Découverte d'Abu Dhabi et de l'oasis de Liwa en novembre 2016 lors d'une première escale de trois jours dans l’Émirat, puis du Louvre Abu Dhabi lors d'une seconde escale fin janvier 2020.
Novembre 2016
4 jours
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1er - 5 novembre 2016

Il semblerait qu’aux Émirats arabes unis, Dubaï exerce une sorte de tropisme auprès des voyageurs. Cependant, ayant choisi la compagnie Etihad pour nous rendre à Calcutta, l’escale à Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, s’imposait d’elle-même, et plutôt que de ne rester que deux ou trois heures à l’aéroport, nous avons opté pour une vraie pause en milieu de voyage. Nous avons donc prolongé l’escale pour découvrir en une journée entière l’architecture audacieuse de la capitale émiratie, puis pour faire une incursion de deux jours dans le désert du Rub’ Al Khali, dans l’oasis de Liwa. Soit au total trois jours et quatre nuits dans l’émirat. Par choix, nous ne sommes allés ni à Dubaï ni à l’île de Yas, fort peu intéressés par le Ferrari World. Quant à l’île de Saadiyat, nous n’y sommes pas allés non plus, le Louvre Abu Dhabi, n’étant hélas pas encore ouvert à ce moment-là.

Gigantisme et démesure dans le centre d'Abu Dhabi 

Contrairement à ce que j’ai pu croire, Abu Dhabi mérite un détour et un bref séjour, bien qu'à mes yeux la gigantesque cité ne soit pas une véritable ville, tant l'urbanité est y absente. En effet, pas de véritable centre historique, pas de vie de quartier, pas de café au coin de la rue, pas de devanture, mais des centres commerciaux impersonnels, des voies express sans âme et des tours gigantesques. Le piéton est une espèce plutôt rare et incongrue dans cette ville ! Tout déplacement se fait en voiture, tellement les distances sont énormes.

La "sky line" d'Abu Dhabi 

Certes on bénéficie d'une belle vue sur la sky line et la corniche d'Abu Dhabi depuis l'Heritage Village, mais ce dernier ne nous a pas enthousiasmés outre mesure. Cependant, ce qu'il ne faut absolument pas manquer, ce sont deux merveilles à caractère architectural, la Grande Mosquée Cheikh Zayed et l'Emirates Palace et une merveille de la nature, les dunes du désert du Rub’ Al Khali.

Trois merveilles d'Abu Dhabi: une mosquée, un palace, un désert


Transports. La ville étant très étendue, c’est en bus ou en voiture qu’il faut circuler. Il est très facile de se déplacer à Abu Dhabi. Les taxis généralement conduits par des expatriés asiatiques sont très nombreux, pratiques et peu onéreux. À noter qu’il existe aussi un moyen commode pour relier les principaux sites touristiques, avec montée et descente à volonté : le Big Bus.


L’hôtel Ibis Abu Dhabi Gate est situé à mi-chemin entre l’aéroport et le centre-ville, non loin de la Grande Mosquée Cheikh Zayed. La situation est donc pratique pour visiter cette dernière, puis pour prendre la route vers le désert. Il surplombe une crique du haut de ses vingt étages. Il dispose d’une piscine, de restaurants, d’un parking, etc. Accueil très souriant et francophone, service impeccable, chambre au confort standardisé (c’est un Ibis !).

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Cette mosquée située à l’extrémité orientale de l’île d’Abu Dhabi doit son nom à Cheikh Zayed ben Sultan al-Nahyan qui a présidé aux destinées des Émirats arabes unis pendant plus de trente ans, jusqu'à sa mort en 2004. Le monument est une œuvre architecturale aux proportions démesurées qui mêle le contemporain et les styles ottoman, mamelouk et fatimide. Quatre-vingts dômes et coupoles, un millier de colonnes, quatre minarets de 107 mètres de hauteur contribuent à son lustre. Les architectes n’ont pas lésiné sur la décoration, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur : dans la salle de prière, un immense tapis tissé à la main et d’énormes lustres d’or et de cuivre. Le marbre, incrusté de motifs floraux en pierres semi-précieuses (lapis-lazulis, agates, perles, coraux) est omniprésent. C'est une splendeur, nous n’avons pas vu un édifice de ce type aussi beau depuis notre visite au Taj Mahal.

Pour y pénétrer, il faut revêtir les vêtements ad hoc, c'est-à-dire pour tous, vêtements longs et amples, et pour les femmes, jupes jusqu’aux chevilles ou pantalons et foulard sur les cheveux. On fournit gratuitement aux femmes l’abaya à capuche. L’entrée est gratuite et les photos sont autorisées, sauf les autoportraits. Mais il faut se soumettre aux contrôles très stricts de sécurité - comme dans les aéroports - et éviter d’introduire aérosols, miroirs, couteaux de poche et autres objets jugés à risque, qui doivent être abandonnés à l’entrée. C’est très bien organisé : il y a un sens de visite, des toilettes et une cafétéria. Nous y sommes restés plus de deux heures et il n’y avait rien de trop ! Cet joyau architectural est une ode à la méditation et à la spiritualité.


La mosquée est ouverte tous les jours de 9 h à 22 h, sauf le vendredi de 16h30 à 22h.

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Ce palace qui fait face aux plus belles tours de la cité, Etihad Towers, est l’hôtel le plus luxueux d’Abu Dhabi. Ici aussi on a fait dans la débauche de richesse ostentatoire (notamment on n’a pas lésiné sur l’emploi de l’or dans la décoration). Il n’est pas nécessaire d’y avoir réservé une chambre pour le visiter librement et désormais gratuitement, à condition d'être correctement habillé, c'est-à-dire pas sans short, débardeur ou tongs, sans pour autant revêtir le costume/cravate ! L’ambiance des immenses salons et corridors est feutrée. Si l’on n’y réside pas on peut tout de même s’offrir, un moment de détente à l’heure du thé, éventuellement agrémenté des mélodies d'une jeune violoncelliste.

Etihad Towers 


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Il y a deux oasis dans l’émirat : Al Aïn à l’est, la plus peuplée et Liwa à plus de 200 km au sud de l’émirat. Cette dernière, en forme de croissant, s’étire sur une centaine de kilomètres au sein de l’immense du désert du Rub’ Al Khali (littéralement le « Quart vide »), qui se prolonge en Arabie saoudite sur plus de 600 000 km2. C’est la plus grande étendue dunaire ininterrompue au monde. L’oasis est alimentée par une nappe souterraine fossile de l’aquifère sableux du quaternaire qui a permis le développement de l'agriculture et de l'élevage extensif depuis des générations. Les vertes palmeraies de dattiers contrastent avec l’ocre des gigantesques dunes de sable. Liwa est la terre ancestrale de la tribu des Beni Yas dont les descendants sont les émirs de Dubaï et d’Abu Dhabi. Évidemment sous ce climat hyperaride, la nappe phréatique ne se recharge plus naturellement, mais à partir de conduites d’eau alimentées par des usines de dessalement de l’eau de mer. C’est aujourd’hui un réservoir stratégique souterrain pour sécuriser l’approvisionnement en eau de la capitale émiratie.

Par l’intermédiaire de la réception de notre hôtel, nous avons loué une voiture pour deux jours qui nous fut livrée à l'hôtel et en deux heures nous sommes parvenus à destination par les autoroutes rectilignes qui traversent le désert. De temps à autre on distingue des installations d’exploitation d’hydrocarbures. Dans ce pays pétrolier, c’est un plaisir de passer à la pompe ! Sur la file de droite, des camions ; sur celle de gauche, les autochtones dans leurs rutilants et puissants 4X4 aux vitres teintées qui ne semblent pas s’embarrasser des limitations de vitesse, pourtant régulièrement contrôlées pas des radars fixes.

Nous nous installons pour une nuit au Liwa Hotel à Mezairaa, l’un des rares établissements accueillant des touristes, l’offre d’hébergement étant très limitée dans l’oasis. Cet hôtel d’architecture traditionnelle bénéficie d'un emplacement privilégié sur une colline qui domine l’oasis, face aux immenses étendues de dunes du Rub al Khali. Nous avons apprécié notre grande chambre qui offre tout le confort, et surtout la grande piscine d'une propreté impeccable, bienvenue par cette forte chaleur.

Un client local vêtu de son traditionnel dishdasha blanc immaculé s’adresse à la réception en anglais. Étrange impression d’entendre un locuteur arabe utiliser une autre langue que la sienne dans son propre pays. Rien d’étonnant quand on sait que les Émiratis sont ultra minoritaires chez eux (à peine plus de dix pour cent de la population totale) et que le personnel des services (hôtellerie, taxis, transports publics, etc.) est en règle générale entièrement composé d’étrangers, notamment des Indiens.

Après un déjeuner à l’hôtel, loin d’être inoubliable, nous passons une partie de la journée à profiter de la piscine et c’est en fin d’après-midi, après les grosses chaleurs, que nous partons pour le site de Tal Mur'ib où se situe une des plus hautes dunes du monde (300 m). On peut facilement s’y rendre par une très belle route asphaltée d’une trentaine de kilomètres qui se faufile entre les dunes en direction du sud et de la frontière saoudienne. Avec ceux du Sahara et du désert de Namib, ce sont les plus beaux massifs dunaires que nous ayons jamais vus. C'est au coucher du soleil que la lumière déclinante donne aux dunes leurs plus belles couleurs, virant de l’ocre jaune au rose-oranger. Chaque année se déroule un festival avec courses de dromadaires. Hélas, des traces de pneus témoignent que ces dunes sont considérées comme un terrain d’aventure par les amateurs de sports mécaniques à la recherche de montées d’adrénaline !


Le lendemain matin nous parcourons une partie de la « route des forts ». Ces derniers édifiés entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle témoignent de l’importance historique de l’oasis. Ces forts se caractérisent par des tours circulaires de guet et de grands murs, d'au moins trois mètres de haut, avec des meurtrières à intervalles réguliers, ce qui témoigne de la qualité des défenses. Ils ont été parfaitement restaurés et sont tous en accès libre.

Le fort de Mezair'ah 
Le fort de Dhafeer 
Le fort de Qutuf 
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30 janvier - 1er février 2020

Au cours de notre escale de 2016, nous n’avions malheureusement pas pu voir le Louvre Abu Dhabi dont l’ouverture prévue n'avait pas pu avoir lieu, suite à des retards dans les travaux. Il sera finalement inauguré l’année suivante, le 8 novembre 2017. Début 2020, juste avant la pandémie, un autre voyage en Inde vers Bangalore, nous donnera une nouvelle occasion de faire une courte escale à Abu Dhabi qui nous permettra enfin de visiter ce musée.

Arrivés en soirée, un taxi nous conduit au Corniche Hotel Abu Dhabi, un superbe établissement à prix modéré très bien situé, à deux pas de la fameuse Corniche, ainsi que son nom l’indique. Nous n’avons pas profité de sa piscine, en revanche nous avons apprécié nos dîners à la terrasse sommitale de l’un de ses trois restaurants. Nous avons donc fait le choix, cette fois-ci, de loger au centre-ville. Aménagée en bord de mer et ombragée d’arbres tropicaux, la Corniche est un lieu de promenade pour piétons et cyclistes. Nous nous y baladerons en soirée. Il y a de l’animation, entre jeux d’enfants, attractions et divers stands. Atmosphère sympathique et bon enfant.

Le Louvre Abu Dhabi

Le lendemain matin, un taxi commandé à l’hôtel vient nous prendre en charge pour nous conduire en quelques minutes au Louvre Abu Dhabi. Il est situé sur l’île de Saadiyat, en bord de mer, face au port Zayed. À l’arrivée, une belle promenade en front de mer, plantée de palmiers, nous mène jusqu’au dôme du musée qui émerge à peine au-dessus des flots, les divers bâtiments de l’édifice d’une blancheur éclatante étant entièrement entourés d’eau. C’est magnifique !


Ce musée est un projet né en 2007 quand la France et les Émirats Arabes Unis ont signé un accord de partenariat sans précédent dans le domaine culturel pour créer le premier musée universel du monde arabe. La France apporte son expertise en matière de conception et d’acquisitions, ainsi que le prêt de chefs d’œuvre extraits des collections des Musées nationaux, le Louvre notamment mais aussi le Musée d'Orsay, le Centre Pompidou, le Musée du Quai Branly, etc.

Ce qui fait la singularité du Louvre Abu Dhabi c’est sa conception et son architecture. D’un point de vue conceptuel, le musée explore ce qu’il y a d’universel dans l’humanité, selon un parcours chronologique qui transcende les cultures, les civilisations et la géographie. Sur le plan architectural, il a été fait appel à Jean Nouvel qui a conçu un audacieux écrin pour les collections du musée. La pièce maîtresse est une très vaste coupole argentée, caractéristique de l’architecture arabe, qui semble flotter au-dessus de l’espace muséal. Un réseau complexe de 7 850 étoiles superposées sur plusieurs couches, dont le motif se répète sous différentes tailles, filtre les rayons du soleil. Cela crée un effet saisissant connu sous le nom de « pluie de lumière » qui fait écho aux palmiers des oasis quand leurs feuilles interceptent la lumière éclatante du soleil et la diffusent au sol.

Le musée expose environ six cents chefs-d’œuvre et artefacts tirés de la collection permanente : pièces archéologiques, objets d’art décoratif, sculptures néo-classiques, peintures des maîtres modernes et commandes contemporaines. Elles sont disposées dans onze galeries selon un ordre chronologique et une thématique spécifique à chacune d’entre elles : Mémoire des signes ; Premiers grands pouvoirs ; Civilisations et empires ; Religions universelles ; Les routes asiatiques des échanges, etc… jusqu’ à la Modernité en question dans la dernière galerie.

Dès la première salle, le ton est donné, avec trois statuettes sur un thème universel : la maternité. Un bronze égyptien représentant Isis allaitant son fils Horus (vers 800 - 400 av. J.C.) ; une Vierge à l'Enfant du XIVe siècle en ivoire; une figure de maternité de la culture Yombé provenant de la République démocratique du Congo (XIXe s.).

Un thème universel: la maternité. Isis allaitant Horus, Vierge à l'Enfant et maternité "phemba"

Premiers villages

Vers 10 000 ans avant notre ère, au Proche-Orient, en Chine et en Amérique centrale, apparaissent les premières communautés villageoises en relation avec la domestication des plantes et des animaux. Malgré leur diversité géographique, elles semblent partager des croyances et des rituels communs, autour du culte des ancêtres. La représentation humaine se développe, à l'image de cette figurine féminine qui évoque des préoccupations liées à la fertilité.

Femme vêtue d'une robe de laine, vers 2300 -1700 av. J.C., Bactriane (Asie centrale ), chlorite & calcite, H = 25,3 cm

Quelques œuvres "coup de cœur"

Bateau funéraire avec son équipage, Moyen Empire, Égypte 


Coffret reliquaire aux Rois Mages (vers 1200), Limoges, cuivre, émail champlevé 

Aiguière à tête de coq (XIIe - XIIIe s.), Iran, céramique peinte sous glaçure, décor réticulé. Aiguière indienne sertie en Italie (vers 1640), Gujarat (Inde), nacre, cuivre doré, turquoises, grenats.

 Aiguières  


Portrait funéraire. L'homme à la coupe (vers 225 - 250 après. J.C.), Égypte, période romaine  


Cheval de Bactriane  (VIIIe s.), Chine, dynastie Tang, céramique glaçurée


Céramiques: coupes aux cavaliers, décor aux sept couleurs, (XIIe - XIIIe s.), Kashan, Iran 

Religions universelles

En s’adressant à toute l’humanité sans distinction, le bouddhisme, le christianisme et l’islam dépassent les particularités culturelles locales et transforment en profondeur les sociétés issues de l’Antiquité.

Shiva dansant et écrasant l'ignorance (Xe s.), Tamil Nadu, bronze; plat de reliure représentant le Christ en majesté (XIIe s.), Limoges, bois, émaux sur cuivre; Christ montant ses plaies (XVIe s.), bois peint, Bavière ou Autriche;

Religions universelles 


Giovanni Bellini, Vierge à l'Enfant (1480-1485), Venise

Cosmographie

Cette galerie montre à travers des astrolabes, cartes, globes terrestres, tableaux et autres objets, comment vers 1500 de grands voyageurs comme Ibn Majid, Zheng He et Christophe Colomb, en faisant le tour du globe, ont mis en relation directe des terres restées jusqu’alors éloignées ou inconnues les unes des autres. Les sociétés entrent alors en lien dans un système d'échanges à l'échelle planétaire, une première forme de globalisation.

Plat figurant un bateau européen (XVIIe s.), Iznik, Turquie; paravent cartographique (vers 1690), Japon; Vincenzo Coronelli, détail d'un globe terrestre illustré (1697), Venise

Cosmographie 

Parmi les œuvres prêtées par les Musées nationaux français

Musée du Louvre: Ramsès II, Tanis (XIIe s. av. JC). Archer perse, Suze, 510 av. J.C. Ariane endormie (fin IIIe - début IIe siècle av. J.C.),

Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon: J.-L. David: Bonaparte. Le franchissement les Alpes le 20 mai 1800 (1803)


Berthe Morisot, L'hortensia, 1894; Paul Sérusier, La lutte bretonne ,1890-91 (Musée d'Orsay) 


Auguste Rodin, Le Penseur '1880), Musée Rodin, Paris 

Œuvres contemporaines

A gauche: Claudio Parmigiani, Pittura pura luce (peinture pure lumière) (1968), Centre Pompidou.

À droite: Thomas Schütte, Grosse Geist N°7 (1996), fonte d'aluminium). Accroché au mur: Kazuo Shiraga, "Chirisei Kyubiki", Japon (1960)

Nous sommes restés six heures à admirer les riches collections de cet éblouissant musée, ainsi que l’exposition temporaire (Dix mille ans de luxe), mais aussi à nous balader dans le patio et les recoins de cette « ville-musée », comme si l’on flânait dans les rues étroites d’une médina arabe, ou le long des allées extérieures face à la mer, entre ombre et lumière. En milieu de visite nous avons profité d’une agréable détente à l’élégante terrasse extérieure de l’Art Lounge, autour d’une boisson fraîche et d’un plateau de fruits de mer, avec une vue imprenable sur la sky line d’Abu Dhabi au loin.

Le Louvre Abu Dhabi est ouvert de 10h à minuit. Les galeries et les expositions ferment à 18h30 en semaine et à 20h30 du vendredi au dimanche. Le musée est fermé le lundi.

Qasr al Watan (Le Palais présidentiel )

Il nous reste un peu de temps avant la fermeture de ce palais qui n’était pas encore sorti de terre lors de notre premier séjour à Abu Dhabi. Il a été construit sur une presqu’île à l’ouest de la ville, juste à côté de l’Emirates Palace. Édifié en 2017 et destiné aux réunions du conseil des ministres émirati et à la réception des chefs d’État étrangers, il a été ouvert au public deux ans plus tard. Le Louvre Abu Dhabi et la Grande Mosquée Cheikh Zayed ne sont donc plus les seules attractions touristiques à caractère culturel de la capitale des EAU.

Avec sa façade d’un blanc étincelant, ses coupoles, ses arcades, son riche décor intérieur, son impressionnant lustre composé de 350 000 pièces de cristal et le gigantisme des salles, ce palais n’est pas sans rappeler la mosquée Cheikh Zayed. D’ailleurs le dôme central qui coiffe la « Grande Salle » s’inspire de l’architecture des mosquées. Ici encore, une débauche de faste et de matériaux nobles : le marbre et les feuilles d’or ont été sollicités sur des milliers de mètres carrés. Le bleu, le jaune d’or et le blanc sont les teintes dominantes en écho à celles de ce ce pays situé entre mer et désert. C’est le « Versailles du Proche-Orient » selon le décorateur d’intérieur français Xavier Carton qui a réalisé ce gigantesque chantier de décoration, après beaucoup d’autres dans la région. Versailles ou plutôt Grenade ? Les motifs s’inspirent en effet de l’art arabo-andalou comme ces zelliges qui ornent les murs.

Il y eut jusqu’à 11 000 ouvriers sur le chantier. Évidemment l’exposition destinée à faire découvrir aux visiteurs « les valeurs et les traditions qui ont déterminé l’histoire des Émirats arabes Unis » ne souffle mot sur les conditions de travail de ces émigrés venus, d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, du Népal, du Sri Lanka....

Coupoles, arcades, zelliges, vitraux, jeux de miroirs 


La grande salle 

Quand nous quittons les lieux, le coucher de soleil donne un effet encore plus saisissant sur ce monument fastueux.

Le Qsar al Watan étant une institution officielle, les jours et horaires d'ouverture sont sujets à des changements. Consulter le calendrier ici:

https://www.qasralwatan.ae/en/plan-your-visit/opening-hours

Les contrôles de sécurité sont stricts et les visiteurs qui ne sont pas autorisés à se promener librement dans le parc sont acheminés par une navette jusqu'à l'entrée du palais.

Un guide : Lonely Planet, Abu Dhabi en quelques jours, 2e édition, 2019, 160 pages : un petit guide de poche concis mais exhaustif sur la ville (avec un plan), incluant le Louvre et les oasis d’Al-Aïn et de Liwa.

Pour poursuivre le voyage:

- en 2016: Bouthan, ultime royaume himalayen

- en 2020: De Bangalore à Bombay