Carnet de voyage

Sur la route à vélo. 2020

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Voyage à vélo en France.
Septembre 2020
25 semaines
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19

Départ 9h15. Guillaume m'accompagne quelques kilomètres pour me faire sortir de Concarneau par une coulée verte. Merci, et saluts réciproques.

Envie d'enfiler les kilomètres aujourd'hui.

Quimper arrive un peu avant midi. Visite rapide, ville bien jolie. Un chanteur guitariste-voyageur à vélo a une très belle voie ; la sortie de la messe à la cathédrale au son de la cornemuse, ça claque.

Je choppe une voie verte qui file vers Douarnenez. C'est une ancienne voie ferrée: tout droit, revêtement de stabilisé bien lisse, ça envoie du steack sur les pédales, bien bon.

Douarnenez est déjà là. Je cherche une jolie ville... C'est un port authentique. Beauté pas jolie mais sensorielle.

Gros casse croûte de boulangerie : sandwich, pizza, gâteau breton.

Le début d'après-midi est plus difficile à cause de la digestion.

Ici il y a un peu d'agriculture intensive. Je longe d'immenses hangars à poulets qui me rappellent les nuits ramassages de poulets pour gagner 3 sous quand j'étais étudiant avec Fredo et People Jack 😉.

Arrêt café dans une brasserie branchouille au milieu de rien.

Puis je reroule en direction de la pointe du Van. Très joli morceau de bout du monde. Une chapelle, des falaises face à l'infini.

Chouette discussion en anglais avec un couple de hollandais qui ont deux superbes teckels à poil dur. Ma selle interpelle encore...

Direction la pointe du Raz, en passant par la belle baie des Trépassés et son alignement de fourgons de surfeurs.

La pointe du Raz, un emblème, passage obligé. Mais comme tous ces endroits touristiques : parkings, commerces de chinoiseries, restaus à touristes, aménagements piétons, l'accueil du monde de Babylone.

Toutefois le pôle touristique est en retrait de la pointe, celle ci est sauvegardée.

Je suis bien content d'être à vélo car l'aller l'aller-retour à pieds est assez long.

Installation dans un camping municipal à quelques kilomètres. Grosse envie d'aller au resto pour des moules frites, mais il n'y a rien ici. Soirée camping et repas avec le fond du sac à bouffe. Heureusement j'avais acheté une boîte de sardines "SNSM" à Douarnenez.

Puis gros dilemme : manger ce soir le dernier morceau de chocolat tant que je suis certain d'être vivant, ou le garder pour le café de demain matin, au risque de mourir cette nuit...? Finalement le morceau est assez grand pour en faire deux.

Fin de journée. Corps bien fatigué. Une centaine de bornes environ, avec la lourdeur de mon chargement, ça commence à faire.

Demain direction Crozon, à la grâce de Jah 😉

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Vendredi, journée glandouille de transition tranquille.

Je quitte le camping tard après avoir installé mes nouvelles sacoches, fier comme un bar tabac. Mon vélo est beau et c'est bien plus pratique.

Je longe la côte, doucement, entre arrêt café, arrêt sandwich, arrêt café, arrêt café.

La veste de pluie est de sortie pour la première fois. Un grain gentil qui ne m'inquiète pas jusqu'à ce qu'un ado croisé à vélo avec son skate dans le dos me lance un "bonne chance" suspect...

Une chasse à la cartouche de gaz me fait visiter 3 supermarchés. Je ne finis pas bredouille, mais chargé d'une cartouche un peu grande qu'il faut transporter. Bon réflexe toutefois, la cartouche actuelle n'aurait pas suffit à cuire le riz.

Camping familial sympathique et quasi vide. Installation sous un ciel redevenu clément. Virée apéro au village à 3 kms. Juste un PMU en fin de service qui me file une Leffe, c'est morne plaine ici.

Dîner, musique, dodo.


Samedi réveil peinard et début de journée routinier. Le doux bruit de la cafetière italienne, vaisselle, brossage de dents, rangement du barda... 2 heures à chaque fois, le plaisir de la non rentabilité.

Ce soir je fais étape à Concarneau chez Guillaume, ancien camarade de lycée d'Amiens. Plus de 20 ans que l'on ne s'est pas vu.

Je rejoins la côte. Des petits ports de pêche authentiques et des marins pêcheurs. Ces gars doivent être rudes. On ressent le danger, la dureté des agressions du corps par l'air marin et l'eau, la crasse des bateaux, l'instabilité constante de l'ambarcation, les odeurs de gasoil, de poissons, d'océan qui pu.

La pluie arrive crescendo. Encore en chemise, arrêt café sur une terrasse abritée. Avant de repartir, un arrêt de bus abrite la séance d'enfilage de veste de pluie, pantalon de pluie et couvre chaussures.

J'aime rouler sous la pluie.

Quand l'équipement devient cocon, le regard des automobilistes incrédule. Cette sensation d'être décalé, la prétention intérieure de vivre plus, plus fort, de ressentir les forces naturelles, de "faire avec" un désagrément qui peut devenir un petit bonheur.

Arrêt boulangerie dans une petite ville pour le casse-croûte. Les gens tirent la tronche à cause du temps... ba alors, c'est quoi ces bretons qui craignent la pluie ???

La boulangère est bien attentionnée et fait chauffer le morceau de pizza. Avalé sur la place de l'église (il ne pleut plus), quel bonheur de manger chaud. Café dans un bar où l'ambiance n'est pas très sympa, le serveur a l'air d'en avoir raz le bol de devoir demander au gens de mettre ce putain de masque. C'est dingue de leur coller la responsabilité de gérer ça et de risquer une amende alors que la responsabilité est celle du client.

Concarneau en vue. J'y accède au feeling, sans trop savoir où aller. Bonne pioche, j'arrive par un petit port où un bateau navette permet d'accéder à la ville close, un quartier ile fortifié.

Guillaume me rejoint, on va prendre un verre puis gagnons sa maison où l'on retrouve son fils Raphaël. Soirée tranquille bien sympa.

Planification du lendemain : après ces journées de grosse glandouille, et la météo qui annonce du mauvais dans 3 jours, il faudrait que j'avance.

Objectif, pointe du Raz demain soir.


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Publié le 17 septembre 2020

Début d'après-midi, je quitte Carnac après le café dans un bar où l'on ressent le niveau d'alcoolisme de la région.

Après-midi d'une fluidité jouissive, tout s'enchaîne bien, sans trop réfléchir, instant après instant.

- Une Véloroute longe la côte, le long de plages magnifiques. Spot de surf apparemment, le deuxième café au Sunset les pieds dans le sable met dans l'ambiance. Les jolies filles bronzées à vélo aussi.

- Point camping: ca semble compliqué dans le coin, mais à Port Louis il doit y avoir moyen de traverser pour Lorient.

- Port Louis, visite rapide de la ville. Discussion rapide avec des gars en terrasse qui me demandent si mon vélo est électrique. Ils me mettent sur la route du bateau.

- Arrivé au port pile en même temps que le bateau navette, super fluide. Traversée sympa, les autres passagers sont comme les citadins dans un tramway, c'est exotique.

- Lorient, je passe devant une boutique de vélo, mais ils n'ont pas ce que je cherche (sacoches de cadre, la mienne va lâcher). Ils m'indique un Velostation. Facilement trouvé, celui-ci est très bien tenu, du stock, super accueil. Brice le jeune employé est épaté par mon vélo et très curieux de ma selle. Je lui fait la réclame pour Salamandre. Je repars avec une sacoche de cadre et une top tube qui vont me faciliter la vie. Très chouette de voir un magasin avec une telle ambiance. Sympathique et professionnelle.

- Je file vers le camping très facilement grâce aux pistes cyclables.

Camping où pas mal de gens sont ici à long terme. Mickey tient un foodtruck où les gens se retrouvent et j'y prends un burger frites avant d'aller au lit.

- Demain gros objectif : trouver une Poste pour renvoyer le gros bouquin que je traîne pour rien à ma frangine. J'ai déjà lu les deux premières pages pour la troisième fois 😅. Et il me faut trouver du PQ pour ne pas être tenté de déchirer des pages demain matin....

Tchusss !!!!



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Arrivé vers 23h à Locmariaquer, j'ai trouvé un lieu de Bivouac pas si pire. Il a fait chaud et lourd mercredi et j'étais poisseux. Nanotoilette avec le fond du bidon et le miraculeux bicarbonate de sodium qui fait des miracles odorants. Nuit à la belle, à l'arrache sans matelas par peur de le percer sur les épines. Bien dormi malgré quelques bruits de sabots pas rassurants (sangliers? On a beau dire, ça met mal à l'aise même si c'est sans raison valable).

Camp levé avant le lever du jour. La discrétion est de mise, je suis au milieu de belles propriétés ( un beau lotissement quoi 😀 ).

Direction l'océan et un tumulus. Spot de petit déjeuner mémorable.

Visite du Bled et d'un très beau tumulus en accès libre situé en son cœur. Il a été très bien restauré. On y entre debout. Arrivé dans la chambre funéraire, ma torche éclaire un... masque chirurgical 😭. J'ose espérer une inattention.

Je ttttrrrrraaaaiiiinnnnneeee ensuite jusqu'à 10h et l'ouverture du site de la Table des marchands. Un tumulus, un menhir cassé (le plus grand d'Europe), et un dolmen. Très beau. L'aménagement touristique indispensable supprime la relation intime, mais il n'y a pas bien de solution, même si chacun aimerait avoir ces vigies du temps pour soi.

Direction Carnac. À la Trinité une mamie avec son vieux vélo de commissions s'extasie devant la beauté de mes sacoches. Elles n'arrive pas à en trouver par ici. Une jolie discussion s'engage et se termine par un Inchalah réciproque, je ne sais même plus pourquoi 😀.

Sandwich touristique devant le port, et je file.

Arrivé vers 13h à Carnac. J'en ai vraiment raz le bol de la chaleur. Presque un mois que je crame, rêves d'altitude et de forêts denses....

Je me pose un peu énervé dans un camping et glandouille à l'ombre en écoutant de la musique.

Fin d'après-midi direction le village pour tenter de trouver un coiffeur. Affaire pliée en une demi-heure, impeccable. Mes cheveux arrêteront de friser affreusement.

L'église est très belle. Quelques courses à Lidl faute de mieux et direction les alignements pour profiter de la lumière de fin de journée. Zut, en septembre les barrières sont encore fermées, on ne peut pas entrer. Mais les clôtures sont basses et laissent le champ des yeux libres.

Olives pimentées avalées devant ces étranges pierres levées qui gardent encore beaucoup de mystères pour nous autres modestes rampants terrestres.

Retour camping, dîner, dodo.

Jeudi matin réveil tardif sans savoir ce que je vais faire : rester encore une nuit ou reprendre la route.

2 cafés plus tard tout est décidé : revisite lente des alignements puis direction Lorient. Matos et bonhomme rechargé, c'est parti.

Des visites avec guides permettent d'accéder aux alignements, mais le port du masque est obligatoire... Moi vivant, je ne participerai pas à cette masque-arade devant ces vestiges de l'humanité.

Les alignements sont quand même impressionnants d'étendue. La route les longe, le vélo est l'outil de déplacement parfait. C'est très beau, mais il me manque un peu de proximité avec ces cailloux...

Tout au bout, un petit alignement accessible par un sentier monotrace est indiqué par un vieux panneau en bois. Loin des parkings, peu visible et nécessitant un peu d'efforts, il n'est pas clôturé !!! La récompense 😀. Je prends bien mon temps, m'assois et écris ce que vous venez de lire (et je vous remercie de cet effort...)

Les mégalithes, une belle métaphore de l'inutilité indispensable de l'effort, de l'échelle du temps, de la patience, de l'énergie retransmise quand ça ne va pas fort.


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Publié le 15 septembre 2020

Jean-Philippe m'a fait justement remarquer qu'avant d'aller à Carnac, un tour à Locmariaquer pouvait être intéressant.

Vers 20h30 je décide de prendre la route pour cette direction.

Sauf qu'un bruit de musique live interpelle mes oreilles.

Dans un bar, un groupe joue de la musique irlandaise.

Et paf je m'y gare.

Les premières larmes du voyage coulent en écoutant ces sons joyeux qui prennent les tripes.

Et soudain une question étrange : si ces gens ancrés ici me demande d'où je viens, que répondre ?

Ch'timi ? Bourguignon ? Franc comtois ? Picard ? Auvergnat ? Stéphanois ? Forézien ?

Citoyen du monde me plaît, mais ça fait bien pompeux !

Forézien me semble adapté: les attaches granitiques coté Est sont présentes, et l'avenir est à l'Ouest du massif.

Et vu que personne ne sait où est le Forez, ça engagera la conversation !

22h20, les mégalithes sont devant, profitons de la chaleur qui me saoule la journée pour allonger le soir.

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Publié le 15 septembre 2020

Un compte compte-rendu sur le pouce, attablé au joli port d'Auray.

Une petite galette au jambon avalée, deux bonnes bières ambrées.

Mon plan camping proche étant fermé, je m'apprête à reprendre la route en direction des mégalithes de Locmariaquer, et voir ce que la vie va m'offrir pour me poser pour la nuit.

Les souvenirs du jour:

- le voisin camping-cariste du camping me raconte ses déboires : il a abîmé l'aile droite sur un bac à fleurs, et la veille, la roue arrière du VAE accroché derrière en reculant. Il est ch'timi, donc par solidarité chauvine, je jette un œil à la roue, qui est bonne à jeter... compliqué la vie de camping-caristes retraités en 2020. Les difficultés se chiffrent en milliers d'euros de dépenses, quelle vie de merde....

- au départ bien motivé pour enquiller les bornes, mon corps est au ralenti heureux ce matin, ce qui me rassure. Quand la tête veut accélérer, ce sont les cellules qui disent "calmos". Le ralentissement s'accélère et m'envahi corps et âme 😀.

- Une tong est esseulée au milieu d'une piste cyclable. J'ai déjà perdu une tong. Je compatis avec le propriétaire de son pied compagnon.

- Les camping-caristes nous pètent les noix dans les coins touristiques. Ils prennent toute la place ces gros beaufs avec leurs retraites trop importantes qui génèrent de l'ennui et le besoin de consommer. Va de retro campings caros.

- Une superbe petite chapelle dans un hameau. J'adore ces découvertes inattendues loin de la foule.

- Vannes, très jolie vieille ville. Cathédrale qui se distingue. On ne peut pas s'y envoûter car il n'y a pas d'allées latérales, sauf autour du coeur. Orgues et leurs horloge magnifiques.

- Je tire des bouts de routes efficaces mais pas aménagés pour le vélo. Malgré tout, les portions dangereuses en périphérie ne le sont pas grâce au comportement des automobilistes. C'est très agréable et rassurant quand à l'espèce humaine.

- Bière à l'heure de l'apéro au charmant port d'Auray. La jolie serveuse tatouée avec goût renverse de la bière sur moi. Elle s'excuse gentiment en me glissant doucement un : "je vous ai béni ". Je sens que la Bretagne va me plaire...😅


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Après deux jours de farniente chez Nicolas et Karina, notamment sous le soleil de Pornic, je reprends gentiment la route.

Pour monter en Bretagne, le plus direct est de passer le pont de St Nazaire, qui n'est pas bien engageant à vélo. "J'y crains" un peu comme on dit dans certaines régions.

Finalement c'est le moment parfait pour passer : jour sans vent, milieu de matinée, et voie de droite fermée pour les bagnoles. C'est parfait, les véhicules à moteur sont loins.

Au pied du pont je rencontre Jean Jacques, voyageur à vélo. Il monte également vers St Nazaire. On roule ensemble, et on se pose en terrasse pour un café en ville. Une chouette discussion comme je les aime avec les gens rencontrés sur la route. Échanges courts mais riches, à bâtons rompus, où l'on ne craint ni d'être jugé, ni de blesser, ni de dire un truc que l'on pourrait regretter. Pas d'enjeux dans ce type d'échanges, une grande liberté à s'exprimer.

Les voyageurs et voyageuses à vélo ont tous leur personnalité, mais il y a des traits communs, un rythme, une vision un peu décalée du fourmillement carboné du monde dit moderne. Les regards sont intenses, les mots choisis, les gestes effectués dans une économie d'énergie.

Et si nous étions les pionniers et pionnières de la société de la sobriété qui nous attend ?

Si tel est le cas, les sourires des voyageurs à vélo sont rassurants pour le bonheur à venir 🙂.

Après avoir quitté Jean Jacques, je choppe un sandwich et vais me poser à l'ombre d'un arbre au Jardin des plantes.

Cette chaleur m'ôte toute motivation à avancer.

Je me fixe comme fin d'étape Guérande. Étape bien courte donc, mais je ne suis pas pressé.

Mon parcours suit la Vélocean. Une Véloroute dont les panneaux ne sont pas bien faciles à suivre, mais qui a l'avantage d'exister. Le smartphone et mon appli de navigation sont régulièrement de sortie.

Les véloroutes sont ici un bel exemple du millefeuille administratif du pays... entre les projets européens, français, régionaux, ou des collectivités locales, on a parfois du mal à suivre et à trouver les infos.

Mais on ne va pas se plaindre 😉... mais quand même un peu 😅.

Un Tumulus est annoncé en visu !!! Il a l'air très intéressant, mais clôturé, la visite n'est possible qu'en saison. Dommage.

Passage le long des plages de La Baule, bel exemple du monde de Babylone des rastafaris.😉

L'arrivée à Guérande se fait par une zone commerciale de périphérie. Pas génial, mais une biocoop remplie mes sacoches, me voilà rassuré 🤗.

Visite de la vieille ville fortifiée bien jolie. Je retrouve avec bonheur le granit qui me manque depuis que j'ai quitté l'Auvergne.

Pause bière du jour. Une ambrée dont le goût fait ressortir ce goût d'IPA qui se multiplie presque aussi vite que la Renouée du Japon... ça me gonfle, j'aime pas ce goût à la mode. 😉

Direction le camping en longeant les marais salants. Quelques belles vues.

Les routes sont étroites mais globalement les automobilistes sont très respectueux des cyclistes, ça fait vraiment plaisir par rapport à d'autres régions.

Réfugié très tôt sous la tente pour cause de moustiques virulents, l'objectif prochain tombe comme une évidence en étudiant la carte : Carnac !!!

Si la chaleur ne gâche pas le plan, j'y serais demain soir. Une étape de deux nuits est envisagée pour bien profiter du lieu mythique.

En attendant, un peu de musique va m'aider à rejoindre Morphée en couvrant les bruits de téléviseurs des voisins camping-caristes...la joie des campings 🙄, mais pour le moment, la douche est bien appréciable après les journées de pédalage sous le cagnard, le camping sauvage sera pour plus tard.

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Publié le 11 septembre 2020

2 jours en compagnie de Nicolas que j'ai récupéré à la gare d'Angers.

Des pause-café, restaus, une étape en ville, un bac sauveur pour traverser la Loire suite à une erreur de parcours à Nantes, une discussion avec des zadistes (zad du Carnet) entre barrages de gendarmes où j'ai bien envie d'aller faire traîner ma curiosité, et l'arrivée à la mer 😀.

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Publié le 9 septembre 2020

Peu d'inspiration à écrire, et des rencontres et morceaux de routes échangés qui m'ont tenus éloignés du téléphone.


Quelques photos et commentaires.

La chasse d'eau la plus dangereuse de France
St Florent: première étape de ma vie de voyageur à vélo en Corse
Cathédrale d'Orléans
Château d'Amboise
Le vélo de Stéphane, sur les routes depuis 3 ans, collègue du bar du camping.
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Publié le 5 septembre 2020

Une étape courte, sans grande inspiration.

La nuit a été bien bonne après mon premier cours d'harmonica en nocturne au bord du fleuve (merci la 4G et les vidéos). Le camping municipal, est comme presque toujours, très bien et pas cher.

Belle promenade cyclotouriste. Le parcours du moment, je l'ai déjà effectué il y a 3 ans lors de ma montée au Mont St Michel. Gros avantage de ne pas avoir de mémoire, je découvre tout comme au premier jour 😅.

Un départ peinard vers 9h30 sous un ciel un peu nuageux, une belle pause terrasse café vers 11h pendant le seul moment ensoleillé de la journée.

A midi, casse croûte, séchage de la lessive d'hier, un peu d'harmonica, un "au clair de la lune" arrive à sortir, non sans mal. Demain je tente le riff mythique de "Smoke on the water". J'adore le son de cet instrument !

Juste avant de passer devant la centrale nucléaire de Belleville (ni pour ni contre, bien au contraire...), une discussion sympa avec une cyclote expérimentée retraitée du coin, qui roule en tricycle suite à un AVC.

À Briare, le pont canal est toujours impressionnant. Le PMU du centre ville sert un café de... PMU... 🙄😅. Mais c'est loin des plans à touristes, et c'est là qu'on ressent l'ambiance des icissiens. La façade de l'église présente de jolies peintures.

Je pousse jusqu'à Gien, la ville a l'air assez sympa. Après m'être installé et douché au camping, apéro sur une petite place.

Un habitué du bar expose fièrement 2 voitures anciennes, dont une Cadillac. Je me lève pour voir le moteur (il vient de soulever le capot). Un V8 énorme qui tourne comme une horloge. Le gars me dit qu'elle est de 1976. Mon année de naissance 😀.

Kebab (très bon) sur un banc devant le mini concert de chanson française qui clôture la journée de "Brocante et vintage".

La journée se termine comme elle a commencée... doucement...

Petit point kilométrage : il faut quand même que j'accélère un poil le rythme pour être ponctuel au rendez vous avec Nicolas. C'est un des avantages de la lenteur, ça laisse la possibilité d'accélérer si besoin 😅.

Bises,


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RALENTIR...

Après la très courte nuit suivie d'une grosse journée hier, je suis tombé comme une masse en écoutant un peu de musique. Sommeil profond, réveil en douceur sans réveil vers 6h30, je traîne au lit jusqu'à 7h. Grasse mat'.

Hier Nico m'a donné mon prochain rendez-vous. Jeudi matin à Angers. Environ 400 bornes à faire en 6 jours. Programme plus que peinard. Je ne le sais pas encore, mais ce sera le thème du récit du jour...

La tente est un peu humide, je prends bien mon temps pour laisser le temps au soleil de sortir.

Café avec la cafetière italienne, petit déj protéiné, rangement très lent... Les autres cyclistes du camping ne sont pas plus rapides que moi. C'est fou le temps que prend le rangement journalier du matos.

Petit bricolage obligatoire sur une sacoche. Le nouveau système de fixation de mes nouvelles sacoches est moins bien que l'ancien. C'était mieux avant 😅.


Vers 9h30 je démarre doucement, en suivant les canaux du sud de Nevers.

La stèle à l'endroit du suicide de Bérégovoy le nomme "Juste". Ha bon, il a pas d'prénom ? 😅


10h, premier arrêt café à la terrasse d'une guinguette sympa au bord du canal. Un bon café, des canards nourris par la patronne.


Jusqu'à midi, roulage le long des canaux... je me dis qu'il n'y aura pas de récit aujourd'hui, par manque de choses à raconter.

Casse croûte à l'ombre, des bateaux de plaisance font la pause en attendant le passage d'une écluse.

Je repars tranquillement, puis la journée bascule doucement.


Je retrouve enfin la Loire au détour d'un de ses beaux virages.

Après les canaux artificiels, dirigés par la main de l'homme, sages par nature, canalisés à la naissance, la Loire exprime d'emblée sa nature sauvage, sa force changeante, fascinante, aimantante, insondable, imprévisible...

J'avais déjà écrit son évident caractère féminin...je confirme....

Je roule tranquille au rythme de son débit de période de sécheresse, et le thème du jour me vient comme une évidence : RALENTIR.

C'est en effet la condition indispensable de la viabilité de la vie future qu'il me faut mettre en place.

La décision de ce voyage, je l'ai prise après avoir vu un documentaire très touchant de deux jeunes : "Foutus pour foutus" (encore une fois merci JP 😉).

Un voyage en quête de " tout à (re)construire".

Depuis, un bon bout de chemin s'est fait, et je sais où je veux et dois aller.

Mais cela ne sera viable que si j'arrive, comme d'autres précurseurs (médiatiques ou de l'entourage), à appliquer l'indispensable ralentissement. Ralentir pour consommer moins, pour se permettre de gagner moins d'argent, pour gagner de la liberté, de la joie de vivre, du sens à sa vie.

J'ai laissé tombé l'espoir de croire à un ralentissement de la société. Hormis au niveau local, il y a trop d'enjeux au niveaux national et international que nous ne maîtrisons pas pour espérer un changement.

Jouons local notre bien-être et notre joie de vivre.


Des bateaux au rythme lent image cette réflexion, garés en attendant les prochains touristes.

Deux cyclistes arrivent. Des hollandais, un gars de la soixantaine environ et son papa.

La discussion s'engage. A peine prononcé Saint etienne, la magie de ce passeport à la notoriété internationale opère, elle me manquera : les matchs gagnés contre le PSV, Rocheteau, le pas très sport Giresse (?) Etc...

Il m'explique en détail leurs vacances...puis je suis sauvé par le spectacle d'un balbuzard pêcheur en pleine pêche. Superbe.

Un café à La charité sur Loire où un participant à une discussion de comptoir se fait expliquer que non, ce ne sont pas les vegans qui tuent des chevaux en ce moment pour empêcher qu'on les mange 😅.

15 kms plus loin, Pouilly, une très belle boulangerie, un petit casino pour des fruits et légumes, et une terrasse de PMU...écriture.

Le camping municipal est la prochaine destination du jour... lentement...

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8
Publié le 3 septembre 2020

Une journée à pédaler 🥵


Très peu dormi : le spot de bivouac était très mal choisi. Des fêtards jusqu'à 2h, des pêcheurs à 4h...

Décollage à 4h45. Drôle de sentiment de vagabondage nocturne inconfortable et esseulé.

St pourçain sur sioule 7H. Pain chocolat à la boulangerie. 2 grands cafés et un peu de vie sociale au PMU.

Puis je roule, je roule, je roule dans l'Allier....

Je savais que cette journée ne serait pas grandiose. Ça se confirme 😉.

Le matin, quelques belles pierres sauvent la mise.

A midi à Moulin, je prends le temps de visiter la cathédrale.

Hhaaa les cathédrales 😍. Depuis mes 10 années de vie amiénoise, je suis amoureux de ces bâtiments incroyables. Pendant la période festive amiénoise, il m'arrivait de m'échapper un moment des bars pour faire le tour de la cathédrale, seul, et d'en apprécier la puissance sous les lumières nocturnes.

Désormais j'y trouve de l'énergie. Se laisser "envoûter" en passant dans les allées voûtées latérales. Passer derrière le coeur où l'énergie se concentre. Toucher du coeur le Sacré, même sans croire aux discours religieux.

Contempler le travail incroyable des concepteurs et ouvriers. L'énergie de travail déployée pour bâtir ce qu'aujourd'hui on pourrait trouver inutile...

Puis je roule, je roule, je roule.

Pause casse croûte vers 14h, à côté d'une caisse en métal qui fait office de boulangerie et qui me livre une baguette, sans bonjour, ni merci, ni au revoir, ni sourire.


"Dans le grand silence des campagnes....

Je m’avance au-devant des pièges

Qu’enfant j’avais posé très tôt"

Dominique A. Dans le grand silence des campagnes.


L'après-midi est une succession de coups de pédales sous le soleil.

Pédaler, courir l'eau des cimetières, transpirer.

Après ce bivouac inconfortable, et la grosse transpiration, je veux trouver un camping.

Peu de choix. Un petit municipal excellemment placé est fermé pour cause covidienne.

Pas d'autres choix que de faire un bon détour et d'aller à Nevers.

Je serai pile sur l'eurovelo qui suit la Loire jusqu'à Nantes, ça va simplifier l'itinéraire désormais.

Petit tour de la ville à pieds histoire de changer. Nevers est à l'image de l'Allier... on se demande ce que peuvent faire les gens ici, le dimanche en automne hiver.

"Quoi faire ?

Quoi faire ?

Jouer aux p’tites voitures avec mon frangin ?

Ou bien faire une rédac, pour me mettre en avance

Un exo de maths auquel je pigeais que dalle

Ou bien attendre

Attendre, attendre, attendre, attendre"

Charlélie Couture. Quoi faire ?


Terrasse Leffe et compte rendu. La routine quoi 😅.

La terrasse de la brasserie est pas trop mal.

Mes tickets resto que j'ai beaucoup de mal à utiliser vont me payer le dîner.

A la table d'à côté, 2 collègues de boulot échangent au sujet de leurs insomnies. Le stress du boulot, qui permet de s'offrir le stress de la maison à construire, le beau père bricoleur à supporter parce qu'on en a besoin, le crédit de la bagnole... esclavage moderne..."J'ai pas trouvé le sens" Dominique A.

Demain matin, on file sur l'énergie de la puissante Loire 😀.


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Publié le 2 septembre 2020

Premier jour du nouveau départ.

Après une semaine de test bien utile entre Puy de Dôme et Drôme, je suis resté deux jours au camp de base (la maison de la frangine et du beau beau-frère) pour fignoler le vélo et le matériel. Allégement et répartition du chargement différent.

Départ tout tranquille en milieu de matinée.

Une petite boutique de vente plus ou moins directe, je ressors avec du jambon sec, du fromage et du savon de Marseille 😀 . La boite en fer est pile pratique pour ma trousse de toilette. Trop bien.


Celles sur Durolle, les Établissements la Sarraizienne. Ici sont nées les fameuses Méduses, les chaussures en plastiques de notre enfance qui sont maintenant des chinoiseries mode.

Pendant que je prends la photo, une voiture s'arrête. Un monsieur d'origine maghrébine, me demande avec un grand sourire : "vous amenez du courrier ?" 😅. On rigole, je lui explique que je pars en Bretagne. Il me demande ce que je vais manger. Je réponds que je ne sais pas, que ça dépend de ce qu'il va me donner 😄. Il se barre en rigolant.

La route monte doucement vers les Bois noirs. Un pont sous l'autoroute et le souvenir de s'y être abrité d'un gros orage avec un groupe de cyclotouristes que j'encadrais, pas bien fier...

Puis descente le long de la vallée de la Credogne.

Sans savoir pourquoi, les pensées se dirigent vers Yvon Durand, formateur d'éducateurs sportifs hors pair, fraîchement retraité et qui vient de nous quitter brutalement.

Une séance pédagogique avec Yvon était un truc phénoménal. Une compétence à lire, décrire, expliquer et faire appliquer le geste sportif incroyable.

Avec lui on vérifiait qu'il n'est pas nécessaire d'être un bon pratiquant pour apprendre aux autres.

Yvon venait du foot, et pourtant, nous expliquait les gestes de pilotage de vélo bien mieux que le meilleur des pilotes du monde.

Pause casse croûte dans un pré, mini sieste le nez dans les nuages.

Café terrasse PMU réglementaire sur le bord de la nationale à Puy Guillaume.

Pour aller en Bretagne, je vais suivre la Loire jusqu'à la mer. Nicolas, installé dans la région Nantaise doit me rejoindre pour les derniers jours.

Et pour rejoindre la Loire, je suis, à partir d'ici, l'Allier.

Le plat du département Allier commence donc ici. Je n'ai jamais admis que l'Allier fasse parti de l'Auvergne. Pour moi ici c'est la Bourgogne, epicétou.

Un jeune cycliste sportif plein de sang me double en me saluant.

Le chuintement de sa chaîne sèche chiffonne ma maniaquerie mécanique chafouine. ( Répétez 3 fois la phrase le plus rapidement possible 😅)

Un panneau "citoyens vigilants" heurte Mon âme de Kalimero. Ces panneaux sont insupportables.

Il y aurait donc les bons citoyens qui vont dénoncer les mauvais. Des milices en soutien aux forces de l'ordre ? Dessein d'une société qui mélange les rôles. Si le voisin se fait cambrioler, bien sûr qu'il faut agir, soit soi-même ou faire appel aux forces de l'ordre. Mais vouloir organiser cela avec des panneaux... Si vous ne l'avez pas vu, je vous conseille le film "Le cas Richard Jewell".

Depuis Puy Guillaume je suis sur une Véloroute: un itinéraire pour vélo que l'on suit à l'aide de panneaux. Bien pratique pour mon arrivée sur Vichy.

L'usine Ligier me fait rire. La Ligier tuning, c'est un peu pour le prolo alcoolique l'équivalent de l'Audi Qmachin pour les golden boys. Un outil de positionnement social chèrement payé dans les deux cas. Si j'ai bien plus de tendresse pour le premier, les deux sont finalement chacun prisonnier de deux systèmes parallèles : la consommation en guise d'expression sociale.

Un magasin m'arrête " cycles'espresso" café et vélo. Super, je vais boire un bon café.

Je rentre, des vélos route de compétition, et de jolis électriques de ville. Une mamie (sûrement l'ancienne génération du magasin) exprime à voix haute ses problèmes avec un fournisseur. Une jeune femme me décroche vite fait un bonjour, bien affairée. Je demande au gars qui est à l'atelier s'il a une pièce que je cherche (un disque de frein). Il n'a pas mais peut l'avoir demain... je lui montre mon vélo chargé, et explique que je suis de passage. La discussion s'arrête là. Vu la chaleur de l'accueil, je sors en regardant d'un œil un peu triste la superbe machine à café... ces magasins de vélos traditionnels sont bien tous pareils. Je ne leur jette pas la pierre, il est très difficile d'assurer un bon accueil et d'assumer la charge de travail en même temps.

Arrivée à Vichy, visite rapide de la ville masquée, achats de victuailles. Bière terrasse et écriture de ce récit. Je décolle maintenant pour suivre l'Allier et chercher un coin pour bivouaquer.

Pause dîner le long de l'Allier.

Ensuite je vais rerouler un peu avant de trouver où dormir.


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Publié le 1er septembre 2020

Une journée comme j'aime, dans la diversité, à l'image d'une société rêvée genre image d'Épinal "Undivided". Il n'est pas (encore...) interdit de rêver.

Réveil, café, petit déjeuner sur mon spot bivouac de folie. La nuit y a été très douce, quelques étoiles filantes pour berceuse, le lever du soleil comme carburant matinal.

Après la visite de la bien mignonne Chapelle de Glavenas (merci JP ), je passe prendre le café chez Greg et Stéphanie à qui je raconte ma vie bien plan plan de ces derniers mois ( 😉).

A partir de là, on fait moins le malin, puisqu'il faut se lancer dans la traversée du triangle de la Burle....

Qui n'a crainte de cette région est fou, mal informé, inconscient ou lyonnais...

Les dizaines de crashs d'avions inexpliqués ne sont que la partie visible de l'iceberg de ce qui se trame ici...

Les forces naturelles ne sont invisibles que pour les esprits cartésiens manquant d'humilité.

Le détour sur le volcan de Queyrières est l'équivalent pour un cyclo-cosmo-telluriste d'un arrêt chez Total pour un automobiliste : un remplissage de réservoir à source énergétique. En direction de Fay-sur-Lignon, la vue de sa majesté le Mont Mézenc me fascine : mélange d'attraction et de peur, comme les belles choses de la vie, celles qui donnent à l'existence la seule raison d'être : se sentir vivant. Se sentir VRAIMENT vivant... par conscience du coté éphémère de la vie.

Une pensée et des bises à Jeanne Lepoix, fraîche maman et mythique unique finisheuse du Tour VTT du triangle de la Burle.

Pause café à Fay, où j'achète des oeufs. Même pas peur de les casser dans les sacoches. Les oeufs m'ont rendu junky, je manque de protéines. Après Fay, je plonge par une très belle vallée inconnue, découverte au dernier moment, vers l'Eyrieux, où je choppe la voie verte. Echouage sur la place du Cheylard où les pressions m'aident à écrire ce petit résumé du jour .Pour le moment, je me sens en vacances à vélo. Demain je "rentre en voyage" vers des émotions plus personnelles et moins facebookables. Des bises.

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Publié le 1er septembre 2020

Une chouette journée. Une montée pour quitter la vallée de la Dore en compagnie de Laurent et une discussion comme toujours passionnante avec ce Monsieur l'Instituteur qui justifierait à lui seul de faire des enfants pour qu'ils soient dans sa classe . Par pitié les bureaucrates, arrêtez de couper l'envie à ces passionnés du service public avec vos décisions et désorganisations déconnectées du terrain.

Une descente sur la vallée de la Loire, où je retrouve Jean Philippe en terrasse d'une crêperie . Ce malin me convainc de sortir de la vallée par une petite route qui monte comme une échelle .En haut, une petite fée de 6 ou 7 ans se fait gardienne d'un bâchat rafraîchissant, et m'évite, d'un ton bien directif, d'oublier mes lunettes après le nettoyage de visage salvateur (des Oakley à 150 balles, merci la Fée 😀 ). Puis notre spécialiste de la beauté alti-ligérienne m'amène dans un petit village posé sur un piton volcanique. L'herbe accueillante entourant l'église qui le surplombe constitue un spot idéal pour passer la nuit, discrètement à l'abri des regards. JP me quitte ici et repart dans sa vallée. Une discussion tranquille avec un ancien, surpris comme souvent que l'on trouve son pays de pierres beau. Il m'explique que les maisons secondaires deviennent principales, le village se repeuple doucement, chouette. La soirée m'offre des adjectifs simples, basiques : beauté, douceur ; les énergies de ce piton semblent apaisantes. Un muret protecteur du vent va m'éviter d'avoir froid sous les étoiles. Un bel endroit de solitude heureuse au milieu des volcans de l'Emblavez. Demain matin, pause café chez le camarade Greg, maître ès roues et amateur d'humour vaseux (je vais bien en profiter ). Puis ensuite, on tire droit à l'est.

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Publié le 1er septembre 2020

Une première semaine de test dans des contrées connues, avant de reprendre la route vers l'inconnu.

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Publié le 1er septembre 2020

Ce matin la lourdeur du climat dès le réveil m'a dissuadé de prendre la route. L'expérience (ce joli mot derrière lequel se cache la maturité... ou la vieillerie... ) permet de sentir les choses et de laisser tomber la vanité, la gloriole, les pressions de l'ego. Bref, d'être (un peu) moins con... La chaleur est une des rares choses face à laquelle je me sens complètement désarmé et n'ai aucune motivation à engager la lutte. (Ha si, y'a les araignées aussi ). Demain il doit faire "mieux" frais comme on dit à Sainté. Et du coup, ça s'annonce tip top. Départ le matin en présence de Marion et François Xavier. Puis rendez-vous pris pour passer au Gîte de la FFvélo boire une bière avec ma vieille branche d'ex collègue Fabrice. Quel meilleur endroit que l'historique maison des cyclotouristes pour boire la première mousse du périple ? Ensuite, dimanche, sur les routes altiligériennes, les roues de Laurent, puis celles de Jean Philippe, devraient tourner aussi lentement que les miennes pour un morceau de route et d'amitiés partagé. Y'a pire comme départ.

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Publié le 1er septembre 2020
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Publié le 1er septembre 2020

J-1 avant la fin de mon CDD chez Increvable. Ne pas se dégonfler, remplir ses poumons d'oxygène, profiter de cette période transitoire de liberté intense, hisser la voile, se laisser porter par les forces naturelles, tenir le guidon fermement mais avec la souplesse nécessaire pour suivre un chemin non tracé...

Ce weekend je quitte le bassin stéphanois. Tourner la page d'une quinzaine de belles années. Calée entre ses trois massifs : Forez, Lyonnais, Pilat, l'ambiance chaleureuse de la cité aux 7 collines restera à jamais gravée dans mon coeur.

Parce que la folie des agglomérations urbaines du 21è siècle m'est impossible à supporter, je pars.

Parce que la vie m'a obligé à quitter La Palle, ce lieu socle qui m'a profondément transformé, je pars.

Parce que la présence trop imposante de l'automobile dans cette région administrée par des politiques du 20ès, je pars.

Parce que l'herbe est toujours plus verte ailleurs, je pars.

Parce qu'ici j'ai découvert que je n'y trouverai jamais l'épanouissement optimal, je pars.

Parce que les choix assumés de quête de liberté me permettent aujourd'hui d'aller chercher l'essentiel, je pars.

Parce que fuir la facilité, assumer ses convictions, parfois la peur au ventre, regarder devant sans s'accrocher au confort du connu, je pars.

Parce que "Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle", je pars.

Je pars, en sachant que je repasserai avec plaisir, dans cette région où jamais je ne me suis senti étranger. Les tenanciers de la Friterie auront probablement pris leur retraite ; les aménagements cyclables seront certainement encore mal conçus ; les tarifs des cocktails dévergondés du Vol de nuit seront peut-être toujours aussi bas ; le mouvement de paupérisation du centre ville aura peut-être cessé ; l'archaïque projet du Steel aura peut-être laissé place à la gare de la nouvelle liaison ferroviaire à haute fréquence Sainté-Lyon (!?) ; la Jasserie sera gérée par la quatrième génération ; les stéphanois auront enfin eu la curiosité de monter à Pierre sur Haute, cette merveille qu'ils ont quotidiennement sous les yeux sans le savoir ; Le Fil, le Clapier, la Tawa, Ursaminor, le Foreztival, Radiodio auront survécu à la déflagration covidesque ; La Maison Solidaire aura fermé ses portes comme prévu en décembre et aura vaillamment fait tout ce qu'il était possible de faire ; la transpiration des mineurs et ouvriers n'aura pas cessé de donner à cette ville son odeur authentiquement crasse, sensuellement brute ; la chapelle Saint Sabin et la force du cosmo-tellurisme à laquelle elle m'a initiée sera toujours vaillante. Je prends la route et m'offre une parenthèse de liberté avec envie de découvertes, de rencontres, de yeux grands ouverts, de retour à l'essentiel, de ressentir des émotions, de sentir le sang couler dans les veines. Je pars, pour ensuite me poser dans un lieu à haute fréquence vibratoire, probablement pas bien loin, Inchalah.

Roule, tes souvenirs sont devant !!!