CHILI 2019 tome 2

Ce carnet de voyage est un récit, mais aussi un guide pratique, avec des tarifs, des astuces... pour ceux qui souhaitent comme nous, préparer leurs lointaines aventures.
Du 7 au 30 mars 2019
24 jours
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18 mars 2019 :

La route n'est pas très longue, entre Santiago et Valparaiso

Il s'agit de l'autopista del pacifico (autoroute du pacifique) le chauffeur roule à 100 km h, nous pouvons contrôler cette vitesse grâce à un affichage digital qui se trouve dans le compartiment des voyageurs. Le chauffeur est complètement isolé des voyageurs, par une cloison fixe et opaque avec une porte fermée.

Valparaiso est une ville côtière, ville dont une partie est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Premières photos de la ville 

On file de la gare des bus jusqu'à notre airbnb avec un taxi qui nous prend 4500 p, taxi le plus cher qu'on ait eu jusqu'ici !

Notre airbnb " casa de California" 167 Rue Almirante Montt- 40€ la nuit) ne paye pas de mine, mais aussitôt la porte refermée, nous trouvons une demeure certes centenaire, mais complètement rénovée en 2016 avec de beaux matériaux et surtout avec beaucoup de goût. Notre hôtesse s'appelle Kata (Katarina, katastrof?) elle nous accueille avec beaucoup de gentillesse et nous délivre les premiers conseils pour visiter la ville. Le petit dej. n'est pas inclus et Kata nous annonce 7000 pesos /personne, ce qui est hors de prix. Mais c'est le Chili, encore une fois, ce n'est pas ici que nous allons mettre des sous de côté ! 😅. Tant pis, nous irons petit-déjeuner à l'extérieur !

Dans notre maison d'hôtes. 

Nous partons donc à la découverte de la ville, et de ses célèbres Street art (art de la rue).

Notre airbnb étant très bien situé, nous sommes très vite dans le bain. Il faut dire que dans ce quartier historique maintes fois ravagé par des tremblements de terre (1906 pour le plus important, 2007 et 2010 pour les derniers) ou des incendies, ( avril 2014 -2500 maisons détruites et janvier 2017- 100 maisons brûlées) pratiquement toutes les façades sont des tableaux (muradores) . Certaines sont de véritables œuvres d'art réalisées par des artistes de renom chiliens. Nous apprendrons qu'il faut une autorisation ou un permis de la municipalité, avant de commencer à peindre la façade sa maison.

Malheureusement, certaines de ces œuvres ont été taguées par des incultes ou des irresponsables.

Les façades qui ne sont pas décorées sont peintes de couleurs vives, très photogéniques.

C'est un régal pour les yeux. Nos appareils photo crépitent. Encore une bonne centaines de clichés, peut être plus.

Les premières peintures, les premières fresques ont été réalisées sous la dictature (de Pinochet) et sont souvent porteuses de messages politiques. Il faut parfois bien observer pour découvrir ces messages cachés.

Nous nous perdons au milieu de ces fresques multicolores, sans avoir un fil conducteur, demain nous essayerons de prendre un tour (gratuit ?) pour avoir des explications, des commentaires, ou un historique des peintures les plus caractéristiques. Voici un aperçu de ce que nous découvrons !

Nous nous arrêtons dans un petit restaurant dans le centre historique, le menu est à 8900 p/personne, plus la propina sugerida, on a l'habitude maintenant . Difficile de trouver moins cher pour une entrée, un plat et un dessert. La qualité est moyenne, on paye le décor, c'est sûr. En fin d'après midi, dans la ville basse où il n'y a pratiquement pas de touristes, nous verrons des menus à moitié prix (4500 p). Nous essayerons demain.

Pour en revenir aux peintures de rue, j'affiche une nette préférence pour celles des escaliers. c'est tout simplement magnifique. On en découvrira une demi douzaine plus merveilleuses les unes que les autres.

Nous utiliserons aussi le funiculaire "Espiritu santo". Ce type de funiculaire, appelé ici asensor, fait aussi la célébrité de Valparaiso. Il nous en a coûté 100 p pour un aller simple (soit 13 centimes d'euro---enfin, une chose pas chère dans ce pays ! ). Et de plus on s'économise une montée (ou une descente) d'une centaine de marches, ce qui n'est pas rien lorsqu'on fait le bilan en fin de journée !

L'asensor Espiritu Santo 

Un petit peu d'histoire :

Durant de la fin du XIXème siècle et du début du XXème, une trentaine de funiculaires ont été construits. 12 ont été détruits au fil des ans et de leur vétusté , 11 sont aujourd'hui inactifs et 7 fonctionneraient encore. La municipalité et l'état ont entrepris de sauver ce patrimoine et depuis quelques années, ils restaurent et sauvent ce qui peut l'être. Il est donc difficile de savoir combien exactement sont en service actuellement. Par exemple cet après-midi nous voulions emprunter, le Concepcion, le plus ancien de la ville, datant de 1883. Il a été fermé pour cause de travaux il y a plusieurs mois. Les travaux semblent terminés, mais la réouverture ne cesse d'être retardée, sans que l'on sache pourquoi nous dit un guide.

Ces asensores ne sont guère plus utilisés aujourd'hui, que par les riverains immédiats et bien sûr les touristes.

Demain, nous nous sommes promis d'en utiliser quelques uns.

Épuisés par ces quelques kilomètres de ruelles parcourues et de centaines de marches escaladées, nous nous posons sur la terrasse encore ensoleillée du merveilleux hôtel Gervasoni, donnant sur la baie de Valparaiso, pour siroter un Pisco Sour Catedral, c'est à dire un double! (5000 pesos vu le lieu, le décor et la vue, c'est pas exagéré )

Moment Pisco Sour. 

Avocats et fruits feront notre repas du soir.

Mardi 19 mars.

Nous avons effectivement pris notre petit déjeuner dans la partie basse de la ville, pour des raisons économiques, mais surtout pour observer les coutumes des chiliens en la matière.

Puis nous avons attendu 10 h pour suivre un guide "free tour" que nous avions repéré la veille. Le principe est que c'est gratuit (oh😉) et que nous donnons, en fin de visite un pourboire, en fonction de notre degré de satisfaction. (Nous sommes en petit groupe de 8 personnes)

Astuce : C'est toujours un peu le piège, mais le guide que nous avions nous a orientés vers une somme "mini" de 5000 p/personne soit environ 13€pour deux, pour près de 3 h de visite. Correct. Point de rendez vous pour le départ du tour: place Anibal Pinto à 10 h. Pas besoin de réserver, il suffit de se trouver au dit lieu, à la dite heure.

Après quelques explications, notamment sur les funiculaires, nous empruntons celui juste à côté, le Reine Victoria. Pour accéder à la colline (Cerro) où va commencer le tour.

C'est assez impressionnant. Non pas depuis l'intérieur où on n'a pas le temps d'avoir peur, mais de l'extérieur, lorsqu'on voit ces deux cabines. Joliment peintes, comme posées sur des échasses métalliques. Elles glissent sur des rails, tirées par de gros câbles d'acier entraînées par de grosses roues. En fait, c'est la déclivité qui est impressionnante Pour celui-ci : 55% de pente !


Montée, 100 p, descente 100 p aussi! 

En fait, lors de cette visite, nous ne verrons pratiquement rien de plus que ce que nous avions visité hier, l'instinct et la perspicacité, la chance aussi, nous ayant conduit à voir par nous même, ce qu'il y avait de plus beau. Toutefois les explications du guide nous sont d'une grande utilité, pour compléter nos connaissances livresques.

Et puis je pense que nous avions un peu triché hier, en précédant le guide sur certains points clés de son circuit. Disons que l'effet de surprise visuel n'a pas été au rendez vous.

Conseil : Pour profiter pleinement de ce type de tour, il ne faut pas avoir anticipé !

Vers 12 h 30, le guide va nous emmener goûter les meilleurs empenadas de la ville. Ce sont de gros chaussons fourrés de viandes, légumes, sauces... Qui sont frits. C'est un peu le produit phare du fast food chilien. Reste que pour 1400 ou 1600 pesos (selon la garniture) , on s'est régalés. Les chiliens en consomment énormément tout comme les "completo" hot dog fourrés de légumes, mayonnaise et crème d'avocat, pas très chers non plus. Au niveau calorique, Aïe Aïe Aïe!!! De ce fait, nombreuses chiliennes sont en surpoids (un peu plus que nous, si, si !!!) ; affectueusement nous les surnommions les "empenadas"! - honte à nous!

si nous restons trop de temps ici, nous aussi deviendrons des "empenadas"! 

Quelques belles façades (murales). vues lors de cette visite. :

Nous avons fini notre visite sur la place Sotomayor, siège de nombreux bâtiments administratifs et du monument aux morts de la ville.

Puis fin de visite, avec le port le plus célèbre du Chili, véritable plaque tournante du commerce international, lorsque pour relier l'océan Atlantique et le Pacifique, les bateaux devaient obligatoirement passer par le détroit de Magellan à l'extrémité sud du Chili, ces navires faisaient alors pratiquement tous escale à Valparaiso. En 1914 l'inauguration du Canal de Panama allait précipiter le déclin de Valparaiso. En effet, ce nouveau canal allait permettre aux navires marchands reliant les deux océans de gagner quelques 15.000 km entre San Francisco et New York, en ne passant plus par le détroit de Magellan !

Excit donc le détroit de Magellan et le port de Valparaiso. 😕

Le port de Valparaiso  

Nous continuons notre visite seuls, le guide ayant terminé son tour.

Direction le funiculaire "Artilleria" au sud du port.

Le funiculaire Artilleria 

Ce funiculaire qui date de 1893, est le plus long de la ville, avec ses 175 mètres. Il permettait à l'époque, de transporter les marins de l'école navale depuis leur caserne située sur la colline, jusqu'au port.

J'avais lu qu'en 2017, il était fermé pour travaux. Il a donc été recouvert depuis, pour notre plus grand plaisir et pour l'image de la ville.

Notons que si son mécanisme a été rénové et sécurisé, il a gardé ses cabines d'époque et quelques uns de ses attributs. Bravo !

Dernière précision, ce funiculaire est 3 fois plus cher que les autres, on payera 300 pesos pour un aller, soit 40 centimes d'euro ! Bon, c'est pas la ruine, je vous l'accorde !

Nous poursuivons notre découverte de ce Cerro (quartier) d'Artilleria.

Nous décidons de clôturer cette journée avec un Pisco sur la terrasse de l'hôtel Gervasoni, comme hier. Malheureusement la terrasse qui offre cette magnifique vue sur l'océan est fermée. Nous essayons d'en trouver une autre, mais impossible. Il manquait soit la vue, soit l'ensoleillement, soit ils ne servaient pas d'alcool...

Épuisés par plus de 15 km parcourus aujourd'hui (25.000 pas me dit mon smartphone), nous nous rabattons finalement sur une bière que nous prendrons à notre airbnb !

Mercredi 20 mars :

Dernier jour à Valparaiso. Nous avons décidé ce matin d'aller visiter le quartier (Cerro) Polanco. Nous avions repéré qu'il se trouvait non loin du terminal des bus.

Nous prenons un des minibus qui sillonnent de long en large la ville, depuis la place Amiral Pinto qui se trouve à 200 m de notre airbnb. Ces minibus passent presque tous par le terminal des bus, nous confirmons auprès du chauffeur, et payons les 640 pesos de la course pour deux, soit environ 1€! (le taxi du premier jour nous avait pris 4500 p pour la même course !)

Dans ces minibus, le chauffeur vend les billets, encaisse et rend la monnaie tout en conduisant ! 

Le touriste moyen (nous estimons ne pas en faire partie😀) ne va à Polanco que pour voir son célèbre asensor très atypique. Construit en 1915, il est le seul de Valparaiso à ne pas suivre la pente de la colline.

On y accède par un tunnel de 150 m de long, puis sous terre, on prend un ascenseur vertical fermé qui s'élève dans une tour carrée. À l'arrivée, 60 M plus haut, une passerelle nous ramène sur la terre ferme.

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L'ascenseur (asensor) de Polanco

Ce quartier populaire ne présente rien de particulier. Beaucoup de Carabiniers patrouillent dans le secteur ; certains nous invitent à passer nos appareils photo autour du cou pour ne pas se les faire voler. Du coup, le quartier nous apparaît comme pas très sûr! On fait donc nos photos depuis le haut, et on redescend à pied par un chemin très escarpé. Sur notre route, on trouve pas mal de Murales, de moins bonne facture cependant que du côté de Bellavista où nous étions les deux jours précédents, mais intéressantes quand même.

À l'issue, nous retournons à notre airbnb, nous récupérons nos bagages, et reprenons le minibus pour aller au terminal.

Conseils : Il y a des bus très fréquents pour Santiago (toutes les 20 mn) donc pas besoin de réserver à l'avance .

On mange un empenada à 1000 p devant la gare, et quelques fruits.

Nous arrivons à Santiago une heure et demie plus tard.


À suivre : deuxième retour à Santiago de Chile .

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Notre bus entre Valparaiso et Santiago nous dépose en son terminal "Alameda" il faut bien le préciser lors de l'étiquetage des bagages, car il existe un autre arrêt quelques km avant ce terminal.

Nous en profitons pour acheter nos billets pour l'aéroport le lendemain. Comme je l'ai deja signalé, ce terminal est très grand, et les billets Bus Sur, la plus grande compagnie de bus de la région, ne s'achètent, en ce qui concerne la destination aéroport, que devant les quais 23 er 24. 1900 pesos par billet, inutile de réserver pour un horaire précis. Il en part toutes les 15 minutes.

De là, nous repartons vers notre hôtel RQ Central (50 USD sur booking, avec un petit déjeuner plateau mis en place dans les chambres vers 17 h.). Nous pensions avoir réservé dans le même hôtel que lors de notre arrivée au Chili il y a 10 jours, mais en fait il y a 3 "RQ central" dans la capitale, heureusement assez proches les uns des autres. Le notre s'appelle en fait "RQ Central city center". On ne recommande pas cet hôtel.

Après avoir enregistré dans ce dernier, nous prenons le métro, les doigts dans le nez, pour aller visiter le Parque National de San Cristobal à 2 ou 3 km de chez nous.

Ce parc urbain, véritable poumon vert de la ville, est le plus grand de ce type au Chili et même de l' Amérique latine. Il se situe dans un des plus beaux quartiers de la capitale, Bellavista.

L'entrée y est gratuite, mais si on veut atteindre le sommet de la colline (el cumbre) qui culmine à 860 m, mieux vaut utiliser le funiculaire qui gravit la colline à pratiquement 45 degrés. El cumbre constitue la partie "religieuse" du parc, puisque s'y trouve le sanctuaire de l'immaculée Conception, avec une statue de 22 M sur de haut, de la vierge tendant ses bras protecteurs aux habitants de Santiago.

Cette statue fût commandée à une fondation en France, transportée jusqu'au Chili ensuite, et inaugurée en 1908. Bien des années avant, une grande croix en bois de 10 M de haut avait été érigée en ce lieu, mais fut détruite par un tremblement de terre en 1646. Trois siècles plus tard, l'archevêque de Santiago fit bâtir ce sanctuaire dédié à la Vierge Marie.

Une stèle commémorant la visite historique du pape Jean Paul II au Chili en avril 1987 se trouve légèrement en contrebas.

Un chemin de croix (c'est le cas de le dire) constitué de 7 croix de 5 mètres de haut chacune, joliment décorées mène jusqu'à une chapelle austère construite de pierres grises (fermée lors de notre passage)

Ce chemin de croix est appelé le chemin des 7 paroles, 7 phrases que prononça le Christ sur sa croix, et qui sont transcrites dans les évangiles.

Puis nous prenons un téléphérique qui nous ramène jusqu'au bas de la colline, où nous n'aurons plus qu'1,7 km à pied jusqu'à la plus proche station de métro.

Le prix des 2 transports ( funiculaire + téléphérique) aller retour nous à coûté 9800 pesos pour 2 soit environ 13€. Il est possible dépendant de visiter ce parc sans payer, mais il faut vouloir y consacrer une journée entière, je rappelle qu'il est très grand. On y trouve des restaurants, 2 piscines, un zoo, un jardin d'enfants, des pistes d'activités sportives, des piste cyclables...

À suivre : l'île de Pâques, Rapa Nui

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Jeudi 21 mars 2019

Réveil tôt le matin, petit déjeuner express (pas terrible) , métro et bus pour nous rendre à l'aéroport de Santiago.

Un vol de près de 5 heures, et nous voici arrivés sur l'île de Pâques, à 3700 km des côtes chiliennes.

2 mots sur cette île :

Elle fait partie intégrale du Chili même si elle s'apparente géographiquement à la Polynésie. Ses habitants au nombre de 5800, l'appellent "Rapa Nui". L'origine du peuplement se situe entre le Vème et IXème siècle.

C'est l'endroit le plus isolé du globe, puisque la terre la plus proche se situe à 1900 km de là.

Elle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Ses habitants s'appellent les pascuans en espagnol, (les Rapa Nui pour les locaux). Elle a une forme triangulaire de 24 X 18 X 16 km. Elle est d'origine volcanique. Ses côtes rocheuses ne comportent que 2 plages (+ une petite artificielle dans le village d'Hanga Roa) .

Le chef lieu (ou plutôt la capitale, car depuis quelques années, elle a un statut à part au Chili, en est Hanga Roa.

Elle a un climat subtropical océanique venteux, nuageux. Sa température moyenne annuelle est de 23 degrés, tout comme celle de l'océan.

Le Chili est un pays cher on vous l'a dit, mais l'île de Pâques l'est encore plus. La compagnie aérienne sud-américaine Latam a le monopole de ce vol, et malgré des recherches de prix entre décembre 2018 et janvier 2019, il n'a pas été possible de trouver des billets d'avion à moins de 750€/personne. Peut être faut il s'y prendre plus de 3 mois à l'avance ?

En tout cas, nous avons fait cette folie !

Astuce : Une voyageuse française rencontrée sur l'île, nous a dit avoir trouvé un billet en dernière minute à 150€! Elle a utilisé Google flight, qui l'a redirigée ensuite sur Latam, (forcément, puisque cette Compagnie a le monopole) ! Par contre, elle n'a pu choisir ni son jour de départ, ni celui de son retour, et 5 jours sur place lui ont été imposés. Ca peut être intéressant pour ceux ou celles qui n'ont pas de contrainte de temps.

De plus, à la descente d'avion, un " comité d'accueil" vous attend et vous demande sans plus attendre 80 USD/personne (70 €). C'est le droit d'entrée et de visite des sites de l'île. Ce prélèvement se justifie par le fait que la totalité de l'île est classée parc national! Comme dans beaucoup de pays (sauf en France !), les étrangers payent un prix nettement supérieur à celui payé par les nationaux.

Notre auberge, trouvée sur booking, "Mangai Rapa Nui" , se trouve dans le village de Hanga Roa. 65 € la nuit. Un accueil (avec collier de fleurs) nous attend à l'aéroport.

Sur place, on occupe une chambre très correcte où rien ne manque, pas même la TV grand écran! C'est propre, on a de l'eau chaude, et une cuisine commune à partager avec les autres occupants de l'auberge, si on veut préparer ses repas. Il y a un beau petit jardin autour, et les poules y vivent en liberté, les mangues tombent sans que personne ne les cueille ! Presque le paradis! On recommande dans cette fourchette de prix.

Un accueil très polynésien.

Astuce : sauf si vous êtes blindés, il est impossible de manger au restaurant tous les jours. Les prix sont pratiquement 30 à 50 % plus chers que sur le continent! et pourtant ces restau affichent souvent complet ! Un plat type ceviche (poisson cru mariné) coûte 18.000 P. Soit 23 €. Avec une boisson (bière ou coca) et un café, c'est pratiquement 60€ pour deux.

La plupart des auberges ont des cuisines où vous pouvez préparer des plats simples, salades (les avocats sont excellents), pâtes... Profitez en.

Sur l'île, il fait une chaleur étouffante et surtout humide.

XAVIER, la personne qui est venue nous accueillir est très sympa. Je lui demande si il a un bon plan pour louer une voiture. Sans peine il me trouve ça, et m'annonce 35.000 p/par jour pour un gros 4 X 4 Suzuki "Grand Nomade", automatique, air conditionné. On pourra l'avoir en fin d'après midi. Je lui fais confiance, mais la confiance n'exclut pas le contrôle : lors de notre première ballade à pied en ville, on se renseigne auprès des loueurs officiels du village. C'est 50.000 pour un tout petit SUV 2 portes. Les quads sont à 40.000 pesos et les scooters à 35.000 p. 15.000 pour un vélo.

Astuce : il faut absolument un véhicule pour se déplacer sur l'île. Un tour avec une agence d'une journée en minibus à 20 personne coûte minimum 35.000 P. par personne. Pour un couple : 70.000 P et comme pour tous les tours, on ne maîtrise rien. Préférez louer un véhicule, c'est la liberté totale de l'heure du départ, du retour, du temps passé sur chaque site, du choix de la lumière pour vos photos... Et prenez une voiture. Pas un quad, une moto ou un vélo. Les orages sont fréquents, même si ils ne durent pas, on est vite trempés, si vous voyez ce que je veux dire !

Pour notre location, on ne s'est pas fait avoir. La voiture est dans un excellent état si ce n'est quelque petites bosses et rayures. On fait un état des lieux vidéo, ça évitera les contestations.

Que visiter sur l'île ?

On vient sur l'île de Pâques surtout pour voir ses Moai et s'imprégner de cette culture, de cette civilisation hors du commun qui a quasiment disparu, de ce peuple : les Rapa Nui. (c'est aussi le nom local de l'île de Pâques)

Les Rapa Nui ont érigé entre les années 800 et 1600, d'immenses statues taillées dans la roche volcanique de l'île : les Moai. L'origine de ces statues reste mystérieuse à plusieurs points de vue. Étaient-ce des symboles religieux, des représentations divines, des marques de puissances tribales ? Aucune hypothèse n'a à ce jour fait l'unanimité.



Un beau Moai.

19 h 30, on nous remet la voiture de location ; le soleil commence à décliner, on décide d'aller voir le célèbre "spot" coucher de soleil face à la mer au village de Tahai. 3 ahu dont un surmonté de 5 Moai qui nous font face nous attendent. (Un ahu est une stèle de pierres taillées le plus souvent, sur laquelle sont érigés un ou plusieurs Moai) . Le lieu est mystique, enchanteur, reposant. Une centaine de personnes s'est donnée le mot pour assister au spectacle du soleil qui va rejoindre l'horizon, juste derrière les Moai qui, tradition oblige, tournent le dos à l'océan.

L'ahu  Vai Uri. a Tahai.

Juste avant d'arriver à l'Ahu, on découvre une statue isolée, la seule de l'île, à avoir retrouvé ses yeux. Les autres ont leurs cavités oculaires vides (quelques unes sont peintes). Les yeux des Moai étaient à l'origine, constitués de corail et d'obsidienne sont soit tombés, soit plus certainement volés. L'obsidienne est de la lave volcanique vitreuse qui, polie, présente des reflets au contact de la lumière, d'où son utilisation pour figurer les yeux des monolithes de basalte.

Malheureusement ce soir, l’opération coucher de soleil aura lieu mais sans le côté flamboyant qu'on attendait, et ce à cause d'un ciel très nuageux. On mitraille, parce que c'est beau, mais il nous manque de la couleur, pour donner un cadre plus vivant à ce spectacle. Partie remise se dit on.

Vendredi 22 mars.

Lever aux aurores, enfin, c'est ce qu'on pense.

Notre mission du matin, assister au lever de soleil sur le plus beau site de l'île : l'Ahu Tongariki constitué de 15 Moai. Avant d'être détruit par les guerres tribales et par le raz de marée de 1960, il comportait 35 statues. Son Ahu (la stèle) mesure 100 M de long. Impressionnant. Le site n'a été restauré que dans les années 2000, par les japonais.

Mais un réveil tardif de 10 mn va nous faire perdre le meilleur moment de cet instant magique. On fait quand même de bonnes photos, mais il faudra venir un peu plus tôt demain.

Astuce : bien calculer votre réveil et les délais de route pour arriver au moins 5 mn avant. Lors de nos 4 jours sur l'île, fin mars , le soleil se levait à 8 h 20.

On poursuit notre périple en voiture et après avoir vu un ou deux sites mineurs mais néanmoins intéressantes, nous nous dirigeons vers une des deux plages de l'île. En effet, la côte de cette île volcanique est rocheuse et très découpée à 99%. La plage de Anakena est superbe. Qui aurait pu imaginer trouver une étendue de sable blanc bordée de cocotiers au détour de cette côte franchement hostile ? Et pourtant elle est là, cette plage magique. Elle nous attend. Elle nous appelle. On la distingue à travers les cocotiers. On s'en approche.


Mais avant d'aller nous baigner, un Ahu de 5 Moai, presque tous coiffés de rouge nous attire. On n'a pas une très bonne lumière pour les photos. Mais le lieu est tellement beau, qu'on s'y attarde une fois de plus, les yeux grands ouverts. Comment l'homme de cette époque lointaine à t il pu transporter ces statues si lourdes depuis la carrière où elles étaient extraites, puis sculptées. (Nous visiterons cette carrière demain). Ces blocs pèsent plusieurs tonnes ! Une autre question restée sans réponse malgré plusieurs hypothèses avancées, pourquoi ces statues tournent elles le dos à la mer ? Mystère ! Il y a décidément beaucoup de mystères sur cette île.


la plage de Anakena 

Avant de profiter de la plage, nous nous asseyons sous les cocotiers. Nous commençons à déballer notre pique nique, quand nous sommes attirés par une musique traditionnelle. À quelques pas devant nous vient de commencer une cérémonie Rapa Nui de mariage, là, sur la plage. On se regarde avec Flo, et le temps de prendre conscience de ce qui se passe et nous voilà partis avec nos appareils photo, abandonnant notre pique-nique sur une des tables aménagées sous les cocotiers. Une dizaine de personnes en tenue traditionnelle participent à cette cérémonie, sous une arche de tissus blanc tendue entre deux cocotiers. Un regard de l'accordéoniste et maître de cérémonie nous fait comprendre que nous avons l'autorisation d'y assister et de prendre des photos ! C'est un instant rare, magique et très émouvant que nous vivons là. Nous en sommes conscients.

 un beau mariage traditionnel

Les Rapa Nui, ce peuple qui a failli disparaître au début du XXème siècle, renoue aujourd'hui avec ses traditions, sans perdre sa foi profondément chrétienne. Cette culture, ces traditions, ils entendent les cultiver et les promouvoir. Ils en sont très fiers.

Après la cérémonie, je m'approche du "chamane" et le remercie de nous avoir permis d'assister à la cérémonie. "français ?" me demande t il ? Je réponds oui. Très fier, la tête haute, il réplique : "Ancestral, ancestral" en me tendant la main. Ça oui, nous avons saisi l'importance, le poids, la force, la tradition et le symbolisme de cette cérémonie . Les jeunes mariés sont ravis de partager leur bonheur et posent avec nous, en tenue traditionnelle.

Après notre déjeuner sous les cocotiers, nous allons goûter l'eau de l'océan, puis retour sur le sable blond et très fin...Le temps de prendre un sacré coup de soleil sur la plage

Astuce : il faut se protéger au moins avec une crème solaire indice 50 si on veut être ami avec le soleil ici ! Sur le coup, nous, on n'a pas fait ami-ami,

Nous repartons, couleur écrevisse, et rentrons tranquillement vers chez nous. Nous arrêtons au seul Ahu ou les Moais ont le visage tourné vers la mer. Nous y rencontrons une jeune voyageuse aixoise, Clémentine avec laquelle le courant passe très bien.

Puis nous décidons de retourner sur le spot coucher de soleil. Malheureusement, la météo est bouchée, et le soleil semble bien vouloir rester caché derrière d'épais nuages ! Après l'échec d'hier, on se dit qu'on n'a pas de chance, et on se promet de revenir demain.

Samedi 23 mars 2019

Catastrophe ce matin. On n'a pas mis de réveil, et c'est notre ami le coq, qui nous dit qu'il faut nous lever. Mais il est presque trop tard pour aller assister au lever de soleil sur le plus grand Ahu de l'île. Eh, le coq, il faudra passer chez l'horloger pour te faire régler!

On prend juste le temps de boire un café, et la voiture nous mène à vive allure jusqu'au site.

Ouf, à 5mn près, nous aurions raté le lever du soleil. Il y a plus d'une centaine de personnes qui nous ont précédées sur le site...il va y avoir de la bagarre pour les meilleures places... Non, en fait ça se passe toujours très bien sur les sites, chacun peut choisir son angle, sa zone, sa technique...

Les nuages clairsemés sont là. Et lorsque le soleil pointe son nez à l'horizon et commence sa lente ascension, c'est un véritable feu d'artifice de couleurs jaunes, oranges, argent et bleues qui viennent se fixer sur nos capteurs photo

10, 50, cent clichés sont pris à divers moments, divers éclairages, divers plans. Bref on en a pour notre réveil matin.

Nous retrouvons Clémentine sur ce spot. Elle nous dit qu'elle doit rendre sa voiture à 10 h et qu'elle quitte l'île le lendemain. Elle ajoute qu'elle ne sait pas quoi visiter à pied et nous demande conseil. On lui offre de partager notre voiture pour l'après midi. Elle est enchantée par cette proposition.


Sur la route, un auto-stoppeur. Nous le prenons, il nous dit qu'il est canadien. Il n'a aucun bagage, pas même un sac à dos ! On lui demande où il va, il nous dit qu'il n'a pas de destination, et suivra le même chemin que nous. Bon ! On s'arrête sur un site, il descend. On repart, il repart avec nous ! Mais il ne peut pas entrer sur les sites, il n'a pas acheté le passeport donnant accès aux curiosités. Il semble perdu, mais néanmoins, n'a pas l'intention d'acheter un quelconque droit d'accès. On ne le saura que plus tard, car au hasard de nos visites, on le retrouvera assis à l'entrée d' un autre site, nonchalant, rêveur, paumé. Sans vouloir porter un jugement, venir sur l'île de Pâques, et rester à l'entrée des sites sans admirer les merveilles qu'il peut nous offrir, je ne vois pas l'intérêt. Peut être ne fume t il pas que de la moquette? 😄

Il finit de nous suivre jusqu'à l'entrée de Ana, la carrière d'où étaient extraits les blocs pour fabriquer les Moai, sur les flancs du volcan Rano Raraku, il est encore bloqué à l'entrée par les contrôleurs. On lui donne rendez vous une heure plus tard après notre visite, s'il veut pour suivre avec nous !

Cette carrière est surprenante. On comprend mieux ici l'ampleur de la tâche des sculpteurs, des transporteurs, des assembleurs. Le plus juste serait de dire qu'on n'y comprend rien, du moins les différentes théories qui ont été à avancées sur le mode de transport de ces blocs de plusieurs tonnes jusqu'à leur emplacement définitif, à plusieurs km de là ! Aucune n'est satisfaisante.


Cette carrière est surprenante à un autre titre, car ce ne sont pas une, cinq ou dix statues qui gisent abandonnées dans toutes les positions sur les flancs du volcan. Ce sont exactement 397 Moai, dont deux que nous n'avons malheureusement pas vus, très différents des autres : ils sont à genoux sur leurs talons, à la manière de rameurs dans leur pirogue (allusion au peuplement originaire de l'île ?)

De plus, l'exploitation de cette carrière semble s'être arrêtée de façon brutale, comme si une guerre ou une épidémie avait anéanti tous les tailleurs ou sculpteurs de Moai d'un seul coup. Que s'est il passé ? Nul ne le sait. Toujours est il que pour nos yeux et nos appareils photo, c'est fantastique. L'île compterait pas moins de 1000 Moai !

Conseil pour cette visite : l'entreprendre si possible un jour ensoleillé et l'après midi pour une meilleure exposition. À noter aussi que le passeport de visite ne donne droit qu'à une seule entrée sur ce site (alors qu'ailleurs, c'est illimité), afin de le protéger d'une trop grande fréquentation qui pourrait le dénaturer.

L'après midi, nous récupérons Clémentine et nous nous rendons sur les pentes du volcan Rano Kao

Clémentine nous avait prévenus, c'est effectivement très beau. Une brume passagère nous prive de belles photos depuis un premier belvédère (mirador) Nous montons un peu plus haut, et depuis là, on a une vue extraordinaire sur l'île qu'on peut voir dans sa presque totalité, un panorama à 360 degrés. De là, on domine encore d'avantage le volcan qui fait plus de 1600 m de diamètre et 200 de profondeur. Au fond une magnifique lagune aux tons de vert, noir et bleu marine ! Extraordinaire.

On pousse un peu plus loin, jusqu'au bout de la route où se trouve le site du village O Rango, un site dédié au culte de l'homme oiseau. C'est le second et dernier site que l'on ne peut visiter qu'une fois (avec celui de la carrière des Moai). Le temps est incertain, et il y a une petite marche d'une demi heure. On préfère reporter au lendemain.

On décide d'aller visiter un autre lieu peu couru des touristes, les grottes de Te Pahu. La piste pour accéder à l'entrée est difficile, nous sommes heureux d'avoir un 4x4. Clémentine nous dit y être allée la veille avec son petit Suzuki, donc ça va le faire.

De l'entrée du site à la grotte, il y a 25 mn de marche, autant pour le retour. Même pas peur !

Cette grotte aurait été utilisée par certaines tribus pour échapper à un ennemi menaçant. On y accède par un étroit chenal sombre sur les premiers mètres. La grotte appelée aussi "dos ventanas" (deux fenêtres) , fait environ 50 M de long, et se termine par 2 "fenêtres" s'ouvrant dans la falaise avec la mer 40 M en contrebas ! Certains guides papier parlent de 100 m de long et d'une autre sortie que nous n'avons pas vue.

Conseils : Prévoir une lampe frontale, avec l'éclairage du portable, c'est pas pratique, on a notamment besoin de ses deux mains pour descendre en marche arrière dans l'étroit goulet qui mène à la grotte!

Surtout ne pas être claustrophobe ou en surpoids 😉.

On renonce à la visite de Ahu Maitaki Te Moa et Vai Mata. Il faudrait encore marcher 2 h aller retour, depuis la grotte. 3 h au total depuis l'entrée du site. Je sais, c'est faisable. On a été un peu faignasses sur le coup !

Il commence à pleuvoir, et on offre à notre passagère de venir partager un petit vin chilien à notre auberge avant de faire le 3eme coucher de soleil de notre séjour. Mais ce ne sera pas encore pour aujourd'hui. En dégustant ce bon vin à l'abri de notre terrasse, on se prend un terrible orage de pluie, le ciel est tellement obstrué que nous ne nous présenterons même pas sur le site. 3eme échec!

On ramène notre invitée à son camping. Et on se dit au revoir.

Notre programme nous conduit le lendemain à Papa Vaca, un site déserté par les touristes, à tort, car même si ce n'est pas aussi spectaculaire qu'un Ahu ou un Moai, il s'agit d'un pan d'histoire de la civilisation Rapa Nui qui s'offre à nous. Une série de pétroglyphes nous montre les centres d'intérêt que pouvaient avoir ce peuple, proche de la mer. Poissons, requins, pirogue...

 Notre plus beau coucher de soleil à Ahu Akivi.



Puis nous décidons de retourner sur le spot coucher de soleil.

Malheureusement, l'opération coucher de soleil aura lieu mais sans le côté flamboyant qu'on attendait, à cause d'un ciel complètement bouché. On mitraille, parce que c'est beau, mais il nous manque ce côté embrasé. Partie remise, on l'espère.

Dimanche 24 mars 2019.

Dernière chance d'être à l'heure pour le lever de soleil sur Tongariki.

Cette fois, nous la saisissons. Nous y sommes à 8 h, soit 20 mn avant l'heure. Là encore au moins 200 personnes se sont levées avant nous. Et heureusement, ce lever est beau, un peu moins certainement que celui de la veille, mais il est beau.

Je tente même un time-laps. Pour les non initiés en photo, il s'agit de prendre une séquence de photos d'au moins 20 mn à un rythme plus lent qu'on ne le ferait en film ou vidéo, ce qui donne un effet accéléré au temps, et visuellement, c'est assez bluffant ! Flo mitraille avec son Canon comme d'habitude !

9 h, c'est fini. Les spectateurs enthousiastes et comblés quittent les lieux, les 15 Moai peuvent se rendormir... Jusqu'au lendemain matin !

Nous repartons petit déjeuner chez nous, heureux d'avoir pu vivre ce spectacle rare une dernière fois !

Sur la route, on repasse par la plage d'Anakena pour avoir un meilleure luminosité pour photographier les 7 Moai presque tous coiffés de rouge. Belles photos.

Il fait beau. Nous décidons de faire la visite du village (restauré) d'O Rango aperçu de loin hier.

Une petite marche de 25 minutes est annoncée. On y restera plus d'une heure tellement le paysage en haut du volcan est superbe. Photos de ce paysage qui domine mer et volcan, mais aussi de ce village de 53 maisons réhabilitée dans les années 70-80, un habitat typique des Rapa Nui à l'époque où ils cultivaient le culte de l'homme oiseau au XVIII et XIXème siècle. Ce culte permettait aux chefs de clans qui s'affrontaient dans une joute sportive et périlleuse, d'asseoir, pour le vainqueur, son autorité sur le peuple Rapa Nui, et ce pendant 1 an !

Il nous reste un peu de temps pour aller voir la seconde plage signalée par les guides, celle de Ovahe. Difficile d'accès puisqu'il faut se frayer un passage entre les rochers. Elle est beaucoup plus petite que sa rivale et voisine d'Anakena, elle n'a pas de cocotiers, mais à un charme fou, avec son sable rose. Elle est sur plombée par une falaise qui permet aux courageux qui sont venus jusqu'ici, d'avoir un peu d'ombre. Essentiel sur l'île si on ne veut pas cramer !

Conseils. Être bien chaussé et assez sportif, car il y a une marche d'approche difficile d'une dizaine de minutes au milieu de rochers acérés. Avec la glacière et le parasol, ça risque d'être pénible!

Finalement, on repart sur Anakena, et ses cocotiers. Coup de soleil d'avant hier oblige, on recherchera l'ombre des arbres, et on ne se baignera pas. La petite sieste est programmée à l'ombre mobile des cocotiers. Se déplacer toutes les 10 mn nuit à la qualité de la sieste ! 😂

Il se passe toujours quelque chose sur cette plage, très courue, notamment le dimanche.

Devant nous, un éphèbe presque nu entreprend d'escalader un des cocotiers à mains nues. D'une force et d'une habileté hors du commun, il parvient au sommet en moins de deux, et commence à en détacher les fruits qu'il projette sur le sable 15 mètres en contrebas. Puis il redescend tout aussi rapidement qu'il était monté, et commence à ouvrir les noix de coco pour en offrir le breuvage aux touristes moyennant un petit billet !

Retour pour notre dernière chance de voir un plus beau coucher de soleil qu'hier soir.

Ce ne sera pas le cas, record non battu !


Lundi 25.

C'est le retour. On prend notre temps puisque notre avion est en début d'après midi.

Notre aubergiste nous remet un collier de coquillages, en guise de souvenir, et nous véhicule jusqu'à l'aéroport.

Très petit. Celui ci n'est même pas apte à gérer les deux ou trois départs par jour. On va passer 2 h en procédures diverses et surtout files d'attente.

Petite anecdote, Flo avait cueilli, ou plutôt ramassé quelques mangues de notre jardin, enfin celui de l'auberge. Et là, au contrôle, ça ne passe pas ! Interdit de faire entrer au

Chili toutes formes d'aliment. On le savait depuis notre retour d' Argentine. Mais là, enfin, l'île de Pâques, ce n'est pas le Chili ? Oui, nous répond-on, mais c'est une île 🏝. Bon, Excit nos excellentes mangues! Flo me dit avec un petit sourire : ils n'ont pas vu les deux autres... À l'enregistrement, rien, nothing, nada, oualou! Nous déposons nos sacs pour la soute, heureux que notre salade d'avocats prévue pour ce soir ait pu passer sans encombre.

Nous sommes dans la file d'attente avant d'embarquer, quand on entend appeler Flo au micro, pour un nouveau contrôle de valise. Mince, ils ont vu la salade d'avocats ! 10 MN après, Flo revient en me disant : il y a eu un second scan, ils nous ont saisi les deux dernières mangues ! Et la salade ? Non, ça, c'est passé. Ouf ! Espérons qu'il n'y aura pas un 3eme contrôle, ils seraient capables de nous faire péter la 💼 valise !

On est à bord lorsque j'écris ces lignes, on va 🛫 décoller, RAS!

Arrivée dans moins de 5 heures à Santiago, vers 22 h locales, avec les deux heures de décalage ! Le temps de récupérer nos bagages 23 h. Notre prochain vol vers Atacama est à 5 h du mat. Et il faut être présent une heure avant. Inutile d'aller à l'hôtel, nous décidons nous reposer sur place pour ce qu'il reste de la nuit. Flo essaye de dormir tant bien que mal. Moi, je surveille les bagages et profite pour mettre mon blog à jour ! Je ne voit pas passer le temps.

4 h du mat ce 26 mars, le réveil de Flo sonne. Elle a pu dormir quelques heures, par intermittence. Je me dis que j'essayerai d'en faire de même dans 2 h 30, en plein air dans notre avion.

Ce vol, réservé avant notre départ de France avec la compagnie low cost Jet Smart via last minute. com nous coûte 90 € pour 2 (aller simple).

Astuce : ne pas hésiter à comparer les coûts des transports. Ce vol de moins de 2 h ne nous coûte que quelques € de plus que si on avait choisi de voyager en bus avec ses 30 h de route !



À suivre : le désert d'Atacama

4

26 mars 2019.

Notre avion se pose sur le tarmac de Calama. Il est un peu moins de 9 h du mat. Super, on n'a pas perdu de journée en voyage, grâce à ce vol matinal.

Nous prenons en compte de la voiture location sur l'aéroport. Nous avions réservé en ligne via Rentalcar un Duster type 4X2 ce qui correspond à un SUV. Prix de la journée de location environ 60€/jour km illimités et assurance comprise. Nous avons eu la chance d'être surclassés car il n'y avait plus de SUV !

Conseils : 1- si vous êtes au moins 2, il est préférable de louer un véhicule. Il est quasiment amorti, car les tours opérateurs sur SPA vous proposent des tours "collectifs" à la journée ou à la demie journée entre 20 et 50.000. Pesos par personnes (à peu près le même prix dans toutes les agences soit, si vous êtes deux : entre 40 et 100.000 pesos. En plus vous êtes confinés à 12 ou 20 personnes dans un minibus, sans la liberté et l'indépendance que peut procurer un véhicule perso. Les explications d'un guide ne sont pas nécessaires surtout si vous voyagez avec un guide papier comme le routard, le petit futé ou lonely planet, ou si vous avez préparé votre voyage sur internet.

La navigation sur les routes est facilitée par une application comme Maps.me qui vous permet de circuler avec des cartes du pays téléchargées avant votre départ. Pas besoin de WiFi, c'est une appli vraiment super, même pour trouver des adresses ou points d'intérêt en ville ou dans les villages où les rues ne sont jamais indiquées.

De plus, les sites à visiter sont tous bien signalés par panneaux sur la route.

2 - À la sortie de l'avion, ne vous précipitez pas au guichet de la société où vous avez réservé. Presque tout le monde réserve ce type de voiture (SUV) pour son prix abordable. Premiers arrivés, premiers servis, selon le proverbe. Et comme il n'y en a pas assez, lorsque ce sera à votre tour, on vous donnera forcément un modèle supérieur en remplacement. Nous avons eu droit à un Tiguan de chez V.Wagen, automatique, 4X4 diesel, au lieu du Duster essence réservé !

3- préférez louer à Calama plutôt qu'à SPA. les prix sont plus doux ! De plus sur la route qui vous mène à San Pedro, vous pourrez visiter la vallée d'Arcoiris, et faire un 1er stop au Mirador dominant la Valle de la Luna, un avant goût de ce qui vous attend un peu plus tard.

Et puisque vous avez une voiture, faites vos courses à Calama, c'est bien moins cher qu'à SPA !

Sur notre route vers San Pedro de Atacama, notre première visite programmée est donc pour la Valle del Arcoiris (vallée de l'arc-en-ciel), véritable bijou géologique de la région.

Cette vallée se trouve à environ 30 km après Calama sur la gauche et 80 km avant San Pedro ; elle n'attire que très peu de visiteurs et c'est bien dommage, tant les paysages sont superbes. Les couleurs des roches et des montagnes varient selon la position du soleil, d'où le nom de la vallée. Le rouge côtoie le marron, le jaune, le vert, le violet ainsi que le blanc du sel ou des rivières salées, souvent asséchées. Et si comme nous, vous avez la chance d'avoir un ciel d'un bleu profond et la lune en arrière plan, c'est tout simplement magnifique.

Notre 4X4 nous permet de nous aventurer à la limite des pistes qui finissent leur tracé à la naissances des talwegs.

Un véhicule 4X4 est conseillé mais pas obligatoire

Quelques lamas sont là pour nous accueillir dès l'entrée de la vallée, avec leurs tresses de couleurs, montrant qu'ils ne sont pas tout à fait sauvages.


Non loin de là se trouve le site des pétroglyphes de Hierbas buenas (3000 pesos/personnes) où on peut admirer quelques gravures pré-hispaniques représentant des animaux. Rien d'extraordinaire !

À noter que la visite de la vallée del Arcoiris n'est pas payante. Les agences de San Pedro vous demanderont 30.000 p. /personne pour vous faire visiter ce site, en voyage groupé dans un minibus. Si vous êtes deux, le prix de la location d'une voiture est déjà amorti !

Compter 2 à 3 heures de visite pour bien vous imprégner de cette première approche de la région.

Nous poursuivons la route en excellent état pour San Pedro de Atacama.

Juste avant d'arriver à destination, le paysage change, nous quittons la plaine désertique et trouvons cette région faite de montagnes, de collines, de vallées, de gorges, bref ce qui nous a fait venir dans cette partie du désert. À quelques km de SPA, nous nous arrêtons au Mirador du coyote (enfin au bord de la route, le mirador est un peu plus loin) pour avoir une première vue de la vallée de la Lune. Les mots manquent pour décrire cette construction géologique qui tire son nom de la lune, tant les ressemblances sont frappantes (ben oui, j'ai déjà été sur la lune !)

Il est bientôt midi, alors que nous rentrons dans ce charmant petit village de SPA. (10.000 habitants au dernier recensement de 2016, plus de 13.000 aujourd'hui selon nos hôtes). Le village se situe à 2400 M d'altitude, avec un climat très sec, des températures à 30 degrés l'été (décembre à février). Les nuits sont plutôt fraîches. Le désert d'Atacama est réputé pour être le plus aride du monde, certains coins n'ont pas vu la pluie depuis 400 ans ! Sauf qu'ici, on connaît depuis quelques temps des inondations, comme celles de février 2019 qui a causé beaucoup de dégâts dans la région. (dérèglement climatique ?)

Nous trouvons un petit restaurant en bord de route (il y en a plusieurs côte à côte). Rentrer dans SPA par la route principale, ils se trouvent côté gauche 5 ou 600 M après l'entrée du village, sur une placette).

Nous mangeons très correctement pour 4000 p/pers et toujours la propina sugerida, on commence à y être habitués maintenant ! C'est le meilleur rapport qualité prix que nous ayons trouvé au Chili !


Nous arrivons en avance à notre Airbnb : "la Encantada" , l'enchantée, chez Rafael et Maria, un peu à l'écart du village.

Conseil pour cette location que nous recommandons chaudement : il vous faut impérativement une voiture, ne serait-ce que pour vous rendre à SPA.

C'est assurément notre meilleure location de tout notre voyage. On était tombés sous le charme de cette petite maison implantée au milieu du désert lors de nos réservations depuis la France ! Chère pour notre budget initial puisqu'elle coûte un peu plus de 100€/jour. Mais bon, c'était notre coup de cœur 😍

Rafael parle espagnol mais comprend le français. Maria parle un français parfait. Tous deux ont travaillé dans l’hôtellerie avant d'ouvrit leur maison d'hôtes. On peut aussi échanger en anglais. Ce sont vraiment des pro du tourisme.

Les échanges de mails avaient été si sympa avec Rafael, que j'avais décidé (au grand dam de Flo, chasseur de kg en trop dans les valises), de lui ramener une bonne bouteille de Médoc depuis la France! Le couple a été ému par ce cadeau, mesurant le nombre de km parcourus par cette bouteille depuis son achat à Nice !

Nos hôtes nous conseillent les visites de 4 lagunes non loin de chez eux. Ça tombe bien, c'est ce que j'avais prévu !

Nous voici donc à la laguna de Cejar où on nous demande 15.000 p/pers soit 20€ pour un simple trou d'eau, fût-t-il très salé, dans lequel on peut se baigner à 10/12 degrés... et flotter. Il y a un ou deux ans, cette lagune avait été interdite à la baignade, des traces d'arsenic y ayant été décelées. Pour notre proprio, ce serait pour des raisons écologiques, les baigneurs y auraient laissés pas mal de produits solaires dans l'eau !

Tout ça pour dire que baignade ou non, à 10 degrés ou 15 degrés, on n'était pas OK pour payer un tel prix. De nombreux touristes nous ont dit par la suite, avoir eu la même réaction que la notre.

Demi tour donc, pour aller voir los Ojos del Salar (les yeux du Salar) deux trous d'eau avec de belles couleurs sombres, de part et d'autre de la piste, qui, vus du ciel, doivent effectivement ressembler à deux yeux ! Les drones sont interdits dans cette région, comme sur pratiquement tous les sites touristiques du Chili. Donc vous n'aurez pas de photo aérienne, ça tombe bien, on n'avait pas (encore) de drone!

Los ojos del salar 

La laguna Tebenquiche non loin de là n'a rien de vraiment extraordinaire, sinon deux flamant roses : 2000 p et 1500 pesos pour les +65 ans et les moins de 12 ans !

Le coucher de soleil qu'on espérait sur cette lagune ne nous semble pas prometteur, une légère brise sur la lagune empêche l'effet miroir de l'eau, qui nous aurait fait apprécier ce lieu. Nous préférons retourner à la maison, et voir la lumière s'estomper lentement derrière le volcan Licancabur qui trône fièrement avec ses 5916 m devant notre terrasse. Avec un Pisco et quelques chips, c'est quand même royal !

Le Licancabur au coucher de soleil
Après une infusion, un bon pisco !  

Dîner à la maison. Les fruits et légumes achetés à Calama feront notre bonheur du soir.

27 mars 2019

Ce matin Rafael nous demande si on a un programme. On en a bien un, mais on se laisse conseiller. Bien nous en a pris :

Nous prenons la direction du sud sur la route 23, belle route goudronnée tout le long, qui longe le Salar d'Atacama. Nous nous arrêtons au petit village de Toconao (800 habitants). Sur la place principale, se trouvent l'église et le clocher de Saint Luc (San Lucas), datant du XVIIIème siècle, 1744 exactement. Bien que reconstruits après divers tremblements de terre et incendies, ils gardent un charme fou et tous deux ont été déclarés Monuments Nationaux du Chili.

Malheureusement l'église est fermée pour travaux. Mais l'arrêt sur la place du village vaut le coup ne serait-ce que pour le clocher détaché de cette église, qui aurait cependant bien besoin d'un ravalement!

Très beau, ce petit village de Toconao ! 

La porte de ce clocher est faite de planches de cactus attachées entre elles par des liens de cuir. Très originale. On adore.

la Belle porte du clocher, en cactus . Admirez aussi  les gonds en bois!

Le village en lui même n'est pas très beau (excepté cette place centrale). Toutes les maisons sont de construction traditionnelle en liparite (tuf volcanique de couleur blanche), la majorité des habitants travaillent à la mine locale, ou dans l'agriculture.

Un peu plus loin, nous nous arrêtons dans le village encore moins peuplé (300 habitants), de Socaire à 3218 m d'altitude (déjà!) pour déjeuner au petit restaurant "la coceneria de San Santiago" sur la gauche. Entrée plat dessert pour 6000 p/personne (On nous avait annoncé le menu du jour avec son excellente soupe de légumes à 5000 p mais nos têtes de touristes ont certainement fait monter l'addition!) Une bonne petite adresse. Merci Rafael. Une visite à l'église s'impose ici, comme dans tous ces petits villages profondément catholiques et pratiquants. Elle est superbe, épurée, toit de chaume et murs en adobe. A noter que c'est la première église de ce village qui en comporte deux, avec son clocher détaché, comme à Toconao, la seconde étant bien moins ancienne, avec nettement moins de charme, vue de l'extérieur!

L'église de Socaire..


Nous continuons vers le sud sans trop nous apercevoir que ça montait, et on se retrouve quelques km plus loin à plus de 4000 m d'altitude! Et là, le paysage devient tout simplement magnifique. On s'arrête à proximité du Salar de Aguas caliente à 4280 m exactement, une vraie merveille de la nature, une très grande étendue de sel, occupée par endroits de langues d'eau bleu ciel et vert pastel, parfois striées par des coulées très brunes on ne sait pourquoi, des aréoles de sel rosé pas encore tout à fait sec, toutes ces couleurs changeant selon l'orientation du soleil, ou la notre. Tout simplement merveilleux. On ne se lasse pas d'admirer, de photographier, d'admirer, de re-photographier... On ne peut s'en approcher trop près, protection des sites oblige, mais des miradors permettent des prises de vues inouïes. Nous repartons, Il n'y a pratiquement pas de circulation, ce qui nous permet de nous arrêter pratiquement tous les 500 m sur la route, émerveillés par ces couleurs changeantes.

Un peu plus loin, la lagune Tuyacto nous offre aussi sa magnifique palette de pastels. Les quelques nuages contrastent avec un ciel d'un bleu profond pour nous offrir de magnifiques clichés.

Nous sommes à quelques kilomètres de la frontière Argentine, nous faisons demi tour pour nous arrêter observer les 2 petites lagunes de Muscanti et Miñiques que nous avions laissées de côté à l'aller. Elles sont belles aussi même si elles souffrent de la comparaison avec ce que nous venons de voir, la première d'un bleu profond, la seconde d'un vert soutenu à plus clair en fonction de la lumière, toutes deux ceintes d'une couronne de sel blanc immaculé. Là aussi, préservation écologique oblige, on ne s'approche pas, des limites en planches ou en pierres nous tiennent à distance ! (3000 et 2500 pesos pour les + de 65 ans et les plus jeunes) .

On se dirige ensuite vers la laguna de Chaxas et sa colonie de flamands roses. Mais nous repartirons sans y accéder car elle se trouve en cette fin d'après midi, totalement en contre jour. On la reprogramme pour demain.

On file sur San Pedro de Atacama, un des villages les plus touristiques du Chili. Il possède 2 rues principales dans lesquelles se concentre toute l'activité touristique. C'est très animé le soir au retour des tours organisés par les agences. On y entend parler toutes les langues ! En journée, c'est un peu plus calme.

Il possède aussi une église datant en partie du XVIIème siècle, de toute beauté couleur "adobe" (couleur terre, torchis), déclarée monument national en 1951, rénovée il y a 4 ans. Elle inciterait les plus athées à venir prier, dit la légende.

Nous nous rendons ensuite à l'agence Colque Tourism qui a bonne presse sur le net, pour faire un changement de programme.

Pour visiter le Sud Lipez et le Salar d'Uyuni, on avait prévu de le faire au départ de Tupiza en Bolivie, qu'on aurai atteint depuis Calama, après un journée entière de bus! Là il se trouve qu'on peut faire cette visite depuis SPA, ce qui devrait nous permettre de passer 2 jours de plus dans cette belle et accueillante région du Chili, et de poursuivre sur la Bolivie dans la foulée.

Prix annoncé pour un circuit de 2 nuits et 3 jours = 600.000 p en tour privatisé avec un guide anglophone, 400.000 pour tous les deux, si on prend un guide espagnol. Comme on commence à être à l'aise dans la langue de Cervantes, on choisit la visite en espagnol. On voudrait une journée de plus pour profiter d'avantage de cette région qu'on sait être magnifique ! 500.000 pesos nous sont annoncés pour 4 jours et 3 nuits, c'est un petit peu plus qu'initialement prévu, mais bon, on sera les deux seuls voyageurs avec le chauffeur et la cuisinière et on aura la maîtrise des lieux à visiter et du temps à y consacrer. À 4 ou 5 personnes, ça nous aurait coûté moitié prix, c'est sûr ! Mais bon !

On échange un regard tous les deux et on se laisse convaincre par cette proposition. On viendra confirmer et payer demain.

Mais il faut alors annuler les réservations de 1 nuit à Calama et 2 nuits à Tupiza (travail de Flo vite fait bien fait, on ne perd que quelques € de frais d'annulation de réservation) .

Il faut maintenant voir si on peut prolonger notre séjour chez Rafael et Maria puisque ce changement nous ferait rester 2 jours de plus dans la région.

Mais nos propriétaires nous informent que malheureusement, notre chambre ne sera pas libre les deux nuits suivantes. Aïe, ça commence mal ! On était si bien ici ! Ils téléphonent à leur voisine qui loue aussi sur Airbnb. C'est libre. Il ne reste plus qu'à voir si on peut garder la voiture un jour de plus. On verra ça demain puisque on doit aller à Calama.


Conseils : si vous êtes en voiture privée c'est à SPA que se situent les deux seules pompes à essence du secteur. Aucune autre pompe à 120 km à la ronde (c'est à dire Calama) . Donc attention, toujours partir le matin avec le plein.

Jeudi 28 mars :

On avait prévu un lever 7 h pour aller voir les flamands roses sur la lagune de Chaxa. Mais une migraine perturbe la nuit de Flo, et on décide de se faire une matinée cool pour souffler un peu. Et comme notre nouveau programme nous donne cette latitude, autant en profiter!

Un peu plus tard dans la matinée, on file à l'aéroport de Calama à 110 km de là pour prolonger la location de la voiture. Ce qui ne cause aucun problème, en traitant directement avec le loueur (ou par le site : reservas@econorent.cl), la journée supplémentaire nous coûte même moins cher que sur rental car !

L'après midi est consacré à la visite de la mine de Chuquicamata près de Calama.

Cette visite de type industriel détonne un peu dans notre programme, mais on a choisi de la faire car cette mine est la plus grande mine de cuivre du monde à ciel ouvert. Elles exploite depuis plus d'un siècle le cuivre très présent dans le sous sol de la région. Sa production est d'environ 1 700 000 tonnes de cuivre en 2013. Actuellement, l'exploitation de la mine est assurée par Codelco, entreprise détenue à 100 % par l'État chilien. Le Chili est le plus gros pays producteur de cuivre, il extrait à lui seul plus d’un tiers de la production mondiale.

Nous voici gilet orange et casque de chantier de la même couleur,

pour découvrir l'histoire de cette exploitation, visiter la ville aujourd'hui désertée par les quelques 10 000 mineurs qui y travaillaient.

Au début du XIXème siècle, c'était une véritable cité avec commerces, bars, théâtre église et même stade de foot ! Aujourd'hui, pour leur santé, les mineurs vivent moins exposés, dans la ville de Calama à 15 km de là.

La ville fantôme de Chuquicamata 

Le gouffre à ciel ouvert de la mine fait plus de 5 km de diamètre, et est profond de plus d'un kilomètre. C'est tout simplement impressionnant, tout comme la taille démesurée des engins ou véhicules y travaillant. Les photos parlent d'elles mêmes.

Pour se donner une idée des dimensions, au centre de la photo, on voit de gros camions et des excavatrices ! 
Hauteur de roue du camion : 3,50 mètres!!! 

Astuce : pour cette visite, il faut réserver par internet quelques jours à l'avance à l'adresse suivante : visitas@codelco.cl

La mine répond assez vite et il faut ensuite confirmer sa présence au moins 24 h à l'avance.

La visite s'étend de 13 h, heure de rendez vous en ville et 16 h 30 heure de retour. Les conditions de sécurité pour cette visites sont draconiennes, ce qui nous semble normal.

Elle est gratuite, mais on nous laisse entendre qu'une donation pour une œuvre caritative (enfants défavorisés des mineurs) serait la bienvenue.


Malheureusement, à la sortie de cette visite, nous apprenons une terrible nouvelle. Le papa de Flo vient de nous quitter. Nous sommes effondrés tous les deux. La route retour vers SPA va être très difficile. On va devoir interrompre notre voyage.

Europe Assistance via la carte bancaire ayant servi à acheter les billets est contacté. On demande à partir le lendemain, et on prévient nos hôtes, qui, à ce moment nous sont d'un grand soutien. Maria montre beaucoup d'empathie, de douceur et nous réconforte avec des mots simples et sensés

Ce matin, ils nous avaient invités à l'apéritif autour d'un feu vers 18 h ; Malgré leur volonté d'annuler cette soirée, nous leur demandons de la maintenir, nous avons besoin de leur soutien. Et c'est simplement que nous terminons cette soirée, à parler chacun de son expérience de la perte d'un parent. Nous essayons aussi d'aborder d'autres sujets, autour ce ce feu qui nous réchauffe autant le corps que l'esprit.

Merci Maria et Rafael pour votre soutien et votre aide psychologique ce soir là.

Avec nos super hôtes, Rafael et Maria. 

Le sommeil ne viendra que par intermittence cette nuit.


29 Mars 2019 :

Normalement, c'est un jour de fête aujourd'hui, puisque c'est mon anniversaire. Ce sera un jour triste, entre pleurs et câlins et réconfort réciproque.

Nous apprenons qu'Europe assistance ne pourra nous rapatrier que le lendemain.

Ce n'est pas une bonne nouvelle. Nous voulions rejoindre la famille au plus tôt.


Astuce : il est inutile de prendre une assurance rapatriement en cas de problème comme celui-ci ou un autre (hospitalisation, blessure en vacances...) Si vous avez payé des éléments de votre voyage (exemple : les billets d'avion) avec votre carte bancaire.

Renseignez vous cependant auprès de votre banque avant votre départ, pour en connaître les conditions exactes

Malgré notre tristesse, nous décidons de ne pas rester cloîtrés à la maison.

C'est avec les yeux rouges et quelques larmes que nous visitons, sans entrain, la Laguna de Chaxa et ses flamands roses. Il est 11 h lorsque nous y arrivons. Un poil trop tard.


Conseils : le meilleur moment pour y aller est le matin à l'ouverture à 9 h. Il y a d'avantage de flamands et moins de touristes même si il n'y en avait pas beaucoup lorsque nous y étions. De plus pour les photos, on n'est pas à contre jour. (3000 p/personne)

Magnifiques couleurs sur la lagune... 

Nous décidons ensuite d'aller nous recueillir dans la magnifique église de San Pedro de Atacama.

Puis toujours sans trop d'entrain et pour ne pas ressasser, nous visitons la valle de Mart (vallée de Mars) connue aussi sous le nom de valle de la muerte, ça ne se traduit pas. (3000 p./pers, 2500 pour les seniors et les moins de 12 ans)

Belle composition que Dame Nature nous fait
La Valle de marte (ou de la muerte) 
La vallée, vue du mirador. 

Puis nous nous rendons à la Valle de la Luna. Mais chose que nous ignorions, celle ci ferme à 13 h pour les particuliers en voiture, on ne peut entrer qu'en vélo ou à pied. Il y a 13 km à faire, on n'a vraiment pas le cœur à faire ça à pied. On décide donc de se rendre par la route jusqu'au belvédère (mirador) du coyotte pour avoir une vue globale de cette magnifique vallée.


Conseils : pour ne pas vous faire avoir :

1- vous renseigner auprès de l'office de tourisme de SPA, qui détient la liste de tous les sites à visiter, avec notamment les horaires d'ouverture et de fermeture des différents sites et leurs prix.

2- il existe à 2 ou 3 km de SPA, sur la route de Calama, le mirador del Coyote, bien signalé, d'où il est possible d'avoir une belle vue sur une grande partie de la vallée, accès payant : 1500 p. /personne. Le seul belvédère payant de la région à ma connaissance, mais ça vaut vraiment le coup.

3- rentrer en milieu de journée à pied ou en vélo sur ce site n'est pas recommandé, à cause de la chaleur et du manque (pour ne pas dire l'absence) d'ombre. Pour les plus courageux, chapeau, lunettes de soleil, crème solaire et au moins 2 litres d'eau !

Liste des sites à visiter autour de San Pedro de Atacama avec les heures d'ouverture  


Nous rentrons à notre nouvelle Airbnb "el arbol Viejo" le vieil arbre, trouvée grâce à Maria et Rafael. On paye 60.000 p. Soit 80€. Moins cher que chez nos nouveaux amis, mais beaucoup moins de charme, de chaleur. Le jardin et l'environnement sont moins, voire pas entretenus. L'appartement avec ses deux chambres est cependant très correct : très bonne literie et belle salle de bains. Il se trouve sur Airbnb et la propriétaire parle anglais. Difficile à trouver sur le terrain. Il n'y a aucune indication. La propriétaire doit certainement donner un plan détaillé ou des indications précises pour s'y rendre ?

Nous avons loué pour une nuit, puisque nous regagnons la France demain. Nous passons le début de la soirée avec Maria et Rafael. Nous ne leur leur disons pas adieu, mais au revoir, puisque nous avons décidé de reprendre dans quelques mois, ce voyage là où il a été interrompu.

30 avril 2019.

Lever de bonne heure, il nous faut aller prendre notre vol à Calama à 120 km de là, et rendre la voiture de location à l'aéroport.

Vol vers Santiago, puis direct par Air France jusqu'à Paris.

Fin de notre périple. Mais... à suivre, promis.