Vous voulez varier les paysages, les climats, les cultures en un seul voyage? Vous aimez la modernité mais vous êtes aussi amateur de légendes ancestrales? Alors, suivez-moi en Australie...
Juillet 2015
3 semaines
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Sydney nécessite, si possible, plusieurs jours pour la sonder, la découvrir, la vivre en touriste mais aussi hors des sentiers battus. Un petit souci d'avion nous a fait perdre deux jours. Cela fait malheureusement partie des aléas du voyage. Nous avons donc dû "compresser" nos visites. Quoiqu'il en soit, je vais vous démontrer qu'il est possible de concentrer de jolies expériences sur trois jours à peine quand on a des restrictions budgétaires, temporelles ou autre, et tout ceci avec un enfant de cinq ans. Sydney, c'est... une ville où tout le monde peut trouver son bonheur; il y en a pour tous les goûts, que ce soit en plages, en espaces verts, en architecture, en quartiers hétéroclites. La ville est très étendue; on s'y déplace en bus, en ferry, en métro, à pied. Il faut juste savoir où l'on va. Et d'un point de vue météorologique, si vous faîtes un voyage en Australie en juillet/août pour privilégier le Nord et la côte Est, pas d’inquiétude. C'est l'hiver à Sydney, ce qui correspond au printemps en France, franchement pas désagréable. Le temps peut varier sur une même journée, et s'il pleut, il y a de toute façon de nombreuses activités. Sur nos trois jours "restants", nous avions une excursion d'une journée dans les Blue Mountains, immanquable soit dit en passant. Mais de ce fait, en deux jours à Sydney même, nous avons privilégié la ballade sur les quais jusqu'à l'opéra, une marche sur le Harbour Bridge en y incluant la montée d'un pylône pour admirer la vue, le quartier de Paddington, la plage de Manly, la City.

Quartier de Paddington et plage de Manly; coucher de soleil sur le Harbour Bridge

Nous avons donc aussi visité les Blue Mountains sous forme d'une journée d'excursion en privé. C'est peu, une journée, mais l'Australie en trois semaines, ce sont des choix perpétuels à faire! Nous avons donc opté pour une solution "touristique" mais somme toute agréable, qui consiste à visiter le site des "Three sisters", merveilleux, et à enchaîner avec la descente dans la forêt primaire par le petit train le plus abrupt du monde (une expérience à elle seule), une petite randonnée parmi les fougères arborescentes et les eucalyptus, puis on remonte par le téléphérique. Une bonne option quand on est pris par le temps.

A Manly, je vous conseille ardemment un petit restaurant situé au bout d'une ballade qui mène à Shelly beach, ravissante petite crique. Son nom est The Boathouse. On y mange bien, le cadre est sympa et original. On a pu profiter de leur charmante terrasse; et oui, on mange dehors en hiver à Sydney. Profitez aussi d'un somptueux coucher de soleil sur le Harbour Bridge en sirotant un bon shiraz australien sur la terrasse de l'Opéra Bar, juste magique! et pour les enfants, à deux pas de l'opéra, faîtes un tour en petit train dans le jardin botanique!

Blue Mountains et Three Sisters 
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Après Sydney, il est assez logique de prendre un avion et d'aller dans ce qu'on appelle "le centre rouge". C'est l'essence même de l'Australie. La couleur de la terre, les aborigènes qu'on croise, ces routes à perte de vue, cette immensité... Et lorsqu'on arrive face à ce monolithe que tout le monde connait pourtant, que chacun a déjà vu en photo, on a juste le souffle coupé! c'est une véritable vibration qui nous envahit, on sent bien que cette atmosphère vient de loin, de temps ancestraux bien plus vieux que nous, qui nous dépassent. Ce n'est pas seulement un rocher dans le désert, c'est bien plus riche et intense que cela. Et c'est de toute beauté! En fait, ce monolithe n'est pas parfaitement ovale ou circulaire. Il est plein de cassures, de rebords, de cavernes, tout en formes. Et l'on en fait le tour quasiment sans s'en rendre compte. Quand le temps est nuageux, voire pluvieux (cela n'arrive pas très souvent mais c'était notre cas), on perçoit bien les coulées de pluies qui se dessinent sur le rocher rouge et qui ressemblent à des draps noirs qui tombent jusqu'au sol comme pour sécher. Parfois, on tombe même sur de petites cascades (plus importantes quand il pleut beaucoup), ou sur de petites mares temporaires sur le sol. C'est verdoyant, le vert, le rouge et le bleu du ciel s'entremêlent pour donner un tableau féerique. Et au détour d'un mur, à l'intérieur d'une petite caverne, on tombe sur des dessins aborigènes qu'on devine d'un autre temps.

Magnifique Uluru 

Les Monts Olga se situent à une cinquantaine de kilomètres de là. De loin, on aperçoit ces dômes qu'on imagine presque regroupés en un seul morceau. Une fois sur le site, on prend toute sa dimension. Nous avons effectué la grande randonnée pour profiter de ces roches tombées du ciel, en plein désert, à travers lesquelles on s'égare, on monte, on redescend; les sentiers varient inexorablement, allant du petit chemin tout étroit à la grande piste au milieu de tous ces cailloux géants...et rouges! Cette randonnée porte le nom de "valley of the winds". Elle ne nous a pas semblé difficile parce que le temps était couvert. Il en est autrement quand il fait très chaud. De ce fait, pendant l'hiver austral, on souffre moins des mouches aussi!

Les Kata Tjuta 

Il y a plusieurs plateformes en bois consacrées à la contemplation des levers et couchers de soleil sur Uluru ( nom aborigène pour Ayers Rock) et les Kata Tjuta (nom aborigène pour les Monts Olga), n'hésitez pas à en abuser, c'est rare un spectacle comme celui-là.

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Le centre rouge se décline souvent en trois étapes "hôtelières": Ayers Rock et les Monts Olga ensemble, ensuite Kings Canyon pour randonner, enfin, après la traversée de la mythique Mereenie Loop, on visite les West MacDonnell Ranges pour parfaire sa connaissance du centre rouge. C'est toujours le désert, cette terre rouge si emblématique. On rencontre des kangourous, des chameaux. Et de nombreuses ballades sont à faire. Sur King Canyon, deux randonnées principales sont possibles: l'une permet de faire le tour du canyon par le haut, c'est la plus longue mais aussi la plus jolie; l'autre permet d'en faire le tour par le bas. On peut même faire un combiné des deux en descendant dans le jardin d'Eden. Pour visiter le site, une demi-journée suffit donc, ce qui permet de prévoir une autre demi-journée de route. Les West MacDonnell Ranges sont configurés autrement. Imaginez une longue chaîne montagneuse avec des arrêts possibles à plusieurs endroits et la possibilité de randonner à chaque étape pour voir quelque chose de différent. A Glen Helen, que l'on peut considérer comme le point de départ des West MacDonnell Ranges, on vit une expérience très sympathique: dormir dans le seul hôtel à la ronde, le Glen Helen Homestead Lodge, perdu en plein Outback. Il y règne une ambiance très spéciale, presque comme dans un camping. Ce motel aux chambres très rudimentaires est le point de chute de tous les voyageurs qui convergent dans un sens ou dans l'autre, selon leur itinéraire. On se retrouve le soir tombé dans la salle du restaurant à manger de bons plats australiens, déguster un verre de vin autour de la cheminée, allumée à cette époque de l'année, et à écouter un chanteur venu jouer de la musique. Bienvenue au pays des cow boys australiens!

Kings Canyon 

Pour ne citer que celles-là, les étapes (faisant partie du célèbre Larapinta trail qui traverse toute la crête des West MacDonnell Ranges) sont par exemple, Redbank Gorge, Ormiston Gorge, Ochre Pits, Serpentine Gorge, Ellery Creek Bighole, Standley Chasm...

De plus, il faut un permis accordé par les aborigènes, qui s'achète dans les hôtels, qui vous permet d'emprunter la Mereenie Loop, piste magnifique reliant Kings Canyon aux West MacDonnell Ranges. Il ne coûte pas cher.

Mereenie Loop et route entre Kings Canyon et West MacDonnell Ranges 
Points d'arrêts sur la route des West MacDonnell Ranges 
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En quelques jours, on peut visiter trois parcs situés dans le Nord de l'Australie, là où en juillet et en août, il fait chaud! Personnellement, nous avons apprécié les gorges de Katherine (Nitmiluk park) de façon différente mon mari et moi. Lui a trouvé qu'il y avait finalement peu de choses à y faire, moi qui pratique beaucoup la photographie, j'y ai apprécié les lumières et le côté "différenciant" par rapport aux autres parcs. C'est un site qui se visite en deux jours, une nuit sur place. Il existe quelques randonnées mais quand on a peu de temps, le plus simple est de faire une excursion en bateau à fond plat pour explorer les premières gorges. Au lever du soleil, c'est mieux pour diverses raisons: plus joli surtout quand on aime la photographie, moins chaud, et plus de chance de croiser des crocodiles. On peut aussi pratiquer du kayak. Quand le ciel est bleu, que la brume se lève tout doucement, que les parois des gorges deviennent ocres parce qu'illuminées par le soleil, c'est magnifique. On croise là-bas beaucoup de kangourous, les premiers par ailleurs, qu'on ait rencontré fortuitement, dans la nature.

Nitmiluk Park 

Nous avons logé aux Nitmiluk chalets and campground, dans un mobilhome vraiment sympa. Le complexe a le mérite d'être en bordure des gorges, proche de toute commodité pour les excursions et l'endroit foisonne de kangourous.

Ensuite, dans les territoires du Nord, on aborde les grands parcs nationaux dont Litchfield National park. Dans celui-ci, hormis pour la pratique de la randonnée, on y va essentiellement pour profiter des nombreuses piscines naturelles au pied de cascades et souvent cachées au sein d'une nature luxuriante. On avale les kilomètres mais c'est en général pour se retrouver dans une "baignoire" naturelle atypique et sublime. Sur deux jours (mieux vaut passer du temps à Kakadu), vous pouvez visiter les célèbres termitières géantes toutes parfaitement orientées Nord-Sud, Florence Falls pour vous y baigner, Wangi Falls où est installée une plateforme d'observation au pied des chutes mais attention, il y a du monde... Le plateau de Tabletop, petite boucle de 3 km, vous permet d'avoir une vue imprenable sur le parc. Quant à Buley Rockhole, on y trouve des spas naturels et trous d'eau dans la brousse. En général, dans ces piscines, pas de crocodiles... de mer en tout cas.

Litchfield National Park 

Nous avons dormi au Lake Bennett Resort, beau site, mais déjà bien éloigné du parc. Pour des raisons économiques, il vaut mieux dormir à l'extérieur mais on perd forcément un peu de temps.

Enfin, le top des parcs en terme de visites, de faune et de flore, c'est tout de même Kakadu National Park, merveilleux de part sa diversité, sa richesse culturelle, la présence de nombreux animaux et oiseaux, les activités qu'on y pratique. De plus, c'est assez envoûtant de se dire que le parc jouxte les terres d'Arnheim, où vivent de nombreux aborigènes, et qui sont interdites d'accès à moins d'avoir un permis... Pour visiter Kakadu, il faut être organiser, savoir ce qu'on doit voir en premier, en second etc... Sinon, on risque de perdre beaucoup de temps en voiture. Les endroits à visiter sont finalement très éloignés les uns des autres. Quand on y arrive par le sud (quand on vient des gorges de Katherine), on peut commencer par un site magnifique qui vous permettra de vous détendre dans de très bonnes conditions, Gunlom. C'est une espèce de piscine à débordement naturelle à laquelle on accède au prix d'une montée assez difficile, surtout quand il fait chaud. Mais cela vaut vraiment la peine.

Gunlom 

Bien entendu, deux sites sont incontournables: Ubirr et Nourlangie Rock afin d'y admirer les peintures rupestres aborigènes dont certaines datent de 23000 ans. A proximité d'Ubirr, vous avez le point de vue de Nardab, que vous pouvez aller photographier au coucher du soleil. Nombreux sont ceux qui s'y retrouvent à ce moment-là!

Ubirr, Nourlangie, Nardab 

Autre activité à laquelle on ne peut échapper à Kakadu: une croisière sur la Yellow Water River afin de traverser les billabongs, zones humides et marécageuses, infestées de crocodiles d'eau douce et d'eau salée, mais qui abondent aussi d'oiseaux et autre faune et flore magnifiques, telles que les nénuphars par exemple. A faire au coucher du soleil... aussi!

Yellow  Water River 

Le Kakadu Lodge Cooinda est un complexe hôtelier très agréable et convivial. Il est bien situé. Les Jim Jim Falls et Twin Falls sont deux sites à visiter aussi, mais ils valent moins la peine en saison sèche; à voir selon le temps que vous avez et les kilomètres que vous êtes prêts à faire au détriment d'autres sites...

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Après la ville, les montagnes bleues, le désert, la jungle tropicale, nous voici arrivés à l'un des plus beaux endroits du monde, inscrit au patrimoine de l'Unesco: La grande barrière de corail! C'est un écosystème si beau et si fragile à la fois, qu'il faut malheureusement se hâter de visiter, mais avec tout le respect et l'humilité que méritent ces endroits en voie de disparition... D'un point de vue climatique, il y a une contradiction: si l'on visite la Grande barrière en été (juillet, août), l'eau est assez froide mais on échappe aux méduses connues sous le nom de Box Jellyfish, dont le venin est extrêmement douloureux, voire mortel!! bref, on ne peut pas tout avoir... La grande barrière de corail s'est, en ce qui nous concerne, visitée de deux façons: La première, vue du ciel, grâce à une excursion en hélicoptère au départ de Cairns; la deuxième sous la forme d'un séjour paradisiaque sur une île familiale du nom de Fitzroy Island. Le tour en hélicoptère est l'un de mes plus beaux souvenirs de voyage. Il permet de capter les nuances de bleus, les coraux et petits bancs de sable blanc, l'eau communiant avec l'horizon et nous montrant que oui, la terre est bien ronde! c'est magnifique. L'île de Fitzroy, elle, est une bonne alternative à tout point de vue. C'est beau, à taille humaine, pas trop touristique, avec un seul hôtel sur l'île, pas luxueuse, et néanmoins riche en activités marines et sous-marines et en randonnées. Il y a d'ailleurs une magnifique plage de sable blanc que l'on atteint après une courte ballade. Dans les eaux cristallines, on peut observer de nombreux poissons et des tortues. Et lors de la traversée en ferry, on peut croiser baleines et dauphins...

Vues de l'hélicoptère 

Lors d'un séjour à l'Est de l'Australie, le long de la grande barrière de corail qui s'étire sur 2600 km, vous pensez bien qu'il y a énormément de choses à faire, à voir, à explorer. Tout est encore une fois question de temps... et d'argent. Personnellement, j'aurais adoré ajouter une journée d'excursion dans la forêt primaire à Daintree par exemple et un autre séjour dans les Whitsundays...

Fitzroy Island 
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Je ne voulais pas terminer ce blog sans parler des Aborigènes, que je rêvais de rencontrer lors d'un voyage en Australie. Malheureusement, il faut savoir que ce n'est pas si simple. Ces hommes si abîmés par l'histoire, ne s'en sont pas sortis de façon égale. Il y a d'abord les aborigènes qui essaient de perpétuer les traditions ancestrales, de transmettre leur Histoire et leur Savoir, de parler de leur culture si riche. Ces Aborigènes, paradoxalement, sont les plus difficiles à rencontrer. Ils vivent sur les terres d'Arnheim par exemple, il faut un permis pour y accéder, et si l'on s'y prend avec beaucoup d'avance, on peut participer à des excursions de plusieurs jours sur leurs terres, vivre avec eux et chasser ou faire de la cueillette... On a aussi la possibilité, c'est plus simple mais onéreux, de faire la visite des îles des Tiwis (Melville ou Bathurst), tribu aborigène qui partage leur passion de l'artisanat. On y accède par ferry ou avec un petit avion. Les autres aborigènes qu'on peut être amené à rencontrer sont de ceux qui partagent la vie des autres australiens au quotidien, qui exercent un travail souvent dans le tourisme. Ils sont guides ou ont une activité au sein des hôtels, notamment dans les parcs nationaux du Nord. Enfin, ceux qu'on voit le plus facilement sont malheureusement ceux qui ne s'en sont pas bien sortis. Ils ne se sont pas intégrés et vivent dans la rue, alcooliques et souvent colériques; on les croise à Darwin ou à Alice Springs entre autres.

Les Aborigènes: un peuple mythique. Certains s'en sortent bien, d'autres pas... 

L'Australie était un rêve. Ce pays a été à la hauteur de mes attentes. J'ai partagé avec vous le plus précisément possible un itinéraire de trois semaines. Mais les possibilités sont nombreuses: La route des vins dans le Sud, la Great Océan Road et les Douzes Apôtres, l'Ouest du pays, les Kimberleys et Bungle Bungles National Park, la Tasmanie ou Kangaroo Island... On peut déborder d'idées et innover dans un pays comme celui-là. Sans compter qu'on peut juste prendre un peu plus de temps à chaque étape de ce circuit pour pouvoir explorer encore davantage d'endroits, de rues, de gens... A vous de vous faire plaisir!