Carnet de voyage

Trotteur de Latitudes

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Dernière étape postée il y a 133 jours
Une traversée des Amériques du Québec jusqu'au sud de la Patagonie. Je compte voyager principalement "seul" avec si possible mes fidèles jambes comme seul véhicule.
Du 9 avril 2019 au 1er décembre 2021
968 jours
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ça c'est moi
ça c'est moi

Bien le bonjour à tous ! Je me présente François, ou Djez pour les intimes, fringuant jeune homme de 30 ans résident dans cette belle région qu’est la Haute-Loire. Si je fais ce carnet c’est que je me suis autorisé une « petite » pause dans ma routine. En effet celle-ci ne sera autre qu’un périple qui débutera le 9 avril 2019 sur les intrigantes terres de nos cousins québécois et ce termineras, je l’espère, courant décembre 2021 dans les mythiques terre de feu.

3 ans pour un tel voyage, cela peut paraître long, mais vu que je compte parcourir cet étendue principalement à pied il me faudra bien ça. En effet j’aime la lenteur, prendre mon temps et compter sur ses jambes pour voyager force une certaine forme de simplicité en plus de devoir s’adapter aux gens et aux conditions. C’est une philosophie qui me séduit personnellement car, je ne suis pas vraiment du style à paresser une semaine sur un plage azure, avec cocktails et circuits touristiques.


Je serai aussi en solitaire, la grosse majorité du temps, et ce, pour me forcer à rencontrer et m’ouvrir à l’autre. Car un pays ce n’est pas que des monuments et des paysages, c’est avant tout des gens avec leur culture, leur histoire et leur philosophie. C’est surtout ça qui m’intéresse.

Bien sûr la route en solitaire vient avec son lot d’angoisse et de problématique mais, personnellement, je pense plus y trouver une quiétude et une source incroyable d’apprentissage


Pourquoi un carnet de voyage ? Et bien pour moi déjà, afin de noté quelque part ce que j’ai vécus pour aider ma mémoire, déjà défaillante, dans mes vieux jours. Puis, pour mes proches et ma famille, car il sera mon principal vecteur de nouvelles. C’est d’ailleurs pour ça que je compte m’imposer une publication hebdomadaire. Et oui, j’ai un doctorat en procrastination, enfin il me reste à valider le stage, mais je ferais ça demain… Donc un peu de rigueur ne sera pas de trop.

Sinon pour le carnet en lui-même, il sera principalement textuel. A vrais dire je n’ai pas le réflexe de l’appareil photo, même si là aussi je m’imposerais une certaine forme de rigueur afin d’égailler les futurs pavés. Pour le contenue, vus ma proportion naturelle à digresser, il sera plus un patchwork de récit, de pensées, de mini documentaire, de moment de joie, de frustrations ou encore de portraits de gens que je rencontre. En bref rien de précis. A si ! Ici c’est le carnet principal, qui sera composé de plusieurs carnets pour chaque grande étape. 3 ans dans un seul carnet risque de rendre le tout indigeste et peu simple à parcourir.


Bien histoire de commencer sur un rythme saint, la semaine prochaine je détaillerais mon matériel (trop pour pas changer) et les démarches entreprisent pour ce voyage (il me reste encore un truc ou deux à peaufiner mais bon ; demain c’est bien :-/ ...)

PS: pour me contacter voilà mon mail : francoisontheroad@mail.com

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Bien, vouloir partir à l’aventure c’est bien gentil, prospecter les coins à visiter, les truc à faire, à manger, à boire, baver devant les panoramas… Oui, c’est bien sympa mais, bien que certain partent sans préparatifs en s’esclaffant d’un prétentieux « Yolo », je ne suis pas vraiment de cette espèce. Enfin, ma tendance à faire les choses à l’avant dernière minute m’indique qu’un peu d’indolence pulse dans mes artères. Reste qu’un minimum de préparation me semble indispensable afin d’éviter de bien cruelles déconvenues. Comme se retrouver le bec dans l’eau devant un douanier, manger un solide -15°C avec un simple pull pour seule protection, attraper une fourbe infection au quintus dans le désert, porter 27 Kg de fatras sur le dos pendant 27 mille Km... pour tout cela il me semble important de résonner ce qui est bon de penser et de démarcher ce qui est requis d’anticiper.


Tiens parlons des démarches. La temporalité n’est point la même entre 3 ans et 2 semaines. Évidant me direz-vous, ça l’ai encore plus quand on parle de visa, de banque, d’assurances et autres joyeusetés que j’adore (une bassine ! Vite ! Je me sent mal).

Pour les visas, un seul semble me suffire. En effet je ne reste pas assez longtemps au Canada (moins de 3 mois) pour avoir besoin d’un visa mais, il m’a fallut tout de même faire une demande d’AVE si je ne veux pas m’en retourner le sac à dos entre les jambes devant l’aéroport. En ce qui concerne les USA j’ai du faire une demande de visa B1/B2 afin de pouvoir y rester jusqu’à 6 mois, c’est rigolo à faire cette demande de visa. Après avoir rempli un formulaire fastidieux qui vous demande explicitement si vous avez projet de commettre un attenta terroriste dans le pays (m’enfin je me dit qu’un énergumène a, un jour, dit oui sérieusement… l’humain est plein de surprise…), il vous faut faire ensuite un entretient à l’ambassade à Paris uniquement. Soit ! je prend rendez-vous, je monte à paris, mon train à 3h30 de retard, je vais à l’ambassade, 30 minute de queue et une minute 30 montre en main d’entretien plus tard je peut me taper le retour mais en bus cet foi-ci. J’aurais pus m’en passer mais, c’est que c’est grand les USA, surtout à pied, 6 mois c’est pas volé. J’y serais bien rester plus longtemps mais je vais éviter de trop titiller les services de l’immigration américaine, ça a tout l’air d’une mauvaise idée. Pour l’Amérique centrale et du sud, les politiques d’immigrations sont plus clémente surtout que je passerais assez peu de temps dans chaque pays. Je suis pas encore sûr d’aller à Cuba, si oui, il me faudra faire une demande de carte de tourisme.


Parlons pognon ! Ah les banques… c’est pratique de pouvoir tirer son flouze aux 4 coins de la planète… hein ! … Ça m’a coûté 7€ pour avoir tiré 100$ au distributeur ! Et oui les banques classique ont beau vous faire de super crédits à moins de 3 % pour ce qui est du rapport qualité/prix en voyage, là, c’est la foire à la saucisse avec visite guidée de votre junjenum. Les banques en ligne et autre neo banques sont bien plus compétitif sur ce point. Il y avait bien la banque Max qui annihile tous ces concurrents mais, il faut un smartphone sinon c’est mort et j’aime pas les smartphone, la vie est trop simple avec… Et ça emmerde la théorie de l’homo économicus et ça, ça n’a pas de prix. J’en ai choisi 2 : Monabanq et C-zam comme ça, j’ai une mastercard et une visa, 2 codes différents si il manque une touche sur la machine et ne pas mettre tout ces œufs dans le même panier c’est un bon réflexe. Normalement mes frais bancaires seront inférieurs à 5€ par mois pour les 3 ans, ça ne prend pas en compte les frais éventuels de débit des banques dans lesquels je retire.


Pour l’assurance et bien il n’y pas beaucoup de chois, enfin si il y a plein d’offres mais avec un budget inférieur à 50€ par mois les candidats se réduisent à peau de chagrin. J’ai opter pour Chapka qui semble plutôt bien côté parmi les baroudeurs en plus d’avoir de bon services par rapport au prix. En tout ça me coûte 46€ par mois pour 2 ans (1104€), c’est le prix de la sécurité :-/


Sinon il y a aussi à prévoir les vaccins. J’ai pris la formule maxi best-of : fièvre jaune, le seul vraiment obligatoire ; la typhoïde, pas le plus fiable mais si je peut m’éviter ça je prend ; et la rage. Alors le vaccin contre la rage ça ne protège pas, ça donne un délais supplémentaire (± 72h) avant le point de non retour et le traitement et bien moins lourd et douloureux. La rage c’est le plus dispensable, oui, mais c’est une sale maladie, c’est 100 % mortel en c’est abominable à subir donc ça vaux bien 3 piqûres et 75 balles. Bon, par contre c’est pas remboursé, c’est 170€ en tout de ma poche. En bon Français ça me fait un peu couiner, tout de même, la santé, ça ne devrais être un droit… libéralisme de ces grands morts… des gens se sont battus pour ça… et scrogneugneu !


Pour le reste j’ai lâché mon appart, lourdé ma voiture, terminé tous les contrats de services, stocké mon bazar (Merki Martin Shasei de cœur sur toi !) et probablement zappé un truc ou deux.


Aller, passons au matériel maintenant. Le truc quand on est à pied, c’est que la gravité n’est vraiment pas notre pote. Il est tellement facile de se laisser tenter pour prendre tel ou tel truc, genre un polochon, un quart de bibliothèque, un pc pour faire du rendu 3D, 5Kg de médoc (on sais jamais), le contenue intégral de la penderie, une combinaison sac de couchage ou encore une trousse à outil car c’est pratique les outils… à la fin on obtient un sac au bord de l’explosion qui pèse le pois d’un âne mort. Donc il faut faire appel l’art du compromis et à la sagesse du choix.

Objectif de 12Kg maximum sans eau et nourriture et ce, en prenant des trucs un peu résistant.


-Pour le bivouac :Le Baltoro 75 de chez Gregory pour le sac à dos, avec sa housse et son petit sac de ville. Un sac de couchage Ultralite 150, il tient le coup à -2 et pas plus gros qu’une bouteille de 1 litre. Drap de sac en soie, plus facile à laver, plus doux et aide contre le froid. Un tapis de sol Z Lite thermarest raccourci d’un tiers, j’ai pas confiance aux gonflables et il a l’air solide. La Hubba Hubba NX pour la tente, 1,6Kg et résistante, le meilleur compromis dans le domaine. Enfin une toile de protection convertible en cape de pluie.

Les fringues : 2 T-shirt en laine de mérinos (dont un en manche longue) 2 polaires ,1 pantalon de rando convertible en short, 1 pantalon type cargo (de loin le truc le plus contestable, mais j’aime bien ce genre de futal). 1 doudoune compacte3 ,boxers techniques, 3 paires de chaussette en laine d’alpaga (ultime contre les ampoules),gant, bonnet, cache nez et un cahouet coupe vent et respirant.


-Cuisine : réchaud à pyrolyse (bois) avec une coupelle pour l’ alcool, mini marmite avec mini poêle en couvercle fournis avec une mini éponge, une fourchette, une cuillère et un mini filtre purificateur d’eau lavable.


-pharmacie : 2 cachets antihistaminiques, une petite tablette d’antibiotique à large spectre et une d’antidiarrhéique, quelques dolipranes, 4 gros pansement, un petit rouleau de bande, une aiguille, une pince à épiler et du fil de suture.

-Toilette : un savon, brosse à dent, dentifrice, papier toilette et le plus important (surtout dans l’espace) une serviette microfibre.


-Multimédia : appareil photo le RICOH WG-30 (pratique pour planter les sardines), pour le pc portable un ASUS E203MA-FD017TS (petit léger avec des performance correcte pour son prix) et pour le téléphone ça sera une vielle brique acheté sur place avec une carte sim prépayé.


-Pour le reste : Un leatherman, une boussole, du fil, une montre, un stylo, un briquet classique, un briquet à amadou, une frontale et un petit porte document pour les papiers.


Il est probableme qu’il y ait des choses indispensables que j’ai omis et des chose dispensable que j’ai en superflus. Bref on verra ça sur la route.

Me voilà donc fin prêt pour la route, avec 2 semaines de bringues quasi ininterrompu dans le foie et un entraînement au abonné absent.


Aller salut et merci pour tout le poisson (comprendra qui pourra)

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Pour la suite c’est ici, il vous faut vous abonner si vous ne voulez pas rater la suite de mes aventures : https://www.myatlas.com/FrançoisOnRoad/amerique-du-nord-chilli-con-bagel


En vrais partir ça ne commence pas vraiment quand on monte dans l’avion, ça commence vraiment quand on foule une dernière fois le palier de sa porte, enfin là c’est celle du frangin mais, c’est tout comme. Ce dernier week-end c’est opération festivité familiale dans la Normandie natal de mon père et ce, pour fêter le 12éme lustre de ma tatie. C’est agréable de revoir les siens, surtout quand on les voies pas souvent, d’autant plus que c’est une sacré équipe de joyeux drilles. Vous me direz ça compense le mauvais temps mais, que nenni, le soleil était au rendez vous, étonnant ... On repart donc le lundi, vanné par tant de célébrations, direction Paris afin d’être jeté fissa dans le premier métro venu. Bizarrement j’aime bien le métro, voire les badauds lassés de leurs routines, le visage si éteint qu’ils deviennent indissociable de leurs photo d’identité. Sans dire que ça me rend nostalgique, j’avais ce masque il n’y a pas si longtemps. J’y éprouve en réalité, une profonde et honnête empathie pour ces gens piégé par un quotidien, que j’imagine, bien pesant pour certain.

Mais pour moi ça sera une grande banane sur le visage que je m’apprête à faire ma dernière soirée en France. Bon pour être honnête, c’est avec ma bière à la main et mon bro à mes cotés pour la dernière, que là, j’ai un peu les chocottes, mais j’arrive à bien dormir malgré tout.

Le lendemain direction l’aéroport, arrivé bien en avance, je flâne à l’intérieur, y’a des bornes de street fighter dans le hall d’embarquement. Je sors mon Dhalsim bien rouillé mais, je ramone tout de même les marmots qui osent me défier. J’ai perdu la main mais, les timings de zoning sont encore bon, enfin jusqu’à ce qu’un Turc m’humilie avec un Blanka indosable.

Mon avion va décoller, j’ai pas peur, à vrais dire je me demande plus si mon voisin sera sympa, si les filmes seront bons et si il est bien judicieux de partir ainsi, laisser une vie pour une autre, si j’en serais capable… Je peux toujours faire demis tour… après tout le métro boulot dodo c’est confortable... L’hôtesse m’accueille et m’indique mon siège… je m’assois et perdu dans l’incertitude je me rends compte que l’avion accélère… Il s’envole… ça faisait longtemps, cet sensation, c’est agréable mais terriblement mélancolique…

Le voyage ce passe sans encombre, mon voisin est sympa, un baroudeur luis aussi. Il a pas mal voyagé en Amérique du sud. J’en profite pour grappiller quelques conseils.

Le repas est bon et on m’offre une 3éme bière car je n’ai pas eu la chance d’avoir le choix dans le menu.

L’avion entame son atterrissage, je constate que Montréal à revêtue son manteau d’hiver pour moi, la faute à une ultime chute de neige avant le redoux tant attendu. Débarquement oblige mon premier passage par les douanes.

Alors il vous faut vous imaginer votre serviteur, rincé par 2 semaines de bringues et entament sa 22éme heure avec assez d’alcool dans le sang pour perdre son permis. J’ai du mal à articuler, je cherche péniblement des infos dans une caboche qui pédale dans la choucroute. Après 15min s’entretient laborieux le douanier me libère avec un premier tampon sur mon passeport.

Je décide de passer la nuit à l’aéroport sur une banquette, en même temps l’hôtel propose des chambres à 425$C (285€) et n’en a plus de disponible, mince alors…

Après 5h de sieste je prends la direction du centre ville de Montréal, en bus, puis en métro…

hop !
hop !

La suite c’est par ici : https://www.myatlas.com/FrançoisOnRoad/amerique-du-nord-chilli-con-bagel Abonne toi ! #jerendl’argent