La java des Volcans

J
Par
Voyage à la découverte des principaux volcans actifs de l'île de Java en Indonésie avec Jean-Michel BONNAUD
Octobre 2012
2 semaines
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Aventure et Volcans, c'est une agence de voyage fondée à Lyon en 1983 par Guy de Saint-Cyr . Ce passionné de volcans a eu l'idée d'emmener avec lui des voyageurs un peu plus téméraires que la moyenne . Depuis ils sont des centaines à l'avoir accompagné . Son agence très spécialisée offre une occasion unique pour des néophytes comme moi d'approcher ces phénomènes naturels au plus près , dans des conditions de sécurité correctes .

Des guides accompagnateurs, spécialistes du terrain, encadrent les groupes constitués de 5 à 12 personnes . Ils gèrent les marches d’approche et les ascensions , mais ce sont aussi des spécialistes de la volcanologie . Ils sont capables d'expliquer des phénomènes géologiques , mais aussi les mythes et légendes ancrées dans les croyances des peuples qui vivent dans ces zones puisqu'ils en font souvent partie .

L'offre de cette agence est variée . Pour ma part , en ce mois d'octobre 2012 , j'ai opté pour un voyage en Indonésie sur l'île de Java , baptisé judicieusement " La Java des Volcans " . Le prix est raisonnable et la promesse alléchante .

De Paris à Java ..... 

Nous verrons dans l'ordre , le Krakatoa , le Mérapi , le Bromo , le Semeru , le Kawa Ijhen et le Batur avec au passage la découverte de quelques monuments historiques locaux .


Carte des principaux sites visités 
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Le trajet sera long , d'abord un TGV de Poitiers à Paris Montparnasse le dimanche soir , un taxi pour rejoindre Roissy ( pas de navette en soirée ) , une nuit à l'hôtel BB , rendez vous avec un responsable de l'agence Aventures et Volcans à 9 heures lundi matin devant le Comptoir de Malaisya Airlines dans le Terminal 1 de l'aéroport . Je fais la connaissance des membres du groupe que nous allons constituer . Tous ont l'air motivé !

Décollage à 12 heures lundi matin , le premier vol dure 12 h 30 pour rejoindre Kuala Lumpur en Malaisie . L'escale est courte et il nous faut changer de terminal . Une navette permet de le rejoindre et nous repartons 1 H 30 plus tard pour Jakarta , la capitale de l'Indonésie . Nous y arriverons à 8 h 30 le mardi matin heure locale . Le décalage horaire est tout de même conséquent ( 7 heures ) .

Dans le hall d'arrivée de Jakarta , Daniel , qui sera notre guide durant tout le séjour nous attend . Aussitôt nous montons dans un minibus pour rejoindre Carita , une petite ville en bord de mer à l'Ouest de Java . Il nous faudra 4 heures , avec des bouchons et une conduite sportive quand la route se dégage !! pour enfin arriver à notre étape et dormir . Demain sera un autre jour !!

Sur cette carte on peut situer Carita , petite station estivale et port de pêche sur la côte Ouest de Java . Le volcan Krakatao se situe au large dans le détroit de la Sonde à environ 50 km .

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Cette première étape sur notre tour des principaux volcans de Java , est l'occasion de découvrir un géant . En effet ce volcan est mythique à plus d'un titre . Situé au milieu du détroit de la Sonde à mi chemin entre Java et Sumatra c'est un édifice en pleine construction qui n'a pas de repos . Aujourd'hui c'est un archipel de 4 îles , mais son histoire est très mouvementée . Depuis des temps historiques c'était une montagne imposante , qui au cours d'une éruption cataclysmique le 27 août 1883 a littéralement explosée , envoyant 40 km3 de matériaux dans l'atmosphère et ce , à près de 80 km d'altitude . Cette explosion causa des milliers de morts et réussit à refroidir la température terrestre pendant plusieurs années . Il ne restait plus que 3 pans de cette montagne , quand en 1927 une nouvelle éruption vit naître des flots celui que l'on appelle aujourd'hui Anak Krakatao ( fils du Krakatao ) . Ce jeune rejet en 2012 faisait déjà 340 mètres de hauteur .

L'approche de ce volcan est réglementée . Munis des autorisations nécessaires , nous avons pu embarquer dans le bateau qui nous attendait sur la plage de Carita .

Après trois heures de navigation sur un notre frêle esquif ! nous avons vu apparaître le Krakatao fumant . Nous en avons prudemment fait le tour avant d'aborder son flanc ouest . Il y a là une plage de sable noir , ce côté est semble t-il moins exposé aux projections , d'ailleurs une petite végétation a commencé à s'y installer . C'est aussi là que se trouve le campement des rangers qui en surveillent l'approche ? Nous y débarquerons et installerons un campement pour la nuit . Le volcan est dans une phase plutôt calme , mais on entend son souffle et on sent ses tremblements parfois . Nous sommes sur le dos d'une bête terrible !

Le campement sur les flancs de la bête  

Comme il faisait très chaud , je me suis baigné , l'eau est si proche et attirante , mais pas loin cependant , car il y a des requins ! Reposés et repus grâce aux soins de notre équipage , nous nous sommes finalement équipés et avons commencé l'escalade de cette montagne vivante .

L'ascension commence dans de la cendre , çà et là des pierres éclatées jonchent le sol , il s'agit de bombes expulsées lors d'éternuements un peu vigoureux . Puis rapidement le sol se transforme en pouzzolanes . Les cailloux crissent sous les chaussures , la marche devient difficile , on dérape à chaque pas . Nous marchons sur un monticule de laves récentes . Des fumerolles éparses crachent autour de nous , avec une forte odeur de soufre . Notre objectif est d'atteindre la lèvre supérieure du cratère pour voir le coté éruptif en contrebas . Le groupe s'éparpille un peu , il n'y a pas de sentier . Nous sommes quelques uns à nous retrouver sur des dalles brûlantes où les semelles des chaussures commencent à coller , il sera plus prudent de faire demi tour , de plus les gaz qui nous entourent sont très irritants malgré le masque que nous portons . Seuls deux d'entre nous trouverons le chemin et pourront jeter un coup d'œil rapide sur le versant actif . Les gaz émis les chasseront vite eux aussi . Il vaut mieux être prudent , l'Anak ne dort que d'un œil . En revenant nous entendrons quelques explosions mais aucune projection ne nous menacera . Il est temps de rejoindre le campement .


Et non , ce n'est pas de la neige !!!   juste du soufre  

Durant la nuit , le sol a tremblé , nous avons vraiment l'impression de dormir sur le dos d'un dragon . Pour une première expérience nous sommes bluffés .

Nous avons repris le bateau le lendemain . Le retour fut éprouvant au moins 6 heures dans une grosse houle avec quelques frayeurs . La plage de Carita enfin atteinte , nous avons repris le chemin de Jakarta pour l'aéroport . Un bref vol nous a conduit dans la soirée à Yogyakarta seconde ville de l'île de Java , et point de départ pour le Mérapi .

Mise à jour : L'Anak Krakatao faisait 338 m d'altitude lors de notre passage . Le 22 décembre 2018 une forte éruption suivie d'un glissement de terrain à réduit son altitude à 110 mètres et il a perdu la moitié de sa superficie . Cette éruption a provoqué un tsunami qui a ravagé les côtes de Java et Sumatra causant des centaines de morts , à Carita notamment . Depuis il recommence à grandir , jusqu'à la prochaine crise !!

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Le voyage avait commencé très fort . Une pause historique fut la bienvenue . Nous sommes arrivés à Yogyakarta . Cette ville est connue comme le centre de l'art classique Javanais et de la culture traditionnelle .

Notre hôtel se situait sur le site de Borobudur . Dès le matin nous avons pu visiter ce joyau .

Borobudur est un des plus grands monuments Bouddhiques du monde , bâti aux alentours de l'An 800 , il fut semble t-il abandonné vers l'An 1100 . Il est constitué de quatre galeries successives de forme géométrique. Celles-ci sont superposées et les trois plus hautes forment une représentation de la cosmologie bouddhiste. Comme l’ensemble du monument, ces galeries sont couvertes de bas reliefs , dont la longueur totale est d’environ 5 kilomètres, relatant les divers épisodes de la vie du bouddha . Après avoir traversé les quatre galeries, le pèlerin atteint la terrasse supérieure, elle aussi surmontée de trois terrasses circulaires concentriques bordées de 72 stupas . Ils consistent en des cloches de pierre ajourées logeant des statues de bouddha . Au centre de ces terrasses et donc au sommet du Borobudur, un autre stupa couvre un bouddha inachevé .

C'est en 1814 que les colons Néerlandais le redécouvrirent et l'ont extrait de la couche de cendres émises par le Mérapi , volcan tout proche qui l'avait enseveli . Depuis il a été restauré grâce notamment à l'UNESCO .


A quelques Kilomètres de Borobudur se trouve le site de Prambanan . Construit au Xe siècle, c'est le plus grand ensemble Shivaïte d'Indonésie . C'est avec émerveillement que nous avons découvert cet ensemble de 240 temples .

Il s'agit là d'un ensemble de monuments Hindouistes situé non loin d'un sanctuaire Bouddhiste , les deux religions rivalisaient entre elles à cette époque , jusqu'à ce que l'islam arrive en Indonésie et finalement les supplante .

Les tremblements de terre successifs survenus dans la région ont eu raison de nombreux édifices . La restauration en cours actuellement tente d'en remonter un maximum . C'est un gigantesque puzzle qui occupe les archéologues .

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Le Merapi, en indonésien et en javanais Gunung Merapi, est un volcan d'Indonésie situé sur l'île de Java, au nord de la ville de Yogyakarta. Il s'élève de près de 2 900 mètres au-dessus des forêts et des champs. Avec 49 éruptions explosives entre 1548 et 2010, il est considéré comme le volcan le plus actif et le plus dangereux d'Indonésie, produisant de périodiques nuées ardentes . Ses éruptions sont habituellement espacées de 4 ou 5 ans, mais de plus importantes peuvent avoir lieu tous les siècles, comme la dernière survenue en octobre-novembre 2010. La ville de Yogyakarta dont l'agglomération regroupe 700 000 habitants, se trouve à seulement 25 kilomètres au sud du sommet et n'est protégée par aucun relief. Au total, ce sont plus d'un million d'habitants qui sont directement menacés par les éruptions du Merapi

Notre expédition vers le sommet du Mérapi a commencé par une halte dans le village de Selo . Arrivés dans l'après midi nous avons découvert ce village de montagne , ce qui nous a surpris c'est la poussière . En effet les cendres générées par le volcan le recouvrent régulièrement . D'un autre côté , c'est un engrais naturel qui fertilise abondamment les champs alentours et explique la présence de ces villageois ici .

Il y fait frais , en effet nous sommes déjà à 1500 m d'altitude . Les chambres qui nous sont octroyées sont plutôt spartiates mais nous n'en aurons pas besoin longtemps . En effet , le départ se fera à minuit . La montée s'effectue en file indienne , à la lueur de nos frontales . Au début le chemin est facile , puis rapidement il se corse . Nous progressons dans un chaos de gros rochers , mais le sentier est tracé . Nous sommes sur d'anciennes coulées pyroclastiques et le paysage nous rappelle que certains épisodes ont dû être apocalyptiques . Nous suivrons sur une ligne de crêtes le déversoir actuel du volcan avant d'atteindre le sommet qui domine la caldeira . Il est 4 h 30 du matin , le soleil se lève . Nous observons , inquiets le dôme de roches blanchâtres au fond du cratère il y a des fumerolles partout . Au loin la ville s'éveille tranquillement au pied de cette menace .

Le dôme de lave gonflé par la pression 
Résultat d'un lahar ( coulée de boue) 

Une nouvelle fois , nous mesurons la chance que nous avons de pouvoir faire cette randonnée . La montagne est assoupie , mais sa puissance est visible partout et nous nous sentons bien petits .

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Nous avons quitté Yogyakarta pour rejoindre Surabaya encore une fois en avion . C'est la deuxième plus grande ville d'Indonésie avec trois millions d'habitants . Nous sommes à l'extrémité Est de Java à l'embouchure d'un fleuve . Mais ce n'est pas la ville qui nous intéresse , rapidement nous prenons place dans deux vans et prenons la direction du parc National Bromo , Tengger , Semeru  .

Le Bromo est un volcan qui culmine à 2300 m , il se situe dans la dépression du Tengger , qui est une immense dépression d'origine volcanique de seize kilomètres de diamètre au pied du point culminant de Java le Semeru ( 3700 m ) , autre volcan en pleine activité .

Notre hôtel , le Lava View Lodge est dans le village de Cemoro Lawang à 2000 m , au bord de la caldeira . C'est un point de départ idéal pour toutes les expéditions alentour . Il y règne une ambiance similaire à toutes les stations d'altitude , beaucoup de randonneurs équipés , un temps frais et un ciel limpide . Bien entendu , tôt le matin , c'est à dire 3 heures , tout le monde part sur sur les pentes du Mont Penanjakan . De cet endroit , on a un point de vue magnifique qui se retrouve sur toutes les cartes postales , c'est même une des photos les plus connues d'Indonésie . Le lever du soleil y est sublime . On passe par toutes les couleurs de la palette .

Le Bromo fume un peu , au fond le Semeru ... 

Nous avons largement profité de cette vue . Rentrés à l'hôtel nous avons pu nous reposer , pendant que d'autres se ruaient sur le Bromo . L'après-midi est toujours plus calme . C'est à ce moment que nous sommes partis vers son cratère . Depuis le Lodge il faut descendre dans la caldeira et marcher longuement ( sauf si on loue un cheval ou une moto !) dans une fine poudre qui soulève beaucoup de poussière . Partout la cendre s'immisce . Nous passons devant un grand temple Hindouiste au pied du Batok , monticule éteint et raviné par les pluies . Devant nous un grand escalier permet d'accéder au cratère .

La région du Tengger est restée une enclave hindouiste dans l'Indonésie musulmane . Ici depuis toujours on voue un culte au volcan Bromo . Son nom d'ailleurs dérive du nom du dieu créateur Brahma . Une fois par an , a lieu la cérémonie du Kesada qui consiste à faire des offrandes au cratère . Cette fête donne lieu à de grandes liesses populaires .

Arrivés au sommet , sur les lèvres étroites du cratère , nous pouvons apercevoir au fond un lac d'acide sulfurique assurément , qui bouillonne et fume abondamment , la vision est dantesque .

Encore une belle étape qui vient de se réaliser .

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Ce matin nous partons en jeep vers la prochaine étape . Nous traverserons toute la caldeira du Tengger au profil lunaire puis nous remonterons de l'autre côté en suivant une crête vers le village de Ranomani . Toutes les pentes sont exploitées avec des cultures de pois , d'oignons et autres légumes . Des striures barrent les pentes pour lutter contre l'érosion des pluies . Ici les montagnes sont faites de cendres volcaniques .

Nous passerons la nuit dans une modeste guesthouse du village . Le lendemain nous entamons l'approche du fameux Semeru . Des porteurs se chargent de nos sacs et de la logistique , quel confort ! La marche durera 3 h 1/2 jusqu'au lac Ranu Pani où nous ferons halte , ensuite après avoir passé un col nous progresserons durant 3 h sur un immense plateau , parfois marécageux , parfois boisé de grands pins jusqu'à arriver au pied du volcan . Là un sentier très raide nous emmène au bout d'une heure sur des terrasses aménagées au milieu d'une clairière comme camp de base . Les porteurs montent les tentes , nous allumons un grand feu , il fait froid et il commence à pleuvoir , nous sommes en montagne .

Après un rapide dîner, dès 21 heures nous sommes dans les duvets . Le top départ est à 1 heure du matin , en effet la montée finale se pratique généralement la nuit pour trois raisons : éviter la chaleur, profiter du lever du soleil, bénéficier d'une vue dégagée (moins de brumes) . C'est parti pour les plus courageux d'entre nous ! Le chemin d'accès final est très éprouvant physiquement. Il faut marcher dans les roches volcaniques , très instables, sur un dénivelé positif d'environ 700 m. Le chemin étant parfaitement rectiligne, sans présence de lacets, la pente moyenne est d'environ 75 %, soit 36°. Essayer de gravir une montagne de gravillons en ligne droite , c'est à peu près cela ! Résultat : je l'ai gravi en 3 heures et descendu en 30 minutes ! Les 2 guides semblent insensibles à la pente et nous attendent tranquillement tous les 20 pas . Nous atteindrons le sommet et la vue panoramique à 3700 mètres d'altitude au lever du soleil . Les plus rapides nous attendent depuis longtemps .

Le Semeru 
Lever de soleil à 4 h 30 

Depuis le sommet , nous avons suivi la crête pour arriver sur le bord du cratère . Nous avons enfilé nos casques car des explosions régulières projettent des bombes , heureusement de l'autre coté , mais nous sommes prudents .

Univers de roche  
On entend le souffle du volcan qui respire !!!!! 
Nous avons trinqué avec nos amis savoyards pour fêter l'événement 

La descente sera beaucoup plus rapide que la montée , une fois le camp rejoint , nous continuerons vers le village où nous attendent les jeeps .

Le descente 

En soirée nous serons à Tumpang dans un superbe lodge pour goûter un repos bien mérité .


Rani Lodge à Tumpang 
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Une bonne nuit de repos a été bienvenue . Ce matin nous irons flâner au marché pour découvrir un aspect de la vie locale .

Plus loin sur la route nous aurons l'occasion de prendre l'air lors d'une agréable ballade en mer .

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Le Kawah Ijen est un volcan situé dans l'extrême Est de l'île de Java . Il s'agit d'un volcan explosif actif. Son nom signifie « cratère Vert » en javanais . Son cratère sommital contient une solfatare d'où est extrait du minerai de soufre ; il abrite un lac réputé pour être le plus acide de la planète . Le cratère est connu pour produire des « flammes bleues » résultant de la combustion des gaz soufrés que les randonneurs viennent observer la nuit ou à l'aube . Il est aussi connu pour ses "porteurs de soufre" , en effet des hommes remontent inlassablement depuis le fond du cratère des blocs de soufre dans des paniers d'osier en équilibre sur leurs épaules . Ce soufre pur est vendu à l'industrie chimique .

La silhouette du Kawah Ijen 

Nous y sommes arrivés en soirée . A côté du grand parking où sont ramenés et vendus les blocs de soufre , nous avons monté nos toiles de tente dans un kiosque pour passer la nuit . Depuis quelque temps , la réglementation interdit aux visiteurs de descendre au fond du cratère . Mais ici , tout est affaire d'interprétation !! Nous attendons donc que les policiers soient débauchés et pouvons partir vers ce fameux cratère , nous reviendrons nous coucher au milieu de la nuit . L'honneur sera sauf pour tout le monde !

Campement 

Nous avons suivi un large sentier qui monte tranquillement vers le cratère , il y a tout de même 3 km . Une cabane à mi chemin est un point d'arrêt obligé . Une grande balance romaine permet aux porteurs qui arrivent de peser leur charge et de pouvoir ainsi calculer leur salaire , ils sont payés au poids ramené . A ce jeu certains gagnent plus que d'autres , mais à quel prix ! Nous avons vu de nos yeux des chargements de 70 à 105 Kg ... Leurs épaules sont toutes déformées .

Nous avons atteint à la tombée de la nuit le bord du cratère . Pas de gardiens ! on descend , Daniel notre guide connait quelques personnes et les salue chaleureusement . Le sentier qui mène au bord du lac est beaucoup plus abrupt et difficile . Il faut descendre des marches parfois hautes et zigzaguer entre les cailloux . Nous nous éclairons à la frontale et déjà une odeur fétide d'œufs pourris nous prend la gorge . Nous nous arrêtons pour laisser passer des porteurs qui remontent lentement pas après pas en ployant sous leur chargement . Ils s'arrêtent régulièrement et le posent pour souffler et changer d'épaule .

En bas c'est inimaginable ! Un réseau de canalisations en tuile capte les gaz sulfurés qui sortent en abondance depuis des bouches . Un système d'arrosage les refroidit et du soufre sort au bout sous forme liquide , pur à 99% . Il se fige rapidement en croûte comme de la cire liquide qu'il ne reste plus qu'à casser en morceaux avec des barres à mines puis charger dans des paniers . Les porteurs veillent minutieusement à équilibrer la charge .

Parfois le système s'emballe et le soufre brûle avec de grandes flammes bleues qu'il faut éteindre avec l'eau qu'ils pompent . Des opérateurs se chargent de ce travail , avec seulement un foulard sur le visage au milieu des gaz âcres et toxiques . Nous , nous tenons à peine avec nos masques à gaz , et fuyons lorsque le vent tourne et nous enveloppe d'un nuage blanchâtre . C'est un travail de forçats , pourtant il y a des volontaires , il parait que c'est bien payé , mais à quel prix!!!

Les forges de Vulcain 

Nous sommes retournés dormir au campement , puis revenus le matin , cette fois sans descendre ( normal c'est interdit !!) . Nous avons pu admirer de jour le lac avec sa couleur émeraude . Le taux de soufre dans l'eau fait que sa composition s'approche de l'acide sulfurique . il vaut mieux éviter de s'y tremper !

Une couleur irréelle  

Nous quittons cet endroit incroyable qui nous marquera à jamais .

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Pour la fin de ce voyage , nous quittons Java pour rejoindre Bali . Il faut juste une heure de Ferry pour traverser le détroit entre les deux îles .

Nous serons gâtés une nouvelle fois , sans doute l'effet morte saison ! L'hôtel où nous nous installons est superbe et surtout désert . Tant mieux , nous profiterons sans vergogne de la piscine .

Le lendemain sera pour nous l'occasion de découvrir les fameuses rizières balinaises , merveilleux écrin de verdure .

Nous nous contenterons de regarder de loin le volcan Batur toujours actif mais d'un intérêt moindre après ce que nous venons de vivre .

on remarque tout de même une coulée de lave récente  
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Le voyage s'est terminé à Bali . Nous avons repris l'avion à Denpasar pour rejoindre Roissy . Une expérience extraordinaire , j'ai réalisé un de mes rêves : marcher dans les pas d'Haroun Tazzieff . Oh juste un petit peu ! mais j'ai approché des forces de la nature qui me fascinent et je n'ai qu'une hâte , recommencer !

Un grand merci à : Roland et Sylvie , Yves et Claire , Pauline , Bernard , Heinrich , et Oswald mes compagnons dans cette aventure .

Un grand merci à Daniel Paseru notre guide pour sa gentillesse et sa disponibilité .

Merci à Guy de St Cyr de nous avoir permis de vivre ces moments .