Carnet de voyage

La Puna de Atacama

6 étapes
2 commentaires
Un univers fantasmagorique, des paysages surréalistes. Si le Sud Lipez en Bolivie est bien connu des voyageurs, la Puna de Atacama qui le prolonge vers le sud en Argentine reste encore confidentielle.
Du 22 au 26 novembre 2011
5 jours
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« La grande puna était à tous. Il n’y avait ni enclos de pierre pour le bétail, ni clôtures de fil de fer. La grande puna n’avait pas de propriétaire. Les Indiens vivaient librement partout » (

José María Arguedas, Yawar fiesta, 1941)


En langue quechua la puna c’est la haute terre froide. Entre 3 200 et 4 800 mètres d’altitude, la puna s’étend sur l’altiplano andin, du sud du Pérou jusqu’au Grand Nord chilien et le Nord-Ouest argentin. Nous sommes dans les Andes centrales sèches où les précipitations sont indigentes. La puna est donc un désert d’altitude recouvert d’une très maigre steppe formée de graminées comme l’Ichu. Le géographe et voyageur Alexander von Humboldt a repris le vocable latino-américain de Tierras frias (« terres froides ») pour désigner ces hautes terres, par opposition aux Tierras templadas et calientes, situées plus bas. Des terres froides, vraiment ? Oui, mais pas toute la journéeb! On dit que les quatre saisons s’enchaînent en vingt-quatre heures : entre 8h00 et 11h00, c’est le printemps ; entre 11h00 et 16h00, l'été ; de 16h00 à 19h00, l'automne ; ensuite, eh bien c’est l'hiver ! On a enregistré dans ce désert de haute altitude la plus grande amplitude thermique diurne du monde : en avril +30°C à midi et - 30°C pendant la nuit ! Nous y étions fin novembre, c'est-à-dire à, la fin du printemps et si le sol était encore gelé au petit matin, nous n’avions pas souffert du froid, même la nuit et sans chauffage.

Le volcan d'Antofalla (6 437 m) 


La puna de Atacama est délimitée à l’ouest par une chaîne volcanique située à la frontière entre l’Argentine et le Chili, qui culmine au Llullaillaco, le deuxième plus haut volcan actif au monde à 6 739 m d’altitude, et à l’est par une ceinture de montagnes. Elle se distingue de la région de San Pedro de Atacama, mille mètres plus bas, au Chili. Volcans, lagunes, dépressions salines (les salars), dunes gigantesques, façonnent des paysages éblouissants. Il n’est pas rare de croiser pendant la saison des migrations, des colonies de milliers de flamants roses des Andes qui font étape à ces altitudes et latitudes. Des vigognes par centaines animent quelques maigres pâturages. Le Campo de Piedras Pomez, une immense étendue de pierres ponces est, quant à lui, unique au monde. Contrairement au Sud Lipez bolivien qui est un haut plateau ouvert, la Puna Argentina est cloisonnée intérieurement par des chaînes de montagnes et des dépressions longitudinales où se trouvent aujourd'hui les fameux lacs salés andins. C’est le résultat des forces tectoniques qui ont fracturé le plateau en blocs soulevés et blocs effondrés. D’où la très grande diversité des paysages qui font l’attrait de cette région particulière du Nord-Ouest argentin.

Colonie de flamants roses sur la Laguna Grande 

Parmi les paysages emblématiques de la puna que nous pouvons rencontrer, il y a les lagunes et les salars. Ce mot espagnol désigne d’énormes bassins salins et aquifères qui se sont formés il y a plusieurs millions d'années. Ils s’apparentent aux chotts du nord du Sahara. Dans la partie centrale de l'altiplano, les sierras orientées nord-sud ont enfermé des bassins interdisant tout écoulement extérieur : c’est l’endoréisme. Ceux-ci sont alimentés de manière discontinue par les cours d’eau montagnards issus de la fonte des neiges et parfois par les rares pluies annuelles qui viennent former une fine pellicule d’eau où les sels contenus dans les roches volcaniques ont été dissous. La forte évaporation sous ce climat semi-aride fait apparaître une couche de sel plus ou moins épaisse formée de polygones d’un blanc étincelant. Le salar d’Uyuni en Bolivie est le plus vaste désert de sel au monde, celui d’Antofalla en Argentine, le plus long.

Les Salinas Grandes sur la route du Chili sont un petit salar exploité.

Les sept départements de la puna à l’ouest des provinces de Jujuy et de Salta ne comptent que 25 000 habitants pour 60 000 km2. Ils sont mal reliés au reste de la région; on n'y rencontre que de rares oasis de quelques dizaines d'âmes, souvent d’anciennes cités minières devenues « villages-fantômes ». En effet, on y extrait des minerais de plomb, d'argent et de zinc. S'y trouvent aussi les plus grandes réserves mondiales de lithium, dont l’exploitation est contestée par les militants écologistes. Les zones les plus humides de la puna, appelées vegas, sont vouées à un élevage extensif de chèvres, lamas et alpagas.

Paysage volcanique près de l'oasis  d'Antofalla de la Sierra 
L'église de Susques (puna de Jujuy) 


Cette excursion était organisée par l’agence Socompa, basée à Salta, fondée en 2004 par Fabrizio, un Italien tombé amoureux de la puna. Il lui a donné le nom d’un volcan de plus de 6 000 mètres d’altitude, situé à la frontière entre la province de Salta en Argentine et la région d’Antofagasta au Chili. L’équipe, entièrement argentine, a une grande expérience de ce milieu désertique dont elle connaît chaque recoin. A la demande de l’agence, José, un Porteño, s’est joint à nous deux. Les circonstances du voyage de José sont tristes. C’était un projet commun avec son épouse, hélas décédée au terme d’une longue maladie, c’est par fidélité à sa mémoire qu’il a tenu à effectuer ce voyage. Quant à notre sympathique guide, Sebastián, grand connaisseur de la puna et photographe de talent, c’était également un conducteur expérimenté sur des terrains hors piste.

Nous n'avons pas souffert du mal des montagnes, mais nous étions bien acclimatés auparavant, avec les quelques jours passés dans la Quebrada Humahuaca et à Salinas Grandes.

22
nov

Peu de temps après être sortis de Salta, nous entamons l’ascension de la Puna par la Quebrada de Toro sur une centaine de kilomètres et un dénivelé de 2 800 mètres. Cette gorge sauvage fut utilisée par les Incas quand ils conquirent cette région andine, comment l’attestent les vestiges de nombreux sentiers incas. Les cactus candélabres en fleurs (cardones) colonisent les versants.

Un des nombreux sentiers incas qui franchissent la montagne 
La Quebrada de Toro 
Les "cardones" ou cactus candélabres en fluers 

Nous faisons un bref arrêt aux ruines de Tasti, une cité pré-inca qui compta jusqu'à 2 000 habitants au XVe siècle, avant d'atteindre le col d’Abra Blanca, à 4080 mètres d’altitude, porte d’entrée de la Puna. En 1915 cette route était considérée comme la plus haute du monde.

Le coil d'Abra Blanca et les ruines de Tastil 


Courte pause à San Antonio de los Cobres, le chef-lieu de la Puna, un gros village poussiéreux où nous déjeunons dans un hôtel-restaurant et prenons un peu de repos. Ce sera notre dernier contact avec la « civilisation »

Rencontre à San Antonio de los Cobres 

Petit détour pour admirer le viaduc La Polvorilla, une prouesse architecturale d’acier sur une ligne de l'ancien chemin de fer General Manuel Belgrano. C’est aujourd’hui une des attractions du train touristique de haute montagne : le « train des nuages » (Tren a las Nubes).

Viaduc de Polvorilla 

Au col d’Abra Chorrilos, à 4 560 mètres d’altitude, nous atteignons notre point culminant de la journée. Comme souvent en de tels lieux, s’y trouve une apacheta, un monticule de pierres et de bouteilles vides entassées, qui a une signification spirituelle pour les cultures andines, puisqu’il s’agit d’offrandes à la déesse de la terre Pachamama.

A partir d'ici le paysage devient vraiment désertique. Seul témoin de la civilisation: la voie ferrée du Tren a las Nubes que longe la piste.

La gare de Pocitos 
Le salar de Pocitos 
Le pueblito de Pocitos 

Après avoir traversé le salar de Pocitos considéré comme mort d’un point de vue géologique, puis le hameau désolé du même nom, nous quittons la piste principale pour nous enfoncer dans le Désert du Labyrinthe. Il s’agit d’un ensemble de dunes fossilisées il y a plus de dix millions d’années, formant une succession de collines ravinées par l'érosion, des badlands aux couleurs ocre et chocolat. C’est un univers incroyable, un monde étrange que l’on nomme aussi Desierto del Diablo. L’impression de faire un voyage extra-planétaire, d’être sur la planète Mars ! Enfin, n'exagérons rien, nous ne sommes jamais allés sur Mars ! En fait, la topographie des lieux s’apparente à celle de cette planète, les images satellitaires de la puna pouvant montrer des similitudes avec certaines formations géologiques visibles sur Mars. D’ailleurs la NASA s’est intéressée à la puna de Atacama pour trouver des conditions similaires à celles de Mars.

La piste s'enfonce dans le "Desierto del Laberinto" 


Un paysage de badlands 




Le panorama de Siete Curvas 

Peu avant Tolar Grande et juste avant le coucher du soleil nous faisons un bref arrêt à un site magnifique, poétiquement appelé Ojos del Mar, « les yeux de la mer ». Ce sont une demi-douzaine de trous d'eau salée, assez profonds, contenant des stromatolithes partiellement fossilisés. Ces organismes cellulaires constitués de calcaire de quelques millimètres de long, vieux de 3,5 milliards d'années, sont à l’origine de la couleur émeraude de ces eaux cristallines. Une couleur changeante à mesure que disparaît le soleil derrière les grands volcans fermant l’horizon. Magique !

Ojos del Mar 

A la tombée de la nuit nous arrivons à Tolar Grande, un village situé au bord du salar d’Arizaro à 3 350 mètres d’altitude. Nous nous installons chez Flavio, dans sa maison d’hôtes assez spartiate mais propre. Pas de vitres aux fenêtres de la chambre, si bien que le froid pouvait s’y engouffrer, pourtant nous n’avons pas souffert du froid sous des kilos de couvertures !

23
nov

Cette nuit il a fortement gelé. La salle de bain est glaciale. Dehors, les collines ocre du désert sont recouvertes d’une mince pellicule de givre, donnant au paysage une ambiance irréelle, sous un immense ciel bleu. Après le petit-déjeuner pris dans la cantina locale, bien abusivement appelée « Parador », nous partons à la découverte de Tolar Grande dont nous aurons vite fait le tour : quelques maisons basses de part et d’autre de larges rues en terre battue, une église bien sûr, une école, un terrain de foot, un dispensaire, quelques maisons d’hôtes, c’est tout. Le paysage est surtout marqué par les vestiges des interminables installations ferroviaires de ce qui fut une gare importante au temps l’exploitation minière.


Le "Parador Llullaico" , la cantine populaire de Tolar Grande 
Tolar Grande 


Lever des couleurs à l'école n° 4 622 à Tolar Grande



Une longue route nous attend au cœur de la puna en direction du sud. La piste commence par traverser la salar d’Arizaro, l’un des plus grands au monde. La croûte de sel très chaotique en surface, est mélangée à de l’argile qui donne au salar un aspect "sale" avec une couleur ocre, loin du blanc immaculé. Le nom d'Arizaro, « cimetière des vautours », fait référence à une époque où les arrieros (muletiers) conduisaient des caravanes d'animaux chargés de marchandises (lamas, vaches et chevaux) vers le Chili à travers ces lieux désolés. Les vautours pouvaient profiter des cadavres d'animaux morts pendant la traversée du salar.


Au loin on peut voir l'impressionnant alignement de volcans à la frontière chilienne, dont le Socompa (6 031 m) qui domine le col éponyme et le Llullaico (6 739 m). Au sommet de ce dernier, le National Geographic a découvert en 1999 les corps momifiés de trois enfants offerts en sacrifice aux dieux, parfaitement conservés par la glace et la sécheresse. Ces momies ainsi que les objets qui les accompagnaient sont exposés au musée archéologique de haute montagne (MAAM) de Salta. Nous l’avions visité et c’est sans doute pas ce que nous avions fait de mieux au cours de ce voyage : impressions mitigées à propos de ce musée, intéressant pour les objets rituels exposés (amulettes, poupées, vêtements), mais trop de voyeurisme.


Les volcans Socompa et  Llullaico
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Après 70 km de piste nous parvenons sur la rive sud du salar d'Arizaro et là se dévoile un spectacle insolite: un cône parfait qui semble émerger du salar et dont la masse sombre contraste fortement avec l'étendue blanche environnante : c'est le Cono de Arita. Rien d'étonnant à ce qu'en langue aymara Arita signifie "pointu". L'origine géologique de ce cône n'est pas clairement établie, mais selon les vestiges archéologiques trouvés sur place, le lieu aurait été un centre de cérémonie pré-inca. Nous nous livrons au jeu habituel en ces lieux de l'illusion d'optique en faisant quelques photos. A proximité se trouve une carrière de marbre. En effet, la région regorge de minéraux de toutes sortes comme l'onyx et le marbre et l'on peut récolter quelques jolis échantillons éparpillés au sol.


Le cône d'Arita 

Nous poursuivons notre route vers l'oasis très isolée d'Antofalla, perdue au milieu du désert. Elle est dominée par le volcan éponyme. Ce toponyme est à la fois le nom d’un village, d’un volcan et d’un salar. Il est difficile de croire aux 6 437 mètres d’altitude du volcan Antofalla, car il ne s’élève « que » de 2 500 m au-dessus de la steppe de l’altiplano. C’est néanmoins le troisième plus haut volcan actif au monde. La vue de ses trois majestueux sommets couverts d’une calotte de neige ne nous laisse pas indifférents.

Le volcan Antofalla 

La modeste localité d'Antofalla peuplée d’une cinquantaine d’âmes, était autrefois une étape importante pour les caravanes de lamas qui reliaient le versant oriental des Andes à l’oasis de San Pedro de Atacama. L’oasis d'Antofalla est nichée dans une vallée verdoyante et arborée, arrosée par une source. Nous profiterons de la fraîcheur relative du lieu pour une pose pique-nique agrémentée des quelques fruits que Sebastián a réussi à ce procurer dans l'unique et minuscule échoppe du village.

L'oasis d'Antofalla 

L'oasis se situe près de la rive du salar d'Antofalla. Ce dernier s’étire dans une étroite dépression allongée sur plus de plus de 150 km, ce qui en fait le plus long salar au monde. Sebastián fait un petit détour pour nous montrer trois petites lagunes appelées Ojos del Campo qui offrent l'étonnante particularité d'être chacune de couleur différente. La première est bleue, la deuxième noire et la troisième rouge. Nous ne verrons que la première, les deux autres étant asséchées.

Le salar d'Antofalla 
Ojos del Campo 

Après avoir traversé le salar, la piste s’élève jusqu’à un col à 4 200 mètres avec de larges vues sur le volcan d’Antofalla et le salar. Un spectacle de fin du monde s’offre à nous, entre les montagnes rouges et les coulées de lave noires. Un paysage qui contraste avec celui de la Vega Colorada que nous découvrons après être redescendus du col. C’est une zone plus verdoyante qui sert de pâturage à une faune abondante: vigognes peu farouches par centaines, lamas, alpagas, ânes sauvages).


La Vega Colorada, habitat des camélidés et des oies des Andes


Vigognes dont la robe ocre se confond avec le milieu ambiant, une manière de se camoufler des prédateurs.

C’est ensuite un fascinant musée de formes volcaniques qui s’étend jusqu’à Antofagasta de la Sierra et aux alentours de cette dernière. Un festival de couleurs : du noir des laves volcaniques au bleu des lagunes, en passant par le rouge des volcans et le vert des prairies où paissent des centaines de camélidés. Antofagasta de la Sierra (à ne pas confondre avec la ville chilienne) est la plus grande oasis de la puna de Catamarca avec un petit millier d’habitants. Son nom signifie « le lieu où le brille le soleil», et c’est bien vrai !



Aux environs d'Antofagasta de la Sierra 

Au terme de cette longue journée de voyage à travers la puna, nous atteignons l’accueillante oasis d’El Peñón, à 3 400 m d’altitude. Ce fut une bonne surprise de trouver le confort au milieu du désert à l’Hosteria de Altura El Peñón. Cette "hosteria" gérée par l'agence Socompa de Fabrizio, offre des chambres spacieuses, confortables et très propres. Nous nous y installons pour trois nuits.

L'oasis d’El Peñón 
24
nov

Au cours des deux journées suivantes, nous effectuerons deux excursions au départ d’El Peñón.

A plus d’une heure de piste au nord d’ El Peñón, la réserve de la Laguna Grande, à 4 150 m d'altitude, est une lagune de salinité moyenne et de faible profondeur. En hiver, l'eau gèle complètement, mais lorsque le printemps arrive, le site devient le plus grand centre de rassemblement des flamants de la puna, accueillant jusqu’à 20 000 individus. Plusieurs espèces y cohabitent : le Flamant de James, dit de la Puna (Phoenicpterus jamesi), le Flamant des Andes (Phoenicpterus andinus) et c'est aussi un lieu de nidification habituel du Flamand austral (Phoenicopterus chilensis). Le Flamand de James est une espèce quelque peu menacée, qui a souffert d'un déclin rapide de sa population au siècle dernier devant le recul de son habitat. Bien qu'actuellement l'espèce ne doive pas faire face à une menace alarmante, sa survie dépend de la protection des zones humides. C'est pour cette raison que la Laguna Grande est inscrite sur la liste des sites de la Convention Ramsar (traité international sur la conservation et l'utilisation rationnelle des sols humides). Dans ce lieu d'une beauté unique nous avions pu observer d’importantes colonies en ce jour de printemps austral.

Nous reprenons la piste plus au nord, (enfin c’est beaucoup dire, car il n’y a plus de piste !) en direction du Cráter del Galán, à travers des paysages de toute beauté. En fait il ne s’agit pas d’un « cratère » mais d’une gigantesque caldeira qui s’étend s'étend sur 34 km du nord au sud et 24 km d'ouest en est, ce qui en fait la caldeira volcanique plus grande du monde. Elle est le résultat d'une énorme éruption survenue il y a 2,2 millions d'années. Le volcan quant à lui, le Cerro Galán, se situe au centre à 5 912 m d’altitude. On ne se rend pas compte sur place de la configuration topographique du lieu et seule une image satellitaire permet son identification comme caldeira volcanique.

La laguna Diamante & le volcan El Galan 

Nous grimpons sur une des crêtes qui forment de rebord de la caldeira, jusqu’à l’altitude du Mont-Blanc, mais il nous faudrait grimper 1 000 mètres supplémentaires pour atteindre le sommet du Cerro Galán ! Nous pique-niquons au bord de la Laguna Diamantina qui se loge au fond de la caldeira, avant de revenir à El Peñón

25
nov

Nous allons découvrir aujourd’hui l’un des paysages les plus spectaculaires de la puna de Atacama : le Campo de Piedra Pómez. Le site est situé à plus d’une heure de piste au sud-ouest d’ El Peñón. Il doit son nom, piedra pomez, à la pierre ponce dont c'est la plus grande concentration au monde. L'origine de ce « champ de pierre ponce » est une énorme éruption de type plinien (*) projetant à 25/30 kilomètres d'altitude une lave visqueuse, qui au contact de l'air se refroidit très vite. La chute de pression entraîne un dégazage qui forme des bulles, d'où la porosité et la faible densité de la pierre.

Sous un ciel d’un bleu limpide, nous effectuerons une petite randonnée, sur ces dunes géantes de sable blanc et parmi cet étrange labyrinthe sculpté dans cette roche friable par les vents abrasifs du désert.


(*) Une éruption plinienne, tirant son nom de Pline le Jeune qui fut le témoin de l’éruption du Vésuve en 79, est un type d'éruption volcanique se produisant sur des volcans gris, de type explosif, émettant des laves andésitiques, visqueuses.


La pierre ponce 
Balade dans le labyrinthe de Campo de Piedra Pomez 
Campo de Piedra Pomez 



Pour terminer la journée nous explorerons les alentours du volcan de Carachi Pampa situé à proximité. Ce sera une de nos dernières images de la puna. Puis nous passerons une dernière nuit, non pas sous les étoiles du désert, mais dans le confort de notre hosteria.

Carachi Pampa 

La lagune de Carachi Pampa 
26
nov

Ce jour nous quittons les espaces sauvages de la puna pour retrouver la « civilisation ».

Dernier regard sur la puna 


La piste fait rapidement place à la route asphaltée avant de rejoindre la mythique Ruta 40 qui traverse l’Argentine du nord au sud, au pied des Andes, depuis La Quiaca à la frontière bolivienne, jusqu'à l'extrême sud de la Patagonie. En cours de route nous effectuons un arrêt, le temps de visiter les ruines pré-incas de Quilmes, considérées comme les mieux conservées d'Argentine. Ce fut une immense cité qui a compté jusqu’à 5 000 habitants. Elle fut fondée au XIe siècle par les Indiens Quilmes. Ceux-ci résistèrent aux Incas avant d'être vaincus par les conquistadors espagnols, puis déportés vers le sud.


Le site archéologique de Quilmes 

Nous arrivons enfin à Cafayate, petite ville des Valles Calchaquíes, au cœur d’un vignoble réputé. C’est ici que nous prenons congé de Sebastián et de José. C’est aussi dans cette ville qu’une voiture de location nous attend pour poursuivre notre voyage.