterait le déniveler à enchainer. Nous ne sommes pas fier de ne pas avoir suivi le GR sur ce coup et d’avoir choisi le raccourci mais la fatigue, l’usure et l’horloge tournant ne nous ont pas fait hésiter longtemps. Cependant, et comme pour nous punir, arrivé à mi chemin mon frère se rend compte d’avoir oublié ses bâtons de marche au tout début de la route… le gain, au final, aura été faible après l’aller retour… C’est donc tardivement que nous finissons ensuite l’ascension du col de Saucède et la longue descente, mais facile, jusqu’à Arrens qui nous mène enfin au graal : le camping de Mialanne. Car après 3 jours de marche et de bivouac ce camping a un léger goût de paradis : des douches chaudes, des toilettes, pas ou peu de moustique, un proprio sympa qui nous sert un pichet de bière… les choses simples n’ont pas les mêmes appréciations/goûts quand on en est privées un certain temps.

Emplacement

Hourquette d’Arre – Gourette – Col de Thorte – Col de Saucède – Camping Arrens

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Camping

Temps sur le GR

6h30 – 20h30 (temps de pause compris)

J4

Enfin une bonne nuit réparatrice ! On aurait voulu dormir un peu plus mais un bus pour Argeles-Gazost nous attend à 9h. Attention, le bus d’Arrens est à réserver, chose que l’on a bien entendu pas fait, mais par chance 3 personnes se sont désistées : une bonne étoile nous protège aujourd’hui. A Argelès, nous revivons ! Petite ville de vacances, nous tombons sur le jour du marché, l’occasion pour nous de nous revigorer avec des bons fruits. Mais également de trouver une pharmacie pour trouver de quoi soigner nos blessures de la première partie de la randonnée (les ampoules essentiellement, merci Compeed). Le midi on se paye le restaurant, cela permet de faire un bon repas qui ne soit pas des pâtes ou un sachet de lyophilisé. Nous sortons de cette halte refaits et prêts à enchainer la deuxième partie de la randonnée… mais pas avant une petite sieste dans les bus qui nous mènera à Gavarnie.

Arrivée dans le centre ville de Gavarnie une petite source nous permet de faire le plein en eau. Il fait chaud, très chaud et nous entamons une longue route goudronnée pour récupérer le GR. Au moment de retrouver le chemin nous passons sur un pont qui traverse une rivière, en contrebas un bassin naturel d’une eau limpide. Ni une ni deux nous décidons de nous baigner et c’est là que se passe le moment le plus insolite de notre randonnée. Un randonneur anglophone nous rejoint et nous demande s’il peut se baigner avec nous, aussi naïfs que nous sommes nous acceptons et monsieur se déshabille intégralement en nous faisant part des tatouages sur l’ensemble de son corps (nous ne donnerons pas plus de détail). Il s’agit en fait d’un naturiste qui écrit des livres sur les randonnées, sa présence sur le GR10 présage son prochain ouvrage.

Après un moment d’échange avec notre acolyte nous repartons en chemin direction le plateau de Saugué qui nous offrira une très belle vue sur le cirque de Gavarnie et de sa chute d’eau, la plus haute de France. C’est à peu près à cet endroit que nous bivouaquerons ce soir, non loin d’une grange. A 19h le brouillard s’installe rapidement, il ne nous quittera pas jusqu’au lendemain.

Emplacement

En bus : Arrens – Gavarnie

A pied : Gavarnie – Plateau de Saugué

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Bivouac

Temps sur le GR

8h – 18h30 (temps de pause compris)

J5

Réveil matinal pour ce 5ème jour de rando, 5h30 nous nous levons comme nous nous étions couchés : avec le brouillard. Heureusement que nous avions profité du cirque de Gavarnie la veille car sinon nous n’aurions rien vu. Mais nous n’avons pas le choix il faut avancer, même si nous ne voyons pas plus loin que 10m. De plus qui dit brouillard dit humidité et il ne faudra pas longtemps pour que les herbes qui jonchent le chemin nous mouillent le bas du pantalon, les chaussettes et les chaussures… nous serons ainsi rapidement, mais trempés, à Pragnères. Nous avons ensuite marché sur une route goudronnée (limite dangereuse) jusqu’à Sia où nous nous arrêtons pour manger. Dans ce petit hameau et à côté d’une petite grange, Francis (le proprio) nous a accueilli chaleureusement nous laissant manger sur ses tables et nous proposant son dessert : le véritable gâteau à la broche cuit au feu de bois (accompagné de sa crème anglaise ou boule de glace). Un délice, d’autant plus qu’il nous laisse même participer à la cuisson… tout un art.

C’est donc lourd que nous partons de Sia pour Luz St Sauveur, un chemin banal qui suit le flanc de montagne. Arrivés à Luz, nous passons par le pont Napoléon et utilisons le chemin de la promenade du même nom. Il est seulement 17h et nous nous disons que nous pourrions prendre de l’avance pour demain en grimpant vers le gué de Bolou. Nous progressons donc sur des chemins étroits, très verdoyants (les randonneurs doivent être rares !) et qui grimpent fort. Ou plutôt trop fort pour une fin de journée ce qui m’épuise lentement. Pour couronner le tout, le brouillard qui s’était un peu dissipé tout au long de la journée, revient en force comme pour me faire abdiquer. C’est à 19h30, qu’épuisés, nous nous posons dans un champ pour bivouaquer.

Emplacement

Plateau de Saugué – Pragnères – Sia – Luz St Sauveur – Gué de Bolou

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Bivouac

Temps sur le GR

6h30 – 19h30 (temps de pause compris)

J6

Réveil 7h pour cette avant dernière journée. On commence par traverser le gué assez facilement mais la profondeur du cours d’eau nous inonde les chaussures dès le début de la journée. Après le gué, nous traversons sur le versant opposé puis poursuivons jusqu’à Barèges (1240m) assez facilement. Après une pause bien méritée, nous repartons sans trop tarder en direction du col de la Madamète (2509m). Effectivement, nous savons qu’avec le dénivelé restant et le soleil qui s’installe l’après midi ne sera pas facile.

Nous faisons notre pause repas au pied du col, le temps de laisser sécher nos tentes humide de la veille (et donc s’alléger un petit peu) puis repartons pour l’ascension du col, soit 4h indiqué sur les panneau. La montée fut certes longue mais se passa dans la bonne humeur tellement les paysages magnifiques s’enchainaient devant nos yeux: les ruisseaux, les lacs, les montagnes, bêtes en pâturage… les photos parlent d’elles mêmes.

A 18h nous atteignons le sommet, s’en suit 1 h de descente au milieu des cailloux pour rejoindre le lac d’Aumar et notre zone de bivouac. Cette zone se situe en contrebas du lac ce qui est un peu dommage, on n’assistera pas au coucher de soleil depuis notre campement. Nous restons le soir sous nos tentes, les moustiques ayant décidé de ne nous laisser aucun répit.

Emplacement

Gué de Bolou – Barèges – Col de Madamète – Lac d’Aumar

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Bivouac

Temps sur le GR

8h00 – 19h00 (temps de pause compris)

J7

Dernier jour ! Oui, en se réveillant on se dit que l’on peut arriver ce soir à Bourisp avec un jour d’avance ! Certes en ayant sauté deux étapes en bus mais sur cette deuxième partie de randonnée nous nous sommes tenus au planning initial (voir plus). Nous quittons donc le matin le lac d’Aumar, qui nous offre une belle vue avec le lever du soleil, en direction du col d’Estoudou (2260m). Nous progressons assez rapidement et à l’ombre jusqu’au sommet du col. S’en suit une descente jusqu’au lac de l’Oule assez dangereuse due à une pente très raide. En bas nous découvrons le lac d’un bleu turquoise et décidons d’y faire une pause nettoyage/bronzage/sieste/repas.

2 h plus tard nous repartons pour le col de Portet (2215m) qui se fait en deux étapes : une première avec une pente assez raide qui se fait assez rapidement puis la seconde en pente douce à flanc de montagne. Cette deuxième étape est plutôt longue et sans grand intérêt. Effectivement le paysage est peut-être le moins beau que l’on ait vu jusqu’ici, gâché par les téléphériques de la station de ski.

Nous finissons notre randonnée par une longue descente pour Bourisp en deux parties également : d’abord en pente douce où notre progression est ralentie par les troupeaux de vaches puis en pente très raide mais à l’ombre de la forêt. Nous utilisons nos dernières forces pour faire quelques courses et nous rendre au camping de la Mousquère. Bein oui il faut bien fêter la fin de cette épopée dignement ! « Santé ! ».

Nous resterons deux nuits dans ce camping, avec une journée de repos, avant de partir de Bourisp en bus puis en train direction nos foyers respectifs.

Emplacement

Lac d’Aumar – Col Estoudou – Lac de l’Oule – Col de Portet – Bourisp

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Camping

Temps sur le GR

8h00 – 18h30 (temps de pause compris)

Si je devais résumer cette aventure en deux mots cela serait : difficile et extraordinaire.

Difficile car :

  • Très éprouvant physiquement
  • Rude au niveau de l’alimentation
  • Dangereux à certains endroits
  • Éprouvant pour les pieds (il faudra quelques jours aux ampoules pour disparaître) et le dos
  • Perte de certains conforts

Mais surtout extraordinaire parce que :

  • Isoler toute une semaine du monde extérieur (malgré les quelques sms et appels téléphoniques)
  • Dépassement de soi pendant une semaine
  • -5kg sur la balance au retour J
  • Découverte de paysages à couper le souffle
  • Des souvenirs inoubliables

Lien de la trace de notre GR10.

Où?

Etsaut – Bourisp

Quand?

3 Juillet 2015 – 12 Juillet 2015 (8 jours)

Comment?

- Aller Paris/Etsaut : Train Paris – Pau – Oloron Ste Marie puis bus Oloron Ste Marie – Etsaut

- Sur place : à pied! mais quand même bus pour sauter étapes Arrens – Gavarnie

- Retour Bourisp/Paris: Bus Bourisp – Lannemezan puis Train Lannemezan – Toulouse – Paris

Hébergement?

- Bivouac!

- Camping Arrens: Mialanne

- Camping Bourisp: Le Mousquère

Restaurants testés / Spécialités ?

- Lyophilisés!

- Argelès-Gazost: La Grange

- Bourisp: Les tables de la Fontaine

Incontournables?

Ayous, la Hourquette d’Arre, Gavarnie et Madamète