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La Team MyAtlas
Depuis une vingtaine d'années, le nombre de backpackers s'est grandement multiplié. L'ouverture du working holiday visa facilite les jeunes à se lancer dans l'aventure et la découverte de soi.
Mars 2016
261 jours
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L'arrivée de la plupart des voyageurs à destination de Nouvelle-Zélande se fait par Auckland. Vous y trouverez un grand nombre de ''backpackers'' (surnom du voyageur au gros sac à dos) faisant leurs premiers pas dans le pays ou leurs derniers. Plongé en plein dedans dés la sortie de l'aéroport, j'ai tout de suite senti que l'atmosphère y est restée très ouverte aux étrangers, la culture des néo-zélandais longtemps restés quelque peu isolés avant l'arrivée des moyens de communication modernes y est pour sans doute pour quelque chose. Cette ville est souvent prise à tort pour la capitale en vue de sa taille et de son importance économique. Sa position géographique en fait un endroit très multiculturel et un point de passage important au nord de l'île du nord. L'activité volcanique de son passé marque toujours son paysage et contraste avec la modernité de la ville. Ses volcans éteints ont été aménagés en parcs publics permettent d'échapper au tumulte de la ville le temps d'admirer la vue magnifique de la région. Au bout de deux semaines, j'ai rencontré une première famille avec laquelle j'ai put essayé le woofing (aide aux particuliers en échange du gîte et du couvert) principalement ici du jardinage, l'occasion pour moi d'améliorer mon anglais très basique et d'en apprendre plus sur le pays avec par chance une famille formidable que je remercie pour leur accueil.

Plages de sable noir, baies aux îles volcaniques, volcans surplombant la ville. Il y est facile de se couper de la ville.
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Après un mois dans la ville d'Auckland, le temps de faire la paperasse inévitable et de s'acclimater au pays et ses accents.Je commençais à ressentir que je n'allais pas de l'avant en restant dans la ville et donc que je n'avais pas pleinement commencé mon aventure et j'avais besoin de sortir de cette fourmilière que sont les grandes villes. Alors un matin, après une nuit intenable dans une auberge miteuse et une engueulade avec le ronfleur qui faisait trembler les murs, j'ai tout simplement fait mon sac et suis parti direction le Northland. Pour pimenter la chose j'ai voulu faire ce voyage tout en stop, ce qui était une première pour moi et bien sûr sans savoir où vraiment aller ce qui est un peu l'idée de ce genre de voyage que l'on fait. Si il y a bien un pays accessible au voyage en stop c'est bien la Nouvelle-Zélande. Ses petites routes, l'ouverture d'esprit des Kiwis (surnom des néo-zélandais), la taille du pays et le grand nombre d'autres voyageurs que l'on y croise, tout y prête. Quelques belles rencontres et quelques surprises après me voilà arrivée à Whangarei. La ville a peu de charme avec son étendue industrielle mais la nature aux alentours est plus intéressantes. Cependant c'est ici que j'ai pu rencontrer mes 2 premiers compagnons de voyage dans un grand backpacker hostel (sorte d'auberge de jeunesse) complètement vide. Après quelques rigolades autour de nos plats cuisinés nous voilà partis tous les 3 en voiture pour faire le tour de la région du Northland. Cette région nous a montré une partie de l'histoire de la Nouvelle-Zélande et de belles beautés sauvages qui, comme on le remarque assez vite dans ce pays, évoluent à chaque dizaine de kilomètres parcourue. La Nouvelle-Zélande mérite bien son titre de terre des contrastes.

Le Northland, région historique et sauvage.
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Le porte monnaie s'étant vite allégé au fil du voyage, en particulier au retour à Auckland, il était temps de trouver un job pour me permettre de pouvoir repartir de bon pied. J'avais eu vent de la région de Hawke Bay dans l'Est de l'île du Nord qui comptait de nombreux vignobles et autres vergers ce qui serait un bon point de départ pour les recherches. Sans plus attendre j'ai sauté dans un car direction l'une des régions les plus ensoleillée du pays. Après une nuit à Hamilton et 7h de bus me voilà arrivé dans la ville de Napier. La ville qui a été reconstruite dans les années 30 après un puissant séisme ayant ravagé la région puis a été rebâtie sous les traits de l'art déco. La région connue pour son activité viticole attire beaucoup de travailleurs saisonniers et on le voit notamment aux "working hostels" (auberges en relation avec des employeurs) où ils viennent se loger. Je m'y suis tout de suite sentis bien une fois de plus grâce aux belles rencontres que j'ai pu y faire malgré le rythme très lent de la ville.

Après une bonne semaine passé dans l'un de ces hostels et quelques échanges au bouche-à-oreille j'ai pu trouvé un job dans les vendanges si en contre partie je changeais d'hostel. Me voilà donc passé d'un petit hostel confortable à un autre plus grand et miteux. Cependant j'avais du boulot et même une voiture que l'hostel nous louait pour trois fois rien. Cette petite Ford bleu qui ne payait pas de mine et qui était passée dans des mains peu adroites d'une multitude de backpackers était cependant symbolique pour moi. En effet c'était le premier véhicule que je conduisais ici, de l'autre côté de la route. On y rentrait à chausse pied chaque matin sous des températures que le petit chauffage peinait à combler cependant c'était une voiture dynamique qui me laissa plein de bons souvenirs.

Malgré une première semaine mitigée avec une ambiance que je n'appréciais pas vraiment j'ai cependant commencé à nouer des relations avec mes nouveaux colocataires tous backpackers comme moi, tous venus ici pour goûter au voyage incertain. Faire le même boulot, travailler dur du lever au coucher du soleil y joue beaucoup. Deux semaines plus tard et les vendanges prenaient fin. Le deuxième job que j'ai pu avoir, après quelques jours de doutes sur le fait d'arriver à le trouver, consistait à travailler dans une usine de tri et d'emballage de pomme. Ça sonne facile dit comme ça mais tous ceux qui ont un jour bossé dans une usine à la chaîne comprendront, après dix heures par jour, six jours sur sept, faisant les mêmes mouvements devant un tapis qui ne fatigue jamais vous perdez ce qui vous reste d'humain en vous !

Dans cet hostel réparti en 3 maisons réaménagées tout le monde apprenait à se connaître assez vite puisque notre vie se résumait bien souvent à du métro boulot dodo sous le même toit. Chaque weekend était l'occasion de faire la fête pour décompresser des heures de boulot qui n'en finissaient pas. L'occasion de briser la glace pour certains (au sens propre comme au sens figuré !) et d'en apprendre plus sur chacun. Il n'était pas rare d'inviter d'autres hostels entiers (plus on est de fous plus on rit !). C'était les moments où on se lâchait, où on osait ce qu'on n'osait pas, où on flirtait, où les fous rires se mêlaient aux musiques et aux cliquetis des bouteilles. Plus le temps passait et plus je m'étais attaché à ces gens. Les au revoir et les adieux qui s'étaient succédés durant une semaine ont été très difficiles pour tous. J'ai quitté les lieux, chargé de souvenirs, dis au revoir à ces nouveaux amis et embarqué avec deux d'entre eux pour un dépôt à Taupo quittant la tranquille petite ville de Napier sous un ciel bleu.

Napier, ville de l'art déco, des retraites et du soleil. 
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Après un mois et demi de boulot sous le soleil de Napier il était temps de reprendre la route ! Au programme le centre de l'île avec sa culture Maori et son activité géo-thermale. Et puis pour la suite, et bien pas de plan on verra bien où le vent me mènera !

Taupo

Première étape la ville de Taupo qui borde le plus grand lac du pays. Un ami de Napier m'y rejoint et c'est parti pour un tour de bateau vers le visage de pierre puis remonter à pied la rivière Waikato pour tomber au passage sur 4 jolies filles se baignant dans des sources chaudes, paradis quand tu nous tiens...

C'est quand tu es tranquille sur ton bateau que le capitaine t'annonces souriant "et nous voilà sur les restes d'un supervolcan"
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Rotorua

Malgré l'odeur d'oeufs pourris du soufre provenant du sol les spectacles de fumées et de geysers, la forte présence de la culture Maori, des bons restaurant et des loyers par chers vous mettrons bien à l'aise et vous aurez aussi la joie de déguster le fameux hangi maori cuit à même le sol dans cette ville si particulière. Et l'occasion pour moi et mon camarade de rejoindre trois amies pour deux semaines en van.

"Rotorua, je le sens bien les gars !"
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Hobbiton

Fans incontournables du Seigneur des anneaux ou simples curieux, nombreux sont ceux qui se ruent depuis les quatre coins du monde sur le site du tournage de Hobbiton entièrement conservé après le tournage dans la campagne de Matamata. Ces maisons si particulières et ces décors si minutieux nous plongent véritablement dans l'ambiance du village fictif de Hobbitebourg au milieu de ces petits hommes aux pieds poilus.

Même la pluie et le flot de touriste n'enlève pas la magie du site et la douceur d'un cidre à l'auberge du dragon vert
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Waitomo

Un petit saut dans les profondeurs de la Nouvelle-Zélande. Après avoir réservé une excursion dans l'une des nombreuses grottes de la région de Waitomo nous avons découvert celle-ci avec des surprises en crescendo. Rafting sur des bouées, escalade, courants déments, passages tantôt dessus tantôt dessous des rochers le tout dans des tenues très moulantes (et donc bien sûr TRES confortables). Ce fut l'occasion aussi de revoir les vers luisants si intriguant donnant au plafond l'allure d'un ciel étoilé.

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Tongariro

Une fois ces péripéties terminées que faire de plus ? Et pourquoi pas grimper sur les hauteurs du Tongariro la plus haute montagne de l'île du Nord. C'est l'idée qui s'était répandue parmi toute l'équipe de l'hostel à Napier. Les retrouvailles se sont faites à Taupo. Un bain dans les sources chaudes suivi d'un bon plat bien lourd pour nourrir le régiment et nous voilà prêts à faire cette randonnée alpine d'une journée de marche. 6h du matin tout le monde se prépare à son rythme. On enfile ses gants, deux paires de chaussettes, un pull ou deux, finalement trois et le départ des véhicules commence au compte-goutte. L'arrivée avait des airs de sortie scolaire. On était une vingtaine de jeunes tous excités au départ de cette randonnée corsée. Le soleil pointait le bout de son nez et avec lui un ciel dépourvu de nuage. Quoi de mieux pour commencer la marche ! Les paysages déjà magnifique à l'approche en voiture étaient de plus en plus beaux à mesure de la montée. Les premières neiges avaient couvert ce paysage d'habitude rocailleux d'un manteau blanc et lisse contrastant avec les roches brutes dégagées par l'activité thermique, les lacs bleus et verts et les pleines d'herbes rougeâtres et brunâtres qui entouraient les montagnes. Beaucoup de monde était présent pour faire ce célèbre parcours et on ne se trouvait que rarement seul, l'occasion de discuter avec des gens venus du monde entier et s’entraider sur les passages difficiles. Après six ou sept heures de marche dévoilant des paysages variés et époustouflants l'arrivée au parking se fait sous les acclamations de chacun qui les transmet ensuite aux arrivées des suivants de quoi se conforter dans l'idée d'avoir accompli quelque chose et de sentir un peu plus de savoir vivre ensemble. Pour le retour j'étais parti dans l'équipe des pilotes qu'on avait établi pour pouvoir ramener les véhicules de l'autre côté de la montagne. Le soleil commençait à se coucher lentement tandis qu'on arrivait sur l'autre parking. Et pour rajouter un peu de piment à cette journée déjà si spéciale, deux vans sur les cinq véhicules à ramener lâchent. L'un d'eux ne démarre plus et l'autre a vu son pneu littéralement exploser. Qui a dit que la vie de backpacker était ennuyeuse ? Malgré cette fin incertaine le retour à l'hostel s'est finalement fait au milieu de la nuit avec tout le monde en un seul morceau et avec un beau souvenir de plus à garder en mémoire.

Pas de repos pour les braves
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Wellington

Retour au problème numéro 1 du backpacker: le porte-monnaie. Direction maintenant Wellington proclamée la plus petite capitale la plus cool du monde dans l'espoir de trouver un autre job. En tant que bon franchouillard, après avoir passé des mois en routard en Nouvelle-Zélande, la bonne cuisine commençait à me manquer. Ça tombe bien car Wellington regorge de bons petits coins pour s'en mettre sous la dent. Quasiment tous les rez-de-chaussée du centre ville sont des restaurants et autres fast food assez raffinés et il y en a pour tous les goûts. Côté architecture le centre ville parait très moderne puis lorsque l'on s'en éloigne un peu pour s'avancer dans les banlieues le décor change avec ses maisons victoriennes et colorées jonchées sur les flancs des collines entourant la ville ce qui en fait son apparence unique. Gare à ceux qui n'aiment pas les marches !

La ville située dans un baie est aussi connue pour être le plus souvent très venteuse ce à quoi on finit par s'habituer. Elle abrite aussi un grand musée, Te Papa, très bien conçu dans lequel on en apprend beaucoup sur le pays sur sa culture, son écosystème, son histoire... j'y ai passé trois jours sans pouvoir le finir ! On trouve aussi dans une de ses banlieues les studios d'effets spéciaux néo-zélandais Weta Workshop. Ce nom ne vous dit probablement rien mais pourtant ceux sont des studios très réputés ayant participer à la création de nombreux films comme le seigneur des anneaux, I Robot, Le monde de Narnia et bien d'autres encore. La visite de ses ateliers vaut le détour et permet d'en apprendre plus sur le monde du cinéma. Toujours du côté artistique, très présent dans la ville, c'est sa culture musicale. Plusieurs groupes représentatifs du pays y sont basés comme le super-groupe Fly My Pretties que je vous conseillerais.

Beaucoup de choses à faire donc pour flâner à Wellington. Trop peut-être. Car oui le temps passait et je n'avais toujours pas trouvé de job. J'adorais la ville mais deux ou trois choses me gênaient à ce moment. Premièrement c'est qu'à Wellington la majeure partie des jobs que vous pourrez trouver en tant que backpacker sans véhicule logeant en centre ville sont des jobs de serveur ce qui n'est définitivement pas mon truc d'être aux petits soin de quelqu'un même si je devais trouver quelque chose. Deuxièmement les salaires de ces jobs sont bas et offrent peu d'heures de travail d'autant plus que le coût de la vie y est plus cher que dans les petites villes. Enfin le port de la ville est le point de départ du ferry pour l'île du sud qui vous tend donc les bras ! Alors au bout de deux semaines dans cette charmante capitale et près de quatre mois dans l'île du Nord j'ai finalement décidé de prendre le risque de partir pour le Sud avec peu sur mon compte néo-zélandais et malgré l'arrivée de l'hiver.

L'art, la bouffe, le vent, bienvenue à Wellington !
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Interislander ferry, de Wellington à Picton

Le somptueux lever de soleil de 8h du matin sur le pont du ferry me réconfortait dans mon choix de quitter la capitale. D'autant plus que plus je passais de temps en dehors des grandes villes plus j'appréciais le calme et la beauté de la nature. Je pense que c'est essentiel de quitter le synthétique de la ville de temps en temps pour revenir à la pureté de la nature tant qu'elle est là. Et de ce côté-ci la Nouvelle-Zélande en a dans le ventre ! Dès la montée sur le ferry la beauté de la baie à l'aurore dans un calme plat surprend. Le navire quant à lui est assez moderne et surtout il y a tout le confort voulu à bord, parfait pour profiter de naviguer sur les flots une fois de plus droit vers l'inconnu. Terre en vue ! Après quelques trois heures de voyage de quoi faire quelques petits tours du bateau et d'avaler un encas. Le port d'accueil est celui de la petite ville de Picton (oui en Nouvelle-Zélande toutes les villes ou presque sont petites) qui se situe dans un enchevêtrement de ce qui ressemble à de petits fjords. L'eau jouit des palettes de couleurs allant du bleu au vert en passant par le turquoise. Ajoutez à ça des dizaines de dauphins venus vous accueillir et on se croirait une fois de plus sur un paradis terrestre. Pas étonnant de voir que plusieurs petites maisons toutes plus isolées les unes des autres y ont été construites pour profiter de ce spectacle naturel. Surprise une fois à bord, je reçois un message d'une fille rencontrée dans un car qui se retrouve sur le même trajet que moi vers Christchurch et me proposant de faire le reste du voyage dans son van. On se donne donc rendez-vous à Blenheim. Le hasard est parfois bien fait. Nous approchons maintenant de Picton. Le temps d'un demi-tour manœuvré au millimètre près entre les collines et nous voilà arrivés à bon port.

Une balade en mer et on se retrouve à nouveau déconnecté
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Picton

Des bateaux et encore des bateaux. Qu'il est bon de naviguer dans la région de Marlborough Sounds
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Blenheim, un saut dans le van

Des vignes à perte de vue. Il faut aimer le vin pour y vivre
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Kaikoura

Des otaries se promenant dans la jungle, des baleines près du rivage de galets noirs et des montagnes majestueuses en arrière-plan
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Christchurch

Ravagée par deux séismes la "capitale du sud" vacille entre une atmosphère triste et une volonté de se rebâtir sur de bonnes bases
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Christchurch & Rangiora

La grande ville de Christchurch a eu le triste sort de connaître deux séismes consécutifs. Le premier en 2010 de magnitude sept et le second en deux étapes en février 2011 de magnitude 6,3 et en juin de magnitude 6. Ce qui a considérablement endommagé la ville. De nombreux parkings remplacent temporairement les anciens hauts bâtiments quand ceux qui ne se sont pas écroulés sont en rénovation, ce qui donne une idée des dommages causés même cinq ans plus tard. Le besoin de main d'oeuvre étant donc devenu très important c'est l'endroit idéal pour y trouver du travail. Du moins c'est ce que je croyais car en plein hiver c'est un peu la pénurie de travail et surtout dans l'île du Sud ayant une population moins dense. Bon nombre de backpackers ayant la même idée se ruent donc dans la ville et pour ceux qui comme moi n'ont pas de compétence particulière dans le domaine du bâtiment cela devient un casse-tête pour avoir une place.

Mes fonds étant déjà bas je devais donc trouver une porte de secours. Je m'étais dit que le meilleur moyen de trouver du travail était non pas de m'adresser aux agences d'intérims qui étaient surchargées mais de m'adresser directement aux locaux. L'idée du woofing m'est alors revenue en tête. Les avantages étaient variés. C'est un moyen d'être plus proche des locaux dont je voulais me rapprocher un peu plus après tous ces voyages parmi d'autres backpackers et donc d'en apprendre plus sur la région et d'avoir un soutien et ne pas se soucier de chercher continuellement un endroit où dormir. C'est une expérience très humaine qui se base sur l'échange et la confiance que je recommande vivement.

J'ai pu assez vite trouver une famille dans la campagne au Nord de Christchurch. Des étendues de champs et pâturages me rappelant un peu la région Centre de la France mais avec des sons et accents différents et ce côté un peu à l'américaine avec ces grandes granges remplis de bibelots et de vieilleries des décennies dernières. Malgré des hauts et des bas j'ai au final bien aimé ce séjour à la campagne qui dura six semaines, le temps que l'hiver passe sans le sentir vraiment. J'ai pu trouver un job de deux semaines dans une scierie. Un boulot rude pour le corps qui devait supporter toutes ces poutres en bois à n'en plus finir.Je me sentais tout petit autour des collègues, rugbymen pour la plupart. La famille, que je remercie d'avoir été généreuse avec moi malgré quelques conflits qu'on a pu avoir, me prêtait même leur voiture qui ironie du sort était une française, une Xantia bien confortable perdue à l'autre bout du monde (le courant est vite passé entre nous). À ce moment je me sentais presque comme un gars du coin dégivrant sa voiture avant d'aller bosser le matin puis revenir à la maison pour nourrir les bêtes et se reposer au coin du feu avant le repas de famille. Cependant le rythme entre la scierie et la ferme était dur et lorsque le contrat pris fin je me suis donc préparé pour continuer mon voyage plus au Sud. J'ai donc fait mes au revoir à une jeune allemande venue aussi faire du woofing ici et à la famille avec qui j'ai vécu toute une saison et qui m'ont fait découvrir tant de choses de la vie à la campagne du Canterbury à l'histoire de Christchurch en passant par les beautés de sa péninsule.

L'amour de la terre et des gens, tu trouveras
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Akaora, péninsule de Christchurch

Akaora, joli petit patelin autrefois colonie française de chasseurs de baleines, aux accents de mon pays
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Southern Alps

A quelques heures de la ville, la nature sauvage dans les hauteurs du pays
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Dunedin

La nouvelle Edimbourg. Les Ecossais étant les premiers colons de la région ils ont donné à la ville la traduction gaélique de leur capitale en Ecosse. Et la ressemblance du paysage avec cette partie de l'Ecosse est bien visible. Des collines aux dénivelés prononcés, une végétation courte et bien verte parsemée de buissons aux fleurs jaunes. On y trouve trouve la rue la plus pentue du monde, les pingouins aux yeux jaunes, des albatros gigantesques, l'unique château de Nouvelle-Zélande et une prestigieuse université à l'architecture écossaise. Avec la présence de celle-ci la ville comprend donc de nombreux étudiants et on sent tout de suite la différence dès l'arrivée le dimanche matin quand du car on aperçoit une bande de jeunes amassée sur un toit vous souhaitant la bienvenue puis en découvrant des caisses pleines de bouteilles vides tout le long des rues. Cette ville a aussi été pour moi l'occasion de faire d'autres belles rencontres. Je remercie l'une d'elle de m'avoir accueilli chez elle d'où j'ai pu profiter d'une vue magnifique sur la ville et ses lumières avec une tasse de thé à la main parlant du pays et de la vie.

 Architecture historique et éco-activités à la clef
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Glenorchy

Deux semaines plus tard toujours en envoyant des demandes de job je continuais par la même occasion à voyager à travers le pays. J'avais trouvé sur le net une demande d'un hôtel pour de l'entretien et la construction d'une clôture. Ce job n'étais pas payé, seulement le gîte et le couvert étaient offerts mais l'idée me plaisait depuis un bon moment surtout parce que l'hôtel était placé près de Glenorchy de l'autre côté du lac Wakatipu proche de Queenstown et c'était un endroit magnifique selon les dires. J'ai donc accepté et m'y suis rendu en stop à quelques six heures à l'Ouest de Dunedin dans les montagnes du pays. Dès l'approche de Queenstown le paysage avait déjà bien changé passant des successions de collines verdoyantes aux montagnes tantôt brunes tantôt vertes aux sommets enneigés cachant des lacs aux eaux limpides et une végétation variée et colorée. Traversant rapidement la ville petite mais pourtant chargée j'ai rapidement remarqué qu'elle avait du charme mais je devais vite retrouver un autre auto-stoppeur car il me fallait arriver à temps à Glenorchy. Une seule route à la sortie de Queenstown mène à la petite localité je n'ai donc pas eu à attendre longtemps d'autant plus que cette route est très connue pour ses paysages ce qui à rendue la route très plaisante à faire sur fond d'accent du Wisconsin de l'un des chauffeurs du van. C'est peut être répétitif à écrire et les adjectifs commencent à me manquer mais je me suis retrouvé une fois de plus entouré d'un paysage magnifique. C'est bien ça avec la Nouvelle-Zélande. Un petit pays mais un vaste nombre de paysages qui nous éblouissent et nous font répéter sans cesse "c'est le plus paysage que j'ai jamais vu" après être passé au suivant quelques dizaines de kilomètres plus loin.

J'ai retrouvé à nouveau cette étrange sensation que j'aurais du mal à décrire en arrivant à Glenorchy. Seul avec son sac que l'on pose à terre en descendant du véhicule, où l'on respire un nouvel air et que l'on on pose son regard sur un nouveau décor. Comme si tout était à refaire une fois de plus tout en sachant que cela ne va pas durer. J'ai donc rejoins le contact qui devait m’amener à l'hôtel sur la rive opposée du lac dans un des cafés de la bourgade après avoir pris quelques provisions au seul magasin du coin. Il faut au moins vingt bonnes minutes pour rejoindre l'hôtel situé à Kinloch mais celles-ci paraissaient trop courtes pour admirer la balade. L'hôtel qui date de 1868 est quand à lui est placé juste au bord du lac avec ce petite ponton si caractéristique pour accéder au bateau permettant de rejoindre rapidement Glenorchy ou Queenstown. Il est entouré d'une forêt de pins se jetant dans le lac.

Après présentation du lieu par les propriétaires j'ai rencontré le reste des woofers, dix au total dont un couple de français qui ont rendu ce séjour plus plaisant. Chacun avait ses tâches attribuées. La mienne consistait avec l'aide de mon compatriote français à construire le muret qui soutiendrait les chutes de pierre ainsi que du jardinage et d'autres travaux du terrain. Le travail était original et intéressant mais les mésententes avec les propriétaires et surtout un nombre infini de sandflies (petits moustiques à la triste réputation d'être très voraces) en faisaient parfois un vrai calvaire ce qui n'empêcha pas quelques moments de rigolades et aussi la découverte de "trésors" en creusant comme une voiture du début du 20e siècle et une pièce de dollar singapourien de 1971 (quoi de plus normal dans un coin perdu de Nouvelle-Zélande). Après avoir fini la construction il y avait ce sentiment d'avoir réalisé quelque chose dans sa vie de concret et durable. Nous avons donc respectablement signé les poteaux de notre bel ouvrage. Et il y avait les petits plus: chaque jour nous pouvions profiter de la beauté de la région, se détendre dans le spa de l'hôtel au milieu des montagnes et profiter d'un bon plat du propriétaire aussi chef cuistot chaque soir et midi. Durant un jour de repos j'ai pris le temps de faire une randonnée du lever au coucher du soleil admirant le spectacle silencieux du soleil venant lentement surplomber les montagnes pour venir dégivrer le sol qui s'illumine alors d'éclats blancs puis qui libère toutes ses couleurs.

Le séjour a donc été très agréable. J'ai aussi eu l'occasion de travailler avec la jardinière qui travaillait pour l'hôtel avec qui j'ai pu en apprendre beaucoup. J'avais découvert en discutant avec elle qu'elle était en fait l'une des personnes de la région avec qui j'avais envoyé une demande de woofing. Je lui ai donc donné un coup de main à son travail en y découvrant par la même occasion son mode de vie en auto-suffisance et sa relation avec la communauté de Glenorchy où tout le monde se connait, s'entraide et s'échange. C'était une belle leçon de vie à partager. Mon séjour de deux semaines prenant fin il me fallait donc partir. Une des woofeuses présente devait me déposer à Glenorchy mais dut partir sans moi. J'ai eu la chance à ce moment là de rencontrer un charmant couple d'australiens en vacances ici qui me proposa de me déposer directement à Queenstown. Je vis donc défiler une dernière fois derrière les vitres de leur voiture les montagnes de Glenorchy sous une légère couche de nuages rasant le sol.

"C'est décidé j'irai vivre dans les montagnes"
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Queenstown

En revenant de Glenorchy j'ai rejoint en stop Wanaka au Nord de Queenstown. Durant mon court séjour dans cette petite ville qui vit au rythme du ski et des activités à la montagne j'ai reçu une réponse pour une boîte d'intérim en tant que labourer (ouvrier) dans le bâtiment. Je ne suis donc pas resté bien longtemps à Wanaka tout juste le temps de faire une rencontre très intéressante d'un jeune français et son parcours incroyable pour démarrer un business de camion crêpe le faisant atterrir ici. Ça fait toujours du bien de voir que certains réussissent avec une bonne idée en tête et de la volonté. Je fis donc tout de suite demi-tour pour Queenstown saisir l’opportunité. En arrivant après avoir trouvé un hôtel j'ai rapidement pu faire l'entretien avec une équipe sympathique. J'ai uriné dans mon pot pour les tests de drogue, signé les papiers, récupéré mon équipement et me voilà embauché.

Je profitais des quelques jours avant le premier contrat pour explorer un peu la ville qui s'est révélée très charmante comme j'avais pu l’apercevoir entre ses arbres colorés toute l'année, ses montagnes recouvertes de pins l'englobant tout autour, le calme de sa plage faisant face au lac Wakatipu et ses bars et restaurants au bord de l'eau. Au travail j'ai pu faire des jobs d'ouvrier dans des domaines variés tels que la déchetterie, l'échafaudage, la fabrique de ciment, la peinture, la construction ou l'outillage. L'ambiance n'était souvent pas bonne en tant qu'intérim dans ces branches là au milieu des autres ouvriers présents depuis des années et ça rendait les journées longues et pénibles mais j'ai pu en apprendre plus dans tous ces secteurs. Et malgré ça il y a toujours des moments intéressants à vivre comme la trouvaille d'une GameBoy color dans la déchetterie avec un jeu et des piles pleines encore dedans valant son pesant d'or ou bien un irlandais qui vous prend en stop en sortant du boulot et vous offre une bière sortie de son pack de 24 calé entre le frein à main et les sièges. Car oui le prix des transports étant exorbitant à Queenstown comme l'est le coût de la vie dans cette ville le stop devenait vite essentiel pour rentrer du boulot quand on a pas de véhicule. Cela était par ailleurs plus plaisant de rentrer avec un inconnu rentrant lui aussi du boulot et de parler de sa journée sur le trajet du retour.

Se procurer un moyen de transport dès le début de son voyage vous simplifie grandement celui-ci

J'aurai passé un mois et demi dans cette magnifique ville cependant ça n'a pas été un si bon moment à passer. Après avoir travaillé sur les chantiers je rentrais chaque soir à l'hostel et devait tenter de m'endormir avec des colocataires faisant la fête chaque soir jusque tôt dans la matinée ne laissant que quelques heures de sommeil avant de repartir à 6h pour travailler et ce même après avoir changé trois fois d'hostel. De plus j'avais beau essayé de m'intégrer au groupe je ne m'y faisais pas. Ils étaient pour la plupart comme la majorité des backpackers de Queenstown ne faisant que dépenser tout leur argent dans la boisson et les clopes et ne quittant que rarement la ville. Au final certains, venus pourtant de l'autre bout du monde, n'avaient même jamais visité le pays et reproduisaient les mêmes choses qu'ils faisaient chez eux. Chacun à son propre choix à faire mais il y en a certains que je ne comprendrai donc jamais. Plus le temps passait et plus je perdais patience dans ces hostels où l'on ne pouvait même plus marcher tant il y avait de bazar s'amassant après chaque soirée trop arrosée. Je voulais sortir d'ici à toute vitesse. J'ai tenu jusqu'à avoir assez pour pouvoir louer un véhicule et partir visiter ce qui me restait à voir du pays. J'ai donc remballé mes affaires et rejoint l'aéroport à 2h30 à pieds de l'hostel, loué une voiture et profité de l'arrivée du soleil printanier pour rouler, rouler, rouler !

Difficile d'y vivre toute l'année mais un vrai plaisir à s'y balader et se divertir
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C'était une petite Nissan Sunny en automatique très convenable pour un roadtrip avec laquelle j'allais passer deux semaines parmi les plus belles de mon voyage. La voiture à l'image du voilier ou du cheval est le symbole moderne du voyage et de cette esprit de liberté et d'aventure. La sensation au moment du départ dès l'insertion des clés et du démarrage du moteur est tout simplement jouissive ! Je passais mes derniers jours de travail à ne penser plus qu'à ça me faisant des plans de ce que j'allais faire, calculant tout et peaufinant les détails mais quand bien même on sait qu'on va doit vers l'inconnu et c'est celui-ci qu'on s'empresse de rencontrer. J'ai donc pris la route carte à la main et appareil photo prêt à l'emploi.

Arrowtown

 Une jolie ville pittoresque qui a émergé de la ruée vers l'or de l'Otago
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Les fjords

De 1800m d'altitude à 400m de profondeur et sous 7m d'eau par an les fjords sont une beauté naturelle majestueuse et déchainée
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Invercargill

Surnommée "Cité de l'eau et de la lumière"  pour ses trombes d'eau, ses aurores australes et ses longs couchers de soleil d'été
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Bluff

A l'extrême sud du pays le port de Bluff  est l'accès à l'île Stewart et il offre un magnifique point de vue depuis sa colline 
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Gore

Réputé pour sa musique country et son histoire de production de whisky illicite, que demander de plus !
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Dunedin

Château de Larnach (unique château du pays) et sandflies beach (attention jeu de mot)
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Oamaru

Pleine de surprises, des boutiques de son quartier victorien à la faune atypique des alentours en passant par son musée steampunk
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Lake Tekapo et Mount Cook

La beauté du pays des cieux à la terre 
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Mount Sunday

Sur les traces de la cité d'Edoras du Seigneur des anneaux ce lieu de tournage complètement isolé est une beauté qui se mérite
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Arthur's pass

Vérifiez pneus, freins et essuie-glace avant de franchir Arthur's pass
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Hokitika

Petite ville connue pour sa sculpture de bijoux notamment la célèbre jade de Nouvelle-Zélande 
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Fox glacier et Fran Josef

Aujourd'hui bien reculés sous le réchauffement climatique, on imagine la taille de ces glaciers qui ont creusé ces vallées
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Haast

Plus reclus tu meurs
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Sur le retour à Queenstown

Quelques dernières beautés et moments de paix et d'évasion avant le fatidique retour des clés du véhicule

You got a fast car. Is it fast enough so you can fly away? You gotta make a decision. Leave tonight or live and die this way.

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Voilà que je sentis la fin de mon voyage approcher. Je sentais après ce dernier roadtrip que j'avais fait mon temps ici et qu'il me fallait rentrer ou du moins partir ailleurs. Je remontais donc du Sud au Nord en m'arrêtant ici et là dans des endroits encore inexplorés ou dans des lieux bien connus pour dire au revoir à des amis faisant partis de ce chapitre de ma vie puis je me laissais guider jusqu'à Auckland pour revoir la première famille kiwi m'ayant accueilli et pour préparer mon retour en observant les avions par la fenêtre émergeant de derrière la colline où se situait l'aéroport.

Farewell New Zealand

Le retour est un mot qui sonne aussi bien déplaisant que plaisant. On revient de loin pour revenir chez soi si toutefois on a trouvé son véritable chez soi. On termine des épreuves parfois difficiles qui nous ont testé au plus profond de nous même et dont on est fier de les avoir conclues mais dont on a pourtant pris goût à les commencer. On est désormais addict à la découverte. On a choppé ce qu'on appelle le virus du voyage.