Carnet de voyage

Guatemala

Dernière étape postée il y a 788 jours
Paysages variés, volcans, lac d'altitude et forêt tropicale, sites archéologiques ... Au Guatemala, nous plongeons en plein coeur du monde Maya.
Février 2020
3 semaines
Partager ce carnet de voyage
1
1
Publié le 22 février 2020

A la frontière sud du Mexique, un petit pays possède une riche histoire : le Guatemala. Nous sommes réellement excités à l'idée de parcourir ce pays où les descendants des mayas vivent encore ancrés dans leurs traditions. Nos premiers pas nous emmènent dans la ville d'Antigua, ancienne capitale du pays.

Rues pavées, maisons colorées, échoppes d'artisanat, cette ville a tout pour plaire. Nous découvrons l'art des guatémaltèques, notamment leurs tissus dont ils portent toujours les couleurs. Antigua est surplombée par le volcan, l'Acatenango, toujours en activité. C'est d'ailleurs après plusieurs éruptions et tremblements de terre entraînant la destruction de nombreux bâtiments que la décision fut prise de changer de capitale.

Antigua

Nous déambulons donc dans les rues de l'ancienne capitale. Un petit musée nous introduit à l'art maya, culture mythique que nous découvrirons plus tard dans le voyage. La place centrale, ombragée, aux fontaines sculptées nous offre un havre de paix. Et enfin, la colline surplombant la ville nous permet d'admirer le panomara une dernière fois.

Pour quitter la ville, la gare routière consiste en un immense terrain vague rempli de bus multicolore et d'un marché maraicher. En résulte un désordre et une cacophonie qui nous séduit immédiatement. Nous prenons donc notre premier chicken bus, le transport public national qui n'est autre qu'un vieux bus scolaire américain décoré.

Antigua

Après une poignée d'heures secoués à l'arrière du chicken bus, nous débarquons sur les rives du grand Atitlan. Ce lac immense, encerclé de collines et de volcans endormis, possède la réputation, peut être un peu exagéré, d'être le plus beau du monde.

Sur son rivage de nombreux villages aux coutumes traditionnelles accueillent les touristes du monde entier. Cependant, dans la ville de San Pedro, où nous séjournons, il n'est pas difficile de s'éloigner de cette agitation et d'être comblé par l'authenticité des locaux, aux vêtements traditionnels et aux sourires chaleureux.

Atitlan

Enfin, n'oublions pas que nous sommes au Guatemala, où quelques bandits de chemins se plaisent à détrousser les occidentaux au détour d'un sentier. Les locaux nous préviennent, et nous décidons par conséquent de ne rien emporter de précieux pour atteindre le sommet du volcan San Pedro.

Par bonheur, aucun brigand durant la randonnée mais seulement une vue époustouflante sur le grand lac d'Atilan.

Maintenant, deux jours de transport et 4 changement de bus nous attendent pour rejoindre le nord du pays, berceau de la mythique civilisation maya.

San Pedro
2
2
Publié le 4 mars 2020

Il nous aura fallut presque deux jours de trajet, traversant plaines et villages, pour atteindre Sayaxché. La première impression de cette bourgade sans grand charme fut... particulière. Entre chaleur, poussière et bâtiments délabrés la ville offre une atmosphère étouffante.

Peu importe, ce n'est pas pour le village que nous sommes là mais pour le patrimoine. Après avoir trouvé un guide, nous remontons le "Rio de la passion" et nous admirons depuis notre embarcation la faune et la flore environnante jusqu'au site d'Agueteca. Notre guide, passionnant, nous conte l'histoire les lieux et décrit la forme que prenait la cité.


Rio de la passion

Les moustiques profitent de cet instant d'immobilité pour nous prendre en chasse, et les centaines de membres de cette meute sanguinaire ne nous lacherons pas d'une semelle. La visite commence par trente minutes de marche dans la jungle suivit par l'exploration d'une faille de cinquante mètres de profondeur servant autrefois de barrière naturelle contre les ennemis. Finalement nous arrivons sur la place centrale de l'ancienne cité.

Aguateca s'élèvait ici à l'ère pré-classique, jusqu'à une invasion fatale au Xème siècle. Les vestiges les mieux conservés du site sont les bâtiments religieux. Nous avons donc l'occasion d'observer les autels sacrificiels où les mayas offraient leur sang ou leur têtes en sacrifice aux différents dieux, espérant que Tchak le dieu de la pluie ou Huracan le dieu des vents exauçent leurs prières.

Aguateca

Après cette visite très intéressante, nous continuons notre route chargé de piqûres jusqu'à Florès. Une belle ville batie sur une île esseulée au coeur d'un grand lac. Cette charmante bourgade est un excellent point de départ pour partir en exploration dans la jungle du Peten, sur les traces de la célèbre civilisation perdue.


Florès


Le site maya le plus grandiose du pays et sans équivoque Tikal. Entouré par une jungle épaisse nous avançons sur un joli sentier, guidé par le bavardages des oiseaux tropicaux et les cris des singes hurleurs. Nous découvrons les premiers temples, modestes et encore ensevelis sous la verdure. Les premiers mayas investissèrent les lieux au VIIe s av Jc, puis différentes dynasties se succèderent, avec sur le trône des rois au noms insolite tel que "patte de jaguar" ou encore "Hibou propulseur". Grâce à un travail immense depuis le XIXeme, le site est magnifiquement restauré à l'heure actuelle, et la végétation qui englobe ce trésor, offre une balade hors du temps.

Pour notre plus grand plaisir, Tikal n'est pas la seule citée perdue des environs. Nous nous préparons donc pour une expédition, le trek du Mirador.

Tikal

Et quelle aventure nous attend ! Il s'agit d'un trek de 5 jours à travers la jungle, pour atteindre la pyramide maya la plus haute du monde. Le site ne bénéficiant que de peu de partenariats financiers, la plupart des vestiges de trouvent encore enseveli par la végétation. Les archéologues y travaillent deux mois par an, mettant à nu de belles façades sculptées relatant des mythes et des légendes datant de près de 2500 ans.

Le chemin s'enfonce dans la jungle épaisse, mais reste facilement praticable. Au grand dame de Théo qui se voyait déjà tracer le chemin à la pointe de sa machette. Et à mon grand soulagement, peu de moustiques ! Le premier soir nous montons en haut de la plus haute pyramide de Tintal pour admirer le soleil se coucher sur la canopée.

Tintal

Le chemin s'affine et nous conduit jusqu'à notre second camp de fortune au milieu de la forêt. Pour se reposer après les 6-7h de marches rien de tel qu'un bon hamac où l'on peut observer dans les branches les singes araignées et les nombreux oiseaux, dont de magnifiques toucans. Ici, pas de douche mais à la place un peu d'eau croupie pour se rincer et le soir nous nous couchons de bonne heure, après que la bougie ce soit éteinte.

Dès les premières lueurs Alfonso nous guide à travers les ruines, où la nature a reprit ses droits. Il nous narre avec passion le mode de vie de cette grande cité qui fut le berceau de la civilisation maya. Édifié au VIe av JC, la cité connue son apogée entre le IIIe siècle avant JC et le Ier siècle avant d'être abandonnée subitement par manque de ressources, puis ré invistit brièvement durant l'ère classique, de 700 à 900. Durant son âge d'or, plus de 80 000 personnes vivaient au Mirador!

El Mirador

Ainsi nous découvrons avec Alfonso les bâtiments religieux, les centres d'études, les structures servant d'observatoire astronomique et bien évidemment les fameux "juego de pelota", les sommets des pyramides où les sacrifices avaient lieu. Chaque bâtiment respecte la Trinité, forme inspiré par la ceinture d'Orion, et l'orientation des points cardinaux est d'une précision épatante. Je pense que ce qui nous a le plus émerveillé, ce sont les restaurations des sculptures et le talent que notre guide possède pour faire parler ces vieilles pierres !

Le site du Mirador se mérite étant éloigné des axes routiers, cependant l'expérience d'arpenter les anciennes routes mayas pour découvrir ce trésor n'a pu qu'enrichir notre séjour. Nous ne pouvons pas prétendre être de grand explorateurs, mais ce fut une très belle aventure.


Tikal
3
3
Publié le 19 mars 2020
Rio dulce

Tout le monde en conviendra, après une semaine de trek à travers la jungle, rien ne vaut quelques jours de paresse sous les cocotiers. Ainsi, nous continuons nos périples en chicken bus pour attendre Livingston. Enfin pas tout à fait, car on ne peut atteindre ce beau hameau carabéen uniquement par voie fluviale.

Par conséquent, le trajet depuis Rio Dulce jusqu'à Livingston est un voyage en soit, une balade au fil de l'eau presque féerique. La barque file à tout allure devant les luxueuses villas de marins fortunés qui viennent mouiller leur bateau dans ce havre de paix. Plus loin, les maisons font place à une jungle impénétrable où viennent se percher des milliers d'oiseaux. Martin pêcheur, pelicans et cormorans viennent dans ces eaux douces et poissonneuses, leur technique de pêche est un véritable spectacle.

Livingston


Les habitants de ce petit village de pêcheurs se nomme les Garifunas, ils descendent du métissage entre les locaux et d'ancieux esclaves évadés. La vie des habitants est aujourd'hui modeste mais paisible dans cette partie isolé du pays. Les villageois vivent essentiellement de la pêche, et pour rejoindre le reste du pays ils ne disposent que de bateaux, car opposé fermement à la création d'une route. Nous nous sentons dépaysé et charmé face à ses femmes qui se promènent dans les rues colorées vêtues de robes et de chapeaux d'antan, tout en traînant leurs sandales.

Nos journées sont douces à Livingston. Le matin les bateaux qui rentrent de la pêche nous réveillent puis les promenades le long des plages rythme notre séjour. L'eau n'est pas turquoise, mais les cocotiers procurent une ombre parfaite pour bouquiner et se détendre. Un peu plus loin, nous découvrons des bassins d'eau douce, très rafraîchissant même si le site promet d'être encore plus impressionnant en saison des pluies.


Playa

Ainsi s'achève nos aventures au Guatemala, un pays authentique encore méconnu qui nous aura charmé par sa culture et sa biodiversité.