Carnet de voyage

Myanmar

7 étapes
10 commentaires
1
Un proverbe birman dit: "Où il y a amour, il y a paix"
Du 5 au 30 juillet 2017
26 jours
Partager ce carnet de voyage
1

Mingalarbar, lecteurs!

Voici le récit de mes aventures en Birmanie! Mais d'abord, quelques informations sur le pays: Superficie: 676 578 km² (plus de 22 fois la Belgique) Population: 55 123 814 habitants (plus de 4 fois la population belge) Densité: 81 habitants/km² Indépendance: 4 janvier 1948 Monnaie: le Kyat Devise nationale: "Le bonheur se trouve dans une vie harmonieusement disciplinée"

Drapeau birman / La Birmanie à l'échelle du monde

JOUR 1: Le lendemain de mon arrivée à Mandalay, je participe à une excursion d'une journée organisée par l'auberge. Au programme: les alentours de Mandalay. Nous commençons par nous arrêter à Amarapura, "Cité de l'Immortalité" plusieurs fois capitale birmane, à la Pahtodawgyi Pagoda (photo 1). A cet arrêt, je fais plus ample connaissance avec deux françaises, Alice et Maryon, et avec un allemand, Chris. Nous repartons ensuite pour un arrêt un peu particulier au monastère Maha Ganayon, où nous assistons à la cérémonie du dîner des moines. Il faut savoir que ce monastère est un des plus grands du pays et héberge plus de 1200 moines; ce monastère met particulièrement l'accent sur l'instruction (contrairement à d'autres qui privilégient plus la méditation), et c'est aussi pourquoi il est aussi "populaire" parmi les moines). Imaginez donc la file de 1200 moines se formant petit à petit, pour venir chercher leur repas auprès des bénévoles! Une cérémonie principalement en silence et assez prenante. Nous avons ensuite le privilège d'être abordé par un moine plus âgé qui a envie de parler un peu anglais et qui nous fait visiter le site. Nous passons une grosse heure avec lui.

Nous repartons ensuite pour visiter un atelier de tissage. Les employés ont sous les yeux des tableaux remplis d'inscriptions qui sont leurs instructions à suivre pour obtenir le résultat désiré; ça a l'air vachement compliqué pour s'y retrouver, mais le bruit des tables de tissage est régulier et personne ne se trompe. Quel rôdage, quelle patience et quelle précision! Au mur sont affichées des photos d'Aung San Suu Kyi, et on nous indique fièrement qu'elle vient parfois acheter ses longyis (l'habit birman par excellence, sorte de longue "jupe" nouée à la taille, portée par les hommes et les femmes) et ses foulards. Après le repas, nous continuons notre route vers Inwa (ou Ava), qui fut elle aussi plusieurs fois capitale de Birmanie (autrefois surnommée "royaume d'Ava"). Aujourd'hui, il s'agit plutôt d'un rassemblement de ruines, de temples et de pagodes dans un environnement très vert, bien loin de l'agitation de Mandalay :) Nous nous arrêtons d'abord au monastère royal de Maha Aungmye Bonzan (photos 5-8), qui ne date que de 1822, dernière ère Ava. Et poursuivons ensuite vers le monastère de Bagaya Kyaung, un monastère entièrement en teck datant, lui, de 1834.

Nous partons ensuite vers Sagaing, capitale du royaume Shan dans les années 1300, et actuellement plutôt un lieu spirituel, région habitée par des milliers de moines et de nonnes, et endroit de reccueillement prisé pour sa multitude de temples et de pagodes et son incroyable verdure. Nous commençons par la pagode Shin Pin Nan Kain, de laquelle on a une belle vue sur les contreforts de la colline et une enfilade de pagodes dorées (photos 1-3), puis nous descendons au temple Soon U Pon Nya Shin Paya, qui nous offre un joli aperçu sur la vallée et sa myriade de temples et pagodes, la rivière et le pont d'Ava (photos 4-6). Et enfin, nous finissons cette journée bien remplie avec un coucher de soleil à l'U Bein Bridge, le plus long pont en teck du monde, avec ses 1200 mètres de long, supporté par 1086 piquets, dont seulement une petite quantité a été remplacée par des piquets en béton!

Photo 6: En Birmanie, il y a des chiens partout mais aussi beaucoup de chats tout à fait habitués aux touristes ˆˆ 

JOUR 2: Sur les photos 1-2, immortalisation de ma chambre et de mon lit, la première fois (et pas la dernière) que j'en ai de la sorte :) Ayant bien sympathisé lors de l'excursion organisée par l'auberge, nous décidons, Alice, Maryon, Chris et moi, de remettre le couvert lors d'une petite escapade matinale à Mingun, un autre petit village situé de l'autre côté de la rivière. Nous prenons donc le bateau et découvrons à cette occasion un nouveau type de rembardes d'embarquement (photo 3) ˆˆ Nous longeons ensuite un petit village sur pilotis et arrivons à Mingun après 45 minutes. Là, nous commençons par la Mingun Paya, datant de 1790. Cette pagode aurait pu être la plus grande au monde si la construction n'avait pas été arrêtée en 1819, au décès du roi Bodawpaya qui en avait instigué la construction (pourquoi la taille est-elle toujours aussi importante pour les hommes?)... Seule la base de briques, d'une hauteur de 50m quand même, est achevée (au lieu des 150m prévus). Je cite ici le Lonely, pour un détail d'exception (ˆˆ): "It is often described as the world's largest pile of bricks"; pas sûre que Bodawpaya aurait été ravi de ce qualificatif flatteur... :D En plus, le tremblement de terre de 1838 a causé d'énormes fissures à la construction. Pour avoir une petite idée de la vue, nous décidons de nous crâmer les pieds (interdiction de porter des chaussures dans les lieux religieux oblige) et de monter la rampe d'escaliers qui nous amène presqu'au sommet (il était accessible avant, mais il y a eu trop d'accidents...).

Photo 6: réfection de la route... / Photo 9: Me demande si les gens ont mis ces bâtons d'encens pour aider à soutenir la structure

Nous continuons notre balade et passons par l'énooorme Mingun Bell (décidément, Bodawpaya était particulièrement obsédé par la taille), une cloche de bronze datant de 1808, pesant 90 tonnes et mesurant 3,66m de haut et 4,95m de diamètre à sa base, avec un bord épais de 15 à 30cm, selon les endroits (rien que ça, oui!). Nous terminons la visite de Mingun par la superbe Hsinbyume Paya, une pagode datant de 1816, dont la forme peu usuelle à 7 étages représente les 7 étages de montagne autour du Mont Meru, montagne au centre de l'univers bouddhique. De retour à Mandalay, nous partageons un dernier repas tous les quatre au marché, avant le départ des filles et de Chris pour leurs prochaines étapes et moi, mes retrouvailles avec mon amie Nathalie, de passage en Birmanie lors de ses vacances avec son compagnon, Benoît, et Sally et Ed, les adorables parents "adoptifs" américains de Benoît, de son échange avec le Rotary.

Après nos retrouvailles, nous partons tous les cinq pour visiter la pagode de Kuthodaw et nous terminosn la journée sur la colline de de Mandalay pour un superbe coucher de soleil! (Les photos avec encadrement sont les photos d'Ed) Photo 10: Un peu comme il y a les "monk chats" dans certains temples de Chiang Mai, le temple de la colline de Mandalay est populaire auprès des moines qui veulent rencontrer des touristes pour parler anglais et échanger avec eux :)

Photo 14: Petite surprise de Papa et Maman dans le colis apporté par Nath... des cuberdons et des violettes!! Le bonheur total :D 

JOUR 3: Pour notre journée complète tous ensemble, nous visitons d'abord quelques temples proches les uns des autres par nous-mêmes: nous commençons par le temple de Kuthodaw (oui oui, le même que la veille, car nous n'avions pas compris le nom et pensions qu'on ne l'avait pas encore visité ˆˆ). Surprise, nous ne le savions pas non plus, mais le 8 juillet est un jour férié en Birmanie et, toute la journée, nous allons rencontrer toute une foule de birmans sur les sites que nous visitons! L'ambiance est donc tout à fait différente de la veille et nous sommes tous contents d'y être repassés, finalement. Sur la photo 4, préparation de Thanaka, cette crème naturelle tirant sur le blanc, le jaune ou le doré, produite en frottant de petits troncs de différents arbres poussant en Birmanie et mélangés à de l'eau; et que les birmans (surtout les femmes et les enfants) portent sur le visage (parfois sur les bras, dans les zones rurales) comme hydratant, protection solaire et maquilllage. Sur la photo 8, Ed se fait customiser les joues au Thanaka :) Nous passons ensuite au site voisin, Sandamuni Paya, qui présente un ensemble de petites stupas similaire (voir la photo aérienne tirée d'internet, où l'on peut voir la proximité et la ressemblance entre les deux sites, avec Kuthodaw à gauche et Sandamuni à droite). Autre point commun entre les deux sites: leurs rangées de stupas abritent des stèles de marbre sur chacune desquelles sont gravées des parties des 15 livres du Tripitaka (l'ensemble des textes du canon bouddhique) (729 stèles à Kuthodaw) ou l'ensemble des commentaires du Tripitaka (1774 stèles à Sandamuni). On fait souvent référence à cet ensemble d'écritures comme le plus gros livre au monde! Pour la petite histoire, à l'occasion du 5e synode bouddhique, le roi Mindon a fait lire l'entièreté de ce livre à voix haute par une "équipe" de 2400 moines et il a fallu... presque 6 mois pour en achever la lecture continue!

Nous terminons par le monastère de Shwenandaw, avant d'avoir l'opportunité, grâce à Ed et Sally, d'avoir un chauffeur pour nous cinq pour la fin de la journée (quel confort et quelle facilité, par rapport à mes modes de visite habituels! :)). Ce temple/monastère entièrement en teck était situé au paravant sur le site du palais de Mandalay, et servait comme appartements du roi Mindon, où il mourut d'ailleurs. Son successeur, le roi Thibaw, ayant apparemment du mal à cohabiter avec le fantôme de Mindon, fit démanteler le temple et réassembler en-dehors du palais, où il fut converti en monastère. Nous passons ensuite par une étape tout aussi importante dans la foi et les rites bouddhiques: le Gold-Pounders' District (ou litéralement "le quartier des frappeurs d'or"), où sont fabriquées ces petites feuilles d'or véritable dont les statues de Bouddha sont recouvertes par les dévôts pour améliorer leur karma (ah oui, léger détail, seuls les hommes peuvent aposer ces feuilles sur les statues. No comment). Mandalay est la ville où sont fabriquées ces feuilles d'or ensuite envoyées partout dans le monde! N'ayant pas retenu toutes les étapes de création de la petite feuille d'or finale, je tire ces explications d'Internet: "Pour faire une feuille d’or, prendre un doigt d’or de 80 grammes. Le faire passer entre 2 rouleaux afin d’avoir un mince ruban de 6 pieds. Le couper ensuite en 400 morceaux posés chacun sur une feuille de papier bambou. Placer la pile de feuille dans l’étui en cuir. Frapper le tas empilé, régulièrement et de toutes ses forces, pendant des heures. Couper chaque feuille en 4, frapper encore et recouper, jusqu’à avoir 1 200 feuilles". Bref, super easy!! :D Les feuilles obtenues (souvent de forme ronde) sont ensuite détachées délicatement et patiemment par des femmes travaillant dans de petites pièces fermées sans le moindre courant d'air, pour être "découpées" et "collées" sur des petits carrés de papier de bambou et être vendues sous cette forme (photos 6 et 8). Quel travail impressionnant!! Nous nous arrêtons ensuite au monastère Shwe In Bin, de nouveau entièrement fait en teck, où nous retrouvons une assemblée en pleine prière commune.

Etape suivante: le temple de Mahamuni, extrêmement populaire et ouvert... 24 heures sur 24! De nouveau, nous retrouvons les foules, toutes à leur affaire à nous demander pour nous photographier!! :) Ainsi que les habituels marchands d'offrandes, d'objets religieux et de... jouets?! ˆˆ Pour la petite anecdote, j'avais lu dans le guide qu'il y avait une cérémonie tous les matins à 4 heures, lors de laquelle un moine nettoyait le visage de la statue principale de Bouddha et j'avais été fort séduite par la photo du livre... Me renseignant à l'auberge pour savoir comment y aller à cette heure matinale, j'avais finalement été découragée par la fille de l'auberge qui m'avait dit que les femmes ne pouvaient pas être aussi proches de la statue que les hommes et que même de la place des hommes, il était quasiment impossible de voir aussi bien que sur la photo du guide, et heureusement, car en effet, on ne voit vraiment pas très bien!! Il faut quand même savoir que cette statue est supposée avoir 2000 ans et est recouverte par une couche de 15cm d'or, sauf son visage puisqu'il est poli tous les matins. Nous faisons ensuite une avant-dernière halte à la Pahtodawgyi Pagoda (que j'avais déjà visitée avec l'excursion de l'auberge) (photos 10-13), l'occasion d'encore immortaliser quelques locaux.

Et nous terminons la journée par un coucher de soleil à l'incontournable U Bein Bridge, qui sera pour moi tout différent du premier! En effet, en cette journée de fête, l'effervescence est incroyable sur le pont et Ed nous propose de louer une barque pour profiter du coucher de soleil sur le lac; quelle chance pour moi d'avoir une toute autre perspective sur le pont que le premier soir! :)

Le lendemain, après deux super chouettes jours en la compagnie de cette joyeuse petite troupe et le plaisir d'avoir pu passer un peu de temps avec Nath, nous nous faisons des adieux, eux continuant leur route vers la Thaïlande et moi la mienne plus au nord, au village de Hsipaw.

2

Ayant réservé mon trek pour les deux jours suivants, je décide de partir à la découverte des environs de Hsipaw à vélo; et cette fois, c'est un peu plus faisable qu'à Pai ;) Je commence par le petit village de Myauk Myo, surnommé "Little Bagan" (un peu pompeux, quand on voit le réel Baganˆˆ), avec ses deux monastères en teck et son célèbre stupa au milieu duquel un arbre a poussé, Eissa Paya. Je redescends ensuite au centre pour visiter le temple de Mahamyatmuni, dont la statute de Bouddha est inspirée de celle de Mahamuni à Mandalay (on se rappelle du lavage de visage à 4 heures du mat'?). Le temple est bordé d'une étendure d'eau recouverte de nénuphares fleuris :)

Photo 12: les rails de chemin de fer birmans :) 

Intriguée par l'indication d'une "Noodle Factory" sur le plan du vilage obtenu à l'auberge, je décide de m'y rendre. En effet, Hsipaw est situé dans une région où l'ethnie des Shan est majoritairement représentée, et les "Shan noodles" sont populaires partout en BIrmanie. Sur place, malheureusement, personne ne parle anglais mais je suis accueillie avec des sourires et, visiblement, ma présence et ma prise de photos ne dérangent pas. J'observe donc qu'ils fabriquent une espèce de pâte (je suis arrivée après ce moment-là) qui a un peu la même texture et épaisseur que du dentifrice (photo 1) qu'ils font couler dans de l'eau brûlante à l'aide d'un tuyau et d'un tamis qui leurs donne leur forme de pâte (photo 2). Après quelques minutes à poser dans l'eau brûlante, les pâtes sont trempées dans de l'eau froide et mises à sécher dans de grands paniers en osier (photos 3 et 4). Elles sont enfin mises en sachet et pesées pour être emmenées vers les magasins, marchés et restaurants. Je termine la journée par un coucher de soleil un peu raté mais accompagné d'un peu de musique sur la colline de la ville.

Photo 7: Non, non, ce n'est pas un pin's, sur la statue, mais un bien une espère d'énorme papillon! 

Et le lendemain, c'est parti pour deux jours de trek! Nous sommes un groupe de 7, une hollandaise, une espagnole, deux suisses, deux anglaises et moi, avec notre guide Min et son cousin, qui fait son premier trek! Au programme, 16km, un peu de plat puis beaucoup de montées, comme j'aime :D Nous traversons des paysages absolument magnifiques qui font un peu oublier la chaleur et l'humidité. Les gens nous saluent, nous sourient ou nous font signe :) Je tiens à préciser que je n'ai pas touché à l'intensité des couleurs des photos et que les milliers de verts différents et leur intensité sont exactement (et peut-être même en mieux) ce que j'ai eu sous les yeux :)

Vers 14h, nous arrivons au village où nous passons la nuit, à Pankam (photo 1: Min qui fait la pause de Kung Fu Panda ˆˆ). Après un bon repas et une petite sieste, nous partons pour un petit tour du et autour du village, l'occasion d'interagir un peu avec la population. Le village est entouré de platantions de thé vert (ces arbustes, sur la photo 4), la région, ses collines et ses vallées sont superbes. Et quel calme!

Le lendemain, j'ai l'occasion de prendre quelques membres de la famille qui nous a accueillie en photos avant de repartir. Programme du jour: 14km, principalement de la descente et du plat, un peu de forêt de bambous et beaucoup de champs de maïs. Le soleil, qui était de la partie la veille, s'est caché derrière une brume qui donne une ambiance un peu mystique aux vallées. Dans un style différent de la veille, je suis une nouvelle fois émerveillée par ce que je vois!

Photo 9: la fleur de la plante de gingembre 

Après la pause snack où nous avons goûté de petis fruits de la taille d'une mirabelle, de la forme d'une pêche et de la texture d'une pomme (je pense que c'était des "mirapêmmes"...), nous nous remettons en route et rencontrons quelques animaux d'une taille un peu différente de ceux de chez nous, le phasme de la photo 3 est particulièrement impressionnant! Nous terminons le trek par un bon bol de soupe de nouilles Shan au pied d'une cascade, et rentrons en pick-up à l'auberge.

Ayant plus particulièrement sympathisé avec Deborah, l'espagnole de mon groupe, et nous étant rendu compte que nous avions à peu près la même suite de programme, nous partons ensemble pour la gare le lendemain. En effet, la raison initiale de ma venue à Hsipaw était le trajet en train de 7h qui la relie à la ville de Pyin Oo Lwin, et qui passe non seulement par de superbes paysages mais aussi et surtout sur le viaduc de Gokteik, deuxième viaduc ferrovière le plus haut du monde quand il a été construit, en 1901, long de 688m et surplombant la vallée à une hauteur de 97m! Préférant le wagon classique au "upper class" bourré de touristes, je me sépare de Deborah pour le trajet et m'installe dans mon... palace ˆˆ Pour la ptite anecdote, j'ai quand même payé 1200 kyatts pour le trajet, soit 0,77€ pour 7 heures de train ^^ Le trajet, malgré un peu de pluie par moments et les fréquentes intrusions de branches et de feuilles par la fenêtre quand on traversait des bois (je devais à peu près ressembler à un tas de composte à la fin, ce qui faisait beaucoup rire les gens sur les banquettes près de moi ˆˆ) est à la hauteur de mes espérances, sans parler des dix longues minutes passées sur le viaduc (où l'on rallentit fortement)! Prévenue que la vue plongeante des portes ouvertes du wagon était particulièrement impressionnante, je laisse mon vertige sur la banquette et vais, bien sûr, faire un tour dans le couloir ;) (Bon oui, j'avais la gorge un peu sèche, ça va!) Bref, une nouvelle fois, je ne sais où donner de la tête! :)

Une fois à Pyin Oo Lwin, Deborah et moi prennons un pick-up avec deux autres gars vers Mandalay. Un trajet de 2 heures un peu rock'n roll, de nouveau sur un banc en bois, pour le plaisir de mes fesses ;) Courageuse, Deborah prend directement un bus de nuit vers Bagan, alors que je décide de passer une nuit à Mandalay et de prendre le bus vers Bagan le lendemain matin (mon horaire n'étant pas trop serré). Nous nous y retrouverons plus tard.

3

A mon arrivée à l'auberge, on me propose directement différents tours organisés par l'auberge. Je m'inscris au "day tour" du lendemain et décide de participer au "sunset tour" du soir-même, histoire de prendre un peu la température de l'endroit. A Bagan, si on veut pouvoir avoir un aperçu des 50 km carrés parsemés de 2834 monuments (oui oui! Et c'est sans compter les nombreux stupas privés que beaucoup de familles font construire pour améliorer leur karma et protéger leur famille, qui monteraient le nombre à plus de 4000!) sans y passer 3 mois, il faut louer un scooter. Ici, en tout cas pour les touristes (et pour de plus en plus de locaux), on roule au vert et ce sont donc des "e-bikes", des scooters électriques, qui sont en location. Bon, ils peinent un peu en montée à la fin de la journée et il faut surveiller la batterie mais comme c'est agréable de rouler en silence et sans polluer!! J'embarque donc à 17h30 avec une dizaine d'autres de l'auberge et nous suivons tous sagement notre guide, tels des petits canetons derrière leur maman canard :) Et je ne suis pas déçue! Nous ne sommes sans doute pas à l'endroit avec la plus haute densité de monuments (quand je dis "monuments", j'englobe stupas, pagodes et temples), mais le ciel ne nous déçoit pas et, une fois le soleil couché, il se colore d'un magnifique dégradé et nous offre même, en collaboration avec les nuages, des images qu'on a du mal à croire naturelles, tellement la coloration rouge des nuages est vive! Une très belle manière de commencer mon séjour dans cet endroit qui me charme déjà et je sens que ça va être un régal de photos et de culture!

Le lendemain, ayant peur de ne pas avoir le temps de déjeuner entre le lever de soleil et le départ pour l'excursion, je décide, à tort, de faire l'impasse sur le lever de soleil et me rends compte en rencontrant des gens au déjeuner que non seulement j'aurais eu le temps mais en plus, c'était superbe... Bref :D Nous sommes un groupe de douze, parmi lesquels une belge, Laetitia, à enfourcher nos e-bikes à 7 heures du matin. Accompagnés d'un guide, bien sûr, nous commençons par la superbe pagode au stupa doré, Dhamma Ya Zi Ka Paya, datant quand même de 1196. Comme unen grande partie des monuments de Bagan, cette pagode a énormément souffert du tremblement de terre d'août 2016. En effet, sous le régime de la junte militaire, des rénovations avaient été faites sur les monuments (qui avaient déjà beaucoup souffert lors du tremblement de terre de 1975), mais les matériaux utilisés n'étaient pas adéquats (c'est d'ailleurs pour ça que l'entrée au Patrimoine Mondial de l'Unesco avait été refusée au site) et la majorité s'est effondrée en 2016. Ce site, comme beaucoup d'autres majeurs, est toujours en rénovation, mais ça lui enlève à peine son charme :) Nous visitons ensuite une petite exploitation familiale qui tisse des vêtements et fabrique des cigares (les cigares traditionnels, verts, mais aussi de gros cigares remplis d'une sorte d'avoine mélangée à du tabac et roulés dans des grandes feuilles de maïs jaunes (photo 9). Ici, on peut aussi acheter du bétel, ces graines d'une espère de palmier enveloppées avec du tabac dans des feuilles de la même plante, qui est chiqué par hommes et femmes en Asie, puis recraché par terre et qui donne ces taches rouges partout au sol (photos 10 et 11: les graines de bétel, et notre guide qui nous montre comment enveloper le tout, en collant la feuille avec une espère de colle naturelle à base de citron vert). Le bétel aurait des vertus énergisantes.

Nous passons ensuite par un temple encore plus endommagé et pourvu d'un échaffaudage sur lequel je n'aimerais pas trop monter(!), Tayok Pye Paya. Puis faisons une longue halte à l'énorme temple de Dhammayangyi Pahto, particulièrement célèbre pour ses gigantesques fresques qui ont survécu au temps et pour le terrible roi qui en a instigué la construction, Narathu. En effet, l'histoire dit que Narathu a fait construire ce temple pour expier ses fautes, à savoir les meurtres (à quelques années d'intervalles, je vous rassure...) de son père, de son frère (qui se sont mis sur son chemin) puis de son épouse indienne, pour avoir pratiqué ses rites hindous (pas de commentaire). C'est aussi le seul temple de Bagan (et de manière générale, c'est assez rare en soi) à avoir une statue de deux Bouddhas côte à côte (Gautama, le Bouddha historique auquel on fait principalement référence, et Maitreya, le futur Bouddha). Sur la photo 15, un marchand de marionettes, typiques en Birmanie. Et enfin, dernière halte au temple de Sulamani Pahto (photo 16), malheureusement fermé depuis le tremblement de terre de 2016, avant d'aller diner.

Photo 14: Ballons promenés par un gamin dans les allées du temple pour déloger les nombreuses chauve-souris qui s'y cachent 

Photo 1: comme dans beaucoup d'endroits, des photos de Général Aung San et de sa fille Aung San Suu Kyi entourant un drapeau birman, dans le resto où nous avons mangé. Photo 2: Une rue légèrement sous eau, dû au débordement de la rivière lors des dernières pluies, juste avant mon arrivée à Bagan. On l'a traversée, c'était assez drôle! (Y en a même une qui a paumé une pompe dans l'histoire ˆˆ). Après le dîner, nous passons par un monastère où il y a principalement des enfants orphelins et où, le samedi (jour de notre balade), des bénévoles viennent de Mandalay pour donner des cours d'anglais et de chinois. Nous assistons à la fin du cours de chinois. Ensuite, les petits moines se bousculent, certains timides, d'autres plus téméraires, pour venir nous parler et pratiquer les quelques phrases d'anglais qu'ils ont apprises :)

Enfin, comme dernière halte de la journée, nous allons voir le majestueux temple d'Ananda Pahto qui aurait été construit entre 1090 et 1105, mon coup de coeur de Bagan, tant au niveau de l'architecture de la pagode que de ses énooormes statues de Bouddha. Bon, je m'en plains pas trop mais, le soleil ayant brillé tout l'après-midi et les chaussures étant interdites sur le site, nous ne pouvons pas faire le tour du temple de l'extérieur tellement le sol est chaud... Je reviendrai! :) Ces statues font presque 10 mètres de haut et sont en teck, recouvertes d'or. Les statues des photos 3, 4 et 6 représentent Bouddha dans la position de Vitarka ou Dhammachakka, la position d'enseignement. La bouche du Bouddha des photos 3 et 4 a été façonnée de telle façon qu'on dirait qu'il sourit quand on est loin et plus on se rapproche, jusqu'à se retrouver en-dessous, plus on dirait qu'il boude ˆˆ Les statues des photos 4 et 6 sont d'origine, alors que les deux autres ont du être remplacées après avoir été détruites dans un incendie au 16e siècle.

Et pour finir cette superbe journée de visite, je retrouve Deborah, l'espagnole avec qui j'avais fait le trek à Hsipaw et avais pris le train pour Mandalay, pour assister à un deuxième très beau coucher de soleil. Une fois de plus, les nuages nous offrent de super dessins dans le ciel et un dégradé de couleurs magnifique.

Etant toutes les deux motivées, nous nous retrouvons le lendemain, Deborah et moi, à 4h30 dans le hall de l'auberge pour assister au lever du soleil. Malheureusement, le ciel est et reste couvert et nous ne pouvons observer que des nuages gris pendant les presque 2 heures perchées sur Shwesandaw Paya. Le spectacle est tellement navrant que y en a même un qui finit par jouer sur son GSM (bon, je dis ça, mais quand même c'est un peu fort de sortir son GSM dans un pareil endroit... bref :) )

Néanmoins, même si le lever de soleil était un peu raté, il m'a fait me lever tôt et, au lieu d'aller me recoucher après le petit-dèj comme la majorité des gens, je me prépare à ma petite journée en solitaire et me fais une liste sur mesure des monuments que je n'ai pas encore visités. De plus, maintenant (grrr...), le ciel est dégagé donc, c'est parti pour la tournée! Je commence par le temple assez récent de Manuha Paya. En revenant à mon e-bike, mon attention est attirée par des chants d'enfants et en relevant la tête, je vois 3 espèces de camions bourrés d'enfants passer sur la route. Un peu déroutée par leur supposé grand inconfort là-dedans, je suis quand même attendrie par leurs chants et me demande bien ce qu'ils vont faire! Et, quelques temples plus loin, par le plus grand des hasards, je les retrouve tous à la Shwezigon Paya, un énorme site avec une belle pagode dorée (qui avait mis son manteau de pluie, malheureusement) et plusieurs sites de prières. Sur tous les espaces couverts, ces groupes d'enfants, des moines et des adultes (des profs?) les encadrant, en pleine prière! Une chance pour moi d'assister à cette scène prennante :) une fois la "cérémonie" finie, je les laisse passer en rang et là, que des sourires, des signes, des "bonjour!", je suis sous le charme de ces petites mains, ces éclats de rires, cette lumière et cette simplicité dans leurs visages!! Je me sentirais presque mal de déranger ce semblant d'ordre, mais je ne peux pas me retenir de leur sourire, de leur faire signe et de leur répondre en retour! :) Je finis enfin par partir et me rends au joli temple de Htilominlo. Là, après être tombée une seconde fois par hasard sur Laetitia, la belge de mon excursion de la veille, (je l'avais déjà rencontrée au temple précédent), nous décidons de retrouver au centre pour dîner ensemble.

En arrivant au centre, nous tombons sur T (il a abrégé son prénom pour nous faciliter la vie ;) ), un thaïlandais qui était également dans notre excursion de la veille, et qui lui, a rencontré un couple de hollandais qui vient d'arriver à Bagan, Steffie et Maurits, et qui cherchaient des compagnons pour aller manger. Nous finissons donc tous les cinq autour d'une même table et passons un super bon moment!! Toutes les bonnes choses ont une fin, nous nous séparons après le repas et reprenons chacun notre petit programme. Je m'arrête d'abord brièvement sur les bords de la rivière Ayeyarwady, au temple (oui oui) de Bupaya, cet espèce de gros oeuf doré, qui daterait du IIIe siècle et serait ainsi le plus vieux de tous les temples de Bagan. Je continue ma route et passe par Tatbyinnyu Temple, le plus haut de tous les temples de Bagan (photo 4), datant de 1144; puis Mahabodhi Temple, en forme rare de pyramide (photo 6); et Gawdawpalin Temple (photos 8-9). Et enfin, je fais mon grand retour à Ananda Pahto, pour pouvoir photographier sa superbe architecture de l'extérieur :D

Après cette journée bien remplie, ne me reste plus qu'à aller profiter du beau coucher de soleil sur un des temples, et, à ma grande surprise, je ne suis pas seule, puisque par un grand hasard, je tombe sur Idoia, une espagnole que j'avais rencontrée à l'auberge de Mandalay, et qui n'avait pas encore de plans pour la soirée :)

Pour mon dernier jour, jour de mon départ vers Kalaw, ne me manque plus qu'une chose pour clôturer ce séjour en beauté... un lever de soleil réussi! Je ne perds pas espoir et programme de nouveau mon réveil aux aurores. Quand je sors, je vois qu'il vient d'arrêter de pleuvoir mais, encouragée par la petite dame de la réception qui me dit "on ne sait jamais?", j'enfourche mon e-bike et pars à la recherche d'un temple indiqué sur ma carte. Il fait noir mais je me repère plus ou moins et fini par trouver ce petit temple. Une chance: personne!!! Et pas étonnant... je fais le tour plusieurs fois, aucun moyen de monter dessus!! :( vite, le ciel commence à se colorer et ça a l'air plutôt pas mal, faudrait pas que je rate ça! Je rencontre un couple aussi venu pour ce temple et qui rebrousse chemin, je leur demande si je peux les suivre, et me revoilà au même temple que pour le lever de soleil de la veille. Mais cette fois, le soleil et les nuages se sont accordés et nous avons un magnifique spectacle sur la vallée, avec les montagnes en toile de fond (j'e ne les avais même pas vues hier ˆˆ)!!! Quelle magie quand même, cette nature!!

Repue d'images magnifiques, je rentre à l'auberge et me prépare à partir pour Kalaw, un village à proximité du célèbre Lac Inle, auquel on peut se rendre en trek de deux ou trois jours au départ de Kalaw.

4

A Kalaw, j'avais prévu de passer une journée à visiter les environs car, même si la ville est un peu banale, les alentours sont superbes et il y a quelques petites balades sympas, puis de partir en trek de 2 ou 3 jours vers le Lac Inle, comme la majorité des gens font. Sauf que je suis arrivée au milieu de la nuit sous une pluie battante et que le lendemain, comme papa dirait: "il n'a plu qu'une fois, toute la journée!". Déjà que j'étais pas super chaude, l'idée de faire des km sous la pluie battante avec les pieds mouillés et de ne pas pouvoir prendre de photos (oh malheur!), j'ai fini par rennoncer à l'idée et profiter pour passer deux jours au lieu d'un dans cette petite auberge, de pouvoir un peu me reposer après ces derniers jours, et bien sûr... d'avancer sur le blog (parce que, pour une fois en Birmanie, la connexion était bonne en plus! C'était un signe!) ;) Et vraiment, je ne l'ai pas regretté, j'étais d'ailleurs très bien installée dans le dortoir pour 8 que j'avais pour moi toute seule et qui avait un petit bureau :) L'après-midi de mon deuxième jour sur place, le ciel s'est un peu dégagé, et je suis allée faire une petite balade. Point de vue sur la vallée au départ d'un monastère, détour par le Chang Tha Aung stupa, recouvert de miroir, qui le font tant briller et enfin, promenade au marché. Sur le retour, ayant vu un point indiqué comme "cave aux centaines de Bouddha" sur la carte, je décide de monter la colline pour aller voir ça. Et pour conclure que la personne qui avait noté ce point sur la carte... avait dû se tromper ˆˆ Bon, la halte était encore sympa mais j'ai pas vraiment eu besoin de conmpter les Bouddhas pour savoir qu'il n'y en avait pas 1000 ;) (photos 8-11)

Le lendemain, pour quand même un peu profiter des paysages entre Kalaw et Inle Lake, je prends le train pour m'y rendre. Quelques chiffres anecdotiques: le train prend 3 heures pour faire 53 km et, pour trois heures de train, j'ai payé 500 Kyats, dont 499,65 Kyats pour le billet et 0,35 Kyats pour l'assurance vie (détails sur la photo 12), soit 0,31 eur pour le ticket et euh... ben mon convertisseur ne m'indique même pas la conversion de 0,35 Kt en euros tellement c'est rien, pour mon assurance vie. Et là, j'ai eu l'impression de compter beaucoup :D

5

Ayant prévu deux jours pleins au Lac Inle avant de descendre dans le sud, je m'inscris directement à mon arrivée pour l'excursion du lendemain sur le lac, pour être sûre de ne pas la louper. Du coup, le lendemain, réveil à 4h et nous partons avec un petit groupe de 4 (Salma, marocaine, Timo, français, et Neil, américain) nombre idéal, pour notre première étape: lever de soleil sur le lac! Malheureusement, le ciel est couvert (merci, la mousson!), mais je peux quand même mitrailler le bonhomme qui fait des acrobaties sur sa barque pour gagner un peu d'argent (le filet qu'il porte est un filet traditionnel qui n'est plus utilisé par les pêcheurs mais qui fait le bonheur des touristes et de leur appareil photo (euhm :D)). Après un petit-déj bien au calme sur notre barque au milieu du lac (le bonheur!), nous nous remettons en route vers le marché. Là, je me balade avec plaisir, comme toujours dans les marchés, et m'arrête un long moment près des poissonniers, à les regarder embrocher, écailler, couper leurs poissons pour les clients. Je suis vraiment amusée de voir les poissons qui bougent encore et ont de temps en temps de petits sursauts, avant d'être machinalement ramenés en tas par les commerçants. On ne pourra pas dire que le poisson n'était pas frais ;) En revenant à notre barque, nous croisons un groupe de moines passant de maison en maison pour avoir de la nourriture. Attention, ceci n'est pas apparenté à de la mendicité! En effet, en Birmanie, soutenir les moines a une place très importante dans la vie des bouddhistes (pour améliorer son karma et espérer à une vie meilleure dans la vie future) et les monastères nourrissent leurs moines sur base de dons. Les gens peuvent aller aux monastères pour servir la nourriture aux moines, mais pour permettre également aux personnes pauvres d'aider et de nourrir les moines, ceux-ci se déplacent eux-mêmes chez les gens.

Nous reprenons notre route et traversons d'abord les grandes étendues de "floating gardens", ces potagers flottant où les gens font pousser leurs fruits et légumes, et puis différents villages sur pilotis. Nous nous arrêtons ensuite chez un orfèvre, où sont fabriqués des bijoux en argent, puis dans une fabrique de cigares birmans, où nous avons même l'occasion de faire notre cigare, avec l'aide du personnel, bien sûr (beaucoup d'aide...). Ces cigares sont apparemment assez appréciés puisqu'ils sont exportés dans le reste de l'Asie. Ils en fabriquent deux sortes, une "normale", et une plutôt pour les femmes (vive les clichés :D), aromatisée à l'anis et assez sucrée. Et honnêtement, c'est bon! Après un long moment passé à la fabrique de cigare, nous sommes repartis pour un long moment en barque vers la pagode Thaung Tho Kyaung et tous ses petits stupas.

Nous faisons ensuite une halte lunch dans une famille d'un des villages sur pilotis. Et... croyez-le ou non, ils avaient un chat, oui oui, dans une maison entourée d'eau ˆˆ Là, les dames nous proposent de nous mettre du thanaka, la première fois pour moi! Eh bien, surprise, comme on me l'avait dit à chaque fois qu'on m'avait vanté ses vertus, le thanaka donne vraiment une impression rafraîchissante sur la peau :D (et puis, t'as la classe en plus!) Après uen petite sieste bien appréciée par nous quatre, nous enfilons un chapeau en bambou et partons faire un petit tour dans le village avec nos hôtes sur une barque; et là, pas de bateau à moteur, c'est à nous de pagayer :)

Prochaine étape, un atelier de tissage un peu spécial: ils tissent une partie de leurs vêtements au départ des branches de la fleur de lotus! Comme on le voit sur les photos 1 et 2, la dame casse par petits bouts ces tiges de lotus et, en enroulant les filaments des différentes tiges les unes autour des autres, elle obtient un fil!! Attention, la fleur de lotus est la fleur sacrée du bouddhisme, les vêtements à base de tige de fleurs de lotus sont donc beaucoup plus chers. En effet, Bouddha a choisi la fleur de lotus pour cette symbolique: le lotus représente la possibilité pour tout être humain de parvenir à l’état de Bouddha quelles que soient les origines, tout comme la magnifique fleur de lotus poussant dans un étang boueux; c'est entre autres pour permettre à chacun, quel que soit le milieu duquel il vient, de s'élever que Bouddha a tant insisté sur l'instruction et que l'enseignement prend une grande part dans les monastères. Je tire cette explication plus poussée d'internet: "Le lotus représente l’élévation de l’âme, d’abord purement matérialiste au travers de ses racines, puis goûtant l’expérience de l’eau au travers de sa tige, pour enfin parvenir à l’illumination et l’éveil au travers de sa fleur". Dans cet atelier, comme dans encore une grande partie des ateliers en Birmanie, pas de recours aux machines! Il faut de bons muscles des jambes, une excellente coordination et beaucoup de concentration. Comme dernière étape avant de retourner à notre point de départ, nous nous arrêtons chez un forgeron. Malheureusement là, personne pour nous donner des explications. Nous avons donc juste observé les employés au travail et avons quand même été impressionés par la coordination des trois hommes tapant tour à tour sur le même bout de métal à une vitesse assez impressionnante (photo 6).

C'était le lendemain soir de cette journée sur le lac que je devais partir dans le sud de la Birmanie, vers la ville de Hpa-an. Malheureusement, le staff de l'auberge me prévient le matin que les routes vers le sud (comprenez au sud de Yangon, dans la péninsule qui longe l'océan) sont complètement bloquées pour une durée encore indéterminée à cause d'inondations et que mon bus est donc annulé. Je perds donc d'un coup les 3 destinations qui étaient sur mon programme avant mon étape finale à Yangon et décide, vu le temps soudain libre qu'il me reste avant mon retour en Thaïlande, de passer une nuit de plus au Lac Inle. Ayant fait le nord et n'ayant plus beaucoup d'autres options (les treks et les villages devenant moins tentants, à mesure qu'on s'avance dans la mousson), je décide finalement de me rendre directement à Yangon et d'y passer les derniers jours avant mon vol. Et, pas de bol au lac Inle non plus, même en prolongeant mon séjour d'un jour, je n'ai pas eu plus d'occasions de me balader dans les alentours, à cause de la pluie. Selon les échos que j'ai eus des autres voyageurs passés par Yangon, je me prépare à continuer sur une semaine pluvieuse dans l'ancienne capitale.

6

A mon arrivée à Yangon le matin du 24, il pleut des cordes! Le reste de la journée est identique, j'en profite pour me reposer et "chiller" un peu mais je crains aussi un peu que ce soit un mauvais présage pour le reste de la semaine... Mais le lendemain, contre toute attente, il fait sec au réveil et les nuages ne sont pas trop menaçants! J'embarque mon sac (et mon précieux poncho super discret rouge) et je pars à l'assaut de la ville. Au programme: une des trois principales pagodes de la ville, Botataung Paya, qui est un peu à l'écart, et puis le "walking tour" plutôt orienté architecture proposé par le Lonely Planet et, s'il ne pleut toujours pas, faire les 3 heures du "circle line" qu'on m'a conseillé, cette ligne de train qui part de Yangon et s'enfonce dans les campagnes avoisinantes, pour revenir au centre, à la fin de la boucle. Et j'ai du bol, pas une goutte de pluie sur la journée!! :D

A la pagode de Botataung, chose rare, le stupa est creux et on peut y déambuler dans un couloir doré du sol au plafond! Mais Botataung est surtout célèbre pour avoir abrité pendant 6 mois la relique sacrée de 8 cheveux de Siddharta Gautama (le Bouddha "principal") offerts par lui-même à deux marchands birmans, qui les ont ramenés à leur roi il y a plus de 2000 ans. Les reliques ont ensuite été séparées mais Botataung en abrite toujours une partie (2 cheveux et une dent je pense... ;)) Sur la photo 6: un moine et deux nonnes (en rose, je n'avais pas encore eu l'occasion d'en photographier) rendant hommage à Bouddha. Une fois sortie de la pagode, je prends plaisir à m'imprégner de la ville. Et, surprise, Yangon me rappelle assez fort l'Inde des grandes villes! Déjà, il y a une grande communauté indienne, mais j'y retrouve aussi les entrelacs tortueux de fils électriques, les antennes paraboliques à chaque appartemment et, un peu plus triste, la crasse et les odeurs, par endroits. Ce qui m'a beaucoup plu par contre, c'est la diversité culturelle et ethnologique de la ville: différentes religions se côtoient d'assez près et ça a l'air de se passer plutôt bien: photos 12 et 16, deux mosquées, photo 13, une petite synagogue toute mignonne, et photo 14, oui oui... un temple hindou comme j'en ai vus au Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde!! Tous ces bâtiments dispersés sur quelques pâtés de maisons. En plus de me rappeler l'Inde, j'ai l'impression de retrouver à Yangon les jolies maisons coloniales colorées de... la Havane :) bref, un joyeux melting pot!

Intégré dans cette balade du Lonely Planet, une deuxième des trois pagodes les plus importantes de Yangon, Sule Pagoda, qui n'est située nulle part d'autre qu'en plein milieu... du rond-point principal de la ville! ˆˆ Ensuite, j'ai l'occasion, au dîner de faire un deuxième retour en arrière de 4 mois en Inde du Sud en mangeant un très bon dosa dans un resto tenu par des indiens :) Ca m'avait manqué! Sur la photo 8, les anciens bureaux du gouvernement, quand Yangon était encore la capitale de la Birmanie (...), bâtiments où le Général Aung San (papa d'Aung San Suu Kyi) a été assassiné avec 6 de ses soldats. Photo 12: un exemple type de l'invasion des grandes marques internationales sur le marché birman, depuis que les frontières ont été rouvertes... Le contraste entre l'état du rez-de-chaussée et celui du reste des étages m'a assez frappée. Une fois mon tour fini, je me dirige vers la gare et embarque dans le "circle line", prête à en prendre plein la vue avec les paysages de campagne! Et là, ce n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais. Il s'agit plutôt d'un train pour locaux qui n'a aucun but touristique, ce qui en soi n'est pas grave. Mais j'ai découvert une facette encore différente de Yangon et surtout, très contrastée par rapport à mes destinations du nord du pays. Sur les bords de la voie ferrée, d'innombrables décharges à ciel ouvert et surtout, de petits hameaux d'une pauvreté et d'une précarité comme je n'avais plus vues depuis certains endroits de l'Inde. Quelle claque pour moi d'être mise face à cette misère juste à la fin d'un séjour si magnifique, plein de paysages et de visages merveilleux. Et quelle tristesse de voir ces gens vivre, pour certains, au milieu d'immondices, dans des espèces de petites cabanes de bois ou de tôle au milieu de sortes de marais et qu'on imagine voler en éclat au premier caprice de la météo... Un petit rappel de la vie peut-être bien nécessaire pour ne pas oublier que la Birmanie, ce n'est pas que les temples de Bagan et le lac Inle, mais que, malgré les nombreux investissements étrangers (qui n'amélioreront le sort que d'une partie de la population, comme partout) depuis l'ouverture des frontières, ça reste un des pays les plus pauvres d'Asie du Sud Est, avec plus de 25% de la population vivant sous le seuil de pauvreté.

Le lendemain de cette journée de visite, c'est de nouveau le déluge et je m'octroie un nouveau jour de répit. Il me reste quatre jours pleins avant mon avion pour Bangkok et je n'aurais plus besoin que d'un jour sec complet pour finir ma liste de choses à visiter à Yangon; je suis donc cool. Et le surlendemain, j'ai de nouveau la chance d'avoir une météo plus clémente. Je pars donc de bon matin vers la pagode principale de Yangon (et de Birmanie), Shwedagon Paya. Un des sites bouddhiques les plus sacrés, qui abriterait 8 cheveux du Bouddha Gautama et des reliques de trois autres Bouddha (vous rendez-vous compte?!). La pagode, qui daterait de plus de 2600 ans (?) est au centre d'un site de plus de 580.000m carrés, fait 99m de haut et est recouvert de 27 tonnes de feuilles d'or, sa pointe est ornée de milliers de diamants et autres perles. C'est au 15e siècle que la tradition de recouvrir les stupas de feuilles d'or a commencé; en effet, à l'époque, la reine Shinsawbu offrit son poids en or (40kg), qui fut réduit en feuilles d'or et aposé sur le stupa. Son beau-fils renchérit en offrant plus tard 4 fois son poids et celui de sa femme combinés! Mais Shwedagon Paya a aussi été au coeur d'évènements politiques importants comme un des premiers et plus grands discours d'Aung San Suu Kyi en 1988 et lors des manifestations des moines en 2007 pour protester contre le régime en place.

Dans un des bâtiments, un petit musée sur l'histoire du site et comprenant une série de clichés de la pointe du stupa et de ses ornements dignes de la caverne d'Ali Baba!! Boucles d'oreilles, bracelets, colliers et autres bijoux ornés des plus beaux diamants et plus belles perles! Et à la toute pointe, un énorme diamant de 72 carats (photo 5). Il est fréquent, autour des grands stupas, de trouver un coin avec un temple dédié à chaque jour de la semaine où les gens peuvent aller se reccueillir en fonction du jour de la semaine où ils sont nés. Il faut savoir que la semaine birmane comporte 8 jours et non 7, car ils coupent le mercredi en deux parties et les font compter comme deux jours distincs; le mercredi matin et le mercredi après-midi. Je me suis donc rendue au coin du mercredi matin :) (photos 8 et 9)

Après quelques heures passées à explorer Shedagon Paya, je continue mon petit tour et m'arrête brièvement au temple de Maha Wizaya Zedi, construit dans les années 80 sur instigation de ce cher Général Ne Win (...). Sympa de l'extérieur mais entouré de pigeons (j'ai failli devoir renoncer) et super kitsch de l'intérieur avec son espèce de fausse forêt. Ensuite, escale au mausolée du Général Aung San et des 6 soldats assassinés avec lui. Malheureusement, malgré une rénovation du site toute récente, aucun panneau en anglais... J'aurais pourtant adoré en savoir plus sur cette partie de l'histoire. Pause lunch dans un petit boui boui super réputé, super plein et très bon et puis je repars vers les deux derniers temples de la journée, populaires pour leurs fameuses statues de Bouddha respectives. Je commence par Chaukhtatgyi Paya qui abrite (dans une sorte de gran hangar ˆˆ) une statue de Bouddha couché de 65m de long, dont la couronne est ornée de diamants et autres perles précieuses (décidément, on ne recule devant aucun sacrifice pour Bouddha... pas sûre qu'il apprécierait tout ça, s'il était encore vivant pour voir ça ;) ) Je passe ensuite chez le voisin, Ngahtatgyi Paya, qui lui arbie un Bouddha assis de plus de 14m de haut. Je termine enfin la journée par le grand marché couvert de Yangon et une petite balade dans la ville illuminée à mon retour vers l'auberge.

7

Et voilà déjà venu le temps du bilan sur mon magnifique séjour en Birmanie! Mais comment résumer, condenser toutes les images et les émotions qui me viennent à l'esprit? J'avais déjà une petite idée de quelques paysages avant d'y venir et tout le monde m'avait dit à quel point les birmans étaient gentils et accueillants, mais, si j'avais hâte de voir en vrai les images que j'avais en tête, j'attendais d'être sur place pour me forger ma propre opinion sur les gens. Et je n'ai vraiment pas été déçue, bien au contraire! Je n'ai jamais rencontré un tel degré de gentillesse, de serviabilité et de simplicité aussi répandu sur une population, aussi caractéristique d'une nation entière. J'ai encore le coeur qui se serre de repenser à leurs sourires innocents, aux rires authentiques quand on blague avec eux, au bonheur qui se reflète dans leurs yeux quand on leur fait signe ou quand on leur dit quelques mots en birman, au plaisir évident qu'ils ont à rendre service, à aider, à renseigner du mieux qu'ils peuvent et à partager sur leur pays dès que l'on montre un peu d'intérêt. C'est quand je pense à ce peuple, à sa chaleur, à tous ces visages et toutes ces rencontres (malheureusement) souvent furtives, que je sais pourquoi je fais ce voyage et qu'il prend tout son sens.

Bien sûr, pour l'autre objectif de mon voyage, d'aller à la rencontre de la Terre (le premier étant d'aller à la rencontre de l'Autre), la Birmanie était un terrain parfait. Ce doit être, jusqu'à présent (et sans doute que cela restera comme ça), le pays où j'ai visité le plus de temples et vu le plus de statues de Bouddha (les lecteurs assidus du blog ne vont pas me contredire, je suppose héhé) et pourtant, j'ai toujours eu le même coup de coeur en entrant sur un site et j'ai chaque fois été portée de la même manière par la ferveur des croyants, pris dans leurs rites et profondément recueillis malgré la présence parfois très importante (et bruyante?) de touristes en train de parler, de prendre des photos ou toute autre chose. J'y ai toujours trouvé un réel plaisir à m'arrêter quelques minutes pour juste écouter, regarder et m'imprégner de l'endroit et de son ambiance. Rien que la quantité de temples, stupas et pagodes au Km carré m'interpelle et m'impressionne; sans parler de leur état remarquable, de leur beauté et de leur propreté incroyables qui témoignent d'un profond respect pour tout ce qui s'y rapporte et qui s'y passe. Les paysages birmans ne se résument évidemment pas aux temples et aux monuments historiques... J'ai eu l'occasion, pendant ces presque 4 semaines et grâce à différents moyens de transport, de traverser une multitude de régions et j'ai été charmée par ces étendues d'un panel de verts tous les plus intenses les uns que les autres, parsemés de collines, de vallées, de rivières, de lacs. Quel pays magnifique!

Alors oui, j'ai été obligée de faire l'impasse sur les régions du sud à cause de la mousson et sur plusieurs endroits qui me tenaient à coeur, sans doute un peu aussi parce que moins touristiques, mais quand je repense à la Birmanie, cette partie est complètement éclipsée par ce que j'y ai vécu dans le nord et par la façon dont j'ai été touchée par ce pays dans son entièreté. Et si, jusqu'à présent, j'ai émis le souhait de retourner dans chacun des différents pays que j'ai traversés lors de ce voyage, j'avoue que bien plus encore en Birmanie, j'ai une réelle hâte d'avoir l'occasion d'y revenir. Alors, chère Birmanie, si belle et généreuse, ne change pas trop vite et je te dis "A bientôt!".