Carnet de voyage

Les îles Loyautés

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3 semaines aux îles Loyautés...
Avril 2022
4 semaines
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On s’envole vers les îles Loyautés en commençant par la plus au Nord : Ouvéa.

Nous commençons par le Sud de l'île : plages de sable fin, coquillages exotiques, bleus de la mer tellement variés que même un daltonien ne peut que savourer !

A peine arrivés déjà dans l'eau... 
Repas de crabe des cocotiers et des palétuviers 
Baignades et jeux à l'infini. Mais gare aux filaments de physalie

Pour faire une balade aux falaises de Lekin nous avons RDV dans une tribu cachée dans une cocoteraie. La balade est somptueuse, les falaises sont constituées par le récif corallien surélevé, les encoches marquant l’érosion par la mer.

Après le Sud, nous remontons vers le Nord de l’île, qui est si étroite qu’à plusieurs endroits nous voyons la mer à gauche et à droite !

Pause glace, trop dure la vie ! 

Camping chez Marc, un jardin très soigné, paisible où le calme est seulement perturbé par les vols des perruches d’Ouvéa. L’espèce est endémique et elle a bien failli disparaître du fait la prédation par les rats mais aussi par compétition avec les abeilles domestiques qui s’installent comme elles dans les troncs creux.

Baignade rafraichissante au trou à tortue, le bien nommé 

Avec l’argent de la cagnotte de la fête des 100 ans nous nous offrons une journée en mer, sur le bateau de Kaï, au programme 3 plongées en PMT, un repas sur un îlot paradisiaque, pêche à la traîne… 3 gaillards nous accompagnent en plongée pour aller « piquer » quelques poissons pour le repas…

La seconde plongée est un miracle. Dès la mise à l’eau un premier requin s’approche. Pas grand chose à craindre des pointes noires, des pointes blanches et dans le bleu profond quelques requins gris. Nous apprenons à maîtriser nos peurs… nous suivons un petit pointe noire avec Bastien... et puis sur la droite une première raie, suivi de plusieurs autres. Quels moments inoubliables : jusqu’à 7 raies et quelques requins dans le champ de vision. Des Raies Mantas de 3 m d’envergure, elles pirouettes dans l’eau la gueule ouverte pour se nourrir, ou bien se mettent à la queue leu leu, légèrement superposées pour se nourrir. Sur le récif, elle viennent prendre leur tour à la station de nettoyage : les petits labes viennent les nettoyés, rentrent à intérieur de leur bouche, sortent par les ouïes… Descendre à quelques mètres de profondeur, valser avec elles, les frôler… magique. Sans photo, les souvenirs restent dans la tête...


Pause : je viens de prendre un caca de gecko sur la souris de l’ordi (!) Et les cris des roussettes m’intriguent…

Le lendemain de cette mémorable journée, nous avons Rdv sur la plage avec Antoine pour une balade épique jusqu’à une nurserie de requins citrons. Bon, si la marée bien basse ne nous permet pas de voir autant de requins que prévu, c’est le personnage qui valait le coup d’oeil. Il nous abreuve de tranches de vie, nous montre les jeux de plage avec lesquels, enfant, il passait le temps ; les plantes censées guérir de la gratte, une maladie transmise par certains poissons un peu trop chargés de la toxine d’une algue qu’ils accumulent.

Un séjour inoubliable, où nous ne manquerons pas d’aller saluer la mémoire des 19 d’Ouvéa.

La météo presque parfaite, nous offre quelques nuages pour notre transit en avion jusqu’à Lifou, juste de quoi avoir quelques petites sensations dans le coucou où le capitaine nous place pour équilibrer l’avion !

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Publié le 22 avril 2022

Après un mois en Nouvelle Calédonie nous arrivons enfin chez Anaïs et Jérôme.

Il y a tant à dire sur leur vie ici, en tribu, que c’est difficile de savoir par quoi commencer…

Lifou est grande comme la Martinique, et compte environ 8 000 habitants, autant dire qu’une grande partie de l’île est occupée par la forêt.

Un chef pour toute l’île qui est aussi une commune. 3 districts avec une vingtaine de tribus et leur Petits Chefs et comme dit Anouk « le petit chef c’est celui qui dit ce que l’on doit faire et quand ! ». A vrai dire je m’y perd tellement les relations sont complexes, Jérôme et Naïs font confiance à la famille à laquelle ils sont rattachés depuis leur adoption par la tribu de Jozip (prononcé Dozip).

La coutume tient un rôle ultra important et la vie est rythmée par les travaux coutumiers que les membres de la tribu doivent remplir…

Au moment où j’écris, Wapicha est avec les enfants, MLP et Hélène à tresser du pandanus et du cocotier. Wapicha est celle qui a donné les codes à Jérôme et Naïs pour entrer dans la tribu.

Depuis quelques années ils étaient dans une maison de location mais après palabres avec le petit chef, ils obtenus que la tribu leur laisse un bout de terrain pour planter leur champ et construire une case et un faré. Les travaux ont bien avancé et la semaine prochaine on devrait pouvoir mettre la paille sur le toit avec une partie de la tribu. En attendant, on stocke des bottes de Djonou (cocotier) que les voisins ont préparés. Après comme dit Jérôme : j'ai l'impression que tout le monde sait comment ça va se passer, sauf nous ! Hier matin, avec Jérôme, nous avions RDV avec une cousine de Wapicha pour récupérer des bottes de djonou dans une cocoteraie. Un lieu étrange, un peu tabou, où les enfants n’ont pas le droit d’aller, les lutins pourraient les enlever… interdiction de traîner après 15h…

Bon, la maison actuelle est à 80 m de la mer mais ici sur la côte Est, le lagon est très agité et nous n’y allons que si les vents d’Ouest soufflent. Un paysage aquatique tourmenté avec des grandes constructions de corail de plusieurs mètres de haut, blindés de poissons comme d’habitude, des perroquets, des chirurgiens, des clowns dans leurs anémones, notre copain le tricot rayé…

Les lapins de pâques sont passés, les enfants sont allé donner des œufs aux gars qui préparent la fête de la semaine prochaine 

Balade dans le Sud de l’île. Nos hôtes ne nous avaient pas prévenus. Après avoir traversé la forêt du plateau, une falaise boisée, un petit bois de cycas, de pins colonnaires et de pandanus et enfin le platier battus par les vents et les embruns, nous arrivons sur la côte avec un spectacle des plus grandioses…

Ces piscines se remplissent au grès des vagues qui viennent se fracasser sur la falaise. Poissons, bénitiers, holoturies ont pris leur aise dans les bassins où l’eau est à 30 °C.

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Publié le 12 mai 2022

3 semaines que je n'ai rien écrit !!! 3 semaines à 200 à l'heure, si si ! Alors même si j'écris depuis le Sud de l'île du Sud de la Nouvelle Zélande il me faut encore raconter 2-3 choses sur Lifou

Nous avons donc continué à profiter de quelques endroits magnifiques...

Balade jusqu'à Kiki beach 

Visite d'une vanilleraie

vanille banane , vanille bourbon, Kava

Le Kava est une plante dont on mâche les racines pour en extraire une boisson légèrement enivrante ! Non tenté : le récit de Jérôme au Vanuatu nous suffit !

feuillages et fleurs 

Les copains nous ont laissé un we seuls pour aller voir un concert d'Aldebert à Nouméa ! Enfin, seuls, c'est vite dit. Wapicha nous a pris en main : samedi atelier tressage et dimanche balade jusqu'à une plage perdue à la recherche de coquillages.

Tressage en cocotier (panier igname) et pandanus (tresse sarah) 
La cocoteraie en contre bas ne sera pas suffisante pour nous abriter de la pluie qui nous trempera jusqu'aux os... 

Mardi, c'est l'anniversaire d'Hélène, nous en profitons pour se faire une jolie balade jusqu' la tribu de Xu. Les plages sont splendides et le vent pousse régulièrement quelques coquilles de Nautiles. Les enfants arrivent à nous faire croire qu'ils n'ont rien trouver mais le cadeau d'hélène est splendide...

"Et moi je fête enfin, mon anniversaire en mode déconfiné..." 
case tout équipée ! 

Et puis le temps des vacances est terminé, place au travail. La tribu s'est fait pressante et la case doit avancer. Ijex, le chef de chantier est sur le pont. Nous attaquons le mercredi pour terminer le samedi, 3 jours et demi physiques, intenses et d'une richesse humaine difficile à partage par écrit.

Le chantier commence par le transport des matériaux nécessaires pour le toit : des bottes de pailles arrachées à la main ("dez"), il y a quelques mois, ainsi que des bottes de feuilles de cocotier ("djonou"). Ensuite vient la pose : les bottes sont attachées sur la charpente grâce à de longues tiges de bois que nous lions par l'intermédiaire de fil de fer. A cours de dez, pour le toit nous repartons en quête de djonou ce qui explique le côté bicolore au final très esthétique.

Le chantier se déroule au rythme des demandes de fil ( "Tcho bi go", "patch - patch", "tcho bi kéré") et des vannes lancées en Djeou autant dire que je suis loin d'avoir tout suivi mais bon... C'est beau : les vieux (roach) sont à l'intérieur et envoie le fil au bout d'une perche, les jeunes costaux sont à l'extérieur pour la partie physique, ainsi se fait le lien.

Pas de travaux sans coutume. Coutume pour la première paille : Ijex remercie Roadan pour avoir donner le terrain et pour le lien avec les ancêtres. Coutume pour le repas que les femmes ont préparées (euh ! oui c'est genré d'une manière générale mais toujours avec beaucoup de respect ! ). D'ailleurs il y a plusieurs personnes qui ont données de quoi nourrir les personnes qui participent au travail et le nouveau venu donne lui aussi un petit truc : une bouteille, un manou (tissu), un billet de 1000 francs pacifiques... Et pis finalement le chantier ayant traîner Jérôme peut lui aussi faire la coutume pour la pose du chapeau (= fin). Beaucoup d'émotions.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la case, les bois utilisés, la symbolique, les plantes qui l'accompagne... Pour nous cela a été vraiment un super moment même si nous avons passé les 2 derniers sous une pluie tropicale quasi continue ! Une mention spéciale aux enfants qui ont été à fond tout le temps : pour rouler à la force des mains de petites bobines de fer ou bien pour charger les bottes et les envoyées sur le toit.


Mais les temps s'enchaînent et après un samedi de "repos", le dimanche nous sommes invités à la fête d'au revoir pour une fille de la tribu. Elle doit se marier dans quelques temps et partir dans une autre. Moment un peu gênant où l'on nous prie de s'assoir à la table, avec les vieux d'un côté, les femmes et nos enfants, invités, de l'autre. Nous prenons donc le premier service et le reste des familles invités (environ 100 personnes) prendront le second.


Voilà nous avons passer 2 semaines à Lifou, un paradis dont Anaïs, nous avait parler à demi mots, avec raison : il faut vraiment le vivre pour en apprécier toutes les facettes.

Encore une fois merci les copains pour votre accueil merveilleux. Oleti, Oleti Atchaouargh ! (et vous m'excuserez pour l'écriture en Djeou).