Carnet de voyage

Sur la route à vélo. 2020

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Voyage à vélo en France.
Septembre 2020
25 semaines
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Publié le 8 janvier 2021

Un nouveau carnet me servira à partager mes sorties vélos quotidiennes non routinières.

Vous pouvez vous inscrire à ce carnet pour le suivre :

https://www.myatlas.com/GRingot/2021-born-to-be-ride/t/919544

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Publié le 15 décembre 2020

Tout d'abord une nouvelle concernant ce blog. La plate forme a trouvé un repreneur, donc je peux continuer à l'utiliser.


Histoire d'amitiés. Histoire de 13 aussi.

13 novembre 2012. Il est environ 9H15. Derrière mon comptoir de Zevéloshop, engoncé dans ma tenue d'hiver indispensable dans ce vieux local pas isolé, je reçois un texto. Etonnant à cette heure, surtout pour moi qui utilise peu le téléphone portable.

Emilie : " ...Romain est décédé cette nuit... avalanche..."

L'information passe par les yeux, le cerveau, descend aux tripes, remonte au cerveau qui tente de trouver une explication à cette fausse information, puis redescend aux tripes, puis remonte au coeur qui s'emballe, puis atteint la gorge, les yeux, les pigments de la peau.

L'information n'est pas fausse. Si vraie qu'elle en est affreuse, horrible.

Bouche asséchée, envie de vomir. Que faire pour rattraper le coup rapidement?

Rien à faire...nous sommes tous mortels. Même lui, mon meilleur ami.

Même lui, si différent de moi et pourtant si proche dans les idées.

LA personne avec qui je suis, j'étais, philosophiquement le plus en phase. Une vision désespérée du monde partagée, et l'ambition rebelle et exacerbée d'être libre et de profiter de la vie malgré tout. Des discussions où en l'écoutant j'avais l'impression d'entendre mon for intérieur s'exprimer.

Un "frère d'idées".

Coup de fil à Laurent, ami commun, on s'est rencontré pendant la formation de moniteurs, à qui j'apprends maladroitement la nouvelle. Sa réaction me fait réaliser avec effroi ce qui se passe. Coup de fil à Sandrine à qui il faut bien apprendre cette ultime mauvaise dans une année déjà bien noire pour elle.

Il est l'heure d'ouvrir le magasin. J'ouvre ? Je n'ouvre pas ?

Show must go on...

Les 13 novembre qui ont suivi, (à 2 exceptions près), je les ai partagés avec des amis en allant boire une bière sous les étoiles dans un bel endroit. Pierre de la Beauche, Crêt de Chaussitre, Pierre Jaunière. A vélo, à pieds, parfois dans la neige. Un petit rituel annuel.

Cette année, rien de prévu. Je suis éloigné, et en pleine réorganisation. Concentré ailleurs. Je boirai ma bière tranquille, confiné.

Mi novembre (le 13...) on avait calé avec Samuel et Lola un dîner chez eux (à Sainté) pour un dimanche 13 décembre. J'avais été étonné d'une date si lointaine, mais bon, ils sont bien occupés les jeunes parents.

10 jours avant l'invitation, je percute que les dates se télescopent. Une belle occasion à saisir, j'irai à vélo et en profiterai pour faire un truc sous les étoiles la nuit précédente, si la météo le permet. Je cale une organisation avec Sam... et comprends que ce télescopage n'a absolument rien de hasardeux mais est le fruit d'un geste d'amitié extrêmement touchant.

Vendredi 11 novembre. Petite réflexion en pédalant pour aller faire des courses. Neige sur les hauteurs et météo hivernale annulent mon projet de trip nocturne. Mon samedi étant dispo, je peux prendre la route ce jour-là et faire étape vers Boën (à 40 kms) sur le chantier de la maison de Jean. Lui filer un coup de main sera plaisant et utile. Passer la soirée en sa compagnie agréable. Coup de fil à Jean, qui est bien content de savoir qu'il ne sera pas seul en haut de son échelle demain.

Retour des courses, je vois une plantation de sapins qui me semble abandonnée. Tiens donc, mais Samuel a-t'il été cherché son sapin dans le Pilat comme il le fait habituellement ? L'adorable petit Iago a-t'il son sapin de Noël ? Message à Sam. Réponse reçue quand j'arrive à la maison. Pas de sapin pour le moment. Tip top. Je cherchais difficilement un truc à offrir au boud'chou, qui n'alimente pas le monde de Babylone. Les bisous sont sous cloches en ce moment, et à son âge, les idées de cadeaux ne sont pas simples.

J'attends la tombée de la nuit, et retourne à la plantation avec ma scie pliante et des sandows ( 7 ou 8 bornes sous la pluie quand même !)

Un sapin de petite taille mais assez joli trouvé, je l'attache facilement sur le porte bagage. Retour à la maison, emballage pour bien le protéger.

Samedi matin, je prends la route avant le lever du jour. Il tombe une bonne pluie glacée.

Après 2 kilomètres, un 4x4 de chasseurs me grille royalement une priorité à droite. Tel une bête traquée, je l'avais senti arriver et avais heureusement anticipé...

Pour éviter de traverser Noirétable (c'est confinement y parait), je passe par un gros chemin caillouteux transformé en torrent. La nouvelle configuration de ma bicyclette (nouveau format de pneus larges et cintre multiposition) fait des merveilles avec le chargement.

Bonne montée puis longue descente. En bas je suis complètement trempé et commence à avoir froid. En très petite forme depuis presque un mois, il faut que je fasse gaffe pour ne pas tomber malade. Je me change dans l'entrée d'une salle des fêtes. L'expérience m'avait dit prendre une tenue complète en double.

Arrivée chez Jean. Tiens, je n'avais jamais remarqué que sa maison est au numéro 13...

Jean est le boss d'Increvable.com. Mon ancien patron à la Gare aux vélos, puis associé de Ze Véloshop, puis fournisseur de l'Atelier du vélo, puis patron cette année lors de mon CDD chez Increvable, puis à nouveau fournisseur pour mon nouveau projet larouedynamo.com (coming soon !) Quiqu'a dit que j'ai la bougeotte ? 😀

Café, travaux, bons repas, et discussions toujours passionnantes avec ce cerveau de haut niveau et cette curiosité rares.

La soirée voit le ciel se dégager. Je profite un peu des étoiles que l'on voit bien ici...

Dimanche matin, petit-déj, café et re-bricolage. Je décolle après le déjeuner.

Arrivée à Sainté vers 18h (pas rapide le gars, même si la fermeture des Bars du Commerce et PMU me font gagner un temps énorme...).

Crochet par la maison des parents de Cendrine, la copine de Yann l'ardéchois pour lui faire passer un PC portable inutilisé. Ces derniers ont la bonne idée d'habiter au Crêt de Roc, dont l'accès se fait par la rue de l'Eternité... probablement la rue la plus pentue de la cité aux 7 collines...

Arrivée chez Sam et Lola. Tiens, je n'avais jamais remarqué qu'ils habitent au numéro 13...

Sourire amusé de Sam devant mon chargement, accueil chaleureux. Lola n'était pas au courant du coup du sapin, la surprise embellit le geste. Iago est malade donc s'en fout royalement, bichette 😀. (Pour les non stéphanois qui ne parlent pas gaga : http://tioufout.over-blog.com/pages/Gaga_Le_parler_stephanois-1741127 )

Bières, raclette, discussions et super soirée.

Réveil tranquille, cafés et départ pépère vers 10H30. Je quitte Sainté. Si quelques personnes me manquent ici, je suis conforté dans mon projet d'installation éloigné d'un centre urbain de cette taille.

Journée de vélo assez difficile, normal vu ma forme de ces dernières semaines. Arrivée peu après la tombée de la nuit.


Mission sapin accomplie.

Du vélo, de la pluie, de l'entraide, un sapin, des étoiles dans le ciel et bientôt dans les yeux d'un ptitou.

Romain doit apprécier. Merci Samuel.

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Publié le 23 novembre 2020

Bonjour,

le site que j'ai utilisé pour mon blog est en redressement judiciaire et donc en cours de fermeture.

Si vous souhaitez suivre à l'avenir mes prochains voyages, vous pouvez me transmettre votre adresse mail afin que je vous communique une autre adresse de blog.

Envoyez moi simplement un mail à : guillaumeringot42(at)gmail.com

Merci, La bise.

Guillaume

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Samedi 7 novembre.

Un petit bois un peu pourri, près d'une ruine brûlée au bord d'un carrefour de départementales alti-ligériennes. La Haute Loire grossièrement agricole. Des plateaux ventés, des fermes sales, mal entretenues. La ruralité qui se laisse aller, abîmée, sans avenir, modèle en fin de cycle.

Réveillé depuis 5h00, j'attends un peu de lumière sur le tapis confortable d'aiguilles d'épicéas. Le vent a soufflé fort dans ces arbres de malheur, immigrés involontaires au service de l'industrie du bois intensive.

6h30 l'envie de manger déclenche un mouvement de verticalité contraint dans l'espace de la tente.

La cafetière italienne est posée sur le réchaud à l'intérieur de la tente à cause du vent. Geste à ne jamais faire, mais que l'on fait quand même. L'instinct de survie semble suffisamment puissant pour assurer le contrôle.

Un grand café, puis deux. La journée commence. Enfiler les habits humides, tout bien ranger dans les sacoches, plier la tente. Sortir du bois.

Le vent est froid, mais il pousse dans le bon sens, c'est déjà ça.

Sentiments mitigés aujourd'hui. Le point final de mon voyage est accessible ce soir. Malgré la fatigue, l'expérience peut permettre de faire avancer ce corps, de laisser de côté les douleurs pour atteindre l'objectif. On a fait bien pire.

Mais cette semaine de liberté en plein confinement mériterait de continuer. Encore et encore.

Roulons, nous verrons bien...

Premières côtes. La chaîne est rapidement tout à gauche. La danseuse devient automatique. La journée va être longue. Le parcours est assez simple. Montées au début, descente, plat, puis re longue montée.

N'ayant pas de carte papier du parcours, j'ai choisi hier de me faciliter la vie en utilisant une appli gps plébiscitée par la nouvelle génération de graveleux/longue distanceux/bikepackers.

Je vais très rapidement reprendre moi même ce tracé efficace, mais ridicule pour le plaisir du cyclotourisme, qui m'est proposé par les algorithmes...

Allègre passé, encore un peu de montée, puis une longue et belle descente jusqu'à Dore l'Eglise.

Les routes sont belles désormais. L'eau des ruisseaux claire et propre. Les villages apaisant. Les vallées suffisamment ouvertes pour recevoir la lumière, les pentes suffisamment douces pour y vivre sans dégringoler trop rapidement.

Hier la beauté, la dimension, la puissance dégagée par les paysages lozériens m'ont fait douter sur l'endroit où m'installer. La Lozère, de ceux que je connais, est le département de France que je trouve le plus beau.

Roulons, prenons le temps, laissons faire, il sera bien temps de se décider quand il sera temps de décider !

Beurières, grosse pause casse croûte devant une cabane de chasseurs. Des gros 4x4 de chasseurs passent, ralentissent et me regardent avec insistance. Eux ont le droit de circuler et de s'adonner à leur loisir sous couvert de prétextes fallacieux. Hallucinant.

Ambert, ville morte en ces temps de confinement.

Je cogite à un itinéraire le plus facile possible, mais sans pour autant suivre la grosse départementale. Suivre le flanc Est de la vallée, par les monts du Forez. Job, St Pierre la Bourlhonne, Le Brugeron, Vollore Montagne. Cette zone est celle où je cogite depuis un moment à poser mes valises pour les années à venir.

La forme physique revient, je surveille mieux mon alimentation depuis hier. Le café de début d'après-midi motive.

Et puis une idée. Cette dernière journée avant confinement est quand même à profiter. Les crêtes du Forez et leurs Hautes chaumes, si belles, si gaies, si emblématiques de la région sont à deux coups de pédales... monter le col du Béal, rejoindre le col de la Loge par les pistes serait vraiment un beau bouquet final.

Aller go, on y va ! Si le timing est trop juste par rapport à la nuit, je pourrais bivouaquer là-haut. J'ai assez de bouffe. Il fera froid, mais c'est la dernière.

Job, ça grimpe gentiment jusqu'à St Pierre la Bourlhonne. Les jambes tournent bien, je calme le jeux, il en reste à faire. J'ai découvert ces coins il y a un peu moins de 20 ans. Ils m'ont de suite marqué. La vie m'en a éloigné ensuite. On s'impose des choix par amour. Rien ne sert de regretter, juste apprécier les apports des expériences vécues, se tenir à distance des "si j'avais su" puisque qu'au moment de la décision, on ne pouvait pas savoir.

St Pierre... la montée du Béal démarre. Le vent est assez fort, frais, presque froid. Là-haut ça va cailler sévère. J'ai de quoi me couvrir. Il souffle un petit moment de face, puis devient à nouveau l'allié principal du jour.

La pente, la végétation, la douceur des couleurs, l'architecture des fermes, la stabilité du granit, les ouvertures sur les paysages, tout ici me plaît. Et puis ce sentiment de faire partie, de ne pas être étranger aux vibrations du coins.

Non, la Lozère est belle. Mais ici je me sens chez moi.

Le col arrive rapidement. Je file m'abriter du vent derrière l'auberge. Polaire et veste imperméable enfilées, mais gants et bonnet restent dans les sacoches, il ne fait pas si froid. Puis photo devant le panneau pour immortaliser ce moment important dans ma petite vie de misérable rampant.

La décision de faire ce voyage fût prise en février. Ne sachant plus où aller, ni quoi faire, ni pourquoi, ni pour qui... une parenthèse de recentrage s'imposait.

La vie a fait son chemin, et, un peu avant de concrétiser ce voyage, l'idée de m'installer par ici et de développer des activités dans le vélo ne nécessitant pas de zone de chalandise est devenue évidente.


S'installer ici n'est pas facile. S'installer ici ne va pas être facile. Le climat est rude. La ruralité a ses difficultés. Trouver une âme soeur ici est loin d'être gagné. Mais l'expérience acquise dans la forêt du Pilat me rend raisonné et confiant. C'est dans ce genre de coins que je m'épanouis. La vie est trop courte pour se contenter de facilités sans goûts, de confort soporifique. Les cimetières doivent être confortables, la vie sans difficultés en leur sein.... On aura le temps d'en profiter....


Le voyage a confirmé ces projets.

Cette journée enfonce le clou de belle manière.


Photo prise, je tourne le dos au vent et vise le col de la Loge par les pistes. Un morceau sur les chemins orniérés caractéristiques des Hautes Chaumes, avec les sacoches, requiert calme et concentration. Très marrant. Puis les pistes caillouteuses de forêt. Je file sans effort grâce au vent, juste à profiter des beautés de l'environnement.

Col de la Loge. Petit casse croûte, je zippe les jambières et enfile les gants. Grosse descente, un peu de remontée, puis redescente.

Le Moulin de la Courtade arrive juste avant la nuit.

Maison de campagne temporaire de ma soeur Marion et François Xavier, qui deviendra leur maison principale dès que possible. Pied à terre inespéré et généreux pour moi pour le moment, le temps de trouver mon nouveau lieu de vie.


Fin de ce voyage.

Début d'une nouvelle tranche de vie.

Libre.

Motivé.




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Publié le 9 décembre 2020

Ravitaillement en eau, cimetière d'Allègre.

Le vent dans le dos vers l'arrivée.

Fatigue.

Envie de repos, de douche, de draps propres, de matelas confortable, de poêle pour cuire un steak.

Envie de continuer cette période suspendue de liberté caressant des idéaux puérils mais joyeux.

Envie de continuer de rouler sur ces petites routes avec l'équilibre inconscient et déraisonnable d'un funambule.

Envie de continuer à voir ces sourires amusés et incrédules des quelques automobilistes croisés.

Envies retrouvées, voyage réussi.

Jusqu'où aller aujourd'hui ?

Là où le vent nous portera.

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Publié le 9 décembre 2020

La Lozère et la Haute Loire ont encore une fois démontré que ce sont des départements qui me parlent.

La journée démarre assez tôt puisque je quitte mon super spot de bivouac bien avant 9h. Il fait froid, avec du vent, et le soleil est caché par les nuages.

En route pour Langogne par la large départementale que je connais bien désormais. On longe l'Allier et la jolie voie ferrée qui est encore en service. Elle a failli passer à la trappe, mais récemment son utilité a été réaffirmée.

Premier arrêt rapide au magasin de la fromagerie. Un saucisson et du brebis.

Langogne, quelques fruits et légumes, du super pain et un cookie à tomber parterre.

L'itinéraire longe ensuite le réservoir de Naussac, qu'étonnamment je ne connais pas. C'est immense.

Un collègue de liberté fait du kite avec un foil. C'est beau à regarder.

C'est ensuite la vallée du Chapeauroux que je suis. Une merveille oculaire avec les feuillages automnales.

En bas, un viaduc ferroviaire classé monument historique, et le village du Nouveau monde, très tendance il y a quelques mois 😄.

L'Allier et ses gorges raviront ensuite mes yeux.

Je me régale de ces paysages, de ces heures volées avant d'aller en confinement, mais je suis rincé. Chaque montée est interminable, les grands pignons constamment sollicités. Ça sent le besoin d'écurie.

Je décide donc d'écourter et de ne plus suivre l'Allier pour rentrer au plus court. Il y a pourtant encore de belles gorges à suivre, mais j'y reviendrai.

Le retour se fera par Allègre, la Chaise Dieu puis le Livradois Forez. Finalement c'est une bonne idée de finir ce voyage par les coins où je vais essayer de m'installer. Arrivée dimanche logiquement.

Je suis passé trois fois devant des gendarmes dans l'après-midi. Même pas un regard pour moi...

Ce soir je suis à l'abri du vent dans un petit bois. Pas merveilleux mais ça fait le job.

Une bonne plâtrée de riz et des sardines sont prévues pour l'énergie, des fruits et légumes pour les fibres et vitamines. On ne se laisse pas abattre.

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Publié le 9 décembre 2020

Hier mercredi, je quitte la maison des parents pour la gare de Sanary. TER jusqu'à Bollène avec un changement à Marseille.

De Bollène, roulage tranquille sur les routes sympas du coin, pour rejoindre l'atelier Salamandre où je fais étape.

Café de qualité, bonnes bières, excellente soirée dans la cabane de Yann, réchauffée grâce à la chaleur humaine de Yann, Antoine et Pascal. Discussion sympa, du vélo mais pas que, on refait un peu le monde avec nos solutions de bricoleurs 😀.

Au menu les fusillis à la châtaigne et le Pesto de Damien (mon woofing cévenol), puis pelardons excellents avec le pain de Laeticia de Barjac. Tip top, et je suis bien content de partager ici ces victuailles de qualité de Damien.

Ce matin départ peinard à 10 heures. Ravitaillement à St Paul le jeune où l'accent de l'épicier le démasque : il est originaire de Franche comté, je l'ai capté. Du coup on discute un bon moment.

Destination suivante Les Vans, la route pour y aller est très sympa entre chênes verts et blocs de calcaires. Aux Vans je m'arrête saluer Fred qui tient la boutique Cévennes à vélo. Un bouclard comme on les aime 🙂. Du boulot, le vélo ça bouge de partout, un secteur d'avenir !

Direction maintenant la vallée du Chassezac, où un pique nique ensoleillé me tient bien éloigné du confinement.

Puis une montée de 20 kilomètres le long de la vallée de la Borne. Simplement splendide. Des châtaigneraies très bien entretenues, des hameaux de pierres surplombant les couleurs chaudes de l'automne, des chiens à la gentillesse débordante, et quasiment pas de voiture. Un vrai moment de bonheur cyclotouriste.

Beaucoup de plaisir malgré la petite forme. J'ai du mal à avancer, je crois que j'en ai un peu marre de pédaler avec ce vélo chargé. Rêves de légèreté et de repos aussi 😄.

Labastide arrive. La fontaine et l'épicerie que je connais bien me ravitaillent. Une soupe lyophilisée me tente avec ces températures qui ont bien chuté. Une bière de la Brasserie de la Jonte est bien méritée.

Route de Langogne en recherche d'un lieu de bivouac. La route est en bas de cette jolie vallée ouverte du Val d'Allier.

Pas question de dormir dans le bas, il va faire trop froid. Je vise le coteau ouest de la vallée, pour être bien exposé au réveil.

Les ruines du château de Luc sont peut-être un bon plan. Mais faut grimper là-haut. J'y sens bien, je fais l'effort de monter, en finissant à pied par un chemin raide. Bonne pioche, excellente même !

Les ruines vont me protéger des courants d'air, l'expo est plein est, la vue très sympa sur le vallon et avec des éoliennes aux lumières scintillantes. Et cerise sur le gâteau, un robinet me permet une bonne toilette à poil en dominant la vallée. Spot bivouac 4 étoiles.

Toilette pliée, tente posée juste avant la tombée de la nuit. La stout des brasseurs de la Jonte est excellente sous les étoiles accompagnée des cacahuètes de la boutique hallal de Bastia.

Soupe qui réchauffe, écriture du récit avant de finir de dîner et de brancher France inter pour la soirée Dominique A.

La nuit va être fraîche. La journée a été une excellente journée.

Bises à vous.


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Publié le 9 décembre 2020

Embarquement hier soir à Bastia.

Sur le bateau j'ai profité une dernière fois avant longtemps d'un service de restauration 🙂. Bon j'ai choisi la cafétéria et non le restaurant, mais chez les italiens, ce n'est jamais trop mauvais.

Arrivé ce matin sans encombre.

J'espérais pouvoir aller rendre visite à ma mère qui est hospitalisée suite à une opération prévue, mais les dernières directives toutes fraîches interdisent toute visite.

Demain matin je prends le train jusqu'à Bollène, puis traversée de l'Ardèche, pour aller ensuite rejoindre et suivre l'Allier jusqu'à mon point de confination.

Encore quelques jours de liberté à vélo, si tout se passe bien, dans des paysages et ambiances qui me plaisent beaucoup.

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Publié le 9 décembre 2020

Bateau réservé pour lundi soir à Bastia.

Les dernières nuits n'ont pas été très bonnes, je suis assez fatigué et envie d'un peu de confort. Un appart est disponible à Bastia, je peux choper les clés en fin de matinée et me poser pour 24 heures.

La nuit dernière fût bien agitée. Vers 23h30, réveil en sursaut par des bruits de sabots. Je pense tout de suite à des sangliers, et comme un bleu, j'ai gardé ma bouffe dans la tente... faut aller au-devant du danger, j'ouvre la tente et éclaire... des poneys et un âne aussi surpris que moi 😅.

Je me rendors, puis arrive un engin au bruit énorme. Il remonte la piste près de laquelle je suis installé. Moteur surpuissant, ça doit être un 4x4 de malade. Sa remontée de la vallée se fait dans un vacarme hallucinant, et dure très longtemps. Puis plusieurs rafales de coups de feu. Des bruits d'armes de guerre plus que de fusils de chasseurs. On entend à nouveau le gros moteur, puis rebelote pour les détonations, puis re bruits de moteur 😳...

J'ai beaucoup de mal à retrouver le sommeil. Il faut dire que la lune éclaire fort ces jours ci.

6h30 réveil et rituel matinal identique depuis 2 mois. L'idée de la douche chaude et de me raser me motive à bouger.

Je quitte cet endroit où j'ai passé deux nuits grâce à Jean Guy, et rejoins rapidement la route qui longe la Costa Verde. Une boulangerie, un tabac presse, et me voilà avec un croissant, un pain au chocolat et le magazine 200, au bord de la plage 😎.

J'ai surtout acheté le dernier 200 pour l'article de Jeanne Lepoix qui devrait être chouette. Et pour rester au jus pour ma future activité professionnelle.

Renaissance file à nouveau vers Bastia, par la grosse nationale, sans se poser de questions... sauf qu'à un moment la route est interdite aux vélos, et qu'aucune indication n'est donnée. Bonne galère pour trouver ma route, je prends du retard pour mon rendez-vous appartement. S'ensuit un petit contre la montre qui se termine sur les grosses routes menant à Bastia. Absolument rien de prévu pour les gueux à vélo... bien énervé...on va finir par réclamer notre dû sur les impôts que l'on paye et qui servent à construire des pistes à SUV... bref..."Guillaume toutecalme!" comme me disait Momo, l'ami videur non violent du Squale Bar les soirs où j'étais gentiment motivé...🤣

J'arrive à l'appart après une grosse montée de malade.

C'est peinard, coquet et confortable mais ça va être sport pour descendre acheter à manger.

Suite du voyage : mardi matin arrivée à Toulon. La maman subit une opération en clinique lundi, peut-être pourrais-je aller la voir, mais rien n'est sûr.

Ensuite remontée vers mon squat temporaire de luxe dans le Puy de Dôme. Bien envie de faire le trajet à vélo, en espérant secrètement devoir expliquer aux gendarmes que les directives de retours à domiciles sont uniquement basées sur l'usage de moteurs, et que je n'en ai pas 😊.

J'ai également réfléchi à un confinement dans mon wwoofing cévenol où je serais bienvenu. Mais on ne sait pas combien de mois cette ineptie va durer, et il faut bien que je commence à mettre en oeuvre mes nouveaux projets.


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Publié le 9 décembre 2020

Récit court, je dois préserver la batterie de mon Smartphone.


Aujourd'hui j'ai :

- ramassé des fleurs, nettoyé et tenté d'embellir avec les moyens du bord une petite tombe au pied d'une charmante chapelle. Pour un ami qui le mérite tant, le jour de son anniversaire.

- acheté du bon pain cuit au feu de bois.

- découvert à vélo une route en balcon surplombant la mer. Pique niqué au pied d'une cascade. Dévalé une descente en lacets sur cette machine à bonheur qu'est le vélo.

- ne me suis pas préoccupé des nouvelles interdictions, mais mis mon masque à la boulangerie, sans savoir si ça sert à quelque chose, car personne ne sait... mais au cas où...

- dû faire copain avec deux gros patous en regagnant ma tente. Discuté avec le berger apparu bien après...

- apprécié un bon café préparé avec mon italienne

- rien fait dans ma tente pendant plusieurs heures

- lu un bouquin sur la démocratie

- pris le plaisir d'être nu au bord d'une rivière pour me laver.


Aujourd'hui j'ai pensé, transpiré, aimé, regardé, pleuré, apprécié, eu peur, eu froid, souri, été tristre, été heureux, été angoissé, été courageux, eu envie de partager.

Aujourd'hui j'ai vécu.


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Publié le 9 décembre 2020
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Publié le 9 décembre 2020

Je l'avoue hier soir j'ai craqué et ai écouté le chef du village lors de son allocution solennelle.

Nuit moyenne, pas à cause de lui mais d'un mauvais choix d'emplacement, pas bien plat et trop près du bruit des vagues. (Quel râleur 😄).

Réveil grâce à la lumière du jour. Le soleil, derrière les montagnes, embrase le panorama, c'est grandiose.

Je ne sais pas trop quoi décider pour la suite en fonction des annonces d'hier. Rester en Corse et prendre le maquis aurait une certaine classe, mais faut être réaliste, je n'ai pas de solution de logement, et la solitude pèsera très vite. Donc je vais rentrer, reste à savoir quand.

Décision à prendre après la traversée du désert 😄.

Celle-ci est vraiment chouette, et moins difficile que je ne pensais.

Arrivé à la sortie, direction St Florent pour profiter d'un dernier café terrasse. Choix facile du seul bar ouvert devant le port. Soleil, bateaux à voile, un air de jet set azuréen, la terrasse est bien remplie, tout le monde veut profiter. Les gendarmes débarquent juste après mon passage de commande. L'arrivée de mon café court s'en trouve rallongée.

Je consulte les bateaux disponibles pour Toulon. Un départ pas trop cher samedi matin, mais qui passe par Nice. Un autre lundi soir. Aller, je me décide pour lundi soir. D'ici là je vais aller me promener dans la Castagniccia et passer voir le terrain de la famille de Jean Guillaume (Lecloux).

Je lui envoi un message pour lui dire. En réponse, il me demande de passer à la chapelle Santa Christina. Sa sœur y repose, et je dois vérifier si c'est propre... Je paye mon café et vais me poser dans un coin tranquille pour essuyer mes yeux mouillés...

Voilà donc comment va se finir ce voyage : prendre le maquis pour quelques jours, et avoir pour mission de rendre service à un ami en allant embellir la tombe de sa sœur, le week-end de la Toussaint...

Mon vélo vient de se transformer en VAE : Vélo à Assistance Émotionnelle.

La route pour y aller ne va pas être simple en passant par la montagne. En timing je suis assez large.

Que trépasse si la frangine n'a pas de fleurs avant dimanche !!!

Ravito pour 2 repas d'avance à la supérette, un gros tacos et des frites chez un foodtruck, et je quitte St Florent, bien motivé pour entamer cette mission qui sublime la fin de mon périple.

La route s'élève, devient toute petite. La montagne Corse me prend petit à petit dans ses bras, les paysages, l'authentique ambiance intérieure de l'île commence son labour émotionnel. Plus que les magnifiques plages, c'est ça qui me plaît vraiment ici.

Une terre de vrais...

Passage d'un premier col, le Bigorno. Panorama déjà grandiose. Le soleil décline, je cherche un endroit pour la nuit. Un ancien stade de foot et la buvette abandonnée feront l'affaire. J'y suis invisible depuis la route.

Toilette et cuisson du riz avec seulement 500ml d'eau, la sobriété commence à devenir la norme.

Diner, et grosse veillée ce soir, il est déjà 20h30 😅.

J'ai sommeil. Les émotions ça use.

Mais à quoi bon vivre sans les ressentir ?




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Publié le 9 décembre 2020

Réveil avec la lumière du jour, sur mon super spot de bivouac, une paillote fermée.

Il fait plutôt doux. Départ à la cool, en profitant bien du paysage de dingue.

Au village de Nonza, stop boulangerie, puis le trop mignon troquet extérieur de la petite place m'aimante. Quelques locaux y enchaînent les tournées de café, et évidemment ça parle confinement, Covid, Raoult etc...Différents pronostics sur les annonces de ce soir, on pourrait faire bookmaker. La factrice arrive et donne directement le courrier aux présents, et demande si quelqu'un connaît Mme bidule, que tout le monde connaît mais uniquement sous le surnom de Muy.😄

On continue tranquille, et on se croise avec des cyclistes rapides tout équipés en bikepacking, mais façon race. Ce sont des participants du Bikingman corsica. Ça rigole pas, ça roule nez dans le guidon, mais ça salut bien. Ces courses "unsupported" prennent de l'ampleur, deviennent vraiment tournées performances. Mais l'esprit qui s'y dégage est sympa. Je me dis qu'il faudrait que j'en fasse. Mais j'aime tellement m'arrêter aux terrasses 😂.

Après un arrêt ravitaillement, je me pose un moment à St Florent pour réfléchir à la suite. Tirer vers la montagne, ou faire la traversée du désert des Agriates. Et pour les jours suivants, il faut attendre les informations du chef du village France.

Décision prise d'aller bivouaquer sur la merveilleuse plage de Saleccia. 😍

Un peu de route à faire, et un truc indispensable, trouver de l'eau. La carte indique des fontaines. Mais elles sont toutes à sec. Je demande à un groupe de chasseurs avec des gros 4x4 s'ils savent où je peux trouver de l'eau. Pas de solutions, mais au moment où je repars, un des gars me propose une bouteille, bien sympa. On échange quelques mots, il est du Gard et viens ici chasser. Nous convenons que les paysages cévenoles et la Corse ont des points communs, je me suis fait un pote 😄.

Je peux donc prendre la piste qui mène à Saleccia. Piste uniquement praticable par des 4x4. Du VTT facile, mais que j'aborde tranquillement pour ne pas trop secouer les lourdes sacoches.

C'est vraiment chouette ce désert, on se sent vraiment en pleine nature, malgré les 4x4 trimballant des touristes qui font l'aller-retour. Un beau ruisseau à l'eau bien claire remplie mes gourdes , nickel pour la cuisson après l'avoir fait bouillir, et pour la toilette.

Arrivé à la plage, je trempe les pieds. Un bain nocturne à poil quand la nuit sera venue est tentant, mais sel et sable sans pouvoir se laver, bof bof. Et puis autant garder l'idée à faire accompagné, ça aura plus de gueule quand même ❤.

Je me pose, et installe avant la tombée du jour, ce qui est probablement le plus beau bivouac de ma vie. Pas le meilleur car solitaire, mais le plus bel endroit.

Rendez-vous demain pour la suite de nos aventures plus ou moins choisies.

Liberté, égalité, fraternité...essayons de résister pour garder cela avant que les dangereux dogmatiques du PIB et de la croissance infinie ne nous en empêche.

Amen😄.





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Publié le 9 décembre 2020

J'ai passé le week-end chez mes parents à Six Fours près de Toulon. Lessives, repas copieux et glandouille.

Dimanche matin, je suis allé tenter de dépanner Antoine, un des garçons de Yann (Salamandre) au port de Toulon. Il revenait de Sardaigne, après un périple solitaire de 40 jours en Italie. Belle expérience pour un gars de 20 ans. Le diagnostic de sa panne fût malheureusement vite posé : axe de roue arrière cassé. Pas de solution de réparation, il est rentré en train. Ça nous a permis de discuter un bon moment, c'était chouette. Le hasard de nos chemins qui se sont croisés est marrant.

Lundi soir à 19h, embarquement sur Corsica ferries, pour une arrivée prévue le lendemain à 7h.

4è fois que je fais ce trajet, je suis rôdé : Prendre avec soi son duvet, et essayer de choper vite fait une banquette, et avoir un truc pour se cacher les yeux de la lumière. Aujourd'hui c'est facile, la plupart des passagers sont en cabine, nous sommes peu de sdf. Lecture, une bière et environ 5 heures de bon sommeil.

C'est un peu le bronx pour le débarquement, et je ne sors du bateau qu'à 8h30. Aucun soucis, j'ai tout mon temps.

Petite visite de Bastia, puis je profite d'une terrasse de café, en me disant que c'est un moment plaisir en sursis.

Je pars ensuite en direction du cap Corse, et j'en prends plein les yeux toute la journée. Cette route, je l'ai faite lors de mon premier voyage à vélo, il y environ 15 ans. Petit symbole pour la fin de mon voyage actuel à la saveur de renouveau.

Je termine la journée tôt. Bivouac improvisé, et la nuit tombant très tôt, je profite des dernières lueurs pour dîner.

Ce petit récit se termine devant la mer, la Grande Ourse et mon ombre dessinée par la lune. Je vais aller me coucher sur un bout d'herbe tendre abrité du vent.

Beaux rêves à vous.

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Publié le 9 décembre 2020

Jeudi matin je dis au revoir à la Vallée Française, et surtout à Damien, Estelle, Rosanna, Denise et Simon. On a passé de bons moments ensemble dans cet endroit. L'invitation de Damien à revenir sera probablement transformée.

Renaissance reprend la route, alourdie d'une bouteille de Kombucha, de pots de pesto à l'ail des ours et de fusillis à la châtaigne, des produits de la production de mon hôte gentiment offerts.

Il pleut, et ça me plaît de partir sous la pluie. J'ai un toit au sec ce soir, donc l'eau n'est pas un souci.

Je laisse les lois de la physique faire tourner mes roues sans efforts et profite de cette douce descente de la vallée. Ces 2 semaines ont métamorphosé les couleurs de la nature. L'automne a imposé sa chatoyante couverture.

Sous leurs grosses capuches imperméables des ouvriers installent la fibre. Les nouvelles du monde pas très catholique pourront parvenir plus vite aux descendants des protestants insoumis.

On se croise à nouveau avec le petit train à vapeur, quasiment au même endroit qu'à l'aller. Des groupes d'enfants sont dedans. Le signe de ma main obtient des réponses et des sourires instantanés.

Je roule jusqu'à Anduze. Repas sur la terrasse d'un restaurant ouvrier. Une petite place où l'on plie les gaules après le marché. Ambiance de laborieux et courageux commerçants indépendants. Entrée, plat, dessert et gentillesse de l'équipe pour 9€...

La pluie cesse quand je repars. Roulage et arrivée sur Nîmes. Pas rassuré par le comportement des automobilistes gardois qui sont champions dans le domaine de la conduite de connard.

Nîmes, un croque monsieur pas très bon avant de rejoindre l'hôtel. Balade à pieds dans le centre après la douche. Le sens de l'orientation catastrophique dont je dispose a l'avantage de me faire vagabonder dans tous les sens. Je découvre une facette plus sympa de Nîmes où j'étais déjà passé sans bons souvenirs.

Lendemain réveil puis descente en ville pour choper des viennoiseries et un café. Déambuler dans une ville qui s'éveille est mon plaisir urbain préféré.

10 heures je suis sur le vélo devant l'hôtel.

Bonne galère pour sortir de l'agglomération. Je ne trouve pas de petites routes et doit côtoyer les bagnoles et camions en serrant ma droite et les fesses. Sentiment très désagréable d'avoir sa vie entre les mains d'excités entourés de 2 tonnes d'acier en mouvement.

Après Tarascon les petites routes des Alpilles me détendent, un sandwich et une grappe de raisin me nourrissent.

Salon de Provence, le traffic est à nouveau plus dense, j'ai peur. Content d'arriver sain et sauf chez Aurélie et Philippe, anciens collègues amiénois. 20 ans qu'on ne s'est pas vu et on a des choses à se dire, c'est cool.

Samedi, direction Six fours chez mes parents. En train, je ne veux pas supporter le traffic des sudistes motorisés.

Ce week-end decision à prendre pour la suite, et un probable embarquement pour la Corse histoire de finir le voyage en beauté.

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Demain je reprends la route après 2 semaines tanké en Vallée Française.

Un territoire qui aura marqué mon petit cœur sensible à ceux qui résistent.

Ici le monde moderne et ses tracas, excès, peurs issues des médias, rapidité inutile, consommations excessives en tout genre semble si loin, même si la 4G le rend proche.

Des vieux cévenoles de souche côtoient les néo ruraux à tendance babas cools, punks, bobos en quête de changements.

De vieilles châtaigneraies sont délaissées parce qu'elles doivent rester dans la famille mais que personne n'en prend soin. D'autres, aux propriétaires plus ouverts sont mises à disposition contre bons soins.

Certains néos vivent dans des yourtes, cabanes, habitats montés à l'arrache. Accès compliqués sur des chemins pentus fait de schiste coupant et fuyant que les épisodes cévenoles prennent plaisir à abîmer. Pas d'eau chaude, peu d'électricité, la boue envahissante dès qu'il pleut.

Un bébé est né récemment dans une cabane, à plus d'une heure de voiture de l'hôpital le plus proche. Choix irresponsable pour certains. Sens de l'autonomie et de la prise en main de sa propre existence pour d'autres. Ni pour ni contre, bien au contraire.

Résistance à l'inconfort, débrouille, entraides sont indispensables pour rester. Les visages sont creusés, les cheveux longs, les visages rarement rasés. Les mains souvent sales comme des pieds (Samuel spéciale dédicace 😉), les pieds sales comme des ???... Mais les regards sont profonds, habités. Ici on se salut avec force en se regardant dans les yeux.

Regards entiers de ceux qui brûlent les joies de la vie sans la laisser se consumer à perte.

Découvrir ces manières de vivre est une expérience grandement enrichissante. Cerner mes besoins personnels, mes limites d'inconfort acceptables, mes limites de capacité d'adaptation à ce type de vie. Je repars demain en me connaissant mieux, en sachant ce que j'ai besoin de conserver de la société dite moderne, ce dont je peux me passer. Construire mon projet de vie à tendance décroissante sans me mentir pour qu'il soit durable. Il ne suffit pas d'enfiler le costume de Zorro pour être Zorro.

L'expérience de la vie en groupe, que je redoutai, s'est bien passée. Un bon groupe de personnes respectueuses les unes des autres. Deux semaines d'échanges en anglais auront fait beaucoup de bien à mon anglais scolaire de l'école de France 😄.

Demain soir je dors à l'hôtel à Nimes. La météo annonce de la pluie, mais cela fait deux jours que les prévisions sont bien plus pessimistes que la réalité, comme souvent.

Qui regarde la météo, finit au bistrot.



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Publié le 9 décembre 2020

Petite virée du jour en direction de Florac.

Je remonte la vallée jusqu'en haut puis me hisse à Barre des Cévennes.

J'y trouve pitance à charger dans mes sacoches, et un café au comptoir.

Puis descente jusqu'à Florac. Passé plusieurs fois dans cette bourgade, je l'ai toujours trouvée charmante. En ce dimanche, c'est morne plaine et je ne peux même pas y boire un café après mon pique nique. Pas grave, je reviens sur mes pas et remonte péniblement à Barre. Très péniblement, car je n'ai pas de force. Le régime alimentaire que nous avons ici est différent de mes habitudes, mes petits muscles sont perdus 😅. Sympas les collègues vegans, mais du coup faut se baser sur leurs choix, pas simple...

Arrivé à Barre, il me reste à profiter de la descente, plongeon merveilleux dans la vallée que les couleurs d'automne habillent magnifiquement.

Dernière petite montée raide en bitume puis descente du chemin caillouteux pour arriver chez Damien. Rosanna ramasse des châtaignes pour ramener dans son Allemagne du nord. Elle m'annonce qu'ils ont préparé des lasagnes pour ce soir, trop cool. Simon notre portugais cuistot de métier a joué au chef, on devrait se régaler. Moi je ferai la vaisselle, chacun ses compétences 😅.

Douche froide dans le potager entre tomates et verveine, et sous les rayons du soleil de fin de journée. On s'y fait à la douche froide, et après on est plein d'énergie.


Tchuss !

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Quelques news.

Je suis dans une vallée incroyablement chargée de force humaine, historique. Un pays de combattants. Camisards, résistants, hippies.

Les reliefs ne laissent pas de place aux faibles. Ici rien n'est facile.

Nous sommes 4 wwoofers (un couple de portugais et une toute jeune allemande) chez Damien, cinglé qui vit dans une yourte accrochée sur une pente raide de schiste. Caravane, cabane et dôme nous abritent.

J'ai la meilleure place, une cabane en haut du terrain avec une superbe vue.

Activités réalisées : nettoyage d'une châtaigneraie, vol de pommes et noix, montage d'une fenêtre et d'un bardage. Montage d'un mur en paille et chaux.

Aujourd'hui je fais du pain pour pousser la caricature à son paroxysme 😅.

Hier les autres sont allés en voiture à une fête de la châtaigne à 50kms. Je les ai rejoins à vélo.

Sortie magnifique, bien difficile. Ce coin me transcende par son côté sauvage dû à l'encaissement. On se sent isolé de ce monde de dingue, reclus volontaires, observateurs lointains des folies des hommes dits civilisés.

Il y avait un vent glacial. Retour nocturne puis douche froide extérieure, paye ton crâne en te lavant les cheveux 😳.

La soupe patates/orties préparée par les autres fût un bonheur.

La récolte des châtaignes devrait démarrer en fin de semaine.


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Petite journée de transition pour rejoindre le wwoofing. Je vais rester ici environ deux semaines, et ne suis pas sûr d'avoir du réseau et de l'électricité pour utiliser l'écran magique de satan.

Hier soir, à 19h, à la terrasse d'un bar d'Anduze, je m'apprête à passer une nuit de bivouac inconfortable. Sans espoir, je demande au gars assis à la table d'à côté s'il sait s'il y a des campings encore ouverts. Ni une ni deux il se lève et va interroger Christian, qui apparemment doit savoir. La plupart des campings ont été sinistrés lors du dernier épisode cévenol. Christian m'en indique 2 qui sont en hauteur. Le premier est fermé, le second est ouvert. Cool. Évidemment personne à l'accueil, je m'installe à la lueur de la frontale, on verra demain. Douche, cuisson du riz (avec un cube de bouillon, et je récupère le bouillon pour l'hydratation), tomate, thon, fromage, pomme, chocolat... y'en a pour 3 comme d'hab...

Réveil tranquille à 7h30, début de journée en douceur. Rangement, visite de la patronne avec qui on discute un bon moment (la difficulté de tenir un camping pour campeurs sans bungalows, l'exigence des clients et des normes (ses enfants ne reprendront pas l'affaire créée par son père), la joie de vivre au coeur de la nature, cette connerie invraisemblable autour du covid...). Le billet de 10 balles qu'elle glisse dans sa poche va être utilisé directement au marché qui a lieu ce matin. Bien content du destin du fruit de mon travail.

En route sur une départementale, puis sur une toute petite route qui me sauve du stress automobile.

Je pense à JP qui m'a envoyé un message hier soir. Juste à ce moment, le train vapeur des Cévennes arrive. L'ami JP s'intéresse beaucoup aux vieilles lignes de train, c'est drôle cette coïncidence.

À St jean du gard, discussion avec 3 cyclistes locaux à qui je demande conseil sur l'itinéraire. Choix entre remontée par la vallée, ou grimper sur la Corniche des Cévennes. Ils m'indiquent que la route de la corniche est très fréquentée. Vu la manière dont roule les automobilistes ici (comme des malades), je prends la vallée sans hésiter.

Très drôle : un des cyclistes était il y a 2 semaines à un festoche à 1 km de l'atelier de Salamandre (nous avons d'ailleurs été récupérer le barnum du festoche pour notre week-end). Le monde alternatif est petit 😄.

Remontée en mode escargot de la vallée. Pause pique nique au bord du Gardon. Séchage de la tente, bob, manches longues anti soleil, ça crame ici.

Crochet détour pour voir Saint Etienne Vallée Française (on y été passé lors du raid sur le Stevenson, mais il flottait). Village tranquille, surprise d'y voir un collège.

Aucun réseau 4g par ici. C'est la première fois depuis le début du voyage que cela arrive. Ça sent bon les terres de résistance...

Devant la mairie il y a un espace pique-nique avec wifi, d'où j'écris.

A bientôt pour la suite, je ne sais pas quand.


Edit: juste après avoir validé ce post, un couple de mariés sort de la mairie poser pour la photo avec Mr le maire et un tout petit comité de proches. La dizaine d'écoliers passant par là lance un "Vive les mariés" rafraîchissant. C'est beau l'amour 😄❤🥂😷.

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Bon finalement gros revirement de destination. Une place de wwoofing s'est libérée en dernière minute pour ramasser des châtaignes dans une vallée cévenole lozérienne. Donc destination Sainte Croix Vallée française, je reviens sur mes pas d'hier 😄. Je pense y rester une quinzaine de jours. Un autre plan wwoofing se dessine pour la Corse pour la mi novembre.

Passage par Alès où je m'équipe en chaussures adaptées et en casque tout neuf.

Puis je file à Anduze d'où j'écris.

Les heures les moins agréables du voyage viennent de se dérouler. La circulation est dense, les automobilistes pas franchement détendus, les abords d'Alès pas du tout bike friendly. Bref, on a été prudent et on a survécu 🙂.

Des bises !

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- Descente en train jusqu'à Bollène (enfin bon, je me suis planté en discutant avec une cyclote, je suis descendu un arrêt trop tôt, à Pierrelatte...😄)

- Vélo de Pierrelatte à St Paul le jeune (Atelier de Salamandre Cycles). Après 2 kilometres, je vois un mec en bob faire du stop. C'est bon, je suis bien dans le 07 😉 .

On rejoint les copains pour fêter la 200è Salamandre. Un très chouette week-end de convivialité, de passion du vélo, de belles rencontres. Des forts, des nuls, des discrets, des grandes gueules, des bonnes bières, des bons fromages, des riches, des pauvres... une grosse vingtaine de passionnés qui roulent avec Steel.

- 3 sorties de VTT : une en tandem, accroché derrière Yann( 😳🤮). Une en fat. Puis la troisième, la plus courte sortie de ma vie, stoppée après une grosse gamelle à 50 mètres de l'atelier. Le casque prêté par l'illustre ami Fatscal m'évite un passage aux urgences. Je lis ça comme un message de Jah, et repartirai avec ce casque en attendant d'en trouver un neuf. (Je roule depuis le départ sans casque en me disant que c'est con... le message est clair. Aimons nous désormais...)

- De belles discussions imprégnées du spirit made in Ardèche. Ici on ne fait pas que critiquer le monde de Babylone. On agit pour en créer un autre. Si le climat, la végétation et les sols me convenaient, je m'installerai bien ici. Mais ça fait beaucoup de trucs qui ne vont pas 😅. On tentera de construire Zion dans un coin plus adapté à mon ADN.

- Lundi et mardi: repos, glandouille, discussions bien chouette avec Pascal , montage d'une roue de test pour donner un coup de main à Yann (et parce que la mécanique vélo me démange !!!)

- Je visai les Cévennes ensuite, mais la perspective de l'arrivée possible d'un nouvel épisode cévenol me décide à viser la Corse. Prochain objectif Toulon (pause chez les parents qui vivent à côté), puis embarquement pour l'île de Beauté. Ce soir je suis à Bourg Saint Andéol chez un oncle et une tante.


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Publié le 9 décembre 2020

Une journée à 1000 bornes.

Et l'autre qui parle de ralentir 😅...


Ce matin visite au Décathlon de Rennes pour un porte carte. Un grand magasin tout propre tout nickel. J'ai profité d'avoir bien le temps pour observer dans le détail le rayon cycles. Toujours intéressant de suivre ce que fait le géant bleu. Plutôt sympa de voir la place que prennent les usages quotidiens et vacances/voyages.

Si Décat symbolise tout ce que je n'aime pas dans le commerce actuel (standardisation, déshumanisation des relations, produits à bas prix jetables venus de l'autre bout du monde) il faut admettre que dans leur créneau, ils sont très bons et se sont bien améliorés ces dernières années.

Cette boîte reste pour moi, et comme pour beaucoup qui y sont passés, une excellente expérience et de très bons souvenirs. Formidable école de gestion et d'organisation. Même si j'ai sû dès le début que je n'y resterai pas, je ne regrette absolument pas cette expérience. Je dis régulièrement que je suis autant content d'en être parti que d'y être passé.

Une relation personnelle attendrie avec cette boite pour ce qu'elle m'a apporté professionnellement et personnellement (c'est là qu'ont démarré les 20 ans de vie partagée avec Drinette).

Une pensée pour Christophe, mécano compétent et passionné qui m'a beaucoup appris et qui a quitté ce monde.

Et tous ces bons souvenirs de fiestas, de journées de boulot en ayant si peu dormi, cette énergie qu'il fallait envoyer pendant les gros coups de bourre pour dépoter des dizaines de vélos qui allaient dormir dans les garages...

La bise aux ex-collègues qui suivent le blog 😉.

Le reste de la journée c'est train sans grand entrain.

3 gros costauds de la Police ferroviaire m'ont demandé de remettre le masque alors que j'étais seul dans un compartiment 🙄. "Quand les hommes de 95 kilos parlent, les hommes de 65kgs les écoutent..."

L'occasion de penser un peu à la suite. Je vais rechercher des plans wwoofing pour passer du temps dans les Cévennes puis en montagne Corse.

Ce soir étape chez Marion et François Xavier. Demain matin vallée du Rhone en TER, puis vélo jusqu'à l'atelier de Salamandre pour donner la main pour les préparatifs du week-end.

Je rejoins des terres qui me parlent 🙂 et vibrent au rythme de mes quarks. 😉

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Publié le 9 décembre 2020

Ce matin, c'est zen attitude. Il fait assez beau, très doux. Le camping en bord de mer est sablonneux et vide. C'est vraiment tranquille.

Je pourrais très facilement partir discrètement, mais je passe quand même à l'accueil, et zut, y'a quelqu'un pour accepter mon règlement 😅.

Direction Roscoff, un nom qui claque le voyage, l'embarquement vers l'ailleurs. Le parcours est facilité par la Veloroute "Velodyssée". Elle fait partie des itinéraires Eurovelo qui bénéficient de financements européens, et ces Véloroutes là sont très bien indiquées. Merci l'Europe !

Ici c'est la Bretagne des cultures de légumes. A 43 ans, je découvre comment pousse un artichaut...

Je n'ai toujours pas décidé où j'irai ensuite.

Plusieurs options :

- continuer à longer la mer et découvrir la côte de Granit rose.

- traverser la Bretagne, rejoindre Nantes et aller un peu traîner sur la ZAD du Carnet par curiosité.

- Essayer de rejoindre l'Ardèche par le train pour participer au Week-end 200è Salamandre de l'ami Yann, puis de là continuer le voyage plus au sud.

Roscoff.

Belle ville ancienne, j'aime bien l'ambiance de ses vieilles pierres. Je casse la croûte sur un banc, puis fait une petite séance de cartes postales sur la terrasse d'un café.

J'ai encore bien longé la mer ce matin. Soyons honnête avec soi même : la mer, je trouve ça joli, mais ça ne me parle pas plus que ça. Et ça ne m'a jamais bien parlé. Hormis les côtes du sud ouest du Portugal qui m'ont marqué, je n'ai jamais été touché par cette masse d'eau. Depuis que je suis en Bretagne, je vois de belles choses, mais je ne vibre pas.

Roscoff sera donc le début de la fin du périple breton. Direction Morlaix et sa gare SNCF, dans le but de trouver une solution train+vélo pour Lyon, puis descente en Ardèche.

L'occasion d'écrire quelques mots sur l'ami Yann.


Yann Thomas, le monsieur qui a fabriqué Renaissance, le vélo sur lequel je passe mes journées depuis un mois et demi, et qui m'a servi de guide à distance ces derniers jours.

Artisan cadreur installé en Ardèche sud.

Première rencontre furtive à la Gare aux vélos où il était venu récupérer des cartons sur les conseils d'un ami de Saint Héand (où j'habitais alors) qui connaissait mon magasin. Je vois ce mec un peu cinglé qui s'apprête à partir en famille voyager à vélo, qui m'explique qu'il a soudé un tandem avec plusieurs vélos. Bon soit, des bricolos passionnés, on en voit passer pleins dans les magasins de vélo. Ils sont sympas, mais leurs projets ne vont souvent pas loin...

Deuxième rencontre sur la Géobike en 2012, ma première épreuve de longue distance. 212kms de VTT sur les Causses, qui reste probablement mon meilleur souvenir de VTT, par sa diversité, son esprit, son organisation ultra light. Une épreuve somme toute complètement précurseur des épreuves actuelles sans assistance.

On se retrouve à faire la seconde moitié du parcours avec Yann, notamment la nuit entière à rouler. Vu le rythme de ces épreuves longues distances, on peut discuter. Il me plaît bien ce type. Le bricolo était ingénieur pour le ministère de la défense, et en cours de création de Salamandre, son entreprise de fabrication de cadre de vélo. Une alchimie entre une solide formation mécanique et un pratiquant de vélo au spectre large. Une technique de pilotage de très bon niveau, et un physique puissant doté d'un foncier que je nomme "d'Obélix" comme s'il était tombé dans la potion magique petit.

Yann c'est un type capable de discuter très sérieusement de la gravité de l'avenir de l'humanité, et 20 secondes après de sauter sur un vélo avec les yeux pétillants d'un enfant de 4 ans.

Et l'une des rares personnes que je connaisse à être autant passionné de vélo que je le suis.

Lorsque mon projet de voyage option "foutu pour foutu" est né, il était évident que c'est sur un vélo Salamandre que je devais partir. Le nom de Renaissance s'est vite imposé (même si, je l'avoue, je ne connaissais pas bien la période historique homonyme, et qu'après m'y être intéressé, elle ne me plaît pas trop). Juste après le confinement, je suis allé passer 3 jours à l'atelier pour la fabrication du cadre et de la fourche. Le montage du vélo sera réalisé début juillet par mon meilleur mécanicien personnel 😅.


Arrivé à Morlaix par le port, c'est sympa.

Mes yeux repèrent un viaduc de chemin de fer bien haut... dites moi pas qu'c'est pas vrai que je suis descendu mais que la gare est tout en haut ? 🥵.

Guichet SNCF :

- Moi : "Bonjour madame, je voudrais rallier Lyon avec un vélo non démonté."

- La guichetière : "🙄🤔😳😕😲🤯🤕🙈🤷‍♀️🏃‍♀️🧘‍♀️


La pauvre a bien galéré, mais elle-même cyclotouriste, elle s'est bien décarcassée et a trouvé une solution. Morlaix/Rennes ce soir. Puis demain Rennes/Nantes, puis Nantes/Lyon.

Elle est d'accord avec mon constat : plus la SNCF communique sur le Train+vélo, et moins il y a de place pour les vélos.

Réservation d'un hôtel sur Rennes, et je choppe mon train. Au premier arrêt, deux bikepackers montent. Ce sont des participants naufragés de la Gravel Tro Breizh. Sympa, on discute bien, je fais péter le paquet de TUC.

Rennes, hôtel, kebab. Je quitte la terrasse du kebab au moment où les bars ferment, à 22 heures. Bienvenue dans un monde de joie et d'allégresse...

Je profite du sèche serviette de la piaule ultra chauffée pour faire une lessive et sécher la tente.

Et moi qui vit dehors depuis quelques semaines maintenant, je crève de chaud 😅.

Demain matin bullage à Rennes. Je vais essayer d'aller à Decathlon acheter le meilleur porte carte du marché, le mien est en fin de vie.

Puis 8 heures de train masqué.

Bon réflexe, aujourd'hui j'ai choppé un petit roman dans une boîte à livres.

Dernier Kenavo !

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Publié le 9 décembre 2020

Début de journée au ralenti. Objectif du jour, manger des moules au restaurant La Mousse à Lannilis, chaudement recommandé par Yann. Il me faut à peine une petite heure pour y être, donc j'ai le temps de buller.

En démontant la tente, je découvre la bébête qui faisait un petit bruit sous mon oreiller. Je me suis réveillé paniqué en croyant à une araignée. Oui, j'ai peur des araignées... il y a deux ou trois nuits j'ai dû en combattre une d'au moins 2cms de diamètre, une horreur, j'y pense encore.

En fait c'était un tout petit crapaud sous le sol de la tente. Le pauvre est un peu aplati, mais il va s'en remettre.

C'est enfin parti, je longe la Baie des Anges, c'est encore bien beau.

Midi à La Mousse, un établissement comme je les aime, un vrai patron, une âme, des clients fidèles, de la simplicité et des bons produits dans l'assiette. Les moules sont excellentes. J'ai du bol car normalement il n'y en a plus après le 15 septembre. Cette année il arrive encore à en avoir. Mais ce sont les dernières. Dessert, café et Mr la Mousse me souhaite bonne route sur le pas de la porte. Et avant tranquillement.

Il se met à pleuviner. J'en profite pour faire quelques courses dans un supermarché en misant sur l'instabilité météorologique du coin. Ça fonctionne, il ne pleut plus quand je repars.

Les plages de sables qui arrivent se font l'écrin de gros blocs rocheux. Guillaume me l'avait dit, c'est vrai que ça vaut le détour.

J'essaie de suivre une véloroute, mais il y en a plusieurs dans le coin, et pas moyen de distinguer les panneaux. Trop de véloroute tue la véloroute 😄.

Le clou du spectacle du jour, découvert complètement par hasard, un immense Menhir christianisé. Le Men Marz, un gros bébé, le quatrième plus gros Menhir de Bretagne encore debout. Épatant. Classé monument historique, et bien mis en valeur. Il a dû en voir passer des épidémies et des bals masqués l'ancien 😉.

Je roule maintenant en espérant trouver un camping encore ouvert. Petite recherche sur Google, et 3 coups de fils plus tard j'en trouve un.

Envie d'embrayer un peu, une quinzaine de kilomètres tombent rapidement, ça fait du bien de pousser un peu sur les pédales. Et ça m'amuse toujours autant de créer de l'électricité pour charger mon téléphone grâce au moyeu dynamo.

Croisement d'un cycliste sportif sur un route aéro haut de gamme qui craque de partout. Les craquements sont proportionnels au tarif avec ces vélos. Plus c'est cher, plus ça craque. Je comprends qu'il fasse la gueule pendant ce moment de détente et de loisir 😄.

Traversé d'un village au milieu duquel de magnifiques halles sont posées. Toit en ardoises. Une construction vieille de 5 siècles. Ça en impose.

Nouvel arrêt ravitaillement, j'ai oublié les oeufs indispensables.

Arrivé au camping. Il est immense, juste en bord de mer, et vide.

Installation, douche, dîner puis je vais voir le jour tomber devant la mer. Un moment posé avec le bruit rythmé des vagues. Je cogite un peu à la suite du voyage. Pas trop d'idée tranchée pour le moment. Quelques pistes.

Je n'ai aucune idée de ce que je ferai ni où je serai dans 48 heures.

Une forme de liberté.

Être libre c'est choisir sa prison.

La nuit porte conseil.

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C'est dimanche, donc je ne mets pas de réveil 😄.

Vers 8h15 j'émerge avec la lumière du soleil qui arrive. Hier soir j'étais seul au camping, sensation un peu étrange. Un camping car est arrivé tard. Vers 10h je décolle enfin, peinard. Personne à l'accueil, je laisse un billet et un mot. C'est un petit camping naturel familial, qui mérite cet échange monétaire. Au village, boulangerie pour du pain, et un grand café au PMU. Mon voisin de comptoir entame une chouette discussion. Désormais je me présente comme venant de Saint Étienne. Ce passeport est bien connu et engage la sympathie. Merci l'équipe de 76 😉.

Sur la carte est indiquée une passerelle qui évite un grand détour. Mon pote PMU m'explique comment la trouver.

Un couple d'amoureux, un monsieur sur un vieux Peugeot tout rouillé, deux joggueuses avec un grand malinois qui vient mordiller la sacoche où il y a ma bouffe, bref des échanges humains qui rappellent que l'homme est un animal social.

L'idée du jour, toujours sur les conseils de Yann, est de rallier directement la plage de Penfoul.

Je fais un léger détour pour trouver une station de lavage. Renaissance est pleine de sel après sa promenade en bateau. Un automobiliste sympa me donne un jeton, ça m'évite d'en acheter un lot pour rien. Il refuse ma pièce.

Quelques cyclistes finissent leur sortie dominicale, tous me saluent franchement.

Je rattrape un mec en gravel. Son vélo est joli, je lui dis, on roule un peu ensemble. Il m'explique avoir envie de partir avec les sacoches, mais qu'il nose pas car son niveau physique baisse. Très étrange ces cyclistes sportifs qui ont la trouille de partir, alors que pleins de voyageurs à vélo ne sont ni cyclistes, ni sportifs... Je lui dis "que risques tu ?" "Tu adapteras les distances, mais vas y !!! "

Juste avant la plage de Penfoul, une boulangerie fournit sandwich et chips. Casse croûte à la plage en observant les surfeurs. La route ensuite est très belle, le long de plages de dunes. Petit café au port de Portsall.

Puis direction Lannilis, où un resto moules frites est à ne pas rater. Mais j'y suis vers 17h, trop tôt. Roulage vers les côtes du coin. Un camping bien placé au bord de plages magnifiques décide la fin de journée. Les moules frites seront pour demain midi. Pose de la tente, promenade sur la plage, douche bien chaude. Puis direction l'Oasis, le bar pizzeria d'à côté. Il y est servie une bière artisanale "Tro Bro Léon , Cyclist bier". Le patron est un personnage, drôle et chaleureux. Sa relation avec ses employées est directe, sympathique et respectueuse. On sent que l'équipe a envie de bien faire. Du coup je reste manger... et rate le coucher de soleil 😅. Avant de rejoindre la tente, quelques rayons de lumière en sursis offrent tout de même un beau tableau entre reflets sur l'eau, sable et rochers.


Kenavo !

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Publié le 9 décembre 2020

Une journée de découverte de Ouessant.

Un endroit où l'on aimerait être monté comme un cheval (au niveau des yeux bien sûr) pour ne rien rater des paysages à 360 degrés.

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Publié le 9 décembre 2020

Toute petite journée de vélo.

Mon Tour Operator ardéchois (l'ami Yann) me propose un programme très intéressant et bien adapté à la météo. Suivre la côte tranquillement pour rejoindre Le Conquet, et y embarquer samedi pour une journée sur l'île d'Ouessant. Le coup de vent rend les côtes bien plus belles. Je signe pour ce projet.

Sortie de Brest, crochet à la pointe du Petit Minou. Superbe endroit, caché mais accessible pour qui sait prendre le temps, bien accueillant pour peu que la porte de son mur d'enceinte veuille s'ouvrir comme les pétales d'un Baraban...

Casse-croûte venté mais ensoleillé.

La pause pipi dans le vent confirme le bon choix des chaussures étanches...

Pointe St Matthieu et les restes de son abbaye, puis fort vent de face jusqu'au Conquet. Paysages grandioses.

Au Conquet vers 15h45, la logistique est lancée : aller au port me renseigner puis trouver un logement pour deux nuits. C'est fluide : la traversée est possible demain avec le vélo, et il y a un camping ouvert à quelques kilomètres. Je pourrai y dormir et laisser mes affaires pour la journée sur Ouessant. Tout étant calé, je prends le temps de déguster une excellente galette au beurre dans une crêperie bien classe.

Un saucisson à la charcuterie, quelques achats au Spar, et en route pour le camping. Très sympa, un camping bien nature comme il en reste peu. Bonne discussion avec le patron, très accueillant et qui s'intéresse aux gens. Je cale la tente dans un petit coin abrité du vent.

Douche, bière, préparation du dîner en musique.

Pendant que le réchaud lutte contre le vent pour cuire la gamelle de pâtes, ces paroles de Fauve attirent mon attention, plus que d'habitude :


"Tu te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint

Mais tu es l'un, et l'autre. Et tellement de choses encore

Tu es infiniment nombreux

Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche

Et tous les autres ensembles

Trompe-toi, sois imprudent, tout n'est pas fragile

N'attends rien que de toi, parce que tu es sacré

Parce que tu es en vie

Parce que le plus important n'est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d'être"


Objectifs de demain :

Découvrir ce monde inconnu de la force océanique, toucher du doigt l'inconfort de l'insularité, ressentir la liberté du large...

Ne pas vomir,

Ne pas rater le bateau du retour...


Quoique ?...

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Publié le 9 décembre 2020

Il a bien plu cette nuit, et la température a brutalement chuté. Mon bonnet marocain reprend du service, ce qui n'est pas pour me déplaire. Sortie du camping squatté, direction le village.

C'est jour de marché sur la place, un vrai pain trouve sa place dans une sacoche. Grand ciel bleu, soleil, et un chouette établissement offre un peu de chaleur, un bon café et des toilettes confortables.

A deux pas du bourg, visite de la forêt mystique. La Roche tremblante est censée laisser balancer ses 137 tonnes en poussant avec son dos...

Jolis blocs rocheux, un bel endroit.

Au café la lecture du journal m'a informé d'un gros coup de vent annoncé en fin de journée et jusqu'à vendredi matin. Cela décide définitivement le plan de rejoindre Brest et d'y passer une nuit à la ville, dans un hôtel. Réservation vite faite grâce au magique smartphone, un apparthôtel économique.

L'idée maintenant est de ne pas traîner. L'arrivée en ville, vélo chargé avec du vent ne m'amuse pas trop.

La journée sera bien bretonne. Il fait très beau, puis moche, puis beau, puis vraiment super moche, puis pas trop mal, puis super beau, puis moche, puis....

Casse croûte comme la veille sous un porche d'église. Un grand PMU tabac presse sympa à côté. Je trouve enfin la carte désirée. Au comptoir, un local me conseille sur la route à prendre à l'approche de Brest.

Reste plus qu'à filer.

Brest arrive. Entrée facile par des pistes cyclables. En arrivant dans le centre...crevaison 😅. Un gros bout de verre. Je répare rapidos tant qu'il ne pleut pas. Je repars, il pleut un peu. Je file à l'hôtel, 30 secondes après être arrivé c'est le déluge, ouf 😀.

La chambre est au quatrième étage sans ascenseur...dernier effort: deux allers retours pour monter vélo et bagages. Puis une petite marche pour aller au magasin de vélo proche acheter des plaquettes de frein. Réparer ma crevaison a permis de voir qu'elles sont déjà HS. Douche puis descente en ville pour dîner. La tempête arrive ( et même du tonnerre...de Brest !!!), je trouve ce qui vient pour manger, une crêperie genre franchise pas grandiose. On s'en contente.

Retour dans le cocon douillet à l'hôtel. J'allume la télé par curiosité, et zappe, rezappe, rerezappe. Après 3 tours des 25 chaînes, je lâche l'affaire... aucun intérêt cette boite à images subliminales, même pas pour se distraire.

Un peu de musique et dodo.

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Le réveil sonne à 7h. Je l'éteins et redors profondément, pour me réveiller à 7h23. Mise en route efficace ce matin, je quitte le camping à 8h45. Le bureau n'ouvre qu'à 9h... je pars sans payer. Oui bon, je n'en suis pas fier, mais quitte à en voler un, autant y avoir passer 2 nuits...Je me déculpabilise en me disant que c'est le camping municipal et que j'ai bien fait tourner les commerces de la ville (bières et moules frites 2 soirs de suite 😳).

Objectif du jour, conseillé par Yann (Yann de Salamandre, qui a fabriqué le cadre de mon vélo, et qui est d'origine bretonne): le Ménez Mikel. Un mont qui culmine à 381 mètres, attention les mollets, on attaque la haute montagne 😅.

Une première pause café dans un bistrot très simple où un ancien, béret basque sur la tête, fait le spectacle avant d'être rejoint par son copain ardéchois.

La route m'amène ensuite sur le pont de Térénez, un beau pont suspendu. Je trouve ces conceptions suspendues très belles, un peu magiques.

La bruine présente depuis un moment se transforme en bonne pluie, j'enfile les vêtements imperméables.

Traversée de le Faou, chouette petite ville. Je cherche la carte IGN couvrant la suite du parcours, mais sans succès.

Une église m'interpelle ensuite, Notre Dame de Rumengol. Je rentre dedans, suis ému par sa beauté. Les églises et chapelles sont très belles par ici, et sont ouvertes, ce qui est de moins en moins le cas dans d'autres régions.

Le grand porche sera un bon abri pour casser la croûte. Pas bien d'espoir pour trouver un café, le coin est assez peu habité. Le ciel se dégage assez rapidement ensuite. Déshabillage devant une auberge allumée, un bon café va faire du bien. Et non, porte close...

Puis au détour d'un virage, le Mont St michel de Braspats, surmonté d'une chapelle apparaît. Belle image, il domine un pays fait de landes. Quelques dizaines de minutes plus tard me voilà au sommet. Ici c'est ambiance Monts du Forez en miniature.

Ça me plaît bien, il fait frais, ciel couvert avec quelques éclaircies, des conditions idéales pour donner la bonne lumière à ce genre de coins. Je suis comme à la maison 🙂. Bien plus en phase qu'avec le milieu maritime.

Direction Huelgoat désormais.

Un ancien en vélo de route me double et me demande si mon vélo est électrique. J'accélère le rythme pour me caler dans sa roue. Et bing c'est le coup habituel, il accélère... Et comme très souvent, une rencontre qui pourrait enclencher une discussion sympa est morte dans l'oeuf. On roule l'un derrière l'autre (moi je peux juste rester abrité derrière lui à cause de mon développement trop court). Je suis assez épaté, mais pas surpris, par le manque de curiosité de ces cyclistes routiers sportifs. Quand on roule chargé, il y a souvent des gens qui demandent d'où on vient, où on va, bref qui s'intéresse à l'autre venu d'ailleurs. A croire que ces cyclistes là n'ont pour seule inquiétude que de se faire dépasser. Leur curiosité et leur ouverture d'esprit restent coincées dans les 42 centimètres de la largeur de leur cintre... C'est dommage qu'un sport si beau et passionnant soit pratiqué par tant de gagne-petit, champions de leur rue, inintéressants et à l'esprit étriqué.

Bref...Heureusement, comme dirait Didier Super, y'en a des biens !

Dans le bled suivant, un beau Dolmen en V est assez remarquable.

La région est un ancien marécage tourbeux rempli de légendes. Il y aurait ici les portes de l'enfer. Ça fait pas rire...

Huelgoat arrive. Le camping municipal que je vise est fermé, mais le portiĺlon est ouvert. Un voyageur à vélo est installé et m'indique que les éviers extérieurs sont alimentés. Un bout d'herbe et de l'eau, que demander de plus ?

Je fais le tour du bourg en quête de la carte, mais fais bredouille. C'est l'heure de la bière, mais aucun troquet ne m'inspire. On tournera au bouillon et à la tisane ce soir.

Demain forêt de Huelgoat puis direction Brest.


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Une journée de repos pour explorer tranquillement le coin, et parce que j'en ai envie, et qu'il fait beau.


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Journée de brouillard.

Quelques jolis ports, de belles plages, des bateaux de pêche.

L'ascension obligatoire du Menez Hom, pour le geste car le brouillard empêchait toute vue.

La chapelle du même nom est très surprenante.

Puis pas mal, trop, de départementales avec du traffic. Et encore une mention spéciale au comportement des conducteurs qui dépassent avec de bonnes distances de sécurité, ou qui restent gentiment derrière. Les quelques dépassements un peu serrés ont été l'oeuvre de 95, 72, 94, 38. Bravo les bretons, j'ai envie de dire merci à chacun. Ils ne font pourtant que simplement respecter le code de la route...

Casse croûte à Douarnenez, haut lieu de la sardine, en tête-à-tête avec une mouette. Le meilleur dans la sardine, c'est quand même la sauce ratruchée avec le pain 😅.

Moment important, le remplissage de ma petite salière à bicarbonate de sodium, grâce à la gentillesse d'une commerçante d'une épicerie bio. 6 centimes pour une odeur neutre à toute épreuve. Pour la peine je lui ai pris du Saint Nectaire...

Moules frites dans une brasserie PMU pour finir la journée. Cela faisait un moment que cela me tentait. Le port de Carmaret est sympa, un petit tour de nuit dans le faisceau de ma dynamo est de toute beauté.

Demain, journée plus cool pour se reposer et voir les beaux points de vue de la presqu'île, en espérant un ciel un peu plus dégagé.




19

Départ 9h15. Guillaume m'accompagne quelques kilomètres pour me faire sortir de Concarneau par une coulée verte. Merci, et saluts réciproques.

Envie d'enfiler les kilomètres aujourd'hui.

Quimper arrive un peu avant midi. Visite rapide, ville bien jolie. Un chanteur guitariste-voyageur à vélo a une très belle voie ; la sortie de la messe à la cathédrale au son de la cornemuse, ça claque.

Je choppe une voie verte qui file vers Douarnenez. C'est une ancienne voie ferrée: tout droit, revêtement de stabilisé bien lisse, ça envoie du steack sur les pédales, bien bon.

Douarnenez est déjà là. Je cherche une jolie ville... C'est un port authentique. Beauté pas jolie mais sensorielle.

Gros casse croûte de boulangerie : sandwich, pizza, gâteau breton.

Le début d'après-midi est plus difficile à cause de la digestion.

Ici il y a un peu d'agriculture intensive. Je longe d'immenses hangars à poulets qui me rappellent les nuits ramassages de poulets pour gagner 3 sous quand j'étais étudiant avec Fredo et People Jack 😉.

Arrêt café dans une brasserie branchouille au milieu de rien.

Puis je reroule en direction de la pointe du Van. Très joli morceau de bout du monde. Une chapelle, des falaises face à l'infini.

Chouette discussion en anglais avec un couple de hollandais qui ont deux superbes teckels à poil dur. Ma selle interpelle encore...

Direction la pointe du Raz, en passant par la belle baie des Trépassés et son alignement de fourgons de surfeurs.

La pointe du Raz, un emblème, passage obligé. Mais comme tous ces endroits touristiques : parkings, commerces de chinoiseries, restaus à touristes, aménagements piétons, l'accueil du monde de Babylone.

Toutefois le pôle touristique est en retrait de la pointe, celle ci est sauvegardée.

Je suis bien content d'être à vélo car l'aller l'aller-retour à pieds est assez long.

Installation dans un camping municipal à quelques kilomètres. Grosse envie d'aller au resto pour des moules frites, mais il n'y a rien ici. Soirée camping et repas avec le fond du sac à bouffe. Heureusement j'avais acheté une boîte de sardines "SNSM" à Douarnenez.

Puis gros dilemme : manger ce soir le dernier morceau de chocolat tant que je suis certain d'être vivant, ou le garder pour le café de demain matin, au risque de mourir cette nuit...? Finalement le morceau est assez grand pour en faire deux.

Fin de journée. Corps bien fatigué. Une centaine de bornes environ, avec la lourdeur de mon chargement, ça commence à faire.

Demain direction Crozon, à la grâce de Jah 😉

18

Vendredi, journée glandouille de transition tranquille.

Je quitte le camping tard après avoir installé mes nouvelles sacoches, fier comme un bar tabac. Mon vélo est beau et c'est bien plus pratique.

Je longe la côte, doucement, entre arrêt café, arrêt sandwich, arrêt café, arrêt café.

La veste de pluie est de sortie pour la première fois. Un grain gentil qui ne m'inquiète pas jusqu'à ce qu'un ado croisé à vélo avec son skate dans le dos me lance un "bonne chance" suspect...

Une chasse à la cartouche de gaz me fait visiter 3 supermarchés. Je ne finis pas bredouille, mais chargé d'une cartouche un peu grande qu'il faut transporter. Bon réflexe toutefois, la cartouche actuelle n'aurait pas suffit à cuire le riz.

Camping familial sympathique et quasi vide. Installation sous un ciel redevenu clément. Virée apéro au village à 3 kms. Juste un PMU en fin de service qui me file une Leffe, c'est morne plaine ici.

Dîner, musique, dodo.


Samedi réveil peinard et début de journée routinier. Le doux bruit de la cafetière italienne, vaisselle, brossage de dents, rangement du barda... 2 heures à chaque fois, le plaisir de la non rentabilité.

Ce soir je fais étape à Concarneau chez Guillaume, ancien camarade de lycée d'Amiens. Plus de 20 ans que l'on ne s'est pas vu.

Je rejoins la côte. Des petits ports de pêche authentiques et des marins pêcheurs. Ces gars doivent être rudes. On ressent le danger, la dureté des agressions du corps par l'air marin et l'eau, la crasse des bateaux, l'instabilité constante de l'ambarcation, les odeurs de gasoil, de poissons, d'océan qui pu.

La pluie arrive crescendo. Encore en chemise, arrêt café sur une terrasse abritée. Avant de repartir, un arrêt de bus abrite la séance d'enfilage de veste de pluie, pantalon de pluie et couvre chaussures.

J'aime rouler sous la pluie.

Quand l'équipement devient cocon, le regard des automobilistes incrédule. Cette sensation d'être décalé, la prétention intérieure de vivre plus, plus fort, de ressentir les forces naturelles, de "faire avec" un désagrément qui peut devenir un petit bonheur.

Arrêt boulangerie dans une petite ville pour le casse-croûte. Les gens tirent la tronche à cause du temps... ba alors, c'est quoi ces bretons qui craignent la pluie ???

La boulangère est bien attentionnée et fait chauffer le morceau de pizza. Avalé sur la place de l'église (il ne pleut plus), quel bonheur de manger chaud. Café dans un bar où l'ambiance n'est pas très sympa, le serveur a l'air d'en avoir raz le bol de devoir demander au gens de mettre ce putain de masque. C'est dingue de leur coller la responsabilité de gérer ça et de risquer une amende alors que la responsabilité est celle du client.

Concarneau en vue. J'y accède au feeling, sans trop savoir où aller. Bonne pioche, j'arrive par un petit port où un bateau navette permet d'accéder à la ville close, un quartier ile fortifié.

Guillaume me rejoint, on va prendre un verre puis gagnons sa maison où l'on retrouve son fils Raphaël. Soirée tranquille bien sympa.

Planification du lendemain : après ces journées de grosse glandouille, et la météo qui annonce du mauvais dans 3 jours, il faudrait que j'avance.

Objectif, pointe du Raz demain soir.


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Début d'après-midi, je quitte Carnac après le café dans un bar où l'on ressent le niveau d'alcoolisme de la région.

Après-midi d'une fluidité jouissive, tout s'enchaîne bien, sans trop réfléchir, instant après instant.

- Une Véloroute longe la côte, le long de plages magnifiques. Spot de surf apparemment, le deuxième café au Sunset les pieds dans le sable met dans l'ambiance. Les jolies filles bronzées à vélo aussi.

- Point camping: ca semble compliqué dans le coin, mais à Port Louis il doit y avoir moyen de traverser pour Lorient.

- Port Louis, visite rapide de la ville. Discussion rapide avec des gars en terrasse qui me demandent si mon vélo est électrique. Ils me mettent sur la route du bateau.

- Arrivé au port pile en même temps que le bateau navette, super fluide. Traversée sympa, les autres passagers sont comme les citadins dans un tramway, c'est exotique.

- Lorient, je passe devant une boutique de vélo, mais ils n'ont pas ce que je cherche (sacoches de cadre, la mienne va lâcher). Ils m'indique un Velostation. Facilement trouvé, celui-ci est très bien tenu, du stock, super accueil. Brice le jeune employé est épaté par mon vélo et très curieux de ma selle. Je lui fait la réclame pour Salamandre. Je repars avec une sacoche de cadre et une top tube qui vont me faciliter la vie. Très chouette de voir un magasin avec une telle ambiance. Sympathique et professionnelle.

- Je file vers le camping très facilement grâce aux pistes cyclables.

Camping où pas mal de gens sont ici à long terme. Mickey tient un foodtruck où les gens se retrouvent et j'y prends un burger frites avant d'aller au lit.

- Demain gros objectif : trouver une Poste pour renvoyer le gros bouquin que je traîne pour rien à ma frangine. J'ai déjà lu les deux premières pages pour la troisième fois 😅. Et il me faut trouver du PQ pour ne pas être tenté de déchirer des pages demain matin....

Tchusss !!!!



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Arrivé vers 23h à Locmariaquer, j'ai trouvé un lieu de Bivouac pas si pire. Il a fait chaud et lourd mercredi et j'étais poisseux. Nanotoilette avec le fond du bidon et le miraculeux bicarbonate de sodium qui fait des miracles odorants. Nuit à la belle, à l'arrache sans matelas par peur de le percer sur les épines. Bien dormi malgré quelques bruits de sabots pas rassurants (sangliers? On a beau dire, ça met mal à l'aise même si c'est sans raison valable).

Camp levé avant le lever du jour. La discrétion est de mise, je suis au milieu de belles propriétés ( un beau lotissement quoi 😀 ).

Direction l'océan et un tumulus. Spot de petit déjeuner mémorable.

Visite du Bled et d'un très beau tumulus en accès libre situé en son cœur. Il a été très bien restauré. On y entre debout. Arrivé dans la chambre funéraire, ma torche éclaire un... masque chirurgical 😭. J'ose espérer une inattention.

Je ttttrrrrraaaaiiiinnnnneeee ensuite jusqu'à 10h et l'ouverture du site de la Table des marchands. Un tumulus, un menhir cassé (le plus grand d'Europe), et un dolmen. Très beau. L'aménagement touristique indispensable supprime la relation intime, mais il n'y a pas bien de solution, même si chacun aimerait avoir ces vigies du temps pour soi.

Direction Carnac. À la Trinité une mamie avec son vieux vélo de commissions s'extasie devant la beauté de mes sacoches. Elles n'arrive pas à en trouver par ici. Une jolie discussion s'engage et se termine par un Inchalah réciproque, je ne sais même plus pourquoi 😀.

Sandwich touristique devant le port, et je file.

Arrivé vers 13h à Carnac. J'en ai vraiment raz le bol de la chaleur. Presque un mois que je crame, rêves d'altitude et de forêts denses....

Je me pose un peu énervé dans un camping et glandouille à l'ombre en écoutant de la musique.

Fin d'après-midi direction le village pour tenter de trouver un coiffeur. Affaire pliée en une demi-heure, impeccable. Mes cheveux arrêteront de friser affreusement.

L'église est très belle. Quelques courses à Lidl faute de mieux et direction les alignements pour profiter de la lumière de fin de journée. Zut, en septembre les barrières sont encore fermées, on ne peut pas entrer. Mais les clôtures sont basses et laissent le champ des yeux libres.

Olives pimentées avalées devant ces étranges pierres levées qui gardent encore beaucoup de mystères pour nous autres modestes rampants terrestres.

Retour camping, dîner, dodo.

Jeudi matin réveil tardif sans savoir ce que je vais faire : rester encore une nuit ou reprendre la route.

2 cafés plus tard tout est décidé : revisite lente des alignements puis direction Lorient. Matos et bonhomme rechargé, c'est parti.

Des visites avec guides permettent d'accéder aux alignements, mais le port du masque est obligatoire... Moi vivant, je ne participerai pas à cette masque-arade devant ces vestiges de l'humanité.

Les alignements sont quand même impressionnants d'étendue. La route les longe, le vélo est l'outil de déplacement parfait. C'est très beau, mais il me manque un peu de proximité avec ces cailloux...

Tout au bout, un petit alignement accessible par un sentier monotrace est indiqué par un vieux panneau en bois. Loin des parkings, peu visible et nécessitant un peu d'efforts, il n'est pas clôturé !!! La récompense 😀. Je prends bien mon temps, m'assois et écris ce que vous venez de lire (et je vous remercie de cet effort...)

Les mégalithes, une belle métaphore de l'inutilité indispensable de l'effort, de l'échelle du temps, de la patience, de l'énergie retransmise quand ça ne va pas fort.


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Publié le 9 décembre 2020

Jean-Philippe m'a fait justement remarquer qu'avant d'aller à Carnac, un tour à Locmariaquer pouvait être intéressant.

Vers 20h30 je décide de prendre la route pour cette direction.

Sauf qu'un bruit de musique live interpelle mes oreilles.

Dans un bar, un groupe joue de la musique irlandaise.

Et paf je m'y gare.

Les premières larmes du voyage coulent en écoutant ces sons joyeux qui prennent les tripes.

Et soudain une question étrange : si ces gens ancrés ici me demande d'où je viens, que répondre ?

Ch'timi ? Bourguignon ? Franc comtois ? Picard ? Auvergnat ? Stéphanois ? Forézien ?

Citoyen du monde me plaît, mais ça fait bien pompeux !

Forézien me semble adapté: les attaches granitiques coté Est sont présentes, et l'avenir est à l'Ouest du massif.

Et vu que personne ne sait où est le Forez, ça engagera la conversation !

22h20, les mégalithes sont devant, profitons de la chaleur qui me saoule la journée pour allonger le soir.

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14
Publié le 9 décembre 2020

Un compte compte-rendu sur le pouce, attablé au joli port d'Auray.

Une petite galette au jambon avalée, deux bonnes bières ambrées.

Mon plan camping proche étant fermé, je m'apprête à reprendre la route en direction des mégalithes de Locmariaquer, et voir ce que la vie va m'offrir pour me poser pour la nuit.

Les souvenirs du jour:

- le voisin camping-cariste du camping me raconte ses déboires : il a abîmé l'aile droite sur un bac à fleurs, et la veille, la roue arrière du VAE accroché derrière en reculant. Il est ch'timi, donc par solidarité chauvine, je jette un œil à la roue, qui est bonne à jeter... compliqué la vie de camping-caristes retraités en 2020. Les difficultés se chiffrent en milliers d'euros de dépenses, quelle vie de merde....

- au départ bien motivé pour enquiller les bornes, mon corps est au ralenti heureux ce matin, ce qui me rassure. Quand la tête veut accélérer, ce sont les cellules qui disent "calmos". Le ralentissement s'accélère et m'envahi corps et âme 😀.

- Une tong est esseulée au milieu d'une piste cyclable. J'ai déjà perdu une tong. Je compatis avec le propriétaire de son pied compagnon.

- Les camping-caristes nous pètent les noix dans les coins touristiques. Ils prennent toute la place ces gros beaufs avec leurs retraites trop importantes qui génèrent de l'ennui et le besoin de consommer. Va de retro campings caros.

- Une superbe petite chapelle dans un hameau. J'adore ces découvertes inattendues loin de la foule.

- Vannes, très jolie vieille ville. Cathédrale qui se distingue. On ne peut pas s'y envoûter car il n'y a pas d'allées latérales, sauf autour du coeur. Orgues et leurs horloge magnifiques.

- Je tire des bouts de routes efficaces mais pas aménagés pour le vélo. Malgré tout, les portions dangereuses en périphérie ne le sont pas grâce au comportement des automobilistes. C'est très agréable et rassurant quand à l'espèce humaine.

- Bière à l'heure de l'apéro au charmant port d'Auray. La jolie serveuse tatouée avec goût renverse de la bière sur moi. Elle s'excuse gentiment en me glissant doucement un : "je vous ai béni ". Je sens que la Bretagne va me plaire...😅


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Après deux jours de farniente chez Nicolas et Karina, notamment sous le soleil de Pornic, je reprends gentiment la route.

Pour monter en Bretagne, le plus direct est de passer le pont de St Nazaire, qui n'est pas bien engageant à vélo. "J'y crains" un peu comme on dit dans certaines régions.

Finalement c'est le moment parfait pour passer : jour sans vent, milieu de matinée, et voie de droite fermée pour les bagnoles. C'est parfait, les véhicules à moteur sont loins.

Au pied du pont je rencontre Jean Jacques, voyageur à vélo. Il monte également vers St Nazaire. On roule ensemble, et on se pose en terrasse pour un café en ville. Une chouette discussion comme je les aime avec les gens rencontrés sur la route. Échanges courts mais riches, à bâtons rompus, où l'on ne craint ni d'être jugé, ni de blesser, ni de dire un truc que l'on pourrait regretter. Pas d'enjeux dans ce type d'échanges, une grande liberté à s'exprimer.

Les voyageurs et voyageuses à vélo ont tous leur personnalité, mais il y a des traits communs, un rythme, une vision un peu décalée du fourmillement carboné du monde dit moderne. Les regards sont intenses, les mots choisis, les gestes effectués dans une économie d'énergie.

Et si nous étions les pionniers et pionnières de la société de la sobriété qui nous attend ?

Si tel est le cas, les sourires des voyageurs à vélo sont rassurants pour le bonheur à venir 🙂.

Après avoir quitté Jean Jacques, je choppe un sandwich et vais me poser à l'ombre d'un arbre au Jardin des plantes.

Cette chaleur m'ôte toute motivation à avancer.

Je me fixe comme fin d'étape Guérande. Étape bien courte donc, mais je ne suis pas pressé.

Mon parcours suit la Vélocean. Une Véloroute dont les panneaux ne sont pas bien faciles à suivre, mais qui a l'avantage d'exister. Le smartphone et mon appli de navigation sont régulièrement de sortie.

Les véloroutes sont ici un bel exemple du millefeuille administratif du pays... entre les projets européens, français, régionaux, ou des collectivités locales, on a parfois du mal à suivre et à trouver les infos.

Mais on ne va pas se plaindre 😉... mais quand même un peu 😅.

Un Tumulus est annoncé en visu !!! Il a l'air très intéressant, mais clôturé, la visite n'est possible qu'en saison. Dommage.

Passage le long des plages de La Baule, bel exemple du monde de Babylone des rastafaris.😉

L'arrivée à Guérande se fait par une zone commerciale de périphérie. Pas génial, mais une biocoop remplie mes sacoches, me voilà rassuré 🤗.

Visite de la vieille ville fortifiée bien jolie. Je retrouve avec bonheur le granit qui me manque depuis que j'ai quitté l'Auvergne.

Pause bière du jour. Une ambrée dont le goût fait ressortir ce goût d'IPA qui se multiplie presque aussi vite que la Renouée du Japon... ça me gonfle, j'aime pas ce goût à la mode. 😉

Direction le camping en longeant les marais salants. Quelques belles vues.

Les routes sont étroites mais globalement les automobilistes sont très respectueux des cyclistes, ça fait vraiment plaisir par rapport à d'autres régions.

Réfugié très tôt sous la tente pour cause de moustiques virulents, l'objectif prochain tombe comme une évidence en étudiant la carte : Carnac !!!

Si la chaleur ne gâche pas le plan, j'y serais demain soir. Une étape de deux nuits est envisagée pour bien profiter du lieu mythique.

En attendant, un peu de musique va m'aider à rejoindre Morphée en couvrant les bruits de téléviseurs des voisins camping-caristes...la joie des campings 🙄, mais pour le moment, la douche est bien appréciable après les journées de pédalage sous le cagnard, le camping sauvage sera pour plus tard.

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Publié le 9 décembre 2020

2 jours en compagnie de Nicolas que j'ai récupéré à la gare d'Angers.

Des pause-café, restaus, une étape en ville, un bac sauveur pour traverser la Loire suite à une erreur de parcours à Nantes, une discussion avec des zadistes (zad du Carnet) entre barrages de gendarmes où j'ai bien envie d'aller faire traîner ma curiosité, et l'arrivée à la mer 😀.

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Publié le 9 décembre 2020

Peu d'inspiration à écrire, et des rencontres et morceaux de routes échangés qui m'ont tenus éloignés du téléphone.


Quelques photos et commentaires.

La chasse d'eau la plus dangereuse de France
St Florent: première étape de ma vie de voyageur à vélo en Corse
Cathédrale d'Orléans
Château d'Amboise
Le vélo de Stéphane, sur les routes depuis 3 ans, collègue du bar du camping.
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10
Publié le 9 décembre 2020

Une étape courte, sans grande inspiration.

La nuit a été bien bonne après mon premier cours d'harmonica en nocturne au bord du fleuve (merci la 4G et les vidéos). Le camping municipal, est comme presque toujours, très bien et pas cher.

Belle promenade cyclotouriste. Le parcours du moment, je l'ai déjà effectué il y a 3 ans lors de ma montée au Mont St Michel. Gros avantage de ne pas avoir de mémoire, je découvre tout comme au premier jour 😅.

Un départ peinard vers 9h30 sous un ciel un peu nuageux, une belle pause terrasse café vers 11h pendant le seul moment ensoleillé de la journée.

A midi, casse croûte, séchage de la lessive d'hier, un peu d'harmonica, un "au clair de la lune" arrive à sortir, non sans mal. Demain je tente le riff mythique de "Smoke on the water". J'adore le son de cet instrument !

Juste avant de passer devant la centrale nucléaire de Belleville (ni pour ni contre, bien au contraire...), une discussion sympa avec une cyclote expérimentée retraitée du coin, qui roule en tricycle suite à un AVC.

À Briare, le pont canal est toujours impressionnant. Le PMU du centre ville sert un café de... PMU... 🙄😅. Mais c'est loin des plans à touristes, et c'est là qu'on ressent l'ambiance des icissiens. La façade de l'église présente de jolies peintures.

Je pousse jusqu'à Gien, la ville a l'air assez sympa. Après m'être installé et douché au camping, apéro sur une petite place.

Un habitué du bar expose fièrement 2 voitures anciennes, dont une Cadillac. Je me lève pour voir le moteur (il vient de soulever le capot). Un V8 énorme qui tourne comme une horloge. Le gars me dit qu'elle est de 1976. Mon année de naissance 😀.

Kebab (très bon) sur un banc devant le mini concert de chanson française qui clôture la journée de "Brocante et vintage".

La journée se termine comme elle a commencée... doucement...

Petit point kilométrage : il faut quand même que j'accélère un poil le rythme pour être ponctuel au rendez vous avec Nicolas. C'est un des avantages de la lenteur, ça laisse la possibilité d'accélérer si besoin 😅.

Bises,


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RALENTIR...

Après la très courte nuit suivie d'une grosse journée hier, je suis tombé comme une masse en écoutant un peu de musique. Sommeil profond, réveil en douceur sans réveil vers 6h30, je traîne au lit jusqu'à 7h. Grasse mat'.

Hier Nico m'a donné mon prochain rendez-vous. Jeudi matin à Angers. Environ 400 bornes à faire en 6 jours. Programme plus que peinard. Je ne le sais pas encore, mais ce sera le thème du récit du jour...

La tente est un peu humide, je prends bien mon temps pour laisser le temps au soleil de sortir.

Café avec la cafetière italienne, petit déj protéiné, rangement très lent... Les autres cyclistes du camping ne sont pas plus rapides que moi. C'est fou le temps que prend le rangement journalier du matos.

Petit bricolage obligatoire sur une sacoche. Le nouveau système de fixation de mes nouvelles sacoches est moins bien que l'ancien. C'était mieux avant 😅.


Vers 9h30 je démarre doucement, en suivant les canaux du sud de Nevers.

La stèle à l'endroit du suicide de Bérégovoy le nomme "Juste". Ha bon, il a pas d'prénom ? 😅


10h, premier arrêt café à la terrasse d'une guinguette sympa au bord du canal. Un bon café, des canards nourris par la patronne.


Jusqu'à midi, roulage le long des canaux... je me dis qu'il n'y aura pas de récit aujourd'hui, par manque de choses à raconter.

Casse croûte à l'ombre, des bateaux de plaisance font la pause en attendant le passage d'une écluse.

Je repars tranquillement, puis la journée bascule doucement.


Je retrouve enfin la Loire au détour d'un de ses beaux virages.

Après les canaux artificiels, dirigés par la main de l'homme, sages par nature, canalisés à la naissance, la Loire exprime d'emblée sa nature sauvage, sa force changeante, fascinante, aimantante, insondable, imprévisible...

J'avais déjà écrit son évident caractère féminin...je confirme....

Je roule tranquille au rythme de son débit de période de sécheresse, et le thème du jour me vient comme une évidence : RALENTIR.

C'est en effet la condition indispensable de la viabilité de la vie future qu'il me faut mettre en place.

La décision de ce voyage, je l'ai prise après avoir vu un documentaire très touchant de deux jeunes : "Foutus pour foutus" (encore une fois merci JP 😉).

Un voyage en quête de " tout à (re)construire".

Depuis, un bon bout de chemin s'est fait, et je sais où je veux et dois aller.

Mais cela ne sera viable que si j'arrive, comme d'autres précurseurs (médiatiques ou de l'entourage), à appliquer l'indispensable ralentissement. Ralentir pour consommer moins, pour se permettre de gagner moins d'argent, pour gagner de la liberté, de la joie de vivre, du sens à sa vie.

J'ai laissé tombé l'espoir de croire à un ralentissement de la société. Hormis au niveau local, il y a trop d'enjeux au niveaux national et international que nous ne maîtrisons pas pour espérer un changement.

Jouons local notre bien-être et notre joie de vivre.


Des bateaux au rythme lent image cette réflexion, garés en attendant les prochains touristes.

Deux cyclistes arrivent. Des hollandais, un gars de la soixantaine environ et son papa.

La discussion s'engage. A peine prononcé Saint etienne, la magie de ce passeport à la notoriété internationale opère, elle me manquera : les matchs gagnés contre le PSV, Rocheteau, le pas très sport Giresse (?) Etc...

Il m'explique en détail leurs vacances...puis je suis sauvé par le spectacle d'un balbuzard pêcheur en pleine pêche. Superbe.

Un café à La charité sur Loire où un participant à une discussion de comptoir se fait expliquer que non, ce ne sont pas les vegans qui tuent des chevaux en ce moment pour empêcher qu'on les mange 😅.

15 kms plus loin, Pouilly, une très belle boulangerie, un petit casino pour des fruits et légumes, et une terrasse de PMU...écriture.

Le camping municipal est la prochaine destination du jour... lentement...

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Publié le 9 décembre 2020

Une journée à pédaler 🥵


Très peu dormi : le spot de bivouac était très mal choisi. Des fêtards jusqu'à 2h, des pêcheurs à 4h...

Décollage à 4h45. Drôle de sentiment de vagabondage nocturne inconfortable et esseulé.

St pourçain sur sioule 7H. Pain chocolat à la boulangerie. 2 grands cafés et un peu de vie sociale au PMU.

Puis je roule, je roule, je roule dans l'Allier....

Je savais que cette journée ne serait pas grandiose. Ça se confirme 😉.

Le matin, quelques belles pierres sauvent la mise.

A midi à Moulin, je prends le temps de visiter la cathédrale.

Hhaaa les cathédrales 😍. Depuis mes 10 années de vie amiénoise, je suis amoureux de ces bâtiments incroyables. Pendant la période festive amiénoise, il m'arrivait de m'échapper un moment des bars pour faire le tour de la cathédrale, seul, et d'en apprécier la puissance sous les lumières nocturnes.

Désormais j'y trouve de l'énergie. Se laisser "envoûter" en passant dans les allées voûtées latérales. Passer derrière le coeur où l'énergie se concentre. Toucher du coeur le Sacré, même sans croire aux discours religieux.

Contempler le travail incroyable des concepteurs et ouvriers. L'énergie de travail déployée pour bâtir ce qu'aujourd'hui on pourrait trouver inutile...

Puis je roule, je roule, je roule.

Pause casse croûte vers 14h, à côté d'une caisse en métal qui fait office de boulangerie et qui me livre une baguette, sans bonjour, ni merci, ni au revoir, ni sourire.


"Dans le grand silence des campagnes....

Je m’avance au-devant des pièges

Qu’enfant j’avais posé très tôt"

Dominique A. Dans le grand silence des campagnes.


L'après-midi est une succession de coups de pédales sous le soleil.

Pédaler, courir l'eau des cimetières, transpirer.

Après ce bivouac inconfortable, et la grosse transpiration, je veux trouver un camping.

Peu de choix. Un petit municipal excellemment placé est fermé pour cause covidienne.

Pas d'autres choix que de faire un bon détour et d'aller à Nevers.

Je serai pile sur l'eurovelo qui suit la Loire jusqu'à Nantes, ça va simplifier l'itinéraire désormais.

Petit tour de la ville à pieds histoire de changer. Nevers est à l'image de l'Allier... on se demande ce que peuvent faire les gens ici, le dimanche en automne hiver.

"Quoi faire ?

Quoi faire ?

Jouer aux p’tites voitures avec mon frangin ?

Ou bien faire une rédac, pour me mettre en avance

Un exo de maths auquel je pigeais que dalle

Ou bien attendre

Attendre, attendre, attendre, attendre"

Charlélie Couture. Quoi faire ?


Terrasse Leffe et compte rendu. La routine quoi 😅.

La terrasse de la brasserie est pas trop mal.

Mes tickets resto que j'ai beaucoup de mal à utiliser vont me payer le dîner.

A la table d'à côté, 2 collègues de boulot échangent au sujet de leurs insomnies. Le stress du boulot, qui permet de s'offrir le stress de la maison à construire, le beau père bricoleur à supporter parce qu'on en a besoin, le crédit de la bagnole... esclavage moderne..."J'ai pas trouvé le sens" Dominique A.

Demain matin, on file sur l'énergie de la puissante Loire 😀.


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Publié le 9 décembre 2020

Premier jour du nouveau départ.

Après une semaine de test bien utile entre Puy de Dôme et Drôme, je suis resté deux jours au camp de base (la maison de la frangine et du beau beau-frère) pour fignoler le vélo et le matériel. Allégement et répartition du chargement différent.

Départ tout tranquille en milieu de matinée.

Une petite boutique de vente plus ou moins directe, je ressors avec du jambon sec, du fromage et du savon de Marseille 😀 . La boite en fer est pile pratique pour ma trousse de toilette. Trop bien.


Celles sur Durolle, les Établissements la Sarraizienne. Ici sont nées les fameuses Méduses, les chaussures en plastiques de notre enfance qui sont maintenant des chinoiseries mode.

Pendant que je prends la photo, une voiture s'arrête. Un monsieur d'origine maghrébine, me demande avec un grand sourire : "vous amenez du courrier ?" 😅. On rigole, je lui explique que je pars en Bretagne. Il me demande ce que je vais manger. Je réponds que je ne sais pas, que ça dépend de ce qu'il va me donner 😄. Il se barre en rigolant.

La route monte doucement vers les Bois noirs. Un pont sous l'autoroute et le souvenir de s'y être abrité d'un gros orage avec un groupe de cyclotouristes que j'encadrais, pas bien fier...

Puis descente le long de la vallée de la Credogne.

Sans savoir pourquoi, les pensées se dirigent vers Yvon Durand, formateur d'éducateurs sportifs hors pair, fraîchement retraité et qui vient de nous quitter brutalement.

Une séance pédagogique avec Yvon était un truc phénoménal. Une compétence à lire, décrire, expliquer et faire appliquer le geste sportif incroyable.

Avec lui on vérifiait qu'il n'est pas nécessaire d'être un bon pratiquant pour apprendre aux autres.

Yvon venait du foot, et pourtant, nous expliquait les gestes de pilotage de vélo bien mieux que le meilleur des pilotes du monde.

Pause casse croûte dans un pré, mini sieste le nez dans les nuages.

Café terrasse PMU réglementaire sur le bord de la nationale à Puy Guillaume.

Pour aller en Bretagne, je vais suivre la Loire jusqu'à la mer. Nicolas, installé dans la région Nantaise doit me rejoindre pour les derniers jours.

Et pour rejoindre la Loire, je suis, à partir d'ici, l'Allier.

Le plat du département Allier commence donc ici. Je n'ai jamais admis que l'Allier fasse parti de l'Auvergne. Pour moi ici c'est la Bourgogne, epicétou.

Un jeune cycliste sportif plein de sang me double en me saluant.

Le chuintement de sa chaîne sèche chiffonne ma maniaquerie mécanique chafouine. ( Répétez 3 fois la phrase le plus rapidement possible 😅)

Un panneau "citoyens vigilants" heurte mon âme de Kalimero. Ces panneaux sont insupportables.

Il y aurait donc les bons citoyens qui vont dénoncer les mauvais. Des milices en soutien aux forces de l'ordre ? Dessein d'une société qui mélange les rôles. Si le voisin se fait cambrioler, bien sûr qu'il faut agir, soit soi-même ou faire appel aux forces de l'ordre. Mais vouloir organiser cela avec des panneaux... Si vous ne l'avez pas vu, je vous conseille le film "Le cas Richard Jewell".

Depuis Puy Guillaume je suis sur une Véloroute: un itinéraire pour vélo que l'on suit à l'aide de panneaux. Bien pratique pour mon arrivée sur Vichy.

L'usine Ligier me fait rire. La Ligier tuning, c'est un peu pour le prolo alcoolique l'équivalent de l'Audi Qmachin pour les golden boys. Un outil de positionnement social chèrement payé dans les deux cas. Si j'ai bien plus de tendresse pour le premier, les deux sont finalement chacun prisonnier de deux systèmes parallèles : la consommation en guise d'expression sociale.

Un magasin m'arrête " cycles'espresso" café et vélo. Super, je vais boire un bon café.

Je rentre, des vélos route de compétition, et de jolis électriques de ville. Une mamie (sûrement l'ancienne génération du magasin) exprime à voix haute ses problèmes avec un fournisseur. Une jeune femme me décroche vite fait un bonjour, bien affairée. Je demande au gars qui est à l'atelier s'il a une pièce que je cherche (un disque de frein). Il n'a pas mais peut l'avoir demain... je lui montre mon vélo chargé, et explique que je suis de passage. La discussion s'arrête là. Vu la chaleur de l'accueil, je sors en regardant d'un œil un peu triste la superbe machine à café... ces magasins de vélos traditionnels sont bien tous pareils. Je ne leur jette pas la pierre, il est très difficile d'assurer un bon accueil et d'assumer la charge de travail en même temps.

Arrivée à Vichy, visite rapide de la ville masquée, achats de victuailles. Bière terrasse et écriture de ce récit. Je décolle maintenant pour suivre l'Allier et chercher un coin pour bivouaquer.

Pause dîner le long de l'Allier.

Ensuite je vais rerouler un peu avant de trouver où dormir.


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Publié le 9 décembre 2020

Une journée comme j'aime, dans la diversité, à l'image d'une société rêvée genre image d'Épinal "Undivided". Il n'est pas (encore...) interdit de rêver.

Réveil, café, petit déjeuner sur mon spot bivouac de folie. La nuit y a été très douce, quelques étoiles filantes pour berceuse, le lever du soleil comme carburant matinal.

Après la visite de la bien mignonne Chapelle de Glavenas (merci JP ), je passe prendre le café chez Greg et Stéphanie à qui je raconte ma vie bien plan plan de ces derniers mois ( 😉).

A partir de là, on fait moins le malin, puisqu'il faut se lancer dans la traversée du triangle de la Burle....

Qui n'a crainte de cette région est fou, mal informé, inconscient ou lyonnais...

Les dizaines de crashs d'avions inexpliqués ne sont que la partie visible de l'iceberg de ce qui se trame ici...

Les forces naturelles ne sont invisibles que pour les esprits cartésiens manquant d'humilité.

Le détour sur le volcan de Queyrières est l'équivalent pour un cyclo-cosmo-telluriste d'un arrêt chez Total pour un automobiliste : un remplissage de réservoir à source énergétique. En direction de Fay-sur-Lignon, la vue de sa majesté le Mont Mézenc me fascine : mélange d'attraction et de peur, comme les belles choses de la vie, celles qui donnent à l'existence la seule raison d'être : se sentir vivant. Se sentir VRAIMENT vivant... par conscience du coté éphémère de la vie.

Une pensée et des bises à Jeanne Lepoix, fraîche maman et mythique unique finisheuse du Tour VTT du triangle de la Burle.

Pause café à Fay, où j'achète des oeufs. Même pas peur de les casser dans les sacoches. Les oeufs m'ont rendu junky, je manque de protéines. Après Fay, je plonge par une très belle vallée inconnue, découverte au dernier moment, vers l'Eyrieux, où je choppe la voie verte. Echouage sur la place du Cheylard où les pressions m'aident à écrire ce petit résumé du jour .Pour le moment, je me sens en vacances à vélo. Demain je "rentre en voyage" vers des émotions plus personnelles et moins facebookables. Des bises.

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Publié le 9 décembre 2020

Une chouette journée. Une montée pour quitter la vallée de la Dore en compagnie de Laurent et une discussion comme toujours passionnante avec ce Monsieur l'Instituteur qui justifierait à lui seul de faire des enfants pour qu'ils soient dans sa classe . Par pitié les bureaucrates, arrêtez de couper l'envie à ces passionnés du service public avec vos décisions et désorganisations déconnectées du terrain.

Une descente sur la vallée de la Loire, où je retrouve Jean Philippe en terrasse d'une crêperie . Ce malin me convainc de sortir de la vallée par une petite route qui monte comme une échelle .En haut, une petite fée de 6 ou 7 ans se fait gardienne d'un bâchat rafraîchissant, et m'évite, d'un ton bien directif, d'oublier mes lunettes après le nettoyage de visage salvateur (des Oakley à 150 balles, merci la Fée 😀 ). Puis notre spécialiste de la beauté alti-ligérienne m'amène dans un petit village posé sur un piton volcanique. L'herbe accueillante entourant l'église qui le surplombe constitue un spot idéal pour passer la nuit, discrètement à l'abri des regards. JP me quitte ici et repart dans sa vallée. Une discussion tranquille avec un ancien, surpris comme souvent que l'on trouve son pays de pierres beau. Il m'explique que les maisons secondaires deviennent principales, le village se repeuple doucement, chouette. La soirée m'offre des adjectifs simples, basiques : beauté, douceur ; les énergies de ce piton semblent apaisantes. Un muret protecteur du vent va m'éviter d'avoir froid sous les étoiles. Un bel endroit de solitude heureuse au milieu des volcans de l'Emblavez. Demain matin, pause café chez le camarade Greg, maître ès roues et amateur d'humour vaseux (je vais bien en profiter ). Puis ensuite, on tire droit à l'est.

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Publié le 9 décembre 2020

Une première semaine de test dans des contrées connues, avant de reprendre la route vers l'inconnu.

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Publié le 9 décembre 2020

Ce matin la lourdeur du climat dès le réveil m'a dissuadé de prendre la route. L'expérience (ce joli mot derrière lequel se cache la maturité... ou la vieillerie... ) permet de sentir les choses et de laisser tomber la vanité, la gloriole, les pressions de l'ego. Bref, d'être (un peu) moins con... La chaleur est une des rares choses face à laquelle je me sens complètement désarmé et n'ai aucune motivation à engager la lutte. (Ha si, y'a les araignées aussi ). Demain il doit faire "mieux" frais comme on dit à Sainté. Et du coup, ça s'annonce tip top. Départ le matin en présence de Marion et François Xavier. Puis rendez-vous pris pour passer au Gîte de la FFvélo boire une bière avec ma vieille branche d'ex collègue Fabrice. Quel meilleur endroit que l'historique maison des cyclotouristes pour boire la première mousse du périple ? Ensuite, dimanche, sur les routes altiligériennes, les roues de Laurent, puis celles de Jean Philippe, devraient tourner aussi lentement que les miennes pour un morceau de route et d'amitiés partagé. Y'a pire comme départ.

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Publié le 9 décembre 2020
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Publié le 9 décembre 2020

J-1 avant la fin de mon CDD chez Increvable. Ne pas se dégonfler, remplir ses poumons d'oxygène, profiter de cette période transitoire de liberté intense, hisser la voile, se laisser porter par les forces naturelles, tenir le guidon fermement mais avec la souplesse nécessaire pour suivre un chemin non tracé...

Ce weekend je quitte le bassin stéphanois. Tourner la page d'une quinzaine de belles années. Calée entre ses trois massifs : Forez, Lyonnais, Pilat, l'ambiance chaleureuse de la cité aux 7 collines restera à jamais gravée dans mon coeur.

Parce que la folie des agglomérations urbaines du 21è siècle m'est impossible à supporter, je pars.

Parce que la vie m'a obligé à quitter La Palle, ce lieu socle qui m'a profondément transformé, je pars.

Parce que la présence trop imposante de l'automobile dans cette région administrée par des politiques du 20ès, je pars.

Parce que l'herbe est toujours plus verte ailleurs, je pars.

Parce qu'ici j'ai découvert que je n'y trouverai jamais l'épanouissement optimal, je pars.

Parce que les choix assumés de quête de liberté me permettent aujourd'hui d'aller chercher l'essentiel, je pars.

Parce que fuir la facilité, assumer ses convictions, parfois la peur au ventre, regarder devant sans s'accrocher au confort du connu, je pars.

Parce que "Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle", je pars.

Je pars, en sachant que je repasserai avec plaisir, dans cette région où jamais je ne me suis senti étranger. Les tenanciers de la Friterie auront probablement pris leur retraite ; les aménagements cyclables seront certainement encore mal conçus ; les tarifs des cocktails dévergondés du Vol de nuit seront peut-être toujours aussi bas ; le mouvement de paupérisation du centre ville aura peut-être cessé ; l'archaïque projet du Steel aura peut-être laissé place à la gare de la nouvelle liaison ferroviaire à haute fréquence Sainté-Lyon (!?) ; la Jasserie sera gérée par la quatrième génération ; les stéphanois auront enfin eu la curiosité de monter à Pierre sur Haute, cette merveille qu'ils ont quotidiennement sous les yeux sans le savoir ; Le Fil, le Clapier, la Tawa, Ursaminor, le Foreztival, Radiodio auront survécu à la déflagration covidesque ; La Maison Solidaire aura fermé ses portes comme prévu en décembre et aura vaillamment fait tout ce qu'il était possible de faire ; la transpiration des mineurs et ouvriers n'aura pas cessé de donner à cette ville son odeur authentiquement crasse, sensuellement brute ; la chapelle Saint Sabin et la force du cosmo-tellurisme à laquelle elle m'a initiée sera toujours vaillante. Je prends la route et m'offre une parenthèse de liberté avec envie de découvertes, de rencontres, de yeux grands ouverts, de retour à l'essentiel, de ressentir des émotions, de sentir le sang couler dans les veines. Je pars, pour ensuite me poser dans un lieu à haute fréquence vibratoire, probablement pas bien loin, Inchalah.

Roule, tes souvenirs sont devant !!!