Carnet de voyage

6- L'avenue des volcans - Équateur 🇪🇨

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Arrivés en Equateur depuis le 24 Janvier, nous partons à la découverte du nord du pays. De Pimampiro à Quito, en passant par Otavalo et Cotacachi.
FĂ©vrier 2020
30 jours
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Publié le 18 février 2020

C’est par un dimanche pluvieux que nous arrivons à l’éco-finca (ferme) Cabrera. Pluvieux.. plutôt orageux. Sur les hauteurs de Pimampiro, un petit pueblo peu connu non-loin de la frontière Colombo-équatorienne, le taxi peine à atteindre l’endroit où nous prévoyons de passer 2 semaines à découvrir le mode de vie Andin et à aider dans la ferme de Santiago. Nous finissons finalement à pied sous une averse orageuse, trempés mais contents de découvrir la vue qui s'offre à nous derrière les nuages. En arrivant personne ne nous attend malgré nos messages envoyés plus tôt dans la matinée.

3h plus tard, une volontaire débarque et nous indique que tout le monde est arrivé, dans la cuisine un peu plus loin. Santiago, le gérant, sa mère Rosita 76 ans la propriétaire, Nicholas un italien volontaire et 2 autres volontaires dont Julia une Uruguayenne et Noushine l’Iranienne que nous avons croisé un peu plus tôt. Le 1er contact se trouve être froid avec Santiago, des regards fuyants, des rires lorsque nous lui racontons que nous attendons depuis 15h mouillés et dans le froid, des réponses alambiquées à des questions basiques pour faire connaissance. C’est dans cette ambiance que commence ce 2ème volontariat. Nous restons tout sourires, ne tirons pas de conclusions trop hâtives.

Pourtant sur la page internet de l’annonce tout semblait clean. Projet assez jeune (3ans), bonne ambiance et envie de travailler exigée de la part des volontaires. Commentaires des volontaires ayant travaillé pour ce projet dans l’ensemble assez bons malgré quelques couac notés avec Rosita et quelques commentaires signalés (censurés?). Il est écrit qu'on travaillerait principalement sur des projets d'agriculture mais qu'on pourrait être amenés à en apprendre plus sur la fabrication de la bière, du tabac, du café, encadrés par Santiago sur le terrain. Et par sa mère dans la cuisine. En échange de 4h30 de boulot le matin, nous avions une chambre pour nous deux et trois repas par jours prévu par Rosita mais nous aidions à préparer matin, soir et parfois le midi selon un roulement entre volontaires.

Voilà quelques photos de notre chambre et de la vue

Les autres volontaires sont cools le courant passe plutôt bien. Les premiers jours se sont déroulés normalement, on sent cependant que Noushine bénéficie de passe-droits. Un accord semble être passé entre eux. Nous nous retrouvons plus que les autres à devoir faire les tâches assignées aux volontaires. Le travail dans les champs est exigeant mais Santi nous propose régulièrement de changer d’activité. Notre job consiste notamment en creuser des petites tranchées pour retenir l'eau dans les plantations. Nous avons aussi fait quelques heures de désherbage, nécessaires en bio mais quel corvée surtout à cause des moustiques qui piquent le moindre cm² de peau visible. Également de la préparation de semis d’avocats, de la récolte de café, de la transformation de feuilles de tabac et de ramassage de tomates dans la serre (doux souvenirs pour Clémence).

A la cuisine la confection des repas était dirigée par Rosita. Souffrant d'arthrose nous étions ses petites mains. Au programme, riz, haricots rouge, pomme de terre, variante Yuka ou banane plantain. Salade et soupe. Matin. Midi. Soir. Pas de thé ni de café au petit déjeuner, juste du riz et des haricots rouge (parfois même du poisson) ! Le tout avec les chiens qui vous traînent dans les pattes et dont certains sont visiblement issus d’inceste avec les dégénérescences physiques qui vont bien.. On aime les animaux mais ceux-là étaient vraiment immondes. Bref, pas facile surtout que Rosita n'était pas très agréable, pas très polie et assez méfiante vis-à-vis de nous. Même s'il lui arrivait parfois d’être sympa, c'était pas toujours évident de la supporter trois fois par jours.

L’expérience se déroulait dans un cadre authentique ! Pendant notre temps libre nous avons appris à s'occuper simplement. Nous avons passé beaucoup de temps à faire du feu pour faire chauffer de l'eau pour le confort d'une douche chaude. Nous avons pris du temps pour nous reposer dans notre cabane en bambou, passé de longues heures à lire et simplement se déconnecter de nos téléphones, un peu forcés car la connexion internet était limitée. Mais c'était pas plus mal. Ou encore descendre en ville afin d’acheter quelques douceurs afin de compenser la lassitude des repas.

Un après midi nous sommes allés avec Santiago dans un village dans les montagnes pour faire du troc. Ici la tradition est perpétuée. Ayant un panier d'avocats qui allait se perdre nous sommes allés dans ce village les échanger contre ce que pouvait nous proposer les gens. Nous sommes repartis avec du maïs, des cerises et des haricots rouges ! Nous avons fait de belles rencontres, notamment un petit couple de quechuas vivant avec 3 fois rien mais avec des sourires communicatifs. Et nous avons découvert que dans ce village les drapeaux blancs accrochées aux maisons signifiait qu'ici vivent des personnes âgées un peu isolés. Ce drapeau c'est une sorte d'invitation à venir converser et passer du temps avec les personnes isolées.

Un autre jour Alex est allé dans des caves prétendument inca avec Santiago, Nico et Noushine. On retrouve des trous dans le sol des montagnes. Quelques uns sont accessibles assez facilement. Pour d’autres il faut sortir la corde et descendre en semi-rappel dans les branches et les fougères, c’est sport. Dans ces “puits”, des trous horizontaux de la taille d’un homme allongé sont présents. D’ailleurs on présume que ces trous sont en fait des tombeaux, destinés à des familles incas entières.

En fait on est sûr de rien, car ces cavités n’ont fait l’objet d’aucune étude et n'existent pas au yeux de l’état et c’est pourquoi ces endroits sont régulièrement visités, fouillés afin de retrouver l’or laissé ici il y a de nombreuses années. Et c’est au beau milieu d’une grotte à -5m sous terre, à la lumière de frontales que l’italien et l’iranienne décident de débattre autour de la question d’alerter l'opinion public afin de faire des études poussées dans le but rendre ou non ces endroits touristiques. L’italien avec ses arguments de protection de l’environnement, des terres agricoles des gens alentours, de cet état corrompu et du tourisme de masse affronte l’iranienne et ses arguments de protection du patrimoine mondiale, de préservation des lieux et d’estimation réelle des grottes par des archéologues. La joute dure pas loin de 40min et finit par mettre une belle tension entre Nicholas plutôt penché droits de l’environnement et humains et Noushine, femme d’affaire sans vergogne et passionnée de tourisme au sens large.

Outre ces 2 escapades en début de mission, les conditions de travail se sont dégradés au fil des jours. Juila et Nico, le bon copain italien partirent au fil de la 1ère semaine. Restant plus que Noushine et nous-même. La connivence entre Santi et Noushine rendent les jours de plus en plus durs, ils s’éclipsent certains jours au ministère des affaires étrangères, Noushine souhaitant acheter des terrains (et des gens?) à exploiter pour faire pousser du quinoa et pour un business de miel pour sa soeur. Par conséquent nous sommes seuls, soit à jouer les jardiniers pour l’aimable Rosita ou à monter des brouettes et des brouettes de gravilliers sur un terrain en pente à 25% pour un projet de refonte et de modernisation de la cuisine initier par Noushine dont elle a réussit à persuader Santi du bienfondé de l’opération après 4 jours de présence sur ce volontariat. On a adoré Noushine mais elle ne peut pas s’empêcher de modifier son environnement à son goût (avec sa culture au centre de tout), les modes de vies qu’elle fréquente selon sa vision du monde tel un Colomb..

De plus, Santi ne nous adresse presque pas la parole et Rosita nous tape sérieusement sur les nerfs. Couplé aux moustiques qui ne laissent aucun répis, même la nuit, les chiens omniprésents dont l’odeur de chien mouillé pestilentielle n’a rien à envier à celle des putois, les moqueries de Santi envers les anciens volontaires, les discussions à tendances homophobes et racistes.. Nous avons donc arrondi notre expérience initialement prévue à 2 semaine à 1 semaine et demi et cela nous convient bien comme ça..

Le bilan de ce volontariat est encore une fois mitigé. D'un côté, super positif en termes de découvertes de soi face à la difficulté, au manque de confort, au manque d'hygiène, au travail éprouvant sans encouragements, aux moustiques (grr). Apprendre la vie la plus simple et la plus rustique demande de la patience. Deux heures pour le luxe d'une douche chaude permet de relativiser pas mal de choses. Et notamment le rapport au temps.

C'était cool aussi de voir comment vivent les agriculteurs ici dans les montagnes équatoriennes. Et puis surtout d’apprendre à vivre en communauté avec les personnalités de chacun ce qui n’est pas une mince affaire !

Le comportement de Santiago s’explique en partie par le fait qu’il se sent visiblement seul chez sa mère d’où ce lien un peu précoce avec l'iranienne créant des disparités entre les volontaires. Qu’il a eu par le passé des couac avec des volontaires manquant de volonté et rechignant à la tâche les mettant lui et sa mère Rosita dans une posture de méfiance.. Le fait qu’il ne dégage aucun revenu de son activité car n’ayant pas le permis moto/auto limitant sa mobilité pour vendre, ni de licence pour vendre la bière ou le tabac qu’il produit, ni même de productivité suffisante pour vendre en quantité suffisante ses légumes, n’arrange rien à sa situation. Conjugué aux problèmes de santé de sa mère lui coûtant également cher car pas de couverture maladie.. Le tout cumulé font de ce projet, plutôt intéressant sur le papier quelque chose de non viable dans lequel il semble se noyer jour après jour.

Nous avons été plutôt patients et tolérants mais le manque de bienveillance, d'ouverture d'esprit, la mentalité de la peur de l'autre, peur de la différence et la moquerie gratuite ont fait que l’on ne se sentait pas à l'aise et pas tellement respecté dans notre travail.

Cela dit nous avons beaucoup appris sur nous-même, sur la vie des gens qui nourrissent via l’agriculture un pays très dépendant de ses ventes de pétrole. Nous avons rencontré de chouettes volontaires très antagonistes mais attachants chacun à leur manière. Le courant n'est pas passé avec les hôtes des lieux, bon, il faut être humble ça ne peut pas matcher à tous les coups. Mais on reste positifs il reste plein de belles choses à découvrir en Équateur et on n'écarte pas la possibilité de faire un autre volontariat sur la côte Pacifique 🙂

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Publié le 20 février 2020

Après un volontariat un peu roots, la première étape est de trouver un lieu où l’on va pouvoir se reposer et surtout laver tout le contenu de nos sacs ! Nous jetons notre dévolu sur un airbnb dans le centre d’Otavalo, cette ville de taille moyenne, avec son marché connu, ses montagnes et lacs alentours. Le changement est rude, nous passons de très peu à tout le confort moderne. La propriétaire du airbnb est une riche femme un peu obnubilée par le ménage vivant la plupart du temps à Quito. Elle rentre donc spécialement pour être présente et sa plus grande qualitée ne semble pas être la confiance en son prochain.

Alex est assez content de pouvoir retrouver un semblant de confort même si le contraste en si peu de temps est abusé. Clémence n’apprécie guère passer d’une vie simple à un lieu tout confort, observés de près par une femme appartenant à la classe haute d’un pays pas bien riche.

Au programme quelques balades en ville, on découvre un peu les nouveaux us et coutumes de cette région et du pays plus globalement. Les nouvelles expressions que l’on va entendre des 10aines de fois par jours, les façons de s’habiller. Otavalo a vu son économie boosté au début du XXème grâce à un tisserand qui eu la riche idée de reprendre les motifs écossais made in Ecuador, la réputation de la ville s’est étendue hors frontière. Encore aujourd’hui tradition du textile est restée et la plupart des habitants de la ville s’habillent de manière traditionnelle mais pas pour le folklore, c’est vraiment leur style ! Pour les hommes c’est cheveux longs avec la natte qui va bien, pantalon blanc, poncho bleu, petit chapeau en feutre et petites espadrilles typique, les alpargates, blanches. Pour les femmes c’est jupe bleu, corsage de dentelle ras du cou, alpargates, noires cette fois ci. Avec l'occidentalisation de la culture venant avec la dollarisation du pays en 2000 on peut voir les plus jeune adopter des styles semblables au jeunes américains, cependant on peut constater que les cheveux longs et la fameuse natte restent.

Nous sommes aussi allés randonner à la lagune de Cuicocha. C'est un ancien volcan ou s'est formé une lagune dans le cratère. Une randonné possible consiste en faire le tour de cette lagune sur les crêtes, une 12aine de kilomètres pour observer les deux petites îles au milieu de la lagune sous tous leurs angles. C'était une belle balade, un peu exigeante physiquement car on marche entre 3000 et 3400m d'altitude, on est donc facilement essoufflé lorsque ça grimpe.

Une belle occasion de reprendre la marche sur un effort soutenu le chemin étant très vallonné et avec une vue magnifique tout le long. C’est ce qu’on ne trouvait pas en Colombie et qu’on trouve enfin en Equateur.. De jolies balades à faire sans devoir payer tout et tout le temps, ici le parc national est gratuit, le sentier balisé et les commerces et restaurants contrôlés. Pas question de s’installer n’importe où et c’est plutôt plaisant car pas de pollution ni visuelle, ni sonore ni tout court !

Le sentier était très fleuri, et nous avons pu observer de nouvelles plantes. Notamment cette fleur verte très étrange !

Voilà quelques photos des alentours de la lagunes depuis les crêtes. Avec le volcan Imbaburra dans la brume matinale.

Et puis nous avons surtout profité de cette magnifique lagune.

Le samedi, c’est jour du marché d'Otavalo, plutôt réputé, les habitants des villes alentours font le déplacement et même les nord quiteños (Quito/Otavalo : 2h). En fait tous les jours de la semaine la place de los Ponchos est occupée par un marché permanent mais là, c’est carrément toutes les rues adjacentes qui sont bloquées. Et quand tous les vendeurs se mettent à littéralement hurler pour vendre leur camelote, bah ça met de l’ambiance quoi !

Nous sommes donc arrivés assez tôt sur la marché classique pour éviter la foule et voir les stands finir de s'installer. Ici on trouve de tout, a commencé par du textile : tissu au mètre, vêtements, sacs, poncho, hamac, nappes brodées, de la laine, des bijoux, et pleins d'autres accessoires !

Il y a même un marché au bestiaux hors de la ville où les poussins se vendent à la douzaine et où l’on peut s’échanger des cochons contre des vaches ! Nous n’y sommes pas allés mais des français rencontrés au airbnb nous ont raconté que niveau conditions animales, on est loin du véganisme. Entre un sac de maïs et un sac de poulets, la différence est minime !

Et bien-sûr comme sur tous les marchés on peut y manger et faire ses courses. C'était vraiment chouette de s'y balader et de prendre des photos. En revanche, le fait que ce marché soit très touristique fait drastiquement enfler les prix. Et on ne distingue plus trop l'artisanat local des arnaques à touristes.

Nous n'avons donc rien acheté seulement profité avec les yeux, le nez et les sourires 🙂

La petite surprise, c’est que le soir venu, les stands de textiles laissent place aux stands de comida rapida et ça donne des petites découvertes culinaires qui changent bien des comedor normaux que l’on peut trouver habituellement en journée. On y a mangé les meilleurs empanadas de queso de notre vie et des ptits plats toujours simples simples mais tellement bon et toujours dans une ambiance conviviale tellement les tables dispos sont petites. On se retrouve vite en tête à tête avec les gens, c’est plutôt drôle pour eux de manger à la table de gringos et pour nous de manger les produits avec les gens du terroir !

Cette ville nous aura permis de bien nous requinquer physiquement et moralement. De comprendre un pan de l’âme authentique bien que touristique de cet pays.

On reprend la route pour la capitale, Quito, let’s go !

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Publié le 20 février 2020

Quito, notre première capitale sud-américaine, environ 3 millions d'habitants. Une ville qui culmine à plus de 2800m, qui s'étend sur plus de 50km bordé à l’est et à l’ouest par des montagnes.

Son centre historique est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Et bien-sûr à Quito nous avons changé d'hémisphère. Oui nous sommes passés dans la partie sud du monde ! À une trentaine de km au nord de Quito se trouve la ville de “la Mitad del Mundo”. Lieu très touristique avec un musée ou passe soit disant la ligne de l’Equateur. Après quelques recherches sur internet et avis de nos hôtes, nous apprenons qu’elle se situe un peu plus au nord.. Nous évitons alors soigneusement ce gros complexe attrape touriste à 5$ l’entrée.

Et grand bien nous en à pris, nous suivons les conseils de nos hôtes et nous nous dirigeons vers le musée du temple du soleil.

D'ici on a une magnifique vue sur la caldeira du volcan Pululahua, le troisième plus grand d’Amérique du sud avec 12 km de diamètre. Le volcan est éteint mais il est l'un des rares cratères habité et cultivé.. Dans cette cuvette est installée une communauté d'une quarantaine de famille qui vivent de l'élevage et de l'agriculture.

Après cela nous sommes allés visiter le musée templo del Sol. Nous avons pu y faire quelques expériences comme faire tenir un oeuf sur un clou et essayé tant bien que mal de marcher sur une ligne les yeux fermés. Ce deuxième défi sera très difficile à relever car le corps est attiré soit d’un côté soit de l’autre.

L'architecture de ce musée est vraiment incroyable, aux équinoxes, le soleil rentre totalement perpendiculairement au centre du bâtiment par un trou en son centre. Nous en apprenons un peu plus sur la culture kichwas, leur rapport sacré aux éléments, à la nature et nous essayons de retenir quelques mots de cette langue. Malheureusement sans les noter on oublie aussi vite 😞

Ce musée c'était une super découverte, la guide appartenant à la communauté indigène kichwas nous a fait une séance d'aromathérapie andine. Au programme relaxation et écoute d'instruments. Ensuite visite du musée avec explications des oeuvres de Cristobal Ortega Maila. Et pour terminer la visite, dégustation d'un thé de coca et petit massage avec une huile de coca/cannabis, pas d'inquiétudes, sans effets psychoactifs.

Voilà quelques photos de l’intérieur du musée et de l'exposition

A Quito, l’un des bâtiments les plus imposants est la Basilique du Vœu national de Quito. Nous avons passé quasiment deux heures à arpenter les tours de cet édifice. Avec des escaliers bien abruptes et pas sécurisés, nous nous étonnons d'avoir accès aux échelles de ce genre d'endroit mais on en profite à fond.

La vue d'en haut nous permet d'avoir une bonne vue sur la ville, au nord comme au sud.

Nous avons également bien flâné dans le centre historique aux façades colorés, parfois délabré, avec de beaux bâtiments. Malgré les nuages de pollution créer par les bus, le centre reste agréable. Nous découvrons un centre authentique où les rues ne sont occupés par des enseignes internationales mais par d'innombrables boutiques locales. Belle surprise.

Depuis la Basilique, on pouvait voir sur la colline en face une statue géante de la Vierge del Panecillo, ou la Vierge de Quito. Statue en aluminium de 41m de hauteur, l'une des plus grandes d'Amérique du Sud et paraît il la plus haute sculpture en aluminium du monde. Nous nous sommes dit que la vue devait être sympa la bas, surtout pour voir l'énorme basilique, alors nous sommes allés y faire un saut.

Et nous nous sommes un peu perdus. Dans un quartier avec absolument aucun touriste et une ambiance de plus en plus bizarre, nous avons demandé notre route à un agent de police de la ville. Il nous a gentiment aidé, en nous déconseillant continuer à pied et de sortir nos téléphones.. Ambiance. Du coup, il arrête un bus, donne des indications au chauffeur quant à notre destination et nous jette dedans. Nous arrivons dans un endroit encore plus craignos où nous devions prendre un autre bus vers le sommet de la colline. Nous voyant sûrement un peu perplexe à l’arrêt de bus, une mère accompagnée de son fils nous prend sous son aile et nous invite à la suivre. Elle aussi nous met en garde sur la dangerosité du quartier et des nombreux vols de jour comme de nuit. Elle prétend habiter à côté du Panecillo et son regard est plein de bienveillance alors nous faisons la fin du trajet avec elle 🙂 Cette fois ci encore le voyage a choisi de nous mettre sur les rails et nous sommes arrivés sains et saufs à destination.

Et contrairement à ce que nous pensions l'immense basilique se fond dans la masse des constructions plus moderne du Quito nord. Encore un beau point de vue sur la ville.

Et non, l'immense basilique se fond dans la masse des constructions !

Nous terminons cette belle journée par un spectacle de rue et comme à chaque fois Alex est désigné pour participer au show ! Après ses premiers pas sur une scène de théâtre colombienne, son talent continue de percer en Équateur !

Nous avons aussi profité du téléphérique de Quito. Après 20 minutes de montée, nous arrivons à 4000m. Nous commençons la randonnée en direction du Ruco Pichincha, un sommet a quasi 4700m ! La première partie du sentier n'est pas trop difficile mais nous sentons que l'altitude nous force à marcher tranquillement et à faire pas mal de pauses

Nous profitons du soleil matinal pour admirer les différents volcans enneigé au loin : Le Cayambe, L’Antisana et Le Cotopaxi.

Et pour taper la discussion avec un groupe de représentants des forces de l’ordre de Quito. Décidément les flics sont sympas ici !

La dernière partie du sentier est super abrupte, on s'enlise dans des cailloux et du sable, l'effort demandé nous coupe la respiration et Clémence hésite à jeter l’éponge. Pile à ce moment nous rencontrons alors deux français qui nous indiquent un sentier plus facile, ayant galérés au même endroit que nous. Ils rassurent Clémence en lui disant que la fin pour atteindre le sommet est plus facile et plus très loin. Nous continuons donc mais la fin s’avère encore pire, avec quelques sections d'escalade facile mais engagées. On y va quand même, nous arrivons tant bien que mal en haut, nous nous remettons de nos émotions et nous récupérons notre souffle. Mais nous ne nous attardons pas au sommet car de vilains nuages arrivent et nous ne souhaitons pas descendre à l'aveuglette sur ces parois rocheuses probablement humides si un grain se met à tomber !

Finalement ce premier sommet au dessus de 4000m est réussi. Malgré le mal d’altitude nous avons fini par nous acclimaté, ce qui est rassurant car nous attaquons l’avenue des volcans d’Equateur.

Cette première capitale sud-américaine nous aura bien conquis. Un charmant centre historique authentique, des pâtisseries savoureuses, du chocolat exquis, des curiosités, la possibilité de faire un sommet sur un sentier bien clair, les avantages d’une capitale..

Nous ne regrettons pas d’avoir passé presque une semaine dans une grande ville, villes que nous fuyons d’habitude.

Maintenant direction un lieu dit, proche du parc national du Cotopaxi afin de découvrir les sommets environnants :)

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Publié le 24 février 2020

Nous avons passé 5 jours à côté du parc du Cotopaxi, dans un petit village isolé à côté de la panaméricaine, entouré de volcan. Tout proches, El Corazon, dont les légendes kichwas raconte que les nuages se forment pour séparer les randonneurs et les garder emprisonnés à jamais sur ses flancs. Un premier sommet à 4800m qui peut faire office d’échauffement. Un peu plus loin le volcan Ilinizas Sur et Ilinizas Norte, avec la possibilité d'aller dormir au refuge du Ilinizas Norte et de faire notre premier passage à 5000m. Et bien-sûr un peu plus loin le fameux Cotopaxi, mastodonte culminant à 5897m, parait-il pas trop difficile, il est un candidat de premier choix comme 1ère expérience d’andinisme !

Nous avions donc prévu ces 3 belles randonnées à la découverte des volcans. Mais évidemment, tout ne se passe pas comme prévu. Étant donné l'altitude nous voulions pas prendre de risque avec la météo. Et il a fait un sale temps pendant ces 5 jours...

Nous avons quand même fait une belle randonnée en direction du volcan Ilinizas, rencontré un lama très fier de poser dans ce somptueux décor, eu la frousse en passant devant un sempiternel gang de chien et profité des quelques rayons de soleil de la journée.

Malgré le temps maussade un matin, nous nous disons que, peut-être, au Cotopaxi, le temps nous ferait une fleur... Aller, nous tentons notre chance ! Il existe des tour avec guide assez onéreux mais têtus et sur les conseils de notre hôte, Araselli, nous nous dirigeons vers l'entrée nord du parc par nos propres moyens. Nous prenons d'abord deux bus, dans lesquels nous croisons un hollandais de notre auberge. Une fois atteints les petits jeux pour enfants d’un petit lieu-dit, comme prévu nous descendons du bus, de là une dizaine de km nous sépare de l'entrée du parc, sans aucune garantie de pouvoir poursuivre notre route, les piétons n’étant pas autorisés à entrer.. Nous marchons un bout de chemin avec Maria, une équatorienne super sympa qui nous souhaite bonne chance dans notre expédition du jour. Et puis nous tendons le pouce, déterminés à voir ce volcan de près.

Pas chaud à cette altitude !

Après 3 lifts (trajets de auto-stop), nous arrivons à l'entrée nord. Comme nous ne pouvons pas continuer à pied, il faut que nous trouvions un véhicule qui nous laisse passer avec eux. Ça sent le roussis cette histoire car il y a très peu de voiture voire pas du tout pendant un moment. Et puis vient un bus d'une quinzaine de places. A peine le chauffeur a t-il mit un pied dehors, qu’Alex lui fait la fameuse demande. Et c’est un non, c’est un tour privé.

Dedans, un couple d'américains et deux enfants. 5 min plus tard le gars revient nous voir et nous glisse “si vous voulez, demandez aux clients, y’a peut-être moyen”. A ce moment là nous poussons notre compagnon de route hollandais vers le combat qui ne comprend pas un mot d’espagnol mais qui maîtrise parfaitement l'anglais. Après quelques échanges avec le couple et le guide, moyennant 5 dollars chacun nous pouvons les suivre dans leur excursion. Coup de bol car le trajet entrée nord/parking/lac/musée est très long et pas intéressant.

Allez hop, nous filons vers le parking qui mène au refuge. Petit à petit la végétation disparaît et nous entrons dans les nuages qui couvrent le sommet du volcan. Nous arrivons au parking à 4500m, le vent souffle, il fait froid et nous sommes dans le brouillard. Nous partons en direction du refuge qui se situe à 4800m avec l'espoir de passer au dessus des nuages. Clémence doute fortement que cela soit possible. Nous commençons l'ascension dans ce décor apocalyptique, plus nous avançons plus le vent souffle, le brouillard devient de la pluie et la pluie nous fouette et devient vite de la grêle. Nous sommes trempés, le vent souffle à fond, la grêle nous latte le peu de peau visible, cela ne sert à rien de continuer dans ces conditions, le résultat sera identique en haut. Demi tour, nous laissons le groupe et regagnons le bus. Nous passerons deux heures à discuter avec le chauffeur, un bon moment de partage, d'histoire de vie, et de rires.

Notre groupe finit par revenir, congelé, déçus car il n’y avait rien à voir en haut, et nous avons même eu le droit à des compliments d'avoir fait demi tour ! Hey, c’est toi le guide tu aurais dû savoir que la vue allait être bouchée en haut. Nous le soupçonnons d’avoir joué la carte de l’espoir, la fameuse montée étant l’objet de l’excursion, afin de ne pas s'exposer à un éventuel mécontentement de la part de ses clients. Il savait dès le début que c’était peine perdu, tout comme nous l’a expliqué en riant le chauffeur, lorsque nous sommes rentrés dans le bus. Voilà pourquoi nous préférons délaisser les excursions au maximum afin de tenter les choses par nous même. L’argent fausse le bon sens.

Nous reprenons la route en direction de la sortie sud et petit à petit nous retrouvons un peu de chaleur et de soleil. Dans les plaines nous apercevons des troupeaux de chevaux au galop non-loin de la lagune, un beau spectacle. Et puis, tiens un bout du glacier du volcan. C'est tout ce que nous verrons aujourd’hui. Comme l'aller, le retour se fera en stop et en bus très facilement.

Après cette excursion, nous ne voulons pas réitérer l'expérience de randonner dans les nuages donc, au programme, marché de Saquisili avec deux allemandes rencontrés dans notre auberge, nous attrapons un bus et finissons le trajet à 4 à l'arrière de la camionnette. Nous sommes d'accord pour dire que si les trajets étaient confortables nous n'aurions rien à raconter !

Encore un marché haut en couleurs, vêtements, nourriture, brocante, vendeurs en tous genres et découverte culinaires ! Ce marché est bien moins touristique que celui d’Otavalo.

Pommes de terre et fruits à volonté !
Brocante et achat d'animaux
Patio de comida y tortilla de maiz con cebolla y queso, miam ! Et aussi le Cuy (cochon d'Inde), peu ragoutant mais très bon paraît...

Ces quelques jours de mauvais temps nous aurons quand même permis de faire quelques rencontres. Nous avons rencontré deux française, Laura et Mathilde et sans le savoir, nous avions en commun une expérience plus que passable au volontariat de Pimampiro.

Et oui, et le hasard fait bien les choses, ce sont les deux françaises qui sont arrivées le jour de notre départ du volontariat à Pimampiro.

Nous nous étions dit, dommage qu'elles arrivent plus tard, nous aurions voulu les prévenir que les conditions étaient pas top! Et nous les croisons dans cette auberge perdu entre les volcans ! Leur expérience la-bas n'aura duré que 4 jours, nous nous rassurons tous ensemble d'avoir ressenti les mêmes choses, non, nous ne sommes pas d’horribles personnes insociables et incapables de nous adapter, ouf ! Elles ont eu du mal avec Noushine, Santiago et Rosita et pourtant elles n’en sont pas à leur coup d’essai avec le voyage en général, les boulots à l’étranger et les volontariat après 3 ans en Australie, Nouvelle-Zélande et en Asie. Peut-être était-ce encore un coup du destin afin de nous assurer que nous sommes bien sur la bonne route :) ?

Le voyage suit son cours mais sous la pluie. Nous savions qu’à cette période en Equateur, nous nous retrouverions sous la pluie à un moment, chanceux jusqu’ici, on dirait que la roue tourne. Ce qui remet en cause les treks et sommets que nous avons comme objectif.

Mais le carnaval del Sol arrive et nous prévoyons quelques jours pour en profiter et pour décider de la suite des aventures. Plutôt trek, plutôt côte pacifique ? Affaire à suivre