Carnet de voyage

Authentique Laos

8 étapes
7 commentaires
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Un des pays d'Asie du Sud Est que nous avions beaucoup aimé. Nous nous étions promis d'y retourner, cette fois-ci en privilégiant le Nord Laos.
Du 20 février au 18 mars 2018
27 jours
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S'il fallait faire un choix parmi tous les pays d'Asie du Sud Est que nous avons visité et qui nous ont particulièrement plu, le Laos figurerait certainement en bonne position, peut-être juste derrière le Myanmar, mais à égalité avec le Cambodge. Parce que ce pays au charme indolent semble toujours vivre au rythme d'antan. A côté de la frénésie de ses pays voisins, il semble qu'au Laos le temps s'est arrêté. C'est évidement par la route et en bateau que nous allons sillonner le Nord Laos, en traversant des régions peu fréquentées par les voyageurs et en découvrant des endroits parmi les plus fascinants de l'Asie du Sud Est.

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C'est par le Nord Est de la Thaïlande, que nous allons franchir la frontière pour arriver au LAOS après 2 heures de bus depuis Chiang Rai. Les formalités à l'immigration ne dépasseront pas le quart d'heure, pour obtenir notre visa.

Notre bus "VIP" de Chiang Rai à Chiang Kong à la frontière du Laos. 

Houayxay sera notre première ville étape. Nous y sommes déjà venus en janvier 2014 et rien n'a vraiment changé si ce n'est que l'on trouve de belles maisons et beaucoup de belles voitures. Mais surtout ce qui frappe le touriste, c'est cette sensation de trouver une ville paisible, assoupie le long du fleuve Mekong, le contraste avec la grouillante Thaïlande est saisissant.

Belle maison récente. 
Le Mekong à Houayxay.

Une ballade matinale à pied nous mène au Vat Thad Suvannaphakham, un peu à l'extérieur de la ville. Ce ne sera pas le plus beau temple à découvrir au LAOS, mais l'intérieur mérite un coup d'oeil.

Le Vat Thad Suvannaphakham 
L'intérieur du temple boudhiste. 

Qu'est devenu le marché typique de Houayxay, un marché extérieur tenu par les "Hmongs" qui apportaient leurs fruits, légumes, poules et cochons? Aujourd'hui, il ne reste que le marché couvert sous une grande halle, qui a perdu beaucoup de son charme et qui rend la ballade beaucoup moins agréable.

Tout est bon dans le cochon!!! 
Portraits. 

Le Vat Chomkao Manilat est très coloré, pas particulièrement mémorable, mais c’est surtout la vue sur la rivière et la Thailande en face qui en font le charme. Alors que le soleil couchant, rougissant, vient parfaire le tableau. Quelques moines, jeunes pour la plupart, se promenaient dans les alentours avant de rejoindre le temple à l’heure de la prière. Ce moinillon n'a que 17 ans et vient étudier ici pendant deux ans, nous en avons même rencontré un âgé seulement de 13 ans.

Le temple au coucher du soleil.

Le Fort Carnot fut construit par les Français vers 1900, peu après avoir intégré le Laos dans l’Indochine. Situé sur la petite colline dominant Houai Xai et sa voisine en Thailande, c’était un poste d’observation idéal. Bien que Fort Carnot soit le bâtiment militaire colonial le mieux conservé au Laos, beaucoup d'autres au Laos ont été détruits, la structure est clairement en ruine malgré une tentative de restauration en 2011 qui n'a jamais démarrée. De grands arbres grimpent le long des murs et aujourd’hui, il n’y a plus grand à chose à voir d’autant que l’intérieur était fermé d’accès…

La tour de guet du Fort Carnot. 


Magnifique orchidée. 
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4 heures de bus pour une distance de 171 km nous amène à Luang Namtha qui se compose d'une artère principale, bordée de boutiques et de guesthouses. La petite ville de Luang Namtha fut détruite par les bombardements américains durant la guerre du Viet Nam, tout comme la plaine des Jarres. Nichée au sein d'une cuvette plantée de rizières et entourée de montagnes, la ville n'est qu'à quelques kilomètres de la frontière chinoise. Sans véritable charme , son principal intérêt réside dans ses villages alentours peuplés de minorités ethniques.

Le That Luang Bamtha est un monument bouddhique.That Luang veut dire stûpa suprême.


Le village Hmong de Ban Tad Yao, était quelque peu désert lors de notre visite. Seuls quelques enfants de cette minorité ethnique jouaient, se laissant assez facilement photographier.

Village Hmong de Ban Had Yao. 
Enfants du village hmong. 
Vieille femme hmong. 

Le marché du matin est un véritable lieu d'échange où les différentes minorités viennent vendre fruits, légumes, champignons, oeufs, grenouilles, etc...

Vendeuses de champignons, poissons d'eau douce "chitala ornata" et stand de piments. 

Il faut sortir de la ville pour aller à la découverte des villages alentour peuplés par les minorités Tai-Dam, Akha ou Hmong pour ne citer qu'elles, puisque l'on dénombre au Laos 49 ethnies minoritaires.

Le tissage est un art très anciennement pratiqué et estimé au Laos, en particulier chez les Lao des plaines. Les femmes tissent le coton et la soie, en général chez eux, aux pieds des pilotis de leurs maisons. Formes géométriques répétées, animaux ou fleurs constituent les motifs les plus employés. La pièce la plus répandue est le sinh traditionnel, la jupe droite indissociable de l’habit national féminin.

Village Thai Dam. 

Le stupa That Phoum Phouk originel fut construit en 1628 sur une colline, pour délimiter les royaumes de Luang Prabang et de Chiang Mai (Thaïlande). Détruit par les bombardements américains, le nouvel édifice se tient derrière les ruines. Du haut de la colline, on découvre une belle vue sur le village Thai Dam, niché en contrebas dans les rizières.

That Phoum Phouk. 

Contrairement aux autres villages visités où nous sommes accueillis avec le sourire et des grands " sa bai dee" (qui veut dire bonjour en Lao), nous traversons le village Akha dans la plus grande indifférence, à l'exception d'une petite fille, ravie de poser pour la photo.

Village Akha Ban Nammat Mai 
Ban Nammat Mai.  Vielle femme et enfant Akha.



Au détour d'un petit bois, nous découvrons un ancien cimetière abandonné. 

Pendant notre séjour se tenait un festival culturel, à la sortie de la ville, l'occasion pour nous de découvrir quelques costumes qui servent pour les cérémonies.

Costumes Hmong. 


Torchwood ou Arbre jaune de coton en soie. 
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Une escapade à Muang Sing située à 60 km de Luang Namtha nous rapproche de la frontière chinoise. Il nous faudra toutefois 2 heures pour parcourir la distance tellement la route est "défoncée".

Une petite idée du revêtement de la route... 
Au delà les montagnes, la province chinoise du Yunnan.

Muang Sing est située dans l'extrême nord-ouest, à 10 km de la frontière de la province chinoise du Yunnan. Son paysage est principalement montagneux avec une altitude variant entre 500 et 2000 mètres, dominé par la forêt et l'agriculture sur les hautes terres. Réputée pour ses treks dans la montagne à la découverte des minorités ethniques, nous nous satisferons de la visite des temples et du marché de jour à la rencontre des minorités.

Le Wat Xieng Chai. 

Le Wat Namkeo Luang est un temple bouddhiste où viennent se recueillir les membres de l'ethnie Taï-Leu, Il arbore des colonnes rouges ornées de motifs argentés et des centaines de guirlandes en tissus de toutes les couleurs (appelées thong) qui pendent du haut plafond.

Le Wat Namkeo Luang. 
L'intérieur du Wat Namkeo Luang.

Il ne faut pas manquer de visiter le marché de Muang Sing, ancien marché d'opium du triangle d'or, très coloré où les ethnies minoritaires viennent vendre leurs fruits et légumes. On recense dans la région 9 minorités ethniques, les Akha étant la plus représentative.

Le marché de jour. 


Femme Akha et sa coiffe. 

A environ 6 km du centre de la ville, se dresse sur une colline le stupa That Xieng Tung. Il abriterait la pomme d'Adam de Bouddha et donc à ce titre devenu le lieu de culte le plus important de Muang Sing.

Stupa That Xieng Tung. 


A suivre...

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Muang Khua

Muang Khua

Pour rejoindre Muang Khua, il faut transiter par Oudom Xay, une ville à la croisée des chemins de la région du Nord Laos. Nichée dans la vallée de la Nam Ko et entourée de montagnes, elle représente un important carrefour entre la Chine et le Vietnam mais garde un aspect tranquille. La communauté chinoise y est très importante, si bien que l'on peut dire que Oudom Xay est une ville chinoise au Laos.

Chine et Vietnam ont décidé dans les années 1990 de se lancer dans le développement économique du Laos. Au Nord, des villes comme Luang Namtha ou Oudom Xay, qui ont prospéré par la construction d’autoroutes par les chinois, sont devenues de véritables villes chinoises. Les idéogrammes sont partout, et c’est le chinois mandarin qui est parlé en majorité. En fait, c’est le Nord qui est le plus touché par la sinisation de l’économie, la Chine y jouant un rôle très important dans le développement du pays. Au début des années 2000, la Chine était l’initiatrice de plus de 40% de projets économiques au Laos, et contrôle aujourd’hui une grande partie de l’économie laotienne (ressources minières, hôtellerie, caoutchouc, électricité…). En 2008, le Northern Plan était mis en place par la Chine dans le but de développer l’industrie du Nord jusqu’en 2020.

Le Vat Chaeng. 

Lors de notre visite au Vat Chaeng, se déroulait la fête du Boun Pha Vet (deux jours en avance sur le calendrier) on y célèbre la naissance du Prince Vessanthata, la pénultième naissance de Bouddha. Les jeunes moines y participaient à leur façon.

Petit moment festif... 


"Tribal costumes". 

Le temple Vat Phou That est construit sur une colline qui domine la ville d'Oudom Xay. Il fut reconstruit après sa destruction lors de la guerre du Vietnam.

Le Vat Phou That. 

La petite ville de Muang Khua se situe au confluent de deux rivières, la Nam Ou et la Nam Phak. C'était autrefois un important carrefour commercial en direction du Tonkin tout proche. Aujourd'hui, la ville semble quelque peu endormie et sert surtout de point de chute pour qui veut descendre la Nam Ou en bateau.

Le pont suspendu de Muang Khua. 
Le Vat à Muang Khua. 
C'est ici, sous ce pont que la Nam Phak se jette dans la Nam Ou (au premier plan). 

A suivre. ..

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Tortueuse, de caractère capricieux, la rivière Nam Ou prend sa source à l’extrême nord du pays et se mêle aux eaux du Mekong en amont de Luang Prabang. Elle a alors parcouru 408 kilomètres, dévalé quelques 300 rapides entre les massifs karstiques du Nord Laos. C'est du petit port de Muang Khua, installé modestement sur une plage de sable, que nous allons embarquer pour cette nouvelle expérience de voyage, faite pour la contemplation. Sur la rivière, quelques haltes de choix vont nous permettre de découvrir un Laos plus intime.

L'embarcadère de Muang Khua. 
La Nam Ou, une rivière tantôt calme, tantôt capricieuse. 

La Nam Ou file vers le sud, vers Muang Ngoi, notre prochaine étape. Le spectacle est aussi sur les berges, ici des buffles prennent leur bain, là un pêcheur prépare son filet épervier.


A l'heure du bain... 

Au cours de la descente de la rivière des travaux gigantesques annoncent la construction d'un barrage. Ce sont des entreprises chinoises qui construisent ces ouvrages. Sachant que le Laos est un des pays où la corruption est très répandue, on peut être assez pessimiste sur le bénéfice que peut retirer le peuple lao de ces infrastructures qui par ailleurs affectent les paysages et isolent les villages en noyant les voies d'accès. Sept barrages sont ainsi prévus sur la Nam Ou, qui d'ici peu ne sera plus que très partiellement navigable. On savoure notre chance de pouvoir encore faire cette balade.

Le barrage chinois sur la Nam Ou. 
 Montagnes karstiques.

Nuang Ngoi Neua s'est construit en bordure de rivière dans un cadre splendide. C'est un petit village très plaisant malgré une importante fréquentation touristique. Celle-ci reste tout de même limitée, car si depuis 2013, une route accidentée mène au village, la voie d'accès par le fleuve reste privilégiée.

Arrivée à Muang Ngoi Neua. 

Si ce splendide cadre naturel se prête à la détente, nous choisirons plutôt l'option d'un treck de 18km d'une durée de 6 heures, entraînés par un jeune couple de français Cyril et Mona, à la découverte des villages de Bana et de Huay Bo en traversant les rizières.

Décors traversés. 
Village de Bana. 
Libellule  Neurothemis fulvia au centre, entourée de demoiselles.

Le saviez vous ? Comment faire la différence entre une libellule et une demoiselle. Quand elles se posent, la libellule a les ailles ouvertes, tandis que la demoiselle a les ailes fermées.

Le village de Huay Bo. 

Muang Ngoi Neua est considéré comme un petit paradis perdu au nord du Laos et qui attire les voyageurs en quête d'authenticité et de calme. Le village se compose d'une allée principale. A 4 ou 5 h du matin, les coqs commencent leur concert, suivi par les légers coups de gongs et le chant lancinant des moines vers 6h30.

L'artère principale de Muang Kgoi Neua. 
 Quête matinale des moines pour se nourrir.

La nuit tombe sur Muang Kgoi Neua. Cette pause dans ce petit village authentique et plein de charme nous a comblée. Demain, nous continuerons la descente du fleuve au moment où les brumes se dissipent, jusqu'à Nong Khiaw, notre prochaine étape.

Cléome ou fleur araignée. 

A suivre...

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Nong Khiaw

Nong Khiaw

La descente de la Nam Ou en bateau continue à travers ce décor de paysages karstiques jusqu'à notre prochaine destination. Située au pied de la "montagne de la princesse qui dort", la petite ville de Nong Khiaw n'a pas beaucoup changé depuis notre passage en 2014 et semble toujours aussi endormie. On a l'impression qu'ici, le temps s'est arrêté.

La descente de la Nam Ou en direction de Nong Khiaw. 
La ville de Nong Khiaw. 

En suivant un petit chemin qui longe la rivière, nous parvenons au village Hat Sao à la rencontre des habitants "Lao Lum et Lao Thung", autres minorités ethniques.

Le village de Hat Sao. 
Jeune femme, enfant et vieille femme Lao Lum. 

Le petit village ne compte qu'une trentaine de familles, autant dire que nous en avons fait vite le tour, mais retrouvons notre "capitaine" que nous avions rencontré 4 ans plus tôt et qui nous propose de visiter un village de minorités "Khamu" en remontant la rivière.

C'est à bord du même sampan que nous embarquons, en espérant ne pas tomber en panne, comme la dernière fois.

Surprenant de voir autant de buffles albinos. 

Le village "khamu" Samsaath possède son Vat et ici la plupart des maisons traditionnelles sont en bambou tressé et possède un étage, contrairement à d'autres villages où les maisons sont sur pilotis.

Le Vat. 
Village de Samsaath. 
Type d'habitat plus récent. 
Femmes Khamu. 
L'école primaire du village. 

Les berges des rivières regorgent de papillons car bien évidement, les minorités ethniques habitant ici n'utilisent pas de pesticides, nous rappelant qu'en France, en 2012, 70% des espèces de papillons avaient déjà disparu et qu'aujourd'hui la chute se poursuit.

Papillon Neptis Miah.                                                                  Papilio Memnon Agenor.
 Porte Queue d'Asie, Graphium Macareus Indicus et Herona Marathus Marathus.                            
Retour à Nong Khiaw. 
Coucher de soleil sur la Nam Ou. 

A suivre...

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Alors qu'il y a 4 ans, nous aurions pu continuer la descente de la Nam Ou en bateau jusqu'à Luang Prabang, aujourd'hui la rivière est fermée à la navigation à cause d'un barrage chinois situé à une trentaine de kilomètres en amont de Luang Prabang. La ville continue d'attirer les touristes, car elle offre toujours un fabuleux mélange d'architecture traditionnelle et de bâtiments urbains conçus par les français au 19ème et 20ème siècle. Ce mélange unique est très bien conservé et devrait le rester grâce à l'Unesco, les maisons coloniales et les temples ayant été restaurés. La France a d'ailleurs largement contribué à la restauration des bâtiments.

Le Vat Mai, construit vers 1796, à été le temple de la famille royale.


Ancienne capitale royale jusqu'en 1975 de la province de Luang Prabang, la ville est nichée dans la vallée, au confluent du Mekong et de la Nam Khan. Luang Prabang est tout simplement exceptionnelle par la richesse de son patrimoine architectural et certainement une des plus belles villes de l'Asie du Sud Est. La ville est assez petite pour être explorée à pied ou à vélo. Elle dévoile son charme et son histoire avec des temples dorés dans tous les coins (la ville en compte pas moins de 80) et des moines en robe safran qui se promènent dans les rues tranquilles.

Le marché du matin est un incontournable à Luang Prabang. Très actif dès l’aube, c'est un lieu de passage pour nombre de laotiens qui viennent là pour vendre ou pour acheter les produits frais et notamment ceux en provenance de la jungle et de la forêt et issue de la production traditionnelle basée sur la cueillette, la pèche et la chasse.

Le marché du matin. 

On y trouvera de nombreuses denrées atypiques comme le sang de boeuf proposé sous forme de cubes gélatineux, du serpent, de la chauve-souris, des insectes grillés comme les vers ou les chrysalides de papillons, et toutes sortes de plantes, de feuilles qui servent à la confection des plats traditionnels.

Au menu, au choix: chauves-souris ou rats ? 
Stands d'herbes aromatiques, de poissons et de riz. 

Le Vat Xieng Thong, le "monastère de la cité d’or", est probablement le plus beau des temples Luang Prabang et un des symboles du Bouddhisme au Laos, ce qui lui valut d’être totalement épargné lors du pillage de 1887 perpétré par les pirates Chinois.

Vat Xieng Thong. Sur la façade arrière, un magnifique arbre de vie en mosaïque. 

Construit en 1560 par le roi Setthathirat, il est considéré comme la référence architecturale de Luang Prabang. Le lieu, de toute beauté, et situé stratégiquement à l’embouchure de la Nam Khan avec le Mékong, à la pointe de la péninsule.

Pavillon abritant le char funéraire royal.
La chapelle bibliothèque, l'autel à offrandes,, la chapelle rouge.
Au premier plan, le That octogonal. 
Moinillons, bouddha couché et le kuti (quartier des moines). 

Chaque jour, au petit matin, se déroule le Tak Bat à Luang Prabang, la rituelle quête matinale des offrandes par les moines qui ont renoncés à tous biens matériels et qui ne vivent que de l’aumône. Cette cérémonie est comme une pièce théâtrale parfaitement chorégraphiée qui se répète à chaque lever de soleil baignant la cité sacrée dans une ambiance ocre solennelle. Les moines, drapés de leurs robes safran, les pieds nus, leur bol d’aumône traditionnel accroché en bandoulière, sortent en file indienne des monastères en groupes de 10 à 20, du plus aîné au plus novice.

La tradition de l’aumône remonte au 14ème siècle et bien qu’elle soit pratiquée dans plusieurs ville du Laos, elle est particulièrement authentique à Luang Prabang. Aux premiers rayons du jour, les moines disparaissent pour se réfugier dans leurs temples respectifs et méditer. La cérémonie se termine aussi vite qu’elle a commencé.

Fin de la cérémonie, les moines regagnent les temples .

Les maisons coloniales françaises qui datent du début du 20ème siècle sont un atout majeur du paysage architectural de Luang Prabang. Certaines abritent encore des administrations, quand d'autres, plutôt bien rénovées avec de jolies couleurs, du parquet, des volets en bois ont été transformées en boutiques,hôtels ou restaurants.

Belles maisons coloniales restaurées.  
Maison du patrimoine.  

A une trentaine de kilomètres de Luang Prabang, les cascades de Kuang Si sont un vrai régal pendant cette période de chaleur. Nichées dans un site naturel, elles se déclinent en plusieurs bassins aux eaux turquoises avant d'arriver à la spectaculaire chute haute de plus de 50m. Depuis 2016, un centre de sauvegarde des ours noirs d'Asie (une espèce menacée d'extinction) sauvés des mains des braconniers à été créé pour les soigner, à l'entrée du parc. La bile de l'animal est très prisée par les chinois pour toutes sortes de pathologies (de la gueule de bois, au cancer)...

Ours noirs d'Asie. 
Les chutes de Kuang Si.  
La principale cascade haute de plus de 50m. 

Le Laos serait-il le pays des papillons? On en voit virevolter partout, des plus communs, aux plus rares avec une immense variété de couleurs.

Le "Danaus Genutia" et le "Graphium antiphates.
Chocolate Pansy.                        Common lime.                         Common Jay (Graphium doson).
Le "Byasa Laos" endémique du Laos est toxique.
Magnifiques orchidées. 

Retour à Luang Prabang pour une dernière visite du marché de nuit. Celui-ci se tient tous les jours, dans la rue principale, et c'est donc un rendez vous obligé. Il s'adresse aux touristes demandeurs de cadeaux traditionnels. Cela va de l’échiquier en pierres aux foulards en soie, en passant par les broderies, les boiseries, les pipes à opium plus ou moins authentiques, des représentations de Bouddha sous toutes ses formes, des peintures locales autour de la symbolique bouddhiste, etc.

La nuit tombe sur Luang Prabang. Cette ville exceptionnelle qui a su marier un ensemble de maisons traditionnelles en bois, de bâtisses de l’époque coloniale et de temples bouddhiques au style unique à un cadre naturel privilégié sur la rive gauche du Mékong, nous a à nouveau enchanté, même si en quatre ans, elle a perdu un peu plus de son authenticité.

                                      Couchers de soleil sur le fleuve Mekong. 
Novices le long de la rivière Nam Khan. 

A suivre...

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Quatre cent kilomètres en 8 heures et nous voici de retour à Vientiane, capitale du Laos, mais qui marque aussi la fin de notre voyage au pays "du million d'éléphants". Nous avions encore à l'esprit, une ville calme, à taille humaine , bien loin de la frénésie des capitales voisines Bangkok ou Hanoï. Et bien, la réalité d'aujourd'hui est quelque peu différente.. La capitale, longtemps alanguie au bord du fleuve, rêve du destin de Singapour. Ailleurs, les grands projets se multiplient : villes nouvelles, barrages hydroélectriques, chemins de fer, culture intensive, développement du tourisme… Le Laos, pays le plus pauvre et le moins peuplé d’Asie du Sud- Est (6,8 millions d’habitants), émerge de quatre siècles de torpeur. Le projet Vientiane New World-The Glory of Laos métamorphosera bientôt les berges, avec ses tours de verre et ses malls climatisés. Le centre-ville attend son World Trade Center, tandis qu’une ville écologique devrait voir le jour au bord du lac Nongtha, dans le nord de la cité. Les affiches du coréen Samsung et du chinois Huawei remplacent les panneaux de propagande communiste. Les banques se multiplient le long du boulevard menant au palais présidentiel. Les nouveaux riches se bâtissent des propriétés kitsch avec colonnes surmontées de licornes et des coupoles démesurées.

Nous n'aurons pas beaucoup de temps pour visiter la ville, car nous ne ferons qu'une étape de 2 jours avant de retourner en Thaïlande.

Le Vat Sisaket est un paradoxe historique, car il est à la fois le plus ancien et le plus récent temple de Vientiane. En effet, il fût construit au début du 19ème siècle, mais il demeure le plus ancien monastère car il est le seul à n'avoir jamais été détruit par les envahisseurs, probablement en raison du style typiquement thaï dont s'étaient inspiré ses bâtisseurs.

Le Vat Sisaket, 

Le sim ou sanctuaire se tient au milieu d'un cloître où 2000 petites statues de bouddha sont disposées 2 par 2 dans des petites niches.

Une partie du cloître. 
Bouddhas dans la galerie du cloître. 
Bouddha dans le sanctuaire. 
Le derrière du sanctuaire. 

La bibliothèque, dont la toiture sur 4 niveaux est d'inspiration birmane, contenait de nombreux manuscrits sur feuilles de latanier d'une valeur inestimable, qui on été détruits pendant la mise à sac de la cité.

La bibliothèque. 

Le Vat Ho Phra Kèo n'est pas un simple temple, il s'agit d'un monastère palais, dont l'entretien n'était pas assuré par les moines, mais par le souverain lui-même. Il fut édifié pour abriter le Bouddha d'émeraude, qui aujourd'hui, depuis la défaite de l'armée Lao face aux Siamois, a pris définitivement le chemin de Bangkok où il est exposé dans un autre Vat Ho Phra Kèo.

Le Vat Ho Phra Kéo. 

Le temple est entouré d’une galerie décorée de statues de Bouddha en bronze du 18ème siècle, dans diverses positions de méditation.

Bouddhas de la galerie. 
Magnifiques portes en bois sculpté. 

Le Patuxai est un arc de triomphe situé en plein centre de Vientiane. Dédié à la mémoire des soldats laotiens morts pendant la seconde guerre mondiale et la guerre d'indépendance vis-à-vis de la France en 1949, il fut édifié dans les années 1960 mais présente un intérêt architectural assez limité.

Le Patuxai. 

Le Pha That Luang est un monument bouddhique, l'emblème du Laos. Monument le plus sacré du pays, il est censé contenir un cheveu de Bouddha.

Le Pha That Luang. 

C'est un énorme stupa doré, construit un 1566, de 35 m de haut et entouré de 30 petits stupas. L'ensemble est recouvert de 500 Kg de feuilles d'or.

Vue de l'intérieur du cloître. 
Statue du roi khmer Jayavarman VII dans le cloître.

Juste à côté du Pha That Luang, dans une pagode, une cérémonie des offrandes se préparait lors de notre passage.

Pagode du Pha That Luang. 
Les préparatifs de la cérémonie. 
Jeune fille à l'heure de la prière. 
Statue du roi Sethathirath - Pha That Luang. 

Le roi Anouvong 1767-1835, a été le dernier roi de Vieng Chang (Vientiane). Ses erreurs ont conduit le royaume lao à sa destruction, les mouvements nationalistes l'ont transformé en héros.

Cette statue en bronze de 8 mètres date de 2011, le gouvernement communiste a choisi d’ériger, une statue de ce roi qui a lutté contre le Siam de Rama III. À la suite de cette guerre, Vientiane a été rasée, le roi emmené en captivité à Bangkok où il mourut dans une cage de fer. Son bras tendu vers le Mékong montre la détermination du peuple Lao à résister aux géants qui l’entourent (la Chine, la Thaïlande, le Vietnam)...

Statue du dernier roi Anouvong. 

Cette dernière visite marque la fin de notre séjour au Laos. Aujourd'hui encore, le pays reste une destination parfaite pour les voyageurs en quête d’authenticité hors des sentiers battus. Son histoire contemporaine compliquée (décolonisation, guerre du Vietnam, instauration d’un régime communiste strict) l’a longtemps tenu à l’écart de l’agitation internationale. Mais cette période semble désormais révolue. Nous avons eu un gros coup de coeur avec la descente du fleuve " Nam Ou" en bateau, à la rencontre des minorités ethniques, conscients que cette aventure ne sera plus possible dans quelques mois avec la constructions des barrages chinois. Nous avons adoré cette petite merveille qu'est Luang Prabang, mais qui là aussi est en train de changer, les habitants préférant louer ou vendre leur maison et se retirer à l'extérieur de la ville, laissant ainsi les investisseurs chinois ouvrir boutiques, restaurants ou hôtels.

Alors vous l'aurez compris, si vous avez envie de découvrir le charme et l'authenticité de ce pays, c'est maintenant, dans quelques années, il sera trop tard....

Demain, nous passerons la frontière, toute proche de Vientiane pour rejoindre la Thaïlande afin de terminer notre périple dans les îles de Ko Samet et Ko Chang avant un retour en France prévu pour le 16 avril.

Merci à tous de nous avoir suivi, ici au Laos et à bientôt pour de nouvelles découvertes...