Carnet de voyage

Cambodge

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Dernière étape postée il y a 669 jours
Un p'tit tour et puis s'en vont
Du 7 décembre 2018 au 2 janvier 2019
27 jours
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Publié le 15 février 2019

Avant de vous parler de ces fameux temples, il faut que je vous raconte ce nouveau passage de frontière. Ça y est ! Vous savez que ce passage symbolique me retourne l'estomac et la tête, alors pour ne pas m'en faire j'avais décidé (ou on m’avait conseillé, incité, ordonné !!!) de laisser cette gestion à ma moitié car il parait qu'aux douanes je stresse tout le monde y compris les enfants. SOIT ! Je me laisse donc porter. Enfin, c'est quand même moi qui doit remplir en quatrième vitesse les cartes d'entrées et de sorties du territoire pour nous quatre… Mais pourquoi on a donné tant de prénoms aux zagziguettes, ça n'en finit plus !

Ami voyageur et futur parent, penses-y ! Trop de prénoms = temps inutilement gaspillé ET très, répétitif que ce soit aux rentrées scolaires ou aux passages de frontières ! 😇

On descend donc de l’avion avec nos 4 cartes remplies, et on…

Mais non ! Je dois en reécrire d’autres, pour ne rien declarer en douanes 🙄….

Jéjé s’arrête au distributeur qui nous donne directement les dollars pour payer le visa. Jusque là tout roule ! Sauf que Jéjé s’écrie « M… » ou plutôt « saperlipopette » et que là le Jéjé commence à te transpirer des gouttes grosses comme…des chenilles !

Ahhhh cauchemard ! Il faut une photo et nous les avons…. Dans le gros sacs à dos qui est en train d'être déchargé de l'avion ! Inutile de vous dire qu'à ce moment là, ce n'est plus un nerf qui m'anime mais le paroxysme d'une boule de nerf 😤!

Jéjé n'en mène pas large non plus ! D’habitude, on check tout à deux pour ces passages et là…je ne sais pas ! Notre cerveau à une fuite ?!

Le premier douanier à l'extrémité d'un très long comptoir en L est l'anti image de l'amabilité. Cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille... encore que le critère de recrutement de tous les douaniers du monde doit étre de ne pas sourire ! Ami lecteur et douanier ne m'en veut pas ce n'est pas personnel, c'est juste la fonction qui me...

Je ne sais pas quel instrument de torture lui est familier, à ce douanier lå, mais il répète le même mot encore et encore après avoir demandé les photos, pour finir par nous cracher « Money » et nous faire signe de dégager au douanier suivant. Nous suivons nos passeports en parallèle du meuble de style stalinien. Ils sont ouverts, scrutés, puis passés aux suivants… C’est long, légèrement anxiogène pour moi. Enfin, encore plus 😰

Au bout du comptoir : deux grappes humaines de part et d'autre. Nous sommes du côté des entrants, agglutinés, tentant d'entendre l'appel de notre nom. De l'autre, une grappe de personnes, dont un qui s'agite plus avec une série de tampon, un autre qui prend son temps pour regarder les photos et lire les noms à haute voix avec un petit rictus un rien condescendant….

Tu sens que l'homme est en pleine jouissance des quelques secondes de pouvoir que lui confère son poste… Pfffff… Entre eux, des observateurs ? Assistants ? Consultants ? Experts visuels en détection d'espion et de terroristes ? Notre passeport passe entre de nombreuses mains… et finalement c'est par le nom de French que nous serons appelé !

Allez, on a le sésame pour un mois, nous devrons sortir d’ici au 7 janvier 2019. C’est la première fois que l’on a une auberge de jeunesse qui vient nous chercher tel des VIP à l’aéroport. Et bien… ce n’est vraiment pas désagréable ! (D'ailleurs, on vous la recommande pour le rapport qualite-prix 23 usd pour une immense chambre de 4 avec sdb et clim et piscine et calme à deux pas de tout : Hostel In deluxe siem reap )

Siem Reap, voici le retour des Quequin, 12 ans plus tard et avec deux extensions !

Nous avions tellement aimé cet endroit et surtout les temples d’Angkor en 2006 que nous voulions absolument les montrer à nos enfants et espérions secrètement qu’elles puissent y vivre la même chose et ressentir un peu de l’excitation de se croire un Indiana Jones. De ce tour du monde ci, c’est donc le seul lieu que nous connaissons où nous retournerons. Nous avons en effet eu une expérience précédente nous démontrant à quel point il est difficile d’accepter les changements dans un endroit que l’on a beaucoup aimé (Thaïlande). Aussi, nous avons choisi de ne pas mettre nos chaussures dans nos anciennes traces ; et puis, le monde est tellement vaste…

A ce point du récit, je ne vais pas encore vous dire si nous avons bien fait de revenir ! Patience !

L’arrivée nous donne un premier choc, l’aéroport en est devenu vraiment un… Exit les 4 tôles ondulées, des bus ne nous permettent plus de fouler le tarmac, les orchidées sont bien là.

Les tuks tuks 2 places se sont majoritairement transformés en « remorque » 4 places ce qui nous arrange grandement ! La route d’ici à la ville, noyée dans la végétation auparavant et l’éternelle poussière jumelle des pistes, , est maintenant ceinte de resorts démesurés, grandiloquents de quel monde de consommation ???

Interloqués, nous retrouvons Siem Reap, bien changée quand même. Ici, les pistes en terre rouge ont disparu ; là, des ponts piétons se sont élevés ; plus loin, des quartiers à étages sont nés. Le marché est plutôt exsangue, les vendeurs autrefois de babioles souvenirs mais aussi de choses pour les locaux, n’ont plus que les babioles ou les mêmes tshirts… et c’est donc une vision plutôt uniforme de produits présentés différemment qui s’enchaine dans ces échoppes empilées. Si, une toute petite partie du marché reste consacrée à l’alimentation… Il faut dire que la concurrence des supermarchés est grande. Incroyable, avec caisse à codes barres et tout et tout ! Ah mondialisation quand tu nous tiens ! Car nous aussi, nous y fairons quelques emplettes…

Non ce n'est pas du whisky mais de l'essence. Notre auberge de jeunesse VIP. Carte qui me rappelle l'école primaire

Il y a aussi eu un grand nettoyage visiblement, plus de mutilés mendiants en vue, ou d’orphelins snifeurs de colles et autres substances. Je n’ose imaginer le sort qui leur a été reservé, car à l’instar du traitement de la misère en France, les touristes ne doivent pas les voir… alors déplacement, suppression ??? Les personnes à qui j’ai posé la question ont rapidement éludé et changé de sujet… Malaise !

Par contre, la petite rue qui contenait quelques restos de et pour les expats et touristes s’est démultipliée en un endroit où la bière et autres coulent à flot, la bien nommée « pub street » phagocyte les maisons pour étendre des terrasses avec rectitude d’alignement de canapés lounge, fauteuils…

Bientôt, les deux conso pour le prix d’une, les dj, les lumières vont se déchainer… Je suis médusée d’un comportement suggéré. Je suis quand même avec nos deux zagziguettes et on me propose de l’évasion chimique ! Ben ça, alors ! Ok, on nous a aussi propose une fish pédicure ! Alors ça ! Ça doit être trop drôle : tu plantes tes pieds dans des aquariums au milieu de tout ce monde de dingue et tu hurles dans l’oreille de ton voisin un truc quelconque puisqu’il ne peut pas t’entendre avec le son qui est balancé tout les 5 mètres… C’est comme si tu faisais ta pédicure en pleine boite de nuit à ciel ouvert ! Etrange non ? Peut être que si je reviens dans 12 ans, on me fera les sourcils entre deux plats aux resto, ou le maillot sur les canapés à cocktail ! Bref, il y a un coté exportation du hotspring qui m’afflige. Que peuvent bien penser profondément les gens d’ici ?

Allez, Siem Reap n’est pas devenu que cela, je vous ai parlé des nombreux resorts plantés le long des routes. C’est pour l’autres grande partie des touristes, plus fortunés ceux là et qui ne se mélangent pas à ceux de pubstreet… Quoique ! Il parait qu’on te propose des tours dans les resorts pour voir la vie locale et pubstreet ! 😂

Donc, la grande majorité de ces énormes complexes sont faits pour 1) les chinois, et 2) les coréens… Les deux, en groupe, c’est la crème du touriste qui a peur d’être contaminé par l’alimentation, la vie locale… on prend le patrimoine à visiter, on fait hurler son guide dedans parce qu’on n’ecoute pas, mais on reste dans son resort pour éviter de se sentir ailleurs (oulalalala je crois que je deviens un peu comme ça avec l’âge ! C’est juste que j’en ai marre de manger des trucs que je ne trouve pas bon… et je suis hyper contente que plein d’expatriés ouvrent des restos !).

Quand tu vois des asiatiques avoir peur d’autres asiatiques, ou de les voir se sentir tellement supérieur…. Ça te donne juste envie de hurler de rire un temps… et puis après de pleurer aussi !

Entre tout cela, tu remarques que les temples sont tous confiés à une équipe d’archéologues de la nationalité du pays qui finance la sauvegarde… Et il y a de quoi faire vu le nombre de temple à sauver ! Allemagne, Suisse, Chine bien sur… La civilisation khmer est parcellisée. Qu’en aurait pensé celui qu’on a fini par appeler J7 (le roi Jayavarman le 7eme qui a fait bâtir une grande partie des temples connus de l’époque Angkoriene). On sent bien grâce à nos deux guides au Cambodge qu’Il, J7, est LE grand personnage Khmer. Celui qui a unit un peuple, battu des envahisseurs, inventé des ruses et tactiques guerrières, donné à sa mère un si beau Tha Promh…

Si l’on fait abstraction des groupes, les temples sont toujours somptueux. Certes, cela gâche un peu le chinois crié dans ton oreille, des bousculades, mais tu es devenu hyper fort au jeu du 'attention il y a des chinois ! On évite les crachats!!! ' et même tu supportes le sens unique de circulation parfois (oui oui comme chez Ikéa !)… Maintenant, il y a des surveillants partout. Et beaucoup, beaucoup, beaucoup de boutiques de… peintures, vêtements, objets, fruits decoupés… les mêmes que sur le marché. Et, ça c’est drôle car c’est avec le même accent trainant qu’en Thaîlande pour la négociation « please madame, one dollar more, please, cannot, cannot…. » Le tout en t’attrapant le bras et en te souriant… Hummm. Les thaïlandaises ont dû se lancer dans la e-formation sur « comment vendre aux touristes des temples et des night market » !😉

Allez, j’arrête mes badineries pour que Jerome vous mette quelques photos de ces temples. Cela sera bien plus évocateur que mes banales paroles.

Angkor wat et ses drôles de bêtes... 

Pour nous accompagner dans cette redécouverte, nous avons choisi de passer une première journée avec un guide, francophone pour que tout le monde puisse suivre. Nous avons eu la chance de trouver ce « grand » monsieur, car en plus d’avoir un français châtié, ses quelques années lui ont fait connaitre dans sa prime jeunesse l’Indochine, puis tous les évènements dramatiques que l’on connait (la décolonisation, la dictature de Pol Pot, l’envahissement par les vietnamiens libérateurs, puis la guerre d’à coté qui ne s’est pas toujours arrêtée à la frontière…). Durant toute la journée qui a débuté bien tôt, 6h00, pour ne pas avoir trop chaud et vu que cela se termine avec la nuit, on va vous le dire, on a eu chaud ! Mais il y a beaucoup de temples qui ont de l’ombre donc ça va. Et puis le tuk tuk quand il fait chaud c’est génial car l’air est bon, donc on est content de rouler entre deux merveilles architecturales ! Le petit plus est que notre guide a été le traducteur pour Jean Jacques Annaud qui est venu dans le Tha Promh pour tourner le film que les zagziguettes adorent : « Les deux frères ». De suite, cela rend les choses plus vivantes pour les filles qui n’en n’ont clairement rien à faire de J7 ! C’est donc avec une journée extrêmement riche et très fatigante que nous avons le sentiment d’avoir loupé notre promesse d’aventure aux enfants. En effet, elles nous avait entendu parlé de ces temples un peu perdu, noyé sous les racines, dans lesquels on jouait à cache cache…

Bayon, Ta Phrom, les Khmers ne paient pas l'entrée du coup le WE c'est pique nique hamac

On n’a pas dit notre dernier mot !

Ce qu’il y a de bien 12 ans plus tard, c’est que ton pass de 3 jours est valable sur une semaine et non plus à consommer en jours consécutifs ! Du coup, piscine à l’auberge de jeunesse, et un peu d’école pour se laisser le temps d’assimiler un millième de ce que l’on a appris… Et nous revoici parti pour une seconde journée, encore plus « auroresque » sur le circuit dit « grand » avec des temples moins prisés mais remarquables de beauté pour leur situation devant une étendue, ou au centre d’un lac…

Là, on grimpe, on contourne, on cherche l’ombre ! On profite du lieu, de la beauté de la pierre sans rien connaitre de son histoire et pour achever cette magnifique journée, on se rend dans la très honorable école maternelle - primaire /centre de formation New hope Cambodia.

C’est gargantuesque, divin et le restaurant d’application permet de financer l’école qui accueille des enfants en 4 sessions par jour tellement il y en a ! Ne pas se laisser impressionner par le coté pauvret, paumé du quartier, loin très loin de pub street. Et puis, tout ceux qui sont parents ont dejà mangé dans une cour d’école pour la fête de leur gamin ! Là, c’est pareil, tu es dans la cour, mais c’est meilleur 🤣

Pour notre ultime journée dans les temples, nous avons fait une sélection de temples non encore arpentés, mais surtout avons prévus de revoir notre préféré 30 minutes avant la fermeture ! A l’unanimité des zagzigueurs, le voici !

Retour au Ta Phrom et temple montagne que nous avions vu en remontage en 2006 

C’était géant. Les zagziguettes ne connaissent pas encore Indiana Jones mais elles ont déjà la chance de sentir ce petit frisson d’aventure que tu as lorsque tu as l’impression d’être seul au monde dans un endroit d’exception et qu’il n’est accessible que pour toi !

Frustrés qu’elles ne le ressentent pas pleinement et conscients que nous ne reviendrons jamais au Cambodge (on a décidé que si on devait être archéologues, on chasserait les tumuli Thraces), nous prenons la direction d’un temple que même les bus ne desservent pas !

Pour te dire, les locaux de Banteay Chhmar n’ont pas de ligne de transport fixe ! Cet endroit est au nord ouest du pays, vers une ville que j’ai trouvé plutôt sans intérêt et détestable, qui s’appelle Sisophon. Atteindre le village, c’est se dire que l’on part dans une communauté car le contact pour le tourisme c’est le CBT, comité pour le tourisme. Deux taxis communautaires, un restaurant communautaire qui est le seul à avoir une connexion internet (😄) (sinon, en dehors des stands du marché il y en a un autre resto), quelques homestays : du très typique à celui que Jéjé a été contraint de prendre sous le regard venimeux de nos trois paires d’yeux qui n’avions pas envie de cohabiter avec tous les insectes du Cambodge… 😁

Notre maison et notre hôte qui est coiffeur. Petit temple à côté du village. Un peu de géométrie pour l'école...

On a fait le tour des infrastructures. Mais ce serait omettre l’essentiel ! L’ensemble des temples de Bantseay Chhmar ! Dont tout particulièrement, le principal qui est orné d’une fresque sculptée si incroyable que je ne comprend pas qu’elle ne soit pas classée !!! Même si la communauté ne peut pas en faire la demande, c’est tout bonnement incroyable qu’il n’y ai rien de prévu pour plus de sauvegarde ! Elle mesure des mètres et des mètres et est exposées au 4 vents…

Alors, arrivés dans ce lieu une grande décision s’impose pour le transport : soit les filles font du vélo même s’il a une taille adulte, soit elles posent leurs postérieurs sur le porte bagage et souffrent des défauts de l’asphalte, de la piste, du sentier, bref de l’endroit oú la petite reine nous porte !

C 'est vivant. Le WE les jeunes y écoutent de la musique et boivent. D'autres passent derrière pour revendre les canettes vides.

Je gage que d’ici peu d’années, ce temple principal sera archi connu ! et qu’il y aura sans doute au moins une guesthouse, si ce n’est un hôtel…

Les 3 journées sur place s’écoulent vite : entre les balades à vélo, les autres petits temples, la balade en tracteur, la chaleur nous écrase mais nous gardons de l’energie pour répondre aux innombrables « Hello » des enfants et des adultes. Nous retrouvons plus de sourires ici et cela fait du bien. Pour nous, c’est même le pansement contre des plats bizarres comme le ragout de bambou fermenté ! Pour tout vous dire franchement, c’est hyper dégueu comme ont dit les filles ! Et je suis bien d’accord ! Jéjé est en mode bougon et trouve qu’on est indigne.

Bref, il ne va pas tarder à aller faire son escapade mode Robinson ! Moi, je ne suis pas hypocrite car je ne pourrai pas le faire ou alors très peu de temps et cela me couterait beaucoup ! Toujours cette peur des insectes et araignées qui me dévore… Bref, on en était à se dire que oui je ne voyagerai plus en mode routard routard, pas ceux de Siem Reap ou ailleurs qui ont la clim et la piscine 😉 et visiblement ça le chagrine (allez je vous le souffle mais le Jéjé il a mal au dos aussi sur les lits pourris que l’on fréquente parfois, il ne dit rien mais lui non plus il n’aime pas quand c’est sale… bref, il ne dit rien mais il y a des conditions qui lui pèsent aussi sauf qu’il ne l’avouera jamais 😉 au contraire de moi qui le dit au et fort, ok peut être un peu trop fort ! Mamie dit chaque chose en son temps et je suis bien d’accord !)

Malgré le délicat parfum de ce plat que je souhaite à mon pire ennemi si possible additionné d’un truc coréen innommable (le jour ou je saurai qui c’est), nous avons adoré ce village et comme vous pourrez le voir on a pas mal crapahuté.

 Temple Torp, en passant on voit la vie locale, les marchands ambulants...Le fruit orange c'est de la quinine


Donc vaut-il le détour ?

💖Oui, si : vous souhaitez être seul dans des temples ; voir une fresque angkorienne gigantesque qui raconte l’histoire de J7 à la façon d’une BD ; voir la vie locale ; n’avoir personne qui te saute dessus pour te vendre quelque chose car de toute façon il n’y a pas de boutique de fringue ou de souvenir ici ! Peut être y a-t-il un passage ouvert pour la Thaïlande qui n’est qu’à une vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau, c’est à creuser !

Cet endroit mérite vraiment du temps à mon sens mais cela doit pouvoir se faire en exprès avec un aller retour depuis Sisophon. Autre élément que l’on peut dire avec le recul, c’est un des endroits les moins sale du Cambodge 😉 et vu que ce n’est pas touristique, ce n’est pas fait exprès pour nous (cf les plages, les quartiers riches…).

Nous sommes heureux car nous avons réussi notre pari ! Avoir le sentiment de vivre comme un découvreur Aventurier avec nos enfants et en plus avec un temple que nous ne connaissions pas.

Alors pour en revenir à Siem Reap 12 ans plus tard… Nous l’avons finalement bien apprécié car nous avons évité ce que nous n’aimons pas. Dire que nous avons écumé un certain nombre de night market est un euphémisme donc, on l’a zappé dans la soirée. Idem pour les orgies en plein air. On a vu un peu, les filles ont trouvé ça étrange (et c’était 18h-19h 🤣 ) (pourvu qu’elles pensent pareil à l’adolescence) et surtout surtout on a trouvé un hébergement pas trop loin des commodités mais assez loin de cette folie nocturne. Et de bons petits plats ! Ahhhh, les nems du WILD ! Mention spéciale pour ceux au chocolat au poivre de Kep 😍

Allez, le Cambodge ce n’est pas que cela… Il y a aussi son cote obscur ! Et c’est ce que nous allons vous raconter prochainement…


Une petite video de décembre. Ben oui je suis en retard...

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Publié le 13 mars 2019

Pour une poignée de dollars de plus et des changements de transports en moins nous avions choisi pour nous rendre de Siem Reap à Banteay Chhmar par le taxi de la communauté du CBT. C’est ainsi que nous avons rencontré notre chauffeur Ponlok. Je vais donc vous raconter son histoire qui malheureusement n’est pas singulière.

Quand les Khmers rouges et son despote Polpot sont arrivés au pouvoir dans les années 70, ils ont, on ne sait pour quels raisons obscures, décidé d’exterminer la quasi moitié des 7 millions d’habitants.

Par chance, Ponlok était alors militaire à la frontière du Vietnam. Par malchance, sur les 6 membres de sa famille restés dans son village seule sa petite sœur de 2 mois a été miraculeusement épargnée….

Par la suite il a vécu dans le camp de réfugié en Thailande prés de la frontière pendant quelques années. Je me souviens vaguement en avoir entendu parler et peut-être vu à la télévision. Cela me semblait alors si lointain.

Comme beaucoup de Khmers, il a été employé au noir par les Thaïlandais dans le bâtiment. Ben oui, quand on peut profiter de la misère des autres faut pas s’priver. Ce n’est pas Monsieur Bouygues qui dira le contraire. Pour sa défense il dira qu’il a sauvé des gens de la misère. Peut-être… Mais je pense que l’on ne peut pas créer une multinationale tout en restant honnête… Bon, revenons à Ponlok.

Un jour, lors d’une descente de police et pour éviter d’être emprisonné, il s’est planqué pendant 8 heures dans un fut de 200 litres. Dés lors il a décidé de rentrer dans son village natal Banteay Chhmar où tout était à refaire puisqu’il avait été rayé de la carte par les Khmers rouges. Il s’est repeuplé doucement depuis 1995 par les Cambodgiens redescendant de Thaïlande et posant leurs valises au plus prés. De toute façon, où aller ? Pour rejoindre quelle famille ? Pour rejoindre quel village ? D’ailleurs existe-t’il encore ?

Et voilà Banteay Chhmar renait petit à petit. Des rizières, du manioc, du foin, des vaches, un menuisier, un charbonnier, un coiffeur, un dentiste, un médecin, des épiceries, des marchands ambulants, une école, un temple…. Les adultes comme partout ailleurs au Cambodge ne sourient pas beaucoup voire pas du tout. On comprend aisément pourquoi maintenant. Et à la lumière de cette histoire on sait pourquoi on ne croise quasiment pas de personnes âgées. Heureusement les enfants sont là, joyeux. Ca, c’est semble-t-il universel. Je vais finir par croire Rousseau lorsqu’il disait « l’homme est bon par nature, c’est la société qui le corrompt ». Je leur souhaite un avenir heureux.

Mais déjà pointent les gigantesques usines textile avec leurs lots d’esclavagisme moderne. Déjà lorsque nous y étions les premières grèves éclataient… Bonne chance, car les patrons avaient envoyé des ‘casseurs’ pour disperser les ouvrières. Il y a eu des blessées. Compter sur un système et une justice corrompue est à mon avis illusoire. Germinal recommence encore et toujours….

Voilà, j’ai voulu partagé avec vous les confidences de cet homme qui nous a rapproché de ce passé pas si lointain. Cet histoire est devenu pour nous plus qu’un vulgaire ‘vu à la télé’.

Repas à Sisophon dans un restau normal avec Ponlok. C'était dégueu... 

Par Jéjé

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Publié le 22 mars 2019

J’en souri d’avance car je vais vous perdre avec ce récit non linéaire…

Bon pour récapituler notre itinéraire au pays khmer, nous avons atterri à Siem Reap, que nous avons quitté pour Banteay Chhmar, puis nous avons rallié Phnom Penh en faisant une halte à l’inoubliable Krakor sur le bord du Tonlé Sap et enfin nous nous sommes échoués à Kep. Nous quitterons ce pays par voie terrestre en ralliant Ha Tien dans le grand sud du Vietnam… Mais là est une autre histoire.

Ce que je m’en vais vous conter aujourd’hui, c’est le pourquoi de cet itinéraire que nous n’avions pas du tout choisi, et comment un enchainement d’évènements plutôt malheureux peuvent te faire voir un pays de façon … et bien, nous ne faisons pas ce type de voyage pour détester des lieux ou des gens. Allez, on va relativiser mais pour résumer, je ne pense pas remettre un orteil au Cambodge. Evidemment, si vous vivez des choses plus légères au Cambodge, vous ferez fi d’une grande partie de tout ceci, récit totalement subjectif, partial et assumé !

Cela avait pourtant bien commencé. On se disait juste curieux de découvrir le Cambodge, sachant pertinemment que Siem Reap ne reflétait pas le pays. Notre découverte d’une communauté était prometteuse. Jéjé a pu discuter avec des khmers parlant anglais et ayant vu un peu de pays. Dans cet endroit, le rythme de vie a décru de façon gigantesque, ce qui n’a pas été pour nous déplaire. On s’interrogeait quand même sur la façon dont les khmers ont formé un sorte de mafia qui cadenasse tous les circuits pour te faire payer… et cette fois, on peut le dire : te faire payer en te prenant pour un « américain » puisque tout est en dollars ! ou faire ce qu’ils ont plutôt décidé, soit te prendre pour « un pigeon américain » 😂.

Je m’explique ! A Siem Reap, de nombreuses choses sont à découvrir, et notamment la vie sur les villages flottants, construits sur le Tonle Sap, premier lac de part sa superficie en Asie.

Bien, tu potasses un peu ton Holybook ou ton holysite (tripadvisor pour ne pas le nommer), tu demandes à ton auberge et en dehors, et là tu te rends compte qu’il ne faut pas aller au premier village flottant, même les khmers te le déconseillent avec dégout car un système dans ce village t’oblige à payer l’entrée, puis à acheter un sac de riz ou des cahiers, puis de le(s) donner dans le village aux enfants des bateliers qui ont l’air blazés et si tu refuses faut repayer le batelier pour qu’il réavance… Et si tu ne te plies pas à tout cela et bien, la barque n’avance plus. J’ai oublié de vous préciser que c’est environ 20 à 50 USD 😆 par personne😭.

Est-ce que tu connais le calme légendaire de mon mari dans ce genre de situation ? Il se transforme de bouda zen et gentil (déjà là on rit sans se faire remarquer) en un espèce de Hulk un peu moins vert mais tout aussi écumant ! Bref, vaut mieux laisser Mister Hyde au placard dans le sac à dos !

Je pourrai vous parler aussi du prix des dinettes (les petits restos de rue avec roulottes et chaises en plastique rouge) qui annoncent fièrement un plat à 3 USD, comme dans un resto en dur, avec des employés, l’électricité…. Hum… Je m’interroge…

Un système cadenassé et mafieux je vous dit, parfois avec le sourire, parfois pas. Ici, l’art de la négociation n’est pas subtil. Ce système est présent partout dans le pays. Et c’est comme cela, que des khmers sont dégoutés que les touristes accèdent à l’application PASSAP, équivalent Huber, qui t’annonce le prix en fonction du parcours que tu as demandé…

A cause de ce système et juste parce que l’on n’avait pas envie de se faire américaniser, on décide de laisser tomber les villages flottants depuis SiemReap. Nous avons repéré ceux en face de Krakor sur la route principale de l'autre côté du lac. On verra bien si l’on venait à passer par là, d'autant plus qu'il parait épargné du tourisme de masse. La période des temples commencent avec des très connus, puis des futurs stars à n’en pas douter. Nous sommes à Banteay Chhmar, vivant au rythme d’ici, c’est à dire… comme le rythme des chats sans l’activité de nuit 😅. Au fait, je ne vous ai pas dit mais Chhmar signifie chat !

La puissance du rythme est singulière : quand tu pédales normalement sur ton vélo monovitesse qui doit bien avoir 30 ans et 30 kgs, tu te sens comme une particule de lumière lancée à 300 000 km/s… Ok, c’est un poil exagéré. Mais c’est à l’image de l’absence de réseau 4G ! Quand même, on a frôlé cette cadence extraordinaire avec le déplacement en tracteur pour aller jusqu’à un temple un peu loin ! Soit dit en passant super agréable car bien en hauteur… dans une magnifique campagne ou chacun a à faire et ne s’occupe pas de toi sauf pour te saluer.

Banteay Chhmar production présente: BD  Aventure

Alors tout se passe bien, on vit au ralenti avec tout le monde lorsque soudain Gaïa a été grandement griffée par un chaton. Lequel chaton était loin d’être en super forme à y regarder de plus prêt, genre yeux injectés de sangs, truffe bizarre… Avec un groupe de voyageur où j’ai partagé cette aventure, j’avais trouvé comme image un chaton tout droit sorti de la série The Walking Dead.

Rencontres à Banteay Chhmar, la fille de notre hôte regarde des dessins animés pendant que Malou s'instruit. Attention au chat!

Les mots du doc de l’institut Pasteur en France raisonnent dans nos têtes, tandis que notre sang se fige et que, tous les quatre, avec le souffle court, envisageons le pire scénario. Vite du désinfectant (moi qui suis une bille à vélo je n’ai jamais pédalé aussi vite car bien sur nous n’étions pas proche de chez nous !) ; vite, Jéjé trouve le doc du village et la connexion internet et les coordo de l’institut Pasteur le plus proche…

Rien ne peut être mesuré pour savoir ce que peut avoir ce chaton… Donc, vu ce qu’on nous avait dit, plus la réponse de l’institut Pasteur à Phnom Penh (capitale du Cambodge à de nombreuses heures de nous), la présence de rage dans le secteur… on décide de partir pour la capitale. Comme nous avons été vaccinés avant de partir, on a 5 jours pour faire la ou les injections… donc on va couper la route en deux. Enfin, à peu prêt car à partir de là, on n’a plus aucune certitude vu que le tourisme important ne passe pas par là.

Le taxi de la communauté nous dépose devant une pseudo boutique qui s’avèrera être le point de ramassage d’un bus. Nous sommes partis très tôt de chez nos chaleureux hôtes avec qui nous avons développé des conversations « signesques » car pas de paroles en commun… Vous vous imaginez bien que nous n’avons pas bien dormi. Gaïa est angoissée comme pas possible car elle se souvient bien de tout ce que le médecin nous avait expliqué (comme quoi des fois, on a l’impression que les enfants n’entendent /comprennent pas !). Malou pleure discrètement régulièrement. Moi, je ne sais comment décrire, je m’etouffe, me noie…

Jéjé ne laisse rien paraitre mais il a appelé l’institut et vu qu’il déteste le téléphone…

C’est à cran donc que nous attendons ce bus qui va nous rapprocher de la capitale. On se dit qu’on s’arrête pour couper le trajet et avoir une connexion pour chercher un hébergement sur la capitale… et allons au wc avec les filles avant que le bus n’arrive…

Et là ! J’en ai vu des wc sales mais celui-ci est d’une glauquitude (il a pour seul mérite qu’on lui invente un mot). Gaïa qui se contenait plus ou moins fait une crise de panique à cette endroit précis. J’ai du mal à la contenir mais nous quittons enfin Sisophon après avoir remonté tous nos bagages des soutes. En effet, la place vacante sera prise par un scooter dont les gens ont fait le plein d’essence devant nous. Oups, pas de bouchon de réservoir... Il est couché sur le côté et entré dans la soute à bagage pour le voyage… Cette organisation là nous laisse perplexe…

Surtout ne pas toucher le sol! T'as un portable la 4G et pas de ventilo pour chasser les mouches? C beau non?Au fond usine textile

Le bus fonce sur une route-piste continuellement en travaux. Pendant plusieurs heures, nous suivrons un chantier colossal le long de cette dorsale qui traverse le pays de la capitale à la Thaïlande. Il couvre toute la végétation luxuriante d’une couleur ocre qui contraste tant avec les verts profonds des pays tropicaux. C’est éventré, crevé, parsemé de détritus pour ne pas dire recouvert en continue de plastique, du plastique, encore et toujours. Dans les arbres, sur les paliers, sous les linges pendus, à coté des hamacs, ou alors au milieu de rien. Plus nous nous enfonçons dans le pays vers la capitale, plus les tas d’immondices nous aveuglent.

C’est obnubilé par ceux-ci que nous descendons dans cette ville-rue. Krakor. Un coup d’œil en noir et blanc nous ferait croire à un western asiatique, mais nos sens sont aussi en berne et nous sommes abrutis de fatigue et de peur pour Gaïa, alors les mauvais côtés seuls sont en relief. Dans cette platitude émotionnelle, on trouve une guest house avec force caractère chinois. De Paris, elle n’a pas que le nom. Les deux lits deux places sont collés. A la bonne heure, nous avons besoin d’être soudés ! Il y a des taches sur les draps et sur les murs tristes, des coins de la pièce qui n’ont pas vu la lumière du jour depuis longtemps car cachés sous la poussière fossilisée. Un ventilateur rouillé surplombe le tout en face d’une armoire en bois qu’il vaut mieux ne pas ouvrir. Et à coté de cela, une tv à écran plat !? Je ne vous décris pas l’espace SPA et bain all inclusive de luxe où quand tu trônes, tu es aussi dans la douche et la baignoire, non loin du jack avec raccord en scotch qui surplombe un petit appareil électrique réchauffant l’eau.

Un objet anachronique donc cette télévision et c’est bien le seul à être propre. Si j’étais cynique, je dirai que c’est symptomatique de notre monde…

Même si la fatigue est là, il faut qu’on s’aère, alors profitons en pour nous rendre aux bords du Tonlé Sap voir les villages flottants. Après un moment en tuk tuk, nous arrivons devant un péage avec prix affichés et devons choisir entre voir un village flottant cambodgien et deux villages flottants : un cambodgien et l’autre vietnamien. Vu l’envie de rentrer dans notre home sweet home, faisons les deux et hop dans la barque et son moteur avec longue canne !

Les gens ont l’air de plutôt nous ignorer dans cette première partie. Il y a tout d’une ville en version flottante : le poste de police, la superette, l’école, l’atelier de fabrication des bateaux, le cabinet médical… C’est fascinant pour partie, peut-être un peu gênant pour le côté voyeur, et super écœurant car nous flottons littéralement aussi dans les déchets. Nous n’avons pas réussi à savoir si c’était comme cela tout le temps ou s’il y avait un phénomène de marée basse… Les zagziguettes ont la critique rapide, le dégout palpable, la moue de supériorité prononcée. Sur, c’est une drôle de différence de voir que cette eau sert à cuisiner, à faire la vaisselle, à se laver, à se nourrir, à recevoir nos déjections et celles de la basse cour qui vit sous ou à côté de la maison flottante. On s’y baigne aussi, on y navigue. On s’y aime sans doute et l’on y meurt certainement…

(Commentaire photo: Le côté Vietnamien est à l'écart des Khmers qui tiennent l'accés à la terre (droit de passage?). Les habitations sont plus petites, les gens et surtout enfants sourient et ont gardé leurs chapeaux coniques. Mais pas de panique, pour leur confort...il y a la 4G!)

Bref, si l’eau porte ici une pulsion de vie, on a l’impression de voir partout sa condamnation. Intéressant et dérangeant donc. On repart pour regagner la terre ferme. On est moins abruti que tout à l’heure et les zagziguettes sont effarées des conditions de vie dans les cahuttes vues sur les cotés. C’est vrai que certains bidons villes semblent plus luxueux…

Sans se plaindre donc, on rentre à notre guest house remplies de criquets de toute taille (j’avais omis ce petit détail 😶) et vite le lendemain nous reprenons la route… Institut pasteur nous voilà !

Notre minibus, la mousse c'est si on se tetourne?, arrêt gargote, prés de Phnom Penh, notre 1er logement, chalinothérapie

Vous dire ce que l’on a vraiment pensé de Phnom Penh… peu de choses à vrai dire. J’avais trouvé un dortoir de 6 privatisé pour nous quatre, très propre, petit… Lorsque j’ai su qu’il nous faudrait rester trois nuits de plus pour l’injection de Gaïa, j’ai fait un mauvais choix en voulant quelque chose d’un peu plus confort et surtout avec une piscine car il faisait très chaud. Et quitte à attendre, faire l’école et travailler sur le blog, autant le faire dans de meilleures conditions !

Mon choix s’avèrera chouette pour la pistoche, mais la chambre d’apparence plus jolie est moins confortable que le dortoir. Le quartier est vraiment loin de tout y compris du moindre resto…L’entrée se fait par une boutique car c’est une boutique hôtel et nous ne sommes vraiment pas à l’aise avec ce type d’établissement plus… trop guindé pour nous celui-ci en tout cas. Mauvaise pioche !

Notre nouveau chez nous. Ca construit... Voitures de luxe, sachant que ça coute 2× + que chez nous. Doit y'avoir des super riches

Bref, la première partie du traitement pour Gaïa est faite, ce qui nous apporte un soulagement énorme. Jéjé a des soins pour ses dents qui l’enquiquinent… Maintenant, on s’offre un bon resto français pour nous faire du bien (Extra c’est le Cousin’s burger 😍)… et en sortant, Gaïa qui tient le téléphone est victime d’un arrachage par voleurs à scooter. On n’a rien entendu ! Rien vu venir tellement perchés que nous étions, bienheureux et rassurés… La poulette se remettait à peine de ses angoisses qu’une énorme culpabilité s’abat sur elle. Et c’est avec force discours que nous lui redonnons un peu de raison : ce n’est quand même pas sa faute si une personne décide de mal agir !

Pour la petite histoire, car j’écris cet article longtemps après, notre grande zagziguette est depuis hyper stressée dans les grandes villes et s’il y a beaucoup de deux roues, alors là… pffff !

Qui aurait pu croire que le vol de cet objet nous mettrait dans un tel état ! C’est qu’il y a toute notre vie dedans entre les photos, les petites vidéos, les sites, les applications sans mots de passe !!!! 😰 Une nuit blanche de plus à tout bloquer car on a bien senti que la plainte déposée auprès de la police ne ferait rien, à part d’encaisser le bakchich pour écrire la plainte…C’en est ridiculement risible…

Et la goutte d’eau ! Ah ah ! Le vol d’une partie de nos vêtements par le pressing ! Mortelle anecdote, encore une fois ridicule si elle ne s’était pas cumulée au reste et si n’était pas concerné le fameux soutien gorge dégotté à grands frais en Corée du Sud.

Amie voyageuse, si tu envisages de faire ce type d’emplette au Cambodge et que ton bonnet est au dessus de A, renonce !

Bref, aidés par la patronne de l’hôtel, le soutien gorge volé est miraculeusement reparu ! Pas le reste… On est en vie, ce n’est que du matériel mais… vite partons de cette ville honnie !

Cap au sud, allons au bout de ce pays nous terrer pour mieux nous ressourcer ! Pour sortir de notre crise de paranoïa familiale qui fait qu’il nous est impossible d’aller vers l’autre !

Impossible ? Effectivement, c’est impossible ! Nous ne rencontrerons jamais autant de monde que dans les deux semaines qui vont suivre ! Et ceci fera que le Cambodge ne sera pas un souvenir aussi noir que l’on avait cru !

Je dois néanmoins altérer un peu cette fin positive. Il y a vraiment deux choses en dehors de nos mésaventures qui m’ont fait dresser les cheveux sur la tête au Cambodge. L’envahissement chinois avec des constructions immobilières titanesques et un phagocytage de tout ; et les tonnes de déchets… C’est tellement rédhibitoire que si je pense à ce pays c’est ce qui supplante, les temples, les enfants qui sourient…

La monnaie officielle c'est le $. En dessous de 1$ c'est le Riel. 1$=4000 Riels. Phnom Penh en construction
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Publié le 23 mars 2019

J’tai pas raconté l’achat de notre nouveau téléphone à Phnom Penh!

On avait un Samsung A8. Avant de partir, on était sur Windows Phone. Donc passer sous Android a été un dur et long apprentissage (qui finalement a sauvé toutes nos photos. Mêmes s’il faut les retrier). J’avais choisi La perle rare qui fait des photos de qualités avec un prix pas exorbitant… Bref. On cherche le même. Il est fabriqué ici ou 2 pas en Chine ou au Vietnam. Du coup, il ne doit pas être très cher.

On ne voulait pas le racheter au marché aux voleurs (marché russe de Phnom Penh) pour ne pas cautionner les vols. Soit dit en passant on aurait pu retomber sur le notre….ou bien le votre. Et oui, ils atterrissent tous ici. Pour la petite histoire, lorsque vous déclarez un vol de mobile en France, il ne peut plus être utilisé sur les réseaux français (voire européens ?) mais pas ailleurs dans le monde. Non mais allo quoi ! Si tous les opérateurs du monde s’entendaient, vendrait-on autant de portables neufs ? Moi, j’dis ça, j’dis rien !

Bref, on va dans une boutique Samsung. Une dizaine d’employés nous attendent. On tourne, on vire. Comme en France, ils ne connaissent rien. Si. Il lisent les pancartes. Heureusement pour nous elles sont en anglais. Finalement on trouve un A8 en promo. 400$ !« Mais c’est plus cher qu’en France ! -Allez, une petite ristourne ! Comment ça non ! » En plus elle est vraiment pas sympa la vendeuse. C’est à croire qu’elle a enterré toute sa famille. Bon, là c’est de l’humour déplacé, je te l’accorde après ce que je viens de vous raconter sur Ponlok. Mais c’est fou comme l’empathie peut vite partir avec nos mésaventures. Bref, je m’en vais comme un prince ! Dehors y’a plein de vendeurs mais pas de A8. La mode est au A7… Je retourne la queue entre les jambes au magasin Samsung mais la tête haute pour ne pas revenir en vaincu.

La vendeuse ne nous toise pas mais pu… qu’est-ce qu’elle est antipathique! « Heu, finalement on le prend » Et là elle nous dit d’un ton glacial (pour te dire comme elle est sympa car dehors il fait quand même 40) « la garantie ne fonctionne qu’au Cambodge » ?!?! Là, je crois qu’elle nous prends pour des c… Elle ajoute « quand j’aurai ouvert la boîte vous ne pourrez plus changer d’avis ». Mais vu qu’on a pas encore payé, je rêve de sortir en courant dés qu’elle l’ouvrira. Mais on reste. Quand la loose te tiens tu peux rien faire… Je tente un dernier « vous nous offrez la protection pour l’écran ». Elle nous oppose un « non » sans appel. Bon , il faut dire qu’à 2 $ le risque est grand de ne plus pouvoir payer la dizaine d’employés.

Par contre, on a eu un superbe sac bleu en simili toile (sans marque pour ne pas se faire voler son produit Samsung en sortant) qui nous suit encore et toujours et nous rend de fiers services. Un coup pour les courses, un coup pour le linge sale, un coup pour le pique-nique….Et pour ça, miss ‘je tire la gueule’ ça valait tout les cadeaux du monde.

Photo prise en Nouvelle-Zélande 

Par Jéjé

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Publié le 28 mars 2019

Après toutes nos mésaventures, on a fuit. Le plus loin possible des grandes villes et de tout contact avec les Khmers.

Et c’est à Kep que tout a commencé.

En arrivant le soir, on a trouvé un resto tenu par un Espagnol et une Belge. Soit dit en passant, on s’est régalé avec une salade de légume et d’huile d’olive. Là, elle nous explique qu’elle était venue pour 2,3 jours et finalement elle y est restée 15, ça lui a plu. Puis elle est revenue s’y installer. En passant, on a vu que la ville étaient sans grand intérêt et la plage bof bof. Qu’est-ce qu’elle a pu y trouver ?

 Auberge espagnole, Kep maison abandonnée et renouveau, la plage le week-end et aprés le réveillon. Faut dire, ya pas de poubelle 

C’est alors que s’est insinué en nous le processus de Chhmarisation. Chhmar en Khmer ça veut dire chat. Oui, c’est ça ! Entre 2 siestes et 3 ploufs, il faut se lever, enfourcher son scooter et aller chasser son repas. Il faut dire qu’on l’avait bien cherché avec nos 2 bungalows face à la piscine. Le médecin ne nous aurait pas mieux prescrit pour notre convalescence. D’ailleurs, ça me rappelle un phénomène bien connu du corps humain qui consiste à tenir jusqu’à ce que le danger ait disparu. Il est suivi d’un relâchement qui peut aller jusqu’à l’évanouissement. Dans notre cas, c’était plutôt un état léthargique permanent.

On n'est pas bien là?  Sopia, le manager, teste le nouveau matériel  🤫

On aurait pu profiter de ces 10 jours pour mettre à jour le blog, trier les photos, préparer les pays suivants, acheter les billets d’avions…mais que nenni. Pas en état. Trop Chhmaaaar !!!

Puis, on a rencontré des Français. Certains ont fui la France et son système qui marche sur la tête. Ils se sont installés ici. Christophe et sa famille rencontrés par hasard -ou pas- en ville, que l’on remercie de nous avoir invité pour le réveillon de Noël. Ça nous a mis du baume au cœur. L’ineffable Christophe et sa famille, du Cochon de Kep, qui a su nous retenir si longtemps avec ses coppas, jambons, rillettes, pâtés, saucisses et foies gras (les viennoiseries et la baguette du Delis y est aussi pour quelque chose). Quelle bonne idée tu as eu de venir ici. En plus, il y avait du Ricard et du vin. Que demander de mieux !

Copains de réveillon, sapin de Noël, crêche, tout y est pour un bon Noël!

Les filles attendaient ce moment avec impatience et ont mis beaucoup de coeur à fabriquer les décorations, le sapin, la crêche avec ce qu'on avait sous la main. Et ma foi, ça donne des rois mages assez extraordinaires, non!

Nos journées ont été rythmées par de courtes visites aux alentours, salines, forêt, plage bof, marché au crabe bleu, tour des maisons abandonnées aprés l'arrivée de Polpot, ferme des papillons et la visite d’une plantation de poivre. Oui, le poivre de Kampot est un des meilleurs du monde. On a même fait une dégustation. Je ne pensais pas trouver des variations de goûts dans les poivres. Eh bien si !

Ces visites c'est quand même sympa non!  Surtout à scooter...

Revenons à nos crabes bleus (la spécialité de Kep, puisqu'ici point de moutons) qui soit dit en passant sont plus petit qu’avant. Un peu de surpêche peut-être ? Nous rencontrons d’autres Français de passage avec leurs histoires singulières qui fait que le monde est plein de surprises. L’étonnant Francis le papi routard restaurateur de fresques Byzantines, l’idéaliste Léa et Alban son compagnon partis enseigner à Mayotte, Oana et Pierre perdus dans leur parentalité avec leur enfant de 2 ans travaillant pour une ONG -on a fait office de parents sages et experimentés 🤪😨- et enfin toute la clique de Pamela que l’on avait vu à Oulan Bator qui a été un prétexte de plus pour rester. Il y a eu aussi une improbable rerencontre des 2 familles Française travaillant au Japon que l’on avait vu au détour d’une rue à Busan en Corée. Etonnant, non ! Et là, on dit tous en cœur, « que le monde est petit ! ». Vous verrez à quel point par la suite (voir Nouvelle-Zélande). Vous vous souvenez lorsque l'on a mangé les nems chez les français à Siem Reap, et bien le gérant est le neveu de..... Francis ! Etonnant non !

Les filles aussi n’étaient pas en reste. Elles ont rencontré des copines Zoë et Anaïs avec qui elles ont bien joué. (Cf article de Malou)

Et voilà comment nous en sommes arrivés à prolonger 2 fois notre séjour et passer le nouvel an à Kep ! C’était le reveillon le plus Chhmar de notre vie… 0H08 au lit !

Mr Bricolage, épicerie, le hamac est l'extension du Khmer, refroidissement par bidon d'eau, vague de froid 17-19 ° ! Bonne Année

S’il n’y avait eu la fin des visas, je pense qu’on aurait entamé le processus de momification !

Par Jéjé

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Publié le 28 mars 2019

Nous essayons actuellement de rattraper notre retard mais sans publier car les connexions 4G en Nouvelle-Zélande ne sont pas très bonnes depuis notre camping-car. On attend de passer dans nos locations de l’ile du Nord pour publier le maximum et se mettre à jour avant la Polynésie.

Donc je m’y colle car Cathy va se concentrer sur la NZ et le Japon.


Je vous ai laissé à Kep et nous avions enfin décidé de partir pour retrouver le Vietnam et ses sourires. Après moult tergiversations, nous avions décidé d’aller sur l’île de Phu Quoc en passant par Ha Tien. Tout est réservé, le minibus, le bateau et le logement. Le matin, on dit au revoir à Sopia le manager et son équipe qui était vraiment très sympa. On prend le tuktuk jusqu’à la station des bus et là il nous annonce 3$ ! Ben, nous on sait que c’est 2$. Bien essayé. C’est pas grand-chose, mais vraiment les Khmers…. On est bien content de se barrer. Et là surprise ! Quoi, pas de départ ! Pourquoi ? Une tempête empêche les bateaux de partir. Comme de juste, plus de forfait 4G. Vite une connexion wifi pour savoir s’ils ne veulent pas nous enfler comme ils l’ont fait à nos 2 copains de Mayotte… Apparemment y’a pas d’entourloupe. Ils auraient pu nous prévenir ! Coïncidence, juste on leur dit et juste après on reçoit le mail pour nous prévenir… Bon, maintenant qu’on a réussi à s’arracher de Kep on ne va pas renoncer, on verra bien. Kep ne veut pas nous relâcher et bien on va le forcer.

Les 2 employées nous assurent qu’à l’agence de Ha Tien on pourra changer de destination. Pas moyen d’avoir un ticket écrit mais tant pis, faut qu’on se casse. Bon, on attend le bus. 15 min, 20 min. Je vais voir les 2 baleines avachies sur leur siège pour demander des nouvelles. J’ai envie de les encastrer dans le mur. C’est miraculeux, le minibus arrive. Il parait que quelqu’un va nous récupérer à la frontière, j’obtiens finalement son nom. Faut qu’on file ... vite !

En effet, de drôles de sentiments nous animent : on vient pour découvrir une autre culture et finalement on a une réaction épidermique à en devenir violent dés que pointe le nez d’un Khmer. On en est profondément attristé. Cambodge, on te laisse à ton triste sort car tu seras sûrement la prochaine province chinoise et le pire c’est qu’a ce moment là, on s’en contrefiche...

Pour info, Sihanoukville a déjà été annexé économiquement par la Chine. Allez je vous mets sur la piste. Cela s’appelle les « nouvelles routes de la soie ». Elles sont en marche, elles visent de nouveaux marchés, des accès à la mer plus faciles pour répandre leurs marchandises plus rapidement. Le Laos, la Birmanie ne résisteront pas longtemps. La Thailande et le Vietnam peut-être y arriveront. Mais le rouleau compresseur silencieux Chinois est en marche et ne s’arrêtera pas de sitôt. Le pire, c’est que personne n’aime leur attitude mais tout le monde leur mange dans la main. C’est les USA puissance 10 mais avec encore moins d’états d’âme. On leur a donné les clés du monde et nous on se regarde le nombril. Mais revenons au nôtre, de nombril…

Après tout ce que l’on avait entendu sur ce passage de frontière finalement tout ce passe bien, fiers d’avoir notre tampon de sortie. Le douanier me demande si on veut revenir. Mais il est pas fou lui !

Après le traditionnel bakchich donné au douanier Vietnamien. J’avais que 3$ au lieu de 4$ tarif « officiel 😉. » pour te prendre la température. $ qui finissent dans son cahier. Cathy d’un coup d’œil me supplie de me taire. J’obtempère… Ça commence bien ! Ah oui, c’est vrai c’est le sud…. Il faudra qu’on pense à vérifier si au nord des pays de l’hémisphère sud c’est la même histoire 🤔

Suspens, irons ou n’irons pas à Phu Quoc ? La suite dans le carnet du Vietnam…

Casino à la frontière côté Cambodge,  Adieu Cambodge, Bonjour Vietnam!

Pa Jéjé

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Publié le 28 mars 2019

On en a rencontré une au marché de Kep au Cambodge, ou plutôt sa maman. Elle a demandé notre âge. Chouette ! Sa fille Zoé a 8 ans. Elle nous a invité chez elle. On la suit à scooter. Moi, je suis derrière Maman et Gaïa est derrière Papa.

Zoé a du caractére mais elle est chouette. A peine ils nous connaissent, ils nous ont invitė à Noël.

Alors ça! c ‘est l’ésprit de Noël .😄La veille de Noël , on a joué avec Zoé😊, Anaïs😊 et son grand frère.

Trop chouette la piscine! 

Après Noël, on a revu les copines de Pyle face au monde (copines de Mongolie) et on a appris à jouer à Marco Polo.👍🙂😊 dans la piscine.

Trop joli le coucher de soleil 

C'est un jeu ou un ferme les yeux et appelle "Marco" et les autres sont obligés de répondre "Polo". Quand tu attrapes quelqu'un, c'est son tour de faire Marco. On s'est super bien amusé . Et on a aussi joué avec les plantes rétractiles !

Trop bon le gâteau de Noël 


Par Malou