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« Je suis une mauvaise herbe et les mauvaises herbes, ça vole partout, vers les autres, vers le partage. Voyager ouvre des portes et nous offre un monde différent loin de nos pensées arrêtées»

SPITZBERG... à la découverte du Roi de l'Arctique

Partir à la rencontre des ours polaires, un rêve de gosse qui se réalise.
Du 30 juin au 12 juillet 2019
13 jours
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Après avoir voyagé sur les cinq continents, on part pour un endroit encore totalement inconnu pour nous... Le Svalbard.

Nous partons sur les traces de l'ours polaire lors d'une "croisière expédition"en Arctique, pendant 13 jours autour du Spitzberg, un des hauts lieux de l'Hémisphère Nord.

Principale île de l'archipel norvégien du Svalbard, le Spitzberg offre des paysages grandioses et féériques entre glaciers millénaires, montagnes acérées et fjords spectaculaires.

Petite précisions, en cette période, c'est l'été sous ces lattitudes et le soleil est présent 24 heures sur 24.

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Après un rapide vol depuis Paris, nous atterrissons au Spitzberg, à Longyearbyen.

Premier ours polaire (naturalisé) dans l'aéroport...bienvenue au royaume du "Polar bear" 

On fait rapidement un tour de "ville", Longyearbyen est plus un grand village qu'une ville.

Le Spitzberg est la seule île du Svalbard avec l'île aux ours à être habitée. Sa plus grande ville est Longyearbyen avec environ 1 600 habitants, puis Barensburg (850 habitants russes), Ny-Alesund (20 habitants), Pyramiden (7 habitants russes). La principale population ici étant les ours polaires...D'après les naturalistes qui nous accompagnent, il y en aurait plus de 3000 au Spitzberg.

Longyearbyen, une très belle palette de couleurs. 

Lors de ce tour de ville, notre guide local, un étudiant français, doctorant en glaciologie, nous informe sur la dangerosité de la cohabitation avec les ours qui sont de redoutables prédateurs. Tous les habitants doivent impérativement être armés afin de pouvoir se défendre.

Territoire des ours, passé cette limite être armé est impératif...face à un ours polaire on a aucune chance. 

On visite une galerie d'art...et on apprend une coutume locale très curieuse, pour avoir accès dans tous les lieux publiques (à l'exception des commerces), on doit se déchausser...des protections de chaussures sont généralement disponibles dans tous ces endroits. Cette curieuse habitude est directement lié à l'histoire de la ville.

Longyearbyen est une ancienne cité minière et durant plus d’un siècle, la présence de gisements de charbon dans les sols de cette ville et d’autres localités du Svalbard a attiré de nombreuses compagnies étrangères qui ont exploité ces gisements. C'est cette période qui a laissé des traces dans la vie quotidienne : les habitants ont pris l’habitude de se déchausser pour rentrer dans un restaurant ou un hôtel (les chaussures des mineurs étaient couvertes de charbon).

Visite de l'église, avec à nouveau un ours à l'intérieur...assez hétéroclite... 

Une première constatation curieuse, il n'y a aucune végétation comparable à nos contrées. Aucun arbre ne pousse sur l'archipel, tout le bois est importé. La seule végétation est la toundra qui est un paysage végétal caractéristique des régions de climat polaire. Elle se présente comme un tapis discontinu d'herbes, de mousses, de lichens auxquels se mêlent quelques arbres nains (de quelques centimètres de hauteur). Il y a de nombreux marais et tourbières.

Végétation typique des lieux avec en primes des restes d'ossements de rennes. 

A l'issue de ce tour de ville, on embarque sur notre bateau...et départ pour un grand périple autour de l'archipel.

Départ pour une découverte de l'Arctique... 

On prend la mer cap au sud du Sptizberg...

Dans la soirée, notre première rencontre, une baleine bleue qui nage a proximité du navire et nous gratifie d'une belle observation de sa nageoire caudale, ce qui est assez rare.

Le souffle et la nageoire de la plus grande des baleines. 
Vu du pont du navire, on ne se rend pas compte...mais sous l'eau la bestiole c'est ça...le plus grand animal de notre terre. 


Cette première nuit à bord est assez agitée, une grosse dépression étant actuellement positionnée sur le Svalbard. Ceci sans surprise le commandant nous avait prévenu...

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Après avoir naviguer toute la nuit notre bateau est au mouillage dans la Baie de Hamberg (Hambergbukta). D'ici on observe le Hambergreen, un grand glacier de 10 km de long.

Hambergbreen 

La matinée à bord est consacrée à une présentation de notre itinéraire ainsi que l'équipe d'expédition qui va nous accompagner pendant 2 semaines. Lors de cette réunion, une information nous est donnée concernant principalement le respect de l'environnement et les consignes de sécurité.

Il est remis à chacun des gilets de sauvetage (obligatoires pour chaque sortie en Zodiac) des bottes d'expédition ainsi qu'une parka polaire.

Parés pour partir en expédition. 

Le temps étant très mauvais, notre chef d'expédition, Yann, par sécurité, annule la sortie en zodiac prévue l'après midi.

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En lieu et place notre équipe de naturalistes nous propose une conférence très intéressante sur les divers cétacés que l'on peut croiser au Spitzberg, qui abrite de nombreuses espèces de cétacés à fanons (vraies baleines) ou à dents (dauphins, cachalot, orques).

Dans les parages du Svalbard, les vraies baleines (franches et rorquals) ont quasiment disparu, chassées à l'excès ; depuis 1945, seulement une douzaine de baleines franches ont été observées. Néanmoins, on trouve des petits rorquals autour du Spitzberg. En tout 12 espèces de cétacés peuplent les eaux du Svalbard:

Le bélouga (ou beluga),étrangement blanc comme neige sa peau semble de cire. Leur longueur peut aller jusqu'à 4,50 mètres, pour un poids de 1700 kg. Ils ont été surtout chassés dans les fjords de l'Ouest par les Russes au 17ème siècle, puis plus tard par les Norvégiens à la fin du 18ème, lorsque les grandes baleines se firent rares, jusque dans les années 1960. Aujourd'hui le bélouga est complètement protégé au Svalbard, où sa population semble croître lentement.

Le petit rorqual (ou baleine de Minke) est la plus petite des baleines, mais il n'en reste pas moins imposant avec ses 10 mètres de long pour un poids de 6 à 10 tonnes. Au Svalbard les petits rorqual viennent régulièrement dans les fjords et les eaux ouvertes près des côtes ainsi qu'en bordure de banquise.

Le rorqual commun (grand rorqual)occupe la seconde place parmi les baleines à fanons, derrière la baleine bleue. Les femelles atteignent 24 m de longueur et un poids de 75 tonnes. Cette grande baleine a connu autrefois une chasse intensive. Aujourd'hui la population est estimée entre 25 000 et 30 000 individus dans l'Atlantique Nord. Le rorqual commun n'a, actuellement, rien à craindre de l'homme, du moins directement et les stocks se reconstituent lentement. L'orque est le seul prédateur naturel du rorqual commun, dont la durée de vie est pratiquement d'un siècle. Il est protégé au Svalbard.

Grand rorqual (un animal de belle taille...mais pas le plus grand) 

La baleine du Groenland (baleine boréale, baleine franche)est une grande baleine à fanons, longue de 15 à 20 mètres pour un poids de 75 à 100 tonnes. Ce qui frappe, c'est que cette baleine n'a pas de nageoire dorsale. À la suite d'une chasse intensive aux 17ème et 18ème siècles, l'espèce fut pratiquement exterminée et ce n'est que pendant ces dernières années que quelques rares individus furent observés au Spitzberg. La croissance est lente et la taille adulte n'est atteinte qu'entre 40 et 50 ans, de ce fait l'espérance de vie pourrait atteindre 200 ans.

La baleine bleue (rorqual bleu), là c'est du sérieux, c'est le plus gros animal vivant à notre époque et aussi le plus gros ayant jamais vécu sur terre. Quand elle fait surface pour respirer, la baleine émet un jet d'eau vertical spectaculaire, de 9 mètres en général mais pouvant aller jusqu'à 12 mètres. Le poids de la baleine bleue varie entre 150 et 170 tonnes pour des animaux atteignant entre 24 et 28 mètres de longueur. Les scientifiques estiment que les baleines bleues ont une longévité d'au moins 80 ans, leurs seuls ennemis naturels étant les orques. La population totale de l'Atlantique Nord est estimée à environ 600 à 1 500 individus. Protégée partout depuis 1966 elle reste menacée et très rare au Svalbard. Et énorme coup de chance pour nous, on a pu en observer une hier soir...

 La baleine bleue...le plus grand animal vivant et ayant vécu sur notre planète....

La baleine à bosse est un cétacé de grande taille : les adultes atteignent habituellement 13 à 14 mètres de long et pèsent en moyenne 25 tonnes. La baleine à bosse effectue des sauts spectaculaires hors de l'eau, ce que j'ai pu observer à Mayotte dans l'hémisphère sud (ce dont je parle dans un autre récit de voyage). L'espèce se nourrit exclusivement pendant l'été et vit sur ses réserves de graisse pendant l'hiver. C'est un prédateur actif qui chasse le krill et les bancs de petits poissons. On rencontre la baleine à bosse dans tous les océans. Avec des distances couramment parcourues de plus de 25 000 km par an, l'espèce détient des records parmi les mammifères. La population est passée d'un minimum de 20 000 individus au moratoire de 1986 à environ 35 000 aujourd'hui. Elle est classée comme espèce menacée et protégée au Svalbard.

Une baleine plus familière que j'ai pu plusieurs fois observer, mais dans l'hémisphère sud. 

Le cachalot se distingue par une énorme tête , la présence de dents pointues et des narines soudées en un unique évent. L'adulte mâle mesure en moyenne 16 mètres et pèse environ 45 tonnes. Le cachalot se nourrit principalement de céphalopodes (calmars, pieuvres), mais aussi de poissons et, parfois, de pinnipèdes (phoques). Grand prédateur, il peut s'attaquer à des requins de trois mètres. Sa proie favorite serait le calmar géant, avec lequel il livre des combats titanesques. Sa longévité est d'environ 70 ans. Le prédateur naturel est l'orque. La chasse au cachalot a été interdite en 1982.

L'hyperoodon boréal (baleine à bec commune). La taille des mâles adultes va de 8,5 à 9 m pour un poids de 7 à 8 tonnes. Il peut plonger jusqu'à 1000 m, sûrement au delà de 1500 m et peut rester sous l'eau plus d'une heure voire deux. Sa longévité est d'environ 40 ans. L'espèce est protégée depuis 1977.

L'orque (épaulard ou baleine tueuse) est le plus gros des dauphins. Les mâles mesurent environ 8,5 m avec un maximum de 9 mètres pour un poids moyen de 5,5 tonnes. L'orque peut plonger jusqu'à 500 m et rester immergé environ 30 min. Au Spitzberg ils ont été observés sur les côtes ouest et est. Le régime alimentaire de l'orque est varié. Il se nourrit de divers poissons de moyenne et grande taille comme des saumons, des thons mais aussi des requins. L'espèce attrape aussi plus exceptionnellement des oiseaux, ou des calmars. Mais l'orque se nourrit aussi de gros mammifères marins comme des phoques, des otaries, des veaux marins, des dauphins, des tortues, voire des baleines. L'orque n'a pas de prédateur naturel. La longévité est de 50 à 60 ans pour les mâles et jusqu'à 80-90 ans chez les femelles. En Mer de Norvège et dans la Mer de Barents il y aurait environ 3000 orques. Actuellement, l'orque n'est plus chassé comme il le fut dans le passé. Il est protégé au Svalbard.

Le globicéphale (baleine pilote)est un cétacé à dents, c'est un grand dauphin dont le melon frontal est fortement développé. Les mâles mesurent entre 5 et 6 m et pèsent entre 1,5 et 3,5 t. Les mâles vivent environ 45 ans et les femelles jusqu'à 60 ans. Après avoir été chassés pendant des siècles, le globicéphale est, aujourd'hui, une espèce protégée au Svalbard.

Le dauphin à bec blanc mesure entre 2,5 et 3 m et peut peser jusqu'à 350 kilos. Il a un museau blanc et un dos noir avec une rayure gris blanc sur les flancs. Au Svalbard c'est une espèce protégée qui n'a jamais été chassée sauf occasionnellement dans le passé.

Le narval (licorne de mer) Les mâles possèdent une « corne » torsadée qui peut mesurer jusqu'à trois mètres de long. Les mâles peuvent peser jusqu'à 1 600 kg et atteindre 5 mètres de longueur, tandis que leur corne peut atteindre 3 mètres de long. Les femelles sont plus petites et peuvent atteindre les 1 000 kg pour 4 mètres de long. Le narval vivrait jusqu'à 50 ans. Les principaux prédateurs du narval sont l'ours polaire et l'orque. Au Svalbard il est aujourd'hui une espèce protégée.

Nous voila maintenant quasiment incollables sur les cétacés du Svalbard...

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En soirée notre bateau appareille pour Straumslandet.

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Ce matin notre bateau après avoir navigué cette nuit est au mouillage à Straumslandet, une terre à basse altitude sur la partie Nord de Heleysundet, l'étroit détroit d'eau qui sépare le Spitzberg du Barentsoya. cette région offre des vues incroyables sur les glaciers alentours.

Straumslandet 

Nous effectuons notre premier débarquement en zodiac pour aller faire une marche dans la toundra.

Dès que l'on marche à terre, on constate un sol très meuble, boueux...C'est la conséquence de l'été sur le permafrost.

Le permafrost est un terme géologique qui désigne un sol dont la température se maintient en dessous de 0°C pendant plus de deux ans consécutifs. Il est recouvert par une couche de terre qui dégèle en été et permet ainsi le développement de la végétation.

Des rennes sont là pour nous accueillir...

La toundra et les glaciers avoisinants. 
Dans tous les débarquements, la présence d'un naturaliste armé est impérative... à cause des ours...

De retour à bord, nous avons la chance de croiser notre premier morse qui nage à proximité du navire.

Dans l'après midi nous avons une conférence sur les différents oiseaux présents en Arctique, car plusieurs sites d'observation sont au programme.

Pour finir la journée, de grands moments sur les ponts pour s'imprégner de la beauté du jour qui ne finit jamais en cette saison...La nuit ne viendra que dans quelques mois.

Le soleil de minuit...une vraie merveille. 
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Ce matin on se reveille à Negribreen, le temps est beaucoup plus calme, heureusement car plusieurs passagers commençaient à avoir le mal de mer...

Negribreen est le plus grand glacier du Spitzberg, avec plus de 20 km de long.

Negribreen, le plus grand glacier du Spitzberg. 

Il y a 70 ans ce glacier était 2 fois plus long qu'aujourd'hui. ces dernières années, il y a une une période d'accélération très rapide sans relation avec le climat, appelée "évènement de surge". Cet évènement de surge lui donne ses caractéristiques reconnaissables par d'impressionnantes crevasses.

Le glacier sous l'effet de surge a un aspect très accidenté. 

Depuis 10 ans les scientifiques du monde entier étudient ce comportement étrange des glaciers du Svalbard, mais il est encore mal compris, puisqu'il peut survenir pour diverses raisons.

Ce matin nous faisons une sortie en zodiac pour sillonner dans le dédale de ces énormes glaçons.

Approche du glacier et des icebergs avec de magnifiques dégradés de tons bleus.

L'après midi la sortie prévue est annulée a cause de deux ours polaires qui se promènent sur le site. Ce qui n'empêche une première observation de ces animaux depuis le pont du navire.

Quand ils sont présents sur site, il vaut mieux garder ses distances... 

C'est l'occasion pour les naturalistes de faire une première conférence sur les ours polaires.

Sans autre ennemi que l'homme, l'ours polaire se trouve élevé au rang de superprédateur, tout en haut de la chaîne alimentaire. Très bon nageur, il vit surtout en bordure de la banquise et sur les glaces dérivantes ; mais on peut en rencontrer souvent à terre, été comme hiver. Très mobile, il peut couvrir jusqu'à 1000 kilomètres de distance au cours de sa migration annuelle. Sur la côte est du Spitzberg et surtout sur les îles à l'est, ils sont plus nombreux. Une route de migration « classique » remonte la côte est depuis la pointe sud jusqu'à la hauteur de Longyearbyen, puis continue vers l'île de Barents.

Les Inuit l'appellent pisugtooq, l'éternel vagabond... Il peut attaquer l'homme, mais un tel comportement agressif est le plus souvent dû à l'ignorance, ce qui peut, dans ce milieu extrême, se terminer en tragédie. Il est donc préférable de connaître les mœurs et habitudes du seigneur des glaces, du roi de la banquise, véritable symbole de l'Arctique. Car il n'y a pas d'ours blanc en Antarctique...

L'ours blanc, seigneur incontesté de l'Arctique. 

L'ours polaire est parfaitement adapté au froid et à la neige. Sa couleur, immaculée en hiver mais plus jaune en été, l'aide bien entendu à se fondre dans le paysage pour surprendre ses proies. Les ours polaires mâles du Svalbard pèsent en moyenne 400 à 500 kg, peuvent atteindre 700 kg et mesurent de 1,80 à 2,60 mètres de long

L'ours polaire est un carnivore, le plus gros du monde, et n'a aucun prédateur, à part l'homme : il règne donc en maître sur son territoire. Mais il vit dans un environnement où la nourriture peut se faire rare. Il a une mauvaise vue, mais ce handicap est largement compensé par un odorat très développé qui lui permet de localiser ses proies à des kilomètres de distance. En outre, il est d'un naturel excessivement curieux et explore tout ce qui est nouveau pour lui ; une fois satisfait, en général, il s'en va.

Pour illustrer la curiosité de l'ours, quelques photos prises par un membre de l'équipage lors d'une précédente expédition dans la même région...

Un jeune ours est sur un bloc dérivant et vient prendre appui sur la coque du bateau, la curiosité, un atout pour sa survie.

Son régime alimentaire est basé essentiellement sur le phoque. On estime qu'à raison de plus d'un phoque par semaine, chaque ours mangerait ainsi 50 à 70 phoques par an, en revanche, il s'attaque rarement aux rennes.

Un accord international, respectant toutefois les coutumes indigènes locales lorsque c'est nécessaire, protège les ours blancs ainsi que leur habitat. Leur population, qui se répartit tout autour de l'Océan Arctique, formant toutefois des groupes bien délimités, serait passée de 5 000 à plus de 20 000 individus dans tout l'Arctique.

Voila, aujourd'hui on a vu nos premiers ours et à l'issue de cette conférence on en connait un peu plus sur eux...

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Le bateau est au mouillage à Hansbreen.

Des pics majestueux et des fjords impressionnants font de la visite d' Hornsund quelque chose de spécial.

Le glacier de Horn,

Débarquement sur la plage pour aller au plus près du glacier.

L'après midi une autre sortie en zodiac, à Samarin, pour l'ascension d'une petite montagne qui offre un point de vue panoramique sur le glacier voisin.

Samarin 

Petit trek, avec au sommet une magnifique vue...

Arrivés au sommet, outre la vue exceptionnelle, on est stupéfait de trouver des fossiles...mais pas n'importe quoi, des vestiges d'un passé tropical ? Avec la dérive des continents, le Spitzberg a voyagé de l'hémisphère sud jusqu'en Arctique...il y a, selon les spécialistes quelques 200 millions d'années.

Des fossiles de coquillages et autres végétaux tropicaux... 

De retour sur le navire, on peut observer longuement un ours qui semble bien tranquille sur son glaçon...

Et pour finir cette journée, on a le privilège de voir très près du bateau, un baleine à bosse qui se "gave " de krill pour le plus grand bonheur des oiseaux qui ne manquent pas d'en profiter.

un festin pour tous... 
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Le bateau est au mouillage dans la baie de la recherche. C'est un fjord relativement petit avec ses 8 km de long, situé sur la côte sud du Bellsund ; regorgeant de nombreux vestiges et sites culturels qui illustrent toutes les époques passées du Svalbard.

A plusieurs occasions, les baleiniers ont été contraints de passer l'hiver sur place, et ont miraculeusement survécus. Les colons Russes, quant à eux, ont utilisés cette place comme terrain de chasse pendant des siècles, et on peut trouver des vestiges de leur installation.

Bellsund, paysage typique du Svalbard 

Toute descente à terre est proscrite...en raison de nombreux ours qui ont été repérés pas les naturalistes.

Du coup observations depuis les ponts du bateau...

Des rennes en promenade. 

Et les paysages de ce fjord.

Ce jour à bord, conférence sur les baleines à bosse.

En fin de journée, le navire appareille pour St Jonsfjord...et la météo prévoit du beau temps pour demain...on croise les doigts.

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Ce matin au réveil, magnifique ciel bleu...

Nous nous préparons pour un débarquement à Poolepynten qui est le site le plus visité de l'île de Prins Karls Forland grace à sa facilité d'accès pour y accoster.

Poolepynten bénéficie d'immenses plages sur lesquelles on retrouve une grande quantité de bois flottant. L'intérieur des terres est une zone humide avec des piscines naturelles et des lagons.

Mais l'attraction principale est la colonie de morses que l'on trouve sur la pointe, leur nombre peut varier jusqu'à plusieurs douzaines.

Le morse, c'est pas très dynamique... sur terre, mais dans l'eau, il faut s'en méfier.

L'endroit est de toute beauté...

Beaucoup d'oiseaux sont également présents, on trouve même une vertèbre de baleine... 

Une fois remontés à bord, Léo notre glaciologue anime une conférence sur les glaciers...en préparation de la sortie de cette après-midi sur le glacier de St Jonsfjord.

Le glacier de St Jonsfjord 

Sortie en zodiac sur le glacier...

Nous rencontrons quelques phoques qui se prélassent sur les "glaçons"

Un phoque barbu qui nous snobe un peu... 

Puis une rencontre insolite...Un phoque à tête orange ???

En fait, il s'agit d'un phoque barbu, du même genre que celui photographié ci dessus, mais la couleur de sa tête est du à la nature des sédiments qu'il a trouvé au fond de l'eau en fouillant pour se nourrir...Ici, le fond doit être riche en dépôts rouges, orangés, voire chargé en particules ferreuses qui lui donne ce maquillage si particulier.

Voila qui termine cette journée riche de rencontres inédites jusque là.

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Ce matin , au réveil le Commandant de bord nous indique un petit changement dans notre itinéraire...En effet il a appris par radio dans la nuit (les navires naviguant sur zone communiquent entre eux) que des ours polaires commencent à beaucoup s'intéresser à un cachalot mort et échoué à Prins Karl Island...

Prins Karl Island 

les zodiacs sont mis à l'eau sous l'oeil intrigué de 2 morses qui nagent dans les parages.

Des macareux nous accompagnent également, ce qui est assez étrange car d'ordinaire ils sont assez craintifs et ne se laissent pas facilement approcher.

Des macareux pour une fois pas peureux. 

Un cachalot mort, ce n'est pas spécialement réjouissant, mais c'est la nature et là il fait partie de la chaîne alimentaire.

Un ours mâle est dessus et commence son festin...

On s'approche du cachalot quand l'ours s'est provisoirement un peu éloigné...Selon les naturalistes qui nous accompagnent, il s'agit d'un jeune cachalot mâle, dont pour l'instant la mort est inexpliqué. Des scientifiques vont très rapidement venir pour analyser la bête.

Depuis notre zodiac, on peut voir le reste de la fratrie des ours: la mère et deux petits rodent non loin de là et il vont obligatoirement venir se restaurer dès que la mâle se sera suffisamment éloigné.

On remonte à bord de notre bateau avec le sentiment d'avoir vécu un moment privilégié...et maintenant cap sur Ny Alesund.

C'est l'une des quatre agglomérations habitées de l'archipel, la population saisonnière peut varier entre 30 et 150 habitants, majoritairement issue de la communauté scientifique. C'est la localité le plus au nord de toute la planète.

Fondée en 1916 Ny-Ålesund est nommée ainsi par l'entreprise qui avait originellement son siège social à Alesund. Elle cesse ses activités en 1962 après l'explosion d'une mine où 21 mineurs perdent la vie. C'est aussi le lieu ou se trouve le chemin de fer le plus septentrional de la planète, à moins de 1 000 kilomètres du Pôle Nord. Il ne circule plus aujourd'hui, mais il est préservé en souvenir du patrimoine minier de la région.

La ville a également le bureau de poste le plus septentrional du monde.

De passage ici, l'envoi de cartes postales est incontournable... 

Ici, bien que la menace des ours soit réel on doit décharger son arme, avant d'entrer dans le village...et bien sur obligation de la reprendre dès que l'on en sort...

La ville possède également un musée d'histoire où l'on trouve des objets provenant d'épaves et plus d'un millier de photos et de films.

Des habitations très colorées. 

Retour à bord en fin de journée et on appareille pour une navigation dans la banquise...on ignore jusqu'où la banquise va nous permettre de monter...

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Après avoir navigué toute la "nuit" (c'est une image, il fait jour 24h sur 24)on se réveille sur la banquise...ce matin on franchit le 80e parallèle nord qui atteint le seuil des dernières terres émergées du globe dans l'hémisphère nord. Seule la Norvège (le Svalbard), la Russie (la péninsule de Taïmyr), le Groenland et le Canada possèdent des terres émergées aussi proches du pôle (moins de 1200 km).

La banquise...calme et sérénité... 

La banquise est une couche de glace qui se forme à la surface par solidification des premières couches d'eau. L'épaisseur typique d'une banquise est comprise entre 1 mètre lorsqu'elle est renouvelée chaque année et 4 à 5 mètres lorsqu'elle persiste dans le temps.

On va monter jusqu'au 80° 15,457' N soit à moins de 1000 km du Pôle Nord, passer ce point un brise-glace est nécessaire pour aller encore plus au nord.

Notre bateau se dégage un passage dans la glace 

On croise un phoque qui se prélasse sur son glaçon...

Dans l'après midi les zodiacs sont mis à la mer pour aller voir la glace au plus près.

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Ce matin notre navire est ancré à Ytre Norskoya. C'est une île rocheuse et escarpée. Les baleiniers utilisaient les montagnes de l'île comme point de vue pour repérer les jets des baleines.

Ytre Norskoya sous le soleil 

Ce matin, au programme, débarquement sur l'île pour observation d'oiseaux...

La toundra et des bernaches. 
Guillemot, Sterne, Bécasseau, Goéland bourgmestre, enfin, je crois...

Plus haut, dans la falaise, c'est le coin des guillemots...avec à l'affut en dessous un renard polaire, qui attend la chute des oeufs, ou mieux la chute des oisillons...

Petite précision à propos du renard polaire... Il est le seul renard à présenter un dimorphisme saisonnier. Sa fourrure lui permet de limiter la déperdition thermique, un atout qui lui est vital étant donné son environnement polaire. Sa fourrure blanche en hiver lui permet de mieux se fondre dans le décor neigeux de son habitat. En été, son pelage est brun foncé, ce qui explique sa couleur inattendue.

A gauche, son costume estivale et à droite sa parure hivernale. 

Cette après midi, on s'est un peu déplacés, pour rejoindre Narreneset.

C'est un fjord de 20 km de long et de 5 km de large situé sur la côte nord-ouest du Spitzberg. Le but de la promenade de cette après midi est de gravir une petite "montagne" pour jouir d'une vue grandiose sur les glaciers aux alentours...

le glacier au fond du fjord. 

Une petite grimpette pas trop technique, avec sur le parcours des traces de la vie ici...des bois de rennes, une végétation minimaliste et un cairns au sommet.

Mais la récompense est au bout...une vue magnifique sur le fjord.

Avec notre bateau...paraissant bien petit tout en bas. 

Dès que tout le monde est remonté à bord, notre bateau lève l'ancre direction Kollebekken. On navique toujours très au nord et la banquise est bien présente...

Pour finir cette journée, un dernier clin d'oeil de deux morses qui somnolent sur un bout de glace...

Très endormis...mais qui daignent se relever un peu lors de notre passage... 
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Ce matin le bateau est au mouillage au glacier de Monaco.

Il doit son nom à l’un des fondateurs de la science océanographique, Albert Honoré Charles de Monaco, qui fit plusieurs expéditions dans les régions polaires à la fin du XIXe siècle. Le Prince était un fervent défenseur de l'importance de la relation entre les êtres vivants et leur environnement. Une idée assez innovante à l'époque.

Gigantesque front glaciaire, il rejette en permanence de la glace à la mer dans un fracas caractéristique, offrant le spectacle d’une étendue d’eau parsemée d’icebergs bleutés.

Les icebergs ne sont pas tous bleus... 

On saute dans les zodiacs pour aller au plus près du glacier...il faut faire vite car le brouillard monte et la vue risque d'être complètement bouchée à court terme...

Le brouillard monte très, très vite...

Et la vue est bouchée pour le reste de la journée...

Même sous le brouillard, le spectacle est grandiose... 

Dans l'après midi, le navire appareille pour le glacier du 14 Juillet.

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C'est notre dernière journée à bord...Ce matin on débarque pour une approche du glacier du 14 Juillet. situé dans la baie de la Croix. Le glacier fut découvert par Albert 1er de Monaco en 1906 et nommé en l'honneur de la fête nationale française. Ce front de glace grandiose est entouré de falaises ou viennent se nicher les mouettes tridactyles.

Le glacier du 14 Juillet, 16 km de long pour 127 km carré....

En plus de l'observation du glacier, les falaises avoisinantes abritent une grande colonie d'oiseaux.

Des guillemots de brunnich... 
Des macareux. 

Et en contrebas des falaises, des rennes broutent la toundra.

L'après-midi dernière sortie en zodiac pour aller observer un troupeau de morses qui se prélassent dans les parages.

Nos derniers morses... 
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Notre navire est à Longyearbyen, la croisière est terminée...

 Nous avons parcourus 1523 milles nautiques soit environ 2830 km autour du Svalbard...

Un dernier tour en ville avant de reprendre l'avion pour Paris.

Visite de Camp Barentz, pour découvrir l’éco-système des environs. Camp Barentz est un mélange d'édifices anciens, d'Arctique sauvage ... où l'on raconte l'histoire de la région.

Ce site doit son nom à Willem Barentsz , qui découvrit Svalbard pour la première fois par accident en 1596. Lorsque son navire fut piégé dans la glace, son équipage fut forcé construire une cabane en bois flotté pour l’hiver.

Ici on ne peut pas ne pas craquer devant les meutes de chiens du grand Nord, des adorables huskies et autres chien polaires, avec leurs mushers qui nous expliquent leur métier.

Des adorables gros toutous avec des yeux incroyables 

On nous fait une présentation vidéo de l'ours polaire tout en nous servant des gaufres au fromage servies avec du café norvégien...un bon moment de convivialité dans une cabane typique, autour d'un feu de bois.

Notre ultime visite est le très intéressant Svalbard Muséum qui retrace 400 ans d’histoire de l’archipel. Il présente l'histoire de l'archipel, des trappeurs, des mineurs, des richesses naturelles, de la faune terrestre et aquatique ainsi que les recherches scientifiques qui y sont menées.

Des animaux que l'on a croisé et d'autres pas, pour une prochaine fois peut-être... 

Un petit musée, certes, mais plein de charme...Idéal pour conclure un voyage au Spitzberg.

Voila pour ce voyage...On part vers l'aéroport et retour sur Paris...

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PS: Un grand merci à Noémie, Liliane, Yann, Sébastien... et à Internet pour l'emprunt de quelques photos qui m'ont permis de compléter les miennes pour l'illustration de ce récit de voyage.