Les villages perchés, le soleil, les ocres, le temps qui suspend son vol... bienvenue dans le Vaucluse !
Septembre 2014
7 jours
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Sous un beau soleil et une chaleur juste comme il faut, Saint-Saturnin-les-Apt est magnifique. Toute en longueur, son église en apogée, ses maisons provençales ramassées les unes contre les autres, voilà une belle entrée dans le Luberon ! Les façades ocrées sont une douceur pour les yeux. Ça sent bon le sud. En grimpant vers le château, on a une vue plongeante sur le village et les différentes hauteurs qui émaillent les lieux.

L'église Saint-Etienne a été reconstruite en 1860. Elle abrite une piéta du XVe siècle.

Tout est ici calme et volupté. Tout est baigné de lumière. Les plantes de toute tige se développent au pied des maisons. Plongez dans les ruelles parfois tortueuses du village, c'est le meilleur moyen d'en découvrir l'âme.

Le château du XIe siècle et l'ancienne chapelle romane permettent de prendre de la hauteur tout en visitant un site plus que charmant. Attention ça grimpe, il faut de bonnes chaussures et de l'énergie.

Le barrage construit en 1763 permet de traverser une réserve d'eau qui apporte une petit fraîcheur bienvenue. Le château offre la maçonnerie de ses murs à la vue, toute en pierres du pays.

Quelques vues des hauteurs du château. On entend presque les cigales.

Si vous en avez le courage, allez jusqu'au moulin. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, il y en avait quatre.

Fans de randonnée, vous allez pouvoir vous en donnez à cœur joie. De Saint-Saturnin-lès-Apt partent 250 km de sentiers balisés.

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Il n'est pas bien grand, le village de Roussillon, mais il est très beau ! Il est difficile de s'y garer, les places de parking viennent vite à manquer, même hors saison. Les maisons dominent le paysage alentour, elles semblent entassées sur un promontoire. Les voitures ne peuvent pas y circuler, les ruelles sont étroites. Ce village est perché sur un piton rocheux : le Mont Rouge. N'hésitez pas à aller tout en haut, au niveau d'une table d'orientation, la vue est à couper le souffle (et les batteries d'appareil photo ? Le mien est tombé en rade pile à ce moment du périple. A mon plus grand désarroi).

A savoir: Samuel Beckett est venu se réfugier à Roussillon, non pas en attendant Godot, mais pendant la seconde guerre mondiale.

Voici la preuve avec cette venelle ! N'hésiter pas à les emprunter pour prendre de la hauteur: beaux panoramas garantis.

Roussillon est aussi connu pour ses mines prolixes en ocre. Admirez les nuances de rouges, de orange, de jaunes, de blancs. Vous pouvez parcourir le sentier des ocres, très bien balisé: durant une heure, nous nous sentons minuscules dans des paysages de géant. A l'aller ou au retour, il est possible de visiter le conservatoire des ocres. Bref, mettez de la couleur dans votre voyage !

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L'incontournable de la cité, c'est évidemment le Palais des Papes, à visiter (donc pas comme moi) un jour d'ouverture. Les portes closes sont jolies, mais l'intérieur doit être encore mieux, n'est-ce-pas ? Voilà une architecture étonnante, un palais tout à la fois sévère par son côté défensif et attractif par ses arcades et sa sévérité.

Attention, vous êtes face à une résidence papale ! Lors du grand schisme d'Occident, deux papes, Benoit XII et Clément VI, se sont réfugiés à Avignon et y ont fait construire cet immense édifice en moins de vingt ans, à partir de l'année 1335. En regardant la façade, on ressent toute l'influence gothique de l'architecture: lignes élancées, hauteur, arcades, contreforts...

Autre point d'intérêt: la cathédrale Notre-Dame des Doms. Une petite merveille d'architecture. Fondée en 1150, elle fut agrandie aux XIVe et XVIIe siècles. En la longeant vous arrivez dans un des poumons verts d'Avignon: le Rocher des Doms.

Un havre de paix très couru des habitants de la ville, et des touristes ! Pour autant, on ne s'y sent pas à l'étroit. Comment ne pas être charmés par les étendues d'eau, les fontaines, le calme ambiant ? Un pur moment de nature avant de retrouver les bruits de la ville.

Longeons maintenant les remparts de la ville, en direction du pont Saint-Bénezet. Longs de plusieurs kilomètres, ils sont un rare exemple de remparts du XIVe siècle totalement conservés. ils ceinturent la vieille ville et s'ouvrent grâce à sept portes. Celle de Saint-Michel donne accès au fameux pont.

Voici donc la porte Saint-Michel, flanquée de quatre échauguettes. On est surpris par son côté massif, malgré sa petitesse, et on comprend sa robustesse d'un seul regard. On peut aussi se laisser porter par son imagination et voir un personnage tirant la langue, une longue langue de pierre où l'on danse (soi-disant) tous en rond.

En réalité, on dansait dessous. Maintenant, on marche dessus. Il ne reste que quatre arches de l'édifice construit au XIIe siècle par le futur Saint-Bénezet (d'où le nom). Son histoire est houleuse, il a été maintes fois détruit et reconstruit. On croise en chemin la chapelle Saint-Nicolas, saint patron des mariniers.

De retour sur la place du palais des papes, en passant par la rue des Teinturiers (incontournable rue touristique), n'oublions pas d'admirer l'hôtel des monnaies.

Voulu par Jean-François de Bagni, vice-légat du pape Paul V, il a été achevé en 1619. A partir de 1770, il devient caserne, gendarmerie puis école de musique en 1860. Aujourd'hui, il est devenu conservatoire de musique.

Dirigeons nous vers la place de l'horloge, afin d'y admirer la mairie édifiée en 1844. Nous pouvons encore admirer le clocher de l'horloge

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Entrons à présent dans la capitale du chasselas, célèbre raisin de table. Le long de la Sorgue, arrêtons-nous un instant face aux roues à aubes dont le mécanisme fascine toujours.

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Ville réputée pour ses antiquaires et ses brocanteurs. on peut y trouver foison de beaux objets exposés en vitrine ou , comme ici, en étal improvisé et attirant le long d'un trottoir. Il y en a pour tous les styles et pour tous les goûts. Sans compter nombre d'artistes venus s'installer dans la cité.

L'iSle-Sur-Sorgue est aussi appelée la Venise Provençale. Traversée de nombreux bras alimentés par la Sorgue, il n'est pas rare de croiser une roues à Aubes. Il en existait 62 au départ, il n'en reste que 5 en était de fonctionnement aujourd'hui. Elles alimentaient papeteries et filatures.

La collégiale Notre-Dame des Anges est à voir absolument tant ses décors sont éblouissants. Elle a été construite en 1672. Peintures, arcs plein-cintre, dorures, boiseries... tout est ciselé, orné, coloré. Un vrai régal pour les yeux.


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La surprise est de taille. Au détour d'un virage apparaît Gordes, une cité complètement perchée. Ses maisons de pierre, son église Saint-Firmin et son château édifié à la Renaissance sur des bases médiévales dominent la vallée du Calavon (appelée aussi vallée du Coulon, nom d'une rivière). Avant même de s'engager dans l'antre du village, la vue est vertigineuse, incroyable, et nul doute qu'il s'agit là d'une des clés qui explique le succès touristique de Gordes. La cité a su garder son authenticité malgré la multiplication d’échoppes en tout genre. Même hors saison, il y encore énormément de monde dans les ruelles, rendant la visite parfois fastidieuse. Il faut quasiment renoncer à prendre des photos convenables. Si un jour j'y retourne, je prendrai garde de m'y rendre tôt, quasiment à l'heure où blanchit la campagne (dixit ce cher Victor, ou Hugo, je ne sais plus) afin de profiter au mieux de cet exceptionnel joyau du Vaucluse.

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Moins spectaculaire que Gordes et beaucoup plus étendu, le village de Ménerbes mérite qu'on s'y arrête. Il offre des vues sur les paysages du Lubéron qui vous laissent sans voix. Avec pour agrément quelques statues et autres œuvres d'art, qui ont trouvé dans les hauteurs et pleines alentour un écrin naturel et chaleureux.

Le lieu est authentique. il suffit de parcourir les rues et ruelles encadrées de maisons aux couleurs des ocres pour s'en apercevoir. Nous ne sommes pas les seuls à être tombés sous le charme : Picasso et Nicolas de Staël y ont posé leurs valises.

Même Albert Camus a délaissé la peste et la nausée pour venir s'y ressourcer: il y est arrivé étranger et en est reparti plus familier. C'est aussi à Menerbes que l'écrivain Peter Mayle a écrit le célèbre roman "Une année en Provence". Alors si vous avez l'âme romancière, c'est le village qu'il ne faut pas louper !

A voir dans Ménerbes ? Beaucoup de choses ! Le Dolmen de la Pichoune (qu'il est mignon tout plein ce nom) venu tout droit du néolithique, les portes du village et la citadelle du XIIe siècle, l'abbaye Saint-Hilaire où les Carmes ont laissé beaucoup de charme. Sans oublier les maisons des artistes précédemment cités et les places qui émaillent le village.

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Voici le célèbre Petit Colorado de Rustrel. Un des sites les plus connus du Luberon. Situé tout près du village portant le même nom, il attire tous les regards. Par manque de temps, je l'avoue honteusement, je n'ai pas parcouru Rustrel, et pourtant c'est encore une jolie bourgade à admirer.

Dès 1871, le site est façonné par l'exploitation de l'ocre. Les hauteurs, les creux, les cheminées de fée témoigne de la sculpture improvisée due à l'industrialisation du site et à l'érosion du temps. Les couleurs se déploient sur 30 hectares, il y a de quoi s'en mettre plein les yeux: du rouge vif, en passant par le jaune, le blanc, le orange, le jaune...

Un véritable décor de western se dresse. Les monts du Vaucluse entourent ce paysage féérique, apportant la touche de vert qui manquait à la palette.

Comme il est possible d'en voir en Bretagne, des cairns sont été érigés sur certains rochers.

Se garer sur le parking même du Petit Colorado a un coût: 4 euros. Et la personne qui était à l'entrée n'a pas été particulièrement aimable puisque de sa bouche, qui semblait ne pas savoir esquisser un sourire, n'est sorti que le prix à payer. Ce n'est pas très engageant ! Persévérer valait le coup, une fois qu'on s'engage dans les sentiers de randonnée, on oublie vite ces petits désagréments.

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Se rendre à Lourmarin un vendredi matin (sans l'empereur, sa femme et le petit prince las de serrer des pinces) est une excellente idée puisque c'est le jour du grand marché. Alors certes, il faut trouver de la place pour garer son véhicule. Il faut aimer aussi le bain de foule car c'est un rendez-vous hebdomadaire très couru, même hors saison. Le marché offre une large palette de senteurs et de saveurs, avec l'accent chantant du sud en supplément d'âme.

Autre avantage ? Les rues sont quasiment vides, puisque tout le monde est agglutiné devant les étals !

Les galeries d'art sont légion à Lourmarin. Voici l'une d'elle arborant sur son balcon une représentation très personnelle des cigales.

Comme dans tout village provençal qui se respecte, les places sont ornées de fontaines. Elles ont dû charmer les auteurs Henri Bosco et Albert Camus, dont les corps reposent pour l'éternité dans le cimetière de Lourmarin.

Le village a connu une histoire tumultueuse dont son château peut témoigner. Il a été édifié au XIIe, puis remanié à l'époque de la Renaissance. Au XVIe siècle, une troupe de Vaudois solidement établie à Lourmarin est combattue lors des guerres de religion. L'accalmie revient suite à cet épisode sanglant. Le château est une nouvelle fois réinvesti dès 1937 par un propriétaire désireux d'en faire un centre de création artistique et culturelle, à l'image de la Villa Médicis.

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S'il est un village typique du Vaucluse, c'est bien Ansouis. Les ruelles sont bordées de maisons de pierre, parfois anciennes des XV-XVie siècles. Pour visiter, il faut beaucoup grimper, les rues sont rarement planes. Tant pis, ça muscle jambes et fessier. Rien ne sert de courir, de toute façon, il est bon parfois de avoir s'arrêter et de goûter à la sérénité d'un lieu.

Sans compter que si vous voulez admirer de près le château du Xe siècle maintes fois remanié, il faut prendre de la hauteur. Ce qui au passage vous permet d'embrasser d'un seul regard le pays d'Aigues. Et puis quand on aime, on ne compte pas, même le nombre de marches à gravir !

Le château est une propriété privée ouverte au public, les jardins en terrasse vous assurent une vue imprenable sur les paysages alentours. On admire aussi le sommet de l'église dont le décor intérieur ne déroge pas à la beauté des lieux.

Un riche ornementation romane emplit l'édifice religieux, avec fresques à décor floral, s'il vous plait !

Oui, cette statue a de quoi être fière de trôner à Ansouis. Et elle n'est qu'un prémisse de l'art installé dans la cité.

Vous n'alliez quand même pas quitter le Vaucluse sans faire un tour au musée extraordinaire de Georges Mazoyer ? Si ? Oh, voyons ! Georges Mazoyer était plongeur et peintre. Tout cela transparaît dans ses œuvres, très créatives. elles ne laissent pas indifférent et suscitent une envie de fond marin. La mer en pleines terres.