Après 2 semaines de courses alpines sur son massif, j'ai rempilé quelques jours de plus en mode rando pour lui tourner autour. TMB tronqué pour cause de météo mais que du bonheur.
Juin 2019
5 jours
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Il se passe souvent plusieurs semaines, mois avant que je ne replonge dans mes voyages, mes aventures. Ces supers moments. Comme une longue gestation, je prends le temps nécessaire pour en faire la synthèse, pour les apprécier à leur juste valeur. Cela fait 6 mois que j'ai quitté les Alpes, j'y ai passé trois formidables semaines.

Entre deux eaux et en pleine réflexion pour ré-imaginer mes projets pour 2020, les brumes de l'hiver qui s'annoncent, voilent un peu mon horizon mais cela devrait s'éclaircir bientôt. Un petit retour sur des cieux dégagés ça ne fait pas de mal.

Tout a commencé au détour d'un tunnel....

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Enfin presque... Il y a toujours cette étape de préparation en amont.

On essaie de rien oublier 
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Départ de Chamonix (1035 mètres). Chamonix que j'ai découvert pour cette occasion, j'ai vraiment kiffé. En juin au début de saison estivale c'est parfait, il commence à faire beau et bon, la ville n'est pas encore envahie par les hordes de touristes.

Chamonix, j'ai adoré 
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L'objectif du jour est de franchir le col de Voza (1653 mètres ) pour arriver aux Contamines-Montjoie (1150 mètres). La météo n'est pas franchement optimiste avec des orages prévus pour l'après-midi en altitude (alerte orange). La météo, elle m'a déjà joué un tour ces derniers temps, mais je peux pas me plaindre j’ai été gâté dans l’ensemble. Je décide de m'élancer. Ce ne sera pas encore la "haute montagne".

En route sur les pentes avant le col de VOZA, la vallée de Chamonix derrière. 
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Deux semaines se sont passées depuis mon arrivée, je suis en pleine forme physique. Après quelques courses et quelques sommets au delà de 3500 mètres je sais que je vais rencontrer des courbes de niveau un peu plus douces et des altitudes plus confortables. Quelques cols au delà de 2500 mètres, mais rien de bien compliqué avec de bonnes conditions. Ok avec quelques kilos en plus sur le dos car le choix de l'autonomie complète s'est imposé. Mais quelle liberté! Et avec le recul je ne le regrette pas.

Je pars aussi avec cette petite amertume, ce regret qu'il n’ait pas voulu de moi. Il ne m'a pas laissé le plaisir d'atteindre son sommet. Je vais donc lui tourner autour pour lui montrer, lui montrer que j'en étais digne, pour lui donner des regrets à lui aussi. Il se laissera faire la prochaine fois.

Il faudra aussi se jouer de la quantité de neige encore importante à "haute altitude". Les contraintes: le balisage et le sentier qui resteront cachés, se fier aux traces, éviter les « variantes alpines » qui sont franchement déconseillées par les professionnels de la vallée et se trimballer le kilo supplémentaire des crampons obligatoires.

Les premiers pas sur des chemins qui restent encore civilisés. 
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Arrivé au col sans difficulté, sans paysages époustouflants non plus. En un instant le temps se fait menaçant, je ne traîne pas, ça va tomber et c'est rien de le dire. Pas de photos, la descente se fait sous une pluie battante sur de l'asphalte... Je patiente une heure durant sous le porche d'un chalet pour éviter la tempête (vent, tonnerre, grêle). On va pas rester là toute la journée, une accalmie me permet de reprendre la route qui traverse plusieurs villages. Une boisson chaude et quelques kilomètres plus tard j'arrive aux Contamines. La pluie cesse. La tente sera montée au sec à la sortie de la ville: un spot surplombant la rivière. Sympa.

18 km aujourd’hui, pas de trace. 1000 mètres de D+

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Départ au petit matin, il fait beau. Au menu de la matinée: un premier "gros" col m’attend: le col de la Croix du Bonhomme (2479 mètres).

La pleine nature enfin! Plus de routes, plus de lignes à haute tension. Un certain isolement. Le sentier large serpente au milieu des alpages.

Les paysages sont encore verdoyants 
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Petit à petit la roche et la neige prennent le relais. En cette fin de printemps la neige n'a pas dit son dernier mot. il en est pas mal tombé ses derniers jours. Cela offre une lumière est une ambiance encore différente. C'est superbe.

Il est temps de chausser les crampons 
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Première bonne nouvelle les traces sont faciles à suivre. Arrivée sans difficulté au premier col : le Col du Bonhomme (2329 mètres).

Le col: 2329 mètres 
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Un peu plus loin et à peine un peu plus haut Le Col de la Croix du Bonhomme (2479 mètres).

La variante alpine par le Col des Fours se fait entendre et m'appelle à l'Est. on va rester raisonnable est descendre par le refuge vers le Sud.

C'est pas très claire mais oui ce sont les matérialisations du Col 
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Voici le refuge du Col de la Croix du Bonhomme (2433 mètres) après quelques centaines de mètres vers le Sud. Une bonne pause et une succulente part de tarte m’attendent. Les randonneurs qui arrivent de la vallée plus au Sud lézardent au soleil.

La vallée et la "civilisation" qui m'attends... 
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J’interroge mes hôtes éphémères: la variante alpine croisée quelques mètres plus haut est praticable avec la météo du jour en faisant bien attention de biens suivre les traces. La décision est prise, je rebrousse chemin en directions du Col de La Croix de Bonhomme. Je bifurque à droite, les traces en direction du Col des Fours (2665 mètres) ne sont pas forcément évidentes à trouver. Mais cela valait vraiment la chandelle. De superbes paysages. Et après quelques nuages inquiétants qui bouchent le passage, la descente en direction de la "Ville des Glaciers" s'ouvre. Génial!!

Après les nuages, la descente qui s'ouvre sur l'autre versant 
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Il est temps de trouver une zone de bivouac pour la nuit, pas le temps d'arriver au hameau. il faut descendre pour atteindre une altitude plus clémente et supporter le froid de la nuit. Je lorgne sur le topoguide qui indique des anciennes bergeries. C'est vendu le bivouac sera à l'abri du vent.

L'ombre monte petit à petit dans la vallée. La lumière est superbe. 
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21 km et 1953 mètres de D+ 
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Départ à l'aube, le temps est encore de la partie. Traversée du hameau de la "Ville des Glaciers" puis première halte pour un petit déj au refuge "les Mottets" (1870 mètres). Trop bon!

Le Chalets des MOTTETS 
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Après s'être restauré, la première difficulté de la journée: les pentes du Col de la Seigne (2512 mètres) se dressent devant moi. Après quelques efforts et quelques lacets le col est franchi. Que l'on se tourne vers le Sud d'où je viens ou vers le Nord où je vais, il n'y a pas grand chose à dire.... Comment expliquer? Difficile de décrire les sensations. J'ai vraiment de la chance de pouvoir être au milieu de ces lieux magiques. Tu relativises vraiment. tu te sens tout petit, tu prends conscience de ce qui t'entoure, les priorités ne sont plus du tout les mêmes: une seule chose compte: profiter!

Une halte bien méritée, mais surtout toujours ces panoramas à couper le souffle 
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Le col marque la frontière entre la France et l'Italie, mais aussi la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et l'Adriatique. On entre en Italie, dans le Val d'Aoste, direction Nord-Est. Descente superbe d'un large vallon: le vallon de la Lée-Blanche sur le versant Nord, les crampons sont de mises...


Je m’engouffre tout au fond d'une longue vallée qui file sans fin vers le Nord-Est: Le Val Veny, puis ce sera autour du Val Ferret. Je devrais la longer pendant au moins 3 jours en faisant un crochet par Courmayeur

Le sentier passe sous le refuge de CAI Elisabetta (2200m) 
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Le lac Combal se profile en contrebas, après une longue route droite carrossable voici la retenue d'eau.

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Le guide indique un lac à quelques mètres plus haut: le lac de Miage formé par le glacier du même nom: un paysage presque lunaire. Le "bleu" du lac est saisissant de contraste. Un bon spot pour déjeuner. Il est rythmé par le bruit des éboulis : le glacier est vivant, il avance tout doucement.

le lac de Miage (2020m)
le lac de Combal (1975m) 
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Il est temps de repartir pour la dernière ascension de la journée, la forme du glacier se dessine en face sur l'autre versant avec sur sa gauche le spot du déjeuner.

Le glacier Combal 
La vallée qui s’étend à l'infinie est superbe 
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Arrivée au lac de Trecouit (2165 mètres), le meilleur coin dans les environs pour planter sa tente.

Le lac de Chécrouit. On se sent tout petit... 
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24,5 km et 1317 mètres de D+ 
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Encore une bonne nuit d'un sommeil réparateur. Le temps de démonter le bivouac, c'est reparti le ventre vide. Bye-Bye le Lac de Chécrouit (2165 mètres). Le prochain refuge n'est pas loin (1956 mètres) pour prendre le petit déjeuner. Effectivement un petit déjeuner royal au soleil.

Col de Checrouit. Refuge de Maison Vieille: très chouette
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La journée devrait être moins physique que la veille. L’itinéraire suit une longue descente, le cardio devrait se calmer, mais les descentes ce n'est pas forcément ce que je préfère.

Qui dit descente, dit retour dans la vallée: on traverse à nouveau quelques hameaux et pâturages.

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Le sentier emprunte une longue descente raide jusqu'à Courmayeur. Courmayeur, de l'autre côté du Tunnel du Mont-Blanc, l'équivalent italien de Chamonix m'avait t'on dit... J'ai trouvé cette ville très différente et même un peu décevante. j'avais probablement trop d'attente par rapport à ce que je m'imaginais.

Arrivée sur Courmayeur (1226 mètres)
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Le temps de traverser cette petite ville, de se remplir le ventre d'une bonne pizza... On est en Italie, ça s'impose, je sors de la ville pour trouver un coin isolé pour planter la tente.

Courmayeur... RAS 
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En Italie la règle pour le bivouac est différente: c'est tout simplement interdit en dessous de 2500 mètres. L'idée de gravir 1300 mètres de dénivelé positif sur le reste de la journée et de se geler la nuit suivant ne m'emballe pas.

Une prairie tapissée de fleurs surplombant un torrent fera l'affaire. Le cadre champêtre parfait.

Le torrent, comme le lac de la veille, est bienvenue pour faire un brin de toilette. L'eau glacée c'est tonifiant mais bien mieux que les lingettes...

La prairie fleurie... Que c'est beau! Mais il fallait le dire vite, très vite... 
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9,2 km et 190 mètres de D+ 
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A peine la tente montée, un tsunami inattendu... Feu! Les jolies fleurs... En quelques secondes il n'en restait plus grand chose!

Efficace! 
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Après-midi plus tranquille, je prends mon temps.

La moitié du TMB avalé en 3,5 jours. L'itinéraire se fait souvent sur une dizaine de jours. Sept à huit jours devraient me suffire. Bon, les meilleurs parcourent les 170 Km et les 10000 mètres de dénivelés positifs du parcours de l'UTMB (Ultra Trail du Mont-Blanc) en à peine une vingtaine d'heures.... Admiratif.

Cependant la météo a tendance à se gâter fortement après-demain et pour les jours à venir. Il sera difficile de terminer le tour cette fois-ci. La pluie fait partie du décor, mais les mauvaises conditions sur plusieurs jours c'est pas mon truc. Toujours privilégier le plaisir.

Demain est au beau fixe: je ferai le maximum de chemin.

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La journée commence direct dans le dur: une raide montée qui traverse la forêt de mélèzes pour atteindre le refuge Bertone (1989 mètres). La rançon de la longue descente d'hier. il faut effacer ce long dénivelé négatif.

Toujours sous le soleil, la haut la vue est magnifique.

Courmayeur, j’aperçois face à moi le col de la veille (Col de Checrouit)
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Arrivée au refuge. Très sympa, pratiquement personne et toujours ce bon café italien qu'on apprécie face aux montagnes. Je pourrais m'y poser pendant des heures avec un bon livre.

Trop bon!
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Encore un endroit terrible et toujours ce soleil qui nous donne ce panel de couleurs, je ne m'en lasse pas. C'est paisible...

Le panorama nous offre une vue sur le Mont-Blanc du côté italien. Très différente de la face "française". Ici il expose une face minérale, verticale, torturée. De l'autre côté il est plus doux, recouvert de neige et un sommet aux formes arrondies, il se montre plus accueillant.

Le Mont-Blanc, face italienne 
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Le temps de finir la collation du matin et de reprendre le sentier, quelques mètres plus haut je retrouve la longue vallée empruntée l'avant veille qui s'allonge de tout son long vers le Nord-Est.

Le chemin se tortille tranquillement sur une courbe de niveau plane: idéale pour apprécier le paysage 
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C'est au tour des "Grandes Jorasses" (4208 mètres) de s'offrir. Majestueuses!

Les "Grandes Jorasses" 
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Une vallée majestueuse: du Sud Ouest d'où je viens au Nord Est et le Grand Col Ferret à franchir

Ces 2 clichés représentent la partie italienne du TMB entre le Col de Seigne au Grand Col Ferret. Un vallée magnifique et sauvage.

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Pile en face des Grandes Jorasses le refuge Bonatti (2025 mètres). Le sentier n'est pas encore trop fréquenté. Je croise plutôt des groupes d'une vingtaine de marcheurs équipés de leur petit sac à dos pour la journée. Quelquefois des traileurs aussi, certains préparent le prochain UTMB fin Août. Différentes façons de vivre la montagne, chacun y trouve son compte.


Refuge Bonatti  
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Après quelques kilomètres après le refuge, le chemin quitte sa ligne de niveau pour descendre brutalement vers le fond de la vallée 350 mètres plus bas.

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Au fond le sentier reprends la direction du Nord, la montagne se dresse devant, un cul de sac, pas le choix il va falloir monter : la dernière ascension du jour et probablement de ce trek.

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Le prochain refuge: le refuge Elena (2054 mètres). Il n'est pas encore ouvert, les gérants procèdent au derniers préparatifs pour la saison. Pique-nique sur la terrasse.

Refuge Elena 


Encore un petit glacier face au refuge 
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Le chemin reprends en direction du Col plus haut, derniers mètres dans cette vallée.


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Dernière vue sur la vallée et quelle vue! 
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Le Col du Grand Ferret (2537 mètres), la frontière entre l'Italie et la Suisse

Le Grand Col Ferret 
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Le versant Nord est toujours recouvert de neige, chaussé des crampons les pas sont sûrs et rapides dans la descente. Le sentier réapparait un peu plus loin et se transforme en piste. Elle traverse "le chalet de la peule", sans grand intérêt.


Chalet de la Peule 
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La piste rejoint la route. Une grande partie du TMB en Suisse n'est pas très spectaculaire, il suit pendant un bon moment la "Drance de Ferret" à des altitudes beaucoup plus basses pour remonter ensuite à Champeix (1460 mètres). A partir de ce point l'itinéraire peut reprendre un peu plus d'altitude et emprunter des variantes alpines jusqu'à Chamonix.

Avec les mauvaises conditions prévues pour les jours à venir, je décide de d'arrêter le TMB au village du Ferret (1705 mètres). Quelques kilomètres d'asphalte plus loin, un arrêt de bus, je dormirai ce soir à Orsières pour regagner demain Chamonix par le train.

Pas de regrets, ces quelques jour en liberté étaient vraiment géniaux.

La recette?: le plaisir de l'effort, vivre le temps qui passe, un bon livre, la chaleur du soleil, des paysages qui imposent le silence, sans oublier de bonnes rencontres.

Le Ferret, fin de mon TMB. 
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29,5 km et 1750 mètres de D+ aujourd'hui 

Je reviendrai terminer ce qui est inachevé...

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Au cours des 2 semaines précédentes, j'ai un peu crapahuté pour atteindre quelques sommets du massif du Mont-Blanc. Avec un "camp" de base à Chamonix c'était vraiment top. Je me suis essayé à l'alpinisme, et ses techniques. Vraiment sympa, même si marcher en liberté est ce que je préfère. Pas besoin de se soucier du matériel pour entreprendre certaines voies, pour se risquer sur les glaciers ou pour s'assurer les uns les autres. Mais j'avoue que sans tous ces moyens il serait difficile, voir inconscient de s'aventurer sur certains terrains et d'être privé de la satisfaction d'être "au dessus", d'observer à perte de vue, de croiser des paysages magiques. A moi de trouver le bon compromis.


L’ascension des "Petites Fourches" s'est faite en 2 jours en partant du "Tour" (1433 mètres). L'approche sur la première journée consiste à atteindre le refuge "Albert Premier" (2700 mètres). Journée exécrable sous la pluie et le brouillard. Je n'est rien vu. Arrivé trempé après 3 heures de grimpette et 1200 mètres de D+.

Après la traversée des derniers alpages et la forêt un peu plus haut, nous atteignons la langue du glacier du Tour. Le chemin grimpe alors en ligne droite jusqu'au refuge.

L'approche du premier jour 
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Le refuge est très sympa et chaleureux. Un bon sofa moelleux, la chaleur du poêle à bois et un bon livre pour passer l'après-midi dans les nuages. C'était vraiment chouette.

Le refuge Albert Premier: vraiment cosy 
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En fin de journée la montagne se dévoile enfin et nous offre ce panorama et ce magnifique couché de soleil.

Le Glacier du Tour 
Comme une crème fouettée  
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Second jour, levé à 04 heure, le temps est avec nous, un soleil radieux et pas un nuage. Un peu de vent.

Marche sur les glaciers, encordements longs, ils sont beaucoup plus courts sur les arrêtes lors de la progression dans la roche à l’approche "du sommet". Une superbe journée. Des paysages, des images qui méritent vraiment de se donner du mal et de se lever à pas d'heure.

Un océan de neige: Je m'imagine me laisser tomber sur ce "matelas" ...
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Le sommet des "petites fourches" 
La trace de la matinée 


Au sommet 3470 mètres .. milieu de matinée. 
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Les images peuvent être trompeuse, il faut pouvoir lutter contre le froid 
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Retour par le même chemin avec une longue pause au refuge et une bonne omelette.

1000 mètres de D+ et 2200 mètres de D- aujourd'hui.

Arrivée dans la vallée: Le Tour 
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Autre très bon moment, pile au milieu du massif à quelques centaines de mètre à peine du Mont-Blanc: après m'être approprié les premières techniques de l'escalade sur glace sur la mer de glace la veille, mise en pratique à plus de 3500 mètres d'altitude aux alentours de l'Aiguille du Midi (3842 mètres).

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Départ de l'Aiguille et descente raide de la crête pour atteindre le glacier sur la Vallée Blanche. En hiver, en chaussant ses skis, ses pentes peuvent nous amener pratiquement jusqu'à Chamonix. C'est superbe.

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Sur le Glacier, malgré la cordée on est finalement assez seul: l'espacement est assez long entre nous pour anticiper les éventuelles chutes dans les crevasses des premiers. François, notre guide, 60 ans et une caisse d'enfer, connaît parfaitement les lieux. Bon il nous indique ça et là les différents lieux où il a perdu ses amis. De sa promotion, pour devenir Guide, il est à priori le dernier...

On va chercher la glace bien noire, la plus dure 
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Sur la pente glacée, les griffes de tes crampons ne s'enfoncent que de quelques milimètres dans la glace noire. Seules les deux griffes à l'avant de chaque pied te retiennent à la paroi. tu t'accroches fermement à tes piolets d'escalade que t'as dans chaque main.

Pile en face de l'aiguille un bon spot de glace 
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Retour en sens inverse pour casser la croute au refuge des cosmiques.

Retour par le refuge des cosmiques 
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Milieu d'après-midi retour à l'aiguille...

il faut remonter la crête 


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700 mètres de D+ aujourd'hui 
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Le Dôme de Miage... Comment dire? Il n n'était pas prévu au programme. L'objectif de cette seconde semaine était de s'attaquer au toit de l'Europe et fouler son sommet à 4810 mètres. Les conditions en auront décidé autrement. On ne peut pas gagner à chaque coup et il faut l'accepter.

Le Dôme de Miage, un lot de consolation au départ. Une course présentant des similitudes parait-il avec celle du Mont-Blanc: pas très techniques, une progression pratiquement exclusive dans la neige, un sommet à 3673 mètres compatible avec la force du vent prévue en altitude. C'est en effet à ce niveau qu'était le nœud du problème: sa force était supérieure à 80 Km/h au delà de 4000 mètres.

Je peux dire que j'ai encore kiffé. Cétait vraiment bien, j'ai mitraillé malgré les mains qui me brulaient à chaque fois que je remettait les gants.

Départ le premier jour des Contamines-Montjoies pour le refuge des Conscrits (2602 mètres). Approche qui se fait dans les nuages dans un premier temps. Petite halte au refuge de "Tré la Tête" (1970 mètres).

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Un peu plus haut on grimpe sur le glacier du même nom toujours dans les nuages. Encore une fois je ne vois pas grand chose de l'approche. Demain il devrait faire grand bleu.

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Dernière pente raide, nous dépassons les nuages. Enfin de quoi éblouir mon regard. Arrivée au refuge en début d'après midi.

Refuge des Conscrits, moins chaleureux que celui « d'Albert Premier »
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1500 mètres de D+ aujourd'hui 
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Second jour, départ à 04 heures, Il fait froid mais dès que les premières lueurs du jour apparaissent, le show peut commencer.

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Nous progressons pendant quelques heures sur le glacier pour atteindre par une dernière pente raide la base des dômes.

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Le vent nous glace le sang, mais c'est tellement beau.

Effectivement pas de difficulté pour atteindre les dômes enneigés, il faut un peu de souffle pour grimper et suivre le rythme de François mais ça je sais faire.


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Arrivée sur la crête: il faut rester vigilant et assurer ses pas pour maintenir l'équilibre et éviter de dégringoler quelques centaines de mètres plus bas. Pas facile de rester concentré, ton regard est hypnotisé par la beauté tout autour.

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Le sommet à 3673 mètres 
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1100 mètres de D+ 
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Retour par le même itinéraire, C'est vraiment beau.

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Retour au refuge des Conscrits 
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Après un peu de repos et un bon repas pour recharger les batteries, il est temps de redescendre dans la vallée. Le soleil radieux et le ciel dégagé nous permettent de profiter des lieux contrairement à la veille. on en prend plein les yeux. Il y a beaucoup moins de vent aussi.

La paroi de glace est impressionnante: on file tout droit, les crampons accroches, tes jambes luttent contre la gravité: ça brûle!
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la fin du glacier derrière nous: la paroi de glace qui vient de nous faire mal 


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The END 
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Cette journée... Une histoire de souffle... Un souffle qui change le programme, un souffle qui te glace. Cette journée qui a coupé mon propre souffle, le souffle de l'effort, le souffle pour exprimer et partager les ressentis.

J'attends et m’imagine les prochaines brises... Bientôt j'espère.

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Quelques tours de manège
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