... en croisière en Terre de Feu

5 jours et 4 nuits en croisière d’Ushuaia (Argentine) à Punta Arenas (Chili), en passant par le Cap Horn, le Canal de Beagle et le Détroit de Magellan.
Du 3 au 7 janvier 2020
5 jours
1
3
janv

Après un petit verre dans un café de la ville, nous prenons la direction du port et, après quelques minutes d’attente, montons enfin sur le bateau de croisière de 200 personnes (Ventus Australis), amarré à proximité des deux navires de Greenpeace.

Nous sommes accueillis par des membres de l’équipage qui récupèrent nos passeports et nous guident, ensuite, vers notre cabine. Nous sommes sur le 3ème pont et dans une chambre classée AA afin de permettre d’y ajouter mon lit d’appoint. La chambre est effectivement spacieuse et mon lit se situe juste à côté de la large baie vitrée. Inutile de préciser que nous sommes tous les 3 émerveillés par tant de luxe après 6 mois de camping-car, auberges de jeunesse et autres espaces restreints.

Nos sacs à dos étant déjà dans la cabine, nous les vidons dans les placards prévus à cet effet puis, montons rapidement au salon Darwin, situé sur le 5ème pont, où seront données toutes les informations et consignes de sécurité aux personnes parlant et comprenant l’anglais. C’est aussi l’occasion de faire la connaissance du Commandant - qui aura sa femme et sa fille à bord au cours de cette traversée - et de l’ensemble des membres de l’équipage.

Le (poussif) discours du Commandant en anglais prononcé, c’est le moment de porter un toast de bienvenue puis, de découvrir le déroulé des 4/5 jours à venir.

En attendant nous quittons le port d'Ushuaia pour nous diriger vers le mythique Cap Horn 😀.

À 20 heures, le dîner est servi dans le restaurant situé au niveau du 1er pont. Une personne s’occupe exclusivement de notre table de 6 personnes (et, aussi, de 4 autres tables). Arrivés les premiers, nous nous installons côté hublot et jouissons d’une belle vue sur le canal de Beagle que nous commençons à traverser.

On passe d’ailleurs juste à côté du fameux phare des Éclaireurs, célèbre pour avoir inspiré Jules Verne pour son Le phare du bout du monde.

Par chance, pour compléter la table, nous tombons sur un couple français Bruno, Kathleen et Clément le fils de Bruno. Originaires de Tahiti, ils sont vraiment très sympathiques et les barrières sociales tombent quasi immédiatement. Nous sommes vraiment rassurés car nous craignions, compte tenu du lieu, partager notre table avec des personnes un peu plus « collet-monté »... Le dîner est, bien entendu, de qualité. Le vin - servi dès que le verre se vide - excellent. Bref, tout est en place pour que nous passions un superbe séjour !

Les discussions à table allant bon train, elles se poursuivent naturellement au salon Darwin où se trouve le bar et où les cocktails et digestifs sont servis jusqu’à minuit. Autant le dire de suite, pour Papa, c’est le Bonheur ! Il fera d’ailleurs, avec Clément, l’ouverture ET la fermeture du bar… Si Papa se couchera donc tard, pour notre part, avec Maman, nous regagnerons la chambre vers 23 heures et nous endormirons face au paysage qui défile, à la semi obscurité, devant notre grande fenêtre.

Il n'a pas l'air trop malheureux mon Papa !
4
janv

Aujourd’hui, nous avons foulé les terres du mythique Cap Horn ! Cela restera indéniablement un moment fort de ce tour du monde, d’autant plus que nous ne l’avions pas coché sur notre parcours initial.

Déjà réveillés depuis quelques temps pour profiter des paysages, en cette première matinée sur le navire, nous nous extirpons enfin de nos lits lorsque nous entendons, à 6h30, et directement dans notre chambre, la voix d’un membre de l’équipage nous invitant, une demi-heure plus tard, à nous regrouper, au salon Charles Darwin, pour prendre, par petits groupes, des zodiacs en vue de d'accoster sur l’île du Cap Horn.

Inutile de dire que nous obtempérons immédiatement et que personne ne manque à l’appel à 7 heures du matin ! C’est, donc, par petits groupes de 16 que nous embarquons, sous un temps magnifique, dans un des 6 zodiacs, non sans avoir enfilé, au préalable, nos gilets de sauvetage et, déposé, chacun, un porte-clés au numéro de notre chambre afin que l’équipage puisse bien contrôler qui est encore sur le navire.

Nous n’avons que 300 mètres à parcourir à bord du zodiac pour, enfin, arriver et poser nos pieds sur cette île dont le seul nom fait rêver ! L’origine du nom est, d’ailleurs, néerlandaise (« Kaap Hoorn »), le cap ayant été baptisé ainsi en l’honneur de la ville de Hoorn, au Pays-Bas, par le marchand hollandais Jacob Le Maire, accompagné du navigateur Willem Shouten, qui doublent la pointe extrême de l'Amérique le 31 janvier 1616.

Le cap Horn lui-même est une falaise haute de 425 m, situé sur une île longue de 6 km et large de 2 km. Nous y débarquons et montons des escaliers assez raides pour nous hisser en haut de la falaise.

La météo commencera, à cet instant, à se gâcher mais cela ne durera vraiment pas. Et puis, finalement, cela n’a fait, pour quelques minutes, que nous faire revivre les heures sombres de ce lieu emprunt de mystères. En effet, pendant de nombreuses années, il a été un point de passage crucial des routes commerciales entre l’Europe et l’Asie. Elles étaient empruntées par les voiliers pour transporter les marchandises tout autour du globe, et ce bien que les eaux océaniques autour du cap présentent de nombreux dangers : tempêtes fortes et fréquentes avec une mer très grosse, courant circumpolaire antarctique et présence possible d’icebergs voire de vagues scélérates. Ces dangers et l’extrême difficulté de son franchissement ont donné au cap Horn son caractère légendaire, mais aussi la réputation d’être un cimetière marin. Il est parfois surnommé le « cap dur », le « cap redouté » ou le « cap des tempêtes ».

Mais, nous ne connaîtrons pas de tempête car, rapidement, le soleil refait son apparition et offre à notre vue une île verte, sans arbre certes, mais riche de plantes qui profitent des fortes précipitations annuelles.

Pour ne pas abîmer cette superbe nature, nous empruntons des passerelles et nous dirigeons, dans un premier temps, vers le monument-mémorial érigé en hommage aux cap-horniers, c’est à dire aux marins ayant franchi, un jour, le cap le plus au sud du monde. Il dessine la silhouette d’un albatros, oiseau ayant la plus grande envergure au monde lorsque ses ailes sont totalement déployées (3 à 4 mètres au max.)

Puis, nous rebroussons chemin avec, en perspective, notre deuxième « destination » : le phare. Le cap fait partie des eaux territoriales du Chili, et la marine chilienne y maintient une station, comprenant une résidence et un bâtiment technique, une chapelle, et, donc, un phare, encore habité aujourd’hui par le gardien, sa femme et ses 2 fils. Nous avons d’ailleurs l’occasion de les rencontrer. Ils se montrent très disponibles et ne sont pas avares de commentaires et d’anecdotes.

Si nous ne nous mêlons pas aux discussions - nous ne maîtrisons pas suffisamment l’espagnol -, Papa sympathise beaucoup plus avec le « chien le plus austral du monde ».

Nous avons largement le temps de visiter les lieux mais, aussi, de nous imprégner de cette atmosphère si particulière. On essaie véritablement de graver chaque seconde dans nos mémoires, de profiter pleinement de ce moment si exceptionnel et de bien mesurer la chance que nous avons d’être en ce point si reculé de notre globe. Malheureusement, tout a une fin et il nous faut regagner le navire, toujours avec l’aide des zodiacs.

Nous sortons de ces embarcations pneumatiques grâce à la technique plusieurs fois expliquée par les membres de l’équipage : celle du « tcha-tcha-tcha » ! Il s’agit de poser un pied après l’autre sur des emplacements précis du zodiac afin de ne pas se déséquilibrer et tomber à l’eau.

Remontés sur le Ventus Australis, nous remettons nos porte-clés sur nos gilets de sauvetage, filons dans notre chambre les déposer dans un placard et descendons au restaurant pour prendre le petit-déjeuner présenté sous forme de copieux buffet. Seules les boissons nous sont servies directement à table.

Après le petit déjeuner, nous sommes invités, par petits groupes, à visiter « la passerelle » (autrement dit, le poste de pilotage du Commandant) en présence de celui-ci et d’une bonne partie de son équipe. Un membre de l’équipage nous donne de nombreuses explications sur le fonctionnement du navire, le rôle de certains appareils, l’importance et la signification de certains drapeaux, et nous montre la carte de navigation utilisée par le Commandant pour notre trajet. Celle-ci sera d’ailleurs soumise à une vente aux enchères à la fin de la croisière, le montant servant de pourboire à l’ensemble de l’équipage.

À l’issue, nous sommes conviés au salon Darwin afin que nous soit présenté le déroulé de l’excursion de l’après-midi qui doit nous amener sur l’île de Navarino dans la baie Wulaia, où nous devrions faire une petite randonnée. En fait, il y a 3 types de balades en fonction de ce qu’on souhaite faire et de notre état physique. Bien entendu, avec Papa, nous choisissons la plus dure car elle permet d’aboutir à un superbe point de vue. Maman prend, quant à elle, le niveau intermédiaire qui doit déboucher sur un mirador offrant déjà de belles perspectives sur l’île et ses alentours.

Mais, avant cette excursion prévue en milieu de journée, il est projeté un documentaire en anglais sur l’expédition d’Ernest Shackleton au début du XXe siècle. Cette histoire a littéralement impressionné et ému Papa qui compte bien, à son retour en France, s’intéresser de plus près à cette incroyable aventure humaine.

Après le déjeuner servi à 13 heures, il est temps, selon la même méthode que pour le Cap Horn, de monter dans les zodiacs et de se rendre sur l’île Navarino. L'île fut nommée ainsi par le capitaine Robert Fitzroy, qui dirigeait le second voyage d’exploration scientifique du HMS Beagle (1831-1836), à la mémoire de la victoire de la flotte franco-russo-britannique contre la flotte ottomane, le 20 octobre 1827, lors de la bataille de Navarin. À bord se trouvait Charles Darwin qui fut extrêmement surpris de découvrir dans quel dénuement vivaient les Yagans, totalement nus et se couvrant et se protégeant le corps grâce à la peau ou la graisse d’un animal - souvent des lions de mer - afin de lutter contre le froid. Les amérindiens Yagans furent, en effet, le premier peuple à vivre sur l'île.

Nomades et peu nombreux, ils ont pour la plupart disparu à la suite de la colonisation et de l'évangélisation de la Terre de Feu, à partir de 1860. Si l'île a la particularité d'abriter la localité habitée de façon continue, Puerto Toro, et la ville de plus de mille habitants les plus méridionales du monde, Puerto Williams, pour notre part, nous accostons à l’ouest de celle-ci, dans la baie de Wulaia.

Connaissez-vous l’histoire de la "poste du tonneau" de la baie Wulaïa ?

Dans ce tonneau, qui sert de boite postale, vous déposez votre lettre ou votre carte postale. Les marins - mais surtout les visiteurs - de passage ont pour mission de l'acheminer à destination. 😀

Préalablement à notre arrivée, le courrier déjà dans le tonneau avait été trié par pays. Après avoir déposé notre carte (à notre attention), nous en avons choisi 2. Toutes les 2 ont été écrites par 3 enfants à l'intention de leurs grand-parents paternels et maternels. Nous leurs enverrons à notre retour en France…

Nous verrons si la notre arrivera avant nous ou non ? 😀

Et hop ! Dans le tonneau ! 😀

Toujours par petits groupes d’une 20aine, constitués en fonction de la difficulté de la randonnée choisie, nous montons, sous un soleil radieux et à travers la forêt, la montagne qui nous offre, par moments, de belles perspectives sur la baie.

Mais, la vue devient beaucoup plus impressionnante lorsque nous arrivons au 1er mirador - celui que Maman atteint avec son groupe -, puis, au point final de la balade effectuée par Papa et moi (mais qui ne constitue pas pour autant le sommet).

Baie de Wulaia

Après avoir admiré et profité plusieurs minutes de ce beau panorama, il est temps de redescendre de boire un whisky ou chocolat chaud, et de regagner, via les zodiacs, le navire.

Le temps de se mettre à l’aise dans nos cabines et on remonte au salon Darwin afin de nous donner des informations sur les 2 excursions du lendemain.

Puis, la soirée débute tranquillement avec l’apéritif, se poursuit avec le dîner et se termine, enfin, avec quelques digestifs pour Papa avant d’aller nous coucher.


5
janv

Aujourd’hui, c’est la journée des glaciers. Nous arpentons, la bien nommée "avenue des Glaciers" ! Nous allons, visiter le glacier Pia dans la matinée, puis, l’après-midi, le glacier Porter. Nous nous trouvons désormais au cœur de la cordillère Darwin, chaîne de montagnes située à l’ouest de la grande île de la Terre de Feu. Elle représente le cordon montagneux le plus austral de la cordillère des Andes. Jusqu’en 2011, la cordillère Darwin était même l'une des dernières terrae incognitae de la planète !

Pour l’excursion du matin, après avoir enfilé des affaires chaudes - car le temps est couvert - et revêtu nos gilets de sauvetage, nous montons dans les zodiacs pour se faire déposer, quelques centaines de mètres plus loin, au bord du glacier Pia.

De là, la vue est déjà magnifique et impressionnante. Nous sommes à quelques dizaines de mètres de cet immense et imposant bloc de glace et, nous nous sentons vraiment minuscules à ses côtés.

Par chance, nous sommes dans le dernier groupe, qui est, aussi, le moins nombreux, et notre guide nous invite, immédiatement, à monter sur une petite falaise afin de bénéficier, sans trop de monde à nos côtés, de magnifiques vues sur celui-ci. Il nous distille, par la même occasion, une multitude d’informations sur le glacier et la flore environnante. En haut de la petite falaise, la vision sur le glacier Pia est aussi splendide.

Puis, alors que les autres groupes montent, nous descendons pour nous retrouver au plus près du glacier. Intelligemment, notre guide nous invite tous à marquer un temps, à faire silence et écouter les bruits de la nature. Forcément, le moment est magique, d’autant plus qu’on entend parfaitement le craquement de la glace. D’ailleurs, à plusieurs reprises, on entendra le bruit sourd de blocs de glace tombant dans la mer. On a même pu en apercevoir un chuter.

Nous sommes restés un long moment à observer ces paysages, à écouter le moindre bruit, à guetter la moindre chute de glace. C’était d’autant plus sympa que les autres groupes sont rentrés sur le navire les uns après les autres, et que nous avons quitté les lieux dans les derniers.

Après le déjeuner, nous devions voir le glacier Garibaldi, mais les conditions climatiques ne permettaient pas de nous en approcher… Nous nous sommes donc rabattus sur le Glacier Porter 😀 Nous sommes, de nouveau, montés dans un zodiac pour nous approcher au plus près de ce glacier. Maman ne nous a malheureusement pas accompagnée, préférant rester à bord. Vraiment dommage car nous nous sommes approchés de très très près du glacier ! Le zodiac étant plus maniable et rapide que n’importe quel autre bateau, nous avons pu le voir à moins de 20 mètres. Impressionnant !

Le parcours en zodiac a aussi été très sympa car nous avons évolué - et zigzagué - au milieu de plusieurs icebergs.

D’ailleurs, nous avons prélevé un peu de glace sur l’un d’entre eux afin de se faire un petit « whisky-icebergs » à notre retour sur le Ventus Australis (enfin, Papa...).

La fin de journée se déroule comme celle d’hier, autour d’un bon dîner, puis d’une agréable soirée, plus ou moins longue au bar, selon que vous soyez Papa, Maman ou moi...

Alors que nous effectuons la traversée d'Ushuaia à Punta Arenas avec le Ventus, l'autre navire de la compagnie Australis, le Stella, effectue le même parcours mais dans le sens inverse : de Punta Arenas à Ushuaia. En début d'après midi, les 2 navires se sont croisés. Le Stella est à l'identique de notre Ventus.

Sur l'avenue des Glaciers nous croisons le Stella 
6
janv

La nuit a été agitée. Nous avons, en effet, essuyé, en pleine nuit, vers 2 heures du matin, une petite "tempête" pendant une bonne vingtaine de minutes. Elle était tout de même bien petite car je ne me suis même pas réveillé… Papa et Maman l’ont, eux, bien sentie, le bateau bougeant pas mal et faisant parfois des bruits sourds lors de chocs avec les vagues. Si cela leur a semblé impressionnant, il s’avère que ce n’était vraiment rien aux dires de Paola, notre guide francophone. Cela arrive même très souvent en ces mers australes, et plus forte d'ailleurs. Pour info, il y a 4 jours en arrière, lors de son passage au Cap Horn les passagers du Ventus n'avaient pas pu accoster sur l'Ile - la mer étant déchainée !

Ce matin donc, nous sommes réveillés par la voix d’un membre de l’équipage nous invitant, dès 8h, à venir petit-déjeuner dans la salle à manger. S’il est, bien entendu, possible de le prendre un peu plus tard, nous n’avons, quant à nous, guère le choix car les personnes de langue française sont dans le premier groupe de sortie, pour se rendre au pied du glacier Condor.

Nous embarquons à 9h, dans un zodiac, sous un temps bien couvert, et parfois même pluvieux, avec 5 autres francophones (nos amis de Tahiti et 2 suissesses), en direction de ce superbe glacier d’une trentaine de mètres de haut qui aboutit dans le canal de Beagle.

Situé sur l’autre versant du glacier Porter, formé il y a 23.000 ans, il avance aussi chaque année dans le canal de Beagle et à une température de 2°C en moyenne. Son nom provient soit d’un hommage rendu à un aviateur chilien de l’Aéropostale dont l’avion - appelé « Le Condor » - s’est crashé sur un glacier de la région, soit d’un lieu de nidification de ces magnifiques et immenses oiseaux que nous n’apercevons pourtant que rarement ici car il y pleut beaucoup (et sous la pluie le condor peut difficilement voler)…

Tout comme hier, nous nous en approchons à une vingtaine de mètres, au milieu de morceaux de glace - que l’on peut appeler glaçons ou icebergs car l’eau est à la fois salée (icebergs) et douce (glaçons), en raison de la fonte du glacier symbolisée, ici, par la belle cascade à ses pieds et au débit important.

Longeant l’immense façade du glacier, nous nous approchons de rochers où s’installent mouettes et autres cormorans impériaux, aux ventres blancs et au plumage bleu foncé.

De retour sur le Ventus Australis, et après s’être changés en raison de la pluie et des éclaboussures des vagues sur le zodiac, nous allons faire un tour dans la machinerie et dans les "coulisses" de cet énorme navire (logements de l’équipage, garde-manger…).

Puis, pendant que les autres groupes font la même excursion, nous vaquons, chacun, à nos occupations jusqu’à la projection d’un documentaire sur les manchots de Magellan que nous avons déjà vus en quantité sur Punta Tombo (péninsule de Valdès) et que nous devrions revoir, demain matin, sur l’île Magdalena.

Après le déjeuner, nous remontons dans un zodiac pour nous rendre, quelques mètres plus loin, sur une plage que nous longerons pour atteindre le glacier Aguila. Celui-ci est le pendant du glacier Pia (vu la veille).

On y voit entre autres un magnifique "moulin" qui lui permet de "respirer" et qui le traverse en souterrain jusqu’à sa sortie sur l’autre versant, au niveau du glacier Pia.

La promenade sur la plage nous permet aussi d’en apprendre davantage sur les coquillages atteint par la "marée rouge", qui en interdit leur consommation. En effet, en manger peut provoquer un blocage du fonctionnement de la langue qui ensuite étouffe en 5 minutes l’homme. Rassurant !

On y voit quantité d’algues ayant, à l’inverse, de multiples vertus (dermatologiques, nutritives…). Les arbres alentours sont superbes et offrent un magnifique dégradé de vert. On y trouve surtout le hêtre de Magellan (qui n’existe qu’ici et en Australie / Nouvelle Zélande), reconnaissable à sa forme de bonsaï. Il met énormément de temps à grandir (au bout de 150 ans, il dépasse tout juste 20 cm de haut !).

Pour ma part, si je suis, comme tout le monde, impressionné par la beauté sauvage du paysage, qui est saisissante malgré le temps couvert, je prends aussi beaucoup de plaisir à m’améliorer au ricochet aux côtés de notre ami Bruno de Tahiti qui est un as en la matière.

De retour sur le navire, nous nous préparons tranquillement pour notre dernière soirée à bord avec, notamment, la traditionnelle soirée du Commandant. Je précise "notamment" car, avant, une tombola est organisée pour faire gagner le drapeau qui a flotté sur l’avant du Ventus Australis pendant toute la traversée. Malheureusement, nous ne sommes pas tirés au sort. Puis, se met en place la vente aux enchères de la carte marine du Commandant, sur laquelle il a tracé notre parcours pour atteindre et répartir du Cap Horn. Elle est vraiment magnifique et, surtout, constituerait un magnifique souvenir de notre croisière.

Je suis bien tenté d’y participer (jusqu’à une certaine somme...), poussé en cela par Maman d’ailleurs. Papa, en revanche, ne m’y incite pas du tout. Du coup, je m’abstiens, d’autant plus que la mise à prix (100 $) passe assez vite à 200, montant de 10 $ en 10 $, pour atteindre finalement 560 $ proposés par un couple d’allemands.

Puis, nous descendons enfin dîner. Les gens ne sont finalement pas plus « habillés » que cela. Nous craignions, en effet, que ce soit très guindé. Or, la très grande majorité des personnes portent des tenues assez décontractées, ce qui nous convient parfaitement, nous qui n’avons même pas une chemise ou de petite robe pour Maman...) dans nos sacs à dos !

À l’issue, nous montons prendre du bon temps et… un bon digestif au salon Darwin (plusieurs même pour Papa, Bruno et Clément). Si pour certains, la soirée ne fait que commencer…, pour notre part, nous nous couchons vers 23 heures.

7
janv

Si cette nuit a été agitée pour bon nombre de passagers qui ont prolongé la soirée du Capitaine jusqu’à point d’heure..., pour notre part, elle est restée assez calme. Du coup, au réveil, à 6h30 du matin, nous nous sommes levés assez facilement pour embarquer sur les zodiacs à destination de la isla Magdalena.

Il s’agit d’une des plus grandes réserves naturelles pour les manchots de Magellan qui s’y reproduisent en masse. Ils sont toutefois bien moins nombreux qu’à Punta Tombo sur la péninsule de Valdès, où nous étions il y a quelques jours encore. Ils arrivent des îles Malouines et des côtes brésiliennes entre septembre et octobre - les mâles d’abord, les femelles ensuite. Après la parade amoureuse et la préparation des terriers, la femelle pond deux œufs qui éclosent après 40 jours d’incubation. En mars, les jeunes ont déjà l’air adulte et le chemin retour se prépare. En avril, ils en sont déjà tous partis.

Du coup, nous débarquons sur cette île à l'une des meilleures période, au moment où les petits sont entre 2 : ils ont encore leur plumage de poussins et commencent à le perdre pour un plumage d'adulte. La colonie de l’île est estimée, à ce moment là, à plus de 150.000 couples ! Haut de 70 cm, le manchot de Magellan peut atteindre l’âge de 30 ans, et revient toujours pondre là où il a vu le jour.

Puis, nous longeons sur 800 mètres un joli sentier qui nous permet de les côtoyer de très près - ainsi que les très nombreux goélands dominicains (une sorte de mouettes !), et autres oiseaux...

Interdit aux -18 ans

La balade aboutit à un vieux phare datant de 1902 mais, automatisé depuis 1955.

De retour sur le navire, nous allons prendre notre dernier petit-déjeuner et préparons nos sacs pour libérer la chambre à 10 heures. C’est, bien entendu, un peu triste que nous quittons le Ventus Australis après 4 très belles journées, une organisation quasi parfaite et des membres d’équipage sympathiques et attentifs.

À noter que pour naviguer dans le détroit de Magellan, et afin d’accoster au port de Punta Arenas, le Commandant se fait aider par de petits bateaux qui connaissent parfaitement les fonds marins et l’aident à se diriger.

Le navire à quai, nous attendons encore une bonne heure, le temps que l’équipage descende nos bagages et vide le bateau en vue de le recharger ensuite, dès notre départ, en prévision de l’arrivée de nouveaux touristes, qui partiront pour la croisière de 18 heures, faisant le chemin inverse au nôtre.

Nous récupérons nos passeports - avec 2 nouveaux tampons ! -, et descendons du Ventus Australis où nous attend un bus qui nous déposera, quelques mètres plus loin, dans le bâtiment de la douane où nous retrouvons aussi nos valises. Pas très écolo mais, peut-être, est ce dû aux contraintes de sécurité ?... Nous sommes déjà bien tristes de quitter le bateau - comme si c’était la fin d’agréables vacances ! - mais nous le sommes d’autant que nous devons dire aurevoir à nos amis Bruno, Kathleen et Clément. Nous nous consolons en nous disant que nous aurons sûrement l’occasion de les revoir sur Tahiti ou, peut-être, encore, en Amérique du Sud. À suivre…

Avec Papa, nous sommes vraiment très reconnaissants à Maman de nous avoir offert cette superbe croisière qui constitue indéniablement une belle coupure « luxe » dans notre tour du monde. Après 6 mois de camping-car et auberges de jeunesse, ça nous a fait du bien.

L’Aventure reprend ensuite le dessus et, nos sacs sur le dos, nous traversons les rues de Punta Arenas en direction de notre hôtel, avant d'attaquer la remontée du Chili.