Carnet de voyage

Un pas après l'autre....

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Dernière étape postée il y a 10 jours
Enfin, je pars sur le Chemin... Voilà 4 ans que l'envie m'a prise, et le départ est maintenant proche!
Juillet 2017
14 semaines
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Publié le 23 juillet 2017

voilà assez bien résumé, toutes les raisons qui m'ont traversé l'esprit et qui me donnent l'envie...


( Vient de paraître le hors-série de Philosophie-Magazine "Marcher avec les philosophes" : )

Marcher pour se vider l’esprit ou le remplir ? Pour oublier ou se souvenir ?

Pour chercher Dieu ou le hasard, retrouver l’élémentaire, le temps qui passe, le crépuscule et l’aube, le contact de la terre, la semelle qui palpite aux cailloux et à l’herbe, éprouver la pluie et le vent, le chaud et le froid, la peur parfois et la torpeur de la répétition toujours...

Mais aussi marcher pour ne pas mourir lorsqu’il n’y a plus de désir de vivre.

Marcher pour rester digne, debout avec Gandhi et Martin Luther King, et marcher pour le plaisir de faire partie d’un tout.

Peu importe la raison qui déclenche la marche, elle n’est jamais ni tout à fait la même ni tout à fait une autre.

"Le chemin se fait en marchant", écrit Antonio Machado.


Ne dis pas pourquoi tu marches, la marche est la réponse.

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Publié le 23 juillet 2017

Derniers préparatifs : sac et contenu

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Et bien nous y voilà, ce matin, nous partons!

c'est étrange cette sensation de se dire que c'est la dernière fois que j'écoute les infos à la radio en prenant mon petit déjeuner (avec le pain aux céréales grillé par Christophe juste comme je l'aime) que je me brosse les dents devant ce miroir, que je détends une dernière lessive, que tous ces petits gestes anodins, je ne les referais pas avant la mi octobre, que je quitte Barneville pleine de l'effervescence estivale et que je retrouverais ma maison dans ce quartier endormi aux volets clos...

Tant d'attente, d'appréhension, prête dans ma tête mais mon corps va-t-il suivre? ou prête dans mon corps mais ma tête supportera-t-elle le froid, la pluie, la chaleur, la solitude, le poids du sac...

Je pars forte de vos encouragements qui ne pèsent rien dans mon sac mais qui seront mes boosters dans mes moments de doute.


Et puis arrive le moment où l'on ferme la porte et l'on se met en route...

Jolie étape de 31 km qui nous a fait traverser les havres de Portbail, Surville, puis St Germain sur Ay où nous faisons maintenant une halte bien méritée dans la très seventies maison d'hôtes Home19. Météo parfaite pour cette première journée : un peu nuageux, un petit vent de nord ouest qui nous pousse, et puis pour finir un franc soleil. Bon les jambes sont un peu lourdes, les épaules meurtries mais on se rode ! ! La nuit va être réparatrice. La sieste l'avait déjà été!


Le havre de Portbail
Le havre de Portbail
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Publié le 25 juillet 2017

Après une bonne nuit et un petit déjeuner classique mais appétissant, nous avons repris notre route vers Lessay en empruntant de larges chemins dans la forêt de pins. A Lessay, nous retrouvons Gauvain en route pour Lorient, pique- niquons avec lui, et commençons à alléger nos sacs en lui remettant un peu d'excédent ! ! Après 19 km de marche sans difficulté nous arrivons à Pirou. Nous y retrouvons 2 randonneuses rencontrées la veille! C'est vrai que les capacités d'hébergements ne sont pas nombreuses.

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Publié le 28 juillet 2017

3 ème jour encore complètement différent : sous la pluie, ce qui me permet de tester la cape de pluie, et nouveaux paysages, on aborde le bocage, ses chemins creux et ses petits dénivelés!!

J'ai marché en sandales avec chaussettes, quitte à avoir les pieds mouillés, les chaussures sèchent plus vite ensuite!!

Le soir, nous retrouvons Marie - Christine, épouse de Bruno Le frère de Christophe, et sa cousine Isabelle, elles nous véhiculent jusqu'à la maison où nous passons une bonne soirée en famille


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Publié le 28 juillet 2017

Difficile ce soir... Mal partout! Les 3 derniers km, après 27 déjà parcourus ont été bien laborieux...Heureusement, pas de pluie et le passage aux abords du havre de la Vanlée qui nous enchanté. Vraiment, cette succession de havres est magnifique. Nous dormons au Relais des iles à Coudeville sur Mer et très gentiment, en voyant mon état de lassitude, la réceptionniste nous a gratifié d'une vue mer!! Baignoire en plus...j'en oublie presque mes courbatures.

Le dîner a été à la hauteur de la vue! Excellente choucroute de la mer pour moi et filet de boeuf pour Christophe; c'est de la randonnée grand luxe....

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A partir de ce jour, nous allons emprunter des chemins que je n'avais pas parcourus lors de mes entrainements hivernaux, aussi, il y a une certaine part de découverte. Certaine part, car malgré tout, en 2004, avec Betty, Apolline et Léopold nous avions fait une rando sur cette partie du GR entre le Mont St Michel et Pirou. Mais cependant, le temps a fait son œuvre et j'ai beaucoup oublié...

Comme notre Normandie est belle!! ce ciel avec tous ces camaïeux de gris, la mer pas bêtement bleue, mais verte, grise, bleutée, émeraude, avec des pointes de jaunes sur les bancs de sable, plus sombres sur les rochers, hérissée de parcs à huitres. Nous croisons sur notre chemins une multitude d'activités : cheval, vélo, golf, kite, planche, marchés, course aux trésors...

Cette journée a donc été riche à nouveau, après avoir longé sur 5-6 km la mer par les dunes depuis Coudeville, nous sommes arrivés à Granville et ses falaises, tour de la vieille ville, ensuite St Pair sur mer, Kairon puis les hauts de Jullouville. Toujours de superbes points de vue sur Chausey, mais toujours pas de Mont en vue!! Moins de fatigue aujourd'hui, 29 km cependant au compteur!!

Nous logeons ce soir à Carolles dans une chambre d'Hôtes "aux Oiseaux de Passage". Spacieuse chambre, grande pièce commune, cuisine toute équipée et même un ordi à disposition qui me permet d'écrire plus vite que sur mon smartphone!!




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Publié le 29 juillet 2017

Départ ce matin vers 9h30 pour un étape courte mais escarpée avec le passage après Carolles des falaises de Champeaux, et de la cabane Vauban mais ensuite en ligne de mire le Mont nous appelle, nous attire, nous motive!!

Après les falaises et St Jean le Thomas, la côte s'aplanit mais le sable et un vent contraire continuent de freiner notre marche ! ! Enfin, vers 17h, nous arrivons chez Clémence et Edouard à Bacilly, ils ne sont pas là mais nous ont laissé les clés pour nous permettre une halte reposante. Un grand merci à eux! Petit plaisir : écouter France Inter...

Au niveau météo, cela reste très convenable, et du coup toujours ces couleurs magnifiques.

Demain, dernier jour pour Christophe avec la traversée vers le Mont, et la fin de la première partie du voyage pour moi....

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Publié le 1er août 2017

Courte étape ce jour qui nous a vu rebrousser chemin depuis Bacilly jusqu'au Bec d'Andaine. Le rendez vous avec le guide pour la traversée était à 16h30, aussi,cela nous a laissé une longue matinée pour traîner, écouter France Inter ☺, refaire le sac en me délestant de 500 grammes supplémentaires, lire....



Puis à 14h, nous avons rejoint le Bec d'Andaine et notre guide Damien. La traversée de la baie représente environ 7km et demande 2h. La marche est plus ou moins aisée sur du sable dur, mou, dans de la vase, avec des traversée de lits de rivière (Laire, Selune, Sée, Couesnon). Une légère pluie nous a accompagné sur la fin du parcours.

A l'arrivée, nous avons retrouvé Léopold et Gauvain. Par chance, il restait 2 lits à la maison du pèlerin et ils ont pu également découvrir ce lieu hors du temps et cette vue époustouflante

Vue de notre chambre

Nous avons savouré ces derniers moments ensemble, Gauvain partant le 4 août pour 3 ans en Nouvelle Calédonie....

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Publié le 10 août 2017

7 jours de marche

180 kilomètres

1 jour de pluie

3 ampoules (déjà soignées)

4 piqûres d'insectes

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La nuit à la Maison des Pèlerins a été un moment fort de cette semaine, et le réveil tout autant !

Lever de soleil sur la Baie

Dès 8h30, nous nous mettions en route, c'est déjà la fin pour Christophe qui remonte sur Cherbourg avec Gauvain et le début d'un nouveau chemin pour moi. Après le Chemin des Anglais entre Cherbourg et le Mont, j'emprunte maintenant la Voie des Capitales entre le Mont et Clisson. Léopold m'accompagne pour 2 jours !! Voilà 4 mois que nous nous ne sommes vus, aussi les kilomètres défilent sans même les voir : nous ne faisons que parler.... bilan : 36 bornes avalées et après Pontorson, Antrain puis Tremblay, nous arrivons à Romazy où un accueil pèlerin nous attend. Premier enseignement de cette journée : anticiper les ravitos le lundi, nous nous sommes retrouvés le soir sans rien dans le sac et sans savoir si l'accueil pèlerin prévoyait à manger pour nous !!! Heureusement, Léopold a fait un coup de stop et est allé nous ravitailler à la ville plus importante à une dizaine de kilomètres. Ensuite Romazy....Que dire.... bourgade en complète déshérence et accueil plus que glauque., là encore heureusement que Léopold était là...

Au cours de cette étape, pour finir sur une note positive, nous quittons le département 50 pour entrer dans le 35!! A suivre : 44, 85, 79, 17, 33, 40 et 64 (avec je crois une petite incursion dans le 56 et peut être 16) demain quizz sur les noms des départements!

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Publié le 1er août 2017

Hâte de partir ce matin, aussi dès 8h30, nous partons et reprenons des sentiers que nous voyons à peine : nos discussions reprennent! Cela nous joue des tours, on ne voit pas toujours les bifurcations et nous devons rebrousser chemin... En ce cas, vive toutes les belles cartes et traces installées sur mon portable par Christophe, avec la localisation GPS, on sait tout de suite où est l'erreur.

A St Médard en Ille, c'est un peu difficile : Léopold repart vers Lorient et c'est maintenant seule que je continue...petit coup au moral. Mon dieu, cela commence donc maintenant...avec cette douleur lancinante dans la cheville gauche : en effet avec encore une étape de plus de 30 km (34) je dépasse un peu mes limites et mon corps me le rappelle. Je ralentis et rythme mon pas sur le lent cheminement du canal que je longe maintenant. Ceci combiné à la majesté des arbres et à la quiétude des lieux me réconforte et me fait oublier la douleur.

Je parcours donc les derniers 10km et arrive (un peu inquiète) à l'accueil pèlerin de Chevaigné réservé la veille. Très bonne soirée, partage de nos expériences autour d'un bon repas. Je vais passer une bonne nuit !

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Publié le 2 août 2017

Après une nuit au calme bien reposante et un petit déjeuner classique mais appétissant en compagnie de Chantal, je reprends la route ou plutôt le canal Ille et Rance vers 08h40 pour une étape plus courte qui me mène jusqu'à Rennes. Calme et sérénité accompagnent ma marche, agréable sous un ciel couvert sans précipitations.

Rennes et son agglomération se signalent par l'augmentation du nombre de runners, cyclistes et autres promeneurs. Arrivée tôt à mon hébergement (Campanile, pratique juste sur le chemin) j'en profite pour aller faire une lessive à la laverie du coin, quelques courses, prendre un bain frais reconstituant ! ! La nuit cependant est beaucoup moins calme que la précédente, voies rapides obligent!



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Longue étape ce jour, alors départ dès 7h50. . . . Aujourd'hui je quitte le canal pour suivre la Vilaine. Mais dès le départ, je me trompe de rive, m'en aperçois assez rapidement mais m'entête en pensant trouver un pont un peu plus loin pour finalement faire 1/2 tour! Bilan : 3km en plus et retour à presque la case départ, toute l'avance du matin est perdue.

2 ème enseignement : ne pas s'entêter quand on sait que l'on a tort...

A nouveau et comme hier belle journée de marche, la Vilaine offrant cependant un caractère un peu moins rectiligne que le canal. Arbres majestueux, écluses, moulin, le regard n'est jamais au repos.


Le soir hébergement dans un accueil pèlerin très sympathique et confortable au Mortier. Belle découverte de personnalités et d'activités.


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En pleine campagne, la nuit n'a été troublée par aucun bruit et c'est en grande forme que j'ai pris le petit déjeuner en compagnie de Marie Annick et Jean Paul Moisans. Délicieux pain pétri et cuit dans l'ancien four à pain par Jean Paul. Ils m'ont raconté leur activité, leur région et l'histoire du château de Boschet tout proche. Encore un grand merci à eux s'ils lisent ces quelques lignes.

Ensuite Marie Annick m'a reconduite près du halage où j'ai repris la route. Malgré la longue étape qui m'attendait (36 km) c'est sereine que je suis partie, chantant, prenant des photos, me rassasiant de ce calme.

Et puis j'ai eu Gauvain juste avant qu'il n'embarque pour la Nouvelle Calédonie...Mon bébé parti si loin et si longtemps, à l'heure où j'écris, il doit être en passe d'arriver aux antipodes alors que j'aurais fait 30 km ! !

Puis il s'est mis à pleuvoir et j'ai réalisé que j'avais encore 25 km à faire...

Bref, c'est à 19h que je suis arrivée au gîte, après 39 km - parce qu'evidemment c'est toujours à la sortie du village qu'il faut se rendre!!- trempée et heureuse d'arriver.

Repas en compagnie de 4 autres couples de convives et longue conversation téléphonique avec Christophe pour remettre sur le smart phone l'application qui gère mes cartes et qui a "disparu" au plus mauvais moment quand j'essayais de couper par la forêt pour gagner du temps ! !

Disons que c'était la journée sans..

Je me suis couchée, vraiment fatiguée et moulue....

Végétation le long de la Vilaine
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Réveillée tôt, en fait je suis soucieuse...Je n'ai pas encore trouvé d'hébergement pour ce soir ! Le petit hôtel est complet comme les chambres d'hôtes et l'accueil pèlerin ne peut m'accueillir. J'ai mis ma base arrière (Christophe) sur le coup et j'ai hâte qu'il me donne des infos. Autres solutions : je double l'étape jusqu'à Blain où il y a un gîte d'étape (50 km tout de même ce n'est pas sérieux ! ) ou je dors à la belle étoile !

En fait, ce n'est pas comme le Vendée Globe, je peux avoir de l'assistance ! Aussi Christophe a pris le camion et ce soir, on se retrouve à Marsac Sur Don!!!

Du coup, une pêche folle pour avancer et après Guémené Penfao un super parcours ! Le tout sous un soleil tout estival. Mais l'arrivée sur Marsac à longer la route, petite certes et sans trop de circulation, n'est pas très réjouissante.



Ce jour j'ai quitté l'Ille et Vilaine pour entrer en Loire Atlantique! J'ai marché sur une voie romaine!

Sur les traces d'Asterix et Obelix!!!

Parfaitement synchro, nous arrivons en même temps à Marsac. Mon Max me reconnaît et me fait la fête! Pour la nuit, l'ancien camping municipal près de l'étang des Roches est parfait. Christophe a même pensé au Menetou Salon..

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Publié le 7 août 2017

C'est bien aussi de retrouver son cher et tendre pour un moment improvisé et puis, un peu comme dans la chanson de Fugain que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître il est reparti là haut dans le brouillard et je continue ma descente vers le midi.

Étape presque exclusivement sur la route ! J'ai ce soir les chevilles en compote.

A l'arrivée, fête dans la ville de Blain avec fanfare, majorettes et chars! J'ai bien pensé à toi Betty ! Très surprenante cette arrivée, malgré la fatigue, j'ai presque envie de marcher au rythme des trombones et grosses caisses.

Je suis également pour la première fois en gîte d'étape, dortoir, cuisine commune, etc...mais nous ne sommes que 2 dans le dortoir de 7. Une autre pèlerine venant de Loudéac.

Des cyclotouristes occupent d'autres chambrées, un couple de Guidel avec 2 jeunes enfants, et 2 jeunes sur la vélodyssée. Durant le dîner où chacun a fait réchauffer qui son cassoulet, du riz ou s'est contenté de fromage, nous avons échangé sur nos parcours et destinations.


Bilan de la semaine :

1 jour de pluie

220 km

1 ampoule qui a essayé de récidiver mais grâce aux pansements miracle de Jacques, elle a tout de suite été enrayée!!

Semaine d'adaptation pour apprendre à gèrer les hébergements et le ravitaillement....


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Publié le 8 août 2017

Toute première nuit en dortoir donc...mais un dortoir où l'on est 2, c'est presque une chambre individuelle ! ! Pas de ronflement (c'est une de mes grosses inquiétudes pour la suite), pas de bruit malgré la fenêtre ouverte, réveil vers 7h, et petit déjeuner avec Colette, pèlerine comme moi. Nos chemins se recroiseront peut être, nous allons dans le même sens, je suis juste pour l'instant un peu plus rapide mais je ne suis pas sûre de continuer à ce rythme.

Départ vers 08h20, je retrouve le canal et après la journée d'hier et ses routes interminables cela me réjouit au plus haut point

Au réveil depuis le gîte de Blain : mais où vont tous ces avions?!

Mais avant de prendre la route, petit détour par Blain pour compléter le repas de ce midi, trouver un wifi pour publier les étapes en attente, écrire une carte à mon papa et ma maman, c'est du boulot la vie de pèlerine! Plus sérieusement il est vrai que j'ai par moment le sentiment de revenir aux préoccupations des premiers hommes : trouver un toit, trouver à manger. Et cela prend du temps! Quand cela est réglé, on peut penser à autre chose, du type prendre des photos, écrire, lire...

Là par exemple, il est 14h, mes hébergements pour les 2 prochaines nuits sont OK, j'ai déjà bien avancé ce matin, aussi je me suis arrêtée pour manger, écrire, je vais ensuite faire quelques étirements, lire et commencer de caler la journée de mercredi... et tout cela dans ce cadre enchanteur où seuls quelques vélos viennent troubler le chant des oiseaux !!

17h30, arrivée au gîte "le nid douillet". Gentil accueil de Josiane avec bain de pieds et des boissons (de l'eau en l'occurrence mais beaucoup!) parce que ça y est, il commence à faire très chaud et pour la première fois ma réserve d'eau a été consommée dans la journée !

Dîner en compagnie de nos hôtes Guy et Josiane ainsi qu'Agnés cyclotouriste de Caen (mais née à Cherbourg!) qui commence son périple Nantes -Roscoff sur l'EV1. Je rencontre finalement beaucoup plus de cyclistes que de pèlerins, cela changera sans doute en avançant plus sur les voies traditionnelles.

Couchée tôt, le sommeil est venu très vite!!

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Publié le 10 août 2017

Une nouvelle étape assez longue m'attend encore aujourd'hui, aussi c'est de bonne heure que je me suis réveillée. Notre hôtesse nous avait préparé la veille le plateau contenant tout le nécessaire et le petit déjeuner a été aussi reconstituant que l'a été la nuit.

Les nuits, malgré des réveils nocturnes, sont toujours réparatrices : je me couche avec les chevilles plus ou moins endolories et le matin, après quelques pas pour échauffer tout cela, plus rien n'y parait.

Je ne suis finalement pas partie aussi tôt que prévu, nous avons longuement discuté avec Colette, la cyclo-touriste; c'est le matin que les conversations plus "intimes" se font....

8h40 enfin, je pars sur cette belle étape qui me mène jusqu'à Sucé sur Erdre. Jolie ville sur les bords de l'Erdre, banlieue verte de Nantes avec le Tram-train dernièrement mis en place sur une ancienne ligne SNCF désaffectée.

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Après des chemins variés, le sentier suit jusqu'à Nantes les bords de l'Erdre; lieu de promenade, j'y croise de nombreux promeneurs.

Installations artistiques sur les bords de l'Erdre
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A 17H30, je retrouve à Nantes St Jacques mon hôtesse pour la nuit qui me véhicule jusque chez elle à Pont Saint Martin, dans le sud de Nantes

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Publié le 10 août 2017

La soirée avec Nadine, qui a fait le chemin entre Nantes et st Jacques en 2014, fut très enrichissante avec partage de son expérience.

Au matin du mercredi 09 Août, 16ème journée, je décide de faire une pause à Bernic, maison familiale à Notre Dame de Monts. Je marche donc en direction de St Philbert de Grandlieu en empruntant le GRP du tour de Lac. Sans doute est-ce la proximité du Lac, mais je n'ai jamais vu autant d'hirondelles!!

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Xavier me retrouve sur la route et d'un coup de voiture je me retrouve en famille à Bernic. Quel bonheur...

Je vais y séjourner jusqu'à vendredi matin, cela me laisse le temps :

  • de faire promenades les pieds dans l'eau pour délasser pieds, chevilles et mollet
  • aller me faire épiler, il n'est pas écrit qu'une pélerine ne puisse essayer d'être féminine!
  • laver du linge
  • préparer au moins 3 jours d'étapes
  • faire un petit ravitaillement
  • et puis profiter du temps qui passe et de la famille....
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Publié le 11 août 2017

Reprise du chemin aujourd'hui....

Oh sans précipitation avec un départ de Challans en TER vers Nantes à presque 11h mais pique nique prêt, hébergement calé et des fourmis dans les jambes!!!

A 12h je démarre : parcours superbe le long de la Sèvres Nantaise qui offre une ombre appréciable durant cette journée ensoleillée.

Platanes presque bicentenaires

27 km à longer cette rivière avec passage à Vertou puis St Fiacre.

Vous avez vu : "reste" 1495 km!!!
Vous avez vu : ne "reste" que 1495 km

L'architecture change également, les toits sont en tuiles et les maisons s' applatissent : on quitte définitivement la Bretagne....Les vignes apparaissent, c'est le vignoble nantais, région du muscadet, du coup le parcours offre quelques incursions dans les coteaux et donc des grimpettes casse rythme !

Partie tard, c'est donc tard que Monniére et son gîte municipal se présentent après un dernier passage le long de la Sèvres.

Bien que seule, la soirée va vite passer : une douche, une tomate, une boîte de sardines, une semoule et une pomme et au lit. Mes pieds me disent merci 😊 😊

Un peu gonflés mais pas trop mal après presque 500 km!!!
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Monniére est une petite bourgade, cela offre une nuit sans bruit et donc un sommeil profond sans réveil nocturne ; c'est suffisamment rare pour être relevé !

Belle étape de 30 km avec très peu de route. Au coeur des vignes jusqu'à Clisson, puis dès l'entrée en Vendée, le cheminement à repris au coeur d'une campagne tournée vers l'élevage et les cultures fourragères.

Cette journée m'a permis également de faire une belle découverte : Clisson! Le long de la Sèvres, ville détruite pendant les guerres de Vendée et reconstruite sur des inspirations italiennes, elle se donne des allures de Toscane dépaysante.

Comme j'étais partie tôt, j'ai pris le temps de me promener un peu (j'ai tout de même toujours le sac sur le dos!).

Tout de suite après Clisson, une borne jacquaire nous accueille et nous signale l'entrée en Vendée.

Pas rencontré grand monde ce jour.... Le temps n'était pas à la balade certainement, un petit crachin, qui ne mouille pas trop -je n'ai même pas enfilé le coupe vent- m'a accompagnée pratiquement toute la journée. Cela permet à l'esprit de vagabonder et sauter d'une réflexion à l'autre, de s'émouvoir de la beauté d'un arbre, d'observer un écureuil, de chanter quelques vieux tubes de Dalida ou Michel Delpech....La marche devient mécanique.

Arrivée à Montaigu vers 17h20, je fais tamponner ma crédential au Syndicat d'initiative et rejoins mon hébergement dans le centre : un couple d'octogenaires qui me font penser à mes parents et avec qui le dîner fût très agréable, discutant du chemin bien évidemment mais de nos enfants, de leur vie professionnelle passée, de la région. Vraiment ces moments sont particuliers et privilégiés!

Couchée vers 22h, je masse mes pieds....mon bien le plus précieux en ce moment !!!

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Vers 7h, la journée commence avec le petit déjeuner en compagnie d'Anne Marie mon hôtesse du jour. Encore une fois le matin est propice à des conversations plus personnelles et peut être plus féminines !

Départ à plus de 08h30 avec comme premier objectif de trouver mon hébergement du jour! En effet depuis 2 jours toutes mes tentatives restent vaines, et au fur et à mesure j'ajoute des kilomètres ! Finalement c'est 10 km de plus que je vais avoir à parcourir, soit près de 40 km aujourd'hui ! Je veux toujours réduire mes étapes mais j'ai du mal...

Aussi je me mets en mode commandos, à un rythme un chouia plus lent et après avoir pris le pique nique du jour avant de quitter Montaigu, je commence la marche du jour.

Très rapidement, je rejoins la Petite Maine et découvre à la Maison de la Rivière une exposition sur un certain Audubon, peintre naturaliste du 19 ème, apparemment très connu outre atlantique.


Malgré le timing serré de la journée, je prends le temps de faire la visite de la heureusement petite expo.

La petite Maine

Et puis les kilomètres s'enchaînent, heureusement il ne fait pas trop chaud, un point sous l'omoplate gauche : j'amène ma respiration à cet endroit, je bois, laisse respirer mes pieds lors de la pause déjeuner, admire un de ces chênes majestueux...

Le chemin continue de dérouler son long ruban et la marche devient mécanique.

Le sac à dos a disparu sur les derniers kilomètres, seules les jambes sont lourdes! Et enfin, vers 19h15, j'arrive au Rossignolet chez Huguette et Bruno. Que de belles rencontres! Encore un accueil chaleureux, une douche relaxante, un repas simple mais si savoureux avec ces tomates et concombre du jardin, ces haricots verts fondants à souhait, des conversations qui enrichissent et un lit où il fait bon s'étendre et s'endormir d'un seul coup !

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Dormi jusqu'à 07h30!! J'avais sans doute besoin de récupérer de cette étape aussi longue. J'avais pris le soin de prendre préventivement un anti -inflammatoire, aussi c'est sans une douleur que je me suis levée !

Bruno était déjà aux champs! alors petit déjeuner avec Huguette.

Avec les 40 km de la veille, seulement 20 km m'attendent ce lundi, aussi je ne prends la route que vers 9h40, m'arrête 4km plus loin à Mouchamps pour un petit café et acheter un melon pour le midi et en quittant le bourg je croise Bruno sur son tracteur !

Je continue de traverser la campagne vendéenne, pas aussi plate que sur la côte !

Et puis, avec le soleil qui monte, les températures s'élèvent également, et ce qui devait être une courte étape facile devient vraiment difficile. Cela confirme le fait que je redoute plus la chaleur que la pluie ou le relief!

Je cherche les bouts d'ombre pour les pauses, vide toutes mes réserves d'eau mais enfin, vers 17h, j'arrive chez Marie Claude et Claude à Chantonnay !

Un accueil encore très gentil, des rafraîchissements, une bonne douche et Marie Claude qui a déjà fait le Chemin et qui donc connaît les problèmes de ravitaillement m'emmène faire mes courses en prévision du 15/08. Elle sait de plus que sur l'étape de demain, c'est le désert ! !

Ensuite durant le dîner toujours composé de légumes du jardin et d'une compotée de fruits de saison du jardin également (quelle chance j'ai ! ) Claude m'a raconté son métier de tourneur sur bois, sa passion pour toutes ces différentes essences, les expos, et sa collection de près de 400 oeufs ! !

Après une tisane de verveine tout juste cueillie et si parfumée, je vais me coucher.


Aujourd'hui j'ai commencé la 4 ème semaine de marche, durant les 3 premières, 560 km parcourus.

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Comment dire....Cela a été une journée pas vraiment sympa (ceci pour ne pas dire déprimante....)

Elle a pourtant bien commencé en compagnie de Marie Claude et Claude, petit déjeuner, conversations, derniers préparatifs et Marie Claude m'accompagne pour quelques kilomètres en me faisant rejoindre le chemin sans repasser par Chantonnay en empruntant des sentiers plus agréables que la route.

L'orage gronde mais nous échappons à la pluie, il nous précède.

Et puis mon hôtesse fait demi tour et là le doute s'installe..

Pas de réseau, impossible de parler à Christophe de toute la journée (quand je pense qu'à un moment je voulais partir non connectée !)

Encore et toujours des routes

Des villages déserts

Chaleur orageuse

Piqûre de taon sur le genou qui enfle

Je fatigue et mon arrivée à l'étape après 29 km n'arrange rien : je ne m'y sens pas bien.... l'orage à planté le wifi....aussi à peine arrivée, je repars !

Prochaine possibilité d'hébergement, 11 km , même s'il n'est que 16h30 et que j'ai encore le temps de faire ces 11km, je ne m'en sens pas la force...

Aussi je fais un coup de stop pour m'en rapprocher, après 6 km, je trouve enfin du réseau mais c'est pour apprendre que l'hôtel où je comptais me rendre est complet !

J'appelle alors Christophe pour retrouver le soutien dont je manque. Il me trouve une chambre à Fontenay le Comte et un nouveau coup de stop et vers 18h je souffle et retrouve un semblant de motivation.

J'espère qu'après une bonne nuit mon genou aura desenflé et que selon le principe des vases communiquants mon moral sera regonflé ! !

Allez finissons sur une note plus réjouissante et une photo : j'ai tout de même eu une heure dans une superbe forêt et là j'ai pensé à toutes les belles courses que nous pourrions faire avec les copines et aussi à mon Max et comme il serait heureux de s'y promener.


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Ce matin tout va mieux ! Au réveil, mon genou, bien que toujours un peu enflé, ne gêne pas la marche ! Un coup de fil à Christophe, un petit déjeuner copieux et je recale mes prochaines journées. Je décide finalement de revenir dans la forêt de Mervent et reprendre ce que j'avais initialement prévu avec une nuit ce soir au gîte municipal de Nieul sur l'Autise.

Avant de quitter Fontenay le Comte, passage par l'église où les verts et bleus de vitraux m'attirent. Cette intensité m'apaise.

Je savoure ce petit moment de sérénité avant de partir faire du stop pour rejoindre la forêt de Mervent. Cela a bien marché ! Très rapidement, c'est un papy en voiturette qui s'est arrêté et m'a emmenée là où je souhaitais! Promis! Plus jamais je ne pesterais contre les papy en voiture sans permis....Et je commence ma journée par cette allée forestière qui invite au calme et à la réflexion : j'ai donc décidé qu'aujourd'hui je ne laisserai pas les pensées négatives pourrir ma journée et qu'à l'inverse je me régalerai de tout !

Des paysages à perte de vue

Des troupeaux choyés

Des champs de tournesols

Bref cela a été une journée parfaite, ensoleillée mais rafraîchie par un léger vent.

Le gîte communal de Nieul sur l'Autise est simple, fonctionnel et bien localisé et bien localisé, aussi dès la douche et la lessive faites, je pars visiter l'abbaye et le village. Blondeur des pierres, ruelles et jardins fleuris lui donne un charme indéniable. En plus une boulangerie, une pharmacie, une supérette, un charcutier et 2 restaurants ! ! Tout pour l'intendance et la tranquillité du pèlerin.

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Il y avait 2 pèlerins au gîte qui y passaient la nuit : Pierre et Nicole. De quoi discutent des Pèlerins quand ils se rencontrent ? De pèlerinage évidemment ! Et trucs et astuces personnels. Pierre à déjà fait le chemin depuis son domicile dans l'Aisne en totale autonomie, c'est à dire, avec portage de tente et tout le nécessaire au camping....poids du sac 19 kgs ! Complètement inenvisageable pour moi. Mais il a parlé aussi de la Camino-dépendance qui consiste à être toujours en chemin soit en tant que marcheur ou hospitalier ( personne qui tient les gîtes gérés par les associations jacquaires dans certaines villes de tradition jacquaire) , à ne parler que de chemin et à être toujours en partance !

Gîte oblige et après une relative bonne nuit ( comme on partage la chambre, je n'ai pas pu ouvrir la fenêtre, Nicole craignant les moustiques, aussi j'ai eu un peu chaud, mais Pierre ne ronflait pas ! ) c'est dès 8h que je me suis mise en route . Temps couvert avec un peu de brouillasse, j'hésite à enfiler mon coupe vent... dernier passage devant l'abbaye et en route pour 28 km.

Et à nouveau de la route jusqu'à Maillezais....encore une abbaye mais 6 euros pour la visiter, enfin juste faire un tour dans les jardins, c'est une ruine tout de même, je m'y refuse !

En quittant Maillezais

En arrivant à Maillé (environ 15 km) je croise un des ces Camino-dépendant, il ne peut je pense résister à l'envie d'apostropher le pèlerin (et sa pancarte avec la distance nous incite à nous arrêter) et à discuter. Charmant au demeurant, il m'offre quelques tomates et une poire pour agrémenter mon repas de midi.

Depuis un peu avant Maillé j'ai retrouvé les bords de canaux du marais poitevin.

Et je quitte aujourd'hui la Vendée pour faire une petite incursion dans les Deux Sèvres mais dès demain soir je serai en Charente Maritime.

Arrivée à l'accueil pèlerin de ce soir vers 17h30 après avoir retrouvé la Sèvres Nantaise et ses pêcheurs que j'avais laissé en entrant en Vendée je crois.


Beaucoup de routes pour cette traversée de Vendée mais le souvenir d'hôtes vraiment accueillant

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Bonne nuit, réveillée et partie relativement tôt. Le ciel plutôt menaçant devient très rapidement pluvieux.

Premiers kilomètres pour changer sur la route!! Mais pour donner raison à Sophie, dès l'entrée en Charente Maritime, c'est un beau chemin herbeux le long du canal de Mignon qui me promet une marche au calme (mais avec les pieds mouillés). C'est à ce moment, alors que je me surprenais moi même de ne pas avoir encore trouvé mon hébergement du jour et de ne pas en être plus inquiète, que mon téléphone a sonné et que Caroline, à la demande du presbytère de Surgéres auquel j'avais laissé un message la veille au soir, me proposait le gîte pour la nuit !

Comment ne pas voir ce chemin habité....

Après une halte à Mauze sur le Mignon pour le pique nique du midi, aérer un peu les pieds et mettre des chaussettes sèches puis prendre un café, je reprends la route vers Surgéres alors que la pluie à cessé, à nouveau sur la route...

J'arrive enfin à destination vers 16h30 et trouve chez Caroline et Pierre un accueil authentiquement chaleureux.

Comme il est encore tôt après la douche, je fais une visite de Surgéres et de sa belle église Notre Dame dans l'enceinte du château médiéval.

Le soir, agréable soirée avec Viktoria, la fille de Caroline et Pierre, ainsi que Raphaëlle, nièce, de son mari Christophe et leurs enfants, durant laquelle nous pouvons évoquer les motivations, la quête de sens, le doute.

Encore une fois, je m'endors un peu plus riche et je mesure la chance qui m'est offerte chaque jour.

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Au matin du samedi 19 août, Caroline et Pierre étant sortis la veille au soir et souhaitant dormir plus longtemps, je déjeune seule, tout ayant été préparé la veille, et c'est donc dès 8h45 que je quitte ce lieu appelée "la Maison du Bonheur, j'y ai en effet passé un excellent moment.

Dès 8h, je m'arrête sur la grande place pour prendre mon petit café de démarrage. En me le servant, le patron à qui j'ai confirmé être pèlerine pour St Jacques, me dit qu'il est offert par la maison!

Ce jour, je n'ai prévu qu'une courte étape jusqu'à Tonnay Boutonne, environ 20 km, ensuite je ferai du stop jusqu'à Saintes où je prendrais un bus pour Médis (proche Royan). C'est là qu habitent des amis de longue date, Stéphanie et David.

Après les routes d'hier, je chemine aujourd'hui sur des chemins à l'orée d'une forêt, entre des champs , loin des voitures et c'est bien agréable.

Je rejoins un randonneur du week end et nous marchons une petite heure ensemble. Il répond à certaines de mes interrogations sur l'époque et la méthode de recolte des tournesols, sur le nom de cette plante qui ressemble à du maïs mais sans épi et moins haute, vous la connaissez?

Le SORGHO

Vers 13h, je suis à Tonnay Boutonne après un vingtaine de km.

Un peu d'inquiétude quand j'ai commencé à faire du stop : après 1/2 h, pas de succès et une route pas très passante....

Finalement, je suis prise en charge par un papy encore, qui m'imagine plus jeune que je ne le suis en réalité en le tutyoant et m'appelant "ma grande, et qui, alors que ce n'était pas sa destination, m'emmène jusqu'à Saintes!

Vraiment, je ne rencontre que gentillesse et partage!

A Saintes, malgré le poids du sac à dos, je prends le temps de visiter un peu. Un mariage à la cathédrale Saint Pierre me rappelle la conversation de la veille avec Viktoria....

Ensuite 1h de bus et je me retrouve à Médis chez les Cardine : quel bonheur de retrouver les copains, de voir comment les puces ont grandi et de reprendre nos conversations !

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Publié le 22 août 2017

Dimanche, jour de repos! Belle journée ensoleillée.

Plaisir d'une journée entre amis consacrée au papotages, lessives, ramassage de pommes et figues, préparation des prochaines étapes....


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Lundi 21/08 : je démarre la 5 ème semaine !

Même si j'étais assez confiante, j'en suis tout de même assez étonnée, enfin, je ne suis pas à l'abri d'un coup de calgon comme mardi dernier, le tout est de savoir le gérer...

Donc ce matin, à nouveau du stop pour rejoindre Taillebourg. Ce n'est pas exactement là où j'ai laissé le chemin samedi mais j'ai prévu être ce soir aux Gonds, ou plus précisément Courpignac, 7 km après Saintes, chez la maman de Sophie, ma belle soeur.

A nouveau cela fonctionne assez bien, partie vers 9h de Médis, je suis prête à commencer l'étape du jour à Taillebourg vers 10h45.

Étape plutôt agréable d'ailleurs, sur des chemins toujours à l'écart des routes, mais quelle chaleur ! !

Même les tournesols sont amorphes!

Je repasse par Saintes, en profite pour visiter Saint Eutorpe ainsi que la crypte, en savoure la fraîcheur avant de faire les 7 derniers km pour atteindre Courpignac . Heureuse d'arriver.... Le thermomètre a avoisiné les 32°!

Mado m'a choyée en me préparant un savoureux dîner, un lit moelleux et le célèbre bavarois à la framboise!!

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Grosse chaleur en perspective, aussi j'essaie de partir tôt....enfin presque.... c'est vers 8h30 que je quitte Courpignac déjà dotée d'une salade de tomates du jardin, d'un petit sandwich et de figues, noix et noisettes : un vrai festin ! !

7h : j'ouvre les volets....

Très rapidement, apres 2 petits kilomètres sur la route, je rejoins une ligne de crête et le chemin déroule son ruban herbeux la plupart du temps entre champs de tournesols et vignes.

Les signes jacquaires sont également plus présents maintenant : bornes ornées de la coquilles pour baliser le chemin, halte avec table, bancs et petit mot gentil, j'ai entendu mes premiers "ultreia" et "buen camino" et surtout je rencontre des Pèlerins!

Passage à Pons, étape jacquaire du chemin de Tours, je traîne un peu dans les rues, visite l'hôpital des Pèlerins puis reprends la route pour parcourir les 7 derniers kilomètres qui me conduiront jusqu'à Pradelles, terme de mon étape.





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Bonne nuit au calme dans la campagne saintongeaise, seul le chant des oiseaux et du coq vient troubler la quiétude des lieux; mais couchée tôt, le réveil dès 5h30 n'est pas un problème. Il fait encore nuit aussi je bouquine un peu et rédige le blog mais évidemment pas de réseau pour publier!!

Petit déjeuner en compagnie de Ginette dite Nanou!! Et l'on continue d'évoquer son chemin fait en 2013 , 2014. Au vue de son expérience, je me dis que je ne suis pas si mal préparé!! Il est vrai qu'avec internet j'ai pu lire un bon nombre de témoignages et trucs et astuces en tout genre! Pour le physique, ce sont les entraînements avec le coach Jacko et les copines qui ont été primordiaux.

Puis départ dès 8h, il fait bon, je démarre doucement pour profiter du calme et prendre le rythme tout en douceur....Les chemins sont sympa, la machine se met en route et j'enchaîne les kilomètres sans même y penser. L'esprit vagabonde, saute d'une idée à l'autre, se surprend de sentir une odeur inconnue - est-ce cela l'odeur d'un champs de tournesols au petit matin?- puis je rentre dans un bois et me retrouve presque nez à nez avec une petite biche qui est aussi étonnée que moi !

A part la biche, ce passage dans le bois n'est pas si agréable. Alors que je me réjouissais par avance de l'ombre, les petites mouches et autres insectes volants avaient également élu domicile dans la relative fraîcheur de ce sous- bois, aussi c'est en agitant en permanence mon chapeau que j'ai fait tous ces kilomètres !

Avant d'entrer dans la forêt

Pique - nique sur le trottoir d'une maison à vendre dont la barrière était ouverte. Cela me permet d'être à l'ombre sans avoir les fesses dans l'herbe, je pensais trouver plus de points de haltes aménagées...

Comme finalement j'avance plutôt bien, je décide de ne pas m'arrêter à Mirambeau comme envisagé le matin mais de poursuivre 6 ou 7 km de plus pour aller jusqu'à Boisredon, c'est donc un peu plus de 33 km que je vais parcourir cette journée.

Grand bien m'a pris! Alors qu'à Mirambeau, j'avais prévu un hôtel qui se révélait être sur la route et qui aurait été très bruyant, l'hébergement à Boisredon s'est révélé être une belle restauration d'une ferme en pleine campagne, au calme, avec dîner sur la terrasse! Quand je pense qu'à Barneville, je pense pouvoir compter sur les doigts d'une seule main le nombre de soirs où l'on a pu dîner dehors ces 3 dernières années ! !

Malgré tout la fatigue se fait sentir et je me couche avec plaisir.

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Encore une chaude journée ensoleillée en perspective, comme de plus Danièle, mon accueil du jour est un vrai moulin à parole et que je n'aspire qu'au calme, c'est sans traîner que je démarre ma journée !

En effet, j'en arrive presque à considérer que c'est comme un travail. Mais à défaut de m'asseoir derrière mon bureau et ordinateur, j'enfile mes chaussures et ainsi les journées et semaines s'enchaînent! Avec le beau temps et ces chaudes journées, j'essaie de marcher le plus possible le matin, de déjeuner vers 13 - 14h car après, le rythme ralentit et je peine réellement....

Je quitte donc Boisredon vers 08h, pour un étape de 30 km.

Très rapidement j'entre en Gironde,

puis prends la direction d'Etauliers que je rejoins vers 10h, petit café, achat d'une tomate pour compléter mon bout de pain et tranche de jambon et je repars sur la voie verte entre Etauliers et Blaye ( environ 14 km )

C'est au Pontet que je m'arrête sur une aire de pique-nique ombragée. Mais quand je reprends la route et surtout cette voie verte en plein soleil, je pressens que les derniers kilomètres vont être plus éprouvants....

Je remets une couche d'écran total, refais le plein d'eau et mouille mon chapeau au premier cimetière, regarde le bout de mes chaussures et un pas après l'autre, j'avance, doucement mais j'avance....

Vers 15h30, changement de programme, l'accueil du soir prévu à Lamarque (de l'autre côté de l'estuaire de la Gironde) m'informe qu'elle ne pourra pas me recevoir avant 20h, je réfléchis à toute allure : mon frère Xavier habite au Pian, à une vingtaine de kilomètres de Lamarque, trop loin pour doubler l'étape, mais s'il vient me chercher, on peut passer la soirée ensemble et revenir à Lamarque poursuivre le chemin le vendredi ou samedi suivant. Aussitôt pensé aussitôt fait, j'appelle Xavier, qui est pleinement d'accord, le bac est à 16h30, il me reste donc presque 1 heure pour faire ces derniers 3 km....

Je me sens pousser des ailes et pense déjà à la piscine! Alors que tout me semblait pesant, la chaleur est oubliée, le sac insignifiant, la soif inexistante et c'est à 5,5 km/h que je rejoins le bac de Blaye!

Traversée un peu longue en raison de la marée mais j'ai ainsi eu le temps de profiter de cette petite croisière.


A l'arrivée Xavier m'attendait, retour au Pian en 1/2h et piscine. Aahhh, le bonheur!

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Finalement, le vendredi est consacré au repos, à un petit tour chez Décathlon, à préparer le repas pour le retour de Sophie prévu dans la soirée, en effet, cela fait un mois maintenant que je n'ai cuisiné et cela me manque!

C'est samedi que Sophie nous dépose à Lamarque et que Xavier et moi faisons l'étape jusqu'au Pian.

Nous assistons au lever de soleil sur l'estuaire

C'est un beau parcours dans le médoc entre forêt et vignes avec traversée de Margaux, Arsac.

Le long de l'estuaire



Les Graviéres

Une petite pause ici...

Xavier peut être fier de lui, nous avons fait les 23 km en 5h30 et avons ainsi toute l'après midi pour profiter de la piscine et d'un repos bien mérité.

J'en profite également pour caler mes prochaines étapes.

Normalement, à partir de maintenant, sauf cas de force majeure, c'est non stop jusqu'à St Jacques : je ne connais plus personne le long du chemin! J'appréhende cependant un peu le chemin maintenant et plus encore à partir de St Jean Pied de Port quand tous les chemins se rencontrent, après la solitude de ces dernières semaines et le calme et le sérénité en découlant.

Dimanche, nouvelle marche de 10km avec Xavier, sur la partie le Pian -Bordeaux, et puis je re - prépare mon sac, je profite une dernière fois de la piscine, Sophie me fait un massage de pieds avec une pâte préparée par Xavier, un molky avec les puces, une partie de cartes après dîner et me voilà toute prête à attaquer ma 6 ème semaine ! Déjà ou seulement....

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Publié le 29 août 2017

Ce matin, je dis au revoir à Sophie qui dès 7h30 reprend le boulot, déjeune, finalise le sac, bouine un peu, et c'est à 09h30 que Xavier me ramène à l'église de Blanquefort pour reprendre le chemin là où nous l'avions laissé hier.

18 km de traversée de Bordeaux sous des températures caniculaires, l'étape n'est donc pas enthousiasmante.... Pourtant Bordeaux est une ville magnifique mais le poids du sac à dos n'incite pas à la flânerie.


Le chemin me fait passer par Talence, aussi je profite de l'occasion pour aller voir Denise et Michel, ma tante et mon oncle que j'ai finalement peu l'opportunité de rencontrer. Un café, du sirop et de l'eau bien fraîche, des noisettes, ils ne savent pas quoi me proposer pour être agréables ! Nous parlons de la famille, de leur santé, et je suis trop bête, je n'ai même pas pensé à faire une photo ! ! Alors évidemment ce souvenir particulier restera gravé dans mon coeur mais je ne peux le partager...

Les 4 ou 5 km restant à parcourir jusqu'au prieuré de Cayac, terme de cette étape, longeant la N10, Michel se propose de m'y conduire. Aussitôt dit, aussitôt fait et c'est vers 17h, après avoir fait quelques courses en prévision de l'étape du lendemain qui ne donnera pas cette possibilité que j'arrive au Prieuré.

Journée bien remplie car dès la douche prise et le linge lavé, je retrouve Michel, un ami de Xavier, qui a fait le chemin de nombreuses fois, par toutes les voies, et qui m'a invitée à dîner. Nous avons évoqué ses expériences, nos motivations, et c'est vers 22h qu'il m'a ramené au Prieuré où je retrouve d'autres pèlerins. La solitude c'est fini ! !


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Publié le 29 août 2017


Et la descente vers le sud se poursuit....

La nuit en dortoir (nous étions 6) sans trop de ronflements, mais une chaleur étouffante à été finalement reposante et un peu avant 8h, je prends la route en compagnie de Laetitia et Soraya, deux étudiantes parisiennes qui font une semaine test en prévision d'un chemin plus long l'année prochaine, et de Didier de la Rochelle, retraité qui relie Saintes à Roncevaux.

Un peu bizarre de ne plus marcher seule, de discuter de sujets plutôt informels dans un premier temps et surtout organisation, poids du sac, hébergements, bref tout ce qui fait la vie pèlerin!

On marche avec l'un puis l'autre, puis les écarts se creusent, un peu d'ombre et l'on s'attend. Les Landes de Gascogne débutent avec leur pistes à perte de vue et sans trop d'ombre.


Autant la matin a été un peu couverte , autant l'après midi s'est révélée ensoleillée et chaude : à ce moment, les conversations cessent et l'on se reconcentre sur l'effort à fournir, la respiration, le bout de ses chaussures....

Après un chemin blanc, un chemin noir

Des cultures de gazon en rouleau

Et puis on arrive au Barp. Didier à un accueil de son côté et les filles et moi sommes ensemble dans une grande maison en bois en plein coeur de la forêt. Succulent dîner de légumes préparé par Marie José, productrice de légumes maraîchers ! Et l'on mange dehors sous les arbres...!


Au loin le soleil se couche sur le Bassin...

Quel calme, pas de dortoir, fenêtre ouverte, la nuit va être parfaite (enfin, j'espère ne pas être trop enquiquiné par les moustiques )

Demain on retrouve Didier pour une nouvelle étape de 27 km, même distance qu'aujourd'hui, et sans doute la même physionomie.

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Publié le 2 septembre 2017

Ce matin, j'ai écouté France Inter!! Oh pas bien longtemps, mais cela m'a fait tout drôle....

Avons bien rigolé hier soir. Nous étions entre filles : Marie José notre hôtesse et sa fille Emanuelle, Soraya et Laetitia, mes 2 apprenties pèlerines et moi. Les expressions de Soraya (un chat gros comme un loukoum), la passion commune d' Emanuelle et Soraya pour la culture Manga et leur discussion sur les séries, c'était rafraîchissant.

Et cette bonne humeur a continué toute cette journée qui, une nouvelle fois s'annonçait chaude. Malgré cela, comme il avait plu une bonne partie de la nuit, c'est dans une atmosphère brumeuse que nous sommes partis.

Mais très rapidement le soleil a pris ses quartiers et comme l'étape s'annonçait courte, nous avons pris notre temps durant les pauses.

Ici souvenir de la tête de Soraya quand nous avons croisé un cycliste nudiste!!

Déjeuner / pique-nique à Beliet, café à Belin Beliet, discussion avec le patron, puis arrêt encore à Mons et son église (fermée ) et la fontaine pour les yeux

Ce qui fait que, après une énième longue ligne droite de plus de 4 km -sur le goudron qui plus est! - nous sommes arrivés à Lilaire vers 19h et plus de 30 km. Le propriétaire de la maison où nous devions passer la nuit n'était pas là, mais celle ci était ouverte, et nous avions carte blanche pour nous servir dans le frigo et congélateur, profiter de la piscine, rentrer les poules....Fatigués comme nous étions, nous avons pris la douche, soigné nos pieds, préparé à manger, eu de bons fous - rire, et au lit finalement pas si tôt vu notre heures d'arrivée.

Alors c'est vrai que c'est plaisant de discuter, rire aux expressions et descriptions des phobies de Soraya sur les tiques, les puces de lit, ses bombes insecticides, son côté parisien à la campagne, le jus de canneberge de Laetitia que stoîquement elle demande à chaque café de village, mais en faisant le bilan, je m'aperçois aussi que je n'ai pas marché à mon rythme et pas eu la réflexion qui me nourrissait auparavant. Malgré tout je suis heureuse de ces rencontres.

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Publié le 2 septembre 2017

Les avis sont partagés ce matin : pour ma part je veux suivre le chemin et passer par Moustey et la borne des 1000 km restants jusqu'à St-Jacques, soit plus de 37 km de marche, soit couper suivant les indications de notre hôte absent et virtuel et gagner 7 à 8 km.

C'est ce que choisissent de faire nos 2 étudiantes, Didier décide de me suivre via le Moustey puis Pissos.

Nous partons un peu tard pour une étape aussi longue, vers 9h, ça c'est encore une conséquence du groupe, mais c'est rapidement et par de beaux chemins que nous atteignons Moustey et son symbole. Malgré tout, je subis un peu, douleurs dans les pieds qui irradient plus ou moins dans les chevilles....

Plus que 1000 km

Ensuite nos guides diffèrent, le Lepere de Didier lui indique 7 km jusqu'à Pissos par la piste cyclable, le mien 9,5 à travers bois ! Comme il est déjà midi passé, que la route est encore longue et que la douleur est là, nous optons pour le trajet le plus court. Plus court certes mais sans ombre, du goudron, avec le bruit de la route proche. Bref, nous a valons ces 7 km en serrant les dents!

A Pissos, un café sur une joli terrasse ombragée, et je change de chaussures, je remets mes sandales, Didier du coup fait de même car lui aussi souffre dans les mollets.

Et l'on repart pour ce qui doit être nos 15 derniers km.

Jolie piste sablonneuse, le changement a été bénéfique, c'est donc dans un premier temps ragaillardis que nous repartons.

Au détour d'une piste, nous retrouvons et c'est trop drôle Laetitia et Soraya. Elles sont elles aussi, malgré le soi - disant raccourci épuisées par leur journée de longues pistes, chemins sableux et routes.

Nous nous retrouvons finalement sur une route nous menant à Labouheyre, plus de 8 km de goudron!! C'est interminable et très éprouvant pour nos organismes.

Mon hôte du soir, Jacques, que je préviens de mon arrivée tardive, après 18h, vient me chercher car cela ferait trop tard pour lui. Il prend en charge Didier également qui loge dans un autre accueil pèlerin mais dont l'hospitalier bénévole ne peut attendre aussi. Sa voiture est cependant trop petite pour nous prendre tous les 4 et nous abandonnons les 2 jeunes au bord de la route! Il reste environ 4 km...

Comme cela fait du bien d'arriver, de se poser dans ce petit appartement rigoureusement propre, bien équipé, où je suis seule. Comme tous les jours, douche, lessive et soins du corps : massage des pieds et crème après soleil.

Je rejoins ensuite les 2 apprenties arrivées à leur hôtel après 19h10 et nous dînons toutes les 3.

Au coucher, je prends un ibuprofène, mes pieds ne sont que douleur, j'ai l'impression que chacun des muscles, tendons et petits os qui les composent sont gonflés et s'entrechoquent à chaque pas.

J'ai le sentiment d'avoir subi toute cette journée, est-ce cette borne des 1000 qui à l'inverse de me donner la pêche, me rappelle tout le chemin à parcourir....

Je mets pendant 5 mn les jambes en l'air le long du mur comme me l'a conseillé Betty et puis je tombe dans un profond sommeil en 2 secondes et demi ! !



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Vraiment les jours se suivent et ne se ressemblent pas ! Ce matin aucune douleur, grand soleil et petite étape en vue de 25 km environ....

Bien savouré ce matin le fait d'être seule : je me suis réveillée tôt, ai pris le temps de lire, de boire plusieurs thé, de bien ranger mon sac et surtout pris la décision de me séparer et renvoyer à Barneville mon sac de couchage! Presque 6 semaines que je porte ces 750 grammes et je ne l'ai utilisé que 2 fois!

J'avais lu avant de partir un article sur le poids du sac, le poids de nos peurs.... sans doute pour ma part est-ce la peur du froid!

Donc une fois prête, le gîte rangé, j'ai ramené la clé à Jacques, l'ai remercié pour la qualité de son accueil, retrouvé la "bande" pour un petit café et ensuite direction la poste.

Enfin, et vraiment tard ce jour, j'ai pris la route un peu avant 10h en ayant admiré une dernière fois la place de la mairie et son ombrage de platanes !

Dans un premier temps, rien de très drôle, on longe l'autoroute par la gauche puis par la droite pendant près de 8 km...et croyez le si vous voulez, mais ce matin pour la première fois, en sandales et débardeur j'ai froid!

Ensuite, le chemin quitte l'autoroute et s'engage sur une piste forestière, et là les nuages noirs qui s'amoncelaient lâchent quelques gouttes, j'enfile vite fait mon coupe vent, pose le couvre sac et continue la route.

Dès que le chemin s'écarte de l'autoroute, le bruit de la circulation routière s'estompe; la petite pluie à cessé, alors je fais ma pause déjeuner. A peine fini mon jour de pain et m'a tranche de jambon (excellent d'ailleurs) la pluie reprend et redouble d'intensité !!!

Je cherche en vain ma cape de pluie : trop bien rangée au fond du sac, elle n'est pas accessible ! Je risque à l'inverse de tout mouiller, alors vaille que vaille j'essuie la petite heure de grosse pluie. En 5 minutes je suis trempée, je sens l'humidité s'infiltrer partout, et je commence à avoir froid.


Là on ne voit pas bien mais il pleut ! !!

Heureusement, cela ne dure pas, le soleil revient et me sèche en partie.

L'étape se termine par la forêt sur des pistes bien agréables.

J'arrive assez tôt à Onesse et Laharie, vers 16h30. Cela me laisse le temps de finir de me réchauffer avec une bonne douche bien chaude et un thé, et d'aller dire au revoir à Laetitia et Soraya qui finissent ce soir leur semaine test et dorment dans un autre gîte.

Ensuite dîner avec mes hôtes et au lit de bonne heure.

Enseignement du jour : garder sa cape de pluie à portée de main...


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Publié le 3 septembre 2017

Aujourd'hui, je suis prudente : tee shirt manches longues, bonnet, gants, je pars à 7h40 et il ne fait pas plus de 12°.

Je repasse devant le gîte des filles pour un dernier coucou

Et je commence à marcher, encore et toujours un pas après l'autre...

Il fait frais! Je ne regrette pas mon équipement hiver.

Jusqu'à Lesperon, environ 14 km, superbe chemin dans les bois, parmi pins et bruyère.

Il y a un piège. ... cherchez l'erreur


Ensuite alternance de chemins et petites routes jusqu'à Taller.

Là c'est le gîte municipal de 4 places qui va nous accueillir pour la nuit. Je dis nous car Didier poursuit le chemin jusqu'à Roncevaux et nous cheminons maintenant également avec Gilles et Kévin.

Le soir nous mettons en commun ce que nous avions acheté à Lesperon et concoctons une belle salade de riz ( riz et oeufs durs cuits au micro onde, c'était sport!)

Durant le repas, Gilles avoue ronfler 😦

Je sors les boules Quies!

Sinon pas de douleurs ce soir si ce n'est une boule sur le pied droit, piqûre, choc....

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Impeccable les boules Quies! Je n'ai entendu ni les ronflements de Gilles ni le frigo, ni le bruit des voitures quittant le loto de la salle communale toute proche.

Donc bonne nuit avec toujours cependant ces réveils nocturnes entre 3 et 5h... et comme c'est un dortoir, impossible d'allumer la lumière pour lire.

Après les classiques préparatifs (petit déjeuner, toilette de chat, bouclage du sac et petit coup de ménage) nous allons faire 2 ou 3 courses pour le pique nique du midi, en effet, aujourd'hui non seulement c'est dimanche mais en plus on ne va croiser aucun commerce jusqu'à Dax.

Ensuite, on reprend la route. Je dis on parce que Didier m'attend toujours un peu. Je pense qu'il apprécie mes cartes et la géolocalisation qui permet d'être toujours en confiance ou trouver des chemins plus agréables. Par exemple aujourd'hui, au lieu de faire 2 km sur une route, la carte m'a indiqué un chemin en forêt qui de plus m'a fait gagné 1 km! A ce moment, Didier était parti un peu devant et c'est seule que j'ai fini l'étape jusqu'à St Paul les Dax.

Belle journée en forêt, ni trop chaude, pas trop de circulation quand on est sur la route, seule l'arrivée sur Dax surprend toujours un peu avec le retour à la "civilisation".

Seulement 20 km, mais je suis fourbue quand j'arrive au gîte, sympa avec petit jardin et vue sur Dax et les Pyrénées. Un figuier, des tomates cerises et un Carrefour Market permettent de se préparer un vrai repas avec Didier et Gilles qui sont arrivés un peu plus tard.

Comme à Taller, le gîte fonctionne sur le principe du Donativo, c'est à dire que chacun paie selon ses moyens. A St Paul les Dax, nous sommes rejoint par des hospitaliers, en général d'anciens pèlerins qui viennent nous accueillir et répondre aux éventuelles questions que nous pouvons avoir sur la suite du trajet.

Dîner dans le jardin à discuter du Chemin principalement, petite tisane verveine citronnelle cueillie dans le jardin des simples, 2 lits dans la pièce principale donc je laisse les gars dans le dortoir et ne vais pas avoir besoin des boules Quies!! Parfait....


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Grosse étape en perspective aujourd'hui : 28 km jusqu'à Sordes l'Abbaye, ce qui fait un trentaine à l'arrivée (confirmé avec les détours dans Peyrehorade pour trouver un café et de quoi manger pour le lendemain midi cela a fait 31 km).

Didier toujours avec moi...mais on arrive tout de même à se mettre dans sa bulle et laisser son esprit vagabonder.

Sortie de Dax pas très drôle, cathédrale fermée, ensuite cheminement par des petites routes sinueuses et vallonnées. On pressent que l'on quitte les Landes pour entrer en Pyrénées !

Passage à Cagnotte (km 17) où l'on mange près de l'abbaye.

Et ensuite joli chemin (ancienne voie de chemin de fer) qui nous fait déboucher avec les Pyrénées en ligne de mire!

Ce n'est pas le but les Pyrénées, mais c'est un jalon important! Normalement je suis vendredi à Roncevaux!

Aujourd'hui lundi 4 septembre, j'entame la 7 ème semaine, ai parcouru un peu plus de 1050 km et ai traversé 8 départements. Je suis émerveillée par ce corps qui m'encombre parfois et qui me donne la possibilité de faire ce Chemin. Serais - je en train d'apprendre à l'aimer?

Mais il faut revenir à des considérations plus terre à terre.... Ce soir hébergement à Sordes, l'hospitalière m'a indiqué qu'elle avait préparé une ratatouille et qu'il y avait oeufs, beurre, confiture dans le frigo mais que sur l'étape entre Sordes et Viellenave demain, aucune possibilité de ravitaillement pour le repas du midi aussi il faut prévoir faire des courses à Peyrehorade.

Peyrehorade le lundi : c'est un peu le désert....

Les 4 derniers kilomètres jusqu'à Sordes sont un peu pénibles le long d'une route assez empruntée mais le gîte de Sordes est un pure merveille tant au niveau du lieu que de l'accueil.

Nous rencontrons Pedro de Madrid, je l'avais déjà croisé sur l'étape les Gonds - Pradelle . Il vient de Paris et va jusqu'à St Jacques et a déjà fait le chemin plusieurs fois en Espagne donc évidemment nous parlons Chemin et il me donne des infos sur le Camino Frances et Roncevaux.

22h, extinction des feux, je fatigue...

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Aujourd'hui mardi 5 septembre.

Hier, comme l'arrivée a été tardive, je n'ai pu pleinement profiter de la visite de Sordes et de son abbaye; aussi ce matin, j'ai décidé d'attendre l'ouverture du site à 10h30 et de faire un peu de tourisme. L'étape du jour ne compte que 20 km, donc même en partant à midi, cela reste raisonnable!

Eh bien, je ne regrette pas ce choix, l'abbaye et surtout la visite guidée m'ont fait découvrir des aspects complètement inconnus :


Le cryptoportique et les caves magasins


L'embarcadère où étaient déchargés les marchandises ou récoltes stockées dans les caves juste au dessus.


Le cloître

Superbes vitaux et mosaïques dans l'abbaye en elle même mais les photos ne sont pas terribles

Et à midi comme prévu, je commence à marcher. Que du plaisir! Les Pyrénées approchent, les paysages changent,


Un peu de dénivelé, cela permet de se mettre en jambe pour la journée de vendredi. Et toujours les Pyrénées qui se rapprochent!

A Arancou, je m'arrête faire un petit coucou à Gilles qui s'est arrêté à ce gîte d'étape, très bien aussi, le chemin devient très organisé en gîte d'étape gérés par les associations jacquaires avec toujours un hospitalier bénévole qui accueille. J'y apprend qu'il reste 830 km jusqu'à St Jacques....Ces bornes et leur kilométrage me laisse toujours songeuse..ai - je donc fait 170 km depuis Moustey déjà ? Enfin celle ci me plaît et me motive

A Bergouey ce ne sont pas 3 vieilles sur un banc qui nous attendent mais presque....

Ensuite on passe la Bidouze et on entre donc dans le pays Basque, avant on était dans le Béarn.

C'est donc à Viellenave sur Bidouze que se trouve le gîte privée où je passe la nuit. Accueil très sympathique d'Isabelle et mention spéciale à sa soupe de fanes de radis!! Je ne m'en rendais pas compte mais c'est ma première soupe chaude depuis 6 semaines et elle me manquait.

D'ailleurs, qu'est ce qui me manque, à part mes parents, ma famille et mes amis....

mon Max, hier j'ai croisé le même en forêt, un peu farouche donc je n'ai pu le caresser mais en train de chercher les oiseaux dans les taillis et je retrouverais avec plaisirs les balades en forêt ou sur la plage avec Max.

La soupe donc, il doit commencer à y avoir des potimarrons...et plus généralement cuisiner.

Les câlins, on ne prend personne dans ses bras, on s'embrasse, on se sert la main, mais enlacer et poser la tête sur une épaule ou sentir une tête sur sa propre épaule cela fait longtemps que je ne l'ai fait.

La maison, tout le matériel, même pas trop, c'est vraiment l'enseignement de ce chemin où l'on est heureux avec les seules 10 kg que l'on a sur le dos et ce que le chemin nous apporte : aujourd'hui, c'était une nuée de papillons volant devant moi sur un chemin, la découverte d'une plante que je ne connaissais pas (photo en fin), les saluts des personnes rencontrées, les figues cueillies sur l'arbre.

Mais l'absence commence à peser maintenant, j'ai hâte de passer en Espagne.


Vous savez ce que c'est? Du soja!
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Mercredi 6 septembre

Départ sous la pluie... Elle était annoncée et comme cela au moins, je suis équipée d'entrée de jeu! Sur-sac imperméable, cape et en route. C'est une petite pluie comme on peut en trouver dans le Cotentin, il ne fait pas froid en outre, aussi je trouve ces premiers kilomètres plutôt agréable dans des chemins herbeux le long de la Bidouze.


La contrepartie, c'est qu'après 100 mètres les pieds sont déjà trempés....

Belle marche donc ce matin avec alternance de chemins, petites routes et forêts sans relief particulier, qui m'ont menée jusqu'à Garris et sa jolie maison Pelegrina, très ancienne maison et hospital de pèlerins. Magnifique Pays Basque!

Voyez - vous l'automne qui arrive?


Ensuite un autre chemin m'a fait accéder à Saint Palais, il était midi, et il y avait tous les commerces nécessaires pour y déjeuner. Durant cette pause, la pluie a cessée, mais d'autres difficultés m'attendent. Une première grimpette m'amène à plus de 200 m d'altitude et St Palais semble tout à coup bien loin!

Mais c'est en arrivant encore plus haut et en découvrant le chemin qu'il va falloir emprunter un peu plus tard que l'on saisit que ce n'est pas fini!! On dira que c'est une mise en jambes pour Roncevaux....

Vous le voyez le large chemin blanc de l'autre côté de la vallée ? ?

Ensuite passage à la stèle de Gibraltar qui marque la jonction des chemins de Tours, Vézelay et du Puy.

Il y a même maintenant des Pèlerins pour te prendre en photo.

Et reprise de l'ascension vers. La chapelle de Soyarce et un superbe point de vue sur les Pyrénées.



Ensuite redescente plus ou moins tranquille vers Ostabat où se trouve le gîte Ospitalia où j'ai prévu passer la nuit. J'y retrouve Gilles et Didier arrivés avant moi


Avec la réunion des 3 chemins, il y a maintenant bon nombre de pèlerins : dans ce gîte nous serons en compagnie de Joëlle et Jacques, partis de Langueux le 29/07 et de Martine et Paule sur le chemin du Puy par étapes depuis plusieurs années.

Au dîner que je prends dans une autre auberge, je suis en compagnie d'un australien, d'une écossaise, d'un couple québécois, d'un autre varois.... et l'on parle chemin évidemment, finalement ce que l'on fait ou a fait (car ce sont beaucoup de retraités) importe peu, c'est plus nos expériences du chemin et nos ressentis que nous partageons.

Et puis nouvelle nuit avec les boules Quies, cette fois ci c'est Martine qui me dit ronfler!!

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Dernière étape en France, jusqu'à Saint Jean Pied de Port. Ce matin, au départ d'Ostabat, nous étions nombreux à prendre la route! Un peu étrange d'avoir des Pèlerins devant et derrière soi.



En fait cette journée, malgré les 27 km, je ne l'ai pas vue! Déjà complètement à Saint Jean Pied de Port et dans l'expectative/excitation de la journée de demain. Oh bien sûr j'ai pris le temps d'admirer toujours et encore les paysages autour de moi mais j'étais également dans la gestion des autres pèlerins : où s'arrêter faire sa pause, tiens là - bas cela a l'air bien, flûte la place est déjà prise...envie de pipi, bon ceux de derrière sont assez loin et on va considérer que ceux de devant ne se retournent pas! Bref, de la même façon que j'avais appris à gérer mes étapes maintenant je dois apprendre à marcher sur des chemins peuplés !

Et l'arrivée à St Jean Pied de Port confirme tout cela! Mélange de touristes, pèlerins, on croise et recroise les marcheurs du jour, on rencontre de nouveaux pèlerins qui commence ici, on dit au revoir à ceux qui arrêtent, cette effervescence est une drôle de sensation après le calme des dernières semaines.

Installation au gîte, je profite du lavomatic pour faire une grosse lessive, vite fait je poste en retour à Barneville tous mes descriptifs d'étape et autres guides dont je n'ai plus besoin. Ensuite un petit tour à la boutique du pèlerin pour acheter le guide de Camino Frances, une paire de ton et retour au gîte. Et là, avec effroi et stupeur, je m'aperçois que j'ai mis dans l'enveloppe ma crédentiale!!!

Bon ce n'est pas non plus dramatique mais c'est enquiquinant, j'aurais aimé pouvoir présenter à St Jacques tout mon parcours. Enfin, ce n'est pas grave, Michel, l'ami de Xavier, à Gradignan m'en avait fournie une nouvelle puisque que la mienne serait pleine avant la fin. Mais je suis tout de même verte de ma bêtise...

Les photos n'ont rien à voir mais j'aime bien ces vaches qui rentraient à travers le village en totale autonomie vers l'étable

Et puis cela a été un flash, je me revois mettre l'enveloppe et trouver qu'elle ne tombait pas bien au fond de la boîte, alors la pousser en mettant la main complète. Aussi je me dis que je peux peut être la récupérer.... Alors je retourne à la poste, passe le bras dans la boîte, trouve mon enveloppe (c'est un format A4 tout de même) et la ressort!! Je n'avais qu'une trouille, c'est que quelqu'un me voit et me demande ce que je faisais.. il me semble bien que c'est interdit de fouiller dans les boîtes à lettres!

Mais j'ai retrouvé ma précieuse crédentiale.


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Pas trop mal dormi malgré la proximité de la route, la fenêtre fermée et la chambre de 4, mais assez tôt, dès 6h15, on a commencé à se préparer et à 7h30, nous passions la porte d'Espagne !

Et nous n'étions pas les seuls! Je ne sais pas s'il y a eu un charter des USA mais il y a plein d'américains partout. Déjà hier, à l'arrivée à Saint Jean Pied de Port, il n'a pas été trop facile de trouver un hébergement, bon nombre de gîte étaient complets. En fait, pour les étrangers, le Camino commence ici, à St Jean Pied de Port. Nous croisons des américains donc mais aussi des taiwanais, des brésiliens, des allemands, des japonais, des italiens.

L'étape est difficile mais quelle splendeur! Avec du surcroît des conditions climatiques idéales.

Je vous fais un petit florilège des photos prises tout au long de la journée.






Mais en arrivant à Roncevaux à 16h30, quelle déception : 1 heure de queue pour tamponner la crédentiale et avoir son numéro de lit dans le dortoir que voici :

Cela fait rêver, non?

Plus de dispo pour le petit déjeuner le lendemain matin, du monde partout, du bruit, le repas du soir hyper bruyant, mais également et surtout, des rencontres, de la bienveillance, des sourires ....Malgré tout, après avoir retrouvé Didier, Joëlle et Jacques arrivés plus tôt et avoir vu leur dortoir, je n'ai qu'une envie : les rejoindre !

Juste à la sortie du dortoir, j'avise un lit vide, il est 19h30, si à 21h il est toujours libre , je déménage ! !

Je dîne à une table avec des américains de l'Oregon, sympathique mais tant de bruit que la conversation n'est pas aisée. Chose dite, chose faite : à 21h, je refais un tour dans le dortoir du 3 ème étage, personne, alors vite fait bien fait je déménage sac à dos, chaussures et viens m'installer dans ce dortoir flambant neuf. Il ne faut pas traîner, à 22h extinction des feux! Mais tout le monde semble éreinté par cette journée, il n'y a pas un bruit. Seul bémol, pas de couverture, aussi je me m'habille de mon caleçon technique et polaire.

En retrouvant Joëlle (pour rappel Joëlle et Jacques, rencontrés à l'étape d'Ostabat qui sont partis de Langueux) elle me dit avoir reçu un message de quelqu'un que je connais ? ? En fait elle a travaillé à l'hôpital de St Brieuc avec un copain de longue date!! On va faire une photo qu'elle lui enverra! Mais vraiment, le monde est un village!


Bilan mitigé de cette journée : tellement heureuse d'avoir marché ces 27 km, d'être passée de 200 à 1420 mètres d'altitude et d'avoir vu tant de beauté mais terriblement déçue de cette ambiance de foule, même si tout le monde est si bienveillant et souriant!


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Publié le 9 septembre 2017

6h : les lumières s'allument !! Et oui, pas de samedi qui tienne ni aucune tolérance par rapport à la dure étape de la veille : à 8h, les dortoirs doivent être vides!!

J'ai eu froid une bonne partie de la nuit et je me sens fatiguée encore.

Et donc le rituel du matin reprend, pliage du sur-sac (dit sac à viande), rangement du sac, toilette de chat, et ce matin, pas de petit déjeuner !!

En plus, on enfile les capes de pluie car il s'est mis à pleuvoir!


Gilles et moi disons au revoir à Didier qui arrête là (à grand regret) pour cette année et nous prenons la route dès 7h35 ! Il fait à peine jour et la pluie tombe drue. . . .

Là commence un grand moment de solitude, mais qu'est ce que je fais ici?

Ce n'est pas mon chemin ! Trop de monde, les queues pour la douche, pour le dortoir, dans certains passages, il pleut, mes manches sont mouillés et je commence à avoir froid....

Mille et une pensées me traversent l'esprit : aujourd'hui je marche 30 km pour mettre le maximum de distance entre toute cette foule et moi, je marche encore une semaine et si c'est la même chose je rentre, une douche chaude par pitié, j'espère qu'il y aura des couvertures aujourd'hui, tant pis si j'attrape froid je rentre!

Bref pas trop d'humeur à prendre des photos....Pourtant je traverse des petit village assez typiques, je traverse de belles forêts de hêtres, je double pas mal de monde et beaucoup me double également. Je discute avec un couple de normands qui viennent d'échanger avec un basque qui remonte sur Roncevaux et qui a croisé 220 pèlerins !!!

Juste avant Zubrini, je retrouve Gilles et puis ensuite nous rattrapons Joëlle et Jacques. Il est 14h environ et ils décident de s'arrêter ici. Pour ma part, dans un premier temps, je préfère continuer encore 5 km mais avant tente de trouver mon hébergement, l'un ne parle pas anglais, l'autre ne répond pas.... Du coup, je rentre dans Zubiri et décide finalement de faire étape ici également, Gilles à trouvé un gîte privé propre , dortoir de 8 lits, salle de bain nickel. Je prends une bonne douche qui me réchauffe, me repose un peu et profite d'une accalmie pour manger un morceau et boire un café. Attablée, je retrouve un américain avec qui j'avais discuté un peu dans la montée vers Roncevaux hier, Robert de Pennsylvanie.

Là, il est 21h, je rentre de dîner (menu pelegrinos), nous étions 8 à table : 5 français, 1 allemand, 1 australienne et 1 New-yorkais. Cela réconforte.

Demain la pluie est encore annoncée....

Je vais dormir, je pense être bien fatiguée....

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Publié le 11 septembre 2017

Dimanche 10 septembre : réveil à 6h, il fait nuit et il pleut...Je n'ai pas trop bien dormi, mes compagnes américaines de dortoir n'ont pas cessé de se lever, de tousser, mes bouchons d'oreilles n'ont pas tenu, je me sens encore fatiguée.

Mais il faut prendre le Camino, alors je me lève et reprend le rituel du matin (vous savez pliage, rangement, ....)

Cependant, gîte privée = petit déjeuner, avec toasts, yaourt, jus d'orange, vraiment bien pour démarrer la journée.

Je me couvre bien, bonnet, gants, coupe - vent, caleçon long, cape de pluie par dessus le sac et en route à 7h35.

A peine jour, je me demande vraiment ce que je fais là.....

Alors, je pense à tout ce que je ferai en rentrant : un coiffeur à qui je demanderai un long mais looonnng massage de crâne, un rendez vous avec la podologue pour prendre soin de mes petits pieds, un autre avec l'ostéopathe pour qu'il recale cette épaule....

Et puis je pense au WE thalasso prévu en novembre/décembre, à la douche chaude de ce soir, à tout le chemin parcouru....

Tiens un café, oh oui quelque chose de chaud !

Et là, je retrouve Jeff et Jonnie, un couple de septuagénaires américains avec qui j'avais dîné à Roncevaux, une suédoise rencontrée dans la queue pour attendre le lit à Roncevaux, et puis Pedro, Joëlle et Jacques. Et du coup, je retrouve tout l'esprit du chemin, ces quelques échanges, ces sourires, ces difficultés et petits plaisirs communs, quand je reprends la route, malgré la pluie qui continue, tout semble redevenu évident et facile!

La pluie cesse, je chemine un peu avec Jean, un québécois, puis on se sépare, les kilomètres s'enchaînent, un peu plus de 22 pour atteindre Pampelune (Pampluna) où j'arrive seule.

L'albergue municipale est proche de la cathédrale et installée dans une ancienne église. J'y retrouve par la suite mes compagnons de route.

Il est tôt quand j'arrive, un peu plus de 13h, alors plein de temps pour le rituel d'arrivée : douche, lessive et soins du corps, installation du lit. Et encore plus pour aller se balader dans les rues, un peu mortes jusqu'à 17h et pleine d'animation après, à l'espagnol quoi!

Quelques tapas et une bière avec Jean et Gilles et retour à l'albergue vers 21h.

Il y a pas mal de bruit, c'est un dortoir d'une centaine de places ! Mais boules Quies et grosse fatigue je m'endors des 21h45.

Finalement, cette journée commencée dans la morosité se finit tout en amitié, rires et partage!

Juste un petit bilan :

Aujourd'hui s'achève la 7 ème semaine de marche, 1225 kilomètres, il en reste un peu plus de 700....

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Publié le 12 septembre 2017

Non mais quelle nuit!

D'une seule traite jusqu'à 6h ce matin, heure d'allumage(?) des lumières.

Rien entendu, rien vu même pas une envie de pipi intempestive!

Vite prête, petit déjeuner expédié en compagnie de Joëlle et Jacques, nous démarrons des 7h15. Aujourd'hui lundi 11/09 nous cheminons sur les trottoirs pour sortir de Pampelune avec les écoliers, étudiants et autres pampelunais se rendant au travail. Des coquilles et flèches jaunes partout et tout le monde nous indiquant le chemin : on ne risque pas se perdre!

Je marche pendant 1 heure au rythme de la tendinite de Jacques puis je leur dis au revoir et buen camino, j'ai l'intention à compter de ce lundi d'augmenter un peu les distances et de passer à 28-30 km. Nous allons donc nous séparer....

Ils ont l'intention de nuiter à Punta de la Reina et moi un 5 km après, à Mañeru.

Le ciel menaçant nous offre des vues magnifiques

Arrivée au col de la Sierra del Perdón traditionnelle photo avec les silhouettes de pèlerins, c'est pour nous récompenser de la côte!!

Dans la descente je retrouve Gilles, doublons un groupe de françaises un peu bruyantes.... et arrivés à Puenta de la Reina, j'hésite parce que je me sens un peu fatiguée et c'est tellement agréable de retrouver tous les soirs des têtes connus, mais je dis finalement au revoir à Gilles et poursuis mon chemin.

PUNTA LA REINA

Les 5 derniers kilomètres passent assez vite malgré la chaleur et une grimpette..

J'arrive à l'albergue vers 15h et prends le dernier lit!!! Il y a tant de monde sur le chemin, que tout est complet dès 15/16 heures. A partir de demain, je réserve afin de ne pas avoir à courir!

Superbe auberge avec jardin accueillant, hôtesse très gentille et propreté irréprochable, entourée d'américaines, suédoise, espagnols et néerlandais, je regrette mes compagnons français mais utilise mon anglais!!

Albergue El Cantero - Mañeru

Couchée tôt comme à l'accoutumée, je m'endors assez rapidement tout en pressentant que je risque d'avoir chaud...10 dans le même dortoir et fenêtre fermée !

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Comme escompté, la nuit n'a pas été excellente, trop chaud, réveillée et pas de possibilité de lire pour retrouver le sommeil. . . .

Enfin à 6h, cela commence à bouger alors rapidement un petit thé vert, du pain et en route dès 7h20.

Et là, magique, je pars toute seule, à l'aube et je retrouve les sensations de calme, sérénité et beauté.

Vers l'ouest : Cirauqui et vers l'est le soleil se lève

Donc belle journée de marche, 27 km plein ouest maintenant, sans trop de difficultés, quelques côtes pas méchantes, une ou deux averses, mais surtout du soleil, des oliviers, des points de vues, d'anciennes voies romanes.

J'arrive à Villamayor de Monjardin à 14h, plein de temps pour lire, préparer les étapes suivantes, surtout réserver le gîte car c'est la course à l'échalote sinon, écrire quelques cartes....

Maintenant, il est 20h30, je pense aller me coucher et espérer mieux dormir que la nuit passée.

A demain ! !

Arrivée à Villamayor de Monjardin
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Je me suis bien organisée hier soir, mes vêtements du jour prêts dans la salle de bain, sac à dos sur le palier, c'est donc sans déranger quiconque que je me suis habillée, puis suis descendue prendre mon petit déjeuner. Toujours pas de thé vert et pas de pain mais des biscottes!

Dès 7h30, je me mets en route pour une longue étape de 31 km jusqu'à Viana.

La journée s'annonce belle et chaude...

Un petit café à Los Arcos après 12 km et j'ai la surprise de voir arriver Gilles! On partage donc ce petit moment et on reprend la route, lui devant avec un écart qui se creuse, il commence à faire chaud!

A Torres del Rio, des albergues avec piscine sont très tentantes, mais il n'est que 13h30, je me sens encore des jambes, alors malgré les heures les plus chaudes qui arrivent, je fais le plein d'eau, mange un petit bocadillos au jambon serrano, garde mon orange pour la route et continue.

Il a fait très chaud, quelque chose comme 36°, cela été dur. Nous étions 6 pèlerins à se suivre à plus ou moins longue distance et ressemblions à des vaches quand nous nous rassemblions sous le même arbre pour avoir un peu d'ombre et nous reposer !

3h pour faire les 10km, j'arrive enfin à l'albergue, encore un dortoir d'une vingtaine de lits, arrivée bonne dernière j'hérite de celui du fond tout en haut.

Après le rituel du soir, je vais faire un tour en ville, c'est la fête à l'espagnol avec taureaux lâchés dans les rues, défilé de grandes figures et fanfares.


Pas de photos des taureaux, je n'ai plus de batterie!

Tout cela me laisse un goût amer, sans doute fatiguée par cette journée et pas vraiment fan de corrida, je me sens seule, tous m'énervent à manger leur graines comme des perruches en mettant les coques par terre, je rentre finalement me coucher dans ce dortoir surchauffé. Pas de réseau, pas de nouvelles, je voudrai dormir jusqu'au matin....

Mais allons positivons : belle étape aujourd'hui qui me rapproche un peu plus du but!

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Publié le 15 septembre 2017

Je voulais dormir....

Dès 23h, je commence à me réveiller, puis 1h10, là cela dure...j'ai mal à la gorge, j'ai chaud, j'ai soif...Je finis par me rendormir puis finalement à 5h30, c'est fini...

Petit déjeuner rapide (chic ce matin, il y a du pain!) Et à 7h15 en route...

Les journées se suivent et ne se ressemblent pas. Des nuages, j'ai à peine chaud.


A l'arrivée à Logrono, il y a même quelques gouttes.

Toujours froid, je rentre dans un café et n'arrive plus à repartir. Tout à coup, je pense que cela s'arrête là. C'est fini, c'est trop.

Plus de jus, les larmes au bord des yeux en permanence, je suis vidée.

Et juste à ce moment, un mail de Christophe, qui m'envoie la confirmation de la réservation de la traversée Santander/Portsmouth le 9/10, puis Portsmouth/Caen le 11. Alors c'est comme une lumière qui s'allume, la voilà la raison de continuer, je rentre à la maison, le 9 Octobre et en bateau comme j'en ai rêvé!

Malgré tout, les 13 km restants jusqu'à Navarrete sont interminables. j'avais même prévu aller plus loin mais je m'arrête à l'albergue municipale vers 15h. Douche, installation dans un "petit" dortoir de 9 lits (j'ai un lit du bas!), grande salle commune avec lave linge, là je me rends compte que j'ai oublié quelque part, mon tee shirt technique manches longues !! Un peu dommage, je n'ai plus rien de chaud! Mais un peu partout, il y a une caisse " laissez ce qui vous encombre et prenez ce qui vous manque" donc je jette un oeil et trouve un tee shirt manche longue! Me voici donc gréée pour la fin du voyage. Je n'ai pas beaucoup de tête, j'ai oublié mon huile de massage à l'arnica à St Hilaire la Palud, un polaire à Surgéres, un savon à Pampluna.... Je retrouve Eva, une suédoise rencontrée sur le Camino avant Villamayor de Monjardin et nous prévoyons dîner ensemble. Elle me réconforte lorsque j'évoque mon coup de mou et nous racontons un peu autour d'un verre de Rioja!!! Elle a un sourire lumineux qui réchauffe ! Nous allons ensuite à la messe de 20h et rencontrons à la fin le prêtre pour la bénédiction des Pèlerins.

L'albergue de Navarrete


Même dans la démesure des églises, je ne m'y retrouve pas

Andreas un allemand, me donne 2 cachets pour ma gorge, je tousse un peu et me sens fébrile, alors un Ibuprofène en plus et je vais me coucher.

La solidarité du pèlerin joue, on se comprend, on se réconforte.

J'avais l'intention de publier cette étape avec celle d'aujourd'hui pour que vous ne soyez pas inquiets, mais en fait je suis un peu fatiguée pour finir de la rédiger mais aujourd'hui, sans être l'extase, cela a été et la vue ce soir me rappelle le but. (même si beaucoup disent que la destination n'est pas le but, mais c'est le chemin qui est le but)

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Publié le 16 septembre 2017

Bien dormi, ni chaud ni froid, pas de bruit, de 22h à 5h45 environ.

J'avais prévu pain, yaourt, thé vert, c'est donc plutôt agréable. De la même façon, mon sac était pratiquement prêt aussi c'est des 7h que je prends la route avec Eva.

Encore froid ce matin, on marche toutes les 2 d'un bon pas. Nous avions prévu un petit café à Ventosa à environ 6 km mais le Camino ne passe pas directement dans Ventosa et nous loupons la bifurcation! Sans doute trop occupées à parler...Ce n'est donc qu'à Najera (15 km tout de même) vers 10h30 que nous faisons enfin une pause café / bocadillos (petit sandwich), là nous discutons avec une américaine de Seattle, qui nous présente une française! Mais oui il y en a sur le chemin!!

Du coup, Eva file et je poursuis avec Dominique, cela fait du bien d'échanger en français, de pouvoir exprimer tout ce que l'on ressent avec les mots justes.

Cerise sur le gâteau, à Azofra où pour nous réchauffer, nous nous arrêtons manger une soupe, une autre française, Arlette! Toutes les 3 avons commencé en France et sommes en phase pour trouver ce chemin un peu trop peuplé. Mais Arlette sait aussi trouver les mots pour expliquer que peut être plus tard, nous saurons trouver ou ressentir ce qui semble nous manquer à l'heure actuelle.

Un peu rassérenée, je reprends la route pour les 10 derniers kilomètres vers Cirueña, ville assez surprenante qui doit être victime de la crise immobilière : tout est fermé et à vendre!!


J'arrive finalement dans une albergue dans le vieux village, chez Pedro, à l'albergue Virgin de Guadalupe. Très particulier et atmosphère chaleureuse! Excellente soupe lentilles/quinoa/légumes et chorizo qui réchauffe et tient bien au corps. Le repas servi à 18h30 est très cosmopolite, espagnols, texans, néerlandais, japonais, suédois, tchèque, les discussions se font évidemment en anglais !

A 19h30, c'est fini et je suis prête à aller au lit, je publie l'étape de la veille, fait un petit tour dans la chapelle aménagée au grenier, essaie de faire un peu de méditation mais je suis trop fatiguée! A 20h30, je dors!

Aujourd'hui, ma crédentiale commencée le 24/07 à Barneville est complète! Je vais demain prendre celle émise par Michel à Cayac.

Au Pian Medoc, chez Xavier, j'ai oublié de la faire tamponner d'où la case vide en attente...
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Publié le 17 septembre 2017

Assez bien dormi dans ce petit dortoir à 5 lits, je m'habitue bien aux boules Quies et en plus, personne ne me semble avoir ronflé.

Après un petit déjeuner classique préparé par Pedro, mise en route dès 7h. Personne, la nuit, encore un peu froid. Devant moi, l'ouest et la nuit noire, derrière, à l'est, l'aube pointe.

Quand le soleil arrive vraiment, et bien que je marche déjà depuis près d'une heure, le froid se fait plus mordant.



Je chante et bêtement ce que je chante (Milord d'Édith Piaf) me met les larmes aux yeux. Encore fragile ce matin...Peut être est-ce cela? Peut être faut-il que je sois vidée complètement pour que je puisse engranger de nouveaux sentiments, de nouvelles sensations, alors je laisse couler mes larmes sans rien tenter pour les retenir.

Et puis le rythme de la marche reprend le dessus, ces successions de côtes et de descentes, les petits villages traversés impose le tempo.

A un moment je suis rejointe pas Eva qui a dormi à St domino de la plaza, nous cheminons un peu ensemble puis je la laisse filer, elle a vraiment un excellent rythme!

Pas d'arrêt avant Belorado, terme de l'étape à 14h 30. En fait j'ai enchaîné les 29 km.

Je m'arrête à l'albergue municipale El Corre. En fait, bien plus sympathiques et meilleures marché que les privés! 8 € pour dormir et 9€ le repas du soir (soupe de légumes, filet de morue avec légumes et crème à la vanille).

Après la douche et la préparation du lit, balade dans la petite ville, déserte à cette heure, complètement à l'heure espagnole avec les boutiques qui ne ré-ouvrent que vers 17h30, je bouquine un peu, discute à droite à gauche, un peu plus tard retourne dans le centre m'acheter un coupé ongle et un minuscule flacon de lait pour le corps : ce sera mon luxe de demain! Après la douche au savon de Marseille, un peu d'hydratation !

Le dîner en plus d'être succulent à été très sympathique en compagnie de 3 autres français, la discussion m'a redonné encore un peu plus la force pour continuer.

Autre coïncidence toujours étonnante mais c'est un peu la magie du chemin, aujourd'hui je prends donc la nouvelle crédentiale et relis la "dédicace" que Michel avait écrite, et en me couchant écoute un message vocal reçu pendant la soirée, c'est Michel qui m'envoie ses encouragements pour la suite du chemin !

Ensuite un peu de mal à trouver le sommeil, trop d'émotions sans doute, mais le corps finit par imposer son besoin de repos.

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Aujourd'hui s'achève la 8 ème semaine, j'ai un peu de peine à y croire... Je prévoyais en effet 10 à 12 semaines mais sans vraiment bien me rendre compte ce que cela représentait...

Belle journée, encore froide au départ, mais ensoleillée. En fait je comprends maintenant pourquoi il fait si froid, le chemin oscille maintenant entre 700 et 800 mètres d'altitude ! Ce soir, à San Juan de Ortega, nous sommes même à 1050 m, l'albergue est dans un ancien monastère, je crains le pire pour cette nuit!!

Au départ, à 7h15


Après 1h, premier village Tosantos, où je prends un petit café, c'est un peu mon rituel du matin.

J'aime comme le soleil se lève et qu'il projette notre ombre juste devant nous en nous faisant les jambes d' Adriana Karembeu, longues comme un jour sans pain.

Ce jour encore, j'enchaîne les kilomètres sans autres véritable arrêt que le café du matin et donc arrive dès 13h30 à San Juan de Ortega.

Chemin agréable dans la forêt, passage d'un col (alto de la Pedraya) et petite descente vers le gîte.



Rien à faire à San Juan, si ce n'est s'occuper de soi, de ses pieds, du linge, lire ou se reposer.

Après avoir étendu son linge, le pèlerin soigne ses pieds ou aquarellise. ...

A 18h30, repas du pèlerin, 19h30, préparation de la nuit, je me couvre avec chaussettes, tee shirt manches longues et même bonnet, rangement du sac, un peu de lecture, et 20h30 je m'endors....Ce ne sont pas des vacances à Ibiza!!

Bilan de la semaine : 201 km ce qui nous amène à un total de presque 1430 km depuis Barneville. Et il en reste un peu plus de 500.


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Ce matin, record battu, départ à 06h55! Pas de cuisine partagée pour le petit déjeuner, alors juste une poire mangée sur les genoux, un bout de pain et fromage et en route. La nuit est claire, c'est sans lumière que je chemine laissant mes yeux s'habituer à la douce obscurité.

A un moment des formes blanches, des rochers ? Non cela bouge... ce sont 3 chevaux en train de brouter, je passe à côté d'eux sans qu'ils esquissent même un semblant de crainte.

Et puis l'aube arrive, je sors de la forêt et le jour est là.

Au premier village, Agés, un thé, 2 toasts afin de compléter les forces pour la matinée, puis je repars en compagnie d'un espagnol que je rencontre déjà depuis plusieurs jours. Il a vraisemblablement envie d'exercer son français alors nous partageons quelques kilomètres.

C'est plutôt agréable, nous passons ensemble la croix de Matagrande et découvrons Burgos qui s'offre à nous! Il reste tout de même une douzaine de kilomètres.


Je sais donc que je dois passer tout près de la cheminée la plus à gauche sur la photo pour rejoindre ensuite la cathédrale dont on distingue les tours également. Cela semble proche et en fait c'est interminable....

Longer l'aéroport puis passer sous l'autoroute pour traverser une zone industrielle. ...j'ai loupé le chemin qui longe le Rio Arlanzón et qui était plus sympathique!

Enfin arrivée à l'albergue municipale, récemment rénovée, je procède à mon installation,




Puis fais un tour au Décathlon local (6 km tout de même A/R) où je m'achète une doudoune légère et bien chaude ainsi qu'un tee shirt technique doublé fine polaire puis enfin fait un tour dans Burgos.

En fin d'après midi, nous nous retrouvons de toutes nationalités autour d'une bière et racontons nos itinéraires et après une soupe, vers 20h30, je me couche et m'endors rapidement.

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Publié le 20 septembre 2017

S'il est une journée à marquer d'une pierre blanche en Espagne, c'est bien celle - ci!

Parfaite à la tout point de vue :

J'ai fait l'étape telle que prévue, 33 km jusqu'à Hontanas,

Météo parfaite, soleil mais pas trop de chaleur et avec mon nouveau tee shirt, je ne souffre pas de la fraîcheur du matin.

J'ai retrouvé Eva au départ, mais telle une viking qu'elle est, elle marche toujours plus vite que moi, alors je marche seule le matin, et prends mon habituel et indispensable café avec elle le midi à Hornillos del Camino. Nous prévoyons nous retrouver à Hontanas 11 km après.

Ces 11 premiers kilomètres dans la Meseta se font en toute quiétude, je retrouve mes sensations de sérénité, je chante, je marche et admire l'espace qui m'entoure !

Et puis je découvre Hontanas.

Charmant village, une rue centrale, pas de voitures, 3 albergues, plein de pèlerins heureux de leur journée, une belle église propice à la méditation. . . .

Et puis, je prends un verre avec Eva, un polonais et Burny ou Barny, un américain qui a déjà fait l'Appalachian trail et surtout le fameux PCT Pacific Cost Trail qui va du Mexique au Canada.

Je n'imaginais pas cela possible, rencontrer quelqu'un qui a fait ce trek mythique ! Cela ouvre de nouvelles perspectives....

Dîner à l'albergue avec des texans, un allemand de Bremen, un polonais, cela me gêne un peu parce que je ne veux pas rentrer dans cette "mythologie" de l'esprit Camino, mais ces moments sont assez extraordinaires, cette espèce de communion autour d'un effort commun, les motivations et les buts sont différents, mais le chemin est le même.

21h30, au lit, j'entends sonner 22h et je m'endors. . . .

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Ce matin, je mets en pratique la méthode allemande discutée hier soir :

Toutes mes affaires sont prêtes dans la salle de bain, à 5h50, je me lève sans bruit dans ce dortoir où nous sommes un dizaine peut - être, je m'habille, finis de ranger mon sac, descends me préparer un petit thé avec 2 morceaux de pain subtilisés lors du repas hier soir, et à 6h 40 (nouveau record battu!) je prends la route. Magnifique ciel étoilé dans ce désert lumineux!

J'ai pris une photo mais cela ne donne rien, dommage!

Un nouveau thé à Castrojeriz, un café à Itero de la Vega, seuls arrêts lors de ces 7 heures de marche dans la Meseta. Paysages qui semblent toujours semblables, mais aussi toujours différents.

Des lumières différentes au fil de la journée,

Donc vers 13h30, fin de la journée de marche, après 29 km. Albergue vraiment accueillante avec jardin et piscine un peu fraîche où les pèlerins vont surtout rafraîchir leurs pieds endoloris.

Chacun discute à droite, à gauche, l'anglais est indispensable!!

En conclusion, encore une belle journée.

Le rythme est revenu, c'est top!

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Aujourd'hui, jeudi 21 septembre, l'automne débute, il me reste un peu plus de 2 semaines.....

J'ai essayé ce matin d'appliquer la méthode allemande de Werner, et suis partie encore plus tôt, à 6h30, sans petit déjeuner.

Lui, dès la veille, tout était prêt, j'ai pris son lit en photo ( avec son autorisation) pour en prendre de la graine !

Pyjama sur oreiller, la tenue du lendemain au pied du lit et les sacs pour ranger la tenue du soir sur le lit!

Quand je me suis réveillée à 5h45, il était déjà parti !

Je me suis arrêtée après 3h et 15 km de marche, vers 9h30 pour un petit déjeuner. Il me restait ensuite 11 km que j'ai fait en 2h15.

C'est donc vers 12h20 que je suis arrivée à l'albergue Santa Maria de Carrión de los Condes. Albergue assez réputée pour son accueil chrétien alors déjà une petite file d'attente, mais pour la première fois en Espagne, un hospitalier nous accueille avec boisson réconfortante et un petit gâteau !

56 places en 4 dortoirs, douches, cuisine, tout est très propre. A 17h30, vêpres, 18h, chants et guitare, 20h messe avec bénédiction des Pèlerins et 21h repas en commun. Je vous raconterai tout cela demain!

Sinon pas grand chose à dire du chemin aujourd'hui, en partant si tôt, je n'ai pas beaucoup vu le départ pourtant le long du canal de Castille, mais le ciel était encore bourré d'étoiles, le vent faisait bruisser les feuilles des arbres, un bruissement sec, tout est aride, les fleurs du fenouil sauvage commencent elles aussi a sécher et embaument de leur odeur d'anis.

Ensuite long cheminement en bordure de route pas très drôle mais il est ainsi des étapes de transition...

Cela m'a laissé le temps de penser à vous, au retour, à amener ma respiration dans mon épaule qui continue de me faire souffrir, à imaginer le jardin, aura-t-il changé ? A imaginer la chaleur du feu dans la cheminée, le roulement des vagues sur la plage......


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RÉAL CAMINO


La soirée hier soir a donc été très particulière : les vêpres en premier lieu, l'hospitalier bénévole accompagnait les soeurs à la guitare et le duo de leur voix était plutôt harmonieux. Je ne comprenais pas bien, tout est en espagnol, mais je me suis laissé portée par la litanie, les voix, la musique et me suis laissée aller à méditer.

L'heure musicale ensuite à surtout été un moment de parole où chacun s'est présenté et à expliquer succinctement les raisons de notre chemin. De nombreux moments émouvants où les voix se cassent, les yeux s'embuent et où chacun se dévoile un peu plus ! Que dire à un très jeune irlandais et un autre danois marchant pour leur père ou mère décédés tout dernièrement....

Et puis la musique reprend sa place, pour moi partie sans musique dans mon smartphone, c'est une vraie respiration, quand on a toute sa vie dans son sac à dos, tout devient un cadeau!

Puis messe et surtout véritable bénédiction des Pèlerins par les 2 prêtres présents, et cadeau par les soeurs d'une petite étoile en carton symbolisant la multitudes des Pèlerins, tous semblant les mêmes mais tous differents!

Le repas commun où l'on partage ce que chacun à apporter est ensuite un vrai moment de joie et de partage avec encore des chansons et des rires! Rencontre avec des québécois et leur accent impossible à écrire mais vous le connaissez sans aucun doute. L'un d'eux avait fait des recherches généalogiques et son ancêtre venait de Veulettes sur Mer!

C'est normalement une vidéo. ...

Bonne nuit à la suite de cette soirée, et aujourd'hui longue étape de 34 km qui m'a menée jusqu'à San Nicolas del réal Camino.

Les 6/7 km en plus de l'étape un peu planifiée par les guides permettent de trouver une petite albergue conviviale d'une quinzaine de lits.

Fin d'après midi et dîner à discuter entre américains, belge, allemands, canadiens, suédois et français entre 18 et 81 ans!!!

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RANERO


26 km à faire aujourd'hui, j'ai donc l'intention d'en profiter un peu pour dormir un peu plus...mais l'habitude est prise! et dès 6h30, je me mets en route! Les 8 premiers km jusqu'à Sahagùn en compagnie d'Eva, nous y prenons notre petit déjeuner, ensuite fidèle à son habitude, elle file.


Je fais donc tranquillement les 18 km restants, rien à en dire, on traverse une région de culture, les moissons ont été faites, tout est cuit par le soleil, je me mets à rêver refaire le chemin au printemps pour voir cette explosion de couleurs

Demain dimanche, je n'ai pas vu passer la semaine, si j'en crois mon guide, il reste en gros 350 km☺

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Publié le 26 septembre 2017

Dimanche, dernier jour de cette 9 ème semaine. Leòn est à environ 40 km, un peu beaucoup, mais en fait, Eva a dû avancer hier et je crains de ne pas la retrouver si je ne vais pas à Leòn, ce qui en soit n'est pas très grave, c'est également cela le chemin, mais je n'ai pas son adresse mail et j'aurais bien aimé garder le contact.

Alors je décide d'essayer de faire ces 40 km, en démarrant tôt, en faisant des pauses régulières , et en me promettant une chambre d'hôtel !

Ce dimanche matin, beaucoup de bruit dans l'albergue dès 5h30 ! En fait, dans un des dortoirs, un groupe de jeunes coréennes a subi une attaque de puces de lit vers 3 h, et du coup, sont toutes descendues dans la pièce commune. Par chance, je n'ai pas eu le même souci et c'est indemne que je prépare mon sac, le petit déjeuner, 2 sandwichs pour la journée, et qu'ensuite, je prends la route. Comme les autres matins, et bien que ce soit dimanche, il fait encore nuit, mais j'aime vraiment sentir le jour se lever et voir imperceptiblement la lumière prendre sa place.

Pas grand chose à dire sur cette étape, de longues lignes droites le long de la route, la province du Leòn fait cependant bien les choses, avec la plantation d'arbres qui offre une ombre appréciée, des aires de repos tous les 6/7 km mais le chemin n'en reste pas moins un peu ennuyeux, au moins pas de raisons de traîner.....et enfin au détour du chemin, on découvre Leòn et la cathédrale !

Les derniers kilomètres à l'entrée de la ville ne sont pas aussi pénibles qu'à Burgos et vers 15h30, je suis devant la cathédrale.

Un petit tour à l'office de tourisme pour faire tamponner ma crédentiale et obtenir un plan et la liste des hôtels et en sortant, et c'est sans doute cela la magie du chemin, je tombe nez à nez avec Eva!

Nous partons boire un verre ensemble, nous sommes si heureuses de nous retrouver! Ensuite, après avoir convenues de nous retrouver à 20h pour dîner, je me mets en quête d'une chambre pour la nuit. Très rapidement, mon choix se porte à 2 pas de la cathédrale, à l'hôtel de Paris (évidemment ! !), une chambre pour moi toute seule, avec ma propre salle de bain, et un tapis pour ne pas mettre de l'eau partout, et un lit fait avec des draps.... et cerise sur le gâteau : une baignoire!! Je vous assure que lorsque je me suis glissée dans l'eau, j'ai entendu les millions de cellules qui me composent, crier toutes ensembles "Aahhh merci!!!"

Ensuite, avant de retrouver Eva, un petit tour en ville, à la mode espagnole, il est 18h, et tout le monde est de sortie, les terrasses et les rues sont pleines, les enfants jouent, les gens discutent et trinquent ! A l'heure où chez nous, tout le monde rentrent pour préparer la début de semaine, ici tout le monde sort...

Il fait bon, l'air est à la flânerie.

Belle dernière soirée avec Eva qui prend un train le lendemain pour Barcelone, échange de nos adresse mail et retour dans ma chambre individuelle pour une nuit sans ronflement!!

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Ah quel bonheur cette nuit seule dans ma chambre.... Malgré mon habituel réveil nocturne entre 4 et 5h, je me suis rendormie et finalement éveillée à 7h45!!

Petit déjeuner, rangement du sac, c'est seulement à 9h15 que je reprends mon sac à dos et commence à marcher. Je n'ai prévu qu'une vingtaine de kilomètres, je savais bien que je ne partirais pas de bonne heure!!

Les sorties de villes ne sont jamais très drôle, alors je calcule, 9 semaines de marche, 1642 kilomètres parcourus, je prévois arriver le samedi 7 octobre, il me reste donc 13 jours de marche et 307 km soit 23,6 km par jour en moyenne....pendant ce temps les pas et les kilomètres s'enchaînent .

Et puis enfin, après un rapide arrêt au centre Leclerc (et oui ici aussi! Auchan en revanche change de nom et s'appelle Al Campo, mes sous vêtements usent vite et j'ai besoin de les renouveler) je prends la variante un peu plus longue mais qui évite de longer la nationale 120.

Mais tout cela manque d'ombre et comme je suis partie tard, les derniers kilomètres sont difficiles à faire ! !

Je suis persuadée que le cerveau de toutes façons se conditionne et conditionne le corps suivant ce qui a été prévu.

A Chozas de Abajo, je retrouve Jean, un belge rencontré quelques jours auparavant à l'albergue de San Nicolas del Real Camino, des ampoules lui occasionnent des douleurs au pied droit et du coup au genou gauche car il change sa démarche pour préserver son pied!!

Bref il n'a pas trop le moral, et le soir à l'albergue de Villar de Mazarife, je l'invite à partager le dîner avec Jarek et Werner retrouvés à l'albergue.

J'aime ces moments où l'on retrouve des compagnons avec qui on a partagé quelques moments auparavant, on se perd de vue, et au détour du chemin, on se recroise. Par exemple, depuis Mañeru, étape où j'avais rencontré Eva, j'ai croisé également 2 jeunes moldaves Natalia et Alexander, de temps en temps on se retrouve et l'on est heureux d'échanger quelques mots et de voir que tout va bien.


Après ce dîner de pèlerin, je vais me coucher, petite chambre de 4 lits où nous ne sommes que 3, cela devrait bien se passer !

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Mais la chambre est à l'entrée de l'albergue près de la cuisine... Alors dès 6h, cela bouge pas mal...

Alors je prends mon paquet de vêtements et le sac petit déjeuner préparés la veille et sors sans bruit pour m'habiller et déjeuner.

A 7h20, c'est le départ, une petite heure à la lueur des étoiles, il fait vraiment frais ce matin!

J'enchaîne les villages : Villavante , Puente de Orbigo,

Hôpital de Orbigo, Villares de Orbigo.

Le paysage est aride, il fait chaud, passage à la croix de Santos Torribio avant la descente sur San Juste de la Vega où j'ai prévu nuiter.

Finalement l'albergue de San Justo ne me convient pas, trop proche de la route et pas grand chose à faire dans ce village, Astorga et sa cathédrale semble proche, alors je poursuis pendant 5 km.

Quelle bonne idée, à l'arrivée à l'albergue municipale, je retrouve Jean, moral regonflé ! Après nos douches, lavage du linge et installation, on part visiter Astorga.

Le palais Gaudi

Jean est à la retraite mais profite de celle ci pour consacrer plus de temps à son activité d'artiste, il prépare sur le chemin sa prochaine exposition et me demande d'écrire sur du papier japonais ce que je souhaite et il utilisera cela dans ces collages....

Je suis flattée, je suis paraît - il la première à qui il fait cette demande. Après réflexion, je trouve les mots...

Fin de soirée habituelle, suis juste dans un dortoir avec pas de français (de Rennes) sympathiques au demeurant mais un peu bruyants.....

Ce soir, reste 256 kilomètres.

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Publié le 28 septembre 2017

Mercredi 27 septembre, 11 jours de marche jusqu'au 07/10, date prévue d'arrivée et anniversaire d'Apolline aujourd'hui.

Je quitte Astorga (869m) pour effectuer une des 2 dernières difficultés : le passage de la Cruz de Ferro après Foncebadòn.

4 km après Astorga, au premier café, je rencontre Evelyn, une israélienne de 68 ans , née au Maroc, avec qui je discute pendant plusieurs heures. Discution passionnante sur son métier de chercheur sur les maladies neurologiques et son activité de thérapeute sur les maladies cognitives.

Alors que je commençais à avoir mal à l'épaule, d'un coup d'un seul, je n'y pense plus.

Elle a (re)commencé le chemin à Astorga, aussi, à Rabanal del Camino, un peu fatiguée, elle s'arrête pour j'ai nuit. Pour ma part, je continue encore 5 km en montée jusqu'à Foncebadòn.

Un peu difficile ces derniers kilomètres, il fait chaud, cela grimpe sec, l'arrivée à l'albergue à 1439 mètres d'altitude est bienvenue !! Rien d'extraordinaire mais je suis si fatiguée que tout me semble parfait.

Dîner avec un couple de français de Charleville Mézières, qui ont également repris le chemin à Leòn.

Cela fait plaisir cette journée à avoir presque exclusivement parlé français.

Petite anecdote du chemin :

Dans la montée sur Foncebadòn, à une aire de repos, une américaine arrive, s'agenouille devant la fontaine (à sec) et fond en larmes!! Je vais lui demander si tout va bien et si elle a besoin d'aide, en fait, sur le pavement de la fontaine, elle retrouve les pierres formant le chiffre 12, mises en place 5 ans auparavant, par elle ou quelqu'un d'autre, je ne sais, et qui pendant ces 5 années ont à peine bougées!!

Elles sont nombreuses sur le Camino les marques de passages, les photos, les plaques commémoratives.

La Cruz de Ferro sera pour demain.

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Après une nuit pas terrible, je tousse et me réveille souvent, petite déception ce matin au réveil :

comme d'habitude, j'ai préparé mes vêtements pour la journée sur le banc à l'extérieur de la chambre, et quand je les ai pris ce matin, et bien on avait subtilisé ma jupe - short qui m'accompagne depuis le premier jour!

Cela me met un petit coup au moral et je ne cesse de ressasser cela sur les 2 premiers kilomètres jusqu'à la Cruz de Ferro. Pourtant le jour qui se lève, le paysage environnant devrait inciter à plus de sérénité !

La Cruz de Ferro est le lieu où le pèlerin dépose une pierre apportée de son lieu de départ et qui symbolise ce qui lui pèse et qu'il laisse à ce moment. Pour ma part, je n'avais rien emporté, espérant bien que tout ce qui me pesait aura déjà été disséminé tout au long de ces 1700 km! Ceci est en grande partie réalisé et à ce moment, je décide juste que cette petite jupe n'est que "matériel" et que sa "disparition" ne devait plus empoisonner ma journée, j'espère juste qu'elle sera utile à quelqu'un d'autre!!


Je profite donc du reste de ma journée à savourer le paysage, on est enfin sur un vrai chemin de randonnée, en montagne, dans les bois, avec des vues magnifiques sur les monts du Leòn.

On traverse de petits villages, qui sans doute grâce au Camino, ne sont pas totalement déserts et ont conservé un charme certain.

Mais la descente de 1500 à 800 mètres est vraiment éprouvante pour les genoux, cuisses et pieds, et à 14h, je décide de ne pas poursuivre plus en avant et m'arrête à Molinaseca, 22 km, ce n'est pas énorme, je ferais plus demain!

Après midi à se reposer (après douche, lessive et tutti quanti), à préparer la journée du lendemain et à papoter avec d'autres pèlerins. Demain, moins de 10 jours avant Santiago, il reste environ 210 km....

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Nuit assez bonne finalement dans cette chapelle transformée en albergue.

Hier après midi j'avais fait un tour à la pharmacie et en plus de sachets expectorants, j'ai pris de nouvelles boules Quies en silicone, parfaites, rien entendu des ronfleurs, bougeurs et autres bruiteurs.

J'ai prévu 31 km jusqu'à Villafranca de Bierzo, aussi, je me lève dès 5h30 et prends le petit déjeuner acheté la veille également : 1 yaourt, 1 banane, 1 mandarine et 1 thé vert, le sujet "gluten" a fait partie des conversations hier avec Evelyn et je vais essayer de limiter ma consommation de pain, c'est cependant assez difficile en Espagne je pense.... ailleurs aussi!

6h30, départ à l'heure prévue!

Aujourd'hui pas de difficultés particulières, les villes et villages se suivent, on traverse à nouveau des vignes, les montagnes se rapprochent. C'est pour demain la montée sur El Cebreiro, mais je ne sais pas encore identifier où est le col...


Pas beaucoup de pauses aujourd'hui, alors à l'arrivée, après m'être installée (albergue privée, j'ai même des draps, des vrais en tissu!), avoir lancé une lessive à la machine, et lavé mes cheveux en faisant un soin après shampoing (j'ai trouvé une dose individuelle hier à la pharmacie!) je m'offre une belle salade en terrasse.

La météo est vraiment agréable, j'espère que cela va continuer pour les 8 jours de marche restants.

Petite balade dans cette petite ville où la qualité de vie semble assez bonne, sur la place à côté de la rivière toutes les générations sont rassemblées, cela discute, joue, est ce tous les soirs comme cela ou bien juste le week end?

A nouveau, je ne vais pas traîner à aller me coucher, avant je vais vérifier si mon linge est sec et refaire mon sac à dos, ceci pour la 65 ou 66 ème fois......

Je crois que plus que la marche, c'est cela qui est contraignant!

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Très belle nuit! Juste regardé l'heure à 2h40 et 6h! Certaines nuits, cela commence dès 23h et continue toutes les 2 heures....est-ce l'effet draps en tissus, le charme de l'albergue, une vieille maison avec poutres, plancher en bois sombre et belle hauteur sous plafond, la gentillesse des propriétaires ou le nom de l'albergue : "LEO" toujours est-il que je me suis bien reposée!

Après le petit déjeuner de l'albergue, thé vert et tostadas, mais à l'espagnole avec tomates et huile d'olive, j'en ai assez de la margarine!!

Ah, retrouver du beurre salé..et un thé vert en vrac préparé dans une théière!

Mise en route vers 7h30, il fait encore un peu nuit mais rapidement le jour arrive, je l'ai déjà dit mais j'aime vraiment marcher comme cela, ce matin pas d'étoiles, le ciel est un peu couvert, mais on entend les coqs, les oiseaux, la nature sent bon et n'est pas encore écrasée par la chaleur. Il n'y a pas beaucoup de champs de tournesols en Normandie ( je n'en ai même jamais vu ! ) mais au petit matin, cela sent délicieusement bon.

Le chemin longe le Rio Valvarce et une route heureusement peu passante, traverse plusieurs villages de montagne et s'élève peu à peu.


Et puis cela monte franchement à partir de Las Herrerias jusqu'à La Faba où j'ai choisi de m'arrêter car l'albergue est gérée par une association allemande de pèlerins et j'imagine qu'elle doit être nickel!

Évidemment c'est le cas, et cela me fait plaisir d'exercer mon allemand!

Tout va bien, je suis comme le cheval qui sent l'écurie et ai vraiment du plaisir à marcher, à sentir chaque pas me rapprochant du terme de cette pérénigration, le sac à dos, à nouveau, ne pèse plus trop sur mes épaules et les jours et les kilomètres défilent..

Demain, la dixième semaine se termine et sauf contretemps majeur, je serais au plus tard samedi prochain, le 7 octobre à Santiago de Compostela.

Avec les 25 km parcourus aujourd'hui, je ne suis plus qu'à 160 km à peine de Saint Jacques de Compostelle.

Autre odeur que j'adore, celle des poivrons grillés au barbecue pour être pelés et conservés dans l'huile d'olive.
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Publié le 2 octobre 2017

Dimanche 1er Octobre...

Ce matin, je quitte La Faba pas très tôt, vers 7h30, mais je me doute que le chemin jusqu'à Cebreiro est peut être un peu ardu pour être fait de nuit. C'est, en effet, un vrai sentier de randonnée avec cailloux et chausse trappes, mais avec le jour qui pointe rapidement (on est à 1000 mètres d'altitude ) cela va.

Région d'élevage de montagne, les cloches des vaches résonnent dans les champs, la traversée de la Laguna fleure bon la bouse de vache, attention où l'on met les pieds!



Le jour qui se lève n'annonce pas du beau temps et à un moment, il ne me manque que le ressac pour me sentir sur le sentier des douaniers!

Ensuite, je quitte la Castille y Léon pour entrer en Galicie et à partir de Cebreiro, à 1330 m, c'est la purée de pois, aussi je ne m'attarde pas et commence la descente.

Plus cela descend, plus cela se dégage. Et cela devient une belle journée de randonnée, entre montagnes et forêts, loin des routes et le long d'une rivière.

Depuis l'entrée en Galicie, les bornes indiquent le kilométrage restant jusqu'à Santiago... c'est un peu un piège, je me fixe des objectifs du type, je ne m'arrête pas avant de voir 12x km ce qui représente à minima 38 km....

Et c'est ce que je fais, je décide de m'arrêter à Samos, la borne indique 129,xxx, objectif atteint!


En arrivant, qui m'accueille ? ? Werner avec qui j'ai déjà passé quelques bonnes soirées et que j'avais perdu de vu depuis Astorga!

Il me donne quelques conseils sur les albergues locales et nous fixons un RV pour 19h pour le dîner.

Je m'installe juste en face le monastère, je suis seule dans une chambre de 2! Parfait!

Je retrouve Werner et William pour le dîner . William est un brésilien vivant à Londres, longs échanges sur nos motivations, nos vies, mon anglais s'améliore encore un peu !

A 21h, au lit, je suis un peu épuisée par cette longue mais belle journée.

Avant de m'endormir, quelques SMS avec Gilles, il n'est pas très loin derrière moi, on a une petite chance de se retrouver à Santiago....

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Publié le 3 octobre 2017

Dernière semaine!

Hier soir, j'ai commencé le jeu qui consiste à se dire : dans 1 semaine, je serai dans le bus qui m'emmène à Santander, j'attendrai d'embarquer....etc.

Hier soir avec Werner et William, nous avons exprimé le même ressenti : à savoir que nous avons tous les 3 hâte de nous retrouver dans nos pénates!!

Nous avons donc prévu pour aujourd'hui une étape de 26 km qui va nous emmener jusqu'au km 100! Bon on avait juste omis de comptabiliser 5 km entre Samos et Sarria, ce qui fait qu'à l'arrivée, cela a fait 31...Je ne comprenais pas pourquoi la première borne à la sortie de Samos indiquait 128,512, alors que j'avais déjà fait un bon kilomètre....


Partie tôt, à 6h30 et j'ai bien fait car j'ai ainsi pu faire la plus grande partie du trajet sous des températures agréables, l'après midi, il a fait très chaud et marcher devenait très éprouvant.


Cela dit, cela a été une belle journée de marche, la Galicie est une verte région, un peu montagneuse et cette diversité me rappelle ma Normandie. Cependant, je m'interroge, où sont passés les pèlerins ? Je ne vois presque plus d'américains, pas plus de coréens, et depuis Sarria, des groupes d'espagnol en pagaille!!

Le Camino devient de plus en plus une "cash machine" , notre albergue de ce soir en est la preuve, très jolie, très design, mais pas beaucoup d'âme...

Mais je me dis que dîner dehors un 2 octobre reste un privilège et que je dois savourer maintenant chacun des instants qui me sont offerts comme je savourerai chacun des moments de retrouvailles la semaine prochaine, ainsi qu'un beau feu dans la cheminée !!

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Il reste 4 jours de marche si je veux arriver vendredi, pourquoi vendredi? J'ai ainsi une petite chance de voir le Botafumeiro en action. C'est cet encensoir monumental de plus de 50 kg qui est mis en mouvement par huit personnes et pendant l'été, c'est durant la messe du vendredi soir qu'il fonctionne. Sommes nous encore en été ? Le mois d'octobre étant un mois de forte affluence on peut le penser.

Arriver vendredi me laisse aussi l'opportunité d'aller à Finisterra en bus pour voir la borne zéro et l'océan. Je n'avais pas auparavant prévu ni envie d'y aller et puis je me laisse tenter en pensant que c'est trop bête, peut être ne reviendrais-je jamais dans cette région.

Donc, si je veux arriver vendredi pour la messe des Pèlerins à midi, il fait que la dernière étape soit courte, aussi celle d'aujourd'hui doit être... longue!

Après 38 km dimanche, 31 hier, en voici 36 jusqu'à Palas de Rey ce mardi !

Départ à 5h56 précisément, petit brouillard et passage par la borne des 100 km après 10 mn de marche!




Dans un premier temps, cela va, je savoure les cocorico, l'odeur des pommes tombées à terre (cela me donne des envies de cidre d'ailleurs!), là solitude, la marche....

A Portomarin, petit déjeuner et là, la foule arrive!

En fait, la Compostela qui atteste de la réalisation du pèlerinage est délivrée sur présentation de la crédentiale tamponnée sur les 100 derniers kilomètres, donc pour beaucoup d'espagnol surtout, ce ne sont que ces deniers étapes qui sont réalisées!

On les reconnaît d'assez loin! En groupe, ils parlent fort, n'ont pas de sac à dos, portable à l'oreille, chaussettes bien tirées, ils n'échangent que rarement des buen camino!

Du coup, entre 15 et 25 km, malgré une météo parfaite (des nuages, pas trop chaud) j'ai un gros coup de fatigue et me dis que cette distance de 35 km est peut être déraisonnable une 3 ème journée de suite!

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Et puis le soleil qui revient, un café, 2-3 mots échangés, et finalement les kilomètres se laissent faire, les côtes se font faux plat et à 16h passée j'arrive à Palas de Rey.

Je retrouve Werner et William dans une jolie albergue (en fait William à tellement la phobie des puces de lit qu'il nous choisit toujours des trucs hyper clean!).

Pas de menu pilgrim ce soir, on fait les courses et on cuisine!! C'est sympa mais un peu la foire d'empoigne, la cuisine n'est pas grande et il n'y a pas tant de matériel ! !

On planifie les 3 prochains jours, il ne reste que 66 km maintenant, donc à priori, 25 demain, 22 jeudi et 19 vendredi...

Que du bonheur!!

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Publié le 4 octobre 2017

Et voilà une nouvelle étape de faite ce mercredi 4 octobre, environ 31 km, plus que prévu, mais j'ai poussé un peu plus loin!

A quoi pense-t-on quand on est près du but?

A la diversité des paysages, mais sans parvenir à trouver une région plus belle l'une que l'autre,

À la nature qui change et à ce qu'elle nous offre : les pêchers croulant sous les fruits en Vendée, les figuiers, les mûres, des amandes, des noix et maintenant les châtaignes et les pommes. Cela me donne envie de relire "Un jardin dans les Appalaches" de Barbara Kingsolver, d'ailleurs à qui l'ai - je prêté ? Et aussi aller au Bec Hellouin visiter la Ferme du Bec, et en apprendre plus sur les techniques de permaculture.

A l'arrivée et à l'émotion que je vais ressentir, au sentiment de gratitude que j'éprouve.

A "Asterix en Hispanie" quand je vois tous ces espagnols un peu braillards et fiers, pas très aimables, surtout depuis que l'on est proche de Santiago . J'ai le sentiment qu'au début du chemin, les gens étaient plus accueillants . Là encore j'ai envie de relire la BD.

En fait, j'ai envie de lire et de retrouver ma bibliothèque, le soir je suis un peu crevée et c'est compliqué dans les dortoirs, et puis je n'avais pas téléchargé assez de livres sur ma liseuse.

Reste 40 km environ, vais essayer de n'en avoir qu'une quinzaine à faire vendredi.


Le chemin est toujours aussi beau mais devient de plus en plus chargé en détritus. . . . .
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Publié le 5 octobre 2017

Vous croyez que c'est possible? Moi j'ai peine à y croire! Je suis à environ 10 km de Saint Jacques de Compostelle !! Même pas un Valognes-Bricquebec....

Il a fallu que je me raisonne, je crois que je me sentais prête à faire ces derniers kilomètres dès aujourd'hui, cela aurait fait 42 km, mais j'ai l'impression d'avoir des ailes!!

Toujours un beau chemin un peu surpeuplé certes, mais l'excitation, la joie font oublier tout le reste. Je crois que je pourrais marcher le long d'une autoroute que cela n'aurait aucune importance.

Mais en plus c'est beau, vert, et inattendu.

Une pensée pour Noël, il est 8h, c'est ici l'heure de la traite aussi!!

Alors je marche...

Et au détour du chemin, retrouve Jean!

Terminons donc ensemble jusqu'à Lavacolla où nous retrouvons Werner !

Demain nous finissons ensemble... ou à quelques mètres de distance, je ne sais encore comment l'émotion me permettra de finir.... mais nous sommes tous les 3 sûrs de finir en pleurs!

Est-ce l'idée de la fin du chemin, mais même en anglais et avec des hommes généralement si pudiques, la conversation se fait encore plus personnelle et nous finissons par échanger comme de vieilles copines!!

Vais - je dormir cette nuit? Oui , sans doute, pourtant une seule envie, enfiler le sac à dos et repartir! La lune est pleine, il fait bon, pourquoi pas maintenant?

Demain , le réveil sera tôt.....



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Et voilà, ce matin, vendredi 6 octobre, peu après 8h30, les 12 km parcourus, je suis arrivée sur la place de la cathédrale de Saint Jacques de Compostelle ou Santiago Di Compostela.

En effet, l'émotion vous étreint, 11 semaines de marche, 1987 kilomètres, et voilà on y est et c'est fini, une photo (ratée d'ailleurs ! ), la cathédrale est en travaux et du coup pas trop belle, on se sent vide, à moitié déçue, que vais - je faire de cette journée sans marche prévue ? !


Et puis le rythme du camino reprend le dessus, filer au bureau des Pèlerins pour obtenir la Compostela (une petite heure de queue tout de même), puis trouver l'albergue sélectionnée et réserver sa chambre, pour le dernier jour, je me suis pris une chambre individuelle et pas le dortoir ! Puis filer à la messe des Pèlerins à midi, revenir à l'albergue pour prendre possession de la chambre! prendre des renseignements pour aller éventuellement à Finisterra demain en bus.....

Avoir tout de même la chance de voir le Botafumeiro en action!

Et puis je retourne dans le centre pour rendre visite à l'accueil francophone des Pèlerins, pour échanger un peu sur nos motivations, nos grands moments, sur notre ressenti, et apprendre qu'il y a une messe en français le matin à 9h, et une visite de la cathédrale.

Je retrouve Jean et Werner pour une dernière soirée, ils vont poursuivre à pieds jusqu'à Finisterra, nous nous dirons donc au revoie tout à l'heure, avant nous allons à la messe de 19h30, la deuxième de la journée pour moi, je vais finir par y prendre goût !! Et j'ai le privilège d'assister une 2 ème fois au spectacle du Botafumeiro! Mieux placée car arrivée tôt, j'ai filmé, c'est un peu long et je ne sais trop ce que cela donne. .....et vous ne le saurez pas non plus car je n'arrive pas à insérer une vidéo ! Je verrais cela à la maison.

Et puis, on échange nos adresses mails, un dernier enlacement, à l'américaine, et je quitte Werner et Jean sans aucun espoir de les retrouver un peu plus loin sur le chemin....

Cela commence à sentir la fin !

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Publié le 8 octobre 2017

Je ne me sens plus pèlerine, aujourd'hui c'est en bus que je vais aller jusqu'à Finisterra, surtout pour voir la mer et prendre un bain.

Plus de 2 h de bus, la mer est belle et bonne, mais nos phares sont tout aussi beaux.

Ce qui est drôle, c'est que depuis pas mal de temps, j'affirme haut et fort que je ne deviendrais pas camino dépendante, que j'ai fait le chemin une fois et que cela est bien suffisant et ce matin dans le bus, je me remémorais certaines parties ou villes que je retrouverais bien, à une autre saison ou en prenant plus mon temps, je suis juste entrain d'imaginer repartir !

De retour à Santiago, je retrouve Gilles que je n'ai pas vu depuis presque 1 mois, il a les cheveux longs et d'autres pèlerins de sa connaissance ainsi qu'Isadora que j'avais rencontrée également à Arzua.

Je les emmène faire la visite proposé par l'accueil pèlerin francophone autour de la cathédrale par le père...Je ne me souviens plus de son nom, mais il a été passionnant et inspirant!

Encore une rencontre qui donne du sens, qui nourrit et fait grandir.


Je pense que c'est mon dernier post, demain dimanche, je vais jouer les touristes à Santiago, à 18h, je prendrais le bus pour Santander, d'où lundi à 14h, j'embarquerai sur un ferry pour Portsmouth, mardi soir, sur un autre direction Caen et mercredi matin, ce sera vraiment la fin.

Il me reste, maintenant que j'ai fini ce périple un peu fou à faire mes remerciements, un peu comme à une cérémonie des César !

En premier lieu, merci à mes pieds d'avoir supporté sans trop broncher ces presque 2000 km et 10 kg de sac à dos.


Merci à Christophe de m'avoir laissé partir, même s'il n'y croyait pas trop, jamais il n'a tenté de l'en dissuader, et a accepté de rester seul à tout gérer pendant de longues semaines.

Merci à vous tous pour vos commentaires, messages, coup de fil qui m'ont soutenue et encouragée, souvent ils sont arrivés à point nommé dans des moments un peu difficiles!

Merci aux accueils pèlerin reçus en France, qui m'ont permis de débuter ce périple dans les meilleures conditions.

Et puis merci à la nature et à la vie d'être aussi belles!

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Publié le 10 octobre 2017

Allez, je ne résiste pas à la lecture de vos derniers commentaires à y répondre un peu collectivement et à vous raconter le retour !

Alors oui, c'est un jour, on ne se souvient même plus quand, ni ce qui a fait germé cette idée, mais un jour on se dit " et si je partais marcher sur le chemin de Compostelle ? "

J'ai souvent pensé à la lecture des différentes informations que je pouvais trouver ici et là qu'il y a une part de mythologie du chemin, sur les signes, les rencontres ; pour ma part, j'espérais surtout avoir le temps de penser, d'évacuer les pensées négatives, d'alléger l'esprit mais également alléger le corps aussi la dimension sportive était importante, étais - je capable de le faire?

Maintenant, ces presque 2000 km faits et dans la mesure où je n'ai pas eu de blessures, ni ampoules, ni tendinites, juste peut être mon sac à dos qui me pesait un peu sur les épaules, j'ai presque tendance à dire que c'était facile ! L'homme doit être finalement une machine à marcher, et du coup la dimension sportive a perdu son intérêt.

En revanche, côté spirituel, j'ai vraiment l'impression d'avoir évacué tous ce qui me chargeait.

En marchant, quand je sentais une petite douleur quelque part, j'amenais ma respiration dans mon épaule, le pied, le genou pour faire de la place, pour que les énergies circulent, c'est une méthode issu du yoga. Et bien la marche a dû également me permettre de faire de la place dans mon esprit, je prenais les idées les unes après les autres, et celles qui pesaient trop lourd, pffff, je les laissais derrière moi. Cela ne marche pas à tous les coups, quelquefois elle revenait! Et bien je la reprenais, je la regardais sous un autre angle, et pffff à jeter.

Et cela a été jusqu'au dernier jour, même à Santiago j'ai continué à faire des rencontres et à parler avec des personnes qui m'ont éclairée et nourrie.

Alors oui, j'ai trouvé dans ce chemin beaucoup de ce que j'étais venu chercher ! Je suis heureuse, fière, mais aussi reconnaissante....

Je pensais souvent aussi en cheminant que je ne deviendrai pas une Camino Addict, à repartir d'année en année, vers St Jacques...et dans le bus qui me ramenait de Finisterra, je me surprenais à penser au chemin à d'autres saisons, plus doucement, en prenant le temps d'envisager la dimension culturelle, de méditer plus ou de faire plus de yoga ! Pèlerin un jour, pèlerin toujours?


Et puis le retour est en cours, après une dizaine d'heures de bus entre Santiago et Santander pas très drôles, une arrivée à 3h30 en pleine nuit, à essayer de dormir dans la rue (je m'étais trouvé une terrasse de café près de la gare maritime un peu à l'écart).

Après un peu de shopping (OK j'avoue cela n'est plus une démarche très pèlerine ! mais 11 semaines sans un achat c'est beaucoup non? Tu es d'accord Xaviére ?) j'ai embarqué sur le Pont Aven à 14h, pris possession très rapidement de ma cabine et savouré une douche chaude et bienfaisante !

Super moments, belle mer, je peux continuer d'arpenter les ponts et admirer les paysages

Mais à peine la nuit tombée, je me suis également effondrée pour une nuit complète de presque 11h!!

Ce matin, les nuages sont revenus, et j'ai vu les anglo-normandes avant de doubler le Cap de la Hague!

Le retour est parfait, j'ai une espèce de sas qui me ramène petit à petit vers la vraie vie, vers ma vie, vers vous.

Une dernière étape, un petit temps d'attente à Portsmouth où il est 16h ce mardi 10 Octobre, puis j'embarquerai dans quelques heures pour Caen et demain je pourrai dire que je suis rentrée, mais pas que ce chemin est fini, car il va sans doute résonner encore longtemps en moi.

Petit clin d'oeil aux poulettes de Jacques (pas celui de Compostelle mais le coach de Valognes) j'espère avoir des jambes pour courir samedi et mon Jacko, je te souhaite un beau marathon ce week-end!!

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