Carnet de voyage

Road trip en France

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Dernière étape postée il y a 12 heures
Objectif : tour de France en 3000km
Octobre 2021
30 jours
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Le point de départ.

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Publié le 4 octobre 2021

Rennes, soi-disant la ville numéro 1 en France où il fait bon vivre, ne m'a pas laissée une grande impression. Je ne dois pas être très sensible au "charme du Nord". Déjà, sur 2 heures, il a fait soleil-pluie-soleil-soleil et pluie en même temps. Le Nord, quoi.

Entrée dans la ville, limitation à 30 à l'heure, des travaux partout. On a vite fait le tour. J'ai mangé une crêpe hors de prix Place Saint-Anne pour dire que j'avais mangé une galette bretonne en Bretagne. La place Sainte-Anne et ses petites rues sont clairement le point fort de Rennes. On y retrouve de belles terrasses et un nombre incroyable d'options pour manger (burgers, poutines, crêpes, sandwiches vietnamiens, snacks créoles, cubains...).

Je me suis un peu baladée dans les rues, rien d'exceptionnel malgré quelques jolis colombages. Aussi vu quelques boutiques atypiques de gens qui se sont clairement fait plaisir (la "livrerie" de bières et bandes dessinées, le magasin de déco chiens et chats, la boutique retrogaming). J'ai été surprise de croiser plusieurs fois des goths / punks / métalleux / hippies et autres rebelles en tous genres. On est bien loin du Breton en marinière.

+1 pour le centre piétonnier et le Parc du Thabor, -1 car d'après la carte c'est le seul parc en ville.

Impression globale : une ville qui a l'air jeune, dynamique, alternative... Mais sans charme réel et qui manque cruellement de verdure.




Place Sainte-Anne
Place Sainte-Anne
Parc du Thabor
Parc du Thabor
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Première impression de Nantes : pas hyper dépaysante. On pourrait être en banlieue parisienne ou à Lyon, peut-être en plus aéré.

Très vite, j'identifie ma bête noire à Nantes : ses ronds-points ! Il y en a partout, des grands, des petits, il y a des ronds-points qui donnent sur des feux, des ronds-points qui donnent sur d'autres ronds-points, des ronds-points qui sont coupés par le tram... Et ils sont pour la plupart très mal marqués au sol, pas de grand giratoire comme dans un rond-point classique. C'est une certitude, si un jour j'habite à Nantes, j'aurai un accident dans un rond-point, ils sont vicieux !

Deuxième impression de Nantes : le jardin des plantes et le jardin extraordinaire. Pour le coup, là je suis dépaysée ! Des séquoias et des gingko, des canards et des oiseaux bizarres au Jardin des Plantes, et une cascade et des plantes exotiques au jardin extraordinaire ! Si ce n'était les bureaux au loin ou le murmure du bruit des voitures, on aurait du mal à croire qu'on est à Nantes. J'aime ! Et apparemment il y a 101 parcs et jardins à Nantes... Même si ces deux-ci sont à mon avis les principaux. C'est une évidence, si je vivais à Nantes, je passerais ma vie aux jardins. J'ai eu de la chance de voir le jardin extraordinaire au calme, presque vide, ce qui risque de ne pas durer avec la construction de l'arbre aux hérons.

Je termine ma visite de Nantes avec le passage obligé par la galerie des machines. J'ai beaucoup aimé, très steampunk, tout à fait ma came. Et j'ai volé dans le héron du futur arbre aux hérons :)

Dans l'ensemble Nantes m'a positivement surprise avec ses influences des univers Jules Verne, qui lui donnent un côté fantastique qui n'est pas pour me déplaire, et ses nombreux espaces verts et rues arborées.

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Petite balade dans la campagne du Marais Poitevin histoire de prendre un bol d'air et de calme entre deux villes.

Outre les traditionnels chevaux/vaches/moutons/poules/canards/cygnes j'ai vu des biches, deux hérons, deux loutres et un écureuil. Inphotographiables évidemment, je leu ai fait peur.

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J'étais curieuse de Niort car j'y ai presque accepté une offre d'emploi un jour, mais ça m'a l'air d'être une petite ville sans intérêt. Il n'y a rien à "faire" ou à "voir" à Niort. Mais quand même, la ville a son charme, je la trouve mignonne. Son esthétique mélange étrangement des marqueurs de la France médiévale, avec son église et son donjon, et du Sud, avec ses maisons aux façades coquille d'œuf et aux toits orange.


J'arrive le soir et je commence par son jardin des plantes, qui a le mérite d'exister mais qui n'est finalement qu'un petit parc très escarpé pas très accueillant. Je me balade dans le centre le lendemain, un petit centre piétonnier mignon, mais petit, à l'image de la ville, dont j'ai dû faire le tour en 1 heure à tout casser. Ce qui en soi n'est pas désagréable, ici pas de métro, on fait tout à pied ou en bus (oubliés les vélos, c'est beaucoup trop escarpé). Mais quand même, un sentiment de "trop peu", il me manque le dynamisme de Nantes ou Rennes. Next.

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Je suis instantanément et éperdument tombée amoureuse de La Rochelle.

Arrivée en ville, traversée jusqu'au parking, je suis déjà séduite par ses belles façades blanches et propres et ses toits oranges qui contrastent avec le ciel bleu. Un peu au hasard, je choisis de me promener sur la Pointe des Minimes, et c'est le coup de foudre absolu. Un magnifique écrin de verdure en bord de mer, des bancs partout, l'endroit idéal pour se poser, assez calme si ce n'est quelques promeneurs et joggeurs. Et dire qu'il y a des gens qui habitent ici. (Et là je me dis intérieurement, "un jour, moi aussi j'habiterai ici".)

Bon, je sais que toute la ville n'est pas comme ça mais avoir ça à côté de chez soi ça n'a pas de prix. Enfin si ça a un prix, et apparemment pas des moindres. J'échange brièvement avec une Rochelaise installée depuis 2 ans, elle aussi vient de Paris et ne ferait pas demi-tour, même si elle a eu du mal à trouver du travail et qu'elle a perdu en salaire. Qu'elle adore le bord de mer, qu'il fait souvent beau sans faire trop chaud.

Je continue de marcher vers le vieux port, très animé avec toutes ses terrasses. Le long des quais, de la verdure, des bancs, encore, toujours, j'adore. En fait en bord de mer je vois peu (pas ?) de plage, seulement de la verdure ou des bateaux. Je me fais la réflexion que je vois peu de personnes de couleur. Je m'étais déjà fait cette réflexion à Honfleur. J'arrive dans la vieille ville et je retrouve des marqueurs connus, le centre historique piétonnier, une rue avec des arcades comme à Bologne, les façades coquille d'œuf, toujours, les grandes chaînes de magasins, et un peu trop de scooters à mon goût.

Parc Charruyer, Jardin botanique, Marais de Tasdon, du vert, du vert, encore du vert.

La ville a l'air très agréable à vélo (il y a des pistes cyclables partout). Beaucoup moins en voiture (on ne peut pas tout avoir).

Bref, La Rochelle remonte en tête du classement (à égalité avec Nice ?) des villes de France où j'aimerais vivre un jour, avec deux bémols, la difficulté à se déplacer en voiture (pas très grave) et l'absence de plage (on oublie les promenades en bord de mer).

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Étant à La Rochelle, il aurait été dommage de ne pas prendre le temps de faire un tour sur l'île de Ré. J'y avais passé quelques vacances quand j'étais gamine et j'en avais de bons souvenirs.

La journée est magnifique, ciel bleu, grand soleil. Après une balade sur la plage et dans les petites rues (roses trémières <3) je fais un petit tour au port de Saint-Martin-en-Ré. Mignon à cette période de l'année (apparemment beaucoup moins en plein été quand il déborde de monde). Direction ensuite les marais salants pour une mini-rando en pleine nature, les paysages sont magnifiques, il n'y a pas âme qui vive, je respire, je me sens dans mon élément. Détour obligatoire par le phare des baleines (histoire de dire que je l'ai vu) et dernière petite escapade nature dans les bois, à la recherche du point culminant de l'île à un scandaleux... 19m d'altitude. Je regarde le coucher de soleil sur la plage avant de refermer la parenthèse de cette très belle journée.

Note: la proximité de l'île de Ré est encore un + supplémentaire pour La Rochelle.


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Encore une très belle journée, mais l'île est balayée par les vents et malgré le grand soleil je me les caille un peu. Vu la taille de l'île (apparemment la 2e plus grande île de France après la Corse, merci Marie), je me dis d'abord que je n'accorde clairement pas à l'île d'Oléron le temps qu'elle mérite. Puis rapidement je me rends compte que l'île est une alternance permanente de quartiers résidentiels et de sites ostréicoles, entrecoupés de verdure . C'est joli, très joli, mais aussi très répétitif, il n'y a probablement pas de quoi y passer une semaine.

Je fais escale au château d'Oléron, enfin ce qu'il en reste, je me balade le long des remparts, c'est très joli. Je prends ensuite la "Route des huîtres", m'arrête à Fort Royer, le petit village ostréicole avec ses jolies cabanes colorées, puis à Boyardville pour la plage et la vue sur le Fort.

Puis commence une longue errance, je cherche désespérément un début de sentier de randonnée, sans succès, mes applis de rando n'en indiquent pas non plus, je trouve ça désolant d'être entourée d'autant de nature et de n'avoir aucun autre moyen de s'y promener que de suivre les départementales.

Histoire de ne pas rester dans ma voiture, je fais une halte au port de la Cotinière (sans intérêt), puis au Port des Salines (ravissant, et pour le coup j'ai pu me promener un peu au milieu des marais, ça fait plaisir).

Bref, Oléron est une très belle île, très verte, avec de charmants villages, mais j'ai préféré Ré pour les possibilités de promenade.

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Mon 1er instinct en arrivant à Bordeaux, c'est de fuir. Cette ville m'envahit de stress avant même d'y entrer. Je fais quelques courses dans une banlieue proche, déjà noire de monde, et puis il me faut une heure pour rentrer dans le centre de Bordeaux, j'enchaîne les embouteillages. Aucune piste cyclable en vue, j'ai pitié pour les quelques cyclistes qui se risquent au milieu de la circulation. Il me faut aussi environ 1 heure pour voir mon 1er arbre, cette ville en manque cruellement. J'étouffe. Après l'île d'Oléron hier, le choc est brutal.

Bon, au moins je sais déjà que ce n'est pas une ville pour moi. Je suis sûre qu'il y a plein de choses à faire à Bordeaux quand on y habite ou quand on y passe quelques jours, visiter la Cité du Vin, les musées, etc, mais ce n'est pas dans cette optique que je suis partie et là comme ça ça ne m'intéresse pas. Je décide quand même me promener un peu au centre, histoire de, et là encore, des embouteillages, à pied cette fois, j'essaye tant bien que mal de me faufiler parmi une masse de monde qui attend le tram. Tram qui arrive, ouvre ses portes blindé comme un wagon de juifs, qu'elle horreur, pauvres gens. Je décide de repartir assez rapidement, ça ne sert à rien de rester là.


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Comme j'ai libéré une partie de ma journée en fuyant Bordeaux et qu'il fait super beau, je décide de rejoindre l'océan. Je ne sais pas pourquoi, je choisis le Cap Ferret, sans me rendre compte que c'est aussi loin, donc j'arrive assez tard. Sans me rendre compte non plus, avant d'être sur place, qu'il s'agit d'un site protégé et que l'accès à la plage et aux dunes est interdit. Ce n'est pas grave. Je marche les pieds dans le sable le long du sentier du littoral, comme 1000 autres touristes en même temps que moi. Le sentier est bordé de conifères et quelques espèces de palmiers. Je prends un Orangina assise sur un banc au soleil, c'est très agréable. Plus agréable que les bouchons à Bordeaux. Je redescends jusqu'aux bunkers (tiens, la voilà la plage), c'est impressionnant de voir la mer déchaînée s'écraser contre la pierre. C'est apaisant, aussi. Je réalise à quel point j'aime la mer. Je repars du Cap Ferret super zen, j'ai l'impression d'avoir bouffé 2 Xanax, ça fait un bien fou près le stress de ce matin.

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En route vers Arcachon, je vois une flèche pour la Réserve ornithologique du Teich. Normalement j'essaie de résister aux flèches, sinon je ne m'en sors plus, mais là j'ai envie. Bien m'en a pris, la balade dans la Réserve est super agréable, je me promène sur un sentier de 6km au milieu des aigrettes, spatules et autres oiseaux marins dont j'ignore tout, tout ce qu'il me manque c'est un bon téléobjectif pour photographier les oiseaux (et du coup je m'essaye avec un succès mitigé à la photographie de smartphone à travers jumelles).

J'emprunte ensuite le Sentier des digues pour un petit 8km de marche. Un peu bondé à mon goût, mais bon, c'est dimanche et il fait beau. Parfois, les gens me disent bonjour, alors je me décide d'un coup à commencer à dire bonjour à tous les gens que je croise, moi aussi, ça me fait rire, il y a du monde et tout le monde me répond et ça en fait des bonjours, c'est génial. La campagne a un drôle d'effet sur moi.

Je traverse Arcachon en voiture mais choisis de ne pas m'y arrêter car la journée est déjà bien entamée, avec mes heures de promenade. Arcachon a l'air d'être une jolie petite ville, très arborée, étrangement vallonnée pour un bord de mer, et avec quelques très belles maisons d'une architecture étrange.

Je termine la journée par l'ascension de la Dune du Pilat, la plus haute d'Europe, qui domine la mer à 102m d'altitude,soit l'équivalent approximatif de 40 étages, mais 40 étages de sable, pas de pierre, les pieds s'enfoncent et l'ascension est physique, très physique. Heureusement j'ai prévu de la marge en zappant Arcachon et j'arrive au sommet une demi-heure avant le coucher du soleil, c'est parfait.



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J'arrive tout doucement à la pointe de la France, dans le Pays Basque.

Je fais halte à Bayonne sans grand intérêt, juste "parce que j'y suis", tout en sachant d'entrée de jeu que ce n'est pas une ville pour moi - je repère déjà en frissonnant les arènes sur la carte. Anissa, chez qui j'ai passé la nuit, m'a dit que ça ne sert à rien de débattre des corridas avec les locaux, que ça fait partie de leur culture. Mouais. Je trouverais difficile de vivre ici quand même. Bref. Je passe par le Jardin Botanique (complètement dénué de charme), les remparts, la vieille ville, avant de longer le fleuve pour rejoindre ma voiture. Il y a des lézards tous les mètres, je dois faire gaffe où je mets les pieds. Sinon, je confirme ma première intuition, cette ville n'a aucun intérêt.

Arrivée à Biarritz, j'entreprends de longer la côte - quoi d'autre ? La promenade est dans l'ensemble agréable, même si je trouve qu'il y a beaucoup de monde, surtout pour un lundi 11 octobre, et je n'ose pas imaginer le même endroit un samedi en juillet. L'océan regorge d'un nombre ridicule de surfeurs, à tel point que je me dis que la baignade doit être dangereuse. Très peu sont debout sur leur planche, ça n'a pas l'air simple. Je passe par le port des Pêcheurs, le rocher de la Vierge, puis histoire de ne pas bêtement faire demi-tour, j'oblique vers le centre (encore une ville très escarpée). Le centre n'a pas l'air piétonnier, c'est dommage. Je ne vois pour ainsi dire aucune grande enseigne, que des petits commerces, ce qui a son charme, mais doit revenir très cher (je m'étrangle devant le panneau "3 torchons pour 10€", soit environ 10x le prix chez Action, et devant les "merveilles", genre de chouquettes, à 4€ les 100g, soit 2x le prix parisien).

Je passe ensuite en voiture par Bidart qui a l'air magnifique du haut de ses collines, et par Guéthary qui a l'air pas mal non plus, avant une escale finale à Saint-Jean-de-Luz - parce qu'il fallait bien en choisir une. J'adore l'architecture par ici. Peut-être pas vraiment mon style, mais super charmant. Des maisons blanches avec des volets bleu marine, bordeaux, vert foncé, parfois des espèces de colombages. J'ai presque l'impression d'être en Suisse - pas que je connaisse vraiment la Suisse ceci dit. C'est peut-être l'architecture "de montagne", après tout, je vois les Pyrénées se dessiner à l'horizon (et d'ailleurs ça claque). Bon, OK, j'avoue, je n'y connais rien en architecture. Je me balade dans le centre historique, au port et en bord de mer, me laisse tenter par des churros (que je regrette), avant de repartir.

Dans l'ensemble, je dois avouer que visuellement, le Pays Basque, ça envoie, mais c'est vraiment pas ma came, notamment vu comme c'est bourré de touristes même à cette époque de l'annee - ça me saoule particulièrement d'être en France et d'entendre plus parler espagnol que français.

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Arrivée dans les Pyrénées, le changement de décor est brutal. Ici point de soleil ni de vagues de touristes. Le ciel est gris, tout est brumeux, humide. À perte de vue (c'est-à-dire pas très loin, vu la brume), des champs, des plaines. Ci et là des vaches, des moutons, de temps en temps un petit village bien vite franchi, auquel les maisons de pierres donnent un air austère. À un moment j'arrête ma voiture pour laisser des moutons un peu trop aventureux rentrer dans leur prairie. 5 minutes plus tard, je m'arrête pour contempler un sanglier qui mange en bord de route. C'est spécial, ici, quand même. Mais je ne regrette absolument pas d'avoir pris la route scénique plutôt que l'autoroute.

Je commence à voir des flèches pour des stations de ski, mais ce n'est pas exactement la saison et je n'ai pas exactement l'équipement. Sur la route de Pau je m'arrête à Navarrenx, un petit village fortifié, c'est pas bien grand mais on a une belle vue depuis les remparts. Je suis sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle et il y a des lieux d'accueil pour les pèlerins.

Pau m'accueille avec un rayon de soleil bienvenu. C'est une jolie ville, et je ne m'attendais pas à voir des palmiers à la montagne (je Google et réalise qu'on n'est en fait pas si haut que ça, genre 200m d'altitude à peine - 2 dunes du pilat !). Encore une ville où il faut des bonnes jambes, par contre, je ne fais que ça en ce moment. Il n'y a pas trop de monde, je dirais presque pas assez, je me demande où sont les gens. Je prends la vue depuis le boulevard des Pyrénées, je me balade dans le cœur historique, dans l'unique parc Beaumont, qui n'est pas bien grand, on entend beaucoup les voitures. Je termine cette visite par une petite balade le long du fleuve local, le Gave de Pau, balade très jolie mais très bruyante entre les cours de gym des gamins et les voitures de la départementale.

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Plus j'avance plus on voit les montagnes, les paysages sont magnifiques, c'est très dur de ne pas m'arrêter prendre des photos sur la route.

Le détour étant minime, je me dis que je vais passer par Lourdes, quand même, c'est le 4e lieu de pèlerinage le plus visité au monde, ce serait dommage d'être dans le coin et de ne pas au moins jeter un œil. J'arrive à Lourdes, tout est beau, tout est propre, je me dis, y a de la thune chez les catholiques (ils se font bien du blé sur le parking déjà).

Je marche le chemins des croix, ça monte, pour changer, puis je me balade dans le sanctuaire, c'est agréable, c'est comme se balader dans un beau parc, juste avec des rassemblements de messes extérieures tous les 10 mètres. Je regrette presque qu'une bonne sœur ne me demande pas si j'ai trouvé de la place pour Jésus-Christ dans mon cœur, pour que l'expérience soit complète.

Je suis assez impressionnée par la grandeur des basiliques, il faut le dire, notamment la basilique souterraine moderne dont j'ai déjà oublié le nom (Saint Pie X?), prévue pour accueillir 25.000 pèlerins (pas très covid tout ça). Je vois des hommages à Bernadette Soubirous et je souris, je comprends enfin pour mon ancienne voisine.

Dehors, un tas de gens font des offrandes pour allumer un cierge et faire une prière. Je les envie un peu, tous ces gens qui ont la foi, je me dis, ils doivent avoir un sens à leur vie, avoir une communauté, être heureux, tout à l'air plus simple pour eux, tout est entre les mains de Dieu. Bref, je quitte Lourdes, sans faire d'offrande autre qu'au parcmètre, honte à moi.



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Après Lourdes, rien de spécial, "juste" des points de vue à couper le souffle sur la route. Après 2h de voiture je sature un peu, donc quand je vois un panneau de départ de randonnée au détour d'un petit village paumé, je n'hésite pas et je m'arrête.

C'est un sentier de forêt, probablement pas le plus beau, mais il y règne une sérénité impeccable. C'est juste moi et la nature, et je prends l'air frais plein les poumons et ça fait du bien.

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Après une difficile journée en montagne hier, je profite d'une bonne pause de presque 24h chez ma copine Christelle, à Perpignan.

On est allées faire des courses hier soir, et j'ai apprécié de voir qu'un centre commercial un jeudi à 18h30 ne débordait pas de monde.

Ce matin, j'ai quand même piqué son vélo 1h histoire d'explorer un peu la ville (c'est tellement plus rapide à vélo qu'à pied, et tellement plus agréable qu'en voiture !). La ville n'est pas très adaptée au vélo, peu de pistes cyclables et quelques belles pentes, mais ça reste faisable.

Dans un premier temps, je passe par les quartiers résidentiels, de belles grandes rues arborées et de jolies maisons, un beau parc, et je me dis, c'est pas mal finalement, Perpignan, comme disait Christelle c'est un peu un grand village. Puis j'arrive au centre-ville, les ruelles sont étroites, sales, changement d'ambiance, je ne m'y sens pas très à l'aise. Pas de plage accessible à vélo, non plus, il faut prendre la voiture.

Je reste donc assez mitigée sur Perpignan, même si j'avoue que les prix de l'immobilier sont très intéressants. Christelle a troqué un studio de 30m2 à Montpellier pour un magnifique T3 de 78m2 avec balcon à Perpignan, pour le même prix, 750€/mois. Vu comme ça, ça donne envie. Elle me dit également que le centre n'est pas très animé mais que la banlieue se développe avec pas mal de bars, et qu'une fois qu'on a un cercle d'amis on se retrouve aussi pas mal chez l'un chez l'autre, et ça lui convient comme ça. A méditer.

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Le parc naturel régional de la Narbonnaise mériterait qu'on y passe une bonne semaine, tellement c'est beau et tellement il y a de possibilités de promenades. Hélas, je n'ai pas une semaine. Je sélectionne donc 2-3 points d'arrêt au pif et j'explore avec le temps que j'ai, c'est-à-dire peu.

Je commence par Leucate, qui me met immédiatement sous le charme : déjà pour y arriver, on longe l'étang de Leucate, magnifique, puis on a une superbe vue sur le port qui a l'air ravissant, on passe par le village, ses ruelles escarpées, ses maisons typiques, et enfin on traverse le plateau. Je me promène d'abord le long de la falaise de Leucate, puis à l'intérieur du plateau de Leucate lui-même. J'adore la végétation ici : des conifères, des plantes grasses, des cactus, des bambous... C'est pas la forêt de Soignes, quoi. Et puis, il y a des vignes, beaucoup de vignes. C'est très beau.

Je fais un arrêt rapide par la Réserve naturelle de Sainte-Lucie, j'ai peut-être pas la bonne entrée mais ici impossible de se promener. Je poursuis donc avec l'étang de Sigean, d'où je regarde le soleil se coucher. Le coucher de soleil est particulièrement époustouflant ce soir.

C'est une évidence après ces deux derniers jours : je suis clairement plus mer que montagne - avec un petit bémol sur les moustiques qui commencent à être légion par ici.

Au matin, je décide quand même de prendre 1 heure pour faire la promenade des pontons à Peyriac de mer. Les héros du roman que j'écoute en ce moment viennent précisément d'y arriver et je trouve ça comique. Je vois quelques flamands roses et d'autres oiseaux inconnus. On voit des petits poissons nager près de la surface, les mouettes doivent être contentes. La promenade est très paisible et agréable. Je reprends la route, cette fois vers la ville, je fais à regret une croix sur Gruissan qui a l' air tout mignon aussi, mais ce n'est pas grave, il me reste plein de belles choses à voir, puis je reviendrai dans le coin.


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Je fais rapidement le tour du centre de Narbonne. Je suis étonnée de trouver qu'elle fait beaucoup plus "ville" que Perpignan, qui a pourtant deux fois plus d'habitants.

Narbonne a pour moi peu d'intérêt. Encore une ville qui manque cruellement d'espaces verts. Le centre historique est... historique. Des maisons de pierre, colorée ou non, des rues étroites, et désespérément pas d'arbres. Le canal qui passe au centre lui donne un charme, ceci dit. Mais le vrai atout de Narbonne, ce n'est pas Narbonne elle-même, c'est sa proximité avec tout ce que j'ai vu hier.

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Publié le 16 octobre 2021

D'abord, je pense faire un arrêt à Béziers, mais en regardant que faire à Béziers je vois qu'il y a des arènes, et même le "Musée Taurin de Béziers". Quelle horreur. Je suis garée à l'entrée de la ville, alors tant qu'à faire, j'y rentre, grosse erreur, la ville est construite sur une colline et les rues sont impossibles. Je déteste. Donc j'enchaîne sur Agde sans trainer.

Agde est... Résolument étrange. Elle est déjà atypique de par son architecture, avec ses maisons en pierre basaltique, pierre très sombre qui valent à la le titre de "Perle noire de la méditerranée". Sur les façades, pendent des lanternes qui font office d'éclairage public, et au milieu des maisons, partout, des dizaines de câbles électriques qui semblent relier les façades d'un bout à l'autre de la rue. On a vraiment l'impression de remonter le temps d'un siècle tellement c'est désuet. Mais ce n'est pas tout : la ville est vide. Morte. Les quelques boutiques sont fermées, je croise peu de gens, pas de voitures, si ce n'est à la mairie qui accueille un mariage (la mariée fait deux fois son mari et je souris). Peut-être qu'ils font la sieste ? Tous ? Quelle drôle de ville. Je vois quelques panneaux "VENDU" et je me dis, vraiment ?

Au Cap d'Agde, changement radical d'ambiance, ambiance casino-palmiers-vieux riches, aucun intérêt, j'enchaîne, encore.

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Publié le 16 octobre 2021

La première chose que je fais à Sète, c'est passer une demi-heure à 5 à l'heure dans les bouchons à chercher une place de parking. La deuxième chose que je fais à Sète, c'est mettre mes écouteurs : la ville est bruyante, très bruyante (klaxons, scooters,... cfr point précédent sur les embouteillages). Je vois peu de vélos, et pour cause : Sète monte, Sète monte très fort. Alors je monte aussi. 175m de dénivelé. À pied, évidemment. Je prends la vue. Malheureusement le soleil est de l'autre côté, pas de coucher de soleil pour moi ce soir. D'en haut, je vois que Sète n'est pas verte, mais elle semble entourée de verdure, par contre. À défaut de parc, la ville est parcourue par les canaux, ce qui lui vaut le nom de je-ne-sais-plus quelle Venise (il y en a des Venise dans le monde...). En redescendant (mes genoux...), je croise un vieux monsieur avec un sac en papier kraft dans les bras, il monte, il monte, et je me dis, mon dieu, il monte ça tous les jours avec ses courses ?! J'ai pitié pour lui. Je pourrais sûrement passer un peu plus de temps à Sète mais le jour est tombé, maintenant, alors je prends la route pour mon logement.

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Et bien, j'aime beaucoup Montpellier. Bon, pas le meme coup de cœur que pour La Rochelle, non plus, ce n'est pas le même environnement, on n'est pas en bord de mer, et on est clairement en ville (La Rochelle : 75.000 habitants, Montpellier : 277.000 - c'est plus que Bordeaux ! mais moins que Lyon). Mais disons que pour une ville, elle est vraiment sympa. Aérée, je trouve. Il y a pas mal d'endroits où se poser, entre parcs et esplanades piétonnes.

Je commence par, et j'apprécie particulièrement, le "quartier grec", Antigone, La Comédie. Je ne peux pas résister à un passage par Häagen-Dazs et ne peut pas m'empêcher de me dire : toute ville qui a un Häagen-Dazs est une ville qui mérite d'être vécue. Je me promène sur l'esplanade Charles de Gaulle près de La Comédie, en ce moment il y a une vente de plantes sur l'esplanade. Puis, dans le centre historique : sans surprise, des bâtiments beiges, des ruelles étroites, mais ici et là, une petite place sympa avec une terrasse de café. Point négatif, dans le centre historique, énormément de mendiants, qu'ils soient assis par terre ou me demandent directement de l'argent dans la rue (je me rappelle avoir déjà lu à ce sujet).

Je sors du centre historique pour arriver à l'Arc de Triomphe et sur la promenade de Peyrou, qui surplombe la ville avec une très belle vue. Sur la promenade, une brocante, un guitariste, quelques personnes avec une radio qui dansent de la... bachata ? Et plein de "groupes de jeunes". J'aime bien l'ambiance. Autre ambiance, le Jardin des Plantes, que je trouve très sympa, très luxuriant, mais moins agréable que celui de Nantes, qui est plus aéré, a des points d'eau et beaucoup plus de bancs, je le trouvais plus convivial. Et ici, j'ai l'impression qu'en 10 minutes au jardin des plantes, j'ai gagné 12 piqûres de moustique.

Je prends le tram (je note qu'il passe toutes les 20 minutes, pas top) jusqu'au Lez, le fleuve local, je m'arrête un peu plus loin que nécessaire, vers l'hôtel de ville pour profiter d'une balade à pied au bord de l'eau, avec un petit détour par le bassin Jacques Cœur (de l'eau, des palmiers !). Les bords du Les sont en fait de grandes pelouses avec quelques petites places, et là encore, des jeunes, des couples, des gens qui dansent la bachata, c'est plutôt sympa. Je remonte à Place de l'Europe, c'était une journée-visite très agréable.

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Je pars un peu vers le sud de Montpellier pour découvrir ses stations balnéaires : passage express à Palavas-les-flots, mais à Carnon le parking est gratuit et je me pose une bonne heure à la plage, ça fait un bien fou, même par 18 degrés. C'est peut-être pas le soleil de juillet mais c'est clairement pas le même monde non plus, dans l'ensemble la plage est calme et je me laisser bercer par le ressac des vagues. Au port, des retraités prennent l'apéro (tôt) et jouent à la pétanque. Quand je serai vieille, moi aussi je veux prendre l'apéro à 14h et jouer à la pétanque.

Sur mon trajet en voiture, le long de la côte, il y a d'un côté la mer, de l'autre côté une succession d'étangs reeeeemplis de flamands roses, et aucune possibilité de s'arrêter, c'est extrêmement frustrant... mais en même temps c'est très agréable de rouler sur d'aussi belles routes. J'irai voir les oiseaux demain.

Le reste de ma journée est à peu près perdu : je fais 3 pharmacies pour trouver de l'Onctose, jusqu'à la dernière qui me dit que c'est en rupture de stock partout en France tellement il y a eu de moustiques cette année. Je vais au Lidl pour du pain et du jus d'orange, et dans le rayon BOISSONS c'est des pâtes et du riz, merci Lidl, je repars sans jus d'orange. Je passe par Le-Grau-Du-Roi et dans la foulée Port Camargue, mais c'est sans intérêt. Je passe par Aigues-Mortes pour visiter les salins, l'entrée est payante et la dernière entrée (même non guidée) est à 16h, il est 17h. Je vais au centre de découverte du Scamandre, c'est fermé le lundi. Bref. J'arrête pour aujourd'hui, je m'organise pour demain et vérifie les horaires, cette fois.




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Journée nature aujourd'hui.

Quand je me lève, il fait frais, brumeux. La météo annonce des nuages, et de la pluie ce soir qui continue demain. Je ne vais pas me plaindre ceci dit, je n'ai quasi que du beau temps depuis mon départ. Et puis, la baisse de température me permet de sortir pull et pantalon et de moins être une proie pour les moustiques, que je continue à voir par nuées (c'est bien simple, chaque fois que j'ouvre ma portière, il y en a 3-4 qui rentrent dans ma voiture, c'est hallucinant).

Je retourne au centre de découverte du Scamandre qui était fermé hier et je me balade dans la Réserve naturelle, d'abord sur le sentier en pilotis au milieu de l'eau puis sur le chemin qui fait le tour. On entend (et voit parfois, de loin) beaucoup d'oiseaux, et je vois 2 castors, enfin, il me semble : un dans l'eau et un qui traverse le sentier devant moi. Sans être exceptionnelle, la balade est agréable, la nature est très belle, avec ses roseaux, joncs, etc.

J'enchaîne avec le Parc ornithologique de Pont de Grau, qui a peu à voir avec celui du Teich dans le bassin d'Arcachon. Ici, une première petite boucle passe au cœur des étangs de flamants roses. On ne voit que ça, des flamants roses à perte de vue. Ce n'est pas une réserve d'oiseaux tant que c'est une réserve de flamants, même si ici et là on repère parfois un héron, une cigogne, une aigrette, une avocette. Le parc est très fréquenté, plein de gamins qui crient malgré tous les panneaux demandant le silence (ils ont pas école les mioches là ?), et tout autant de touristes, allemands, espagnols, et autres. Ce n'est pas très agréable, mais d'un autre côté, la proximité avec les flamants est étonnante. Ils doivent avoir l'habitude, je suppose. Ils sont assez marrants à regarder, parfois ils font une espèce de danse qui tourne en rond, parfois ils se disputent entre eux. Quelques fois j'en vois un voler, c'est très beau mais je n'arrive pas à en photographier un en plein vol. Un panneau explicatif me dit que ce que j'ai vu ce matin n'était pas des castors mais des ragondins, ça ressemble très fort à un castor mais avec une grande queue de rat, pas une queue plate. J'en vois encore deux ici. Je termine la visite par la 2e boucle, plus grande, qui est plus une balade en réserve naturelle que d'observation des oiseaux.

La fin de journée se fait à dos de cheval, car c'est quand même un incontournable en Camargue.



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Publié le 20 octobre 2021

Arles est une autre de ces villes dans lesquelles je me balade "parce que j'y suis", tout en sachant très bien que tout ce qui s'y visite est payant et que je ne verrai pas grand-chose. D'abord, je choisis de faire le circuit Van Gogh, qui reprend des points de vue pei ts par le peintre, mais les ruelles sont un vrai dédale, c'est très mal indiqué, j'abandonne vite. Les ruelles et les maisons sont ceci dit très jolies et font clairement le charme d'Arles, avec leurs jolis tons pastels qui sentent bon la Provence (c'est une expression, les ruelles sont plutôt sales et ne sentent pas forcément très bon). Je suis surprise de voir un grand nombre de chats errants ou en liberté.

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Je passe à la Réserve naturelle des Coussouls de Crau après avoir lu un article avec des mots comme "dernière steppe en son genre", "unique en Europe"... Bon, moi ce que je vois, c'est une grande pelouse. Certes, une belle grande pelouse, avec les montagnes qui se dessinent à l'horizon, mais une grande pelouse quand même. Bon, c'est la définition d'une steppe, je suppose. Je m'y balade près de 2h, je prends un bon bol d'air, je me dis ça sent bon la camomille, c'est bizarre quand même, et puis après une petite recherche je vois que ce qui sent c'est certainement les "alysses odorantes", et c'est vraiment agréable.

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Mariés au premier regard oblige, je profite que Grans est sur ma route pour faire un arrêt express (je me balade quand même un peu, je trouve cette petite ville ravissante, bourrée de charme, vraiment).

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Aix ne me laisse pas une empreinte indélébile. Ça pourrait être une belle banlieue parisienne, un bel équilibre de rues urbanisées et arborées, disons Versailles, en plus jaune évidemment, Provence oblige. Les loyers sont d'ailleurs sensiblement pareils de ce que je vois.

Ici toutes les filles ont l'air de pétasses - j'entends qu'elles sont toutes minces toutes jolies, ça pullule de gambettes allumettes, et j'ai l'impression d'être une grosse baleine. J'ai rapidement fait le tour des "choses à voir", 4-5 points stratégiques au centre-ville.

Le seul parc du centre est interdit d'accès parce qu'ils le préparent pour un salon d'art contemporain, je crois. Alors je vais un peu plus loin, me balader dans la "Promenade de la Torse", un nom pompeux donné à ce qui ressemble très fort au Parc Josaphat local (mais quoi, Aix est trop bien pour appeler ses parcs des parcs ?).

Bon, en vrai, c'est pas mal Aix, mais on m'en a tellement parlé en bien que je crois que je m'attendais à mieux.

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À Marseille, la liste des choses à voir est beaucoup plus longue qu'à Aix, et la superficie à couvrir beaucoup plus grande, même si je ne vais pas "tout faire". J'y arrive donc avec l'intention d'y passer un peu plus de temps, en pure touriste ceci dit, je ne voudrais jamais habiter ici. Déjà, c'est beaucoup trop grand : j'ai un peu ce critère interne que, s'il y a le métro, ce n'est probablement pas une ville pour moi. Mais aussi, à tort ou à raison, Marseille est réputée pour son insécurité, et je marche en ayant peur pour mon sac, c'est très désagréable, et absolument pas tenable sur le long terme.Pur tourisme, donc. Pure curiosité.

J'arrive jeudi en fin d'après-midi, je commence par faire le tour du Vieux port. Je remonte jusqu'à la cathédrale de la Major, qui est longée par une esplanade envahie de skaters, puis par le quartier du Panier, clairement le quartier artistes / graffeurs de la ville (c'est très Street tout ça). Je remonte ensuite sur Belsunce, j'ai évidemment la chanson en tête ("tu contestes ? prépare ton testament gars"). J'emprunte ensuite la Canebière, et puis le Cours Julien, charmant à cette heure-ci, animé par tous ses bars. J'arrête là pour aujourd'hui, pour l'instant ma première impression est que cette ville est très moche, et très bruyante, enfin, c'est clairement une ville qui a du style, juste pas mon style, mais demain je descends plus vers le sud de Marseille, ça va peut-être changer.

Vendredi, je me balade autour de la crique de Malmousque. Des pompiers font une intervention que je ne comprends pas très bien. Ils ouvrent une bouche d'incendie et inondent une rue sans raison apparente, et dans le ciel, je vois des genres de canadairs qui arrosent... la mer. Sont fous ces marseillais. Je me promène un peu sur la corniche, dans le parc Valmer, le quartier dit du Roucas Blanc (chez les bourges). On n'est plus à Belsunce, c'est sûr. Je lunche au parc Borély, il souffle un vent détestable, je dois m'agripper à mon Tupperware pour pas qu'il s'envole ; je voulais de l'air, je suis servie. Il y a plein de joggers et une dame promène son chat. Plus bas, sur les plages du Prado, avec le vent, ça regorge de planches à voile et de kitesurfs. Je ne sais pas si j'ai déjà vu du kitesurf avant, c'est drôlement impressionnant, parfois les mecs décollent de bien 5 mètres au-dessus de l'eau suspendus à leur cerf-volant.


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Je choisis les calanques de Cassis, qui me semblent plus accessibles que celles de Marseille, avec quand même à la base une petite appréhension car mon application de randonnée classe mon parcours en niveau "expert". Je choisis une "petite" boucle de 9km car j'ai peur de galérer avec le dénivelé (330m), et peur pour ma nuque, avec mes litres d'eau sur le dos.

Il y a du monde ici, ça me rassure, par rapport à certaines autres randos que j'ai faites, je ne suis pas seule si j'ai un pépin. Peut-être même trop de monde ; c'est vrai qu'on est samedi, 20 degrés, ça n'a rien d'étonnant. Je suis aussi vite rassurée sur le niveau, car certes, il y a de vrais randonneurs, bâtons aux mains, gourdes à la ceinture, mais il y a aussi des filles en maillot et des mecs en bermuda, des familles avec enfants, parfois avec leur chien, et je croise même un mec dans le plâtre (le bras, mais quand même) : c'est que c'est jouable, a priori.

Aucune photo que je prendrai ne pourra rendre justice à la beauté des calanques. Des sentiers au milieu des pierres calcaires, sous les pins, des étendues d'eau turquoise, au loin un massif montagneux aux couleurs ocres qui se dessine, c'est magnifique.

Après la première calanque de Port-Miou, qui comme son nom l'indique, abrite un port, j'arrive à la deuxième calanque, Port-Pin, qui comme son nom ne l'indique pas, n'abrite pas de port. Ici beaucoup de gens sont dans l'eau, l'endroit est paradisiaque, je comprends mieux les maillots, et regrette un peu le mien.

Je continue sur le sentier panoramique vers la calanque d'En-Vau, jusqu'à arriver un carrefour avec un panneau "calanque d'En-Vau : accès difficile" qui me fait hésiter. Je demande à un monsieur qui remonte de la calanque si c'est vraiment difficile, il me répond "très, très difficile". Il rajoute en pointant mes chaussures de trail : "pas avec ces chaussures-là" - lui est en bottines. Une autre dame après me dit "mais noooooon, il y a juste quelques pierres qui glissent, il faut juste de bons appuis", mais je suis méfiante, la femme a un tee-shirt "Semi-marathon de Paris", on doit pas avoir la même forme physique. Je me dis, allez, je vais voir, au pire je fais demi-tour... Et après 10 minutes à descendre en crabe à 4 pattes et à penser à la remontée, je fais effectivement demi-tour. Je renonce à la calanque d'En-Vau, je n'ai pas la forme physique, sans compter que je suis partie il y a 2h30 et que je dois encore faire demi-tour, même s'il sera plus rapide parce que je ne rentre pas par le même chemin, ça ne sert à rien de m'épuiser plus que raison. Je remonte ce "sentier" qui tient plus de l'escalade que de la randonnée (je comprends mieux le côté "expert" du parcours), je fais une pause "sucre" et j'entame mon demi-tour. Sur le retour, dans l'eau de la crique, deux chiens se baignent, c'est absolument adorable.

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Après les calanques, je fais un tour au vieux port et sur la plage de la Grande mer pour terminer la journée. Au matin, je vais voir la plage du Bestouan, je me balade un peu dans le centre et je pousse jusqu'à l'Anse de l'Arène, un peu excentrée mais très jolie, encore des eaux turquoises. Je ne reste pas beaucoup plus longtemps, quand on a fait les calanques, on a fait le meilleur de Cassis je crois (Cassis qui se prononce Cassi, d'ailleurs, je ne savais pas).

Au départ de Cassis, pour rejoindre La Ciotat, je fais le choix de la fameuse Route des Crêtes, qui longe la côte au milieu des falaises, tout en me demandant pourquoi je nous impose ça, à moi et à Minnie (Minnie c'est le nom que j'ai donné à ma voiture... because I "drive her"). La route de montagne par excellence : en pente, sinueuse, étroite, des têtes d'épingle horribles, le vide, franchement flippante. Mais les points de vue sont magnifiques. D'ici, partent plein de sentiers de randonnée, mais ce n'est pas pour moi cette fois-ci : je suis encore crevée de mes calanques hier, et le soleil tape dur, ce n'est pas un jour pour randonner, sans compter que ça me semble quand même plus "safe" de ne pas s'aventurer dans ce type de rando de montagne toute seule.

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La Ciotat a 2 calanques, 5-6 plages, plusieurs sentiers de promenade, dont un genre de "coulée verte", mais je n'ai qu'une après-midi et je suis fatiguée d'hier, il fait 23 degrés, c'est dimanche, je n'ai pas envie de sprinter, donc je sélectionne. Je passe voir la première calanque, de Mugel, elle est ultra venteuse, je ne m'arrête pas et vais pour la deuxième, de Figuerolles, qui a une petite plage de galets sur laquelle je tape une demi-heure de sieste, avant que le soleil ne disparaisse derrière la falaise. Direction ensuite le vieux port, moins charmant que celui de Cassis, car ici il y a des chantiers navals, et donc des grues. Par contre La Ciotat a l'air moins touristique que Cassis et plus "hip", moins de magasins de cartes postales et plus d'enseignes "vegan", "bio", "local", "gluten-free", "fait maison"... Je craque pour une glace qui n'a aucun, mais aucun goût, c'est du lait et du colorant, je suis super déçue, elles me faisaient tellement de l'œil. J'en reprendrai une ailleurs avant de quitter le Sud.

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L'île du Gaou n'est pas bien grande, on doit en faire le tour en une demi-heure, mais je flâne et j'y reste près de 2 heures. C'est une pause nature bien agréable avant ma prochaine ville, comme se balader dans un joli parc de sapins, au milieu de l'eau plutôt qu'au milieu des routes et des voitures. Il y a une petite crique au bout de l'île, je me pose, regrette de nouveau mon maillot, il fait super beau, je vais dans l'eau jusqu'aux genoux, avant de repartir en vadrouille.

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A l'entrée dans Toulon (ville fleurie "🏵️🏵️🏵️", bien), je galère d'abord beaucoup à trouver une place de parking. Mais bon j'y arrive, je suis à 10 minutes du centre, ça va. Le centre de Toulon fait très parisien, je trouve. On pourrait être à Madeleine, autant niveau bâtiments que niveau mendiants et pigeons. Sur la place de la Liberté, se dresse déjà un grand sapin décoratif très moche, les cabanons du marché de Noël sont en train d'être installés et je me prends le temps qui passe en plein dans la gueule. Sur les lampadaires, il y a plein de propagande anti-vax ("la petite Kathy, 13 ans, est décédée après une injection, refusez le vaccin") ou anti-pass ("si vous avez besoin d'un laisser-passer pour prouver que vous êtes libres, c'est que vous ne l'êtes pas").

Autre chose de très parisien, c'est la mixité culturelle des gens que je croise. Des papys invalides, des racailles en training, des surfeurs en Ray-Ban, des musiciens de rue aux cheveux longs, des gothic lolitas aux cheveux bleus, des bobos en jeans troués, des familles avec enfants, il y a de tout, ici.

Ce qui n'est pas parisien du tout, c'est le prix de l'immobilier : je croise une agence et vois une série d'annonces pour des appartements d'environ 50m2 pour environ 130.000€. Ça pique mon intérêt.

Après un petit tour dans le centre, je rejoins le port. Je suis surprise de voir des grands complexes immobiliers type HLM en bord de mer - enfin, en bord de port pour être exacte, ici, l'accès au bord de mer n'est pas accessible, à cause des ferries et du port de commerce. Il faut aller plus loin pour trouver des plages. Je prends la direction du quartier du Mourillon, apparemment "un véritable village provençal enclavé dans la ville toulonnaise" (merci Wikipedia). Après quand même une demi-heure de marche, j'arrive au Mourillon, je cherche le "village provençal" et là... Rien. Il y a un petit fort, on est tellement loin du centre que j'ai envie de l'appeler Fort Fort Lointain. Une petite plage. Un petit parc. Certes c'est joli. Mais le long de ce petit bout de côte, des résidences d'appartements tout à fait urbaines, vraiment, je cherche le côté provençal. Merci Wikipedia (bis).

Je fais demi-tour. Je noterai au passage que sur mes 3h à pied dans Toulon, je n'ai vu qu'une piste cyclable, le long du port, et pas de vélo ; juste quelques trottinettes sur les trottoirs.

Au final, on m'avait dit que Toulon était "moche", certes ses immeubles le sont, mais à part ça je la trouve tout à fait "acceptable".

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Je voulais faire l'île de Porquerolles aujourd'hui, mais à 22€ la navette, merci, je repasserai. Plutôt que d'aller jusqu'à Hyères, je m'arrête donc au Cap Brun et ses jolies anses et criques. Et c'est sans regret. Je suis sûre que Porquerolles est très jolie. Mais le Cap Brun est superbe et j'y trouve carrément mon compte. Je n'arrête pas de prendre des photos et de m'extasier sur la beauté des lieux. Je marche le long du chemin qui surplombe la crique du fer à cheval, puis le long des anses de Méjean et de Magaud, avant de de revenir à la première pour une sieste. Cette fois-ci je suis en maillot : je vais dans l'eau jusqu'au ventre, c'est frais, quand même, il ne fait "que" 20 degrés, mais c'est agréable, et l'eau est cristalline, je vois mes doigts de pieds. Je m'assois un moment au bord de la vague, les jambes dans l'eau, avant de retourner à ma sieste.