Vivre un grand road trip, partir à la découverte de l’ouest et poursuivre le rêve américain... suivez notre périple presque Coast to Coast de 5 semaines en famille depuis Ottawa jusqu'à Vancouver.
Du 8 juillet au 11 août 2019
5 semaines
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Cela fait des mois que l'on prépare le voyage, depuis les froides journées du long hiver canadien, et maintenant plus que deux semaines avant le grand départ ! Nous avons préparé la boucle, réservé les campings et hôtels étape, anticipé des activités phares : Stampede, kayak, randonnée à cheval...

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Fabien calcule le nombre de kilomètres, le nombre de nuitées, l'altitude des Rocheuses Canadiennes...

Je m'inquiète des grizzlis qu'on peut croiser, des tornades, des feux de forêt gigantesques...


11313 kilomètres sont prévus !

Une visite à la librairie française d'Ottawa avec Matisse et Baïkal pour anticiper les heures de voiture, chacun choisit ses lectures et on prend le récit "Une histoire de Buffalo Bill Cody" à découvrir en route.

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Pour se mettre dans l'ambiance, on va au Pow-wow du solstice d'été à coté de la maison, où des tribus depuis partout au Canada participent aux concours de danses et de chants traditionnels. Cela nous transporte dans des espaces imaginaires en attendant de découvrir les grandes plaines et la Colombie Britannique, berceau de l'art autochtone.

Grand Entry, Pow wow du solstice d'été, Ottawa, 22 juin 2019 
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On se prépare et on reçoit de nombreux messages, alors grâce au conseil de Laurence, je teste un croquis en hommage à nos amis et collègues qui nous soutiennent!

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Fabien, champion de tetris... « je savais bien que ça servirait un jour » 
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800

Le visiteur européen au Canada est souvent étonné par l’homogénéité des paysages canadiens. Par endroit, il faut parcourir des milliers de kilomètres avant de percevoir un changement notable dans le paysage. La traversée du bouclier canadien en Ontario n’est qu’un exemple : heure après heure de forêts, lacs et rochers – de Toronto à Kenora, la traversée en voiture semble interminable. Et après une quinzaine d’heures du bouclier, le voyageur s’attaque ensuite à quelques jours de prairies… Le contraste est fort avec la France, où chaque région possède sa spécificité – les Landes, le Massif Central, la Méditerranée, Les Alpes, la Bretagne…


Source : http://www.uoh.fr/front/notice?id=eb9402f1-9874-4ace-937c-79bc745eb2b0

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La première journée se termine, 10 heures de route, 90 km/h maximum sur les routes de l'Ontario. On peut confirmer que les paysages s’enchaînent et se ressemblent: lacs, marais, forêts, roche rosée. Cependant en s’intéressant aux panneaux routiers, c’est fascinant de remarquer les traces des présences écossaises, françaises et même espagnoles sur des portions de route, cernées bien entendu de noms anglophones et autochtones.


D’ailleurs le seul animal utilisé dans les noms de lacs ou route est…

Mosquito trail (!)

Moustik road

Mosquito Creek

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1510

Très belle surprise, une belle étape le long du lac Supérieur !

Vues du lac Supérieur et pictogrammes des peuples premiers

Aujourd’hui on a pris « L'autoroute du courage » de Terry Fox

Terry Fox a traversé en course à pied le Canada de Terre Neuve jusqu’aux berges du lac Supérieur pour lutter contre son cancer. Décédé avant de pouvoir accomplir son projet et atteindre le Pacifique, son courage est un exemple pour les écoliers et les actions pour la recherche pour le cancer s’appuient sur son exemple.


Wawa et Winnie 

Une sculpture d’oie de Bernache, on n’est pas surpris. Mais Winnie l’ourson ?!? Et oui l’auteur du nounours britannique a été inspiré par un ours ramené du Canada par un soldat de Winnipeg. On est passé au village où il a été attrapé, White River. Tout est expliqué dans cette courte vidéo:

Pourquoi le prénom « Winnie the pooh » ? 



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1900

On est coincés à Machin ! Un gros orage cette nuit a créé des inondations géantes entre Thunder Bay et Winnipeg : la route est coupée pour le moment... et aucun détour possible 😨

On attend dans un café que la situation évolue...



C’est l’occasion de rencontrer Richard qui est parti à pied du Yukon et se dirige vers Terre Neuve : encore 4 mois de route, on est impressionnés ! Richard dormait dans sa petite caravane pendant l’orage, il a une petite mine ce matin. Vous pouvez le soutenir sur Facebook

Richard et sa maison ambulante  
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2200
De nombreux travaux sur la route

Le centre du Canada


On a réussi à reprendre la route sans trop de retard finalement, on se sent chanceux. Le décor évolue au fur et à mesure des (centaines de) kilomètres et quand on quitte enfin l’Ontario on trouve les plaines. On est passés au centre du Canada !

Entre Thunder Bay et Winnipeg

On longe régulièrement la voie ferrée et parfois on voit un très long train bien chargé... mais à l'arrêt ou qui roule très lentement. On a changé d’heure, -7h avec la France maintenant. Le lien entre les trains et le changement d'heure ? C’est pour développer les chemins de fer au Canada que les fuseaux horaires furent inventés. L’histoire rapidement dans cette vidéo:

L'invention des fuseaux horaires

Le musée des droits de la personne à Winnipeg est un très beau batiment et les expositions sont de grandes qualités : sur Nelson Mandela en ce moment. Astuce : le mercredi soir c'est ouvert jusqu'à 9h.


Vue du musée des droits de la personne et du citoyen


Vues du quartier animé de Winnipeg, the Forks
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2905


Arrivée dans la province du Saskatchewan, "the land of living skies"

Aujourd’hui nous sommes passés du Manitoba au Saskatchewan et changement complet de paysages avec la découverte des grandes étendues plates, qui ne manquent pas de charme quand on sait qu’on ne les traverse qu’une fois. La grande visibilité est impressionnante, ainsi que les énormes tracteurs et autres véhicules agricoles. Nous observons comment les champs sont traités: par avion !

Paysages du Saskatchewan

Nous faisons deux étapes hors des sentiers battus : la première nous rappelle les dunes d’Hatainville près de Barneville Carteret (France, Normandie) sauf qu’on est à plus de 3000 kilomètres de la mer. Le site s’appelle Spruce Provincial Park et on a fait la randonnée Spirit Sand Trail, c’était très dépaysant de marcher dans le sable. Nous avons rencontré une autre famille qui randonnait avec une cloche, ce qui nous a rappelé qu’on était bien dans un secteur où l’ours noir habite.


Spirit Sands

Ensuite direction Moose Jaw que nous avons préféré à la capitale provinciale Regina comme fin d’étape pour son histoire : cette ville a le surnom de « petit Chicago » en raison de tunnels utilisés au moment de la prohibition par les hommes d’Al Capone. On a fait la visite dédiée aux tunnels, qui avaient été créés plus tôt par les chinois employés pour la construction du chemin de fer et qui ont été obligés de se cacher pour rester au Canada à la fin des travaux.

Moose Jaw tunnels  
KM
3600


La fin des plaines

Nous sommes arrivés à Calgary après 5 journées, 43 heures en voiture ! Nous avions prévenu les enfants, la première semaine ne serait pas passionnante mais ce serait mieux après. Or que de belles images avons-nous déjà collectées et de bons moments passés ! Nous avons trouvé très intéressantes chacune des étapes - probablement aussi parce que nous le vivons comme un moment unique.


Vues du Saskatchewan

Nous avons vu plus d'animaux que les autres jours : deux chiens des prairies, des biches, et un animal que nous ne connaissons pas (si les Canadiens peuvent nous aider à l'identifier ?)

Direction Drumheller pour découvrir les badlands avec ses hoodoos et voir le lieu où de nombreux fossiles de dinosaures ont été découverts. Bon, c'est un beau site, mais les hoodoos ne sont pas aussi grands qu'on l'avait imaginé.


Drumheller a pendant plus de 50 ans été eu une mine de charbon en activité que nous visitons. La visite permet de passer dans le tunnel emprunté par les miniers et d'arriver à l'entrée de la mine. Curieux pour des français de voir une mine en hauteur !

Sur le trajet, nous observons aussi de nombreux puits.

Enfin arrivés à Calgary, on aperçoit les Rocheuses au loin. Repos après une grosse journée !


KM
3600


Le Stampede de Calgary est le plus grand de l'Amérique du Nord


Nous passons deux jours à Calgary, ce qui nous permet de profiter du grand évènement annuel qui s'y déroule la première quinzaine de juillet : le Stampede, c'est à dire une grande compétition de rodéos qui attire les meilleurs d'Amérique du Nord et d'Amérique latine. En-dehors des spectacles musclés, on déambule dans une gigantesque fête foraine et foire expo.


images d'ambiance et exploits au Stampede de Calgary

Dimanche soir, c’est la finale des courses de chariot, c’est très impressionnant. Malheureusement des chevaux seront blessés sur une course.

Nous avons fait une visite au nouveau musée de la musique, qui met à l'honneur les chanteurs Canadiens, on a pu tester de nombreux instruments.

Vues sur la Skyline de Calgary


KM
4100

Départ de Calgary et direction les hautes montagnes des Rocheuses canadiennes : on passe rapidement la ville de Banff pour profiter de son parc et on rencontre dès le début du parc un animal assez surprenant, que l'on prend pour un ours au départ avant de réaliser qu'il s'agit d'un carcajou (wolverine) ! On est chanceux car quelques kilomètres plus tard on aperçoit un ours noir.

Un carcajou

Poursuite du trajet à travers des paysages somptueux, monts enneigés, lacs et rivières aux eaux transparentes et turquoises, glaciers se succèdent, c'est magnifique malgré une météo un peu humide. 



Lac Peyto


De belles couleurs malgré la météo capricieuse
Le glacier d'Athabasca s'est retiré de 1,5 kilomètres depuis 125 ans. 
KM
4300

La vie au camping s'organise et nous ne choisissons pas le Mosquito Campground (et oui, il existe vraiment dans le parc de Banff!) mais le Wabasso qui se situe le long de la rivière Athabasca et nous offre un très beau cadre à proximité de la ville de Jasper. Inconvénient de ce camping : pas de douche et l’eau de la rivière coule directement du glacier, impossible de s’y baigner !

Les campings des parcs canadiens se réservent très tôt, début janvier. Nous recommandons vivement l'emplacement A48 pour tente sur ce camping, la vue y est la plus belle. Nous sommes juste à coté, emplacement A46.

Avant et après la pluie…

Dès l'arrivée au campement nous sommes mis en garde par les panneaux et par les rangers : nous sommes sur le territoire des ours et 4 ours noirs ont été vus aujourd'hui sur le camping. Nous sommes très prudents pendant les 4 jours et ne laissons jamais de la nourriture sortie, ni tout autre élément odorant qui pourrait les attirer. La nuit tombée, nous ne sommes pas très téméraires et allons vite nous réfugier dans nos tentes après quelques chamallows au feu de bois.

Danger d'ours au camping


Les ours, c'est tranquillement depuis la voiture que nous les croisons sur le bord de la route qui mène au lac Maligne : pendant 20 kilomètres on a l'impression de faire un safari photo et on rencontre un nombre important de cerfs, des ours noirs, des élans.


Ours noirs, élans, cerfs sur la route Maligne

La photographie animalière n'est pas mon point fort et voici quelques photos ratées qui témoignent de mes difficultés à prendre les ours en photo !

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Amis sportifs, ne soyez pas inquiets, nous avons aussi randonné, à commencer par le mont Edith Cavell qui est notre coup de cœur car il offre une vue sur le splendide Angel glacier.

Mont Edith Cavell

Coté ballade, le canyon Maligne propose une randonnée agréable également sur la route du lac du même nom. Nous n'avons pas une lumière qui permet le reflet des montagnes mais un arc en ciel vient égayer le lac.

Lac Maligne et lac Médicine avec un arc en ciel
KM
5080
Entre Kamloops et Whistler

Deux journées pour tranquillement traverser les rocheuses dans la province de la Colombie Britanique, la première de Jasper à Kamloops ne nous a pas permis de nous émerveiller car la météo était très maussade et les nuages cachaient les pics. De Kamloops à Whistler nous avons plus de chance et les paysages nous surprennent par leur variété. Nous prenons le Gold Rush Trail et visitons un village reconstitué de l'époque des chercheurs d'or à partir de la collection privée d'un allemand.


Le village fantôme
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Lillooet


Nous avons un coup de cœur pour Lillooet, petite ville où les premières pierre de jade ont été découvertes, située au bord d'un magnifique cours d'eau et d'un lac du même nom.

à Lillooet, nous faisons une pause à la Bakery - Café de Craig et Dana Sibley, les croissants sont très appétissants et les sandwichs excellents. Craig nous explique qu'il est arrivé enfant à Lillooet, ses parents sont partis en Coccinelle avec une remorque de Toronto pour s'installer dans l'ouest en 1966.

La boulangerie de Craig à Lillooet, pause gourmande

Nous pique-niquons au lac Lillooet, endroit parfait pour s'amuser à faire des ricochets. La baignade est possible, mais malgré une eau transparente et couleur émeraude, nous ne nous y aventurons pas car les températures sont encore trop fraîches à l'extérieur comme à l'intérieur. En s'intéressant à la laisse du lac, je découvre de très intéressants bois flottés dont les motifs évoquent les peintures autochtones de la région.


Bois flotté et peinture autochtone (https://fr.depositphotos.com/14392255/stock-photo-native-art-museum-of-anthropology.html)



Comment rater ses photos animalières en 8 étapes
KM
5200

Whister est une belle station de ski internationale, qui est connue pour les jeux olympiques qui s'y sont déroulés en 2010. Les pistes de glisse se transforment l’été pour vélo de montagne. Nous préférons la marche à pieds et prenons une passerelle suspendue, la Whistler peak suspension bridge, au sommet. Très belle vue sur les montagnes des alentours, et nous nous réjouissons de pouvoir de nouveau toucher la neige (!). On aperçoit un ours depuis le téléphérique.

Whistler 

Puis direction Vancouver via la route Sea to Sky, qui longe un bras de mer et la montagne, couleurs de l’eau magnifique et belles îles arborées sur les plans d’eau. Seul bémol: peu d’espaces aménagés pour faire des pauses.

Sea to sky highway
KM
5200

On arrive presque à l'extrémité ouest de notre périple au bout de deux semaines, mais on doit encore patienter un peu pour voir vraiment l'Océan Pacifique puisque l'île de Vancouver fait face à la ville. Vancouver est une très belle ville qui propose la proximité de la montagne et de la mer, c'est un environnement exceptionnel. Cette fois nous avons de la chance avec la météo, et apprécions la ville sous un franc soleil.

Nous commençons la visite par… déposer le linge au lavomatic ! Heureusement, on en trouve un très bien situé près de la baie des Anglais, et une française qui y travaille depuis 2 ans prend notre linge en charge, ce qui nous laisse du temps pour découvrir cette belle plage. Pas de baignade, ce n'est pas recommandé, et en voyant le nombre de cargos dans le bras de mer on comprend que cela puisse être pollué.

English Bay


Nous poursuivons la découverte de la ville en explorant le quartier Gastown, quartier historique qui est devenu très touristique. Nous apprécions les rues pavées, c'est très rare au Canada. Les points d'intérêt sont : Gastown Steam Clock, une horloge à vapeur qui représente l'histoire industrielle du quartier ; Mapple Square où se tient la statue de Gassy Jack à l'endroit où se tenait l'érable sous lequel le nom (occidental) de la ville a été choisi par les pionniers. Ensuite, passage par le quartier chinois.



GRANVILLE STREET

Et oui, amis normands, la rue la plus connue de Vancouver s'appelle Granville Street, un rappel du Cotentin qui n'est surement pas un hasard, car les noms français sont aussi présents à Vancouver. 

Je m'amuse à prendre ce nom en photo d'un bout à l'autre de cette rue des divertissements, qui n'a pas toujours eu bonne réputation. Je m'attache d'autant plus à la rue que je suis admiratrice des photos que Fred Herzog, Canadien d'adoption, en a fait.

Pour en savoir plus sur Fred Herzog : https://www.gallery.ca/magazine/your-collection/fred-herzog-street-photography et http://photographmag.com/reviews/fred-herzog-modern-color-at-laurence-miller-gallery/


Clin d'œil à la Normandie

STANLEY PARC et GROUSE MOUNTAIN

Vancouver est une ville verte : des forêts verticales sont visibles en centre ville, un grand parc est accessible à coté du centre, et les parcs dans la montagne sont à 15 minutes en voiture. 

Nous faisons le tour du Stanley Parc en voiture pour admirer la vue sur le port et la ville, les totems et les troncs d'arbres majestueux.


Stanley Parc Drive

Le lendemain matin, direction Grouse Grind Trail, 2,9 kilomètres de montée, 853 mètres de dénivelé et 2830 marches. Rob, le défi a été relevé par Fabien et Matisse ! Au-delà du trail, la découverte du parc en haut de Grouse Mountain est très agréable, deux grizzlis recueillis depuis leur plus jeune âge sont à observer, ainsi que des spectacles de bucheron et d'oiseaux de proie, et le point de vue sur la ville porte jusqu'à 80 kilomètres quand c'est bien dégagé. On est très contents de cette découverte, et cerise sur le gateau on aperçoit un ourson dans la montagne depuis le téléphérique.


Grouse Mountain

L'ART à VANCOUVER

L'architecture est très riche et on trouve des œuvres d'art tout au long de nos ballades. Quelques exemples. Au musée des beaux arts, une exposition Giacometti attire mon attention, belle visite et j’y découvre quelques oeuvres d’une célèbre artiste de Colombie Britannique, Emily Carr : https://www.historicacanada.ca/content/heritage-minutes/emily-carr


L'art autochtone est aussi présent par petites touches

Le coucher de soleil : 

Depuis Prospect Point dans Stanley Parc ; English Bay ; Kitsilano (beau quartier chic qui possède aussi une piscine d'eau de mer)


Nous avons adoré Vancouver et voici encore quelques lieux que nous avons apprécié :

Vues depuis la Public Library (en haut) ; Robson Square

Depuis la bibliothèque de la ville, on a accès à une terrasse au 9e étage qui permet de voir autrement la ville ; derrière le musée des Beaux Arts, Robson Square est une place piétonne très agréable pour flâner le soir.

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On a choisi un hôtel en centre-ville, le Rosedale on Robson, qui propose des appartements. Nous le recommandons, l'emplacement est excellent et permet de faire de nombreuses visites à pied.

Par contre, on a un problème pour le parking : l'entrée n'est pas assez haute pour que la voiture avec le coffre de toit passe, on est obligés de le retirer… et de le monter dans l'appartement !


Le coffre de toit dans l'ascenSeur de l'hôtel


KM
5500


Nous arrivons à la fin de notre traversée canadienne est-ouest et c’est à Ucluelet que nous découvrons enfin l’océan Pacifique !

La traversée en ferry se fait depuis la ville de Vancouver jusqu’à Nanaimo, c’est une très belle traversée car la côte est découpée.

Sur le détroit de Géorgie qui sépare la ville de Vancouver de l'île éponyme, on est surpris de voir nombreux les troncs d'arbres dériver, les hydravions et les containeurs qui poursuivent leur route sans être dérangés par les vagues, tels des trains dans l'eau. On scrute l'horizon à la recherche de baleines ou d'orques, mais cette fois-ci nous aurons seulement les beaux paysages.


La traversée de la ville à l'ile de Vancouver

On rencontre une famille de Québécois qui vivent un voyage similaire au nôtre, ils sont partis de Saguenay en camping-car et font aussi le retour par les États Unis. La petite fille posera une question amusante à propos des containers :


Ensuite, traversée est-ouest de l'île et pause à Cathedral Grove, un magnifique parc de sapins de Douglas, arbres géants qui peuvent vivre 1000 ans.

Cathedral Grove

Cela me rappelle l'album de jeunesse "Je veux un calin" de David Melling :


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Pour profiter de l'océan Pacifique que les enfants voient pour la première fois, nous avons choisi un camping presque sauvage, "Mussel Campground" avec toilettes sèches et une douche au maigre filet d'eau. Nous nous aventurons dans un sentier poussiéreux et chaotique et au bout de 30 minutes (!) dans cet étroit passage au milieu de la forêt, nous découvrons un petit paradis sur Terre : les emplacements de camping sont face à la mer, le notre est sur un terrain dégagé qui nous permettra de profiter du soleil, c'est à la fois sauvage et convivial. Pas de canicule ici, les températures sont tempérées.


Camping Mussel Beach

On est prévenus dès l'accueil : on est sur le territoire des ours, des cougars (pumas) et des loups. Seul l'ours a l'habitude d'être vu, mais les cougars et loups peuvent s'en prendre aux animaux de compagnie, qui ne sont donc pas admis. En plus, un aigle royal a fait son nid au-dessus d'un emplacement et survole régulièrement la plage, d'où il est parfois possible d'apercevoir des otaries, pêcher des crabes, et se baigner dans un cadre très privilégié.

Pendant ces 3 jours, nous allons en avoir plein les yeux : nous allons voir un ours à trois reprises, une fois en fin de journée et deux fois le matin pendant le petit-déjeuner. En effet, les ours viennent retourner les rochers sur la plage pour manger les crabes qui se réfugient dessous. Ils se déplacent à 200 mètres de nous.


La faune sauvage au camping

Nous avons prévus deux activités nautiques : une sortie en bateau pour voir les baleines et une journée de kayak de mer au milieu des îles de Pacific Rim, le site protégé sur lequel nous nous situons. Les deux sorties se sont parfaitement complétées et nous ont permis d'admirer de nombreux animaux et paysages : étoiles de mer, nous apprenons qu'elles vivent indéfiniment si elles ne tombent pas malades et qu'elles se nourrissent des fruits de mer qu'elles recouvrent sur les rochers ; anémones ; des loutres ; des otaries ; une baleine à bosse. Nous sommes également impressionnés par le nombre d'aigles "Bald Eagles" : on en voit jusqu'à 10 en même temps sur le rivage.


Sortie en bateau

Nous sommes impressionnés par l'activité kayak de mer, dès qu'il y a une petite vague c'est assez sportif. Nous retrouvons loutres de mer, étoiles et anémones. Nous nous installons tranquillement pour déjeuner sur une belle plage, quand soudain le guide nous pointe du doigt deux énormes ailerons à 200 mètres de nous, juste là où on naviguait 30 minutes plus tôt : des baleines tueuse, des orques !!! Nous savions qu'il y en avait plus au nord de l'île, mais c'est exceptionnel de les voir ici. Nous reprendrons la mer assez intimidé par cette belle apparition, qui rappelle aussi la profondeur du bras de mer que nous empruntons. Un des orques avait une nageoire dorsale de 2 mètres de haut, c'était un gros mâle. Pas eu le temps de prendre une photo, mais un souvenir formidable !


Sortie kayak pendant laquelle on a vu deux orques !
Des rencontres avec les animaux sauvages à Mussel Campground


Points de vue d'Ucluelet, petit village de pêcheurs fort sympatique. 

Seul bémol à ce petit paradis : on est en zone à risque de tsunami à cause de la faille de cascadia. Pour en savoir plus au sujet de la découverte de cette faille, qui est très récente, je vous encourage à écouter ce podcast, c'est présenté comme une enquête et c'est surprenant : https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-12-aout-2017

Enorme coup de cœur pour Ucluelet et ce petit camping de Mussel Beach, on y reviendrait avec plaisir !


Vue prise pendant la sortie kayak
KM
5850

Pour la première fois depuis le début de notre périple, nous effectuons une journée de route que nous trouvons pénible : en effet, la route pour rejoindre la capitale de la Colombie Britannique présente peu d’attraits et nous sommes sans cesse arrêtés par des croisements : nous mettrons 5h pour effectuer moins de 300 kilomètres !


Victoria

Heureusement l’arrivée à Victoria est agréable et notre hébergement en centre ville nous permet de profiter à pied de l’ambiance britannique de cet ancien comptoir.


Vues de Victoria, île de Vancouver

Nous sommes à plus de la moitié de notre périple, et avons effectué 85 heures de conduite !

Le soir nous regardons des archives télévisées sur le commandant Cousteau, car l’ecole française de Vancouver porte son nom. Les enfants découvrent le personnage qui a oeuvré pour la défense de la nature et fait preuve d’ingéniosité.

KM
7550
Vues du ferry entre les États Unis et le Canada 

Nous sommes en territoire américain dès la montée sur le ferry qui nous fait traverser le détroit entre l’ile de Vancouver et l’etat de Washington, et les drapeaux américains présents partout nous le rappellent.


C’est une journée éprouvante: lever à 4h du matin, traversée en ferry de 1h30, puis 9h30 de route et 950 kilomètres avant de faire une pause à Missoula, la ville où fut tourné Et au milieu coule une rivière (j’ai bien cherché mais les pêcheurs à mouche croisés ressemblaient peu à Brad😕)

On a observé des climats et paysages très variés sur la route, depuis les montagnes verdoyantes et humides qui entourent Seattle jusqu’aux plaines très arides plus à l’est de l’état de Washington. C’est une route magnifique et on sent la plongée vers l'Amérique rurale, où les chevaux sont probablement plus nombreux que les humains. Sur ce trajet de deux jours, nous traversons 4 états : Washington, Montana, Idaho, Wyoming.

Sur la route, nous repérons quelques noms de villes qui semblent familiers.

Ville Coeur d’Alène ( clin d’oeil à Neufchâtel en Bray) 
KM
7550


Vue du camping 

Nous campons 2 nuits au Granit Creek Campground, dans un décor magnifique de montagne, une biche nous accueille à notre arrivée. Les nuits sont (très) fraîches car on est en altitude. Pas de douche mais une piscine aménagée avec une source d’eau chaude (hot spring) à 33 degrés !


Le camping ; une biche intriguée par la piscine 
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Randonnée à cheval racontée par Baïkal : Nous nous sommes levés tôt pour rejoindre le ranch Sleeping Indian Outfitter, où nous attendait Alix avec ses chevaux sellés. Alix est une cowgirl habillée comme dans un western, avec chemise à carreaux, jeans et "leather pants". Elle garde toujours sa carabine à portée de main. Alix nous a pris dans son pickup qui tracte aussi la remorque avec les 8 cheveaux pour rejoindre le trail. On découvre alors quel cheval on a, j'ai celui que je voulais, Eddy, un beau cheval noir. Mon frère a une grande jument blanche appelée Duchesse - mais Alix nous dit rapidement qu'elle est "Queen of farts"... Je n'aime pas rester derrière elle.

Nous faisons 3 heures de cheval en empruntant un lit de rivière au milieu des montagnes jusqu'à une cascade. Le chemin est escarpé et pentu. Au retour, les chevaux sont plus nerveux. On aperçoit un beau cerf, ce qui suscite une réaction immédiate chez Alix : "Vivement que la chasse soit ouverte !" Elle est en permanence attentive car nous sommes sur le territoire des ours.

L'expérience était très agréable, même si notre manque d'expérience s'est ressenti les jours suivants, on a eu des courbatures après 6h à cheval.


Plaque de la voiture d'Alix, du Wyoming
KM
8500

Nous remontons l'état du Wyoming à travers le Grand Teton National Park pour arriver à Yellowstone, où nous passons 4 jours.

Grand Teton National Park

Yellowstone est un super-volcan dont le cratère s'est affaissé, créant un plateau à plus de 2000 mètres d'altitude. La caldera est un espace géologique extraordinaire, avec de nombreux geysers, marmittes, fumerolles, grottes fumantes et rugissantes (dragon roar) qui nous rappellent en permanence que nous sommes sur un volcan.

différents points de vues dans la Caldera de Yellowstone

On est également sur la séparation des eaux, qui se dirigent vers l’océan Atlantique ou Pacifique à partir d’ici.

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Yellowstone est aussi une réserve pour les animaux sauvages, avec notamment le plus grand nombre de bisons.

Les bisons bénéficient d'un très beau cadre et sont faciles à observer

On sera plus prudents avec les bisons que ces touristes :

Heureusement, le bison est juste allé boire sans s'attaquer à cette famille

Pour voir les grizzlis, ours noirs ou loups, il vaut mieux être bien équipé en téléobjectif (le mien 230mm est trop juste) !

La même photo : à gauche ce qu'on voyait à l'œil nu ; à droite un détail de l'image montre un grizli (haut) et un bison couché
Même photo encore ici : on voit un bison, un ours derrière le bison, et deux loups à droite
Autres photos loup et bison
Ici des boucs Bighorn, aussi très difficiles à voir, on a repéré le guide de Yellowtone (bus jaune) pour arriver à les voir. 

Heureusement depuis le camping on a plus de chance et on surprend un élan femelle au milieu des tentes.



Le Canyon lodge propose des plats très variés, idéal quand on ne veut plus de burger

Le lodge de Old Faithful a une superbe vue sur les geysers. Pour le porte-monnaie, le camping est agréable mais il fait très froid la nuit (on est à 2 500 mètres d'altitude), prévoir de bons duvets

En plus des incontournables bien visibles dans les brochures du visitor center, faire la Firehole Lake Drive, petite boucle qui comprend un beau condensé du parc. Attention, interdit aux RV.

Nous avons trouvé trop tard le seul endroit où la baignade est autorisée: à la cascade , sur le Firehole Canyon drive près de Madison.

KM
9000

On quitte Yellowstone par la sortie Est et on enchaîne avec un paysage sublime dans le Big Horn Bassin, le long de la rivière Shoshone. On ne s’attendait pas à trouver ces monts et plaines lunaires, désertiques et arides ici, cela nous rappelle Monument Valley.

Vues du Wyoming

Le Wyoming est un grand état peu habité: seulement 350 000 habitants. Les habitations que nous observons sont peu engageantes : beaucoup de mobil homes entourés de carcasses de voitures. On passera plusieurs voitures arrêtées par la police, les plaques qui ne sont pas du Wyoming semblent scrutées. Le policier qui arrête la voiture garde la main sur son arme. On est contents de ne pas être arrêtés. Les paysages sont sublimes mais l’ambiance presque oppressante.

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On est sur les terres marquées par l’histoire de Buffalo Bill, qui a créé le spectacle Wild West Show où il interprétait un général. C’est un personnage assez obscur, prêt à tout pour le succès de son spectacle qui a fait des représentations partout en Amérique du Nord, et en Europe ! Nous avons sûrement des arrières grands-parents qui l’ont vu, il est passé partout en France. Son succès est dû à une mise en scène qui valorisait les exploits de la cavalerie contre les méchants indiens, et de vrais combattants jouaient leur propre rôle. C’etait du grand spectacle et cela a contribué au mythe de l’Ouest, sans se soucier de la vérité historique.

Le musée dédié à Cody, ville créée par Buffalo Bill, est très intéressant, sur l’histoire du personnage, mais également pour ses tableaux originaux de Artist Point de Yellowstone.

Photo d'Artist Point, Yellowstone
Reproductions d’Artist Point, musée de Cody 

On y trouve aussi une des plus grandes collections d’armes des États Unis, cela laisse perplexe après les deux tueries qui font la une des journaux 😞.

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On passe la nuit à Buffalo, qui propose comme les quelques autres villes traversées, des rodéos cette semaine. Nous arrivons trop tard pour le spectacle mais assistons à la vente aux enchères de porcs, brebis.

 La foire aux bestiaux de Buffalo 
Les brebis se vendent très cher 

Repas ensuite au pizza pai, qui valorise une effigie de Trump, glorieusement habillé en cowboy et faisant du rodéo.

KM
9600

On arrive au Dakota du Sud, qui contient une zone touristique dynamique, les Black Hills, ancienne mine d’or.

En étudiant la carte, c’est intéressant de voir les traces de l’histoire puisque des noms témoignent des restes de la Louisiane française qui s’étendait jusqu’à cette partie nord des États Unis : Roubaix, Belle Fourche (1893), Dumont, Piedmont.

Nowood River, Deadwood et Whitewood confirment l’importance des forêts.

On passe à proximité de Dalton Lake, occasion de faire un hommage à Morris 
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Bien sûr Deadwood résonne à nos oreilles comme la ville de Wild Bill Hickock et Calamity Jane et nous nous y arrêtons pour voir leurs tombes et le saloon où Wild Bill fut tué.

Cimetière de Deadwood

Cependant pendant notre visite, ce ne sont pas des cowboys qui occupent la ville, mais d’autres types de riders : le plus grand rassemblement de bikers d’Amérique du Nord a lieu dans la ville voisine, Sturgis, et accueille 500 000 visiteurs !


Deadwood pendant le rallye de Sturgis

Vestes en cuir, bandanas, ceinturons et bagues à tête de mort sont le dress code.

Ambiance bikers

Nous nous amusons beaucoup à les observer quelques heures dans ce décor du passé, les saloons sont animés et cela valorise une petite ville au milieu des montagnes qui présenterait sinon peu d’intérêt, les casinos emplissent toutes les échoppes.

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Direction ensuite vers un des monuments qui symbolise les États Unis : le Mont Rushmore.

Un monument dédié à d’anciens présidents cela paraît solennel, mais l’histoire est plus terre à terre et même douteuse sur le plan éthique: Rushmore était un avocat New Yorkais qui voulait aider la région à développer le tourisme, d’où l’idée de graver une sculpture gigantesque sur les montagnes - montagnes pourtant sacrées pour les indiens ! C’est le sculpteur, Borglum, ancien élève de Rodin à l’atelier Julian de Paris, qui a proposé de sculpter des têtes de présidents. Les visages de 18 mètres de haut ont nécessité une vingtaine d’années de travaux, et le financement comprend des fonds du Ku Klux Klan, dont les idées de suprématie blanche étaient partagées par Gutzon Borglum...

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Une nouvelle sculpture est en cours, qui sera la plus grande du monde, sur une autre montagne à proximité, en l’honneur de Crazy Horse - mais toujours sans se soucier des traditions indiennes, ce qui fait débat.

Un très récent article du monde donne un exemple des problématiques actuelles des peuples premiers dans les régions que l’on traverse, notamment les vols d’enfants.

https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/08/06/aux-etats-unis-les-enfants-indiens-de-la-generation-volee-a-la-recherche-de-leur-histoire_5497187_4415198.html

10300 kilomètres... on a dépassé les possibilités du site 😄

Voici une vraie étape de transition, sans pause d’intérêt notoire. On part d’une rive du Missouri, rivière de 4090 kilomètres de long qui se jette dans le Mississippi.

Le Missouri à Cedar Shore 

Le Missouri est aussi appelé « Big muddy », rivière de boue, et c’est vrai que son eau est peu transparente, on ne s’y est pas baigné. Les premiers européens à voir la rivière sont les explorateurs français Louis Jolliet et Jacques Marquette au milieu du XVIIe siècle.

Arrivée en fin de journée sous la pluie au Mississippi, un des bassins fluviaux les plus grands du monde.

Le Mississippi à La Crosse 

On a traversé le Dakota du sud et les plaines du film Danse avec les loups, puis le Minnesota et les plaines de la série La petite maison dans la prairie - qui s’inspire d’un roman autobiographique écrit par Laura Ingalls Wilder House.

Voilà notre plus belle étape urbaine: Chicago est une ville très dynamique sur le plan architectural et artistique, et nous adorons l’inspiration européenne visible dans de nombreux monuments.

Nous faisons des activités ordinaires de touristes pendant un peu plus de deux jours : Millenium park et le « bean », baignade dans le Michigan, muséum Institute Art et Field, petit tour à la bibliothèque locale, excursion fluviale la fondation de l’architecture, vue panoramique depuis le bar Signature de nuit.

Un des monuments retient notre attention, et amis rouennais vous allez reconnaître la Tour de Beurre de la Cathédrale qui a servi de modèle pour construire un studio de radio..!

Cet autre bâtiment nous laisse beaucoup plus perplexe : très moderne et de forme triangulaire , en plein milieu de la ville, il s’agit d’une prison. Le soir on est surpris par les ombres des détenus qui appellent notre attention en tapant sur les vitres, probablement avec des pièces. Cela fait une impression très particulière!

Chicago est un merveilleux terrain de jeu pour la photographie urbaine, que ce soit en architecture ou en Street photography !

Le musée Columbia University de photographie contemporaine présente peu d’oeuvres mais beaucoup sont d’artistes de renom, notamment Dorothea Lange

Découverte de la naturalisation américaine de Marcel Duchamp au Chicago Institute of art

Nous dormons au Congress Plaza, excellent emplacement pour découvrir le loop.

Le Dîner en blanc 

Au détour d’un bloc, nous nous trouvons devant un Dîner en Blanc organisé en référence à l’événement parisien: sous la statue de Picasso, la tour Eiffel et des pancartes DEB (diner en blanc) sont dressées sur les tables, les belles robes, chapeau haut de forme, plumes embellissent l’ensemble. C’est magnifique! Malheureusement nous n’avons pas le dress code pour participer, et nous poursuivons la soirée au Blue Chicago, un bar à blues historique et très sympa.

Warren Dunes State Park, Michigan  

Nous quittons l’état de l’Illinois, traversons brièvement l’Indiana sur sa partie nord pour découvrir un état moins touristique, le Michigan. Une pause baignade dans le lac à mi-chemin est appréciée par toute la famille à Warren Dunes State Park.

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11200 kilomètres. Arrivée à Détroit, ville fondée il y a plus de 300 ans par un français, sieur de Cadillac. La ville a connu un formidable essor avec la taylorisation, et est connue par avoir été la Motor Town où Ford, Chrysler et General Motors (les Big Three) avaient leurs usines. Depuis la fermeture de ces industries, Détroit est en faillite depuis 2013 et a perdu 2/3 de sa population en 70 ans : 1,8 millions en 1950 ; 670 000 habitants aujourd’hui. En conséquence, le seuil de pauvreté a explosé, c’est aujourd’hui la ville la plus dangereuse des États Unis.

Exemples de bâtiments désaffectés utilisés par des squatters; le risque d’effondrement est important  

Mais la ville attire de nombreux photographes urbex, qui explorent les très nombreux bâtiments et maisons abandonnés. Impossible à faire en famille, nous préférons découvrir le centre-ville rénové et agréable. Une fête Ribs and R&B s’y tient, ambiance détendue.

Depuis Détroit on voit le Canada, très proche et une statue nous rappelle que nous sommes sur le trajet des anciens esclaves qui trouvaient la liberté au Canada. Avouons-le, après deux ans de vie à Ottawa, nous sommes aussi contents de retrouver le drapeau à feuille d’érable 🍁

The Fist, hommage au boxeur Joe Louis et symbole de la lutte contre la discrimination ; Gateway to Freedom International Memorial

Détroit c’est aussi un passage au lieu culte de la musique Motown et nous prenons une photo devant le studio A où Michael et tant d’autres ont enregistré.

Un regroupement familial devant le musée Motown 

Nous avons manqué de temps pour visiter le site des usines Ford et son musée de l’innovation, ainsi que le musée d’art qui a une renommée internationale. Nous reviendrons !

Vues de Détroit  
Ambassador Bridge entre Détroit et Windsor 

Retour au Canada via le pont Ambassador Bridge et dernière étape du voyage aux chutes du Niagara.

Nous sommes rentrés, avec une certaine impatience pendant les dernières heures pour retrouver notre maison et nos habitudes après 5 semaines de voyage formidable. Que de belles images et de beaux moments partagés!

Merci à nos amis, famille, et collègues nombreux à suivre le blog, c’était très sympa et encourageant d’avoir vos commentaires.

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Nous avons passé 35 jours en quasi huis-clos familial et on a bien aimé ça! La variété des paysages et activités nous a surpris, et même si on a tout aimé voici nos coups de coeur :

Baïkal : le Mont Rushmore, je rêvais de le voir et j’ai trouvé ça très impressionnant!

Matisse : les Hot Springs au parc Yellowstone, c’est irréel et cela m’a beaucoup surpris, je ne m’attendais pas à ça. J’ai aussi aimé la sortie à cheval dans la montagne, c’était la première fois que je faisais de l’équitation et c’était très beau.

Fabien : le Mussels Campground à Ucluelet et les sorties maritimes depuis l’île de Vancouver. Parce que les animaux, le Pacifique, la proximité avec la vie sauvage... et le bout de notre voyage.

Coup de coeur aussi pour le musée des droits de la personne de Winnipeg.

Sophie : Je dois être influencée par les BDs lues dans mon enfance, ce sont les Badlands et les paysages de Far West qui m’ont le plus amusés et aussi surpris, car la réalité dépasse la fiction.

Aussi, nous ne regarderons plus les trains pareil : on en a vu sur tout notre trajet et on a vécu leur rôle essentiel pour construire le développement vers l’ouest.

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Le road-trip : 167 heures de voiture, 12200 kilomètres parcourus... et on était contents tous les matins de se retrouver en voiture, devenue notre maison provisoire, avec son désordre organisé. Notre rapport aux distances a évolué, « finalement 3 heures pour aller chez mamie c’est pas loin ! ». On se dit qu’on recommencera, et qu’on fera le tour d’Europe à notre retour en France!

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Les points négatifs, ils ne sont pas nombreux et vite oubliés, mais pour être honnête deux bémols au voyage :

  • des nuits froides et humides au camping
  • ON N’EN PEUT PLUS DES BURGERS FRITES !!!
Mon carnet est bien rempli avec 36 dessins 🖊