Carnet de voyage

De l'Inde à la Thaïlande: l'aventure Handiasie

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" Voyager sans rencontrer l'autre, ce n'est pas voyager, c'est se déplacer. " Alexandra David Neel.
Octobre 2016
24 semaines
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Publié le 26 septembre 2016


C'est avant tout un projet personnel et professionnel qui est né de la rencontre de deux jeunes femmes, Lévana et Manon.

Hey salut à tous, c'est Lévana. J'ai 26 ans, et je vais partager avec vous ma première expérience de voyage hors des frontières européennes ( ça promet!!). De nature sociable et curieuse, je ne vous cache pas que j'ai vraiment hâte de rencontrer des personnes de cultures, de religions différentes et qui ont une vision du monde autre que celle que nous pouvons avoir dans nos pays occidentaux. Au quotidien, je suis monitrice éducatrice depuis un an auprès d'enfants atteints d'autisme mais aussi étudiante en naturopathie et coordinatrice de séjours adaptés depuis 3 ans (vacances pour personnes en situation de handicap mental). C'est lors d'un de ces séjours que j'ai fait la rencontre de Manon.

Bonjour à toi, lecteur de passage ou régulier. Je m'appelle Manon, j'ai 24 ans et ma première expérience dans le champ du handicap a eu lieu en 2013 grâce à l'association La Pierre et le Sable. En effet, le premier séjour adapté a été un déclencheur et m'a donné l'envie de poursuivre dans ce domaine professionnel. C'est pourquoi, après avoir obtenu mon diplôme en gestion des organismes médico-sociaux, j'ai travaillé en tant que référente parcours de santé à l'AFM-Téléthon auprès de personnes en situation de handicap physique. De plus, ayant voyagé en famille à travers le monde depuis toute petite (24 pays dont une majorité en Asie), j'ai eu envie de lier cette passion avec mon projet professionnel. Ma rencontre avec Lévana, ainsi que notre désir commun de vouloir monter un projet autour du handicap et de l'Asie, a été un véritable moteur tout au long de cette année. J'espère que cette nouvelle aventure te plaira !


Nous partons donc pour environ 7 mois en Inde, en Birmanie, au Laos, au Cambodge et en Thaïlande. Nous allons à la rencontre d'associations qui s’occupent de personnes en situation de handicap mental et physique afin d'observer et de participer bénévolement aux actes de la vie quotidienne. En effet, nous pensons que ce n'est qu'en étant au plus proche des personnes que nous pourrons nous rendre compte des différences qu'il peut exister entre la France et ces pays, que ce soit dans l’accompagnement, la prise en charge ou la place que les personnes en situation de handicap occupent dans la société.

Avec les données et témoignages que nous recueillerons, nous rédigerons par la suite une petite étude comparative et sociologique de l'accompagnement en France et dans les pays que nous aurons parcourus.

Nous avons aussi l'objectif, actuellement en discussion avec la Pierre et le Sable, de faire à notre retour une présentation vidéos/photos de notre voyage. L'idée étant de montrer au public des séjours adaptés comment se passe l'accompagnement au-delà de nos frontières.

De plus, nous pourrons utiliser cette expérience et cette étude de façon positive dans notre vie professionnelle. Nous pensons en effet que la rencontre avec toutes ces personnes peut être un point de départ à l'échange, à la réflexion et à la collaboration.

Travail, économies, soutiens et énergie ont fait qu'aujourd'hui nous sommes à J-14 de notre grand départ. Nous tenons à remercier, une fois encore, toutes les personnes qui ont collaboré à la campagne de financement participatif et sans qui tout cela n'aurait pas été possible. Un énorme MERCI !

A très vite pour le début de cette grande aventure !!!!


Ps: Vous pouvez également suivre nos préparatifs sur notre page Facebook Handiasie. 😉

Lundi 10 Octobre 2016

Nous avons décollé de Paris CDG à 19h, pour un vol de 14h en direction de la capitale indienne New Dehli (avec une escale à Bombay). Naïvement, nous avions pensé ne pas du tout être impactées par le décalage horaire et ne pas ressentir la fatigue lors de notre arrivée. Première erreur ! C’était sans compter sur le décalage horaire (+ 3h30) qui nous aura valu une bonne nuit blanche et les nombreux films qui, c'est vrai, ont largement participé à notre éveil.

Mardi 11 Octobre 2016, 12h05, 32°, New Delhi

On ne vous cache pas que ce fut un grand soulagement de retrouver nos sacs à dos à la sortie de l’avion Et oui, il y a toujours ce petit stress, cette montée d’angoisse qui dit : « Et si cette fois, c’est pour moi… Si ma valise n’est pas là, COMMENT JE FAIS ?!». 30 minutes plus tard et après avoir réservé un « pre-paid taxi », service mis en place par la police pour contrôler les arnaques, nous débutions réellement notre aventure.

Dehli, Dehli Dehli, quel gigantesque bordel organisé. A peine avions nous eu le temps de sortir notre ticket de taxi que déjà, Lévana se faisait encercler par les drivers. L’un prenant le chariot, l’autre les sacs, le 3ème le ticket et le 4ème nous ouvrant la porte d’une vieille voiture toute cabossée MAIS aux couleurs des taxis (noirs avec le toit jaune). Nous demandons donc au chauffeur de nous emmener à Mandi House, à l’office de tourisme Himachal Pradesh. Il dodeline de la tête, geste typiquement indien qui peut signifier : « oui », « je ne sais pas » ou « peut-être », et s’élance sur les routes de Delhi. On vous rassure, après cette première expérience, il est strictement hors de question que nous conduisions en Inde.

Lévana : Dans ce taxi, j’ai cru mourir au moins 100 fois. Les indiens ont une façon bien à eux de conduire. Ils klaxonnent à tout va, ils doublent à droite, à gauche, roulent sur 4 files alors que seulement 2 voies sont tracées au sol, on a l’impression qu’il n’existe aucune priorité et aucune règle… En fait c’est juste la loi du plus fort et surtout du plus gros !

Nous vous passerons les 6h d’attente à Delhi, dans le quartier de Mandi House et le trajet de nuit en bus jusqu'à Kullu. La traversée de Delhi nous en a quand même mis plein les yeux ! Du monde, du bruit, des couleurs partout, l'Inde.

Gurdwara, le temple sikh où nous allons séjourner.

Mercredi 12 Octobre, 6h30, Kullu

Notre arrivée à Kullu fut… comment dire… assez soudaine. En effet, le chauffeur devait nous prévenir à l’avance afin de nous laisser le temps de joindre la personne qui devait venir nous chercher, mais comme vous vous en doutez, il ne l’a pas fait. Résultat, il nous réveille et 2 min plus tard, nous sommes sur le bord de la route avec nos sacs, face à un pont, au milieu des montagnes par 8 degrés. Et bien sûr nous n’avons aucun réseau !! Nous décidons donc de partir à la recherche de Gurdwara, le temple Sikh où nous devons séjourner, car après 36h de voyage nous n’avons qu’une hâte, nous reposer enfin. Alors imaginez nos têtes, lorsque le responsable du temple nous fait comprendre, tant bien que mal (il ne parle pas anglais) et de façon très froide, qu’il n’y a aucune réservation à notre nom. Nous appelons donc la personne qui est censée avoir réservé. Après une discussion houleuse avec un sikh, elle nous dit qu’il y a un léger problème. Pour vous faire la version courte, les femmes de l’unité Handimachal avaient bien réservé à un certain Mister Mandeep mais celui-ci a quitté son poste une semaine avant notre arrivée et n’a laissé aucune trace des réservations. En plein festival, le temple étant complet, nous n’étions donc pas les bienvenues. MAIS… en Inde, il y a toujours une solution à tout ! Le propriétaire des locaux de Handimachal finit donc par venir nous chercher au temple pour nous emmener dans sa vaste demeure coloniale (200 ans la maison !) où nous avons pu prendre une douche et nous reposer en attendant d’en savoir un peu plus sur la situation. Vers 16h, après de grandes négociations, l’éducatrice spécialisée de l’unité a réussi à nous libérer une chambre dans le temple.

Le pont qui permet de rentrer dans Kullu 

C'est donc 10h après notre arrivée à Kullu que nous posons enfin nos sacs dans ce qui sera notre chambre pour les 2/3 semaines à venir (150 roupies la nuit par personne soit deux euros) et qui est bien plus confortable que ce que nous avions imaginé !

Dans le prochain article, nous vous raconterons nos premiers pas à l'Unité Handimachal qui nous accueille pour trois semaines !

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Publié le 17 octobre 2016

Qu’est-ce que Handimachal ?

Handimachal est le nom d’un projet de l’association La Maison des Himalayas. Ce projet vit le jour à Kullu en 2009, avec la création d’une unité dédiée au handicap ayant pour objectifs :

- une prise en charge médicale globale d’enfants atteints de handicap physique ou mental avec la présence de kinésithérapeutes, d’ergothérapeutes et d’éducateurs spécialisés.

- L’accompagnement et l’information des familles.

Le programme a également mis en place un système d’aide à domicile pour les familles trop éloignées et ne pouvant se rendre à l’unité.

La prochaine étape d'Handimachal est d’obtenir le statut d’association auprès du gouvernement indien, ce qui lui offrirait un champ d’action plus large.

L’équipe:

Shruti, l’ergothérapeute, revenue il y a quelques jours de Floride où elle prenait la parole dans un colloque sur l’ergothérapie, est en charge de l’unité depuis 4 ans. Elle s’occupe également de la formation des futurs professionnels d’un centre qui est en train de se créer dans la Vallée du Spiti.

Shakuntla, l’éducatrice spécialisée, travaille avec les enfants sur le développement de leur autonomie, leur socialisation et l’apprentissage du langage. Elle a en effet suivi une formation de "speech therapy".

Rekha et Rama sont les deux kinésithérapeutes. Il y a aussi trois C.B.R (community based rehabilitation) qui se déplacent à domicile (dans les petits villages reculés pour prodiguer des soins).

Et enfin Aunti, l’intendante, qui fait les meilleurs tchaï (thé avec du lait et des épices) et Romneek, un jeune homme hémiplégique qui s’occupe de l’administratif.

Le fonctionnement:

Les journées sont rythmées par des séances de 45mn à 1H durant lesquelles les parents peuvent être présents, mais cela est laissé à l’appréciation du professionnel et dans le meilleur intérêt de l’enfant. Chaque professionnel dispose d’une salle dédiée à ses séances : éducation spécialisée/speech therapy, kiné et ergothérapie. Chaque enfant vient en moyen 2 à 5 fois par semaine à l’unité, ils peuvent voir ainsi plusieurs professionnels dans la même semaine.

Les locaux de Handimachal 

Nous avons été très bien accueillies à l’unité, avec beaucoup de gentillesse, ce qui fait que nous nous y sentons vite à l’aise. Lors des premiers jours, avec Shakuntla, nous avons fait la connaissance de Shani, une petit garçon de 3 ans et demi atteint d’autisme et de Nidhi, une petite fille de 8 ans malentendante. Nous avons assisté à leurs séances et c’est incroyable, la manière dont le jeu peut devenir un moyen de communication. Malgré la barrière de la langue, il est facile d'entrer en relation avec les enfants par le jeu, les sourires et les quelques mots d’hindi que nous apprenons jours après jours. Notre intégration se fait très bien et les enfants sont curieux et demandeurs, c’est un vrai bonheur.

Nous assistons également aux séances de kiné avec attention et observons les techniques et les objets utilisés, ainsi que la participation active de l’enfant par le jeu et le chant. Chaque suivi est adapté à la pathologie et aux potentialités de chaque enfant. Comme en France, chaque patient dispose d’un dossier dans lequel les professionnels notent les objectifs à atteindre et l’évolution de l’enfant.

Une séance de kiné 

Samedi matin, nous avons participé à une campagne d’information et de communication dans le festival Dussehra à Kullu ( Festival culturel international ) afin de sensibiliser les différents villages alentours à la cause du handicap et leur parler de ce que fait Handimachal. Shruti, Shakuntla et les autres font cela chaque année à l’occasion de Dussehra. Il est en effet important de pouvoir informer les populations sur les soins existants et les besoins spécifiques des enfants souffrant de handicap. D’après elles, environ 5 enfants intègrent le programme chaque année grâce à cette campagne. Ce fut un moment très intéressant pour nous car nous avons pu rencontrer des gens de la Vallée de Kullu, nous familiariser avec leur culture, et découvrir les professionnels en dehors du cadre de l’unité.

Dussehra festival 

D'un point de vue général, nous nous faisons plutôt bien au rythme indien. Nous commençons à avoir nos petites habitudes dans les « daba » (snack indien), nous profitons de notre jour de repos (le dimanche) pour découvrir les montagnes environnantes et le soir nous allons profiter de l’ambiance de Dussehra et faire le plein de couleurs, de musiques et d’animations. Il n’y a pas à dire, la vie à Kullu se révèle pas à pas pour nous deux !! Mais nous vous donnerons tous les détails dans le prochain article, c'est promis ! 😉

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Publié le 29 octobre 2016

Manon: Comment ne pas vous parler des visites à domicile ? Quel bonheur et quelle expérience ! Nous avions abordé très rapidement les CBR dans l'article précédent alors je vais essayer d'être plus précise.

Place centrale de Manali 

Les CBR (community based rehabilitation) sont des salariées du programme réparties sur trois secteurs, trois villes: Kullu, Manali et Nagar. Elles se rendent quotidiennement aux domiciles des familles pour assurer des séances de kiné auprès des enfants atteints, pour la plupart, de "cerebral palsy" (infirmité motrice cérébrale). Shalu, Savitri et Manisha voient chacune une dizaine d'enfants par semaines.Il y a deux raisons à la mise en place de ce type de prestation: l'éloignement géographique d'une part et la condition physique de l'enfant de l'autre. En effet, nous avons pu remarquer le manque de matériels adéquats et le fait que les transports ne sont absolument pas adaptés pour les personnes à mobilité réduite.

Manisha et Shalu 

C'est donc avec chacune d'elles que nous nous sommes rendues dans les familles et que nous avons rencontré ces enfants. Se rendre chez les gens dans ce cadre, c'est pénétrer leur intimité et pourtant nous avons été accueillies avec une immense générosité et nous avons pu partager des moments très forts. Ce fut notamment le cas avec Chanderkiran, 10 ans, avec qui nous avons pu rentrer rapidement en relation en utilisant le téléphone portable (selfie, photos et musique) comme moyen de communication et de jeux. Son sourire communicatif et son rire m'ont fait beaucoup de bien. Levana m'a même dit: "C'est pour des moments comme ça que j'ai voulu faire ce boulot et que notre projet prend tout son sens".

Chanderkiran et Bansh 

Mais c'est ma rencontre avec Sonari, 16 ans, polyhandicapée qui a été d'une grande intensité. En visite sur le secteur de Nagar, nous avons découvert cette jeune fille, au deuxième étage d'une maison très ancienne. Elle etait étendue sur un lit, devant la télé et son sourire, lorsqu'elle nous a vues, m'a littérallement bouleversée. Je ne sais pas si c'était l'ambiance du lieu, sa beauté (elle avait des traits très fins et un sourire magnifique), son regard ou la volonté et l'énergie qu'elle mettait pour réussir les exercices de kiné qui m'ont émue, mais sa situation et sa force me font me poser beaucoup de questions.

Et pour les autres ? Pour ceux qui n'ont pas la chance d'être suivis, que ce soit en Inde, en France ou ailleurs dans le monde ? Je sais que nous agissons à notre échelle mais cela semble infime face à tout ce qu'il y aurait encore à faire. Ces instants beaux et intenses, c'est pour ça que nous avons crée ce projet !

Séances à domicile 
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Lévana : En ce qui me concerne ces deux premières semaines sont synonymes de découverte. Chaque chose que je fais, que je vois, que je mange, que j'écoute, que je sens, que je ressens, c'est pour la première fois ici.

Que ce soit la cuisine indienne qui éveille les papilles à grand coup d'épices et de piment (un peu trop parfois à mon goût 😉 ), les montagnes alentours qui ne demandent qu'à livrer leurs secrets, les temples dans lesquels les fidèles viennent déposer des offrandes et allumer de l'encens créant ainsi une ambiance apaisante et mystique à la fois....

Thali, LE plat typique et les débuts de l'Himalaya 
Bekhali Temple  

...les chants religieux matin et soir du temple où nous dormons, les heures passées sur les banquettes de bus cabossés, la richesse et la sincérité des rencontres que nous faisons, l'hindi dont nous essayons d'apprendre quelques mots (tchelo, déniébat, hao, abka naam kia hé? en phonétique biensûr 😀), les vaches paisibles au milieu des rues...

... les saris des femmes tous plus colorés les uns que les autres, les dessins à l'henné qu'elles se font sur les mains et les pieds pour les célébrations culturelles et religieuses, Dussehra*, le balais incessant des rickshaws jaunes et noirs, le regard interrogateur des gens à notre passage (et oui, nous sommes des observatrices observées), autant de chose et j'en oublie, qui non de cesse de bousculer mes sens et mes émotions.

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Le PPC (Petit Point Culture):

Festival international de Dussehra. Cette grande fête, qui a eu lieu du 11 au 18 octobre, célèbre la victoire de Raghunath Ji, le dieu le plus important de la vallée de Kullu, contre le roi-démon Ravana. Le premier jour, plus de 200 divinités de villages arrivent à Kullu après avoir été portées, à pieds, pendant plusieurs jours. Parées de superbes guirlandes et de tissus de toutes les couleurs, elles descendent sur les terrains de Dussehra au son des tambours et des trompettes géantes. Le reste de la semaine est essentiellement une grande foire, où nous avons pu assister à des spectacles de danse et de musique traditionnelles. Un plaisir pour les yeux et les oreilles.

On espère que cet article vous a permis de voyager un peu avec nous. Sachez qu'on prend un plaisir fou à vivre ces aventures !

En attendant le prochain article, vous pouvez toujours nous suivre sur notre page Facebook 😉

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Publié le 10 novembre 2016

En Inde, environ 60 millions de personnes sont en situation de handicap (physique et mentale), soit l'équivalent de la population française. Mais pour autant, le parcours d'une famille ayant un enfant handicapé y est souvent très compliqué. D'une part, ces familles sont confrontées au quotidien à la discrimination et à la stigmatisation, ce qui les poussent parfois (notamment dans les campagnes) à cacher leur enfant. D'autre part, les pouvoirs publics se désintéressent de cette thématique et il est difficile de faire respecter les droits des personnes en situation de handicap. De plus, le corps médical, manquant de formations et d'informations, n'est pas au fait des différents types de prise en charge possibles et ne sait souvent pas vers qui orienter les patients. Il peut alors se passer plusieurs mois, voir des années avant qu'une famille de la région ne pousse les portes d'Handimachal. Dans la plupart des cas, cela est possible grâce au bouche à oreille et à la communication faite par l'équipe lors de grands évènements (Dussehra).

La première visite à l'unité s'éffectue en deux temps:

- Un premier point est fait sur la situation de l'enfant mais aussi celle de sa famille (environnement, revenu etc...). La plupart du temps, l'équipe se rend compte qu'aucun diagnostic n'a encore été posé. Causes, traitements éventuels, médicaux ou thérapeutiques, matériels adaptés... la famille ne sait absolument rien du handicap de son enfant et a plutôt tendance à l'associer à la religion. La condition de l'enfant serait le résultat d'un mauvais karma dans les vies précédentes ou d'une malédiction, d'un sort. D'où l'importance pour les professionnelles d'informer les familles sur les causes du handicap et l'importance d'une prise en charge thérapeutique.

Les enfants et leur famille 

- Puis, la première séance, cruciale, permet de poser un diagnostic. Cette séance comporte une partie avec la kinésithérapeute afin d'évaluer les capacités physiques de l'enfant et une partie avec l'ergothérapeute pour voir de quelles manières il serait possible d'adapter son environnement.

Les différents stades de développement moteur chez l'enfant animés par Nidhi

L'équipe va ensuite expliquer à la famille les différents types d'accompagnements proposés, le fonctionnement de l'unité et demander aux parents ce qu'ils attendent des professionnelles. Ensemble, ils vont discuter des besoins de l'enfant et mettre en place un planning. Les deux ou trois séances qui suivent se font en deux parties: kiné/ergo et orthophonie/éducation spécialisée afin d'évaluer plus précisement les besoins de l'enfant et ainsi ajuster la prise en charge et la fréquence des séances. Par exemple, la kiné pourra travailler sur la posture de l’enfant, son assise, les étirements et les étapes vers la marche. Certains enfant vont nécessiter un accompagnement pluridisciplinaire tandis que d'autres auront simplement besoin de séances de kiné ou d'ortophonie.

 Différents exercices lors des séances

Durant tout le suivi de l'enfant, un dossier est constitué. On y retrouve les premières évaluations, le diagnostic, les informations spécifiques, le déroulement des séances et les objectifs à long terme. Ce fonctionnement que nous retrouvons également en France a été amené par une kiné bénévole venue passer quelques mois à l'unité. L'influence des volontaires a fortement participé à l'évolution des pratiques et du fonctionnement d'Handimachal.

Toutes ces séances, ces rencontres et le temps passé auprès des professionnelles de l'unité nous ont permis d'enrichir notre propre pratique et de porter un nouveau regard sur l'accompagnement d'enfants en situation de handicap ! Un grand merci à toute l'équipe et aux enfants, à la joie de vivre et aux sourires communicatifs 😀

PS: Pour mieux vous rendre compte de l'environnement dans lequel nous évoluons, voici le reportage d'un ancien bénévole sur les C.B.R avec qui nous avons passées plusieurs jours et dont nous vous avons parlé dans le dernier article 😉

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Publié le 24 novembre 2016

Le 11 Novembre nous avons dit au revoir à Kullu et Manali après un mois de rencontres, de premières fois et d’acclimatation. Puis nous avons traversé l’Inde, du Nord au Sud, de Manali à Varkala en passant par Delhi, Kochi et Allepey. Nous avons quitté les montagnes pour le bord de mer, le froid pour des températures tropicales, les thalis pour les dosas, les penjabs pour les saris et les Gurdwaras pour les temples hindous. Nous avons pris des bus et des trains, de nuit et de jour, des rickshaws, un avion, un bateau, un taxi et nous avons marché, marché encore avec nos 16 kilos sur le dos. Aujourd’hui à Madurai, dans le Tamil Nadu, nous pouvons enfin prendre le temps de vous raconter étape par étape ces deux dernières semaines de voyage.

Delhi, Kochi, Allepey, Varkala. 

Au moment où nous avons rejoint Delhi, un gros pic de pollution touchait la capitale indienne et le gouvernement venait d’annoncer le retrait des billets de 500 et 1000 roupies. Climat donc très étrange entre cet espèce de brouillard opaque et les indiens qui par milliers font la queue devant les banques et les distributeurs. Fatiguées après la nuit de bus, nous avons quand même décidé de partir à la découverte de cette immense ville et de profiter de nos 24h sur place pour voir le Fort Rouge, la Mosquée Jama Masjid et le plus grand Gurdwara de Delhi. Au passage on a rencontré Camille, une française qui venait juste d’atterrir. Baptême du feu pour elle car toute première fois en Asie mais rassurée de ne pas être toute seule 😀 Delhi, c’est une immense fourmilière, ça grouille de partout ! Traverser une rue c’est comme traverser le troupeau de gnous lancés à plein galop dans le Roi Lion, vous ne pensez pas que c’est possible et pourtant, sans savoir comment vous vous retrouvez de l’autre coté ! Bref, on a passé une super journée et on a fini la soirée sur un rooftop avec une vue à couper le souffle, elle est pas belle la vie ? 😉

Delhi et ses rues 
Un peu de tourisme et de chouettes rencontres
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LE PPC (Petit Point Culture pour ceux qui auraient oublié 😉)

Afin de lutter contre la fraude fiscale et le phénomène "black money", le gouvernement indien a décidé, dans la nuit du 8 novembre 2016 de suspendre la circulation des billets de 500 et 1000 roupies indiennes. Un programme d’échange des anciens billets par de nouveaux billets de 500 et 2000 roupies a été mis en place et après 2h d'attente à la banque, une photocopie de notre passeport et de notre visa, et un papier de demande officielle rempli (non sans mal), nous avons pu changer 4000 roupies chacune (soit environ 60e). D'autre part, faute de liquidité, beaucoup de distributeurs ont fermé, autant vous dire qu'il faut s'armer de patience quand on en trouve un qui fonctionne car on est pas les seuls sur le coup (limite 2000 roupies par jour et par personne). Les autorités indiennes ont annoncé qu’il faudrait au moins 50 jours pour revenir à la normale.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, voici un article du quotidien Le Monde qui résume bien la situation actuelle en Inde.

8h du matin, déjà des centaines de personnes attendent devant les banques et après 4h de marche nous on rentre bredouille :)
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Publié le 5 décembre 2016


C’est vert, regarde !!! Y a des bananiers, des cocotiers, des buffles »

Ah ça oui, c’est même tropical ! A la sortie de l’avion (Delhi-Kochi), la chaleur et l’humidité nous ont coupé le souffle l’espace d’un instant. C'est incroyable comme en quelques heures on a complétement l'impression de changer de pays ! On entraine deux suèdoises un peu perdues avec nous pour prendre le bus local qui va à Fort Kochi (2h) parce que oui, les bus, ça nous connaît maintenant 

Guide pratique du bus indien en 4 étapes:

- Demandez à n’importe qui quel bus va où, attendre que cette personne demande elle-même à 10 autres personnes, puis faire confiance et se laisser guider.

- Une fois que vous êtes dans le bus, sans fenêtre ni porte, au grand air, asseyez vous et attendez qu’un contrôleur vienne vous demandez où vous allez et qu’il vous vende votre billet.

- Demandez combien de temps le bus va mettre jusqu’à votre arrêt (nécessaire pour avoir une idée de quand descendre).

- Puis, lorsque le contrôleur vous fait de grands signes en dodelinant de la tête, descendez ! Normalement (je dis bien normalement car on a eu quelques loupés), c’est que vous êtes bien arrivés.

Difficile de savoir quel bus prendre sans demander 😀

Et maintenant, un peu d'Histoire, ça vous dit ?

Kochi et la côte Malabar ont été découverts vers 1502 par Vasco de Gama, un grand navigateur portugais. A la suite de quoi la ville tombera successivement entre les mains des hollandais et des anglais. De ce passé exceptionnel, la ville a conservé une grande diversité architecturale. On y trouve aussi bien des synagogues, des vieilles demeures portugaises, des temples hindous que de nombreuses églises. Cependant, il y a deux choses qu’il faut voir lorsque l’on vient à Kochi : les carrelets chinois et le kathakali.

Bon... nous, on a aussi trouvé une troisième attraction ! Jamais sans ma chèvre 😉

Le carrelet chinois est un systèmes de pêche importé par des marchands au 14ème siècle. Les pêcheurs (entre 4 et 8 sont nécessaires) abaissent le filet une minute dans l’eau, puis, le relèvent grâce à un système complexe de cordages, de poulies et de contrepoids. Le poisson alors péché est revendu immédiatement sur la jetée. L’animation en fin de journée, quand il fait moins chaud, y est très agréable. Les familles, les couples, les touristes, tout le monde se promène et on s’arrête parfois pour observer des pécheurs, de l'eau jusqu'aux genoux, jeter inlassablement leurs filets dans les vagues.


Quant au kathakali, c’est grâce à Babu, le propriétaire de la guesthouse dans laquelle nous étions, que nous avons pu assister à une représentation. Le kathakali est une forme de théâtre dansé. Les acteurs ne parlent pas, tout passe par les expressions du visage, le regard et la gestuelle qui sont accentués par des costumes, du maquillage haut en couleurs et de la musique. Qu’on aime ou qu’on aime pas, on ne peut être qu’impressionné par la performance.

Une vidéo c'est quand même plus parlant ! 

Nous voudrions vraiment terminer par un petit mot sur Tantraa Homestay, notre guesthouse. Si vous passez par Kochi un jour, on ne peut que vous recommander cet endroit. Babu a réussi à créer un espace chaleureux, qui favorise les rencontre et dans lequel on aimerait pouvoir rester plus longtemps. Nous y avons d’ailleurs rencontré Marlène, une berlinoise qui arrivait tout droit du Sri Lanka. Elle avait pour projet en quittant l’Allemagne de voyager seule pendant 4 mois mais se laisse guider au fil des rencontres. Elle a alors décidé de prendre la route avec nous. On a donc quitté Tantraa, à trois, en direction des backwaters.

PS: L'émission du Téléthon est terminée, mais la collecte continue ! Vous pouvez toujours faire un don au 3637 ou en cliquant sur https://don-m.telethon.fr

Même à l'autre bout du monde il faut être solidaire 😀 !

16
nov

Alappuzha, le coeur des backwaters

À peine arrivées, nous décidons de poser rapidement nos bagages et de courir à la plage ! Ni une ni deux, nos maillots dans le sac à dos, nous sautons dans un rickshaw. A nous Allepey Beach !

Alappuzha Beach

La plage est immense et lorsque nous arrivons, le soleil va bientôt se coucher. Les familles sont réunies, les enfants font voler des cerfs-volants, les gens marchent pieds nus au bord de l’eau, au loin des pêcheurs mettent leur bateau à l’eau pour la nuit. Quel plaisir, quel bonheur de retrouver la sensation du sable entre les doigts de pieds. Nous nous installons donc dans une petite paillote; rien de mieux qu’un lassi à l’ananas pour profiter de ce spectacle. Mais Alappuzha et ses environs regorgent aussi de temples plus impressionnants les uns que les autres.

Et comment ne pas parler des backwaters ? Cet ensemble de centaines de canaux et rivières, bordés de palmiers, qui traversent les terres. Utilisés pour le transport et le commerce des épices et du riz entre autres, les backwaters ont permis le développement de la région. Il est donc possible d’y naviguer de différentes manières : en Houseboat (gros bateau touristique loué pour 1,2 ou 3 jours), en barque ou en ferry. Pour notre part, nous avons choisi le férie pour Kottayam (2h30), nous permettant de découvrir les backwaters à travers les yeux des locaux qui l’empruntent tous les jours pour leurs déplacements.

D'Alappuzha...

 ... à Varkala, le petit Goa

Un ferryboat, un rickshaw, deux trains et 8 heures plus tard, nous posons les pieds à Varkala. Autant vous prévenir tout de suite, au programme : plage, farniente et baignade. Pendant 4 jours, c’est donc ce qu’on a fait ! Parce que oui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, voyager en sac à dos ce n’est pas toujours de tout repos ! Nous n’avions pas imaginer le temps et l’énergie qu’allait nous demander l’organisation de ce périple au quotidien.

Mais on ne se plaint surtout pas, loin de là, ça demande juste un peu de rodage et ça nous donne une raison de nous la couler douce à Varkala 😋

Varkala est un petit havre de paix d’où s’élèvent des airs de guitare, de Bob Marley et de Tracy Chapman. Ici, le maître mot c’est Shanti Shanti (doucement) et les dauphins sauvages viennent vous dire bonjour à votre arrivée. Le long de la falaise qui longe l’océan et qui relie les deux plages, nous avons passé nos soirées, françaises et allemande à se raconter nos vies à la lueur des bougies et à se répéter : Il est vraiment parfait cet instant non ?

Mais après 4 jours de détente absolue, il était temps pour nous de repartir à l’aventure et ça n’a pas loupé ! On a vécu quelques péripéties mémorables mais ça… c’est pour le prochain article 😋

28
nov
28
nov

Le 28 novembre dernier, nous avons rencontré Shyam, le chargé de communication de l'association AMBA for Life à Bangalore.

En Inde seulement 1/4 des assos travaillant dans le milieu du handicap sont consacrées aux adultes en situation de handicap mental

Fondée en 2004, AMBA est une ONG qui comprend un centre de formation professionnel et fournit des emplois à des adultes présentant un handicap mental modéré ou sévère (QI inférieur à 65). Leur travail consiste en un exemple très simple:

Imagine toi, lecteur, devant aller acheter ta première carte sim, en Inde, lors de tes prochaines vacances 😉 Tu devras alors remplir un formulaire papier avec: nom, prénom, adresse locale, adresse française, numéro de téléphone, mail etc... L'entreprise de téléphonie à laquelle tu auras acheté ta carte, va ensuite transmettre ce formulaire à un salarié d'AMBA for Life qui sera chargé de le numériser (en rentrant sur un logiciel toutes tes petites infos) ! En résumé, les entreprises qui sous traitent avec l'association fournissent toutes leurs données afin qu'elles soient numérisées.

La formation à cet emploi s'effectue en 3 temps:

  • L'apprentissage de l'alphabet anglais à l'aide de moyens visuels (ex: cartes de couleurs avec des lettres)
  • Une formation aux technologies de l'information, à l'utilisation d'un ordinateur.
  • Une phase de simulation et de mise en situation.

La particularité d'AMBA, c'est que chacune de ses phases s'effectuent en binôme: une personne en situation de handicap mental ayant déjà suivi la formation "parraine" une autre personne handicapée en apprentissage. Et il en sera de même lors de la prise de poste. Les personnes travaillent par paires, afin de palier aux difficultés de chacun. Contrairement aux structures que nous connaissons en France, dans lesquelles des éducateurs spécialisés, éducateurs techniques, interviennent et supervisent le travail des employés, à AMBA, c'est ce travail en binôme qui permet l'autogestion et l'absence de salarié "non porteur d'un handicap". Shyam nous a d'ailleurs donné un exemple très concret pour nous expliquer le bénéfice de ce fontionnement: "Imaginez que je suis l'éducateur et que vous êtes le salarié. Notre esprit ne fonctionne pas aussi rapidement ou synthétiquement. Même en y mettant plein de bonne volonté, je vais manquer de patience pour vous expliquer et pour avoir un réel rapport d'égalité. Si vous mettez deux personnes qui ont la même manière de réfléchir, et c'est aussi une des grandes qualités de nos salariés, ils sont en mesure de prendre tout le temps pour vous expliquer en détails et vous guider, de manière beaucoup plus concrète et accessible."

L'impact de cette insertion professionnelle, impossible en milieu ordinaire, est pluriel:

En premier lieu, le rapport à la famille change considérablement. En effet, en Inde, les personnes en situation de handicap mental sont exclus du système scolaire dès la fin du collège (14 ans), lors du passage d'un examen important auquel ils échouent. Shyam nous expliquait que s'ils parviennent jusqu'à cette classe, c'est parce que les professeurs leurs font passer tous les niveaux (ils faussent les notes) en sachant que lors de cet examen anonyme (un autre professeur corrige la copie) l'élève sera en situation d'échec. Une fois sortie du milieu scolaire, les adolescents sont donc contraints de passer tout leur temps chez eux, sans aucune perspective d'avenir. Pour les familles, ils deviennent donc un poids et sont, en conséquences, exclues de la société.

Ainsi, en leur donnant une formation et un travail, AMBA leur permet de se réintégrer. Leurs familles ne les voient plus uniquement comme une charge, étant donné que eux aussi travaillent, eux aussi ramènent à manger sur la table et participent financièrement à la vie familiale. Cela change donc considérablement les relations et la considération de la famille.

Dans un second temps, le fonctionnement par paire et les possibilités d'évolution professionnelle au sein d'AMBA permettent de responsabiliser et de valoriser chacun des salariés qui gagnent ainsi en confiance et en estime d'eux mêmes.

Ce processus (formation, emploi et fonctionnement) innovant a d'ailleurs été breveté par l'association qui est parvenue à l'étendre à 247 "Certified Partner Center" (sorte de franchises) à travers 24 états du pays. Cela représente plus de 8000 salariés dont 155 au centre principal de Bangalore. Pour devenir un partenaire, AMBA n'a que deux exigences: être enregistrée en tant qu'association et employer plus de 20 salariés en situation de handicap mental. Ces conditions réunies, le centre de Bangalore prend en charge la formation pendant une semaine d'un salarié et d'un représentant de l'association.

Shyam Coutinho 

Une belle rencontre, une deuxième association très intéressante, que du plaisir. Shyam nous a reçu avec enthousiasme comme de futurs partenaires potentiels, en vue d'un possible développement à l'international 😉! Quant à nous, nous avons trouvé dans le fonctionnement de l'association plein de bonnes idées et une approche profondément humaine. Nous sommes sorties de cette rencontre plus motivées que jamais et avec l'impression que l'aventure HandiAsie ne va pas cesser de nous surprendre ! 😀


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Publié le 14 janvier 2017

Après trois semaines de vadrouille à visiter des lieux toujours plus incroyables les uns que les autres et à faire de belles rencontres, nous retrouvons enfin une connexion internet suffisamment bonne pour vous souhaiter à toutes et à tous... UNE BONNE ANNEE 2017 ! Continuons de faire vivre nos envies et réaliser nos rêves 😉

En pleine rédaction de l'article ! 

Attention... retour en arrière ! Après Varkala dont nous avions parlé dans un autre article, nous avons vécu notre première aventure ferroviaire, "la jungle class expérience" !

Car nous sommes des aventurières optimistes, nous avons essayé de prendre le train de nuit (Varkala-Madurai), sans avoir réservé au préalable et en pensant qu’il y aurait encore des places disponibles. Erreur ! Imaginez nos têtes, quand au guichet, nos 16 kilos sur le dos, on nous a annoncé que le train était complet. Nos seules options : booker pour un autre jour ou voyager pendant 8h dans la « jungle classe » (sans couchette et surpeuplée car il s’agit du wagon le moins cher et sans réservation). Mi inquiètes, mi excitées, on a relevé le défi !

C'est l'aventure !  

Quelle expérience ! Nous avons passé la nuit dans un compartiment exclusivement réservé aux femmes. En effet, à 22h, un policier monte dans le wagon pour dire à tous les hommes (de manière un peu sportive) de descendre et d'aller s'installer ailleurs. Une fois entre filles, nous avons papoté yoga, cuisine et religion jusqu’à ce que le temps du coucher s’organise. Les femmes de castes supérieures s’installent, en première, sur les couchettes improvisées et les autres prennent les autres places (assises pour la plupart). Une vraie micro société ! Pour notre part, on a passé la nuit tête bèche sur une banquette. Pas si terrifiant finalement !

L'Inde sans ses trajets en trains ? Ce ne serait pas l'Inde 😉

Arrivée à 5h du matin à Madurai, nous avons vite rejoint l’hôtel pour dormir un peu avant de partir à la découverte de cette nouvelle ville. Si Chennai (Madras) est la capitale du Tamil Nadu, Madurai en est l’âme. Ville tamoule par excellence, Madurai est l’une des plus anciennes cités d’Inde.

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Premier jour: le temple Sri Meenaskhi

Emblème de la ville, il fait partie d’un des plus grand temple d’Inde. C'est la demeure de la déesse guerrière Meenakshi et il est pour beaucoup le summum de l’architecture sacrée d’Inde du Sud, un patrimoine aussi capital pour la région que le Taj Mahal l’est pour l’Inde du Nord. Il est entouré de douze hauts gopuras (grandes tours que vous pouvez voir sur nos photos), sculptés d’innombrables dieux, déesses, démons et héros (on en compte 1 511 sur le seul gopura sud).

Gopuras 

Après une fouille au corps minutieuse (bien qu’un peu gênante par une policière), c’est la première fois que nous voyions autant de monde dans un temple. Il est difficile de décrire la scène mais en face de chaque tour, une queue de 500 mètres et des centaines de personnes attendent de pouvoir visiter le temple ou de se recueillir dans des salles exclusivement reservées aux hindous. Pour vous donner une idée de la taille du temple, nous avons eu la chance d’assister, par le plus grand des hasard, à une procession religieuse très impressionnante. En tête du cortège, une sorte de buffle et un éléphant orné de parures colorées qui, en échange d’une petite pièce, bénit les fidèles en posant sa trompe sur leurs têtes. Derrière eux, par centaines, des hindous prient au rythme des musiciens. Ebahies par ce spectacle et l’incroyable ferveur qui émane de ce cortège, nous suivons la foule. Nous nous retrouvons alors, au centre du cortège, encerclées et bousculées de toutes parts par des hindous voulant se trouver au plus prêt de leur divinité (représentée par une sculpture portée par des dizaines d’hommes). Les chants, les odeurs d’encens, les bougies et ce lieu incroyable nous ont littéralement transporté. Car en plus d’être immense, des milliers de sculptures font de ce temple un lieu unique. Les photos étant strictement interdite à l’intérieure, on vous laisse faire appel à votre imagination ;)

Les abords du temple et une photo prise devant le bassin intérieur 

Deuxième jour: Les marchés

Deux endroits pleins de couleurs et de senteurs dans lesquels nous avons fait de très jolies rencontres avec des marchands. Très accueillants et toujours le sourire aux lèvres, nous nous sommes rapidement retrouvées avec des colliers de fleurs autour du cou, des roses dans les cheveux et des bananes dans les poches !

Marché aux fleurs et marché aux bananes  

Troisième jour: le coin des tailleurs

Cet ancien temple du XVIème siècle renferme quantité d’étals d’artisanats, de tailleurs devant leur machine à coudre, de bouquinistes et de commerçants de tissus. Si vous y regardez de plus près, vous pourrez même apercevoir les vestiges du temple et ses magnifiques sculptures. On en a d’ailleurs profité pour affiner notre technique de négociation et se faire faire des tuniques indiennes et des pantalons.

Madurai c’était pour moi une découverte en 2007. J’ai eu la chance de voir cette incroyable ville en famille et j’ai tenu à y retourner car toujours imprégnée du lieu. Des souvenirs, j’en avais par dizaine, alors quel plaisir de retrouver la même sensation qu’il y a 10 ans. Madurai est une très belle représentation de l’Inde, de sa diversité culturelle, religieuse et de sa mixité sociale. A la fois bruyante et fascinante, la ville ne semble jamais s’arrêter.

L’ambiance qui s’en dégage, cet espèce de grand bazar, de souk à ciel ouvert, ses vendeurs ambulants et la sympathie de ses habitants n’en rendent la ville que plus accueillante.

Nous y avons passé trois jours, complètement magiques !


Alors avis au voyageur, Madurai, on ne la visite pas de 8H à 19H. Privilégiez le matin et la fin de journée, les moments où la ville grouille plutôt que les après midi sous un soleil ardent.

Manon


La ville qui ne dort jamais  

Le PPC (Petit Point Culture):

L'Hindouisme

Pratiqué par 80% de la population, c'est la religion qui prédomine largement en Inde. Ses racines remontent à plus de mille ans avant notre ère. L’hindousime n’a ni fondateur ni autorité centrale. Les hindous croient au « Dieu » brahman, éternel, incréé et infini. Le panthéon hindou compterait près de 330 millions de divinités. Chacun choisit celles qu’il vénère en fonction de ses affinités personnelles ou de la tradition. Une vie vertueuse et le respect du dharma (code moral de comportement et d’obligations sociales) accroissent les chances de se réincarner dans une caste supérieure. En revanche, un mauvais karma peut conduire à la renaissance sous la forme d’un animal.

Pendant notre voyage, nous nous rendons compte que la religion imprègne fortement la plupart des aspects de la vie en Inde: dans les codes vestimentaires, la manière de se saluer, d’enlever ses chaussures à l’entrée de certains endroits et la façon pour les femmes de porter les bijoux et les points colorés sur le front (Tilak). Sans nous en rendre forcément compte et pour nous adapter, nous avons aussi adopté certains comportements. Par exemple, nous couvrons nos cheveux et enlevons nos chaussures quand nous rentrons dans un temple; Pour payer, donner ou recevoir quelque chose nous utilisons toujours la main droite (la gauche étant impure) ou encore, pour saluer, nous joignons les mains devant notre poitrine.

Que ce soit dans les temples, dans les bus, les tuk-tuk ou les magasins, la religion est représentée 
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Publié le 28 janvier 2017

L' état du Karnataka

Mysore est une ville à taille humaine, un grand bol d’air frais. On peut découvrir une grande partie du centre ville (ses marchés, ses artisans et ses monuments) en vagabondant à travers les rues. C’est ainsi que nous sommes tombées sur un sacré personnage : MASTER BLASTER. Chauffeur de rickshaw et guide touristique à ses heures, il a su attiser notre curiosité avec humour et bonne humeur. Pour quelques roupies, il nous a fait découvrir la vieille ville et ses secrets. Dans son rickshaw tunné, les Spice girl à fond les ballons, il nous a emmené à la rencontre des artisans qui travaillent le bois, des rouleurs de bidis (cigarettes indiennes feuille de … et tabac), d’un passionné d’huiles essentielles et d’encens, sans oublier la visite du marché à la tombée de la nuit.

L'artisanat  

Mais Mysore c’est aussi le temple Sri Chamundeswari perché à 1062 mètres sur la montagne Chamundi Ill et réputé pour sa vue imprenable sur la ville. Ce lieu de culte qui n'est pourtant pas très grand, rassemble des milliers de fidèles chaque jour. Les gens se poussent, s’entassent à l’entrée, entre les vaches, les singes chapardeurs et les marchands ambulants. Nous nous faisons bousculer de toute part et cette folie nous fait rire car nous commençons à être habituées ! A l’intérieur, nous prenons le temps d’écrire nos carnets ce qui ne manque jamais d’attiser la curiosité des plus petits et des plus grands.

Pour terminer, nous n'avons pas pu passer à côté du palais historique de Mysore qui est l’un des plus grands bâtiments royaux d'Inde. Il était l’ancien siège des Wodeyars (maharajas de Mysore), qui ont gouverné l’État princier de 1350 à 1950. Le palais abrite deux grandes et opulentes salles de réunion et de cérémonies appelées « durbars » et dix-huit temples. Nous y avons passé tout un après midi, admiratives devant la beauté du lieu mais également devant ces dizaines de familles habillées sur leur 31.

Parfois où ne sait plus où regarder ! 

Après trois jours de ballades, il est temps de faire nos sacs et de prendre un bus de nuit en direction de l’incroyable Hampi, site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO !

Trouver des mots pour décrire Hampi est difficile. Majestueux, mystique, fascinant, spirituel, nous avons passé une semaine avec un sentiment de liberté et de sérénité total. Pour vous donner une idée, Hampi est un village mais surtout le site de la dernière capitale du grand royaume hindou de Vijayanagar, dont les princes extrêmement riches firent édifier des temples et des palais au XIVe. Conquise par la Confédération islamique du Deccan en 1565, la ville fut livrée au pillage pendant six mois puis abandonnée. Aujourd'hui, il reste de nombreux vestiges de l’empire de Vijayanagara. En effet, plus de 1 600 ruines subsistent : ensembles royaux et sacrés, temples, sanctuaires etc... Se balader à Hampi c'est se perdre dans l'Histoire et grâce à son imagination, reconstituer à chaque découverte d'une ruine, la vie d'un empire.

Nous avons donc loué un scooter pour partir à la découverte des 4000ha du royaume. En une semaine, nous n'avons vu qu'une infime partie d'Hampi mais la magie a opéré.

Petite sélection parmis les milliers de photos que l'on a... 

L' état de Goa 😎

Après Hampi et avant de rejoindre la troisième association, nous avons fait une petite halte à Agonda Beach avant la grosse saison touristique. On avait tellement entendu parler de cet état mythique et réputé pour ses plages et ses fêtes. Quelques images juste pour vous embêter 😉

18
déc

Après le Karnataka et Goa, nous avons rejoint Pune, dans l'état du Maharashtra, le 18 Décembre pour rencontrer la troisième association de notre voyage lors d'une journée particulière: les 19 ans de Schizophrenia Awareness Association.

Cette association a été fondée par le Docteur Jagannath Wani, un indien installé au Canada dont la femme était atteinte de schizophrénie. C’est son expérience à ses cotés qui l’a poussé à créer Schizophrenia Society of Alberta (Canada) en 1980. Encouragé par le succès de l’association, Docteur Wani a ensuite décidé de reproduire la même chose dans son pays natal, l’Inde, où le besoin était/est encore plus prononcé. C’est ainsi que Schizophrenia Awareness Association (SAA) a ouvert ses portes à Pune le 18 Décembre 1997.

Le président de l’association, Monsieur Bakshy (qui nous a si gentiment invitées) est lui-même l'aidant depuis 20 ans de sa fille, Ricksha, atteinte de schizophrénie. Il vient de publier un livre dans lequel il raconte le parcours de sa fille et son histoire, en tant que parent, avec toutes les difficultés auxquelles la famille a été confrontée : méconnaissance de la maladie, essais thérapeutiques (électrochocs), dépression etc… Puis, il y explique avec des mots très simples et accessibles à tous, les différents types de maladie mentale. Il donne également des clés aux aidants pour mieux appréhender la maladie de leurs proches dans le but de faciliter leur quotidien. Lorsque nous parlerons d’aidants, il faut savoir qu’il s’agit, en Inde, essentiellement de la famille, à la différence de la France, où le terme « aidant » inclut généralement les professionnels.

Amrit Bakshy (deuxième en partant de la gauche) et le médecin qui l'a aidé dans l'écriture de son livre (au milieu)

Au cours de cette première journée particulière au sein de SAA, nous avons pu entendre de nombreuses personnes (familles, médecins, professionnels du social…) venir saluer le livre de celui qu’ils appellent « Oncle », l’aidant de tous les aidants.

Témoignage de la mère d'un enfant autiste et schizophrène:

"Je ne savais plus quoi faire, j'étais complètement perdue face aux difficultés que rencontrait mon fils. A cause de son problème de communication, il ne parvenait pas à s’exprimer et devenait de plus en plus violent. La lecture du livre de M. Bakshy m'a apportée certaines connaissances sur la maladie de mon fils et m'a permis d'acquérir des outils pour m'aider à gérer son comportement. Avant, je paniquais quand les crises arrivaient mais, désormais, je peux prendre du recul, expliquer les choses à mon fils et ainsi gérer les urgences ".


Ce jour d'anniversaire pour SAA, après la pause déjeuner, alors que Manon discutait d'HandiAsie avec quelques personnes, le vice président lui a demandé de bien vouloir prendre la parole devant l'assemblée afin de présenter notre projet.

La présence de nombreuses ONG et professionels a rendu les discussions et les débats autour de l'insertion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap mental très intéressants. Selon Madame Mirashi, directrice d'une association: " Il faut absolument éduquer et sensibiliser les nouvelles générations. La plupart du temps, l'intégration professionnelle des personnes atteintes de handicap mental est mise en échec pour deux raisons majeures: 1. Elles occupent un poste mal adapté qu'elles n'ont pas choisi. 2. Leurs employeurs ne prennent pas en compte leurs difficultés car ils manquent d'informations et de formations pour intégrer ce type de public."

 Nous assistons (2ème rang) à l'intervention d'un médecin 

Interview de M.Bakshy


Professeur, journaliste, banquier, manager, activiste du handicap mental depuis 7 ans et maintenant président de SAA, Amrit Bakshy nous a beaucoup impressionnées.


Monsieur Bakshy pouvez vous, en quelques mots, nous raconter comment vous avez réagi à l’annonce du diagnostic de votre fille ?

Quand j’ai commencé à être caregiver (aidant) je ne savais rien de la schizophrénie et internet commençait juste à apparaitre. J’ai donc appris, au fur et à mesure, comment être un aidant et comment appréhender la maladie mentale. Cela a été une expérience très traumatisante pour moi et ma femme. Les symptômes de Riksha étaient importants, elle faisait preuve d’agressivité et nous avions peur qu’elle se fasse du mal.

Comment avez-vous su aider Riksha pendant toutes ces années ?

Il n’y a pas de magie, vous devez faire avec et apprendre. Vous commencez à réaliser que quelque chose est entrain d’arriver puis vous vous dévouez. Peu de personnes ont vraiment connaissance de ce qu’est la maladie mentale et c’est une partie du travail que nous essayons de faire à l’institut. La maladie mentale ne doit pas être stigmatisante, c’est ce que je m’efforce de prouver depuis toutes ces années.

Vous savez, au début, ma femme a dû quitter son travail pour s’occuper de notre fille et moi, je devais continuer à travailler. Puis j’ai commencé à devenir aidant moi-même et notre vie sociale est devenue nulle car nous ne pouvions plus nous déplacer et nos amis ne venaient plus nous voir. Ma mère, elle-même, nous a laissé car quand on est exposé à la maladie mentale, on est coupé de presque tout.

C’est lorsque nous sommes venus à Pune et que ma fille est rentrée à l’accueil de jour de SAA que les choses ont commencé à évoluer. La vie continue et il faut simplement l’accepter. Je ne suis pas un professionnel du caregiver mais je peux partager ce que je connais : comprendre et voir les signes etc… Plus on en sait sur la maladie, plus ça vous aide à gérer les évènements et surtout à mieux les comprendre.

Mais en Inde, la majeure partie de la population ignore ce qu'est le handicap mental. Pensez vous que cela puisse évoluer et que les gens pourront comprendre ce que représente l’implication des aidants dans le handicap mental ?

La stigmatisation vient en partie de l’ignorance. C’est un processus en marche (la connaissance) mais qui prendra encore énormément de temps. Il faut parler de son expérience, pas juste citer des exemples. Je ne suis pas honteux de ce qui nous est arrivé et pourtant, ma femme n’était pas très contente que je parle de nous dans ce livre. Mais, c’est le seul moyen de donner de la visibité à une réalité.

Nous devons sensibiliser la société, les employeurs et nous devons mener de nouveaux projets pour montrer que le maladie mentale est un handicap car pour la plupart des gens ce n’en est pas un. Heureusement, maintenant, en Inde, les personnes atteintes d’une maladie mentale commencent à trouver des emplois adaptés mais c’est tellement peu comparé à ce qui devrait exister.

Quel est donc le message principal que vous cherchez à transmettre aux aidants ?

Avoir un enfant handicapé change complétement votre vie. La femme qui parlait tout à l’heure est tellement courageuse mais avez-vous entendu son cri ? Il ne faut pas s’oublier. Nous ne sommes pas des anges. Donc, en tant qu’aidant, vous devez restez humain, vous avez le droit à l’erreur. Ne vous flagellez pas.


M. Bakshy et sa fille  

Nous avons donc passé 10 jours à l’accueil de jour de Schizophrenia Awareness Association. Nous vous raconterons le fonctionnement de la structure et notre expérience dans le prochain article !

En attendant, pour conclure ce premier article sur SAA, voici un message du médecin qui a travaillé avec Monsieur Bakshy sur le livre :

En Inde, c’est dans les coutumes, en Inde, de penser qu’il faut travailler davantage avec les familles qu’avec les médecins. Les médicaments peuvent certes contribuer à améliorer certains aspects de la vie des personnes en situation de handicap, mais tout ce que font les familles au quotidien, c’est ce travail, le travail des aidants qui est le vrai traitement. Il s'agit de transformer les émotions en actions et les actions en progrès.

26
déc
26
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Accueil de jour de SAA 

Suite à la création de SAA en 1997, de "Day care cum rehabilitation center " a ouvert ses portes au début des années 2000. Il s'agit d'un accueil de jour pour personnes en situation de handicap mental. Ces personnes sont poétiquement appelées les "Shubharthis". En sanskrit, cela signifie, « les personnes malades qui ont la volonté de guérir ». Au nombre de 60, les Shubharthis bénéficient de l'accompagnement social et thérapeutique de cinq psychologues, d-une spécialiste en danse thérapie, de trois travailleurs sociaux ainsi que de l'expérience et du temps de nombreux bénévoles.

Le jour de notre départ, toute l'équipe et les Shubharthis nous ont fait une belle surprise: célébrer Noel 

Accueillant et chaleureux, ce centre a su créer une ambiance familiale dans lequel les Shubharthis peuvent sereinement prendre part aux diverses activités et thérapies proposées quotidiennement.

Pour leur permettre de s'y rendre, deux bus sont chargés de les récupérer et de les déposer, matin et soir, à proximité de leur domicile. Dans un pays comme l'Inde où les transports en commun sont souvent irréguliers, sur-peuplés et inadaptés aux personnes en situation de handicap, les bus de SAA sont une réelle chance pour les Shubharthis de pouvoir accéder aux soins. Nous avons, nous aussi, pris ces bus tous les matins. Ces moments vécus en dehors du cadre formel de l'association ont été une source d'échanges et de partage qui nous ont permis de mieux comprendre ce qu'est la schizophrénie et le quotidien des personnes qui en souffrent.

Rashmi attend avec impatience le bus qui arrive. 

Chaque journée est rythmée par des activités éducatives et thérapeutiques qui permettent aux Shubharthis d'acquérir de nouvelles compétences, en vue d'améliorer leur autonomie et leur indépendance.

L'atelier journal : Chaque matin, un Shubharthis ramène les journaux pour l'ensemble des membres. Ils lisent alors, à tour de rôle, un extrait de leur choix (en anglais ou en hindi) et en font par la suite un bref résumé. Cette activité permet le maintien des capacités cognitives et intellectuelles par la lecture, la compréhension, l'information sur l'actualité, le respect de la parole de l'autre et l'expression de ses idées.

L'atelier dessin/ peinture: Un Shubharthis va faire au tableau un dessin de son choix et les autres doivent le reproduire. Cette activité permet de travailler la concentration, la perception des choses (distances, formes, motifs, couleurs...) et de stimuler la créativité. Chacun adapte alors le dessin en fonction de ce qu'il perçoit et de ses capacités.

On s'est aussi essayé au dessin !

L'atelier cuisine : Avec l'aide d'une bénévole, 2 fois par semaine, quelques Shubharthis cuisinent une petite entrée pour l'ensemble du groupe. Cette activité permet de développer des compétences telles que la gestion de l'argent (achat des aliments), la planification des tâches (suivre une recette), la résolution de problèmes (adapter les quantités) et le travail en équipe. Tout cela permet aux Shubharthis de prendre davantage confiance en eux et en leurs capacités, par la réalisation de quelque chose de concret qu'ils vont pouvoir partager avec les autres.

Et c'était très bon!!!!!  

Il existe environ une vingtaine d'activités différentes : ateliers créatifs, atelier cuisine, relaxation, danse thérapie, musique thérapie, chant, dessin, peinture, couture, jardinage, yoga, accompagnement à la vie affective et sexuelle ou encore un atelier "bien-etre, esthétique". Chaque Shubharthis peut ainsi effectuer les activités, en groupe ou en individuel, en fonction de ses aptitudes et de son projet de vie. Certain d'entre eux, comme Riksha et Maduri, par exemple, ont également la possibilité de valoriser leurs compétences. Parlant couramment anglais, la première donne, deux fois par semaine, des cours aux autres Shubharthis tandis que la seconde dispense des cours de yoga.

Première fois que Lévana touchait à une machine à coudre, un grand bonheur pour elle ! 😂

Des activités en extérieur sont aussi organisées régulièrement : pique-nique, achats, sorties culturelles, célébrations... Pour notre part, nous avons eu la chance de participer à une sortie cinéma. Le film, Dear Zindagi, avait pour thème la dépression et la psychothérapie. Dit comme cela, ça n'a pas l'air très accrocheur, je vous l'accorde, mais le cinéma indien est plein de surprises !!! Et force est de constater que la musique, les danses et le jeux des acteurs, ont permis d'aborder ce sujet qui peut s'avérer compliqué, de manière légère, divertissante et accessible à tous. Nous n'avons d'ailleurs pas vu passer les 3h de film 😀

Dear Zindagi : Chère vie  

D'autre part, l'association est aussi très engagée dans la sensibilisation de la population indienne au sujet de la schizophrénie et des maladies mentales. En effet, nous avons pu remarquer qu'il existe, en Inde, une grande méconnaissance du handicap psychique et mental. La prise en considération des personnes en situation de handicap commence avec la prévention et l'information des populations afin de faire évoluer les mentalités et la société. Pour ce faire, l'association diffuse des films dans des écoles, organise des conférences, des séminaires, des expositions, des évènements (jeux) dans les rues, publie des livres... Elle organise aussi des groupes de parole pour permettre aux aidants de s'exprimer librement sur leurs quotidiens et leurs expériences. "Pouvoir partager et échanger avec des personnes qui sont confrontées à des problématiques similaires aux votres, permet parfois de se sortir de situations que l'on pensait insurmontables. " nous disait la secrétaire de l'association.

Nous voudrions également dire un mot sur Rashmi qui est la première Shubharthis a être venue vers nous. Cette femme de 44 ans, ancienne professeur de mathématiques a du, un jour, quitter son emploi et retourner vivre chez ses parents, à cause de la maladie. Cela a été une période très difficile pour elle (comme pour beaucoup) : épisodes maniaco-dépressifs, délires, hallucinations, paranoia... Puis est venue la période des mauvais diagnostics, des traitements inadaptés, de la surmédication... Mais aujourd'hui, elle va mieux. Elle va tous les jours au centre depuis 3 ans: "j'aime bien aller au centre, je fais de la couture, je suis avec mes amis, ça m'évite de rester chez moi à rien faire." Elle nous a également invité chez elle et ses parents pour nous faire découvrir un petit bout de son environnement et de son quotidien. Une très, très belle rencontre.

Rashmi et sa maman qui nous ont accueillies avec toute la gentillesse et l'hospitalité qui caractérisent les Indiens  

Enfin, si un jour vous passez à Pune, arretez vous dormir chez Kedhar et sa famille. Nous avons passé quinze jours chez cet ancien informaticien reconverti aujourd'hui en journaliste freelance. Il visite et rédige des articles sur les sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO en Inde. Si il loue des chambres, à un rapport qualité prix imbattable, c'est parce qu'il aime simplement rencontrer des gens de tous horizons ! Quelle chance nous avons eu de tomber sur lui.

Et voilà, encore une nouvelle étape, une nouvelle association et de nouvelles rencontres inoubliables qui enrichissent un peu plus notre voyage et nos âmes!

4
janv
Ellora 

Après Pune, nous n’avions pas vraiment de destinations précises. C’est donc sur les conseils éclairés de Kedar que nous faisons route vers les Grottes d’Ellora et d’Ajanta, dans l'état du Maarashtra, qui sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mais avant de découvrir ces grottes troglodytes, petite halte à Aurangabad. Ville de résidence du dernier grand empereur moghol Aurangzeb, il est étrange de se balader dans les rues de cette ville car l’architecture, les nombreuses mosquées et l’ambiance qui y règne, nous font davantage penser au Moyen Orient qu’à l’Asie. Deux voyages pour le prix d’un, nous sommes ravies 😀

Aurangabad 

L’attrait touristique principal de la ville est le Bibi Ka Maqbara. Il s’agit d’une réplique, bien que plus petite, du Taj Mahal. Elle fut construite en 1660, à la demande d’un des fils de Aurangzeb, en mémoire de sa mère. N’ayant pas vu le "vrai" Taj Mahal, nous ne pouvions passer à côté de sa version miniature. Et, honnêtement, il est déjà très impressionnant.

Bibi Ka Maqbara

Le soir, sur le rooftop de l’hôtel, nous avons eu une belle surprise. Imaginez, les chants d’au moins 4 ou 5 mosquées qui résonnent, le soleil qui se couche, et là, des centaines de cerfs-volants de toutes les couleurs qui s’envolent au dessus des toits de la ville. Ce soir là, il y avait quelque chose de magique dans l’air. 😀

Coucher de soleil sur Aurangabad 

Le lendemain, après 1h30 de taxi collectif, dans lequel nous étions 17 pour 13 places, nous arrivons à Ellora. Les grottes d’Ellora, c’est 34 monastères et temples creusés dans la paroi de la falaise. On y trouve 12 temples bouddhistes datant du VI siècle, 17 hindoues (VII et VIII siècle) et 5 jains (entre VII et XIII siècle). Il est incroyable de penser qu’à ces époques lointaines, des hommes aient été capables, avec les moyens à leur disposition, de creuser et de sculpter avec tant de précision des kilomètres de roche. Poussés par leur foi et leurs croyances respectives, ces hommes ont su créer une œuvre grandiose, qu’aujourd’hui, des milliers de touristes du monde entier viennent visiter chaque année.

Ellora 

Nous avons tellement été charmées par ces grottes que nous décidons de poursuivre l’exploration à Ajanta. Un rickshaw, le coup de la panne et, 4h plus tard, nous y voilà enfin.

En route pour Ajanta ! Ah non... On est en panne ! 

Le premier soir, nous faisons la rencontre d’Ali, 35 ans, marié, 2 enfants et originaire d’Ajanta. Il a travaillé dans les champs, à l’usine, dans la restauration à Goa et maintenant il tient un shop à la sortie des grottes, dans lequel, il vend des pierres et des souvenirs. Il s’assoit avec nous et nous passons la soirée à discuter de mille et un sujets: la condition de la femme en Inde, du mariage, le problème de monnaie, le fait de boire de l’alcool en étant musulman, le système de caste, de sa femme, de ses enfants, de sa vie, de la notre, de notre voyage… Il nous raccompagne alors à pied jusqu’à notre hotel et nous propose de venir nous chercher le lendemain, en moto, pour nous emmener au View Point d'où l'on a une vue magnifique sur les grottes. Nous passons une très bonne soirée et avons un bon feeling, mais en Inde, il faut toujours rester un peu sur ses gardes. Cependant, nous finissons par accepter son invitation. Et c’est la meilleur décision que nous ayons prise. En effet, il faut faire attention et se protéger mais il faut aussi savoir lâcher prise de temps en temps afin de ne pas passer à côté de moments uniques. A 8h du matin, il est là avec sa moto, nous montons à l’indienne ( 3 sur une moto c’est le minimum ici 😋 ), et nous arrêtons manger une omelette et boire un Tchai pour le petit déj. Puis, nous arrivons en haut d’une colline qui nous offre une vue plongeante, à couper le souffle, sur les grottes ! Début de journée parfait, merci Ali !! Maintenant nous n'avons plus qu’à descendre pour aller voir les grottes de plus près 😎

Petit déj avec Ali  

Les grottes d’Ajanta sont, elles, toutes bouddhistes. Au nombre de 30, les plus anciennes ont été construites au II et I siècle av. JC et les autres ont vu le jour entre le III et le VIII siècle. Ce qui fait la particularité d’Ajanta, ce sont les peintures et les fresques que l’on peut apercevoir dans chacune des grottes. Et, petit conseil si vous souhaitez vous y rendre, allez y après la saison des pluies car il y a de nombreuses cascades qui bordent les grottes et cela doit être magnifique.

Ajanta 

De somptueux paysages et de nouveaux moments inoubliables, voilà qui résume bien ces quelques jours de ballades à la découverte des prouesses architecturales de l'Homme !

À très bientôt 😘
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Publié le 11 février 2017

Après 7h d’attente à la gare de Mumbai et 36h de train, nous arrivons, au beau milieu de la nuit, à Varanasi. Des centaines de personnes, hommes, femmes, enfants, jeunes, vieux, avec ou sans couvertures, avec ou sans bagages, jonchent le sol de la gare. Attendent-ils leurs trains, dorment-ils ici tous les soirs ? Cette première vision a quelque chose de post apocalyptique, on se croirait dans un centre d’hébergement après une catastrophe naturelle. Ce sera notre premier choc émotionnel, mais pas le dernier. Varanasi n’est clairement pas une ville comme les autres.

Train Mumbai - Varanasi 

Plusieurs voyageurs que nous avions croisés sur notre chemin, nous avaient parlé de cette ville incontournable quand on voyage dans le nord de l’Inde. «C’est incroyable », « plus jamais » ; chacun y allait de son avis bien tranché. Apparemment, soit on adore Varanasi, soit on déteste ; l’entre deux n’est pas permis.

Et en effet, après y avoir passé une semaine, nous pouvons vous dire que c’est une ville qui a remué nos sentiments, qui a bousculé nos certitudes, qui a dérangé nos habitudes, qui nous a poussées à nous interroger sur le sens des choses, qui nous a sorties de notre zone de confort. On se remet en question, on questionne les raisons de nos croyances, le pourquoi du comment, notre relation à la vie, à la mort, à l’autre… On ne peut pas rester indifférent à cette ville unique, qui vit au rythme du Gange. Le Gange, ce fleuve sacré dans lequel les indiens se lavent de la tête aux pieds, se brossent les dents, lavent leur linge, se baignent, pêchent ou encore jettent les cendres de leurs morts. Car, une des particularités de Varanasi, ce sont ces ghats sur lesquels on peut voir se dérouler les rituels les plus intimes de la vie mais aussi de la mort. En effet, depuis 2500 ans, le feu ne cesse de brûler, jours et nuits. Cela donne lieu à 300 crémations par jour, en plein air, à la vue de tous. Incroyable, presque irréel pour nous occidentaux pour qui la mort est quelque peu tabou.

Déroulé d’une cérémonie de crémation : Le corps, recouvert de tissu orange et de fleurs, est transporté jusqu’au ghat par 4 hommes, sur un brancard en bambou. Il est ensuite immergé une dernière fois dans l’eau du Gange, avant d’être débarassé de ses ornements et enveloppé dans un tissu de la tête aux pieds (blanc pour les hommes, rouge pour les femmes). Le corps est ensuite transporté sur le bucher et brûlera, aux yeux de tous, pendant 3h. Le fils du défunt ou de la défunte aura dû se raser la tête, se purifier dans le fleuve et se vêtir de blanc car c’est à lui que revient la charge d’allumer le bucher. Ne sont présents que les hommes. Les femmes de la famille sont interdites car jugées trop émotives, nous a-t-on dit ! Les 3h passées, les cendres et ce qu’il reste du corps sont jetés dans le Gange. Dans la religion hindoue, cette pratique permet de mettre fin au cycle des réincarnations. Cette ville est donc le cœur de la spiritualité hindoue. Mais toutes les personnes ne peuvent être insinérées de la sorte. En effet, les enfants, les femmes enceintes, les sadhus (pélerins religieux), les personnes qui ont été mordues par un serpent, sont, quant à elle, lestées de pierres et jetées dans le fleuve.

Le feu éternel 

Mais, lorsque l'on quitte les ghats et que l'on rejoint le centre ville, le contraste est saisissant. La circulation est infernale, le bruit des klaxons incessant, la pauvreté omniprésente. Varanasi a donc cela d’intrigant, qu'elle est à la fois sereine et pesante, calme et bruyante, entre terre et eau, vie et mort, tradition et modernité. Une seule ville, deux univers. Une belle représentation de l'Inde.

PPC (Le Petit Point Culture): Le Yoga

Le mot "Yoga" vient d’une très ancienne racine sanskrite, « jug » qui signifie "relier", "joindre", "unir", "mettre ensemble", notamment le corps, le cœur et l’esprit. C'est à l'époque de Patanjali (en 200 avant J-C) que les premiers écrits fondateurs du yoga sont nés. Ces écrits en sanskrit sont rassemblés sous forme de petites phrases inspirantes qui portent le nom de yoga sutras.

L’Inde est la terre d’origine du yoga : son histoire est étroitement liée à celle de la civilisation indienne. C’est une discipline élaborée depuis la plus lointaine antiquité pour aider les êtres humains à traverser la souffrance et trouver l’unité et la joie dans leur corps et leur âme. Le yoga fait partie de l’un des six systèmes philosophiques majeurs de la culture indienne. C’est un darsana, terme qui veut dire "porter un regard sur le monde".

A l'école, à la maison, au travail, de 7 à 77 ans, tout le monde le pratique. Certains enseignants sont de véritables maîtres spirituels, d’autres sont simplement des professeurs de yoga, sans autre ambition que de proposer une hygiène psycho-corporelle adaptée à la vie actuelle. Le yoga se développe de plus en plus, parfois comme une gymnastique qui a toujours fait partie de leur culture, à l’école notamment, ou bien comme une activité préventive à toute forme de maladie. Mais il faut souligner que les indiens sont nombreux à le faire dans une perspective spirituelle, pour se "libérer" des conditionnements de l’existence.

Pour anecdote, en 2014, Narendra Modi, premier ministre de l’Inde et leader du parti nationaliste hindou, a même créé un nouveau ministère regroupant les principales pratiques holistiques et médecines traditionnelles indiennes, dont le yoga. Le dimanche 21 juin 2015, à Delhi, il a battu deux records, en rassemblant plus de 36 000 personnes de 84 nationalités différentes, et en dispensant le plus grand et le plus cosmopolite des cours de yoga.

Lors de notre voyage, nous avons eu la possibilité de discuter du yoga avec des indiens et de le pratiquer. C'est notamment dans l'association Schizophrenia Awareness que nous avons suivi chaque jour des cours avec les Shubharthis.

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Calcutta est la seconde ville la plus peuplée d'Inde après Mumbai et l’une des plus grosses villes au monde : plus de 10 millions d’habitants dont une partie de la population vit dans les bidonvilles « slums » ou sur les trottoirs, souvent dans une extrême précarité.

Mais au fait, pourquoi Calcutta dans notre périple ? Tout à commencé alors que nous étions à Mumbai :

Hello, je viens de tomber par hasard sur votre page. Je travaille pour une ONG indienne à Kolkata et un de nos projets consiste en trois bus réaménagés (avec une partie médicale et une partie éducation spécialisée) pour aller au cœur des bidonvilles s’occuper d’handicapés. Si vous passez à Kolkata passez nous voir. Ce projet vient de gagner le prix des droits de l’homme de la république française.


Message de Camille, le 12 Janvier 2016 sur notre page Facebook


C’est comme cela que nous avons rencontré Camille (volontaire pendant un an dans l’association Tomorrow’s Foundation) qui a bien voulu nous prendre comme colocataires pendant quelques jours 😉. Merci encore mille fois pour ton accueil, la découverte de ce superbe projet et nos soirées animées !

Qu'est-ce que Tomorrow’s Foundation ?

Tout a commencé au début des années 90, sur la terrasse de "Mother Teresa’s Nirmal Hriday" quand Arup and Swarup Ghosh, deux frères jumeaux qui bénéficiaient de l’aide de Mère Térésa, ont décidé de monter TF (Tomorrow’s Foundation). TF est une ONG qui vient en aide aux enfants défavorisés grâce à différents programmes : soutien scolaire, soins médicaux et psychologiques, suivis spécifiques pour les enfants atteints d'un handicap dans les bidonvilles et programme de formation professionnelle pour les jeunes.

Parmi tous ces programmes, le projet Charaibeti a pour objectif d’approcher les enfants handicapés vivant dans les bidonvilles de Calcutta, de leur fournir un service d’éducation spécialisée de proximité, des sessions de rééducation physique et des formations destinées aux parents. La philosophie du projet est d’inclure et d'informer les membres de la communauté sur la question du handicap à l'aide de campagnes de sensibilisation sur la question du handicap.

Le projet consiste donc en des interventions quotidiennes de trois bus dans plus de trente bidonvilles. Chaque unité est équipée du matériel adéquat pour la prise en charge d’un public à motricité réduite et aux besoins spécifiques. Un bus peut accueillir environ une quinzaine d’enfants par jour.

L'intérieur des bus 

Les bus ainsi équipés sont répartis sur trois zones avec des équipes constituées d’un kiné, d’un ou d’une éduc spé, d’une community mobilizer (chargée de faire toute la communication et le suivi social avec les familles), du chauffeur et de son assistant. Nous avons donc passé 3 jours avec eux et quelle expérience ce fut !

Trisomie, déficience intellectuelle, autisme, sourd et muet, tous les types de handicap sont pris en charge.

Des enfants suivis par les équipes de TF 

L'équipe fait preuve d'un grand professionnalisme et accorde à chaque enfant une attention particulière. Chaque exercice proposé est en effet réfléchi et adapté en fonction des capacités et du potentiel de l'enfant.

Devoirs, exercices de motricité 

Souvent, les mères profitent des séances pour s'entretenir avec la community mobilizer et lui demander de l'aide pour l'obtention du certificat d’invalidité, remplir divers documents, ouvrir un compte en banque pour pouvoir percevoir des aides financières pour leur enfant par exemple.

Il règne dans ce bus une ambiance joyeuse. Les enfants jouent, rient ensemble et la solidarité est plus présente que jamais. Il s’agit d’une réelle communauté, un peu comme une grande famille.

Ce projet qui a débuté en 2010 avec juste quelques enfants, vient aujourd’hui en aide à 502 jeunes. "Puisque les familles et les enfants ne peuvent venir à nous, c’est nous qui irons à eux", telle est la devise de Tomorrow's foundation.

Aller aux cotés de la community mobilizer dans les slums fut une première expérience surprenante. En effet, si nous nous attendions à être touchées par la pauvreté, nous retiendrons surtout l’ambiance chaleureuse et de solidarité qui règne dans les slums, l’accueil et la générosité des familles que nous avons rencontrées et surtout leurs sourires.

Slum Nord de Calcutta

Dans le bus, nous avons beaucoup joué avec les enfants et essayé de les occuper le temps qu’ils soient pris en charge. Nous avons donc créé le temps d’un instant, une bulle, dans laquelle, malgré les difficultés de communications inhérentes à la langue, avec un ballon, quelques rythmes et un appareil photo, il n’y avait plus de différence. Parties de bras de fer, grimaces, jeux de balles: tout le monde rigolait et mêmes les mamans, un peu sceptiques au début, ont fini par nous faire de grands sourires.

Une superbe expérience, un projet passionnant, merci Camille !

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Turning Point et l'événement Open the door

Mais avant même de recevoir le message de Camille et d’entendre parler de TF, notre venue à Calcutta était déjà programmée. En effet, Ishita, présidente de l’association Turning Point, nous avait invitées à un grand événement autour du handicap mental. Trois jours de compétitions théatrales jouées par des adultes handicapés mentaux de différentes ONG mais aussi compétitions musicales, projection de films et conférences.

Cérémonie d'ouverture 

Turning point a été enregistrée en tant qu’ONG en 1961. Il s’agit d’un accueil de jour pour personnes en situation de handicap mental. L'objectif principal est la réinsertion et le combat contre la stigmatisation dont souffrent les personnes handicapées. Très proche dans le fonctionnement de Schizophrénia Awareness Association, Turning Point accueille elle aussi, des adultes en situation de handicap mental chaque jour et propose un grand panel d’activités : relaxation, débat, ateliers d’écritures, jeux, exercices physiques, théâtre, musique etc…

Équipe de Turning Point 

Et chaque année, l’association organise un grand événement, sur tout un week-end, afin de sensibiliser et donner de la visibilité au handicap mental. Cette année, nous y étions !

Lors de la cérémonie d’ouverture, Ishita, la présidente et fondatrice a annoncé quelques chiffres que nous trouvons intéressant de vous transmettre.

70 millions : c’est le nombre de personnes souffrant d’une maladie mentale en Inde

3000 : c’est le nombre de psychiatres dans le pays

11500 : le besoin « réel » de psychiatres

500 : nombre de cliniques psychiatriques

17250 : besoin « réel » de cliniques psychiatriques

1-2% : du budget alloué à la santé est attribué aux maladies mentales contre 12% dans les pays développés


- Selon une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé portant sur les suicides entre 2000 et 2012, l’Inde est en première position sur la liste concernant l’Asie du sud Est. D’après les conclusions de ce rapport ce serait du au manque de soutien et d’attention porté à ceux qui ont des tendances suicidaires dont les personnes souffrant d’une ou plusieurs maladies mentales.


- Enfin, toujours selon l’OMS, d’ici 2020, 20% de la population indienne sera atteint d’une maladie maladie mentale

Ainsi, chaque année, l’événement Open the door a pour objectif de montrer le talent et la créativité des personnes atteintes d’un handicap mental mais également de sensibiliser les éléves de différentes écoles en participant à une compétition d’affiches autour du handicap mental.

Nous avons également pu voir la projection du court métrage Road To Recovery par Abhishek Ganguly sur quatre usagers de Turning Point qui se sont réinsérés professionnellement. Ce film montre que le changement d’environnement social peut s’avérer thérapeutique. Ishita Sanyal s’est exprimée à la fin du film :

Nous devons sortir du modèle médical actuel maintenant. Les médicaments et les psychotérapies sont un besoin certes mais ce dont les personnes que nous accompagnons ont le plus besoin c’est d’être acteur de leur vie, d’avoir une maison, un travail ou d’être auto-entrepreneur pour gagner leur vie. La guérison est facilitée par les relations positives avec des amis, une famille, un service qui croit et qui soutient les personnes et leurs capacités et qui partage leur espoir. Comme employé, comme élève, membre d’un club, les personnes peuvent surpasser l’étiquette qui leur a été collée de « malade mental ». D’autant plus s'ils sont traités avec dignité, compassion et compréhension.

Enfin, nous avons pu assister à la compétition de théâtre et même voir le maquillage en coulisse. Afin d’aider les participants, toutes les paroles sont en playbacks. C’est-à-dire qu’ils connaissant leurs textes mais même pour ceux qui ont des problèmes d’élocutions par exemple, ils peuvent faire entendre « leur voix ». De magnifiques costumes, beaucoup de courage; nous avons été très impressionnées.

Représentation et maquillage 

Et voilà, l'Inde c'est terminé, direction le Cambodge maintenant ! Mais avant de vous présenter ce nouveau pays, le prochain article sera un petit bilan de ces 4 premiers mois !

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Bateau de pèlerins à Varanasi 

Il y a 4 mois, nous nous envolions pour l'Inde. À la fois impatientes et un peu inquiètes, sans aucune idée de ce qui nous attendait. Aujourd'hui, alors que nous en sommes à la moitié de l'aventure HandiAsie, nous quittons l'Inde avec le cœur lourd. Premier pays, première terre d'accueil, premières expériences, premières associations, premières rencontres... Premier coup de coeur surtout.


Quatre lieux, quatre ambiances

Nous avons fait 174h de bus, 56h de train, 3h d'avion, 10h de rickshaw, parcouru des milliers de kilomètres (plus de 5000), rencontré des gens de tous horizons, de cultures, de religions et de classes sociales différentes. Nous avons vu des éléphants, des dromadaires en pleine ville, des dauphins, des vaches sur la plage, des yaks, des loutres de mer et des poules, cochons, chiens, chèvres et singes par centaines. Océans, montagnes, lacs ou encore vignes, les paysages de ce pays, toujours plus beaux, nous auront enchantées. Nous avons douté (un peu), nous avons ri (énormément), nous avons été etonnées, émues, énervées, reconnaissantes mais surtout admiratives de la joie de vivre et de la détermination des indiens à rester positifs et à toujours aller de l'avant.

Quelle diversité ! 

Mais, s'il y a bien une chose que nous aurons appris pendant ces 4 mois, c’est la patience. Patienter pour retirer de l’argent, patienter pour rentrer dans un temple, patienter pour obtenir un billet de bus/train, patienter des heures sans savoir quand le bus arrivera et si il arrivera, patienter pour bien négocier les prix… Pourtant, arriver en Inde c’est comme être pris dans un ouragan. D’autres diront, dans une "machine à laver". Car, si on y regarde de plus près, tout va vite; la circulation; le bruit des klaxons se mélange aux nombreuses musiques et aux appels des vendeurs de rue, les odeurs se multiplient, les gens poussent, les rabatteurs alpaguent, les enfants jouent. Ce capharnaum, ce gigantesque bordel nous happe et s’il peut paraitre effrayant au premier abord, il finit par nous embrasser. Car, si on regarde de plus près, les indiens ne sont pas pressés, bien au contraire, ils patientent. Et, de ce vacarme, se dégage une certaine sérénité. Le rickshaw qui nous faisait si peur au début, ne roule finalement pas si vite et ne s’énerve jamais contre son collègue qui lui a coupé la route; les gens qui s’alpaguent dans la rue ne font finalement que discuter; les vendeurs ambulants attendent simplement le prochain client et tous ces gens assis dans la gare ? Et bien, ils attendent. Les bus ne sont jamais à l’heure et ils le savent. Ils partiront quand ils partiront. Tous ces gens qui font la queue au distributeur ? Ils attendent eux aussi, parfois pendant plus d’une heure et demi et personne ne se plaint. Attendre, patienter, c’est s’adapter à l’instant pour vivre au jour le jour. Pas de vision à moyen ou long terme non, c’est le présent, là, maintenant. Alors, nous aussi, nous avons pris le pli. Petites occidentales impatiences, nous avons fini par comprendre que s’énerver, râler, souffler ne faisait que nous gâcher l’instant et que ça n’avait, en plus, aucun impact sur la situation. Qu’il vaut mieux lever le bout de son nez et commencer à échanger avec son voisin plutôt que de fulminer, qu’il vaut mieux rire de la situation plutôt de que de s’angoisser. L’attente ouvre la porte aux rencontres et les rencontres… c’est le voyage.

Quelques moments d'attentes et des Indiens toujours souriants 😀

Avis aux voyageurs, on partage avec vous nos coups de coeurs et nos bons plans :

Guesthouse: si vous passez par Kochi, on vous conseille de vous arrêter à "Tantraa Homestay", une guesthouse bon marché (650 Rps/nuit) à l'ambiance conviviale, chaleureuse et propice aux rencontres. Elle est tenue par Babu, le propriétaire, à la bonne humeur contagieuse et aux bons plans indispensables.

Lieux: En première position et sans hésitation, Hampi et ses milliers de temples perdus au milieu des rizières. Puis vient ensuite l'ambiance envoutante et sprituelle de Vanarasi. Et enfin, Madurai et son incroyable temple Sri Meenakshi.

Bons plans dans le Maharashtra: si vous allez dans cette région, ne passez pas à coté des grottes troglodytes d'Ellora/Ajanta; du Bibi Ka Maqbara, le mini Taj Mahal d'Aurangabad et arretez vous à Nasik pour boire un verre de vin au pied des vignobles.

D'humeur festive ? Rendez-vous à Mumbai ou à Delhi, au SOCIAL, un bar sympa, cheap, parfait pour passer une bonne soirée ! D'humeur romantique ? Le rooftop, au 32ème étage de l'hotel de luxe Four Season, d'où vous pourrez apprécier un coucher de soleil incroyable sur Mumbai.

D'humeur nostalgique ? Pour notre part, le vrai pain, le bon fromage, les salades fraiches et le véritable gateau au chocolat du Brown Bread Bakery (à Delhi et Varanasi) ont su nous redonner la pêche ! 😉

Envie de souffler ? Accordez vous une pause farniente sur la plage calme et pas trop touristique d'Agonda Beach, à Goa.

Pour terminer en beauté, le taxi a crevé sur la route de l'aéroport ! Parce que jusqu'au dernier moment, en Inde, tout est possible😂Nous nous envolons maintenant pour Bangkok où nous allons passer la nuit avant de passer la frontière terrestre avec le Cambodge. En effet, nous avons revu l'ordre de notre voyage en fonction des saisons, du temps que nous devons passer dans les associations et des amis qui vont nous rejoindre. Nouveau plan de route: Cambodge, Laos, Birmanie et Thaïlande 😃

À Hampi 
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Publié le 17 mars 2017

Notre voyage continue au Cambodge où nous avons passé 3 semaines à la découverte de nouveaux paysages, d'une nouvelle culture et de nouveaux mets culinaires.

La diversité des paysages 

C’est dans la capitale, Phnom Penh, que nous avons posé nos valises pendant 5 jours afin d'aller à la rencontre de l'Association Action Cambodge Handicap (ACH). Pour voir leur site et regarder une vidéo de présentation, cliquez sur ce lien !

ACH a été fondée en 2011 par le couple Chetcuti à la demande de l’ONG " Pour un Sourire d’Enfant " (PSE) qui s'occupe entre autre d'enfants en situation de handicap mental. C’est lors du premier voyage de ce couple au Cambodge qu’ils font la connaissance de Marie-France Des Pallières, co-présidente de PSE. Elle lui fait alors part de son désir de monter une structure spécialisée dans la prise en charge des jeunes adultes handicapés mentaux dont PSE n’était pas en mesure de s’occuper.

Un accueil chaleureux 

Quant au fonctionnement de la fabrique, les tâches sont réparties en fonction des capacités de chacun : découpe des fruits, cuisine, vaisselle, conditionnement. Les confitures sont ensuite distribuées à des hôtels, des magasins etc… Une partie des profits revient chaque semaine (environ 2,50 euros) aux usagers et l’autre est épargnée pour leur permettre d'avoir de l'argent de coté dans le cas d'une dépense plus importante (exemple: l'achat d'un scooter pour se rendre à leur nouveau travail). Car le but, c’est aussi de les aider à s’insérer professionnellement dans des entreprises locales lorsque cela est possible. L'association aide donc les jeunes dans la recherche d’emploi, les prépare et les accompagne aux entretiens. Lorsqu’un travail est décroché, les personnes continuent d'être suivies afin de garantir une intégration réussie. Mais, comme en Inde, l'insertion n'est pas chose facile car il existe également au Cambodge une grande méconnaissance du handicap mental.

Une matinée à la fabrique 

Lors de notre visite, nous avons rencontré Anne et Baptiste, deux volontaires français en mission pour 1 an. Après une visite de la maison et l'explication du fonctionnement de l'association, Baptiste nous a conduites en tuk tuk à la fabrique. Les jeunes y travaillent de 8h à 12h et de 14h à 17h, 5 jours par semaines. A notre arrivée, quelques personnes étaient en train de couper des tomates vertes pour en faire une confiture pendant que d’autres cuisinaient ou aidaient au conditionnement. Aimant partager et participer, nous avons nous aussi coupé des tomates en petits dés pendant 1h30. Cela semble facile au premier abord mais la répétitivité du travail le rend quelque peu pénible. Nous nous sommes donc rendues compte de la patience qu'il faut pour effectuer cette tâche, jours après jours.

Moments de partage 

Mais le quotidien n'est pas fait que de travail car de nombreuses activités sont également proposées : rugby, skate, piscine mais aussi jeux de sociétés, lecture, cinéma, piscine, karaoké... De plus, tous les repas sont pris en commun et chacun participe à la préparation et à la mise de table. Une vrai ambiance familiale et conviviale.


Entretien entre Pierre Chetcuti, fondateur de l'ONG et Jean-Yves Devroutes, journaliste pour le Khmer Times:


Au Cambodge, comment sont perçues les personnes handicapées mentales ?

Pierre Chetcuti : C’est avant tout une charge pour les familles, une malchance dont il va falloir s’occuper toute sa vie. De plus les familles sont stigmatisées parce qu’une personne handicapée va avoir tendance à errer dans le quartier, ne pas respecter la propriété privée, avoir des troubles du comportement. Il se dit aussi que les personnes handicapées sont victimes de leur karma, résultant de mauvaises actions dans une vie antérieure mais personnellement, je n’ai jamais été confronté à une famille me faisant part de cela.

Est-ce la même chose sur le marché du travail ?

Il y a deux possibilités : soit la personne handicapée est vue comme une source de problème car l’employeur pense qu’elle ne sera pas en mesure de faire ce qui lui est demandé, soit comme une source de profit car elle pourra être exploitée sans se plaindre. Cela dit, nous travaillons désormais avec plusieurs employeurs comme Hagar Catering, Indigo et SGFE qui sont très fair-play et honnêtes avec les personnes handicapées qui travaillent pour eux.

Lors de votre séjour en 2011, existait-il déjà des structures pour les personnes ayant un handicap mental au Cambodge ?

Honnêtement, il existait peu de chose et pratiquement rien pour les adultes. Mais je pourrais tout de même citer Komar Pikar Foundation, Rabbit School, Hagar ou encore Goutte d’Eau. Ces ONG faisaient un très bon travail auprès des enfants handicapés mais rien n’était prévu pour les adultes qu’ils gardaient par défaut mais sans réel projet d’insertion.

Existe-t-il une politique publique pour la prise en charge des handicapés ?

À ma connaissance, il existe deux centres médicalisés pour les personnes handicapées, un situé près de Takhmau et un autre sur la route de l’aéroport. Ce n’est pas suffisant malheureusement. Cependant la politique sociale du Cambodge est en cours de développement.

Aujourd’hui, est-ce que la situation s’est améliorée ?

La situation n’a pas beaucoup évolué, certaines ONG ont arrêté leur programme pour les jeunes handicapés mentaux et d’autres en ont ouvert, comme Epic’Art à Kampot. Par ailleurs, il faut admettre qu’il est très difficile de construire un projet à long terme avec des adultes handicapés mentaux car lorsque l’on s’engage, c’est à vie. En cela ACH a apporté quelque chose qui n’existait pas. A présent, après quelques années d'activités, nous sommes prêts à partager notre expérience avec toutes les personnes qui se sentent concernées.

C'est la première fois depuis le début de notre voyage que nous rencontrons une association qui propose, non pas seulement un accueil mais une réelle solution d'hébergement. De plus, ce type de service étant extrêmement rare en Asie du sud-est, ce fut très enrichissant ! De plus, depuis la création de l'association, une cinquantaine de personne handicapées ont bénéficié de cet accompagnement privilégié. Les personnes qui ne sont plus au foyer aujourd'hui ont soit trouvé un travail et sont en capacité de s'assumer seules, soit ont retrouvées leurs familles, une belle réussite !

Un grand merci à toute l'équipe d'ACH de nous avoir ouvert leurs portes et de nous avoir si bien accueillies !

10
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Angkor Thom est la dernière capitale de l’Empire khmer, la « Grande Cité » couvre plus de 10km²

Nous ne pouvions visiter le Cambodge sans passer par Siem Reap et les temples d’Angkor. Malgré le prix élévé (62 dollars le pass 3 jours) et l’importante affluence touristique (3 millions de visiteurs par an), l’endroit reste incontestablement majestueux et fascinant. Nous avons donc passé trois jours à parcourir les vestiges de cet ancien royaume khmer, source d’inspiration et de fierté nationale pour les cambodgiens. Angkor comprend le plus grand édifice religieux du monde (Angkor Vat), une multitude de temples et une vaste cité fortifiée (Angkor Thom) qui fut la première métropole d’Asie du Sud-Est, bien avant Bangkok et Singapour. Aujourd’hui inhabité et protégé, le cite est tellement grand que nous ne pouvions pas tout visiter ! Après avoir étudié les différents parcours proposés sur le Lonely et avoir épluché quelques blogs, on a choisi l’option : se débrouiller pour éviter les bus de touristes ! Pour cela, rien de mieux que de louer un scooter et d’être autonomes ;)

 Des lieux incroyables et des ambiances mystiques

Voici en images, une journée du lever au coucher du soleil, au milieu des temples d’Angkor. Les photos sont en effet plus représentatives que si nous tentions de vous décrire cet incroyable spectacle.

L’Histoire d’Angkor et ce qu’il en reste vient de l’égo démesuré des dieux-rois khmers qui tentèrent entre 802 et 1432 de surpasser leurs prédécesseurs en érigeant des sanctuaires de taille, d’envergure et de symétrie inégalées jusqu’à la réalisation d’Angkor Vat. Ce temple est d'ailleurs la représentation terreste du mont Meru, montagne mythique considérée comme la demeure des dieux dans la religion hindoue. Angkor Vat est l’un des monuments les plus grandioses et les plus inspirées jamais conçu par l’homme.

Angkor Vat 

Et puis, si l'on pousse un peu plus loin, on découvre un autre visage d'Angkor. Nous avons en effet rejoint le site de Kbal Spean aussi surnommé "le temple sous l'eau". Perdu au milieu de la jungle, cet endroit est encore préservé des tours touristiques et s'est révélé magnifique. S'il ne s'agit pas d'un "réel temple", en se balladant le long de la rivière jusqu'à la cascade, nous avons pu dénicher des bouts de ruines ensevelies et des gravures sculptées à même la roche.

Kbal Spean 

Comme vous l'aurez compris, malgré nos craintes, nous avons adoré nos quelques jours passés à se balader entre les temples.

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Rendez-vous sur une île déserte

Après deux mois sans avoir vu l’océan, nous avons, en bus de nuit, rejoint Otres Beach, à 8km de Sihanoukville (station balnéaire la plus en vogue du Cambodge). Si Sihanoukville représente toutes les dérives du tourisme de masse et du tourisme sexuel, Otres beach a conservé un petit charme et une ambiance familiale. Mais c'est surtout au detour d’un boat trip à la journée que nous avons decouvert l’ile paradisiaque de Koh Ta Kiev sur laquelle nous avons passe quelques jours. Grande étendue​ de sable fin, eau turquoise, peu de touristes, pas de wifi ; 4h d’electricité par jours, bungalows les pieds dans l’eau, ballade dans la jungle, hamacs, livres, planctons fluorescents, rencontres…. Ce fut un vrai petit paradis qu’il fut difficile de quitter pour la capitale, Phnom Penh !!

Koh Ta Kiev 

Nous vous donnons vite rendez-vous pour la suite de notre voyage au Cambodge ! Au programme : Phnom Penh, Kompong Cham et des conseils pour passer la frontière Cambodge-Laos sans céder à la corruption !

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27
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Phnom Penh 

Après avoir rendu visite à l’association "Action Cambodge Handicap", nous avons profité de notre passage dans la capitale pour en apprendre un peu plus sur l’histoire et la culture du pays. Nous nous sommes donc rendues au musée du génocide "Tuol Sleng" (S-21). Il faut savoir que le S-21 était, pendant le régime des khmers rouges, le plus grand centre de détention et de torture du pays. Pour vous donner une idée, entre 1975 et 1977, le S-21 revendiquait près de 100 victimes par jour. Il constitue toujours aujourd’hui un témoignage bouleversant et glaçant des atrocités commises à cette époque. Les visiteurs peuvent y apercevoir les cellules minuscules dans lesquelles les prisonniers étaient enfermés et dont ils ne sortaient que pour se faire torturer. D’autres salles sont entièrement tapissées de clichés en noir et blanc d’hommes, de femmes et d’enfants qui furent presque tous exécutés par la suite. La visite se fait avec un audio-guide qui permet entre autre de mieux comprendre l’histoire du Cambodge et ce qui s’y est passé il y a environ 40 ans.

Nous avons passé 4h à arpenter les couloirs de cet ancien lycée, devenu théâtre de torture et maintenant gardien de la mémoire. Cette visite nous a profondément remuées et nous a rappelées à quel point les dérives du passé peuvent vite s’oublier quand on voit ce qui se passe actuellement dans le monde. Combien de musées​ devront encore s’ériger avant que les Hommes ne prennent conscience et ne cessent de répéter les mêmes erreurs ?

S-21 

Toujours en lien avec l’Histoire, nous sommes allées visiter le Palais Royal, résidence de l’actuel souverain Sihamoni. Caché derrière un mur d’enceinte, le palais rassemble plusieurs bâtiments aux toits khmers classiques et aux superbes dorures. La pagode d’argent et la salle du trône (où l’on peut apercevoir le Bouddha d’émeraude) en sont les attractions principales.

Monk et touristes arpentent les allées du Palais 

Un bon conseil : le marché russe est un endroit qui vaut le détour pour celles et ceux qui aiment l’ambiance survoltée des marchés asiatiques mais aussi pour celles et ceux qui veulent gouter la vraie street food locale. Un délice !!!

Marché russe 

Kompong Cham

Dernière étape de notre périple cambodgien, cette petite ville au bord du Mékong est considérée comme la porte d’entrée vers le nord-est du pays. Chaque année, après la saison des pluies, les habitants reconstruisent à la main le pont de bambou qui relit Kompong Cham à l’île Koh Paen. La traversé de ce pont en vélo a été pour nous une drôle d’expérience car nous n’étions pas trop rassurées. Cependant, cela valait le coup et nous avons passé une superbe journée à pédaler au milieu des champs, des petits villages et à découvrir ainsi la campagne cambodgienne.

Koh Paen 
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Petit Point Culture:

Après quatre siècles marqués par la glorieuse période angkorienne, le Cambodge entame un long déclin à partir du XIIIème siècle, qui profite à ses puissants voisins, en particulier les Siamois. Après la période du protectorat français et un épisode éphémère de stabilité, le Cambodge s’enlise dans une crise politique au début des années 1970, puis plonge dans la guerre civile jusqu’à l’avènement du régime génocidaire khmer rouge (1975-1979), un cauchemar dont le pays peine à se remettre.

En effet, le 17 avril 1975, les khmers rouges de Pol-Pot entre dans Phnom Penh et proclame l’année zéro. Ils évacuent la capitale et transforment le pays en une prison sans mur. Leur objectif était une révolution absolue destinée à transformer le pays en une coopérative agricole contrôlée par les paysans. C’est pourquoi ils vidèrent la capitale et les villes de provinces de tous leurs habitants et les obligèrent à rejoindre les campagnes pour travailler comme des esclaves de 12 à 15h par jour. Toute désobéissance entrainait une exécution immédiate. Pol-Pot décida d’exterminer également tous les représentants de l’ancien régime ainsi que les intellectuels du pays. Les khmers rouges exécutèrent ainsi en trois ans environ deux millions de personnes. Le 7 janvier 1979, l’armée vietnamienne libera le Cambodge du régime khmer rouge et installa un gouvernement à Phnom Penh.

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Au Cambodge, nous avons découvert une autre facette de l’Asie, plus moderne, moins bruyante, plus propre mais aussi moins fascinante pour nous. Le contraste avec l’Inde a été flagrant et il nous a fallu un peu de temps pour nous y adapter. C’est pourquoi nous avons décidé de voyager un peu différemment en prenant davantage le temps dans les endroits où nous étions et en nous laissant guider par les rencontres. Nous avons donc fait peu de lieux différents mais nous gardons pour un prochain voyage tout ce que nous n’avons pas pu faire cette fois ci 😉

Notre guesthouse préférée ? Mushroom Point à Otres Beach ! Pour 15$ vous avez un super petit bungalow en forme de champignon sur la plage. Ambiance détente et farniente garantie 😉

Notre bar favori ? Le Viva à Phom Penh ! Tacos, quesadillas, mojitos, l'endroit idéal pour s'évader (pour vraiment pas cher) le temps d'une soirée !

Notre meilleur plat ? Une des spécialités du Cambodge, le Lok Lak ! Plat à base de boeuf ou de poulet mariné dans une délicieuse sauce aigre-douce et accompagné de crudités et d'un oeuf au plat.

Notre coup de coeur ? Koh Ta Kiev, petite île paradisiaque encore préservée du tourisme de masse. Allez-y vite avant que ça ne change!

Le moment fort ? La visite du musée de la torture (S-21) à Phnom Penh témoignant de la violence des khmers rouges. Une claque historique !


Koh Paen 
4
mars
Don Det, 4000 îles 

Des paysages à vous couper le souffle, un peuple adorable, l'impression qu'ici, on est jamais pressé et qu'au contraire, il faut prendre le temps de tout. Le Laos nous aura tout simplement fait du bien ! Nous surnommerons d'ailleurs ce pays, le pays du “chill”, de la “glandouille”. Alors, pour une fois, nous n'allons pas vous décrire les lieux que nous avons visités, en les détaillant dans l'ordre chronologique mais plutôt vous raconter comment les rencontres que nous avons faites ont rendu ce pays si extraordinaire à nos yeux. Et de toute façon, que ce soit les 4000 îles, Nong Khiaw, Muang Ngoi, Luang Prabang ou encore Vang Vieng, que pourrait-on vous dire de plus que : c'était magnifique, paisible, génial, dingue, exceptionnel etc ? Rien car c'était tout ca en même temps.

Luang Prabang et 4000 îles 

Il y a des moments dans les voyages où les rencontres se font. Avec soi même, entre des personnes, des cultures, des pays. Tout d'un coup, cela se produit. Qu'elles soient difficiles, passionnantes, surprenantes, dingues, coups de coeur ou plus jamais, elles nous permettent de pousser des portes mais aussi d'en fermer. Nous nous rendons alors compte de nos limites et de nos capacités sans cesser d'avancer. Rencontrer, c'est avant tout une question de timing, d'ouverture d'esprit et de partage. N'est-ce pas ce que l'on attend du voyage ?

Nong Khiaw 

Il y a aussi la rencontre avec soi-même, là ou se heurte ce que l'on est vraiment et ce que l'on pensait être. Car dans les moments les plus durs, fatiguants ou surprenants du voyage, on ne peut pas se cacher et on apprend tout d'un coup que nos émotions ne sont pas toujours faciles à gérer, que certaines vérités nous chamboulent, que d'autres nous fascinent mais que ça fait partie de l'apprentissage. Voyager, ce serait donc aussi apprendre à se rencontrer.


Luang Prabang 

Il y a aussi toutes ces personnes croisées sur notre chemin. Certaines, juste le temps d'un trajet, d’une soirée. Puis il y a eu les coups de coeur, ceux avec qui tout de suite on se sent bien et avec qui on a envie de partager un bout de notre aventure.

En dehors des paysages absolument incroyables, ce sont donc les rencontres qui ont sublimé notre voyage au Laos. Tout d'un coup, on n'est plus deux, on devient un groupe, une tribu ou encore une sorte de colo un peu folle et ca durera dix minutes, une journée ou une semaine. On fait chacun en sorte de modifier légèrement nos plans pour continuer à partager, encore un peu, parce qu'on est bien là, tous ensemble. Et puis ça s'arrête forcément à un moment. Les routes se séparent mais avec la promesse d'un: "ce n'est qu'un au revoir". Parfois très différents, on ne se serait peut-être jamais rencontré en France et pourtant, une envie commune nous anime, un rêve de gosse, celui de partir à la découverte du monde.

La colo 

Ce type de rencontre, c'est aussi ça le voyage. Tu viens pour découvrir un pays, une culture, un peuple et finalement, au milieu de tout ça, en deux heures de minivan, devant la rediffusion d'un match de foot ou dans un restau, ils sont là.

Alors un petit mot à vous tous qui avez à un moment donné croisé notre route: merci. Merci pour vos conseils, vos sourires et tous ces moments passés ensemble!

Notre guesthouse préférée ? Smiling Lao Bar à l'unanimité ! Petits bungalows pas chers et propres, vue sur le Mekong et guesthouse tenue par quelques copains français qui aident une famille laotienne pendant la haute saison ! Une belle occasion de découvrir Don Det et les 4000 iles 😀

Notre restaurant coup de coeur ? Deen's Indian Food à Nong Khiaw. Nous avons retrouvé les saveurs de l'Inde, un vrai bonheur.

Où boire un verre ? A l'Uthopia à Luang Prabang bien évidemment 😉 Cours de yoga à 17h, coucher de soleil sur le Mékong et cocktails à des prix raisonnables, un incontournable !

Une envie de faire la fête ? Tous les vendredi soirs c'est Jungle Party à Vang Vieng ! Fireshow, DJs et bonne ambiance pour danser entre copains !

Les paysages les plus beaux ? Partout ! Le Laos est un pays magnifique qui n'a cessé de nous étonner. Entre montagnes, rivières, rizières, cascades et rochers karstiques, nous en avons pris plein les yeux !

18
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Publié le 7 juin 2017

Avant de vous parler de notre mois passé à vadrouiller en Birmanie, nous allons partager avec vous notre expérience de volontaires à Thabarwa. Ouvert 24h/24 et 7j/7, ce véritable village a été fondé par Sayadaw U Ottamasara en 2008. Sayadaw était un businessman birman reconnu, mais suite à plusieurs échecs, il a abandonné cette vie pour se consacrer à la méditation et à l'apprentissage des préceptes du bouddhisme durant 3 années entières. Il décide alors de mettre tous ses biens à la disposition des plus démunis en créant un centre de méditation et de soins. Situé à une vingtaine de kilomètres de Yangon ( l'ancienne capitale), Thabarwa Center est une ONG où travaillent, vivent et survivent environ 3000 personnes dans le besoin. Du nourrisson au centenaire, le centre accueille aussi bien les plus pauvres, les orphelins, les blessés, les malades, les personnes en situation de handicap physique et/ou mental ainsi que des volontaires birmans et internationaux. Chacune de ces personnes est alors nourrie, logée et soignée gratuitement, grâce à des donations privées et à la quête effectuée par les monk (moines bouddhistes) tous les matins.

Le "village" Thabarwa 

Pour essayer de vous faire comprendre au mieux le fonctionnement de ce centre un peu hors norme, nous allons vous y décrire ce que nous y avons vécu.

Tout d'abord, nous étions logées gratuitement dans un dortoir avec 10 autres volontaires et avions les repas du matin et du midi pris en charge.

Notre dortoir et Levana qui part en activité

A Thabarwa, la journée débute, pour celles et ceux qui le souhaitent, par une heure de méditation de 5h à 6h. Après le petit déjeuner (6h-7h), chaque volontaire a le choix de participer à différentes activités nécessaires à la vie du centre:

  • Alms: chaque matin, les moines bouddhistes (monk) accompagnés par quelques volontaires partent faire la quête (nourriture, argent) auprès des villages alentours. Cette "aumône" est importante dans la religion bouddhiste car les dons permettent d'améliorer le kharma. A Thabarwa, la nourriture recueillie (riz cru/cuit, légumes cuisinés, poissons, viandes, fruits, biscuits, boissons, céréales...) est ensuite redistribuée aux yogis (personnes dans le besoin) et l'argent utilisé pour la gestion du centre.
  • Patient care: soins à la personne, toilettes, bandages, nettoyage de plaies. C'est une activité éprouvante car les volontaires ne sont pas nécessairement qualifiés et se retrouvent face à des cas/situations qui nécessitent parfois de réelles compétences infirmières.
  • Gym: mouvements et étirements ayant pour but de permettre aux personnes, qui le souhaitent, de maintenir une activité physique. En tant que volontaires, notre rôle est de motiver un maximum de personnes et les accompagner (souvent en fauteuils) jusqu'à la salle.
Les activités de la matinée  

Après le déjeuner (11h-12h), un deuxième temps de méditation est possible. Pour les autres, en fonction des jours de la semaine, il s'agit d'une heure de repos ou de nettoyage des parties communes des volontaires.

L'après-midi se déroule de la même manière que la matinée ! Chacun s'engage sur une activité :

  • Washing patient: il s'agit d'aller chercher les personnes ayant besoin d'être lavées (personnes dépendantes) à l'endroit où elles vivent et de les aider à se laver. Il s'agit d'un moment très intime mais qui permet également de vivre un instant de partage hors du commun.
  • Art: à vos crayons et pinceaux, lors de cette activité libre à tous, on discute, on rigole en laissant libre cours à la créativité de chacun.
  • Village school: jouer avec les enfants du village et leur apprendre l'anglais de manière ludique !
  • Drain: faire des réparations dans le village, construire des égouts ou encore des murs, c'est une manière de contribuer à améliorer la vie en collectivité de Thabarwa
Il y a toujours quelque chose à faire ou un instant à partager  

En fin de journée, un debriefing entre volontaires est organisé afin de savoir: qui a fait quoi ? Où ? Comment ça s'est passé ? Ce moment permet de discuter, de faire des suggestions, des remarques, d'introduire les nouveaux volontaires puis de programmer la journée du lendemain en répartissant les volontaires en fonction des besoins.

Puis, lorsque la nuit est tombée, chaque personne fait ce qu'elle veut: méditation, repos ou dîner dans une des petites gargottes du village.

Notre séjour à Thabarwa nous laissera des souvenirs impérissables. Nous avons vraiment eu l'impression de faire partie de quelque chose qui avait du sens. Nous y avons vécu des moments émotionnellement difficiles qui nous ont poussé dans nos retranchements. Partager le quotidien de personnes qui sont dans la misère la plus totale est quelque chose de fort qui nous change au plus profond. Cela permet, de plus, de prendre un recul incroyable sur les aléas de la vie. Nous sommes sorties plus riches et plus fortes de cette expérience.

19
juil
19
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Dernier pays, dernières aventures et rencontres du projet Handiasie. Que c'est passé vite ! Après avoir retrouvé des amis et profiter des îles et des plages paradisiaques de la Thaïlande, nous sommes parties à la rencontre de Dominique, un français (tétraplégique depuis ses 21 ans) installé depuis plus de vingt ans à Chiang Maï au nord du pays.

Ko Yao Noi et Koh Tao

C'est en recherchant des associations sur internet avant le début du voyage que nous avions découvert le projet de Dominique et sa femme: accueillir et organiser des vacances en Thaïlande pour des personnes à mobilité réduite. Nous les avions donc contactés afin de leur proposer une rencontre et c'est avec beaucoup de gentillesse que nous avons été reçu dans leur maison. Pendant plus d'une heure, nous avons échangé sur différents thèmes:

- leur projet (sa femme et lui louent une maison totalement adaptée pour les personnes à mobilité réduite), le parcours de Dominique et son quotidien

- l'accessibilité : infrastructures, transports, hôpitaux, revendeurs de fauteuils etc...

- la vision du handicap dans la culture thaï et dans le bouddhisme

- les lois et mesures en place pour les personnes en situation de handicap dans le pays

- les différentes agences qui organisent des séjours pour personnes à mobilité réduite

- le handicap dans les autres pays et ce pourquoi la Thaïlande est aussi avancée sur le sujet

Notre hôte nous a ainsi expliqué qu'il propose des services à des personnes en fauteuil qui souhaiteraient découvrir la Thaïlande: véhicule adapté, contacts avec différents hôtels du pays accessibles aux personnes en situation de handicap, hôpitaux de références, matériels etc... Selon lui, la Thaïlande est un des pays d'Asie du Sud-Est (avec la Malaisie) les plus développés en terme d'accessibilité. Il a donc monté son site internet https://www.thailandehandicap.com/ (cliquez sur le nom si vous souhaitez y jeter un coup d’œil) et propose même une chambre d'hôte adaptée !

Après une nuit de train, petit déjeuner avant notre arrivée à Chiang Maï 

Une nouvelle belle rencontre avec un projet un peu différent et tout aussi intéressant que ce que nous avons pu voir pendant le reste de notre voyage.

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Le mot de la fin

Retour en France 😦

Notre voyage s'est donc achevé le 19 Mai 2017 après un dernier "green curry" et vagabondage dans les rues de Bangkok. Le cœur lourd et la tête pleine de souvenirs, nous avons retrouvé le sol français et nos proches. Que d'émotions ! Il est encore difficile de poser des mots sur tout ce que nous avons vécu mais nous espérons vous avoir fait voyager à travers ce blog. Sachez que c'est grâce à vous tous, à votre soutien moral et financier que l'aventure Handiasie a existé et nous vous en remercions du fond du cœur. Et surtout, un immense merci aux associations et aux personnes qui nous ont accueillies: Dominique et toute son équipe d'Handimachal, Shyam, Kedhar, Amrit, Tommorow's foundation et Camille, Anne d'Action Cambodge Handicap, Thabarwa et enfin Dominique à Chiang Mai.

Mais au fait, on devient quoi ?

Pendant notre voyage en Birmanie, Manon a eu une offre pour reprendre ses fonctions de référent parcours de santé à l'Association Française contre les Myopathies à Paris et bien évidemment, elle a accepté !

Levana quant à elle à rejoint l'association de séjours adaptés "La Pierre et le Sable" et travaille jusqu'en septembre avec des personnes en situation de handicap mental avant de rejoindre Paris elle aussi.

Pour conclure, nous réfléchissons déjà à de futurs projets et à comment exploiter toutes les informations et contacts que nous avons pu recueillir pendant notre voyage ! Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant !

Manon et ses collègues à gauche et un gros bisous de nous deux en voyage à Marseille !  

To be continued...