Ce PÉROU, c'est pas le Pérou !

Ce devait être une (courte) étape dans notre voyage en Amérique du Sud. Elle s'est prolongée de manière inattendue et originale, faute au Coronavirus. Mars 2020!
Mars 2020
16 jours
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Arequipa au sud du Pérou 🇵🇪

Je pensais que ce voyage n'aurait comporté qu'une seule étape d'un jour mais il sera plus long que prévu :

Explications :

Lors de la préparation de ce voyage de 10 semaines en Amérique du Sud, nous avions juste prévu une journée à Arequipa au Pérou pour 4 raisons :

- Historique : nous avions visité le Pérou en 3 semaines, il y a 8 ans, nous ne voulions pas tout refaire ce pays, aussi captivant fut-il. Ca reste un de nos plus beaux voyages ! 😉

- économique : un vol Bogotá (d'où nous venons)-La Paz (où nous allons, en Bolivie 🇧🇴) coûte bien plus cher.

- géographique : aller directement à la Paz puis remonter vers le nord pour voir le Lac Titi Caca, puis redescendre vers le sud pour poursuivre notre périple, ça ne ressemblait à rien !

- sanitaire. Passer de Bogotá ( 2600 m d'altitude ) à la Paz qui se situe à près de 4000 m ne semblait pas raisonnable ; la montagne, c'est comme la mer, il faut monter ou descendre en progressant par paliers.

Donc, arrivant de Colombie, nos pas (et surtout nos vols) devaient nous amener à Arequipa pour une seule journée dite "de transition".

Mais, pour ceux qui ont suivi notre voyage en Colombie, vous savez que ce voyage s'est terminé en jus de boudin (tiens, d'où vient cette expression ? Je vais chercher et promis, je vous donne la réponse).

Pour les autres (que j'encourage à la lecture de mes blogs précédents), voici un rappel de ce que j'écrivais :

""" Nous sommes le 16 mars 2020, la situation sanitaire internationale s'est aggravée et de nombreux pays prennent des mesures de confinement et donc ferment leur frontière. Le coronavirus qui sévissait jusqu'ici depuis quelques semaines en Europe et en Asie étend sa progression vers l'Amérique du sud, et la Colombie, (qui connaît une vingtaine de cas) va fermer ses frontières. Notre programme prévoit un départ vers le Pérou (Lima puis Arequipa)

Nous nous présentons à l'aéroport de Bogotá pour prendre notre vol, et nous apprenons qu'à son tour le Pérou ferme ses frontières ce soir à minuit. Ric et rac, nous parvenons à embarquer sur notre vol pour Lima. Le contrôle de l'immigration colombien nous prévient, si nous sommes refoulés à Lima, nous ne pourrons pas revenir en Colombie ! Qu'à cela ne tienne, nous sommes décidés à partir, préférant avoir une petite chance de poursuivre notre voyage que de rester en Colombie où nous avons terminé notre programme de visites.

Direction le Pérou, nous verrons bien ce qui se passera par la suite!

Arrivés à Lima, nous nous dirigeons vers notre correspondance pour Arequipa. C'est la course contre la montre, il ne nous reste que quelques heures avant la fermeture de l'aéroport . On se croirait à Pékin Express ! Ça devrait le faire ; il est 17 h et notre correspondance est à 20 h. Dans 4 h, le Pérou fermera la porte aux immigrés que nous sommes devenus. Mais nous y sommes déjà. Ils ne peuvent plus nous refouler puisque la Colombie "ne veut plus de nous" ! Il y a foule à l'aéroport de Lima. Tout le monde veut partir avant la fermeture

Des affiches anticoronavirussiennes (mot compte triple! 😉) fleurissent partout à l'aéroport. Des conseils, du bon sens... À la descente de l'avion dans lequel nous avions rempli un questionnaire sanitaire, nous subissons un contrôle de la température 🌡🤒 , on flash notre front ! si on a + de 37°, on ne passe pas. Ouf, 36,9, c'est bon pour nous !

Tout le personnel est masqué, ganté. Des pots géants de gel hydro-alcoolique sont à notre disposition, on se lave les mains 20 fois... Bref, l'hystérie.

Mais notre santé, notre sécurité sanitaire et celle des autres passent assurément par là.

Nous arrivons tard le soir à Arequipa.

Fin de citation.

J + 1 à Arequipa, on est le 16 mars.

Au lever, nous pensons encore partir ce soir en bus vers le lac Titicaca en espérant que la Bolivie ne soit pas passée en état d'urgence sanitaire.

Mais très vite au petit déjeuner, nous apprenons par une famille belge ici depuis 3 ou 4 jours, qu'au Pérou, c'est l'état d'urgence, donc le confinement est instauré, comme chez nous. Plus rien ne fonctionne, et encore moins pour les touristes que nous sommes !

Nous aurions du nous en douter, vu l'affiche placardée à la sortie de l'avion :

Je traduis l'essentiel : "toute personne provenant de pays ayant des antécédents épidémiologiques comme l'Italie, l'Espagne, la France ou la Chine sont soumis à un isolement à domicile (quarantaine) de 14 jours".

Donc non seulement nous sommes confinés "chez nous" à notre hôtel d'une nuit, mais tout ce que nous aurions pu visiter en ville ou dans la région est fermé, y compris le superbe monastère Santa Catalina juste en face de notre hôtel ou la magistrale cathédrale qui trône sur la Plaza de Arma à 200 m de chez nous (puisque nous avons un chez nous maintenant 😊) nous avons juste le droit de sortir pour faire des courses alimentaires. On peut aussi se déplacer pour aller en pharmacie ou chez un médecin, ce qu'on ne souhaite pas, bien sûr !

Je fais une première incursion dans cette belle ville d'Arequipa qui ce matin m'a parue bien moche. Non seulement parce que le temps est à la pluie, mais surtout parce que les rues sont désertes, tout comme la Plaza de Armas habituellement si animée. Seuls de nombreux policiers veillent et patrouillent pour faire respecter cet espèce de couvre feu. Nous avons profité pour faire quelques courses au supermercado face à la catedral. Ici au moins il n'y a pas les incivilités des consommateurs qui dévalisent les rayons comme ils peuvent le faire en France. Tout le monde garde son calme et respecte les consignes gouvernementales. 👌Bravo les péruviens !

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Les rues désertes d'Arequipa en situation d'urgence sanitaire.

Il faudra attendre un rayon de soleil pour que mon oiseau ait envie de s'envoler pour voir du haut, ces bâtiments et monuments temporairement fermés au public ! Ce sera une bien mince satisfaction.

Nous avons aussi profité pour prolonger la réservation de notre hôtel "San Augustín Posada del Monasterio" pour une durée illimitée (au moins 14 jours ? 😕 ). Il est super bien placé, très bon rapport qualité prix, il offre un super petit déjeuner inclus que nous avons testé ce matin, et fait restaurant (pas cher) en cas de besoin. Nous avons décidé, vu le copieux buffet du petit déjeuner, de prendre seulement notre dîner ici et de manger léger le midi (fruits, salades...). En plus, vu la crise, nous avons réussi à négocier un super prix (35 USD) soit un peu plus de 32 €, petit dej inclus.


Notre hôtel 


Et sous la pluie, ça donne ça ! 😎

Dans la cour intérieure de l'hôtel 

Conseils pratiques : lorsque vous voyagez à l'étranger il vaut mieux se signaler aux autorités consulaires du pays que vous visitez. Vous trouverez l'adresse de ces représentants de la France dans le pays en cause sur Internet ou sur l'application du Ministère des affaires étrangères : 'conseils aux voyageurs’. Cette application n'est pas très bien faite et pas toujours à jour, mais la partie qui traite des représentants consulaires est intéressante. Vous trouverez donc les coordonnées de ces personnes ou de leurs services, pour vous rapprocher d'elles. Vous trouverez aussi sur cette application le module ’Ariane’ qui permet aux voyageurs de s'inscrire en ligne afin de pouvoir être contactés par le ministère en cas de crise (une traçabilité en quelque sorte) et de recevoir les conseils de sécurité par mail ou SMS (par WhatsApp très utilisée par tous aujourd'hui). Nous avons suivi ces consignes le premier jour de notre arrivée au Pérou, d'autant que la crise explosait.

J'ai aussi pris contact avec la consule honoraire d'Arequipa, par téléphone, puis par mail. Cette personne nous a demandé de ne pas paniquer et de nous inscrire sur ’Ariane' ce que je venais de faire.

Ainsi, la consule connait notre existence, nos coordonnées et notre localisation dans sa circonscription. Vu la progression de la crise, je lui ai dit notre intention d'être rapatriés dès qu'une solution serait mise en place dans ce sens.

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J + 2 : Comme je vous l'ai dit hier, Arequipa fondée en 1540, surnommée la "ville blanche", est une très belle ville d'un million d'habitants. Nous l'avions visitée il y a 6 ans lors de notre voyage de 3 semaines au Pérou.

Elle tient ce surnom des pierres blanches volcaniques utilisées principalement pour la construction de ses maisons et bâtiments.

 La ville blanche.

Le volcan Misti domine majestueusement la région du haut de ses 5822 m, avec une forme conique presque parfaite. Sa dernière irruption date de 1985!

Le Pérou est un pays hautement sismique, avec ses 400 volcans!

Il y a 6 ans dans ce même hôtel à Arequipa, j'avais ressenti une secousse tellement violente que j'avais réveillé Flo, et nous avions fini dans la rue en plein milieu de la nuit. Le lendemain, j'en avais parlé à la réception qui m'avait un peu ri au nez en me disant que c'était une secousse de type ordinaire ici, et que ça ne les inquiétait pas plus que ça!

La principale "attraction" de la ville est le couvent de Santa Catalina que j'aurais volontiers revisité, tant ce bâtiment ou plutôt cet ensemble de bâtiments (une ville dans la ville) m'avait émerveillé par son histoire, son architecture et ses couleurs vives (rouge et bleu) contrastant avec le blanc des autres murs. Datant du XVIème siècle, ce couvent a été abandonné pendant plus de 350 ans, avant de rouvrir au XXème siècle. Une quarantaine de carmélites habitent encore les lieux, mais il est très rare d'en croiser, encore moins aujourd'hui!!

L'entrée coûtait 40 soles (environ 10 €) il y a 2 ans, je n'ai pu vérifier son prix en 2020.

Aujourd'hui il fait un peu meilleur. J'ai pu faire voler mon oiseau🐦 depuis la terrasse de notre hôtel. Je ne me suis pas trop aventuré, à cause du vent. Voici ce que ça donne.

Le couvent Santa Catalina. 


Le drone va être, avec la tenue de ce blog, ma principale récréation. En effet, les mesures de confinement se durcissent. Nous voulions sortir tous les deux pour faire nos courses alimentaires, la police devant l'hôtel nous en a empêché : un seul par famille pour les courses ! FLO y est allée seule et un peu plus loin, nouveau contrôle de police : mettez votre masque... Plus loin l'armée casquée et arme en bandoulière lui demande son passeport ! C'est du sérieux ici ! Et ça nous rassure. Le Pérou a pris les mesures préventives adéquates dès l'apparition des premiers cas, pas comme l'Europe ! Bravo encore le Pérou 🇵🇪 ! Je viens d'apprendre que le président de la République du Pérou a décidé il y a peu un couvre feu sur le territoire national entre 20 h et 5 h du matin. Ça ne rigole plus !

L'autre visite qui aurait pu être intéressante est celle de la "Catedral Nuestra Senora de Arequipa" . Cette cathédrale de style neo-renaissance date du XVII ème siècle. Elle est entièrement construite en pierres de taille volcaniques blanches qu'on trouve en abondance ici. Sa grande façade de 108 m qui borde la Plaza de Armas ne comporte pas l'entrée principale qui se trouve dans une rue perpendiculaire.

Tour à tour détruite par un incendie ou des séismes (dont le dernier en 2001 a mis à terre un de ses deux clochers) elle est à chaque fois rapidement reconstruite car elle est un symbole ici.

Son autel principal est en marbre de carrare. Et elle a la particularité d'être la seule au monde à exposer une sculpture en bois représentant un diable!

Elle n'ouvre qu'en fin d'après midi. Soyez donc patients si vous y êtes dans la journée. Malheureusement, pour nous, elle ne s'ouvrira pas du tout, à cause de ce satané virus.


La Plaza de Armas (place d'armes) , l'une des plus belles du Pérou, est un symbole de l'activité, de la vie, du dynamisme de la cité. Sauf qu'en ce moment elle est désertée a cause de la crise sanitaires et que du coup, elle en a perdu son âme.

Jardins de la place d'armes ! Désolant ! 

Voir ses jardins vides, ses boutiques, bars et restaurants fermés m'a fait mal au cœur. Et je ne suis pas seul. Regardez ce vieil homme assis sur une marche, face à la place. Il a l'air hagard, il ne comprend pas visiblement ce qui se passe


Au fait, j'ai trouvé l'explication pour l'expression "finir en jus de boudin"

"""La métaphore évoque la dérive du cochon 🐽🐷bien nourri, qui, après les jambons, le salé, les pâtés, les andouilles, les pieds même, finira en eau de boudin, littéralement, un liquide dont on ne tire plus rien."""

Voilà, je vous l'avais promis. C'est fait.

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Aujourd'hui 19 mars 2020, le récit risque d'être court.

Nous avons pu sortir à 2, contrairement à hier, pour faire des courses, (le prétexte), parce que c'est surtout pour nous oxygéner le cerveau.

Nous en avons un peu marre de ne parler que coronavirus. Nous devrions être en voyage, et nous voilà "assignés à résidence". Certes il y a pire, notre hôtel est bien placé, il est spacieux avec des cours intérieures, des jardins, des terrasses d'où on domine la ville. Nous avons une grande chambre, un bon restaurant où prendre tous nos repas, des bars pour l'apéro local, le célèbre pisco.


Bref, il ne manque qu'une piscine. Mais vu les 13 degrés affichés par le thermomètre, elle se nous serait pas d'une grande utilité !

À l'extérieur, la police à l'air un peu plus cool dans ses contrôles, donc nous avons mis le nez dehors pour aller au minimarket bien achalandé ou ne règne aucun pillage de denrées alimentaires et de PQ (comme cela est parait-il le cas en France)

L'armée est toujours présente en ville et notamment sur la Plaza de Armas. Elle est plutôt bienveillante me semble t il.

Mais les rues sont toujours aussi désertes ! Le péruvien respecte bien le confinement, lui !

Ah, vous avez vu le drapeau qui flotte photo de gauche ci-dessus ?

Ben oui, c' est la France 🇫🇷, à 2 pas de notre hôtel. Il s'agit des locaux de l'Alliance Française d'Arequipa, dépendante de l'ambassade de France et du consulat d'Arequipa.

"L'Alliance française est une organisation française dont l'objectif est de faire rayonner la langue française et la culture française à l'extérieur de la France" nous dit Wikipedia.

Nous devrions nous y sentir un peu comme à la maison, sauf que c'est aussi fermé 🔐

En fin d'après midi, nous sommes invités chez des voyageurs belges rencontrés le 1er jour à notre hôtel, mais qui ont migré vers un Rbnb plus vaste (et moins cher?) à un km d'ici.

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J + 4 et toujours bloqués à Arequipa. Nous commençons à nous faire à l'idée que ça va encore durer, durer, durer.

Les premières infos officielles sur un rapatriement des français commencent à circuler.

Mais elles ne nous concernent pas !

1.- nous ne sommes pas prioritaires, vu que notre billet de retour (de surcroît depuis le Chili) est prévu dans 5 semaines !

2.- la compagnie aérienne qui opère ces 1ers rapatriement est Air France, et nous, nous avons un billet avec Iberia.

3.- les prix annoncés pour ce vol "retour" sont autour de 1800€ ! Merci la solidarité d'air France !

Et puis, nous nous disons qu'il est urgent d'attendre, vu que la situation sanitaire est bien plus grave en France, et que nous serions confinés là bas comme ici, sans possibilité de voir famille et amis.


Alors ce matin, le beau temps est revenu, et le moral aussi, bien que celui ci n'ait pas été très bas jusqu'ici. ☺️

Nous sympathisons de plus en plus avec Georges, le portugais francophone septuagénaire rencontré hier à l'hôtel. Idem avec un couple de cinquantenaires allemands croisé sur les terrasses de l'hôtel.

Le beau temps revenu, nous avons enfin pu voir, depuis notre terrasse, le majestueux volcan "el Misti" qui domine cette belle ville d'Arequipa du haut de ses 5822 mètres. Sa cime, éternellement enneigée, était légèrement cachée par les nuages et en contre jour, mais quel spectacle ! Et n'allez surtout pas dire que ce sont les circonstances qui font que nous nous émerveillons d'un rien ! Non, nous avions déjà adoré il y a 6 ans, nous adorons et nous adorerons toujours.

Volcan el Misti. 

Et puis j'ai pu refaire voler mon oiseau 🐦 au dessus du couvent Santa Catalina !

SANTA CATALINA 

Déjeuner dans le beau jardin de notre hôtel où de nombreux clients se font bronzer☀️ tout en déjeunant !

Bref, si ce n'était pas le confinement, et le désastre sanitaire mondial, nous pourrions dire que nous prenons du bon temps !

Nous profitons aussi pour passer quelques appels à la famille en France, pour les rassurer. Ils sont un peu surpris lorsque nous leur disons qu'on est "bien" ici !

Cet après midi, au programme : sieste, lecture, écriture des blogs, et pour moi une heure d'espagnol via internet pour m'améliorer un peu dans la langue de Cervantes! 😜

Et pour clôturer cette journée, un petit coucher de soleil vu de notre terrasse

Et une vue sur la cathédrale illuminée

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J + 5 de la crise.

Nous nous installons dans la crise sanitaire mondiale. Le covid 19 gagne du terrain en Amérique du Sud et même au Pérou où on annonce 3 morts (les premiers).

Nous avons trouvé un couple de français qui se "terraient" dans notre hôtel. Confinement extrême volontaire ou timidité excessive? Nous ne le saurons pas puisqu'au petit déjeuner ce matin, nous les avons abordés et ils nous ont dit avoir des places dans un avion programmé demain : Lima-Paris mais qu'ils étaient toujours dans l'attente du rapatriement hypothétique vers la capitale (à 1000 km d'ici !) . Nous leur avons souhaité bonne chance !

Nous, nous sommes toujours décidés à rester ici, pour les raisons évoquées dans l'étape d'hier. Même si l'idée de rentrer nous trotte parfois dans la tête, nous attendons encore un peu que tous ces transports (surtout internes au Pérou) se concrétisent.

La Cordillère des Andes et le Misti se sont dégagés au lever ce matin. 

Flo va faire quelques courses et moi je vais faire une heure d'espagnol ! La vie suit son cours...

Un peu avant le déjeuner, Flo reçoit une demande de fil et aiguille d'une jeune femme de notre hôtel, à travers le groupe WhatsApp "les frenchies d'Arequipa". Cette jeune femme est en train de confectionner des masques pour rentrer en France. (Les quelques pharmacies que nous avons faites autour de notre hôtel n'en ont plus depuis le 1er jour où nous sommes arrivés ).

En fait cette jeune française est celle rencontrée ce matin au petit déjeuner.

Du coup, elle et son ami nous rejoignent dans le jardin où nous préparions à déjeuner. Nous les invitons à s'asseoir à notre table, tout en respectant les."distances de sécurité". Ils acceptent et nous lions connaissance.

Ils attendent effectivement un transport pour Lima, puisqu'ils ont un billet pour le vol retour vers la France demain en fin d'après midi. Malheureusement pour eux, le vol AREQUIPA /Lima qu'ils attendaient vient d'être annulé. L'autre solution, un bus affrété en accord avec les autorités péruviennes, tarde à se mettre en place, et ils n'y croient plus beaucoup ! Nous pensons nous aussi que l'avion Lima-Paris partira sans eux ! 😔

Le couple d'allemands avec lequel nous avions sympathisé hier n'affiche pas un visage radieux ! Ils sont un peu dépités et disent n'avoir aucun contact avec leur ambassade ! Nous les réconfortons en leur disant que si il y a des moyens nationaux ou internationaux qui se mettent en place, nous les en informerons.

Les 3 espagnols avec lesquels nous discutions depuis hier s'isolent un peu sur la terrasse du 6ème, avec la musique à fond !

Le couple de russes a du mal à communiquer, puisque nos tentatives d'ouverture en anglais ou en espagnol se sont avérées vaines. (notre accent serait-il si nul ? 😂😂)

Nous n'avons pas croisé Georges, le portugais. Serait il parti avec le groupe de suédois qui ont eux aussi disparu de l'hôtel depuis hier soir ? Réponse à suivre !

Finalement, les jeunes français se montrent sympathiques, et c'est bien volontiers que nous partageons nos bières avec eux. Malgré l'annulation de leur rapatriement dimanche, ils restent positifs ! Nous faisons même une selfie avec eux 😉

La cathédrale cet après-midi 

Nous sommes contents, ce soir nous avons retrouvé Georges, le portugais de 77 ans que nous croyions parti. En fait, il n'a jamais quitté l'hôtel, il est surtout resté dans sa chambre. Nous avons dîné ensemble. C'est un homme très agréable, cultivé et polyglotte. Nous aimons beaucoup sa compagnie.

Il nous apprend que le groupe de suédois 7 à 8 personnes ont affrété un minibus local (avec l'aide de leur guide péruvien) pour rallier Lima, avec une halte cette nuit à Nazca. De là, ils ont espoir de trouver un vol international qui pour l'instant n'existe pas. Nous leur souhaitons une bonne chance.

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J + 6, ça continue...mais toujours dans le calme et la sérénité.

Ce matin, le Misti était encore plus beau qu'hier. Je pense que ce volcan sera notre photo fil rouge ! 📷❤️

Nous avons retrouvé notre copain Georges au petit déjeuner, plus en forme que jamais du haut de ses 77 ans. Il faut dire qu'il s'entretient physiquement au quotidien avec des pompes, des assouplissements, et des mouvements de golf type "swing"

Il n'est d'ailleurs pas le seul dans l'hôtel puisque 2 au moins des 3 filles que nous avons baptisées "les canadiennes" le font aussi : gymnastique 🤸‍♂️ au sol et course dans les escaliers !

Pour ne pas être en reste, nous avons décidé de ne plus utiliser les ascenseur . Nous prendrons les escaliers! Notre chambre est au 3ème. (Je dois préciser que comme dans beaucoup de pays, le rez de chaussée correspond au 1er-palier). Et donc notre 3ème étage correspond en fait au second ! 😂😂😂. Notre effort est tout relatif, sauf, il faut le dire, que nous montons (et descendons) plusieurs fois par jour sur la terrasse du 6ème (5ème si vous suivez ! 😉)

Nous avons vu aussi le jeune couple français, Sophie et Aumery, qui n'a pas pu partir jusqu'à Lima alors qu'ils avaient un billet sur le vol Lima Paris. Et là, ils n'avaient aucun moyen de joindre Air France pour se faire rembourser !

ÇCes informations confirment notre volonté de ne pas nous précipiter

Les 3 espagnols nous disent aussi que le vol Lima-Madrid sur lequel ils comptaient ces jours-ci, a été annulé. Ils jouent ce matin à la "Ronda", ça me rappelle des souvenirs, lorsque, adolescent, je jouais à ce jeu de cartes espanol avec mon grand père paternel.

Ils me proposent de jouer avec eux, je décline poliment, pour respecter les distances sanitaires de sécurité imposées par la lutte contre le covid 19.

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J+7 : Ça continue

La photo du jour, comme d'hab, le Misti. 

Aujourd'hui, l'hôtel a prévu de diminuer la qualité du petit déjeuner qui était jusqu'ici des plus copieux. Le motif : les prix des denrées alimentaires ont augmenté à cause de la crise sanitaire. Nous avons été prévenus hier soir !

Avis à la population 😊

Nous avons pensé que l'hôtel pouvait manquer de liquidité. Effectivement, en temps ordinaire, les clients passent 3 ou 4 jours à Arequipa, payent l'hôtel et s'en vont ailleurs. Ils ont donc des rentrées d'argent quasi quotidiennes, du fait des rotations. Or depuis le début du confinement, plus rien ne rentre. Après concertation avec les autres clients, nous avons décidé de proposer le paiement de la semaine écoulée à l'hôtel. Je pense qu'il faut un juste retour des choses, après la solidarité affichée par la direction de l'établissement dès le début de la crise. Nous avons donc payé notre 1ère semaine de présence dans cet hôtel.

Ah, une bonne nouvelle pour ceux qui ont décidé de rentrer au plus vite en 🇫🇷, l'avion Air France prévu pour décoller de Lima vers Paris hier est bien parti. ✈️

Pour l'instant, ça ne change rien pour nous, puisque les transports intérieurs entre la province et la capitale sont toujours interdits. Et en plus, nous ne sommes pas prioritaires, et toujours pas pressés de rentrer en France, tant que la courbe ne s'inversera pas dans notre pays.

On a pu un peu échanger avec le jeune couple russe, il pensait qu'il y aurait un vol aujourd'hui en lisant l'avis sur le petit déjeuner affiché au restaurant hier soir, preuve que leur anglais ou espagnol est vraiment limité ! Nous avons cru comprendre qu'ils avaient prévu de passer 10 jours au Pérou, et n'avaient de l'argent que pour cette échéance. Nous attendons de confirmer cette info, car vraiment la communication avec eux est très difficile. Si tel est ce cas, et si notre situation ici s'enlise, bien sûr nous ne les laisserons pas tomber.


Le volcan el Misti (qui signifie "le seigneur" ou l"'homme blanc" en langue quechua- les Quechua étant le peuple primitif de la région, avant même la civilisation Inca), domine la région d'Arequipa du haut de ses 5822 m (à titre de comparaison, le mont Blanc chez nous, c'est 4800 et quelques mètres !)

El Misti avec ses formes presque parfaites. Empruntée à Google maps 

je ne vais pas vous faire l'historique ni la géologie de ce volcan, ce serait totalement inintéressant pour les puristes que nous sommes !

Il côtoie à quelques km de là, d'autres volcans, tels que le Huayna putana, ainsi que le Chachani et le Pichu Pichu tous aux alentours de 6000 mètres. Il fait partie des 400 volcans qui existent au Pérou

Le Misti 🌋 est toujours en activité et reste l'un des plus dangereux du pays, puisque plus d'un million d'habitants vivent à ses pieds. Il gronde fréquemment et des fumerolles s'échappent de son cratère. Sa dernière éruption significative date de 1870, et 5 éruptions minimales ont eu lieu au XXème siècle !

Bref, ce n'est pas l'ami idéal, même si son escalade (en 2 jours) est une destination prisée des trekkeurs du monde entier.

Lors d'une expédition menée par les archéologues José Antonio Chávez et Johan Reinhard en 1998, six squelettes incas ont été découverts près du sommet. Il s'agit vraisemblablement de sacrifices humains.

C'est là que le mystère prend tout son sens, en dehors des toutes proches "lignes de Nazca" ou des gigantesques constructions incas qui conservent le leur, avec notamment les hypothèses très fréquemment citées, d'intervention d'extra terrestres👥🗿👥dans la région.

Pour en revenir à ces sacrifices humains, il est intéressant de savoir qu'ils se pratiquaient beaucoup dans les civilisations anciennes de la région et même chez les Incas plus récemment. Lors de notre premier voyage dans ce pays, nous avions eu l'occasion de visiter le musée Santuarios Andinos d'Arequipa où est exposée "Juanita" , la momie d'une jeune adolescente inca , en excellent état de conservation.

Je cite :

"""Cette enfant a été sacrifiée à l’Apu (le dieu) Ampato, au sommet du volcan, afin d’apaiser sa virulence et d’implorer la prospérité pour les colonies de peuplement incas de la région. Six heures exactement avant son exécution, on lui a donné à manger un plat de légumes frais. Une équipe de biologistes s’active à en retrouver la recette précise. Elle n’est morte ni égorgée, ni étouffée. C’est un habile coup de bâton à la tempe droite qui a mis fin à ses jours. “Si parfaitement exécuté qu’elle n’a pas dû ressentir la moindre douleur” m’a assuré le docteur José Antonio Chávez, qui a codirigé avec Reinhard une nouvelle expédition sur les volcans des environs. Ils y ont retrouvé les tombes de deux autres enfants, eux aussi sacrifiés à la voracité des Apus andins.

Après avoir été choisie comme victime propitiatoire, Juanita fut probablement entourée d’honneurs et promenée dans les Andes – peut être même conduite à Cuzco et présentée à l’Inca, avant de monter en procession rituelle, depuis la vallée du Colca, suivie de lamas richement parés, de musiciens et danseurs, et de centaines de dévots, le long de l’abrupt versant de l’Ampato, jusqu’au bord du cratère, où se trouvait la plate-forme des sacrifices. Juanita fut-elle en proie à la peur, à la panique, dans ces moments ultimes? A en juger par la sérénité absolue inscrite sur son délicat visage de momie, par la tranquille arrogance avec laquelle elle reçoit les regards de ses innombrables visiteurs, il semblerait que non. Peut-être a-t-elle accepté avec résignation, voire avec joie, cette formalité brutale de quelques courtes secondes qui la faisait passer, devenue elle même une déesse, dans le monde des dieux andins?

Elle fut enterrée somptueusement vêtue, la tête coiffée d’un arc-en-ciel de plumes tressées, le corps couvert de trois couches de robes en alpaga finement tissé, les pieds dans de légères sandales de cuir. Des broches d’argent, des timbales gravées, un pot de chicha, une écuelle de maïs, un petit lama de métal, ainsi que divers autres objets de culte ou domestiques – tous récupérés intacts – l’accompagnèrent dans son sommeil séculaire, près de la bouche du volcan. Jusqu’à cet accidentel réchauffement de la calotte glaciaire de l’Ampato qui fit fondre les parois protégeant son repos et la jeta, pour ainsi dire, dans les bras de John Reinhard et Miguel Zárate.

Et la voici maintenant dans une simple maisonnette de la paisible ville où je suis né – Arequipa, à l’orée d’une nouvelle étape de sa vie, qui durera peut être, elle aussi, cinq cents ans. Enfermée dans sa châsse électronique, préservée de l’anéantissement par un froid polaire, elle témoigne – tout dépend des lunettes que l’on chausse – de la richesse cérémonielle et des mystérieuses croyances d’une civilisation disparue, ou de l’infinie cruauté avec laquelle la stupidité conjurait (et conjure encore) ses peurs.”""

(texte extrait de Mario Vargas Llosa, Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine, Plon, 2005 – traduction d’Albert Bensoussan)

Photo de "Juanita" empruntée au net. Je  dois avoir la même dans mes archives de voyage en 🇫🇷

À 16 h, les femmes ont rendez vous pour un cours de gym. Ce cours a été proposé à l'initiative de Ruth, l'allemande, et confié à une des "canadiennes". Flo bien sûr y assiste , tout comme l'inénarrable Georges le polyglotte de 77 ans, qui n'est pas le dernier à vouloir entretenir sa forme physique, à moins que ce ne soit pour le contact avec les jolies filles... 😉 ?


Le 1er cours de gym.
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J + 8, toujours à Arequipa.

Et pour commencer notre fil rouge :le Misti, vu ce matin depuis la terrasse.

Toujours aussi beau et mystérieux... 

Et pour ne pas être en reste, à gauche (nord ouest) du Misti, le volcan Chachani qui culmine à 6055 mètres. Décidément, nous sommes bien encadrés. Fort heureusement, celui ci n'est plus en activité 😅

El Chachani, pas mal non plus, hein ? 

Nous avons pu aborder le dernier couple de l'hôtel, certainement le plus discret, le plus reclus, le plus confiné. Ce n'est que la seconde fois que nous l'apercevons au restaurant, depuis le début. Je ne sais pas si c'est une stratégie face à la pandémie, mais si tel est le cas on pourrait dire "bien joué ! 😉 "

Couple atypique puisque lui est sud-africain et elle... péruvienne! Et ils vivent aux États-Unis. Discrétion oblige, nous n'en saurons pas plus.


Ce couple me permet enfin de faire un recensement complet de notre groupe au sein de l'hôtel.

Nous sommes donc 21, car avec eux figurent :

- 2 allemands, Ruth et Marcus, des cinquantenaires,

- 2 australiens Angela et Mat (la cinquantaine) ,

- 1 portugo/britannique de 77 ans, Georges,

- deux canadiens (h et f, la quarantaine) très secrets qui ne se mêlent à personne,

- une jeune canadienne (Cristina, environ 25 ans ) , et deux allemandes Jessica et Anna (même âge) composant le trio que j'appelle "les canadiennes" depuis le début😊,

- deux russes (h + f la trentaine) avec lesquels la barrière de la langue est un obstacle infranchissable !

- 3 espagnols de Mallorque, (2 f et un h, la quarantaine)

- 4 français, Sophie, Aubery (25 ans) , et nous deux

Nous avons appris ce matin que le trio des "canadiennes" était allé se "balader" au marché local ! Carton rouge ! Nous aussi, avions rêvé d'aller sur ce marché riche en couleur, avec des femmes en vêtements traditionnels, des fruits et légumes à foison, des restaurants ouverts ! Mais pandémie oblige, nous avons opté pour le respect de "l'aislamiento social", l'isolement social, autrement dit le confinement selon les termes péruviens. D'ailleurs nous en sommes au troisième jour sans sortir, Sophie nous ayant rapporté la grande bouteille d'eau dont nous avions besoin hier lors de ses courses au minimarket du coin !

Un bon point pour nous ! 👍

J'ai pu, ce matin faire voler mon oiseau tout près du "complejo de San Francisco".

Photos prises depuis mon oiseau 

Ce complexe religieux fondé au XVIème siècle comprend une église, un couvent le temple et le cloître du troisième ordre franciscain.

Photo "empruntée" sur le net

- L'église franciscaine, construite en 1569, en pierres blanche volcaniques de la région avec une voûte en briques d'un seul tenant, possède une chaire baroque et un maître-autel à façade en argent. Sur les murs extérieurs, des sculptures en bas relief représentant l'Immaculée Conception, Saint François d' Assise et Santo Domingo de Guzmán, moins connu de nous ! 😕

- On trouve aussi un petit passage appelé le Manguillo de San Francisco, qui séparait l'église de ce qui fut le premier Colegio de Educandas et plus tard la prison pour femmes. Aujourd'hui, il a été transformé en Fondation Fierro, qui abrite un marché artisanal et un musée.

- Pour sa part, le couvent compte plus de 20 000 livres et une galerie d'art, qui expose quelques tableaux, des ornements sacerdotaux, de l'argenterie et des objets de la vie courante de l'époque.

Lors de sa conception en 1569, il comprenait une voûte et un sanctuaire en forme de dôme. Mais après le tremblement de terre de 1687, il a été reconstruit, agrandi et retouché. Au cours des années 1960, quelques touches ont été apportées pour lui conserver le style baroque d'origine.

- Le cloître, qui date du 17ème siècle, a été construit en pierres de taille blanches volcaniques, dans un style romain. Sous les arches se trouvent les cellules occupées jadis par les Tertiaires de l'Ordre dans lesquelles ils effectuaient leurs retraites spirituelles.

Le cloitre 


Pour en revenir à nous,

Notre moral est toujours bon, même si par moment la "paranoïa" nous guette en ces temps de crise sanitaire mondiale. Nous sommes à l'affût du moindre symptôme du Coronavirus, et si on tousse une fois, si on éternue🤧, si on est essoufflés, si on a 37,5... on se pense atteint ; mais qui ai-je côtoyé qui a pu me refiler ce satané virus ! 🤔.

Mais heureusement, ces crises ne durent pas, et le moral revient vite, il le faut 🤫

9

Oui, J+9 et toujours en quarantaine à Arequipa.

D'abord mon fil rouge :

Le Misti ce matin 

J'aimerai vous présenter une vue de ce magnifique volcan qui domine la ville, qui ne soit pas en contre jour ! Mais jusqu'ici, seul le matin est ensoleillé 🌤 l'après midi toujours pluvieux. La saison des pluies ici, c'est jusqu à fin mars, comme notre confinement 😄😄

Donc il faudra attendre un peu pour avoir une photo du Misti ensoleillé !

Une nouvelle importante ce matin : les russes et les canadiens de l'hôtel sont partis, en bus (séparés) d'Arequipa vers Lima ou un vol vers leur pays respectif les attendrait. Snifff, ils ne nous ont pas salués. Mais nous sommes content pour eux.

La seconde bonne nouvelle est qu'une amie de FLO lui a communiqué les coordonnées d'un guide d'Arequipa qu'elle avait eu l'année dernière, lorsqu'elle et sa famille avaient visité le Pérou.


Aujourd'hui encore, nous avons décidé de rester totalement confinés à l'hôtel. Ce sera notre 4eme jour sans aucune sortie. Et franchement. Ça ne nous manque pas. Au programme, tri de photos, séance de gym pour FLO et cours d'espagnol sur le net pour moi.

Et l'apero avec les français Sophie et Aumery vers 17 h.!

Pas mal comme programme, non ?

Aujourd'hui, je voudrais vous présenter un autre site touristique d'Arequipa qui nous avait beaucoup plu lors de notre passage il y a 8 ans (2012)

La compagnie de jésus "la compañia de jésus" est en fait un ensemble qui se compose de plusieurs édifices construits par les jésuites, aussi bien à des fins religieuses que de logement, et l'ensemble forme un site représentatif de l’architecture religieuse du XVIIème siècle (1660).

- L’église est considérée comme un des plus beaux exemples d’architecture métisse. Elle abrite de nombreux trésors : retables, sculptures, peintures et un autel en cèdre gravé dans le style churrigueresque (une adaptation latino-américaine du baroque espagnol) entièrement couvert de feuilles d’or. Y sont aussi exposées des toiles célèbres du grand peintre Bernardo Bitti, d'autres de Diego del Puente et de nombreuses autres peintures et sculptures de l'école de Cusco.

Photo empruntée

​- Deux cloîtres aux colonnes richement décorées, jouxte cette église. Ces cloîtres abritent aujourd’hui des boutiques. C'est un peu dommage !

- L’église est une représentation symbolique à la fois chrétienne et inca. On y voit, entre autre, des anges chrétiens dialoguant avec des figures de la mythologie inca. C'est assez surprenant !

Dans la sacristie se trouve la chapelle de San Ignacio entièrement recouverte de fresques présentant la flore et la faune tropicales, surmontées par les quatre évangélistes (encore un bel exemple de symbolique métisse).

- le cloître construit en pierres blanches volcaniques, se visite et permet de monter dans la galerie supérieure qui offre une belle vue sur Arequipa. Au coucher de soleil, la lumière y est magnifique, paraît-il.

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Nous venons d'avoir un contact avec Melchior (Mel pour les amis), le guide francophone d'Arequipa dont les coordonnées nous ont été données par Laurence, l'amie de FLO, dont je vous parlais ce matin.

Outre le fait qu'il parle un excellent français, c'est une chance pour nous d'avoir fait sa connaissance et d'avoir un contact local sur place.

Nous avons bavardé plus de 45 minutes avec lui, et avons profité de ses excellents conseils touristiques sur le pays et dans toute l'Amérique latine, puisqu'il assiste à toutes les conférences et autres réunions qui se tienne sur le continent, en tant que guide "référent" pour le Pérou, avec ses 36 ans d'expérience dans le tourisme.

Nous nous sommes mis à rêver de poursuivre notre voyage si jamais le confinement cessait ici et dans les pays voisins.

Nous nous sommes mis à rêver de trois ou 4 jours de libres au Pérou pour aller vers Cuzco (un peu plus au nord) et visiter non loin de là, la montagne colorée, un site fantastique qui nous avait échappé lors de notre voyage en 2012!

Nous nous sommes mis à rêver de quelques jours de plus pour nous rendre au Chili 🇨🇱 , terminer notre voyage de l'an dernier dans le désert d'Atacama.

Nous nous sommes mis à rêver de quelques jours de liberté pour visiter le sud Lipez et le Salar d'Uyuni en Bolivie 🇧🇴 !

Nous nous sommes mis à rêver que ce covid 19 n'était qu'un affreux cauchemar,

Il est bon de rêver et de croire encore à notre âge, au père Noël 🎅.

Mel nous a appris aussi que le Pérou, pays émergeant, n'était pas tout à fait prêt pour la lutte contre le Covid 19, n'ayant pas, par exemple à Arequipa, le moyen de tester les personnes. (ça nous a un peu inquiété quand même !) même si il nous a dit que ça allait se mettre en place dans les jours à venir !

Il nous a aussi dit que les statistiques relatives au Coronavirus avaient une semaine de retard sur la réalité, le temps que les résultats aux tests réalisés à Lima notamment (la ville la plus touchée au Pérou) soient communiqués ! Aïe !

Mais chose positive, il pense, de "source sûre" que la quarantaine pourrait être partiellement levée dans le sud (où nous sommes) plus rapidement que dans le reste du pays, puisque les mesures de confinement sont mieux observées ici qu'à Lima par exemple, et que le sud ne connaît que peu de cas positifs et pas de décès !

Du coup,

On se met à rêver que....


À 18 h, on avait rendez vous avec Sophie et Amaury pour un petit apero dans les salons de l'hôtel. Nos échanges ont été très sympa avec ce jeune couple avide de voyages. Plus tard, Georges, Anna et Christina, ainsi que Mat et Angelina (les australiens) nous ont rejoint. On sent vraiment que le groupe se soude. Il ne manquait à cette réunion conviviale que les allemands Ruth et Marcus ; mais Ruth aujourd'hui était très déprimée par la situation présente. Il manquait aussi le trio espagnol sympathique et le couple Afrique du Sud/Pérou qui n'a jamais intégré le groupe pour une raison que l'on ignore.


Au retour dans notre chambre, nous sommes surpris par une odeur de brûlé qui s'en dégage. Pas d'électricité non plus ! Nous nous rendons compte que le socle de notre bouilloire électrique vient littéralement de fondre. À quelques minutes près, elle aurait pu mettre le feu à la chambre, la table en bois qui lui sert de support ayant commencé à cramer. Oufff !


Fin de l'incident ! !

10
Le Misti ce matin ! 

Si vous regardez la carte, vous allez vous dire : soit ils aiment cette ville, soit ils sont bloqués !

- Les deux mon Général vous répondrais-je, en tant qu'ancien militaire. Nous aimons cette ville. Mais nous y sommes bloqués depuis 10 jours maintenant. Le confinement ayant été décidé par le Président de la République péruvienne, jusqu'au 31 mars, il nous faudra attendre jusque là ; et j'imagine mal celui- ci, qui doit prendre la parole dans une heure, dire "c'est bon, on arrête là". Vu ce qui se passe dans le monde , ce serait de l'inconscience !

Hier, on a appris par la voie diplomatique, que trois vols vers la France seraient programmés, vraisemblablement la semaine prochaine.

Deux questions se posent à nous si nous décidons de rentrer :

- pourrons nous avoir un billet ?

- y aura t il un moyen (aérien ou terrestre) pour nous acheminer vers Lima d'où partent tous les vols depuis la base militaire aérienne? et sera t il sécurisé en terme sanitaire (espace entre les gens, port du masque, désinfection des mains dès le départ ?...) prendre un risque après 15 jours de précaution et de confinement très rigoureux, ce ne serait pas sérieux.

Sans parler des problèmes à l'arrivée en France en terme de nouveau confinement des personnes provenant de l'étranger, des moyens aériens ou terrestres (bus, trains) pour regagner notre domicile...

La deuxième décision possible est de rester ici où, depuis le début, je dis que nous sommes (dans l'état actuel des choses) d'avantage en sécurité dans ce pays peu touché par la pandémie. Mais quid de l'efficacité des soins ici, si par malheur nous étions atteints ?

Bref le problème n'est pas simple, la solution l'est encore moins. Dans notre esprit il était intéressant de laisser passer un peu de temps avant de prendre notre décision, mais si les choses se précipitent avec un retour massif des touristes français et européens, ne risque t on pas de "louper le coche" comme dit Flo, et de ne plus avoir, pendant un certain temps, d'avion pour rentrer ?


Ce matin, mon oiseau s'est envolé, pour nous délivrer une ou deux belles vues aériennes d'Arequipa. 😎

Vue vers le couvent San Augustín et vers la cathédrale

Aujourd'hui , je voudrais vous parler du troisième volcan qui domine Arequipa : le Pichu Pichu surnommé "l'Indien endormi" à cause de sa forme allongée, totalement différente de notre volcan préféré, le Misti et sa silhouette parfaitement conique.

Situé à 32 km à vol d'oiseau au sud-est d'Arequipa , il est très érodé et formé de sept sommets, le Coronado étant le plus élevé.

Sur celui-ci, se trouve une plate-forme cérémonielle, sur laquelle les Incas faisaient leurs offrandes et sacrifices. Ce sommet culmine à 5665 mètres, et le sommet le plus accessible, lui, s'élève à 5515 mètres.

Lors d'une expédition menée par les archéologues José Antonio Chávez et Johan Reinhard, en 1996, trois momies incas ont été découvertes près du sommet. L'une d'elles "Sarita" est exposée au musée archéologique José María Morante de l'Université nationale de San Agustín, sous le nom de la momie de Pichu Pichu. Celle-ci correspond à une fillette de 5 à 6 ans, trouvée dans la partie haute du volcan et qui a été donnée en sacrifice à l'Apu. (l'Apu était un dieu-ou un esprit- des montagnes. Les principales montagnes avaient chacune leur propre apu et certaines d'entre elles recevaient des sacrifices. Certains rochers et grottes pouvaient aussi avoir leur propre Apu).

La petite fille est morte d'un coup sur la tête (comme Juanita dont je vous ai parlé il y a 2 jours) et a été enterrée entourée de récipients, d'huile, de restes de maïs et de pièces métalliques en argent et en bronze.

Quant à la légende de "L'indien endormi" : il en existe trois :

1) On dit que dans des temps anciens, sur ces terres est apparu un grand Apu qui a demandé :

«Je veux savoir qui je suis et quelle sera ma fin»?

Parmi les ombres, derrière, le peñascos (une roche de grande taille) une voix a répondu à l'épouse du kuraca absent ( Un Kuraca était un fonctionnaire de l'empire Inca, qui tenait le rôle du juge d'instruction) :

"seuls les dieux Auquis qui habitent les sommets des montagnes, peuvent répondre aux questions."

Impuissant et impatient l'Apu se dirigea vers les sommets du Pichu Pichu. Après une Ascension difficile, éprouvante et angoissante, il invoque alors les dieux de ces régions et comme il n'obtient pas de réponse, hors de lui il prononce le blasphème le plus horrible qui soit (l'histoire ne dit pas lequel !)

Les espaces tonnèrent, la terre se mit à trembler, le jour devint nuit, le ciel s'ouvrit,...bref, l'apocalypse 😉

l'Apu prend peur et fatigué, il tombe sur le dos du plus haut sommet et se transforme en pierre, d'où la forme allongée que l'on peut apercevoir aujourd'hui.

2) D’autres racontent que les Incas venaient d’endroits où tout était mauvais et l' Apu avait décidé de s'installer sur les hauteurs, dans un lieu où régnaient paix et silence,

3) Selon une autre légende, le dieu Apu est venu marcher sur cette montagne et chaque endroit où il a marché s'est bonifié.

Des trois légendes, je préfère la première. Et vous ?

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Des nouvelles du front ?

Nos trois amis espagnols d'Ibiza se prénomment Nieves, Fine (josefine) et Vincente, ces derniers étant frère et soeur. On leur a aussi annoncé un vol pour Madrid la semaine prochaine, tout comme à Georges pour le Portugal, ou l'Angleterre, ou les USA ??? Avec ses multi casquettes nationales, il ne sait plus où tourner la tête, le pauvre ! 🤔. Les plus inquiets restent les australiens May et Angela, compte tenu du fait qu'ils doivent prendre 5 vols différents pour regagner leur domicile, si j'ai bien compris!

Ruth, l'allemande à retrouvé un peu de moral, bien épaulée par son époux Marcus. Selon les jeunes germaniques Anna et Christina, il y aurait un vol pour l'Allemagne le 3 avril.

Un nouveau "touriste" américain est apparu à midi au restaurant pour la première fois depuis le début de la quarantaine. Georges me dit qu'il est ici depuis le début, mais il reste reclus dans sa chambre ! Comment fait il pour survivre, pour manger? Avait il 10 jours de stock en chambre? Mystère ! Si c'est ça, on peut dire qu'il respecte à la lettre les consignes de confinement !

Le couple de jeunes français est aussi partant dès la première opportunité qui se présentera, même si il convient comme nous, qu'il est d'avantage en sécurité ici qu'en France. Mais il estime qu'il vaut mieux tenir que courir.


D'autre part, le président de la République péruvienne Martín Vizcarra vient d'annoncer le prolongement de la période de confinement pour une durée de 2 semaines, à savoir jusqu'au 12 Avril. C'est tout à fait logique, je ne vois pas comment il aurait pu faire autrement.


Reste maintenant à définir une stratégie pour notre retour, qui soit la plus sécuritaire pour nous deux.

À suivre...

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Ah, aujourd'hui, pas de fil rouge. Le Misti était invisible sous sa couverture de nuages dès le matin.

Au petit déjeuner, Jaimes, le serveur nous a laissé entendre que nous partirions tous lundi prochain, et que l'hôtel allait fermer ! 😕Comme c'était un bruit de couloir nous sommes allés vérifier l'info à la réception qui nous a dit que rien n'était officiel, et qu'ils nous tiendraient au courant si une info de ce type leur parvenait, et que de toutes façons , ils n'avaient pas le droit de fermer tant qu'il y avait des touristes à l'hôtel.

Donc il faut se méfier, comme toujours des fake news et vérifier ses sources.

De toutes façons, nous sommes en contact direct avec l'ambassade à Lima et le consulat à Arequipa qui ne manqueraient pas de nous informer si ça bougeait ici, du moins nous l'espérons.

Et, info nouvelle, notre nouvel ami le guide Mel qui habite Arequipa est un grand ami de la Consule honoraire Verónica Estève ( une péruvienne mariée à un français, d'où la consonance du nom😊). Il vient de nous mettre en contact direct avec elle. Nous sommes donc à partir de ce moment des pistonnés 😂😂😂

Enfin, c'est ce que nous croyons ! Dans l'après midi, j'envoie un WhatsApp à la Consule pour lui demander quelques renseignements, et en réponse, c'est elle qui m'en demande ! (notamment les noms et numéros de passeport des 2 autres français présents à notre hôtel.) je les lui fournis bien sûr, en posant une autre question, et là, plus de réponse ! Pas plus que lorsque j'essaye de la joindre au tel !🤐Dois je comprendre que cette personne est là pour prendre des renseignements, non pour en donner ? 😜


Conseils pratiques : tiens, il y a longtemps que je n'en avais plus donnés. Un Consul honoraire n'est pas un diplomate de formation. Comme l'est un consul, et à fortiori un ambassadeur. Ce n'est donc pas un agent de l'État mais un particulier qui exerce ses fonctions à titre bénévole, souvent😶 choisi parmi les nationaux, parce qu'ils sont francophones et francophiles, pour assurer le lien entre la France (en l'occurrence) et les français résidant dans leur pays.

Donc je ne lui en voudrais pas trop 🙏


Aujourd'hui, nous continuons nos activités, nos repas s'améliorent au restaurant de l'hôtel !

Puis mon oiseau s'est encore envolé pour nous délivrer quelques belles vues d'Arequipa


À midi, Georges, notre copain nous a prévenus qu'il nous quittait demain matin à 5 h ! Son ambassade (Portugal) organise un transport en bus avec des hongrois confinés dans un autre hôtel d'Arequipa, jusqu'à Lima, mais sans avoir la certitude d'avoir un vol international par la suite ! Nous lui avons cassé le moral en lui disant que nous, on n'aurait jamais accepté ce genre de plan ! 😉 Du coup, il va se renseigner pour savoir si il y a vraiment un vol Lima/Lisbonne ✈️programmé dans la foulée !


Nous le revoyons au dîner, et il nous confirme bien qu'il part à l'aube demain. Nous nous disons au revoir et lui souhaitons bonne chance. Ce grand bonhomme de 77 ans nous laissera un excellent souvenir, nous décidons d'ailleurs de rester en contact.

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Mon fil rouge : le Misti ce matin au lever de soleil ☀ Eh oui, j'y étais

el Misti. Je ne m'en lasse pas ! 😉

Georges est bien parti tôt ce matin. Au petit déjeuner, nous nous interrogeons tous pour savoir qui a des nouvelles pour un éventuel rapatriement. Mais ce matin, aucune de 5 nationalités présentes n'en avait.

Wait and see, esperar y ver! Attendre et voir !


Melchior (Mel), le guide d'Arequipa nous a un peu éclairé sur la société péruvienne aujourd'hui. Et, chose surprenante, un peu comme en Inde, il existe des castes dans ce pays.-"pas des castes vraiment" nous dit Mel, mais comme en Colombie, les habitants sont classés selon leur appartenance socio-professionnelle. En Combie, c'est de 1à 6, ici, c'est de A à E, "A" étant la classe des plus riches et "E" celle des plus pauvres. Les "A" se retrouvent principalement dans les grandes villes, Lima surtout, et à un degré moindre Arequipa. Si vous êtes très riches, vous habitez dans le quartier le plus chic de la ville. Mel par exemple nous avoue qu'à Arequipa, bien que guide, certes reconnu au plan national et même dans le sous continent, il était "A" parce qu'il gagnait bien sa vie et habitait le meilleur quartier de la ville. Mais la cité ayant grandi, de nouveaux quartiers résidentiels se sont construits, et les plus riches ont investi ces zones nouvelles qui ont été classées "A" . Par conséquent, le quartier où il habitait et habite toujours à été déclassé.

Et Mel est donc devenu "B," nous a t il dit.


Dans son dernier discours, le président péruvien Martín Vizcarra a annoncé une aide sociale de 400 soles (100 €) destinée à la classe la plus pauvre (les "E"), pour lutter contre les conséquences de la crise économique liée à celle sanitaire que connaît le pays. Car au quotidien, la réalité est dure pour de nombreux Péruviens, et notamment pour les Amérindiens. Ceux ci vivent dans la misère, et lorsqu'ils travaillent, les conditions sont très pénibles, les salaires très faibles.

Mel nous dit qu'au Pérou (qui compte environ 33 millions d'habitants), 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, travaillant sans contrat, au jour le jour. Donc "si tu ne travailles pas, tu ne manges pas" . C'est le cas de beaucoup de petits métiers, de vendeurs de rue, de domestiques, d'agriculteurs, d'ouvriers, de personnels dans les hôtels et restaurants, de petits commerçants. Même le tourisme est impacté. Cette économie informelle n'est certes pas propre à ce pays émergeant, mais elle prend tout son acuité en ces temps de crise. Mel, qui est "aisé" nous avoue qu'il aimerait bien que le gouvernement aide aussi les gens comme lui qui, lorsqu'ils ne travaillent pas, ne sont pas payés. Il faut reconnaître que le tourisme a été réduit à néant depuis maintenant 2 semaines, et qu'il en sera de même pour les deux semaines à venir, voire plus ! 😢


Le drapeau peruvien 

Drapeau du Pérou. - Il se compose de trois bandes verticales de même largeur, et de couleurs rouge, blanc et rouge, avec des armoiries au centre de la bande blanche. Le blason comporte un écu où on trouve une vigogne (représentant la faune), un arbre de quinquina (qui signifie la flore) et une corne d'abondance déversant des pièces jaunes (désignant la richesse minérale). Le rouge rappelle le sang versé pour l'indépendance; le blanc symbolise la paix.

Ici, à l'hôtel, les activités continuent, comme tous les matin au jardin ou sur la terrasse, et l'après midi, jeu de cartes, cours de langue ou gym féminine.

Cours de gym 

On pourrait croire qu'on coule des jours heureux, si le covid 19 ne nous ramenait pas à la réalité ! 😔.

Nos amis australiens Mat et Angela (à gauche), nos amis allemands Ruth et Marcus (à droite)

Ah, je suis sorti ce matin pour faire quelques courses. J'ai été étonné du relâchement des habitants d'Arequipa, face aux mesures de confinement. J'avais été surpris par leur discipline des premiers jours, mais là, c'est un peu n'importe quoi. Les gens sont beaucoup plus nombreux dans les rues et ne respectent pas les distances entre eux, des petits commerçants ambulants vous vendent des masques et des gants (Alors qu'on n'en trouve pas dans les pharmacies), des boutiques sont entrouvertes, de nombreux véhicules et bus circulent... Et la police est beaucoup moins présente, l'armée aussi, ceci explique cela!

Carton jaune aux péruviens ! 👎


En milieu d'après midi, l'ambassade de France a Lima nous a envoyé un communiqué pour préciser les prochains vols (pas encore tout à fait bookés avec les autorités péruviennes). Les touristes français d'Arequipa seraient prioritaires pour le vol du 31 mars. Et il y en aurait 2 autres, le 1 et le 3 avril. À confirmer, nous attendons les modalités pratiques, notamment celles concernant le transfert vers Lima.

Il y a un léger désaccord dans le couple quant à la stratégie à suivre pour ce retour. Mais si l'un cède (en principe ce sera moi 😂), le problème sera vite résolu !

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Pas terrible aujourd'hui mon fil rouge.

Mais le Misti reste le Misti !

Aujourd'hui, nous sommes dans l'attente de nouvelles de l'ambassade de France à Lima, et d'Air France qui devraient nous donner des nouvelles sur notre rapatriement vers la France.

Nous faisons partie des nations privilégiées, car ni les allemands, ni les espagnols, ni les australiens qui sont à nos côtés ici ne savent à quelle sauce ils vont être (mangés) rapatriés. Donc merci à la France et à sa représentation diplomatiques qui œuvrent non seulement ici, au Pérou, mais aussi dans le monde entier, dans un contexte très sensible. Car ne l'oublions pas, le Pérou est un pays souverain, et ses autorisations sont nécessaires pour organiser quoi que ce soit sur son territoire, surtout en période d'état d'urgence !


je vais vous présenter ce matin quelques vues d'Arequipa, sans trop de baratin, pour vous donner un aperçu de la ville blanche, sous le ☀

L'église de la compagnie de Jesus

Et sa magnifique façade baroque, sa mini chapelle à l'entrée (à gauche ci dessus) et ci dessous, une portes latérale très ouvragée.

L'église de la Merced 

Construite dans les années 1550 par l'ordre de la Merced, elle fut plusieurs fois ravagée par des séisme, le dernier en date en1960. Elle fut rebâtie à l'identique.

L'église San Augustin 

Construite entre1570 et 1575 en pierres blanches volcaniques (le sillar) elle fut comme pratiquement tous les grands édifices, plusieurs fois ravagée par différents séismes (celui de 1868 notamment). La sacristie est la seule partie qui subsiste de l'époque coloniale, avec un maître autel recouvert de feuilles d'or. Le clocher dénote un peu selon moi mais sa façade d'art métisse baroque, est de toute beauté.

La magnifique entrée de San Augustin 

Dans les rues subsistent quelques belles maisons de style colonial

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire, et Flo à pu, en secret, voir avec le restaurant pour améliorer l'ordinaire qui va nous préparer un repas typique péruvien. C'est ainsi que nous avons pu (re) goûter un ceviche traditionnel (plat à base de poisson cru mariné au citron vert, avec des oignons et patates douces !

Un régal, apprécié aussi des 13 convives qui m'ont tous dédicacé une carte de bon anniversaire improvisé. Ne manquait que le gâteau. Et en fin d'après midi, youpi, mon apéritif d'anniversaire international (oui, je sais on est un peu décalés)

Le super groupe des 13 "survivants" 😉
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Ah, mon fil rouge, le Misti ce matin. Une des plus belles vues depuis le début de notre séjour.

Il semble que notre séjour s'achève. Nous avons reçu cette nuit un message de l'ambassade nous confirmant le vol du 31 mars à destination de Paris et la connexion Arequipa-Lima le même jour.

Nous attendons juste un appel (ou un mail) d'air France dans la journée pour confirmation.

Ce qui est sûr, c'est que nous partirons demain en avion en direction de Lima.

Dernière chance d'observer le petit colibri qui vient dans le jardin butiner bougainvilliers et fushias. Patience et discrétion. Click clack, merci Kodak!

Colibri 

Et une autre,

Je l'ai eu ce satané colibri !

Entre temps, des nouvelles de l'ambassade. On est programmé et on a nos billets pour Lima. Une première étape. Nous sommes toujours dans l'attente de savoir quand sera notre vol vers Paris.

Ça y est. Nous venons d'être contactés par air France, (assez bizarrement par WhatsApp) pour nous confirmer que nous étions sur le vol Air France Lima-Paris de demain, 31 mars à 13 h 10, dans la foulée de notre vol Arequipa-Lima.

C'est bien, car le transfert se fera sur l'aéroport militaire de Lima, nous n'aurons aucun contact avec l'extérieur (la capitale abrite les 80% des gens contaminés au Pérou)

Mais bon, ce sera pour retrouver des villes et régions en France bien plus exposées au Virus. 😏

Donc ne pas relâcher la garde !

Le billet Arequipa-Lima nous aura coûté 110 USD par personne + le vol Lima-Paris-Nice 740 USD, soit un total d'environ 800€/personne!

Mais en fait, la crise sanitaire nous a fait perdre bien plus que ça. Rester au Pérou 16 jours et n'avoir rien visité, c'est difficile à admettre😉 Ne pas avoir visité les 3 autres pays que notre programme comportait, c'est encore plus dur ! 😕

Mais ne soyons pas égoïstes ! Nous avons pu profiter de la Colombie pendant un mois, juste avant le déclenchement de la crise.

Cette catastrophe sanitaire universelle que connaît le monde nous permet de tout relativiser.

Nous aurons le temps de réaliser cette fin de voyage l'année prochaine, ou plus tard !

Nous avons une pensée pour tous ceux qui souffrent en ce moment.

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Mon fil rouge, dernière photo du Misti au lever de soleil.

Comme nous partions de bonne heure, l'hôtel nous a préparé un petit déjeuner à emporter, c’est sympa de leur part. Larry le gérant avec lequel nous avions copinés autour d’une bonne bouteille de vin le jour de mon anniversaire, nous souhaite bonne chance, avec beaucoup de chaleur et d'empathie. Nous en faisons de même, cet hôtel était vraiment au top. Non seulement pour sa situation et ses prestations, mais parce qu’il a joué le «jeu de la crise» avec beaucoup de compréhension, par ses prix revus à la baisse, que ce soit pour la chambre, la restauration ou les autres prestations.

Le point de rendez vous pour tous les français d'Arequipa "rapatriés" a été fixé devant le bâtiment de l'Alliance française. Chance pour nous, c'est à 50 m de chez nous ! D'autres français plus excentrés ont du faire plusieurs centaines de mètres, voire kilomètres, avant d'atteindre le point de rassemblement !

L'embarquement est long, le personnel du consulat vérifiant pour chaque personne les noms et surtout les autorisations d’embarquement sur le vol à venir.

3 bus nous attendent, encadrés par une dizaine de policiers, 3 voitures et 2 motos.

On sera escortés comme des VIP jusqu’à l'aéroport, masqués, gantés et « gel- hydro-alcoolisés», avant d'entrer dans les bus avec la distance d'un mètre cinquante difficile à respecter à l’intérieur ... Bref, j’ai trouvé que c’était très sérieux. À l'entrée de l'aéroport, idem.

Policière surveillant le respect des distances. 

Avant d’avoir la permission d’embarquer, notre température est contrôlée. Tout va bien, le thermomètre frontal affiche 35,5 pour moi, un peu plus pour Flo 🤒(il semble que les températures corporelles dites normales pour ce type de mesure sont comprises entre 35,8 et 37,8!)

Un petit contrôle des bagages par la police, discussions avec les agents sur le Pisco, l'alcool local : est-ce que nous en avons acheté, et selon nous, lequel du péruvien ou du chilien est le meilleur ! Je réponds spontanément : «Le péruvien, bien sûr». Et la sympathie s’installe ipso-facto!!! Le contrôle est bon enfant. On se souhaite respectivement bonne chance. Le covid 19 rapproche les gens, les peuples. On sent une vraie confraternité.

Encore une bonne demie heure d'attente et c'est l'embarquement dans l'avion de la Sky, compagnie low cost du Pérou, qui se détache sur fond de volcan.

Le Misti est décidément omniprésent à Arequipa, même derrière l'avion, il es là, majestueux malgré les nuages. 

Lors de l'escale à Cuzco, nous ne descendons pas de l’avion ; les rapatriés de cette ville nous font un peu attendre, et embarquent finalement. Nous perdons encore du temps, sans savoir pourquoi cet embarquement a tant tardé. On décolle avec une nouvelle heure de retard.

C'est donc avec pratiquement 2 h de retard cumulés que nous arrivons à Lima.

Les gendarmes français de l'ambassade (gardes de sécurité et le lieutenant colonel Attaché de Sécurité Intérieure) sont en première ligne.

Efficaces et rassurants, ils nous guident, nous conseillent, nous orientent. Ils sont sur le pont depuis le début de la crise et gèrent la partie opérationnelle du rapatriement des français du Pérou. Ils sont épuisés, mais ne le montrent pas. Chaque vol leur occasionne 5 journées de travail (avec l’ensemble du personnel de l’ambassade, Ambassadeur en tête). Il reste encore près de 2000 français éparpillés sur le sol péruvien, qu’il faut rassembler ici à Lima, soit encore 7 ou 8 vols internationaux, sans compter les vols intérieurs, ou les bus affrétés spécialement. Chaque transport aérien ou terrestre fait l’objet de fortes tractations avec les autorités locales, puisque le président a déclaré le pays en état d’urgence, pratiquement depuis le 1er jour du confinement.

Après les accords diplomatiques, c’est à l’Attaché de Défense et surtout au lieutenant colonel de gendarmerie, Attaché de Sécurité Intérieur de «régler» les modalités pratiques de ces transports sur le terrain.

Nous sentons bien que nous sommes dans une situation de crise. Nous avons atterri sur la base aérienne militaire qui jouxte l’aéroport civil. Nous descendons directement sur le tarmac.

Ce sont des bus de l'armée péruvienne qui nous emmènent vers la zone de contrôle.

Des barnums avec des chaises ont été installés à l'extérieur, pour nous protéger du soleil qui brûle, pour notre bien être. Nous récupérons nos bagages sur le tarmac et les posons sous le barnum, devant nous...

Bref, ça semble être le bazar, des bus dans tous les sens, des personnes se baladant sur le tarmac...mais non, tout est calculé, pesé, l'organisation est efficace. Nos bagages de soute sont contrôlés par une équipe cynophile, devant nous, nos passeports contrôlés et tamponnés par des policiers qui circulent parmi nous, nos cartes d'embarquement sont délivrées par des hôtesses qui les rédigent manuellement en passant devant chaque passager. Le contrôle des bagages cabine se fait à l'intérieur d'un local improvisé.

Nous avons appris par l'officier de gendarmerie (ça sert d'avoir des relations !) que le général péruvien responsable de la base (et de la mission?) était furieux contre le pilote (pour le retard) et contre les policiers d'Arequipa et de Cuzco auxquels il reprochait de ne pas avoir effectué les opérations d'immigration dans ces deux villes de province. Ces dysfonctionnements augmentent notre temps de présence sur sa base, et retardent le décollage de l’avion placé sous sa responsabilité.☹️

Dernier embarquement. 

Une fois dans l’avion, il nous faut encore attendre une bonne demi heure pour récupérer les derniers français, ceux qui étaient arrivés par le même avion que nous d’Arequipa ou de Cuzco, et qui n’avaient pas pu obtenir leur billet d’avion LIMA-PARIS dans un premier temps! Et comme il n’y avait plus de place en «économique» ils ont été placés en classe «Business».

Promis, au prochain rapatriement, je fais exprès d’arriver en retard !!!😂😂

Mais ne nous plaignons pas, je ne sais par quel hasard, nous avons été surclassés (mais pas en business malheureusement). Nous étions en «économique-premium», avec plus de place, des sièges plus confortables qu’à l’arrière, ce que je ne sais pourquoi Flo appelle la bétaillère. Enfin, si je sais, puisque nous voyageons toujours en économique!

Nous décollons ✈️enfin de Lima avec plus de 3 h de retard sur le plan de vol. Heureusement que cet avion était spécialement affrété pour nous, sinon nul doute qu’il ne nous aurait pas attendus!

Arrivés à Paris Charles de Gaulle, ça descend un peu en vrac de l’avion, les distances ne sont plus tout à fait respectées (sauf dans la file d’attente du contrôle des passeports). Une fois dans le terminal, aucun soucis pour respecter ces distances, il est quasi désert. Je m’attendais à un minimum de contrôle sanitaire (température), mais rien, bizarre!

Super 

Nous attendons un peu plus de 2 heures avant d’embarquer pour NICE, ce qui nous permet de trouver, par chance, dans une boutique de presse, un sandwich «basique» pour déjeuner. Dans l’avion, les distances sont moins respectées, les masques moins portés. L’avion est plein, je ne vous parle pas du débarquement, où, comme d’habitude les passagers se détachent dès que l’avion a touché le sol, se lèvent dès que l’avion est arrêté. Ils se ruent dans le couloir pour récupérer leurs bagages cabine et se collent les uns aux autres pendant les 10 minutes que mettront les portes à s’ouvrir. Nous restons sur nos sièges en attendant que le couloir se dégage. Dans la salle de réception des bagages, les gens venus attendre les voyageurs les embrassent chaleureusement!!! Nous sommes de retour en France! Comme d’habitude, une marge de français se moque ouvertement des consignes, mais là c’est grave! Notre santé, celle des autres sont mises en danger par quelques irresponsables qui, comme toujours, donnent une piteuse image du français de base!

De retour à la Maison, nous lisons quelques commentaires de touristes aigris par leur épopée de rapatriement. Ils reprochent tout ce qui leur arrive aux autres, notamment à leur hôtel, à leur conditions d’évacuation, à l’Ambassade de France, à je ne sais qui. J’ai lu dans l’Est républicain plusieurs articles basés sur les témoignages d’une factrice bellefortaine «coincée» à Cuzco, sans médicaments (pour une maladie qu’elle avait avant de voyager), avec un repas qui n’avait pas été fourni par son hôtel, avec un avion vers Lima qu’elle n’avait pas pu prendre ( dans un témoignage ultérieur, elle a pu finalement l’avoir le lendemain!!!), avec le mal de la montagne (eh oui, le Pérou est un pays situé en haute montagne, elle devait l’ignorer avant d’avoir pris son billet, sinon elle serait allée en Hollande!!!).

Elle déprimait à cause du «manque de discernement» du gouvernement péruvien qui avait décrété l’état d’urgence et fermé ses frontières, à cause de «l’inertie» des autorités françaises qui ne prenaient pas en compte ses messages. Tous ces «reportages journalistiques» étaient bien sûr accompagnés de selfies prises et envoyées par la dite française!!! On fait le buzz comme on peut, non?

Comment un canard peut il publier des co....ries pareilles. Il est vrai qu’ayant travaillé au contact de la presse pendant plusieurs années, je sais que les trains qui arrivent à l’heure n’intéresse pas beaucoup les journalistes, les lecteurs non plus!!! Mais quand même!

Voilà, ce carnet de voyage est terminé. Je sais, ce n’est pas vraiment un journal de voyage, même si j’ai essayé parfois d’inclure quelques reportages basés sur la proximité de lieux que j’ai pu photographier, sur des souvenirs de notre voyage précédent dans ce magnifique pays, toujours sur le podium de nos «expéditions» depuis bientôt 14 ans.

Je l’avais baptisé dès le premier jour : «Ce Pérou, ce n’est pas le Pérou», sachant par avance les conditions dans lesquelles nous allions y séjourner. Alors, c’est sûr que ce que nous avons vécu, ce n’est pas le Pérou.

Vous qui lirez ce carnet, sachez que le Pérou (hors situation de crise) que nous avions parcouru en 3 semaines il y a 8 ans, est vraiment un pays essentiel à visiter. Ses habitants sont charmants et le pays est riche d’une civilisation captivante, celle des INCAS, d’une histoire exceptionnelle, de vestiges mystérieux, que ce soient les lignes de Nazca, le Machu Pichu, les constructions gigantesques.... Le Pérou est aussi riche de paysages exceptionnels comme la montagne colorée «Vinicunca» (que nous n’avons malheureusement pas vue) ou le lac Titicaca (partagé avec la Bolivie) qui culmine à plus de 3800 mètres d'altitude.

Alors, un carnet de voyage ou un carnet d’aventure ? À vous de choisir.😉