Un voyage en couple de dix jours avec deux lieux de résidence pour rayonner dans l'Andalousie terrestre : admirer les paysages et les villages blancs, visiter les villes mythiques.
Du 16 au 25 mars 2018
10 jours
Partager ce carnet de voyage
1

Un peu de poésie agrémentera ce carnet. De nombreux écrivains ont parcouru ou séjourné en Andalousie qui était une destination exotique dans le passé. Cette région de passion leur a apportés l'inspiration. Le titre de notre carnet est un condensé du poème de Victor Hugo "Les Orientales " qui débute ainsi :

Soit lointaine, soit voisine, //Espagnole ou sarrazine, //Il n'est pas une cité// Qui dispute sans folie // A Grenade la jolie //La pomme de la beauté, //Et qui, gracieuse, étale //Plus de pompe orientale //Sous un ciel plus enchanté.


Notre voyage débute par un parcours en voiture de Montpellier à Barcelone puis un trajet en avion jusqu'à Malaga. Nous avons choisi de louer une voiture à Malaga à cause de leurs tarifs très concurrentiels puis de séjourner dans deux hôtels : l'un à Lucena et l'autre à Arcos de la Frontera. Nous aimons bien poser nos valises et rentrer le soir "à la maison". Après quelques signatures de contrat, dépôt de caution et inspection du véhicule, nous prenons la route d'Arcena vers 14h.

2

Nous arrivons vers 15 h à Lucena. Les autoroutes sont en bon état et la circulation très peu dense. Deux autoroutes suivent presque le même parcours ; aide européenne au développement, parait-il ! La périphérie de la ville comporte de nombreuses fabriques de meubles. On ne voit pourtant que des oliviers. L’hôtel réservé est situé à l'extérieur de la ville sur la Sierra Aracelis ; très belle vue et bon accueil. Le temps est frais et nuageux.

Après un peu de repos et une bonne douche, nous partons pour Cabra qui est une cité ancienne avec de nombreuses église et demeures seigneuriales (d'après les guides). A peine stationnés, la pluie commence à tomber drue et en peu de temps nous sommes trempés et ne voyons plus rien. On se renseigne avec notre espagnol inexistant sur la direction de la piazza vieja où se trouve une église et un bar à tapas réputé. Il est 18 h environ et c'est un peu tôt pour les restos. Le patron nous propose néanmoins quelques tapas + 1/2 racions de Jamon et chipirones avec un verre (ou 2 ?) de Rojas. Nous voilà restaurés et un peu réchauffés pour passer une bonne nuit après cette première journée un peu longue.

3

Cordoue fut la plus grande ville d'Europe au Xème siècle avec un million d'habitants ; une ville de tolérance où vivaient en harmonie (relative et surveillée) des peuples d'origines diverses et de religions différentes.

Le travail du cuir est une tradition ancienne et le mot cordonnier vient de cordouanier qui est un artisan travaillant le cuir à Cordoue.

Ce matin, départ pour Cordoue après un copieux petit déjeuner à l'hôtel : jus d'orange frais, œufs, sandwich jambon à l'huile d'olive...

Après une heure de trajet environ, nous arrivons à Cordoue. Nous trouvons une place libre pour garer la voiture sur la rive gauche du Guadalquivir qui charrie des eaux boueuses à cause des nombreuses pluies récentes. Le temps est incertain et frais et peu de touristes ! Il commence à pleuvoir !!! On traverse le vieux pont romain et on prend des tickets pour visiter la Mezquita : la mosquée cathédrale de Cordoue. La semaine sainte approchant, de nombreuses tribunes sont installées pour voir les processions.

La Mezquita

L'édifice, classé au patrimoine de l'humanité en 1984 par l'Unesco, est l'un des symboles de la coexistence des cultures islamique et chrétienne. Ancien temple romain, devenu église puis mosquée, dans laquelle fut ensuite érigée une cathédrale, la Mezquita aura été du VIIIe au XVe la plus grande mosquée de l'Occident musulman. Les styles architecturaux sont en conséquence variés : gothique tardif, renaissance, baroque...

La cour des orangers et le minaret


L'intérieur de la mosquée cathédrale

Alcazar de los Reyes Cristianos

Forteresse du XIVème siècle qui était le palais des rois catholiques mais un peu dépouillé maintenant. Le clou de la visite est le jardin de l'Alcazar mais la pluie en a décidé autrement.

Devant la pluie incessante, on décide de revenir le lendemain pour la visite de la ville...

Le temps s'est amélioré et on peut faire le tour des remparts, traîner dans les ruelles du quartier juif...

Baena et le parc naturel de las sierras subbeticas.

Dans l'après midi, nous nous dirigeons vers Baena et les petits villages perchés dans le parc naturel. On se rend vite compte que c'est la région de l'huile d'olive. Les oliviers s'étendent à perte de vue avec de nombreuses nouvelles plantations.

Ensuite, le charmant village de Zuheros accroché à la montagne et d'autres encore en bordue du parc national.

4

En guise d'introduction à la visite de Grenade, une autre strophe du poème de Victor Hugo :

Toutes ces villes d'Espagne// S'épandent dans la campagne// Ou hérissent la sierra ;// Toutes ont des citadelles// Dont sous des mains infidèles// Aucun beffroi ne vibra ;// Toutes sur leurs cathédrales// Ont des clochers en spirales ;// Mais Grenade a l'Alhambra.


Les deux journées suivantes sont consacrées à la visite de Grenade. Finalement l'hôtel choisi est un peu loin de Grenade puisqu’il nous faut 1h30 pour y arriver... Nous garons la voiture au parking Triunfo qui est proche du centre et assez grand pour ne pas être complet ; le tarif de 12 euros pour la journée est raisonnable. Même en s'y prenant un mois à l’avance, nous ne trouvions pas de tickets pour la visite de l'Alhambra seul ; nous avons été contraints de prendre des billets Dobla de Oro General qui comprennent la visite de l'Alhambra + 7 autres lieux. Ces billets sont valable deux jours et coutent 20 Euros par personne au lieu de 8 environ. Nous ne regrettons pas ce petit supplément qui nous a permis d'admirer cette merveille.

L'Abaicin

Nous consacrons la première journée à la visite des quartiers historiques de l'Albaicin et de Sacremonte en suivant un itinéraire conseillé dans un guide. Nous suivons la Gran Via de Colon jusqu'au niveau de la cathédrale puis bifurquons à gauche pour entrer dans le quartier historique et commencer la montée puisque ces quartiers sont situés sur une colline face à l'Alhambra. Puis la rue Elvira et Caldereria jusqu'à l'église de San Gregorio. Les ruelles sentent bon le cuir des boutiques d'artisans.

Ensuite, la rue San José difficile à trouver, son église (fermée pour restauration) jusqu'à la place San Miguel Bajo et son église de 1501 construite sur une mosquée du XII éme siècle.

On est pratiquement au sommet de la colline et les ruelles sont moins pentues. On suit la rue Santa Isabel la Real en longeant le monastère du même nom. A partir de là, on cherche le Palais de Dar-al-Horra qui fait partie de nos billets. On le déniche après bien des détours. Une petite porte au fond d'une ruelle permet d'y accéder. Il en sera de même pour tous ces "palais" dont la visite s'apparente à la chasse au trésor vu le peu de panneaux indicatifs. Ce palais était la résidence de la sultane Aixa, mère de Boadbil.

On continue naturellement par la Camino Nuevo San Nicolas en suivant la crête de la colline puis on arrive à la placeta de San Nicolas avec le belvédère : mirador éponyme. La vue sur la ville et la "citadelle" est superbe. Quand le soleil est au rendez-vous et qu'il se couche, l'Alhambra est rougeoyant d'où son nom en arabe et il est encadré par les sommets enneigés de la Sierra Nevada. A côté se trouve la mosquée actuelle de l'Albaicin avec un joli jardin. L'église San Nicolas est malheureusement en travaux.

De là, on commence la descente par l'Arco de las Pesas et la plazza larga jusqu'à l'église El Salvador.

On poursuit par la Cuesta del Chapiz où on "tombe" sur la maison de Chapiz qui se compose en réalité de deux maisons et de jardins d'où on a une belle vue sur l'Alhambra.

L'Alhambra

L'Alhambra ! l'Alhambra ! palais que les Génies// Ont doré comme un rêve et rempli d'harmonies,// Forteresse aux créneaux festonnés et croulants,// Ou l'on entend la nuit de magiques syllabes,// Quand la lune, à travers les mille arceaux arabes,// Sème les murs de trèfles flancs.

Grenade efface en tout ses rivales ;// Grenade Chante plus mollement la molle sérénade ;// Elle peint ses maisons de plus riches couleurs ;// Et l'on dit que les vents suspendent leurs haleines// Quand par un soir d'été Grenade dans ses plaines// Répand ses femmes et ses fleurs.

Notre deuxième journée à Grenade est dédiée à la visite de l'Alhambra que l'on a réservée pour 14h30. Nous commençons la matinée par la visite des environs de la cathédrale : petites places, jolis bâtiments et petits commerces plus le marché San Augustin. Ensuite, on se dirige vers la plaza Isabel la Catolica pour prendre le bus C3 jusqu'à l'entrée de l'Alhambra.

Le bus nous dépose à l'entrée 1 et nous nous dirigeons vers le Generalife, résidence d'été des princes nasrides et ses jardins. Le temps est nuageux mais il ne pleut pas ; le soleil arrive à percer parfois.

Un petit passage au palais de Charles Quint qui dénote un peu par son style !

Palacios nazaries.

On attend impatiemment l'entrée dans les Palais Nasrides. Puis on entre dans El Mexuar (salle du conseil) et El Comares qui comprend le patio de los Arrayanes, Sala de la Barca et salon Comares.

Puis on entre dans le patio de los Leones (la cour des lions) qui ne laisse personne indifférent ; certains restent muets, d'autres versent une larme devant une telle beauté. Au centre, le patio avec la célèbre fontaine aux 12 lions. La finesse et la blancheur des marbres sculptés contrastent avec la couleur terre et l'aspect austère de l'extérieur.

Les appartements de Charles Quint et la cour de Lindaraja avec son mirador qui surplombe le jardin

5

Aujourd'hui on change d’hôtel ; direction Arcos de la Frontera. De nombreuses villes, dans toute l'Espagne, ont cette terminaison qui signifie la frontière car elles furent à une époque limitrophe. Les routes sont toujours aussi calmes et en excellent état. Par contre, impossible de s'arrêter pour prendre une photo lorsque le paysage le mérite ; en effet le bas côté est inexistant ou inaccessible. On passe devant le magnifique village perché d'Olvera.

On arrive en début d'après midi à l'hôtel dont la salle à manger donne sur la vieille ville. Beaucoup de monde au restaurant qui paraît réputé. Accueil chaleureux et installation dans notre chambre. Hôtel très calme. Il s'avérera que nous sommes les seuls en contradiction avec l'annonce des sites de réservation ! Avant de repartir pour visiter la ville, on se restaure de quelques tapas et petits plats.

6

On a modifié notre programme pour visiter Séville aujourd'hui car ils annoncent une journée ensoleillée. On a choisi le parking Paseo de Colon au bord du Guadalquivir. On arrive rapidement à la plazza de toros où les aficionados de corridas sont déjà nombreux à faire la queue pour réserver une place pour la prochaine corrida. Puis en longeant le fleuve, on passe par l'office du tourisme puis la Torre del Oro du XIII éme siècle.

On arrive ainsi au parc de Maria Luisa créé pour l'exposition ibéro américaine de 1929. Tous les bâtiments aux alentours du parc ont été construits à cette occasion. Des recherches sur cet évènement m'ont permis de découvrir ces affiches style Art Déco d'auteur inconnu que je me permets d'emprunter. Je croyais qu'elles étaient d'Alphonse Mucha.


On s'attarde à admirer la magnifique place d'Espagne et surtout le pavillon.

D'autres édifices méritent aussi notre attention : le pavillon du Chili et celui du Pérou, le musée des arts populaires et costumes...

Le centre historique et la cathédrale

De style gothique, la cathédrale possède un clocher, la Giralda, ancien minaret hispano-mauresque de la grande mosquée almohade qui s'élevait sur l'emplacement de l'actuelle cathédrale. Elle renferme le tombeau de Christophe Colomb. Si on prend tous les lieux emblématiques de Christophe Colomb, on pourrait faire une croisière intéressante avec Gènes, la Sicile, Barcelone, Cadix et Séville + éventuellement la traversée de l'Atlantique et Haïti, Cuba, Bahamas.

Ensuite l'Alcazar, Palais royal encore utilisé actuellement.

Le jardin

7

Aujourd'hui, la météo annonce une journée maussade et on décide de faire la route des villages blancs avec Ronda en point d'orgue. La pluie commence dès le départ et le brouillard épais limite notre visibilité. On travers Grazalema sans rien voir. Heureusement, une éclaircie nous laisse le temps de visiter Ronda ; joli village coupé en deux par El Tajo, une gorge profonde qui sépare la nouvelle ville, établie vers le XVe siècle, de la vieille ville, datant de "l'occupation" mauresque. Le pont est l'élément emblématique de la vile ; prouesse technique pour l'époque mais à l'esthétique austère. Son concepteur y a perdu la vie lors d'une inspection en nacelle en tentant de rattraper son chapeau emporté par le vent !!!

8

Cadiz ou Cadix

Je ne situais pas bien la ville de Cadix avant ce voyage. Ce n'est pas le point le plus méridional de l'Europe continental, pas plus que Gibraltar d'ailleurs, mais la pointe de Tarifa, entre les deux. Donc Cadix est sur l'Atlantique, une vraie ville de gens de la mer puisqu'elle est située sur une presqu'ile. Un magnifique pont permet d'y accéder rapidement sans longer la côte. Cette ville évoquait pour moi l'exotisme d'après guerre porté par l'opérette de Lopez interprétée par Luis Mariano. Maintenant il me semble que c'est une "Belle" endormie. L'activité portuaire initiée par la conquête du nouveau monde et poursuivie par les chantiers navals est maintenant réduite au trafic de ferrys. Le chômage y est très important mais on n'en voit aucun signe. La ville est active et les gens sont gais. On arrive à la fin de notre périple et on a constaté que toutes ces villes andalouses étaient vivantes contrairement à de nombreux quartiers touristiques d'autres villes européennes occupées par des restos attrape touristes et des magasins de souvenirs "made in C".

Nous sommes Samedi et l'arrivée dans la ville est facile. On cherche le parking conseillé vers la gare et on trouve une place libre juste derrière. On arrive rapidement sur la place San Juan de Dios avec l'Ayuntamiento et l'église Ntra Senora de la Merced sur le côté ; puis plus loin la Casa Ibéroamerica

Ensuite la cathédrale de style baroque et néoclassique un peu coincée sur sa petite place avec l'église de Santiago juste à côté en pleine activité. Puis les ruelles commerçantes nous mènent jusqu'à la place des fleurs et au marché. Ce dernier est authentique et reflète le côté maritime de Cadiz ; en effet, beaucoup de fruits de mer à l'intérieur et de légumes à l'extérieur. Quelques tabourets pour déguster des tapas.

Jerez de la Frontera

Jerez, Xerez ou Sherry ? Xerez est l'ancien nom de la ville et Jerez l'actuel et pour des raisons de prononciation, les anglophones la nomment sherry qu'ils associent au vin qu'ils apprécient beaucoup. Par contre les français pensent immédiatement vinaigre de Xerez ! Encore une vieille rivalité ? En tous cas, ils sont issus d'une région bien délimitée autour de Jerez.

C'est notre dernière ville à visiter et on est un peu blasé par toutes les merveilles que nous avons vues. Jerez possède pourtant un joli quartier historique et une belle cathédrale et se prépare activement à la semaine sainte également. En cette fin de Samedi, les gens finissent les courses, boivent un verre en terrasse ou vont à l'église pour préparer la semaine sainte.

Dernière soirée à Arcos avant de rejoindre Malaga demain. On a demandé au chef de nous préparer une paëlla. Si notre carnet de voyage ne vous a pas mis l'eau à la bouche, ces photos de quelques plats et quelques cuentas y parviendront peut-être. Les fruits de mer et la charcuterie sont à privilégier car moins chers que la viande ; ce qui nous convenait très bien. Le centre historique de Séville est plus cher.

Pour clore ce carnet, on peut faire un petit bilan. Malgré une météo qui nous a obligés à jongler avec le programme initial et nous a privés de quelques visites, ce séjour nous a fait découvrir une bonne partie de l'Andalousie : ses sites, sa population et son art de vivre. Ce circuit en individuel nous a permis de visiter à notre rythme en toute liberté. La météo très humide a permis de bons clichés de paysages habituellement moins nets.

Côté budget : Si on fait les comptes au départ de Malaga, le séjour de 10 jours pour un couple nous est revenu à 1200 Euros décomposés comme suit : 424 d'hôtels, 384 de resto avec pd, 283 de voiture (location, carburant et parking) et 108 d'entrées sur les sites. L'andalousie, en plus de son charme, n'est donc pas une destination chère : 40 euros la nuit d'hôtel ***, 10 euros le repas avec boisson et très facile à organiser.