Carnet de voyage

Le Finistère, bonne mer !

27 étapes
2 commentaires
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Voyage le long des côtes de la mer d'Iroise. Son bleu envoûtant est omniprésent, mais cela n'empêche pas de remarquer les paysages diversifiés. A vos bagages, prêts, partez !
Juin 2015
7 jours
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Jour 1. Un cairn s'élève sur le Roc'h Trédudon. Il domine le paysage et marque ce lieu si particulier. Il montre le chemin à suivre, à l'opposé de l'antenne qui, c'est un avis personnel, gâche le paysage. Et dont je n'ai évidemment pris aucune photo. En cette fin juin, tout se colore de vert, de gris et de parme.

Même la paille s'abandonne lascivement au regard du promeneur que je suis. Qu'un brin s'envole, j'aurais pu me croire au far west. J'ai dans la caboche un air d'harmonica, le silence et la solitude me défient.

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Jour 2. Direction Brouënnou. Je ne vois la mer que quand j'arrive quasiment au parking, J'en suis même arrivé à me demander si je ne m'étais pas trompé de chemin. Le jeu en vaut la chandelle. Le soleil brille comme il sait si bien le faire. Contrairement à l'adage qui dit que s'il ne pleut pas en Bretagne, c'est que ça ne va plus tarder. Des chevaux paissent dans un pré avec vue sur la mer. Veinards !

Par un petit sentier côtoyant une longue plage, je découvre une mer calme qui enserre des îles verdoyantes à souhait. Des rochers surgissent, apportent une touche sombre qui contraste avec la nature alentour. Le sable se fait volontiers blanc ou orangé. Quelques touches de vert rappellent que les produits chimiques de l'agriculture ne sont pas sans conséquences: ils provoquent la prolifération d'algues nocives.

Une chapelle s'allonge dans l'herbe jouxtant la mer. Son clocher regarde vers l'horizon, là où les marins s'éloignent pour affronter l'océan. Impossible de la visiter, elle est une propriété privée.

Les chardons fourmillent. Au bout de la tige, la fleur cotonneuse danse au gré du vent, petits rats face à la souris curieuse que je suis.

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Jour 2. Je quitte Brouënnou et pars en direction de l'Aber Wrac'h. Un aber est un estuaire, une vallée recouverte par la mer (merci Larousse !).

De là, il est facile de voir comme l'océan se resserre pour former une sorte de grande rivière qui s'enfonce à l'intérieur des terres. Eh oui, en Bretagne, la mer ne peut s’empêcher de mettre son grain de sel partout.

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Jour 2. Une goélette se repose avant de reprendre sa navigation. Joli encrage que la baie fleurie qui mène au port de Lilia.

D'autres bateaux, plus petits, s'avancent dans l'immensité. Un petit poids dans les pas d'un géant.

J'arrive au port. Une épave rappelle aux bateaux de plaisance, juste en face, que nul n'est éternel. Un peu plus loin, l'activité des marins pêcheurs prend la forme de charmants bateaux bleus décorés de bouées rondes rouge et bleu.

J’aperçois des filets de pêche entassés dans un grand bac en fer. Je saisis l'occasion de prendre une photo des couleurs qui s'entremêlent. Prenez garde, poissons, à passer entre les mailles.

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Jour 2. Un rocher, véritable oeuvre d'art, domine l'eau où flottent des bateaux endormis, toujours dans la baie de Lilia. Si l'on observe la face avant, on a l'impression de voir un visage humain, bouche ouverte, clamant peut-être des poèmes à l'océan.

Ou alors ai-je abusé de substance illicites ? Non, la Bretagne est tout simplement une terre de mystères.

Le phare de l'île vierge s'élève à 82,50m, ce qui en fait un des phares les plus hauts d'Europe. Impressionnante vigie !

Une sculpture de René Coutelle (1927 - 2012) se détache de la terre. La Bretagne est aussi hébergeuse d'art. Rien n'est trop grand pour la Belle de l'Ouest.

De hardis nageurs plongent dans une mer encore bien froide, malgré la chaleur régnante en cette belle journée. L'été sera chaud à Plouguerneau.

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Jour 2. Je n'ai certainement pas atterri au bon endroit. J'arrive sur un terrain rocheux, pas très bien entretenu, exigu, décevant. Il me faudra donc y retourner et tenter de trouver la beauty face de Guissény.

Malgré tout, ces rochers disséminés ne laissent pas de marbre.

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Jour 2. Brignogan-Plage est l'endroit idéal pour les amateurs de plongée. Et même pour les autres, car il est agréable de s'étendre sur son sable, un bon livre à la main. Farniente assurée.

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Jour 3. Les falaises de Poul Cerf dépaysent, à tel point qu'il est parfois difficile de se dire qu'on se trouve encore en Bretagne. J'ai eu la sensation d'avoir débarqué dans les Caraïbes.

Le parking pour y accéder ne paye pas de mine, et surtout il ne faut pas le louper: il est juste avant le panneau "Locquirec" quand on arrive de Lanmeur. Il faut s'enfoncer dans une zone résidentielle privée avant de s'engager sur les falaises.

Le chemin pédestre serpente dans une nature verdoyante. Il faut bien penser à prévoir des chaussure et un pantalon, car on est parfois très proches de la végétation, et l'été en pleine chaleur, une vilaine bête pourrait s'accrocher à vous. L'amour du sang n'a pas d'âge.

Au bout du chemin, trois maisons bretonnes dominent le paysage. On envie les propriétaires !

Une fois dans Locquirec, vous pouvez aussi longer le chemin nommé le tour de la pointe. Après les falaises, j'ai été un tantinet moins emballé mais on peut quand même y voir de beaux points de vue.

Les pierres et rochers sont plus présents, le gris domine, et parfois se sculpte.

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Jour 3. Direction la pointe de Primel-Tregastel. Là aussi, des propriétaires chanceux s'offrent quotidiennement une vue splendide.

A l'entrée du sentier menant à la maison des douaniers, une petite demeure semble vouloir se fondre dans les roches. Raté, je l'ai vue du premier coup d’œil. N'est pas troglodyte qui veut !

Vous la voyez, là, tout en haut, la maison des douaniers ? Pour y accéder, ça grimpe assez fort, le chemin est très caillouteux. N'attendez pas à trouver des escaliers, il faut escalader parfois, bien regarder où mettre son pied. Mais rien ne presse. Sans compter que ça muscle le fessier, alors autant joindre l'utile à l'agréable.

Un fois en haut, c'est époustouflant. C'est vaste, c'est beau, c'est la Bretagne comme on l'aime.

Je vois un chameau. Et vous, qu'y voyez-vous ?

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Jour 3. Juste à côté, ne loupez pas le Diben. Vous aurez une très belle vue sur la pointe de Primel-Tregastel que vous venez de quitter.

Les sentiers jouent les originaux. Que ne faut-il pas faire pour nous attirer vers l'Iroise !

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Jour 3. Je voulais repérer le cairn de Barnenez avant d'aller le visiter dans la semaine, du coup je suis passé à Plouezoc'h. Cela m'a permis, en continuant la route menant au cairn, de tomber sur ce magnifique panorama.

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Jour 3. Quitte à devoir passer par Morlaix pour aller à Carantec, autant s'y rendre par la route de la corniche. C'est une voie très agréable pour rouler, l'eau nous suit dans le périple tout du long. Arrivé à Carantec, j'ai juste à suivre les panneaux pour me rendre à la pointe de Penn Al Lann.

L'île Loët se profile à l'horizon. Elle peut se louer durant l'année le temps d'une journée ou d'un weekend. Histoire de vivre une expérience unique, sans électricité, coupé du monde au milieu de l'océan.

Le château du Taureau est visitable a certains moments de l'année. Ce fort est une vedette, il faut donc en emprunter une pour s'y rendre.

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Jour 4. Pour se rendre au phare de la pointe du Petit Minou, il faut d'abord se garer sur un parking qui aurait bien besoin de réfection. Juste en face, encore une fois, la mer s'offre à nous et fait oublier tout le reste. Décidément, son pouvoir hypnotique ne se dément jamais.

Un chemin serpente vers le phare, nous permettant au passage d'admirer d'anciennes installations de la seconde guerre mondiale. Brest est quasiment de l'autre côté de la grande bleue: pour la protéger, des bâtiments défensifs ont été construits. Ils sont aujourd'hui dans un état plutôt moyen mais restent une trace du passé de Brest qui n'a pas été épargnée.

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Jour 4. Cette fois, à Plougonvelin, le mer prend des airs de Corse, surtout prise au travers des pins.

Cette eau si pure qu'on en voit le fond, ces bateaux endormis: cela rappelle bien la méditerranée, non ?

Le fort de Bertheaume s'élève sur son île. On y accède par une passerelle ou par une tyrolienne, pour les plus audacieux. Fin juin, je n'ai pas pu m'y rendre car il n'est ouvert que l'été au public. Pour plus d'informations : http://www.plougonvelin-tourisme.fr/fort-de-bertheaume.html

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Jour 4. L'idéal n'est pas d'aller en voiture jusqu'au pied de l'ancienne abbaye, qui en plus est de bien peu d'intérêt. Le best: s'arrêter avant et parcourir les derniers kilomètres via le GR34. Beauté garantie !

Le chemin côtoie la côte tout du long. La végétation s'en donne à cœur joie pour colorer la lande de bleu, de jaune, de vert, de violet. Sous nos yeux se joue un spectacle permanent, à tel point qu'on arrive au bout de la promenade sans s'en rendre compte.

Une sculpture se dresse au milieu d'une construction liée à la seconde guerre mondiale, très présente dans ce coin de Bretagne, marqué durablement par cette page sombre de notre histoire.

Voici enfin l'ancienne abbaye, le phare et le sémaphore. Nous avons alors quitté le Conquet et sommes de nouveau à Plougonvelin. Il faut au moins y avoir jeté un œil extérieur, je n'ai pas poussé à aller visiter l'intérieur. Les bâtiment trop disparates gâchent un peu l'ensemble. Figurez-vous que je regrette mon choix, car une fois entré dans l'enceinte du lieu, il est possible de monter tout en haut du phare. La vue doit être splendide. Tant pis pour moi, je n'ai plus qu'à y retourner.

Le retour est aussi agréable que l'aller, je vous laisse profiter des couleurs de la nature.

NB: n'hésitez pas aussi à vous arrêter dans le bourg du Conquet. C'est charmant. Je n'ai pas eu le temps de trop m'y attarder. C'est aussi du Conquet que partent les bateaux en direction de l'île d'Ouessan.

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Jour 5. Je voulais me rendre à l'ancienne abbaye de Landevennec. Je me suis trompé, je me suis rendu à la plus récente. Et quand je trouve le bon monument, je constate que la visite est trop longue pour le temps que je peux y consacrer. Car en une journée, il me faut parcourir toute la presqu'île de Crozon. Je fais demi-tour et c'est au détour d'un virage que je découvre une superbe vue sur l'île de Térénez. Observez sa rondeur presque parfaite. Pour s'y rendre vraiment, il suffit d'aller dans la commune du même nom.

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Jour 5. Un producteur ostréicole s'est installé face à l'île des morts. Tout d'abord un cimetière dans lequel reposent les personnes mises en quarantaine dans ses bâtiments, d'où le nom, elle devient ensuite un lieu de stockage de poudre pour la ville de Brest. Les bâtiments sont transformés au XXe siècle en sanatorium. Aujourd'hui, l'île est interdite au public et est une réserve naturelle.

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Jour 5. En 1594, une bataille s'engage à Roscanvel. Les Espagnols occupent cette partie de la Bretagne et font ériger un avant poste triangulaire toujours visible aujourd'hui. Voilà pourquoi y est présente la pointe des Espagnols. Elle est aussi un témoignage de la seconde guerre mondiale: des blockhaus y ont été installés. Il faut dire que ce point stratégique fait face à la rade de Brest.

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Jour 5. J'arrive à Camaret-Sur-Mer et me gare dans la rue face au port. Je n'ai vu qu'après qu'un parking plus grand et plus pratique est situé un peu plus loin. Je me dirige vers la Tour Vauban, qui a pris le nom de son architecte.

Cette tour a été érigée en 1696. En 2015, elle était en travaux, je n'ai pu la prendre en photo que sur un de ses côtés. Aujourd'hui, ces derniers sont achevés et j'irai la revoir en septembre, afin d'en visiter aussi l'antre.

Un bateau attend la prochaine marée pour prendre l'eau. Sa proue regarde les façades des maisons du port aux multiples couleurs. Un peu plus loin, des épaves reposent en paix sur les rebords du port. La relève est assurée par les bateaux de plaisance.

L'art s'invite toujours dans le paysage breton, le moderne faisant une concurrence non déloyale au plus ancien.

Une succession de cairns s'érigent devant l'océan. J'imagine qu'ils sont un signe de prière pour les marins partis au large.

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Jour 5. Je pars ensuite pour la pointe de Pen Hir. Un arrêt aux alignements de Lagatjar s'impose. C'est le petit Carnac de Camaret-Sur-Mer.

Environ 80 menhirs peuplent l'endroit, posés là vers 2500 avant Jésus-Christ. Leur nombre est réduit car beaucoup ont été réutilisés pour des constructions. Aujourd'hui protégés, ils montrent que nous sommes en présence d'un haut lieu de croyance du Néolithique.

Les ruines du manoir de Coécilian se dressent en arrière plan.

Ce manoir a été la demeure d'un auteur, Saint Pol Roux, venu y écrire ses oeuvres loin du tumulte parisien. Malheureusement, en 1940, la guerre bouleverse sa vie. Les allemands envahissent le manoir, le pillent et le délabrent. Saint Pol Roux meurt de désespoir la même année. La demeure sera définitivement détruite par l'aviation britannique. Aujourd'hui, les ruines surplombent la mer, témoignage de l'outrage d'un écrivain.

Pour se remettre de ces émotions, rien de mieux que d'aller admirer la sérénité des falaises alentour.

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Jour 5. La pointe de Pen Hir est le bout de terre le plus à l'Ouest de la France. Ici, le Finistère prend tout son sens.

Les fameux pois forment des points de suspension, comme si la terre hésitait à s'arrêter là.

La pointe de Pen Hir est un lieu qui m'a beaucoup plu, même touché par sa beauté. Ici tout n'est que luxe de la végétation et volupté des rochers.

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Jour 5. Je pars d'une pointe pour aller vers un cap : celui de la Chèvre. Les landes fleuries de bruyères jonchent les pentes des falaises. Ici encore, le plein de couleurs est de mise.

Un véritable champ de cairns semble avoir germé sur la terre caillouteuse.

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Jour 5. Impossible de quitter la presqu'île de Crozon sans faire un arrêt sur le Menez-Hom. Ce point culminant domine les monts d'Arrée d'un côté, la presqu'île de l'autre. Il permet d'embrasser d'une rotation de tête les paysages que nous venons de quitter. Du Menez-Hom s'élancent des parapentes et des planeurs.

Voyez-vous le pont sur cette photo (un peu floue, car prise en fin de journée avec un soleil rasant, ce qui est un peu rasoir) ? C'est celui que l'on traverse pour entrer dans la presqu'île quand on vient de la partie nord du Finistère.

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Jour 6. Réputée pour ses hortensias, la commune du Folgoët l'est tout autant pour ses monuments. L'ancienne doyenné de 1426 est devenue par la suite un presbytère. Les tours médiévales côtoient des restructurations de la Renaissance. Magnifique exemple d'architecture bretonne qui détonne !

Le calvaire en kersantite, pierre locale, présente sa noirceur naturelle. Les personnages gravés attestent de la religiosité des lieux.

La basilique Notre-Dame du Folgoët domine le village de toute sa hauteur. Le clocher est magnifique. Dans les bâtiments attenants se trouve un petit musée qui, s'y le cœur vous en dit, se visite vite (il est petit) mais expose des œuvres anciennes religieuses simples et belles.

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Jour 6. Retour sur la côte. Je file visiter Méneham. Les pierres de granit habitent les lieux, certaines ont même l'audace de vous pousser à l'imagination fertile. Par exemple, sur la photo ci-dessus, je vois comme une main qui emporte une poignée de terre.

Et là, selon moi, il y a un faux-air de l'ancien président Jacques Chirac caricaturé.

Un gîte gît dans ces lieux, que vous pouvez louer. Certains bâtiments abritent aussi des artisans qui expliquent leur savoir-faire ancestral.

Une maison du douanier est enserrée entre les énormes bloc de granit, bien à l'abri du vent. Les tempêtes s'acharnent parfois, mais ne vainquent jamais.

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Où est le sable ? Où est l'eau ? On ne sait pas, on ne sait plus. Bienvenue sur la plage de Keremma !

Je suis tombé amoureux fou de ce sable blanc. La vue est paradisiaque. Avec le soleil et la chaleur, je me suis cru sur une île du Pacifique. Comme quoi, parfois, seules quatre heures de route vous emmènent au bout du monde.

Puis, en haut des dunes, tout devient sauvage. Les herbes folles coiffent la plage de cheveux fous et hirsutes.

Le sentier de terre battue vous mène vers la chapelle Saint-Gouëvroc. une petite merveille dans une grande merveille.

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Jour 7. Locronan a été classée monument historique en 1924, son architecture de pierre est exemplaire et de qualité. Pour s'y rendre, le parking est payant (4 euros). Ce n'est pas onéreux au vu de l’enthousiasme qui nous gagne à parcourir ses rues et places.

On la voit dès l'arrivée à Locronan, elle attire les yeux et les pieds des visiteurs. J'ai nommé l'église Saint-Ronan. Son architecture extérieure et intérieure est un témoignage d'un passé médiéval fécond (construction au XVe siècle). Nous pouvons remonter le temps davantage puisque les premières traces d'occupation du village remontent à l'époque celtique.

Les petit détails ont aussi leur importance. L'alliance de cette porte, de la sculpture en bois et des hortensias est une arche d'harmonie.

A l'intérieur de la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, les vitraux se reflètent sur le sol. Ils colorent au passage les bancs de bois.