Carnet de voyage

La Francigena

23 étapes
48 commentaires
Depuis le col du Grand Saint Bernard jusqu'à Rome - été 2019
Août 2019
4 semaines
Partager ce carnet de voyage
1

Lever 6h30, petit-déjeuner et derniers préparatifs pour le départ, Elise nous amène à la gare de Montluel. Nous enchaînons les trains, à Ambérieu d'abord puis Genève ensuite Martigny, Sembrancher, Orcières et nous finissons en bus jusqu'au col. Nous étions seuls dans le bus.

14h15 arrivée à l'auberge de l'hospice. Chambre confortable avec vue sur le lac. Sieste. 17h00 nous allons acheter la crédanciale à l'hospice où le réceptionniste sympathique nous offre un thé qui nous sort de notre torpeur. Petit tour du lac. Vue panoramique sur les sommets enneigés.

Ce soir nous préparerons nos sacs pour bien démarrer le départ demain matin vers 8h00. Vers 20h00 nous dînerons à l'auberge certainement avec appétit, le pan bagna de 13h00 est un peu loin.


Vue sur l'hospice depuis la partie italienne

Demain nous devrions faire une grande étape (29 km) jusqu'à Aoste (2000 m de dénivellation en descente) où nous chercherons un camping pour la nuit.

A demain.

2

Journée réussie mais pas sans des petites douleurs un peu partout. Faut dire que l'étape était rude 30km et 2000 m de dénivelé en descente. On est arrivés à 18h15 environ. Vu notre fatigue j'ai cherché et trouvé un hôtel Hôtel Le Roma, un avant goût de l'arrivée.

Si vous regardez bien il ne reste 1007 km.

Les gens sont sympas avec les pèlerins ils nous offrent à boire sans oublier la petite tirelire.

La descente fut facile, pas trop de route, un beau sentier au milieu de paysages grandioses. Finalement peu de randonneurs pèlerins.


St Rhémy les Bosses village typique

Nous avons pris quelques coups de soleil mais c'était supportable. Déjeuner à Etroubles près de la boulangerie vers 12h00 puis petite sieste à Echevennoz pour arriver à Aoste vers 18h00. Contents de s'arrêter.


A deux heures de Aoste, un ru, irrigation des champs

L'arrivée sur Aoste est aérienne et panoramique. Soirée pizza. Extinction des feux à 22h30. Bonne nuit.

Aoste au fond.
3

Etape de 29 km longue avec beaucoup de dénivelés dans les 2 sens. La vallée d'Aoste est magnifique sur les hauteurs, le bas assez industriel et très circulé par l'autoroute France-Italie. Les paysages de montagnes s'effacent progressivement, la vallée s'élargit et les senteurs de thym, lavandes et autres flores se font de plus en plus intenses. Nous sommes arrivés à Chatillon vers 18h30. Fatigués. Recherche de logement. Rien. Tout est complet. Il nous reste le camping à 3 km. Ni une ni deux, le bus, in extremis. Arrivés au camping plutôt sympathique, la gérante nous annonce musique jusqu'à 23h00. Finalement à 22h00, silence total, le chanteur n'a pas de succès et pourtant il a donné de la voix.

Entre Aoste et Chatillon
4

Etape plus courte mais non moins éprouvante. On suit toujours la Vallée d'Aoste mais on est plus bas. (300 m d'altitude ). Beaucoup de montées et de descentes. Le début du piémont se fait sentir, les grillons nous accompagnent sur le trajet. Les petits villages aux toits de lauze se succèdent. Arrivée à 15h30 nous avons donnés un rdv téléphonique au père de la paroisse de Verrès pour voir un lieu pour dormir. Nous dormirons ce soir dans ce lieu d'accueil pour les pèlerins. Nous partageons la chambre avec un couple polonais.

Notre lieu d'accueil

A demain.

5

Etape de 21 km, plutôt facile avec beaucoup de soleil et du vent qui sèche les peaux et donne soif. A midi visite du château de Bard, immense forteresse sur un piton rocheux. On y accède en prenant 4 funiculaires, impressionnant. Au sommet belle vue la vallée d'Aoste. Il y avait une superbe exposition de photos de photographies célèbres mettant en valeurs les montagnes du monde.

Ce soir, camping, piscine et petite trattoria.

.

La forteresse de Bard
Une petite cappella et des vignes
Il suffit de rien
6

Joli parcours dans les vignobles parsemés de châteaux et de forteresses. Les paysages sont superbes. Figues, amandes, mûres et autres fruits nous obligent à picorer au fil du chemin.

Vignobles et chateau

C'est aussi une région de lacs, calmes, au milieu des collines et des vignes. Des parfums méditerranéens nous aident à avancer. L'étape d'aujourd'hui était tranquille, 20 km et l'arrivée sur Ivrea impressionnante par l'imposante structure du château. Ce matin une petite pluie nous a rafraîchi, par contre l'après-midi a été chaude et orageuse. Nous sommes dans un petit hôtel avec cuisine et tout ce qu'il faut pour se faire à manger : soupe de pâtes, fruits et petite spécialité du coin Polentina di Ivrea.

Avec nos deux compagnons de voyage

Passez une bonne soirée. A demain nous serons à Viverone près d'un lac.

Ivrea vue u château et après la pluie
7

Petite étape sur le flanc des collines au dessus de la grande vallée du Pô. Peu de chemin, beaucoup de petites routes goudronnées peu fréquentées par les voitures. La pause de midi fut dans un petit restaurant du hameau de Piverone. Petits bavardages avec un ancien très intéressé par La Via Francigena.

En partant d'Ivrea quelques gouttes de pluie sans prétention donnant un aspect magique aux paysages canavèse (région traversée).

Le calme du matin...

Le soleil nous a rejoint vers 11h00 et au moment le pkus chaud nous arrivions à Viverone.

Nous passerons la soirée dans un camping pour nous reposer et préparer l'étape de demain. Fini les dénivelés, fini les toits de lauzes. Tout rappelle le parfum de Toscane certes encore loin mais les senteurs sont là.


Le plus dur, c'est l'arrivée...

Demain étape courte et probablement en bivouac. Belle journée à vous.

8

Etape courte, nous sommes partis du camping à 8h00 avec un beau soleil. Le chemin rejoint la Via Francigena par une belle montée au village avec un superbe panoramique du lac et de la vallée d'Ivrea avec en toile de fond la chaîne de montagnes, point de notre départ. Hier soir le coucher de soleil fut un spectacle à lui seul, nous faisant oublier la fatigue et la chaleur.

Que voir de plus...

La seule montée de la journée fut vite expédiée, nous avons pu découvrir le château de Roppolo dominant le lac que nous venions de quitter.

Vue depuis le château de Roppolo

A partir de là plus aucune montée, c'est pratiquement plat jusqu'en Toscane. Le relief est désespérément plat, des rizières, du maïs, des grandes fermes, des chemins droits, une autoroute, une voie de chemin de fer et la chaleur. Chaleur, mais pas d'eau. De l'eau il y en a partout mais pour le riz et le maïs. On pourrait y tremper ses pieds ou faire un brin de toilette mais pas plus. Pas de grenouille non plus.

Le premier champ de riz

La chaleur est accablante et sèche nos lèvres et le moral. Il est 12h00 et nous voyons pas Sinthià. D'habitude il y a toujours un clocher à l'horizon, aujourd'hui rien en vue, du riz, du maïs et d'autres céréales inconnues pour nous. Même pas un arbre pour nous abriter. C'est décidé on trace jusqu'à Sinthià au diable la chaleur, on a de quoi tenir pour une heure.

Quelques fermes apparaissent, Sinthià en vue

Nous marchons un peu comme des robots avec l'envie d'une douche et d'une boisson fraîche. Nous avallons quelques kilomètres, le bourg apparaît au loin, son clocher est ridicule comparé à ceux des villages traversés.

Comme d'habitude arrivés en fin d'étape nous cherchons un endroit pour poser nos sacs et manger. Le bourg est assez grand, des bancs publics nous attendent. Nous prenons notre petite collation frugale. On n'a pas faim lorsqu'on marche, on a soif.

Un monsieur en bicyclette s'approche, il se présente comme le secrétaire de l'association Via Francigena et naturellement nous propose gentiment de nous accueillir dans des appartements prévus pour les pèlerins. Ni une ni deux nous acceptons en le remerciant spontanément. Il parle le piémontais, j'échange quelques paroles avec lui, il paraît content de trouver un presque compatriote.

La chambre est super, douche commune, cuisine commune, tout confort et services en plein centre de la ville.


On met vite le bazar lorsqu'on arrive...

Bon, il est 15h35, petite sieste puis visite du bourg avec boissons fraîches et gelato.

Demain, étape de 30 km en plein cagnard objectif la ville de Vercelli, on partira vers 5h ou 6h du matin. Marcher sept heures sous un soleil de plomb et avec presque pas de fontaines ça ralentit le rythme et ça use le moral.

9

Réveil à 5h30, départ à 6h00 pile. Nous avons pris des dispositions à cause de la météo : orage (et désespoir ) et chaleur.

Sacs sur le dos il faisait encore nuit ce matin en partant, on redoutait la chaleur. Quelques gouttes de pluie non menaçantes nous ont accompagnées pendant la première heure. Le temps était couvert, le tonnerre grondait et nous marchions plus vite que lui.


L'orage est derrière nous, champ de riz à droite

Le sentier serpente le long des canaux et des rizières, des oiseaux aux longues pattes nous suivent et nous évitent au fil de l'avancée. Le paysage est dune grande platitude avec de temps à autre d'immenses fermes agricoles.

Chemin faisant nous rencontrons quatre dames dans la rizière affublées d'un grand chapeau, d'une petite serpe, d'un sac en tissus. Après les politesses d'usage, elles m'expliquent qu'elles coupent le mauvais riz qu'elles rangent soigneusement dans le sac pour ne pas le mélanger avec le bon riz. Le champ est immense, elles avancent comme dans un défilé militaire.

Elles étaient très contentes de les prendre en photo

Sacré travail. Elles nous ont fait remarquer qu'elles aussi elles marchaient. Italian quality.

Le soleil est apparu vers 11h00, nous étions à 2h de marche de Vercelli, les pieds commençaient à chauffer sérieusement.

Rizières, canaux, chemin, nous voyons le dôme de Vercelli au loin.


Que d'eau, que d'eau

Les premiers magasins apparaissent comme dans toutes les grandes villes, puis nous nous enfonçons dans le Centro Città notre hôte nous y attend. Nous avons un appartement pour nous seuls. Douches, machine à laver le linge, réfrigérateur, tout le confort dont nous sommes esclaves et attirés aussi.


Le duomo di Vercelli

Après un décrassage total, nous partons en ville pour quelques amplettes pour ce soir et demain.

Vendredi nous resterons à Vercelli pour visiter la villes et ses curiosités. Nous reposer aussi.

10

Aujourd'hui repos, un, parce c'est mon anniversaire et deux, parce que se reposer c'est bien aussi.

Nous profitons de cette journée pour visiter la ville et ses monuments religieux. Tout ici rappelle cette époque moyenâgeuse et religieuse. Chaque rue son église, une synagogue aussi montre la liberté de pensée et de croyance.

Ce matin le marché s'étale dans la vieille ville et chacun commerce ou bien discute. En Italie on parle beaucoup surtout avec les mains.


Que peuvent-elles se dire ? Mystère...

Les mains sont le mouvement prolongé des lèvres avec plus d'espace pour mieux convaincre son auditoire.

Au fil de notre ballade, un monsieur d'un âge certain est venu nous expliquer l'histoire d'une église (Chiesa San Juliano), la plus ancienne de Vercelli. Avant de devenir évêque, le prêtre devait venir dans cette église pour recevoir des sacrements et autres "outils" du métier d'évêque.


San Juliano

Le marché s'étale sur plusieurs rues historiques

Le marché

Nous sommes dans un appartement juste au pied du centre très religieux. Une petite visite dans le choeur de la cathédrale nous isole des échanges commerciaux du marché

Ici au moins on est tranquille.

Nous finirons la soirée dans un bon restaurant typique de la ville même si beaucoup sont fermés à cause de "ferragosto", vacances d'août. Nous aimerions bien manger quelques spécialités du pays et une bonne platée de rizzoto. A force d'en voir du riz, on a envie de le manger.


Nous logeons juste derrière ces édifices.

Demain, deux étapes en un. Il faut bien rattraper cette journée de repos. Plus de 30 km, on partira à l'aube à l'heure où blanchit la campagne.... ou presque.

11

Autant vous dire, nous sommes fatigués de cette journée de marche. Levés à 5h30, partis à 6h05 de Vercelli, malgré cette heure très matinale, le soleil est apparu vers 8h00. Rizières, moustiques, petits lapins, oiseaux avec des longues pattes, chasseurs en éclairage et nous qui marchions avec l'objectif ambitieux de deux étapes en une. On paie l'addition à l'arrivée.


Ce matin à la sortie de Vercelli

Nous avalons la première étape de 19,6 km finalement assez facilement. Même si le soleil nous pèse comme une chape plus lourde que le plomb, nous avançons à un bon rythme. Le paysage varie peu, les lignes droites sont courtes et le village de Robbio apparaît au loin dans la brume matinale.

Nous y arrivons vers 11h00, nous prenons notre déjeuner frugal : figues, pain, fromage, oeuf et tomates. Presque 1000 kcal ont été dépensées depuis ce matin en marchant. Pour notre déjeuner nous ingurgitons à peine 400 kcal. Avis à ceux qui ont des objectifs de poids ambitieux. On n'a pas faim lorsqu'on marche.


Du riz, du riz et des risottos en perspective

A 12h00, après un espresso et un thé vert, nous reprenons le chemin. Pas le bon moment pour marcher mais nous n'avons pas le choix et il reste encore 15 km.

Nous avons eu chaud, très chaud. A Nicorvo, un bar tombe à point, menthe à l'eau et glaçons. Pause de 20 mn. Le chemin se poursuit dans les rizières où le riz les pieds dans l'eau et la tête au soleil est plus mûr que celui des étape du précédentes. Mortara pointe son petit clocher à l'horizon mais il reste encore 4 km. Une petite église sur notre passage nous permet de faire une pause.

Un monsieur s'approche, nous propose "il timbro" sur notre crédentiale et la visite de l'édifice. Il nous offre deux bouteilles d'eau fraîche et repart souriant avec les Ciao, Ciao d'usage.

Santa Maria del Campo

Nous avons pu aussi nous passer la tête sous l'eau à la fontaine près de la chapelle, nous en avions bien besoin.

Il nous reste encore 3 km, j'ai "prenotatto" à l'abbatiale de Mortara, il faut donc ne pas perdre de temps malgré des pieds douloureux et le corps surchauffé.

Nous arrivons à Mortara enfin avec fresques d'une autre nature.


Vous traduirez vous-même

Mais il y a celle-là aussi qui est plus romantique même si c'est mal écrit.

No comment

Nous arrivons en ville et je recherche l'abbatiale sur Maps : 2 km de plus. Damned il ne manquait plus que cela.

Pas le choix, il faut y aller. J'appelle pour m'assurer de la réservation. Tout est ok.

Arrivés enfin, échanges d'usages, douches, lessive. Le repas va être servi mais Guylaine dort.

Elle est au fond

Nous sommes quatre et on est servi comme des rois, non comme des pèlerins.

A demain.

12

Hier nous étions fatigués car la température approchait les 35 °C en arrivant à Mortara.

Belles soirées avec Daniel et Gian Luigi (professeur et chef d'orchestre). La nuit a été sonore, Gian Luigi étant le chef d'orchestre et l'orchestre réuni composé uniquement d'instruments à vent.

Nous sommes partis à 7h00 après un bon petit déjeuner et rigolades. Gian Luigi est aussi comique.


Départ à 7h00 ce matin

Aujourd'hui nous faisons une étape et demie soit 26 km pour être tôt à Pavie demain et profiter de la ville.

Hormis la chaleur aucune difficulté, un peu les pieds douloureux.

A 12h, nous faisons étape déjeuner à Garlasco, fochacete, frutta, espresso nous remet en forme pour les 7km qui nous attendent.


Malgré l'eau il a séché

Nous longeons le canal Cavour et les rizières, elles sont toujours là et les zanzare (moustiques) aussi.


Le canal Cavour

Le village de Gropello pointe et le sommet du clocher nous indique la direction à prendre.

Nos deux acolytes sont déjà sur place, Daniel se repose et Gian Luigi organise la soirée pasta al dente dans notre logement paroissial. Nous aurons toute l'après-midi pour nous reposer et c'est bien ainsi.

Demain à Pavie nous tenterons d'expédier pour la France des affaires inutiles. Gagner quelques kilos n'est pas neutre surtout lorsqu'on transporte sur son dos des choses superflues qui nous paraissaient utiles avant le départ.

A demain, si vous le voulez bien...

13

Etape courte aujourd'hui mais nous n'avons pas fait d'arrêt "collazione". Notre objectif était d'arriver tôt à Pavie pour profiter de la ville et de de ses édifices impressionnants.

Nous avons démarré à 7h20, la chaleur était déjà avec nous sur le chemin. Le paysage varie, les rizières alternent avec les champs de colza et le maïs.


Nous passons un premier village encore endormi d'un dimanche pesant de chaleur.



Grande ferme paraissant abandonnée

Le chemin se poursuit et sur une partie goudronnée, une insigne nous rappelle la raison pour laquelle Sigéric, le moine, avait emprunté ce périple.


C'est encore loin Jérusalem

Bientôt, le Ticino surgit sur notre gauche, la ville resplendissante de Pavie sur notre gauche apparait, le duomo s'élève majestueusement. Nous irons le visiter cet après-midi.


La lavandière et il ponte coperto. Le duomo au fond

Nous prenons possession des lieux de l'ostello où les pèlerins sont accueillis avec simplicité, générosité et bienveillance. Notre chambre avec climatisation donne sur un jardinet fraîchement tondu avec en toile de fond la chiesa incontournable que nous visitons en fin d'après-midi.


Notre ostello

Comme prévu après notre installation dans notre chambrette, nous faisons le tri des affaires à expédier à Pizay. Finalement plus de 6 kg partirons en France aujourd'hui dont 90 % proviennent de mon sac : tente, matelas et oreillers gonflables, quelques vêtements, petite cuisine et nos deux saint bernard qui attendaient patiemment dans nos sacs.

Expédier un colis pour la France, nous a occupé de 12h30 à 17h25. Les "poste italiana" croulent sous la paperasse et les manques de moyens. On a dû aller 3 fois à la poste pour finalement tout expédier à 17h25. Le guichetier était charmant et très attentionné, nous lui avons offert le rouleau de scotch acheté au "supermercato" pour fermer le carton. Plus compliqué que de faire la Via Fracigena.

Après ces heures passées à occuper les fonctionnaires italiens, nous avons visité le duomo et pour mamie Fernande j'ai "tiré une photo" (comme on dit en Ardèche ) d'un moment de la messe de 18h00.

Pendant la messe

Nous avons flâné dans les rues de Pavie nous laissant emporter par les petits souffles, trop rares, d'un vent de fin de journée.


La musique c'est l'Italie
Piazza della libertà

Vers 19h00, retour à l'ostello. Avec nos deux pèlerins nous avons dînés dans un restaurant spécial pèlerin où pour 10 euros sont servis : risotto, rosbeef ou poisson, frites, vin ou eau. D'une qualité exceptionnelle.


Ponte coperto
L'università

Près de notre ostello, une église bien sûr.

Demain, lever à 5h30, départ 6h00, 28 km, nous devons être en forme.


Près de notre ostello

A demain.

14

Le réveil sonne, il est 5h30 et comme prévu nous nous préparons pour partir. Cette étape longue de 29 km nous éloigneras de Pavie pour nous rapprocher de Piacenza, grande cité lombarde.

Déjà derrière nous.

La sortie de la ville historique se fait rapidement que déjà nous sommes dans la campagne. Au loin le duomo pointe son nez vers un ciel bleu nuit. Le jour n'est pas tout à fait sorti de sa nuit.


Le Ticino coule paisiblement

Un premier village se présente à 7 km, là le capuccino s'impose avec les croissants remplis de chocolats ou de marmelada.

La journée sera chaude mais avallons les kilomètres sur un bon rythme. Nos compagnons de route nous devancent, ils nous attendront pour la prochaine pause.


Une ferme sur notre passage

Vers 10h30, nous nous arrêtons pour faire la merenda (casse-croûte), quatre heures de marches ça creuse. Pains, fromages, pêches, raisins blancs nous redonnent les calories consommées. La pause redonne un peu de répit à nos pieds surchauffés mais il ne faut pas trop s'arrêter sous peine de démarrage fastidieux. Toujours le bon équilibre à trouver.

Sur la route, car aujourd'hui il n'y a que du bitume et peu de voitures, nous pensons déjà à cet instant de l'arrivée à l'ostello : défaire les chaussures, s'assoir sur un lit et jeter ses vêtements humides de chaud dans un lavabo. Gestes quotidiens indignifiants chez soi qui prennent une valeur réelle dans notre situation "francigesnesque".


Les derniers kilomètres avant l'ostello de San Cristina

Le prêtre nous accueille avec bienveillance. Nous avons une chambre pour nous deux car nous sommes "sposati" (mariés). Douche, lessive, massage des pieds et repos avant d'aller faire la "spesa" (courses) car ce soir je fais à manger pour nous deux et nos deux pèlerins : pasta a la salsa funghi (pâtes aux champignons). Si j'en trouve.

Demain étape courte, tant mieux ça repose et ça redonne de l'énergie pour les suivantes.

Désolé pour les coquilles ou fautes de grammaire, le cerveau fonctionne lentement comme notre marche quotidienne.

15

Ce matin réveil à 6h30 pour un départ vers 7h30. L'étape est courte, le lieu d'hébergement devrait être exceptionnel. Nous prendrons un petit déjeuner au bar à quelques dizaines de mètres de l'ostello.

Hier soir, les pâtes aux champignons ont eu du succès : 500 g pour 4. Il faut dire que Luigi a un bon coup de fourchette accompagné d'un humour incroyable pendant le repas et bien sûr tout le long de la journée.

Le paysage s'étale entre deux collines éloignées lune de l'autre, nous progressons rapidement. Bien sûr, encore quelques rizières, quelques champs de maïs ou colza se présentent entre deux étendues en friche, nous obligeant à faire des détours incessants. Des vignes sur les versants sud refont leur apparition, nous les avions quittées dans le Val d'Aoste. Les allées de vignes embellissent l'horizon et nous rappellent que l'Italie est aussi le pays du vin.

Les canaux qui font les rivières.

Cette nuit les roulements de tambour du tonnerre laissaient à penser qu'une pluie nous accompagnerait le lendemain. Finalement il n'en est rien. Ce matin, le temps est menaçant, quelques gouttes de pluie rafraîchissantes se déposent sur nos bras et nos mollets nus. Elle ne durera pas.


Encore quelques rizières

Seize kilomètres à faire ce jour, une petite ballade pour dégourdir les jambes. Ce type d'étape est l'occasion à l'arrivée de se relaxer, de s'étirer, de lire, de dormir et de se raconter les moments les plus difficiles pendant la marche. En marchant chacun va à son rythme et les occasions de parler se présentent pour étancher sa soif, pour demander son chapeau sans défaire le sac. Quand la distance entre nous devient trop importante l'un s'arrête pour attendre l'autre et lui demander si "tutto va bene ?"

Fontaine à eau publique

Arrivé à Mirandolo Terme, nous remplissons nos gourdes aux fontaines "d'acqua naturale o frizzante) publiques. Ces fontaines sont à la disposition des citoyens et pour 5 centimes d'euro on peut remplir un litre d'eau naturelle ou gazeuse. Les villageois font leur plein pour pas cher et l'eau pétillante est "famosa" (très bonne, comme de la badoit).


Les moissons sont faites

Au dixième kilomètres, nous nous relaxons dans un bar avec deux capuccino, un peu de pain, un saucisson aussi bon que ceux de chez Fauvet, deux pêches. La gérante du bar nous précise qu'il ne pleut jamais dans le village :"Celui d'en haut il pleut, celui d'en bas il pleut, mais ici il ne pleut pas.". Nous la croyons sur parole et nous partons sur le champ. Non, sur la route.


Résidence d'été des Cusani. Il faut bien cela pour se reposer

Au treizième kilomètres, le village Orio Litta apparaît au lien. Ce soir nous dormirons dans une grange bénédictine.

Au loin Orio Litta

Le sentier progresse au milieu des maïs et des canaux, il est presque midi et nous sommes quasiment arrivés.

Sur le parcours, des repères de la Via Francigena (l'accent tonique est sur le i, sinon les italiens ne comprennent pas forcément), sont exposés sur le bas côté du chemin rappelant les pèlerins que nous sommes.

Au cas où on oublierai...

Nous traversons le village et nous nous dirigeons vers cette grange bénédictine. L'accueil est chaleureux, le confort total.

Une pluie fine tombe comme pour nous donner une bénédiction méritée.

Le chiesa

Nous prenons possession des lieux, le rituel démarre : douche, lessive (avec la machine à laver), tri des affaires, petite collation et échanges avec nos pèlerins amis.


Pourquoi avoir plus....

Ce soir c'est Daniel qui fera la cuisine, il est charcutier, on serait se régaler.

Aujourd'hui nous avons atteint notre kilomètre 297 ième. Jeudi de la semaine prochaine nous arriverons à Aulla dernière étape de ce périple mémorable. Nous aurons parcouru le 500 ième km. La moitié de la via jusqu'à Rome. La via continue jusqu'à Santa Maria di Leuca située dans le talon de la botte italienne mais cela sera une autre aventure.


Echanges de mail
On a hésité avec notre grange bénédictine
Un bain à sec. On attend qu'il pleuve
16

L'étape d'aujourd'hui démarre par une promenade dans les maïs de presque 4 km. Il est prévu ce jour de prendre un bateau que Luigi a prenottato. C'est Danilo, le capitaine du bateau qui viendra nous récupérer à l'embarcadère à 8h30 précise.

Orio Litta au loin et son château

Avant d'arriver à notre point d'embarcation le chemin est plaisant, herbes fraîches avec la rosée du matin, oiseaux volants au dessus des canaux. Le réveil de la nature se perçoit de minute en minute et pendant ce temps le soleil s'élève à l'horizon.


Les ombres se raccourcissent.

Vers 8h00, nous sommes à l'embarcadère.

En attendant la traversée

8h30 précise nous entendons le moteur s'approcher, nous embarquons.


Danilo au fond amarre le bateau

Aussitôt le bateau s'élance sur le Pô, large à cet endroit.


Le Pô.

La traversée se fait en 15 minutes. Luigi comme à l'accoutumée amuse l'équipage. Danilo, le capitain, est aussi un bon humoriste. Danilo nous invite chez lui pour le "timbro" et ses statistiques. Sa maison est superbe et en contre bas du fleuve.


Après ces moments d'échanges très amicaux, nous reprenons le chemin.

Au loin Piacenza

Le trajet sera difficile à cause de la chaleur et le passage incessant des véhicules.

Pas sympa le coin.

Vers 12h00, nous faisons une pause capuccino puis nous reprenons notre courage à deux pieds pour filer à Piacenza vister la piazza dei Cavalli, place historique dans le centre de la ville.


Piazza dei Cavalli
Piazza dei Cavalli

Nous nous répondons quelques minutes sur la place avant de reprendre nos cinq derniers kilomètres. Le soleil cogne à cette heure mais nous souhaitons arriver à l'ostello pour la douche et le rituel.

Demain l'étape sera de presque 30 km, tout plat mais très chaud et presque sans ravitaillement.

Après la douche et le rituel, une fois installés, nous nous proposons pour aller au supermercato à 1 km de notre lieu d'hébergement pour les courses du soir : pâtes aux courgettes, tomates mozarella, vin de MontePulcino et fruits. Il faut bien compenser les 1200 kcal perdues en marchant.

17

Etape sans intérêt, 18 km de ligne droite au bord d'une départementale très fréquentée sous 34 °C. Que dire de plus. Nous avons fait un arrêt à mi-chemin. L'occasion de déguster un panini au jambon cru très goûteux et tester un café moka car les gérants voulaient lancer ce nouveau concept.

Nous avons eu droit à un petit reportage photo et film pour l'aspect marketing de ce nouveau produit.

Le barman souhaitait promouvoir ce café moka en montrant des pèlerins transpirants déguster cet élixir revigorant.


Ce matin à 6h45, nous démarrons

Un bar où on peut manger, boire et faire ses courses de produits fins tous typiques de la région. Nous sommes pas loin de Parme et le village que nous traversons fabrique le grana padano (fromage râpé pour la pasta).


Sacré morceau

Sur la route nous faisons des rencontres improbables.


C'est une pour de faux.

Les gérants de ce bar atypique sont très contents de nous recevoir, ils sont quatre et se mettent en quatre pour que nous soyons parfaitement installés.

Le bar boutique

Nous prenons notre temps pour déguster notre café moka et le panini au jambon cru.


Tout le monde est occupé.

Aujourd'hui nous avions décidé de coupé la Fracigena. En principe l'étape est de 32 km mais vu le paysage, la chaleur et tutti quanti nous avons fait une entorse à notre périple.

Chemin faisant, Daniel toujours devant a chuté sur la route, son pied s'est pris dans une ornière. Il s'est blessé au dessus de l'arcade droite. La plaie n'est pas profonde mais le sang coule. Guylaine prodigue les soins en conséquence. Le visage de Daniel est un peu palichon malgré son bronzage prononcé. Soins faits, nous repartons, Luigi s'est proposé de le conduire aux urgences en arrivant à l'ostello.


Champs de tomates (en boîte).

Vers 11h00, nous arrivons à Fiorenzuola d'Arda. Nous prenons possession des lieux après le timbro de la crédentiale.

Nous sommes très bien installés avec tout le confort. Daniel et Luigi iront à l'hôpital, nous ce sera la lessive pour tous, avec la machine bien sûr.

Arrivée

Nous déjeunons sur le pouce et décidons de faire une petite visite de la ville.

On est bien en Italie...

Après la petite passegiata, nous ferons une sieste car le soleil assomme aujourd'hui.


Guylaine est petite devant ces édifices

Ce soir, nous dînerons certainement dans une pizzeria, ça change un peu des pâtes.

Notre ostello pour la nuit.

Luigi et Daniel sont revenus, quelsues strips, un anti biotiques et des recommandations d'usage lorsqu'on se blesse la tête. Même en étant vigilant, prudent et très entraîné, ce qui est le cas de Daniel, marcheur infatigable, tout peut arriver. Cela nous servira d'exemple pour doubler notre vigilance sans nous prendre la tête non plus.😀.

Demain Fidenza, ce sera le dernier jour de Luigi qui va rejoindre son orchestre la semaine prochaine. Demain soir, nous fêterons cette belle rencontre et cet au revoir car nous nous reverrons certainement. Nous poursuivrons avec Daniel encore quelques étapes. A demain.

18

Etape dans la fraîcheur matinale, départ à 5h45 de Fidenza. Notre parcours passera par une superbe abbaye cistercienne à Chiaravalle della Colomba. Edifice isolé construite en 1135, style romano-gothique en briques, style cistercien influence bourguignonne.

Ce matin tôt

Nous visitons ce chef d'oeuvre gothique.

L'abbaye

Nous profitons de ce moment culturel pour prendre notre cappuccino matinal.


Près de l'abbaye

Le camino aujourd'hui est beaucoup plus plaisant, du bitume mais des petites routes communales où quelques voitures ou tracteurs circulent lentement.

Chemin faisant nous croisons une ferme avec un maximum de panneaux indicateurs.


C'est où Pizay ?

Les italiens ont le sens de l'humour, Luigi en est une preuve quotidienne.

L'étape sera de 23 km, dans le plat absolu sauf les passages d'autoroute.

Autoutoroute A1, la première autoroute construite.

La Francigena c'est cela aussi et cela nous rappelle cette modernité qui nous envahit.

Nous traversons ce flux incessant de véhicules allant dans les deux sens par une passerelle élargissant notre champ de vision au delà de l'autoroute.

Mais bientôt un autre édifice majestueux se présente nous remettant dans cette ambiance de pèlerins allant vers Rome.


Un bel édifice au loin.

Sur le plat les kilomètres défilent, nous marchons à 5 km par heure et Fidenza apparaît dans la brume de fin de matinée. Il fait chaud, nous ferons une autre pause d'acqua frizzante fresca dans un bar et quelques fruits.

Il est 12h30, nous nous dirigeons vers notre ostello de Fidenza. Fermé jusqu'à 15h00.

Attablé à l'extérieur nous patientons avec des bieres et du thé.


Luigi a toujours quelque chose à dire

Nous sommes près du duomo pour dormir. L'accueil est toujours chaleureux et bienveillant.


Nous dormirons pas loin de là.

Ce soir sera le dernier soir pour Luigi. Il nous quitte demain pour retourner à sa musique et ses choeurs.

Nous allons lui préparer une bonne pasta avec une bonne bouteille de vino.

Nous nous reverrons certainement sur un chemin ou bien lors d'une invitation ou d'un voyage dans cette intention. Ce fût une belle rencontre et j'arrête là pour profiter encore de sa présence et de sa belle humeur.

19

Lever à 5h15, départ 5h50. Luigi s'est levé aussi pour nous dire au revoir. Hier on sentait de la tristesse d'arrêter le camino et de devoir nous quitter.

Il fait encore nuit, nous quittons Fidenza rapidement. Depuis le centre où nous étions en vingt minutes nous étions déjà l'extérieur de la ville.


Vers 7h00 du matin

Nous quittons la plaine du Pô et prenons de la hauteur. En moins d'une heure de marche nous sommes à 300 m d'altitude. Fidenza est à 60 m au dessus du niveau 0.

La fraîcheur nous donne des ailes et même les montées nous paraissent un enchantement. Il faut dire que depuis plus d'une semaine c'était le plat et les rizières.

Aujourd'hui c'est le premier jour dans les Apennins, nous sommes toujours en Emilie Romagne mais dans la province de Parme.

Enfin des vallons

Le paysage superbe, vallonné, vert, harmonieux nous redonne du plaisir pour marcher. Trois jours à marcher près des voies rapides ça plombe le rythme.

Magnifique

Nous prenons de la hauteur et les kilomètres défilent sans fatigue pour l'instant.

Encore un effort

Nous traversons plusieurs villages où manifestement les villageois aiment la fête et les rencontres.


Même avec la polenta on peut faire la fête

Nous laissons derrière nous ces belles vallées dont le calme fut dérangé par les coups de fusil des chasseurs. C'est apparemment l'ouverture de la chasse.


Au cas où on se tromperait.

Le chemin nous mène au fond de la vallée où coule le Taro. Le lit de cette rivière large de plusieurs centaines de mètres est sec. Seul un filet d'eau coule paisiblement pour le grand bonheur d'échassiers en quête de poissons et il y en a nous les avons vus.


Une partie du Taro
Le pont de chemin de fer

Nous passons au dessous du pont de chemin de fer et nous suivons le lit de cette rivière paisible. Nous imaginons la période de fonte de neiges où il doit probablement être en furie.


Au loin Fornovo di Taro

Et au bout, ce petit personnage très curieux.


De part et d'autre du pont le lit de la rivière s'étale et prend sa place dans le paysage.


Les Apennins au fond

Il est 17h00, nous sommes installés dans l'ostello comme d'habitude.

Ce soir nous irons à la pizzeria avec Daniel. Nous ne sommes plus que trois.

L'étape du jour a été de 31 km et la vue de beaux paysages nous a fait oublier un peu la chaleur et la fatigue. Les deux heures à venir seront consacrées aux soins des pieds et au repos du corps. L'âme, elle, s'est reposée tout le long du camino. A demain.

20

Nous quittons Fornovo il n'est pas encore 6h00. L'air est vif, un petit vent frisquet nous réveille d'une bonne nuit. Démarrer le matin à la fraîche vous met en forme pour la journée

Fornovo di Taro à 6h00

La Via Francigena s'élève rapidement sur la colline, nous dominons la ville encore endormie. Nous avons pris un petit déjeuner dans un bar de la ville sur le parcours : croissants Nutella et capuccino, c'est bon mais cela fournit peu d'énergie car nous allons devons dépasser l'altitude de 800 m aujourd'hui et nous partons de 150 m.


Le ciel est rouge ce matin

En moins de 30 mn, nous sommes déjà sur une crête dominant les Apennins. Le petit vent frais nous accompagne et nous lui accordons toute notre sympathie pour nous maintenir en forme.

Si on avait des ailes....

Nous pénétrons dans les montagnes séparant la vallée du Pô et la Liguria, il va y avoir des montées et des descentes tout le long. C'est vrai que nous avions un peu marre du plat. Ici, peu de circulation, l'air est propre, les vallées vertes et les villages parsemés sur le parcours.

En plein dans les Apennins.

Nous dépassons plusieurs villages comme Terzano où aucune épicerie ni bar sont ouverts ce matin, c'est lundi même si les vacances sont finies pour les italiens.

Les Apennins c'est beau.

La montée est rude mais c'est un enchantement car nous découvrons ce nouveau paysage pour notre grand plaisir. Il faut savoir s'adapter à chaque instant même si ce n'est que de la marche.

Sur notre passage

Il est un peu plus de 10h00, il nous reste encore une bonne descente à faire et ensuite de nouveau une belle montée comme on les aime. Il faut dire qu'aujourd'hui le temps est idéal, le soleil s'est caché derrière les nuages, un petit vent frais souffle et le paysage panoramique. Toutes les conditions sont là pour les pèlerins que nous sommes.

Le point le plus haut 860 m

Nous poursuivons le chemin pour une nouvelle descente. Là, nous rencontrons des lutins sur le passage, ils semblent joyeux et en forme.

Les habitants des Apennins

Nous descendons facilement vers un autre petit village où nois ferons une pause près de l'église. Là, des anciens nous demandent spontanément si nous n'avons besoin de rien. La Via Francigena c'est important dans le coin, elle amène un peu de business et aussi des échanges humains et de la convivialité dans les villages. Très souvent on nous demande où on va, d'où on vient, de quelle nationalité nous sommes et si nous avons besoin de quelque chose.

La descente
Le village de Casale où nous passerons

Le soleil fait son apparition vers 11h00, nous sommes dans les bois et les saveurs de sapins, de champignons et d'autres fleurs nous font oublier que nous marchons depuis plus de cinq heures presque sans pause.

Dans la pinède

Finalement un peu de soleil permet de sécher nos vêtements de la sueur générée par la montée raide et caillouteuse.

Depuis " I salti del diavolo " (Les sauts du diable)

Nous suivons un parcours de trail "Tartuffi trail" nous indiquant qu'effectivement c'est une région de truffes. La truffe italienne est réputée aussi, moins chère que la française mais toute aussi parfumée. Sur le chemin nous passons à coté d'une propriété où visiblement sont cultivés des chênes truffiers car des panneaux indiquent clairement que le lieu est super protégé avec chiens dressés pour qui aurait la bonne idée d'aller faire une cueillette de truffes à 1500 € le kilo. Nous passons vite.


Au loin Cassio, fin de l'étape du jour

Cassio est à 20 minutes de marche, il est 12h00. Cela nous laissera du temps pour nous reposer et préparer l'étape suivante. Demain Col de la Cisa, plus de 1000 m. Demain sera un autre jour. Aujourd'hui nous avons bien fait notre travail.

Cassio

Tout est réservé pour ce soir. En effet, tous les jours nous réservons notre lieu d'hébergement pour le lendemain voire le surlendemain. Nous n'avons jamais de problème car les pèlerins ne sont pas légion à cette époque. Et puis, il y a du choix. L'ostello d'aujourd'hui est un peu particulier car un charmant monsieur nous accueille dans l'ostello mais notre logement est à 100 mètres plus loin.

Cassio

L'ostello est dans le bas du village.

L'ostello

Nous ferons les formalités d'usage après la douche, la lessive et le repos régénérateur indispensable pour être au top pour l'étape d'après.

Notre maison pour ce soir

Visiblement nous sommes chez le gérant ou chez quelqu'un d'autre car nous avons tout l'appartement pour nous. Un tantinet kitch mais le confort total et beaucoup de gentillesse de la part de l'hôte.

Je vous avais prévenu

Demain nous passerons par le point le plus haut de toute la Via Francigena depuis Canterbury jusqu'à Rome. Après ce col, nous plongerons sur le versant donnant sur la mer méditerranée même si elle est encore un peu loin. Nous aurons traversés les Apennins dans sa partie transversale. Nous approcherons de la région des Cinque Terre où nous avions passés une semaine en mai dernier.

Comme presque chaque matin départ à 6h00 précise, nous sommes rodés depuis presque 20 jours de marche. L'étape de ce jour est en fait une étape plus un tiers de la suivante.

L'aube à 6h30

Nous devons avancer un maximum pour être à Aulla jeudi vers 12h00. Aulla sera notre dernière ville et dernière étape.

La journée a été rude, trente kilomètres représentent presque 9h30 de marche, de plus nous avons grimpé plus de 1000 m de dénivelé et 1400 m de descente. Il est 16 heures et nous arrivons à Previdè.


La montée du col de la Cisa

Aujourd'hui il n'y aura que des montées ou que des descentes, pas de plat, rien, même pas pour se reposer.

Mais le spectacle en vaut la peine.


Dans la montée de 19 km

L'air est frais, nous sommes à plus de 800 m d'altitude pour démarrer. Nous monterons jusqu'à 1200 m d'altitude.

Nous aurons de chaque côté du chemin, les vallées des Apennins encore avec un peu de brume mais déjà spectaculaires.


La brume s'élève rapidement

Il fait bon pour marcher, un petit vent éveille nos sens et nous donne la pêche pour ce nouveau trajet.


Quelques fois il faut escalader
Berchetto et son église

Sur le parcours nous faisons de bizarres découvertes. Quelqu'un a oublié cette croix. Qui ?


Notre sac nous suffit.

Nous avançons lentement, les montées sont raides et quelques fois caillouteuses. Le chemin alterne entre crêtes et forêts de chênes et de sapins.


Les Apennins

A midi, nous atteignons le col de la Cisa où une petite restauration nous permettra d'avaler les 10 km restants.

Le col de la Cisa

Le col sera le dernier point de l'Emilie Romagne, nous entrons en Toscane à partir de maintenant.




Grande forêt dans la descente

Nous traverserons quelques petits villages sans épicerie ni bar. Aujourd'hui nous n'avons pas pu boire notre cappuccino, le serveur du village de Berchetto était débordé : 2 tables à servir !

La descente du col de la Cisa durera 4 heures, heureusement à l'ombre mais avec des montagnes russes sans fin.

Il est 14h00, nous étions sur les crêtes en face à 11h00.

Dans les longues descentes il faut mettre le pilotage automatique, plus de pensées, plus de calcul de distance, juste un pied devant l'autre.

Il nous reste encore une heure à marcher

Sur notre chemin, nous demandons à une villageoise déjà d'un âge avancé, le temps pour atteindre Previdè : 30 mn. Cette réponse nous redonne du courage après plus de 8 heures de marche.

Carte sympathique

Il nous reste encore un peu de descente à faire, traverser une rivière sur un pont de singes et se retaper une montée.

Ça balance pas mal.

La montée est raide, directe, à l'ombre. En haut de ce raidillon, une descente mais cette fois nous voyons le hameau de Previdè. Daniel est déjà douché.

Ça valait le coup de faire cette étape harassante pour finir dans un B&B top.


B&B, un luxe pour nous

Ce soir, nous dinerons dans ce B&B, le déjeuner de midi fut un peu trop léger et déjà loin. Demain soir nous serons dans un camping, donc profitons de ce lieu d'exception.

22

Journée spéciale, le groupe doit se scinder en deux. Guylaine a un problème de genou. La veille, l'arrivée à Previdè fut difficile. Nous ne prenons pas de risque.

Guylaine redescendra avec les gérants du B&B en voiture à Pontremoli. Daniel et moi iront à pied. Je rejoindrai Guylaine aux urgences de Pontremoli, il faut deux de temps à pied et nous partons à 8h00. Les gérants partiront à 11h00, il faut 20 minutes en voiture.

Descente au milieu des oliviers

A 11h15, Daniel poursuit son chemin après avoir bu un capuccino, moi je rejoins l'hôpital à 1 km au nord de la ville de Pontremoli.

Après 3 heures d'attente, le genou n'a rien, il faut juste du repos.

Il est 15h30, nous décidons d'aller à Filetto au camping comme prévu mais d'abord en taxi jusqu'à la gare, puis en train.

Le camping est à 1,2 km de la gare, doucement nous nous y rendons après être passé à la pharmacie.

Ce soir, le genou va beaucoup mieux mais demain Guylaine ira à Aulla en train.

Avec Daniel, nous partirons à 6h00 demain. Moi pour une étape finale de 15km et Daniel lui continuera son chemin objectif Rome avec une étape de 37 km.

Guylaine était un peu déçue mais il faut être raisonnable. L'année prochaine nous repartirons de Previdè, c'est promis.


Pont du moyen âge
Sur le chemin
Un petit col à passer
De drôle de personnage
Juste avant Pontremoli
Pontremoli

Je n'ai pas pris de photo des urgences pourtant ça valait son pesant de cacahuètes...

Tout va bien

Demain Arrivée à Aulla, nous nous rejoindrons à la gare et nous irons d'abord en train à La Spezia puis en bus à Lerici où nous serons dans un B&B super avec piscine. Mais ceci est une autre histoire.

Vue du col, au fond derrière les montagnes la mer
23

Et bien nous sommes à la dernière petite étape de ces trois semaines de grand air et d'émotions. Il est 6h00 pile, mieux que les trains suisses, Daniel et moi prenons le départ. Guylaine s'est levée pour dire au revoir à notre compagnon car elle prendra le train de Filetto à Aulla, because le genou.


La place de Filetto
Personne ou presque

Nous avons un bon rythme, c'est la dernière pour moi et le chemin est bien "roulant". L'air vif et humide nous permet de marcher d'un bon pas. Daniel lui aura une étape de 37 km aujourd'hui pour arriver à Sarzana.


Fornoli

Nous traversons un village fortifié dont les murailles s'élèvent comme un château fort. Au sommet du village la sacro sainte église réunissant les villageois et accueillant les pèlerins.

Village fortifié

Quelques montées courtes puis nous suivons une forêt de châtaigners et de chênes centenaires. Des petits torrents nous font apprécier le passage de pont moyenâgeux qui résistent au temps et à la vie moderne.


Pont d'un temps passé
L'eau est abondante

Sortis de la forêt, un petit col s'ouvre sur notre passage laissant découvrir des champs encore humides de rosée du matin.


Calme et sérénité

Cela fait plus de deux de marche, plus dix kilomètres au compteur. Nous échangeons quelques mots et nos expériences car dans un peu pkus d'une heure chacun reprendra son "camino". Sur ce chemin, nous aurons fait de belles rencontres, le lieu s'y prête.

Arrivée à Aulla

Aulla est au loin, nous approchons de l'étape ultime. Arrivés en ville, nous partageons un dernier cappuccino. Guylaine est certainement en gare de Aulla, elle m'attend car nous devons nous rendre à La Spezia puis à Lerici. Lorsque nous serons à La Spezia nous devrons organiser notre retour sur Pizay. Nous y sommes arrivés malgré le système de billetterie compliqué en Italie.

La gare d'Aulla où Guylaine m'attend

Cappuccino avalés embrassades et émotions pour quitter Daniel. Je pars rejoindre Guylaine, mille cinq cents mètres à faire.

La gare d'Aulla se situe un peu à l'extérieur de la ville, j'y vais d'un bon pas et en quelques minutes je vois le panneau sur le front de la gare. J'y suis, Guylaine est là assise au bar. Le train a mis six minutes de Filetto à Aulla, nous on aura mis trois heures et demie. Même pas fatigué.

Bisous de retrouvailles. C'est fini.


Coucou

Vous m avez vue sur les photos donc j y étais bien....Je n avais pas l assiduité d Elio pour écrire je mettrai juste un petit mot de la fin pour dire que malgré mon genou capricieux je vais tres bien. Je rentre riche de cette belle expérience physique,de tous ces paysages si divers ,des villages et villes traversés ,de toutes les rencontres parfois improbables,de l accueil tres chaleureux et des effets extraordinaires de la marche. C'est difficile de s'arrêter (merci a mon genou de m avoir aidee😁) mais ce sera aussi tres bon de vous retrouver.Je vous embrasse affectueusement. Guylaine