Carnet de voyage

#7 Laos

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Dernière étape postée il y a 362 jours
Du Nord au Sud en suivant le Mékong. Des villages hors du temps et des paysages toujours aussi beaux.
Du 11 novembre au 10 décembre 2017
30 jours
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Publié le 23 novembre 2017

Nous voilà au Laos sous une chaleur de plomb, c’est clairement un choc thermique après la Nouvelle-Zélande !

On en a fini avec le stop et le van… on passe de l'Océanie à l'Asie il n'y a pas de doutes, alors reprenons nos vieilles habitudes en prenant un tuk-tuk à notre arrivée à Vientiane 😉.

Nous sommes surpris, la ville est loin d’être surpeuplée, ça change de l'Indonésie et de la Thaïlande (nous avons fait une halte à Bangkok d’à peine 24h)!

Le Laos est le pays le moins peuplé d'Asie du Sud Est et on le ressent dès l’arrivée. Ce n’est pas une capitale désagréable malgré qu'elle ne soit pas très jolie.

Nous y resterons une nuit et deux demi-journées juste le temps de se poser après les 14h de voyage et de prendre un bus en direction du nord du pays.

Nous avons apprécié l'ambiance du marché de nuit sur le Quai Fa Ngum et les restaurants éphémères environnants pour notre première soirée. Nous avons découvert la fondue Lao aux antipodes de la notre. Au menu, des herbes, des légumes, de la salade, des pâtes de riz et quelques morceaux de viande, le tout est à verser dans un chaudron d'eau bouillante ! C’était assez original bien que pas très consistant, ça ne nous fera pas de mal après ces trois semaines en Nouvelle-Zélande où notre menu était constitué quasi exclusivement de féculents !

Le lendemain nous faisons une petite balade dans le centre à la découverte des différents monuments de la ville.

La maison présidentielle  - Une stupa

Nous découvrons une boulangerie française qui nous donne l’eau à la bouche mais ce sera pour une prochaine fois, nous avons déjà pris notre petit déjeuner.

Le Laos a demandé la protection de la France en 1893 pour échapper à la suzeraineté siamoise. La France ne s’est malheureusement pas vraiment investie. Elle s'est contentée en partie de reconstruire Vientiane et d'organiser l’aménagement de la navigation sur le Mékong… Malgré cela quelques locaux parlent encore français et la présence de baguettes de pain montrent quelque peu l'influence française.

Mis à part notre balade et de bons restaurants, Vientiane n'a pas grand intérêt.

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Il était une fois Vang Vieng…

Cette ville verdoyante bordée de falaises abruptes, de grottes et baignée par la rivière Nam Song ne pouvait qu'attirer les touristes. L’arrivée en masse de Backpackers en mode « spring break » fit fleurir de nombreuses infrastructures touristiques et fit dériver la ville dans une ambiance fêtarde incontrôlable. Le « tubing » en est un exemple parfait. Cela consiste à descendre la rivière sur une bouée en s’arrêtant en route dans des bars à l'aide de cordes pour attraper et consommer de l'alcool. Des parades en maillot de bain s'en suivaient dans les villages. La consommation de drogues ajoutée à tout cela donna la mort à une vingtaine de touristes en 2011. Il se dit que certains d'entre eux seraient décédés suite au mélange opium et jus de citron.

Afin d'éviter une médiatisation de ce désastre, le gouvernement décida de remettre de l’ordre dans la ville en fermant des bars, en chassant les dealers et en instaurant de nouvelles réglementations. Dans un premier temps, les habitants croyaient en la présence de mauvais esprits dans la rivière suite aux décès des jeunes étudiants . Ils évitaient la pêche, la baignade et d'y faire leur lessive. Il fallut quelques temps pour que la ville retrouve aujourd’hui sa tranquillité même si elle garde encore quelques traces du passé…


Suite à cette prise de connaissance, nous nous sommes posés la question de l’intérêt de cette ville. Après quelques lectures de blog, nous décidons de nous y arrêter malgré tout, pour découvrir les campagnes environnantes qui en valent apparemment le coup.

Nous ne sommes pas déçus de cette décision, nous y sommes restés trois nuits/deux jours et nous avons adoré.

Il suffisait de sortir de la ville, bien qu’elle soit loin d’être désagréable, pour voir de beaux paysages et des scènes de vie locales.

Notre guesthouse mettant à disposition des vélos, nous en avons profité pour passer de l’autre côté de la rivière, longer les falaises abruptes et profiter de la quiétude.

Nous nous sommes même arrêtés dans une ferme bio pour y déguster du fromage de chèvre maison. Il était bon mais il n'arrive pas à la cheville du bon fromage français… enfin, nous ne sommes pas tout à fait d'accord mais comme je rédige l'article... ;).

Comme il fait très très chaud, nous nous engageons dans un chemin caillouteux pour rejoindre une cascade où l'on pourrait s'y baigner. Le chemin n'est clairement pas adapté à de simples vélos mais bon nous persistons jusqu’à ce que Léa déraille. Impossible de remettre la chaîne et nous sommes à 7km de la cascade et 4km de notre point de départ. Heureusement deux locaux qui ne parlaient pas un mot d'anglais nous ont bien aidé grâce à leur clé à molette. Inutile de vous préciser que nous avons fait demi-tour…

Pour notre deuxième jour, nous louons cette fois un scooter pour explorer encore un peu plus les alentours.

Première étape l'ascension du piton Pha Ngeun. Pensant être bien entraînés après nos treks en Nouvelle-Zélande, nous commençons confiants mais c’était sans compter la chaleur assommante… Léa faisait presque du surplace et il nous aura fallu 1h15 pour monter, soit plus de temps qu'indiquer sur le guide, c’est une première. Ce qui nous rassure c’est qu’au retour on a trouvé plus mal en point que nous, ils ne sont d'ailleurs pas monté jusqu'au sommet (nous les avons recroisés plus tard). La vue valait le détour… mais Léa aura quand même gagné de belles éraflures en glissant sur une pierre pas stable.

Frustrés de ne pas s’être baignés la veille, nous allons jusqu’au Blue Lagoon, une piscine naturelle. C’est vraiment très jolie et il n'y avait pas grand monde.

Mais notre activité préférée de la journée était clairement de vagabonder en scooter dans les villages traditionnels en observant la vie locale et les beaux paysages !


Après cette journée bien chargée on s'accorde tout de même un verre au bord de la rivière.

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Nous continuons maintenant notre route vers Luang Prabang, encore un peu plus au nord.

Infos pratiques

- Bus touristique Vientiane-Vang Vieng, 4h30, 40 000kips/pers

- Vientiane : Ali hôtel, 126 000kips/ch double avec AC, sdb partagée et petit déjeuner compris. Propre et sympathique

- Vang Vieng : Outland guesthouse, 100 000kips/bungalows, sdb partagée, petit déjeuner compris et vélos à disposition : Un peu excentré mais propriétaire très sympa et vélo à dispo donc top

- Scooter automatique, 50 000kips/jour

- Piton : 10 000kips le droit d'accès /pers : Pas évident mais ça vaut le coup

- Blue Lagoon 2 : 20 000kips/pers : Juste pour se rafraîchir

- Assiette de chèvre à Organic Farm : 45 000kips

- Pour passer de l'autre côté de la rivière prendre un petit pont en bambou gratuit 200m plus haut que le payant, le retour vers Vang Vieng peut se faire par le grand pont sans payer

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Publié le 26 novembre 2017

4 heures et demi de (mini)bus plus tard nous voilà arrivés à destination.

Luang Prabang est la troisième ville du Laos et également la plus riche, classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO.

En arrivant on comprend vite pourquoi, la ville est vraiment très belle, les bâtiments sont tous de plein pied et il y règne un climat très agréable.

Dans le mini van on a fait la connaissance de Tanguy, un français en vacances avec qui le courant passe tout de suite, on passera les 3 prochains jours ensemble.

Le soir venu on fait un petit tour au marché de nuit, ils ont toutes sortes d'objets artisanaux qui paraissent être de bonne qualité, on craquera pour une housse de coussin... (Enfin surtout Léa 😀).

Tanguy et Quentin se font offrir des shots de Lao Lao au serpent... ça désinfecte!

On laisse le marché de nuit, on le retrouvera plus tard!

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Après une bonne nuit de sommeil, perturbée par les chiens et les coqs... Oui oui même en ville les coqs vous réveillent... direction la cascade pour se rafraîchir.

Malheureusement le temps n'est pas au rendez vous, il fait gris, on décide donc avec Tanguy de repousser au lendemain. On avait pourtant réussi à réunir une équipe de 7 pour partager le tuk tuk. Ce n'est que partie remise.

Direction donc la ville pour une petite promenade à trois d'entre eux.

Quelques temples sont à visiter :

On pourra même voir dans l'un d'eux une expo photo noir et blanc dédiée au bouddhisme...

Luang Prabang est bordée par la rivière Nam Ou, pour passer d'une partie de la ville à l'autre il est parfois nécessaire de traverser des ponts de bambou, on traverse l'un d'entre eux pour aller à la rencontre des artisans de la ville.

Un tisserand :

Le tissage 

La fabrication de livres et de feuilles de papier :

Et d'autres temples avec cette fois des rencontres riches en spiritualité.

Et entre temps sur les bords de la Nam Ou la vie continue.

Un autre pont de bambou un peu plus loin dans la ville:

Après cette promenade qui aura durée tout de même quelques heures on se décide à monter au le Mont Phousi, une colline au cœur de la ville où il est conseillé d'aller voir le couché de soleil.

Nous ne sommes pas fous et savons que bon nombres de tours opérateurs chinois et coréens y montent à ce moment là... Très peu pour nous, on y monte donc juste avant pour profiter d'une belle lumière mais pour éviter la foule :

La vue sur la ville et la rivière vaut vraiment le détour:

Un temple est implanté sur la colline, on y trouve donc quelques bouddhas et des moines.

La journée fut bien chargée, on termine donc par une bière (...quelques bières et du Lao Lao) et on file au lit, demain on se lève tôt!

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7h30... On retente notre chance avec la cascade Kuang Si, le temps est identique à la veille... Tan pis, on décide d'y aller quand même, le temps est le même tous les matins et ça finit par se dégager.

Il y a apparemment beaucoup de monde à cette cascade, on part donc tôt pour éviter la foule.

1h de Tuk tuk plus tard nous voilà arrivés, surprise un centre de réhabilitation d'ours s'est implanté à l'entrée du site... Sympa ces grosses peluches, on s'allongerait dessus 😀.

Le site est vraiment impressionnant avec ces enchaînements de cascades et de chutes d'eau, un vrai plaisir pour les yeux.

On en profite pour faire un petit plongeon et pour aller faire un tour sous les cascades.

De retour à Luang Prabang, après un bon repas sur les bords de la Nam Ou tous ensemble... et une petite sieste pour fuir la chaleur on retourne flâner au marché de nuit.

Anne-Juliette, Laëtitia , Tanguy, Olga, Albert
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Pour notre dernière matinée on se lève aux aurores (à 5h15) pour assister à l'aumône des moines. Les moines bouddhistes ne vivent que des donations faites par les habitants.

C'était censé être un moment de recueillement mais malheureusement le nombre de touristes ne respectant pas les traditions et s'approchant trop près, voir gênant la procession des moines, gâche un peu tout...

Notre stop à Luang Prabang se termine, on aura découvert une très jolie ville et fait de belles rencontres !

Maintenant direction un petit village en dehors des sentiers touristiques au Nord de Luang Prabang pour s'immiscer dans le Laos authentique !

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Publié le 11 décembre 2017

Depuis notre arrivée au Laos, nous recherchons l’authenticité et souhaitons sortir des sentiers battus… c’est en explorant les blogs que nous apprenons que nous pouvons nous rendre à Ban Simoungkhoun, un village authentique qui n’accueille que quatre touristes à la fois. Pas vraiment la peine d'en lire plus, nous sommes déjà conquis !

Noy, une laotienne veuve d'un français, possède deux bungalows dans son jardin pour accueillir des touristes. Malgré le décès de son mari l’année dernière, elle continue cette activité et nous a accueillis à bras ouverts chez elle avec sa fille adoptive Mali, 3 ans et son chien Papaye.

Pour atteindre son village, nous devons nous y rendre en bateau après avoir crié au chauffeur de bus de nous laisser en plein milieu d’un pont.

A notre arrivée, nous apprenons que le deuxième bungalows sera occupé par un couple de français, Sonia et Florian, avec qui nous partagerons ces trois jours. Elle accueille également un autre français, Jean-Baptiste, qui lui restera chez elle un mois dans l'objectif d'apprendre le laotien.

Les deux bungalows 
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Jour 1 : La visite du village

Après les présentations faites et un excellent déjeuner avalé (Noy est une très bonne cuisinière), nous allons à la découverte du village avec Pia, le frère de Noy. Malgré son français très restreint, nous arrivons à communiquer et passer un bon moment.

Nous visitons le temple du village qui n'est désormais habité plus que par un moine tout en arpentant les « ruelles » enfin plutôt les chemins du village.

Le contact avec les habitants est plutôt simple et naturel grâce à Pia et la bienveillance des villageois. Nous poursuivons pour aller voir « la douche » selon Pia. Je ne sais pas si vous avez tout de suite fait le rapprochement mais il s’agit de la rivière. Il faut avouer que dans un premier temps nous avions compris qu'il nous accompagnait une partie de la visite et qu'ensuite il irait prendre sa douche ou quelque chose du genre…

La rivière est un lieu essentiel pour le village, notamment pour les enfants que l’on voit pêcher et jouer dans l'eau tout l’après midi.

La rencontre des enfants du village est d'ailleurs la meilleure partie de la visite, bien que tous les habitants soient souriants et accueillants rien ne vaut les sourires et les rires des enfants qui jouent avec trois fois rien…

Nous nous sommes même pris au jeu en s'essayant au jeu à l'élastique qui ressemble de très près au notre.

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Jour 2 : trek dans la campagne montagneuse

Nous partons pour un trek à la journée après le petit déjeuner accompagnés de Noy et Pia.

Une petite heure de barque avec Pia aux manettes... Et Noy à la navigation! 1h sur une petite planche de bois ça fait long pour les fesses 😉.

La marche se fait assez facilement malgré la chaleur et quelques montées.

Nous croisons plusieurs habitants, aussi bien les femmes que les hommes, en plein travail dans des conditions difficiles : chaleur, travail physique, poids des charges et peu de sécurité (vêtements, équipements…). Ils coupent et transportent du bambou qui servira à construire les cabanes aussi bien que toutes sortes d'objets du quotidien, ils plantent et récoltent le riz (ce n’était plus la saison quand nous y étions), ils cueillent des plantes pour nourrir les vaches et récupèrent l'eau car ils ne sont pour la plupart pas approvisionner en eau chez eux. Noy nous explique que le travail dans les montagnes est difficile et qu'elle s’estime heureuse de gagner sa vie grâce aux bungalows.

Nous pique-niquons dans une petite cabane au milieu de nulle part et goûtons à notre première salade de papaye, humm un délice ! Pia nous prépare même une natte en feuilles de bananier pour se prélasser à l'ombre avec en prime de la canne à sucre en dessert.

Il est temps de rebrousser chemin pour rentrer au village après cette journée bien remplie.

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Jour 3 : La découverte des villages ethniques environnants

En partant l'école voisine de notre bungalow a repris du service, on croise donc les enfants faisant classe dehors et tout sourire en nous voyant passer.

Le premier village dans lequel nous arrivons est habité par l'ethnie des Khamu.

Nous apprendrons plus tard qu’il existe 125 ethnies au Laos mais le gouvernement a décidé de les diviser en trois groupes.

Un filet de pêche à droite 

Nous arrivons juste à temps à l'école, avant que les élèves ne rentrent chez eux pour déjeuner.

Les enfants se prêtent au jeu et posent volontiers pour quelques photos et s'amusent beaucoup du résultat.

Après leur avoir apporté des crayons, nous assistons au chant annonçant la fin de la classe, chouette moment !

Nous poursuivons notre visite au cœur du village pour découvrir les produits artisanaux en coton et leur fabrication. Un homme d'un certain âge à l'air intrigué par la Go pro que Léa tient dans sa main même si elle ne l'utilise pas pour le moment. Elle lui demande s'il veut voir comment elle fonctionne et lui montre comment prendre et regarder une vidéo, il est très intrigué et amusé. Un vrai moment d'échange…

Nous sommes ensuite accueillis dans la maison de la tisseuse pour découvrir comment obtenir du fil à partir du coton.

Il faut des heures et des heures pour fabriquer une bobine et un vrai coup de main !

Noy coupe le fil en plusieurs morceaux et tous les habitants de la maison nous attachent chacun leur tour deux bracelets aux poignets en priant. Nous venons d'assister à une cérémonie traditionnelle. Ils nous souhaitent bonheur dans le travail, notre retour, l'amour etc.

Nous partageons ensuite tous ensemble un repas typique, du sticky rice accompagné d'un ensemble de plats plus ou moins épicés. Pour manger à la Lao, pas besoin de couverts, il suffit de faire une boule de sticky rice (riz collant) et de le saucer dans les plats tout en attrapant des morceaux de viandes et légumes.


Nous poursuivons maintenant dans le village des Hmong via la pirogue. Nous sommes surpris par la pauvreté qui nous frappe dès les premiers instants. Les maisons en bambou sont plus petites et souvent défraîchies et il n'y a aucune maison en dure, même pas une école.

L’école est à 2km dans le village suivant, mais la plupart n'y vont pas… Les enfants sont parfois partiellement ou totalement nus, ou bien portent des vêtements sales et troués.

Contrairement aux autres villages, ils étaient plutôt timides mais la distribution de bonbons validée en amont par Noy a favorisé le contact. Certains habitants d'un certain âge ne parlent même pas le Lao mais seulement le langage de leur ethnie.


Nous parcourons les deux kilomètres à pied, pour rejoindre le dernier village. On constate que le niveau de vie n'est pas le même, les maisons sont pour la plupart en dur et le village est beaucoup plus grand. Nous sommes accueillis à l’école par de nombreux enfants, heureux de recevoir des crayons et des bonbons.

Copyright Sonia pour la dernière photo

Nous passons même la récréation entière avec eux à les regarder jouer, Quentin et Florian se sont même initier au Volley-football, le « sepak takraw » . Il s'agit de jouer au volley avec une petite balle mais uniquement avec les pieds et la tête.

Pendant que Léa observait le jeu de poursuite des filles. Quel stéréotype... on sait...

Il est 16h, l’école est finie et notre journée aussi. Nous reprenons la bateau pour rentrer mais après quelques minutes nous tombons en panne d'essence. Il a fallu ramer pendant une bonne dizaine de minutes avec une pagaie en bois massif, autant vous dire que les garçons ont trouvé ça lourd 😉.

De retour dans notre village, la nostalgie du dernier soir nous guète, nous faisons un dernier tour du village à la rencontre des enfants. Nous retrouvons également Mali, qui était partie chez son oncle pour deux jours. C'est une vraie chipie avec du caractère qui nous a bien occupés une partie de notre soirée.

Et nous finissons par un énième excellent dîner préparé par Nou (une jeune fille de 16 ans du village qui aide Noy le soir après l'école) et Noy.

Le sticky rice cuit à la vapeur dans son panier de bambou puis étalé par Nou. 

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Jour 4 : le départ

C’est des souvenirs plein la tête que nous quittons le village après le petit déjeuner. Nous y sommes restés que trois jours mais nous nous sommes malgré tout attachés à toute la famille. Nous les remercions pour ce séjour toute en authenticité. Nous savons déjà que ces moments resteront gravés et seront probablement les meilleurs de notre séjour au Laos, un vrai coup de cœur !

Noy, Sonia, Florian, Mali, Pia et Papaye 
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Nous reprenons la direction du Nord. L’objectif : aller se perdre dans des petits villages authentiques. Tant qu’à faire continuons sur le même thème.

Pour s’y rendre rien de plus simple, Noy nous emmène au pont où l’on s’était fait déposer à l’arrivée et nous arrêtons tous les bus (ou plutôt mini bus) passant par là pour leur demander de nous déposer à Nong Khiaw, notre première étape.

Après une petite heure on trouve enfin notre bus !

C’est avec une petite pointe de tristesse que nous quittons Noy, Pia et Mali venus nous dire au-revoir.

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Nong Khiaw

Nous arrivons à Nong Khiaw épuisés.

La rivière Nga coupant en 2 le village de Nong Khiaw 

Mine de rien chez Noy nous n’avons pas arrêté. Après avoir battu notre record de vitesse en recherche de chambre (la première guesthouse visitée, à 100 mètres de l’arrêt de bus, nous convenait), on passe donc notre première après-midi en position horizontale dans les 2 hamacs donnant sur la rivière de notre chambre à chiller 😉.

Le pont reliant les 2 parties du village. Construit par les Chinois 

Après ces quelques heures de farniente on se décide à manger pizza, malheureusement les pizzas n’était vraiment pas à notre goût (AUCUNE avec du fromage !!), on se rabat donc sur un indien… qui n’avait d’indien que le nom soit dit en passant… Bon on l’aura compris ce repas était un échec.

Après une bonne nuit, notre programme pour ce deuxième jour est encore majoritairement en position horizontale… Ils sont pas mal ces hamacs quand même !

On fait, en fin de matinée, tout de même une petite promenade côté "local" du village. L'ensemble des restaurants et guesthouses pour touristes sont toutes rassemblées d'un coté du pont.

Non Khiaw est un gros village, avec pas mal de monde, rien à voir avec ce que l’on a pu voir les jours derniers.

On se contentera donc de cette petite promenade.

En fin de journée nous montons à un point de vue pour admirer le coucher du soleil, la montée s’annonce rude, 1h30 annoncée et il fait très chaud !

Petit point de vu intermédiaire, l'arrivée s'annonce top :

Une petite heure de grimpette plus tard - oui on se la pète un peu mais bon, il faut dire que le temps et les laotiens ne sont pas les meilleurs amis du monde donc nous n’avons pas vraiment de mérite - on arrive tout simplement au plus beau point de vue que l’on ait fait au Laos… Nous sommes littéralement trempés mais ça valait le coup !

Un panorama à 360° sur la ville d’un côté et sur les montagnes de l’autre ! Whaou !!!

Et en prime un beau coucher de soleil… Que demander de plus…


On redescend de notre pied d’estale – point de vue- à la lampe frontale.

Un couple de français rencontré en haut nous a conseillé un restaurant, nous y allons donc, déterminer à faire mieux qu’hier soir ! Et bien se fut une réussite, on s’est régalé d’oreilles de singe. (On se calme c’est juste le nom du plat qui n’est autre qu’un plat de champignons au gingembre ayant légèrement l’aspect d’oreilles de singe 😉).

En se levant on se dit que la position horizontale c’est bien mais on s’en lasse, on prend donc le bateau pour le petit village de Muang Ngoy encore plus au Nord et accessible par la rivière en 1h.

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Muang Ngoy

A l’arrivée, un petit village très authentique et touristique, on a du mal à croire que ces 2 mots peuvent aller ensemble, et pourtant je vous assure la description lui va bien… Une unique rue de terre, pas de voiture, quelques scooters et quelques guesthouses.

Bon c’est chouette ici mais il fait froid aujourd’hui… et le ciel est couvert voir menaçant, on espère que ça ne va pas durer…

On se tente tout de même d’aller voir l’un des 3 villages perdus dans les montagnes dont on a entendu parler, en espérant qu’il ne se mette pas à pleuvoir. On ira si le temps le permet voir les deux autres dans les jours suivant voir même passer une nuit dans l'un d'eux, apparemment l'expérience vaut le coup.

En passant on s’arrête visiter une grotte qui servait d’abris au villageois pendant les bombardements américains (on reviendra plus longuement sur ce point plus tard).

Petit pont de bambou au niveau de la grotte 

Après 1h30 de marche, une rivière à traverser à gué (sans pont cette fois), et de supers paysages...

 ...on arrive dans ce petit village dans les montagnes, très authentique (c’est le maître mot du moment).

Et bingo il se met à pleuvoir… et devinez ce qu’on a oublié d’emmener pour notre petite balade… nos Kways ! On s’abrite donc sous un porche une grosse demi-heure jusqu’à ce que ça se calme. Le temps pour nous d'observer la vie du village.

L'unique point d'eau du village 

Une fois la pluie réduite au crachin breton (petit tacle totalement gratuit) nous voilà repartis pour notre guesthouse… En courant, on ne veut pas tremper notre seule polaire, ça donne chaud et ça fait pas de mal !

Avec le son c'est encore mieux ! 😀

Le temps n’est donc pas décidé à s’arranger !

On s’est entêté et on a attendu le retour du beau temps mais il a fait de plus en plus froid pendant 3 jours… Quand on vous dit froid c’est froid, avec notre seule petite polaire chacun et notre pantalon de rando on était pas du tout équipés… Et dans un pays comme celui-ci vous imaginez bien que pas le moindre resto ni la moindre guesthouse n’avait de salle fermée…

...Alors on se réfugiait dans notre lit avec nos 2 couvertures polaires et on regardait des séries. Un vrai dimanche pluvieux en métropole (ahah j’ai toujours rêvé d’utiliser ce mot là avec une pointe de condescendance 😀).

On a donc fait ce qu’on n’avait pas fait depuis des mois, chiller 2 jours entiers !

S'il avait fait beau on aurait été pas mal dans notre super guesthouse donnant sur la rivière! Petit regret pour les 2 autres petits villages que nous n'avons pas pu visiter !! Tan pis, la prochaine fois 😉

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Nous avons bien arpenté le nord du pays, nous descendons maintenant petit à petit le long du Mékong pour rejoindre le sud.

En repartant de Muang Ngoy, nous enchaînons les transports dans la journée : 1h de bateau, 3h de bus, 6h de pause à Luang Prabang, un bus de nuit de 11h, le tout avec Léa malade depuis la nuit de la veille.

Couchette deux places du bus de nuit 

Une fois arrivés à Vientiane, nous décidons de nous reposer de la toute petite nuit passée dans le bus, en clair nous restons toute la journée à l'hôtel. Il faut dire que Léa est toujours autant malade, on ne va peut être pas enchaîner avec les 7h30 de bus suivantes tout de suite…

Le lendemain, tout va mieux alors direction Thakhek !

La ville en elle-même n'a pas grand intérêt, nous sommes juste de passage pour louer un scooter pour une boucle de 400 km en 3-4jours dans les environs. Visiblement nous ne sommes pas les seuls, à notre arrivée, impossible de trouver un scoot !

Le lendemain, réveil aux aurores en espérant en trouver un cette fois. Chose faite ! (merci aux filles rencontrées la veille de nous l’avoir réservé à leur guesthouse).

Au programme, des grottes, des grottes et des grottes ! Bien que ce ne soit pas particulièrement notre truc, nous voulons absolument faire la plus importante d'entre elles Kong Lor’s cave et les paysages sur la route sont apparemment magnifiques.

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Pour le premier jour, on se contentera de deux grottes Tham Xieng Lap et Tham Pa Inn, et d'un village Mahaxay Kuo.

La première est plutôt surprenante, on rentre d'un côté pour sortir de l'autre tout en escaladant quelques passages, en se trempant jusqu'aux cuisses et en s’éclairant à la lampe frontale. Chouette moment !

Au passage une photo de l'école qui vient d'être désertée  pour le déjeuner et qui se trouve sur le chemin de la grotte.
Tham Xieng Lap 

Quant à la deuxième, bien plus petite, il s'agit plutôt d'un lieu de recueillement et de prières avec de jolis reflets sur l'eau en contre bas.

Les grottes ça suffit pour aujourd'hui, nous allons découvrir le village de Mahaxai qui longe la rivière. Il est authentique, paisible et expose un joli temple mais impossible de trouver de quoi déjeuner, nous repartons.

Arrivés à notre guesthouse, nous profitons de quelques heures de soleil restantes pour s’affronter à la pétanque, un petit air de France nous envahit. (Quentin à gagné 😉).

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C'est clairement le deuxième jour que nous avons préféré, les paysages sont magnifiques ! La construction d'un barrage en amont d'un fleuve a engendré la formation d'une forêt noyée, un vrai plaisir pour les yeux... Pour l'environnement on repassera en revanche!

Un petit arrêt au joli temple de Laksao.

Les kways sortis et quelques gouttes plus tard, nous arrivons à la « cool spring ».

Bien qu'il ne fasse plus très beau et que nous ne nous sommes pas baignés, le coin est très sympa et vaut le détour d’autant plus que des locaux s'y étaient arrêtés pour pique-niquer en famille. Nous avons passé une bonne partie du temps à regarder les enfants jouer, qui il faut le dire, ne demandaient qu'à attirer notre attention.

Quelques petits arrêts sur la route...

Un peu d'histoire s'impose avant les photos ci-dessous :

Le Laos possède un triste record... Celui du pays le plus bombardé de l'histoire (sans être en guerre précisons le).

Pendant la guerre du Vietnam les Etats-unis ont lâché entre 2 et 3 millions de bombes sur le Laos (plus de bombes que durant toute la seconde guerre mondiale). A la fois pour couper la piste Ho Chi Min (voir plus bas) mais surtout parce qu'il était risqué d’atterrir chargés d'explosifs que les bombardiers ne parvenaient pas toujours à lâcher. Le Laos étant entre le Vietnam et les bases américaines... Il suffisait de se décharger.

Pour la petite précision il s'agissait de bombes à sous-munition, chaque grosse bombe contient 200 petites bombes. En touchant le sol toutes les petites bombes n'explosent pas mais une fois enterrées se transforment en mine anti-personnelle... Enjoy!

Un triste chapitre de l'histoire dont les laotiens continuent de souffrir... Il ne faut surtout pas sortir des sentiers battus ici, des accidents très fréquents sont signalés, des bombes enfouies truffent la campagne malgré les efforts des ONG pour déminer. Et manque de chance celles-ci ressemblent à des grosses boules de pétanque que les enfants ramassent pour jouer!

Du coup ça nous emmène à la scène cocasse ci-dessous :

Au Laos les bombes américaines (une fois désamorcées et vidées évidemment) n'ayant pas explosées servent à tout et n'importe quoi, ils s'en servent beaucoup en pot de fleur (les sous-munitions) et même pour faire des bateaux pour les plus grosses...

Les missiles américains transformés en barque 

Les paysages des 40km qui mènent jusqu'à Kong Lor’s cave sont tout aussi beaux, sans compter les centaines de « sabaidee » des enfants au bord de route (signifie bonjour en lao), un régal 😉.

Quand nous arrivons sur place il est déjà 15h, nous supposons qu’il est trop tard pour visiter la grotte et bien non ! C'est d’ailleurs parfait puisque nous sommes le dernier groupe, nous sommes seuls pendant quasiment toute la visite, good timing !

Un peu d'histoire… Pendant la guerre d'Indochine, la grotte Kong Lor est utilisée comme refuge, des villageois s'y cachent pendant 90 jours, jusqu'à ce qu’ils aperçoivent un canard provenant du sens inverse, preuve que ce n’est pas une voie sans issue. Par la suite, elle servira à acheminer armes et munitions entre le Vietnam du Nord et le Vietnam du Sud occupés pendant la guerre du Vietnam (la fameuse route Ho Chi Min servant à alimenter depuis le Nord du Vietnam le front armé du Sud en passant entre autre par le Laos et le Cambodge).

Nous embarquons dans une pirogue pour un aller-retour de 2h. Éclairés à la lampe frontale, nous naviguons dans ce « tunnel » de 7,5km dans une ambiance mystique… le bruit du moteur qui résonne, les chauve-souris que l'on entend mais que l'on ne voit pas, cette sensation d'être tout petit avec cette hauteur allant jusqu'à 100m… une expérience unique à ne pas manquer !

Mais notre coup de cœur ne s’arrête pas là, bien que la grotte soit très touristique, le village de Konglor n'en reste pas moins authentique. Les maisons et cabanes des habitants se mêlent aux guesthouses sans être envahies, la campagne environnante n'a pas cédée aux structures touristiques que nous pourrions imaginer sur un tel site et surtout les habitants sont accueillants, souriants et avenants !

Nous avons tout simplement adoré nous y promener, bien que la pauvreté de certains nous fait un pincement au cœur…

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Pour notre dernier jour, deux spots sont au programme : une cascade que nous n'avons jamais trouvée et le blue Lagoon pour s'y baigner. Au vue du temps gris en fin d'après-midi et du détour de 42km à faire pour ce dernier en plus des 184km prévus pour rentrer, nous ne nous sommes pas arrêtés. Seul un point de vue, la forêt de pierres (des massifs calcaires formant une forêt ), aura capté notre attention.

Après 100 km tout droit sur la "nationale" on est enfin arrivés, dernière journée éprouvante! Et dire que l'on enchaîne avec une deuxième boucle à moto après demain!

Bilan de ces 3 jours :

- Les paysages sont magnifiques

- Kong Lor's cave et son village, notre coup de cœur

- 400km en 3jours à 2 sur un scooter ça fait mal aux fesses

- 4jours auraient peut être été plus tranquilles bien qu'il n'y ait plus grand-chose à voir après la grotte de Kong Lor


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Infos pratiques :

- Vientiane-Thakkek : 80 000kips par pers le local bus avec le pick up à l'hôtel + 50 000kips le tuk-tuk partagé à 4 arrivés à la gare routière pour se rendre dans le centre

Thakhek

- Première nuit au KGB 70 000kips la chambre double sdb partagée

- Deuxième nuit à Thakkek travel lodge idem

- Location d'une semi-automatique 80 000kips par jour à PokémonGo + 10 000kips par sac les 3jours

Guesthouses sur place :

- Sabaidee guesthouse, 70 000kips la chambre avec sbd

50 000kips le barbecue à volonté pour le dîner (cher pour ce que c'est selon nous)

- Kounmee guesthouse à Kong Lor’s cave, 60 000kips

Repas dans des bouibouis sur la route entre 10 000 et 15 000 kips le plat

Activités :

- Tham Xieng Lap et Tham Pa Inn gratuites

- Cool spring 5 000kips pour le scoot

- Kong Lor 120 000 kips la pirogue pour 2 (110 000 pour 1, 130 000 pour 3), 10 000kips l'entrée par pers. 5 000 kips le parking

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La boucle de Thakhek terminée, nous n’en avons pas fini avec le scooter, direction Paksé, au sud du Laos, point de départ d’une nouvelle boucle en moto, le plateau des Bolovens.

Cette fois pas de grottes au programme mais des cascades et des villages « ethniques », ça tombe bien, les grottes on en a un peu marre et ça nous fera le plus grand bien de se tremper parce qu’après avoir eu froid dans le nord du Laos maintenant on a très chaud!

Première étape en arrivant : trouver une guesthouse et un scooter. Cette fois aucune difficulté.

Après 7h30 de bus entre Thakhek et Paksé et une arrivée dans l’après-midi, le timing est parfait pour un départ le lendemain matin ! ça nous fait enchaîner les 2 boucles mais il ne nous reste plus qu’une semaine de VISA donc nous ne perdons pas de temps !

Avant de partir on se fait un petit plaisir avec un restaurant italien, tenu par un italien s’il vous plait, avec de véritables pâtes carbonara et une pizza 4 fromages… Après 5 mois je vous assure que ça fait un bien fou 😀 !

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Bon passons aux choses sérieuses, c’est parti pour 3 ou 4 jours (on verra selon comment on avance) de scooter sur le plateau de Bolovens.


La plantation de café

Premier stop chez Monsieur Vieng, producteur de café. Il nous a fait une visite de sa plantation et nous présente les différentes étapes nécessaires à la production. Très intéressant, on a dégusté son bon café bio ! Un vrai et bon café c’est assez rare en voyage donc on en profite !

Monsieur Vieng produit 3 types de café :

- L’arabica, celui que l’on retrouve partout en Europe, pas trop fort et très parfumé

- Le Robusta, on en trouve également dans nos supermarchés, plus fort que l’arabica

- L’iberica, un café moins parfumé, plus fort, plus compliqué à produire, et moins cher... A ne rien y comprendre

Pendant la visite il nous propose de déguster des termites qu'il tue sous nos yeux dans ces mains. Léa passe son tour mais Quentin s'y essaye. Entre le vinaigre et le citron ce n'est pas si mauvais mais c'est très fort en gout... ça se voit d'ailleurs 😉

Il nous présente à sa femme qui utilise un métier à tisser avec ses pieds, impressionnant de dextérité.

Monsieur Vieng nous précise qu'ici ce sont une nouvelle fois les femmes qui travaillent pendant que les hommes fument et boivent des bières... pour changer !

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Tad Lo, un petit paradis

Deuxième stop le village de Tad Lo et ses cascades. Le village est vraiment sympa et il est possible de se promener de cascade en cascade.


Au retour de la balade on a pu assister au bain de 2 éléphants d’un des hôtels, il sont enchaînés toute la journée et promènent des touristes sur leurs dos le reste du temps… C’est leur seul instant de liberté sur leur journée, ils en profitent...

On décide de passer la nuit ici en homestay (chez l’habitant). Chez Mama pap, une adresse très connue des routards de la région pour sa gentillesse et le prix… particulièrement bas. On se retrouvera donc à une vingtaine de backpackers (dont certains que nous avions déjà croisé sur la boucle de Thakhek) à s’échanger nos conseils voyages et à refaire le monde autour d’une bière.

Le concept de cet homestay est vraiment original, la famille met à disposition la grande pièce qu’elle a à l’étage et y à installer quelques matelas par terre séparés par des moustiquaires et rideaux, confort spartiate mais largement suffisant. La petite dame est d’une grande gentillesse et nous a même fait la cérémonie des bracelets dont on vous a déjà parlé !

C’est aussi ici que nous avons croisé pour la première fois Gwen et Alex, de retour de leurs années WOV en Australie, Arielle backpackeuse en solo, Caroline châtelleraudaise, Benoit et Baptiste, 2 voyageurs solo également. On sera amené à se recroiser 😉.

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LE village animiste de Monsieur Hook (si il y a bien une partie de l'article à lire c'est celle là)

[Il y a peu de photo pour la présentation de ce village, étant animistes (ils croient aux esprits),la photographie peut être très mal perçue. On a donc fait que des photos "autorisées" par Mr Hook.]

Le lendemain on repart pour un village ethnique, le village de Monsieur Hook qui fait également du café. On ne s’attendait pas à grand-chose en arrivant dans ce village bourré une nouvelle fois d’enfants. On commence par une dégustation du café bio dans un bambou, une nouvelle fois très bon (il faut dire que le plateau des Bolovens est connu pour faire de l’excellent café, on confirme !).

Monsieur Hook nous propose ensuite de partir visiter le village et la plantation de café, on n’hésite, nous sommes très nombreux. On se décide finalement à se joindre au groupe qui part visiter la plantation…


Monsieur Hook, qui parle très bien anglais nous fait part de l’histoire du café et de toutes les vertus de celui-ci. En chemin il nous dispense un véritable cour de botanique, il nous décrit chaque plante qu’il croise et comment les villageois et les guérisseurs de son village les utilisent à des fins médicinales, passionnant !

Puis il nous explique les us et coutume de son ethnie

Et la grosse claque, certainement la plus grosse claque culturelle que nous ayons pris durant notre voyage… Ce qu’il nous explique est à des années lumières de ce que nous imaginions en pénétrant dans ce village et en le suivant dans sa plantation de café… On a l'impression de faire un bon de plusieurs centaines d’années en arrière…

!!! A partir de là, si vous souhaitez faire la visite et garder le suspens ne lisez plus, on spoile !!!

De plus si de jeunes enfants lisent cette partie, on conseille aux parents d'en prendre connaissance avant.

Monsieur Hook

En guise d’introduction présentons rapidement Monsieur Hook.

Monsieur Hook voulait faire des études et a toujours été "rebelle". Lorsque sa famille a voulu le marier à environ 8 ans (les âges n’existant pas dans leur culture, difficile pour lui de nous dire précisément à quel moment c’était). Il a refusé et à « donné » sa promise à son frère pour ainsi continuer à aller à l'école.

Rebelote à 12 ans, nouvelle promise, cette fois l’échappatoire a été d’offrir sa future femme à son cousin. Il est ainsi parti étudié dans un autre village puis à Bangkok.

Lorsqu'à 21 ans il revient au village il n’a plus le choix, soit il est renié et ne pourra plus revenir soit il accepte la femme que sa famille lui a choisi. C’est aujourd’hui la mère de ses 2 garçons.

Il est le seul à être éduqué au village, le seul également à s’être rendu à l’étranger (au Vietnam et en Thaïlande). Il parle d’ailleurs un anglais parfait.


Le village

Les habitants du village sont animistes, c’est-à-dire qu’ils croient aux esprits.

Ils ne prévoient donc rien à plus de 3 jours au risque d’attirer les mauvais esprits. Pour l’anecdote Monsieur Hook propose des excursions dans la jungle et quelques chambres, seulement impossible de réserver plus de 3 jours en avance, sinon gare aux mauvais esprits…

Afin de faire fuire les géants... les enfants fument du tabac dans une pipe à eau à partir de 3 ans... On s'y est essayé.


Le village possède un gourou et des chamans, lorsque vous êtes malades, pas de docteur, le chaman, s’occupe de vous… Si vous n’allez pas mieux vous allez voir le gourou et enfin si ça ne va toujours pas mieux vous allez voir une médium


Concernant « les règles », il est interdit de sortir du village, Monsieur Hook en est parti plusieurs fois et a donc enfreint les règles, il n’a donc maintenant plus le droit de pénétrer dans une maison autre que la sienne. « Il porte le mauvaise esprit ».


Les villageois ne parle évidemment pas anglais mais ils ne parlent pas Lao non plus, ils ne parlent que leur dialecte. Celui-ci ne possède pas de langage écrit, uniquement un langage oral. Ils n’ont donc pas de calendrier autre que le calendrier des saisons de récoltes.

Personne ne connait donc son âge précis ni sa date de naissance, pas d'anniversaire mais pas de passeport non plus et aucun papier d’identité.


Pour les villageois, la planète est plate et verte… Et quand Monsieur Hook tente de leur expliquer que la terre est ronde il n’est pas cru (même pas par sa femme) parce qu’il porte le mauvais esprit.


Naissance et bébé

Lorsqu’une femme enceinte arrive au 8ème mois elle doit se rendre dans la forêt pour y accoucher. Sa mère ou un membre de sa famille l’accompagne généralement. Elle accouche donc seul ou accompagné d’une seule personne au milieu des bois.

Au retour dans le village elle doit aller voir le gourou avec son bébé qui lui demande si il est « bon » ou « mauvais ». Si la mére répond que le bébé est mauvais il sera abandonné en dehors du village. Fort heureusement Mr Hook nous dit que ça n’arrive jamais, de mémoire d’homme en tout cas.

Après cette validation par le gourou, avant chaque nouvelle lune la mère doit raconter ses rêves à celui-ci. Si le gourou estime que les rêves sont bons, le bébé pourra avoir un prénom. Au moment de notre passage, un enfant de 2 ans n’avait toujours pas de prénom…


Cérémonie morbide

Le gourou et le Chaman pratique la magie. Ils attirent les bons esprits et rejette les mauvais.

Ils organisent une cérémonie (on ne se souvient plus de la fréquence) pour faire fuir le mauvais esprit du village :

Ils attachent un chien et un chiot au milieu du village et les villageois, chacun leur tour, doivent taper dans chacun d’eux jusqu’à ce que mort s’en suive afin de transmettre leur mauvais esprit à l’animal. Ceux-ci sont ensuite jetés à l’extérieur du village…


Deuils un peu particulier

Lorsqu’un décès est à déplorer au sein d'une famille (maladie ou vieillesse) le mort est gardé dans la maison pendant 7 jours. Il est ensuite disposé et gardé en dessous de la maison. Toutes les maisons sont sur pilotis. Jusque-là rien de très choquant…

Seulement lorsque le décès est accidentel, toute la famille doit quitter la maison pour vivre dans la forêt en totale autonomie sans revenir au village pendant 5 ans… Le villageois ne peuvent même pas leur apporter à manger sous peine d'attraper le mauvais esprit à leur tour. Lors de notre passage une famille de 14 personnes se trouvait dans la forêt suite au décès d’un de leur enfant tombé d’un arbre.

La maison est alors désossée et laissée tel quelle pendant 5 ans afin que le mauvais esprit quitte celle-ci.


Polygamie et condition de la femme

Dans le village ce sont les femmes qui travaillent, lorsqu’elles sont mariées elles représentent un véritablement manque à gagner pour la famille qu’elles quittent. La dote est donc payée à chaque saison par le mari à la famille de sa femme.

Les hommes peuvent avoir autant de femmes qu’ils le souhaitent à partir du moment où ils peuvent payer celles-ci.

Par exemple l’homme "le plus riche" du village dispose de 6 femmes… La sixième n’est autre que la nièce de Monsieur Hook qui n’a que 9 ans… Son mari a... 48 ans environ…

Le mariage est consommé si jamais la question vous venait à l’esprit… Nous avons posé la question tellement ça nous semblait invraisemblable.

Mariée dès 8 ans donc et premier enfant autour de 12 ans…

Les familles vivent toute ensemble dans la même maison. Les parents, frère sœur et enfant. La plus grande maison accueille 69 personnes en ce moment…

A gauche la maison en question 

On quitte le village de Monsieur Hook tout chamboulé… On a besoin d’en parler, ce sera notre principal sujet de conversation pendant tout l’après-midi et bien plus encore.

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Après ce stop de plus de 3h30 assez chargé émotionnellement direction une cascade sur la route, rien de transcendant mais elle est occupée par des locaux c’est sympa, un petit stop de 5 minutes et on repart. On a commencé à former un petit groupe : Gwen, Alex, Caro et Arielle nous accompagnent.

On s’arrête dormir sur la route dans un motel où il n’y a que nous, le matelas est dur comme de la pierre (c'est un tatami pour être plus précis), on retrouve un cafard dans la chambre, il n’y a pas d’eau chaude mais du wifi, ça ira pour cette nuit de toute façon.

Après une courte nuit on redémarre tous ensemble les scouts aux aurores pour arriver tôt sur le prochain stop Tad Tayicsevua. Un enchaînement de cascades dans un site magnifique accessible via une randonnée.

Ça monte, ça descend, assez éprouvant mais les arrêts valent le coup, on passe une excellente matinée.

On retrouve Ben et Baptiste qui se joignent à nous dès la première cascade, la future team Bolovens est au complet.

Après un petit effort supplémentaire on arrive à un super spot pour se baigner.

Après la baignade et quelques acrobaties :

On se retrouve encore face à une très jolie cascade

On reprend la route et prenons tous la décision de rester une journée de plus afin de ne pas se taper les 150 bornes restantes d’une traite, demain on a encore de superbes cascades à faire et on a envie de prendre un peu notre temps.

Des enfants et leur maman croisés sur la route 

On passe la soirée chez Ning à jouer à la pétanque et boire des bières tous ensemble. La Laos à garder quelques marques de son protectorat français dont la pétanque 😀.

On rencontre un couple de belges et leurs 2 filles qui démarrent leur tour du monde d’1 an… Super moment à échanger sur nos expériences de voyages respectives.

Après cette bonne soirée, une nuit bercée par les chants des coqs… On pourrait dire qu’on commence à avoir l’habitude et à s’y faire mais non… On en peut plus de ces coqs !

En route pour les dernières cascades de notre boucle, on en prend encore plein les yeux.

Les plus grandes cascades du Laos 

On a même la chance de pouvoir se baigner au pied de l’une d’elle !

Baignade time 


Un dernier arrêt à.... une cascade :

Nous avons même eu l'occasion de tester le garage lao… En effet à 10 km de notre arrivée nous avons crevé ! Bon 2 euros le changement de gente, on s’en sort pas trop mal !

Notre boucle des Bolovens se termine, on aura fait de supers rencontres, 4 jours de scouter et beaucoup de cascades sans oublier l’incroyable découverte du village de Monsieur Hook !

Prochaine étape direction les 4000 îles pour un break bien mérité à la frontière avec le Cambodge.

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Publié le 20 décembre 2017

Nous entamons notre dernière étape du Laos, trois jours dans les 4 000 îles à Don det.

Trois jours c'est un peu court mais le temps nous est compté… nous avons déjà passé 26 jours dans ce beau pays, nous arrivons donc à expiration du visa.

Pour nous y rendre de Paksé, nous n'avons que 3h de trajet, bateau compris, ça change des derniers transports !

Nous sommes un peu exigeants pour notre dernier logement, nous voulons un bungalow vue sur la rivière côté sunset avec un hamac au balcon 😉. L'île regorge de bungalows de ce style donc ça ne devrait pas être si compliqué se disait-on… pas si facile…

Bref, finalement logés et fatigués, une fois n’est pas coutume nous glandons… Nous qui sommes plutôt actifs depuis le début du voyage pour essayer d’en voir un maximum, il faut dire qu'au Laos on aura appris à se poser et ne rien faire, à la Lao quoi...

Pour notre première soirée, nous retentons de manger indien, la nourriture locale c'est bon, mais changer un peu c'est bien aussi ! Et cette fois-ci, nous ne sommes pas déçus 😉. Nous y retrouvons Ben et Baptiste, avec qui nous avions fait une partie de la boucle des Bolovens et avec qui nous passerons nos prochaines soirées.

Premier coucher de soleil vu du balcon du bungalow 

La devise de l'île est de ne rien faire… certes ! Mais une après midi ça nous suffit, on loue donc des vélos pour la deuxième journée en direction de Don Khon, l'île voisine.

Après une dizaine de kilomètres, nous arrivons au bout de l'île et tombons sur une jolie vue du Mékong.

Nous reprenons la route quelques minutes plus tard puisque le principale attrait de la balade est une énième cascade, Tad Somphamit. A croire que l'on n'en a pas assez vues ces derniers jours... et bien figurez vous, qu'elle était bien différente des autres et qu’elle vaut le détour.

En continuant notre chemin, nous arrivons à la petite plage de Bo Hu. On y finit la journée, Quentin va s’y baigner et Léa fait une sieste, il ne faut plus trop nous en demander, je vous rappelle que nous sommes sur les 4 000 îles du Laos, alors tranquille et doucement. Il va quand même falloir pédaler encore quelques kilomètres pour rentrer au bungalow.

Deuxième coucher de soleil, oui oui on ne s'en lasse pas!

Et oui c'est déjà notre dernier jour au Laos, qu'est ce que ça passe vite… Nous passerons cette journée sur l’île Don Kong, la plus grande de toutes, pour des festivités locales prévues une fois par an, la course de bateau. Celle-ci a lieu quelques jours après la fête nationale qui célèbre l’arrivée au pouvoir du parti communiste. Je vous laisse découvrir par vous-même.

Le mettre mot de ce mois au Laos était authenticité, et bien ici nous sommes servis. Les locaux se réunissent pour encourager, regarder les courses, profiter des centaines de stands de nourriture, de vêtements et de jouets. Bien que nous ayons eu que 2h sur place, nous sommes plutôt chanceux de s’être trouvés dans le sud du pays à ce moment là, le seul endroit où se déroule ces courses.

Bon par contre, les 3h45 de pirogue A/R assis sur une petite planche de bois, n'était clairement pas la meilleure partie de la journée.

La même pirogue que nous 
Le début du coucher du soleil vu de la pirogue 

Qu'avons-nous pensé du Laos ?

Nous avons adoré ! L'authenticité, la gentillesse des habitants, le sourire qui ne les quitte jamais malgré la pauvreté qui règne, nous ne l'oublierons pas de si tôt. Il nous fallait bien un mois pour visiter ce pays qui regorge de jolis petits villages, de karsts impressionnantes et de beaux paysages soulignés par la tranquillité du Mékong. Nous retiendrons particulièrement l’expérience unique chez Noy au cœur des villages éthniques et nos balades perdues dans les campagnes du pays.