Une belle balade dans la chaleur de l'été, à la rencontre du patrimoine rural et religieux de nos contrées, églises, abbayes, villages classés... destination l'Auvergne, berceau des volcans.
Août 2017
2 semaines
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Ce sera l’Auvergne. Ce bel été 2017, nous avons des envies de calme et de montagnes, loin du tumulte sablais. L'occasion d'une première étape toute proche : l'Abbaye de Maillezais, riche d'une vie culturelle, économique et religieuse intense, au cœur des marais poitevins durant des siècles. Nous testons le dispositif numérique casque 3D en main. On se perd, on inverse le sens du parcours, on s’engueule mais quelques belles images nous arrivent quand même sur l’abbaye dans son jus, du XVe. Heureusement, le site est spectaculaire « In Real Life » ! Un petit tour à vélo pour découvrir la magnifique église romane du village et son portique grouillant de chimères et autres basilics et détours dans la campagne, en piquant quelques prunes au passage ;)

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Traversée de la Charente puis de la Vienne avec une halte shopping bucolique à Alloué dans un spot improbable : une jeune fille a investi la grange de la demeure familiale pour un vide grenier/dressing authentique et payer ses études. Une robe, un tee-shirt « ananas » du meilleur effet, un sweat tout droit venu de Courchevel et un bonnet hypissime au drapeau anglais plus tard, nous reprenons la route, sans transition vers Oradour sur Glane.

Le village martyr, symbole de ce que la guerre fait de pire, reste figé dans ce jour horrible du 10 juin 44. Tourisme macabre ? Visions fascinantes des lieux pétris en quelques instants dans la terreur… Mémoire en tout cas et retour dans nos esprits de la vie à l’époque : les métiers, l’organisation de ces bourgades animées autour des cafés, coiffeurs, couturiers, une façon de rendre hommage aussi.

Etape à Aixe sur Vienne, dans le charmant camping municipal Les Grèves, le long du fleuve, la température monte. On se met au vert, à l’abri du grand chassé/croisé de demain, grand premier week-end d'août.

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Le camping de la Grève est le plus joli coin d’Aixe-sur-Vienne, pays du kaolin et donc de la porcelaine. On enfourche les vélos pour un petit tour qui nous le confirme bien vite ;) Quelques vieilles bâtisses à la coquille St Jacques, signe de l’accueil des marcheurs vers Compostelle, une place de village un peu morte, hormis le « café littéraire » bobo aujourd’hui incontournable, bref, la Haute Vienne est plus accueillante. Nous la traversons pour rejoindre la Corrèze via Solignac, à l’abbaye puissante. C’est avec les premières maisons de style montagnard que nous entrons en Corrèze.

Balade dans la commune de Treignac. Vue panoramique du haut de la tour de garde et promenade pédestre dans la vieille ville. Un chant cristallin nous aspire vers l’église. Une jeune femme prépare un récital… la Vézère est là, palpitante, en bas du vieux pont.

Et si on se posait près d’un lac ? Ce sera celui de Séchemailles où nous atterrissons après quelques virages montagneux. L’endroit est splendide, nous y passerons la nuit.

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Le lac de Séchemailles est proche du célèbre plateau des Millevaches, du nom des 1000 sources – mille acqua) qui arrosent la région. Il se dévoile à nous lors d’un round sportif à vélo. Le site est vraiment parfait. Nous y croisons des joggeurs sympathiques avant de céder au plaisir de quelques brasses dans les eaux paisibles, sous la protection des grands pins et d’un soleil radieux. La commune d’Ambrugeat sait recevoir : douche chaude sur la plage, un régal !

Départ dans l’après-midi vers le Puy de Dôme. On quitte la Corèze, un détour par le Cantal et un prieuré magistral à St Angel, théâtre de pillages et de terreur, aujourd’hui enfin apaisé. Un groupe de jeunes femmes vient y réaliser des photos de mode, un rien kitch. Cap vers les volcans, emprise panoramique à Bort sur Orgue, bien nommée par les falaises aux allures de l’instrument monumental, formées par les coulées de lave. Ça vaut surtout pour la vue qui embrasse l’ensemble du parc régional des volcans d’Auvergne. C’est aussi à Bort sur Orgue qu’EDF a érigé un des plus grands barrages de France, forteresse industrielle qui sème de nombreux barrages plus petits sur notre chemin, le long de la Rhue.

On a failli faire étape à Egliseneuve d'Entraigues où une fête de village prenait fin. Avons fui avant le feu d’artifice pour rouler vers Besse en Chandesse. La visite de ce village médiéval aux maisons en pierre de lave sera pour demain.

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Une folle journée qui commence par le marché de Besse, un grand saut au moyen-âge avec bâtisses remarquablement préservées, fortifications et portes aux pierres ancestrales. Un producteur local nous fournit en « Entre 2 » et St Nectaire bien fait, le créateur du musée du ski nous invite à passer le col de St Croix Robert pour accéder au Puy de Sancy. Ce que nous ferons. La route est à la hauteur de nos attentes !

Arrivée au Mont Dore, station thermale « place to be » à la Belle Epoque où le « tout Paris » venait soigner asthme, rhumes et autres pathologies qui les rendait « pâles et jaunes ». Art Nouveau et grands hôtels dans leur jus, où les fantômes rodent encore, cantatrices, écrivains et artistes épuisés venus s’y refaire une santé.

Visite guidée des Thermes à l’architecture byzantine mêlée à l’art roman auvergnat. Un délice pour les yeux, des salles remarquables et la dégustation de ces eaux ferrugineuses et pétillantes qui dégazent toutes les heures avec le bruit si caractéristique que produit aussi le corps humain. L’eau « qui fait prout » fait bien rire l’assistance. Après un « shoot » de gaz dans le nez, dernière étape de la visite, nous sommes au top pour reprendre la route à la conquête du Puy de Sancy, point culminant de la chaîne des volcans.

Le Puy de Sancy se gravit par téléphérique collectif avec son lot de trouillards… et d’odeurs. 1886 mètres plus haut, la récompense : une vue à 360 qui mérite bien quelques essoufflements – 864 marches de bois, cahin-caha. Nous redescendons avec une petite troupe souriante, même la dame à l’entorse ne regrette pas sa montée ;) La pluie nous cueille à l’arrivée au fourgon, hé, hé, comme par hasard.

En route pour La Bourboule, petit pèlerinage personnel, quelques jours passés dans mon enfance entre baignades dans les torrents et courses de lévriers. Je ne reconnais pas trop l’endroit, beaucoup de bâtisses, grands hôtels et pensions à l’abandon… le temps des cures et des vacances en famille dans ces meublés à la montagne est bien révolu ! Que deviendront ces villes d’ici 10 ans ? Tout est à vendre, pas d’acheteurs… nostalgie des beaux jours où le casino et les thermes grouillaient d’une population aisée. Ce soir, dégustation de fromages de la région, oh oui !

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Orgie de fromages auvergnats hier soir, même pas mal ce matin ;) les bons produits font toujours du bien. Il pleut fort… un petit tour au Lidl Bourboulois et les viennoiseries me sont servies fraîches et dorées. Matinée shopping dans le « 1000 stocks » du coin : blouses, charentaises et surtout le royaume des skieurs et autres pêcheurs. Nous reprenons la route vers le lac Chambon. Avant d’entrer dans la paisible petite station, visite de l’église du 12e au tympan remarquable.

Aux grottes de Jonas, nous faisons un saut au moyen-âge pour découvrir la vie dans la falaise troglodytique, pierre de lave toujours. Les hommes ont toujours su exploiter les atouts de la nature pour vivre, à l’abri des bêtes féroces et pilleurs. Immersion ludique et sportive ;)

Saint Nectaire, la ville « double », nous laisse sur notre faim. La station thermale en mode survie, austère ville haute, un monde fou dans l’église où les guides bénévoles de CASA s’évertuent à inculquer la substantifique connaissance religieuse et architecturale à des groupes de touristes certes attentifs mais un rien hagards… que retiendront-ils de tout ça ? Moi, pas grand-chose, le site est désincarné, retapé de tous bords et le nombre d’âmes présents fait perdre toute magie. Reste l'extérieur, toujours majestueux...

Pas grave, nous nous rattrapons à Saurier, vieux, vieux village aux maisons ancestrales fleuries, non sans avoir acquis un ¼ de Saint Nectaire dans un gaec bondé de visiteurs venus s’imprégner du « vrai » fromage. La rivière torrentueuse La Couze serpente entre les bâtisses témoins d’une vie commerciale intense en d’autres temps. La journée se termine à Saint Floret à la terrasse lumineuse d’un bar-resto très convivial où le patron propose à sa carte du jus de bissap, de gingembre, planteurs et autres réjouissances, un ex des îles ! Nous serons raisonnables avec nos bières pressions, visite du village pour demain.

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Saint-Floret respire le moyen-âge avec ses maisons à voûte et escaliers escarpés. Notre guide, une « vierge hiératique » au port de tête royal, nous en dévoile le trésor : des fresques uniques contant le roman d’Arthur et un épisode de Tristan et Iseult, le seigneur des lieux était un amoureux de l’art ! Nous marchons dans les pas de notre statue vivante qui récite son couplet avec une rigueur religieuse, en compagnie d’un petit groupe composé d’une famille souriante et d’un couple de femmes dont l’une mène l’autre à la baguette à coup de « ma chérie » qui obtiennent aussitôt satisfaction. Ambiance rigolote qui anime cette visite imprégnée de l’austérité de notre guide, incontournable cependant pour accéder aux fresques uniques et aux arcanes de la vie du village.

Nous quittons l’ancien bourg de vignerons – le phyloréxa a décimé toute la vigne de la région, sans espoir de renaissance – pour rejoindre Issoire et son abbatiale colorée. L’une des nefs est en cours de restauration aux mains de jeunes spécialistes. L’abbaye a conservé ses remarquables décors peints qui faisaient la beauté de ces lieux, plus chaleureux et joyeux que nos édifices de granit. Ici, la pierre d’Arkose vient des carrières de Montpeyroux, un grès jaune doux.

Nous enchaînons par un parcours via les villages « les plus beaux de France », nichés sur leur promontoire. Après Saint-Floret, Usson, où fut assignée à résidence la Reine Margot, trop forte tête pour le goût de certains. Ce qui ne l’empêchât pas d’accueillir artistes et amoureux des belles lettres et de continuer à jouir de la culture et de la science dont on voulait la soustraire, non mais !

Direction Montpeyroux, lui aussi labellisé, totalement abandonné dans les années 50 suite au phyloxéra et à la guerre, et qu’un architecte féru de belles pierres, décida de réveiller. Pari tenu, le village est aujourd’hui impeccablement retapé. Montée incontournable dans le donjon où un escalier de meunier – où l’on voit sous les jupes des filles – nous élève jusqu’à de belles salles et la très spectaculaire vue panoramique sur la chaîne des Puy. Nous passons la nuit sur le parking aménagé pour les visiteurs, dans l’ombre des belles sculptures d’Yves Guérin, artiste du cru, après un toilettage de Julieta dans l’aire de service. Au top !

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Nuit perturbée par l’arrivée d’un belge qui se colle à notre fourgon. Il part heureusement à l’aube et nous retrouvons notre vue sur les montagnes. La pluie est drue et l’air frais. Deux villages fortifiés sont à notre programme : La Sauvetat, encore un site remarquablement réhabilité grâce aux bénévoles d’une association et les deniers des collectivités locales. Là encore, on est téléporté au moyen-âge : murs de pierres, portes de bois et ferronneries sans âges, nous sommes seuls dans les ruelles, comme souvent dans nos escapades rurales.

Saint-Saturnin est un plus gros bourg, château de seigneur et quartiers médiévaux, c’est souvent la boucherie qui reste le témoin contemporain de l’activité commerçante. Eglise majestueuse avec, comme à La Sauvetat, une vierge en majesté à l’enfant.

Sur la route de Gergovie, la vierge encore à Monton. Celle-ci rivalise avec le christ de Rio à 21 mètres de haut. Rien n’arrête les afficionados de la Sainte Mère ! Philippe a l’œil : il avise de magnifiques prunes sauvages et tel l’homme des bois, réalise une cueillette quasi miraculeuse, la vierge sans doute…

Le plateau de Gergovie sous la pluie ne manque pas de panache, avec l’hommage au valeureux, et paraît-il très séduisant, Vercingétorix, vainqueur des romains par forfait.

Nous redescendons tranquillement vers le Puy de Dôme avec panorama sur Clermont-Ferrand. Nous nous limiterons à une visite de l’espace très touristique de la gare du téléphérique où est astucieusement installée une caméra qui filme en permanence le sommet. Le brouillard est total, nous stoppons net notre élan d’ascension avec le nouveau train, les véhicules étant « non grata » au sommet. Bel effort collectif des collectivités pour redonner à la montagne son look d’antan, où les brebis pâturent pour éviter la pousse des arbres. On se niche dans un coin du graaannnd parking réservé aux camping-cars de jour, et on nous sommes manifestement tolérés la nuit, en forêt, on est bien.

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Il pleut toujours, une grave décision est prise : lessive time ! Le pied du Puy de Dôme est le cadre idéal pour une matinée ménage/coconning. Après une petite collation en prévision des retrouvailles du soir avec un cousin, descente à Clermont-Ferrand Centre. Oups, la ville présente dans son cœur un visage quelque peu négligé. Commerces en perdition, bâtiments –mal- tagués, rues piétonnes mal entretenues, l’arrivée à la cathédrale noire n’est pas avantageuse.

L’édifice reste impressionnant surtout extérieurement. A la Maison du Tourisme, l’accueil est un peu « sec », nos mines examinées avec attention alors que Philippe brandit un billet de 200 € devant une hôtesse suspicieuse, n’en ayant jamais vu avant. Notre "pass" en main, déambulation dans la vieille ville qui porte bien son nom : aucune valorisation du patrimoine, on sent que le cœur bat ailleurs. Notre Dame du Port a été repeinte, il ne reste plus grand-chose de l’éclat polychromique médiéval. Il est temps de retrouver nos amis pour une soirée gastronomique.

Le lendemain, le ciel est plus clément pour l’ascension du Puy. Très froid au sommet mais le spectacle en vaut la peine. Toujours prompts à vénérer les dieux, les romains y ont bâti un temple à Mercure dont le centre d’interprétation révèle les enjeux. Les acteurs locaux, ambitieux, on entamé une reconstitution qui devrait projeter le public dans tout la splendeur de ce lieu cultuel. Envies de parapentes aussi, le site est parfait ! Peut être nous tenterons l’envolée…

Suite du programme avec l’Aventure Michelin, espace touristico-industriel à la gloire des frères Michelin, visionnaires, érudits et malin. Au-delà du produit, le célèbre pneu, c’est bien de l’expérience utilisateur qu’il s’agit ou comment ces capitaines d’industrie ont créé leur empire, façonné une ville, éduqué des populations, autour de la mobilité, en n’en valorisant tous les axes : signalétique, trafic, tourisme, des génies à tout point de vue. Deux heures 30 plus tard, fatigués mais ravis, nous repartons vers Chamallières, notre havre de nuit.

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Lever tardif et petit déjeuner pantagruélique pour repartir musarder un dimanche à Clermont Ferrand. Le très coloré marché aux puces où des femmes turques préparent sous nos yeux des godzelmes fourrés et palpitants. Pause dans le très agréable jardin des plantes après un tour Place des Jaudes et le long du grand boulevard où l’ancien hôpital attend son heure, une réhabilitation d’envergure. Jardin des plantes donc au sympathique bar-restaurant avec rotonde et musée Bargoin, où l’on plonge dans l’archéologie et l’histoire gallo-romaine, avec bien sûr reconstitution de la célèbre bataille de Gergovie, très bien fait. L’expo temporaire est consacrée aux Qalamkars, tissus iraniens qui retracent les histoires ancestrales de la Perse.

Retour en bus pour une courte visite de Royat, vieille ville bien sinistre et thermes en fin de course. Nous faisons une pause au Cintra, la « place to be » de la ville. Coussins au-delà de l’usure, serveurs négligés, assortis à l’état de la station dont l’ancien faste se dévoile encore dans le 5 étoiles qui nous fait face.

Le lendemain, journée Vulcania ! Repus d’un bon p'tit déj à l’auvergnate, nous filons vers le parc "es volcans". Bilan mitigé : quelques attractions amusantes et intéressantes, dont un vol planant dans les montagnes, mais globalement, on reste sur des notions plus ou moins connues sur les volcans. L’ambiance se veut plus « ludico-familiale » que « scientifico-touristique ». Un bon moment quand même malgré l’animation poussive et veillotte, à ne faire qu’une fois.

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Dîner de la veille en tout point parfait chez Monsieur et Madame Gigot, ça ne s’invente pas ! Nom prédestiné pour les propriétaires de l'Hostellerie Le Petit Bonneval, belle auberge au pied du plateau de Gergovie. Table élégamment nappée d’un coton brodé, terrasse boisée et menu alléchant qui nous chatouille déjà les papilles : cannellonis d’ombles – poisson local – au pesto, agneau à la cuisson maîtrisée et légumes frais, fromages bien sûr et crêpes aux sorbets rafraîchissants… une merveille ! Philippe s’est régalé d’un œuf à la cuisson idéale – 64°- accompagné de truffes et de girolles, et d’une crème brûlée où se nichait un pain d’épices… effet Waouh assuré !

Lever tardif en ce 15 août où nous remontons doucement vers Les Sables d’Olonne. Première halte à Volvic où de nombreux édifices portent la marque des compagnons. La pierre volcanique noire est toujours présente. Passage au pied des usines Volvic qui font battre le cœur de la vallée et à Riom, bourgade aux relents médiévaux, très belles maisons rénovées, le centre ville offre une belle allure au regard de Clermont Ferrand au centre abandonné !

Châtel-Guyon, une dernière station thermale, se dresse fièrement au creux de la montagne. Grand hôtels en activité, résidences luxueuses, les années 30 vivent toujours ici. On sent cependant la fin de règne. Pause pluvieuse au Gour de Tazenat, dernière trace des volcans avec son lac en forme de cratère bien arrondi, un vrai décor de film !

Le lac de cratère du Gour de Tazenat, cercle quasi parfait  vu du ciel

A Châteauneuf-les-Bains, c’est la grande fête du 15 août, vide grenier géant et animations à gogo. Nous passons notre chemin pour profiter d’une route magnifique le long des Gorges de la Sioule, de Châteauneuf à Ebreuil. Le spectacle est saisissant. Le spot vraiment idéal pour une balade en kayak dans le calme et la splendeur de la rivière. Rien à envier aux Gorges surchargées de l’Ardèche ou du Verdon, c’est dit nous reviendrons dans l’un des chouettes campings de Chouvigny , un nom à retenir !

Arrivée à Ebreuil, qui marque la fin de ces paysages abrupts et visite de l’abbatiale du XIIe aux fresques uniques. Nous passerons la nuit le long du stade avec vue panoramique sur la colline, bucolique.

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D’églises en abbayes, on aime ça ! Les profanes que nous sommes apprécient la quiétude et l’énergie de ces lieux. En visant Evaux Les Bains, on se perd un peu – saurais-je jamais lire une carte ? – mais arrivons au pied de l’ancienne abbatiale, monumentale vu la petite taille du bourg. Et coupée totalement du centre thermale, en désuétude comme toujours. La France est-elle en train d’abandonner le curisme ? Trou de la sécu ?

Julieta dévalle la demie montagne à tombeau ouvert vers une autre abbaye, de Sainte Valérie cette fois. Réellement majestueuse de l’extérieur, elle recèle des trésors à l’intérieur dont les représentations inspirantes de la fameuse Valérie, décapitée pour avoir refusé de convoler avec un certain Martial, acte qui provoque des miracles en série…. Sacrée Sainte !

J’allais oublier le détour entre Evaux et Chambon-sur-Voueize par Le Châtelet, l’un des rares villages aurifères de France. Les maisons mignonettes sont encore habitées, la mine noyée depuis 1956. Dans le même coin, le viaduc de Busseau, injustement attribué à Eiffel, règne en maître sur La Creuse. Il est tellement bien niché qu’on le voit à peine, il faut dire que la région n’est pas fan de signalétique ! Cap sur Guéret et le Lac Saint Pardoux où nous comptons bien faire quelques brasses demain. On s’arrête à Bénévent l’Abbaye (forcément) où la fête foraine s’installe , contrastant avec l’édifice religieux rude et austère. Après moult virages en épingles à cheveux, en surfant entre Creuse et Haute Vienne, nous atterrissons enfin au lac convoité : c’est chouette, vite une bière !

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Baignade bienfaisante dans une eau à 22°, douce et à peu près pure, au milieu d’une population bigarrée allant des jeunes des quartiers de Limoges (accueillis au centre de loisirs du Conseil Départemental, la classe !), aux étrangers férus de lacs : britanniques, néerlandais et quelques allemands perdus dans la Haute Vienne. Il est vrai que le site est parfaitement équipé avec des douches – glacées – et un boulanger qui « corne » le matin à l’ancienne.

Plongeoir pour Philippe auprès d’une bande de jeunes et quelques longueurs pour se détendre de la route qui serpente pour arriver à ce lieu de villégiature. Nous sommes à la plage du Santrop. Au prochain passage, nous testerons celle de Freoudour, proche du village de Frioudour aujourd’hui englouti.

Route du retour… repus d’églises et autres abbatiales, nous ne ferons que traverser de beaux villages dont Confolens et Rufec… nous y reviendrons. Halte en deux temps en Charente, Périgné d’abord, où les cloches sonnent un peu trop à notre goût. Le spot est pourtant sympathique, derrière l’église. On se réfugie au village suivant, Prahecq, sur un petit parking du cimetière, hé, hé, le calme est assuré ;) 6h ! Les cloches sonnent aussi ici, diable ! La Charente a gardé ses coutumes. Pluie battante, nous musardons un peu dans le fourgon et quittons Prahecq vers notre port d’attache : Les Sables d’Olonne. Exploit du jour : réussir à contourner Niort en couplant GPS, carte routière et cellules grises via… Saint Symphorien et hop, dans le marais poitevin. Pause déjeuner près de la belle chapelle de Puyravault, dernière escale de notre virée auvergnate.

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Revenus vers l'Auvergne en 2018, nous recommandons ici deux visites sympathiques : à Hauterives d'abord, avec le palais idéal du facteur cheval. Cet homme curieux de la vie, un rien fantasque, a créé ici une oeuvre phénoménale d'art brut, saluée par de nombreux artistes, inspirées par les pierres qu'il prospectait sur son chemin postal et les illustrations des cartes et magazines qui permettaient un voyage virtuel en ce début de XXème siècle.

L'espace muséal, sobre et fort bien scénarisé, favorise l'immersion dans l'esprit de ce facteur original, ses influences et son influence pour les artistes d'aujourd'hui. Hauterives a eu l'intelligence de faire vivre ce lieu incroyable chaque année lors d'un festival... il faudra revenir 😉

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Deuxième balade recommandable : Le Puy en Velay. De sa cathédrale, munis de leur lettre de recommandation, partent de nombreux pèlerins vers Saint-Jacques de Compostelle. On plonge avec curiosité dans les ruelles médiévales aux pierres volcaniques, sous l’œil bienveillant de Notre Dame de France qui règne en majesté sur la ville. Beau patrimoine urbain, malgré une décrépitude palpable, espérons que ce patrimoine pourra être revalorisé un jour.