Carnet de voyage

Caminar en America latina

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Dernière étape postée il y a 5 jours
C'est parti pour un an d'aventure à travers l'amérique latine en mode roots, sac à dos, tente avec option dreadlocks à la fin du séjour!😜 "Pour voyager heureux, voyageons léger "
Janvier 2018
330 jours
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Publié le 9 janvier 2018

Ça y est nous y sommes! Après plusieurs mois de préparatifs, nous nous apprêtons à décoller ! Paris -Buenos Aires, en passant par Madrid, le tout pour 15h de vol, c'est long certes, mais c'est la promesse de nouvelles aventures !

Le sac de Renan: 10,5kg sans eau, sans bouffe, ça promet ! 😅
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Nous avons troqué la grisaille parisienne et ses 8°C hier contre le beau ciel bleu et les 28°C argentins, le pied! Trois jours de flânerie à déambuler entre les tombes célèbres du cimetière Recoleta, les parcs animés du cri des perruches et les différents quartiers de la ville.


Cementerio de la Recoleta
Parc Floralis Genérica et reserva ecológica costanera sur
Un lomo de 350 g : Spéciale dédicace au black dog
Street art à Palermo
Déambulation dans le passage couvert de San Telmo pendant la Feria et petit coucou à Mafalda
Plus touristique, le quartier coloré et festif de la Boca au sud de la ville
Puerto Madero, idéal pour l'apéro !
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Publié le 19 janvier 2018

L'été se termine déjà puisqu'après presque 4 jours à Buenos Aires nous attendons maintenant notre vol pour Ushuaïa : la ville argentine qui symbolise le bout du monde. 30 min avant l'atterrissage, les tremblements de l'avion se font ressentir de plus en plus fort: nous montrant bien l'hostilité de ce territoire...

5min avant l'atterrissage

Enfin sur terre après 4h de vol! Et les premières images ne sont pas pour nous déplaire...

Première galère dès le lendemain puisque tous les distributeurs de la ville sont vides ! Préférant économiser les quelques deniers qu'il nous reste, nous décidons de nous rendre au parc Tierra del Fuego à pieds plutôt que de payer 50€ de bus pour deux!

20 km à pieds qui nous permettent de rencontrer un local qui nous apprend que l'on peut resquiller l'entrée du parc (soit 30€) si l'on attend le départ des gardes à 20h... Qu'à cela ne tienne, en bons français que nous sommes nous attendons une bonne heure, cachés, avant de pénétrer dans le parc et d'aller planter la tente face à la mer.

Coucher de soleil sur le canal Beagle

Alors que nous étions seuls au monde la veille, le réveil se fait brutal et beaucoup moins glamour grâce au passage incessant de bus remplis de touristes...

Ca fait tout de suite moins sauvage hein ? !

Nous nous dépêchons de fuir la foule pour une randonnée le long du littoral et plantons la tente le soir dans une plaine, près d'une rivière où nous aurons la chance de voir passer un phoque !

Réveil tôt le lendemain pour admirer la baie avant l'arrivée des touristes puis départ du parc et retour à Ushuaïa en stop!

Après un délicieux repas de crabe amplement mérité, grosse galère pour trouver un hébergement à un prix raisonnable dans Ushuaïa ! Nous nous retrouvons à planter la tente à la frontale, dans les bois,en lisière de la ville... Joyeux anniversaire !

Rangement de la tente en quatrième vitesse avant qu'on nous repère !
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Publié le 19 janvier 2018

Samedi 13 janvier: nous quittons Ushuaïa pour rejoindre en bateau l'île de Navarino et, de là, la ville de Puerto Williams où démarre notre prochaine randonnée. Une traversée de 40min à 100€ chacun (abusé, mais impossible de resquiller cette fois!) qui nous fait passer de l'Argentine au Chili.

Nous rencontrons en cours de route Émilie, une alsacienne péchue et solaire qui parcours l'amérique latine depuis bientôt deux ans avec son sac de 25 kg sur le dos! Nous décidons de faire le circuit de Los Dientes ensemble. 5 jours de randonnée nous attendent, nous faisons donc le plein de noodles et de nourriture lyophilisée et en route !

Le trio

Bon, nous étions prévenus certes, mais là nous avons eu l'occasion de le vérifier : en l'espace d'une journée en patagonie les 4 saisons se succèdent (et bizarrement ce n'est pas l'été qui dure le plus longtemps...😬). Pluie, vents violents, neige, grêle, éclaircies (timides et surtout en fin de journée ) se succèdent et jouent avec nos nerfs! Heureusement la beauté des paysages réchauffe le coeur à défaut de réchauffer les doigts de pieds !

Installer son campement dans des endroits magiques.

Admirer des lacs à foison

Glisser, s'embourber et se perdre dans des endroits accidentés et sauvages.

Et finir en beauté sous un soleil magnifique !

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Publié le 26 janvier 2018

Ça y est, après une semaine passée à explorer l'Isla Navarino, nous voilà prêts à voguer vers de nouveaux horizons! Pour cela rien de tel qu'une petite traversée en bateau de 32h à travers le canal Beagle. Destination : Punta Arenas.

Notre fier destrier et ses succulents repas... Assez proche de l'idée que je me fais des repas carcéraux...

Malgré le confort de la première classe (imposée à tous les étrangers pour la modique somme de 200€...😬), la traversée est assez monotone et le temps n'est pas vraiment la partie. Ce petit intermède aura au moins eu le mérite de nous permettre de nous reposer!

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Publié le 27 janvier 2018

Après une arrivée tardive à 23h15 à Punta Arenas et une nuit en camping, nous décidons de ne pas nous attarder dans cette ville sans charme. Une nouvelle randonnée, en bord de mer cette fois, nous attend. Réputée difficile et capricieuse car peu accessible sans voiture et soumise à trois endroits aux marées...

Alors pourquoi y aller?

Pour le défi d'une part (beaucoup se découragent et rebroussent chemin en cours de route), parce que l'endroit est sauvage et non touristique, que l'on peut y voir beaucoup d'animaux marins et parce qu'après tout, le Cabo Froward est la pointe la plus au sud du continent américain et que c'est un peu la classe d'y avoir été ! (Ça c'est juste pour la frime!😎)

Et concrètement ça donne quoi?

Avec deux bus par jour (un le matin et un le soir ), nous décidons plutôt de miser sur le stop pour rejoindre le début de la randonnée situé à 70km de Punta Arenas. Et par chance nous n'attendons que 5min avant qu'une première voiture s'arrête pour nous faire gagner... 5kms! Heureusement la seconde est la bonne! Le contact est tellement chaleureux que le conducteur décide de nous conduire au bout de notre destination ! Partis à 14h nous arrivons ainsi à 16h au grand départ grâce aux Nelson père et fils ! Un grand merci à eux pour leur gentillesse !

Taux de réussite au stop: Myriam 3-0 Renan

Le début de rando ne présente pas de difficulté particulière, même si marcher sur des galets avec un sac de 15 kg est le meilleur moyen de se fouler une cheville ! Les paysages sont superbes, les dauphins nous accompagnent et le soleil est de la partie ! Le bonheur quoi!

Là où ça se corse c'est le deuxième jour! Levés à 4h afin d'arriver à temps pour la marée basse de 7h30, seul moyen de franchir le second rio, nous nous faisons surprendre par un rio qui ne figure sur aucun plan! Nous mettons une heure à le franchir, chacun à notre façon... Renan nu comme un ver et moi dans ma combinaison en gore-tex ! Verdict : Renan gagne par KO! Je finis trempée jusqu'aux os, frigorifiée et prête à abandonner...

Finalement nous décidons de continuer et arrivons au rio tant redouté pour nous rendre compte que nos horaires de marées ne sont pas les bonnes et qu'il nous faut attendre 3h avant la marée basse... Nous plantons donc la tente sur la plage, histoire de rattraper le sommeil perdu mais elle manque de s'envoler plusieurs fois (avec nous à l'intérieur ! ) sous les rafales de vent! Le passage ensuite se fait plus facile (dur dur quand même de se mettre en maillot dans une eau à 10°C quand ça souffle!) et la route jusqu'au troisième rio se déroule sans encombres, sous le regard des dauphins et des phoques! Moment magique qui permet de relativiser les déconvenues et de ne pas penser au retour qui se fera par le même chemin... Ne reste plus qu'à planter la tente et attendre 17h la prochaine marée basse...

Après une bonne nuit de 12h (pour Renan ! ) nous attaquons le troisième jour ragaillardis et en forme! Malheureusement ça ne durera pas... Nous décidons de passer le rio 1h avant la marée basse et découvrons que l'eau ne dépasse pas le genou, easy!

Maillot de bain+bonnet, ça c'est du style!😆

Les choses se compliquent après... 4h 30 de marche non-stop à escalader des rochers, des arbres morts, à se confronter à des montées en forêt abruptes, le tout le ventre vide... Bref nous arrivons complètement épuisés au campement !

Une fois la panse bien remplie (à 16h... ça doit être le rythme latin!), nous nous attaquons au sommet où se situe la fameuse croix qui symbolise le Cabo Froward. 45min d'ascension pour arriver dans un brouillard à couper au couteau, des rafales de vent et une pluie battante! La loose!!! But we did it! Maintenant il ne reste plus qu'à se taper les mêmes galères en sens inverse!😜

Et voilà ! Le Cabo c'est fini! 1,5 jour au retour contre 2,5 à l'aller, la bonne gestion des marées (et surtout l'appel de la cerveza!😜) nous a donné des ailes ! 😆 Un énorme merci à Gabriela et à Joseph pour avoir eu pitié de nous et nous avoir pris en stop jusqu'à Punta Arenas malgré nos vêtements plein de boue et nos tronches de déterrés!

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Publié le 28 janvier 2018

Parce que nous ne sommes pas venus jusque là uniquement pour souffrir (vraiment ? !!), nous avons décidé de rester un jour de plus à Punta Arenas histoire de nous reposer un peu (accessoirement de prendre une douche ou deux...), de découvrir davantage cette "magnifique" ville (dont l'intérêt principal se résume à quelques vues prises du port...)

Mais surtout, surtout, de faire une petite excursion bien touristique et bien chère (pour le plus grand plaisir de Renan!😆). Parce que bon, être venus jusque là et ne pas avoir vu de pingouins c'est tout pourri quand même ! (Bizarrement, nos avis divergent sur la question...)

Bref, pour 85€ par personne (quand on aime on ne compte pas hein?😅), nous voilà embarqués pour une balade jusqu'à Magdalena Island où vit, 4 mois dans l'année, une colonie de 60000 manchots (ben vi, en fait les pingouins c'est pas pareil, déjà ça vole pis ça ne vit qu'en antarctique donc les "pinguinos" de Patagonie sont en fait des manchots! Ça c'était pour le point culture générale, ne me remerciez pas!😜).

Nous sommes arrivés juste après la nidification, l'île était remplie de "petits" de 2 mois mais déjà presque aussi grands que leurs parents. Un moment magique où, pendant 1h, nous avons pu marcher sur un sentier entouré par ces petites bestioles attachantes...

Des fois, ça fait du bien de faire son touriste...

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Publié le 5 février 2018

Après une nouvelle nuit pluvieuse sous tente dans le jardin d'Eduardo et une brève hésitation à savoir si nous rejoindrons notre prochaine étape en stop ou en bus, les conditions météorologiques pour le moins capricieuses nous enjoignent à opter pour la solution de tranquillité : le bus. Parce que même si le stop c'est rigolo et même si ça permet de faire de chouettes rencontres, les chances de réussites sont un peu revues à la baisse quand on a l'air d'un chien mouillé...😅

Après 3h de trajet nous arrivons donc secs et sous un magnifique soleil à Puerto Natales, une ville ceinte par les montagnes et la mer, beaucoup plus séduisante et agréable que Punta Arenas!

Malheureusement notre passage sera de courte durée puisque nous avons prévu de nous rendre dès le lendemain à Torres del Paine, le point d'orgue de notre premier mois de vacances et le seul que nous avons dû réserver 3 mois à l'avance !

Il s'agit en fait de l'un des parcs nationaux les plus prisé du Chili, à la fois le paradis et l'enfer du randonneur.

Paradis pour la beauté de ses paysages (aux dires de ceux qui l'ont fait!) et enfer pour ce que le Chili en a fait, à savoir une grosse usine à touristes, avec une entrée hors de prix (30€ pour randonner sur un site naturel, ça ressemble un peu à du racket...), des hôtels à 300$ la nuit pour les riches (mais seulement 200$ si tu choisis la tente en all - inclusive (enfin, toilettes communes tout de même, faut bien  respecter l'esprit camping hein?!)),

Pour 200$ t'as le droit à une tente privée sur pilotis

un emplacement pour la tente à 42$ pour les "pauvres" et surtout, l'obligation de réserver des mois à l'avance toutes tes nuits au risque de te faire refouler à l'entrée ! Un scandale pour le randonneur épris de liberté qui aime vivre au jour le jour, sans obligations ni contraintes! Il y a de quoi en décourager plus d'un...

Le parc offre une multitude de randonnées possibles mais les deux principales sont le W, la plus facile et donc la plus touristique, qui se fait en 4-5j et le O, plus sportif donc moins d'adeptes , qui fait une boucle à partir du W et se fait en 7-9j. Inutile de préciser celle que nous avons choisi...

Seul petit problème, Vertice (qui détient, avec Fantastico Sur et la Conaf, l'ensemble des campings du parc) n'a jamais répondu à nos mails de réservation. Nous nous rendons donc directement à leur agence afin de voir ce qu'il en est et apprenons que notre itinéraire est impossible à réaliser dans le sens prévu! En gros toutes nos réservations sont foireuses, ça commence bien!

Nous voilà partis à courir d'une agence à l'autre afin de tout modifier! Nous ne sommes pas encore dans le parc que le parcours du combattant a déjà commencé ! Heureusement tout se change sans aucun problème et à la dernière minute, contrairement à ce que l'on avait entendu dire... Il ne nous manque qu'une réservation mais nous décidons de voir sur place, au culot et sautons dans le bus de 11h30 qui nous conduira en 2h à destination.

Alors, au final, le Torres ça donne quoi ?

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Jour 1: Mirador Las Torres

Distance : 19km / dénivelé +: 850m / dev-: 850m / temps : 5h

A peine arrivés les paysages nous font déjà du charme...

Première surprise, le camping central Las Torres est loin d'être aussi plein que ce que nous redoutions. Après une vérification sommaire de nos réservations (il aurait été facile de s'installer ni vu ni connu...), nous plantons la tente en quatrième vitesse et nous lançons sur les chemins menant aux célèbres torres, censées être le clou du spectacle ! L'avantage de commencer tard notre randonnée c'est que nous sommes à contre-sens du flot de touristes! 3h de montée pour un spectacle grandiose...

Jour 2 : Camping Torres au camping Serón

Distance : 11km / dev+ : 250m / dev- : 180m / temps : 3h30

Toute petite journée qui a plutôt des airs de balade dominicale, où nous marchons tranquillement en grignotant en chemin des myrtilles et un petit fruit rouge, légèrement amer, dont on ignore le nom et même s'il est vraiment comestible... (pour l'instant personne n'a été malade donc ça doit être bon!😆)

Malgré les quelques averses habituelles, le temps s'avère vraiment plus clément et plus doux que dans le sud, ça fait du bien!

Arrivés au camping (à nouveau un bref contrôle des réservations qui aurait pu être évité...), nous trouvons le moyen de planter la tente juste à côté du groupe électrogène, parfait pour passer une nuit paisible dans un cadre bucolique !

Jour 3 : Camping Serón au camping Dikson

Distance : 19km / dev+ : 480m / dev- : 440m / temps : 5h

Alors que nous sommes en train de faire chauffer le petit dej, les yeux encore collés par le sommeil, un américain à l'air sévère nous aborde pour nous refiler le déjeuner que lui a préparé le camping, à savoir un sandwich poulet/crudités avec de la vraie laitue et du vrai concombre et une barre de chocolat , le summum de la gastronomie quand on est abonné au lyophilisé pour une semaine ! Et qu'importe si l'on passe pour les vagabonds du Torres del Paine, on ne refuse jamais de la nourriture, c'est la règle en rando!😜

C'est donc le coeur léger et reconnaissant que nous entamons cette nouvelle journée, mais nous allons vite déchanter en arrivant au col... Un vent comme nous n'en avons jamais connu souffle par rafales, nous donnant l'impression de faire du surplace et nous obligeant à avancer courbés à 45°! Du jamais vu!

En chemin, nous passons un poste de la guardia qui vérifie nos réservations et refoule tous les gens venus en dilettante! Plus moyen de tricher cette fois! Rebelotte à l'arrivée au camping, ça ne rigole pas! Et enfin, après 3 jours de marche, notre première douche chaude! Selon nos habitudes de vie plus "roots" c'est un peu de la triche, mais qu'est ce que ça fait du bien!!!


Jour 4 : Camping Dikson au camping Paso

Distance : 19km / dev +: 1020m / dev -: 900 / temps : 8h

Grosse journée cette fois puisque nous avons prévu de sauter une étape. Les gardes nous annoncent 10h30 de marche, au final nous mettrons 8h à traverser deux vallées et le col John Gardner, dont la vue sur le glacier Grey est absolument spectaculaire !

Nouveau contrôle en pleine ascension, un ranger nous rattrape pour vérifier que nous sommes en règles car nous ne nous sommes pas déclarés au précédent camping, ça frôle le harcèlement ! (En fait, nous apprendrons plus tard dans la presse qu'un jeune a disparu il y a quelques jours sur la portion que nous sommes en train de faire...😨)

Toujours est-il que c'est la première fois pour nous deux que nous assistons à un spectacle aussi impressionnant ! Malgré un vent à décorner les boeufs, nous prenons le temps de nous poser pour admirer ce glacier de 28kms de long qui s'étend telle une mer gelée dont les vagues se seraient transformées en lames aiguisées et scintillantes.

Nous arrivons au camping Paso rincés mais émerveillés par cette journée !

Jour 5 : Camping Paso au camping Paine Grande

Distance : 18km / dev +: 300m / dev -: 700m / temps : 5h

En quittant Paso pour redescendre sur le camping Grey nous rejoignons le chemin du W et donc tous les randonneurs du dimanche venus admirer le glacier... d'en bas! Le choc est violent après 2j sans croiser un pèlerin, voir à nouveau des dizaines d'êtres vivants bruyants et envahissants nous paraît un peu oppressant. Nous sommes peut être en train de nous transformer en deux ours mal léchés...🐻

A l'arrivée au camping Paine Grande, nous découvrons un site splendide en bord de lac et cerclé par les montagnes, mais envahi de tentes puisqu'il s'agit du point de débarquement de tous les gens venus en bateau depuis l'entrée du parc afin d'éviter les 6h de marche... Ça parle plus américain qu'espagnol par ici!

Nous passons une nuit avec un vent de folie! Au petit matin, lors du pliage de la tente, nous nous rendons compte qu'une des branches du mât s'est fissurée... Si notre maison nous lâche, c'est la cata! Pourvu qu'elle tienne jusqu'à la fin du trek!

A défaut de voir un puma on se contentera d'un lièvre...
Plus vraiment seuls au monde...

Jour 6 : Camping Paine Grande au camping Italiano

Distance : 20km / dev+ : 1270m / dev- : 1115m / temps : 5h

Afin d'éviter la foule, nous partons tranquillement en fin de matinée pour rejoindre le fameux camping gratuit pour lequel nous n'avons plus de réservation...

Le garde n'est pas commode et nous demande de lui expliquer en détails notre mésaventure dans notre mauvais espagnol... C'est long mais à force de sourires et d'airs innocents nous finissons par planter la tente... juste à côté de ce qui doit être les toilettes des rangers vu l'odeur qui se met à refouler quelques minutes après notre installation ! Nous avons le chic pour choisir les meilleurs endroits! 😅

Petit aller/retour ensuite en 3h pour monter voir la Valle del francés et le Mirador Británico! Superbe!

Jour 7 : Camping Italiano à la fin!

Distance : 18km / dev +: 350m / dev -: 550m / temps : 4h

Ne sachant pas ce qu'il nous attend après la randonnée, nous nous levons à 6h afin de terminer au plus vite et de nous donner les meilleures chances pour faire du stop... L'avantage c'est qu'il n'y a personne !


4h de marche au lieu de 5h30, sous un soleil de plomb, nous sommes à bout de force mais tellement pressés d'en finir que nous mettons le turbo ! Et la récompense est là :

Salute !

Au final, bien que touristique, Torres del Paine n'a pas ce côté Disneyland que nous redoutions. Au lieu de l'autoroute de touristes qui nous avait été annoncée nous n'avons eu, au pire, qu'une nationale et, au mieux, qu'une petite départementale périgourdine!

Le temps, bien que changeant et venteux, a tout de même été beaucoup plus doux que dans le sud avec 3 jours de grand soleil.

Et enfin, la beauté et la diversité des paysages méritent largement le détour et nous laisserons de beaux souvenirs!

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Publié le 5 février 2018

Ça y est, Torres del Paine c'est fini! La prochaine étape se situe à El Calafate, en Argentine, soit à environ 5h de voiture de là où nous sommes...

Un bus pourrait nous y emmener directement, mais à 40€ par personne on se dit qu'il vaut mieux tenter le stop et nous partons plutôt confiants!

A raison puisque la première voiture qui passe s'arrête directement et les 5 argentins qui s'y trouvent proposent de nous prendre à l'arrière du pickup et de nous déposer à la frontière ! 1h de gagnée et une balade cheveux au vent à admirer les paysages, la classe!

Les choses se corsent à Cerro Castillo, dernière ébauche de civilisation aux allures de ville fantôme, où se trouve le poste de garde chilien. Sauf que 10km de no man's land séparent les deux postes frontaliers... 10km qu'il nous faudra faire à pieds puisque aucune des 12 voitures que nous avons dû croiser en 2h ne daignera nous prendre. C'est le jeu ma pôv' Lucette! Ça nous aura au moins permis d'observer la faune locale et notamment de voir des condors!

La vraie galère commence après... Alors que nous nous enregistrons sur le territoire argentin, deux retraités français qui voyagent en camionnette nous proposent spontanément de nous prendre et de nous déposer à la prochaine station service. Ravis, nous sautons sur l'occasion, pensant arriver dans une ville où nous pourrons dormir au chaud et faire un bon repas !

Sauf que 50km plus tard, nous nous retrouvons à la fameuse station qui s'avère être perdue au milieu de nulle part à 150 km de la ville la plus proche ! Il est 19h, les français sont repartis et nous sommes coincés là, donc soit quelqu'un s'arrête, soit nous plantons la tente en bord de route! Belle perspective !

20h15, toujours rien... Il commence à pleuvoir, la faim se fait sentir et le moral est en berne, quand une voiture, pleine à craquer, s'arrête. Une mère et ses trois enfants nous demande ce qu'on fait là et accepte de nous conduire à la prochaine ville qui se trouve à une heure de route ! C'est inespéré ! Nous voilà embarqués, Renan à l'avant et Myriam derrière avec Mia, 4 ans, sur les genoux, Péhoé, 9 ans, à côté et Valentina, 2 ans, qui dort dans son siège auto! Nous formons une joyeuse équipée !

Et c'est ainsi que nous arrivons à La Esperanza, escale imprévue dans notre itinéraire, sauvés de la tente et de la soupe lyophilisée par la bienveillance d'une maman soucieuse! (Avec en prime deux bananes parce qu'on a l'air de mourir de faim!😆)

Pas de photo cette fois pour les remercier, mais le coeur y est ...

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Publié le 10 février 2018

Après un bon repas chaud et une nuit sans rêves dans un hôtel miteux (mais hors de prix!) où il devait faire 12°C et où les robinets fuyaient, nous berçant de leur douce (et très agaçante ! ) mélodie liquide, nous voilà prêts, malgré la déconvenue d'hier, à retenter le stop pour rejoindre El Calafate.

Au moment où nous prenons place sur une position hautement stratégique, un "convoi" de policiers (bon en vrai y'a une voiture et 5 flics hein...) met en place un barrage à 40m devant nous!

Bon, point positif: les voitures étant obligées de s'arrêter, elles sont à vitesse réduite quand elles passent à notre niveau et elles ont bien le temps de nous voir!

Point négatif : les conducteurs sont un peu énervés d'avoir perdu 10min et n'ont qu'une envie: repartir au plus vite!😅

Au bout de 45min, la chance nous sourit! Un homme s'arrête et nous propose de nous déposer à destination, seul souci, il n'y a pas de sièges à l'arrière, tout a été démonté ! En galant homme Renan s'assoit devant tandis que Myriam se cale dans un trou à même la tôle! 😂 Plutôt folklorique comme trajet! L'avantage c'est que Umberto étant chauffeur de taxi, il conduit très bien et surtout très vite ! Le trajet est bouclé en 1h au lieu d'1h30!

Toujours crevés de notre dernière rando, nous décidons de nous poser deux jours à El Calafate histoire de récupérer un peu, de faire des lessives (avec une machine, le luxe!!), de dormir dans un vrai lit et de fêter nos un mois de voyage avec des repas gargantuesques (les conséquences seront quelque peu désastreuses pour nos estomacs réduits après une semaine de rationnement...) et du bon vin!

Vue sur la Laguna Nivez et le Lago Argentina
Un petit air de Provence en Patagonie !
Spécialité de Calafate : le cordero!
Viande à volonté dans les parillas argentines !

Une fois requinqués, nous décidons de nous rendre au Lago Roca, un petit écrin de verdure paisible, bien moins prisé que son voisin, le Perito Moreno, et pour cause! Une seule route cabossée y mène et au bout il n'y a rien, si ce n'est la nature à perte de vue, ce qui ne semble pas intéresser grand monde... Un endroit parfait donc, si ce n'est que le manque d'affluence le rend forcément plus difficile d'accès... Du coup, pour ne pas galérer, nous prenons une navette qui y va directement.

L'endroit dans lequel nous arrivons est tellement agréable, qu'une fois la tente plantée nous décidons de remettre la randonnée initialement prévue au lendemain et de nous poser pour en profiter un peu.

Même en mode minimaliste on arrive à mettre le bordel !

Après une première tentative de pêche non concluante (nos deux raisins secs en guise d'appât n'ont visiblement pas trouvé d'amateurs...) et vite avortée (pêcher sous la pluie et dans le froid c'est moins rigolo d'un coup!), nous nous résignons à nous substanter d'une énième soupe lyophilisée et nous couchons pour nous réveiller dans un froid inattendu ! Plus de 10°C perdus dans la nuit et des sommets enneigés, la randonnée va être sympa...

Et de fait, après 2h de montée et 1200m de dénivelé dans le froid et sous la neige, nous arrivons au sommet et nous retrouvons dans les nuages ! C'est con, paraît qu'il y a une vue à 360° sur toute la vallée qui permet de voir le Perito Moreno ! 😅 En ce qui nous concerne la vue se limitera à ça :

Et après 30 min d'attente dans l'espoir que le ciel se dégage, nos doigts bleuis nous invitent à redescendre illico presto, nous menaçant, en cas de refus, d'une vilaine amputation ! C'est évidemment après 1h de marche que le soleil décide de se pointer, offrant une vue panoramique aux chanceux qui auront choisi de dormir 2h de plus!

Alors que nous admirons tranquillement la beauté du paysage qui s'illumine progressivement, la blonde se rend compte qu'elle a oublié ses bâtons de marche au dernier coin pipi, soit 300m plus haut! Et là, c'est le drame! Après de douloureuses supplications, des larmes de crocodile et quelques roulades dans l'herbe haute, Renan prend pitié et se jette en courant dans la montée pour aller récupérer les bâtons abandonnés!

Retour victorieux de l'athlète !

De retour au campement, le lieu est désert. Seul un couple avec leur petite fille pique - nique à proximité, peut-être notre seule chance de ne pas faire les 32 km qui nous attendent à pieds... Renan décide d'y aller au culot et de leur demander directement s'ils peuvent nous prendre avec eux au moment de repartir, et ça marche ! 2h plus tard, après un "bon" repas et une sieste, nous voilà dans le break de Faviana et Ismael.

Une fois arrivés à l'intersection désirée, nous partons pour 4km à pieds, direction l'entrée du parc national Los Glaciares où se trouve le fameux Perito Moreno. Le parc étant fermé, nous espérons qu'il sera possible de resquiller les 40€ d'entrée... Et bien non! Un garde sort de sa guérite au moment où nous passons, nous informant qu'il est interdit de camper dans le parc et même d'y circuler à pieds! Ouuups! Quand on lui demande s'il est possible de planter la tente devant l'entrée, il nous invite à retourner d'où nous venons car tout est privé à proximité...

C'est ainsi que, 5min plus tard, nous nous trouvons à escalader des bosquets à flan de route qui nous cacheront pour la nuit... Nous plantons la tente entre les bouses de vaches avec l'impression d'être des fugitifs!

"Pour vivre heureux, vivons cachés!".

Et nous voilà, après une bonne nuit de sommeil, prêts à nous rendre au Perito Moreno! Sauf que 33 km séparent l'entrée du parc du glacier, pas d'autre choix que de reprendre le stop... Nous sommes les seuls pèlerins à être venus sans voiture!😅

Placés stratégiquement au niveau du péage, nous prenons par surprise deux belges qui n'osent pas nous refuser leur aide... Première fois que j'ai l'impression de faire du forcing, ce n'est pas très agréable mais dans ce cas de figure: "nécessité fait loi"!

Pis ça valait le coup quand même... Déjà impressionnés par l'immensité du glacier Grey au Torres del Paine, le Perito Moreno, que l'on peut observer sous tous les angles grâce à un système de passerelles, a cette beauté et cette majesté qui vous font sentir votre petitesse.

Le glacier avançant de 2m par jour, des blocs entiers de glace se détachent dans un fracas assourdissant !

Après avoir contemplé ce spectacle fascinant et impressionnant pendant 3h, il est temps de rentrer! La technique de Renan pour le stop ayant fait ses preuves, Myriam se lance dans le "voiture à voiture", guettant chaque visiteur sur le départ, et dégote le carosse au deuxième essai grâce à Ramiro y su novia! Un voyage musical et fort sympathique qui nous ramènera à El Calafate pour une dernière nuit avant de repartir pour de nouvelles contrées !

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A en croire les guides et les divers blogs parcourus afin de préparer le voyage, El Chalten est à l'Argentine ce que le Torres del Paine est au Chili mais... en mieux!

Pourquoi ?

Tout simplement parce que ce village, situé idéalement au pied des montagnes, est le point de départ d'une multitude de randonnées dans le parc national Los Glaciares, qu'elles sont réputées aussi belles qu'au Torres, qu'elles sont censées être moins touristiques car elles attirent un public de randonneurs et d'alpinistes plus aguerris et surtout, que tout y est gratuit, que ce soit l'accès au parc ou le camping !

Bref, pas de prise de tête en terme d'organisation, une belle promesse de tranquillité et une bonne nouvelle pour le portefeuille ! Autant nous redoutions le Torres, autant nous étions impatients de découvrir El Chalten!

Et en vrai, ça donne quoi?

3h de bus depuis El Calafate, le long du Lago Argentino

Il est 16h lorsque nous arrivons à El Chalten. La ville est sympathique, colorée et à taille humaine. L'artère principale alterne entre hôtels, restaurants, bars et boutiques de souvenirs... Moins typique que ce que l'on s'était imaginé, et pour cause ! Nous apprenons en fait que le village n'a été construit qu'à des fins touristiques, ça commence bien...😅

Si le cachet du lieu vient d'en prendre un coup, le temps en revanche est magnifique, sans doute la plus belle journée depuis le début du voyage, idéale pour randonner, malheureusement nous avons d'autres priorités avant de repartir en vadrouille!

Il nous faut d'abord réparer et remplacer certains éléments de notre équipement. L'un des arceaux de la tente menace toujours de céder... Par chance, le camping où nous sommes installés a la pièce que nous cherchons désespérément depuis une semaine! Moyennant un petit pourboire, le problème est résolu en l'espace de dix minutes! Ensuite, direction la maison de "Gina la hippie" afin de faire recoudre le pantalon en gore-tex de Myriam, déchiré sur 8 bons centimètres au niveau des fesses, pas mal pour l'aération mais pas génial pour l'étanchéité ! 😅 Enfin, nous parvenons à faire réparer les bâtons de marche de Renan!

Ça y est, nous sommes comme neufs après un mois et demi de voyage et prêts à repartir!

El Chalten

Jour 1 : El Chalten au camping De Agostini

Distance : 10,5km / dev +: 300m/ dev -: 50m/ temps : 3h

La première étape de notre randonnée étant assez courte, nous prenons le temps de faire des courses pour les quatre jours à venir, de déguster d'excellents empanadas et de glaner quelques infos pour la suite du voyage.

Nous partons vers 15h30 et sommes quasiment seuls sur la route. Tous les randonneurs que nous croisons sont sur le retour et vont à contre-sens, ainsi nous pouvons marcher à notre rythme et profiter des paysages, c'est parfait!

Le glacier Grande et la laguna Torre, où se trouve le camping, sont sublimes et le soleil couchant qui se reflète sur l'eau invite à la contemplation.

Mais nous déchantons rapidement en découvrant le camping De Agostini...

Une trentaine de tentes sont agglutinées sur l'aire autorisée. Nous avons l'impression d'être parqués ce qui gâche quelque peu le côté sauvage et paisible du site... Et comme nous avons le chic pour choisir le meilleur emplacement, nous plantons la tente à côté d'un groupe de quatre jeunes argentins qui se moquent visiblement du voisinage et ont décidé de faire entendre jusqu'à minuit leurs douces voix, qui ont à peine achevé de muer, et leurs rires gras! Le rêve !

Jour 2: Camping De Agostini au camping Piedra del Fraile

Dist : 27 km / dev +: 300/ dev -: 500 /temps : 8h30

Redoutant un départ massif de la foule de campeurs le lendemain, nous mettons le réveil pour 5h50... Dur dur pour la marmotte grincheuse du groupe dont la conception des vacances ne consiste pas à se lever aux aurores!

Mais la mauvaise humeur s'estompe en 5min face au lever du soleil sur la lagune! Le site prend alors un autre visage et le moment, partagé avec trois autres lève-tôt, est tout simplement magique!


C'est le coeur léger que nous nous mettons en route vers le camping Poincenot, point de départ de la randonnée la plus prisée d'El Chalten : laguna de Los Tres qui donne sur le célèbre Fitz Roy.

Nous sommes les premiers sur le sentier, le temps est magnifique et les paysages aussi. Ça ne pourrait pas être mieux!

Et en effet, ça va être pire, bien pire ! Ce n'est pas 30 mais 50 tentes qui squattent au camping Poincenot !

Il est 10h30, nous nous posons au départ de la randonnée pour une pause fruits secs et observons le passage de dizaines de touristes à la queue-leu-leu en l'espace de 20min. L'autoroute que nous redoutions tant au Torres del Paine est en fait à El Chalten ! La loose!

Renan se transforme alors en ours grognon et se déclare prêt à prendre un aller simple pour le Groenland !

Après moult délibérations, nous optons pour une solution un peu moins radicale: nous laissons tomber Los Tres pour l'instant et filons vers un camping beaucoup plus éloigné, situé à la Piedra del Fraile, nous rajoutant ainsi 7h de marche supplémentaires...

Personne sur le chemin, le contraste est saisissant! Nous savourons pleinement le calme retrouvé et, après de longues heures de marche, nous comprenons enfin pourquoi nous étions seuls...

Le gérant du refuge qui nous accueille nous annonce qu'il faut payer 25€ pour pouvoir planter sa tente et faire les randonnées alentours ! Nous tombons des nues! Nous ignorions complètement qu'une partie du parc était privée (pourtant c'est monnaie courante en Argentine, tout le pays est privatisé ! ). C'est ça de faire les choses à l'arrache...

Bref, il est 18h 30, nous sommes debout et marchons depuis 6h, il est hors de question de refaire les 2h de route en sens inverse, nous n'avons plus assez de force. Et en même temps nous refusons de payer aussi cher pour vivre comme des vagabonds et profiter de ce qui, à nos yeux, appartient à tout le monde! De guerre lasse, le gérant finit par nous autoriser à nous installer et si on ne veut pas payer, tant pis ! La situation est gênante mais nous ne nous le faisons pas répéter deux fois et plantons la tente avant qu'il ne change d'avis!

Jour 3: Camping Piedra del Fraile / Paso guardina / camping Poincenot

Dist : 21 km / dev +: 1460 / dev -: 1300 / temps : 10h30

Une grosse ascension nous attend, or les gardes annoncent de la pluie tout l'après-midi. Du coup, rebelotte, à 6h15 nous sommes sur la route, le soleil est encore timide mais nous préférons partir tôt pour ne pas nous faire surprendre par le mauvais temps en montagne.

La montée est longue et raide, mais plus nous prenons de la hauteur et plus les paysages se dévoilent. Et même si le vent est violent et glacial, le soleil est là et nous comptons bien en profiter! Et pis, encore une fois, le spectacle en vaut la chandelle...

Nous redescendons vers 13h au campement, le temps de se remplir la panse et de faire une petite sieste et 2h après nous voilà repartis! Une longue marche nous attend puisque nous voulons retourner au camp Poincenot, mais pour l'instant le temps est toujours de la partie...

Plutôt que de prendre le même chemin qu'à l'aller, nous choisissons d'emprunter un sentier qui figure sur notre carte mais qui a été fermé par la guardia. Un panneau "Glaciar, peligroso!" est là pour dissuader les moins téméraires mais nous n'avons pas de temps à perdre alors nous fonçons...

Le chemin passe par la forêt et permet d'observer les piverts tout en mangeant des myrtilles, sympa !

Les choses se gâtent vers 17h, au moment où une pluie torrentielle se met à tomber, doublée d'un vent qui souffle par rafales. Nous avançons à deux à l'heure. Nous sommes transis de froid, épuisés de notre marche du matin et la crainte de devoir rebrousser chemin et de se retrouver coincés par la nuit dans une forêt pleine d'arbres abattus par le vent n'est pas pour nous rassurer...

Et puisque ça peut toujours être pire, Myriam se rend compte après avoir traverser deux rios que le vent a emporté la cover rain qui protège son sac de la pluie! Tout va être trempé, c'est parfait !

Le moral tombe d'un coup dans les chaussettes et l'envie de se mettre en boule derrière un rocher et d'attendre que ça passe se fait de plus en plus vive (mauvaise option puisque ça mettra 10h à passer hein...). Heureusement Renan ne se laisse pas abattre et c'est avec l'énergie du désespoir que nous reprenons la marche pour arriver 2h plus tard au camping!

Il pleut toujours des cordes, nous nous empressons de planter la tente et, au moment où nous avons terminé, une illumination subite: "Dis, regarde la tente d'à côté, ce serait pas les crétins du premier soir?? On dirait le même rire débile ! "

Verdict?

C'était bien eux...😬 Et bien, même sous la flotte ils ont réussi à mettre le bordel jusqu'à minuit, réveillant en nous une sombre envie de lacérer leur tente avec le couteau suisse...

Jour 4: Camping Poincenot à El Chalten

Dist: / dev+ : / dev -: / temps :

Malgré les fortes émotions de la veille, nous mettons le réveil à 6h30 afin d'éviter la foule que nous avions vue deux jours plus tôt...

Encore une fois, bien nous en a pris! Nous sommes sept lorsque nous arrivons devant le Fitz Roy après 45min du grimpette...

Une fois repus de ce spectacle magnifique, qui n'est pas sans rappeler les célèbres Torres du Chili, nous redescendons tranquillement faire sécher nos affaires au soleil.

Puis nous repartons pour 2h de marche vers El Chalten, salivant déjà à l'idée de la bonne parilla qui nous attend même si, pour l'heure, nous sommes encore aux bolino!

Après ces 4 jours sportifs nous avons besoin de nous poser un peu et trouvons pour deux jours un camping pas cher (et bien pourri!) à l'entrée de la ville. Le temps tout gris et venteux du jeudi nous permet de planifier la suite du périple, de bien manger et d'aller faire une balade de 40min pour aller voir des condors.

Mais bon, y'en a une qui a toujours la bougeotte et dès vendredi c'est reparti pour une randonnée à la journée ! La carte annonce 9h de marche aller/retour mais tous les temps sont surévalués ici donc même pas peur! Après le petit déjeuner idéal du sportif,


Oeufs brouillés+dulce de leche, le top!

nous voilà partis à l'attaque du Loma del Pliegue Tumbado. Le temps est superbe et sans nos sacs de randonnée sur le dos nous courons presque sur les chemins ! Il nous faudra 4h aller/retour pour faire cette jolie balade où les 1000m de dénivelé se font sans efforts (ou presque ! 😉)

C'est donc sur cette belle randonnée que nous terminerons El Chalten. Au final, c'est une étape qui n'est ni pire, ni mieux que le Torres del Paine. Sa position centrale, qui permet de faire des randonnées à la journée pour voir les principaux sites et ensuite de rentrer boire une bière, manger des pizzas et dormir au chaud en fait une vraie fourmilière à touristes puisque, qui dit facile d'accès dit beaucoup de monde. La gratuité des campings extérieurs à la ville favorise également cette affluence...

Les paysages quant à eux, sans être tout à fait les mêmes, se valent et sont aussi sublimes dans un parc que dans l'autre.

Par contre, point essentiel, on y mange très très bien et pour des prix corrects!

A présent il nous tarde de voir autre chose!

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Après avoir terminé notre dernière randonnée à El Chalten, notre itinéraire nous amène à repasser la frontière en direction du Chili.

Deux possibilités s'offrent à nous: prendre un bus, ce qui nous oblige à faire un gros détour pour ensuite revenir sur nos pas, le tout en 13h et pour 70€, ou alors, en donnant un peu de notre personne, une autre solution consiste à rejoindre le Lago del Desierto, situé à 37 km d'El Chalten, à le longer sur 12km jusqu'à atteindre le poste de douane argentin et ensuite marcher 20km supplémentaires pour rejoindre la douane chilienne jusqu'à Candellario Mansilla. De là, un bateau nous amène à notre destination en 2h30: Villa O'higgins.

Seul petit problème, un français rencontré quelques jours plus tôt nous a appris que le bateau sensé faire la navette est tombé en panne et que les deux plus petits qui font également la traversée deux fois par semaine sont régulièrement annulés à cause du vent violent! Il a ainsi dû attendre une semaine à Villa O'higgins avant de pouvoir venir! Ça promet! Surtout que, selon lui, du côté où nous serons il n'y a rien, ni commerces, ni infrastructures donc pas moyen de se ravitailler...

Alors, plan galère ou plan pas galère ? ?

Et bien, comme nous avons tous deux le goût du risque (et surtout nous avons du temps devant nous!), nous choisissons de partir avec une semaine d'autonomie sur le dos direction le Lago del Desierto!

Ainsi, à peine redescendus du Loma del Pliegue Tumbado qu'il nous faut repartir pour 37 km de marche si nous voulons atteindre l'embarcadère à temps pour le prochain ferry, soit lundi. Nous sommes vendredi et il est 17h, pas vraiment le meilleur créneau pour faire du stop en direction d'un cul de sac ! Et en effet, toutes les voitures arrivent en sens inverse!

Quand ça veut pas, ça veut pas...😅

Par chance, après 30 min de marche, un automobiliste s'arrête et propose de nous avancer de 10km! Parfait, c'est presque 3h de gagnées à pieds! Plus que 24km! Mais après ça, plus moyen de trouver un stop, les voitures se font de plus en plus rares et la nuit commence à tomber... Après 10km de marche supplémentaires, nous déclarons forfait. La blonde boite et il reste encore trois bonnes heures avant d'arriver au lac.

Heureusement, nous trouvons un petit bout de terrain plat et plantons la tente en vitesse derrière un bosquet à 10 mètres de la route, sans voir que nous nous trouvons juste derrière un marais... Et là, gare aux moustiques ! A peine le temps de baisser sa culotte pour pisser qu'une dizaine de boutons idéalement situés ont fait leur apparition !

C'est la guerre! Sauf que ce ne sont pas les moustiques qui nous empêcheront de sortir le lendemain, c'est la météo ! Il pleut des cordes sans discontinuer, impossible de faire un pas dehors sans être trempé de la tête aux pieds ! La faim finit par nous faire sortir de notre tanière vers 13h. Nous profitons d'une brève éclaircie pour ranger tout le matos et repartons sur la route en mode chiens mouillés, résignés à faire les 15km qui nous restent à pieds.

Nous levons le doigt sans convictions quand une camionnette, conduite par un couple de jeunes argentins, s'arrête et propose de nous prendre à l'arrière! C'est inespéré ! Grâce à Gonzalo et sa chérie nous avons une chance d'atteindre le camping qui se trouve à l'autre bout du Lago del Desierto, à 4h30 de marche!

L'aventure commence dans les sous-bois, sur un sol boueux aux racines traîtresses. Ça monte et ça descend inlassablement. Avec notre semaine d'autonomie sur le dos, nos sacs nous paraissent lourds et rendent la marche pénible. Et l'effort n'est même pas compensé par la vue qui pourrait être jolie si ce n'était pas aussi couvert (en vrai c'est joli hein! Il est trop tôt pour être blasé ! 😜)...

Lago del Desierto

Lendemain, rebelotte ! Le temps est tout pourri! Nous traînons sous la tente jusqu'à midi et finissons pas sortir de mauvaise grâce. Il y a 20km à faire jusqu'au poste de garde chilien, ce n'est pas grand chose, mais la pluie nous ôte toute motivation et toute énergie. Nous sommes fatigués sans faire d'effort, affamés alors que nous mangeons la même quantité que d'habitude, tout est déréglé... Le terrain est toujours aussi boueux et glissant, les chutes nombreuses (surtout pour la grosse maladroite qui n'en rate pas une pour tester sa robustesse ! 😅)

Nous réalisons que c'est la onzième nuit consécutive sous tente, ça commence à faire beaucoup... Ajouté à la pluie continue, le moral en prend un coup!

Heureusement, en fin d'après-midi le soleil fait une apparition timide qui nous permet de faire sécher nos affaires, de nous prélasser un peu et de faire une pause myrtilles!

La goinfre en pleine action !
De retour au Chili!

Deux heures plus tard nous arrivons au poste de douane où l'on nous annonce que le bateau du lendemain est maintenu mais qu'il y a peu de places et que, étant les derniers arrivés, nous sommes sur liste d'attente. La bonne nouvelle c'est qu'un autre bateau devrait passer mardi, ce qui ne repousse notre départ que d'un jour si tout va bien! La mauvaise c'est qu'il n'y a qu'un endroit où camper et c'est payant! Pas cool quand on sait que l'on peut rester coincé plusieurs jours... Au moins, il y a un gîte où l'on peut prendre un repas simple mais chaud, nous ne risquons pas de mourir de faim!

Le lendemain, nous sommes 25 à guetter le bateau pour 17 places! Il finit par arriver vers 11h et repartira, une heure plus tard... sans nous! Il nous faudra attendre le suivant sauf que les pronostics ont changé, la météo ne sera pas bonne avant mercredi, voire jeudi... Qu'à cela ne tienne, nous en profiterons pour bouquiner, faire des lessives et prendre une douche... froide! (Enfin, seulement pour Myriam qui n'a pas pris le temps de comprendre comment elle fonctionnait!😇 )


Il y a pire comme spot pour planter la tente...

Mardi: après une journée à glander et à jouer aux cartes avec le reste de la communauté, nous sommes de nouveau au taquet, sauf qu'aucunes nouvelles quant au prochain bateau... De nouveaux randonneurs ont fait leur apparition.

Afin de ne pas tourner en rond, nous décidons de nous dégourdir les jambes une petite heure et partons faire un tour qui durera... 6h! En vrais professionnels de la randonnée, nous n'avons pris ni eau ni bouffe avec nous et Myriam est en sandales! Bref, nous manquons quelque peu de crédibilité quand nous tombons sur Selina, la suisse, et Alfredo, le basque, qui sont dans la même galère que nous depuis dimanche et sont partis avec les mêmes intentions !

Nous nous joignons à eux pour une balade hors des sentiers battus (sous-entendu nous nous sommes perdus un bon nombre de fois!😜) vers la Bahia Esmeralda.

Bahia Esmeralda

Malgré le manque de balisage du terrain et les ronces omniprésentes (parfait pour ne plus JAMAIS "oublier" ses chaussures de rando !), ça valait le coup! Surtout qu'en revenant au campement la guardia nous informe qu'il n'y a pas eu de bateau aujourd'hui, donc pas de regrets ! "Pero, quisas mañana...", le "peut-être "n'est pas pour nous rassurer, mais nous gardons espoir, même si certains commencent à être à cours de vivres...

Nous nous fournissons tous en oeufs, pain et confiture de framboises au gîte en bas du camping, qui, bien évidemment, nous les fait payer une fortune et essaye de nous arnaquer à chaque fois... Toujours agréable de voir que la détresse de certains profite à d'autres...

Mercredi: aujourd'hui encore, on nous fait espérer un bateau qui ne viendra pas... Du coup nous restons tous coincés au camp, guettant le large comme des naufragés ! Les nerfs commencent à être à vifs. Nous sommes maintenant une trentaine à attendre, la situation est pesante. Nous sommes les plus anciens et donc les plus désabusés. Nous avons l'impression que les gardes prennent un malin plaisir à nous donner des informations erronées, peut être pour se venger d'être dérangés toutes les 30 min par des randonneurs désespérés...

Et parce que ça peut toujours être pire, une bourrasque de vent vient fendre en deux l'un des arceaux de la tente, déchirant par la même occasion la toile ! Heureusement, Alfredo et Renan parviennent à rafistoler le mât, nous aurons donc un toit sur la tête pour la nuit à venir, mais jusqu'à quand??

L'art du cadrage façon Renan!😜

Il est vraiment temps que l'on quitte ce trou perdu! Demain normalement, mais ici on ne peut jurer de rien... Heureusement la journée se termine sur un splendide coucher de soleil qui donne au campement un air de tableau surréaliste !

Jeudi: 9h30. Ça y est, nous voyons le bateau à l'horizon ! ! ! Chacun se rue sur sa tente même si beaucoup ne partirons pas puisque nous sommes 40 pour 17 places... Heureusement, la liste des passagers se base sur l'ordre d'arrivée... Étant dans les plus anciens nous savons que notre place est assurée ! Nous allons enfin pouvoir passer à autre chose! Et, après une semaine coupés du monde et quinze nuits consécutives en tente, nous savons d'ores et déjà que ce soir nous dormirons dans un vrai lit et que nous fêterons notre libération au restaurant, accompagnés de nos compagnons de galère!

Cette fois c'est le nôtre ! !
Les compagnons de galère...
"Libérés, délivrés, nous n'y retournerons jamaiiis!"
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Publié le 26 février 2018

Nous y voilà, après 2h30 d'une traversée plutôt agitée nous sommes arrivés au bout de la célèbre Carretera Austral!

Mais qu'est-ce que c'est??

C'est tout simplement le nom donné à la ruta 7 qui traverse le Chili de Puerto Montt à Villa O'higgins, permettant de créer une liaison avec certains des villages les plus reculés de la région et, qu'aujourd'hui, beaucoup se font un défi de parcourir, que ce soit à vélo, à moto ou en voiture.

Après 8km de bus, nous arrivons enfin à Villa O'higgins. Le retour à la civilisation se fait en douceur puisque nous avons l'impression d'avoir débarqué dans une ville morte... Et de fait, ça ne fait que dix-neuf ans que le village est relié au reste du pays par la Carretera Austral! Ici, l'état donne des subventions aux habitants pour les inciter à rester, c'est dire! On pourrait se croire dans un western avec ces rues désertes, seulement parcourues par des chevaux, des poules et des chiens errants ! Une atmosphère qui n'est pourtant pas sans charme..

La seule âme vivante sort de l'église, c'est un miracle??!

Avant que chacun ne reprenne sa route, nous décidons de tous nous retrouver pour une dernière soirée, histoire de fêter la fin de notre mésaventure! Ce rendez-vous occasionnera malgré lui une forte hausse de la délinquance à Villa O'higgins puisque, après 30min à peine, nous voilà délogés par la police du parc où nous avions élu domicile... (au Chili ils ne rigolent pas avec l'alcool sur la voie publique!😨)

Quant à nous, nous avons encore une journée à tuer avant le bus qui nous conduira à notre prochaine destination. Nous en profitons pour faire une petite balade de 5h afin de libérer la tension accumulée ces derniers jours... Nous serons accompagnés de Stinky pour l'occasion, notre chien à dread!😜

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Publié le 26 février 2018

C'est avec impatience que nous pénétrons dans le bus qui nous conduira à Caleta Tortel... Il est 8h30, tout étant fermé dans la ville morte, nous partons le ventre vide sans savoir que le chauffeur du bus est en fait un fou du volant, accro à l'accélérateur malgré l'étroitesse de la route et la succession de virages en épingle!

Le trajet, en dépit de la vitesse, nous paraîtra interminable et nous verra passer du blanc au verdâtre! Heureusement, l'arrêt pour prendre le ferry sera salutaire et permettra d'éviter une exposition peu ragoûtante de nos entrailles! Tout le monde n'aura pas cette chance...😵

La suite du trajet sera plus calme et c'est soulagés que nous arrivons à Caleta Tortel, jurant que nous ferons le reste du voyage à pieds ou en vélo (...ben voyons !😜).

Ce village de pêcheurs, construit tout en hauteur, n'est relié à la Carretera Austral que depuis 2003 et semble figé dans le temps. Entièrement monté sur pilotis et relié par un système de passerelles, il offre un charme insolite et suranné. Les touristes y viennent pour la journée mais n'y restent guère plus car aucune infrastructure n'est adaptée pour les recevoir en masse, ce qui en fait un lieu encore très préservé ! (Plus pour longtemps au vu des constructions en cours...)

Ayant choisi de planter la tente au camping municipal gratuit situé au bout de la ville, nous en profitons pour nous imprégner de cette atmosphère de village sereine, qui invite à la paresse. De toute façon, il n'y a rien d'autre à y faire, ni commerces, ni loisirs. Un bon livre pour passer le temps et en guise de restaurant un repas chez l'habitant suffisent largement ! Cette petite halte en bord de mer nous offrira un bon bol d'air frais !


Caleta Tortel
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Après 2h30 de bus, nous voilà rendus à Cochrane, le point de départ de notre prochaine randonnée. Cette fois, nous projettons de rejoindre la ville de Chile Chico, située à 154km à vol d'oiseau... à pieds! L'itinéraire nous ferait passer par trois parcs nationaux différents, réputés pour leur faune et la beauté de leurs paysages. Malheureusement, ce circuit n'étant pas touristique, peu d'informations circulent à ce sujet et aucune carte n'existe qui permettrait de planifier la totalité de notre parcours... A en croire les agences, l'itinéraire que nous avons trouvé sur Maps.me et Mytrail n'existe même pas! Ça promet!

Nous décidons donc de nous préparer en conséquence et prévoyons de partir avec une semaine de vivres. Renan a la bonne idée d'expédier nos affaires inutiles dans une poste restante, nous permettant ainsi de gagner 3,5kg sur nos sacs! Poids vite remplacé par des fruits secs, des gâteaux et du chocolat (nous ne voulons surtout pas risquer la pénurie et une nouvelle crise façon Lago Desierto!😅).

Nous en profitons également pour nous procurer de quoi renforcer notre maison étant donné que certains arceaux menacent toujours de céder : du tube gaz 3/4 fera l'affaire... Après un dernier repas copieux et les embrassades de rigueur à la sympathique Ana Luz, chez qui nous avons logé, nous voilà en route pour la Reserva Tamango, située à 4km de la ville.

Cochrane, la nouvelle Hollywood ? Pas vraiment non...ߘŀ/storage/extSdCard/Photos/PlayMemories Mobile/PlayMemories Mobile/PlayMemories Mobile/DSC05222.JPG

Jour 1 : de Cochrane à la Laguna Cangrejo

Dist : 8km / dev +: 900m / dev -: 50m / temps: 3h

Une fois arrivés à l'entrée (merci à Diego pour les 2kms gagnés !😜) et nous être acquittés du droit de passage, nous demandons au garde ce qu'il pense de notre itinéraire. Sans hésiter, il nous annonce qu'il est impossible et que le seul moyen de rejoindre le second parc, situé à 20km, est de faire du stop! Mais comme, selon Renan, le stop c'est pour "les backpackers de mer**" (nous venons à l'instant d'en faire, mais nous fermerons les yeux sur ce détail...😰) et que les gardes ne connaissent pas leur propre parc et se cantonnent eux mêmes aux sentiers balisés, nous n'y accordons pas grande importance... Ce fût notre première erreur.

Il est 16h lorsque nous attaquons les 3h de montée, rendue pénible par nos sacs pleins à craquer. Mais plus nous prenons de la hauteur et plus les couleurs automnales de la forêt ressortent, offrant de magnifiques contrastes qui, associées à la chaleur, nous plongent en plein été indien! Et dire qu'il fait -8 à Paris...

Après avoir traversé une forêt d'arbres poilus, nous finissons par nous poser au bord de la laguna Cangrejo. Nous n'avons croisé personne et campons seuls pour la première fois depuis longtemps, un vrai bonheur!

Atelier bricolage pour Renan

Jour 2: de la Laguna Cangrejo à la Laguna sans nom

Dist: 26km / dev +:600m / dev -: 800m / temps : 7h30

Ouille! Le réveil matinal pique un peu! Il fait froid et l'endroit est très humide, heureusement le soleil pointe son nez et permet de sécher un peu la tente! En tout cas, c'est l'une des nuits les plus tranquilles que nous ayons passé depuis le début du voyage ! Juste le bruit des oiseaux pour nous bercer, il n'y a rien de plus agréable !

Les 250m qu'il nous reste à monter nous amènent sur un joli lac de montagne.

Mais le plus beau se trouve dans la descente lorsque nous longeons des lagunes aux eaux turquoises, avec vue sur les montagnes enneigées et sur une multitude d'étangs.

Et, tandis que nous allons de merveilles en merveilles, le clou du spectacle fait son apparition ! Des guanacos sauvages (mais pas farouches pour autant!)! Ça fait deux mois que la blonde les guette en vain ! Le bonheur est à son comble !

Valle Chacabuco

Et le bonheur, ben ça rend idiot! Nous sommes à un point décisif de la randonnée : soit nous rejoignons la route et faisons du stop jusqu'au Parque Patagonia, soit nous empruntons le chemin qui "n'existe pas" en franchissant la montagne d'en face et faisons un gros détour pour rejoindre ce même parc à pieds par les sentiers...

Or, dans un accès de faiblesse et, parce qu'elle a vu ses foutus guanacos et que le reste ne compte plus, Myriam laisse à Renan la responsabilité de décider de la suite du parcours et comme "la route c'est pour les backpackers de mer**", le choix était vite vu! Ce fût notre deuxième erreur...

Nous marchons 2h30 supplémentaires pour arriver à un étang où nous décidons de planter la tente. Le cadre est idyllique et comme nous sommes seuls encore une fois nous en profitons pour nous laver, faire une lessive et un feu! Cette journée touche à la perfection !

Jour 3: de la Laguna inconnue au no man's land

Dist: 20km / dev +: 700m/ dev -: 400m/ temps : 8h

Mais les choses se corsent le lendemain... Notre application nous indique qu'il n'y a pas de point d'eau avant 28kms... Il va nous falloir marcher vite si nous voulons atteindre le lac avant la nuit! Par précaution, nous faisons le plein avant de partir et nous chargeons de presque 6L, de quoi faire la cuisine et nous abreuver jusqu'au lendemain. Le sac n'a jamais été aussi lourd!

Mais la vraie difficulté commence lorsque, après avoir marché 1h30, nous tombons sur un refuge perdu au milieu de nulle part...

L'endroit est charmant sauf qu'à partir d'ici le chemin disparaît complètement! Les traces GPS nous mènent au milieu des broussailles et se dirigent vers la forêt... Et au lieu de songer à rebrousser chemin, comme n'importe quelle personne sensée, nous nous obstinons à avancer, convaincus que le chemin va réapparaître d'un coup !

Ce fût notre troisième erreur puisque le chemin mettra deux jours à se rematérialiser... Deux jours de marche à l'aveugle, à sortir le portable toutes les 3 minutes pour voir si nous sommes dans la bonne direction, à escalader des obstacles en permanence, à pousser notre corps dans ses retranchements, à l'écorcher dans les fourrés d'épineux, à le tordre dans la pierraille...

Il est où l'chemin, il est oùùùù ? Il est pas làààà !

Nous faisons du 1,5km/h, la montée dans les sous bois est un véritable calvaire! Tout ça pour nous rendre compte en arrivant au sommet qu'il y a un lac! Pas d'eau? Vraiment ? ? C'est quoi cette blague??? Nous nous sommes chargés comme des bourricots pour rien! Bon, par chance nous trouvons en chemin de délicieuses fraises ce qui aide à relativiser cette déconvenue ! Après tout, "quand l'estomac va, tout va!"

Bon à part ces "quelques" lacs il n'y avait pas d'eau hein...😬

Celui là n'a pas dû voir d'êtres humains depuis longtemps et on comprend pourquoi...

A 18h, nous arrivons à bout de forces sur une zone suffisamment plate pour planter la tente et décidons d'en rester là pour aujourd'hui. Nous avons fait 17km au lieu des 28 prévus...

Jour 4: du no man's land au camping Casa Piedra

Dist : 11km / dev +: 800m / dev -: 1000m / temps : 9h

Aujourd'hui nous sommes préparés à la difficulté du terrain. Nous savons qu'il nous reste 11km à parcourir dans les mêmes conditions que la veille... Pour autant ce ne sera pas plus facile...

-Tu vois un chemin là ? -On est dessus! -Ah....😣

Et vient la chute de trop, celle où l'on se dit qu'on a souscrit à une assurance voyage pour rien car de toute façon on va crever dans ce fossé pourri à cause d'une cheville un peu tordue et qu'on mettra des mois à retrouver notre corps parce que personne ne peut se douter qu'il y a des gens assez stupides pour s'aventurer dans des endroits aussi hostiles... Mais comme on n'est pas vraiment seule, arrive le chéri qui est là pour sécher vos larmes, essuyer vos coups de gueule et vous aider à vous relever, et c'est reparti !

Et après 3h de lutte pour faire 4km, voilà que l'on quitte enfin cette forêt diabolique pour rejoindre le sommet et son terrain à l'horizon tellement dégagé qu'il n'y a plus besoin de chemin, il suffit de suivre la bonne direction ! En guise de récompense, une vue panoramique à couper le souffle qui fait oublier en un instant ces deux jours de galère !

Le sourire est revenu ! Mais pas longtemps... Alors que nous sommes en train de descendre 900m de dénivelé, Renan profite d'une pause myrtilles de Myriam pour disparaître de son champ de vision! Et là, c'est le drame! Il faudra 30min et de nombreux cris de détresse pour que la morfale retrouve le bon chemin! Si on ne peut même plus joindre l'utile à l'agréable...😬

Et enfin, après trois nouvelles heures de marche : la délivrance ! ! !

Jour 5: du camping Casa Piedra à la forêt

Dist : 26km / dev +: 650m / dev-: 200m / temps : 8h

Maintenant que nous avons rejoint le sentier officiel, tout devrait être plus facile... Sauf qu'il nous faut composer avec un épanchement du genou, un autre qui est mal foutu, un début de cystite, des chairs douloureuses car à vif en raison des dizaines d'échardes venues se nicher en leur sein, un estomac complètement barbouillé qui lâche en permanence des pets foireux pas très dignes d'une princesse (le régime fruits secs-bolinos-chocolat serait-il à incriminer ? ?). Bref, nous sommes en train de relâcher toute la tension accumulée ces deux derniers jours et nos corps en profitent pour nous laisser tomber! Nous ne sommes pas au bout de nos peines !

Néanmoins le spectacle matinal est plutôt engageant...

La Valle d'Avilès

Mais au fur et à mesure que nous avançons, la fatigue et la monotonie des paysages nous accablent... Après ces 3j particulièrement intenses, cette portion paraît bien facile, presque fade et ne nous stimule pas... Mais c'est sans compter sur l'apparition soudaine de plusieurs rio à franchir! L'eau à 5°C parvient à nous redonner un bon coup de fouet!

Franchement tous les prétextes sont bons pour se mettre à moitié à poil!😜

Petit problème lorsque nous arrivons au refuge où nous comptions dormir...

Hum, pas très fiables les refuges par ici...

Il va falloir revoir nos plans et pousser un peu plus loin la recherche d'un terrain adéquat...😅 Nous passons par des bois remplis de piverts !

Mais la photo du jour revient incontestablement à Renan pour sa capture d'un huemul, cervidé en voie d'extinction que nous avions fini par croire purement légendaire à force de le guetter en vain depuis deux mois ! Il n'en reste que 50 spécimens dans le parc et l'un d'eux était parmi nous! Un spectacle rare et de toute beauté !😍 De quoi faire de beaux rêves...

Jour 6: de la forêt à l'entrée du parc Jeinemeni

Dist : 20km / dev +: 400m /dev - 400m / temps : 7h

Autant il était rigolo et rafraîchissant de franchir des rio la veille, après une journée à transpirer, autant le matin à 8h c'est un peu moins drôle... Pas facile de se mettre dans une eau gelée quand on n'est pas encore bien réveillé!😅 Mais bon, quand faut y aller, faut y aller!

Il nous faudra passer une trentaine de rivières avant d'arriver au Lago Verde dont la couleur turquoise parvient à illuminer un ciel aux nuages de plus en plus lourds...

Si lourds que la pluie finit par percer pour ne plus s'arrêter ! C'est trempés jusqu'aux os que nous terminons la randonnée ! C'est bête, c'était sensé être là plus jolie partie de l'itinéraire...😅

Laguna Esmeralda
Lago Jeinemini
L'art de mettre des ponts quand ça ne sert à rien. . .

Par chance, nous croisons en chemin Juan Sebastian et Diana, deux fous venus s'aventurer au parc Jeinemeni par ce temps! Renan, qui, en cas d'extrême nécessité, ne rechigne pas à être un "backpacker de mer**" saute sur l'occasion pour leur demander de nous ramener avec eux à Chile Chico qui se trouve à 60 km d'ici! Et c'est ainsi que nous trichons et choisissons le confort et la chaleur d'un lit et d'un repas chaud à la marche sous la pluie et dans le froid!

Moralité: le masochisme a ses limites ! 😆

Au final, cette randonnée est, selon les critères de Renan basés sur le taux de fréquentation, l'une des meilleures que nous ayons réalisé! Nous avons vu plus de condors que d'êtres humains au cours de ces 6j et avons évolué en parfaite liberté, campant où nous avions envie ce qui est plutôt rare par ici!

C'est aussi, l'une des plus difficiles et des plus dangereuses en raison de l'absence de chemin et paradoxalement c'est l'une des plus fortes et des plus intenses que nous ayons faite pour l'instant ! Nous finissons certes épuisés mais remplis de belles images et de souvenirs forts!

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Publié le 6 mars 2018

Aaaah! Qu'il est bon de retrouver la civilisation après 6 jours de galères ! D'autant plus que Chile Chico, avec sa situation en bord de lac, bénéficie d'un micro climat! Autant il pleuvait des cordes au parc Jeinemeni, autant ici le soleil brille et le ciel est bleu, incroyable !

Après avoir trouvé un petit appartement à un prix dérisoire, nous décidons de rester une nuit de plus, histoire de nous remettre de nos bobos respectifs et d'en profiter pour organiser la suite du périple.

Notre petit camping

Finalement, après avoir essuyé un cuisant échec en matière de stop (2h à attendre dans le froid constituent notre limite!), c'est trois nuits que nous passerons dans cette petite ville tranquille! Impossible de trouver un chauffeur maintenant que les vacances scolaires sont terminées... Nous nous résignons à réserver un bus pour le lendemain matin de peur de rester coincés un jour de plus et nous consolons en fêtant nos 2 mois de voyage dans un bon resto!

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Direction Puerto Rio Tranquilo pour notre prochaine escale! Durant 4h le bus va longer le lac Carrerra, offrant de jolis paysages,

jusqu'à arriver à cette petit ville qui porte bien son nom et qui abrite un site classé Monument National : la Capilla de Mármol.

Ces grottes de marbre, issues de l'érosion, ont la particularité d'avoir été lissées et polies par le ressac du lac et forment aujourd'hui une merveille naturelle dont les couleurs varient à chaque instant en fonction de la luminosité et de la réverbération de l'eau.

A peine descendus du bus que l'on se jette sur nous pour nous proposer un tour! Après tout, nous sommes là pour ça... Mais cette précipitation annonce déjà l'ampleur touristique du lieu...

Vues depuis la plage de Rio Tranquilo

Après 3h30 à attendre que le vent soit favorable, c'est la ruée sur les bateaux ! Le créneau étant court, tout le monde part en même temps! A raison de dix personnes par barques et d'une dizaine d'embarcations, nous voilà à cent en quête des fameuses grottes!

Pas vraiment ce que nous préférons, néanmoins la navigation est sportive (le bateau saute littéralement sur les vagues ! ) et apporte son lot de sensations fortes qui nous ravissent et, malgré un temps couvert et une luminosité en berne, les grottes offrent un joli spectacle ! Dommage que nous soyons à la queue-leu-leu...😟

La Chapelle de Marbre
La Cathédrale de Marbre
Vision moins sexy d'un coup...
Voilà un gosse heureux!
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Publié le 9 mars 2018

Quand y'a rien à dire, ben y'a rien à dire!

Voilà deux jours que nous glandouillons à Coihaique, sans doute la plus grosse ville depuis Buenos Aires, afin de reposer nos membres fatigués. Le temps n'est pas au beau fixe et n'engage ni aux visites, ni aux photos... Mais nous ne sommes pas inactifs pour autant puisque nous préparons une nouvelle escapade qui a de quoi mettre l'eau à la bouche... Rendez-vous dans un mois pour savoir ce qu'il en est...😜

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Nous voilà à présent à Puerto Chacabuco, petite ville portuaire sans grand intérêt à 1h15 de Coihaique, dans laquelle nous attendons le ferry qui nous conduira en 30h à Quellon, situé sur l'île de Chiloe.

Cet archipel est réputé pour sa culture, très axée sur les mythes et légendes, son architecture typique, sa gastronomie et surtout pour ses églises colorées que l'on trouve par centaines.

Tous s'entendent à dire que l'île aurait des allures de Bretagne avec ses côtes sauvages, escarpées et... sa météo ! Et effectivement, ils annoncent une semaine de pluie, ça promet!

Bilan dans une semaine...

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Publié le 16 mars 2018

Renan ne voyant pas l'intérêt de passer du temps sur une île qui ressemblerait à la bretagne (c'est vrai après tout, pourquoi aller à l'autre bout du monde pour voir ce que l'on peut trouver à quelques heures de chez soi??), cette étape sera celle de Myriam! Le "je" est donc de rigueur.

Alors pourquoi, à mon sens, faut-il faire un crochet par Chiloe?

Hormis le fait que tous les prétextes sont bons pour aller sniffer des embruns (et non, y'a pas que la montagne dans la vie!😜), qu'il paraît que, quand on y a goûté, "la Bretagne, ça vous gagne" et qu'un peu de bruine n'a jamais fait fondre personne, voilà ce que j'ai aimé dans cette étape haute en couleurs :

- La traversée: certes 30h de bateau c'est long, mais c'est reposant et ça permet de bouquiner, d'écrire un peu et surtout de voir des paysages magnifiques sous un autre angle ainsi que des animaux marins (pour nous, pas de baleines mais des dauphins, des phoques et des manchots tout de même ! )

... enfin, à condition de ne pas dormir tout le trajet évidemment ! 😜

Renan en pleine action...😅

- La visite des églises : et oui, malgré sa superficie de seulement 8300km2, on dénombre sur le petit archipel de Chiloe plus d'une centaine d'églises et de chapelles dont 16 sont classées par l'UNESCO comme appartenant au patrimoine culturel de l'humanité !

Ces vestiges de l'évangélisation, entreprise par les jésuites au 17ème siècle, ont la particularité d'être bâtis dans le plus pur style chilote, c'est à dire avec les matériaux du coin, j'ai nommé: le bois et la tôle! Ajoutez à cela une bonne couche de peinture et des associations de couleurs originales (et parfois hasardeuses...) et vous obtenez un rendu à la fois gai et engageant! Cela donnerait presque envie d'aller à confesse! 😜

Toujours est-il qu'à côté de cette architecture colorée, chaleureuse et sans faste, nos églises en grosses pierres me paraissent bien austère ! Et puis, dans une région où il pleut 305 jours par an, ces lieux de culte apportent une pointe de couleur bienvenue ! En voici un petit aperçu !

Église de San Augustin
Église de Detif
Église de Chonchi
Église de Puqueldón
Église de Dalcahue
Église de Nercón
Église de Tenaún
Église de Quemchi
Église de Cucao
Église de Tocoihue
Église d'Ancud
Église de Castro

- son histoire empreinte de folklore, puisque l'archipel serait né de la lutte titanesque entre deux divinités: Cai-Cai Vilu et Ten-Ten Vilu, le premier cherchant à punir les hommes en provocant des inondations tandis que la seconde tente de les protéger en élevant des barrières, créant à chaque affrontement un nouvel îlot... (et la marmotte, elle met le chocolat dans l'papier hein?!😆)

On y rencontre également la figure du Trauco, sorte de satyre lubrique séduisant de jeunes innocentes pour ensuite les violer dans les bois... pratique pour expliquer des grossesses hors mariage!😅

Il trouve son pendant féminin en la Viuda, sorte de veuve noire qui attire les hommes dans ses filets et les conduit à la mort pour se venger d'avoir été abandonnée par l'un d'eux.

Renan est déjà séduit !

La Pincoya, quant à elle, est le symbole de la fertilité des côtes de Chiloe. Cette femme à la beauté envoûtante et à la longue chevelure rouge danse de manière frénétique, annonçant aux marins une pêche abondante si elle est tournée vers la mer et une pénurie dans le cas contraire.

Et enfin, El Invunche, autrefois homme avant d'être enlevé par des sorcières, puis torturé et mutilé, il est le gardien de leur sanctuaire et se nourrit de lait de chatte et de cadavres, sympa non?

- sa gastronomie, à base de poisson et de fruits de mer, est fabuleuse ! C'est sans doute la meilleure que l'on ait eu l'occasion de déguster depuis le début du séjour, mais aussi la plus surprenante...

Voici quelques spécialités que nous avons eu le plaisir (enfin, surtout moi en fait, Renan n'étant pas un aventurier de la fourchette!) de découvrir durant ces quelques jours:

Le curanto, plat chilote à base de palourdes, de moules, de coquillages, de saucisses, de lard, de poulet et de pommes de terre, servi avec un petit bouillon, ça fait rêver n'est ce pas? Et bien, aussi étrange que cela puisse paraître, c'est bon!

Le cancato, spécialité locale constituée de deux tranches de saumons disposées en sandwich et dans lesquelles on trouve un mélange d'oignons, de saucisses et de tomates, le tout nappé de fromage ! Miam! 😋 (bon, je sais, sur le papier ça ne fait pas rêver mais en vrai c'est pas si mal hein... A essayer au moins une fois quand on a le goût du risque ! 😜)

La pichanga, que les chiliens dévorent avec enthousiasme, accompagnée d'une bière et d'un match de foot! Elle se compose d'une montagne de saucisses découpées en rondelles et de viande de vache, le tout recouvert de frites, d'oeufs durs, de légumes vinaigrés, de pain avec mayonnaise et de fromage ! Sans doute la meilleure expérience culinaire aux yeux de Renan qui, suite à ça, a juré de ne plus jamais se laisser entraîner par ma curiosité! Je ne comprends vraiment pas pourquoi...😦

Le ceviche, poisson ou fruit de mer cru, mélangé dans une marinade à base de jus de citron, de poivron, d'oignons, d'épices et d'herbes aromatiques, sans doute l'un des plats les plus goûteux du voyage, à déguster directement sur le marché du port!

Ceviche de morue
Ceviche de saumon
Ceviche d'oursins

Le churrasco de vaca qui est un sandwich façon fastfood mais avec un steak délicieux (et non une vieille semelle de 3mm d'épaisseur réchauffée au micro-ondes!), des oignons, des tomates et surtout, l'ingrédient magique: l'avocat, qui apporte de la fraîcheur et un côté crémeux façon guacamole, un régal à peu de frais!

Le milcao, sorte d'énorme galette de pommes de terre farcie avec du poulet! Très bon et surtout très copieux ! Pour 1,3€ te voilà rassasié !

La meisa (en fait on n'a rien compris au nom et impossible de retrouver quelque chose qui y ressemble sur internet donc cette spécialité restera inconnue!😅), peu ragoûtante de prime abord, est une sorte de galette de riz sucrée avec un mélange de marmelade, de dulce de leche, le tout enveloppé dans une feuille! C'est étrange mais bon et ça a le mérite de nis faire découvrir une nouvelle saveur!

Le mote con huesillo, une boisson à base de blé cuit, de jus de pêche et de pêche séchée ! Très sucrée mais vraiment rafraîchissante, idéale pour le goûter puisqu'il y a à boire et à manger!😜

Et bien sûr, de délicieux poissons cuits en toute simplicité, dans des proportions faramineuses et pour des prix dérisoires !

- profiter que la saison touristique soit terminée pour dormir dans de supers endroits à des prix riquiquis! Que ce soit dans des hospedaje à 20€ la chambre double (contre 35-40€ en janvier/février ! ), ou dans des campings vides où nous avons pu squatter la salle commune et dormir à l'abri pour 8€ puisque nous sommes quasiment les seuls backpackers de l'île !

Finalement nous n'aurons eu à planter la tente qu'une seule fois! En même temps, la météo et la vue ce jour là étaient une invitation qu'il aurait été honteux de décliner!

- les palafitos de Castro, ces petites maisons colorées construites sur pilotis et qui bordent la côte sont un enchantement pour les yeux et donnent l'impression de vivre les pieds dans l'eau !

- mais aussi ses maisons en bois aux couleurs éclatantes, capables d'illuminer le ciel le plus gris et qui sont à l'image de leur propriétaire : accueillantes.

- ses paysages marins qui ont certes un petit air de déjà vu, mais dont je ne me lasse pas et qui me rappellent la maison...

Enfin voilà quoi... Ça fait tout de même quelques bonnes raisons de se rendre sur ce petit caillou qui, malgré ses airs bretons, reste très marqué par ses identités mapuche et chilienne!

Après, qui dit voyage, dit galères, imprévus et déceptions et, en dépit de tous ses bons côtés, Chiloe aura aussi eu son lot !

Nous avons commencé par nous arracher les cheveux pour déterminer comment nous allions circuler sur l'île ! Celle-ci a beau ne pas être très grande avec ses 180km de long sur 50km de large, il est impossible de l'explorer à pieds! La plupart des touristes y consacrent 3 jours et louent une voiture, ce qui est sans doute la meilleure option pour voir un maximum de choses en un minimum de temps, ou ils passent directement par des tours organisés afin de voir l'essentiel.

La première option étant hors budget et la seconde hors de question, nous avions pensé louer des vélos, mais les prévisions météo nous ont vite dissuadé de choisir cette solution ! (le vélo, c'est comme la marche, c'est sympa quand il fait beau sinon c'est juste la misère ! 😱) Et au vu des dénivelés nous n'avons pas eu à regretter ce choix... (pourtant, je comprends pas, ça avait l'air tout plat sur la carte!😅)

Nous avons donc opté pour le bus! L'ensemble de l'île est plutôt bien desservi et les trajets ne dépassent guère 1,3€, permettant ainsi de voguer de ville en village, à condition de ne pas être pressé! En effet, dès les deux mois de haute saison terminés et les touristes partis, l'île retrouve son rythme insulaire et tout est ralenti !

Nous avons ainsi dû attendre 1h30 un bus pour rejoindre Cucao, petite ville située sur la côte ouest de l'île, face au Pacifique et qui fait partie du parc national de Chiloe, réputé pour sa nature et son caractère sauvage. Le rêve ! Sur le papier tout du moins... Car en arrivant deux français nous annoncent que l'entrée du parc est au prix d'une nuit en camping et qu'il n'a vraiment rien d'exceptionnel!

Génial, 1h30 de bus pour rebrousser chemin? Certainement pas! Nous décidons à la place de longer le pacifique jusqu'à un mirador que nous n'atteindrons jamais... En l'espace de 5min une pluie diluvienne nous trempe jusqu'aux os et nous oblige à nous réfugier dans un abri bus où nous déjeunerons, penauds et résignés à prendre un bus en sens inverse... On ne peut pas dire que nous n'étions pas prévenus ! 😅

Sexy notre abri pour la popote hein?

Rebelotte lors de notre escapade sur l'Isla Lemuy! Nous parvenons à rejoindre la pointe de l'île après avoir attendu presque une heure le bus, pour finalement nous rendre compte qu'il n'y a pas grand chose à faire dans ce coin là... Ah si, un beau mirador (payant bien sûr, on est au Chili hein, tout est privatisé ! 😡), idéal pour le pique-nique !

Or le prochain bus est dans 3h... Super! Il ne nous reste plus qu'à tenter la bonne vieille méthode : le stop! L'avantage d'être sur une petite île c'est que l'entraide est de mise! De stop en stop nous parvenons à rejoindre la ville où il nous faut attendre le bus qui nous reconduira à Chonchi, sur l'île de Chiloe ! Sauf qu'à peine arrivés, on se rend compte que Renan a oublié son portable sur le banc du dernier abri bus...😬 Nous arrêtons en urgence une voiture et demandons à la conductrice de nous aider! Elle accepte de déposer Renan à 1km de San Augustín tandis que je reste à Puqueldón avec les sacs... Le temps passe, l'heure du dernier bus approche et toujours pas de chéri ! Je me ronge les sangs... Il a tout l'argent mais pas de portable et j'ai tout le matos mais pas d'argent ! Quelle bêtise de s'être séparés à un moment critique ! Heureusement, le bus pour Chonchi arrive et Renan, victorieux, est à l'intérieur ! Tout est bien qui finit bien... pour cette fois!

Nous faisons la même erreur en nous rendant deux jours plus tard à Tenaún, dernière ville au bout de la route... Nous sommes coincés pour 6h et préférons tenter de nous déplacer de ville en ville plutôt que d'attendre bêtement...

C'est ainsi que nous découvrons par hasard la jolie cascade de Tocoihue (privatisée bien sûr ! ) à côté de laquelle nous déjeunerons avec, en guise de dessert, des mûres succulentes ! (Elles poussent en abondance sur l'île et sont bien meilleures que les myrtilles!!😋)

Nous aurons ensuite la chance de tomber sur Patricio et Rosalia, un couple de chiliens en visite pour quelques jours sur Chiloe et avec qui nous irons découvrir l'Isla Aucar avant d'être déposés à Quemchi.

Cette petite île, baptisée "l'île des âmes des navigateurs" par Francisco Coloane en souvenir de tous les marins disparus en mer,  est rattachée à Chiloe par une passerelle et possède une atmosphère propice au recueillement.

Finalement, grâce à la gentillesse et à la bienveillance des chiliens, même les galères se transforment en bons souvenirs ! Il n'y a que contre le mauvais temps que nous ne pouvons pas lutter et comme ils annoncent de la pluie pour les 6 prochains jours, nous décidons d'abréger notre séjour et de modifier tous nos plans afin de voguer en direction du soleil et de la chaleur!

Les retrouverons nous??? Affaire à suivre au prochain épisode... 😉

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Publié le 23 mars 2018

Ça y est, après cinq jours sur Chiloe, nous quittons Ancud pour Puerto Montt, grosse ville carrefour qui nous permettra de prendre un bus vers notre prochaine randonnée !

Adolfo, le gérant du camping où nous avons passé notre dernière nuit, nous a mis en garde sur les dangers de cette cité, mère de tous les vices ! A l'entendre, on aurait presque l'impression de se rendre à Gotham City!

Et bien, nous n'aurions pas dû prendre ses avertissements à la légère... 2h de bus ont suffi pour que l'on nous dérobe la polaire et la veste en gore-tex de Renan, laissées sur le porte-bagages... Valeur du larcin: 400€! En dix ans de voyages, c'est la première fois que ça nous arrive! Par chance, le portefeuille ne s'y trouvait pas cette fois! Ne nous reste plus qu'à faire les boutiques afin de remplacer ce qui a disparu...

Mais partout où nous entrons, impossible d'essayer quoi que ce soit sans l'intervention d'un vendeur, tout est antivolé directement au portant, c'est du jamais vu ! Et quand Renan a le malheur de poser son sac à terre pour un essayage, la vendeuse le regarde atterrée et le prévient qu'il ne faut surtout jamais faire ça ici! Bonjour l'ambiance, ça annonce la couleur...😨

Une fois la nouvelle veste imperméable dégotée (Renan pleure intérieurement la gore-tex troquée contre ce k-way haut de gamme à 120€...😬) nous décidons de fuir cette ville au plus vite et prenons un bus de nuit qui nous conduira vers le nord.

Adieu Bariloche, Pucon et Villarica! Tous ces noms qui font rêver le randonneur et qui sont vendus par les guides comme le must du trekking. Les prévisions météo désastreuses nous font renoncer à toute tentative de nous y rendre. Si l'on veut du soleil, il nous faut quitter la Patagonie...

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Après 11h de bus, nous voilà rendus à Talca. Renan nous a dégoté une petite randonnée de 100km qui traverse les volcans à 2h de là. Assez peu d'informations circulent sur le net, ce qui est bon signe et annonce un endroit peu fréquenté. Ne reste plus qu'à trouver une carte et glaner ce que l'on peut à l'office du tourisme!

Mais avant de nous lancer dans les hostilités, nous décidons de nous soigner un peu et de profiter du temps magnifique chez Luis, qui tient une hospedaje avec piscine que nous avons eu pour une bouchée de pain! Ça valait le coup de modifier nos plans pour suivre le soleil!😎

Soleil, piscine et tranquillité, what else ?

Malheureusement nous déchantons dès le lendemain... Il pleut des cordes et les nuages, bas et lourds, ne laissent pas espérer d'amélioration.Tant pis, nous ne pouvons pas nous permettre de repousser le départ et partons donc pour 2h de bus, direction Vilches Alto.

Arrivés à l'entrée du parc Altos de Lircay, nous sommes accueillis par un gardien effaré de voir deux fous furieux, trempés jusqu'aux os, venus marcher par ce temps! Embêté, il nous annonce que le parc est fermé à cause de la mauvaise météo et qu'il est dangereux de s'aventurer sur les sentiers... Génial ! Ça fait deux semaines que nous n'avons pas randonné et les dernières galères nous ont laissé quelque peu amers, il est donc hors de question que nous subissions un nouvel échec !

Après quelques négociations, il nous autorise à rester au camping situé à l'entrée du parc afin que nous attaquions le trek le lendemain. Vendu! Il est 16h30 quand nous nous glissons dans la tente, impatients qu'un nouveau jour se lève sous de meilleurs auspices. Plus que 14h à attendre, ça va être long...😅

Jour 1: Du camping Antahuara au pied du volcan Descabezado Grande

Dist: 30km / dev +: 1300m / dev -: 1000m / temps : 9h30

Il est 7h30 lorsque nous nous mettons en route. Le ciel est dégagé et le soleil commence à poindre, c'est parfait ! Nos affaires de la veille étant encore trempées, Myriam tente une nouvelle méthode de séchage... pas très efficace malheureusement!

Le nouveau modèle du "randonneur sèche-linge" est sorti !

La montée en forêt est progressive et plus nous prenons de l'altitude, plus les arbres se font rares, nous offrant un panorama époustouflant sur la vallée. La pluie de la veille a laissé les sommets enneigés, créant une palette de couleurs variées qui sont un pur régal pour les yeux!

À 13h nous arrivons à un campement cerné de mûres, idéal pour une pause déjeuner ! Nous venons de marcher 20km, il nous en reste encore dix si l'on veut arriver au pied du volcan avant la nuit et nous sommes affamés ! Pour la première fois en deux mois et demi de randonnées, nous nous offrons le luxe de spaghettis sauce bolo! Un repas des plus savoureux lorsque l'on est habitué aux pâtes à l'eau !😋

Ça fait saliver n'est ce pas?😆

Nous rencontrons alors Pedro, un sympathique gaucho ayant l'habitude de sillonner le parc à cheval, qui nous apprend que l'itinéraire que nous avons prévu est dangereux en raison de la neige! Certains sentiers ne sont plus praticables et l'ascension du volcan, avec son sommet à 4000m, est juste à oublier!

Nous sommes complètement dépités par ces nouvelles et décidons de voir par nous mêmes ce qu'il en est avant de prendre une décision... Heureusement la beauté des paysages et la promesse des thermes situées au pied du volcan nous font relativiser.

Effectivement, plus nous nous rapprochons et plus nous prenons conscience que la neige est partout sur les hauteurs. Nous n'avons pas envie de prendre de risques inutiles et renonçons à notre projet d'ascension (Myriam avec moins de regrets que Renan sans doutes... 😜).

En guise de thermes, une petite flaque d'eau tiède nous attend ! 30km pour ça ? ? Sniff!😢 Heureusement il y a un refuge, ce qui nous permet de faire un feu et de dormir à l'abri du vent!

Jour 2: Du volcan Descabezado Grande au rio Blanquillo

Dist : 8km / dev +: 500m / dev -: 0m / temps : 4h

Le lendemain, le lever de soleil illumine toute la vallée. Le panorama est incroyable, les dunes de sable côtoient les montagnes, les volcans enneigés et une prairie irriguée! Étonnant de voir autant de diversité sur un même plan!

Nous attaquons gentiment l'ascension dans le sable et la roche, mais déjà, à seulement 2200m, le paysage se recouvre de neige... Nous imaginons sans peine ce que ça doit être à 4000m d'altitude! 😅

L'avancée dans la neige complique les choses, nous ne sommes pas vraiment équipés et nous allons lentement. Et comme si cela ne suffisait pas, une violente douleur à la jambe tétanise Renan! Chaque pas est une torture! La blonde essaye de le soulager en prenant son sac... mais renonce au bout de 200m! 😅

Le backpacker dans toute sa splendeur ! 😜

Afin de limiter la casse, nous décidons de nous arrêter au prochain campement possible, en espérant qu'un peu de repos permettra à nos corps, poussés à bout lors de cette première journée, de récupérer. Il nous faudra 3h pour faire les 3km qui nous séparent de notre futur bivouac...

Décidément, les choses ne se passent pas vraiment comme prévu... Cette pause forcée pourrait s'avérer dangereuse... En effet, ils annonçaient de grosses pluies pour jeudi, or, ici, qui dit pluie, dit neige. Et nous avons encore deux paso de 2700m à franchir d'ici là! Plus que deux jours devant nous!

Cette randonnée est en train de se transformer en course contre la montre... Si nous n'y parvenons pas, nous risquons de nous retrouver coincés par la neige sans possibilité de retour en arrière et sans moyen de prévenir qui que ce soit: Bonjour l'angoisse ! 😨

Et comme si cela ne suffisait pas, le portable de Renan refuse de se recharger à la powerbank et reste désespérément éteint ! Or, c'est notre principal moyen d'orientation depuis le début du voyage! Nous nous fions constamment au GPS et aux cartes téléchargées, d'autant plus indispensables aujourd'hui que nous sommes dans un endroit où le sentier est recouvert par la neige...😣 Ça ne pouvait pas plus mal tomber! C'est moi ou le sort s'acharne ? ?😰

Heureusement que nous avons acheté une carte 1/100 ! Le moment de tester les compétences de Renan en matière d'orientation à la boussole est enfin arrivé... Ce sera son heure de gloire... ou notre perte!😅

Enfin, pas de panique, demain est un autre jour...

Jour 3: Du rio Blanquillo à l'Estero Volcán

Dist: 16km / dev +: 550m / dev -: 750m / temps : 8h

Étant donné le ralentissement de notre rythme et la jambe estropiée de Renan, nous préférons partir tôt afin de mettre toutes les chances de notre côté pour rejoindre notre prochain campement. Par chance, le portable a réussi à charger durant la nuit et s'est rallumé! (Finalement ce sera plus facile que prévu, Renan est un peu déçu...😜) Il va falloir être économes sur la batterie à présent...

Le réveil à 2300m d'altitude picotte un peu, surtout quand il sonne à 6h30, mais au moins ça met direct dans l'ambiance !

La chance que nous avons, c'est ce soleil qui tape sans discontinuer depuis trois jours, tassant la neige fraîche lorsqu'elle est épaisse et la faisant fondre sur les zones les plus fines, facilitant ainsi notre avancée.

Nous ne sommes pas mécontents lorsque, en redescendant, la neige se raréfie car, même si c'est rigolo de marcher dans la poudreuse, c'est surtout éreintant ! Et puis, même si c'est très beau, ça uniformise complètement les paysages! Or, le décor dans lequel nous évoluons a mille teintes à offrir...

Alors que nous venons tout juste d'admirer un aigle du Chili, nous tombons par surprise sur un groupe d'une quinzaine de condors en train de se dorer la pilule au soleil! A notre approche, ils s'envolent dans un même élan pour aller tournoyer au dessus de nos têtes, le spectacle est tout simplement magique !

Après 5h de marche, nous arrivons enfin à la soufrière, où nous attendent d'autres thermes. Et effectivement, plus nous nous rapprochons et plus l'odeur d'oeufs pourris se fait forte (et cette fois Myriam n'y est pour rien ! !😅)... L'endroit, situé à l'entrée d'un canyon, est charmant! La rivière (gelée ! ) côtoie l'eau (brûlante!) des bassins. Un petit bain de minuit s'impose...

... sauf qu'en explorant un peu le terrain, Myriam tombe sur les restes immondes d'une orgie! Deux sacs pleins à craquer de bouteilles d'alcool (vides évidemment ! 😬) ont été abandonnés là et, à côté, gisent les têtes décapitées de six chèvres... Yeux vitreux, grands ouverts, aussi inexpressifs dans la mort que dans la vie... Et tout autour ont été disséminés ce qu'il reste de leur membres: un bout de patte par ci, un estomac gonflé par la chaleur par là, une peau étendue...

Bref, la scène a des airs de sacrifice sataniste (version Brigitte Bardot, car du côté de Renan il s'agirait juste des restes d'un gros barbecue ! 😑) et fait froid dans le dos! En plus, vu l'état des viscères, le crime est récent! Il y a de quoi faire des cauchemars ! (Et de fait, la vision de ces yeux globuleux va hanter la blonde quelques nuits...😨)

A cela s'ajoute une odeur de mort qui vous prend aux tripes et vous retourne l'estomac! Impossible donc de dormir ici! Et comme la jambe de Renan tient encore la route, nous repartons vers le lac de Mondaca situé à 6 km de là.

Il est 16h lorsque nous arrivons à la rivière. Il nous faut la longer sur plusieurs kilomètres et la franchir à de nombreuses reprises. Le chemin n'est pas tracé donc nous escaladons les pierres au gré de nos envies, suivant une direction lointaine plutôt qu'un itinéraire précis. Le courant est fort et le niveau de l'eau relativement haut, nous perdons du temps à chaque traversée...

Et quand, enfin, Myriam parvient à traverser la dernière portion, c'est pour se rendre compte que ses deux chaussures ont DISPARU!!!😨 Pas juste une, non, mais les deux ont réussi à se décrocher du sac auquel elle les avait sommairement attaché! Et là, c'est le drame...

Incontestablement le prix du "boulet d'or " revient à la blonde, qui se voit déjà en train de faire son ascension du lendemain en sandales/chaussettes, dans 30 cm de neige, pour finir par se faire amputer des deux pieds! C'est un peu con quand même... 😬Si la situation était déjà difficile et bien, nous le saurons, ça peut toujours être pire!

Heureusement, s'il y en a une en pleine crise d'angoisse, l'autre parvient à garder son sang froid et décide de balayer le chemin parcouru en sens inverse, pas bête n'est ce pas ? A condition que les chaussures ne soient pas tombées dans l'eau bien sûr...

Au bout de 10min, Renan retrouve le pied gauche! Ouf! Plus qu'une amputation à redouter! Mais le pied droit est introuvable, malgré nos incessants allers et retours sur plus d'un kilomètre, impossible de revenir sur nos pas puisqu'il n'y avait pas de chemin...😅

Après une heure et demie de vaines recherches, le soleil commence à décliner et Myriam est en train de perdre espoir. En plus de la valeur affective de la perte, puisqu'il s'agissait d'un cadeau, elle réalise que sa négligence vient de lui coûter l'un des éléments les plus indispensables de son équipement ! A moins d'avoir 5cm de corne sous les pieds (ce qui n'est pas encore mon cas ! 😒), un randonneur sans chaussures ne va pas très loin...

Et c'est au moment où l'on n'y croyait plus que Renan retrouve le pied droit, laissant place à des cris et des larmes de joie!

Tant pis pour la laguna, il est trop tard pour la rejoindre! Une fois le dernier rio franchi, nous plantons la tente, dans l'euphorie et le soulagement que procure la conscience d'un drame évité de justesse!

Jour 4: Del Estero Volcán au camping El Bolson

Dist : 18km / dev +: 1300m / dev -: 1000m / temps : 6h30

Après une nuit sans sommeil (trop d'émotions, de beautés et d'horreurs dans une même journée pour la blonde!), nous repartons pour l'ascension tant redoutée! Nous sommes dans les temps et, finalement, les trois jours de soleil ont eu raison de la neige, excepté sur les deux cents derniers mètres. Nos inquiétudes étaient donc infondées, tant mieux!

Nous redescendons sur une jolie lagune, perdue dans les montagnes, idéale pour déjeuner! Malgré le peu de neige, y'en a une qui est quand même contente d'avoir ses deux chaussures aux pieds!😜

Débute ensuite une longue descente vers la vallée qui nous conduira tout droit au Refugio El Bolson. Nous sommes à présent dans le Parque Ingles et sommes accueillis par Elvis, sympathique guardiaparque qui nous laisse dormir dans le refuge pendant que lui va sous la tente! Nous sommes au chaud, à l'abri du vent et le cabanon est plein de nourriture laissée par des randonneurs sur le départ, le pied ! !


Jour 5: Du refuge El Bolson à El Radal

Dist : 23km/ dev +: 0m / dev - : 1100m/ temps : 7h

Ca y est, jeudi est arrivé, avec des nuages, certes, mais sans pluie! Toute cette angoisse pour pas grand chose finalement ! Les 11km qui nous séparent de la sortie du parc se font dans une forêt aux couleurs automnales.

C'est au tour de Myriam de boiter, les 30km du premier jour auront eu raison de nos corps! Démarrer aussi fort après deux semaines d'inactivité était vraiment une erreur de débutants que nous avons payé chère tous les deux...

Une fois sortis il nous faut encore parcourir 10km pour rejoindre la prochaine ville où passent les bus. Nous en profitons pour faire quelques escales cascades des plus rafraîchissantes!

Et c'est sur cette note aqueuse (mais non pluvieuse ! 😜) que s'achève notre dernière étape !

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Publié le 28 mars 2018

Afin de nous remettre de nos dernières émotions et de remplir nos ventres amaigris avec autre chose que des bolinos, des soupes et des gâteaux, nous filons à Curico, où a commencé la veille la Vendimia, c'est à dire la fête des vendanges ! Trois jours de fête, façon chilienne, nous attendent!🎉

Bon, vous l'aurez compris, notre nouveau régime alimentaire sera donc constitué exclusivement de vin, de viandes et autres petites douceurs bien grasses! Pas très sain tout ça mais en même temps, on se dit qu'on l'a bien mérité ! (5j de sport aident à déculpabiliser des futures orgies...😜)

Myriam se voit déjà aller de stand en stand pour goûter tout ce qui se fait de mieux dans la production locale, dans une ambiance à la fois festive et musicale, le tout pour un coût dérisoire!

Et bien... pas vraiment !

A peine arrivés, on s'aperçoit que tous les hébergements sont complets! Il ne reste rien à moins de 60€ la nuit, ça commence bien ! 😨 Certains ont tenté de planter la tente en plein centre ville et se font gentiment réveiller par la police au petit matin... Renan est attiré par l'expérience mais la blonde se montre plus frileuse. L'idée de camper en pleine ville, avec des gens alcoolisés dans tous les coins n'est pas vraiment rassurante...😅

A force de faire du porte à porte, nous finissons par dégoter une petite chambre miteuse, sans poignée, avec une planche de bois en guise de cloison et des puces de lit à la clé ! Le rêve ! Mais bon, à 20€ la nuit, nous n'hésitons pas une seconde !

Une fois les affaires posées, nous voilà partis en direction de la place des fêtes, prêts pour l'indigestion ! Mais quand nous découvrons les prix et la qualité des produits, nous savons tout de suite qu'il n'y aura pas d'overdose ici... Nous sommes tombés dans une espèce de foire de la consommation, où chaque stand propose la même chose à un prix prohibitif, où il faut monnayer la moindre dégustation de vin et où la musique traduit à merveille les goûts des chiliens pour la pop mielleuse!

Bref, nous avions prévu d'y passer trois jours, finalement un seul fera l'affaire! Adieu Curico!

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Après 3h de bus, nous voilà rendus dans la capitale chilienne! Mais cette escale sera de courte durée puisque nous devons repartir le soir même pour l'Argentine...

Un petit aperçu sympathique néanmoins puisque nous y découvrons pour 4€, dans un petit boui-boui à proximité de la gare, la gastronomie péruvienne à travers l'un des meilleurs repas servis depuis le début du séjour! Vivement le Pérou ! 😋

Nous rejoignons ensuite en métro (très propre comparé à celui de notre capitale!) le centre ville, où les bâtiments coloniaux côtoient les HLM miteux dans une ambiance très décontractée et très jeune dans laquelle nous nous sentons tout de suite à l'aise!

Nous en profitons pour nous rendre chez le meilleur glacier de la ville (qui n'a pas volé sa réputation!) et c'est avec regrets qu'il nous faut prendre le chemin de la gare routière... Santiago, esperanos! Volveremos!

Dulce de leche, orange - gingembre et coco - chocolat, j'en salive encore!
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Publié le 3 avril 2018

Il est 21h30 lorsque le bus qui doit nous ramener en Argentine démarre. La nuit va être longue, d'autant plus qu'à 1h du matin nous sommes réveillés pour aller nous déclarer à la douane. Nous sortons dans le froid, encore ensommeillés et nous attendons, attendons et attendons encore... Il faudra 2h30 pour vérifier tous les bagages et contrôler chaque personne! Un petit souci d'organisation pitètre ?😬 Nous arrivons à Mendoza à 7h30, complètement rincés par cette nuit sans sommeil!

Heureusement, nous mettons peu de temps à trouver une auberge de jeunesse située en plein centre. Retour à la vie en communauté avec lits superposés en dortoir, ça nous change! Il y a un petit côté colonie de vacances qui n'est pas désagréable... Et le doyen de la chambre ayant passé la soixantaine, nous prenons même un p'tit coup de jeune!😜

Mendoza est réputée pour être la capitale du vin, fournissant 70 à 80% du pays, mais c'est surtout pour sa position que nous l'avons choisie! Ce plateau, entouré par les Andes, est l'une des régions les plus sèche et les plus ensoleillée du pays et les montagnes à proximité laissent imaginer de belles randonnées en perspective...

Malgré la sécheresse environnante, c'est une ville très verte, posée et où il fait bon vivre. Avec ses nombreux parcs, ses allées bordées d'arbres, abreuvés par un ingénieux système d'irrigation, et son rythme de vie "muy tranquilo", Mendoza invite au repos et à la farniente. Ça fait du bien de souffler un peu!

Alors bon, on rêvasse, on flâne. On fait un tour du côté du parc, qui n'est pas sans rappeler un familier mélange entre le bois de Boulogne (et pour cause, l'architecte est le même!) et Versailles... les palmiers en plus!😆

Renan se fond parfaitement dans le décor et apporte sa petite touche française avec ses espadrilles/chaussettes, son maillot de bain et son indécrottable polaire autour de la taille...

Renan tente d'éduquer les argentins à la mode française...ߘŀɝ

Myriam, quant à elle, commence à explorer la route des vins à travers de délicieuses glaces saveurs Malbec et Moscatel... avant de passer ensuite aux choses sérieuses !

A la bonne vôtre !

Mais après deux jours à alterner entre repos (mérité ! ), parillas (délicieuses ! ), recherches (infructueuses!), parcs (ensoleillés!) et dégustations de vins (bons... et moins bons! ), la culpabilité se fait sentir...

Cela peut paraître contradictoire, lorsqu'on a un an de vacances, de se dire que le temps nous est compté alors qu'il semble s'étendre à l'infini! Pourtant, cette conscience du sablier qui s'écoule et du temps qu'il faut rentabiliser en faisant le maximum de choses possibles est bien présente et empêche parfois de prendre le repos nécessaire...

Alors maintenant, on fait quoi??

En voilà une question qu'elle est bonne!

Nous avons trois semaines à combler avant de retourner à Santiago, ça en fait du temps! Saut que, quand on cherche à se renseigner, on trouve assez peu d'informations sur les activités de la région...

A part la route des vins, que tout le monde fait du côté de Maipú car les bodegas se trouvent à seulement 45min de Mendoza, et une excursion dans le parc de l'Aconcagua, où l'on te fait payer 130$ l'entrée sous prétexte que tu vas voir le plus haut sommet d'Argentine, il n'y a rien! C'est incroyable !

Renan finit par trouver, grâce à un tour opérateur qui propose cette excursion à 800$ par tête, une randonnée qui traverse la frontière Argentine/Chili en 7 jours , en passant par la cordillère des Andes! Parfait! En plus ça nous évitera de renouveler le passage de douane catastrophique de l'aller!

Nous avons enfin une perspective, si ce n'est que le seul témoignage que nous trouvons sur internet est celui d'un italien qui a fait cette traversée seul... en neuf jours! Myriam est moins enthousiaste d'un coup... Neuf jours d'autonomie c'est long, ce sera lourd et pas vraiment reposant... En plus, à part ce blog, nous n'avons quasiment aucune information sur ce trek, pas vraiment rassurant tout ça... Mais comme nous n'avons rien d'autre à nous mettre sous la dent, il va falloir creuser cette piste. Nous quittons donc Mendoza sur un coup de tête.

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Publié le 3 avril 2018

A force de recherches, la blonde a fini par trouver une activité prisée des mendozans l'été, lorsque la chaleur est trop insupportable : les thermes de Cacheuta. Situés à une heure de la ville, dans les montagnes, ces eaux sont réputées pour leurs vertus thérapeutiques, c'est exactement ce qu'il nous faut!

Ni une, ni deux, nous remballons nos affaires, faisons quelques courses histoire d'avoir 5-6 jours d'autonomie et nous jetons dans le premier bus en partance pour notre destination !

A peine arrivés, nous plantons la tente et filons dans ce complexe balnéaire idéalement aménagé au coeur de la nature, où nous passerons 3h30 à nous prélasser entre bains à remous, bains à 35°C, puis 40, suivi de 15! (nous ne traînerons pas longtemps dans ce dernier! 😅)

Des fois, ça fait du bien de buller !

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Publié le 4 avril 2018

Après cette petite pause thermale réparatrice, nous reprenons un bus pour Mendoza puis pour Tupungato, petite ville située dans la Valle de Uco, au pied des Andes et donc à proximité de notre future randonnée...

Moins populaire que Maipú, car moins facile d'accès, cette partie de la région n'en est pas moins réputée pour la qualité de ses vignobles. Ici, pas de backpackers sans le sous, c'est davantage le tourisme de luxe qui prime! Les grands noms se succèdent sur le bord de route et proposent visite et dégustations... payantes, bien entendu ! Nous voilà prévenus !

Il est déjà tard lorsque nous arrivons, nous décidons donc de commencer notre expédition par une petite bodega familiale située au coeur de la ville: celle de Julio Cesar Coletto. L'entreprise est gérée par un couple charmant qui, malgré notre espagnol bancal, prend le temps de nous expliquer chaque étape de leur production. A deux employés seulement, tout est fait manuellement, de la cueillette, en passant par le pressage et jusqu'à l'étiquetage de la bouteille ! Nous repartirons bien évidemment avec un petit souvenir...

Étape 1: la cueillette !
Machine manuelle pour séparer le jus du grain
Fermentation dans des cuves en plastique de 1000L
Remplissage des bouteilles
Bouchage
Dernière étape : la dégustation !

Après cette petite mise en bouche des plus sympathique, nous décidons de ne pas en rester là ! Histoire de nous donner bonne conscience, nous nous rendons chez Francisco Belarde , dit "El Pancho", le seul loueur de vélos de la ville, afin de voir s'il est possible d'organiser une expédition bodega pour le lendemain ! La réponse est OUI! Et, mieux que ça, Francisco propose même de nous déposer avec les vélos à la prochaine ville, située à 38km de là, afin de nous éviter un aller - retour et surtout une grosse montée ! (Myriam le remercie intérieurement tandis que Renan regrette d'être privé d'une occasion de faire suer ses biscotos!😜)

Et c'est ainsi que nous nous retrouvons à planter la tente à Manzano Historico, le point de départ de notre future randonnée ! Dès le lendemain, nous en profitons donc pour aller à la pêche aux infos. Et là, grosse déconvenue ! Les guardiaparques nous disent qu'ils annoncent de la pluie pour dimanche (on est jeudi et sommes censés commencer la rando dès le lendemain...) et que ça peut être dangereux. Ils nous conseillent d'aller voir un guide de haute montagne qui a l'habitude de faire cette traversée, ce que nous nous empressons de faire. Ce dernier finit de détruire nos projets en nous annonçant que le circuit est interdit à partir d'aujourd'hui par la police car nous entrons dans l'hiver et qu'il peut s'avérer mortel en raison de l'altitude et de la météo changeante ! Si Myriam prend plutôt bien la nouvelle, soulagée de ne pas risquer sa vie pendant neuf jours, Renan voit déjà cet échec comme son plus gros regret de voyage...

Afin de faire passer la pilule, nous décidons de nous en tenir au plan initial et enfourchons nos vélos pour aller noyer notre chagrin dans l'alcool ! 38km de descente nous attendent jusqu'à Tupungato dans un décor magnifique, où les yeux se régalent autant que les papilles.

Qu'elle est grisante cette vitesse pour le randonneur accoutumé à ne jamais dépasser les 4-5 km/h!😎

Le premier arrêt se fait dans la bodega Salenstein, la plus vieille de la région et aussi la plus prestigieuse (et donc la plus chère ! 😅). L'architecture du bâtiment annonce d'entrée de jeu le faste et le bon goût des propriétaires... Un musée d'art moderne présentant des artistes argentins contemporains accueille les curieux.

Tous sont venus en voitures de luxe, nous faisons un peu tâche dans le décor avec nos petits vélos de location...😰 Mais qu'importe, l'accueil est chaleureux et nous décidons de goûter l'un de leurs grands crus!

"Un verre pour deux siouplaît, on est pauvres nous!"😜

Force est de reconnaître que ce petit Malbec n'est pas mal du tout...

Cette petite dégustation nous a mis l'eau à la bouche! Nous remontons donc en selle et nous hâtons vers la prochaine bodega: La Azul. A peine arrivés, nous découvrons que l'exploitation abrite un restaurant gastronomique. Au menu: 3 entrées, un plat et un dessert, chacun accompagné d'un vin de la maison évidemment ! A 32€ le menu, comment refuser ? ?

Médaillon de porc au caviar d'aubergine accompagné d'un petit blanc sec
Choripán accompagné de son petit Malbec
Empanadas carne et son Cabernet Sauvignon
Ojo de bife. Là, le serveur a oublié la bouteille sur la table... grave erreur!
Hum... On dirait que la blonde a chopé une insolation !
Pas mal ce petit Malbec vieilli en fût...

Bon, c'était à prévoir, pour nous, la route des vins s'arrêtera là ! Nous sortons de table avec la panse bien remplie et un sens de l'équilibre qui laisse à désirer... La conduite à vélo s'en ressent quelque peu d'ailleurs ! 😅

Mais comme nous sommes des adultes prudents et raisonnables, nous décidons de faire une petite sieste en bord de route, histoire de nous remettre de nos émotions...

Une fois requinqués, nous voilà repartis pour Tupungato. Par acquis de conscience, nous passons au poste de gendarmerie afin de demander plus de renseignements sur la randonnée que nous voulions faire. De nouveau, on nous confirme qu'il n'est plus possible de réaliser ce trek à cette période de l'année...

Déçus, nous sommes prêts à quitter la région pour aller voir ailleurs, mais lorsque nous en parlons à Francisco, il nous assure qu'il y a plein de balades à faire depuis Manzano Historico et nous propose de nous ramener là-bas. Sa bienveillance à notre égard et son amour pour sa région ont raison de nos doutes.

Après tout, pourquoi pas? Des randos à la journée peuvent être tout aussi plaisantes et nous éviteront d'avoir à porter nos sacs! Et, avec l'aide de Francisco, nous voilà repartis pour Manzano, la ville de tous les fantasmes et de toutes les déceptions!

Francisco, ou l'une de nos plus belles rencontres de voyage!
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Publié le 6 avril 2018

Après une nuit en camping sauvage, seuls au bord d'une rivière, nous voilà d'attaque pour rejoindre Portinari, où se trouvent la gendarmerie, le poste frontière et le départ de la plupart des rando du coin.

La route est jolie, mais 15km c'est long! Surtout quand les voitures défilent... Et oui, nous sommes en pleine semaine sainte et les argentins ont cinq jours de congés qu'ils occupent en blindant leur pickup de bouffe, d'alcool et de matériel de camping afin d'aller se faire un bon asado (=un barbecue amélioré ) en montagne !

L'occasion est trop belle et nous décidons de tenter le stop afin de gagner du temps. Et là, qui s'arrête??... la gendarmerie ! Ça tombe bien, nous allons au même endroit ! 😆

Une fois rendus au poste, nous leur expliquons que nous cherchons une carte du coin et des idées de randonnée étant donné que l'on ne peut pas faire la traversée jusqu'au Chili... Et là :

- "Claro que sí! Pueden hacer la cruce, el tiempo está muy bonito ! "

Euuuh... On fait quoi du coup ? ? 😅

Ce revirement de situation nous prend totalement de court! Nous sommes partagés entre l'envie de filer directement sur le sentier, sans nous retourner, de peur que les gendarmes ne changent d'avis (mais avec une autonomie de 3 petits déjeuners, 5 déjeuners, 6 dîners et rien niveau en-cas, cette option ne semble pas vraiment raisonnable...) et celle de s'en tenir aux balades à la journée (Myriam ne s'est pas du tout préparée psychologiquement à l'idée de souffrir pendant 9 jours...😣).

Finalement, la peur d'avoir des regrets et l'envie de relever un nouveau défi sont plus forts. Nous décidons donc de refaire les 15km qui nous séparent de Manzano Historico en sens inverse afin d'aller nous ravitailler.

Il nous faudra moins de 3 heures et 4 stop différents pour faire l'aller - retour ! En une demie journée nous avons déjà parcouru 45 km, pas mal non?😜

Il est 15h, nous sommes presque prêts. Il ne nous manque plus qu'une carte du chemin au cas où le portable de Renan nous lâcherait une nouvelle fois... Mais lorsque nous demandons aux gendarmes de nous en fournir une, ils se marrent et nous annoncent qu'en guise de carte il faudra nous contenter de ça :

Carte détaillée de notre future randonnée (made in argentine)

Enfin, pas de soucis puisque le chemin est très bien indiqué, impossible de se perdre selon eux! Quand on connaît le peu de fiabilité de leurs informations il y a tout de même de quoi se méfier...😬

Jour 1: Du poste frontière de Portinari à l'autobus abandonné

Dist : 16km / dev +: 1100m /dev - : 0m / temps : 3h30

Une fois les passeports tamponnés, nous nous mettons en route. Nous avons dû laisser notre bouteille de vin, achetée à Julio Cesar, aux gendarmes, car beaucoup trop lourde pour nos sacs pleins à craquer! Ils n'avaient pas l'air mécontents de la transaction...😞

Nous avançons sur un chemin caillouteux, accessible en voiture (en pickup s'entend... vous pouvez oublier tout de suite votre petite Twingo si vous voulez accéder au paso sans perdre une ou deux roues dans l'affaire ! ). L'avantage de cette route, c'est qu'elle est facile, la montée est progressive en raison des nombreux virages et les 1100m de dénivelé passent (presque!) tous seuls.

Nous arrivons au refuge Scaravelli plus tôt que prévu. José et Guillermo, deux argentins venus faire le paso à moto, nous offrent le thé et nous passons un agréable moment en leur compagnie, profitant de leurs connaissances de guides pour glaner quelques infos sur ce qui nous attend!

Comme nous sommes encore en forme, nous décidons de monter 300m de plus, ce sera toujours ça de gagné sur la journée du lendemain ! Nous plantons la tente à proximité d'un bus abandonné et quelque peu défraîchi qui servait autrefois à transporter les mineurs. Mais à 3 300m d'altitude, une fois le soleil disparu, le froid s'installe vite et nous ne traînons pas longtemps avant de nous glisser dans nos duvets...

Myriam en mode camouflage...

Jour 2 : Du bus abandonné au refuge Real de la Cruz

Dist : 22km / dev + : 1200m / dev - : 1700m / temps : 8h30

Nous nous mettons en route à 7h30, l'aube éclaire à peine le chemin et le froid, malgré nos couches de protection, nous pénètre jusqu'aux os. Nous devons composer cette fois avec une difficulté nouvelle: l'altitude. Le paso est situé à 4500m et, pour la première fois, nous sommes confrontés au problème du manque d'oxygène. Nous avançons à deux à l'heure, sommes essoufflés après chaque pas et le rythme cardiaque s'emballe, nous obligeant à faire des pauses fréquentes.

A cela s'ajoute une nouvelle menace: les nuages! Après 2h30 de marche sous un ciel dégagé, les cumulus se sont amoncelés sans crier gare dans la vallée et commencent à venir vers nous à toute vitesse! Nous connaissons tous deux les dangers d'une mauvaise météo en montagne et les nuages peuvent apporter avec eux de la pluie, mais aussi de la neige et de la foudre ce qui, à cette altitude, peut s'avérer dangereux !

Bien qu'épuisés, nous essayons de presser le pas afin de pouvoir fuir de l'autre côté du sommet en cas de besoin! Heureusement, pour cette fois, la menace n'était pas réelle et les nuages finissent par stagner dans la vallée. Tant mieux, nous allons pouvoir profiter pleinement de la superbe vue qui s'offre à nous depuis le paso!

La descente se fait dans un paysage à couper le souffle! Les dégradés de couleurs sont incroyables et donnent l'impression qu'un peintre maladroit aurait trébuché sur les lieux et renversé sa palette !

Vient s'ajouter à ce tableau parfait la présence de guanacos sauvages (et farouches ceux là ! ) qui poussent à notre passage des cris d'alerte à la frontière entre le hennissement d'un cheval à l'agonie et une porte qui grince ! Loin d'être impressionnant, le spectacle est assez comique ! 😃

Mais, malgré la beauté du spectacle, la fatigue se fait sentir... Le changement d'altitude (3300m-4500m-2800m), même s'il a été progressif en raison de notre rythme, n'a pas été sans conséquences... Renan a une méchante migraine et Myriam est barbouillée. Il nous tarde d'arriver au refuge où, selon les deux motards de la veille, nous trouverons douches chaudes et lits pour la nuit!

Et, bien sûr, lorsque nous arrivons enfin, le refuge est fermé ! Les militaires qui le gardent ont déserté les lieux pour l'hiver, verrouillant tout derrière eux...😬 Tant pis, nous squatterons donc dehors, avec trois argentins, et pour la douche... ça attendra !

Sauf qu'après discussion avec nos compagnons de galère, ils nous préviennent que le rio que nous devons passer le lendemain est infranchissable... Selon eux, le niveau est relativement haut et surtout, il y a beaucoup de courant! Effectivement, le bloggeur par lequel nous avions eu des infos nous avait prévenu, ainsi que la police... Les gens qui font cette traversée utilisent habituellement des chevaux pour franchir ce passage délicat sauf que là, les mules, c'est nous!

Pas le choix, si l'on ne veut pas avoir à revenir sur nos pas, il nous faut franchir le rio. A ce stade, on commence un peu à avoir l'habitude ! 😜 Myriam se lance donc. En slip et hop! C'est parti! Effectivement, l'eau monte jusqu'au popotin et le courant est plus fort que ce dont nous avons l'habitude mais, après plusieurs tentatives pour repérer le meilleur terrain, la blonde parvient, gelée certes, mais indemne, de l'autre côté ! Bon, ben y'a plus qu'à remettre ça le lendemain ! 😅

Refugio Réal de la Cruz

Jour 3 : Du refuge de la Cruz aux termas del Plomo

Dist : 26 km / dev + : 1200m / dev - : 1000m / temps : 9h

Nous n'avons presque pas dormi de la nuit... Les argentins nous ont appris qu'ils annonçaient de la pluie pour aujourd'hui, quant à la météo du lendemain, ils l'ignorent... Du coup, nous avons imaginé les pires scénarios! Nous sommes censés camper ce soir juste au pied d'un cerro de 4000m et redescendre le lendemain sur des thermes. Mais, s'il pleut beaucoup, nous prennons le risque de nous retrouver coincés entre un sommet infranchissable et un rio tumultueux, joyeuse perspective !

Nous hésitons sur la marche à suivre, soit on fait demi - tour et nous rentrons avec les argentins (le plus raisonnable ), soit nous continuons et prenons le risque d'une catastrophe, surtout si la météo ne s'arrange pas... (absolument déraisonnable ! )

A 7h30 le ciel est déjà rempli de nuages... Aucun de nous n'ose trancher. On s'engueule, on se heurte. La tension est palpable et le trauma Altos de Lircay est encore frais dans nos esprits... Et le portable de Renan qui ne s'allume plus...

Finalement, à 8h30, les nuages commencent à se disperser. Nous décidons de tenter quand même l'aventure. Les argentins nous traitent de "locos" ("fous" en espagnol ). Nous procédons aux adieux de rigueur, avec une photo pour le souvenir (peut-être la dernière de nous en vie!).

Et nous revoilà en slip, à franchir ce foutu rio avec les sacs cette fois! Heureusement, le niveau de l'eau est plus bas que la veille, l'eau glacée des sommets n'a pas encore eu le temps de fondre! Le passage est aisé, bien que toujours aussi froid, et nous donne bon espoir pour la suite!

Le soleil se lève doucement et révèle un paysage aux couleurs de plus en plus éclatantes! De nouveau, l'émerveillement prend le pas sur la peur et la fatigue.

Après quelques heures de marche, le temps n'est définitivement plus menaçant. Nous décidons de nous arrêter déjeuner près d'une rivière et avons alors le plaisir d'une visite surprise...

De nouveau, un concert de cris mi-surpris, mi-effrayés se fait entendre.

Il est 15h, nous avons encore 300m à monter pour arriver au prochain campement, soit une petite heure de marche. Or, si l'on en croit Maps.me, il ne reste plus que 3h de route jusqu'aux thermes, c'est jouable !

D'autant que, comme la blonde est une petite flippette et qu'elle redoute un changement de temps le lendemain, elle préfère boucler la randonnée tant que la météo est clémente ! Après tout, on n'est jamais trop prudent ! 😜

C'est dommage, car la beauté des paysages invite plutôt à la contemplation et à la balade... La nature est souveraine ici et resplendit de mille couleurs. Nous sommes seuls, libres et chanceux de pouvoir jouir du1n tel endroit, même s'il nous faut déjà repartir.

Objectif: prendre un bain chaud le soir même !

Ouh qu'il est loin le paso!

Ça y est, nous y sommes!!! Nous revoilà à 4000m d'altitude, avec cette fois un pied au Chili et un pied en Argentine. La vue sur les deux vallées est absolument imprenable ! Nous restons 30min à contempler le panorama avant que le froid ne nous invite à redescendre...

Malgré la fatigue, la descente n'est plus qu'une formalité. Nous sommes entraînés par l'excitation de la réussite, en un temps plus qu'honorable, d'un trek qui se classe d'ores et déjà comme l'un des plus beaux de notre séjour ! Un peu rageant tout de même d'avoir porté presque neuf jours d'autonomie quand quatre auraient suffi...😒

Les paysages sont encore différents de ce côté de la vallée, c'est incroyable une telle variété et une telle richesse !

Nous arrivons aux thermes au moment où le soleil se couche à l'horizon. A peine le temps de planter la tente que nous voilà immergés dans les bassins d'eau chaude, laissant nos muscles se détendre après cette journée intense.

Jour 4 : Termas del Plomo à Santiago

Dist : 10km / dev + : 250m / dev - : 400m / temps : 3h

La nuit nous a permis de relâcher toute la tension accumulée ces derniers jours. Il nous reste à présent 48km à parcourir pour rejoindre San Gabriel, le prochain village où nous pourrons nous déclarer à la douane, soit deux jours de marche. Mais comme nous devons suivre une route, nous savons que nous aurons la possibilité de faire du stop donc nous prenons notre temps.

Renan en profite donc pour se replonger dans un bain chaud matinal, avec vue sur les montagnes et lever de soleil à la clé !

Puis nous partons pour une petite balade en direction de la Laguna del Pato avant de revenir déjeuner aux thermes.

Une fois rassasiés, nous nous mettons en route et marchons une petite heure avant d'être pris par un premier stop, puis un second, jusqu'à tomber sur Tobin, sympathique californien en vacances avec ses parents, qui nous déposera juste devant le poste de gendarmerie de San Gabriel! Voilà deux jours de marche gagnés grâce à son aide!

Tout ça pour nous entendre dire par un gendarme, visiblement déstabilisé par la situation (il semblerait que peu de gens passent la frontière ici par leurs propres moyens...😅), que nous sommes en illégalité et qu'il faut aller immédiatement à Santiago pour régulariser notre situation au PDI, la police d'investigation chilienne ! (L'équivalent du FBI quoi!😱)

Qu'il en soit ainsi ! C'est donc tout crasseux de poussière que nous sautons dans le premier bus pour la capitale !


Nota Bene:

Pour la petite touche culture, cette randonnée que nous avons fait en 3j revêt toute une dimension historique pour les chiliens et les argentins puisqu'il s'agit du chemin emprunté par le général San Martin, héros national ayant contribué à libérer le Chili et l'Argentine du joug de la monarchie, avec son armée, deux siècles auparavant.

Il lui faudra un mois pour rejoindre Mendoza! Bon, il avait une bonne excuse tout de même puisqu'il était accompagné de plus de 5000 hommes et femmes, tandis que nous n'avions que nos sacs à trimballer ! 😜

Un monument lui est consacré à Manzano Historico.

San Martin, El libertador
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Ça y est, déjà trois mois que nous arpentons les montagnes chiliennes et argentines, trois mois que nous faisons face à un climat imprévisible qui sied à merveille aux paysages sauvages et majestueux qui composent le sud de l'Amérique latine.

Et si nous faisons un petit bilan, où en sommes-nous ?

Top 3 des randonnées :

1 - La Cruce de los Andes

2 - Altos de Lircay

3 - Torres del Paine

Top 3 des villes les plus pourries :

1 - Villa O'higgins

2 - Punta Arenas

3 - Ushuaia

Top 3 des meilleurs restaurants :

1 - Bodega Casa Azul (Manzano Historico)

2 - Nueva Galicia (Castro)

3 - Parilla la Marca (El Calafate)

Top 3 des endroits les plus pourris où l'on a planté la tente :

1 - Camping Paso (Torres del Paine )

2 - Camping sauvage à la sortie d'Ushuaia à 23h30

3 - Camping Poincenot à El Chalten

Top 3 des pires galères :

1 - Stop entre le Torres et El Calafate

2 - Passage de frontière au lago desierto

3 - Perte des chaussures de Myriam à Lircay

Prochain bilan dans 3 mois... 😉

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Il est 21h lorsque nous posons enfin nos sacs dans une chouette petite auberge de jeunesse située en plein coeur du quartier Bellavista. Trop crevés, nous décidons de rester dans la clandestinité une nuit de plus, le PDI peut attendre, tandis que nos estomacs non!

Nous découvrons le lendemain, à la lumière du jour, que nous sommes dans le quartier des beaux - arts! L'ambiance est jeune, branchée et décomplexée, c'est un vrai plaisir de marcher dans ces rues colorées! Dommage que nous ne puissions nous attarder plus longtemps...

Quand nous arrivons enfin au PDI, c'est pour nous faire gentiment réprimander... Apparemment, lorsque l'on veut passer la frontière, il faut envoyer un mail une semaine avant pour les prévenir, ce qui implique bien entendu d'avoir du wifi, mais surtout d'avoir prémédité la chose et donc d'avoir été suffisamment informés au préalable, comme ce fût notre cas, n'est ce pas?😞

Bref, nous y penserons pour la prochaine fois, pis sinon il reste toujours l'option pigeon voyageur, hein?😜

Libérés, délivréééés!

A présent que nous sommes en règles, nous nous empressons de retourner à la gare des bus afin de filer vers notre prochaine destination : Valparaiso !

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Publié le 14 avril 2018

A seulement 1h30 de Santiago se trouve une ville qui, lorsque l'on demande aux gens ce qu'il faut absolument voir au Chili, est sur toutes les lèvres: Valparaiso. Si Renan est sceptique (après tout, ce n'est qu'une ville! Et en plus, y'a même pas de montagnes!😜), Myriam, quant à elle, est impatiente à l'idée de voir si le charme opère...

Nous réservons donc quatre nuits dans une coloc située en plein coeur du Cerro Alegre, le quartier le plus animé du centre, réputé idéal pour une exploration de la ville... Finalement, nous y resterons une semaine !

Mais que s'est-il passé ? ?

D'une part, après trois mois à barouder non-stop, le besoin de se poser vraiment, de retrouver un semblant de routine, d'oublier les sacs de 15 kg et la tente, se faisait sentir. Pour ça, Valparaiso a tout ce qu'une grosse ville peut offrir: une vie animée, des commerces, des restaurants, des boulangeries, une histoire culturelle riche et un climat clément (enfin... sur le papier en tout cas! 😅). Et, petit bonus, elle est située au bord du Pacifique, ce qui ne gâte rien!

Mais Valparaiso, c'est aussi et surtout le berceau de la pop culture, le refuge de tous les artistes en vogue et le symbole d'une liberté d'expression exacerbée. Ici plane l'image d'une ville où tout est possible, où les bâtiments coloniaux peuvent côtoyer des bâtisses miteuses, à moitié effondrées, où la pauvreté, la misère et la saleté se vivent en couleurs, dans un paysage bigarré qui semble atténuer leur dureté, où les tags dégradants se glissent aux côtés de graffitis sublimes, véritables oeuvres d'art, où les vestiges d'un autre temps se mêlent à une jeunesse branchée et virevoltante.

Bref, on l'aura compris, Valparaiso est une ville contrastée comme nous les aimons! Riche de ses différences, sublimée par ses maisons colorées et son street-art, atypique de part sa géographie puisqu'elle s'étend sur une quarantaine de collines, offrant des points de vue variés et sans pareil sur elle - même et sur l'océan !

Alors, plutôt que d'en parler pendant des heures (ce qui est tentant mais risquerait d'en faire fuir plus d'un ! 😅), voilà une "petite" sélection de photos qui parlent d'elles mêmes de Valparaiso et de:

- ses portraits bouleversants de réalisme

- ses escaliers colorés

- sa faune murale...

-  ... et aquatique ! 

- ses maisons colorées

- ses transports archaïques avec ses trolleys, ses ascenseurs et ses funiculaires

Ascenseur Polanco
Funiculaire Villaseca
Si si, le toboggan est considéré comme un moyen de locomotion ! ߘɀ/data/data/com.myatlas/cache/MyAtlas-1523476813830--2045116677.jpg

- ses déclarations, ses contestations, ses coups de gueule... bref, ses messages, qu'ils soient clairs ou obscurs!

- son architecture et ses oeuvres faites de récup

- et enfin, il y a quelques uns de nos coups de coeur (sur 900 photos dur dur de faire une sélection...😣), ces graff qui nous ont impressionné par leur taille, leur composition et la force qu'ils dégageaient (entre autre!)

Alors, certes, Valparaiso est réputée pour être une ville dangereuse (et de fait, des chiliens nous ont déconseillé le passage de certaines ruelles), envahie par les chiens ( pas toujours très sympas puisque Myriam s'est fait croquer un bout de fesse à deux reprises...😵) et sale ( effectivement, les poubelles se déversent littéralement dans la rue et les merdes de chiens abondent ! Les chaussures de la blonde en ont gardé des souvenirs...😅💩), mais, malgré tout ça, comment rester insensible au charme de Valparaiso et à son ambiance BoBo sans être ProutProut ?

Finalement, le seul regret (pour Myriam!😜) est de ne pas être resté plus longtemps afin d'explorer chaque coin et recoin de chaque ruelle! Malheureusement, dans une ville où l'on peut passer dix fois dans la même rue et toujours y découvrir un nouveau détail, une vie n'y suffirait pas!

Alors adieu et merci Valparaiso d'avoir été une source permanente d'émerveillement et de stimulation !

Renan tirant sa révérence...😂
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Publié le 20 avril 2018

Il y a des endroits sur terre où l'on se dit que l'on n'ira jamais parce que trop loin, trop cher, trop inaccessible en somme. Des endroits sur lesquels on a trop d'a priori ou, au contraire, trop peu de connaissances pour qu'ils représentent un projet tangible. Jusqu'au jour où une occasion se présente et où l'on se dit enfin: "Pourquoi pas nous?"

Et voilà comment l'on se retrouve embarqués pour Rapa Nui, plus connue (pour nous) sous le nom d'île de Pâques !

Ça ne vous parle toujours pas??

Et si je vous montre ça ?

Rano Raraku, volcan qui servit de carrière de construction des Moai

On a tous déjà vu ces étranges statues, que ce soit en couverture d'une brochure de voyage hors de prix, dans un livre ou un reportage. Moi perso, j'ai le souvenir de les avoir eu en main lorsque je jouais au jeu "Tintin et le piège du totem d'Hor". C'était donc des Moai??!

Mais, en fait, c'est quoi un Moai ? ? ?

Ahu Tahai

Les Moai, ce sont ces statues réalisées dans de la roche volcanique, sur le même modèle et pouvant mesurer de moins d'un mètre jusqu'à presque dix mètres! Mais ce sont surtout les derniers vestiges d'une civilisation aujourd'hui disparue et qui a laissé derrière elle tellement peu d'informations que son histoire reste en grande partie soumise aux hypothèses et à l'interprétation.

Tout le mystère qui entoure Rapa Nui est soigneusement entretenu et contribue à attirer par milliers des touristes venus du monde entier (beaucoup de français et de japonais tout de même ! ) sur cette petite île chilienne perdue au milieu du Pacifique, à 3700km du continent le plus proche, afin d'essayer d'en percer les secrets...

Alors, y sommes nous parvenus??

Seul Moai à 4 mains de l'île

Ben, en vrai, on n'a pas trop essayé...😅 Faut dire que les explications sur les sites sont assez succinctes et sans guide pour te raconter de jolies légendes, l'imagination s'en trouve un peu bridée... Et, comme on reste des backpackers sans le sous (mais à l'île de Pâques quand même ! 😛), nous avons donc dû nous contenter de la version, probablement moins romanesque, de notre guide préféré (gratuit surtout!😒), j'ai nommé : le Petit Futé ! 😜

Ahu Akivi: ces 7 Moai, les seuls de toute l'île à être tournés vers la mer, représenteraient les 7 premiers arrivants sur l'île.

Voilà donc pour la petite histoire :

Les Rapa Nui seraient en fait des polynésiens exilés, venus s'implanter sur l'île entre 400 et 800 afin de construire un nouveau royaume sous l'égide du roi Hotu-Matua. A sa mort, l'île est divisée en six portions réparties entre ses six fils. A partir de là, des clans vont se créer et, comme l'histoire est la même depuis la nuit des temps, chacun va vouloir tirer la couverture à lui et montrer qu'il a la plus grosse ! (Je la fait courte hein!)

On entre alors, entre 800 et 1600, dans l'apogée du mégalithique où l'on se met à construire des statues à gogo, d'abord pour rendre hommage aux anciens et célébrer le culte du dieu Make Make, ensuite pour occuper la population masculine qui a une forte tendance à la baston ( s'entretuer quand on vit déjà dans une communauté réduite n'est pas forcément signe de pérennité ! ) et enfin pour montrer aux autres que c'est ton clan le plus fort parce qu'il a construit le plus grand Moai, et toc!

Et voilà comment l'on se retrouve sur une île habitée par plus de 1000 Moai... tous détruits aujourd'hui ! Et oui, comme je l'ai dit, la sculpture était un moyen de montrer son savoir faire et sa puissance, du coup, forcément, y'avait des voisins jaloux!

Alors, au moment où l'île s'est vue déchirée par des massacres et des guerres claniques, le grand jeu consistait à aller en douce détruire le Moai du voisin, qu'il avait pris deux ans à construire et autant à transporter (souvent en le cassant en route d'ailleurs! 😅)! Pas très sympas les Rapa Nui quand même!

Ceci expliquerait pourquoi, lors de la découverte de l'île, tous les Moai étaient brisés, face contre terre. Tous ceux que l'on peut voir aujourd'hui, se dressant fièrement dos à la mer, ont en fait été restaurés...

Malgré ça, il est impressionnant de se retrouver face à ses statues imposantes et mystérieuses, qui, même dans leur déchéance, dégagent une énergie incroyable. On comprend, en se baladant à travers les vestiges d'une histoire qui semble avoir été douloureuse, toute la fascination qu'exerce le site sur le voyageur curieux et toute la frustration liée aux questions qui restent sans réponse...

Site de l'ahu Vinapu
Ahu Vinapu
Ruines d'Ahu Tepeu

Mais c'est pas fini!

Voyant que le dieu Make Make n'a pas trop empêché les massacres et les intempéries de ravager l'île, les habitants décident, vers le 18ème-19ème siècle, de mettre un peu de côté son culte au profit de celui, plus concret, de l'homme-oiseau. Terminé donc les statues au crâne rectangulaire et aux proportions gigantesques! Dorénavant, le boss sera celui qui gagnera la grande compétition annuelle !

Et que faut-il faire pour cela??

Et bien, rien de plus simple, il suffit de trouver un oeuf ! Enfin, pas n'importe lequel hein! Un oeuf de manutara, cette petite mouette migratrice qui revient chaque année pondre sur l'île de Motu Nui, qui se trouve là, juste en face du village cérémoniel d'Orongo :

Île de Motu Nui

Lorsque commence la compétition au printemps, chaque chef de clan choisit son champion, qui part ensuite du village avec son petit baluchon pour se jeter au bas de la falaise, puis plonger dans le pacifique et nager à toute vitesse jusqu'à l'île tout en évitant de servir de repas aux requins!

Une fois arrivé entier (s'il a eu de la chance!), il ne lui reste plus qu'à attendre patiemment à l'abri d'une grotte que la mouette revienne nidifier. Commence alors la chasse aux oeufs (on n'est pas sur l'île de Pâques pour rien hein!😜). Le premier à en trouver un doit ensuite refaire le parcours en sens inverse de façon à ramener son oeuf (entier, cela va de soi, l'omelette étant éliminatoire! ) à son chef qui l'attend pénard en haut de la falaise! Ce dernier est alors sacré homme - oiseau pour le restant de l'année et incarne aux yeux de tous le pouvoir religieux et politique, son autorité ne pouvant être contestée.

Cette solution a sans doute permis de mettre un frein à un certain nombre de guerres claniques, mais c'était sans compter sur le passage des négriers qui ont raflé 90% de la population pour la mettre en esclavage au Pérou (10% seulement en reviendra, porteuse de maladies qui finiront d'anéantir le reste des habitants ! ) et l'évangélisation de l'île par les colons, qui conduira à la destruction du patrimoine ainsi qu'à la perte et l'oubli des traditions. Autant de facteurs qui ont malheureusement contribué à déposséder Rapa Nui de son héritage culturel, mais aussi à augmenter la difficulté à interpréter son histoire, accroissant du même coup son mystère.

Ahu Tongariki

Ça, c'était pour la petite histoire ! Mais qu'en est-il de la nôtre alors?

A vrai dire, l'île de Pâques nous a laissé un sentiment un peu mitigé... Une fois nous être acquittés du droit d'entrée sur les sites (80$ chacun pour 10j tout de même...😣), nous pensions pouvoir aller où bon nous semble... et bien non! Nous sommes au Chili après tout et leur spécialité étant de tout privatiser, il est quasiment impossible de sortir des sentiers battus (enfin, si tu payes un guide tu as le droit évidemment ! 😡). Du coup c'est assez frustrant !

Par ailleurs, l'île ne possédant qu'un seul village (où le nombre de touristes doit être égal à celui de locaux ! ), tout y est hors de prix! Pour vous donner une idée, c'est sans doute le camping le plus cher de tout notre voyage (19€ pour planter la tente, eau froide et faut rajouter 1,5€ si tu veux en plus du PQ pour pouvoir t'essuyer les fesses quand tu vas aux toilettes, sympa ! ), une bouteille d'eau coûte 4€, quant aux restos, n'en parlons pas, un sandwich seul vaut déjà 10€! Bref, l'isolement et le tourisme ont rendu la vie sur place extrêmement chère et ont contribué à fausser les rapports entre les gens, nous donnant l'impression d'être des porte-monnaie ambulants...

Vue depuis notre tente, sympa quand même ! 😆
Vues depuis la village d'Hanga Roa

Du coup, nous avons préféré faire l'impasse sur les petits plaisirs, utilisant la cuisine du camping pour nous préparer nos repas et, plutôt que de louer une voiture (60€ la journée !), nous avons levé le pouce et visité toute l'île en marchant et en faisant du stop, ce qui nous a permis de faire de belles rencontres, que ce soient des Rapa Nui ou des français, les plus prompts à s'arrêter ! Au final, ces 6j nous serons revenus à 386€ pour deux (en ayant fait nos courses à Santiago et non sur l'île heureusement ! ), pas si mal hein? (Bon faut pas oublier le billet quand même, comptez 350€ A/R par personne au départ de Santiago et vous voilà arrivés sur l'île de Pâques ! 😆). Petit bonus: c'était la saison des goyaves qui poussent en abondance sur l'île ! La cueillette étant gratuite, nous avons pu faire le plein de vitamines !

Finies les mûres et les myrtilles, place aux goyaves ! 😋

Nous avons également été séduits par la beauté de certains sites naturels, tels que le volcan Rano Kau, les grottes encastrées, les côtes sauvages, la vue depuis le volcan Terevaka (plus haut volcan de l'île qui culmine à 512m, on ne s'excite pas!😅), le coucher de soleil sur l'Ahu Tahai, la crique sauvage d'Ovahe et la superbe plage d'Anakena, dominée par les Moai les mieux conservés de l'île. 

Volcan Rano Kau
Crique d'Ovahe
Ahu Autre Huki et Nau-Nau sur la plage d'Anakena
Vue depuis le volcan Terevaka
Cratère Rano Raraku
Cratère du volcan Rano Kau

Et, si Renan est resté quelque peu hermétique au charme de ces gros cailloux sculptés et résumerait Rapa Nui à ça :

Myriam, quant à elle, a été conquise par les histoires, la splendeur des vestiges et l'atmosphère mystérieuse et très solennelle qui règne encore sur l'île de Pâques! A chacun de se faire sa propre opinion donc!😉

Ahu Ko Te Riku, le seul Moai ayant conservé ses yeux
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Pour cette étape, comme nous faisons une infidélité à l'Amérique latine, nous vous invitons à venir faire un tour sur notre nouveau blog :

https://www.myatlas.com/Excursionistas/les-excursionistas-en-polynesie-francaise-1

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Terminés les lagons turquoises, la jungle luxuriante et les poissons au lait de coco! Nous voilà de retour au Chili...

Le jetlag est violent avec ses 7h de décalage horaire et son petit coup de déprime post - Polynésie. C'est comme si les vacances étaient terminées, alors qu'il nous reste encore sept mois... La sensation est étrange et difficile à expliquer.

Nous décidons de rester quelques jours à Santiago afin de récupérer un peu, préparer la suite, flâner, faire une expo... Nous découvrons par chance une boutique de camping qui distribue MSR, la marque de notre tente. Grâce à la garantie, celle-ci accepte de remplacer gratuitement tous nos arceaux cassés, tordus ou fissurés ! C'est donc avec une maison presque neuve que nous pouvons enfin repartir, direction le nord du Chili!

Après une ultime nuit dans un hôtel miteux, nous pouvons le dire : Ciao Santiago, cette fois c'était la dernière ! 😉

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C'est après la bagatelle de 22h de bus que nous arrivons enfin à San Pedro de Atacama. Le changement de décor est saisissant. En l'espace d'une semaine, nous venons de passer d'îles paradisiaques et foisonnantes à un désert aride s'étendant à perte de vue!

Et, niché au coeur de ce désert, le village de San Pedro a tout d'une oasis... mais une oasis trèèès touristique! C'est devenu, en l'espace de dix ans, l'un des passage obligé de tous les tours opérateurs et donc l'un des sites les plus visités du Chili.

Le village, avec ses agences, ses restaurants et ses hôtels par dizaines n'a plus grand chose d'authentique. Tout y est hors de prix et comme la plupart des sites à visiter sont inaccessibles à pieds, les locations de 4x4 et les excursions sont le seul moyen d'explorer la région...

San Pedro de Atacama, une oasis au milieu du désert

Pour toutes ses raisons, nous avions décidé de ne pas nous attarder plus de 2j à San Pedro de Atacama, juste le temps de visiter les trois sites accessibles à pieds et de nous acclimater un minimum avant de passer en Bolivie (nous sommes tout de même passés de 520m à 2 300m en l'espace de 22h!😅)

Et c'est ainsi que, à peine la tente plantée, nous voilà partis en direction de la Valle de la Muerte, ainsi nommée en raison des nombreux condamnés par la maladie (lèpre, etc...) qui venaient y mourir afin de ne pas contaminer le reste du village.

Nous rencontrons en chemin deux chiliens qui nous expliquent comment resquiller l'entrée... Ni une ni deux, nous voilà en train d'escalader par des chemins de traverse qui nous mènent tout droit au Pukará de Quitor! Parfait, nous n'avions pas prévu d'en faire la visite à cause du prix mais puisque nous y sommes...

Ruines du Pukará de Quitor

Les vestiges de cette ancienne forteresse atacaméenne, construite à flan de montagne, offrent un beau panorama sur la vallée,

Mais surtout, ils permettent, pour les plus téméraires, un accès direct à la Valle de la Muerte!

Avant de redescendre vers la vallée, nous décidons de reprendre des forces en déjeunant au sommet du site. Cette petite pause méritée va nous permettre de rencontrer Héloïse et Martin, deux jeunes français qui voyagent en van. Le courant passe tout de suite et ils nous proposent de nous joindre à eux pour explorer les environs ! L'occasion est trop belle pour la laisser passer! Nous nous donnons donc rendez-vous le lendemain pour une nouvelle aventure, sur les routes cette fois!

C'est ravis et le coeur léger que nous descendons dans la Valle de la Muerte. Nous sommes seuls, personne n'ose emprunter le chemin non balisé. Pourtant les paysages sont impressionnants et les couleurs incroyables! Nous en profitons pleinement pour errer dans le labyrinthe offert par le canyon et grimpons au sommet pour admirer le panorama.

Nous redescendons ensuite sur la Valle de la Luna, mais il est déjà tard et le temps nous manque pour aller la visiter. Nous nous contenterons donc de la vue offerte depuis les hauteurs... La tentative de stop pour rejoindre San Pedro sera un échec et c'est crevés mais contents de notre journée que nous rejoindrons le camping pour un repos bien mérité!

Le lendemain nous retrouvons donc Héloïse et Martin à la boulangerie française de San Pedro (de loin les meilleures viennoiseries et le meilleur pain depuis le début du voyage !😋) et sympathisons avec une famille de français qui désire poursuivre son voyage en Bolivie d'ici quelques jours... Pourquoi ne pas booker un tour ensemble ? Il est trop tôt pour se décider, mais l'idée va germer...

En attendant, nous voilà sur les routes à bord de Toto, direction la Laguna Chaxa! Cette dernière, peuplée de flamants roses, présente des dégradés de couleurs enchanteurs que nous n'avions encore jamais eu l'occasion d'observer !

Petite escale ensuite à Socaire, village de 300 âmes à peine situé à 3300m, afin d'habituer notre corps, par paliers, à l'altitude. En effet, une montée ou une descente trop rapide pourrait être responsable de la "puna", c'est à dire le mal des montagnes. A la clé, une méchante migraine (Renan n'y échappera pas!), des maux de ventre (ça c'est pour Myriam), des hémorragies, voire la mort... (on n'en est pas encore là!😜). D'où l'intérêt de faire des pauses régulières ! Et pis le village, avec ses deux églises (pour 300 habitants... Faudrait pas se marcher dessus hein?!😆), a du charme.

Socaire

Finalement nous garerons le van quelques kilomètres plus loin, à 3700m d'altitude, pour une nuit qui sera courte (pour nous en tout cas!😅) et fraîche !

Apéro face au coucher de soleil

Après un réveil matinal, nous nous lançons à l'assaut des lagunes Miscanti et Miñiques, situées à un peu plus de 4000m d'altitude. Une fois n'est pas coutume, nous empruntons un chemin de traverse qui, s'il n'a rien de compliqué, est rendu pénible par l'altitude... enfin, pour les filles seulement! Obligées de faire des pauses tous les dix mètres tandis que les garçons tracent devant... C'est pas juste!!😬 Heureusement, la vue au sommet nous récompense largement pour la peine endurée!

Nous aurons même le plaisir d'observer des vigognes (même famille que le lama et le guanaco mais plus petit et moins touffu) en train de tabasser un renard... Sous des dehors d'herbivores doux et mignons, sont pas très sympas les vigognes! 😑

Nous poursuivons ensuite notre route jusqu'aux Piedras Rojas mais nous nous faisons fermement recaler à l'entrée du site, fermé pour cause de vandalisme (un crétin aurait taggé les fameuses pierres un mois auparavant, provocant la colère des locaux!😬). Il faudra donc nous contenter de la vue depuis le mirador, dommage!

Piedras Rojas

Après une nuit en camping sauvage en périphérie de San Pedro de Atacama, nous retrouvons Alfredo, notre compagnon de galère du Lago Desierto! Les retrouvailles sont joyeuses, ça fait du bien, quand on voyage aussi longtemps, de revoir des visages connus! Nous nous racontons nos dernières aventures, les siennes ne manquant pas de piment puisqu'il fait tout à  vélo !

Tandis que Martin et Héloïse font faire une révision au van, nous retrouvons la petite famille de français. Notre planning correspond bien et nous décidons de booker un tour avec eux afin de rejoindre la Bolivie en traversant le sud Lipez et le salar d'Uyuni, notre prochaine étape.

Une fois les formalités réglées (avec en prime une petite bière devant le Madrid/Marseille !😜), nous repartons à bord de Toto, en direction du Cerro Toco dont nous avons prévu l'ascension le lendemain.

La route permet de monter jusqu'à 5200m, sauf qu'après une pause à 4600m, Toto fait des siennes et refuse de redémarrer ! C'est la merde, nous sommes coincés en pleine montée et la manoeuvre risque d'être compliquée...

Vue sur le Licancabur

Après plus d'une heure de vaines tentatives, Martin parvient à faire redémarrer le van et nous amène au bout de la route! Ouf!

Mâchant nos feuilles de coca afin de faciliter la respiration et l'acclimatation, nous nous lançons enfin dans l'ascension du Cerro Toco. 400m de dénivelé ce n'est rien a priori, sauf qu'à 5200m d'altitude tout est beaucoup plus dur. Le froid pénètre les doudounes, le corps se fatigue vite, le rythme cardiaque s'accélère et le coeur menace de lâcher à chaque pas... Bref, il nous faudra 1h30 pour parcourir les 2kms qui nous séparent du sommet ! Heureusement la vue est à couper le souffle !

Nous redescendons à toute vitesse, pressés de rejoindre la lagune Baltinache (Toto nous fait le plaisir de redémarrer tout de suite!) que nous n'atteindrons jamais à cause d'un léger problème de localisation...😅 Tant pis, nous irons oublier cet échec au restaurant, rejoins par Alfredo, et nous en profiterons pour fêter l'anniversaire d'Héloïse !

Ainsi s'achève notre séjour à San Pedro de Atacama! Nous qui n'en attendions rien, nous devons bien reconnaître que, grâce à de chouettes rencontres, nous avons passé un super moment, loin du tourisme de masse (enfin j'exagère, puisqu'on était hors saison!😜) et des visites organisées !

Ahora, vamos a Bolivia !

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La Bolivie, enfin!!!

Après quatre mois à osciller entre Argentine et Chili, il nous tardait de découvrir un autre pays d'Amérique latine.

Après San Pedro de Atacama, la Bolivie, située à seulement 50km, venait donc tout naturellement dans la suite logique du parcours.

Aventuriers rêveurs et inconscients d'avant le voyage, nous avions imaginé traverser la frontière à pieds, puis remonter jusqu'au salar d'Uyuni en passant par le sud Lipez, soit environ 21jours de marche. Pas mal comme programme, non?

Ça, c'était l'idée.

En pratique on s'est rendu compte que ce trek serait compliqué, voire dangereux puisqu'il traverse une zone désertique, avec peu d'eau potable (les lagunes qui jonchent le parcours sont bien souvent impropres à la consommation car elles ont une trop forte concentration en lithium, arsenic et autres merdouilles pas super bonnes pour la santé, voire carrément mortelles!😨) et très peu de villages pour se réapprovisionner.

Ajoutons à cela le mal des montagnes, puisque l'itinéraire s'effectue sur des plateaux situés entre 3000m et 5000m, et l'on obtient la combinaison parfaite pour mettre un terme au voyage de manière tragique et définitive ! Bref, la blonde n'était plus super chaude et Renan s'est mis à douter... Serait-on en train de s'assagir? ? ?

Du coup, nous avons fini par faire comme tout le monde: nous avons booké un tour opérateur dans l'une des trente agences basées à San Pedro... Mais, afin de limiter les mauvaises surprises, nous avons réservé avec Karine, Seb et Tom, leur fils de sept ans, rencontrés quelques jours auparavant à Atacama. La capacité maximale des 4x4 étant de 6 personnes, nous nous assurons ainsi d'avoir un chouette groupe durant les trois jours que va durer l'excursion!

A notre petit comité de français se joindra Jeff, sympathique Taïwanais, féru de treks et de photographie. On ne pouvait pas mieux tomber!

A 7h30 nous voilà donc en route, direction la frontière bolivienne. Une fois les formalités remplies et le petit déjeuner englouti, nous sommes confiés à un guide local, Richard en ce qui nous concerne, et répartis dans les différents véhicules.

Une vingtaine de 4x4 se lance à l'assaut des pistes! Ça risque de manquer d'intimité tout ça... Heureusement, même si le parcours des agences est plus ou moins le même, les pistes sont nombreuses et la sensation de rouler à la queue-leu-leu disparaît vite.

Top départ !

Commence alors le début de ce qui va être un enchantement permanent pour les yeux! Force est de reconnaître que les paysages qui défilent derrière la vitre sont à couper le souffle. Leur immensité, leurs dégradés de couleurs et leurs reliefs nous laissent ébahis !

La première journée verra se succéder trois lagunes, toutes plus belles les unes que les autres.

La laguna blanca pour commencer, qui doit sa couleur à une forte concentration en borax:

Laguna blanca

Suivie de la Laguna Verde, dont la couleur change au gré du vent :

Laguna Verde

Pour finir par l'étonnante Laguna Colorada, dont les rives, teintées par les minéraux, sont peuplées de flamants roses:

Laguna Colorada et ses étranges spécimens...

Et, afin de varier les plaisirs, nous ferons également une halte aux thermes de Polques, au désert de Dali et aux geysers Sol de Mañana, avant de rejoindre notre refuge pour la nuit, situé à 4200m d'altitude, juste à côté de la Laguna Colorada, idéal pour un joli coucher de soleil ! 😆

Thermes de Polques
Désert de Dali
Hostal
Geysers
Geysers

Une première journée intense, mais qui va largement au delà de nos attentes grâce à des paysages de toute beauté certes, mais aussi grâce à un groupe complice, sur la même longueur d'ondes et un guide patient, qui nous laisse le temps de profiter de ces instants qui, même s'ils sont balisés, restent magiques !

Le lever à 6h45 le lendemain pique un peu... Engoncés dans toutes nos épaisseurs, nous attendons que le 4x4 accepte de démarrer... en vain! L'altitude, le froid et le manque d'oxygène ont eu raison du moteur qui a gelé durant la nuit! Il lui faudra 1h30 avant d'accepter de reprendre la route...😬

Direction à présent l'arbre de pierre, une étonnante formation géologique au coeur du désert, qui se prête bien au jeu, pour le plus grand plaisir de Tom... et de Myriam ! Tous les deux âgés de 7 ans! 😆

Tom traquant les zombies
Arbol de Piedra

La traversée du désert se poursuit et nous laisse entrevoir une faune nouvelle pour nous, dans des paysages toujours aussi incroyables...

Zorro del desierto
Viscache
Homo excursionistus

Et comme nous ne nous en lassons pas, nous enchaînons à nouveau avec des lagunes qui, si elles sont moins spectaculaires que la veille, restent tout de même superbes grâce à la flopée de flamants roses et aux montagnes qui les entourent.

Nous poursuivons entre canyons, prairies et petits villages jusqu'à arriver à un hostal de sel, notre logement pour la nuit.

Murs, meubles, sols sont en sel et annoncent notre prochaine étape du lendemain : le fameux salar d'Uyuni, le plus grand désert de sel du monde !

Nos premiers lamas!!

Cette fois, lever à 5h50 pour voir le lever de soleil sur le salar! Nous sommes tous prêts à décoller à 6h... ne manque que notre guide! Richard a la crève depuis 3j et manifestement une panne de réveil, c'est ballot ! 😅

On le fait chercher et partons sur les chapeaux de roues pour arriver juste à temps pour voir le soleil éclairer le salar et se refléter sur l'eau. L'occasion de faire une petite séance photo!😆

Nous filons ensuite vers la petite île d'Incahuasi, véritable épicentre touristique ! Si, jusque là, nous n'avions pas vraiment été incommodés par la présence de la foule, les choses changent un peu ici... Tout le monde semble s'être donné rendez-vous sur ce petit îlot envahi de cactus! En même temps, c'est vrai que c'est mignon...

Puis démarre la traditionnelle séance photo dans le salar, où, grâce à un horizon qui semble s'étendre à perte de vue, tu peux faire des photos rigolotes. Nous nous prêtons au jeu avec plus ou moins de talent...

Et c'est ainsi, après un passage au cimetière de trains d'Uyuni, véritable décor de western, que s'achève notre premier tour organisé! Ce n'était pas si mal finalement...😜

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Après 7h de bus, nous rejoignons Sucre, la capitale constitutionnelle et juridique de Bolivie, réputée pour être la plus belle ville du pays.

De fait, l'architecture coloniale, avec ses colonades, ses arabesques et ses murs d'un blanc immaculé, tranche avec les autres villes poussiéreuses que nous venons de traverser... Ici, ce n'est pas la saleté mais bien la propreté qui saute aux yeux!

Ancien fief de la haute bourgeoisie espagnole, Sucre, la ville la moins bolivienne de Bolivie, a su conserver un charme suranné qui plaît tant aux occidentaux et force est de reconnaître qu'il y fait bon vivre et qu'il est agréable de flâner au gré des ruelles... D'autant plus que sa situation à 2700m d'altitude rend son climat beaucoup plus agréable qu'ailleurs ! Ni trop chaud, ni trop froid, avec le soleil en prime!

La Tour Eiffel version Bolivie...

Par ailleurs, la ville foisonne d'églises, de musées et se distingue par sa richesse culturelle. L'occasion pour nous de faire une petite pause avec la nature et d'en apprendre un peu plus sur l'histoire du pays! Enfin... pas trop quand même, puisqu'il y en a un dans le groupe qui traîne des pieds comme un gosse dès qu'il s'agit de s'enfermer dans un bâtiment...😅

Du coup, nous passerons cinq jours à nous reposer et à déambuler dans les rues, profitant que la ville soit animée par les préparatifs de la fête nationale du 25 mai et par le défilé de toutes les écoles de la ville.

Nous en profiterons aussi pour déguster de délicieux chocolats, et oui, Sucre est aussi la capitale du chocolat, ça tombe sacrément bien!😆

Nous testerons également le cinéma en espagnol et sans sous - titres, voui m'dame, on est des fous! (Heureusement, avec Star Wars c'est toujours un peu la même histoire donc pas très difficile à comprendre! Pis ça passe presque mieux en espagnol en fait... 😜)

Nous chercherons désespérément à nous procurer de la coca afin de palier au mal de l'altitude pour notre prochaine rando et comprendrons, face au regard effarouché et gêné des gens, qu'on ne doit pas dire de but en blanc "¿Donde podemos comprar coca, por favor? " mais plutôt "¿Donde podemos comprar ojas de coca para facilitar la respiración en las montañas, por favor ?", ça évite de passer direct pour le petit occidental en quête d'un sniff pas cher...😅

Enfin, nous finirons tout de même par trouver notre bonheur au Mercado Negro, après 5j de recherches infructueuses ! Pas si facile de s'en procurer finalement...

Mais ce que nous avons préféré par dessus tout et dont nous ne nous sommes pas lassés, c'est d'aller faire le tour de l'immense marché de Sucre, où l'on déguste de succulents menus pour 1,5€, où les fruits sont aussi bons et savoureux qu'en Polynésie française, où les couleurs et les senteurs explosent à chaque étal et où les femmes sont encore en tenues traditionnelles.

Malheureusement, deux choses ont gâté notre séjour à Sucre et laisseront un souvenir en demie teinte :

- le cordonnier, censé réparer et redonner un coup de jeune à nos chaussures de randonnée, usées par 5 mois de marche, ne connaissait visiblement pas l'utilité du gore-tex et a transpercé à plusieurs reprises l'une des chaussures de Renan qui, en s'en rendant compte, a détruit ses lunettes de soleil dans un accès de rage! (Ben oui, au point où on en est, on peut bien renouveler tout le matos ! 😬).

Bon, pour la défense de ce pauvre monsieur, notre espagnol est tellement mauvais que nous avons été incapables de lui expliquer correctement ce nous voulions, ça nous servira de leçon!

- pour la première fois depuis le début du séjour, nous avons été confrontés à la réalité du racisme envers "los gringos" (nous en somme...). Entre insultes, mépris cinglant, refus de nous adresser la parole, l'animosité des boliviens (uniquement des boliviennes en fait!) a été vraiment blessante et suffisamment répétée en l'espace de si peu de temps pour donner envie à la blonde de fuir ce pays au plus vite...

Heureusement, nous finirons notre séjour à Sucre par une note positive avec un dernier verre en compagnie de Seb, Karine et Tom, nos amis du salar, mais c'est sans regrets aucuns que nous quittons cette ville, trop touristique peut-être, pour aller chercher plus d'authenticité dans les montagnes, en espérant que l'accueil y sera plus chaleureux...

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Bon, c'est pas l'tout, mais ça va bientôt faire deux mois que nous n'avons pas randonné et y'en a un qui a les pieds qui le démangent (et, pour une fois, c'est pas la faute des mycoses!😆)!

Renan nous avait déjà dégotté une super rando qui devait nous faire passer clandestinement la frontière Bolivie-Chili mais, après des recherches plus poussées, il a découvert que la frontière était encore truffée de mines à certains endroits... C'est pas qu'on n'aime pas mettre du piment dans nos vies, mais marcher sans jambes c'est pas facile, alors on a préféré renoncer à cette aventure...

A la place, nous filons à Sabaya, point de départ d'une double randonnée. Il est 9h30, on vient de se taper 10h de bus, nos sacs font près de 17kg avec leurs 10 jours d'autonomie et leur plein d'eau, mais, même pas peur, on se lance direct dans le feu de l'action ! (Enfin, la blonde râle quand même pour la forme et parce que les bus de nuit n'ont rien d'une sinécure...)


Jour 1 : De Sabaya à Coipasa

Dist: 35km / Dev + : 45m / Dev - : 0m / Temps : 8h

Frustré d'avoir dû faire le Salar d'Uyuni en 4x4, Renan est décidé à réparer cet "échec" en nous faisant traverser un bout du deuxième plus grand salar au monde... à pieds cette fois!

La randonnée commence tranquillement au coeur de l'Altiplano, à 3700 m d'altitude, dans un décor que nous avions déjà aperçu sans vraiment prendre le temps de l'apprécier. Entre plaines et montagnes, les lamas pullulent. Myriam s'extasie et mitraille ce qui n'est rien d'autre que le mouton bolivien après tout...😅

Feuilles de coca en bouche, afin de palier aux soucis de respiration et pour nous apporter un petit coup de boost, nous nous fondons dans le paysage, comme de vrais boliviens... le bronzage en moins ! 😜

Le problème des plaines, c'est que les paysages semblent ne jamais vouloir changer... Les kilomètres ont beau défiler, une certaine monotonie s'installe jusqu'à ce que, tout à coup, les prémices du salar apparaissent...

La fatigue commence à se faire sentir, mais nous sommes trop excités à l'idée d'avoir un désert de sel pour nous tous seuls pour nous arrêter en si bon chemin!

A l'inverse de celui d'Uyuni, ravagé par les allées et venues incessantes des 4x4 et par l'organisation du Dakar, le salar de Coipasa, pourtant à proximité, est encore préservé du tourisme! Quelle chance qu'il existe encore de tels endroits...mais jusqu'à quand?

En attendant, nous profitons pleinement de toutes les perspectives qu'il a à nous offrir, avec ou sans crevasses, sec ou inondé...

Salar de Coipasa

Mais l'heure tourne et le soleil décroît. Nous nous hâtons pour rejoindre le village de Coipasa, notre seule chance de nous ravitailler en eau et de ne pas dormir sous tente car ici la nuit il peut faire jusqu'à -15 !

C'est exténués que nous arrivons, in extremis, dans le village ! Perdu au milieu de nulle part, il a des allures de ville fantôme avec ses rues désertes, sales et inquiétantes... jusqu'à ce que l'on tombe sur le terrain de foot! Toute la ville semble s'être retrouvée là !

On nous propose une partie mais nous sommes trop lessivés et ne rêvons que d'un lit douillet... Un villageois nous conduit alors chez Flora, où nous dormirons d'un sommeil profond et sans rêves après ses 35km de marche...

Jour 2 : de Coipasa au bivouac dans la plaine

Dist : 28 km / Dev +: 0m / Dev -: 0m / Temps: 7h

Après 12h d'un sommeil de plomb, nous quittons Flora pour revenir vers Sabaya en passant par le Lago Coipasa... que nous n'atteindrons jamais! Le salar étant inondé, nous marchons plus d'une heure dans l'eau avant de nous résigner à rejoindre la route de peur que les dégâts sur nos chaussures soient irréparables... Tant pis pour le lac!

Néanmoins, l'effet de miroir provoqué par l'eau est incroyable, on dirait que le ciel et la terre se sont fondus l'un dans l'autre!

Les distances semblent s'étendre à l'infini et la fatigue de la veille est encore bien présente. De plus, avec nos sept litres d'eau sur le dos, nos sacs jouent contre nous et nous meurtrissent le dos et les hanches... Après deux mois sans rando, la reprise est douloureuse, comme si nos corps ne gardaient pas en mémoire les efforts passés et redécouvraient chaque fois la douleur dans toute son intensité...😣

Par ailleurs, les allers - retours n'ont jamais rien de très stimulants, les paysages étant connus, nous décidons donc de ne pas reproduire la même erreur en ménageant nos muscles fatigués cette fois (en fait, il est déjà trop tard...). Après 28km nous nous arrêtons donc pour bivouaquer au coeur de la plaine.

Jour 3 : du bivouac à Sabaya

Dist : 15km / Dev +: 0m / Dev - : 0m / Temps : 3h

La tente a gelé durant la nuit! Heureusement, avec nos supers duvets, nous n'avons pas du tout ressenti le froid! A voir s'ils sont aussi efficaces sur des altitudes plus hautes...

Les 15km qui nous séparent de la ville ne sont qu'une formalité, mais il nous tarde d'arriver afin de nous laver de tout ce sel qui ronge les chaussures, les tissus et les chairs. Ce soir, ce sera un bon repas chaud et une nuit à l'hôtel avant de repartir demain pour la suite de la randonnée, direction le nord cette fois et le parc national de Sajama, réputé pour être l'un des plus beaux du pays !

Jour 4 : de Sabaya à Tunapa

Dist : 25 km / Dev +: 65m / Dev - : 40m / Temps : 6h30

La nuit a été rude... Finalement il a fait plus froid dans la chambre d'hôtel que dans la tente, c'était bien la peine! 😬

Dehors tout a gelé, même le tuyau du camelbag ! Ça va être pratique pour boire ! 😅 Pour nous réchauffer, nous petit déjeunons sur un trottoir de la bonne soupe chaude de quinoa façon Matilde et en route!

Cette petite halte dans la civilisation nous a permis de voir que l'accueil des boliviens n'a plus rien à voir avec celui de Sucre! Ici, les gens sont souriants, curieux, te disent bonjour dans la rue, t'accompagnent sur un bout de chemin pour faire la conversation, bref, c'est ça que nous étions venus chercher et nous l'avons trouvé, ouf!

Après quelques kilomètres, nous traversons un cimetière inca (sans vraiment savoir de quoi il s'agit alors...). Le site est impressionnant avec ses tombeaux ouverts qui laissent apercevoir les restes de cadavres humains... Malheureusement sa présence en bord de route a facilité les dégradations et les ossements éparpillés se mêlent aux ordures des locaux...😑

Nous poursuivons tranquillement sous le regard curieux des lamas...

Au détour d'un virage se découvre au loin Sajama, le volcan aux neiges éternelles qui culmine à 6542m et qui sera notre point de chute d'ici 4j, si tout va bien...

Pour le Sajama, c'est au fond à droite siouplaît !

Avec cette plaine qui s'étend à perte de vue, les paysages deviennent vite monotones... jusqu'à ce que l'on quitte enfin la route pour une piste qui nous conduit au coeur du décor!

Tout à coup, les montagnes s'animent de couleurs rouges et ocres, les cailloux laissent place à des variations entre épineux, rivières aux milles ramifications, dunes de sable et même des villages abandonnés font leur apparition! Le tout sur fond de troupeaux de lamas évidemment, pour le plus grand plaisir de la blonde ! Nous qui pensions que nous allions nous ennuyer!😆

Malgré tout, après 6h30 de marche, il nous tarde d'arriver à Tunapa ! C'est, encore une fois, la promesse d'un repas chaud et d'un lit douillet qui nous aide à tenir et à supporter le poids des sacs.

Mais, lorsque nous arrivons enfin, le village semble désert... Ne manque plus qu'un balot de foin balayé par le vent et l'on se croirait presque dans une ville morte du far-west!

Nous errons dans les ruelles, à la recherche d'un signe de vie, mais rien! Toutes les portes sont cadenassées et la ville semble figée dans un entre - deux. S'en est presque inquiétant... Qu'est ce qui peut pousser tous les habitants d'une ville à abandonner ainsi leurs biens? Une guerre? Une épidémie ? ? Des essais nucléaires ? ? ? Il n'en faut pas plus pour que l'imagination de la blonde s'emballe ! 😱

Tant pis, nous sommes trop épuisés pour pousser plus loin... Nous élirons donc domicile dans la seule maison non cadenassée... Et pour cause, elle n'a pas de porte! 😅 Au moins, les quatre murs étant là, nous serons à l'abri du vent ! 😆 Ne reste plus qu'à essayer de trouver le sommeil dans ce climat des plus angoissant... (enfin,  ça c'est pour Myriam, car Renan pourrait dormir absolument n'importe où ! 😮)

Jour 5 : de Tunapa au bivouac dans un champ

Dist: 25 km / Dev + : 150m / Dev - : 50m / Temps: 6h

Bon, aucun fantôme n'est venu troubler notre sommeil cette nuit! Ça, s'était pour la bonne nouvelle! La mauvaise en revanche, c'est que tous les robinets d'eau potable ont gelé dans la nuit! Impossible donc de se réapprovisionner avant le prochain village... en espérant qu'il soit aussi bien alimenté!😅

Pour le savoir, il nous faudra marcher 3h, entourés de dunes de sables, de montagnes colorées et face aux monts enneigés... Y'a pire comme vue!😆

Lorsque nous arrivons enfin à Villa Tunari, l'impression de pénétrer à nouveau dans une ville morte se fait sentir... Mais à tort cette fois puisque nous sommes accueillis par Claudia et Iacinto, qui nous offrent volontiers à boire en échange d'un brin de conversation !

Décidément, le contact avec les boliviens hors des villes touristiques n'a plus rien à voir avec celui que nous avons connu à Sucre! Nous sommes sous le charme de la gentillesse des gens qui, s'ils ne comprennent pas forcément pourquoi nous prenons plaisir à tout faire à pieds, chargés comme des mules (Myriam non plus ne comprend pas toujours...😬), alors qu'il y a des lamas à profusion pour porter nos charges, sont ravis néanmoins de pouvoir échanger avec nous!

Rebelote 7kms plus loin avec Filipa, qui nous montre son élevage d'alpagas et s'amuse de l'air émerveillé de la blonde face à ces petites bêtes poilues!

Cette fois, nous avons fait le plein d'eau ! A partir de maintenant, il n'y a plus de village pour se ravitailler avant 40kms! Il nous faudra donc tenir 2j avec les 7L que nous avons sur le dos.

Ça devrait le faire, si ce n'est que la blonde a perdu en cours de route une bouteille d'un litre... Le boulet est de retour!😅 Et comme en plus elle boite, c'est Renan qui s'y colle pour rebrousser chemin et récupérer la précieuse ressource!

Plus le temps d'aller plus loin et surtout, plus l'énergie! Nous plantons donc la tente dans un réservoir d'eau vide afin de nous protéger des rafales de vent (enfin, c'était l'idée, dans les faits ça n'a pas protéger grand chose...😬)! La nuit promet d'être fraîche...

Jour 6 : du bivouac dans le réservoir à Kotasi Grande

Dist : 25km / Dev +: 120m / Dev -: 110m / Temps : 6h / Alti: 4016m

La nuit fut courte... Entre les rafales de vent et les douleurs musculaires, Myriam n'a quasiment pas fermé l'oeil et le résultat donne une blonde gronchon...

Aujourd'hui, rien ne trouvera grâce à ses yeux... Entre les vingt bornes qu'il faut parcourir pour changer enfin de paysage (pour une fois, on serait mieux à vélo ! 😬), l'ennui qui découle de cette monotonie, le rythme, trop lent en raison de la douleur, qui rend la marche encore plus interminable... Bref, l'envie d'en finir au plus vite se fait sentir mais, vu notre avancement, nous risquons de devoir prolonger le plaisir au moins 3 jours supplémentaires... Super!

Heureusement, Renan est là pour rééquilibrer la balance ! Nous n'avons pas croisé un touriste depuis 6j et, rien que cela suffit à le satisfaire ! Ajoutons-y les conditions plutôt rudes : rationnement en eau, nécessité d'économiser le gaz donc utilisation du réchaud à bois façon Robinson Crusoe, vent de face en journée et nuit froide, donc bonne occasion de démontrer la qualité du matos et vous avez un homme heureux ! 😆

Il en faut pour tous les goûts...😑

Et, comme une fois n'est pas coutume, nous retombons sur un village abandonné pour passer la nuit... Ce n'est pas ce soir que nous aurons un lit douillet et un bon petit repas maison, sniff...😢

Jour 7: de Kotasi Grande à Sabay Kollu

Dist : 30km / Dev +: 50m / Dev - : 100m / Temps : 7h / Alti : 3910m

Ça caillote grave!!! La tente, l'eau et les doigts de pieds de Renan sont congelés au petit matin ! Dur dur de s'extraire du duvet dans ces conditions...😨 Néanmoins, cette nuit a permis à Myriam de reprendre des forces et donc de la mettre dans de meilleures dispositions pour la journée à venir (finie la mauvaise humeur? Vraiment ? ?😜)

A peine sommes nous sur la route que déjà les paysages nous enchantent ! Pas de vent cette fois pour nous faire obstacle, ni de nuages pour ternir les couleurs éclatantes du décor ! Nous traversons de nouveau des hameaux déserts et des champs remplis d'alpagas et on ne s'en lasse pas!

Mais le clou du spectacle se révèle alors que nous pénétrons au coeur des montagnes... Ici se cache une lagune aux couleurs incroyables, entre un beau vert glauque (comme dirait Gégette!), un blanc éclatant et des variations de bleus, le tout envahi par une colonie de flamants roses ! Que demandez de plus ? ? Ah oui, et en plus c'est gratuit et... nous sommes seuls pour admirer ce magnifique panorama! C'est pas un peu la classe ça ? ?😜 Bref, l'endroit est idéal pour une petite pause déjeuner !

Chasse aux oeufs de flamants pour Renan!

Et, comme si cela ne suffisait pas, nos pas nous conduisent tout droit à notre premier site inca, vieux de 800 ans! Ces Chullpas sont en fait les tombes de l'élite inca et servaient également de lieu cérémoniel.

Ce qui est incroyable, c'est de voir dans quel état de conservation sont ces tombeaux alors même que le site est laissé en libre accès (et, non, contrairement à ce que pensait la blonde, les monuments n'ont pas été taggés! 😅)! Bon, en même temps, vu le nombre de touristes que nous avons croisé, ça aide...😜 Les boliviens ont bien raison de garder l'endroit secret!

Chullpas

Après cette journée remplie de merveilles, il ne nous reste plus qu'à trouver un spot pour la nuit... Mais, pour cela, il nous faudra franchir un rio glacé, recroiser des chullpas et des lamas, jusqu'à arriver au village abandonné (mais, au vu du chaton et des poules qui s'y trouvent, l'est - il vraiment ? ?) de Sabay Kollu et enfin y élire domicile dans des ruines...

Jour 8 : de Sabay Kollu à Chachacomani

Dist : 27km / Dev +: 384m / Dev -: 50m / Temps : 6h30 / Alti : 4300m

Réveil nuageux ce matin... Pour la première fois depuis que nous sommes en Bolivie, le ciel est menaçant. Cela donne aux paysages un aspect encore plus sauvage.

Les couleurs sont plus tranchées, plus sombres, jusqu'à la Laguna Macaya qui empreinte à la nue ses reflets gris. Même les flamants roses paraissent plus ternes! Ce nouveau décor a néanmoins un certain charme...

Arrivés au village de Macaya, nous sommes surpris de voir autant d'êtres vivants! Une quinzaine de personnes, c'est plus que tout ce que nous avons croisé depuis une semaine ! Nous en profitons pour faire le plein d'eau, acheter une petite douceur et filons parcourir les 23km qui nous séparent de prochain village.

Commence alors un trajet interminable... De nouveau, nous sommes confrontés à la monotonie du paysage, d'autant plus que, loin de s'améliorer, la météo capricieuse voile l'essentiel et nous offre même quelques épisodes neigeux ! C'est le pompon !

C'est long, mais c'est looooong ! 15km à lutter contre le vent, le froid et la neige, on a déjà connu mieux! Heureusement quelques lamas viennent égayer notre routine...

Jusqu'à ce que nous finissions par arriver dans un vrai village avec de quoi se restaurer et se loger, ouf! (Bon, en vrai, rien n'est prévu pour le touriste et, grâce à la pitié des habitants, nous logerons dans la chambre des enfants d'une bolivienne ! 😅). En espérant que, demain, le temps sera meilleur pour rejoindre Sajama dans de bonnes conditions...

Jour 9: de Chachacomani à Sajama

Dist: 13km / Dev +: 50m / Dev -: 50m / Temps 3h30 / Alti : 4300m 

WTF??! C'est quoi cette mauvaise blague ? ? ?😨 Voilà le paysage que nous découvrons au petit matin en ouvrant la porte...

Village de Chachacomani

Il a neigé toute la nuit, recouvrant l'intégralité du paysage d'un manteau blanc cotonneux ! Et la blonde qui se plaignait que cette randonnée était monotone... C'était sans compter sur les caprices de la météo ! 😬

N'empêche, cette neige arrive vraiment au mauvais moment... Il nous reste encore 27km à parcourir dans des endroits complètement paumés avant d'arriver à destination. En plus, il fait froid, les chaussures de Renan ne sont plus étanches et on n'y voit pas à 20m! S'il arrive quoi que ce soit, c'est la merde!

Nous quittons donc, sous les flocons, la sécurité du village pour nous lancer, peu confiants, dans un décor où le blanc s'étend à l'infini, donnant une étrange sensation de vertige et de perte de l'espace...

Alors que nous marchons depuis deux heures, le bruit, inespéré, d'un moteur se fait entendre! Un regard suffit pour se dire "On le tente ? Ouais, c'est de la triche mais tant pis,  le temps est trop pourri pour prolonger la galère ! ". Et, par chance, Arias Gonzales s'arrête, trop curieux de savoir ce qui a poussé deux fous à sortir par ce temps! Il nous déposera sur la route principale, à l'entrée du parc Sajama. 10km de gagnés pour nous, plus que 11!😅

Le guardiaparque à l'entrée se fend la poire en nous voyant arriver et, après avoir écouté notre périple, veut absolument se prendre en photo avec nous (enfin, juste avec Renan en vrai...😜). Bien, nous passons vraiment pour des bêtes de foire...😤

We did it ! ! !

Nous y voilà enfin! Le célèbre parc qui abrite le plus haut volcan du monde, culminant à 6500m, et que l'on a prévu d'escalader dans les jours qui viennent... Sauf que le Sajama est invisible, complètement masqué par les nuages et la neige qui tombe sans discontinuer... C'est pas de bol hein?😑

A la place, il faudra nous contenter de l'affreux nandou des neiges et du lama en tenue de camouflage...😅

Après 3km, une voiture s'arrête à nouveau et nous propose de nous déposer en ville... Bah, après tout nous avons déjà triché une fois alors on n'est plus à ça près, n'est ce pas? 😜

Et c'est ainsi qu'après 9 jours de randonnée, nous arrivons enfin à destination, gelés, crevés, sales (ça fait 6j qu'on ne s'est pas lavé, un record de cracrassitude ! 😱) et affamés! Tout ça pour s'entendre dire que la neige récente a rendu le terrain instable et dangereux et donc qu'aucune des activités prévues ne sera possible... Super...😬

Tant pis, nous en profiterons pour squatter un vrai lit pendant deux jours, finir "Crime et châtiment", manger et boire du vin avant de prendre un bus pour La Paz... en espérant que ces derniers circulent malgré la neige...😅

Bon, pour ceux qui se poseraient la question, la polaire et le bonnet au lit c'est pas pour le "style", c'est juste que le chauffage n'existe pas en Bolivie... Ici, t'as le droit à 6 couvertures et basta! Après t'as plus qu'à te geler les fesses, même en étant à l'intérieur ! Le célèbre "Sortez couverts" (du lit!) n'a jamais eu autant de sens que dans ce pays...😬

Jour 10: Sajama

Dist : 12km / Dev +: 700m / Dev -: 700m / Temps : 3h / Alti : 5000 m

Changement de programme ! Alors que nous avions prévu de glander toute la journée en attendant le bus du lendemain à 6h, le ciel se dégage!

Impossible de laisser passer cette occasion (peut être la seule!) d'aller explorer les environs et de découvrir les magnifiques paysages qui entourent le village de Sajama.

Nous décidons d'aller randonner du côté du volcan, dont la cime est encore sous les nuages mais, peut être qu'avec un peu de chance, elle se découvrira le temps de notre ascension...

Plus les minutes passent et plus le décor se dévoile... Dire que depuis 3j nous n'avions rien vu de toutes ces merveilles...

L'ascension, qui avait commencé en douceur, se fait plus raide. Nous avons oublié nos feuilles de coca à l'hôtel, c'est bête, à 4900m d'altitude, ça nous aurait bien aidé ! Heureusement, la vue sur le Sajama est incroyable et, lui qui était si timide depuis quelques jours, se dévoile enfin dans toute sa grandeur...

Néanmoins, nous ne nous attardons pas en haut. Le froid nous fait redescendre en vitesse, avec en prime une vue incroyable sur toutes les montagnes environnantes ! Nous reprenons espoir. Finalement, si le temps se maintient, ça vaut peut être le coup de rester quelques jours de plus afin de faire la randonnée prévue initialement...

Jour 11: Adios Sajama!

Bon, nous avions misé sur une amélioration de la météo et nous avons perdu... Il y a trop de choses à voir en Bolivie pour que nous nous attardions plus longtemps ici dans l'espoir, incertain, de pouvoir randonner... Dommage, au moins aurons-nous eu la chance de voir le Sajama et tant pis pour son ascension !

Avant de partir, Myriam se fait interviewer pour témoigner de l'inactivité que connaît le parc de Sajama en raison de la neige... Seraient-ce nos premiers pas à la télévision bolivienne ? ?😆

Pressés de mettre les voiles, nous nous arrangeons avec une locale pour nous faire déposer sur la route principale, à 12km de là, et décidons de tenter le stop pour rejoindre La Paz... Buena Suerte !

40

Après six jours passés en mode zombies à La Paz, la capitale la plus haute du monde, où nous ne quittions la chambre qu'entre deux siestes, pour remplir nos ventres affamés (quand Renan n'était pas en train de vomir ses tripes ou Myriam plongée dans ses lectures!), il est temps de reprendre du service!

Seul petit problème : la météo ! Les deux randonnées que nous comptions faire sont malheureusement soumises aux intempéries pour les 7 prochains jours. Dérèglement climatique oblige, ce qui est habituellement la saison sèche en Bolivie, s'est transformé en saison des pluies! Et, bien évidemment, personne n'avait jamais vu ça! C'est bien notre veine ! 😬

Sauf que la pluie à plus de 4000m d'altitude, ben nous on sait ce que ça donne! Et la neige, ça a beau être joli sur les photos, ça reste froid! Alors cette fois on préfère passer notre tour!

Nous décidons donc, pour tuer le temps, de nous rendre à Copacabana (pas au Brésil hein! Oublions tout de suite les mini bikinis, les plastiques de rêve et la plage paradisiaque, on est en Bolivie là !😅)!

Cette petite ville portuaire est située au bord du célèbre lac Titicaca, connu pour son nom qui fait rire les enfants, mais surtout pour être le plus haut lac navigable du monde, puisqu'il se trouve à 3900m d'altitude (avec le plus haut volcan et la plus haute capitale du monde, la Bolivie détiendrait-elle le record de la folie des hauteurs ? ?).

L'avantage, surtout, c'est que le secteur bénéficie d'un micro climat qui devrait nous permettre d'éviter les intempéries à venir! Enfin, ça c'est sur le papier...😆

Vue sur le port de Copacabana

Sitôt arrivés, nous déjeunons d'une truite (qui finira malencontreusement par terre pour Renan!😅), la spécialité de la région, puis nous profitons du soleil pour nous lancer dans l'exploration de la ville et de ses environs.

L'endroit étant très vallonné, il est facile de prendre de la hauteur, franchissant ainsi la barre des 4000m, et d'avoir une vue dégagée sur les montagnes et sur le lac, qui semble s'étendre à l'infini, telle une mer d'eau douce... Avec ses 180 kms de long et ses 60 kms de large, pas étonnant que l'on n'en voit pas le bout!😆

Vue depuis le Cerro Calvario
Vue sur Copacabana

La ville, toute en montées et descentes, s'avère agréable à parcourir sans les hordes de touristes qui débarqueront en juillet -août ! Les bâtisses non achevées sont légion, comme partout en Bolivie, et témoignent d'une volonté de se développer rapidement... C'est encore le bon moment pour venir !

Basilique

Jour 1: De Copacabana au phare

Dist : 22km / Dev +: 200m / Dev - : 100m / Temps : 6h / Alti : 4000m

Après une bonne nuit de sommeil, nous sommes fin prêts pour partir randonner direction la pointe de la côte. L'itinéraire suit une piste et longe le lac Titicaca tout du long, offrant de jolis points de vue sur la baie ainsi que sur la célèbre Isla del Sol, réputée pour être l'un des berceaux de la mythologie Inca.

Malheureusement, un conflit oppose actuellement le nord et le sud de l'île (encore une histoire de gros sous liés au tourisme, super!😡). Du coup les deux tiers de l'île sont inaccessibles aux étrangers... Nous ferons donc l'impasse sur la visite et nous contenterons d'observer l'Isla del Sol de loin!Tant pis! 😆

Vue sur l'Isla del Sol

Mais cette petite frustration est vite oubliée face à la beauté des paysages. Nous sommes les seuls à faire ce trajet à pieds, avec nos gros sacs, suscitant la curiosité de boliviens à vélo qui s'arrêtent pour faire la discussion. Et notre tranquillité est à peine troublée par le passage de quelques taxis transportant les locaux au bout de la route.

Mais ce qui nous séduit le plus (enfin, surtout la blonde!), c'est d'assister à ces scènes paisibles de la vie paysanne, qui nous changent de l'indifférence grouillante de la ville.

Nous observons (et sommes observés ! ) avec plaisir ces tranches de vie quotidienne qui répondent à des besoins primaires répétitifs mais tellement essentiels: nourrir les bêtes, moissonner les champs, récolter, pêcher. Bref, c'est la campagne, c'est beau et on s'y sent bien! (A quand notre exploitation de lamas???😆)

Et, tandis que nous nous arrêtons face au lac pour une pause déjeuner bien méritée, nous sommes rejoints par un nouveau compagnon de route...

Ah non! J'me suis trompée, ce n'est pas lui!😅 Ce petit curieux frisé n'est que de passage!

Nous poursuivrons notre chemin avec un autre vagabond (entre nous, pas besoin de se renifler pour se reconnaître!😜) à quatre pattes, que nous baptiserons Charly!

Vue sur l'Isla de la Luna

Arrivés à Yampupata, la route s'achève. Maps.Me nous indique de rebrousser chemin, c'est mal nous connaître... Les cultures en terrasse abondent sur la colline et un sentier permet de serpenter entre elles. Nous l'empruntons afin de prendre de la hauteur et trouvons l'endroit idéal où planter la tente!

Vue sur Yampupata
Vue sur l'Isla de la Luna

Nous camperons donc face à l'Isla de la Luna avec, sur notre gauche, l'Isla del Sol, que demander de plus??

Ah si... je sais... qu'ils arrêtent leur musique poussée à fond en mode boîte de la night, parce que dans un décor aussi beau, ça jure un peu !😑 L'Isla del Sol essaierait - elle de compenser sa baisse de fréquentation par des activités "branchées "?? Quel dommage!

En tout cas, nous n'avons plus aucun regret à ne pas y être allés... Ce que nous en entendons d'ici suffit largement à nous renseigner sur l'ambiance qui y règne...😬

Isla de la luna

Jour 2: du bivouac à Copacabana

Dist : 22km / Dev +: 100m / Dev -: 200m / Temps : 6h / Alti : 4100m

Si la journée avait été magnifique, la nuit sera plus agitée... Nous nous réveillons sous la grêle. Charly a trouvé refuge sous l'abside de la tente et attend patiemment que nous donnions le feu vert pour plier bagages... Sauf qu'il nous faudra patienter jusqu'à 10h avant d'avoir une accalmie ! Vive les micro climats ! 😅

Nous reprenons la route sous les nuages cette fois, longeant les crêtes, escaladant les cultures en terrasse, jusqu'à repérer un endroit au bord du Titicaca où nous pourrons déjeuner.

C'est l'occasion pour Renan d'une petite baignade expresse dans le lac Titicaca (rappelons tout de même que c'est l'hiver en Bolivie, que nous sommes à presque 4000m d'altitude et que la température de l'eau doit avoisiner les 10°C maxi...😨)... Quel crâneur, même Charly ne s'y est pas risqué ! 😜

Le retour sur Copacabana se fait ensuite tranquillement. Stimulé par un trop plein d'odeurs, une ribambelle de compagnons qui lui ressemblent et de la nourriture à gogo, nous perdons Charly à notre entrée dans la ville, ainsi va la vie du plus fidèle ami de l'homme...🐶 Tant pis, pour nous ce sera hôtel et bonne truite pour ce soir! 😆

Jour 3: de Copacabana à Yunguyo

Dist : 16km / Dev +: 50m / Dev -: 50m / Temps : 4h

Comme nous n'en avons pas encore eu assez, nous avons décidé de rejoindre Tiwanaku, notre prochaine destination, à pieds, ce qui représente la bagatelle de 120 kms...

L'intérêt, c'est que nous pouvons continuer à longer le lac Titicaca, mais de l'autre côté cette fois et qu'il nous faut passer par la frontière péruvienne (le lac étant partagé entre les deux pays ! ), ce qui nous donnera un petit avant goût de la suite du programme ! 😆

A peine nous sommes nous mis en marche que trois nouveaux chiens s'incrustent! Décidément, si ça continue, on va vraiment se transformer en punks à chiens! Renan est ravi!😅 C'est donc en compagnie de Riri, Fifi et Louloute que nous vagabonderons.

De nouveau, les paysages sont superbes. Nous longeons les cultures tout du long, face à des agriculteurs étonnés.

Et, alors que nous pensions être au complet, l'oncle Picsou se joint à nous! On doit renvoyer une drôle d'image avec nos quatre chiens qui ne nous quittent pas d'une semelle ! 😅

Mais où est passé Riri???

Après un déjeuner pour 1,5€ dans le petit village de Kasani, nous marchons encore une demie heure et passons la frontière ! Ça y est, nous sommes officiellement au Pérou... avec nos 4 chiens! (Bon ils sont entrés clandestinement, mais chuuut, faut pas l'dire! 😜).

Mais à peine arrivés que le groupe se disperse! Riri se fait caillasser pour avoir tenter de croquer la poule d'un péruvien furieux, Picsou préfère retourner en Bolivie, Fifi s'en va draguer la gueuse et Louloute se fait chasser par Renan...

Nous voilà de nouveau seuls et comme nous venons de gagner une heure en raison du décalage horaire, nous décidons de nous faire un petit film primé en langue Aymara, qui est un dialecte local, au même titre que le Quechua... Heureusement, les sous-titres sont en espagnol ! 😅

Le film, qui retrace l'histoire d'un vieux couple vivant isolé dans les montagnes et confronté à la dureté extrême d'une vie qui se résume à survivre, est bouleversant et nous rappelle les petits villages montagnards que nous avons pu croiser durant nos treks en Bolivie...

Yunguyo

Le lendemain, nous décidons de modifier nos plans. La route ne permettant pas de longer le lac Titicaca nous ne voyons pas l'intérêt de nous rendre à Tiwanaku à pieds. Nous stoppons donc un bus pour nous rendre à Desaguadero, la ville frontière, au plus vite.

L'endroit est grouillant de vie, complètement à l'opposé de Yunguyo! Nous profitons du marché avant d'aller faire tamponner nos passeports, sous le regard étonné des douaniers péruviens face à un passage aussi bref... Qu'ils ne s'inquiètent pas, nous reviendrons ! 😜

Ne reste plus qu'à sauter dans le premier bus pour Tiwanaku !

Tadaaa, la face cachée de la Bolivie
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Publié le 22 juin 2018

Vieille de plus de 4000 ans, la culture Tiwanaku fascine aujourd'hui encore historiens et archéologues... et pour cause!

Comme pour l'île de Pâques, de nombreux mystères entourent cette civilisation qui s'est développée durant 3000 ans, de -2000 jusqu'au XIème siècle, avant de disparaître subitement. Quand on sait que la civilisation inca a duré à peine deux siècles, on comprend l'influence qu'ont eu les Tiwanaku sur les autres peuples andins...

Ils ont laissé derrière eux un héritage immense et surtout des connaissances incroyables dans les domaines de l'agriculture, des sciences (astronomie, mathématiques, ingénierie...) et de la construction.

Les scientifiques ne comprennent toujours pas comment il leur a été possible de réaliser des constructions aussi techniques et précises sans les outils que nous possédons aujourd'hui!

En Bolivie, c'est justement la ville de Tiwanaku qui concentre actuellement le plus grand site de vestiges de cette civilisation. Malheureusement, les intempéries, les conquistador avides d'or, les chercheurs en quête de prestige et même les locaux, inconscients de leurs richesses, ont eu raison des lieux...

Pour exemple, la pyramide de Akapana, censée être construite sur 7 niveaux, a été détruite par les espagnols dans l'espoir d'y trouver de l'or,

les pierres des temples, parce qu'elles étaient taillées dans une symétrie parfaite, ont servies à la construction de ponts et d'habitations,

Temple de Kalasasaya
Kantatallita
Temple subterraneo

les statuettes ont été récupérées par les locaux pour décorer leur jardin et, de toutes les portes sacrées, seules se dressent aujourd'hui la puerta del sol et la puerta de la luna...

Temple de Pumapunku
Puerta de la luna
Puerta del sol

Bref, il ne reste plus grand chose de l'ancienne cité mythique!

Et, pour essayer de compenser ce qui avait été perdu, l'état n'a rien trouvé de mieux que de coller entre elles de vieilles pierres avec du béton ! Ça donne envie n'est ce pas?

Mais... Que vois - je? ? ? Ne serait - ce pas un Moai ? ? ?

Pas tout à fait non... Mais il y a tout de même un petit air de famille! Les interprétations sont ouvertes...

Estela Ponce
Monolithe Fraile

Néanmoins, malgré toutes ces dégradations, nous avons été impressionnés par les restes de magnificence qui perdurent sur le site, par la précision de la taille des pierres ainsi que par l'aura dégagée par les statues.

Il y a quelque chose d'émouvant à se balader entre les vieilles pierres de cette ancienne cité, parvenue, au temps de son âge d'or, à dompter les éléments et à dominer les andes dans un environnement pourtant hostile à l'homme...

Et, pour couronner cette visite, nous terminerons par un défilé coloré et musical dans les rues de Tiwanaku !

A présent, retour à La Paz !

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Publié le 23 juin 2018

Cette fois, nous ne nous attardons pas à La Paz. Après deux jours, nous prenons un colectivo pour La Cumbre, située à 4 650m d'altitude, qui est le point de départ de l'une des randonnées les plus prisée de Bolivie.

La raison ?

Elle emprunte un ancien chemin inca depuis les sommets enneigés jusqu'aux portes de l'Amazonie, soit 50km de descente ! Elle est donc accessible aux sportifs du dimanche (dont nous faisons partie visiblement étant donné les courbatures que se paye la blonde au niveau des fesses depuis 2j!😬)!

Jour 1: De La Cumbre à Chucura

Dist : 15km / Dev +: 200m / Dev -: 1300m / Temps : 3h30 / Alti max : 4900m

Bon alors, petite rectification : avant de commencer à descendre, il va tout de même falloir grimper 200m! Nous avoisinons presque les 5000m, avec une vue imprenable sur les montagnes et les lagunes environnantes. Pas dégueu cette petite mise en bouche...

Voilà, maintenant la partie plaisante peut enfin commencer (enfin, pour la blonde! Car, comme on peut s'en douter, Renan préfère de loin la difficulté de la montée et l'incomparable plaisir de sentir l'odorante sueur recouvrir son corps d'athlète...😆)!

Nous laissons progressivement la neige derrière nous pour rejoindre la vallée verdoyante avec ses lamas, ses moutons et ses viscaches.

Mais alors que nous nous enfonçons au coeur de la vallée, nous découvrons que les nuages, bas et compactes, ont envahi les lieux...

Inutile dans ces conditions de pousser plus loin notre avancée, nous n'y voyons pas à 10m!

Après nous être acquittés du droit de passage de 20 bolivianos (soit 2,5€ par personne ) au village de Chucura (soit disant pour l'entretien des ponts, mais quand on voit dans quel état ils sont, il est permis d'en douter...😅), nous plantons la tente sur une ancienne culture en terrasse, à l'abri de la route. La nuit, si elle n'est pas froide (nous sommes à présent à 3 600m d'altitude ! ), risque d'être humide...

Jour 2 : de Chucura à Bella Vista

Dist : 24km / Dev +: 500m / Dev - : 1800m / Temps : 7h / Alti max : 3600m

Tadaaaaaa!

Le soleil a chassé nuages et humidité pour laisser place à une journée magnifique, on ne pouvait rêver mieux!

Nous reprenons la route jusqu'à atteindre le lit de la rivière. L'endroit est idéal pour une pause déjeuner. Pour la première fois depuis que nous sommes en Bolivie, nous avons la sensation d'avoir chaud! Les 2500m d'altitude y sont évidemment pour quelque chose mais ça fait un bien fou de pouvoir se prélasser au soleil!

Nous nous arrêterons 2h pour en profiter pleinement (et accessoirement pour faire fonctionner le nouveau réchaud à bois fait maison par Renan!😜).

Par contre, la montée pendant la digestion, c'était pas prévu! La blonde se sent un peu flouée quand elle comprend qu'au lieu d'une "petite" descente tranquille, elle aura en fait droit aux montagnes russes!😬 Enfin, c'est sans doute le prix à payer pour jouir de beaux panoramas...

Plus nous descendons et plus la flore se fait luxuriante. Les montagnes s'habillent de vert, de rouge et de jaune et la végétation se diversifie pour le plus grand plaisir des yeux!

Alors que le soleil est en train de décliner, nous trouvons un endroit en bord de route pour bivouaquer... en compagnie des moustiques qui font apparemment partie du package "chaleur/humidité/forêt"! Ça par contre, ça ne nous avait pas manqué...😅

Jour 3: de Bella Vista à Coroico

Dist: 15km / Dev + : 200m / Dev -: 800m / Temps : 4h30 / Alti max : 1800m

Il reste 25km avant Coroico, notre point d'arrivée. Nous partons tôt afin d'y être pour le soir. Si les paysages ne semblent pas tellement différents de la veille, on sent pourtant une réelle différence au niveau de la faune et la flore.

Les papillons et les oiseaux multicolores font leur apparition, côtoyant aigles est condors, tandis que les arbres fruitiers se diversifient! Quel plaisir de marcher sur un chemin bordé de bananiers, d'avocatiers, de papayers,de mandariniers et d'orangers ! Il y en a pour toutes les envies et nous pouvons grignoter sans complexes, pour le plus grand plaisir de la blonde ! 😆

Après 15km de marche, nous rejoignons la route où un colectivo nous propose de nous conduire jusqu'au village de Coroico ! Parfait, cela nous évite une belle montée et d'avoir à continuer sur la route!

Alors, si cette randonnée est sans doute la moins impressionnante et la moins sportive que nous ayons fait depuis le début du voyage, ces 3j nous aurons tout de même permis de nous approcher de l'Amazonie, mais surtout de nous remettre en selle avant d'attaquer une randonnée qui s'annonce beaucoup plus difficile et exigeante dans les jours qui viennent...

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Après une nuit sans sommeil à La Paz (la blonde s'est littéralement faite bouffer par les punaises de lit et, par solidarité, Renan est lui aussi resté éveillé...😆), nous décidons de repartir sans tarder pour notre prochaine rando !

Un gros morceau nous attend cette fois puisque Renan nous a dégotté 3 treks autour de la Cordillère Royale qu'il a bien l'intention de compulser en un seul... Soit, grosso modo, la bagatelle de 3 semaines de marche...😬 La blonde est ravie (peut être pour ça qu'elle n'a pas dormi d'ailleurs...😅)!

Enfin, même s'il y a quelque chose d'angoissant à se retrouver coupé du monde aussi longtemps, l'expérience relève du défi et s'annonce comme une réelle aventure ! Difficile donc de décliner une telle proposition... Et puis, il y a toujours la possibilité de s'arrêter en cours de route si l'envie nous prend!

Bien évidemment, comme presque personne ne fait ça par ses propres moyens, aucun transport public ne se rend au départ de notre randonnée. Il nous faudra donc, pour la première fois, avoir recours aux services d'un taxi. Moyennant 30€ la course, nous nous retrouvons à bon port après 1h de trajet pour faire 26km (ça en dit long sur l'état des routes..😅)

Le cadre est absolument sublime ! Le Huayna Potosi, l'un des sommets les plus prisé des touristes car dépassant les 6000m sans toutefois présenter de difficulté technique, domine la lagune de toute sa hauteur.

Quant à l'eau alentour, elle est teintée d'une incroyable couleur rouge en raison des mines de cuivre situées sous les montagnes.

Avec nos 9 jours d'autonomie sur le dos, la randonnée débute par une ascension de 600m qui devrait nous faire franchir un paso à 5 100m. Le problème, c'est qu'il est déjà 14h quand nous attaquons la marche, or il fait nuit à 18h30, ce qui nous laisse peu de temps finalement... D'autant plus que le panorama se prête à la flânerie...

Nous ne nous méfions pas, prenant notre temps, jusqu'à ce ce la blonde commence à sentir l'effet de la puña (le mal des montagnes )... Nausées, tournis, vision trouble, autant de symptômes annonciateurs qui signifient qu'il faut redescendre au plus vite afin de retrouver une altitude plus clémente.

Le problème, c'est que nous sommes plus proches du sommet que du point de départ... Mais plus nous montons et plus la neige et la boue freinent notre avancée... Malgré les larmes de la blonde, nous décidons de continuer, mais l'effort fourni nous laisse sans forces au sommet avec un soleil qui décline de plus en plus vite.

Dans l'urgence, nous redescendons de 200m sur une zone déneigée et plantons la tente sur une petite sentier, à 4900m d'altitude. Nous n'avons jamais dormi aussi haut et redoutons le froid nocturne, mais au moins le malaise a été évité !

C'est le début de la randonnée et la blonde est déjà au bout de sa vie... Ça commence bien!😬

Jour 2: du bivouac à la Laguna Chiar Khota

Dist : 20km / Dev +: 400m / Dev -: 500m / Temps : 6h / Alti max : 4750m

Finalement, malgré l'altitude, la nuit n'a pas été aussi froide que ce que nous redoutions. Bon, le fait est que nous n'avons presque pas dormi (il faut toujours une ou deux nuits d'acclimatation...), mais la journée s'annonce belle et nous motive à sortir le nez de la tente.

Seulement, alors que nous ne sommes en marche que depuis 10min, la blonde dérape sur une plaque de verglas et s'étale tête la première sur le sol, écrasée par le poids du sac! Glamour l'aventurière, n'est ce pas ?

Plus que de la douleur, c'est de l'ego blessé que jaillissent des larmes de crocodile. La journée commence à peine qu'on assiste déjà à un drame ponctué de "je déteste cette rando de mer**!"; "je veux rentrer à la maison ! " (on évitera de lui rappeler qu'elle n'a plus de maison, hein?...😅).

Bref, on ne se rend pas compte comme ça mais, la marche, pratiquée à un bon niveau, c'est comme n'importe quel sport, c'est 50% de physique et 50% de mental (voire plus...), or, quand il y a une fissure dans le mental, tout le reste en pâtit et on peut oublier direct la performance... Difficile dans ces conditions de faire preuve d'assurance et d'avancer l'esprit léger...

Heureusement, après 30min d'ascension, la neige s'estompe et l'avancée se fait plus aisée, jusqu'à parvenir au sommet, contents de nous et ignorants encore que le plus dur est à venir...

Comme d'habitude, le panorama est à couper le souffle. Le chemin, tout en descente à présent, traverse de petits villages, tantôt abandonnés, tantôt non, jusqu'à arriver à la magnifique laguna Tuni, où nous décidons de nous arrêter déjeuner.

Malgré les 4 600m d'altitude, le soleil chauffe et nous invite à la farniente et à retirer quelques couches (encore un prétexte pour Renan de jouer les exhibitionnistes! 😜).

Nous reprenons la route jusqu'à pénétrer au coeur de la Cordillère Royale, au pied de la laguna Chiar Khota.

Il est 16h, le soleil est en train de disparaître derrière les  montagnes, le froid revient et la blonde ne se sent pas de se lancer dans une ascension de 500m de dénivelé à cette heure tardive... Renan ne l'entend pas de cette oreille et une dispute éclate. Décidément, cette randonnée est source de tensions !

La fatigue accumulée, l'altitude et le froid sont largement responsables de cette situation et nous font nous poser des questions quant à la suite du parcours...

Après bientôt 6 mois de voyage, nous pouvons dire que le climat en Amérique du sud est bien plus rude que ce que nous avions imaginé, surtout en haute montagne. Que ce soit en Patagonie où nous devions affronter la pluie, le vent et le froid ou en Bolivie, où le froid va de paire avec la puña, ces conditions de marche n'ont rien de très reposantes... Le pire c'est que ce n'est pas près de s'arranger au Pérou, en Équateur et en Colombie !

Du coup, il serait peut être temps de trouver une alternative plus reposante pour la suite...

Nous plantons donc la tente à 4 800m d'altitude, frigorifiés au point de ne pas être capables, pour le deuxième soir consécutif, de sortir faire à manger. Tant pis, nous nous contenterons d'un peu de viande séchée...

Toujours est - il que l'idée d'un voyage différent est lancée, pour le reste, la nuit porte conseil...

Laguna Chiar Khota

Jour 3: de la laguna Chiar Khota à la laguna Ajwañi

Dist : 16km / Dev +: 800m / Dev - : 800m / Temps : 7h / Alti max : 5100m

Tu connais le "Tu glisses? Tu meurs!"???

Et bien, il s'agit d'un nouveau jeu de l'extrême qui consiste à perdre ton chemin mais t'obstiner quand même jusqu'à te rendre compte que tu évolues à flan de falaise, sur une neige fraîche et instable, avec un sac de 15kg, et que le moindre faux pas t'entraînerait définitivement vers des abîmes sans fond... Excitant, non?

Voilà donc à quoi nous nous sommes adonnés de bon matin... Autant être honnêtes, on n'a pas trop kiffé... Muscles bandés à fond, fesses serrées et petite goutte de sueur pendant les 200m qu'a duré notre ascension... Mais bon, la bonne nouvelle c'est que personne n'a perdu!😆

Avec son chemin enneigé et ses dénivelés de fous compte tenu du paso à 5100m, la laguna Juri Khota nous aura donné du fil à retordre!

Du coup, pour varier les plaisirs, après le "Tu glisses ? Tu meurs ! ", nous avons décidé de jouer aux montagnes russes... Tu montes, tu descends, tu remontes, tu redescends jusqu'à ce que mort s'ensuive... Un petit jeu qui aura raison des nerfs de la blonde qui finit encore en pleurs...

Bon, en vrai on n'attendra pas de crever de fatigue pour s'arrêter hein? Après 7h de marche, on tombe sur un refuge au bord de la laguna Ajwañi. L'endroit est de toute beauté et pour 5€ le gîte, il serait dommage de s'en priver...

Mais grosse désillusion quand on nous montre la "chambre". Pas de lit, pas de chauffage, juste de quoi poser ton duvet sur des blocs de polystyrène !

Parfait, on est au top! Bon allez, on relativise ! Au moins nous n'aurons pas à monter la tente, pis y'a l'électricité donc de quoi recharger tous les appareils qui menaçaient de tomber en rade, ce qui nous aurait bien mis dans la panade...

Jour 4: de la laguna Ajwañi au lago Jankho Khota

Dist : 20km / Dev +: 1000m/ Dev - : 900m / Temps: 8h30 / Alti max : 5000m

L'avantage d'avoir dormi avec un vrai toit sur la tête, c'est que la sortie du duvet est moins difficile! A 7h30, le soleil n'a pas encore pointé le bout de ses rayons que nous sommes déjà dehors... et ça caille!

Commence alors le parcours du combattant... Il nous faudra 5h30 pour parcourir 10km! Le chemin, toujours enneigé, nous oblige à avancer avec prudence.

Malgré nos précautions, nous nous retrouvons de nouveau à jouer à "Tu glisses? Tu meurs ! ", et cette fois Myriam a bien failli perdre lorsqu'une plaque de neige s'est détachée sous ses pieds!

Par chance, de bons réflexes et beaucoup de chance ont permis d'éviter un drame.

Mais du coup, nerfs en pelotes obligent, une nouvelle crise de larmes éclate, pour le plus grand plaisir de Renan... La blonde réalise que, cette fois, on a visé trop haut et qu'elle n'a pas le niveau pour cette rando. En dépit de l'acclimatation, l'altitude reste une réelle difficulté et transforme chaque pas en une pure souffrance, annihilant du même coup tout le plaisir de la marche.

Renan, exaspéré par ces crises à répétition, propose de rejoindre la route principale afin de prendre un bus pour La Paz, mais l'orgueil l'emporte sur la douleur et nous choisissons de poursuivre la randonnée...

Ça va, plus que 5-6j de torture... 😬

Heureusement, la beauté des paysages parvient à compenser la douleur ressentie.

S'ensuit une longue descente. Nous nous arrêtons au bord d'une rivière pour déjeuner et en profitons, malgré la température de l'eau qui doit avoisiner les 5°C, pour nous décrasser de ces 3j intenses. Cette propreté retrouvée nous redonne un bon coup de fouet!

Les 300m de dénivelé qui nous attendent ne nous impressionnent pas! D'autant plus que, cette fois, la route est adaptée aux passage de camions! Finie la neige et les sentiers de 30cm de large! Nous profitons pleinement de cette montée facile et progressive dans un décor à couper le souffle !

Après ces 8h30 de marche, nous décidons de planter la tente dans une maison isolée,  dont la construction, sans toit, sans porte et sans fenêtres (typiquement bolivien!), semble interrompue depuis un moment... La journée de demain s'annonce décisive pour la suite du parcours...

Jour 5: du lago Jankho Khota à... La Paz

Dist : 9km / Dev +: 250m / Dev -: 600m / Temps : 2h30 / Alti max : 5000m

La nuit a été glaciale en raison de l'humidité et, de fait, le ciel habituellement dégagé du matin est aujourd'hui couvert de nuages... Va-t-on vivre un Sajama bis? ?

Mais pas de quoi s'inquiéter, le bleu domine encore lorsque nous nous mettons en route pour passer notre dernier col à 5000m d'altitude.

Mais c'est au moment d'amorcer la descente que nous découvrons que les nuages, bas et gris, s'accrochent à la vallée et se massent de plus en plus.

Leur couleur ne présage rien de bon et l'inquiétude commence à poindre... Nous avons fait un peu plus de la moitié de la randonnée et il nous reste environ 3 jours et demi de marche sur de petits sentiers avant de rejoindre Sorata. Mais si par malheur nous sommes pris par la pluie et la neige, nous courrons le risque de rester coincés au milieu de nulle part, dans le froid et sans savoir combien de temps...

Pour la première fois, la raison prend le pas sur le goût de l'aventure et nous décidons, en voyant probablement la seule voiture de la journée, de l'arrêter pour demander des informations à son chauffeur...

Omar, éleveur de lamas du coin, nous apprend qu'il risque effectivement de pleuvoir et que le chemin que nous voulons emprunter est "muy peligroso (très dangereux )".

Il se rend justement à La Paz. Nous n'hésitons pas longtemps avant de sauter à l'arrière du pick-up pour 2h30 de route qui nous ramèneront au point de départ...

C'est la première fois que nous abandonnons une randonnée. Renan est écoeuré et accepte mal cet "échec", quant à la blonde, elle pleure (étonnant n'est ce pas?) mais de frustration cette fois...

La "randonnée des larmes" nous laissera un arrière goût amer et le sentiment de quelque chose d'inachevé... Ça y est, le froid et le mauvais temps ont eu raison de nous, il est temps de quitter la Bolivie...

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Publié le 1er juillet 2018

Fondée en 1548 par les espagnols, La Paz a su dompter les montagnes et ainsi devenir la capitale la plus haute du monde.

Vue des hauteurs d'El Alto

Dominée par le mont enneigé de l'Illimani, qui culmine à 6465m, cette ville tentaculaire commence à 3200m d'altitude et s'étend jusqu'à plus de 4000m! Cette particularité, si elle offre de magnifiques points de vue sur la ville, est aussi la raison d'une grande diversité et d'une grande inégalité entre les quartiers.

Avec parfois jusqu'à 10°C d'écart entre le haut et le bas, un air plus respirable à 3200m qu'à 4000m, et bien ce sont les riches en bas et les pauvres en haut!

Ainsi, El Alto concentre une population certes populaire mais aussi plus colorée, grouillante et composée de différentes ethnies vivant la plupart du temps dans des bâtiments inachevés, tandis que le centre de la ville se compose du quartier des affaires et du quartier historique avec ses édifices coloniaux, sa population moderne et davantage occidentalisée.

Avec toutes ses particularités, La Paz est une ville pour le moins atypique, bigarrée et aux multiples facettes, qui nous a séduit pour plusieurs raisons...

Déjà, nous avons adoré que le téléphérique remplace le métro pour parcourir les différents quartiers de la ville (et oui, compliqué de mettre en place un transport souterrain quand on a une ville construite à flan de montagne!😆). Ça a le mérite d'être propre, sans odeurs et d'offrir une vue époustouflante sur les environs !

Nous avons aimé flâner et manger dans les marchés, qui pullulent dans la ville et réunissent toutes les catégories sociales, offrant un incroyable ballet de couleurs, d'odeurs et proposant un choix aussi éclectique que surprenant, allant du vieux sécateur rouillé, en passant par la paire de baskets usagées, jusqu'au foetus de lama et aux philtres en tout genre!

Pour ne citer que ceux là, le marché aux sorcières, très touristique, est un vrai cabinet de curiosité, tandis que le marché de El Alto, connu pour être l'un des plus grands de l'Amérique du Sud, est un véritable souk à ciel ouvert, peu fréquenté par les occidentaux mais offrant un choix défiant toute concurrence !

Nous en avons aussi profité pour mettre de côté la gastronomie bolivienne qui, même si elle est bien meilleure que ce à quoi nous nous attendions (et bien plus équilibrée qu'au Chili et en Argentine ! ), finit quand même par être assez répétitive avec ses menus à base de soupes de pâtes et ses plats de riz ou de patates bouillies! A ce régime là, pas étonnant que l'on alterne entre cacas mous et pas de cacas du tout!😅

Du coup, nous avons saisi cette occasion pour faire une cure de cuisine internationale savoureuse, raffinée, voire gastronomique pour des prix plus que raisonnables (pour un occidental s'entend...), alternant restaurants italiens, vietnamiens, suisses (une raclette et une fondue au chocolat en Bolivie ? Et oui, c'est possible ! 😉), cubains, mexicains... Bref, un régal pour les papilles et des estomacs qui nous remercient ! 😆

Par ailleurs, la blonde a adoré le spectacle de dizaines de chiens en pyjama dans la rue! Après tout, c'est vrai qu'à 3 600m d'altitude, ben fait pas bien chaud! Ce serait dommage que les "mascotas" boliviennes attrapent un rhume des coussinets !

Et question mode canine, on trouve de tout! Du pyjama intégral avec juste une ouverture au niveau du trou de balle, au t-shirt design, en passant par le manteau fourrure-capuche! Bref, si le ridicule ne tue pas, on en a la preuve grâce à nos compagnons à quatre pattes ! 😆 (malheureusement peu de photos pour illustrer ce propos, nous n'avons pensé qu'à la fin à immortaliser ce phénomène de société...)

Nous avons aussi aimé arpenter les allées de l'immense cimetière de La Paz, étonnant et fascinant avec ses tombes empilées les unes sur les autres, façon HLM, qui, loin d'être glauque, est illuminé par les fleurs, les graffitis et offrandes en tout genre, et bénéficie, comme le reste de la ville, d'une vue imprenable sur les montagnes !

Nous avons également adoré l'ambiance festive de La Paz (et de la Bolivie en général ! ), où à chaque coin de rue peut poindre un orchestre ou un défilé. La danse et la musique sont deux des piliers culturels du pays et tous les prétextes semblent bons pour les mettre en oeuvre... Pour notre plus grand plaisir ! 😊

Nous sommes tombés sous le charme de l'artisanat bolivien et en avons profité pour faire une cession shopping afin de renouveler toute notre garde robe d'hiver avec des vêtements en alpaga!

Une première pour Renan, grand spécialiste de la vente en ligne, qui a pu se rendre compte que, oui, faire les magasins est presque plus fatiguant que randonner!😜

Et enfin, nous nous sommes pris au jeu en assistant à un spectacle de catch avec des cholitas (terme qui désigne des boliviennes issues de la culture aymara et vêtues de la traditionnelle pollera, jupe triplée de jupons, ainsi que du bombín, couvre chef ressemblant à un chapeau melon et de longues nattes). Même si c'était pour de faux, les voir se crêper le chignon sur un ring, arbitrées par un juge véreux, s'est avéré être un bon moment de rigolade!

Et pis, pour la petite histoire, ce show, très prisé des boliviens (et des boliviennes !), a été mis en place pour protester et lutter contre la violence faite aux femmes, qui constitue un véritable fléau en Bolivie (environ 70% des femmes sont battues...😠). Dans chaque scénario, c'est la cholita qui gagne face à l'homme, pas de surprise donc mais un bon moyen de redonner confiance aux boliviennes...

C'est sur cette dernière note que s'achève notre séjour en Bolivie, sans doute la destination la plus belle, la plus froide et la plus riche culturellement (avec la Polynésie ! ) de notre voyage...

À présent, direction le Pérou !

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Après 14h de bus, nous débarquons à Cusco, sans doute la ville la plus touristique du Pérou en raison de sa position stratégique à côté de sites majeurs tels que El Valle Sagrado, la Rainbow Mountain et... le célèbre Machu Picchu!

Dans l'immédiat, c'est ce dernier qui nous intéresse. Si les façons de s'y rendre sont nombreuses, c'est évidemment l'une des plus ardues et donc des moins empruntées qui nous attire!

Le site accueillant un "quota" de 2500 personnes par jour, on se doute que l'on ne sera pas seuls au monde, néanmoins, avec ses 9 jours de marche annoncés pour parcourir 140kms, le trek qui y mène ne devrait pas non plus ressembler à une autoroute, contrairement au trek de l'Inca, plus connu mais aussi plus réglementé où seuls 200 "élus" peuvent partir chaque jour pour 4 jours de randonnée, moyennant la somme de 450$ (comprenant porteurs et guides, of course!).

Après 2 jours de "repos", où Renan a été malade comme un chien, nous décidons tout de même de faire les 3h15 de bus qui nous séparent de Cachora, petit village situé à 3000m d'altitude, qui sert de point de départ à notre randonnée.

Nous trouvons une hospedaje pour la nuit et, comme Renan s'ennuie, il en profite pour briser son filtre à eau (ce petit truc un peu utile qui nous permet de boire n'importe quelle eau sans tomber malade depuis le début du voyage ! 😅) et, en voulant s'asseoir pour le réparer, passe à travers la chaise, rentrant ainsi dans une rage folle et destructrice (petit, mais nerveux le chéri!)! Ça commence bien! 😑

Toutes ces émotions fortes (ajoutées à un repas "un peu" gras) ont fait empirer son état et, après une nuit passée à se vider par tous les trous, il lui est impossible de trouver l'énergie nécessaire à la marche...

Nous sommes donc coincés un jour de plus dans ce "pueblo" qui a déjà trop vu de touristes pour que les rapports avec les gens soient totalement désintéressés... Preuve en est les prix excessifs des hébergements, les entourloupes et ce petit vieux à trois pattes qui, sous prétexte d'accompagner la blonde durant sa promenade, essaye de lui soutirer à la fin 1 sole, gâchant du même coup une rencontre jusque là sympathique...

Bref, dans ces conditions, nous préférons limiter les échanges au strict minimum et gardons la chambre, Renan pour faire une sieste de 24h et Myriam pour s'évader loin d'ici grâce à de jolies lectures telles que "La tresse" de Laetitia Colombani et "Nos richesses" de Kaouther Adimi (à lire par tous les amoureux des livres! Et oui, libraire un jour, libraire toujours ! 😜).

En espérant que demain sera un jour meilleur...

Jour 1: De Cachora au camping Santa Rosa Alta

Dist : 23km / Dev +: 800m / Dev -: 1400m / Temps : 7h / Alti max : 2900m

Enfin une nuit normale ! La première depuis 4j, ouf! Pas de temps à perdre, il faut vite profiter de cette accalmie ! A 6h30, nous voilà donc en route avec, pour tout vêtements, un débardeur et un short ! Ce qui pourrait sembler n'être qu'un détail, est pour nous le signe d'un renouveau ! Après le trauma bolivien, le froid serait -il enfin derrière nous??

Après 2h de marche, accompagnés de Tobie, notre nouveau compagnon de route, nous rejoingnons le mirador de Capuliyoc, et sommes prêts à amorcer une descente de 1400m de dénivelé, pour le plus grand plaisir de Renan...😜

Sans surprise, nous croisons une multitude de touristes à contre - sens, venus faire l'aller-retour jusqu'au site de Choquequirao, beaucoup moins connu que le Machu Picchu car accessible uniquement à pieds (pour le moment du moins, puisque le projet de construction d'un téléphérique existe depuis quelques années et menace de venir dénaturer ces ruines préservées jusque là du tourisme de masse...😬) et néanmoins près de trois fois plus grand que le Machu...

Bien sûr, tous ont loué les services de muletiers (à 10€ la journée, pourquoi s'en priver?? Ah oui, je sais... parce que nous sommes "mazeaud"... ou radins! Faut voir!😅). Peu importe, avec nos gros sacs, nos joues à peine rosies par l'effort et notre gros chien, on a vraiment l'air d'être des vrais de vrais, des durs, bref, on a un peu la classe!😎(de notre point de vue tout du moins ! 😜)

Après 2h30 de descente, nous atteignons enfin le lit de la rivière, l'occasion d'un bon bain rafraîchissant pour la blonde et d'une pause déjeuner bien méritée avant d'attaquer la montée...

C'est là que commence la partie moins sympa... Renan regrette déjà le froid et souffre de la chaleur écrasante (Myriam non évidemment ! Faut pas déconner, depuis le temps qu'on l'attend, on va pas se plaindre hein!😬)...

Sauf qu'ici, qui dit chaleur dit moustiques ! Et ceux là sont particulièrement fourbes... Sous leurs airs de moucherons inoffensifs, ils te pompent plus de sang que pour une analyse sanguine! 😨 Bon, je sais qu'on ne peut pas tout avoir mais quand même...😑

Et je vous raconte pas l'état des jambes...😑

Nous décidons cette fois de ménager nos forces et, après 700m de dénivelé, plantons la tente dans un camping, préférant profiter de la fraîcheur matinale du lendemain pour parcourir les 700 autres mètres de montée qui nous séparent de Choquequirao...

Jour 2: du camping de Santa Rosa Alta au camping de Choquequirao

Dist : 13km / Dev +: 1300m  / Dev - : 500m / Temps : 6h / Alti max : 3100m

Qu'il est bon de pouvoir se lever tôt sans grelotter ! Bon, les jambes de Myriam ont doublé de volume à cause des piqûres de moustiques et Renan, après 4 jours de vidange, a les batteries complètement à plat, mais à part ça, nous sommes au top!😅

Nous attaquons donc la montée tranquillement, toujours escortés par Tobie (qui s'obstine à nous suivre alors que nous lui avons fait comprendre que nous n'avions pas prévu la pâtée dans nos sacs et donc qu'il n'aurait rien!😬), et, après 2h, nous finissons par atteindre le petit village de Marampata. De là, nous pouvons d'ores et déjà apercevoir les ruines de Choquequirao. Malgré la distance, le site, construit à flan de montagne, semble grandiose!

Il nous faudra encore 1h30 pour atteindre le camping situé au coeur des vestiges! L'endroit est idéal pour partir explorer les environs débarrassés des sacs!

Après une pause déjeuner face aux montagnes, nous nous lançons à l'assaut du site mais, déjà, le corps de Renan s'insurge !

Depuis 5j maintenant, il oscille entre normalité et grosses baisses de tension, accompagnées d'aigreurs d'estomac et de rejets violents... Et comme nous ne parvenons pas à en trouver la cause, impossible d'y remédier ! Cela commence à devenir inquiétant et pourrait être la cause d'un nouvel abandon de la rando, même si Renan, entêté comme une mule, s'y refuse...

Nous verrons demain, en attendant nous profitons d'avoir le site quasiment pour nous tout seuls ! A peine une vingtaine de personnes croisées de tout l'après midi, c'est inespéré !

Actuellement, seul 30% du site environ a été mis à jour, mais le peu qui nous est dévoilé permet déjà de sentir l'envergure de Choquequirao! Les ruines sont en excellent état, ne manque plus que les panneaux explicatifs pour savoir de quoi il s'agit! 😅 Par contre, mieux vaut avoir de bons mollets pour la visite car, pour aller d'un endroit à l'autre, ça grimpe et ça descend sec!

Après 4h de visite, nous voilà de retour à la tente, contents mais affamés... comme Tobie visiblement, qui profite d'un moment d'inattention pour nous voler notre repas!

La blonde se jette sur lui pour le lui arracher de la gueule au risque de se faire mordre! (Tout ça pour du riz même pas cuit!😬) Décidément, il va falloir trouver une solution pour qu'il ne nous suive pas... Nous ne pouvons pas l'emmener avec nous jusqu'au Machu, à 140km de chez lui, alors que nous n'avons rien pour le nourrir !

Espérons qu'une âme charitable acceptera de le prendre avec elle demain pour le ramener à Cachora...

Jour 3: du camping de Choquequirao au camping de Maizal

Dist: 13km / Dev +: 1600m/ Dev -: 1440m / Temps : 6h / Alti max : 3300m

Bon... Tobie est toujours de la partie, Renan a beau le proposer à chaque randonneur qu'il croise, le chien refuse de nous lâcher d'une semelle ! Il monte même la garde quand on va aux toilettes ! 😅

C'est donc à 3 que nous repartons explorer une nouvelle zone des ruines, profitant en passant du soleil qui se lève sur la vallée ! Le fait d'avoir dormi au pied du site nous permet de jouir de ce moment privilégié seuls, l'instant est magique ! Mieux vaut en profiter, ce ne sera pas la même au Machu Picchu...😆

Ruines de Choquequirao

Après une "petite" montée de 400m, nous entamons de nouveau une descente de 1200m! Décidément, avec ses dénivelés de malades, cette randonnée a des allures de GR2 (célèbre randonnée sur l'île de la Réunion, aussi surnommée la "diagonale du fou"!)...

Nous passons à côté de Pinchaunuyoc, un autre site archéologique! En même temps, il est normal que le trajet en regorge étant donné que nous nous trouvons sur un ancien chemin inca!

Une fois arrivés à la rivière, nous en profitons pour nous rafraîchir et déjeuner avant d'attaquer une nouvelle montée bien raide puisque nous devons monter 1400m en seulement 4 km ! Heureusement, Renan est en pleine forme aujourd'hui et la blonde suit sans problèmes ! Finalement, tout paraît plus facile après la difficulté liée à l'altitude de la Cordillère Royale !😅

Les zigzag représentent la montée qui nous attend...1z

C'est donc (presque ) en pleine forme que nous arrivons au camping de Maizal ! Il n'est que 15h30 mais nous décidons d'en rester là pour aujourd'hui. Il nous faudra faire une grosse étape demain si nous voulons réussir à distancer les 9 autres randonneurs qui font le même parcours que nous (dont 5 avec des mules...😬).

Jour 4: du camping de Maizal au bivouac à au pied de l'Abra Yanama

Dist : 16km / Dev +: 1800m / Dev -: 650m / Temps : 8h / Alti max : 4300m

Cette fois, pas question de marcher derrière des mules! Nous mettons le réveil à 4h45 et à 6h15 nous sommes les premiers à partir! Ça valait le coup de faire une croix sur la grasse mat' puisque nous ne croiserons pas un seul touriste de la journée !

La contrepartie, c'est qu'à cette heure matinale les nuages sont encore dans la vallée donc, niveau points de vue nous devrons faire l'impasse sur les beaux panoramas...😅 Bon, au moins, avec un ciel aussi couvert nous ne souffrons pas de la chaleur!😜

Les 1100m de dénivelé, sur une pente raide et boueuse, complètement défoncée par le passage incessant des mules, nous font arriver sur les rotules au paso!

Renan est au bout de sa vie (chacun son tour, na!😝), complètement épuisé par notre régime alimentaire en dents de scie... Depuis le début du séjour il a dû perdre 10kg, si ce n'est plus... Et cette perte se ressent cruellement dans l'effort. Il est peut-être temps pour nous de nous poser un peu afin de retrouver un équilibre et de nous remplumer! (Enfin, c'est un "nous" qui exclut la blonde, dont le poids reste désespérément stable malgré l'effort...😅 La vie est injuste ! 😬)