Carnet de voyage

Vietnam - Nord

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Entre mers et montagnes
Du 13 au 27 décembre 2017
15 jours
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Publié le 8 février 2018

Atterrissage à Hanoï. Suite aux lectures des différents blog sur internet indiquant que beaucoup de voyageurs au Vietnam ont dû faire face aux interpellations constantes et insistantes des vietnamiens, aux arnaques sur les prix et parfois même aux vols, nous sommes méfiants. Avant de passer les dernières portes vitrées qui nous feront quitter l’aéroport, depuis lesquelles d’ailleurs nous apercevons déjà des dizaines de taxis et de rabatteurs qui nous attendent, nous prenons soin de repartir nos sous en plusieurs endroits, d’enfouir nos passeports et autres papiers sous nos vêtements, et sommes d’accord sur le fait de dire non et de tracer notre route à chaque fois que quelqu’un voudra nous aborder pour nous vendre quelque chose. Les deux sacs bien accrochés, nous passons les portes et entrons officiellement sur le sol vietnamien.

Une première personne vient vers nous et nous demande : « Taxi ? » C’est parti... « No, thanks, we will take the bus ! » répondons-nous en continuant de marcher. « The bus ? Ok ! I can show you where is it, very close ! Where are you from ? France ? Ah, France... comment allez vous ? Ça va bien ? Look, bus stop is just there ! Enjoy your trip, au revoir, bye bye !» ... bah alors... sont très sympa ces vietnamiens !

Nous n’aurons aucune autre sollicitation jusqu’a l’arrivée à notre hôtel. Malheureusement mon angine n’a pas disparu et bien que la fièvre soit tombée, j’ai toujours la gorge très douloureuse et je perdrai même ma voix pendant deux jours. L’employée de l’hôtel sera aux petits soins avec moi et me préparera régulièrement des grandes tasses de thé au gingembre et au miel, qui explosent en flammes dans ma gorge mais qui à terme me soigneront parfaitement !

À Hanoï, vous le savez déjà, les rues sont envahies de scooters. Il n’y a pas de code de la route au Vietnam, ou très peu : pas de priorité à droite, pas de priorité à gauche dans les ronds points (on s’engage, charge aux autres de ralentir quand on arrive), et il est fréquent de voir des scooters ou des vélos rouler à contre sens sur les routes.


Il existe quand même des feux tricolores, mais comme il est drôlement dessiné sur les tee shirt pour touristes : Vert, j’en peux y aller ; Orange, je peux y aller ; Rouge, je peux toujours y aller !



Nous commencerons donc à nous adapter à ces nouvelles règles (ou absence de règle) à pied, et c’est déjà assez mouvementé pour le début ! Comme le dise deux français sur leur blog de voyage : « Une fois au Vietnam on s’y fait vite, et surtout on apprend à traverser une rue! Pour cela il n’y a pas de miracle, il faut tout simplement SE LANCER! La première fois on a l’impression de tenter une opération kamikaze, mais au final on se rend compte que ça passe (presque toujours) tout seul! La règle d’or pour traverser une route au Vietnam c’est de commencer par mettre un pied sur la route. Puis avancer en faisant des petits pas! Il faut surtout ne pas paniquer lorsque les scooters commenceront à vous dépasser par tous les côtés! Et si vous voulez un conseil: ne revenez JAMAIS en arrière! Continuez à avancer en tentant de repérer les brèches dans le trafic! »

On ne se rend pas forcément compte sur les photos, mais les vidéos en attesteront 😉


Si vous vous promenez à pied à Hanoï, vous serez tout d’abord et tout le long de votre balade alpagué régulièrement par les conducteurs de tuks tuks, lesquels si vous leur répondez gentiment « non merci » vous rendront un grand sourire et s’en iront tenter leur chance ailleurs, tout simplement.


Vous croiserez aussi beaucoup de femmes avec des paniers cherchant à vous vendre leurs fruits et légumes. Ananas, bananes, clémentines, gingembre... Plus insistantes que les tuks tuks, elles n’hésiteront pas à vous faire porter leurs paniers (oui, c’est lourd!) et à vous suivre dans la rue pendant plusieurs minutes en criant « Pineapple, banana ! ».


Évidemment, vous verrez aussi les fameuses pelotes de fils électriques partout, élément caractéristique du pays ! Les rues d'Hanoï sont bordés d’arbres et les fils sont parfois entourés aux troncs, et se confondent avec les branches dans le décor. On a aussi vu des fils électriques servant à étendre le linge...



Le bambou est également monnaie courante ici. Il sert à tout : échafaudage pour la construction des maisons, échelles et autres objets en tout genre, mais surtout un en particulier : les grandes pipes servant à fumer le tabac (parfois dès le plus jeune âge).



Vous apercevrez aussi beaucoup d’hommes en tenues militaires, vertes, blanches, beiges, aussi belles les unes que les autres. A part surveiller les rues ou les entrées des monuments et des musées, on n’a pas trop su ce qu’il faisaient.


Et bien sûr, les fameux scooters, vélos et chariots bourrés de chargement en tout genre (famille et enfants, fleurs, légumes, volailles, cartons, planches, escabeaux, vitres, la liste pourrait être longue... vous verrez d’autres photos au fur et à mesure du périple 😉).

En seulement deux jours à Hanoï, nous prendrons le temps de déambuler dans les rues et de nous promener autour de quelques monuments...

...ainsi qu’au cœur des temples et pagodes.

Le passé des colonies françaises nous amène évidemment à visiter le musée de la guerre.

De nombreuses carcasses d’avion français et américains sont exposés en extérieur  

Nous sommes stupéfaits de voir que le Vietnam a du lutter contre tant d’envahisseurs depuis toujours ! Nous retrouvons des peintures attestant des batailles contre l’invasion de l’empire mongol sous Gengis Khan dans les années 1200, jusqu’aux photographies de vietnamiens protestant ou construisant des pièges contre les colonialistes français et américains du 19 et 20eme siècle. Visite très prenante.

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Publié le 8 février 2018

Notre bus vient nous chercher directement à notre hôtel (c’est le bon côté des transports vietnamiens !) pour nous emmener sur l’île de Cat Bat. Elle est située juste en dessous de la baie d’Halong, que nous avons voulu éviter (deux cent mille habitants et des immeubles partout ça ne nous tentait pas trop).

Après plusieurs heures de bus nous commençons à apercevoir des montagnes qui s’élèvent à l’horizon. Arrivés au bord d’en l’eau, nous descendons du bus, grimpons sur un bateau pour 5 minutes de traversée, puis reprenons un minibus qui nous dépose au centre de l’île.

La ville de Cat Ba est beaucoup plus petite qu’Halong. Parsemée de quelques rues principales, petites ruelles et chemins piétons bordant la mer de Chine menant à trois plages différentes, elle tente de garder ce qu’il lui reste d’authenticité (les sangliers qu’on croise partout y aide beaucoup !) malgré les nombreux hôtels et restos à touristes qui envahissent l’île de plus en plus. C’est le prix à payer pour vouloir visiter les endroits touristiques... mais nous n’aurions pas pu venir au Vietnam sans voir la fameuse baie !

Un soir, après une promenade au bord des plages, nous nous approchons d’un restaurant exposant de nombreux poissons dans leurs aquariums. Nous observant, le groupe assis à la table dehors nous invite à nous joindre à eux pour prendre le thé. Grâce aux traducteurs vocaux en ligne (la magie d’internet) des téléphones portables, ils nous expliquent qu’ils sont une famille de restaurateurs-pêcheurs, ayant eu l’occasion une fois de se faire aider volontairement par des touristes de passage pour pêcher et cuisiner avec eux. Je vous laisse deviner la suite... nous avons rendez-vous le lendemain matin à 8h pour une partie de pêche !

Après une bonne nuit de sommeil, le fils de la famille nous emmène en scooter jusqu’à un restaurant flottant. Nous arpentons l’accès fait de planches de bois, et nous voilà en train de flotter sur l’eau ! On nous prépare les cannes à pêches et les hameçons ; le temps de trouver un endroit stable pour nos pieds et c’est parti, les lignes sont lancées. Nous voilà en train de pêcher aux coeur de paysages paradisiaques de la baie d’Halong ! Nous pêcherons deux petites heures pour une quinzaine de poissons attrapés.

Retour au restaurant, direction les cuisines (à ne pas regarder de trop près pour les maniaques de la propreté...!). Nous dépeçons et hachons les poissons, puis la mère de famille les plonge dans l’huile brûlante et nous dit d’aller nous asseoir. Quelques minutes plus tard, les poissons se retrouvent dans notre assiette ! Accompagnés de riz et de thé, nous mangeons bien et les remercions pour ce repas offert. Nous les reverrons régulièrement puisque nous leur louerons une chambre dans leur hôtel pour les deux nuits suivantes.

Après ce dur labeur, on se ferait bien une petite croisière dans la baie pour se détendre... pas vous ? 😀

Nous embarquons le lendemain pour la journée entière en bateau ET en kayak ! A bord, une petite équipe d’une vingtaine de personnes aux nationalités multiples, chapeautée par un guide vietnamien parlant anglais (c’est mieux!).

Le bateau démarre, nous quittons tranquillement le port pour nous diriger vers l’horizon...

Au bout de quelques minutes, nous sommes déjà sous le charme des paysages de cartes postales.

Environ une heure après le départ, notre guide nous annonce que nous allons bientôt nous arrêter et descendre du bateau pour visiter un « fish market ».

Cette ferme aux poissons recense de nombreuses espèces dont certaines de la famille des requins. Nous pouvons les apercevoir dans les différents bassins. Un poisson est spécialement célèbre ici : le yellow fish. Selon les croyances, quiconque en possède se verra apporter chance et respect. La famille propriétaire de la ferme en a capturé un, et ne le vendra sous aucun prétexte, bien qu’il vale plusieurs milliers d’euros.

Nous remontons à bord pour continuer la balade. Pendant que nous savourons les paysages, notre guide nous explique que le nom de l’île, Cat Ba, signifie en vietnamien « l’île des femmes ». Elle fut nommée ainsi en raison de la faible présence des hommes sur ce territoire, qui devaient s’éloigner pour protéger l’île d'éventuels envahisseurs, ou qui risquaient d’etre pris par les typhons lorsqu’ils partaient en mer pour pêcher (il y aurai une douzaine de typhons par an au Vietnam).

Il nous explique également qu’une variété d’ananas, « l’ananas blanc », pousse dans cette région. Mais attention, c’est un poison pour l’homme ! A l'époque, pour vérifier qu’on ne voulait pas les empoisonner, les rois se faisaient fabriquer des baguettes faites d’un bambou particulier, capable de changer de couleur au contact de ce fruit !

Nous naviguerons jusqu’au coucher de soleil dans ces eaux turquoises et ces rochers aux formes et striures exceptionnelles...

Pas de photos de notre excursion d’une heure et demie en kayak, mais je peux vous dire que c’était absolument génial, de se retrouver au plus près de l’eau dans cet immense parc naturel, sans un bruit, naviguant dans des grottes menant à des lagons cachés, observant les écureuils et les singes sautant d’arbres en arbres, les pieds glissant dans l’eau... Allez, je vous laisse rêver un peu... 😀

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Publié le 8 février 2018

Nous reprenons le bus pour aller voir l’autre baie célèbre du pays, terrestre cette fois.


Alors oui, on a trouvé la chambre avec la meilleure vue, et oui, on hésitera pas à passer quelques jours à lézarder sur la terrasse en admirant la vue !




Nous louons des vélos pour aller arpenter les alentours. Les chemins bordant les rizières nous mènent au pied d’une montagne en haut de laquelle nous apprécions un beau panorama de la vallée.



Les rues sont calmes. Nous croisons une école et des dizaines d’enfants à vélo qui n'hésitent pas à nous saluer.

Au bord de l’eau, de nombreuses femmes gagnent leur vie en faisant faire des promenades en barque aux touristes. Pas de moteur; elles rament à la main toute la journée, et certaines même avec les pieds.

Ninh binh est entourée de magnifiques montagnes, mais les activités à y faire sont assez restreintes, sauf pour ceux qui voudraient s’aventurer en moto un peu plus loin dans le paysage. De notre côté, Ninh Binh aura été synonyme de balades tranquilles et farniente !

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Publié le 17 février 2018

Sortez les gants et les bonnets !

Après une dizaines d’heures de bus, nous arrivons au cœur des montagnes de Sapa, au nord-est du pays. Nous aurions préféré le secteur d’Ha Giang (plus à l’ouest), beaucoup plus sauvage et moins touristique, mais nous manquons de temps et la frontière Laotienne à Dien Ben Phu n’est accessible directement que depuis Sapa. C’est donc parti pour la ville la plus touristique du nord... et on ne sera pas déçus !

Des voyageurs du monde entier envahissent les rues, les bars et les restaurants, mêlés aux taxis chercheurs de clients à toute heure ainsi qu’aux femmes locales en tenues traditionnelles qui vous alpaguent sans cesse pour vous vendre des tonnes de bijoux ou des treks « authentiques » dans leurs villages.

À Sapa (comme un peu partout dans le pays, mais c’est pire ici) la ville est en pleine reconstruction et il y a des travaux partout. Les trottoirs sont partiellement recouverts de déchets et les rues sont très poussiéreuses. En tout cas, c’est la vision que l’on en a eu (contraste avec nos trois mois aseptisés au Japon), ce qui ne fut pas le cas d’un français revenant d’Inde, qui lui aurait pu littéralement « manger par terre » ! Question de regard.

Nous arrivons quelques jours avant Noël, et nous passons un long moment à chercher un endroit où dormir car tout les hébergements sont déjà pleins, ou pour ceux qui reste, hors de prix ! Au bout d’une heure de recherche, très fatigués et un peu découragés, un hôtelier nous redonne espoir : « J’ai une grande chambre à vous proposer, très belle, l’hôtel est tout neuf ! ». Ok, ras le bol de déambuler dans les rues avec nos gros sacs à dos à avaler de la poussière et à respirer les pots d’echappement des scooters. On y va. Mais malgré l’aspect propre du bâtiment, il s’avère que l’hôtel est tellement neuf qu’il n’est même pas encore terminé...! Fils qui pendouillent aux murs, perceuse à sept heures du matin, wifi qui ne fonctionne pas et coupures régulières d’électricité... Bref, nous sommes ravis !

Nous visiterons un village parsemé de ruelles en pierre, très joli mais peu authentique car on voit bien que tout a été organisé pour les touristes (d’ailleurs il n’y a pas vraiment de maisons, en revanche il y a plein de petits magasins !). Le village n’en ai pas moins charmant avec ses grands moulins à eaux entourés de rizières, mais malheureusement (pour vous 😉) un incident technique me fera perdre toutes mes photos...!

Pour le jour de Noël nous prévoyons un trek d’une journée avec une locale rencontrée sur place, qui nous paraît très sympa et parle très bien anglais. Malheureusement (encore), la bronchite qui a suivi mon angine me tient toujours et à force de tousser depuis des jours, je me froisse un muscle au niveau des côtes la veille du trek... décidément, Sapa, sapa-sse pas !

Nous quittons la ville (et le pays) le lendemain, alors tant pis, nous prenons un taxi qui nous emmène à un village un peu plus éloigné que nous découvrons à pied. On vous laisse regarder les photos, bien que le mauvais temps et le brouillard omniprésent puisse trahir les beaux paysages des cartes postales que certains d’entre vous ont reçu..!

Petite pause qui s’impose, avec ce fameux café vietnamien qui ne coule pas, au grand désespoir de Thomas !

Bien sûr, même dans les petits villages, les magasins pour touristes sont là. Et c’est vrai qu’on aurait bien aimé ramener deux-trois trucs à la maison ! Heu, ah oui c’est vrai, on a plus de maison...

Pour nous réconforter de ces péripéties, du froid et du manque de la famille et du pays, nous nous offrons une bonne tartiflette pour le soir de Noël !! Oui oui, on en a trouvé une ! Bon c’est pas la même qu’en France, le reblochon est remplacé par du fromage de Nouvelle-Zélande, et elle n’est pas cuite au four mais dans un caquelon... mais c'était hyper bon 😀

Ça y est, les quinze jours de visa gratuit du Vietnam sont terminés. Nous quittons le pays aux milles sourires, pour nous rendre à celui aux milles éléphants. Bye bye le Vietnam, on se revoit bientôt; la suite continue au Laos, où on espère enfin pouvoir larguer nos gants et nos bonnets !