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... en Argentine

Un pays qui s'étend depuis le tropique du Capricorne jusqu'au détroit de Magellan. A nous : Salta - Cordoba - Buenos Aires - Iguaçu - Péninsule de Valdès - la Terre de Feu et la Cordillères des Andes.
Du 23 novembre 2019 au 27 janvier 2020
66 jours
1
23
nov

L'arrivée hier soir, de nuit et sous une pluie fine, ne nous a pas permis de bien apercevoir la ville de Salta. Aujourd’hui, avec le temps radieux qui s’annonce, nous allons passer toute la journée à arpenter les rues et sites de cette belle ville argentine « Salta la linda » donnée comme une des plus belles d’Amérique du Sud. Fondée en 1582 par les espagnols, halte majeure sur la route commerciale vers la Bolivie et le Pérou, ville prospère aux XVIIIème et XIXème siècles, elle a su garder de beaux monuments, à l’instar de ses maisons seigneuriales, ses églises, ses balcons en bois ouvragés...

Comptant 550.000 habitants, perchée à 1.550 mètres d’altitude, au pied du cerro San Bernardo, elle s’articule autour de sa place centrale au décor assez homogène. C’est donc par celle-ci - la Plaza 9 de Julio - que nous débutons notre matinée pourtant bien entamée.

Pablita et Papa ont, en effet, dû, en amont, changer des dollars en pesos argentins, pour prendre, ensuite, les billets de bus au terminal afin de partir demain vers la Bolivie.

Autour de cette place aux hauts palmiers et massifs magnolias, se trouvent concentrés les principaux édifices de la ville. On y observe la cathédrale de la fin du XIXe siècle, au ton rose pâle et à la riche décoration intérieure et, juste à côté, l’archevêché avec sa façade austère et son balcon de bois.

Toujours sur la place, se tiennent le musée historique du Nord (argentin...) et l’ancien Palais du Gouverneur, converti aujourd’hui en centre culturel américain. Avec son hall en marbre, ses escaliers majestueux..., il constitue un cadre agréable pour prendre des cours de tango ou, encore, admirer des expos temporaires.

Nous poursuivons notre « randonnée urbaine » vers le marché municipal San Miguel et ses rues très commerçantes aux alentours. C’est un vrai bazar et n’y trouvons finalement pas de quoi grignoter. Il faut dire aussi que nous n’avons pas véritablement très faim. Enfin, jusqu’à ce que nous passions, dans une rue piétonne, devant un Mc Do « spécial helados », c’est-à-dire servant uniquement des glaces. Pablita, folle de Kit-Kat, tombe nez à nez avec un « cono » parfum vanille (ou dulce de leche) enrichi de ce délicieux biscuit au chocolat. Nous nous laissons donc légitimement tenter...

Continuant notre parcours à travers le cœur de ville de Salta, nous déboucherons devant l’église San Francisco, rouge et ocre, et sa tour de 54 mètres de haut. Devant, sur le parvis, trône une statue de Saint François d’Assise. À l’intérieur, outre ses plafonds peints et l’impressionnante croix suspendue au dessus du chœur, on peut observer à travers les grilles le joli jardin du cloître.

Un peu plus loin, on passe devant le couvent San Bernardo, un des plus anciens bâtiments de la ville et toujours habité par des carmélites. S’il ne se visite pas, on a pu admirer la belle porte en bois sculptée en 1762 par des Amérindiens.

À l’issue, souhaitant monter au sommet du cerro San Bernardo, la colline qui surplombe Salta, afin de jouir de belles perspectives sur les environs, nous nous séparons en deux groupes : Pablita et Papa décident de faire « l’ascension » à pieds en suivant un chemin de croix, Maman et moi prenons, en revanche, le téléphérique... que nous ne pourrons emprunter que grâce au complément d’argent prêté par notre voisine de chambrée à l’hôtel, sur laquelle nous sommes tombés par hasard.

Nous nous retrouvons finalement tous les 4 au sommet et au milieu d’un espace bien aménagé et apprécié des locaux en ce samedi après-midi. Nous ferons la descente ensemble et passerons par le parc, et la statue, de Martin Miguel Güemes, héros national des guerres d’Indépendance et véritable fierté de la ville.

Nous ferons la descente ensemble et passerons par le parc, et la statue, de Martin Miguel Güemes, héros national des guerres d’Indépendance et véritable fierté de la ville.

Puis, intense bonheur (!), nous nous installons à l’intérieur d’un bar argentin pour assister à la finale de la Copa Libertadores, l’équivalent de la Champions League européenne de football, opposant le club argentin River Plate au club brésilien de Flamingo. Une vraie rivalité ! Originalité : nous devons payer un peu moins de deux euros pour avoir accès à l’intérieur du bar (et à la télévision). Papa, foot oblige, se prend un bon litre de bière de Salta, tandis que nous prenons, plus sagement, un coca et un litre de limonade. Le match débute parfaitement puisque le club argentin de River Plate ouvre le score, forcément dans une grosse ambiance. Malheureusement, Flamingo renversera la situation en toute fin de match et marquera deux buts dans les 5 dernières minutes ! La fête, qui se préparait sur la place et dans les rues de Salta, est totalement gâchée. Une vraie douche froide ! Dommage aussi pour nous car cela aurait été un bon moment…

Du coup, on rentre immédiatement à l’hôtel pour se poser une petite heure avant de ressortir pour dîner. En effet, ce matin, Pablita et Papa, en allant acheter les billets de bus, sont « tombés » sur les menus d’un restaurant argentin qui leur a paru à la fois bon et abordable. Prenant les devants, ils ont réservé une table pour 20h. Les voyages, ce sont certes de superbes paysages, de belles rencontres mais, ce sont, aussi, des découvertes culinaires et… viticoles. Car, si nous nous sommes, bien entendu, laissés aller à la consommation de la très réputée viande argentine, nous avons accompagné celle-ci d’un vin rouge de la région de Cafayate. Un vrai régal !

Cerise sur le gâteau si on peut dire, Papa a pu payer, et sans frais, par carte bleue ! En effet, en Argentine, il semblerait que, majoritairement, lorsque tu retires à un guichet automatique ou que tu paies directement avec ta carte, il soit prélevé de lourds frais bancaires (en plus de ceux que peut te prendre, éventuellement, la banque française, ce qui n’est, heureusement, pas notre cas).

Repus, nous nous relaissons pourtant tenter par un « cono » de chez Mc Do afin de finir sur une note sucrée. Nous rentrons finalement vers 22h30 à l’hôtel où, après une bonne douche, nous nous couchons, conscients que la nuit sera courte, le bus pour la frontière bolivienne partant à 7h du mat’...

24
nov

Aujourd’hui, nous rentrerons dans un nouveau pays sud-américain : la Bolivie ! Si ce pays était bien au programme de notre tour du monde au moment du départ de France, avec les événements politiques, nous avions malheureusement abandonné l’idée de nous y rendre. Puis, d’informations en échanges sur les réseaux sociaux, apprenant que le sud du pays était sûr et sans aucun mouvement social, nous avons décidé de nous rendre sur Tupiza, d’où nous ferons une excursion de 4 jours, et avec une agence agrée, dans le sud Lipez et le Salar d’Uyuni. Ces deux régions sont vraiment des « Must do » en Amérique du Sud et nous ne voulions pas passer à côté si la possibilité nous était offerte d’y aller.

Dès lors, malgré le réveil matinal, à 5h40, et avec le bon petit-déjeuner de l’hôtel pris à 6h, nous cheminons heureux vers le terminal des bus de Salta où notre bus doit nous amener, pour 7h, en direction de la frontière argentino-bolivienne.

Peut-être étions nous trop « le nez au vent » car, 20 minutes de marche plus tard, nous nous sommes rendus compte que nous nous étions un peu rallongés et que nous étions désormais en retard… Du coup, d’une marche cool, nous sommes passés à une marche active puis, celle-ci n’étant pas suffisamment efficace, à une véritable course contre la montre et… le départ du bus. Papa, courant le plus vite, malgré un léger mal de ventre dû à un abus de lait au petit-déjeuner, est arrivé juste à temps pour bloquer le bus en partance et nous permettre de monter.

Les 7 heures de route jusqu’à La Quiaca, ville argentine située à la frontière avec la Bolivie, se dérouleront sans souci, de magnifiques paysages défilant en même temps que les kilomètres.

À La Quiaca, une fois descendus du bus, les sacs à dos sur les épaules, nous sommes partis en direction de la frontière que nous atteindrons après une petite demi-heure de marche, guidés par le GPS du téléphone portable de Pablita. Avant de franchir les douanes, nous avons marqué un petit temps d’arrêt, à l’ombre, pour vérifier le contenu de nos sacs car nous n’avions pas toujours eu l’œil sur eux durant ces dernières heures.

Le passage de la frontière Argentine/Bolivie …. c'est ici 😀

25
nov

Même si nous n'avons pu faire l'ensemble de la Bolivie comme il était prévu initialement, nous avons pu toutefois en passant par le nord de l'Argentine passer 4 jours qui nous ont permis de visiter le sud Lipez et le Salar d'Uyuni. Le passage à la frontière se faisant relativement facilement.

Pour suivre nos aventures boliviennes c'est par ici. 😀

29
nov

Nous franchissons, une nouvelle fois la frontière bolivo-argentine (mais dans l’autre sens cette fois-ci), sans aucun contrôle de la douane bolivienne et un autre très expéditif de celle d’Argentine. Frustration pour Maman et moi : nous n’aurons aucun tampon bolivien sur nos passeports.

Avec nos sacs à dos, nous remontons progressivement les rues de La Quiaca, ville-frontière argentine, pour aboutir au terminal des bus et y acheter les billets pour Humahuaca que nous atteindrons après deux bonnes heures et demi de route (toujours avec la musique à fond !).

Les américains du sud de manière générale ont beaucoup de mal avec les mathématiques, et les additions en particulier. Pour un simple calcul (4 personnes à 350 pesos argentins), il a fallu que l’agent de la société de bus use d’une calculatrice après avoir essayé, en vain, de le faire de tête.

Une fois déchargés nos sacs des soutes des bus, les préposés nous réclament, en Argentine, une propina (pourboire) pour service rendu. Un peu rude pour un « lancer de sac à dos » mais il semblerait que ce soit un bon complément de salaire de ces employés sous payés par les compagnies de transport…

L’auberge de jeunesse n’est pas loin du tout du terminal et nous nous installons rapidement dans notre dortoir de 9. Nous leur confions notre linge, qui a bien besoin d’être nettoyé après les journées poussiéreuses au sud Lipez, puis, l’heure du dîner étant venue, nous sortons en quête d’un restaurant.

Ce premier tour d’Humahuaca est très agréable et nous avons, d’emblée, une très bonne impression du village. Après le dîner dans un restaurant végétarien, nous rentrons à l’auberge pour siroter une bière au cactus et aller nous coucher, encore fatigués des jours précédents. Demain, nous devrions encore pouvoir traîner au lit…

30
nov

Papa avait promis une journée cool… il a tenu parole ! Ce matin, le réveil n’a même pas sonné ! Nous avons très bien dormi et nous sommes levés un peu après 8 heures afin de prendre le petit-déjeuner servi à l’auberge.

La matinée a vraiment été très cool. Nous n’avons rien fait de particulier. Chacun a vaqué librement à ses occupations. Papa est tout de même allé en fin de matinée visiter le cœur du village de Humahuaca, avec sa jolie petite place centrale, ses rues pavées, son église de la Candelaria et le Cabildo, bâtiment de style colonial avec sa tour-horloge.

Il a aussi pu difficilement passer à côté du massif Monument de l’Indépendance.

Au retour de Papa, nous sommes sortis déjeuner au restaurant d’à-côté. Un vrai désastre ! Nous avons été accueillis par le fils du propriétaire - âgé d’une 10aine d’années - et qui ne semblait pas « avoir la lumière à tous les étages ». Il s’est totalement désintéressé de nos commandes, nous apportant le plat principal avant l’entrée, ne surveillant pas si cette dernière était prête… De plus, le poulet servi sentait la javel et les frites étaient quasi crues ! Si bien que, au bout d’une heure de frustration et à bout de patience, nous avons payé une partie de notre déjeuner et sommes partis sans avoir - presque - rien mangé.

Revenus à l’auberge, nous avons récupéré notre linge nettoyé et sommes partis prendre un taxi afin de nous rendre à El Hornocal, la montagne aux 14 couleurs. Une demi-heure de piste-route plus tard, nous atteignons le parking situé à 4.350 mètres d’altitude et entamons une courte marche - en descente - pour accéder à un belvédère sur ces crêtes striées aux reflets rouge, vert, jaune, orange, rose, violet … Ces couleurs sont dues au passé géologique de ce secteur riche en soufre, fer et cuivre.

Au bout d’une bonne demi-heure sur le site, et ayant un peu froid en raison du vent et de l’altitude, nous reprenons la voiture pour redescendre tranquillement sur Humahuaca. Nous regagnerons l’auberge pour voir défiler sereinement le reste de la journée.

Papa se fait copain-copain avec 3 françaises (plutôt jolies 😀) qui jouent à la belote en faisant le 4ème.

Maman poursuit nos publications sur le blog. Pablita prépare ses étapes en Patagonie qu’elle visitera avec son père. Quant à moi, je vais prendre une douche et alterne entre IPad et lecture.

Si Maman restera à l’hôtel, préférant déguster les pancitos préparés par le cuisinier de l’auberge, Pablita, Papa et moi irons plutôt dîner dans un restaurant.

Il sera 21h30 quand je me coucherai avec Papa, les « femmes » préférant traîner un peu plus…

1
déc

L’avantage de dormir dans un dortoir de 9 est, sans nul doute, le prix. L’inconvénient est, sans aucun doute, les 8 autres personnes qui dorment avec toi ! Enfin, je retranche Papa et Maman, retiens Pablita... et ne garde finalement que le mec qui est arrivé vers 3 heures du mat’, sûrement saoul comme une barrique. Bien entendu, il a fait un boucan du diable (heureusement il ne dormait pas tout en haut de notre lit-gigogne de 3 étages !). Et, bien étendu, il a ronflé toute le reste de sa nuit !!!

Malgré ce, grâce à un réveil tardif (8h !), nous avons tous passé une assez bonne nuit. Le petit-déjeuner pris dans l’auberge et les sacs faits (pendant que l’autre continuait à ronfler malgré le bruit fait, volontairement, par nos soins hihi 😀), nous avons pris le chemin du terminal des bus d’Humahuaca afin de prendre le premier qui partirait en direction d’Uquía.

Une chance pour nous, le bus faisant la liaison entre les petits villages de la région est sur le point de partir, nous laissant juste le temps de nous y glisser avant son départ.

Uquía ne se situe qu’à 10 kms d’Humahuaca et nous y arrivons 1/4 heure plus tard. Souhaitant effectuer une petite randonnée dans le Quebrada de las Señoritas, dont le sentier débute sur les hauteurs du village, nous faisons une petite pause dans un restaurant afin d’y laisser nos gros et lourds sacs à dos que nous viendrons récupérer lors du déjeuner. Traversant les rues d’Uquía avec ses maisons en adobe - nous n’avons pu visiter l’église coloniale fermée pour travaux -, nous longeons ensuite le cimetière, accompagnés de deux chiens qui nous suivront toute la balade et que nous prénommerons Copain et Cochon (ce dernier ayant, sur le parcours, été très insistant avec une chienne…).

Uquia

La Quebrada de las Señoritas est un ensemble de concrétions d’un rouge flamboyant provoquées par l’érosion. Chacun à son rythme, Maman avec Pablita (et… Cochon bizarrement…) et moi avec Papa (et Copain), nous traversons ces paysages rappelant les western américains.

Quebrada de las sénoritas

Nous y passerons deux bonnes heures avant de retourner au restaurant pour y prendre un très bon déjeuner. Il faut dire que la cuisinière a eu de nombreux prix, en particulier pour ses empanadas et ses tamalés, plats présentés dans des feuilles de maïs et constitués de farine de maïs et d’œufs. Nous lui commanderons donc, à emporter, notre dîner du soir, en y ajoutant des humitas, qui ne nous avaient pas laissés un grand souvenir en Équateur, mais dont on veut se faire une seconde opinion.

À l’issue, nous redescendons les rues d’Uquía pour se positionner le long de la route où passent les bus en direction de notre prochaine étape : Tilcara. Voyant deux jeunes filles se faire prendre en stop, et tous les bus ne s’arrêtant pas forcément, je décide de me lancer dans le stop... mais en vain. Je ne dois pas avoir les mêmes « arguments » que ces deux demoiselles…

Un bus inter-villages finit finalement par s’arrêter (on n’aura pas attendu longtemps tout de même) et nous voici embarqués pour une demi-heure de trajet jusqu’à Tilcara, village de 4.500 âmes dont le nom signifie joliment « étoile filante » en quechua.

À peine arrivés dans notre hôtel et installés dans notre chambre de 4 (à 22 euros la nuit, petit déjeuner inclus !), Pablita, Papa et moi repartons illico entamer une nouvelle randonnée vers la Garganta del Diablo, jolie cascade nichée au creux d’un canyon. Annoncée comme assez simple par le Routard, elle est finalement un peu plus raide. En plus, au regard du temps menaçant, Papa y met un rythme très soutenu. Si Pablita arrive à le suivre quelques mètres derrière, pour ma part, je râle… au loin. La balade est pourtant vraiment très sympa et, la météo étant finalement clémente, j’apprécie, moi aussi, cet après-midi et l’arrivée sur la belle cascade.

De retour à l’hôtel, nous retrouvons Maman un peu plus tôt que prévu - puisque nous avons mis moins de deux fois moins de temps que celui annoncé par notre célèbre guide français !

Nous nous préparons, dans la cuisine commune, les empanadas, tamales et autres humitas achetés ce midi et les dégustons, sans être particulièrement emballés, dans notre chambre.

Après une bonne douche, nous nous couchons tous vers 22h30, non sans que Papa ait eu la chance de profiter d’un bon massage du dos par Pablita, chance que nous connaîtrons, Maman et moi, dans les prochains jours…

2
déc

Ce matin, ce ne sont pas les coqs que nous avons le plus entendus mais... les chiens ! Ils sont très nombreux à errer dans les rues mais ils ne sont vraiment pas agressifs. Beaucoup cherchent de la compagnie et une attention des humains, ce que je ne manque d’ailleurs, pas de leur porter même si Papa n’apprécie pas vraiment. En effet, même si nous nous sommes fait vacciner contre la rage avant de partir, le produit ne fait que ralentir le « poison ». Il nous fait gagner 48h en cas d’infection mais, en aucun cas, ne prémunit contre la rage. Et, vu le prix d’un vaccin en Amérique du Sud, il y a fort à parier que même les chiens avec propriétaire ne sont pas vaccinés.

Nous sommes donc levés vers 8h et, luxe absolu, nous faisons servir le petit-déjeuner dans notre chambre. Pourtant, nous ne sommes vraiment pas dans un hôtel 5 étoiles. Bien au contraire, nous profitons de notre long séjour en Amérique du Sud pour se « refaire la cerise » et abaisser fortement le coût quotidien de notre tour du monde. Avant notre départ, nous avions prévu un budget quotidien de 150 € pour nous 3. Nous en sommes aujourd’hui à... 260 € ! L’Islande, l’Alaska et l’ouest canadien en camping-car ont fait beaucoup de mal à notre bourse. Il nous faut donc limiter au maximum les frais, sans pour autant se priver, car nous ne reviendrons pas de sitôt dans ces contrées lointaines. On doit d’autant plus faire attention que la suite du tour du monde ne se déroulera pas dans les pays les plus économiques.

Le petit-déjeuner pris, nous partons immédiatement en direction de la Pucará de Tilcara, que nous atteindrons après un quart d’heure de marche dans les rues du village. Ancienne forteresse précolombienne, elle est aujourd’hui très bien restaurée par des archéologues particulièrement intéressés par le site car ses habitants jetaient à proximité tous leurs détritus. Ceux-ci sont, de nos jours, autant de richesses pour mieux comprendre la vie de l’époque. Cette forteresse est composée de très nombreuses habitations construites avec deux rangées de pierres, jointes souvent par du gravier, un toit de torchis (terre + paille) sous lequel on trouve des pierres et une charpente à base de bois de cactus. Il y a énormément de pucarás dans la Quebrada de Humahuaca. Celle de Tilcara a été classée, en 2003, au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en raison de sa biodiversité mais, aussi, de son Histoire et de sa civilisation vieille de plus de 10.000 ans.

Nous revenons à l’hôtel récupérer nos gros sacs à dos et rendre les clés de la chambre puis, nous dirigeons vers le terminal des bus où nous attendrons un petit quart d’heure le car qui nous mènera à Purmamarca. Ce village de 700 habitants est enserré par des montagnes, dont le magnifique "cerro de los siete colores", colline aux 7 couleurs, dont nous allons faire le tour après avoir déposé nos affaires, dans un restaurant, le temps de la marche. Le "paseo de los Colorado" est un sentier de 3 kms qui va nous livrer de beaux dégradés de couleurs sur les montagnes.

Avant de regagner le restaurant pour le déjeuner, nous passerons par la place centrale du village avec ses nombreux stands de produits artisanaux - Pablita se laissera d’ailleurs tentée par un poncho et une écharpe - et son église Santa Rosa de Lima. Composée majoritairement de bois de cactus, elle date de 1648 et a été blanchie à la chaux. À côté de celle-ci, se trouve un arbre de 700 ans d’âge (l’argarobo negro), une sorte d’acacias très peu répandue.

Au restaurant, il règne une belle ambiance avec un groupe de musique jouant des chansons parlant de la région de Jujuy (prononcer « rourouille »). Comme souvent, nous prenons le menu du jour qui est tout à la fois consistant et économique. Malheureusement, s’il était rapidement servi en Équateur ou au Pérou, il semble qu’en Argentine, cela ne soit vraiment plus le cas ! Ainsi, il nous aura fallu deux bonnes heures pour déguster des plats du jour. Certes, le spectacle était sympa - quoique un peu fort - mais c’est tout de même un peu long.

Du coup, nous prendrons le bus de 14h45 pour nous rendre, d’abord, à San Salvador de Jujuy puis, après une heure d’attente au terminal de cette ville, nous enchaînerons avec une autre compagnie pour arriver, en début de soirée, sur Salta. Au terminal des bus, nous en profitons pour prendre nos billets pour jeudi prochain en direction de Córdoba, trajet que nous ferons de nuit, tout comme Pablita qui se rendra, quant à elle, sur Mendoza. Puis, nous prenons un chemin que nous connaissons finalement assez bien puisque nous retournons vers le même hôtel que lors de notre première visite de Salta.

Toutefois, comme souhaité depuis quelques temps, nous marquons une pause « douceur » dans le restaurant dans lequel nous avions diné il y a une 10aine de jours afin d’y déguster leurs fameux pancakes au dulce de leche. « Une tuerie » nous écrivait Christophe M. Nous confirmons !!!

Une fois installés à l’hôtel, je reste seul dans la chambre quelques instants, le temps de prendre ma douche et de laisser Papa et Maman accompagnés de Pablita, retirer de l’argent puis, acheter des empanadas pour compléter le dîner du soir... qui n’est donc pas très équilibré. À l’issue, et après une bonne douche pour chacun, nous nous couchons aux alentours de 23h.

3
déc

Si les travaux dans l’hôtel jusqu’à 23h la veille ne nous ont pas forcément gênés, il n’a pourtant pas été simple de se lever. Mais, nous n’avons pas vraiment le choix, le programme du début de matinée étant un peu chargé avant d’aller récupérer la voiture de location et entamer notre virée de 3 jours au sud de Salta. Ainsi, nous nous faisons violence et nous extirpons de nos lits pour aller prendre le petit-déjeuner de l’autre côté… de la porte de notre chambre ! Très fourni, nous goutons tout ce qui nous est proposé.

Pablita se prépare plus rapidement que nous pour aller échanger finalement ses dollars en pesos argentins, les retraits bancaires aux guichets étant vraiment trop onéreux entre les frais bancaires français et ceux prélevés par les banques argentines.

Puis, nos gros sacs sur le dos, nous nous rendons à l’agence de location de voitures, située en cœur de ville, afin d’y récupérer la voiture réservée par internet.

Les démarches remplies, nous embarquons dans une Nissan Onyx et sortons facilement de Salta en direction des vallées calchaquíes. Ce nom est dû au fait que le Rio Calchaquí emprunte plusieurs vallées très différentes les unes des autres.

Ainsi, tout au long du parcours, les paysages vont énormément évoluer, tout comme la route d’ailleurs qui, de sinueuse et bitumée, deviendra piste et montée, notamment celle de la Cuesta del Obispo.

Afin de nous dégourdir un peu les jambes, Pablita, Papa et moi ferons, par la suite, une courte marche d’un kilomètre dans la « vallée enchantée » et à 3.290 mètres d’altitude.

Si, jusque là, les nuages n’étaient pas trop gênant, nous arriverons au col de la Piedra Molino, marqué par une petite chapelle, sous une épaisse brume.

Celle-ci se dissipera heureusement dans la descente à l’approche d’une immense plaine d’altitude - la Cachi Pampa - traversée par une très longue route droite (14kms !) appelée la recta Tin Tin.

C’est près d’un mirador donnant sur cette étendue que nous nous arrêterons pour déjeuner et déguster le saucisson de lama et le fromage de chèvre (avec origan) achetés au sommet de la Cuesta del Obispo à un vieux producteur local. À l’aide du couteau suisse de Papa - un cadeau de la Ville de Genève -, nous nous sommes délectés de ces produits locaux « faits maison ».

le saucisson a été englouti avant même la photo !

De retour sur la recta Tin Tin, nous avons vite obliqué sur le Camino de los Colorados. Cette piste caillouteuse traverse le parc national Los Cardones, du nom de ce cactus typique de la région, et offre des paysages fantastiques, aux multiples teintes, allant du vert au rouge, en passant par de nombreuses autres couleurs.

Au bout d’une bonne 20aine de kilomètres, nous quittons ce chemin pour rejoindre la fameuse Ruta 40 qui traverse l'Argentine du nord au sud (de La Quiaca à Ushuaia). Mais, sur cette portion, il s’agit plutôt d’une autre route caillouteuse pour laquelle d’ailleurs notre véhicule n’est pas assuré. Si Papa roule, bien entendu, prudemment, la Nissan ne lui permet pas de se prendre pour Alain Prost ! -, il n’en est pas de même des autres véhicules qui arrivent en face et qui ont tendance à rouler vite. Aussi, à chaque virage, il décide de klaxonner pour prévenir de sa présence et anticiper un éventuel choc.

Après une petite heure de route, nous arrivons enfin sur Cachi, gros village de 8.000 habitants, à 2.280 mètres d’altitude, qui a su conserver son authenticité avec ses gros pavés, ses maisons basses blanchies à la chaux et le calme de sa place centrale. Nous nous poserons à l’ombre des poivriers et eucalyptus de celle-ci pour y apprécier une bonne glace.

Nous reprenons la Nissan pour nous approcher de la chambre que nous avons réservée la veille sur internet. Si nous avons du mal à la trouver car il n’y a aucun écriteau devant la maison, nous sommes très agréablement surpris de constater qu’il s’agit, en fait, d’un petit appartement limitrophe de la maison du propriétaire. Du coup, au lieu d’aller dîner et prendre le petit-déjeuner du lendemain sur la place centrale, Pablita nous propose de nous préparer le repas du soir et des crêpes pour le petit-déj’. On n'a pas hésité longtemps… 😀

Les « magasins » de Cachi n’ouvrant qu’à 19h, nous avons un peu « bullé » dans cet agréable appartement avant que Papa et Pablita aillent finalement faire des courses, pendant que, Maman, de son côté, réserve les hôtels de nos prochaines destinations.

Même si elle a beaucoup « galeré » dans cette cuisine, le dîner préparé par Pablita était très bon et a vraiment bien rempli nos estomacs. À l’issue, elle a même fait la pâte à crêpes pour demain matin. Elle est géniale et va beaucoup nous manquer (et pas que pour la nourriture !).

Tout de même fatigués, nous nous couchons vers 23h afin, comme la pâte à crêpe, de bien se reposer.

4
déc

Dernière journée pleine avec Pablita et elle va beaucoup nous manquer ! En effet, ce matin, elle a commencé par nous faire de superbes crêpes pour le petit-déjeuner. Alors que nous dormions encore, elle s’est levée 3/4 d’heure avant nous pour nous les préparer. A notre réveil, la table était mise, le jus d’orange versé dans nos verres, les crêpes chaudes dans une assiette… et un pot de dulce de leche posé sur la table. Le bonheur ! Bien entendu, inutile de préciser que nous nous sommes régalés.

Repus, nous rangeons nos affaires, nettoyons la vaisselle et embarquons, finalement, vers 9 heures pour continuer notre circuit dans le sud de Salta. Avec la Nissan, nous réempruntons la ruta 40 en direction de Seclantas puis Molinos où nous essaierons de faire un plein d’essence mais sans succès. À 10h du mat’ bien passées, la station n’était toujours pas ouverte…

Les paysages en bord de route se succèdent tous aussi beaux les uns que les autres.

Nous aurons même l’incroyable chance de croiser un « zorro » - un renard ! -, de voir voler un superbe rapace et plein d’oiseaux multicolores qui font penser à une sorte de perroquets.

Mais, après cette multiplication de « coups de bols », il nous fallait bien un « coup de malchance ». Aussi, un petit quart d’heure après ces rencontres animalières, le pneu arrière gauche de la voiture crève. J’emploie le terme « crève» mais je devrais plutôt dire « explose » ou « se désintègre ». Voyez le résultat :

On se demande encore aujourd’hui comment cela a pu arriver. Papa ne roulait pas vite. La route n’était pas très bonne mais pas mauvaise au point de lacérer l’ensemble du pneu. Vraiment incroyable ! Bref, nous voilà obliger de le changer au milieu de nulle part. Heureusement, qu’avant de partir, avec Papa, nous avions pris une matinée pour apprendre les rudiments de la mécanique automobile avec un copain « bricoleur ». Du coup, j’ai pris les choses en main, sous le regard attentif de Papa, et je suis parvenu aisément à le changer.

Pendant ce temps, Maman et Pablita sont parties à la recherche de l’enjoliveur perdu mais en vain. Demain, lorsque nous ramènerons la voiture de location à l’agence, on devrait avoir quelques soucis avec le remboursement de la franchise… À suivre…

C’est donc avec une nouvelle (et bonne) 4ème roue que nous poursuivons notre chemin, bien décidés à ne pas se laisser perturber par ce problème et à continuer, comme si de rien n’était, notre programme. Aussi, quelques kilomètres plus loin, nous marquons un arrêt pour la magnifique Finca El Carmen fondée au XVIIIe siècle. Nous y visiterons l’ancien moulin, la grange avec ses lamas et chèvres, ainsi que l’église dans laquelle nous ne pourrons cependant entrer.

Après avoir fait le plein à Angastaco - dans les stations service en Amérique du Sud, il y a une personne chargée de mettre l’essence -, nous traversons d’impressionnants défilés et chaos rocheux.

Nous déciderons d’ailleurs de nous arrêter dans la Quebrada Las Flechas afin d’y prendre notre déjeuner avec le reste de crêpes.

Une trentaine de kilomètres plus loin, nous atteignons enfin San Carlos qui marque la fin de la piste et le début de la route bitumée ! Après 160 kms de chemin poussiéreux et caillouteux, on est bien content de retrouver un peu de calme et de sérénité (nous n’avons plus de roue de secours !).

Arrivés sur Cafayate, nous ne prenons pas immédiatement le chemin de l’auberge de jeunesse. En effet, cette région est très réputée pour la qualité de son vin et il aurait été inconvenant - surtout pour des français (des nîmois et une bordelaise en plus !) - de ne pas aller visiter une bodega et d’y faire des dégustations. Étant à 1.600 mètres d’altitude, les vignobles de Cafayate bénéficient, en effet, de très bonnes conditions pour se développer : 320 jours d’ensoleillement, un climat sec, un drainage naturel par les eaux des montagnes alentours, un sol pauvre et pierreux mais, surtout, une amplitude thermique importante entre la nuit et le jour.

La visite, en espagnol, de la bodega familiale Jose L. Mounier s’est donc terminée autour d’une dégustation d’un blanc (du cépage Terronnés qui n’existe plus en France), d’un rosé et d’un rouge. J’ai pu, grâce à Papa, goûter aux trois... et j’ai bien apprécié !

Le cadre extérieur est aussi superbe avec les vignes et proches montagnes rouge/ocre. Nous nous y serions bien attardés plus longtemps.

C’est ainsi en fin d’après-midi que nous nous installons dans notre chambre de 4 où nous nous reposons quelques instants avant de ressortir dîner dans le cœur de cette petite ville de 12.000 habitants, longeant la place San Martin, l’église et la mairie avec son joli patio.

De retour à l’hôtel, après une bonne douche, Pablita finira cette journée comme elle l’avait commencée : par une très agréable attention à notre égard, c’est-à-dire un massage pour Maman et moi (Papa ayant déjà eu le sien !). De quoi bien nous détendre avant de nous coucher…

5
déc

Ce matin, il aura fallu attendre un moment avant de pouvoir prendre notre petit-déjeuner. Servi normalement à partir de 8 heures, nous nous réveillons à 7h30 sans entendre le moindre bruit de l’autre côté de la porte de notre chambre où se trouve pourtant la salle commune. Nous continuons néanmoins à ranger nos affaires comme si de rien était mais, l’heure approchant, personne ne vient le préparer et l’installer sur les tables. Cela est d’autant plais étrange qu’aucun bruit n’émerge de l’auberge, même si, il faut le reconnaître, elle est loin d’être remplie et si les chambres sont assez éloignées les unes des autres. Avec Pablita, nous faisons deux ou trois fois le tour de celle-ci jusqu’à ce qu’enfin, une personne arrive avec le pain sous le bras et nous prépare tout cela. Il est cependant 8h15. Heureusement que nous n’avons pas de bus ou d’excursion programmés !...

dernier petit déjeuner tous les 4

Le petit-déjeuner englouti, nous chargeons la voiture de nos sacs à dos et reprenons la route en direction de Salta où on préfère être en milieu d’après-midi afin de se donner un peu de temps avec l’agence Hertz - on ne sait pas comment cela va se passer pour la roue, même si on s’attend bien à la payer.

Mais, avant, sur une 30aine de kilomètres, nous traversons la superbe Quebrada de las Conchas. Il y a 2 millions d’années, la mer recouvrait l’ensemble de ce territoire. Avec la formation des Andes, ces paysages se dessinèrent et les fonds marins sortirent au grand jour laissant apparaître des formations étonnantes, le long du Rio las Conchas.

Tout au long du parcours, le vert des bords du Rio contraste avec le rouge, le jaune, le rose, le brun, des roches qui l’entourent. On se croirait parfois dans un western…

On marque régulièrement des arrêts pour admirer et profiter des sites les plus spectaculaires :

El Obelisco,

El Obelisco
Los Tres Cruces
El Anfiteatro
La Garganta del Diablo.

Par la suite, la route 68 devient « plus classique ». Nous nous arrêtons, vers 14h, dans un restaurant à El Carril pour y déjeuner et acheter des empanadas à emporter pour notre repas du soir.

De retour dans la voiture puis, le plein d’essence effectué, nous traversons le centre ville de Salta pour rejoindre le parking de l’agence Hertz. Dès notre descente de la voiture, la personne qui nous accueille remarque immédiatement l’absence d’enjoliveur. Un rapide tour de la voiture lui démontre toutefois qu’il n’y a pas eu d’autres problèmes.

Mais lorsqu’il ouvre le coffre et constate l’état du pneu crevé, il nous indique immédiatement que nous allons être amenés à le payer. Nous nous y attendions et n’en sommes donc pas surpris. En revanche, nous avons tout de même souhaité attirer son attention sur l’état du pneu crevé qui, selon nous, peut aussi s’expliquer par un problème antérieur à notre prise du volant. Pour lui, ce n’est pas le cas, nous aurions dû nous arrêter immédiatement après la crevaison, même si nous étions en plein milieu d’un virage. C’est, selon lui, ce qui explique son état vraiment incroyable… De toutes les façons, nous nous attendions à payer. Papa s’exécute donc mais va, dans les prochains jours, faire jouer l’assurance de sa carte bleue pour essayer de se le faire rembourser. À suivre…

La voiture rendue, et sur les conseils de l’agence, nous nous rendons au poste de la police touristique de la ville, positionné sur la place centrale, afin de faire une main courante qui nous sera, selon lui, peut être, utile auprès de l’assurance. Nous y sommes très bien accueillis et notre déposition est parfaitement prise en compte - on a encore le « traumatisme » de San Pedro de Atacama...

Puis, nous décidons de partir en quête d’un Western Union pour récupérer notre argent envoyé de France par le biais de Mamie car nous sommes bientôt à cours de « liquide » et qu’ici, tout se paie en cash et surtout les frais de retrait sont hors de prix et le montant des retraits sont très petits. (4.000 ARS max et 380 ARS de frais de retrait ~ 60 € + 6€). Malheureusement, les bureaux sont fermés.

De leur coté, les argentins font à toute heure de la journée la queue aux guichets automatiques pour pouvoir retirer de l'argent. Ils ne peuvent pas retirer beaucoup et le cours du peso argentin est en dégringolade quotidienne…

L’heure de notre bus pour Córdoba approchant, nous avons juste le temps d’utiliser les restes de la cuma (prononcez couma !), c’est-à-dire de notre cagnotte commune avec Pablita, pour s’offrir nos derniers conos au dulce de leche. 😀

Arrivés au terminal, après quelques minutes d’attente, le temps de ranger nos sacs à dos dans les gros sacs protecteurs et cadenassés prévus à cet effet, nous disons au revoir à Pablita avec qui nous avons passé un petit mois, depuis Putre, dans le nord du Chili. Un moment difficile pour tous les 3 - pour elle aussi visiblement - qui m’arrachera d’ailleurs quelques larmes. Il faut dire que avons partagé énormément d’émotions ensemble et passé tellement de moments sympas ! Nous garderons, bien entendu, contact et espérons bien l’inviter sur Nîmes à notre retour.

à bientôt Pablita 😀

Dans le bus, nous ne sommes vraiment pas nombreux, à peine une petite 10aine. En fait, il nous faudra monter dans un second, au niveau de Güemes et à moins d’une heure de Salta, où nous retrouverons une 30aine d’autres personnes. C’est dans celui-ci que nous passerons les 10 prochaines heures pour arriver finalement sur Cordoba aux alentours de 7h30 du matin.

Il n'est pas rare d’être réveillés, dans la nuit, par le frottement, sur le toit où les vitres du bus, des branches des arbres mal taillées… En France, les compagnies de transport en commun auraient vite fait d’écrire aux communes pour qu’elles élaguent rapidement ces arbres en les menaçant de ne plus les desservir...

6
déc

Nous arrivons, comme convenu, sur le coup de 7h30 à Córdoba.

Une fois les affaires récupérées dans les soutes, nous nous dirigeons immédiatement vers le guichet d’une agence afin d’acheter les billets d’un bus allant, après demain, dans la soirée, en direction de Buenos Aires. Si nous trouvons un bus assez rapidement - en plus avec un tarif extrêmement concurrentiel -, au moment de le payer, la machine ne veut pas lire la carte bancaire. Bizarre car elle fonctionne pourtant très bien… nous pensons surtout qu’ils souhaitent encore un paiement en liquide, les frais sur les cartes bancaires leur étant très élevés. D’ailleurs, le tarif diffère sacrément selon les modalités de paiement, en faveur de celui qui paie en efectivó !

Du coup, nous sortons du terminal, partons vers le centre-ville où se trouve notre auberge de jeunesse dans laquelle nous ne ferons que poser nos sacs à dos, la chambre n’étant, logiquement, pas prête à 9h du matin.

Si, avec Maman, nous restons un peu dans le salon commun pour nous détendre, Papa part, de son côté, en quête d’un Western Union pour voir s’il peut récupérer l’argent envoyé par l'intermédiaire de Mamie. Le délai de 3 jours étant écoulé, il part assez confiant mais il va, malheureusement, déchanter. Ils ont encore besoin de temps pour vérifier puis débloquer les fonds. Il y retournera donc demain… ainsi, finalement, qu’au terminal des bus pour pouvoir payer les billets… en espèce.

À son retour, nous débutons notre découverte de Córdoba, 2ème ville du pays avec ses 1,5 millions d’habitants. Surnommée « la Docte » en raison de son université fondée en 1612 et du très grand nombre d’étudiants qu’elle compte encore aujourd’hui, Córdoba doit sa prospérité à l’Ordre des Jésuites qui s’y installe et y fonde, donc, la 1ère université d’Argentine, la 2ème d’Amérique du Sud, la 4ème du Nouveau Monde ! Les jésuites, qui veulent travailler dans les missions disséminées à travers toute l’Amérique, pour évangéliser et éduquer, sont obligés d’y étudier.

Comme souvent, nous attaquons notre visite par la place centrale de la ville, ici, en l’occurrence, la Plaza San Martin sur laquelle trône sa statue. Ancienne place d’armes de Córdoba, elle accueillait aussi les exécutions et… des corridas.

En face, on trouve le Cabildo historico, maison communale datant de 1588 (mais rénovée au XVIIIe siècle), avec son agréable patio. Aujourd’hui, lieu d’expositions, elle ne sert qu’à quelques réceptions.

Nous avons pu visiter, juste à côté, l’église-cathédrale qui a été construite sur près de 2 siècles, multipliant d’autant les styles architecturaux.

Changeant totalement d’époque et revenant au XXème siècle, nous sommes ensuite entrés dans le Museo de Sitio, ancien centre de torture de la police (1971 -1982) sous la dictature du Général Videla (1976-1983). Plus de 20.000 personnes y ont été incarcérées et torturées, notamment à la suite de la Cordobazo, la 1ère insurrection contre la dictature en place qui souhaitait, ainsi, faire « un exemple ». Aujourd’hui encore, nous ne savons toujours pas ce que certains prisonniers sont devenus. Les lieux ont été volontairement laissés en l’état et, l’émotion vous prend forcément à la lecture des portraits des personnes qui y ont été enfermées.

Si Papa part seul voir l’église néogothique du Sacré Cœur, nous retournons, pour notre part, à l’auberge pour, une fois Papa de retour, nous installer enfin dans notre dortoir de 6 lits - 2 jeunes hollandais nous y rejoindront par la suite. Nous irons ensuite à la cuisine commune afin de finir les empanadas que nous avions achetés en trop grande quantité la veille.

L’après-midi, c’est sans Maman que nous continuerons notre randonnée urbaine, en prenant le chemin du quartier jésuite de la ville, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est composé notamment du Collège national de Montserrat que nous ne pourrons malheureusement visiter, ne pouvant y entrer que dans le cadre d’une visite guidée par un étudiant. Or, à 16h, celles-ci ont déjà toutes eu lieu… Papa essaie bien d’amadouer un des gardes qui semble, un temps, mordre à l’hameçon mais, finalement, sans grand succès. Nous arriverons juste à entrer dans la première partie du collège pour y faire quelques rapides photos…

Puis, nous suivons une visite guidée - en anglais (et c’est une gageure que de comprendre l’anglais avec l’accent d’un argentin...) et avec une seule autre personne! - du musée de l’Université qui abrite notamment une superbe bibliothèque.

Enfin, nous terminerons avec l’église de la Compagnie de Jesus, fondée en 1640, qui est une des plus belles et anciennes églises du pays. Si la façade semble inachevée - les niches devaient normalement servir de trous pour y poser une sculpture -, l’intérieur est splendide avec, entre autres, la voûte en coque de bateau inversée de sa nef et construite en cèdre où, encore, ses confessionnaux encastrés dans l’épaisseur des murs en marbre.

L’heure avançant, nous rentrons retrouver Maman dans la chambre avant de rapidement ressortir dîner dans un restaurant.

Si nous voulions initialement gouter des spécialités locales, le refus systématique par les restos de tout paiement par carte de crédit (et non carte de débit comme cela semble parfois accepté) nous oblige à nous rabattre sur le seul qui les accepte : Mac Do ! Vous vous doutez bien que je ne suis pas le plus fâché de cette situation…

À l’issue, la nuit étant bien tombée, nous regagnons notre chambre où nous sombrons rapidement dans un profond sommeil.

7
déc

La nuit a été bonne. Il faut dire que, la veille, en bus de nuit, nous avions pas fait le plein de sommeil et que la fatigue se faisait un peu sentir en début de soirée. En plus, nos compagnons de chambrée - 2 jeunes hollandais - ont été très discrets et n’ont pas fait de bruit en se couchant. Enfin, le programme de la journée étant « light », nous n’avons pas besoin de nous lever très tôt. Nous sommes donc levés à 8h30 et allons petit-déjeuner à l’étage du dessous. C’est vers 10 heure qu’une fois n’est pas coutume nous attaquons notre journée de visites.

Pour ce faire, nous prenons la direction de la gare des minibus, à quelques encablures de notre auberge, pour prendre les billets puis la direction d’Alta Gracia, ville située à une 30aine de kilomètres de Córdoba.

S’il fait déjà très chaud, il n’est aussi pas rare de voir des argentins porter encore un pull ou une veste sur leur T-shirts ! Comment font ils ?...Quelque chose que Maman ne peut pas comprendre ! 😀

Le trajet en bus se déroule normalement et nous arrivons donc devant l’estancia Alta Gracia un peu avant 11 heures afin de découvrir ce site classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Dès son implantation en 1613, l’Ordre des Jésuites décide de construire des estancias à l’extérieur de Cordoba pour financer son université. On y produit de tout : légumes, fruits, viandes, céréales, lait, vins… pour, ensuite, acheminer cela à Lima, siège de la Vice-royauté. Les Jésuites y font travailler des esclaves noirs et des indiens, logés dans des rancherias. À noter l’utilisation moderne de l’eau courante pour les latrines avec l’usage de fosses d’évacuation entre deux murs.

À l’issue de cette belle et intéressante balade, et sans transition aucun, nous prenons le chemin de l'une des maisons d’enfance de Che Guevara. Car s’il est surtout connu pour son implication dans la Révolution cubaine, il n’en demeure pas moins né en 1928 en Argentine. Souffrant d’asthme à sa naissance, et sur les conseils d’un médecin, ses parents s’installent à Alta Gracia où l’air est réputé plus pur et le climat bon pour ce type de problème. Ernesto y grandira, pratiquant énormément le sport et suivant sa scolarité dans la commune.


Cette maison d’enfance, devenue musée en 2001, reprend les grands moments de sa vie, de ses voyages en vélo ou en moto à travers l’Amérique du Sud où il découvrira la misère et l’oppression vécues par les paysans du continent, jusqu’à ses diverses luttes et participations dans les révoltes du XXe siècle.


Cette visite a été très instructive, d’autant plus qu’il y avait un livret en français qui m’a permis d’être totalement autonome et d’aller à mon rythme.

Non sans mal, nous avons pris le minibus du retour sur Cordoba. Nous ayant déposé au terminal des bus, nous en avons profité pour prendre nos billets pour Buenos Aires. Nous n’avons malheureusement pu les obtenir car la différence de prix était vraiment énorme entre payer en espèce - ce que nous ne souhaitions faire au regard des frais bancaires - et un paiement par carte qui était très fortement majoré !

Du coup, après avoir constaté que les Western Union étaient fermés le samedi après-midi - comme une très large majorité des commerces de la ville d’ailleurs ! -, Papa est allé, contraint et forcé, retirer de l’argent dans un distributeur automatique. Malgré le prélèvement de la banque argentine, c’était, malgré tout, légèrement plus intéressant que de payer en carte bleue ! À l’issue, il nous a retrouvé quelques instants à l’auberge, avant que nous ne partions dîner une nouvelle fois à Mac Do (sans Maman toutefois !), seul restaurant, connu de notre part, acceptant un paiement par carte sans frais supplémentaire… cette situation me convient très bien, je dois dire… Papa est, pour sa part, bien mécontent de celle-ci car ces frais bancaires grèvent nos efforts pour diminuer au maximum nos dépenses quotidiennes et revenir à un budget global plus conforme à ce que nous avions imaginé au départ.

De retour à l’auberge, nous « enfourchons » immédiatement nos sacs sur le dos et nous dirigeons vers le terminal où nous embarquons, à 21h30, dans un bus en direction de Buenos Aires, que nous devrions atteindre à 6h45 demain matin. Le parcours devrait bien se passer. En effet, Papa n’ayant pas eu le choix, nous dormirons dans des sièges « cama », c’est-à-dire plus inclinable que les « semi-cama » et, donc, plus proches d’un vrai lit (même s’il n’a malheureusement vraiment rien de comparable !).

8
déc

L’arrivée sur Buenos Aires a été assez chaotique !

Au début, les choses se sont passées normalement. Notre bus nous a déposés comme convenu à 6h45 à la gare « ferroviaire » du Retiro. Je mets volontairement des guillemets. En effet, si pendant longtemps le chemin de fer était une vraie fierté argentine, il n’existe désormais aujourd’hui quasi plus aucune ligne. Il en reste cependant un beau bâtiment, à l’architecture métallique, le Retiro Mitre, qui ressemble beaucoup aux gares américaines, notamment avec ses jolis comptoirs en arc de cercle.

Plus loin, on distingue un autre bâtiment lié au chemin de fer, le Retiro Belgrano, avec sa belle tour à clocheton.

Afin de rejoindre notre hôtel, plusieurs solutions s'offrent à nous : Le taxi, trop cher ! Le bus, trop compliqué sans connaître le réseau de cette grande mégalopole de 13 millions d’habitants (1/3 de la population du pays !). Il ne nous reste que le métro (ce qui est parfait pour se déplacer dans une grande ville). Nous nous mettons donc en quête d’un magasin pour acheter une carte que nous créditerons dans un second temps. Mais à 7 heures du matin, beaucoup de commerces sont fermés…

On finit enfin par trouver un fournisseur de carte Sube (du nom du Métro) mais qui nous vend une carte simple, sans aucun voyage possible. Du coup, on part en quête d’un appareil pour la créditer… sans succès ! De guerre lasse, on se rapproche d’une bouche de métro pour voir si, pour une fois, on ne peut pas "resquiller"... Mais, celle-ci est fermée. En effet, le dimanche, il ne fonctionne qu’à partir de 8h...

Nous apercevons de nombreux argentins porteurs de thermos. En fait, ceux-ci contiennent de l’eau chaude qui leur permettent de se confectionner des matés, avec de l’herbe, qu’ils sirotent avec une paille en métal dans une calebasse évidée. Ils en raffolent énormément même s’il semble très difficile d’en trouver dans les cafés et restaurants… C’est, en tous les cas, un symbole de convivialité et d’amitié.

Dès lors, nous nous installons devant la gare, dans un petit parc où domine la Torre de los Ingleses, en attendant que l’heure avance… Papa, qui ne sait pas tenir en place, part se balader et revient quelques minutes plus tard ayant trouvé un appareil pour charger la carte. Nous le suivons, chargeons la carte puis, 8h arrivées, nous montons, enfin, dans le « Sube» de Buenos Aires.

Si nous faisons une petite erreur dans le parcours lors du changement de ligne - les logiques d’indication ne sont vraiment pas les mêmes ! -, nous atteignons une demi-heure plus tard notre hôtel, situé à proximité du Congrès argentin, siège à la fois du Sénat et de la Chambre des Députés, et aux faux airs du Capitole américain… Une autre épreuve débute alors…

Tout d’abord, nous ne sommes pas d’accord avec le prix demandé bien différent de celui affiché sur Booking. Ensuite, il y a un problème dans la conversion du prix dollar/pesos argentins, l’hôtel appliquant un taux bien supérieur au cours actualisé que Maman a sur son application de portable.

Par ailleurs, il faut payer immédiatement alors que nous n’avons pas beaucoup d’argent sur nous, Papa souhaitant éviter de retirer au guichet automatique en raison des frais bancaires argentins. De plus, comme nous sommes dimanche, les Western Union sont fermés et nous ne pouvons récupérer l’argent… Enfin, et pour finir de nous convaincre, Papa demande à aller jeter un œil à la chambre. Bien lui en a pris car elle est vraiment pouilleuse. Quant à la salle de bains, même si elle sent la javel à plein nez, elle est complètement décrépie. Je ne vous parle même pas de l'état des lits…

Cela finit par nous convaincre et nous décidons d’annuler cette réservation et de chercher un nouvel endroit où passer nos prochaines nuits. Maman ayant « checké » son portable pendant toutes ces discussions, elle a localisé une auberge de jeunesse à quelques pas d’ici. Du coup, avec nos sacs à dos, nous nous y rendons assez rapidement et trouvons, enfin, un dortoir de 4 avec 3 lits dispo et des communs propres. Nous nous y installons pour les 4 prochaines nuits et profitons aussi de nos lits pour nous reposer un peu (et de la vue du petit balcon !), avant de ressortir en début d’après-midi pour faire un 1er tour de la capitale argentine.

Notre hôtel étant en plein dans le Centro, cœur battant de la ville, nous commençons, en ce dimanche, par l’épicentre de Buenos Aires : la Plaza de Mayo. C’est ici que les espagnols se sont installés dès leur arrivée et que se déroulent les principaux événements du pays, dont la formation du 1er Gouvernement indépendant argentin en mai 1810, d’où le nom de la place…

Au centre de la place, on retrouve l’obélisque de Mayo et, tout autour, la Cathédrale Métropolitaine, le Cabildo, le Palacio municipal et, surtout, la Casa Rosada, c’est-à-dire le Palais du Gouvernement.

La cathédrale, dû à un architecte français, est inspirée du Palais Bourbon parisien. Si nous n’avons pu voir le Santo Cristo de Gran Amor, célèbre saint des footballeurs, nous avons pu apercevoir le mausolée du Général don Jose San Martin, père de la Nation et libérateur de l’Argentine.

À côté, se trouve le Cabildo, un des derniers survivants de l’époque coloniale, qui fut le cœur politique et administratif de la ville entre 1580 et 1821. Aujourd’hui, il s’agit d’un musée historique national portant sur la Révolution de Mai.

En face, facilement reconnaissable, le Palacio de Gobierno (ou Casa Rosada) abrite les bureaux du Président et du Gouvernement argentin.

À l’heure où nous visitions Buenos Aires, la Plaza de Mayo était en grande effervescence car en pleine préparation de la passation de pouvoir, programmée mardi suivant, entre l’ancien Président Macri et le nouveau qui prendra donc officiellement ses fonctions.

Toujours contraint par l’usage de la carte bancaire que nous ne pouvons utiliser que dans certains restaurants, nous déjeunons dans un Burger King. Une chose est sûre, c’est que les fast-foods sud américains ont déjà proscrits les pailles pour boire les sodas. Une bonne chose pour l’environnement, à développer aussi en Europe…

Maman, un peu fatiguée et souhaitant se reposer, nous laisse continuer notre promenade que nous poursuivons vers la Manzana de las Luces et l’église San Ignacio, bâtie par les Jésuites au XVIIe siècle.

Avec Papa, nous décidons de contourner la Casa Rosada pour nous approcher de la Maison de la Culture où nous rentrons quelques instants.

Puis, nous nous dirigeons vers le Puente de la Mujer (160 mètres de long, s’ouvrant au passage des bateaux en 2 minutes !) duquel nous avons une belle vue sur la frégate du Président Sarmiento, sorti en 1897 des chantiers de Liverpool, qui fit 40 fois le tour du monde avant d’être transformé en musée en 1962.

La journée touchant à sa fin, nous rebroussons chemin pour retrouver Maman, traversant une nouvelle fois la belle avenue de Mai, 1er grand boulevard de Buenos Aires de la fin du XIXe et d’inspiration haussmannienne.

On y retrouve de très beaux bâtiments, dont le fameux Café Tortoni ou celui de l’ancien journal La Prensa.

Nous en profiterons pour me racheter une casquette (la 3ème ! 😀 après avoir oublié la 1ère dans l'avion entre l'Islande et l'Alaska et perdu la 2nde dans le train du Machu Pichu) et faire quelques courses pour le dîner du soir que je préparai dans la cuisine de l’auberge - des pâtes, oui mais de chez Carrefour Express !

Après cette journée bien remplie en visites et en émotions, je ne me fais pas prier pour me coucher dans ce dortoir de 4 que nous partageons avec une jeune californienne.

9
déc

Pour notre deuxième journée, Papa a décidé d’attaquer fort puisque, dès l’entame de la matinée, il veut aller dans le quartier de la Boca où se trouve l’un des stades les plus mythiques de la planète football : la Bombonera ! Autant dire que ce matin, je me suis réveillé facilement, d’autant plus que nous n’avons pas à nous presser, restant 5 jours entiers sur Buenos Aires.

Nous nous sommes donc levés vers 8 heures, avons pris le petit-déjeuner sur la sympathique terrasse de l’auberge avant de descendre de l’immeuble - dans un vieil ascenseur à double grille - puis, de monter dans un bus en direction de la Boca.

Auparavant, j’avais accompagné Maman déposer notre linge sale au pressing, pendant que Papa continuait à se débattre avec Western Union pour récupérer l’argent envoyé de France (et toujours sans succès).

À la montée du bus, on indique au chauffeur notre destination, qu’il note sur une petite tablette connectée et reliée à un terminal où on applique la carte Sube - qui fait aussi les transports en métro. Celle-ci est automatiquement et immédiatement débitée du montant du trajet.

À noter que les argentins sont très respectueux pour entrer dans un bus. Ils se rangent ainsi les uns derrière les autres et attendent sagement leur tour pour monter.

La conduite du chauffeur est sportive - ne sommes nous pas dans le pays de Fangio ?... - et nous atteignons assez rapidement le quartier populaire de la Boca. Celui-ci est totalement différent de ce que nous avons pu voir hier et on ressent bien plus la pauvreté que dans le centre de Buenos Aires. Tout au long du parcours en bus, je suis impressionné par le nombre d’affiches aux teintes or et bleu, en lien avec le club de football de Boca Juniors.

Le bus nous dépose donc devant le célèbre Caminito, aux maisons de tôle grise désormais revêtues de couleurs vives. C’est un plaisir de se promener dans ces rues en ce milieu de matinée car on n’y sent ni l’insécurité parfois décriée dans ce quartier, ni 'l’alpagage' des commerçants cherchant à vendre leurs divers produits.

Puis, au bout d’une de ces rues si colorées, on aperçoit le fameux stade Alberto J. Armande de Boca Juniors, autrement appelé et plus connu sous le nom de Bombonera.

Lors de la conception du stade, l’architecte reçut une bonbonnière pour son anniversaire. Celle-ci avait la forme du stade qu’il avait dessiné. Du coup, il prit l’habitude d’assister aux réunions de travail avec cette... bombonera !

Il peut aujourd’hui accueillir 50.000 spectateurs et il est d’ailleurs quasi impossible d’assister à un des matchs de Boca Juniors car les « socios » (ou abonnés) y sont très nombreux. Malheureusement, au regard de la configuration du quartier, il est quasi impossible de l’agrandir davantage (sauf en hauteur). Ainsi, les lignes de touche et les cages des gardiens sont extrêmement près du public, comme l’arbitre du coup… Ce doit être chaud…

Pour notre part, à défaut d’assister à un match, nous sommes allés visiter le musée retraçant les titres de ce grand club sud-américain, évoquant aussi les joueurs ayant marqué son histoire, à l’instar de Riquelme et, surtout, Maradona qui y joua en 1981.

Mais, le top du top a clairement été la visite guidée du stade lui-même, avec un passage sur la pelouse (légèrement courbée), dans les tribunes, dans les vestiaires, à la sortie de ceux-ci pour un passage devant la presse…

Au cours de cette visite, on constate qu’on est, ici, bien loin des principes de Pierre de Coubertin. Les supporters de l’équipe adverse sont parqués tout en haut, avec un seul WC à disposition pour 1.300 personnes. Les vestiaires du club visiteur sont situés juste en dessous d’un des cops de supporters de Boca Juniors qui prend un malin plaisir à chanter (et hurler !) 2 heures avant, afin de mettre la pression sur l’équipe et les empêcher de se parler et de se concentrer… On comprend pourquoi il y a le chiffre 12 sur une des tribunes : le public est vraiment, ici, le 12ème homme !

À noter, pour un petit « cocorico », que dans la galaxie des grands joueurs de tous les temps, qu’ils exposent dans le vestiaire des visiteurs, on retrouve le français Michel Platini.

À l’issue de cette superbe visite, passage obligé à la boutique où je me suis offert, bien entendu, le maillot de Boca Juniors.

De retour dans le quartier de la Boca, nous sommes remontés dans un bus au niveau du port où la première ville de Buenos Aires s’est construite.

Savez-vous ce que fait cet homme ? C'est un "dog-sitter".

C'est un métier à part entière et on en trouve énormément sur la ville.

Le bus nous dépose dans un autre quartier de la capitale argentine, San Telmo, le quartier des antiquaires, au niveau du parc Lezama. Le long de celui-ci, on trouve une belle église orthodoxe russe construite en 1904 sur le modèle des églises russes du XVIIe siècle.

Puis, nous poursuivons notre marche sur la calle Defensa où sont installés de très nombreux antiquaires. Ceux-ci aiment, le dimanche venu, étaler leurs affaires sur la belle place ombragée Dorrego, sur laquelle se produisent, de temps en temps, des danseurs de tango. Nous aurons la chance et le plaisir de profiter d’un de ses spectacles pendant un court instant.

Sur le chemin, nous marquerons un arrêt pour nous reposer aux côtés d’un autre symbole argentin, Mafalda, dont l’auteur Quino vivait tout près de là.

De retour sur la Plaza de Mayo toujours en pleins préparatifs pour la cérémonie présidentielle du lendemain, nous remontons ensuite la belle avenue de Mayo ou nous nous séparons d’avec Maman. Elle ira récupérer le linge propre déposé ce matin et fera quelques courses pour le dîner du soir.

De notre côté, avec Papa, nous poursuivons notre promenade vers l’obélisque situé sur l’immense avenue du 9 Juillet, large de 140 mètres, et qui superbement aménagée pour les bus qui ont leurs propres voies de circulation. C’est, en effet, le 9 juillet 1816 qu’a été proclamée l’indépendance de l’Argentine. Décrié, l’obélisque a été érigé en 1936 pour fêter les 400 ans de la ville.

Malgré la fatigue, j’ai continué à suivre Papa vers la Plaza du Général Lavalle où se trouvent le Tribunal et l’arrière du théâtre Colon, inauguré en 1908, en présence, notamment, de Georges Clemenceau.

En fin de journée, nous retrouvons, enfin, Maman à l’auberge où nous nous accordons un peu de repos avant de dîner sur la terrasse puis de nous coucher.

Une journée pleine et bien remplie ! La prochaine ne devrait pas être mal non plus…

10
déc

C’est un jour bien particulier pour les argentins puisque leur nouveau président Alberto Fernandez et la nouvelle vice-présidente Cristina Kirchner vont être intronisés. Depuis près d’une semaine, Buenos Aires s’y prépare et on sentait une certaine excitation à l’approche de cet événement. Depuis quelques jours, les services techniques installent, en effet, le matériel nécessaire, la Police est sur les dents, les TV positionnent leurs caméras… et les groupes d’extrême gauche et autres syndicats manifestent dans les rues en ordre dispersés. Comportement d’ailleurs difficilement compréhensible puisqu’ils ont subi une cuisante défaite aux élections…

Mais, en ce 10 décembre 2019, nous sommes désormais le D Day !

Aussi, en raison de la chaleur de la nuit, et, donc, avec les fenêtres ouvertes, nous entendons parfaitement la foule gronder d’impatience et se déplacer en masse vers la Plaza de Mayo. Les drapeaux argentins sont, bien entendu, de sortie. L’occasion de constater que, si les bandes de couleur bleu clair et blanche y sont toujours, le soleil du Dieu inca Inti, positionné en son centre, est parfois remplacé par le symbole d’une des provinces argentines.

D’autres commencent aussi à s’amasser devant les grilles entreposées au bord de l’avenue et de la place du Congrès où est attendu, dans la journée, le convoi présidentiel.

Papa est aux premières loges car le Western Union, dans lequel il est allé une nouvelle fois consulter, se trouve sur la place du Congrès. Et, une nouvelle fois, il ne pourra retirer l’argent envoyé de France... Il est furieux et appelle Tatie pour voir si on peut débloquer la situation de France car, en Argentine, ils n’ont pas l’air enclin à se « bouger »...

De notre côté, avec Maman, nous finissons de nous préparer et, dès le retour de Papa, nous sortons pour nous retrouver au cœur de la fête qui s’annonce dans le cœur de la ville mais, aussi, pour poursuivre la découverte de la capitale argentine.

Notre premier arrêt sera pour la plus ancienne librairie (1785) - Libreria de Avila - et la plus vieille pharmacie de la ville, fondée en 1834 - la Farmacia la Estrella - où nous nous pèserons… Si Papa a un peu perdu de poids, c’est Maman qui est la plus contente car elle en aurait perdu, pour sa part, une petite 10aine... Ce qu’on avait déjà remarqué à vue d’œil, se confirme donc.

Nous poursuivons notre randonnée urbaine à travers une foule de plus en plus impressionnante (et de nombreux stands de grillades !) pour nous rendre dans les rues piétonnes de la ville, notamment la calle Florida.

Vous imaginez les mêmes sur les Champs à Paris ?

C’est une artère très commerçante où se trouvent de nombreuses galeries commerciales, à l’instar des Galerias Pacifico, déclaré Monument historique en 1989, sorte de Bon Marché parisien, avec sa belle coupole. On est à moins de 15 jours de Noël mais, pour les français que nous sommes, habitués aux sapins, aux boules… et au froid, nous avons du mal à rentrer dans l’ambiance.

Tout au long de la traversée de la calle Florida, nous serons régulièrement (mais sans insistance) interpellés par des « cambio, cambio ! ». En effet, de nombreux argentins proposent, à la sauvette, d’échanger vos monnaies en pesos argentins soit disant à un taux plus intéressant que celui pratiqué en agence. Inutile de préciser que nous ne nous sommes pas laissés tenter!

La calle Florida débouche sur la belle Plaza San Martin dont la statue trône en son centre, au milieu de superbes édifices du XXe siècle, comme l’edificio Kavanagh.

Nous y marquons un petit arrêt pour remplir nos gourdes (avec filtres) car, avec cette chaleur (32°), nous buvons énormément puis, nous prenons le métro pour nous approcher du quartier de la Recoleta.

Ce quartier est, une fois encore, très différent de ceux déjà visités, et nous le parcourons à pieds pendant une petite demi-heure afin d’aboutir à l’entrée du magnifique cimetière de la Recoleta. Sorte de « Père Lachaise », il regroupe les tombeaux de très nombreuses personnalités du pays (tombeaux et non tombes !). Sur 55.000 m², on en recense pas moins de 4.870, certains étant de vraies œuvres d’art, aujourd’hui reconnus Monuments nationaux.

Mais, le tombeau qui attire le plus, et qui est aussi le plus fleuri, est celui de la famille Duarte où repose Eva Peron, appelée aussi « Évita ». Son histoire est effectivement captivante et elle est devenue un véritable mythe dans le pays.

À l’extérieur, nous sommes entrés dans l’église Notre Dame del Pilar, puis dans la centre culturel de la Recoleta avant d’aboutir sur la Place de la France où trône un cadeau de notre pays à l’Argentine en mémoire des soldats tombés en 14-18.

Nous y faisons une pause déjeuner dans un restaurant avant de traverser la route et de visiter, pendant une bonne heure, le Musée National des Beaux Arts, entièrement gratuit, et qui regroupe des œuvres de grands peintres du XIIe à aujourd’hui : Van Gogh, Gauguin, Manet, Kandisky, Picasso, Rembrandt, Klee… Une visite très sympa avec, notamment, la sculpture « Le Baiser » de Rodin qui m’a particulièrement touché et impressionné, Papa ayant été plus sensible au portrait de la tête de Balzac - de Rodin toujours - dont il apprécie les écrits.

Longeant l’immense faculté de Droit, nous sommes allés jeter un œil à la Floralis Generica avec ses 6 pétales de 23 mètres d’aluminium. Elle s’ouvre tous les matins à 8h et se referme à la fin du jour (à l’exception de 4 jours dans l’année où elle fait sa belle de nuit !).

De retour sur la Plaza Francia, nous avons longé l’avenue Alvéar et ses beaux bâtiments d’habitation rappelant clairement ceux de Paris. D’ailleurs, à proximité de la place Pelligrini, et en haut de l’immense avenue du 9 de Julio, nous avons aperçu notre ambassade.

Si nous avons quelques instants hésité à rentrer en bus, nous avons finalement opté pour la marche afin de regagner notre chambre. Sur le chemin, nous achetons des œufs et des légumes pour notre dîner - et du citron pour donner un peu de goût à l’eau (parfois désagréable au goût) dans nos gourdes !

De retour à l’auberge en toute fin d’après-midi, nous nous reposons un peu, avant d’aller dîner, de nous doucher et... de nous coucher.

Entre temps, la fête aura bien eu lieu : un feu d’artifice sera même tiré au dessus de la Casa Rosada. Nous assisterons enfin, du balcon, au retour chez eux des argentins, plein d’espoir en cette nouvelle équipe présidentielle. Peut-être trop, comme s’ils croyaient encore en un Homme providentiel…

11
déc

La journée sera verte ! Papa a, en effet, prévu une journée consacrée à la visite des parcs et jardins de la capitale argentine. Mais, avant toute chose, et suite à quelques discussions ces derniers jours, Papa et Maman souhaitent faire un petit détour dans une agence de la compagnie aérienne Latam afin de connaître le coût d’un éventuel changement du jour du vol entre Santiago de Chili et l’île de Pâques.

En effet, à ce jour, nous avons prévu plus de deux mois en Patagonie - côté argentin et chilien. Cela fait finalement peut-être beaucoup, même s’il y a énormément à visiter. En plus, nous y serons durant les vacances des argentins et chiliens - leurs grandes vacances à eux ! Aussi, les prix se sont envolés et il est devenu difficile de réserver, les hôtels étant désormais bien remplis. Comme en France, du 14 juillet au 15 août…

Une chance pour nous, une des agences de voyage Latam se situe juste à la sortie de la bouche de Métro par laquelle nous devons sortir pour notre première balade. Du coup, nous y marquons un arrêt et nous renseignons sur les possibilités qui nous sont offertes. Finalement, après diverses hypothèses, et même si ce changement coûte un peu, nous avançons d’un mois notre vol. Nous partirons donc de Santiago non plus le 3 mars mais le 4 février 2020. Cela décale d’autant le reste du tour du monde mais cela nous permet d’inclure une étape en Asie, à priori au Cambodge. J’en suis ravi car les paysages asiatiques me font aujourd’hui rêver.

De retour dans les rues animées du quartier de Palermo, nous prenons la direction du jardin botanique où nous rencontrons une belle et nombreuse famille française. Régis et Domitile, originaires de Voiron, font, eux aussi, un tour du monde avec leurs 4 enfants âgés de 5 à 11 ans. Partis comme nous en juillet dernier, ils se sont concentrés pour l’instant sur l’Amérique du Sud pour être aujourd’hui sur Buenos Aires. C’est toujours un plaisir que d’échanger avec des français qui partagent votre expérience. C’est aussi l’occasion de prendre des infos pour la suite du voyage. Nous discuterons donc un bon moment tous les 9 avant de poursuivre notre journée chacun de son côté - mais après échanges de nos coordonnées !

Nous attaquons le jardin botanique, à tout seigneur, tout Honneur, par « le jardin français » mais sans bien comprendre ce qu’il avait de frenchie. Quoiqu’il en soit, se retrouver à l’ombre de grands arbres, au milieu de fontaines et points d’eau est très agréable et nous apprécions cette parenthèse verte.

Nous la prolongeons d’ailleurs en entrant, par la Place d’Italie, dans un eco-parc, siège d’un zoo où de nombreux animaux évoluent en toute liberté tels que les maras (lièvres de Patagonie), de superbes paons, des singes, des carpinchos (plus gros rongeurs au monde : 1,30 m pour 60 à 80 kg) des guanacos et des nandous, et nombreux autres oiseaux…

À la sortie du « zoo », on tombe sur un immense rond point sur lequel est positionné le Monument des espagnols offert par l'Espagne à l’Argentine pour le centenaire du pays.

Nous entrons alors au cœur même du bosquet de Palermo, immense parc conçu par le français Charles Thays sur le modèle du bois de Boulogne, avec ses jardins, ses fontaines, ses statues, ses lacs… Si le Week-end, il est investi par les familles, lors de notre balade, en pleine semaine, il était très tranquille, y compris lorsque nous avons traversé la sublime roseraie - El Rosedal.

Dans celle-ci, se trouve aussi un magnifique patio andalou, offert en 1929 par la Ville de Séville, où se déroulait, lors de notre passage, une cérémonie de mariage. Un bien bel endroit effectivement pour se dire "oui" !

Midi étant largement passé - nous déjeunons à l’heure argentine, elle même calée sur l’heure espagnole ! Nous nous mettons en quête d’un supermarché afin d’y acheter de quoi pique-niquer. Nous le trouvons sur le chemin de notre dernière « étape » de la journée, le Musée Évita. Celui-ci, mis en place par sa nièce, devenue depuis députée, est situé dans un beau bâtiment qui servait, autrefois, de foyer pour femmes seules ou démunies. Si la vie d’Eva Peron est vraiment passionnante, ce n’est pas tout à fait le cas de ce musée qui montre une (trop grande ?) profusion de robes, vêtements, courtes vidéos d’Evita et son mari Juan Peron, sans réellement évoquer le fond de leurs actions. Il faut dire qu’aujourd’hui encore le péronisme est tellement controversé qu’il est peut-être difficile d’en parler sans provoquer de fortes (et sûrement violentes) réactions.

Après une heure de visite tout de même, et loin de toute station de métro, nous nous hasardons à prendre une ligne de bus - ils sont d’ailleurs assez beaux sur Buenos Aires - qui indique passer pas trop loin de notre auberge. Malheureusement, ce n’est pas vraiment le cas et, même s’il nous en approche, il nous reste encore quelques kilomètres à faire pour arriver à notre chambre… Aussi, nous avisons la première bouche de métro du secteur, nous y engouffrons et rejoignons facilement notre auberge.

Si nous en profitons pour nous reposer un peu, c’est aussi l’occasion de ranger nos sacs, en prévision de notre départ demain matin, et de dîner tôt car, ce soir, nous sommes de sortie ! Nous devons donc enfiler nos « habits de lumière » pour briller dans la bonne société porteña… Ce seront jeans, T-shirts et chaussures de sport ! En effet, nous nous rendons dans un des plus beaux théâtres de la ville pour assister à un spectacle de tango.

Le tango a mille facettes et se compose de 3 danses : le tango, la valse argentine et la Milonga. Nous optons pour un cabaret-spectacle et non une milonga où nous aurions pu nous tester à la danse. Peut être une prochaine fois car je m’y serais bien essayé…

Le spectacle est superbe et nous passons, tous les 3, un très agréable moment à voir ses 4 couples danser et virevolter, à écouter l’orchestre (où ressort clairement le son des 2 accordéonistes) et les deux chanteurs. Au bout d’une heure et demie, le spectacle prend fin.

Tango argentin

Nous devons, dès lors, regagner, à pieds, notre chambre et sous une belle petite pluie. Mais, heureusement, la distance n’est pas bien grande et la pluie bien forte. De plus, de nuit, le cœur de ville est bien éclairé, ce qui met bien en valeur certains monuments emblématiques.

C’est, une fois n’est pas coutume, vers minuit que nous nous couchons avec de très beaux souvenirs de cette belle soirée, de cette agréable journée et de ces 4 intenses journées sur Buenos Aires que nous allons quitter demain.

12
déc

Nous venons de vivre une bien belle journée dans les environs de Buenos Aires !

Le début de matinée a été, somme toute, assez classique : lever vers 8h, petit-déjeuner à l’auberge (avec toujours le délicieux dulce de leche !)... Mais, aujourd’hui, nous devons préparer nos sacs pour libérer notre chambre vers 10h. Pour nous rendre à la gare du Retiro-Mitre, nous empruntons, une nouvelle fois, le métro. Un peu distrait (comme souvent, je dois le reconnaître...), j’oublie un de mes deux sacs - celui avec la rabanne et... mon ballon de foot (mal gonflé désormais avec les changements d’altitude). Sentant rapidement qu’il me manque quelque chose, je m’en rends compte néanmoins juste au moment de monter dans le métro, mais trop tardivement les portes se refermant sur nous. Du coup, avec Papa, nous sommes bons pour sortir à la prochaine station pour faire, ensuite, demi tour. Finalement, mon sac sera toujours au même endroit et au complet. Ouf !

Nous atteignons sans encombre la gare, y achetons nos tickets pour Tigre avant d’attendre un petit quart d’heure sur le quai et monter, enfin, dans le train. Durant 50 minutes, nous traverserons la banlieue chic de Buenos Aires pour arriver, 30 kms plus au nord, sur Tigre vers 11h du matin. Cette ville de 300.000 habitants s’étend sur un immense delta, fruit de la confluence entre le Rio Parana et le grand Rio de la Plata. Elle doit son nom au jaguar (« tigre » en espagnol) qui y sévissait autrefois.

Le delta a engendré une multitude d’îles et d’îlots, ainsi que de très nombreux canaux et voies d’eau que nous allons emprunter grâce à une « lancha colectiva », très fréquentée des habitants car desservant bien le delta. Certains, en effet, pour pouvoir accéder à leurs habitations, sont obligés de l’utiliser ou d’être propriétaire d’un bateau.

Le cadre est vraiment enchanteur et nous passons tous un très bon moment à admirer et profiter de ce paysage, avec ses belles demeures (luxueuses ou pas) construites sur les rives, et leurs jardins ornés d’hortensias ou de saules pleureurs (le Bonheur pour Maman !). Bien entendu, on fait facilement le parallèle avec Venise. Il ne faut pourtant pas qualifier Tigre de cité lacustre en ce que ses rives sont éloignées les unes des autres et qu’on se situe en rase campagne.

Si La couleur marron de l’eau n’est pas très engageante - des enfants s’y baignent toutefois -, elle n’en est pas sale pour autant. Cela est, en effet, dû à la terre ferrugineuse.

Une fois descendus à l’arrêt « Tres bocas », nous entamons une marche le nez au vent, sans but ni destination précise, suivant le cours des canaux et observant les maisons souvent gardées par des chiens inoffensifs - qui n’hésitent d’ailleurs pas à nous accompagner un bout de chemin…

À un croisement, nous tombons, par hasard et une nouvelle fois, sur la famille française rencontrée la veille au jardin botanique de Buenos Aires ! Le Monde est vraiment petit ! Les probabilités de se recroiser, ici, étaient vraiment très faibles… C’est avec plaisir que nous échangeons à nouveau et que nous décidons d’aller déjeuner, ensemble, dans un restaurant, idéalement situé au bord d’un canal. Je suis d’autant plus content de les revoir, qu’ils ont 4 enfants, Jeanne - Eloi - Alice et Margaux, certes un peu plus jeunes que moi mais avec lesquels je m’entends bien.

Mais où est passée Alice ?

Après le déjeuner, nous continuons, toujours ensemble, la balade jusqu’à ce que le sentier ne devienne trop touffu et dangereux (et avec quelques moustiques…) et que nous décidions de rebrousser chemin. La journée étant bien avancée, il nous faut retourner sur Tigre (et, eux, sur Buenos Aires). Nous remontons donc sur la lancha colectiva, faisons le trajet inverse avant de nous séparer de cette sympathique et belle famille française que nous devrions recroiser fin janvier vers Santiago du Chili.

Sur le chemin, nous en profitons pour souhaiter un très bon anniversaire à M° CHALVET, le Boss de Maman.

Joyeux anniversaire CC

Afin d’anticiper un petit peu, et gagner du temps de sommeil, nous allons acheter nos billets de bateau de demain matin pour la traversée du Rio de la Plata et l’arrivée à Carmelo (Uruguay). Puis, nous revenons à notre petit appartement (où nous avions déjà déposé, en matinée, nos gros sacs à dos) accueillis par Alejandro, amoureux de football et du club d’Independiante. Après de grandes discussions footballistiques avec Papa, celui-ci m’offre un maillot, neuf et à ma taille, de l’équipe nationale d’Argentine (avec le 10 de Messi dans le dos !). Je suis aux anges !

La soirée s’écoulera tranquillement et je me coucherai vers 22h30, Maman et Papa continuant l’organisation des prochains jours, réservant les nuitées d’hôtels, les excursions…

13
déc

En un peu en avance sur notre programme, nous décidons de partir à la découverte de l'Uruguay. 11 jours en passant par Carmelo au sud, Monteviedo sa capitale, jusqu'à Punta Del Diablo "presque" la frontière brésilienne.

23
déc

Les formalités passées, nous embarquons sur le bateau et prenons la direction de Buenos Aires, longeant, notamment, la vieille ville et le phare de Colonia del Sacramento que nous avions visités il y a quelques jours.

Nous mettrons une bonne heure à traverser le Rio de la Plata, s’approchant au fur et à mesure de la capitale argentine, de ses gratte-ciel et de son port.

Une fois débarqués, et après une demi-heure de marche ceints de nos sacs à dos, nous entrons dans une bouche de métro pour nous rapprocher de l’hôtel situé à proximité de la place du Congrès.

Mais, avant, Papa souhaite absolument faire un tour au Western Union pour voir si, enfin, il peut récupérer notre argent envoyé de France... mais en vain car l’agence ferme sous nos nez… Décidément, on ne va jamais y arriver ! Il y retournera donc demain dès l’ouverture. À suivre…

L’hôtel est juste à côté et nous nous y installons rapidement avant de ressortir dîner dans un McDo dont on sait qu’il accepte les cartes bancaires sans intérêt.

C’est donc un peu avant 21h que nous nous installerons définitivement dans notre chambre et que nous tomberons progressivement dans les bras de Morphée.

24
déc

La journée a particulièrement bien débuté ce matin.

Non pas que nous ayons bien dormi - ce qui est le cas tout de même ! - mais, parce que Papa, en se rendant, dès son ouverture, à l’agence de Western Union, a enfin pu récupérer l’argent envoyé de France. Du coup, nous nous retrouvons avec beaucoup d’argent liquide - d’autant que la conversion euros/pesos argentins nous a été très favorable !

Deuxième bonne nouvelle : Papa a reçu un courriel l’informant que les frais du pneu crevé au sud de Salta seront intégralement remboursés par l’assurance de sa carte bleue. On est d’autant plus content qu’on ne s’y attendait pas au regard des nombreuses pièces à fournir au dossier. Attendons cependant que cela soit confirmé sur son compte bancaire…

Tout cela nous met en forme pour prendre, tout d’abord, le chemin du terminal du Retiro où nous achetons nos billets de bus pour relier Buenos Aires à Puerto Madryn dans quelques jours. Nous n’avons, en effet, pu les réserver par internet - il y avait encore de lourds intérêts ! De plus, maintenant que nous disposons de « liquide », c’est devenu beaucoup plus simple de payer…

Les billets en poche, on monte dans un taxi pour se rendre facilement à l’aéroport Aeroparque, situé dans le cœur même de Buenos Aires. 10 minutes plus tard (et 3 euros en moins !), nous voilà dans le terminal de l’aéroport.

Étant en avance, nous en profitons pour prendre notre petit-déjeuner puis nous diriger vers les bureaux d’enregistrement des bagages. C’est l’occasion de savoir combien pèse chacun de nos sacs. Résultats : Papa : 16 kgs + 4 kgs pour le sac à dos bleu où nous rangeons les affaires « sensibles », Maman : 12 kgs + 3 kgs pour son sac à main où elle range notamment les passeports, Moi : 14 kgs avec mon sac complémentaire où il y a mon ballon de foot et la rabane… Heureusement que nous ne les portons pas tous les jours !

Puis, après avoir passé les portiques de sécurité et avoir arpenté les duty-free, nous embarquons, enfin, dans l’avion pour 2h15 de vol en direction des chutes d’Iguazú où, en ce 24 décembre, nous passerons Noël.

A l’aéroport de Puerto Iguazú, nous montons dans une navette qui relie directement l’aéroport au terminal des bus situé en cœur de ville. Puis, en 10 minutes de marche (un peu plus la 1ère fois car le GPS de Maman n’était pas d’une grande précision pour le coup !), nous arrivons à notre hôtel, accueilli par Javier et sa mère. L’hôtel et la chambre climatisée sont très agréables et nous sommes heureux de nous y poser en cette fin d’après-midi étouffante. La chaleur est, en effet, vraiment impressionnante. Nous arrivons à transpirer sans rien faire. De plus, la chaleur est très humide, donc vraiment peu agréable. Maman en souffre d’ailleurs beaucoup.

En ce 24 décembre, nous partons en quête, vers 19h, d’un restaurant typique argentin pour déguster une bonne parilla. Si nous l’accompagnons d’une eau au goût Pamplemousse (nous en buvons beaucoup en Argentine !), Papa se laisse tenter par une bouteille de vin rouge de la région de Mendoza (du Malbec).

II fait tellement chaud, que même le vin ROUGE a besoin d'être un peu rafraichi

Nous sommes bien heureux de partager ce dîner de Noel tous les 3, ici, en Argentine et à deux pas des chutes d’Iguazù, mais, il faut bien dire que la famille me manque, et particulièrement en ces moments de fête… D’autant plus que l’ambiance dans les rues et à l’hôtel - qui est quasi vide - ne nous immerge vraiment pas dans la magie de Noël (sans parler de l’absence du froid, de la neige, des sapins et des cadeaux !). Ce fut tout de même une belle soirée et demain, en guise de cadeau, nous partirons à la découverte des chutes d’Iguazù côté brésilien, ce qui nous fera d’ailleurs traversé un nouveau pays.

Joyeux Noël à tous
25
déc

Aujourd’hui, nous avons visité les chutes d’Iguazú côté brésilien !

Les chutes d’Iguazú, un nom mythique s’il en est, qui évoque déjà plein de choses dans notre imaginaire collectif. En langue guarani, Iguaçu signifie « grande eau». Et on a bien compris pourquoi lors de notre visite des lieux ! Pas moins de 250 chutes sur un front de près de 2,7 kms !

Les chutes d’Iguazu (en portugais : cataratas do Iguaçu) ont été découvertes par Alvar Nuñez Cabeza de Vaca au XVIème siècle, lors de la conquête de la région par les conquistadors.

Avant de se jeter dans son confluent, le Parana, 23 kms plus bas, le fleuve Iguazú parcourt près de 1.300 kms jusqu’à buter sur une faille géologique abrupte, et en forme de U, formant ainsi l’immense arc de cercle des chutes. Le débit moyen de la rivière est, à cet endroit, d’environ 1.400m3 d’eau par seconde, mais peut aller jusqu’à 6.500 au moment des crues !

Ce site est aujourd’hui classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO pour son caractère exceptionnel donc mais, aussi, pour la sauvegarde de la forêt tropicale qui l’enserre.

Comme des millions d’autres touristes à travers le monde et le temps, nous avons fait un grand détour dans le circuit de notre tour du monde pour venir découvrir, dans une végétation luxuriante, ces incroyables cascades étagées et se jetant les unes dans les autres.

Si nous sommes « domiciliés » en Argentine, à Puerto Iguazú, nous avons souhaité commencer par voir le côté brésilien des chutes, réputé moins impressionnant mais offrant une belle vision d’ensemble. Du coup, dès le petit-déjeuner englouti dans notre hôtel, nous prenons le chemin du terminal de bus. Sur place, nous montons immédiatement dans une navette qui nous fait traverser la frontière et nous dépose, une petite heure plus tard, devant l’entrée principale du site brésilien.

Brésil !

En ce 25 décembre, et à cette heure matinale, il n’y a finalement pas encore beaucoup de monde. Dès lors, nous ne faisons pas de queue pour obtenir nos billets. Nous montons, ainsi, de suite, dans un nouveau bus qui nous amène, 11 kms plus loin, au pied du superbe hôtel « Les Cataratas » et, surtout, au début du sentier descendant vers les magnifiques points de vue sur les cascades.

Long d’1,2 km, le chemin débouche rapidement sur un belvédère d’où l’on observe la majeure partie des cascades argentines. C’est vraiment de ce versant brésilien que le panorama d’ensemble est le plus impressionnant.

Le chemin longe ensuite la colline pour atteindre une longue passerelle qui s’avance au dessus de l’eau. Elle aboutit au cœur même des cascades où le spectacle est, là encore, exceptionnel !

Tout au long de notre déambulation, nous entendrons des oiseaux et verrons quelques gros lézards, mais, surtout, nous croiserons de très nombreux, et peu farouches, coatis aux museaux allongés.

Si ce n’était pas l’envie qui nous manquait de les caresser - ils sont a-priori inoffensifs -, il faut tout de même faire attention car ils sont toujours à la recherche de nourriture et peuvent devenir un peu agressifs. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à fouiller dans les sacs à dos pour chaparder de quoi manger.

Au bout du chemin, et au lieu d’emprunter l’ascenseur pour s’éviter « une suée » car le temps est vraiment chaud et lourd, nous sommes remontés par un court sentier pour regagner un bus.

Celui-ci nous dépose à l’entrée du site et, partis sans pique-nique (ni eau d’ailleurs !), nous arrêtons déjeuner dans un fast-food situé juste à l’extérieur.

En ce 25 décembre, nous en profitons pour passer un appel-vidéo à la famille afin de lui souhaiter un joyeux Noël. Et pour vous souhaiter à tous et toutes un très joyeux Noël !

Joyeux Noël

L’après-midi avançant, nous prenons la direction du Parc des Oiseaux, positionné juste en face des chutes. Il s’étend sur un espace de 17 hectares de végétation. Il permet de découvrir dans la forêt, environ 900 oiseaux de 180 espèces différentes. Dans ce parc, travaillent des biologistes et des vétérinaires en charge de soigner les animaux malades ou blessés. Certains des animaux soignés restent dans le parc (environ 50 %). 43 % des autres oiseaux sont nés dans le parc et les 7% restants proviennent de réserves privées.

Le parc est organisé autour de 5 grandes volières réparties dans la nature. Un parcours fléché permet de visiter la totalité du parc. Dans 4 volières, il est même possible d’entrer et d’admirer les oiseaux de près. Nous nous sommes vraiment régalés à le visiter, d’autant plus que ce ne sont pas des oiseaux que nous avons l’habitude de voir en Europe, y compris même dans les zoos.

Il n'y avait pas que des oiseaux ...

Nous avons aussi eu l’occasion d’y croiser l’actrice Cécile de France et sa famille. Papa avait eu le sentiment de la reconnaître (sans en être certain). C’est son guide qui nous l’a confirmé lorsque nous avons échangé avec lui afin de relever notre défi lancé par Marine C.

À la sortie du parc, nous remontons dans le bus pour faire le chemin du retour vers Puerto Iguazú et notre hôtel. Si Maman préfère y rester, avec Papa, nous ressortons, quelques instants plus tard, pour aller dîner. Nous la retrouvons une heure plus tard et, nous endormons avec des images encore pleins les yeux de ces magnifiques chutes.

26
déc

Si nous avons beaucoup apprécié la journée d’hier et les visions d’ensemble qu’offre le côté brésilien des chutes d’Iguazú, nous n’avons pas été déçus - mais, alors, pas du tout ! - des points du vue côté argentin. En effet, après avoir découvert toute la magie du site et de ses très nombreuses et majestueuses cascades, nous avions peur de ne pas revivre, aujourd’hui, les mêmes émotions. Force est de constater que cela n’a pas été le cas !

Après avoir pris le bus de la même compagnie, mais en direction, cette fois-ci, des cataratas argentines, nous nous y retrouvons vers 9 heures. Papa, qui avait fait l’achat des billets préalablement sur internet, nous évite de faire une très longue queue et nous permet ainsi de récupérer nos entrées au guichet des achats web.

Nous attaquons donc tôt notre visite, et par le « sentier vert » qui permet de marcher une 10aine de minutes à travers la forêt et à la recherche d’animaux.

Cette courte promenade nous évite aussi une autre longue queue à la gare principale d’où l’on prend un train en direction de la station (plus lointaine) des « gorges du Diable ». Tout le monde (les agences touristiques en particulier !) souhaite, en effet, aller immédiatement sur ce site, connu pour être le plus impressionnant des chutes.

Pour notre part, nous prenons le temps et débutons, à l’inverse, par les chemins qui ne seront empruntés finalement que l’après-midi par les groupes touristiques. Tout au long du chemin nous retrouvons les coatis avec lesquels nous avions fait connaissance la veille.

Pour éviter que les touristes de se faire "croquer" les doigts par les coatis, des cages sont mises à disposition pour s'y installer lors des repas.

Malheureusement, chaque année, il y a beaucoup d'accidents de morsures par ses mignonnes petites bêtes.

Du coup, après avoir salué les coatis, toujours aussi curieux (et à la recherche de nourriture !...), nous débutons nos pérégrinations par la découverte des chutes par le sentier inférieur, sensé offrir des vues spectaculaires d’en bas. Mieux que de longs discours, place aux images pour vous faire une idée.

Nous y croiserons aussi des petits singes peu farouches qui n’hésiteront d’ailleurs pas à s’approcher de nous.

Revenus sur le chemin principal, nous montons, ensuite, dans le petit train en direction des fameuses « gorges du Diable ». Nous y verrons de nouveau l’actrice Cecile de France et sa famille.

Après 5 bonnes minutes de trajet le long de la rivière Iguazú, nous atteignons enfin la station puis, à l’aide de passerelles, nous approchons progressivement de ces impressionnantes chutes d’eau. Sur place, le grondement des chutes est vraiment assourdissant. Nous sommes aussi un peu mouillés mais cela fait beaucoup de bien au regard de la chaleur (elle aussi humide !) de cette journée.

Nous regagnons, en train, la 2ème gare et le croisement des divers chemins de découverte du site, et empruntons, pour finir, le sentier supérieur des chutes - le plus court - qui nous livre des points de vue au dessus des cascades, notamment sur celles de Bossetti, Adàn y Eva, Mbiguà. Mais aussi sur l’île de San Martin. Si la balade est toujours aussi belle, elle est, peut-être, finalement (et pour se donner un esprit critique…) la moins éblouissante de toutes.

Nous retournons à l’entrée du site dans un premier temps par le petit train, puis par le sentier vert et apercevons, sous la passerelle que nous traversons, un caïman qui semble endormi mais dont on sait qu’il faut se méfier car toujours à l’affût.

Cette rencontre clôture en beauté cette superbe journée aux chutes d’Iguazù et, aussi, ces deux magnifiques jours dans le parc. Nous avons, certes, fait un gros détour pour y venir. Cela nous a pris du temps et de l’argent mais, sans nul doute, cela restera un des moments forts de ce tour du monde.

En ce qui nous concerne, nous avions déjà eu la chance de nous rendre, l’an dernier, aux chutes du Niagara, à la frontière du Canada et des Etats-Unis. Le côté ultra américanisé nous avait un peu déçu : trop de fast-foods et boutiques de touristes qui finissent par dénaturer ce paysage naturel.

A l’inverse, aux chutes d’Iguazú, on a retrouvé une merveille de la nature, bien préservée et plutôt authentique ! Les chutes d’Iguazù ont été élues en 2011 - dans le cadre d’un vote international sur internet - comme une des 7 merveilles naturelles du monde. Pour notre part, on ne connaît pas (encore !) l’ensemble de la planète, mais cela fait indéniablement partie de ce nous avons vu de plus beau ces 6 derniers mois !

C’est, donc, avec un peu de regret mais des images pleins les yeux que nous faisons le chemin inverse, et en bus, pour regagner Puerto Iguazú et notre chambre d’hôtel où nous sommes heureux de profiter de la climatisation pour nous rafraîchir.

Nous en sortons moins de deux heures plus tard pour nous rendre, à pieds, à l’intersection de trois frontières : celles de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay. Ces trois pays ne sont, en effet, délimités que par le Rio Iguazù, entre l’Argentine et le Brésil, par le Rio Parana, entre ces 2 pays et le Paraguay. Cette situation, assez unique est matérialisée, de chaque côté, par une borne aux couleurs du pays.

Côté argentin, en plus, il y a, tous les soirs, un petit spectacle son et lumière autour de cette borne. S’il n’est pas exceptionnel en soi, il nous aura fait faire une petite virée nocturne, ce que nous ne faisons que rarement.

Sur le chemin du retour à l’hôtel, nous nous arrêterons dîner au même restaurant que la veille avec Papa. Nous nous coucherons finalement vers 22h30, sans programme pour le lendemain, puisque nous ne prenons le bus pour Buenos Aires (pour aller ensuite sur Puerto Madryn) qu’à 17 heures.

27
déc

Que dire de cette journée qui devrait être rangée dans les moins intéressantes de ce tour du monde ? En effet, sans programme, sans visite, sous une chaleur humide éprouvante (au moins 35°), nous sommes tout simplement restés une grande partie de la journée dans l’hôtel. Enfin, pour être plus précis, dans les 2 pièces à vivre de l’hôtel car, après le petit-déjeuner, il nous a fallu rendre la chambre pour 10 heures. Nous avons donc alterné entre les 2 salons, à la recherche de la meilleure connexion possible car, force est de reconnaître, que le réseau n’était vraiment pas terrible. C’était d’autant plus frustrant que ce type de journée peut être bénéfique si elle nous permet d’organiser la suite de notre périple, en réservant les hôtels, les bus… de nos prochaines étapes.

Et, avec les grandes vacances en cours des argentins et des chiliens, il est important d’anticiper au mieux pour trouver des chambres disponibles et à un coût compatible avec notre budget. Bref, nous essayons donc de nous y atteler tant bien que mal…

Par ailleurs, Maman publie une journée supplémentaire sur le blog et, Papa affine les journées sur l’île de Pâques et le programme en Polynésie française.

Quant à moi, j’essaie de récupérer, de temps en temps, l’IPad et, lorsqu’il n’est pas en ma possession, je poursuis ma lecture du Masque de l’Araignée, livre que nous a laissé Emilie à son retour en France.

Le temps s’écoule donc paisiblement et, vers 15h, nous quittons définitivement l’hôtel pour aller déjeuner puis, à 17h, embarquer dans le bus qui doit nous conduire jusqu’à Buenos Aires où nous devrions être aux alentours de 10h45 du matin, soit après... 17h45 de trajet !

Pour agrémenter ce (très) long voyage, nous aurons le droit à des visites impromptues de la police, de la police aux frontières et, enfin, de la gendarmerie en l’espace de moins de 4 heures. À raison d’au moins une demi-heure chacune pour vérifier les papiers des uns et dès autres, nous prenons, d’entrée, déjà beaucoup de retard.


Et, pour ajouter davantage d’ambiance dans le bus, nous avons « le plaisir » d’avoir à nos côtés (surtout du mien ! papa et mana étant légèrement épargnés…) des sénégalais qui, malgré la proximité de leurs chaises se parlent en hurlant et dans un dialecte inconnu…

Pas facile pour s’endormir…

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Malgré notre positionnement - certes à l’étage supérieur du bus, mais devant la grande vitre -, nous n’avons pas passé la meilleure nuit du monde ! Les sièges ne s’allongeaient que très peu, ne correspondant pas vraiment à la position « semi-cama »... Par ailleurs, la climatisation a été maintenue toute la nuit et, Papa, qui pensait que la compagnie allait fournir une couverture, comme c’est souvent le cas - a eu froid.

Comme nous nous en doutions au regard des nombreux contrôles de police, nous sommes arrivés avec une bonne heure de retard au terminal du Retiro à Buenos Aires. Notre second bus en direction de Trelew, tout proche de la péninsule de Valdès, n’étant qu’à 13h30, nous avons un peu de temps devant nous et nous arrêtons boire un verre dans une brasserie du terminal.

13h30 approchant, nous nous positionnons tranquillement sur le quai d’arrivée des bus de notre compagnie et l’attendons, non sans une certaine anxiété car il n’est pas annoncé sur les panneaux prévus à cet effet. Il ne le sera finalement… que lors de son entrée et de son stationnement sur le quai à 13h30...

Avec les procédures d’embarquement des bagages et de l’ensemble des passagers, nous partons avec une demi-heure de retard, soit à 14h pour débarquer sur Trelew le lendemain, normalement, aux alentours de 9h, soit après une petite (!) 20aine d’heures de trajet !

Mais, c’était sans compter sur l’estomac visiblement fragile d’un des passagers qui, après 9 heures de route, a « tout lâché » en vomissant à l’étage inférieur. Situés au dessus, nous ne l’avons pas vu (et senti…) mais ça devait être un vrai carnage car le bus a dû s’arrêter plus longtemps que prévu dans un terminal pour effectuer un grand nettoyage. Du coup, nous avons perdu une petite heure supplémentaire, que nous avons toutefois mis à profit pour nous acheter des sandwichs car la compagnie de transport ne distribuerait pas de plateaux pour le dîner.

De retour dans le bus « propre », la température a aussi augmenté, la nouvelle équipe de chauffeurs ayant eu la bonne idée de baisser la clim’.

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Le reste du trajet se fera normalement mais c’est avec 1h30 de retard que nous arrivons sur Trelew, ville de 120.000 habitants, fondée par un gallois au nord est de la Patagonie dont nous foulons enfin les terres…

29
déc

À peine descendus du bus, nos sacs sur le dos, et à l’aide de l’application GPS du portable de Maman, nous partons immédiatement à la recherche de notre agence de location de voiture, située en cœur de ville. Comme tout dimanche, les rues sont désespérément vides. Nous atteignons l’adresse indiquée sur notre réservation et tombons bien sur une agence... mais immobilière ! Nous sommes d’autant plus surpris que personne, dans le voisinage, ne sait nous renseigner et ne semble connaître cette société de location de véhicules. Nous commençons donc sérieusement à nous inquiéter quant à une éventuelle fraude sur internet.

Midi approchant, nous doutant que, si agence il y a, elle fermerait sûrement, un dimanche, vers 12 heures, nous essayons d’obtenir de l’aide de l’office du Tourisme de Trelew. Finalement, et après moult péripéties, nous arrivons enfin à joindre une personne de l’agence. Celle-ci nous attend depuis longtemps... mais à l’aéroport ! Il y a, a-priori, un point à éclaircir entre eux et le site internet qui les héberge car nous avions les bonnes informations, et nous devions bien récupérer le véhicule en centre-ville. Bref, ce malentendu passé, l’agence vient nous chercher à l’office du tourisme et nous conduit à l’aéroport où nous récupérons notre véhicule.

Si nous avons perdu une petite heure dans l’histoire, nous sommes bien soulagés et très heureux de partir enfin en direction de Punta Tombo. Punta Tombo se situe à 120 kms au sud de Trelew, et doit son nom au souvenir du naufrage d’un navire français, « le Tombo », en face de sa pointe.

Nous mettrons, sous un beau soleil, près d’1h30 à atteindre ce site qui va nous livrer un somptueux spectacle. Je dois dire que nous ne nous attarderons pas beaucoup dans le musée. Nous avons, en effet, hâte d’emprunter les chemins et passerelles installées au milieu des terriers et de l’immense colonie de manchots, la plus grande du monde !

Car Punta Tombo, depuis 1920, et sans en connaître la raison, réunit plus d’un million de manchots de Magellan à cette période de l’année. Les mâles arrivent, en fait, à la fin du mois d’août pour aménager le nid familial (le même chaque année !). En octobre, les femelles viennent y pondre deux œufs qu’elles surveillent avec « leur conjoint » (ces animaux sont très fidèles) pendant 40 jours. Il faut aussi qu’ils soient très vigilants car de nombreux prédateurs (mouettes et rapaces en particulier) rôdent pour essayer de manger leurs œufs.

Le spectacle de ces milliers de manchots remontant la mer pour apporter de la nourriture à leurs progénitures, et à qui ils donnent ensuite « la becquée », est à la fois impressionnant et, surtout, très émouvant. D’autant plus que nous évoluons au milieu d’eux, certains traversant les passerelles, d’autres étant à quelques centimètres des fines protections délimitant le sentier. Si bien que nous les voyons de très très près. Nous pourrions même les toucher - ce que nous ne faisons évidemment pas, non pas parce qu’ils nous attaqueraient (ils sont vraiment inoffensifs !) mais parce qu’on les dérangerait.

À noter que les manchots vivent dans l’hémisphère sud et ne volent pas, à l’inverse des pingouins qui vivent dans l’hémisphère nord et qui, eux, volent.

Vous noterez également que dans ce superbe parc naturel, les manchots de Magellan ne vivent pas seuls et sont entourés, notamment, de troupeaux de guanacos et de nombreux rapaces que nous avons eu le plaisir de voir de près eux aussi.

Nous quittons cet endroit magique avec regret mais nous avons beaucoup de route à faire puisque nous devons remonter sur Puerto Madryn où nous avons loué une chambre pour les 3 prochaines nuits. Nous y serons vers 19h30 et, pendant que Maman s’installe, nous allons, avec Papa, faire les courses pour les deux prochains jours. De retour, Maman nous prépare le dîner dans la cuisine de l’auberge puis, à l’issue, nous remontons nous doucher et, enfin, nous coucher. Il est déjà 23h passées et on ne tardera pas à s’endormir…

Qu'il est bon de dormir dans un bon lit.

30
déc

Après les deux dernières nuits passées dans un bus et sur des sièges forcément pas d’un grand confort, dormir dans un vrai lit et dans une vraie chambre a été bien agréable. On en a d’ailleurs émergé qu’un peu avant 9 heures pour descendre prendre notre petit-déjeuner dans l’hôtel.

Celui-ci étant situé en plein cœur de ville, nous n’avons pas eu à utiliser la voiture de location pour nous rendre sur le front de mer. Si le temps n’est pas au beau fixe - on a pris l’habitude d’un beau ciel bleu ces dernières semaines... -, la promenade le long du Golfo Nuevo est sympa et nous prenons plaisir à profiter de l’air bien plus frais qu’à Iguazú.

Fondée en 1865 par un gallois, Puerto Madryn n’est pourtant pas ce qu’on pourrait appeler une belle ville mais elle constitue un bon point de chute pour visiter la péninsule de Valdes.

D’ailleurs, le ciel se découvrant et le soleil pointant le bout de son nez, nous prenons la voiture et partons en direction de la Punta Flecha où, à la bonne saison, et de l’observatoire, il est possible d’entendre les chants des baleines. En effet, en cette fin décembre, les baleines franches ont quitté la région et sont descendues plus au sud de la Patagonie. Elles viennent ici en septembre pour mettre bas et y restent, en général, jusqu’à la mi-décembre. S’il leur arrive de pousser jusqu’à fin décembre-début janvier, cette année, elles seraient parties plus tôt suite à 4 grosses journées chaudes…

Dommage pour nous, d’autant plus qu’il est vraiment possible de les approcher, parait il, de très près. On les nomme d’ailleurs « baleines franches » car, justement, les marins les trouvaient trop honnêtes, ne cherchant pas à s’enfuir lorsqu’ils les chassaient.

Après un pique nique pris dans la voiture, à l'abri d'une nouvelle averse… nous avons repris la route pour nous rendre, quelques centaines de mètres plus loin, sur la belle plage El Doradillo. La route est bien caillouteuse mais nous révèle parfois de belles rencontres, comme ces perdrix qui traversent le chemin ou, encore, ce rapace qui « pose » pour la photo.

Avec Papa, nous partons y faire une petite balade alors que Maman préfère, à l’inverse, s’allonger dans la voiture, s’accordant une petite sieste. Elle nous retrouve finalement quelques instants plus tard, le temps se dégageant au fur et à mesure.

Puis, nous retournons sur Puerto Madryn et à l’auberge où Papa et Maman réserveront les derniers hôtels de notre voyage en Amérique du Sud et la location de la voiture sur l’île de Pâques.

Quant à moi, je m’armerai de mon ballon de foot et irai montrer aux argentins pourquoi on est champions du Monde ! Je rentrerai après 4 bonnes heures de démonstration sur un terrain situé sur la promenade le long du Golfo Nuevo.

Nous dînerons tranquillement à l’auberge avec les produits achetés la veille, et resterons dans notre chambre avant de nous y endormir. Demain, pour le dernier jour de l'le réveil sonnera à nouveau afin de faire, avec la voiture de location, le tour complet de la Péninsule de Valdès.

31
déc

Ce matin, je me suis réveillé (presque...) en trombe ! Malgré un « réveil provoqué » à 7h, j’ai été le premier à sortir de mon lit ! En effet, le 31 décembre est le jour anniversaire de Maude et je veux absolument le lui souhaiter avant que nous partions en vadrouille. Du coup, nous sommes opérationnels rapidement et, c’est un peu avant 8 heures que nous montons dans la voiture pour entamer le tour de la péninsule de Valdès qu’il est possible de faire sur la journée.

Réserve naturelle inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est une énorme excroissance de 97 km de long, sur 63 de large, reliée au continent par un isthme de 35 km d’où l’on peut voir les deux golfes qui la bordent : San José au nord, Golfo Nuevo au sud. Son nom vient du Ministre de la Marine qui finança l’expédition qui permit sa découverte.

Au bout d’une petite heure, nous atteignons l’entrée de la réserve où il nous faut payer un droit de passage pour chacun et pour le véhicule ! La guichetière nous ayant invités à marquer un arrêt au centre des visiteurs pour connaître les chemins accessibles, nous nous y arrêtons naturellement quelques minutes plus tard. Et, là, c’est la douche froide ! En effet, il n’y a finalement que deux routes… ouvertes !

La grande majorité des chemins sont fermés (bon, il n’y en a pas des dizaines non plus !). Nous ne pouvons donc pas en faire le tour et ne pouvons finalement nous rendre que sur la partie centrale de la péninsule et, face à l’île aux oiseaux.

Inutile de préciser que nous ne sommes pas très contents (et Papa le fait bien comprendre à l’hôtesse d’accueil qui ne semble pas vouloir fournir plus d’explications à ces fermetures que cela). Nous le sommes d’autant plus que si le circuit est tronqué, le prix, lui, ne l’est pas...

Malgré tout, au regard de l’état des routes caillouteuses de la péninsule, nous ne nous attardons pas dans le centre afin de pouvoir profiter de notre arrivée matinale, et éviter, autant que possible, les nombreux cars de touristes.

Premier arrêt marqué à Puerto Piramides, seule "ville" de la péninsule. Ici tout tourne autour de la baleine.

Puis, nous reprenons la route, en direction du centre de la péninsule, c’est-à-dire de la Caleta Valdès et de Punta Cantor, que nous atteignons au bout d’une bonne heure de piste, et à travers des paysages de pampa.

Nous y croisons de nombreux animaux, tels que des guanacos, des maras, des nandús, des perdrix, ou, encore, des rapaces.

Sur un beau mirador, en bord de route, nous avons, de nouveau, l’occasion d’apercevoir les peu farouches manchots de Magellan et des lions de mer au loin.

Puis, arrivés à Punta Cantor, au niveau du restaurant Parador, nous empruntons les deux chemins qui nous permettent, pour le 1er de bénéficier de beaux panoramas sur la plage où sont regroupés des colonies d’éléphants de mer (des femelles exclusivement à cette période de l'année !),

et, pour le second, de randonner un peu plus loin pour bénéficier de belles perspectives sur la caleta Valdès où se trouvent aussi des manchots et quelques éléphants de mer.

De retour au véhicule, nous revenons sur nos pas pour se rendre sur le second lieu de visite ouvert cette journée, face à la Isla de los Pájaros, une île aux oiseaux, que nous pouvons voir de près grâce à de longues vues mises à disposition.

Totalement seuls, et le soleil revenu, nous profitons pleinement du paysage offert, de la belle reconstitution de la chapelle construite à l’arrivée des premiers colons espagnols et de l’espace d’informations proposé afin de mieux connaître les oiseaux de la péninsule.

Revenus au centre d’accueil des visiteurs, nous y achetons notre traditionnel magnet et lisons les panneaux explicatifs portant sur la péninsule.

Il y a aussi un impressionnant squelette de baleine franche.

Papa cherche, aussi, à obtenir plus d’explications sur les raisons de la fermeture de ces nombreuses routes en s’adressant à un nouvel agent d’accueil. En fait, ayant beaucoup plu la veille, beaucoup sont en très mauvais état et sont, donc, devenus vraiment impraticables. Seuls les 4x4 avaient éventuellement la possibilité de se rendre au nord et au sud, à Punta Norte et Punta Delgada. Ces explications nous semblant totalement compréhensibles, nous quittons la péninsule pour revenir sur Puerto Madryn afin d’essayer de préparer, en ce 31 décembre, notre soirée du Nouvel An.

Malheureusement, Papa et Maman, pourtant partis une bonne grosse heure pour essayer de trouver un supermarché ouvert (après 18h) et y acheter des produits pour concocter un repas de fête, reviennent bredouilles… en dehors de bières pour faire un apéro de fin d'année !

Du coup, nous nous rabattons sur l’un des rares restaurants ouverts et ne nécessitant aucune réservation préalable... un resto de burgers ! Cela ne me dérange pas (bien au contraire !) mais il est vrai que cela ne fait pas très soirée du Jour de l’An…

Malgré tout, on passe une soirée sympa (on fait un « Action ou Vérité ? ») et rentrons à l’auberge où nous attendrons - mais peu de temps - minuit pour se souhaiter la bonne année ! Nous en profitons également pour appeler "Les Cop's" pour une bonne année en direct !

1
janv

En ce 1er janvier 2020, quoi de plus cool que de prendre un avion pour se rendre sur Ushuaia ?

Aussi, avec Papa, nous nous levons bien avant l’heure du réveil - qui devait pourtant sonner à 7 heures. Ça pique un peu - d’autant que nous nous sommes couchés après minuit pour se souhaiter la bonne année ! mais on veut aussi appeler la famille pour leur adresser nos meilleurs vœux. Nous avons 4h (en moins) de décalage avec la France.

Une fois ces « civilités » faites, nous descendons prendre rapidement le petit-déjeuner, remontons vite-fait nous préparer, et montons, enfin, dans la voiture pour la ramener à l’aéroport puis, embarquer dans l’avion pour Ushuaia.

Sur le chemin de l’aéroport, nous marquons tout de même un arrêt pour cette reconstitution « grandeur nature » du plus grand dinosaure connu au monde, retrouvé dans la région de Trelew. Herbivore, mesurant plus de 42 mètres de haut, et pesant jusqu’à 76 tonnes, il est vraiment impressionnant de se retrouver à ses côtés. Du coup, dans l’attente du vol, j’ai regardé sur l’IPad l’émission « C’est pas sorcier » consacré aux dinosaures…

Lors de la réservation des billets sur internet, Maman avait pris soin de bloquer 3 sièges cote à cote et, surtout, le sien à proximité immédiate d’un hublot afin de profiter des paysages lors de l’atterrissage. Arrivés dans l’avion, nous avons, effectivement, nos sièges les uns à coté des autres, Maman est, effectivement, sur le bord de l’avion mais… pas de hublot !!! C’est d’ailleurs le seul endroit de l’avion où il n’y en a pas… La poisse !

Pour autant, ce dernier n’étant pas rempli, nous avons pu changer de rangée, permettant à Maman de prendre quelques belles photos durant le vol.

C’est en début d’après-midi que nous atterrissons à Ushuaia, en pleine Terre de Feu.

Nous sommes vraiment tout excités à l’idée d’être dans la ville la plus australe de la planète (enfin... pas tout à fait puisque, de l’autre côté du canal de Beagle, se trouve la ville chilienne de Puerto Williams). Maman l’est particulièrement en ce qu’elle garde des souvenirs du voyage de Tatie Charlotte, déjà passée par ici lors de son escapade de 6 mois en Amérique du Sud il y a plus de 15 ans. Elles avaient communiqué entre elles à cette époque là avec "msn"...

Nous sortons donc rapidement de l’aéroport et prenons un taxi qui nous conduit directement au superbe appartement que nous avons loué pour les 2 prochaines nuits. Il offre une vue incroyable sur Ushuaia, son port et sa superbe baie, avec en toile de fond, de nombreux sommets enneigés des Andes.

Mais, nous ne nous y attardons pas car, au regard du temps chaud (20°) et splendide, nous sortons immédiatement nous promener le long de sa baie.

Comme San Francisco, Ushuaia est une ville avec des nombreuses rues pentues et, parfois même, très raides. Jusqu’en 1862 et la venue du pasteur anglican Thomas Bridges, la ville était inconnue des européens. Il fut le 1er homme blanc à s’installer sur ce « bout du monde ». Par la suite, à la fin du XIXème siècle, la ville s’est développée grâce à l’installation d’une prison conçue pour les détenus les plus dangereux d’Argentine.

Aujourd’hui, elle accueille énormément de bateaux de croisière et de vols touristiques pendant la haute saison (de septembre à mars), compte beaucoup d’hôtels et de restaurants, et propose ainsi, de nombreuses activités quotidiennes. La promenade le long de la baie est vraiment très agréable.

En ce 1er janvier, il y a tout de même pas mal de vie et d’animations sur les quais. Nous en profitons donc pour prendre des renseignements sur ce que nous pourrions faire les prochains jours, notamment en matière de randonnées en Terre de feu.

Et vous souhaitez à tous et toutes une très bonne année 2020 !

Bonne Année 2020

Terre de Feu : L’origine du nom de cette région vient de Magellan qui, lorsqu’il débarque dans ces contrées fin 1520, dénombre de très nombreux feux, qui sont, en fait, des feux de camp provoqués par les indiens pour se réchauffer. D’où la « Terre de Feu », nom qui sera confirmé plus tard par Charles Quint...

N’ayant déjeuné que la petite collation de l’avion, nous allons dîner assez tôt (18h) dans un très bon restaurant de viandes.

Puis, avec nos estomacs bien remplis, nous attaquons courageusement la remontée vers notre appartement à travers les rues bien en pente d’Ushuaia.

De celui-ci, nous assisterons tranquillement à la fin du jour qui met, ici, beaucoup de temps s’éteindre. La nuit n’est d’ailleurs jamais vraiment noire en cette période. D’ailleurs, vers 4h30 du matin, Papa fera cette petite photo…

2
janv

Ce matin, nous partons nous balader toute la journée dans le Parc National de la Terre de Feu, seul parc argentin ayant une côte marine. L’Argentine n’occupe, d’ailleurs, qu’un tiers de la superficie de la région, dont la totalité est comparable à l’Irlande. Le détroit de Magellan sépare la Terre de Feu du reste du continent sud américain. C’est, en fait, un véritable archipel, dont la plus grande île est l’île Grande où se situe la capitale Ushuaia.

Levés à 7 heures, sans petit-déjeuner servi ou même préparé par nos soins, nous sommes très rapidement dans les rues de la ville. Dans la descente vers le cœur de ville, nous marquons un arrêt à une boulangerie déjà assez bien fréquentée par les habitants. Et, on comprend très vite pourquoi tant les viennoiseries sont excellentes, notamment celles au dulce de leche.

Le départ du mini-bus n’est qu’à 9h. Si nous nous sommes levés si tôt, c’est surtout pour être à l’ouverture de l’agence de la compagnie de croisière Australis que nous avons repérée hier. En effet, sans réponse de leur part à notre courriel envoyé il y a 2 semaines, nous avons décidé de tenter notre chance directement.

Aussi, à 8 heures, nous sommes leurs premiers clients. Nous leur expliquons que nous sommes toujours intéressés par la croisière de 5 jours/4 nuits partant demain à destination de Punta Arenas, mais que nous ne disposons pas (mais alors pas du tout !) du budget pour nous l’offrir.

Pourtant, dès sa première proposition tarifaire, nous savons que nous allons embarqué sur le Ventus Australis ! 😀 En effet, le prix est déjà inférieur à la limite de ce que nous nous étions fixés. Papa fait, malgré tout, la grimace. Nous ne montrons pas notre excitation et demandons un effort supplémentaire, d’autant plus que nous apprenons que le navire est loin d’être plein…

Nous quittons l’agence là dessus, la personne souhaitant consulter avant de nous faire une nouvelle offre. Nous laissons immédiatement éclater notre joie quelques mètres plus tard dans la rue en marchant en direction du bus. Si tout n’est pas encore calé, plus rien ne semble s’opposer à ce que nous foulions prochainement la mythique île du Cap Horn !

Si le temps se gâte un peu, il n’atteint aucunement nos esprits désormais guillerets. D’autant plus que le mini-bus nous amène rapidement dans le parc national de la Terre de Feu - où nous payons un droit d’entrée - avant de nous déposer à la Bahia Ensanada Zaratiegui.

L’endroit est vraiment tranquille, pur et réellement préservé de toute influence humaine (même s’il y a bien quelques touristes...).

Malgré la pluie, la baie est magnifique avec la belle Isla Redonda juste en face, et… son bureau de Poste sur la plage ! L’endroit est vraiment incroyable et nous ne résistons pas à l’achat d’un magnet et à la photo, dans l’ « agence postale », avec le facteur le plus austral du monde !

Puis, nous entamons une très belle randonnée de 8 km qui longe tout d’abord les côtes du canal de Beagle, avant de traverser une forêt et d’aboutir au centre de visiteurs Alakush où nous déjeunons.

Sur le chemin, nous remarquons que de nombreux arbres présentent des noeuds plus ou moins gros. Il s’agit d’une réaction de défense contre des champignons parasites.

Maman ayant été un peu à la traîne, avant le repas, Papa et moi avons rallongé la balade afin de nous approcher du lago Roca. Le temps aussi de m’essayer à faire quelques ricochets...

La météo s’étant nettement améliorée, Maman et moi décidons de rester au centre des visiteurs, devant de somptueux paysages, pour s’allonger dans l’herbe et profiter du soleil.

Papa poursuit, quant à lui, la randonnée jusqu’à la Bahia Lapateia, tout au bout de la ruta 3, en forme de cul de sac. Il y prendra le mini-bus du retour qui s’arrêtera en chemin nous récupérer pour, enfin, nous déposer une demi-heure plus tard sur Ushuaia.

Comme nous avons bien sympathisé avec un des conducteurs des mini-bus pendant que nous attendions Papa, nous avons eu droit à une « ristourne » pour l’excursion du lendemain qui nous amènera à la laguna Esmeralda.

Les billets de bus en poche, nous filons immédiatement à l’agence de croisières Australis où ils nous proposent de nous surclasser, et ce pour le même prix énoncé ce mati ! Bien entendu, nous acceptons et faisons immédiatement les démarches pour la réservation.😀😀😀😀

20h30 passées, nous partons en quête d’un restaurant pour déguster la spécialité de la région, les king crab ! Maman attend ce King Crab depuis son départ de France. En plaisantant elle disait qu'à défaut de rentrer en France, elle s'installerait à Ushuaia pour monter une "baraque à King Crab" ! 😀

Beaucoup de restaurants sont déjà complets et l’attente est longue pour accéder à une table mais nous nous montrons patients. D’autant plus, qu’afin d’être servis plus rapidement, nous acceptons de partager notre table avec deux jeunes allemands.

Faute de king crab frais (c’est-à-dire juste sortis de l’aquarium) malheureusement épuisés, Papa et Maman commandent des plats dérivés de ce crustacé qui se révèlent aussi très bons. Pour ma part, je me régale avec une très belle pièce de bœuf.

C’est vers 23h que nous sortons de table alors que la nuit commence tout juste à gagner du terrain. Nous mettrons bien une bonne demi-heure pour regagner notre appartement puisqu’il nous faut remonter les rues bien raides d’Ushuaia. Nous nous couchons donc repus mais surtout, heureux de cette excellente journée en Terre de Feu, qui en appelle d’autres avec la croisière qui s’annonce…

Petit clin d'œil pour qui se reconnaitra 😀 ! 
3
janv

Ce matin Papa a réglé son réveil pour ne pas rater le lever de soleil. Et le résultat valait le coup !

Le timing étant un peu court ce matin, nous nous levons tôt afin de faire nos sacs, de quitter notre bel appartement, acheter des gants chauds pour les mains puis, de laisser, dès l’ouverture de l’agence de la compagnie Australis, nos valises afin qu’elles soient enregistrées pour être déposées, cet après-midi, directement sur le navire et dans notre cabine. On peut d'ailleurs constaté que notre bateau est déjà arrivé au port… (le petit au 1er plan - blanc et bleu) 😀

Les démarches étant rapidement effectuées, nous avons le temps de prendre un rapide petit-déjeuner dans une station essence qui offre un bon café, et nous permet de déguster les succulentes viennoiseries au dulce de leche que nous avons achetées dans la même boulangerie que la veille...

À 10 heures, grâce à l’achat des billets hier, nous montons dans le minibus à destination du point de départ de la randonnée pour la laguna Esmeralda. Celle-ci est assez facile et n’offre pas de fort dénivelé (si ce n’est, peut être, dans les derniers mètres). Elle traverse, tout d’abord, une belle forêt, puis, longe de belles étendues d’eau dans lesquelles se trouvent quelques oies et canards, suit le cours d’une sinueuse rivière, enjambée des ponts en bois et formant, par endroits, de petites cascades, …

… avant d’aboutir à un superbe lac à la couleur émeraude, la laguna Esmeralda.

Tout au long du sentier, nous constaterons les dégâts causés par les castors, introduits volontairement en 1946 pour le commerce de leurs fourrures. Depuis, en raison de leur forte reproduction, ces rongeurs déciment les forêts, détournent des rivières… Un vrai fléau au point qu’il convient désormais de prévenir les gardiens du Parc afin qu’ils viennent les tuer.

Nous pique-niquons au niveau de la laguna Esmeralda avant d’emprunter le même chemin de retour pour regagner le parking et retrouver le mini-bus qui nous reconduit, 20 minutes plus tard, sur Ushuaïa.

16 heures passées, nous errons un peu dans les rues de la ville, profitant du soleil et des agréables quais le long du canal de Beagle, dans l’attente de l’embarquement prévu à 18 heures.

Après un petit verre dans un café de la ville, nous prenons la direction du port et, après quelques minutes d’attente, montons enfin sur le bateau de croisière de 200 personnes, amarré à proximité des deux navires de Greenpeace.

• • •

En ce 3 janvier 2020, cela fait 6 mois que nous sommes partis de France.

Bilan du 6ème mois !

Bilan 6 mois
4
janv

Pour Noël, Maman nous a fait un très beau cadeau : à défaut d'Antarctique, nous sommes partis faire une croisière dans les Fjords de la Patagonie avec Australis, une compagnie de croisières d’expédition qui parcourt les principaux lieux d’intérêt de la Terre de Feu : le Détroit de Magellan, le Canal de Beagle et le Cap Horn.

7
janv
13
janv

Après 3 heures de trajet sans encombre, sur une petite portion de la ruta 40, nous arrivons enfin sur La Esperanza et enchaînons avec un deuxième bus pour El Calafate.

Comme nous restons dans des bus de la même société de transport, nous n’avons pas à nous préoccuper de nos sacs qui sont transférés directement d’une soute à l’autre. La route de La Esperanza à El Calafate se déroule normalement, si ce n’est un très rapide contrôle de police juste avant d’arrivée.

Comme dans de nombreux autres endroits d’Argentine, nous croisons régulièrement, au bord de la route, des autels-hommages, avec, notamment, des drapeaux rouges, au Robin des Bois argentin, Antonio Gil.

Au terminal d’El Calafate, nous avons juste le temps de transférer nos sacs à dos d’une soute à l’autre - Papa ayant essayé de réserver d’autres billets de bus n’a même pas eu le temps de conclure l’affaire - et nous partons immédiatement pour notre destination finale, El Chalten, que nous atteindrons après 3 heures sur une belle route.

El Chalten est un petit village de moins de 3.000 âmes, situé au bout des Andes et au pied du mythique Fitz Roy (3.441 m), dans le parc national Los Glaciares gratuit et riche en randonnées (El Chorillo del Salto, Fitz Roy et Piedras Blancas, Laguna Torres, Mirador Los Condores, le Mirador de Las Águilas etc.). Ces magnifiques environs sont surtout fréquentés par les randonneurs et autres amateurs d’alpinisme (appelé ici, « andinisme »)

L’énorme avantage d'El Chalten est son positionnement. Toutes les balades peuvent se faire à pied au départ de son cœur de village, de la plus simple et courte à la plus difficile et exigeante. Il y en a pour tous les goûts.

Le nom du FITZ ROY vient du Capitaine anglais du bateau Beagle, Robert Fitzroy, qui a donné son nom au célèbre canal et qui transportait, notamment, un certain Charles Darwin...

Il n’a même jamais vu cette montagne !

Arrivés au terminal, Papa en profite pour acheter le billet retour pour El Calafate, sympathisant d’ailleurs avec le guichetier qui connaît le nom de Nîmes par le hand ball. 😀 Puis, nous prenons le chemin de l’auberge que nous atteignons en moins de 5 minutes, le village étant vraiment petit et l’auberge étant en son centre ! Accueillis par le « dueño », nous apprenons que, pour la 1ère nuit, nous serons dans un dortoir de 6 avant d’être, pour les 4 autres nuitées, dans un dortoir de 4 comme prévu initialement. Nous nous plions de bonne grâce à ce léger problème et nous installons rapidement dans la chambre.

Pendant que je garde les affaires, Papa et Maman sortent faire des courses pour le dîner du soir et le petit déjeuner de demain matin. À cette heure, seule une petite épicerie est ouverte et on se contente donc de ce qu’on y trouve. Malgré tout, le dîner est bon et agréable, d’autant plus qu’on le partage avec deux nantaises fort sympathiques. Ne voyant pas la soirée avancée, nous nous couchons sur le coup de 23h30, bientôt rejoints par nos camarades de chambrée.

14
janv

Aujourd’hui, nous avons attaqué notre première randonnée à travers le parc national Los Glaciares, créé en 1937 et inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981. S’étendant sur 350 km du nord au sud, il compte une 40aine de glaciers, dont le fameux Périto Moreno que nous avons prévu de voir dans quelques jours. En fait, ces glaciers ne sont que la terminaison d’un gigantesque champ de glace d’environ 16.000 km², à cheval entre le Chili et l’Argentine. Le parc est divisé en 2 : la région d’El Calafate au sud - où nous serons donc dans quelques jours - et celle d’El Chaltèn au nord où nous resterons 5 jours.

Celle-ci est verdoyante et constituée de vallées s’étendant au pied de superbes montagnes enneigées. Elle invite vraiment à faire de nombreuses randonnées et nous n’allons pas nous en priver, d’autant plus que l’accès dans cette partie du parc est gratuite et ne nécessite aucun guide !

Nous avions initialement prévu, pour cette première journée, de faire deux balades assez courtes, et sans difficulté majeure, afin de commencer en douceur et, surtout, de les faire tous les 3 ensemble. Mais, au réveil, Papa, sorti pour acheter des viennoiseries pour le petit-déjeuner, a immédiatement changé le programme au regard du magnifique temps ensoleillé. Mieux valait, effectivement, faire une bonne randonnée sous le soleil et profiter de ces belles conditions pour admirer les glaciers et leurs lacs glaciaires.

Du coup, tout s’est un peu accéléré car nous nous sommes levés particulièrement tard ce matin (9h !). Il faut dire que nous avons été bercés toute la nuit par les ronflements de deux de nos camarades de dortoir ! Le petit-déjeuner englouti, Papa et moi nous préparons rapidement pour débuter finalement le trek un peu avant 10h. Maman, quant à elle, et peu de temps après notre départ, fera une balade plus courte et réputée facile.

Nous traversons, tout d’abord, quelques rues d’El Chaltèn avant de commencer véritablement la balade. Celle-ci est très sympa et nous l’apprécions d’autant plus que la température est idéale pour marcher. Elle nous fait traverser des forêts, longer un torrent, admirer un petit lac, avant d’aboutir, enfin, à la laguna Torre. Celle-ci est, étrangement, d’une couleur marron alors que le lac est pourtant nourri par les eaux claires du glacier Torre. Les couleurs sont d’autant plus foncés que les nuages ont, malheureusement, gagné beaucoup de terrain et que la pluie fait, parfois, son apparition.

Cela ne nous refroidit pourtant pas et décidons de pique-niquer (avec les panier-repas achetés ce matin par Papa à la boulangerie) devant ce beau spectacle de la nature. Si je décide, pour ma part, de rester tranquille et de me reposer un peu, Papa poursuit sa marche, un kilomètre plus loin, jusqu’au mirador Maestri qui offre de beaux points de vue sur le glacier Torre.

Pour revenir sur El Chaltèn, nous empruntons exactement le même chemin qu’à l’aller et arrivons, vers 16h30, à l’auberge où nous attend Maman. Entre temps, nous avons changé de dortoir et partageons désormais notre chambre qu’avec une seule autre personne.

Durant notre randonnée, Maman a, elle aussi, bien marché en direction de la cascade Chorillo del Salto. Elle a fait tout de même 6 km qu’elle a parcourus en moins d’une heure. Malheureusement, depuis plusieurs semaines, elle souffre de ses tendons d’Achille, ce qui l’empêche d’aller plus loin et, peut être, plus vite.

Par ailleurs, dans l’après-midi, elle a mis la dernière main aux réservations pour la Polynésie qui sont, maintenant, toutes faites et sur l’ensemble des îles. Le reste de la journée s’écoule sans rien de particulier, entre courses pour les prochains repas, douches et dîner avant de tous aller nous coucher un peu avant 22 heures.

15
janv

Décidément, à El Chaltèn, on prend notre temps le matin. En effet, c’est encore une fois un peu avant 9 heures que nous émergeons de nos lits. Mais, cette fois-ci, ce n’est la faute de personne (pas de ronfleurs comme la veille !) mais un choix délibéré. Nous prenons, ensuite, notre petit-déjeuner dans la cuisine de l’auberge, où je décide de passer la journée tranquillement avec Maman et, peut-être, de faire une petite balade avec elle dans l’après-midi.

Papa, quant à lui, part faire une grosse randonnée, de plus d’une vingtaine de kilomètres, vers le mirador « Loma del Pliegue Tumbado » qui devrait lui offrir, si la météo le permet, un superbe panorama sur le Mont Fitz Roy et ses environs. C’est vers 10 heures qu’il prend donc le chemin de cette balade, empruntant, dans un premier temps, les rues du village jusqu’au centre des visiteurs. Là débute véritablement la marche qui commence par une montée ouvrant, sur la fin, une belle vue sur l’ensemble d’El Chaltèn.

Puis, elle continue à travers des champs où paissent sereinement des vaches, longe un plan d’eau, et ouvre, parfois, de belles perspectives sur le Fitz Roy et les autres montagnes acérées qui l’entourent.

En cours de montée, il croise, une jeune française, rencontrée au nord du Pérou voici 3 mois, et avec laquelle nous avions gardé contact via Instagram. Accompagnée actuellement par son amie Ninon, Delphine voyage depuis 3 mois à travers l’Amérique du Sud. Randonnant ensemble, ils ont largement le temps de se remémorer leurs différentes étapes, d’autant plus que nous avons précédé Delphine dans de très nombreux endroits.

Arrivés au mirador Loma del Pliegue Tumbado, la vue sur le Fitz Roy et sur la partie du lac Viedma du parc national Los Glaciares est vraiment superbe. Si les filles jeûnent, Papa mange rapidement son sandwich car il ne fait pas très chaud, le vent soufflant fort. Le temps d’avaler son maigre repas qu’un renard fait son apparition à quelques mètres de lui. Il n’est vraiment pas farouche et, s’il est sur ses gardes et peureux au moindre bruit, il s’approche malgré tout très près.

Puis, ils poursuivent tous les 3 la montée pour atteindre le sommet où ils ne resteront pas longtemps car le vent y souffle, là aussi, très fort. Pourtant, le panorama est, encore une fois, superbe et ouvre de belles perspectives, notamment de l’autre côté, sur le grand lac Viedma.

La descente se fait par le même chemin et les ramène sur El Chaltèn vers 16h. Si Delphine et Ninon se mettront en terrasse pour profiter du soleil et boire un mojito, Papa, plus sagement, me retrouve à l’auberge, où Maman ne se trouve pas puisqu’elle fait, de son côté, une autre randonnée.

Partie à 14 heures, elle prend le chemin des miradors de los Condores et Agular où elle croise de nombreux animaux - oiseaux, vaches... Rentrée à 18h, elle a, durant ces 4 heures, marché près de 12 km, sans ressentir la moindre fatigue. Décidément, elle nous impressionne de jour en jour !

Nous passons la fin de journée, et la soirée, à l’auberge où nous dînons puis, nous couchons tôt car, demain, Maman fait avec nous une randonnée de près de 23 km qui doit nous mener au pied du mythique Fitz Roy !

16
janv

Quelle journée de randonnée nous venons de vivre ! Pas moins de 30 km de marche et près de 1.000 mètres de dénivelé cumulé ! Même pour Papa, cela a été un peu compliqué sur la fin… c’est dire comme cela l’a été pour Maman et moi…

Pourtant tout a bien commencé ce matin avec un réveil en douceur vers les 8h30. Maman, sachant la balade longue et rude, se lève et se prépare rapidement afin de se mettre en route un peu avant les 10 heures. De notre côté, avec Papa, nous traînons un peu plus dans l’auberge afin de lui laisser de l’avance et la rejoindre en cours de parcours.

Partis une demi-heure après elle donc, nous attaquons de suite par une belle petite montée où nous croisons et doublons pas mal de monde. Rapidement, nous nous trouvons au même niveau que Maman, coupée dans son élan, par la vision d’un oiseau qu’on guettait - mais en vain - depuis notre passage dans l’ouest canadien : le Pic-boic ! Ici c'est un Pic de Magellan ! Popularisé par le dessin animé « Woody Woodpecker », le Pic de Magellan s’attaque au tronc des arbres et possède une crête rouge - et non verte comme le pivert. Nous le contemplons, pendant plusieurs minutes, à ses côtés. Un vrai plaisir !

L’heure avançant, il nous faut bien se résoudre à réattaquer la montée. Heureux de randonner avec Maman, qui s’est lancée, avec cette balade longue de plus de 20 km, un grand défi, nous décidons de rester avec elle, en nous adaptant à son rythme. C’est d’ailleurs très sympa car nous discutons beaucoup, de tout et de rien, et dans la bonne humeur.

Finalement, au bout de 3 km, le chemin devient plus plat et nous permet de reprendre notre souffle. Nous traversons, dès lors, une belle forêt, longeons, grâce à un léger détour, la laguna Capri, profitons de beaux points de vue sur la rivière "Las Vueltas" ou, encore, le sommet du Fitz Roy, enjambons quelques passerelles installées au dessus de petits cours d’eau, avant d’attaquer le dernier kilomètre au milieu de gros rochers et de cailloux.

Ces 1.000 ultimes mètres sont vraiment très éprouvants. On nous avait prévenus et on n'est pas déçu… Pour le coup, chacun le monte à son rythme, Papa et moi zigzaguant parmi les randonneurs, Maman prenant son courage à deux mains pour tenter d’arriver au sommet. Mais, et c’est le plus important, nous parviendrons tous les 3 en haut, heureux et, surtout, très fier de l’exploit accompli par Maman. Elle a vraiment galéré. Elle a mal partout. Mais, elle n’a pas lâché ! C’est ma nouvelle championne !!!

En plus, le spectacle offert par Mère Nature - comme aime à l’appeler Maman - est splendide. La vue sur la laguna de Los Tres, avec le Fitz Roy au dessus, est juste magnifique.

Pendant que nous montions, Papa a poussé un peu plus loin la balade jusqu’à un autre point de vue, livrant de nouvelles perspectives sur la laguna de Los Tres mais, découvrant, aussi, un autre lac, la laguna Sucia.

C’est vers 15h30 (après 4h15 de marche pour accéder à ce spectacle) que nous rebroussons chemin. La descente est très pénible dans sa première partie puisque très caillouteuse et, donc, très glissante. Il convient de faire extrêmement attention et de ne pas se presser. Arrivés en bas, nous retraversons les mêmes paysages jusqu’à une bifurcation qui nous a été conseillés par le patron de l’auberge, en direction des lagunas Madre et Hija.

Ce chemin est sensé être aussi long (ou court) que le chemin classique qui refait le trajet inverse de l’aller. Nous préférons donc logiquement prendre ce sentier alternatif qui nous permet de découvrir de nouveaux paysages. Mais, si nous profitons effectivement d’un environnement différent, la distance est, quant à elle, bien plus longue … Très longue … Trop longue … ! Du coup, les kilomètres s’enchaînent, la fatigue s’accumule et des douleurs apparaissent (dans le cou de Maman en particulier).

Nous restons, bien entendu, groupés, et attendons régulièrement Maman qui a de plus en plus de mal et dont le rythme diminue. Seul le fait de croiser de nombreux lapins sur le trajet et d’apercevoir un bébé de Pic de Magellan appelant ses parents pour la becquée nous remet un peu de baume au cœur.

Ce sont dans les deux derniers kilomètres que Papa, avec notre accord, accélère afin d’arriver plus tôt à l’auberge et nous préparer le dîner. En effet, le temps tourne et il est déjà 20h. Mais, il fait encore bien jour à cette période de l’année où le soleil ne se couche pas avant 22h30. Nous nous retrouvons finalement tous les 3 à 20h30, dînons rapidement et, après une bonne douche, nous glissons sous nos draps.

Tout le monde est bien fatigué mais nous sommes tous très fiers des efforts fournis, en particulier par Maman, qui devient, indéniablement, de plus en plus sportive et résistante.

17
janv

Miradores de Las Aguilas et de los Condores / Chorillo d’El Salto Décidément, à El Chaltèn, on prend son temps le matin ! Bon, nous avons une nouvelle et excellente excuse avec les 30 km d’hier dans les jambes (et un dénivelé de près de 1.000m !). Même si nous ne sommes pas complètement sur les rotules, nous préférons, avec Maman, rester tranquillement à l’auberge afin de nous reposer et prendre du bon temps.

Papa, de son côté, n’ayant plus de longue randonnée à faire, se contente donc de 3 petites promenades de quelques kilomètres chacune. C’est, ainsi, vers 10h30, qu’il nous quitte et prend la direction du centre des visiteurs où se trouve le point de départ des deux premières marches qu’il compte effectuer, vers les Miradores de Las Aguilas et de Los Condores. Maman les avait d’ailleurs déjà empruntées lors de notre première journée sur El Chaltèn et les avait trouvées agréables.

Si elles commencent par une forte montée, livrant un beau panorama sur le village, au moment où les deux chemins se séparent, elles deviennent bien moins pentues, se faufilant au milieu d’une superbe végétation, typique de la Patagonie.

Commençant par le sentier menant au mirador de Las Aguilas, il aboutit, après un bon quart d’heure de balade, à un très beau point de vue sur l’immense lac Viedma dans lequel se jette le glacier éponyme, malheureusement caché derrière une colline.

Situé à quelques centaines de mètres, il enchaîne avec le mirador de Los Condores. S’il ne voit pas un seul de ces volatiles, le temps étant à une petite pluie fine qui mouille leurs plumes et les empêche de planer sur les courants d’air, le panorama sur El Chaltèn et les montagnes alentours reste bien sympa.

C’est un peu avant midi qu’il nous rejoint à l’auberge, me permettant de l’accompagner faire des courses pour le déjeuner et le dîner du soir. Maman, pendant ce temps, se débat avec le réseau pour essayer de publier une nouvelle journée de nos pérégrinations à travers le monde.

Après le déjeuner et un temps de repos pris dans la pièce à vivre du haut, Papa et moi - finalement, j’ai décidé de l’accompagner cet après-midi ! - partons nous balader vers El Chorillo del Salto, une belle cascade que Maman avait, là encore, aperçu lors d’une de ses premières randonnées en solitaire.

La marche est très agréable - la météo y participe aussi beaucoup - et nous fait longer la rivière Las Vueltas qui entoure, avec celle du Fitz Roy, le village d’El Chaltèn. Nous traversons aussi une belle forêt et empruntons de petites passerelles pour enjamber de fins cours d’eau. La balade n’étant pas bien longue (8 km), nous atteignons rapidement la cascade haute d’une dizaine de mètres.

Le retour nous fait prendre le même chemin et revenir à l’auberge après deux petites heures de randonnée. L’après-midi étant bien avancé, nous nous calons tranquillement sur les canapés et profitons du (médiocre) réseau internet.

Ce soir c'est moi qui suis aux fourneaux !

Pour notre dernière soirée, nous ne serons finalement que 3 dans notre dortoir de 4, qui nous est donc privatisé pour l’occasion.

18
janv

Pas de randonnée aujourd’hui ! En effet, nous allons quitté El Chaltèn pour nous rendre sur El Calafate en 3 heures de bus. On aurait presque pu tenter l’auto-stop tellement cette pratique est répandue ici et qu’elle fonctionne parfaitement…

Ce qui n’a pas changé en revanche, c’est l’heure de notre réveil puisque nous nous sommes levés à 9 heures, devant libérer la chambre pour 10 heures et prendre le bus pour 12 heures. D’ailleurs, une fois quittés l’auberge, afin de patienter avant le départ, nous avons pris notre petit-déjeuner dans la boulangerie-café située juste à côté. Papa s’est d’ailleurs essayé au maté car, aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est la première fois que nous le voyons proposer à la carte d’un café. C’est typique mais ce n’est pas non plus extraordinaire. Cela ressemble beaucoup au thé avec toutefois une technique bien particulière pour le confectionner.

Dernières vues sur le Fitz Roy

A midi, nous montons donc dans le bus en direction d’El Calafate, que nous atteignons après 3 heures de belle route, à travers la steppe patagonienne avec, en toile de fond, les cimes enneigées des montagnes et, au premier plan, les lacs d’un bleu glacier et les vigognes.

Au terminal d’El Calafate, Papa prend les billets pour le lendemain - randonnée vers le lago Roca - et le surlendemain - pour se rendre au Perito Moreno. Puis, après une petite demi-heure de marche avec nos sacs sur le dos, nous atteignons notre auberge située au cœur même du village d’El Calafate. Et nous avons droit à une chambre avec salle de bains privative. What else ?...

Pour autant, nous ne nous y attardons pas et prenons la direction de la Réserve écologique municipale Laguna Nimez. Nous y arpentons, pendant une bonne heure, le sentier qui borde la laguna et y observons bon nombre d’oiseaux, dont, entre autres, les oies de Patagonie, des canards au bec bleu, et, ô grande joie pour Maman, des flamands roses !

Cette balade facile et reposante, au regard de celles effectuées les jours précédents à El Chaltèn, est très agréable avec ses nombreuses marguerites, les arbustes à fleurs jaunes appelés Calafate - ce qui a donné le nom au village - avec ses baies noires ressemblant à des myrtilles, et, ses belles étendues d’eau, à proximité du lago Argentino, où aiment jouer avec le vent les kitesurfeurs.

De retour à l’auberge, Maman échange au téléphone à propos de la Nouvelle Zélande avec Virginie (Carpe Diem), rencontrée aux Galápagos, pour avoir quelques idées et bons plans sur le pays des Maori où nous serons dans plusieurs semaines. Quant à Papa et moi, nous partons dans la rue principale du village de près de 20.000 habitants pour acheter à manger pour les 2 prochains jours. L’occasion de constater qu’El Calafate n’est pas vraiment une belle ville, avec ses maisons en tôle et en bois, et ses rues très quadrillées.

Rien nous invitant à sortir et à veiller, nous terminons donc la soirée tranquillement au sein de l’auberge.

19
janv

Avec Papa, nous avons remis ça ! Entre la journée de transport d’hier et la visite du Perito Moreno demain, nous avons fait, aujourd’hui, une belle randonnée près du Lago Roca, situé à une 50aine de kilomètres d’El Calafate.

Ce matin, lorsque le réveil a sonné un peu après 7h, j’ai tout de même un peu regretté ma décision de l’accompagner... d’autant que je n’avais pas compris qu’il s’agissait d’une grosse randonnée pensant, à l’inverse, que c’était une simple balade au bord d’un lac, sans dénivelé ou difficulté particulière...

Maman se levant en même temps que nous pour nous préparer les sandwichs et petit-déjeuner ensemble, cela me met un peu de baume au cœur et me motive pour me bouger. Puis, avec Papa, nous nous mettons ensuite rapidement en route pour aller prendre le mini-bus au terminal.

Il nous déposera, légèrement plus d’une heure plus tard, dans un camping positionné au bord du lago Roca. De celui-ci, nous attaquons notre randonnée empruntant, d’abord, la route par laquelle nous sommes arrivés d’El Calafate.

Puis, au niveau du panneau annonçant le balade vers le Cerro de Los Cristales, nous entamons une douce montée au milieu des arbustes calafate, de fleurs jaunes, violettes ou, encore, blanches... Vraiment magnifique ! Au fur et à mesure de l’ascension, nous profitons aussi de superbes points de vue sur le glacier Perito Moreno que nous verrons de plus près demain. Mais, de là, à quelques dizaines de kilomètres de celui-ci, on ressent déjà sa puissance et on perçoit parfaitement son gigantisme.

Progressivement, en traversant une forêt, la pente se fait encore plus raide et, le sol étant terreux, ils nous arrivent même de glisser. La randonnée se poursuit au milieu d’éboulis, sur un chemin là encore très pentu et, surtout, avec un vent qui souffle de plus en plus fort. D’ailleurs, arrivés au sommet, qui culmine à près de 1.200 mètres d’altitude - le dénivelé aura donc été de plus de 1.000 mètres ! -, le vent est très violent. Il ne nous permet vraiment pas de rester plus de 5 minutes à observer le superbe panorama à 360°. Par temps dégagé, il est, paraît-il, possible d’observer les Tours du Parc Torres del Paine et le Fitzroy d'El Chaltèn. Mais, aujourd’hui, si le ciel est pourtant assez clair, mais nous ne verrons ni les unes, ni l’autre ! Pour autant, le spectacle est grandiose avec les cimes enneigés des sommets andins, le bleu glacier des lacs en contrebas, et le paysage de steppe patagonien aux multiples couleurs.

Nous entamons, donc, rapidement la descente par le même sentier qu’à l’aller, croisant notamment un couple de français partis en même temps que nous, mais n’ayant pas le même rythme... Après une pause pique-nique, nous regagnons la route pour nous diriger, quelques dizaines de mètres plus loin, vers un site où se trouvent des peintures rupestres vieilles de près de 10.000 ans. L’accès y est très facile et nous aboutissons assez vite à un gros rocher sous lequel se trouvent ces fameuses, et bien conservées, peintures d’un autre âge.

Si, initialement, nous devions prendre le mini-bus de retour sur El Calafate à 18h30, sur une proposition du chauffeur, il a été convenu, entre « touristes », de se retrouver à 17h afin de rentrer plus tôt, la randonnée étant donnée en 6 heures. L’ayant faite en moitié moins de temps, ils nous restent pas moins de 2 heures à nous occuper, et nous décidons de nous approcher le plus possible du lac Roca. Cela est malheureusement impossible via le camping qui demande de payer un droit d’accès.

Du coup, nous parcourons, à nouveau, la route sur 2 km pour arriver au lieudit « Angostura » qui nous offre de très belles perspectives sur le lac et où nous observons un beau rapace venu se poser non loin de nous. Il ressemble à celui aperçu quelques instants auparavant au niveau du camping.