Nous voilà dans les Caraïbes depuis le 10 novembre. Au programme Capurgana, Sapzurro, Carthagène des Indes, Minca, Bonda et Santa Marta.
Novembre 2019
30 jours
Partager ce carnet de voyage
1

Capurgana est un village isolé entre la mer des Caraïbes et la jungle. L’accès se fait par un village côtier du nom de Nécocli, d’où on prend une lancha (bateau), il n’y donc pas d’accès terrestre. Nous avons donc pris un bus de nuit depuis Medellín (avec la clim à fond) et nous sommes arrivés à 6h30 du matin à Necocli tout frais et pimpant pour prendre la lancha de 8h. Enfin ça c’est ce qu’on pensait :)..

Il se trouve que nous sommes arrivés pile le week-end de la déclaration d’indépendance de Carthagène (11/11/1811 - qui a eu une grande influence sur l’indépendance de la Colombie) Comme lors de tout week-end prolongé qui se respecte, les voyageurs n°1 en Colombie sont… les Colombiens ! Le hic c’est qu’ignorant tout cela, nous n’avons pas réservé le bateau à l’avance alors que les Colombiens eux, si !

C’est donc après 6h d'attente et avec un temps qui s'est dégradé progressivement dans la matinée, nous offrant une mer très agitée que nous voilà partis pour cette traversée en bateau. Et quelle traversée, à peine partis le capitaine perd le contrôle et manque de nous faire foncer dans des pylônes d'amarrage. Les vagues sont si grandes que nous sommes trempés dès les 1ers instants. Durant 1h30 Clémence cramponne le siège de devant espérant que les creux s'arrêtent et qu'on arrive vivants. Alex a le sourire jusqu’au oreilles, tout ça lui rappelle des souvenirs de virés en zodiac avec la famille !

Nous sommes arrivés intégralement trempés, nos affaires par la même occasion. Bref, nous arrivons finalement à Capurgana sains et saufs.

L'endroit où nous avons campé, dans la jungle.


Découverte de la coquerita, un lieu dans la jungle avec des piscines d'eau douce remplies de petits crabes tout peureux. Ce fait quand même bizarre de se mettre à l’eau au milieu de cette soupe de pinces 😀. Et une piscine naturelle en bord de mer entourée de gros blocs de rochers laissant entrer et sortir ce qu’il faut d’eau pour s'amuser dans la mer agitée sans craindre de se faire emporter !

Et puis nous avons profité des plages de sable fin. L’eau à 26/28° nous rafraîchis à peine et ça nous convient plutôt bien 😀

Mais Capurgana c'était aussi ça, pas de traitement des déchets, pas d'infrastructures.. L’envers du décors que l’on oublie trop souvent de montrer..

Nous pensions rester un petit moment à Capurgana mais nous y avons finalement passé 3 jours. Nous cherchions la tranquillité mais fête de l’indépendance oblige, il y a beaucoup de monde et de la musique jour et nuit. L'ambiance dans ce village qu'on pensait paisible, le camping couplé à l'humidité de la jungle ont eu raison de notre moral. Heureusement on s'est régalés gustativement pendant ces 3 jours avec les almuerzos (déjeuner) pour 3 fois rien et en quantités.. uhf ! Patacones (galettes de banane plantain frites), purée de haricots rouges, riz, soupe, crudités, œufs/viande et petit jus. Bref de la bonne bouffe en profusion 😀

Nous sommes ensuite partis à Sapzurro, village encore + isolé à quelques kilomètres à la frontière du Panama que l’on dit vraiment tranquille. Ça tombe bien car la tranquillité c'est ce qu'on cherche😉!

2

A Sapzurro nous trouvons enfin un lieu de repos à la hauteur de nos attentes à 2m de la baie ! Après ces 3j d’humidité sous tente un peu de confort ne fait pas de mal. Et puis on a pu faire sécher quelques affaires, grand luxe dans ces environs !

La baie de Sapzurro dans laquelle nous avons aperçu des dauphins un matin.

Et après 30 minutes de marche, un poste de frontière dans la jungle, nous voilà sur une plage paradisiaque du Panama : La Miel ! Le décor est à tombé par terre.

La plage de la miel au Panama.

Un local qui pêchait par là montre à Alex comment ouvrir une noix de coco sur la plage, pas si dur en fait 😀 Au détour du fagot de bois on aperçoit des lézards fluos..

Bref on prend du bon temps, on fait un peu de plongée, on se baigne, on se douche dans des cascades et profite de ces 4 jours pour se poser et réfléchir à la suite du voyage. On recroise souvent un couple de français Clara et Théo rencontrés à Nécocli, si bien qu’on finit par partager un repas ensemble. L’avantage c’est qu’eux parcourent le continent dans le sens opposé au nôtre, nous croulons donc sous les bons conseils pour la suite du voyage. Ce que nous apprenons sur ce qui nous attend potentiellement nous plait grave !

Quelques photos des deux gringos dans les Caraïbes c'est cadeau

C’est décidé, nous poursuivrons notre route vers Carthagène des Indes, la soit-disant perle des Caraïbes 😀 !

3

Bienvenue à Cartagena et ses 35 degrés dès 8h du matin. Nous sommes dans une petite auberge à Getsémani, un quartier à côté de la vieille ville. Un quartier très coloré avec encore pas mal de street art. On en profite pour flâner un peu dans les dans les rues avant que le soleil ne se couche.

Les rues de Getsémani 

Carthagène c'est la ville la plus touristique de Colombie, à partir de 10h il y a énormément de monde dans les rues et beaucoup de circulation. A savoir qu'ici les voitures s'en tapent royalement des piétons, même si avant de te foncer dedans elles klaxonnent pour que tu te pousses, on se laisse surprendre plus d'une fois. Enfin, il faut être bien vigilants pour ne pas se faire faucher, pas comme ce pauvre policier juste sous nos yeux. Rien de grave heureusement 😀

Pour éviter la chaleur et le monde on se balade dans le centre historique très tôt le matin. Entre entre 11h et 15h.. oush c'est le pire ! Voilà quelques photos du centre historique assez désert. Plutôt agréable !

Centre historique marqué par l'époque coloniale. 

Mais le mieux dans cette balade matinale c'est d'observer la ville se réveiller. Voir les gens prendre leur café avant d'aller travailler, acheter leur petit déjeuner au coin de la rue et voir les vendeurs s'installer. On aime beaucoup cette ambiance créée par les vendeurs de rue où chacun achète ses petites provisions, mange sur le pouce et négocie sa marchandise. Les découvertes culinaires continuent, les fruits sont excellents et on a du mal à retenir les noms tellement il y a de diversité !

Le charmant quartier à l’architecture coloniale où nous logeons, Getsémani, en plus d’être truffé de graphs à chaque coin de rue, à 2 pas du centre historique et non loin de petits restaus sympas dispose d’une petite place autour de laquelle se mêlent locaux et touristes dans une ambiance plutôt cool.


Les artistes de rues sortent leur plus beaux numéros, les gens discutent, mangent, boivent un coup. On aime beaucoup cette ambiance détendue qui coupe (un peu) avec les nombreuses sollicitations que l’on reçoit des vendeurs ambulants durant la journée. Tout se vend au détail ici jusqu’à la cigarette à l’unité. Il faut rester vigilant afin d’éviter les nombreuses arnaques. Tout est fait pour subtiliser le moindre centime du touriste/voyageur un peu trop distrait. Ne pas demander le prix d’une consommation avant de se faire servir peut vous valoir une note qui varie de salée à très très salée 😦

Plaza de la Trinidad 

Après toute cette agitation de la côte tranchant pas mal avec la calme de Sapzurro nous avons envie de déambuler un peu sur les hauteurs de la Sierra Nevada, cap donc sur Minca à priori précurseur d’un écotourisme responsable 😀 !

4

Minca est petit village à une heure de Santa Marta, au pied des montagnes de la Sierra Nevada. Le climat y est un peu plus frais la nuit, pour notre plus grand bonheur ! Le climat est toujours tropical et plutôt humide car nous sommes dans la jungle, mais nous avons pu faire 2 belles randonnées.

Surnommé capitale écologique, et présenté sur internet comme un lieu calme, avec de nombreux projets alternatifs, nous avons été assez déçus face à la réalité. En effet, tout coûte assez cher, beaucoup d'hostels et de restaurants sont tenus par des étrangers (principalement européens), et les prix sont plus élevés. Ce village est donc visité seulement par des touristes étrangers et très peu par des Colombiens. Pour ce qui est de la capitale écologique on repassera, lorsque nous avons randonné, nous ne croisions aucun autre marcheur, les gens se rendant aux miradors et autres points de vues en moto taxi... C'est une expérience de randonner avec les gazs d'échappement !

Mais cela ne nous a pas empêcher de profiter de nombreux endroits magnifiques, de découvrir la végétation luxuriante de la jungle, de prendre des petits déjeuner en présence de colibris et de découvrir des plantes jamais vues auparavant. Et puis, les points de vues sur la mer et le coucher de soleil dans les montagnes sont à couper le souffle !

Voilà quelques photos de notre première randonnée jusqu'à une finca (ferme) de café qui s'est terminée par un pique nique et une baignade à la cascade pozo azul.

 Récompense en haut, café et gâteau au chocolat...
Pique nique avec du vrai pain avant la baignade à pozo azul.

Nous avons également randonné pour rejoindre Los Pinos, un mirador à 1300m d'altitude. Nous sommes partis tôt le matin pour être sûrs d'avoir du soleil là haut, c'était superbe! L'avantage ici c'est qu'après une bonne randonnée, il y a toujours une cascade sur la route du retour pour se rafraîchir. Cette fois c'était la cascade de Marinka.

Mirador de Los Pinos 
Repos bien mérité à la cascade Marinka. 

La jungle de la Sierra Nevada c'est une végétation luxuriante qui nous a fait découvrir des plantes jamais vues auparavant. Un bonheur pour les yeux.

A voir le papillon numéroté "89" . La nature est surprenante parfois

Et puis un coucher de soleil sur les montagnes.

Cette immersion dans la Sierra Nevada aura été plutôt chouette pour le côté randonnée et contemplation de cette nature riche et luxuriante. Les spots baignades, des randos intéressantes à travers les plantations de café, les plantes et insectes colorés et autre, quel plaisir après la chaleur de Carthagène 😀 !

Petit bémol cependant pour le côté soit-disant écolo vendu par les guides touristiques. Nous y avons vu plutôt un défilé de 4x4/moto taxi afin de transporter le touriste roi aux différents points d'attraction des environs, assez triste car tout est faisable à pied moyennant un peu d'énergie 😦

En parlant d'effort, encore un dernier avant de filer vers notre volontariat dans la jungle et ça se passe de l'autre côté de la montagne à Paso del Mango !

5

C’est par une chaude journée de décembre que nous quittons les hauteurs de Mundo Nuevo (Minca) à pied (pas de moto taxi pour nous) et avec nos gros sacs à dos. Le soleil de plomb nous frappe mettant Clémence déjà malade encore plus mal ! Nous finissons tant bien que mal par prendre un collectivo qui nous laissera au centre commerciale de Santa Marta pour une halte bien méritée.

Nous nous mettons enfin en route direction Bonda, un modeste village. De là 2 options, la marche à pied (2h par 35°) ou la moto-taxi. Etant donnée notre état de fatigue nous choisissons la moto malgré la phobie d’Alex en matière de 2 roues (cf des péripéties d’ado en scooter qui lui coûta une belle fracture et une belle peur). Nous prendrons donc une moto-taxi afin de rejoindre les environs du volontariat par une longue route cabossée et impraticable pour toute voiture normalement constituée. Nous finissons le chemin à pied, une rivière coupant la route. Un pont suspendu et quelques pas plus tard et c’est dans cette ambiance de jungle étouffante que nous arrivons à destination en début d’après-midi.

Nous avions trouvé ce volontariat sur la plateforme “Workaway”; un site qui répertorie des hôtes tous projets confondus en recherche d’huile de coude et de nouvelles idées pour leur projet en échange du gîte et du couvert (partiel ou non). Ici le deal était, le gîte et les repas (moyennement une petite contribution financière, clairement bien en dessous de nos dépenses moyennes journalières), une formation pratique et théorie à la permaculture ainsi que la pratique sur un projet d’éco-construction (maison rustique en structure bois). A hauteur d’une matinée par jour 5j/7 ce qui nous laissait l’après-midi et le dimanche afin de profiter de la rivière, des cascades, des sentiers de rando, de la ferme de cacao, de mettre à l’épreuve notre espagnol.. De beaux jours en perspective !

Nous sommes accueillit par Solano, l’un des 2 membres fondateurs du projet il y a 5 ans, l’autre étant Paola, sur les terres d'Alberto mettant gentillement son terrain à disposition à ce couple Argentino-Colombien.

Nous découvrons le fonctionnement du lieu. En plus du travail a effectuer le matin, les volontaires on des petites tâches très simples à accomplir. Un planning est établi, les noms changent tous les jours afin qu’un roulement hebdomadaire s’opère, simple mais efficace !

Nous rencontrons les 8 autres volontaires et finissons par dîner un succulent repas de lasagnes que Clémence délaissera à cause de ce foutu mal de ventre persistant. C’est pourtant pas faute de saliver :)

La soirée se termine par de multiples discussions autour du feu de camp difficiles à intégrer de par cette barrière linguistique. Pas grave, nous avons le temps de progresser. Nous finissons par nous coucher mi exténués, mi satisfaits.

Le lendemain matin après un solide petit déjeuné nous sommes pris à part par Paola. Nous avons droit à une présentation du projet et répondons à quelques questions sur les raisons de notre présence ici. Nous comprenons parfaitement mais nous peinons à nous expliquer clairement, Carol une volontaire française nous sert donc d'interprète. Paola finit par nous avouer qu’elle part en vacances et que nous ne la reverrons pas. Carol nous informe aussi que Paola et Solano se sont séparés il y’a peu et que c’est surtout Paola qui gérait les volontaires jusqu’à présent.. AMBIANCE ! Nous sommes un peu perplexes pour la suite des événements...

Pas le temps de se poser 1000 questions le 1er jour de travail commence et c’est tout naturellement que nous sommes avec Carol et Nico à travailler sur la suite de la confection d’un mur en terre de la maison des volontaires. Une technique de construction qui nous sera expliquée par Carol, nos 2 hôtes étant pour l’un parti, pour l’autre débordé par son projet de construction.

Les différents lieux de vie. 

Les 2-3 jours suivants seront dans le même ton. Alexandre étant choisi comme main d'oeuvre pour le projet d’éco-construction et Clémence dispatchée sur diverses tâches d’arrosage, entretien des espaces etc.. rien de bien enivrant.. Heureusement que les après-midi rivières, rando, les tablettes de chocolat de la finca de cacao et les repas succulents remontent le moral des troupes car entre le travail un peu décevant, les moustiques/sandflies, les scorpions, les araignées énormes, les serpents, les conditions un peu “roots” et pour Clémence des difficultés à communiquer avec les autres, y’avait de quoi sourciller !

Malgré tout on finit par accepter notre sort. Solano est clairement pas le membre communiquant de l’ex duo argentino-colombien. On sent bien que le départ de Paola l’affecte et qu’il va falloir se débrouiller tout seul.

Aprèm baignade, chocolat, et soirée au coin du feu. 

De notre côté on se découvre une passion pour les repas végétariens confectionnés ici et on se propose à la préparation des diners et même des déjeuners (les volontaires ayant repris le flambeau de cette tâche depuis le départ de Paola). Le menu est préparé à l’avance, les ingrédients sont bons, y’a plus qu’à suivre la notice comme dirait Clémence !

Les plaques de cuissons ne peuvent parfois pas suivre à causes des quantités trop importantes à préparer (8-9 ventres à remplir quand même), alors on cuisine au feu de bois, oui Monsieur.

Mise à l'épreuve en cuisine !  

A cause du manque de communication avec Solano, 5 volontaires décident de partir en l’espace de 2 jours. Cela créer une ambiance un peu plus intime et nous permet de trouver notre place plus facilement dans les discussions. Peu à peu nous sympathisons avec tout le monde mais surtout avec John, un colombien qui nous emmène lors d’une après midi sur les traces de vestiges de construction Tayrona (très ancien peuple indigène Colombien de la côte Caraibéenne). On en apprend plus sur la culture colombienne à son contact et sur quelques expression colombiennes, ce mec est un vrai clown ! Egalement avec Phil un jeune québécois super sympa qui nous donne encore plus envie de visiter son grand pays et avec le couple franco-brésilien Max et Bétina plutôt communiquant (5 langues parlées à eux 2, y'a de quoi faire!)

Sur les traces des construction Tayronna. 

Malheureusement, un matin alors que nous finissons de petit-déjeuner, Solano finit par tous nous convoquer à propos d’un fait. Il s’est rendu compte qu’il manquerait l’équivalent de 25€ dans la pochette où il range l’argent dans la cuisine. Persuadé qu’il s’agit de l’un d’entre nous il nous fait raconter ce que nous avons fait la veille afin de démasquer le larron. On se croirait presque dans un roman d’Agatha Christie tellement l’ambiance est pesante !

Définitivement, Solano jette l’éponge, on ne le reverra pas de la journée et personne ne travaillera. Tout le monde tombe un peu des nues et se dit qu’il a perdu l’argent tout bêtement à cause de son manque d’organisation. Suite à ça tous les volontaires décident de partir dans les deux jours qui suivent dont nous-même..

Cela n’enlève rien à la richesse de l'expérience autant pour Clémence que pour Alex. Les rencontres ont été top, les repas savoureux, l'environnement bouillant de bonnes idées concrètes. Il n'en fallait pas plus pour nous donner envie de renouveler l'expérience dans un environnement, qui sait, peut-être plus propice.

Nous voilà donc partis vers Santa-Marta passer quelques jours dans une auberge tout confort afin de se reposer, profiter d’une dernière baignade dans les Caraïbes, de soigner nos piqûres et de préparer la suite vers de nouvelles aventures direction le Santander, son canyon, ses montagnes !

Dernière baignade Caribéenne, à Taganga.