Carnet de voyage

Le mystérieux Malawi

Dernière étape postée il y a 404 jours
Le Malawi mystérieux...Quelles images? Celles d'un petit pays pauvre mais aussi plein de richesses: son lac, ses montagnes, ses parcs nationaux...et un tourisme peu développé. Nous verrons...
Septembre 2018
30 jours
Partager ce carnet de voyage
1

Dès 7h30, on se lève. Vive une bonne douche...ou pas. Pas une goutte d'eau. Bon, tant pis, on pourrait demander mais on n'a pas envie de s'éterniser. On se douchera un autre jour, on n'est plus à une journée près;)

J'ai très bien dormi même si j'ai fait des rêves de fou!! Gero s'est a priori levé en mode somnambule, je n'ai rien capté, pour dire!!

Vers 8h30, on quitte les lieux qu'on découvre réellement ce matin! Il fait frais et gris, qu'est-ce que c'est agréable comme ça:)

On découvre par la même occasion le beau paysage montagneux environnant. La ville est faite de collines verdoyantes. Il y a aussi de magnifiques arbres violacés (jacarandas). Je suis bien surprise de la beauté des lieux. Les Allemandes restent plusieurs jours pour aller randonner. Je les comprends mieux maintenant!


On s'arrête au "mini market" en fait plutôt bouiboui mais c'est vrai que pour une fois ils ont pas mal de choses. J'achète notre petit-déj: biscuits, chocolat, pommes, jus de mangue, de l'eau mais aussi de quoi grignoter en route (chips).


On rejoint la station de bus. Des rabatteurs collent à nouveau Gero comme des mouches, j'en profite pour scruter les alentours et trouver le bon office pour acheter des tickets. On atterrit dans un qui nous propose 18000 shillings jusqu'à la frontière (2h30 de route, soit 7 euros). Nous, on avait lu beaucoup moins cher...donc non!! Je ne suis pas d'accord. On poursuit. Il y a toutes les agences les unes à côté des autres. On tombe sur un gars très sympa qui nous conseille d'aller jusqu'à Nane station et de là prendre un bus. Il nous indique les vrais prix, ceux qu'on avait déjà en tête. Nickel!

Donc on prend un dalla dalla pour Nane station (soit le jaune pour Igowula, soit le vert pour....). Un autre rabatteur nous conduit à l'un d'eux alors qu'on ne lui a rien demandé bien sûr. Puis il nous demande: "money for tea". Il insiste, on est ferme. Première fois que ça nous arrive!

Contrairement à hier soir, on met un temps fou à arriver à Nane nane station (là où on est arrivé avec le train). On fait en effet de nombreux détours dans la ville pour ramasser les gens...mais on est cool et j'aime observer les gens qui préparent à manger dans la rue, les femmes qui s'entraident pour charger leur cargaison de bois, de sucre de canne sur la tête, les vendeurs de cacahuètes déjà au taquet, les stands M-PESA (sorte de virement bancaire sans banque: je vais à un guichet M-PESA, je donne de l'argent et le nom du receveur. Quand le receveur reçoit un sms de confirmation, il peut aller retirer la somme due dans un guichet où qu'il soit!!).

Dans le bus, ce n'est pas mal non plus ce qui se joue! Des femmes montent avec leur seau de nourriture, leurs sachets plastiques de poissons etc...Vive les odeurs:)


Bien 45 minutes plus tard, nous voilà enfin à la gare routière. A peine descendus, une fois de plus, des rabatteurs nous demandent où on va et le sac de Gero est déjà sur le dos d'un mec. Gero est tranquille...on les suit après avoir donné notre direction: Kyela!!

Ok, nous voilà à la hauteur d'un bus plutôt pas mal. On stoppe le gars qui monte déjà le sac de Gero. Bagani? How much? On ne comprend pas trop s'il tente 17000 shillings mais on le coupe court de toute façon car on connaît le prix qui est de 5000 shillings et on finit par obtenir ce prix:) Heureusement que je ne lâche pas!


Ok super, on monte dans le bus confortable. Mais au fait, on part à quelle heure?? Il faut savoir qu'en Tanzanie, on compte l'heure autrement!! Midi, c'est 6 en fait...!! Bref, pour ce faire, mon carnet est toujours top pour la communication. Le chauffeur nous y note 12h. Et il est à peine 10h :( ça valait le coup de se lever à l'heure des poules...


Bon on se dit: qu'est-ce qu'on fait? Mais par flemme et par habitude au fur et à mesure, on décide d'attendre. On part se poser plus loin pour petit-déjeuner. Les gens ne nous embêtent plus, on a la paix. Nickel! Bon là on voit passer quelques dallas dallas pour Kyela. Merdouille, on pourrait déjà être parti...mais très vite, on dit: oui mais notre bus est top...


La suite de l'histoire fait qu'on doit changer de bus pour un minibus tout pourri qui penche d'un côté car méga chargé sur le toit!!! Les gens sont très énervés et s'engueulent même. Ils doivent descendre puis remonter et enfin redescendre pour remonter à un autre endroit! Nous, on ne bouge pas. A n'y rien comprendre. D'ailleurs, on n'a rien compris;)

A quasiment 13h, on décolle! On aura attendu 3 heures... pas mal hein!!! Tout ça pour au bout du compte être en plus tout serré ;) Bref, vive la Tanzanie!!! On le prend très bien!

Je discute entre temps avec un Espagnol également dans notre bus. Lui va jusqu'à Matema, la belle plage apparemment au bord du lac Malawi côté tanzanien et entourée des montagnes.


Le paysage se transforme peu à peu plus on descend dans le sud. C'est juste magnifique: les bananiers se multiplient, la végétation est luxuriante et le paysage très sinueux. Les montagnes nous suivent et leurs pentes s'accentuent. Puis il se met à bien pleuvoir. Ça fait vraiment ambiance tropicale.


Un homme entre alors dans le bus et commence à faire un méga speech. On pense tout de suite à un religieux mais pas du tout. On comprend après qu'il vend des produits pharmaceutiques et d'hygiène. Il a une belle aura, est souriant et l'est de plus en plus quand les gens commencent à rire de ses blagues et à acheter, acheter, acheter. On est comme hypnotisé par la scène qui est en train de se dérouler. Alors qu'aucune réaction n'était perceptible des voyageurs, d'un coup, presque chacun a acheté un savon, une espèce de baume du tigre...Trop fort cet engouement soudain et collectif! Super scène dans la joie et la bonne humeur! Puis, il est descendu du bus 20 bonnes minutes plus tard; )


En ce qui nous concerne, on demande à descendre 30 km avant Keyla à Kamulu à l'intersection entre la route pour Songwe (passage pour la frontière) et la route pour Keyla (à l'est). De là, on nous avait dit de prendre une moto. Après avoir galéré à descendre tellement c'est blindé de sacs et de gens, deux gars ont déjà nos sacs (passés par la fenêtre!!) sur leur moto. Il y a environ 4-5 km et on pensait éventuellement les faire à pied...car pas de bus. Mais franchement, prendre une moto pour 2000 shillings (70 cents), c'est pas mal non plus. Je ne suis pas franchement rassurée mais bon hop!! Sans casque évidemment et avec notre sac à l'avant...mais nos chauffeurs roulent doucement et prudemment donc je me détends et apprécie le moment:). Le paysage est d'autant plus grandiose. Sur la route, beaucoup nous regardent et certains nous saluent vivement. Sympa :)))


Il est environ 15h30 et nous voilà à Songwe, frontière côté tanzanien. A peine descendus des motos qu'on nous propose de changer nos shillings en kwacha. Ok, ok, minute papillon. Heureusement Gero avait à peu près en tête le taux de change: 3. Le gars nous propose 3,5. Comme on ne sait pas trop comment ça se passe après, on accepte pour les 84 000 shillings qui nous restent (35 euros). On doit recevoir 26 857 kwacha. Et heureusement que je prends le temps de noter exactement la transaction sur mon petit carnet, qu'on recompte les sous car au lieu de 6 billets de 1000 kwacha, il donne à Gero 6 billets de 100 le roublard. Puis il s'en va avec ses acolytes et on s'aperçoit encore d'un manque des 800 kwacha (1 euro). Gero va les voir et revient avec!! Ah, il faut toujours se méfier. On a bien géré. A la frontière malawienne, il y a un petit bureau de change et le taux est de 3,2. Un peu moins élevé donc mais on est content comme ça, l'important étant d'avoir liquidé nos shillings.


Drôle d'impression d'être maintenant à la frontière entre la Tanzanie et le Malawi. On marche dans une sorte de zone neutre où plein de véhicules sont arrêtés, où des gens se baladent, où des vendeurs s'agitent, où des enfants se baignent dans la rivière. On passe comme une lettre à la poste ce qui ne nous paraît pas normal. On retourne en arrière et on trouve le poste frontière côté gauche en fait en arrivant de la Tanzanie. Aucun panneau mais c'est bien là dans ce gros bâtiment au toit bleu.


Pas de bol, un guide avec son groupe de touristes attend les passeports...Ça dure un petit moment. On a bien fait de poser nos gros sacs!

On doit remplir deux formulaires (une petite feuille et une A4) puis on se présente au guichet, on donne les papiers remplis, notre passeport et 75 dollars. C'est marrant, l'agent les fourre dans sa poche de chemise, on se sourit avec Gero;). Ça ne fait pas très sérieux tout ça! Il nous colle les visas, tamponne chacun d'entre eux puis bugge...Avez-vous un deuxième passeport?? Euh non...Alors où est votre tampon tanzanien de sortie du pays?....Ah, petit détail qu'on a zappé...Nous voilà donc repartis en sens inverse à la frontière tanzanienne qui nous paraît loiiin sous cette chaleur. L'agent nous avait proposé de faire l'aller-retour pour 1000 kwacha (1,10 euro) pour emprunter une moto taxi mais on préfère gérer seul et surtout ne pas confier non passeports, ne sait-on jamais;)


A la frontière tanzanienne, on se dirige dans un gros bâtiment sur notre gauche (donc droite en arrivant de Tanzanie) qui ressemble plutôt à une station essence qu'autre chose mais c'est bien là!!! On remplit un formulaire de sortie, on donne notre passeport, on reçoit un tampon. Voilà c'est tout bon et en plus avec un au-revoir très chaleureux de l'agent.


Hop c'est reparti pour passer la frontière. Les vendeurs doivent se demander ce qu'on trafique: Malawi? Oui ou non?!!

Re-check côté malawien. L'agent est content! Nous, on dégouline mais tout va bien :)

Un rabatteur s'empresse de nous orienter vers un moyen de transport. Il arrête un taxi alors qu'on voulait un bus car moins cher. On connaissait déjà le prix de 1200 kwacha par personne (1,5 euro). Attention, on change de monnaie. L'adaptation doit se faire vite pour convertir, hihi!! Notre cerveau fume!! (1 euro=850 kwacha, compris?!). Le taxi est forcément plus cher mais on négocie bien puisqu'on convient de 1500 kwacha par personne. Ils sont deux ce qui était absolument déconseillé en Tanzanie surtout à Dar es Salaam (= danger d'agression) mais on est au Malawi!

Ils nous parlent malheureusement de la corruption massive...On leur demande de nous apprendre via mon carnet les rudiments de leur langue, le chichewa sachant que c'est seulement une des 20 langues officielles;) Aie aie, on est mal barré! Lottie et Alfred semblent prendre plaisir à nous apprendre ces quelques mots:

Bonjour: Mwazuka bwanji

Salut: wa wa

Comment vas-tu? Mulibwanje?

Ça va: Chap chap Bo bo

Merci - zikomo (kwanbili = beaucoup) ou Chabwino

Au revoir: ndapita

Comment t'appelles-tu? Dzina lako ndiwe ndani?

Mon nom est: dzina langa ndine ...

Oui: eya

Non: ayi (prononcé: aie)

Combien ça coûte? Zingati?


Mais pas facile pour nous de nous imprégner d'une nouvelle langue tout comme de nous servir d'une nouvelle monnaie!! On prendra le temps!

La route est en train de subir d'énormes travaux, le tout géré et financé par les Chinois (on en voit certains sur le chantier). Il y a de nombreuses portions totalement défoncées et donc des détours. Puis, on roule sur une belle route asphaltée.

On est super heureux de fouler le sol de ce pays, on a un bon sentiment. Il est déjà 17h30, la lumière de fin de journée est superbe et met encore plus en valeur le paysage déjà spectaculaire qui nous accompagne tout au long de la route: la chaîne montagneuse tanzanienne et du Mozambique, les villages, les enfants qui jouent au football, les cyclistes, les piétons, les vaches puis le fameux lac...Waouh! Juste top!!

Sur la route, on prend une maman et son fils en plus dans le taxi. C'est marrant, ils sont surpris de nous voir ;)


Une petite heure plus tard, nous voilà à Karonga. Même pas descendus du taxi que plusieurs rabatteurs nous prennent d'assaut pour la suite de trajet. Un des gars nous plaît alors on décide de partir avec son mini-bus à Chitimba. Nos sacs sont embarqués illico presto comme toujours et on grimpe pour 2500 kwacha/personne (3 euros). Le rabatteur discute avec nous, nous remercie de visiter leur pays. Très chouette. Le trajet est vraiment sympa même si le chauffeur roule bien trop vite et mal!! De toute façon, on ne voit rien, on est serré comme des sardines. Je suis assise sur une espèce de strapontin tout pourri et Gero a presque la moitié de son torse hors de la fenêtre! Ça vaudrait la photo; )


Ça discute, ça rigole, l'ambiance est détendue! La nuit tombe progressivement. Décidément, on n'arrive jamais avant la nuit!!! Le ciel commence à briller de ses milliers d'étoiles, c'est beauuuu. On parle avec une fille à côté de Gero. Elle parle bien anglais et nous aide à dire au chauffeur d'arrêter le bus au niveau du chemin pour Hakuna matata camp. Nickel!


Il fait désormais nuit noire, il est 20h passées! Quelques gars nous "accompagnent". Ils sont du village et souhaitent évidemment nous aiguiller vers le camping d'à côté et nous proposent des excursions pour demain. Mais ils sont sympas et pas trop lourds. On dit qu'on verra demain.


Arrivés au camp, on est accueillis par la gardien de nuit qui nous dirige vers Willie, le propriétaire sud africain seul en train de manger. Il fait vraiment baroudeur. Ça nous plaît. Il n'y a pas un chat dans le camp. Charlie, le cuisinier, nous montre les différentes chambres (logique, non?!). On choisit un dortoir de 5 lits qui nous plaît. En plus, il y a des moustiquaires, de l'électricité et des WC à côté. Parfait! On pourrait camper mais on est claqué et on n'a pas la courage de tout installer!

Prix du dortoir: 4900 kwacha (5,70 euro) / camping: 3500 kwacha (4 euro)


On s'installe puis on mange un sandwich aux œufs et tomates préparé par Charlie. On discute un bout de temps avec Willie qui est un gars (déjà bien âgé) très intéressant.


On va au lit! Et je suis perturbée car il est seulement 22h. Je pensais qu'il était déjà plus tard?!

2
2
Publié le 24 septembre 2018


On se lève vers 8h, enfin 7h! Ça y est, j'ai compris mon étrange ressenti d'hier soir! Il y a un décalage horaire d'une heure, nous explique Willie! Je me disais bien;) !!! Si j'avais su, je serais restée au lit hein!!

Je n'ai pas très bien dormi. Il y a eu parfois du bruit ou des gens qui passent. Comme je n'ai pas vu vraiment les lieux hier, je n'étais pas complètement sereine. Ce qui est ridicule car ce matin, je découvre ce coin magnifique et paisible. Et à notre surprise, il y a plein de singes trop mignons dans les arbres et les bambous autour de nous. Ils grimpent, sautent, courent sur le sable, jouent. L'un deux est même sur le toit du bâtiment. On voit des mamans avec leur petit accroché à leur ventre! Super chouette:). On passe longtemps à juste les observer!!

Puis on petit-déjeune le maggie's breakfast à 2000 kwacha (2,5 euro quand même) qui est une poêlée de tomates, oignons, œufs, ail sur toasts. Excellent:) on discute avec Willie jusqu'à 12h au moins, on ne voit pas le temps passer!!! Il vit ici depuis 8 ans et nous raconte beaucoup sur le Malawi où il se sent très bien. Il nous montre aussi des photos de chez lui en Afrique du sud. Bel échange.


On va ensuite se poser plus loin vers la plage sous une paillote récente sur les canapés. C'est super beau et la vue est imprenable sur la plage et le lac. Tout est calme sauf le lac agité par des vagues. On croirait la mer!!

L'après-midi, on va jusqu'au bord du lac et on se pose sur la plage. Il y a beaucoup d'enfants dans l'eau. Ils reprennent seulement l'école lundi 10 septembre. On voit aussi quelques bateaux de pêche en bois sur le rivage puis des vaches passer le long de l'eau avec leur "berger"!

L'endroit est franchement idyllique entre les superbes montages proches (table mountain), le lac et les montagnes au loin (Mozambique).

Même si on nous affirme qu'il n'y a pas de bilharziose ici, on préfère ne pas se baigner. En plus, on voit des femmes laver leur vaisselle directement dans le lac. Un local nous dit que l'eau est si belle que c'est justement pour ça qu'on y vient laver la vaisselle, les vêtements. Normal quoi;)


Ce même local, Frank, reste avec nous et on discute de tout et rien. Il est intéressé par nos vies et nous par la sienne donc l'échange est sympa. Il tente de nous proposer ses services de woodcarving, spécialité ici mais on répond gentiment qu'on n'est pas intéressé. Il est peut-être un peu déçu mais reste avec nous.

Puis je sympathise avec deux frères de 4 et 10 ans. Le grand, Nickson, a un sourire craquant et se débrouille déjà un peu en anglais!! Gero jongle devant eux avec des cailloux. Ils sont impressionnés. A eux d'essayer. D'autres enfants dont un plus grand sont attirés et se posent avec nous. C'est vraiment un très beau moment de partage. Gero continue à faire des numéros de plus en plus complexes. Ils en veulent plus!! Ils tentent de reproduire! Trop fort!!

Puis j'ai l'idée se faire des selfies ce qu'ils adorent d'autant plus avec nos quelques accessoires (casquettes, lunettes de soleil!). On se marre bien!!!!

A eux de nous montrer leurs acrobaties sur le sable et dans l'eau:) Chouette!!


Vers 16h30, on les quitte pour aller au village en passant par le camp d'à côté. On veut en effet y acheter un voucher pour avoir internet sur le portable. Car ici, pas d'internet et on veut se renseigner sur les ferrys pour la suite de notre périple. Le réseau téléphonique est également bof bof. Bon, finalement, on ressort du camping bredouille et on tombe sur les vendeurs de woodcarving qui ont leur échoppe. Pas un touriste donc forcément, ils nous "sautent" gentiment dessus. On leur dit clairement qu'on ne veut rien acheter car pas de place mais on continue à discuter avec eux. Ils sont sympas comme tout, surtout Rodson et son camarade plus timide. Le rasta propose de nous montrer le jeu du baogame (le même qu'au Sénégal) "for free". Ok, on accepte. On s’assoit par terre et c'est parti.

Après la partie, on reste encore bon bout de temps a discuter. C'est vraiment cool et Rodson nous dit que certains touristes sont agressifs ou qu'ils les prennent de haut ce qui est bien dommage. On est d'accord!!!


Soudain, un gros "overland truck" arrive et les vendeurs sont sur le qui-vive! On les comprend. On leur dit que c'est nickel qu'on soit là, ça leur fait une bonne pub. On rigole et on leur propose de nous donner une commission si jamais...hihi!!

On a déjà vu un overland truck à Mikadi Beach. L'Anglaise qui gérait l'agence nous a expliqué le principe de voyager à travers l'Afrique pour pas cher. Le groupe en question voyage 6 semaines entre le Cap (Afrique du Sud) et Nairobi (Kenya) pour 3500 euro environ. Hallucinant! L'Anglaise en avait elle-même fait expérience et est tombée amoureuse de l'Afrique! Elle vit maintenant ici depuis 8 ans!!


Celui-ci arrive donc en fin de journée et repart demain matin à l'aube. A vrai dire, ça a l'air chouette mais ça ne nous fait pas rêver. On aime trop notre liberté:)


Vers 18h, on se décide à aller enfin au village et on demande à Robson où on peut manger. Il se propose de nous accompagner. Ok, ça roule:)

Nous voilà donc en vadrouille à travers la village qu'on découvre. Beaucoup de gens nous saluent gentiment. C'est plein de vie ici: les enfants jouent dans les cours, les femmes s'activent aux fourneaux, les vaches rentrent au bercail...On s’arrête pour acheter de l'eau. Il n'a que des 0,5 L (300 kwacha= 40 cents). On prend, tant pis. On s'achète aussi un jus de mangue pour demain matin (300 kwacha) et deux paquets de gâteaux (250 l'unité!). Puis, Rodson nous emmène dans le resto d'amis. C'est très chouette. On choisit du poisson (jambo fish) avec du riz et des beans. C'est 2000 kwacha (2,5 euro). On choisit de boire un soda à la cerise, c'est pas mal (300 l'un). Le local est un bouiboui très simple mais avec TV. Ils regardent un reportable en anglais sur les belles voitures en Allemagne. C'est drôle; ) Avant de manger, on se lave les mains devant. Il y a un bidon, du savon et une bassine. Une ado dessine sur son cahier. C'est superbe. Je la complimente:)


On repart sous un ciel étoilé comme jamais. C'est MAGIQUE. Je peux vraiment dire qu'on a la tête dans les étoiles tellement on est entouré de toute part!! Je suis ébahie!!!!! On marche donc désormais de nuit NOIRE avec Rodson. Pas une lumière sauf les phares des quelques voitures. Rodson nous dit qu'on est en sécurité ici car tout le monde se connaît. On se sent détendu avec Gero aussi:) et on savoure la chance qu'on a de vivre ce qu'on vit tout de suite maintenant. C'est juste unique!!!


De retour au camping, Gero va chercher des sous car on n'a pas pu payer toute l'addition au restau. On n'avait en effet très peu sur nous n'ayant pas anticipé cet enchaînement d'événements; ) Mais on n'a pas de monnaie, Willie n'est pas là donc Gero tente sa chance au camp d'à côté. Il n'est pas très bien accueilli et ressort bredouille en plus! Il faut savoir que ce camp, certes bien plus sophistiqué que le nôtre, est tenu par un Hollandais peu apprécié ici...On a même lu sur le blog de voyageurs Allemands leur commentaire négatif à son propos. Nous, on est vraiment bien tombé se dit-on!


Après avoir salué tous les autres vendeurs, Gero décide alors d'aller avec Rodson et son pote au bar du village devant lequel on est passé tout à l'heure pour faire de la monnaie et éponger nos dettes. Je les laisse entre mecs. Je sens que Gero en a envie et je me sens fatiguée (pour précision, je me rends compte qu'il est seulement 19h30!! No comment!!). Je m'installe dehors et j'écris. Gero revient plus tard. Ils ont profité ensemble, c'était sympa et leur a payé une bière. Il serait bien resté plus longtemps pour éventuellement jouer au billard mais il avait peur que je m'inquiète. Trop mignon!


Il fait encore chaud ce soir. On se prend une bonne douche chaude. C'est très appréciable, surtout que j'ai du sable partout car les gamins m'ont grimpé dessus à la plage;) C'est le moment où on croise une belle araignée. Aie aie aie. Je ne m'approche pas. Et en entrant dans la douche du coup, on checke bien partout!! On est des aventuriers mais pas trop quand même, hein!


Dans notre chambre, un ou deux lézards se baladent aussi mais eux, je les aime beaucoup:)


Bonne nuit les petits...

3
3


Réveil matinal! Cette nuit a été agitée. On a entendu comme une cérémonie de tamtams et de chants. Ça nous fait penser aux dires de Robson qui nous parle du pouvoir des witch doctors très pris au sérieux ici. Il nous demande si on ne veut pas aller consulter. Pourquoi? On se sent très bien! Ça pourrait être intéressant mais pas maintenant; ) Il nous dit même qu'il pourrait nous prédire le futur! Ah ça non merci!! Je m'exclame, ils se marrent!!


Bref, ce matin, tout est à nouveau très calme! Mais déception: nos monkeys ne sont pas là!!! Snif...

On petit-déjeune tranquillement, Gero discute avec Willie, je me pose face au lac (de loin) et profite.


On se rend compte qu'on est short en termes de sousous. On a changé trop peu de kwacha à la frontière (30 euro environ) et ici, aucun distributeur d'argent à moins de 17 km en arrière...On préférerait retirer sur le chemin à Mzuzu. Mais entre temps, comment fait-on? On a encore 600 dollars donc voilà la solution. On paie Willie en dollars et on sait qu'à Mushroom Farm, ce n'est pas un souci non plus. Et il nous reste 8000 kwacha (10 euro) pour le quotidien en attendant...Ça va le faire...Au pire, on pourrait échanger des dollars mais le change n'est pas avantageux...allez, on est confiant!


On écrit dans le livre d'or de Willie et on lit les périples à pied, à vélo, à moto d'autres voyageurs aussi passés par là. C'est fou ce que l'homme peut être créatif, peu importe d'où il vient.

On décolle à 11h40 pour la suite de notre aventure! Évidemment on avait prévu de partir aux aurores. Bon, raté une fois de plus ;)

Notre départ est éprouvant car Gero comme moi avons la sensation d'avoir des cailloux, que dis-je des rochers!! dans nos sacs! En plus, on part bien sûr à la meilleure heure de la journée sous un soleil de plomb. Allez, on reste motivé! On passe par la plage et on s'enfonce dans le sable mais on préfère ça à la traversée du village et à la prise d'assaut des "guides"! Puis, on se détend en voyant les enfants faire des acrobaties en se jetant dans l'eau rien que pour nous, en assistant au lavage du linge, en profitant des odeurs émanant des stands de séchage de poissons. Juste génial, le tout dans un décor somptueux.


Puis on remonte dans le village. On salue les villageois. On voit une femme piler le maïs. Elle nous sourit gentiment. Des enfants nous interpellent. On voit aussi le séchage du cassava (cf nos chips achetés chaque jour à la plage). C'est une sorte de patate douce assez dure.


En arrivant à la route principale, un gars se dépêche de nous rejoindre pour nous proposer ses services. Un autre tente aussi mais on explique gentiment qu'on y va seul. On est des montagnards;). Ils n'insistent pas trop. Pendant ce temps, on voit des femmes courir aux fenêtres d'un minibus de passage pour vendre leurs petites sardines disposées sur un plateau en osier. De l'autre côté, des cuisiniers préparent un bon mélange appétissant d'oignons ,tomates, viande.

On voit un petit local au nom de Mushroom Farm, d'ailleurs déjà indiqué sur un gros panneau. Une occidentale est assise à l'intérieur. Elle va monter probablement en pick up, alternative la plus courante (2000 kwacha + 1000 pour le sac = 3,5 euro pour 45 minutes de montée).


Nous, on entame notre ascension. La première partie est assez difficile à cause de nos sacs et de la chaleur (pas un pète d'ombre évidemment, ça serait trop facile; )). On y va donc "pole pole". Une villageoise avec son seau sur la tête fait un bout avec nous puis nous montre le premier raccourci. On ne la suit pas car c'est méga pentu et on ne veut pas qu'elle attende quoique ce soit de nous (des sous en l'occurrence; )).

Donc oui en effet, on voit sur maps.me tous les raccourcis possibles pour couper la piste en serpentins mais on n'en emprunte pas un! Trop éprouvant. La piste nous convient très bien surtout qu'on est quasiment seuls. En 3 heures de montée, seulement 3 voitures monteront et 1 descendra suivie d'une moto. On croise seulement quelques locaux à pied.


La deuxième partie devient plus agréable car on a plus d'ombre à notre grand soulagement. On fait des pauses régulières pour boire. Lors de l'une d'elles, des singes sont sur le chemin rejoints ensuite par d'autres. Magique:) On a trop de chance de les rencontrer. Un plus gros, seul, croisera un peu plus tard à nouveau notre chemin.

La piste est irrégulière : parfois très caillouteuse, parfois plus douce. La pente est aussi plus ou moins raide. On tombe après 2h30 de marche sur une petite chute d'eau. On recharge nos gourdes:)


Et enfin après 3h20, 10 km et 1000 M D+ de marche depuis Hakunamatata, nous arrivons à la Mushroom Farm en contre-bas du chemin à une centaine de mètres (un panneau l'indique). Bonheur! On est arrivé!

Deux gros chiens nous accueillent. Ils sont tranquilles et nous suivent; ) Puis au tour du personnel de nous réceptionner avec un grand sourire! L'endroit est juste à tomber par terre!! Je suis trop happy!


On choisit notre emplacement pour la tente au bord de la falaise avec vue imprenable sur les montagnes et sur le lac! C'est juste époustouflant!!!! Et les emplacements pour tente sont de loin les mieux placés même si ce sont les moins chers (5 dollars par personne par nuit). On s'installe avec enthousiasme. On accroche même notre hamac:)

C'est cher ici les repas par rapport aux prix locaux habituels mais l'argent sert à financer la communauté dont l'école par exemple. C'est pour la bonne cause donc on est OK:)

On se pose ensuite près de notre tente, Gero sur le hamac, moi sur la chaise à disposition. Et on est encore bouche bée de la vue de fou qu'on a sur la forêt, les montagnes, le lac. C'est grandiose surtout avec cette lumière de fin de journée...


Vers 18h30, on va sur la terrasse commune. L'ambiance est belle avec les lampions, les petits drapeaux, les différents coins cozy (tables, bar, canapés). Par chance, on est samedi et tous les samedis, un groupe local danse et chante. C'est très sympa; ) Gero et moi jouons au Bao game appris hier. Il y en a un énorme et lourd à disposition!


Puis on savoure notre repas succulent!!!! En voyant le menu, on s'est d'abord dit: arf, rien d'exceptionnel, le même plat que tous les jours :( mais là, rien à voir: c'est beaucoup plus raffiné. La sauce avec les différents légumes est à tomber par terre tellement c'est délicieux. Le chapati est à la fois doux et croustillant!!! Et la salade verte avec ses tomates, ses carottes est un vrai régal:)

On profite de la soirée. On est loin d'être les seuls; il y a une bonne dizaine de personnes (touristes comme nous). Très sympa.

4
4
Publié le 24 septembre 2018


Aujourd'hui notre réveil est très matinal ce qu'on aime bien car tout est encore calme. La vue sur le lac et les environs est juste grandiose. On profite de la chance qu'on a d'être dans ce beau décor tout en savourant notre petit-déjeuner. Ce matin, on est en mode méga tranquille. Je me balade dans la propriété et prends de jolies photos.

A midi, on se fait plaisir et on commande un excellent et copieux burger. Ici, tous les plats sont végétariens, le paradis pour Gero :))


A 13h, une visite gratuite du jardin est proposée. On est tous les deux avec le jardinier très gentil et passionné. Il nous explique tout d'abord le principe de la permaculture : agriculture permanente basée sur un développement écologique du jardin en termes de plantation, de traitement et d'irrigation. Il nous présente les différentes plantations d'ici allant des légumes, fruits, herbes à de gros arbres. Le tout est ici conçu en terrasse car on est en pleine pente. Il nous montre aussi les cochons dont les excréments servent de fertilisant. Sympa!! Après une petite heure de visite, autant passionné soit-il, une donation n'est pas de refus. Il se permet de nous le rappeler. On donne 600 kwacha (80 cents). Même si ce n'est pas une grosse somme, je trouve que ça pourrait être tout simplement compris dans l'hébergement de la Farm.

Alors que je suis en train de recoudre mon pantalon qui s'est craqué au niveau de l'entre jambes (j'ai bien fait de prendre une aiguille et du fil;)), un gars arrive pour également camper. Entre temps, il y a aussi un couple qui s'est installé plus haut. Le gars en question, un Belge, me salue et vient se poser avec moi pour discuter. Son histoire est très intéressante: il est en fait à vélo et a laissé pour l'occasion ses affaires chez Willie au camp en bas. Il est ensuite monté à pied avec le minimum. Il est parti de Kigali (Rwanda) et compte arriver en Afrique du Sud en 3-4 mois. Beau challenge mais je ne l'envie pas!!


Ce soir, on se régale une fois de plus. Au menu cette fois-ci: du riz, des lentilles, des pommes de terre, des aubergines frites et de la salade. Ah nos papilles...! Puis, le Belge Nico nous rejoint accompagné de deux Finlandaises pour jouer au Bao game qu'on leur explique. La soirée est très sympa et on papote bien.


On rencontre aussi un Franco-allemand, biologiste, très cool et ouvert avec qui on discute un bout de temps. Il est là pour une conférence dans le Sud et en profite donc pour voir du pays avec sa copine et deux amies à eux.

5


Ce matin, un singe passe dans l'arbre juste au-dessus de notre tente. Voilà comment je me réveille:) On en observe en fait plusieurs sauter d'arbre en arbre pour approcher au plus près les campements et l'éventuelle nourriture. Mais ils restent peu téméraires. La journée commence en tout cas bien pour nous, quel spectacle:)


On part déjà vers 8h pour Livingstonia car on ne veut surtout pas souffrir de la chaleur. Si le soir, il fait frais et il est nécessaire de porter un petit gilet, en journée, le soleil tape et gare aux coups de soleil.


La piste vers Livingstonia est d'abord très jolie car rouge vif. On y croise des villageois et des villageoises à pied. La plupart nous salue. Le paysage est vraiment magnifique, à la fois verdoyant et montagneux tout comme plus sec par endroits. On double un gars bien éméché...de si bon matin, c'est triste.


Puis la route est à nouveau goudronnée et c'est moins agréable de marcher dessus. Au croisement, on prend la route à gauche qui monte à Livingstonia. Un gars nous accompagne subitement. Il va aussi là-haut. On se demande ce qu'il veut...rien a priori. On discute. Mais il tente finalement quand même en nous disant au revoir: "do you have change maybe?". Non!! Puis, trois petits enfants nous saluent et répètent quelque chose en chichewa, le mot argent. On le comprend à leurs signes. On hallucine!!


Nous voilà à Livingstonia après plus d'une heure et demie de marche.

C'est situé sur une sorte de plateau. Ça me plaît beaucoup. Il y a seulement quelques bâtiments intéressants mais l'ambiance de cette ville est particulière. On pense à ces missionnaires Ecossais (Livingstone, Robert, Laws) venus s'installer ici! Ça devait être quand même quelque chose à l'époque! Il reste encore l'hôpital, l'église, l'horloge, l'université, la maison de Laws tout comme d'autres maisons de l'époque! C'est épatant!!


On visite le Stone house Museum, anciennement la maison de Laws. L'entrée coûte 1000 kwacha (1,10 euro). C'est un petit musée vieillot et pas très bien agencé mais qui m'intéresse beaucoup car on y découvre des photos d'époque, des lettres manuscrites des missionnaires et on y dégote pas mal d'informations au bout du compte.


En sortant du musée, on croise nos voisins de tente, Canelli et Chimzi. Canelli a une méga ampoule à cause de la montée à pied, la pauvre...Je lui donne des pansements. On discute bien ensemble, c'est très sympa. Elle est finlandaise et il est malawien. Ils vivent à Nkhata bay.


On s'approche ensuite de l'église en briques rouges mais on ne veut pas y entrer car il va falloir encore faire une donation. Pas envie. Trop compliqué ;)

On voit de nombreuses étudiantes marcher dans la rue. Elles sont classes.

On passe par l'hôpital où on est censé demander le docteur Daod pour changer des dollars en kwacha (on a mal géré, on est presque à sec:( ). Oh le trafic! Mais pas de bol, c'est l'heure du lunch. Tant pis, on redescend vers 13h après avoir acheté quelques boissons et des gâteaux dans un bouiboui et des bananes sur le joli petit marché.

On prend cette fois-ci un raccourci qu'on voit sur maps.me puis la route barrée pour couper.


On arrive à l'embouchure pour les cascades. Il y a une arche pour entrer. C'est 500 kwacha par personne. Maps.me nous indique un autre chemin sur la gauche en accès libre donc on y va. On arrive à une jolie petite rivière. On se pose pour un bon coca et le grignotage d'une banane. Des enfants viennent nous demander gentiment de nous guider jusqu'à la cave, on refuse. On y va seul. Le chemin grimpouille juste après la rivière. D'en haut, on voit la superbe manchewe Waterfall! Belle surprise. On redescend ensuite sur un chemin étroit et à flanc de falaise pendant 20 minutes environ. Nous y voilà! L'eau dégringole au-dessus de nous. Très beau:) et on peut passer derrière celle-ci. C'est ce qu'ils appellent la cave et c'est là où les locaux se cachaient pour échapper à l'esclavage...


Puis on poursuit en mode explorateur à l'instar de Livingstone sur un chemin de plus en plus étroit et difficile. C'est limite s'il ne nous faudrait pas la machette;) mais on est récompensé puisqu'on arrive sur l'un des paliers de la fameuse manchewe fall:) et il y a du débit!

Puis on remonte en sens inverse, on repasse la rivière et on rejoint la jonction. Et là, paf, on nous tombe dessus en nous disant qu'on doit payer. Ah bon mais pourquoi? Ils sont cinq-six et nous disent qu'on a vu les cascades donc qu'on doit payer...ok, mais on n'est pas entré là où c'était marqué payant! Ils n'en démordent pas et nous non plus donc le ton monte...C'est tendu. C'est surtout Gero qui parle et je régule de temps en temps. Le ton finit par redescendre après une bonne dizaine de minutes. On trouve le compromis de payer seulement 500 kwacha (70 cents) pour deux au lieu 1000. Ce n'est bien sûr pas le coût de l'entrée mais le principe qui nous importe et surtout la façon dont ils nous ont réclamé l'argent!! Pour finir, ils nous saluent à nouveau amicalement. Gero a besoin d'un peu plus de temps pour faire redescendre la tension. Plus loin sur le chemin, un monsieur avec son vélo vient à notre hauteur et s'excuse de la situation dont il a été en partie témoin. On discute avec lui un peu puis on bifurque pour la Mushroom farm.


Contents de nous poser. On oublie vite l'incident grâce à la rencontre d'un couple de Français pour qui le voyage s'achève après un an! Ils passent leurs derniers jours de périple ici! On discute longuement avec la Française. On est intéressé par leur long voyage et très diversifié. Et c'est étrange mais ça me fait du bien de parler français:). On passe donc un chouette moment ensemble. Puis qui découvre-t-on encore là? Notre voisin de tente, le Belge. Il avait prévu de redescendre ce matin à pied mais est resté finalement!


Après une bonne douche bien méritée, on s'installe avec les autres personnes présentes sur la terrasse. C'est marrant, ici, on a déjà l'impression d'être proches les uns des autres car on est peu et on a déjà discuté avec les différentes personnes. Je discute en particulier avec une autre flamande!! Elle me montre les photos de Vwaza mash: magnifique! Des éléphants, des hippos, des oiseaux, un lac, une jolie montagne et pas trop touristique sans que ce soit difficile d'accès. Elle nous fait à nouveau douter avec Gero. Qu'est-ce qu'on fait? On y va??


Quand le repas arrive, hop, on se déplace des canapés à une table. Et on sympathise avec un couple d'Allemands (plus âgés). Leur fille avait fait une année de volontariat en 2015 au Malawi. Ils reviennent car ils ont beaucoup aimé et souhaitent revoir le tout en mode plus confortable; )

On passe une belle soirée avec eux!

6
6
Publié le 24 septembre 2018


Réveil vers 6h00. Beaucoup sont déjà réveillés. Je rencontre le Belge et les Finlandaises de bon matin! Nous, on se décide pour partir ce matin finalement plutôt que demain car hier, Canelli et Chimzi, nous ont gentiment proposé de nous descendre! Juste nickel!! On dit au revoir à toutes nos connaissances et on ne traîne pas. Vers 8h, c'est déjà parti! La descente est vraiment galère en voiture, ça tape de partout!! Chimzi est très concentré. Mais en même temps, comme toujours, la musique est très (trop) forte et on hurle pour se parler avec Canelli. Ouf, elle finit par baisser un peu!! On découvre aussi la chanson du moment ici, "Particular"! Sympa!


En discutant, on se rend compte qu'on s'est mal compris. On croyait aller avec eux jusqu'à Nkhata Bay mais en fait ils ne rentrent pas maintenant, ils vont dans le nord voir la famille de Chimzi!! Zut!!! Bon c'est déjà cool car on s'est épargné la descente de 1000 M de dénivelé avec nos gros sacs et il est seulement 9h une fois arrivés à la jonction. On les remercie chaleureusement et on leur donne un billet de 5 dollars même s'ils nous disent que c'est OK. Canelli nous donne son numéro si on veut leur rendre visite à Nkhata bay ou si on a besoin d'eux. Super sympa!

Bien pratique, ils nous donnent les vrais prix pour les différents bus.

Ça fait drôle de retourner à la civilisation. On se retrouve dans Chitimba. A peine sur le bord de la route, on arrête un matolas (mini-bus) pour Mzuzu. Le contrôleur nous dit que ça coûte 4500 par personne. Faux évidemment! Ça sera donc 3000 comme tout le monde (2,50 euro). Allez, on grimpe. C'est bien, on est à 4 au fond et le bus n'est pas blindé pour une fois. Sur la route, on s'arrête et des tuyaux en métal sont chargés sous nos pieds! Puis une dame entre avec sa poule; ) On aura tout vu!!


Le trajet dure 2h30 pour environ 1h30. On grimpe un col et dans un gros virage, il y a subitement plein de babouins et de singes! C'est connu qu'ils attendent ici que les passants leur jettent à manger! Trop fort!! Il y en a plein plus ou moins impressionnants. Tout le monde les regarde et s'y intéresse. Bonne ambiance du coup dans le matolas!


On suit sur maps.me où on est même s'il a, cette fois-ci, plus de mal a nous situer. Et là, revient la grosse question: arf, on pourrait encore aller à Vwaza Marsh... C'est quand même l'occasion, non? On doit se décider. Après hésitation, on préfère poursuivre...On se dit que les animaux, ce sera pour tard...


Vers 12h, on arrive à Mzuzu. Ça l'air d'être une grosse ville. Et ce qui nous frappe surtout, ce sont les beaux taxis-vélos avec une place arrière molletonnée. Ça a l'air de marcher d'enfer. Superbes images de locaux. Nous, on va à pied jusqu'à Joy's place que nous a conseillé Canelli. Elle y a travaillé en tant que manager pendant 8 ans. La propriétaire est coréenne. Ce n'est pas tout près de l'arrêt des mini-bus (environ 20 à 30 minutes de la station). On transpire comme pas possible, il fait très chaud.


Joy nous accueille très chaleureusement. On se commande un plat coréen de nouilles. C'est "cher" mais juste excellent (5 dollars): un régal!! L'endroit est également très chouette et arrangé avec goût. Puis on lui laisse nos bagages. On part à la National Bank pour enfin retirer des sousous et être tranquille. Il nous faut bien 25 minutes pour s'y rendre mais sans sac, rien à voir!! Et surprise à la banque, il y a un monde fou!! Ici, les salaires versés directement sur le compte, les virements n'existent pas alors les gens viennent retirer leur argent au guichet en échange d'une feuille bleue...La banque est très grande et moderne. Il y a même deux grands écrans: un diffuse du football, un de la publicité. Il fait lourd par contre, j'en profite pour m'asseoir pendant que Gero patiente dans l'interminable queue. Mais pourquoi ne pas retirer à l'ATM dehors? Car les sommes distribuées sont plus limitées et on devrait retirer plusieurs fois, frais compris!


Après plus 40 minutes d'attente, nous voilà enfin au guichet. Et là c'est comme dans Astérix, il nous dit qu'on n'est pas au bon guichet! La blague!!! Bon...on va donc au bon guichet, le numéro 2 (rien d'écrit, impossible à deviner évidemment) mais heureusement il y a seulement 2 encore 3 personnes devant nous. Ici, il est tout à fait possible de s'asseoir ou faire autre chose et quand c'est à son tour ou un peu avant, hop, on réapparaît dans la queue!!! Pas mal mais à ce moment-là un peu énervant pour nous;)


Enfin à nous, hallelujah! On donne notre carte Visa, on fait le code et on demande autant qu'on le souhaite: 200 000 kwacha pour nous (235 euros environ). On reçoit même une facture. Le tour est joué en 5 minutes et de façon très professionnelle!


On repart à pied (les propositions de taxis-vélos ne manquent pas). Une heure trente plus tard, nous revoilà chez Joy! Ouf! C'était une aventure!!! Mais on est content d'avoir à nouveau assez pour les prochains temps car il faut savoir qu'il y a peu d'endroits pour retirer de l'argent. Même s'il y a parfois des ATM, ils sont pour la plupart vides ou ils ne peuvent distribuer que de petites sommes. Donc, nous voilà tranquilles pour un bout de temps.

Vers 15h, on repart en quête d'un taxi partagé. Joy nous indique l'endroit non loin d'ici et l'arrêt des matolas. Elle nous indique le prix exact, nous dit que c'est seulement 500 kwacha de plus que le minibus et beaucoup plus confortable. Donc on n'hésite pas longtemps car il nous reste encore bien 1h30 de route et ça change un peu.

En chemin, on passe un énorme supermarché. On ne se laisse pas tenter. Pas le courage de porter quoique ce soit en plus;)

On trouve rapidement un taxi et on démarre sauf qu'il cherche encore 4 autres passagers ce qui va prendre un certain temps. Alors, on fait un tour du quartier, puis deux, et trois...heureusement, ça grouille de monde et c'est intéressant à observer: entre le marché aux légumes, les différentes échoppes, les passants, les jolies arbres aux fleurs violettes...


30 minutes plus tard, c'est enfin parti. On s'arrête quand même pour prendre de l'essence puis sur le bord de la route plusieurs fois pour récupérer un sac, le déposer plus loin, puis en plein milieu de la route pour faire marche arrière et discuter de quelque chose avec le chauffeur du mini-bus d'en face puis pour faire descendre quelqu'un, faire monter une vielle dame avec sa poule etc etc...Bref, on l'aura bien compris, rien ne sert d'être pressé ici sinon c'est la crise de nerfs assurée;) Un vendeur de brochettes nous gonfle aussi lors d'un arrêt: il est d'abord sympa puis insiste malgré notre non et nous dit qu'on a des sous alors pourquoi pas lui en prendre juste pour le principe. Gero coupe court.

Notre chauffeur est sympa et discute un peu avec nous. Il parle bien anglais. On profite aussi beaucoup du trajet. La lumière de fin de journée met en valeur la terre rouge des environs. On traverse différents villages plein de vie, c'est chouette.


Vers 17h, il nous dépose à Nkhata Bay à la jonction pour la route qui monte vers l'endroit visé pour cette nuit. On paie 1500 kwacha par personne (à peine 2 euros). On finit les 600 M à pied, il fait encore chaud. L'ambiance est sympatoche. Il est noté dans le lonely planet d'éviter cette route le soir car les nombreux rastas sont lourds et on peut vraiment se faire embêter. Quand on y passe maintenant, tout va bien. Il s'agit en fait de vendeurs rastas qui ont leur petit magasin et ils y vendent différents artisanats: bois, tissus, bijoux. Ça a l'air sympa mais on ne s'attarde pas, on a juste envie d'arriver. Certains nous saluent, on est sympa mais on avance en même temps. Et là, on tombe sur le groupe de biologistes allemands qui étaient avec nous à Mushroom. Cool, on est content de les revoir...


On arrive à Mayoka Village par un raccourci (on suit en fait le panneau butterfly). Le chemin est étroit et à travers la "forêt". On y est! L'endroit est dans les roches donc très escarpé et l'ensemble est sur plusieurs étages.

On s'installe sur l'un des emplacements pour tente. C'est tip top avec une vue imprenable sur la baie. Vraiment rien à envier aux dortoirs ou chalets. Et en plus, on paie 5 dollars/nuit/personne, c'est hallucinant! (dortoir 12 dollars). Il y a une très jolie douche commune et des toilettes sèches comme à Mushroom Farm.


On se dépêche de monter notre tente alors que le soleil se couche déjà! Puis, on profite en contre-bas de la balancelle au bord de l'eau. Juste superbe:)


Ce soir, on est sur la très belle terrasse commune. Gero discute par-ci, par-là. Moi, j'écris un peu pour note blog findpenguins: ça fait un bout de temps qu'on n'a pas donné aucune nouvelle car pas de wifi! Et là, espoir: il y a du wifi...enfin presque! Ça reste quand même un défi; ) Seulement deux personnes en même temps peuvent tenter de se connecter et je dis bien tenter...car Gero entre une bonne dizaine de fois les différents codes avant que ça capte vraiment;). Bref, il faut vraiment être en manque!! On checke donc vite fait nos mails, on envoie des nouvelles juste aux parents puis on écrit quelques nouveaux footprints pour le blog. Pas plus!


Ce soir, je commande le menu du mardi soir, les lasagnes. Ça coûte 4800 kwacha (5 euros). Ce n'est pas donné mais c'est franchement excellent et avec une bonne salade mélangée en prime! Je ne regrette absolument pas:) miam miam!


La journée de route nous a bien fatigués! On va donc se coucher pas trop tard.

7


On se lève toujours très tôt. Gero part à la terrasse commune et moi je redors un peu. Il fait encore frais, c'est agréable. Puis, je descends sur la balancelle et m'installe pour un petit moment.


Je rejoins Gero plus tard pour petit-déjeuner. Il est en compagnie de Guido, Allemand et Melody, Australienne. Je suis d'abord un peu en retrait car je me sens encore à côté de mes pompes puis je m'intègre peu à peu à la conversation. Guido a 43 ans, il est aussi enseignant et est dans sa deuxième année sabbatique consécutive. Il est plein d'humour et ouvert. Melody quant à elle a 36 ans, travaille dans un institut pour personnes au handicap mental et voyage seule pour la troisième fois. Elle est en route pour 8 mois entre l'Afrique du Sud et l'Égypte. Elle est aussi avenante et sympa.


On petit-déjeune un très bon pancake à la banane et une omelette. Puis on se décide pour prendre un canoë biplace. C'est à disposition gratuitement ce qu'on trouve vraiment cool tout comme les paddles, les masques et tubas.


C'est parti! Ça nous rappelle notre rando canoë au Canada! On reste habillé d'un t-shirt et d'un pantalon pour se protéger du soleil au maximum. Il y a des petites vagues mais le canoë est très stable. On a vraiment l'impression d'être sur la mer! En même temps, ce lac est large de 50 kilomètres sur 360 kilomètres de large alors c'est tout comme; )

Notre objectif: rejoindre la jolie plage un peu plus loin (environ 20-30 minutes). On passe l'hôtel juste à côté du nôtre: butterfly. A priori, le camping y est encore moins cher mais l'ensemble est beaucoup moins bien!

On est vraiment content de naviguer ensemble. C'est sympa!

On atterrit sur la plage. Elle n'est pas si exceptionnelle que ça. Quelques locaux lavent leur linge, d'autres se baignent. On s’assoit à l'ombre pour grignoter nos popcorn et boire.


A notre retour, on joue tranquillement au jeu Noé. Grosse pensée pour vous chers voisins, Lyse et Xavier. Merci:)

Puis la fin de journée arrive vite car on rencontre Max, sa sœur, une amie. Ils sont tous Anglais et vraiment sympas. Le contact passe bien. Moi, je discute particulièrement bien avec la sœur. Je me sens à l'aise avec elle en anglais car elle est patiente et bienveillante. C'est très chouette. Elle est infirmière volontaire comme son amie à l'hôpital de Lilongwe pour une petite année. Elles s'occupent des urgences et de la pédiatrie. Il y a de quoi faire apparemment et les patients sont souvent très malades en arrivant, contrairement à certains cas chez nous. Elles voient de nombreux cas de malaria. D'ailleurs, elle me dit qu'elle prend la malarone pendant tout son séjour! Quand même! Cette question revient en effet tout le temps: malarone ou pas? Certains décident de ne rien prendre. Pas évident car c'est vrai qu'il n'y a pas tant de moustiques que ça ce qui n'empêche que j'arrive à me faire piquer malgré toutes les précautions alors bon...

La soirée arrive vite. Guido et Melody nous rejoignent et une jeune Australienne qui étudie au Cap également. Le groupe est bien mélangé. On passe une super soirée ensemble. Un beau moment de partage notamment en jouant aux cartes. Guido nous apprend le jeu swaheli "yaniv". On rigole bien!! Puis nos pizzas arrivent! Le mercredi c'est soirée spéciale pour 4800 kwacha (5 euros environ) :) On peut choisir entre quatre. Ils les préparent en contre-bas au four à bois. On les voit faire. Elles sont très bonnes :). Entre 18 et 19h, c'est happy hours pour quelques boissons comme les cocktails. Chacun se fait plaisir.


Ici, le concept est franchement sympa (et intelligent) car chaque jour, il y a ces happy hours, un menu spécial proposé, les bateaux et équipement pour snorkeling à disposition mais aussi des activités comme une sortie en bateau, une randonnée etc...tout est quasiment gratuit.


Vers 21h, j'ai déjà les yeux qui se ferment...je résiste un peu car je me sens bien avec tout le monde puis je vais à la tente. Il fait nuit noire, il n'y a en fait pas d'électricité depuis ce matin!! Je remballe au mieux mes affaires puis j'écris un peu. La lumière revient une fois que j'ai tout fait à la frontale;)

8
8


Réveil 4h45. Remballage de tente. Finition de nos sacs. RDV avec Guido et Melody à 5h20. Bonjour tout le monde. Le jour se lève avec nous. Et Stinky, notre chien à tous d'adoption nous suit! Arrivée au port à 5h45 mais pas de bateau comme prévu...Ben oui, il est cassé! Ça promet. Mais pas de souci, il y a un bateau de remplacement. Beaucoup moins bien évidemment. Et nous voilà face à un dilemme tous les quatre: que fait-on? On embarque ou pas car vu le bateau, on n'est pas sûr du tout d'arriver en vie;) Bon ce qui est bien (ou pas), c'est qu'on a plus de deux heures pour y réfléchir!!! Ça valait le coup de se lever si tôt, hein! On petit-déjeune d'abord ensemble, on verra après. Guido partage ses bananes, son pain et sa crème de cacahuètes. Un vrai chou ce Guido. On discute ensuite des pour et des contre tout en blaguant. C'est oui, puis c'est non et oui...Moi j'attends de voir à la dernière minute comment je le sens car mon seul gros souci, c'est que je suis indisposée et que je comptais bien sur des toilettes sur le bateau mais là, autant dire que c'est foutu et pas qu'un peu...

Vers 8h, il commence à y avoir plus de mouvement. Le bateau est en train d'être chargé. On assiste au défilé des porteurs de sacs de sucre sur leur dos (=120 kg!!!), des gros sacs de nourriture, du métal puis de caisses de sodas, de chips...Bon au pire, on n'est pas perdu; ) On demande à quelques locaux combien de temps le trajet dure.

Au choix: de 4h à 10 heures selon les gens...On préférerait 4 heures mais on n'y croit pas trop!! Puis on pose la question de la sécurité: is it safe? Selon eux, oui, bien sûr; ) Bon...


Les gens montent d'un coup dans le bateau, ils veulent les meilleures places (en fait des barres fines en bois en travers du bateau). Je me décide avec Gero pour y monter aussi. Guido abdique, il ne veut pas naviguer tant d'heures sur ce genre d'embarcation. Alors que Melody est sur le bord du bateau, elle renonce aussi. Nous voilà tous les deux en train de monter pieds nus et de nous asseoir où on peut c'est-à-dire tout en haut sur la montagne de paquets de chips et sur nos sacs!

Vers 8h30, l'ancre est remontée. On part enfin en disant au revoir à nos deux compagnons de route. Vraiment dommage qu'ils ne viennent pas avec nous, on formait un bon petit groupe:)


Revenons-en à notre bateau. Notre premier ressenti, c'est d'être sur une embarcation pour réfugiés! On s'y croirait vraiment: les bagages sont dans tous les sens, une cinquantaine de personnes (plus?) sont entassées n'importe comment et le bateau est vieillot...Puis plus tard, on vit un long moment de prières et de chants. C'est très joli mais ça nous rappelle que les gens s'en remettent à Dieu pour que le voyage se passe bien. Euh...pas franchement rassurant! En tout cas, c'est aussi un moment surprenant et unique. On voulait du local, on est servi!!!

Le soleil commence à taper et on est fortement exposé alors on se protège.

Les conditions sur l'eau semblent en revanche idéales.


Plus loin pourtant, le bateau s'arrête. Certains visages semblent inquiets alors qu'un des deux responsables du bateau répare quelque chose dans la cale du bateau. En fait, tout va bien. Ils attendent juste un petit bateau approchant avec un gars dedans qui monte sur notre navire!! Nan mais trop fort, on aura tout vu;)


Pendant la traversée, des enfants font pipi dans l'eau, d'autres récupèrent une bouteille en plastique dans l'eau et boivent de l'eau directement du lac. Des gens font passer des biscuits et des cacahuètes. Merci, sympa! Puis, il y a aussi des débats très animés sur différents thèmes comme le dilemme tradition-modernité. On ne comprend rien mais un des passagers nous rapporte les grandes lignes de ce qui se dit. Souvent une personne, homme ou femme, prend la parole et tout le monde écoute puis c'est au tour du suivant...Il en va de même avec les prières; un homme parle franchement pendant une voire deux heures et des Amen de l'audience ponctuent son discours. On le comprend en partie car c'est un mélange d'anglais et de chichewa.


Après plus de quatre heures, on distingue bien la première île de Chimzuzu. Elle a une forme de volcan. Une heure plus tard, nous y voilà. On tente d'amarrer en vain alors on contourne l'île pour entrer dans une autre baie. Et le débarquement prend encore un temps fou (plus de 45 minutes!!). Des petits bateaux arrivent de part et d'autre du nôtre pour conduire les gens jusqu'au rivage. Certaines marchandises sont aussi débarquées, enfin quand les gens arrivent à les retrouver. C'est vraiment le chaos: 0 organisation... En bons Européens, on hallucine!!! Au lieu de faire un côté bagages pour la première île et l'autre côté pour Likoma, non, tout est mélangé!! Sachant que beaucoup de passagers comme nous restent à bord en plus de ça ! Donc ça prend bien sûr un temps fou, patience...


Quand on repart enfin, il nous reste une bonne heure et demie pour arriver à Likoma Island. La lumière devient de plus en plus vive, la chaîne montagneuse du Mozambique de plus en plus imposante et le paysage sur l'île de plus en plus palpable. Les magnifiques baobabs se dressent sur les collines de l'île aux énormes roches.


Après 8h30 en tout de bateau pour 3000 kwacha par personne (3,50 euro), nous débarquons enfin sur la terre ferme après avoir pris une petite embarcation (100 kwacha/personne). L'île nous plaît directement. On voit de nombreux bateaux de pêche, la plage est assez calme et personne ne vient nous embêter à part un mec saoul (mais pas lourd) et des enfants sur le chemin qui réclament des ballons ou des sous. On s'arrête et on leur sort notre speech...

En bas, en centre-ville, la route principale est en fait juste un chemin! On pensait prendre un taxi (moto) mais personne ne vient vers nous et on ne voit pas vraiment de moto...C'est surprenant et en même temps très agréable! On n'a plus l'habitude qu'on ne nous accapare pas à peine arrivé;) L'ambiance dans ce début de rue est très sympa, détendu. Cool!

On part donc à pied à Mango Drift, l'endroit qu'on vise pour ce soir à 2,5 km. Il est déjà 17h. Il fait meilleur. On quitte vite l'agitation du petit centre ville pour s'enfoncer à travers un paysage fait de baobabs et d'herbe. C'est un endroit différent de ce qu'on a déjà vu. On est enchanté. Les locaux nous saluent gentiment.


Mango Drift (MD) est indiqué sur les roches par de la craie. Le chemin monte puis redescend. La vue est alors magnifique: le soleil se couche sur le lac avec en fond l'île de Chimzuzu. Il fait nuit quand on arrive. On est bien accueilli et on installe rapidement notre tente. On transpire fort alors on s'empresse d'aller se doucher dans la jolie douche d'où on voit la lune et les premières étoiles derrière le superbe bougainvilliers rose...

A 19h, on dîne ce qui est proposé: du jambo (poisson) avec purée de pommes de terre, légumes et salade. Une tuerie! Excellent. Ça coûte 7 dollars. Je râle puis j'oublie vite le prix, c'est si raffiné! En plus de ça, on est d'emblée charmé car on dîne sur la plage aux bougies!! On est 5 à table: un sud africain est ici avec ses deux collègues de Zambie et du Zimbabwe pour réparer des bateaux. L'accent du premier n'est pas facile à comprendre. Mais la soirée est très sympa.

9


Réveil très matinal! JOYEUX ANNIVERSAIRE GERO :)) L'endroit idéal pour fêter sa bougie de plus! J'avais commandé un gâteau pour le petit-déjeuner ce matin mais évidemment, pas de gâteau comme prévu...il arrive, il arrive...Bon finalement, je leur dis de laisser tomber maintenant et de le réserver pour le dîner. Ok, ça marche. On verra bien;)


Ce matin, on entend des oiseaux. Ils semblent très nombreux. On va voir de plus près. En effet, ils sont plusieurs dizaines dans les arbres en train de confectionner leur nid. Eux sont jaunes et verts. J'en avais jamais vu des comme ça!


Après notre copieux petit-déjeuner, on joue au billard à disposition puis on part se baigner dans le lac. On a surtout envie d'aller voir les poissons avec nos palmes, masque et tuba. C'est très chouette car on n'a pas besoin d'aller loin pour en voir de jolis jaunes, noirs, bleus, à rayures. Entre temps, on discute avec une mère et son fils norvégiens arrivés ici à pied depuis une autre partie de l'île où ils séjournent chez un ami.


L'après-midi, on pensait partir se balader sur l'île mais la chaleur nous décourage vraiment. Et puis, on est trop bien ici alors on profite jusqu'au soir: on bouquine, je fais une sieste, on discute. Puis, on s'active un peu en jouant au bao game, au frisbee sur la plage et enfin au badminton sur le filet de beachvolley. Elle est pas belle la vie?

Le temps passe vite et l'apéritif nous guette:) Le manager Jess sud africain (32 ans) est au bar et sait que c'est l'anniversaire de Gero. De ce fait, l'autre sud africain invite Gero à boire un Jägermeister. De fil en aiguille, nous voilà presque tous réunis au bar en train de boire à la santé de Gero! Un moment bien sympa :)


Puis le dîner est servi sur la plage comme hier: chili con carne et salade. Très bon! Jess et le Japonais sont aussi là ce soir. Il y a une bonne ambiance et on discute bien. On rigole aussi! Je les comprends beaucoup mieux aujourd'hui! Puis le gâteau d'anniversaire arrive. Gero est surpris. Je suis un peu déçue car il n'y a pas de bougie mais ce n'est pas le plus important! On chante ensuite en anglais, c'est chouette:)) Et Gero partage le gâteau. Finalement, le hasard fait bien les choses car c'est beaucoup plus cool ce soir avec tout le monde que ce matin au petit-déjeuner; )

On profite du reste de la soirée tous les deux sous les étoiles!

10


Notre matinée se déroule paisiblement...Cet endroit est tellement beau. Le bar et deux canapés sont construits dans des bateaux, il y a aussi une balançoire et l'ensemble est conçu autour d'un gros manguier. La décoration est faite avec goût. Vraiment un coin de paradis encore une fois! On est chanceux!


Vers midi, les trois compères d'Afrique du Sud, de Zambie et du Zimbabwe s'en vont et nous saluent amicalement. Puis au tour du Japonais de rejoindre le Lala ferry pour Nkhata Bay. Pendant ce temps, une Française seule arrive sur nos terres. Je discute avec elle. Elsa voyage 4 mois environ entre Afrique du Sud, Namibie, Botswana, Zimbabwe, Mozambique et maintenant Malawi pour finir.


Après avoir mangé un excellent sandwich au thon et une salade, on part avec Gero se balader sur l'île vers 14h. Il fait bien chaud! On a une idée en tête: rejoindre le village de Chiponde car il y a une compétition de danse (malipengua). C'est parti :) On décide de prendre le chemin le plus long qui "longe" la côte. On est enchanté de notre balade car on découvre l'île de façon lente et très locale pour le coup. On passe à travers les hameaux. La plupart des habitants nous saluent amicalement. Les enfants sont curieux mais cette fois-ci, aucun ne nous demande d'argent. On pense que ce chemin est beaucoup moins emprunté par les Mzungu d'où la différence. Il y a même une petite fille qui me tient la main sur une centaine de mètres. Trop mimi! On tombe sur un habitant qui va aussi à la compétition. On finit le bout de chemin ensemble. Il est gentil et porte une belle chemise traditionnelle. Beaucoup plus d'hommes en portent d'ailleurs sur l'île que dans le nord du pays je trouve. Pour arriver, on passer par les séchoirs de poissons au bord du lac. Vive les odeurs;). En tout cas, c'est une belle scène de vie avec ces femmes et enfants qui étalent la pêche du jour des hommes.


On entend déjà de loin le bruit des tambours. Le lieu est superbe car il s'agit d'une place (sable) au bord du lac entre plusieurs baobabs majestueux. Il y a déjà pas mal de monde autour de la scène délimitée par des piquets en bois et des cordes. Un vieux monsieur est le gardien des lieux et chasse surtout les enfants qui s'amusent à dépasser les limites imposées. Il n'y va pas de main morte en les frappant avec un bâton! Aie aie...Ils ne sont quand même pas très tendres ici, on l'a déjà remarqué plusieurs fois.

La compétition était censée commencer à 14h. Il est 15h30 et on a en fait l'impression que ça démarre à peine! Il s'agit de différents groupes de musique/danse dont certains viennent du Mozambique. Leur instrument commun est la calebasse d'une couleur différente selon les musiciens. Il y a aussi toujours quelques musiciens avec un sifflet et un énorme tambour porté par deux personnes. Chaque musicien a également dans l'autre main une sorte de plumeau. Selon les groupes, les musiciens sont habillés plus ou moins de façon uniforme: tout en blanc, une cravate rouge, une couronne recyclée (parfois on peut y lire Heineken dessus!!) et une plume par exemple.

Je suis impressionnée par leur habileté à bouger comme ils le font. C'est juste dingue. Ils font plein de petits mouvements précis et très rythmés. J'adore:) Ce qui est surprenant, c'est que les spectateurs ne sont pas entraînés par la musique sauf les gamins qui se déhanchent automatiquement! Les enfants sont aussi attirés par nous. De vraies petites mouches. En plus, on est les seuls blancs ;) mais ils sont sympas. Ceux qui osent s'approchent et nous demandent notre nom. D'autres gardent plus leurs distances et nous observent bouche bée. Certains ont même limite peur quand on les regarde et reculent!


Il est 17h quand on se décide à rentrer tranquillement. Les groupes sont assez similaires et surtout on a envie de profiter des derniers rayons de soleil pour marcher. On s'achète sur place à boire (300 kwacha) et des popcorn (50 kwacha) puis on y va. Certains sont bourrés comme d'habitude. C'est pénible car on ne peut pas discuter avec eux. Plus tard, un vieux monsieur (sobre je précise!) confond Gero avec un habitant Mzungu de l'île et lui demande pourquoi il a coupé sa barbe! La situation est drôle! Le monsieur s'excuse dix fois!!

On prend plaisir à rentrer à pied. L'ambiance de l'île nous plaît beaucoup car on y est tranquille.

Les montagnes du Mozambique tout comme les collines de Likoma rendent le paysage également intéressant car varié.

On arrive de nuit à Mango Drift et tout transpirant. Vive la bonne douche avant le dîner qu'on a réservé avant de partir! Je discute un petit moment avec Jess. Moment sympa! Puis je chouchoute Rafiki, le chiot de Jess et Lucy. Il est à croquer!!!


Ce soir, à table, il y a Jess et Lucy, sa copine (de République tchèque). Ils managent ensemble depuis six mois Mango Drift après avoir vécu trois ans en Indonésie. Ils sont également moniteurs de plongée. Et il y a un autre couple suédois hyper gentil. On passe une belle soirée sous les étoiles dans un endroit de rêve!

11
11
Publié le 24 septembre 2018


Ce matin, on est motivé pour partir tôt et assister à la messe. Bon, au début, on souhaitait y être à 8h, l'heure de début mais on nous l'a déconseillé au risque d'être présenté devant tout le monde puis bloqué au premier rang pendant quatre heures. Et de toute façon, notre prévision d'un petit-déjeuner (attente de la préparation de pancakes) compromet notre timing.


On prend donc notre temps. Gero part se baigner puis on discute un moment avec Elsa. C'est seulement vers 9h qu'on décolle. Il fait déjà bien chaud!! On cherche à prendre un nouveau chemin recommandé par Lucy hier. On galère d'abord dans les gros rochers le long de la côte puis on rejoint le vrai chemin. On découvre une autre partie de l'île, c'est cool :) Une bonne heure plus tard, on arrive à la grande et imposante cathédrale de l'île! Hallucinant pour une si petite île quand même (9000 habitants). On y entre discrètement et on reste à l'arrière. Il y a deux autres Mzungu. Elle est pleine de fidèles. Le prêtre parle dans un micro pendant looongtemps et de façon très animée! Puis un petit groupe à l'avant se lève et danse une chorégraphie, un CD de chants en fond. Chouette! Les fidèles s'avancent pendant ce temps pour recevoir l’hostie. Après une vingtaine de minutes, on ressort déjà car on pense avoir eu un aperçu intéressant et on n'est pas non plus transcendé. Un homme de l'église nous invite à aller voir la bibliothèque qu'il nous ouvre. Il y a de nombreux libres très anciens et poussiéreux. On le remercie puis on fait le tour de la jolie cour en parfait état de la cathédrale. Des enfants endimanchés viennent vers nous. On fait des photos d'eux et on leur montre. Ils rigolent comme des fous :) Au Malawi, on n'a pas vu un seul appareil photo ce qui explique l'intérêt qu'ils y portent.

On rentre tranquillement en passant par le port et le centre-ville. C'est très calme et super agréable. On se mangerait bien les bonnes frites en train d'être préparées dans la rue mais on n'a pas encore faire. Dommage! On s'arrête dans un shop pour faire le stock de boissons en revanche. Et Gero voit à côté un barbershop. Il se décide pour se faire couper les cheveux. Le coiffeur est sympa. Il a seulement une tondeuse et pas de ciseaux mais s'applique pour faire au mieux. Et le résultat est très bien! Gero paie 300 kwacha (40 cents!). Ça vaut le coup!!


Nous voilà donc de retour dans notre petit coin paradisiaque, Gero avec sa nouvelle coupe de cheveux;)

On n'attend pas une minute de plus pour nous précipiter dans l'eau, le bonheuuuuur!!! On nage, on observe les poissons; bref, on apprécie ce beau moment. Puis on se pose pour bouquiner et manger un bout!


A partir de maintenant, farniente!!!

En fin de journée, on joue au billard puis je pars nager pendant que Gero fait du kayak. L'eau est transparente et calme. C'est l'idéal! Puis je grimpe sur le kayak non sans difficulté avec mes palmes aux pattes;) On rigole bien! Et on s'installe confortablement l'un à côté de l'autre pour admirer le coucher de soleil. Romantic time...


Ce soir, on dîne sur la plage avec le couple suédois et Elsa. C'est toujours très bon. Les saucisses locales sont juste trop épicées à mon goût. La version végétarienne avec aubergines farcies m'aurait mieux convenu mais j'en profite un peu grâce à Elsa qui n'a plus faim.


Le "serveur" vient discuter avec nous. C'est très intéressant car on parle des plats typiques du Malawi comme le mchima (prononcé msima), le fameux porridge de maïs. Il nous explique comment en faire un bon. Il existe différentes sortes selon le mélange de farines effectué. Puis on parle de la multitude de langues existantes au Malawi. Il sait en parler plusieurs mais nous dit que l'anglais unifie tout le monde.


On reste tous les deux encore sur la plage allongés sur le transat et dans le hamac:) Il fait bon. Je vois une belle étoile filante!!

12
12
Publié le 24 septembre 2018

Tout d'abord, ma première pensée va à toi papa: joyeuuuux annniiiiversaiiiiiiiiiire :)

Puis un petit tour dans le lac? Rien de tel au réveil! On part nager (j'enfile palmes et masque). L'eau est calme et sa température est optimale. Puis on petit-déjeune tout en discutant avec Elsa.

Notre dernière journée se déroule au rythme de nos envies et quel plaisir :))


Ce soir, on discute volontiers avec un nouvel arrivant espagnol. Il est en périple vélo depuis 13 mois déjà avec 17000 kilomètres à son actif! Il a traversé l'Europe puis a rejoint l'Egypte en passant notamment par la Jordanie. Il nous raconte son voyage et ce qu'il a vécu de positif et de négatif (accueilli partout par des jets de pierre en Éthiopie, ça fait rêver hein!). Il compte atteindre l'Afrique du Sud d'ici 6 à 8 mois. Il est vraiment sympa et humble. Moi, il m'en bouche un coin ;). On passe aussi un moment sympa avec le fameux Andrew qu'on avait en fait rencontré le premier soir. C'est lui qui a construit ce lodge à l'origine. Il en est toujours le propriétaire. Il a également le lodge de luxe à 400 dollars la nuit plus loin sur la côte. Cet anglais d'au moins 45 ans vit sur l'île avec sa petite famille depuis trois ans. Il se rappelle la vie européenne à toute vitesse et ne nous envie plus du tout. Je comprends très bien ce qu'il veut dire. J'approuve...

Une superbe île... 
13


Je me réveille une première fois à 5h du matin et j'entends la multitude de sons émanant des alentours. Je me rends compte à quel point c'est agréable d'entendre les différents oiseaux chantonner dès le lever du jour. Ça a quelque chose d'apaisant qui m'entraîne d'ailleurs à nouveau dans un sommeil profond...


Notre vrai réveil est plus tardif ce matin et évidemment, ça tombe mal car l'ilala ferry est en avance de 3 heures! Alors ça, on ne nous l'avait encore jamais fait!! Du coup, on se presse (à l'africaine) pour remballer nos affaires plus tôt que prévu. On est quand même un chouia "stressé" car Alexander, Anna-Karin et la famille norvégienne sont eux déjà sur le pied de guerre ;). Bon, cela ne nous empêche pas de petit-déjeuner et de passer un bout de temps à nettoyer à l'éponge notre tente toute pleine d'éclats de fruits, de crottes d'oiseaux, de toiles d'araignée et autres traces inconnues au bataillon!


Pendant ce temps, Amanda et son acolyte (nos deux connaissances finnoises de Mushroom Farm) arrivent à Mango Drift. On est content de se revoir et on discute de nos périples respectifs depuis. On n'a malheureusement pas trop de temps car on doit procéder au paiement. On peut le faire par visa mais il nous faut un code (jamais demandé jusqu'à maintenant) ou je ne sais pas quoi et sans connection, on n'y arrive pas...

Donc après plusieurs tentatives avec nos différentes cartes, on laisse tomber pour payer en cash les 196,34 dollars (pour 5 nuits et repas matin, midi, soir pour deux). Heureusement, on a largement assez.

Elsa part seulement demain mais s'inquiète déjà car elle n'est pas non plus sûre que sa carte passera et elle n'a pas assez de cash (dollars ou kwacha) à cause de la plongée qu'elle va faire aujourd'hui en plus...Il est toujours bon d'être prévoyant...


Vers 11h, le taxi semble être arrivé. On dit au revoir au personnel et à ceux qui restent (les deux Finnoises, l'Espagnol et un autre monsieur). La famille norvégienne passe en premier et semble pressée ce qui comme toujours ne servira à rien puisque le taxi n'est pas encore arrivé! Nous voilà plantés en plein milieu d'un terrain vague près de la Nursery school en contre-haut de Mango Drift. Eux ont des valises, ils galèrent sur le chemin de terre tout poussiéreux. Surprenant qu'ils n'aient pas pris plutôt un sac à dos sachant que la fille et son mec vivent au Malawi depuis 6 mois. Bref, peu de temps après avoir récupéré de notre montée sous un soleil écrasant, notre super truck-taxi arrive!! C'est en fait une camionnette toute pourrie. Nouvelle expérience :)


On est 8 en tout avec les deux Suédois (vive la Scandinavie décidément; )). Le papa monte à l'avant. Le reste de la troupe grimpe dans la remorque. Ça secoue bien puis on cale en montée. Impossible de redémarrer. On descend pour monter à pied mais ne voyant pas la camionnette monter pour autant, on redescend et on pouuusssse!!! On rigole bien. Le problème est qu'il a peu d'essence et qu'en montée, l'essence ne suffit pas pour être atteinte. Pratique hein!! Anticiper ce problème? Ben non pour quoi faire? Autant que les Mzungu poussent ;). Des locaux nous rejoignent pour nous aider. C'est sympa! Une fois en haut, on crie victoire et on remonte mais c'était sans compter les prochaines montées! Rebelotte ;) On se dit qu'en fait c'est nous qu'on devrait payer et non nous qui devrions payer le taxi;). La maman norvégienne commence à déchanter et marche un bout à pied. Je me pose aussi la question! Finalement, la fin du trajet se fait bien car on est en descente et une heure plus tard, nous voilà à bon port!! Le papa paie pour tout le groupe (7000 kwacha = 9 euros). Merci :)

On grimpe illico presto dans un petit bateau de pêcheurs tous ensemble pour rejoindre l'ilala ferry qui a jeté l'ancre un peu plus loin sur le lac. Les gars essaient de nous faire payer plusieurs fois le prix mais pas de chance, on sait que c'est seulement 100 kwacha par personne. Il n'insiste pas. Je grimpe pieds nus dans la barque. Le fond est mouillé, pue le poisson et mes pieds y pataugent...hum...

Il y a plusieurs barques autour du gros ferry. On s'approche de deux autres barques. On doit passer de l'une à l'autre (je renfile mes chaussures) pour ensuite grimper sur l'échelle accédant à bord en contre-haut. C'est sportif surtout qu'il faut en plus de ça slalomer entre les marchandises qui sont chargées en même temps par le même accès! Heureusement, les gars de notre embarcation nous font passer nos gros sacs sinon ça serait la galère.

Nous voilà à bord!!! C'est le plus important :) On va directement sur le toit en première classe (!!). Il y a encore beaucoup de place et un bar avec un auvent sous lequel on se réfugie pour se protéger du soleil. On se fait un coca, très bienvenu, avec nos copains suédois. Puis, on discute un bon bout de temps ensemble. C'est très sympa :)


A 16h30, on n'a toujours pas bougé d'un poil : ) Ça valait le coup d'arriver à 13h... ;) Patience est le maître-mot... On ne s'ennuie pas une seconde de toute façon!

17h30: le soleil vient de disparaître derrière les montagnes, l'ancre est remontée; c'est parti pour notre grand périple de 30 heures environ!! On se réjouit et c'est d'autant plus sympa qu'on prend beaucoup plaisir à faire mieux connaissance avec Alex et Anna Karin :)

Les gens commencent à s'allonger très tôt à même le sol sur les différents étages du bateau. Il faut slalomer pour pouvoir se déplacer dans la deuxième classe pour atteindre une destination (toilettes, restaurant). Après avoir payé sur le pont (le personnel vient à nous), Alex et Anna Karin nous montrent leur cabine. Le bateau est bien sûr vieillot, il date de 1949 et est toujours en service. Leur cabine ressemble à un véritable décor de film. La salle de bain fait un peu flipper quand même; ) mais c'est avec plaisir qu'on utilise leurs WC propres. Ceux communs dans le couloir sont aussi corrects mais leur état se dégrade au fur et à mesure et une odeur de produit chimique devient de plus en plus écœurante.

Pour dormir sur le pont (1ère classe; )), on paie 16500 kwacha par personne (18 euro). Pour une cabine, c'est 45 euro environ par personne.

Avant d'aller manger, on met déjà nos matelas en place pour se réserver deux places car ça commence à se remplir sur le pont. On se cale entre les grosses caisses des gilets de sauvetage qui protègent du vent. On cadenasse aussi nos gros sacs ensemble au banc juste à côté. On ne sait jamais.


Dans le petit restau tout désuet mais plein de charme, le serveur très souriant prend notre commande. Poulet, frites, salade pour moi (3200 kwacha = 4 euro) et assiette végétarienne pour Gero (2500 kwacha = 3 euro). Les portions sont copieuses et bonnes. On discute longuement avec nos copains suédois puis le sommeil commence à se faire sentir vers 22h30.

On rejoint le pont qui n'est pas si plein que ça contrairement aux couloirs en deuxième classe. C'est quand même spécial d'enjamber les gens emmitouflés dans une fine couverture pour la plupart. On dirait que certains sont morts!! Ça fait bizarre!


Sur le pont, l'air est plus agréable. Il fait bon. Nos matelas sont disposés sur notre bâche (de tente) pour les protéger des éventuelles échardes du parquet qui part en lambeaux. Par contre, l'air humide a eu raison de nos matelas :( Ce n'est pas très agréable de s'allonger dessus au début d'autant plus qu'on se sentait déjà tout collant mais on s'y fait ;)

On est chacun de notre drap de sac et on ajoute un sac de couchage pour deux en guise de couverture en plus. Je reste en t-shirt et pantalon. Et je m'endors comme un bébé... :) Je me sens bien!

14


Ce matin, on est réveillé par le lever du soleil vers 5h. Les couleurs sont superbes. Il n'y a plus un chat (ou Malawien) à côté de nous! Ils ont tous disparu et je n'ai rien remarqué. C'est pour dire comme j'ai bien dormi:) Le bateau est actuellement à l'arrêt à Nkhotakhota Bay. La plupart des voyageurs descendent dont le fameux groupe espagnol avec le guide quelque peu spécial. On se moque de lui car hier, en attendant que le bateau démarre, il était en train de nager autour du ferry. Puis le soir, dans le couloir déjà bien encombré, il faisait son stretching hyper sérieusement. Enfin vers 22h, il était allongé sur les caisses de gilets de sauvetage totalement détendu mais y est resté que cinq minutes juste pour faire genre;) Et on l'a aussi entendu parler des heures à son groupe qui, lui, paraissait sacrément blasé. Bref le blond quoi!!!

Revenons à nos moutons, enfin disons à notre bateau! Le tout à Nkhotakhota Bay dure plusieurs heures puisqu'on repart seulement vers 9h! Cela ne m'empêche pas de me rendormir paisiblement pour ouvrir à nouveau les yeux vers 8h30.


Gero commence à ressentir le mal de mer (de lac en l'occurrence) et c'est pas jojo...Je le laisse se concentrer en fixant un point au loin pendant je descends tant bien que mal, comme si j'étais plus que bourrée, au restau pour un éventuel petit-déjeuner. J'y retrouve Alex et Anna-Karin. Rien ne me tente vraiment car j'ai envie de sucré! Ce n'est pas grave, je n'ai pas encore très faim de toute façon. De retour en haut, je suis tentée par les cookies chocolat que j'avais repérés hier au bar. Un gars du staff me dit qu'il va chercher le barman. Trois vraies heures plus tard, toujours rien; )


Entre temps, Gero s'allonge, s'endort et sa nausée se calme peu à peu tout comme le lac. Tant mieux car je sens que moi aussi, je ne dois pas exagérer en me baladant trop sur le bateau...Alex a le même ressenti!


Vers 12h, nos estomacs crient famine. On commande donc à manger au serveur très sympa. On se régale tout en discutant :). Après le repas, on est tous un peu mou du genou alors Gero et moi, on installe le hamac sur le pont (on fait comme chez nous, oui oui!!). Nos copains vont se reposer dans leur cabine!


On atteint Senga Bay vers 15h (on a déjà deux heures de retard). La côte montagneuse bordée de ses belles plages de sable blanc attire l'oeil.

On repart seulement vers 17h30.

J'observe un petit moment le bordel qu’occasionne la descente/montée de marchandises et de passagers! Quelle organisation totalement désorganisée. Franchement ça vaut trop le détour!

Je discute alors avec une Suisse de Zurich en voyage en Zambie et au Malawi avec sa mère pendant 4 semaines. Chouette!

Le soleil se couche à nouveau derrière les montagnes. On se rend compte que ça fait exactement 24h déjà qu'on voyage.

En route pour le dernier stop avant Monkey Bay qu'on atteint à 19h. On se prend entre temps un apéro avec Alex et Anna-Karin tout en estimant notre heure d'arrivée à Monkey Bay. Le doute plane:)


Au moment où le bateau amarre, on se décide pour aller manger. Il ne reste plus grand chose comme choix. On opte pour des toasts, une omelette, des frites et une salade. On partage la table avec les deux Suisses. C'est sympa:). Pendant le repas, il y a une agitation incessante autour de nous car ils sont en train de charger et décharger le bateau. Ça hurle de partout, ça s'énerve...certains sont même bourrés ce qui ne facilite pas la tache du personnel. Les gens doivent embarquer dans les bateaux blancs (à la base de sauvetage) de l'Ilala mais il fait nuit alors tout se fait à la lampe-torche et parfois il y a une lampe sur le bateau. C'est tout de même impressionnant et on n'a pas hâte que ce soit notre tour au prochain arrêt...;)


On redémarre enfin vers 21h30. La fatigue nous guette alors chacun rentre dans ses "appartements".

L'ambiance est bien différente sur le pont ce soir car il y a beaucoup de monde qui est monté pendant cet arrêt et le bar a du succès. Beaucoup sont déjà bourrés...C'est franchement énervant même s'ils ne sont pas méchants et ne nous embêtent pas trop. Alex et Anna-Karin nous ont proposé de dormir de leur cabine. C'est super gentil mais on reste en haut. On se cale dans un coin. Je m'endors sur le matelas gonflage même si le sol est un peu sale (reste de poissons, coquilles d'oeufs, canettes...). Gero ne veut pas dormir car il préfère guetter les bourrés. Je me repose bien même si j'ai l'impression d'être dans un hôpital psychiatrique vu le bruit ambiant, imaginez!!!


A minuit passé, nous arrivons à bon port: Monkey bay, terminis. Le méga avantage est qu'on débarque du coup directement sur la terre ferme!! On se sent soulagé de ne pas devoir prendre un bateau en pleine nuit en plein lac :).

La descente est évidemment comme toujours plus que chaotique. On laisse passer le premier flot puis on s'engouffre dans l'étroite sortie encore très encombrée d'énormes marchandises et de gens impatients qui poussent. Pour sortir, on doit donner notre ticket.


On sort du port tous les quatre, on passe les taxis et on tourne tout de suite à gauche sur un chemin de terre qui nous mène à l'ecolodge Mufasa après 700 Mètres. C'est magique de marcher de nuit dans un environnement fait de terre et de roches. Ça a l'air très beau. On a quand même besoin d'une frontale pour éclairer le chemin. On est accueilli par Riki, la propriétaire accessoirement saoule, un Polonais d'Afrique du Sud avec un coup dans le nez aussi, un jeune Indien du Kenya et Rob plutôt sobre qui nous prend en charge. Alex et Anna-Karin choisissent une chambre double (14000 kwacha la chambre = 20 dollars) et nous, on campe sur la plage (3500 kwacha/pers soit 5 dollars). Je m'inquiète vite fait des éventuels crocodiles! Ça me revient d'un coup que c'est possible d'en voir ici. No problem, don't worry! OK!


On s'endort paisiblement à 2h du matin, heureux d'être ici. On aura eu finalement 4 heures de retard car on aurait dû arriver à 20h. En tout, on a voyagé plus de 30 heures. Belle aventure en tout cas :)

15
15
Publié le 24 septembre 2018


A la base, on avait prévu de ne rester qu'une nuit mais vu les circonstances, on décide de se "reposer" aujourd'hui. En plus, l'endroit est vraiment très mignon. Notre campement est juste top sur la plage sous les arbres (on a veillé à fuir les manguiers!). On se réveille donc face à la baie. L'eau est calme. Les roches sont joliment polies par l'eau. Il y a des piliers en briques qui trônent étrangement sur une grosse roche devant nous (une ancienne/future construction?). A notre gauche, il y a une table avec des souvenirs et plus loin le bar sympa du lodge. A notre droite, il y a deux autres tentes. Devant nous, deux bancs, des chaises et une vieille barque en bois invitent à se relaxer. Derrière nous, il y a un bâtiment avec dortoirs et chambres et des hamacs sur pied :). Les sanitaires sont vraiment très jolis, faits totalement en mosaïques. Enfin, il y a un grand espace pour le "salon" mais tout le monde est toujours au bar. Et la cuisine peut être utilisée en l'échange de quelques kwacha. Par contre, le cuisinier n'est pas du tout sympa (contrairement au reste du personnel du lodge).

On rejoint les autres au bar et on commande deux pancakes et deux jus. L'Indien et le couple d'Israël jouent ensemble au bao game mais ce n'est pas le même jeu. Les règles sont différentes. Gero apprend plus ou moins à y jouer. Moi, j'ai la tête dans le .... J'ai vraiment du mal à émerger ce matin. Nos pancakes arrivent mais rien à voir avec celles de Likoma Island. En plus, elles sont chères (1300 kwacha une = 1,70 cents). Mais ça me donne un peu d'énergie quand même :)


Je discute avec Taylor, une Africaine du sud très gentille et avenante! Puis on passe du temps avec le couple d'Israël et nos copains Alex et Anna-Karin. Le jeune Kenyan fait partie par moment de la conversation mais est un peu à côté de la plaque. Ça énerve un peu Gero, moi, ça me fait sourire;)


Vers 11h, on veut se balader sur la colline au-dessus du lodge mais on ne trouve pas vraiment de chemin. A la place, on découvre les emplacements de tente dans les roches. On les trouve beaucoup moins bien que sur la plage!


Puis on part à la découverte du village de Monkey Bay. Le paysage alentour est très chouette et différent de ce qu'on a vu jusqu'à maintenant. Sur le chemin, une femme se repose à l'ombre sous une petite hutte en paille face à son champ. Belle image! Le soleil tape fort. Comme toujours, on a la manie de sortir à ce moment-là!!


Le village me plaît beaucoup car il est tout simplement authentique! Il s'agit essentiellement d'une route principale bitumée partiellement recouverte de sable. Quelques voitures mais surtout des motos et des vélos passent. De part et d'autre de la route, les étales, les échoppes, les bouibouis sont plein de vie. Les gens sont également souriants et on peut marcher tranquillement. On trouve un "supermarket" plutôt bien achalandé par rapport à d'habitude et avec des prix locaux. On fait donc le plein de gâteaux (entre 250 et 450 kwacha, soit 20 à 50 cents), jus (1200 kwacha la bouteille, soit 1, 50 cents), peanut butter (pour le petit-déjeuner, on a compris la leçon ce matin;)) et de boissons. On doit comme toujours payer une consigne (environ 50 kwacha/bouteille) et si on ramène la bouteille, il nous retourne l'argent. Le caissier est très sympa.


Puis, en route, on voit enfin des bananes. Trop bien! On était en manque car on n'en a plus vu depuis longtemps. Le vendeur est gentil et prend le temps de discuter avec nous. Les bananes viennent en fait de Mulanje. Ailleurs, il n'y en n'a pas. On paie 400 kwacha les 6 bananes moyennes (=50 cents). On craque aussi pour des pommes (250 kwacha l'unité). On va jusqu'à l'église au milieu de la cour de l'école. C'est l'heure de la pause méridienne. Les élèves sont très nombreux. On s'arrête et des dizaines d'enfants de tout âge s'approchent. Ils sont assez timides mais quelques uns tentent de nous parler en anglais, c'est la classe pour eux et on les complimente. Ils sont tout sourire et fin excités de créer un contact avec nous. C'est un super beau moment :). Ils nous montrent, à notre demande, leurs bouquins et leurs cahiers d'exercices tout déchirés! Ils sont fiers, c'est vraiment cool! Ils portent tous des uniformes bleus, verts. Seulement un ou deux enfants osent entre temps demander des bonbons ou de l'argent, tous les autres sont juste curieux et intéressés. Top!!!


On poursuit notre balade et on s'arrête sur le retour à l'un des multiples "airtel" dans des cabanes rouges. Un monsieur en attente nous laisse passer en nous voyant arriver. Ce n'est pas la première fois que ça nous arrive. Merci! On achète une carte SIM à 500 kwacha, soit 70 cents, pour notre portable (celui de Gero). Puis on achète du crédit pour 1000 kwacha (1,20 euro). Il faut pour ça entrer un code puis choisir quel "bundle" on veut (internet, voix, sms...). S'ensuit une série de choix à faire comme celui de déterminer le nombre de GO qu'on veut et sur quelle durée (1 semaine, 1 mois...). Le tout pourrait prendre seulement 10 minutes mais on y passera plus d'une heure ;). Gero doit aussi remplir un formulaire avec son passeport, signer etc..

Et au bout du compte, ça a l'air de marcher ;) Pendant ce long processus, le monsieur qui nous avait laissé passer enclenche la conversation avec moi. Il reconnaît que je parle français. Il vient du Burundi mais vit ici depuis longtemps. Il ne parle pas très bien français mais ça a l'air de lui faire très plaisir alors je joue le jeu. Il nous montre des photos et une vidéo de lui et sa femme en Russie. Il était à la coupe du monde et a supporté l'équipe de France! Trop fort:)


Puis je me pose sur le "banc" en bois à côté sur lequel une jeune attend son tour. Je la sens toute perturbée! Je lui dis quelques mots tout en les mimant. Elle sourit gentiment.


A côté, il y a un petit restau qui a l'air sympatoche. Des frites sont en train d'être préparées pendant que la viande attend à l'air ambiant (très chaud) son futur mangeur. Le cuisinier me fait un beau sourire! Moi, je me fais quelques "chips puffs" qu'on vient d'acheter. Ce sont les fameux sur lesquels j'étais assise pendant 9h sur le bateau :) J'étais curieuse de goûter. C'est bon! Et ça me fait du bien tout comme boire car je me sens un peu faiblarde...bizarre, bizarre.


On croise Alex et Anna-Karin. On partage nos impressions très positives sur cette petite ville. On rentre avec plaisir à notre lodge pour se poser. Sur le route, des enfants mangent d'autres sortes de chips tout rouges et en longueur. Pas très appétissant! Ils se marrent alors qu'on leur demande ce que c'est; )


Retour au bercail et repos. Il y a encore quelques singes (vervets) plus ou moins gros qui se baladent un peu partout. Ce matin, on a passé du temps à juste les observer. C'est toujours captivant!


Je m'allonge sur mon matelas sur le sable. Je sens que j'ai besoin d'une petite sieste. Elle sera assez courte car voilà déjà le Kenyan qui vient s'asseoir juste à côté de nous (le boulet, j'te jure!!). Enfin je ne me gêne pas pour lui dire que je veux dormir;). Mais peu après, ce sont d'autres qui viennent se poser dans le même coin (est-ce un complot ou quoi?!). Gero en profite pour aller se balader sur le roches. Il a lu qu'il y a plus loin des crocodiles et des hippopotames. Il revient bredouille mais a saisi une belle scène de vie avec des enfants en train de faire des acrobaties dans l'eau à côté de femmes lavant leur linge. Ils ont fait leur show pour Gero en surplomb :)


Entre temps, Alex et Anna-Karin ainsi que le couple d'Israël m'ont rejointe. On discute et on propose de jouer à Noé. Ils sont motivés. Le nuit commence à tomber, on fixe notre lampe de tente sur le dos d'une chaise. Nickel! C'est un moment très sympa de partage :)

On est tellement concentré sur notre jeu qu'on capte après que les autres sont installés un peu plus en cercle et méditent. Ça nous fait quand même bien sourire vu les énergumènes pour certains! Ils savent être bien bruyants (0 respect des autres et à n'importe quelle heure), boire comme des trous et fumer mais ils méditent et s'inspirent des paroles du gars qui parle doucement pour tout le groupe. Cherchez l'erreur!

Bref, on en profite pour s'éclipser avec Anna-Karin et Alex. Même si le dîner a l'air appétissant ici, on préfère aller manger en ville. La lune, très lumineuse ce soir, éclaire nos pas. L'ambiance est magique:). La ville n'a plus rien à voir avec cet après-midi. Pas d'électricité. Peu de maisons sont éclairées. Au bord de la route, beaucoup de vendeurs vendent ce qu'ils ont ou préparent à manger. Ils ont une simple bougie ou LED pour s'éclairer. Les cyclistes roulent encore même s'ils n'ont pas de lumière...On a un peu de mal à retrouver le "blue ginger", ce restaurant qui nous avait sauté aux yeux en plein jour (sans éclairage, ça change tout!). Nous y voilà!


On est très bien accueilli par Patrick, un ami qui aide. Il y a seulement quelques bougies plantées dans des bouteilles de soda;). C'est vraiment à l'ancienne et on se pose la question du cuisinier en train de cuisiner. Chapeau!! C'est quand même un peu surréaliste...

On commande en fonction de ce qu'ils ont: le dernier chambo (poisson) qu'il nous montre frais sur une assiette avant de le cuisiner. On prend avec ça un poulet, une assiette de riz, de frites et de légumes.

On goûte aussi pour la première fois la bière locale "Kuche Kuche" au lieu de la fameuse "green" qui est en fait la Carlsberg. La bière est pas mal je trouve.

En attendant nos plats, Patrick discute volontiers avec nous et on est très intéressés. On parle de mariage, de divorce, de Likoma Island d'où il vient, de danses traditionnelles. On apprend plein de choses et son rire est communicatif!


On est content de voir les plats bien garnis arriver. On partage. Les légumes sont en fait ce fameux chou vert qu'on mangeait aussi en Tanzanie. C'est bon mais pas exceptionnel. Par contre, le reste est très bon. Le poulet restera de côté car on reçoit un bout avec rien dessus (?). On ne comprend pas trop le principe alors on laisse tomber!!

Quand Patrick voit qu'on n'a pas mangé la tête du poisson, il rigole et est surpris! Il s'en empare et c'est parti pour un croquage intense qui nous écœure un peu!!


Après avoir payé (4000 kwacha par couple, soit 5 euro), je me réjouis de rentrer car je sens que j'ai mal au ventre et je me sens encore par moment faiblarde. J'ai besoin d'aller aux toilettes...Aie aie.


Le retour se fait quand même bien. Je m'entends bien avec Anna-Karin. On a de la chance de s'être rencontré :)


Ce soir, comme ressenti, j'ai en effet un petit problème d'estomac...C'est pas jojo tout ça et c'est avec un bon mal de ventre que je m'endors...

16


Un premier réveil partiel forcé à 6h. Les voyageurs "cool raoul zen attitude genre j'ai encore 20 ans" décollent pour l'Ilala ferry. Le problème est qu'ils ont tout oublié de leur séance de méditation d'hier soir apparemment. Et que jte parle super fort et que jte passe à 2 centimètres de la tente...Bref, ils sont gonflants mais au moins, ils s'en vont ;) Redodo pour moi.


Ce que je n'ai par contre pas capté, c'est que Gero a dû aller aux toilettes et y est resté de 4h à 6h du mat :( Gros mal de ventre, évacuation nécessaire.

Alors que les problèmes d'estomac persistent aujourd'hui pour Gero qui se sent KO, je vais bien mieux et le petit-déj passe bien.

On profite encore un peu de ce très joli endroit avant de faire nos sacs. Anna-Karin se rend compte (en vérifiant qu'ils n'ont rien oublié dans leur chambre) qu'une souris morte gît sous leur lit!!! Elle comprend mieux l'étrange odeur! Sympa...

On se dit au-revoir avec Anna-Karin et Alex qui partent pour Liwonde. Ça y est, nos chemins se séparent. Ça fait bizarre car on s'entend vraiment bien et on avait déjà pris l'habitude de fonctionner ensemble! On échange nos adresses et on espère se revoir.

A nous de partir après avoir payé. Petit détail néanmoins, ils nous font payer le double du prix marqué sur le menu pour les jus d'hier matin. Ce n'est pas très clair. On insiste mais ça ne change rien. Je suis un peu saoulée mais contente de ne pas avoir plus consommé sur sur place!

Deux motos nous attendent devant le lodge. Elles ont été appelées pour nous faciliter la tâche. Les deux conducteurs sont super gentils. Ils accrochent nos gros sacs à l'arrière et nous donnent leur casque. C'est parti pour 30 minutes de piste/route pour Cap Maclear. Je m'éclate!!! J'apprécie vraiment le trajet à travers le village puis de plus en plus dans la nature. On est entouré de collines et montagnes. C'est juste trop beau! Le trajet en lui-même vaut le coup. Et cette fois-ci, je suis assez détendue pour prendre des photos et filmer. Mon pilote met aussi de la musique, cool :). La route est assez défoncée et irrégulière. Des travailleurs s’attellent d'ailleurs à reboucher les trous.

On arrive à Cap Maclear vers 12h30. On paie les motos 2000 kwacha par personne (= 2,20 cents). Il y a plusieurs lodges indiquées. Je suis surprise mais c'est vrai que c'est la partie touristique du Malawi a priori. On choisit un peu au pif (merci lonely planet): le funky chichlid.

Ce lodge est situé au bord du lac. Il y a une très belle terrasse arrondie en surplomb, des hamacs en contre-bas, un terrain de beachvolley, un espace sympa avec billard et bar. Les emplacements pour tente se résument à un coin d'herbe. Ça nous fait bizarre car on est habitué à des emplacements de fou d'habitude; ). Mais ça reste bien. Les toilettes sont bien et les douches basiques. On monte la tente. Je lave quelques vêtements. Puis on s'installe a l'ombre sur la terrasse. Un petit chat vient se reposer sur mes genoux, trop mignon!

Il y a une petite dizaine de personnes ici. C'est intéressant car ce n'est pas tout à fait le même style de voyageurs. On s'en rendra encore plus compte le soir ;).


A vrai dire, on a entendu jusqu'à maintenant que le sud du Malawi est très touristique. Je m'attendais donc à un tourisme de masse mais ce n'est pas du tout le cas! Et je suis enchantée de me balader en fin de journée dans ce village encore très authentique et différent de ce qu'on a vécu jusqu'à maintenant. On dirait que les maisons faites de briques, de terre et paille sont là depuis des siècles. L'ensemble est quasiment piéton, les ruelles sont en sable, les gens sont sympathiques et nous saluent. Les échoppes de sculpture sur bois ou de tissus sont nombreux mais leurs vendeurs ne sont pas insistants à notre passage, juste souriants. Pas de mal d'habitants nous saluent et semblent contents de nous voir. Des enfants courent vers nous, quelques-uns nous prennent la main et nous accompagnent un petit bout de chemin. A peine un ou deux enfants nous demandent quelque chose. On est donc très surpris car on ne croirait pas qu'ils ont l'habitude de voir des touristes.

La lumière vive accentue maintenant le contraste entre les beaux vêtements colorés des femmes et les tons sablés du village. Il y a aussi beaucoup de jolis étales de légumes, essentiellement de tomates et un peu d'aubergines, courgettes, choux. On longe les multiples lodges qui, je trouve, se fondent bien dans le paysage. Je m'imaginais tout autre chose comme des grands complexes mais ce n'est pas du tout le cas et tant mieux.

On fait le chemin retour par la plage et on voit l'autre côté des lodges. Il y en a de toutes sortes, plus ou moins luxueux. Mais le constat est qu'ils sont tous quasiment vides en cette saison.

Sur la plage, ça grouille de monde à cette heure-ci. Les femmes lavent le linge et la vaisselle, les enfants s'amusent dans l'eau et se lavent, les hommes extraient consciencieusement les petits poissons de leurs énormes filets de pêche. A propos, dans le village tout à l'heure, une voiture est passée avec un énorme poisson accroché au rétroviseur: impressionnant et marrant!


C'est aussi à ces endroits-là de la plage qu'on constate comme c'est sale: les déchets de tout genre s'entassent, les canards se baladent parmi les saletés tout comme les chiens, les femmes jettent certains restes dans l'eau. Franchement, c'est un bon moyen d'éviter toute tentation d'aller piquer une tête dans le lac. Tant mieux car c'est l'endroit le plus risqué en plus pour le fameux bilharziose. L'activité des pêcheurs est tellement élevée qu'il n'y a plus assez de poissons pour manger les fameux vers qui rendent malade les baigneurs...A ce qu'on nous a raconté, les écoliers reçoivent tous les 6 mois un médicament contre cette maladie. C'est quand même du sérieux donc...


Au fur et à mesure de notre promenade, quelques vendeurs nous interpellent et insistent un peu plus mais on les stoppe gentiment. Puis des enfants nous proposent de jouer de la musique et danser pour nous. D'autres viennent avec une feuille plastifiée et un texte en anglais dessus: ils peuvent nous faire une démonstration d'acrobaties. Bien sûr toujours contre quelques kwacha. On décline toutes les propositions. On veut juste se balader et Gero ne se sent toujours pas très bien.


Le soleil rond et rouge est en train de se coucher. Alors que des enfants jouent sur un ponton en contre-jour, le spectacle est juste grandiose.

A nouveau sur notre bout de plage, on s’assoit et on saisit les derniers moments de la journée. Un bateau de pêcheurs rempli à ras bord passe en chantant. Ils nous saluent de loin.

Derrière nous, des jeunes jouent au beachvolley. On les rejoindrait bien mais on manque un peu d'air et d'énergie tout de suite maintenant. Puis, d'un coup, ils s'éclipsent sur la plage juste à côté à l'approche d'un petit bateau rempli de touristes. On les observe: ils se mettent en place avec leurs instruments faits de bric à brac et c'est parti. Ça rend plutôt pas mal! Certains dansent, d'autres jouent et chantent. Pour finir, quelques photos avec les touristes et hop les kwacha tombent :). Malin hein!


La nuit tombe, on s'installe sur la terrasse de plus en plus remplie de notre lodge. La musique est forte, les gens se boivent des shots, quelques vieux flirtent avec des jeunes nénettes encore en haut de maillot de bain pour l'une, d'autres se commandent à manger...Bref, il y a de la vie et l'ambiance est à la fête. Après notre petit apéritif au coca (oh, les petits joueurs!!), on se commande un bon plat (entre 2500 et 4000 kwacha, soit 3 à 5 euros) et on profite de la soirée ensemble. On mange ici car ils proposent de bons plats comme des lasagnes (ça change!) et de toute façon, on n'a pas vraiment vu beaucoup d'alternatives locales en ville tellement les lodges ont le monopole.

Comme je le sentais avant, les gens sont quelque peu différents (ou vice versa). Ils boivent, ils fument (aussi des "bob marley cigarettes" ;)) et sont bruyants...Moins notre tasse de thé...Du coup, on part rapidement dans notre tente après une bonne douche nécessaire (il fait chaud ce soir!!). On a juste envie d'être au calme :)


Au-dessus de notre tente, il y a un gros arbre duquel émane une odeur très agréable qui me rappelle le jasmin. Hmmm, je profite. Et en allant vers la tente, je vois des ombres sauter. J'en suis une jusqu'à un endroit plus éclairé. C'est une toute petite grenouille :))

17


On s'est endormi super tôt hier soir vers 21h. On en avait besoin! On se demande quand même si ce n'est pas un peu dû à la malarone tout comme notre problème d'estomac passager (?). Possible....


On petit-déjeune tranquillement nos propres victuailles même si c'est stipulé que c'est interdit. On s'en fiche et on est à l'écart; ). Par contre, plus de bananes ce matin. Hier matin, un singe a eu le temps de chiper le sac plastique avec les deux bananes restantes qui était calé dans la poche latérale de mon gros sac. Il a réussi à en piquer une avant que je réagisse! Aaaah!


Gero est encore mal ce matin...

Moi je constate mes multiples piqûres de moustiques. Ça me graaatte et surtout ça m'agace car je fais attention. Je dois vraiment avoir le sang sucré ;). J'en ai plusieurs au niveau des chevilles et je présume que celles-ci datent de Monkey Bay au moment où on jouait aux cartes sur la plage à la tombée de la nuit. Erreur de ma part: rester en tongs...


On est motivé pour reprendre la route. L'endroit est chouette mais on pense déjà en avoir fait le tour. Et la moindre activité est ici payante (kayak, snorkeling etc...)

Départ vers 11h. On veut payer en CB mais en fait ça ne fonctionne pas (comme le wifi censé être fonctionnel:)). Donc on paie cash! Le camping coûte 5 dollars par personne.

Je demande des infos pour la suite au personnel: quels bus prendre? Leur prix? etc...

On repart pour Monkey Bay en moto taxi. Je me sens moins détendue qu'hier car la moto est en moins bon état et je flippe quand il coupe le moteur en descente. Mais heureusement après avoir failli se faire une chèvre, un singe, des cyclistes, s'être encastré un camion, on arrive sain et sauf:).

On a besoin de prendre un mini-bus ou un taxi partagé pour Mangochi. De là on doit prendre un autre minibus jusqu'à Liwonde puis finir a priori en taxi vélo. Le petit souci est qu'on a du mal à faire marcher la concurrence car on n'est pas au centre et peu de voitures passent. On accepte donc pour 5000 kwacha par personne d'aller jusqu'à Liwonde (=6 euro). On pense que le vrai prix est plutôt de 2000 jusqu'à Mangochi et de 2000 à nouveau jusqu'à Liwonde mais voilà on ne se complique pas trop la vie. On tourne encore une bonne demi-heure dans la ville pour remplir le taxi puis on décolle enfin!


En une heure, on est à Mangochi. On est comme souvent à l'arrière sur les deux places les plus confortables:) la musique est à fond, on arrive à peine de se parler, les vitres sont descendues jusqu'en bas et le vent nous fouette le visage!! Mais j'avoue que ça apporte de l'air et ça me fait du bien :)


A Mangochi, on grimpe dans un mini-bus blindé mais on a la chance d'être cette fois-ci tout devant. J'avoue qu'aujourd'hui, ça me va bien comme ça. On s'achète deux petites bouteilles d'eau par la fenêtre mais on capte après que c'est de l'eau du robinet (que les locaux boivent). Ouf, on n'en a pas encore bu!! On s'en servira ce soir pour cuisiner. Mangochi est une ville animée avec ses marchés le long de la route. Des enfants viennent nous vendre à la fenêtre du mais grillé, des cacahuètes, des bananes, un poisson tout frais carrément etc...


Alors qu'on prend de l'essence, je vois un monsieur handicapé au sol qui se traîne pour avancer plus loin dans la rue. J'en ai les larmes aux yeux...Un passant lui donne une pièce, un autre le salue. Il me rappelle Janette, la dame dans la même situation que'Antoine de Maximy ("j'irai dormir chez vous") avait rencontrée. Voilà, c'est bien une réalité...


Une heure trente plus tard, on atteint Liwonde. A peine descendu, on est assailli et ils sont coriaces! On leur explique qu'on veut pour l'instant juste faire quelques achats. Un mec saoul s'approche un peu trop de Gero, c'est un peu flippant. Puis ils nous lâchent et on fait nos emplettes dans un premier bouiboui (pâtes, pain) avant d'aller au marché que le gentil vendeur nous indique sous la pression de gars qui veulent nous accompagner! Il assure.


Le marché aux couleurs locales est très joli et grand. On achète des aubergines à notre grand plaisir (100 les 3 = 15 cents) et des belles carottes (500 les 6 = 70 cents) puis des bananes (400 les 8). Les vendeuses sont souriantes et gentilles comme tout. Elles parlent pour certaines à peine anglais. On s'arrête aussi dans un petit supermarché comme à Monkey Bay. Les prix sont bas, encore plus que dans certains bouibouis.

Alors qu'on est en train d'acheter nos bananes, un mec venu de nulle part nous "aide". Il en profite pour s'introduire: je suis vélo-taxi! Ça tombe évidemment bien maintenant. Il est sympa alors on grimpe. Chaque vélo vaut 1000 kwacha (1,10 cents). On a un troisième vélo rien que pour nos gros sacs. L'entrée du parc national de Liwonde est situé à 6km d'ici. La piste est en terre et est très jolie avec ses petites montagnes aux alentours. On passe quelques habitations d'où les enfants nous saluent gentiment. Certains accourent même à notre passage et leur sourire est à craquer :)


Mon conducteur me pose plein de questions puis prend des selfies avec moi. Il souhaite aussi que je le paie plus en insistant sur la distance à parcourir etc...Je n'entre pas dans le jeu!


30 minutes plus tard, nous entrons dans le "bushmen's baobab" après avoir pénétré dans l'enceinte du parc (porte et grillage). Mon conducteur a peur de tomber sur un éléphant ou autre. Je ne réalise pas trop le danger à vrai dire. Mais tout va bien.

On se sent vraiment dans le bush! 

On est très bien accueilli au lodge. Changement total de décor et d'ambiance :). L'endroit est digne d'un magazine. Il y a de beaux chalets au toit de paille foncée (ça doit être autre chose?), des a-frame typiques avec des tentes en dessous, d'autres tentes safaris énormes. Il y a donc l'embarras du choix. La dame prend le temps de nous faire faire un tour du propriétaire. C'est très grand. Moi, ce qui me saute tout de suite aux yeux aussi, ce sont les crottes sur le chemin: des crottes d'éléphants, gagné! Ça promet en plein milieu du camp! Les emplacements tente se situent au bord du bush, un peu plus éloignés et isolés. Ce n'est pas pour me rassurer et en même temps je trouve ça cool :). On installe notre tente sous un grand abri prévu à cet effet à côté d'un coin pour un feu de camp et non loin d'un autre grand abri réservé à la cuisine pour campeurs (tables, éviers, four au bois). On est seul à camper et il y a seulement quelques autres visiteurs en tout. On retrouve à ce propos la mère et sa fille suisses de Zurich. La fille est malheureusement très mal, elle a des problèmes d'estomac et de la fièvre. Elle est clouée au lit...


On s'empresse d'aller vers la superbe plateforme car il est déjà 17h, l'heure idéale pour voir des animaux. En chemin, je vois plusieurs bucks, nos premiers! Gero s'approche pour prendre des photos, ils ont peur et détalent rapidement. Et je vois aussi un poumba :)


Plus loin, on découvre le piscine de l'hôtel. On comptait s'y rafraîchir mais l'eau ne me tente pas trop finalement. On observe d'ici les animaux. On est tout fou :)


Puis on atteint enfin la plateforme. Je vois mon premier éléphant de loin grâce aux Indiens qui me le montrent. Trop chouette :). On discute avec un gars du Malawi puis avec Peter d'Irlande tout en savourant le magnifique coucher de soleil sur le bush. Les quelques baobabs, les buissons et la rivière au loin rendent l'endroit très joli.

On se met ensuite rapidement à cuisiner car on n'a rien mangé de la journée et on sent qu'on a besoin d'énergie, surtout Gero.

C'est donc à la frontale qu'on prépare nos carottes et aubergines à l'huile d'olive avec un peu de sel. On y ajoute un peu d'eau de nos bouteilles d'eau non potable ;). Puis on cuit nos macaronis. On salive déjà tellement ça nous donne envie!!!

Un garde vient nous voir entre temps. Il nous a apporté du bois pour le feu de camp que Gero allume un peu plus tard. On n'a même plus besoin de nos frontales tellement la lumière de la lune combinée à celle du feu est éclairante.


On savoure nos repas comme il se doit: un vrai régal en plein bush ;). Il faut aussi savoir qu'il est possible de dîner sur place pour 20 dollars (lunch 10 dollars) mais notre choix a été vite fait :) On avait prévu le coup!!!


A cette heure-ci, c'est étrange de se dire qu'on est tous les deux autour d'un feu de camp si proche des animaux sauvages...Je suis contente de ne pas me sentir stressée même si j'avoue que la première heure après notre arrivée, j'étais aux aguets et j'ai réagi presque au moindre bruit ;). La dame du lodge nous a d'ailleurs averti du passage possible d'éléphants (cf crottes!). Réaction à avoir: s'arrêter, voir reculer, attendre le temps qu'il faut pour les laisser passer et ne pas utiliser de flash...OK, compris...enfin je crois. Enfin ce qui me convient bien pour cette nuit, c'est qu'il y a le fameux garde venu pour le feu: il veille! S'il juge une situation dangereuse, il vient nous en avertir. Si on a peur d'aller aux toilettes en pleine nuit alors il peut nous accompagner. Nickel!


En tout cas, l'ambiance est belle ici. On profite en amoureux et on se dit qu'on a de la chance d'être dans cet endroit improbable...


Je tente de me protéger ce soir au mieux des moustiques mais je crève de chaud. Pas simple de tout concilier...Je prendrais d'ailleurs bien une douche mais je ne vais pas m'y risquer ce soir ;).


Après avoir mangé, on se fait une petite expédition nocturne dans le camp pour rejoindre la cuisine du lodge. On y stocke tous nos vivres car on nous l'a proposé pour éviter de tout laisser dans la tente (réflexe du Canada, des ours et ça m'embêterait de retrouver un singe dans notre lit demain matin ;)). Gero en profite pour faire notre vaisselle pendant que j'explore la grande cuisine et que je discute avec le personnel!


On se pose un peu encore dans le joli salon semi-extérieur mais on ne fait pas long feu!! Au lit!

18
18
Publié le 25 septembre 2018


Ce matin, on se réveille à 6h30 car une belle aventure nous attend: celle d'un safari en bateau à moteur.


J'ai eu beaucoup de mal à m'endormir hier soir non pas à cause des éventuelles bêtes autour de nous mais à cause de la chaleur du soir combinée à l'odeur (trop) forte de notre feu pas encore tout à fait éteint...


Puis j'ai plutôt bien dormi. Mes rêves sont plus qu'évocateurs: une belle balade à pied dans la forêt, un superbe point d'eau avec une cascade et des éléphants, des singes, des rhinocéros au pied. Puis un groupe de lions était à côté de notre tente dans mon rêve. Ça, ça m'a réveillée car j'ai cru que c'était réel! Bref, j'ai déjà tout vécu avant l'heure; ). Gero, quant à lui, s'est réveillé pas mal de fois pour scruter les environs. Hé hé, ça travaille quand même d'être dans le bush...!


Finalement, cette nuit, pas un animal ne semble avoir rôdé dans les parages. Ce matin, les oiseaux commencent par contre à se réveiller. Ils chantent de tous les coins. On entend aussi un poumba et on voit un gros singe non loin de notre tente mais effrayé si on se rapproche de lui. En arrière-plan, il y a le gros troupeau de bucks qui se repose paisiblement.


On petit-déjeune sur la plateforme. Un vrai bonheur :)

Puis on décolle vers 8h comme prévu après avoir réglé les droits d'entrée dans le parc (20 dollars par personne par jour). On part avec Peter en jeep pour rejoindre la rivière à peine dix minutes de là.

On grimpe dans un bateau avec notre guide. C'est parti!!! On est les seuls sur l'eau avec le canoë du lodge qu'a pris l'autre couple présent à l'hôtel. On avait hésité avec le canoë au début mais à vrai dire, je suis très contente d'être dans ce bateau à moteur. Désolée planète mais je me suis dit que nos chances de survie seraient plus élevées au cas où ;). Et puis, on va non seulement plus loin sur la rivière mais aussi un peu plus proche des animaux. La seule différence est le prix (30 dollars/personne pour deux heures au lieu de 20 dollars). Il faut quand même savoir que Liwonde National Park reste un parc peu cher comparé aux parcs des autres pays alentours (surtout Tanzanie, Kenya mais aussi Botswana, Namibie...) et sa particularité est de pouvoir naviguer en bateau. Ça vaut donc vraiment le coup.


La lumière est d'abord terne puis elle devient plus vive. Il fait bon et l'auvent nous protège du soleil. Il y a des gilets de sauvetage qui servent en fait pour l'instant de coussins;). Je me sens très bien sur le bateau et toute excitée. J'avais vu quelques photos de ces safaris lors de notre préparation et j'avoue que j'étais moyennement emballée car je croyais qu'il s'agissait d'une rivière étroite avec une forte proximité avec les animaux. Ça me paraissait un peu trop stressant pour une première approche. Mais je me rends maintenant vite compte que la rivière est très large, la vue est dégagée et l'approche des animaux est optimale. Ça ne peut pas être mieux! Très vite, on tombe sur nos premiers hippopotames! Je vois leur tête sortir de l'eau, je m'exclame!! Trop chouette! Ils sont marrants avec leur couleur marron et leurs yeux qui nous fixent. Il y en a plus de 2000 dans le parc. C'est vrai qu'on en voit déjà une sacrée quantité repartie dans la rivière près des berges. Ils sont précisément là où ils ont pied car ils ne savent pas bien nager;). On les observe en train de s'immerger. Ils tiennent jusqu'à 5 minutes sous l'eau!! Ils ont l'air tout paisible. C'est le cas tant qu'on n'entre pas sur le territoire!

Plus loin, on voit notre premier éléphant de près. Il est seul et si éléphant. Le décor ne fait que le mettre en valeur: l'eau au premier plan, le marécage vert vif et les montagnes en arrière-plan. Il y a de nombreux petits oiseaux blancs autour et sur lui (j'ai déjà oublié le nom). L'image est sublime. On arrête le bateau et on prend le temps de l'observer sous toutes les coutures. Il fait comme si on n'existait pas ;). De plus près, il est encore plus impressionnant!


On découvre un second éléphant seul plus loin mais aussi deux troupeaux d'une vingtaine sur l'autre rive! Il y a parmi eux des éléphanteaux trop mignons de différents âges avec leur mère. Ils sont en train de s'engouffrer des feuilles et branches directement arrachées avec leur trompe des arbustes du coin. Le bateau s'approche et s'arrête pour nous laisser profiter un bon bout de temps. On dégaine les appareils photos puis on profite avec nos yeux!!


A priori, il y aurait 550 éléphants en tout dans le parc.


Dans le même espace, des singes et babouins se baladent tout comme les fameux "bambis locaux" (bushbucks je crois). Ils ont l'air de cohabiter sans problème. Les babouins qu'on voit sur toute une partie de la rive nous semblent énormes et pas très attirants. On est bien sur notre bateau hein;).


Au-dessus de nos têtes, il y a aussi de quoi observer. Une multitude d'espèces différentes d'oiseaux virevoltent dans le ciel pour aller se poser dans les arbres ou au sol. Notre guide nous a assailli de noms d'oiseaux (!!Façon de parler bien sûr!!) en anglais en plus alors comment dire...je vais faire plus simple! Nous avons donc vu de petits oiseaux aux couleurs incroyables : du bleu, du rouge, du vert, du multicolore. Juste hallucinant:) Nous avons enfin vu le fameux fish eagle perché sur un arbre mais aussi de nombreux oiseaux noirs, noirs et blancs, proches de la famille des cigognes je trouve.


Sur le retour, nous avons la chance de tomber sur plusieurs crocodiles. C'est le guide qui nous les montre car on ne les aurait pas vus sans ça. C'est dingue, on aurait cru des rochers! Alors qu'on les observe, d'un coup, ils réagissent et se faufilent dans l'eau! Encore une fois, je suis bien contente de ne pas être dans un canoë même s'ils ont eu peur de nous et pas l'inverse ;). Les deux heures de safari passent super vite et on rentre plein d'images en tête :).


Il est possible de faire d'autres excursions à 14h notamment en canoë ou en voiture. Ça vaut le coup selon eux car dans ce cas, on paie seulement une fois les 20 dollars d'entrée dans le parc puisqu'il s'agit de la même journée. Petit aparté aussi: on a lu que les droits d'entrée allaient désormais augmenter de 5 dollars par an.


Nous ne sommes pas tentés pour faire un autre safari car d'une part, on est déjà comblé avec celui de ce matin et d'autre part, on pense faire un safari en voiture en Zambie.


Vers 13h, on repart donc en vélo taxi (appelés par le gérant) à Liwonde. Le trajet retour est encore plus sympa car ont passe à travers les villages!! Beaucoup nous saluent, les enfants crient "mzungu" à tout bout de champ, les villageois s'arrêtent à notre passage de puiser l'eau du puits ou de réparer un vélo, certains nous sourient si sincèrement ou nous font un signe timide de la main comme cette jolie mamie...Ça vaudrait le coup de rentrer à pied de Liwonde. On y avait vaguement pensé mais la chaleur et l'état de Gero nous y a fait renoncer. Et puis, nos chauffeurs sont sympas et je crois que ça les fait bien marrer aussi d'être avec nous ;).

Même les vélos taxis ont des phrases religieuses 

A Liwonde, on monte directement dans un matolas. Je suis impressionné par Gero qui baisse le prix! ! Et ça marche:). On grimpe pour 1000 kwacha par personne (1, 10 euro) direction Zomba. On a à nouveau un chauffeur fou mais qui se calme ensuite.


Le problème, c'est qu'ils sont en concurrence avec les autres matolas et sont donc totalement imprudents. Par exemple, ils accélèrent pour doubler le matolas de devant à l'approche d'éventuels clients sur le bord de la route puis ils coupent brutalement et pilent tout en descendant sur le bas côté irrégulier. Aie aie aie, ça fait quand même bien flipper...Mais personne n'a pas l'air outré; ). Tout va bien!!!


Le trajet en matolas est ensuite plus sympa et grimpouille un peu en altitude pour redescendre. Certains passagers nous font de beaux sourires ou échangent un mot avec nous. Il y a de très jolies femmes et je suis toujours épatée par leurs cheveux si différents (souvent des perruques ou rajouts). Ces femmes portent leur bébé dans le dos grâce à leurs beaux tissus colorés et une fois assises dans le bus, hop, elles ramènent leur bébé devant elles! Les bébés ne bronchent pas!!


45 minutes plus tard, on demande au chauffeur de nous arrêter avant la station de bus de Zomba car c'est plus court pour nous d'atteindre d'ici à pied l'hébergement qu'on vise. Il y avait une affiche à Liwonde qui nous a donné envie d'y aller! C'est aussi simple que ça nos choix des fois ;).


L'ambiance du lieu me plaît directement et me rappelle Mbeya. Les rues sont mieux définies qu'ailleurs, on retrouve ces magnifiques arbres aux fleurs violettes (jacarandas) et les bâtiments coloniaux aux briques rouges. Et en prime, les montagnes se dressent juste devant nous!

15 minutes plus tard, on arrive à Pakachere Hostel. L'endroit est superbe: le jardin est grand, joliment agencé. On n'a qu'une envie: s'y installer!! Il y a plusieurs petits salons extérieurs cozy sous des auvents arrondis faits de bois et de paille et agrémentés par les plantes et fleurs du jardin. Il y a des sanitaires extérieurs, un endroit aussi pour laver son linge. Plus bas, un filet de volley est installé. L'espace bar est très chouette et accueillant. Dans le grand bâtiment au-dessus du bar, il y a un dortoir et les chambres, des sanitaires et un salon (méga poufs :)), des tables. Il y a même du thé à disposition. Ce lieu est aussi un espace créatif. Il doit probablement y avoir des activités de temps en temps.


On installe notre tente en bas du jardin. Il y a une autre tente plus loin d'un voyageur seul. La nuit coûte 6 dollars par personne (dortoir 10 dollars, chambre 40 dollars).


On est enchanté du lieu calme et agréable. On a une belle vue en plus sur les montagnes juste derrière nous. Et je sens comme j'apprécie d'avoir à nouveau un air respirable!! Il fait bon ici car on est un peu en hauteur. Quel répit tant attendu :). Mon corps en a bien besoin. C'est usant d'être transpirante non stop physiquement comme psychologiquement.

L'autre point fort de cet hébergement est l'électricité et le wifi gratuits entre 17h et 5h du matin :). On attend avec impatience 17h pour sauter sur nos appareils et enfin poster quelques news. Pour mon blog, c'est aussi encore l'incertitude totale de sa faisabilité. N'ayant pas eu de vraie connexion depuis 3 semaines environ, j'ai trouvé l'astuce d'écrire sur le mémo de mon portable mais est-ce que le transfert va être simple? Aucune idée. J'ai hâte de tester:)


16h50 - 16h55 - 17h!!! Rien...18h? Toujours rien...Aaaah!!! Le personnel nous dit qu'il faudra attendre finalement jusqu'à 21h au moins, il y a une énième coupure d'électricité. C'était trop beau pour être vrai ;). Quelle déception surtout pour la douche que j'attendais avec impatience (chaude). Pas le choix, c'est comme ça...Ce sera douche froide, j'en peux plus, je doiiis me laver ;)

Puis, on en profite pour se mettre à cuisiner dès 17h30 car on prend en règle générale environ 1h pour la préparation. On refait le même plat qu'hier: macaroni, carottes et aubergines. Encore un vrai régal :). On peut aussi manger ici sur place de bons plats pour 3 à 6 dollars. Mais il est clairement écrit qu'on peut avoir notre propre nourriture, ce que je trouve cool. Un gars s'intéresse pour notre réchaud, Gero lui explique comment ça marche au fuel.

La fraîcheur de la soirée nous saisit dès la disparition du soleil. On est surpris, on n'a plus l'habitude mais quel bonheur :). En plus, il y a aussi beaucoup moins de moustiques! Le paradis quoi!!! A propos, je constate depuis hier que ma jambe gauche a enflé. C'est la même sensation que quand un taon pique. A surveiller...


Il est 20h et on est tout simplement KO!! On arrive même pas à tenir jusqu'à 21h, même pour internet!!! L'appel du dodo est plus fort, bien au chaud sous notre tente. On remet la deuxième couche protectrice.

19
19
Publié le 25 septembre 2018


Réveil vers 8h par le soleil qui commence à chauffer à travers la tente. J'ai vraiment bien dormi cette nuit contrairement à Gero dont le mal de ventre ne passe pas du tout. Aucune amélioration. Il perd des forces en dormant mal et en devant aller aux toilettes régulièrement. L'état de crise n'est pas à son summum car il a quand même de l'appétit mais on a du mal à vraiment savoir quoi faire exactement pour que ça aille mieux. Il prend une pastille de charbon ce matin. On verra bien.

Après le petit-déjeuner et le lavage express de quelques vêtements (possibilité de demander une bassine et une brosse), on se met en route pour le Zomba plateau. Hier, le manager nous a mis en garde car des touristes se sont faits agresser à deux reprises ces derniers mois en randonnée. Bizarrement, ça ne m'inquiète pas plus que ça. Il nous conseille donc vivement un guide (au prix assez élevé mais pourquoi pas ;)). On ne compte pourtant pas en prendre un. Sa façon de parler ne nous plaît pas trop, c'est un peu comme s'il voulait justement nous vendre le truc ;). Ce matin, rebelotte avec la propriétaire qui nous rappelle les faits. Même chose, je n'aime pas sa façon. Puis elle s'adoucit en voyant qu'on n'est pas très sensible à son discours. Elle nous indique même le chemin pour le démarrage; ).


C'est parti avec nos petits sacs à dos et chaussures de rando aux pieds: casquette, crème solaire, lunettes de soleil, eau, nourriture, quelques kwacha, portable-gps. Il est 9h30 et il fait déjà très chaud. On part directement de notre hébergement. Certains prennent une voiture ou moto taxi jusqu'au plateau (1500 kwacha) et se baladent en haut. La majorité est avec un guide.


A la sortie de notre hostel, on prend à droite - droite pour longer une longue allée d'arbres gigantesques. C'est très joli. Presque tous les passants nous saluent. On traverse le golf entretenu mais désert (improbable!). Puis on rejoint la route asphaltée sur laquelle on grimpe jusqu'au panneau Sunbird indiqué à gauche. On suit cette route. 40 minutes après notre départ, on tombe sur le fameux chemin de randonnée "Potato path" (après Casa Rossa dans le virage à droite).


On suppose qu'il y a des cultures de pommes de terre mais ce qu'on constate surtout sur notre chemin abrupt et ensoleillé, ce sont les dizaines de porteurs de bois qui dévalent la pente en tongs voire pieds nus, hommes, femmes (avec bébé dans le dos) comme enfants. Leurs cargaisons sur la tête sont imposantes et doivent peser hyper lourds. Il s'agit de troncs entiers! Comment est-ce possible? En plus sur ce chemin plus que pentu, irrégulier et glissant. C'est hallucinant. On en serait totalement incapable! Bref, on s'arrête à chaque fois pour les laisser passer évidemment. On a presque honte d'être tout transpirant et rouge écarlate ;)

La vue est de plus en plus surplombante sur la ville et les montagnes environnantes. C'est magnifique!! J'adore ces arbres si typiques plats en leur sommet. Et ces arbres aux fleurs violettes qui jaillissent de différents endroits de la ville. Mais aussi ces vastes étendues entrecoupées de nombreux sommets. Waouh: quel paysage unique.

Le GPS n'est pas aussi fiable que d'habitude. Et là, il vaut mieux suivre notre instinct en prenant la suite du chemin face à nous de l'autre côté de la route une fois la première portion parcourue. Un vendeur de framboises sur le côté nous donne l'indice. Merci :)

Le chemin reste toujours aussi raide jusqu'au plateau. On regrette de ne pas avoir pris nos bâtons!


2h plus tard environ, nous voilà en haut. Un guide nous met le grappin dessus mais on lui dit non merci. Le plateau n'est pas du tout ce que je m'imaginais, c'est-à-dire un endroit plat d'où la vue serait imprenable. En fait, on ne voit rien et il y a une route bitumée jusqu'au fameux hôtel luxueux Sun bird. Il y a des échoppes de vendeurs de bois les unes à côté des autres et quelques guides. Nous poursuivons notre balade jusqu'au lac en contre-bas. Le chemin est à nouveau en terre à travers les bois. De l'ooombre!

Après quelques temps, nous arrivons à hauteur du barrage. L'officiel nous dit qu'on doit payer 200 kwacha chacun pour le traverser. Mais bien sûr!!! On n'y croit pas mais on n'a pas envie de discuter alors on laisse tomber et on continue. On fait le tour par les bois tout simplement et nous voilà de l'autre côté :) Malins hein?! Bon, ça nous a valu 20 minutes de marche supplémentaire mais aussi la rencontre d'un singe noir!

On fait une pause au bord du lac sous un kiosque. Et bizarrement, on se croirait à quelques détails près de végétation chez nous! On poursuit notre chemin jusqu'à une "cascade" pas franchement spectaculaire mais mimi. Puis on marche à travers la jolie forêt de pins. Le relief est irrégulier.

Une fois à la "trout farm" (possibilité d'y camper), on se décide pour rentrer tranquillement. On achète un coca frais sur le passage. Un petit plaisir :). On a pris assez d'eau avec nous mais je trouve qu'elle a un goût. Beurk! Peut-être parce que c'est de l'eau du robinet (qu'on a filtrée avec notre super filtre). En fait, même l'eau en bouteille a un goût fort ici que je n'aime pas trop.


Il y aurait encore de quoi faire là-haut entre les points de vue et les sommets indiqués sur la carte mais on est content comme ça pour aujourd'hui :)

On redescend en 1h30 et là encore les bâtons n'auraient pas été de trop...

Alors bilan: dangereux ou pas dangereux sans guide?

On a rencontré beaucoup de locaux lors de notre randonnée essentiellement sur le Potato Path. Un seul a osé nous demander de l'argent. Et lors de la descente aussi. On a répondu gentiment mais fermement comme on le fait tous les jours plusieurs fois... Bien sûr, le risque zéro n'existe pas. A chacun donc de décider en fonction de son feeling du moment et du lieu.

De retour à 14h30 bien KO, je veux encore aller à la banque. On est à sec. Gero n'a pas du tout envie car il se sent faible. Je suis prête à y aller seule même si ce n'est pas l'idéal. Allez, finalement, il se décide. On se grouille car la banques ferment à 15h!! La banque est seulement à 5 bonnes minutes à pied d'ici. C'est nickel. On choisit la même qu'à Mzuzu, la National bank. A notre grande surprise, il y a un monde fou!!! Des queues et des queues, l'air est lourd, un match de foot est diffusé à la TV. Même ambiance que la dernière fois, c'est drôle. Par contre, cette fois-ci, on demande à un officiel dans quelle queue patienter. On a compris la leçon; ). Et il nous indique le guichet 1 "forex" et nous dit de passer devant tout le monde. Ok, euh... bon courage. On ose faire ça nous?! En fait, les gens nous laissent passer d'eux-mêmes car c'est un guichet prioritaire pour les transactions en carte visa. Cette fois-ci, pas besoin de passeport ni de signature...! Nous voilà avec à nouveau 200 000 kwacha dans les poches (240 euros).


En sortant, on fonce au shop d'à côté. On rêve de BOIRE, BOIRE des litres et des litres d'eau. Viiite. Faux espoir, ce n'est pas un shop alimentaire. On se dirige vers le centre ville non loin de là. On achète des bananes et une recharge de téléphone en chemin. Un artiste nous interpelle pour nous montrer ses peintures. Comment dire? On n'est PAS DU TOUT réceptif, on a SOIF!!! On envoie péter tout le monde sur notre passage et là, supermarché en vue :). Un mirage? ! Non, c'est bon, on y est :))))


On fait quelques courses dont A BOIRE : 4 litres d'eau, du jus, des sodas. De tout pour se réhydrater comme il se doit! En plus, ces supermarchés ne sont pas du tout chers, c'est hallucinant!

On se pose sur le trottoir dehors pour BOIRE!! Pas la peine encore de nous parler, les pauvres vendeurs de fraises l'ont bien compris ;)

Quand on va mieux, on se dit qu'on a qu'à en profiter pour faire quelques achats au marché pour notre repas de ce soir. Je serais bien sortie en ville ce soir pour manger local mais Gero n'en a pas du tout envie vu l'état de son estomac. Je le comprends.


Le marché couvert est vraiment super sympa et très local. On se dirige vers les fruits et légumes. Il y en a en abondance et enfin on revoit un peu de variété dans les produits proposés. On achète des carottes, des aubergines, des tomates, un avocat. La beauté du marché donnerait envie d'acheter beaucoup plus et tous les jours :). Les épinards, les citrons, les poivrons, les courgettes nous feraient aussi bien envie. Le coin poissons est par contre un peu moins ragoûtant avec toutes les mouches autour et l'odeur délicate ; ).


On rentre vers 16h30 et la douche nous attend avec de l'eau chaude en prime. Haha dit-elle?! Mais il y a de l'électricité et internet. Youpi!! Comme quoi, tout arrive à qui sait attendre :)

Et me voilà donc branchée à mon portable lui-même branché à la prise! Bien sûr, il ne faut pas être trop gourmand et accepter la leeeeenteuuuur de la connexion...Patience, zen attitude... Ça tombe bien, je discute en même temps avec un couple irlando-canadien très sympa au Malawi pour trois semaines.


Vers 17h30, on prépare à nouveau à manger: ce soir, ce sera riz aux carottes, aubergines et tomates. Miam!


Puis, on ne traîne pas trop pour profiter au maximum de la connexion :). Les accros, il nous faut notre dose, hihi!!! J'effectue alors le looong processus de copier-coller de mon journal virtuel...Vers minuit, j'ai enfin tout transféré. Contente du résultat. Ma seule frustration reste celle des photos. Sans photo, le texte n'a pas du tout la même aura et n'invite pas à s'y pencher autant...Je tente la première photo puis la deuxième. La galère...Je rejoins la tente vers minuit et comme on capte même de là, je télécharge quelques autres photos. A 2h du matin, mes yeux épuisés se ferment pour une nuit calme et reposante...

20
20
Publié le 25 septembre 2018


Vers 8h30, je me réveille et ai l'impression d'avoir fait la fête! Tu m'étonnes!

Nos grandes réflexions du matin: départ pour Mulanje? Jour détente ici? Destination intermédiaire?

On se décide pour se faire un jour off dans cet endroit juste parfaitement adapté à nos besoins de détente et de repos :)

On se renseigne déjà pour Mulanje pour mieux anticiper nos plans.

Puis on profite de notre journée pour discuter, lire, nous reposer et trier nos milliers de photos ce qui n'est pas une mince affaire!

Entre temps, l'artiste d'hier se pointe et s'installe à côté de nous. On n'est pas très ouvert à la conversation car on a juste envie d'être tranquille...Et très vite, il nous demande de l'argent pour des livres à acheter, ce qui n'arrange rien. Gero est très clair. Puis ils discutent ensemble de la vie...C'est bizarre, on se dit qu'en effet la majorité est pauvre mais on ne peut pas donner à tout le monde à tout bout de champ. Et même, ce ne serait pas la solution et ça créerait une dépendance plus qu'autre chose...Sujet vraiment complexe sur lequel on s'interroge beaucoup ici...

En début d'après-midi, on voit les deux Suisses, Regula (fille) et Clara (mère) arriver! On ne s'y attendait pas. Le monde de voyageurs est petit ;)


Vers 16h, on entend la mosquée. C'est vrai que depuis quelques jours (depuis qu'on est dans le sud), on voit beaucoup plus de mosquées en chemin. Elles sont toutes différentes mais souvent à taille très humaine et colorées.

Ce soir, il y a du monde! Un cours de yoga est proposé à 18h30. Cool, ça me tente bien. La propriétaire nous dit que c'est gratuit mais qu'une donation est attendue (environ 500 kwacha). J'adore leur vision de la gratuité ici ;) .Peu importe, c'est un moment très sympa auquel je participe. Au début, ça devait être marrant pour la prof malawienne et les autres car j'ai juste continué à respirer, yeux fermés, suite aux 5 minutes dédiées à ça alors qu'il fallait déjà effectuer des mouvements. J'ai rien compris en anglais, elle parlait trop vite ;). Heureusement, je me suis habituée à son anglais et j'ai fini par réagir. Et les yeux ouverts, ça va mieux !! ;)

21


Ce matin, j'ai besoin de beaucoup de temps pour remballer toutes mes affaires. C'est en effet tout un art de vouloir faire tout rentrer à chaque fois dans le sac à dos surtout que je veux absolument que mes grosses chaussures de rando passent! Je ne me vois pas aujourd'hui voyager avec aux pieds! Je veux être légère!!!

Pari réussi :)


Regula et Clara partent avant nous. On se dit au revoir et on leur donne un petite photo de nous avec notre adresse de blog car elles souhaitent y jeter un oeil ;)


Vers 9h45, on décolle enfin :) Enfin presque...Une fois arrivé en ville, Gero se rend compte qu'on a oublié notre multiprise magique (pour les différents pays parcourus) avec en prime le chargeur autonome dessus. Aaah, je l'ai dit ce matin qu'il ne fallait pas qu'on oublie...Loupé. On pose donc nos sacs et je me dévoue pour faire l'aller-retour en une vingtaine de minutes...


Tant qu'à faire, j'achète au passage une bouteille d'eau de 2L (je suis déjà en nage) et je craque pour la plaque de chocolat aux smarties repérée au supermarché (880 kwacha = 1 euro). Elle nous sera sûrement d'un grand réconfort dans les montagnes ces prochains jours!!


On va jusqu'à la station de bus officielle en contre-bas du marché et on grimpe dans un matola pour Limbe. On a la chance de pouvoir s'asseoir devant. C'est sympa de voir la route (ou pas des fois!!). Notre conducteur est gentil et calme, ça nous change. On met 1h30 pour atteindre Limbe (près de Blantyre). Prix: 1500 kwacha par personne (1,60 cents).


Une demi-heure après le départ, on s'arrête dans un bled. Le chauffeur vient de dégommer au ralenti avec son rétroviseur l'énorme sac qu'un gars portait sur son épaule. Plus de peur que de mal. Puis, quelques personnes descendent dans ce bled, d'autres comme nous restent dans le minibus mais le chauffeur ne revient pas...Bon...Patience. On ne se pose même plus de questions maintenant. Ils ne disent jamais rien, ils font leur truc et les gens n'ont qu'à attendre...

Sur le trottoir, les vendeurs de frites et de viande à l'huile dans leur marmite noire géante commencent à me donner envie...

Puis, peut-être bien 20 à 30 minutes plus tard, le contrôleur de notre matola nous dit de nous dépêcher, on change de bus...OK...?!


Donc changement de bus, changement de chauffeur et changement de sièges. On poursuit enfin notre route ;).


A Limbe, c'est le bazar. Il y a des minibus dans tous les sens près du terminal. Les chauffeurs klaxonnent, s'énervent, frôlent les piétons et les voitures (au millimètre près). On descend et on part à pied rejoindre l'autre station de bus d'où partent les bus pour Mulanje et environs. Des gars sympas nous aiguillent pour trouver le bon chemin. C'est à environ 700 M de là.


Dans ce coin, il y a un monde fou. On sent qu'on n'est pas loin Blantyre, la deuxième plus grande ville du pays. Certaines personnes sont plus sophistiquées, il y a plus de voitures, les magasins plus modernes abondent.


A la station, on trouve le bon "arrêt de bus" (imaginaire! Inutile de chercher un panneau. Ici les panneaux, ce sont les rabatteurs qui ne tardent jamais à se jeter sur nous. Plutôt pratique à vrai dire pour nous ;).


Une nouvelle fois, on patieeente car le matola en partance est plein. Une fois installé dans le suivant, on est content de se dire qu'on va vite partir...Evidemment, ce n'est pas le cas...On attend donc que le bus se remplisse de gens, de marchandises de toutes sortes. Les multiples vendeurs passent entre temps pour vendre du panneau solaire au pain en passant par des pinces à linge, des jouets, de l'huile. Certains ont le visage si fatigué...leur condition a l'air difficile. Ce qui semble marcher le mieux, c'est la nourriture et les boissons. D'ailleurs, j'ai trop envie d'un mais grillé mais il n'y en a pas ici. Dommage. C'est plutôt quand on s'arrête dans les villages.


Vers 13h, on part enfin!! Je trouve les alentours de Blantyre peu attirants en termes de paysages. Ce n'est pas moche mais ce n'est rien de spécial non plus. Plus on approche de Mulanje, plus le paysage s'embellit. Les montagnes grimpent en altitude et dominent les jolis villages aux tons rouges.


Une heure plus tard et 1500 kwacha en moins en poche par personne, on descend à Chitakale avant Mulanje. C'est la ville-jonction pour rejoindre l'entrée du parc.

Notre idée: faire les courses nécessaires pour 3-4 jours d'autonomie et aller à l'office du tourisme dédié aux randonnées.


Le village est tranquille, les vendeurs très gentils et les fruits et légumes très bon marché. On achète des pommes, bananes, carottes, aubergines. Puis au supermarché, on trouve des cacahuètes, des cookies et du jus d'orange. Nickel!


Une fois devant la porte de l'office du tourisme, on se rend compte que c'est fermé...Bon! Tant pis, on se dit qu'on ira à Likhula à l'office des forêts où on doit de toute façon se rendre. En plus de ça, grâce à nos guides (Bradt, Lonely) et la lecture de blogs, on sait à peu près ce qu'on veut faire ;).


Entre temps, plusieurs guides se présentent à nous dans la rue. Pas évident car on les écoute d'abord puis on dit non...On ne veut pas de guide.

On commence à pied vers Likhubula en se disant qu'on verra pour une moto-taxi quand l'occasion se présentera. 3 minutes plus loin, on a une proposition pour une voiture et environ 10 motos ;). Et pour notre prix, 1000 kwacha par personne (1,10 euro). Parfait! En voiture Simone!! Nos chauffeurs de moto accrochent nos gros sacs à l'arrière et c'est parti! Ce moyen de transport commence à bien me plaire dans ce genre d'environnements :). On roule prudemment (vaut mieux car pas de casque) sur une belle piste en terre rouge et le paysage est EPOUSTOUFLANT! Les superbes montagnes sont uniques en leur genre avec à leur pied des plantations de thé à la couleur verte prononcée. WAOUH!!

On a lu qu'il est possible de marcher à pied les 11 kilomètres qu'on parcourt maintenant en moto.

Si le paysage vaut en effet le détour, je trouve néanmoins que c'est une trop longue distance et que certaines portions sont soit monotones, soit poussiéreuses du fait du passage des véhicules sur la piste terreuse. Je pense donc que la moto reste la meilleure option.


Après avoir passé le village, on arrive à l'entrée du parc. On descend des motos, on paie 1000 kwacha chacun (1,10 euro), on remonte sur les motos, on descend plus loin à l'office des forêts ;). Fin du service rendu par nos chauffeurs.


On est gentiment accueilli à l'office des forêts. Le monsieur nous montre la carte en relief. Ça m'aide beaucoup pour situer les différents chemins. On part sur 4 jours de trek. Il nous explique le fonctionnement des refuges sur le chemin. Tout se passe bien jusqu'à la question du guide....Avez-vous déjà un guide? Non, on ne veut pas de guide. A partir de là, s'ensuit une looongue négociation d'une heure trente...On va dans le bureau de la hiérarchie qui appelle ensuite son boss. Tous les arguments sont là des deux côtés évidemment. Verdict final: vous n'avez pas le choix, vous devez prendre un guide. On est vraiment saoulé, on a envie d'être seul et libre de nos pas.

On se laisse le temps de réflexion sur les marches de l'office. Que faire? Renoncer par principe car non seulement, on ne veut pas de guide mais on n'a pas non plus envie de le payer 25 dollars par jour? Ou se dire que ce n'est pas si dramatique que ça et que si on en a vraiment envie alors on doit lâcher prise?

Après la déception vient l'acceptation de la situation. On se remotive et on se dit qu'on a envie de découvrir ces belles montagnes. Sur le gong (l'office ferme à 16h30 et il est 16h29 - ah les casse-pieds!!), on enclenche la recherche d'un guide et du paiement. Comment ça se passe? C'est simple, le gars a une liste de guides officiels. Il en appelle un disponible. Stanford arrive peu de temps après pour se présenter. Il a l'air gentil et sérieux.

On lui donne déjà 18 000 kwacha sur 78 000 kwacha (100 dollars) pour qu'il puisse faire ses courses pour les 4 jours. Le reste sera à lui régler à la fin. En plus de ça, suite à la proposition faite, on lui demande de nous racheter quelques cacahuètes, bananes, cookies et du pain car on n'a plus l'occasion/l'envie d'aller au village. On lui avance l'argent.


On règle aussi déjà les 3 nuits en refuge. Au départ, on avait pensé camper mais le prix est tellement dérisoire en refuge qu'on préfère alléger nos sacs à dos. On paie 1000 kwacha par personne par nuit (1, 10 euro)!! Vient la question de la popote. Dans chaque hutte, un watchman s'occupe d'allumer le feu dans la cheminée pour nous permettre de cuisiner (contre un petit pourboire). Top sauf qu'on n'est pas sûr que ça le fasse avec notre casserole. Le gars nous propose donc de louer des casseroles lourdes et pas pratiques du tout! On refuse. On prendra notre réchaud au cas où.


Voilà...on se dirige enfin vers notre hébergement pour la nuit: le CCAP Guesthouse. Il fait très chaud et on fait un méga détour en prenant une route parallèle puis une espèce de raccourci dans les bois. Enfin bref, on fait un peu n'importe quoi! Il est temps qu'on arrive, j'en ai marre!!!


Le CCAP Guesthouse est caché dans les bois et est joliment entretenu. On y campe pour 5 dollars par personne. Il y a aussi des chambres. Les sanitaires sont grands et bien surtout qu'on est les seuls :). Il est possible de commander un dîner pour 6 dollars et un petit-déjeuner pour 4 dollars. Le personnel est sympa. Et la vue sur les montagnes est pas mal.

On installe rapidement notre tente et on décide de redescendre à hauteur de l'entrée du parc. Il est 17h30. On profite encore des derniers rayons de soleil. Toute une ribambelle d'enfants jouent ensemble sur le chemin. Certains nous saluent alors que d'autres sont indifférents.


On vise le Hiker's Nest dont nous avait parlé Isaac, le guide de Pakachere. On commande à manger. Les prix sont aussi entre 3 et 6 dollars en moyenne. Il y a un autre couple avec nous: Daniela (Allemande) et Tomas (Tchèque). Ils voyagent pendant 13 mois et ont déjà parcouru la Nouvelle-Zélande et l'Amérique du Sud. Au Malawi, ils viennent de travailler en tant que médecins un mois dans un petit hôpital rural. C'est hyper intéressant ce qu'ils nous racontent car ils se sont fait une vision bien particulière du pays et des gens...Les moyens sont dérisoires et les soins restent donc très rudimentaires. Ils avaient apporté des dons récoltés parmi leurs amis mais il a été très compliqué de savoir comment donner...Ils ont donc jugé certains cas urgents comme celle de cette femme enceinte gravement atteinte du paludisme et qui devait être transférée d'urgence à Lilongwe. Problème: pas d'essence dans l'ambulance et des frais d'hospitalisation hors de portée...

Même dans les grandes villes, il y a peu de moyens et peu de docteurs spécialisés. La seule maladie correctement traitée est le paludisme car il y a des subventions spéciales pour ça. Gero expose alors ses problèmes d'estomac qui persistent. On est désormais quasiment sûr que c'est un effet secondaire de la malarone. Tomas lui conseille vivement de quand même poursuivre le traitement tellement le nombre de personnes atteintes du paludisme est élevé. Le jeu n'en vaut pas la chandelle.


Après le repas finalement un peu décevant à nos yeux (ou à nos papilles plutôt), on fait un bout de chemin tous les quatre. C'est un moment très sympa.


On rentre main dans le main à travers bois sur la route en terre. La lune nous éclaire le chemin jusqu'à notre tente.

Après une demi-douche car froide, on est heureux de pouvoir s'effondrer sur nos lits. On préparera nos sacs demain matin, on n'a plus le courage ce soir!

22
22

Cette nuit, on s'est fait surprendre par des bourrasques de vent hallucinantes et totalement inattendues!!! La tente a vibré une paire de fois mais on n'a pas bronché.

Ce matin, le vent est encore très puissant. Etrange phénomène.


Le réveil sonne à 6h mais on met un peu de temps à émerger...Puis c'est parti pour trier nos affaires à laisser ici et à emporter pour nos 4 jours de marche.


Mes affaires: un short, un débardeur, un T-shirt de montagne manches courtes, un manches longues, un pantalon de trek, un gilet, une polaire, la gore tex, collant polaire, bonnet, gants fins, deux paires de chaussettes, foulard, chaussures de rando, claquettes, lunettes de soleil, crème solaire, anti-moustiques, frontale, sac de couchage, drap de soie, oreiller, serviette/gant de toilette pour 2, bosse à dents/dentifrice, malarone, pharmacie, portable, petit appareil photo, sous et papiers.


Au niveau nourriture: 2 gourdes, filtre à eau, opinel, popote, 8 carottes, 8 petites aubergines, 3 soupes au quinoa lyophilisées, riz (600 g), macaroni (400 g), 10 tranches de pain de mie complet, 3 sachets de cacahuètes, bouillon de légumes, huile d'olive, sel, 4 briquettes de jus, 3 paquets de cookies différents, 4 petits "pains" denses, peanut butter, 6 pommes, 9 bananes, plaque de chocolat, 3 barres de céréales, sachets de thé.

Stanford arrive, comme convenu à 7h30 pétantes. On est surpris et surtout on n'est pas encore prêt. On accélère un peu. On démonte la tente. On dépose nos affaires dans une petite pièce. Gero discute vite fait avec un couple allemand qui a aussi dormi là. Ils étaient avec nous sur l'ilala ferry, c'est marrant.


A 8h, on démarre notre première étape. Aujourd'hui 4h de marche pour un dénivelé de 1000 M. On s'arrête plus ou moins longtemps à chaque point d'eau sur le chemin. Il y a la première cascade, Dziwe Wa Nkalamba (bassin de 16 mètres de profondeur), très jolie puis la seconde, Chapaluka. Le chemin qu'on emprunte porte d'ailleurs le même nom: le Chapaluka path. Il est possible à chaque fois d'y faire trempette voire de s'y baigner. L'eau est belle mais fraîche. On recharge régulièrement nos bouteilles aux mini-sources trouvées et on filtre l'eau.


Au début, le chemin est moyen car c'est une large piste carrossable et il y a des ouvriers à plusieurs endroits qui font des travaux. Mais le pente est progressive, c'est le côté positif. Puis, on entre davantage dans les bois. Parfois, on débouche à nouveau sur la piste. On grimpouille mais à l'approche de la rivière et des bassins d'eau, on descend pour remonter ensuite. Il fait chaud et on transpire beaucoup mais on s'estime quand même heureux de marcher en partie dans les bois et lorsque ce n'est pas le cas, le temps est plutôt couvert. On croise seulement un autre guide avec 3 Européens. Ils redescendent.

Plus on avance, moins on rencontre de gens. Après 3h environ de marche, on atteint le plateau. Ils appellent ça ici le bassin de Chambe. C'est vrai que ça fait penser à un bassin ou un cirque. On est entouré de montagnes spectaculaires et la vue est dégagée. La végétation est aussi assez variée: on voit plusieurs sortes de fleurs, d'arbres et d'arbustes. C'est très chouette :). Stanford nous dit que le gouvernement veut protéger cet environnement des locaux qui coupent à tout bout de champ les pins et les cèdres. Il y a bien sûr des frictions avec les locaux qui n'approuvent pas cette volonté. Le compromis serait alors de replanter de nouveaux arbres.


Le chemin est globalement très chouette aujourd'hui car s'il est par moments pentu, il reste ludique et varié: on saute de roche en roche au-dessus de la rivière, on franchit quelques petits ponts en bois, on escalade presqu'à 4 pattes certains passages. Bref, on ne s'ennuie pas. Pourtant, on est content d'arriver à la Chambe Hut juste celle après la France's hut. Notre guide nous dit qu'elle est beaucoup mieux et en effet on est enchanté par le refuge et sa situation juste magique.


Le chalet tout en bois est idéalement situé face à l'imposant Chambe peak (escalade possible). Le watchman est très accueillant. Dans le refuge à l'européenne, il y a une première pièce avec la cheminée, des tables, deux fauteuils et des coca/bières (on a l’œil ;)). Dans la pièce suivante, il y a des matelas et quelques lits en bois.

On n'a volontairement pas pris nos matelas sachant qu'il y en a et que ce n'est pas la saison touristique (il y en a seulement 8 ici alors ça peut aller vite).


Il est midi passé. Alors qu'on se pose sur les marches du chalet pour manger un bout, tout un groupe de randonneurs malawiens arrive. Ils s'empressent de nous saluer et de prendre une cinquantaine de photos avec nous! C'est trop fort! L'un deux est tout excité et répète: I like Mzungu, I like! C'est marrant :)


Puis on discute avec certains d'entre eux. Ce sont tous des gens d'église (central african presbyterian church, à vérifier) venus ensemble pour une excursion dans les montagnes. Ils ont un guide (évidemment). On le repère à ses chaussures de rando données par un touriste lors d'une randonnée précédente! Les autres sont habillés plus ou moins sportivement. Bressings, la seule femme du groupe, tient le pompon: elle est habillée en robe longue (très jolie au passage) avec des claquettes aux pieds. Normal quoi!! On finit par échanger nos numéros de téléphone. C'est un beau moment :)

On a l'après-midi devant nous. On profite...Gero fait la sieste pendant que j'écris. Vers 16h30, l'air se rafraîchit clairement.

Il y a un village juste en face de France's hut d'où on entend les gars jouer au foot (dont notre guide!). Sympa! Pendant ce temps, on voit des femmes se laver au ruisseau.

Le watchman nous propose de chauffer de l'eau pour qu'on prenne une douche à la bassine dans une des cabines en bois.

Pas besoin, on s'est déjà débarbouillé dès notre arrivée à l'eau froide. Plus tard, il nous allume le feu de bois dans la cheminée du refuge. On se met à cuisiner. On lui demande une casserole en plus exprès pour le feu. On ne se risque pas à mettre notre casserole semi-plastique sur le grill et les flammes. Ça nous permet aussi d'aller plus vite car on chauffe en parallèle le riz sur le feu et les légumes sur notre réchaud. Il fait déjà nuit noire quand on mange à la lumière de la frontale et du feu. A propos, je ne trouve pas ma frontale. C'est le drame!! L'ai-je vraiment oubliée? ! En fait, elle réapparaît ce soir au moment où je me lave les dents. Je l'avais rangée dans ma trousse ce que je ne fais jamais d'habitude ;)


Vers 20h, on est déjà au lit sur deux matelas l'un sur l'autre eux-mêmes sur un lit (une planche) en bois. Je m'habille chaudement, réflexe "montagne" oblige. Mais très vite, j'ai bien trop chaud. Hop, changement pour me remettre dans mon pyjama habituel léger!

23

Aujourd'hui longue étape:

Partie 1: chambe hut 1850 M - chisepo hut 2200 M / 2h30

Partie 2: chisepo hut 2200 M - sapitwa 3002 M aller-retour / 2h30 de montée et 1h40 de descente


Réveil vers 6h30 ce matin. Cette nuit a été reposante même si Gero nous a réveillés avec ses rêves. D'abord, il était persuadé que le livreur de pizzas était à la fenêtre pour nous apporter nos pizzas ;). Puis, plus tard dans la nuit, il voulait récupérer son sac à dos car il avait peur que quelqu'un entre pour nous voler...Moins fun...En réalité, la nuit a été très calme et paisible ;). Et en terme de chaleur, j'ai dormi seulement avec mon drap de sac. Top!

Le watchman vient nous faire du feu et si ce n'est pas vraiment nécessaire, c'est agréable car il fait encore très frais. Je mets d'ailleurs un pantalon et une polaire. Je sors et je constate que la vue est toujours aussi belle qu'hier. C'est vraiment un endroit superbe.

Après le petit-déjeuner, on s'enregistre dans le livre et on donne 1000 kwacha (1,10 euro) au watchman en guise de pourboire. On ne sait pas exactement combien donner. Selon l'office des forêts, il sera bien de donner 2000 ou de faire selon son cœur (merci mais ça ne nous aide pas trop hein!). Selon les différents blogs et personnes rencontrées, les sommes varient entre 200, 500, 700, 1000..


Ça y est, on décolle pour notre deuxième jour de randonnée. Il est 7h30. Le ciel est un peu couvert et l'air est frais. Parfait pour randonner.

Notre premier objectif pour aujourd'hui est la Chisepo Hut. Ce matin, je me sens bien plus en forme qu'hier et je n'ai plus l'impression que mon sac pèse 10 tonnes. Ça fait plaisir :)


Le chemin commence par monter pendant une bonne demi-heure mais la pente et son revêtement permettent une marche assez régulière et donc sympa. Stanford nous dit que c'est par ici que passe le semi-marathon qui a lieu tous les ans en juillet. Il y a participé l'année dernière et a fini 50e. Pas mal!!! A la base, c'était pour les porteurs et guides de Mulanje. Peu à peu, la course est devenue populaire jusqu'à attirer les Européens.


Une fois en haut sur un court replat, Stanford s'aperçoit qu'il a oublié de rendre la clé au watchman. Il doit donc se faire un aller-retour express. Nous, on continue notre rando sans guide pendant plus d'une heure! Le paysage est à partir de ce point superbe car la vue est large et des montagnes imposantes nous font face. On découvre aussi différentes sortes d'arbres et de plantes comme le "stag's horn lily" - cet arbre foncé et aux belles fleurs blanches ou encore les "aloes". On voit par ailleurs de plus en plus de "everlasting sun flowers" aux tons jaunes. Les orchidées sauvages violettes sont aussi superbes et surprenantes dans ce décor. Enfin, on retrouve les fameuses "proteas", ces plantes aux fleurs rosâtres qui semblent toutes douces, arbres emblématiques de l'Afrique du Sud et déjà rencontrés sur les pentes du Kilimandjaro.

Les alentours sont donc variés et plaisants à explorer :)

Après une agréable descente, nous subissons plusieurs petites montées-descentes dont une méga descente. Happy de ne pas devoir remonter par là! Aie aie aie. Puis, nous prenons en bas à gauche au panneau bleu (Chisepo) pour entamer une longue montée. Je me sens très en forme ce qui ne me pose aucun problème. Ce n'est pas trop raide en plus de ça. Il faut quand même faire attention où on pose les pieds car le chemin est caillouteux et irrégulier. Je suis contente d'avoir à nouveau mes deux bâtons en état contrairement à hier (j'ai réparé le défaillant hier à l'aide de notre gros scotch). En haut de cette belle pente, Stanford nous rattrape. Il ne nous reste plus qu'à descendre avec déjà en ligne de mire notre refuge. C'est motivant :)

Vers 10h, nous découvrons notre hutte pour la nuit! On est très enthousiaste. Le refuge est très joli de l'extérieur comme à l'intérieur. Je le trouve même plus sympa qu'hier car plus petit et cozy. Il y a une seule pièce avec cheminée, tables et dodo. A propos, dodo, cette fois-ci, on doit poser les matelas à peine le sol. Le plancher semble un peu plus solide qu'hier, ouf! Du moins, on ne voit pas à travers là où on installe nos lits ; ).

On s'installe dehors. Le lieu est superbe! On est entouré de montagnes plus ou moins proches.

Comme il est tôt et qu'on se sent bien, on décide d'enchaîner pour le sommet, le Sapitwa. Avant ça, on prend le temps de nous reposer et surtout de manger un bout. J'ai déjà faim depuis plus d'une heure et rêve de nos macaronis aux légumes qu'on compte se cuisiner ce soir!!! En attendant, on grignote.


11h30: objectif Sapitwa. Tiendé (=let's go en chichewa) !!

On prend seulement un sac à dos pour deux (avec comme porteur officiel Gero) avec une pomme, des fruits secs, deux barres de céréales, des cacahuètes et quasiment 4 L d'eau. On prend aussi des affaires chaudes et de pluie, la pharmacie au cas où.


De notre point de départ, on ne voit pas le sommet, caché derrière. Par contre, on voit la pente rocheuse qui nous attend. On est confiant. Très vite, le chemin devient étroit et irrégulier. Les plantes griffent mes jambes, Achtung! Mais on n'a encore rien vu. Peu à peu, on se retrouve à même la roche! Et quand je dis roche, je veux dire un versant entier rocheux! Et on marche dessus sans détour, en plein dans la pente qui est affreusement raide. On y est presque à 4 pattes. Le détail, c'est qu'il s'agit de longs passages. J'avoue que, sans sac, je me sens forte et mes jambes tiennent bien. Gero est plus en souffrance et doit gérer son souffle. Puis, on fait face à d'autres passages non pas sur la roche mais entre les rochers. On saute de l'un à l'autre. Parfois, ça paraît presque impossible mais on s'entraide. Après 1h15 d'un effort intense, nous voilà à mi-chemin.

Une bonne pause s'impose! Puis le relief se radoucit pendant une quinzaine de minutes. On marche à travers une sorte de blé des champs et ces plantes vertes qui piquent les jambes au passage. On se dit alors que le plus dur est passé mais ça, c'était juste pour nous rassurer! C'est parti pour plus d'une heure d'ascension téméraire et très sportive! A ce niveau là, il est plus que nécessaire d'être non seulement un randonneur aguerri mais aussi de ne pas avoir le vertige ni d'avoir peur de sauter de roche en roche, d'escalader ou de passer à 4 pattes certains passages semi-souterrains!! Honnêtement, je m'éclate. Je trouve le parcours très ludique et je sens que mes pas sont assurés! Je ne ressens pas d'angoisse et je sais mesurer l'éventuel danger de certains passages dans lesquels je suis plus prudente. On range aussi bientôt nos bâtons car ils nous embêtent plus qu'autre chose. On a besoin de nos mains très souvent pour escalader les roches. Le sac pose aussi par endroits problème comme dans les passages "souterrains" alors il faut soit le mettre devant soi soit le faire passer d'abord.

On passe le "rabbit area" et on comprend mieux pourquoi: deux énormes roches en forme d'oreilles de lapin se dressent devant nous! Chouette:)

Non loin de là, on aperçoit le sommet du Sapitwa! On a l'impression d'être presqu'arrivé mais on se rendra compte qu'il nous reste encore bien 20 minutes car on doit faire le tour. Gero se sent mal et a la nausée. Le pauvre, son ventre lui joue encore des tours :(


Lors de cette dernière portion, on traverse encore un paysage étrange fait de nombreux arbres plus ou moins secs ou brûlés dont les branches se mélangent aux énormes roches. On longe le pied de la falaise dans laquelle il y a notamment une grotte profonde mais non explorée selon Stanford. On ne compte pas être les premiers non plus ;)

La belle falaise est recouverte par endroits de lichen. C'est élégant. Certains campent au pied de la falaise pour pouvoir assister au coucher et au lever du soleil.


La toute dernière montée est assez périlleuse car on grimpe des rochers raides et parfois distants les uns des autres. On doit aussi s'asseoir pour passer son corps sous une roche etc...


Et enfin, nous y voilà après 2h30 d'ascension au total!!! Bravo :))) le Sapitwa culminant à 3002 M d'altitude est le plus haut sommet du Malawi. Il n'est pas particulièrement impressionnant en soi et ne semble pas dominer les autres pics qui sont eux-mêmes assez élevés. Néanmoins, le chemin pour y accéder constitue lui un beau défi. Et on est bien surpris de constater que personne ne nous en a informé (office des forêts, guide...). Stanford nous précise d'ailleurs seulement maintenant que beaucoup de randonneurs renoncent. C'est aussi le cas de Daniela et Tomas rencontrés à Likhula. J'accepte aussi mieux le fait d'avoir un guide. Cela me paraît même indispensable pour cette ascension car le chemin n'est pas un chemin classique. Il y a certes des flèches rouges sur les roches tout au au long du parcours qui permettent d'avancer. Néanmoins, certains passages sont tellement délicats qu'on se demande si c'est vraiment bien par là?! Seuls tous les deux, je pense qu'on aurait renoncé en chemin en se disant que c'est trop risqué. De plus, on a continué à utiliser maps.me en parallèle par curiosité. Un autre chemin non existant pour atteindre le sommet est indiqué. Ce n'est pas le bon. Attention, la confusion peut donc être grande...

En haut, Gero a besoin de s'allonger et de se reposer pendant que je discute avec Stanford qui me raconte les histoires et légendes du coin. A propos de dangerosité de la montagne, une plaque à la mémoire de Gabriel Buchmann est posée au sommet. Ce randonneur de 28 ans est décédé dans ces montagnes en 2009. Alors qu'il avait un guide, il l'a payé en plus pour que le guide le laisse faire l'ascension seul. Le temps était mauvais et Gabriel s'est complètement égaré. Après de multiples recherches, il a été retrouvé mort deux semaines plus tard sur une montagne bien plus loin...Depuis, il est obligatoire d'avoir un guide quoiqu'il en soit. Ok, leçon comprise.


Puis, Stanford nous dit que Sapitwa veut dire : "n'y va pas!". Heureusement qu'on ne le savait pas avant hein! ; ) Selon la légende, il y a des esprits ici...Des gens peuvent justement disparaître...


Vers 15h, on se remet en route car on veut être rentré avant la nuit. La descente est aussi périlleuse que la montée, voire plus car il faut rester très concentré sur ses pas même si la fatigue s'accumule. Stanford insiste pour prendre le sac de Gero. Je dis que je peux le porter. Rien à faire. Bon, au moins, avoir un guide vaut vraiment le coup aujourd'hui ;)


Je fais le chemin inverse avec autant de plaisir qu'à l'aller jusqu'à mi-chemin. Puis ça se corse un peu lors des passages hyper - raides. On fait de plus petits pas. Incroyable comme nos chaussures tiennent bien la route :) Gero réutilise ses bâtons. On voit le refuge d'ici et c'est encourageant car on voit qu'on descend vite! La fin de la descente approche comme tout la fin de journée. Le soleil se cache déjà derrière les montagnes. Après 1h40 de marche, nous retrouvons notre chalet douillet et Elsa sur la terrasse (la française rencontrée sur Likoma Island il y a plus d'une semaine)!!! Quelle surprise. Elle est montée directement aujourd'hui de Likhubula et compte faire le sommet demain. Gero se sent très nauséeux et KO. La "douche chaude" lui fait du bien comme à moi. Alors concrètement, la douche chaude consiste en une bassine d'eau chauffée au bois par le watchman mise à notre disposition dans la "salle de bains", cabanon en bois. Le vent froid passe à travers les murs, ça caiiille! Après s'être débarbouillé (merci pour le savon Elsa;)), on renverse en alternance la bassine d'eau chaude sur l'autre, le boooonheuuur!!

Puis on cuisine tranquillement pendant qu'Elsa se met déjà au lit vers 18h30. On s'endort plus tard, vers 20h, en écoutant de la musique. Il fait plus frais cette nuit car on est plus haut.

24
24
Publié le 4 octobre 2018


Etape entre Chisepo Hut et Lichenya hut / 3h de marche


A 5h du matin, le watchman vient déjà allumer le feu!! En fait, Elsa nous avait prévenu que son départ pour le sommet est prévu ce matin à 6h. Elle a également un guide. Elle a négocié avec lui pour avoir à lui payer la totalité. A lui de se débrouiller pour régler l'entrée du parc, les refuges, les watchman. Même le pourboire est déjà compris. Ils se sont mis d'accord pour 100 dollars pour 3 jours.


Nous, c'est grasse mat' ce matin. On l'a bien méritée:). On se lève donc tranquillement plus tard. Il fait beau, le temps est agréable et invite à petit-déjeuner dehors :).

9h45: départ pour une étape de 4h30 théoriques. On ira bien plus vite même si on se sent quand même fatigué de l'effort d'hier. On grimpe tout d'abord la montée descendue hier matin. Elle est agréable car progressive. Puis, on marche la longue descente qui me paraît bizarrement interminable dans ce sens. Le revêtement est si caillouteux et irrégulier que ça en est fatiguant. J'ai besoin de concentration, ce qui n'est pas toujours simple car Stanford nous parle des fois en même temps! On s'arrête donc automatiquement à plusieurs reprises pour mieux se comprendre, c'est marrant!

Après une heure de marche, on se retrouve à l'intersection d'hier avec les différents panneaux. On descend aujourd'hui dans les bois. C'est sympa car ça change de décor et il fait plus frais. On croise beaucoup de porteurs de bois et de fait des zones de coupe de bois. Stanford nous dit que c'est illégal mais qu'il ne se permet pas de dire quelque chose de peur des représailles. C'est officiellement interdit dans tout le parc mais tout le monde ferme les yeux...Le problème pour les guides c'est qu'ils ne veulent pas que la nature se dégrade car le risque de perdre des touristes est élevé. Non seulement, certains endroits sont saccagés mais des pans entiers de montagne sont brûlés car les feux provoqués par les coupeurs ne sont pas maîtrisés et s'étendent.

Alors à partir de là, aux dires de notre guide, le chemin est censé être plat...Je suis un peu dans le dur (psychologiquement) en constant que c'est tout sauf plat!!! Grrr...!! Je pense que dans son langage, PLAT = la moyenne des montées et descentes successives ?!

Le chemin est néanmoins sympa dans l'ensemble car il n'est pas trop pentu et les paysages changent comme ce petit coin verdâtre quelque peu marécageux.

On atteint rapidement notre nouveau refuge et ça nous va bien comme ça. On a pris un peu le soleil sans s'en rendre compte : il y avait un peu de vent et le temps nous a paru idéal mais c'est trompeur en fait! On a bien fait de boire beaucoup en route et c'est bien aussi qu'on ait pu recharger entre temps (après 2h de marche, dans la zone marécageuse, il y avait une petite source).


Ici, le watchman a l'air aussi très gentil et tout timide. Il y a quelques autres personnes devant sa maison. Ils nous saluent. Ce refuge est le plus grand des trois; il comprend trois pièces à l'intérieur: le salon avec la grande cheminée, une pièce de part et d'autre dont une avec cheminée. Il y a même une mezzanine. Dehors, il y a une belle terrasse avec tables et bancs. On est enchanté :)

On fait sécher nos affaires au soleil, on charge nos portables avec notre super panneau solaire (on a vraiment bien fait de le prendre) et on se fait un mini-lunch.

On se sent tous les deux bien KO. Pendant que j'écris tranquillement sur la terrasse, Gero se repose et bouquine.


Vers 16h, on se prend une douche tant qu'il ne fait pas encore nuit. On a trop caillé hier soir! Puis en rentrant au refuge, on tombe sur un couple de randonneurs français venant d'arriver à l'instant. On se pose pour discuter ensemble de la randonnée, de notre séjour au Malawi et plus.

Salle de bain à la montagnarde 

On se met à préparer à manger comme chaque soir. Gero a faim, c'est bon signe :)


On passe une belle soirée tous les 4 à refaire le monde! Vers 21h, on rejoint nos lits respectifs :) Il y a beaucoup de vent ce soir et on entend son sifflement à travers les multiples trous entre les fenêtres. Le toit fait de tuiles et de tôle vibre fort aussi. On espère juste qu'il ne va pas pleuvoir car il y a des espaces entre les tuiles du toit ;) Sur ce, bonne nuit!

25
25
Publié le 4 octobre 2018


Etape Lichenya Hut à CCAP Guesthouse / 3h de marche


Ce matin, le soleil joue de plus en plus à cache-cache avec les nuages. Je vois peu à peu les sommets se couvrir.


Après notre petit-déjeuner et après avoir donné un pourboire au gentil watchman (1000 kwacha comme chaque jour), on démarre notre dernière journée vers 8h. On dit au revoir à Quentin et Sybile qui redescendent par un autre chemin.

On connaît le profil du début de notre chemin d'aujourd'hui puisque la première montée est en fait la dernière descente d'hier. Ça me donne un sentiment d'assurance car je sais d'avance que le chemin est progressif et agréable. Il nous faut quand même 50 minutes pour arriver en haut (contre 30 à la descente hier) mais je ne vois pas le temps passer. Par contre, ce qu'on voit passer au-dessus de nous, ce sont les nuages menaçants. Il finit par se mettre un peu à pleuvoir mais ça ne nous dérange pas car il fait bon et ça ne dure pas. Le paysage est intéressant: je le trouve complètement différent d'hier! En aval, on se croirait dans les Highlands en Ecosse (et pas qu'à cause du mauvais temps!). En amont, le paysage est complètement noir à cause des feux de forêt. Ça rend le paysage atypique!

Une fois en haut, c'est parti pour la descente et ce jusqu'à Likhubula (2h10). Le temps est meilleur de ce côté. On a une superbe vue sur tout le Chambe Basin (cf J1). C'est d'autant plus grandiose qu'on voit carrément la partie sous le bassin: ce sont comme des falaises, pilotis du plateau et des montagnes. On peut aussi retracer notre itinéraire de loin pour J1 et J2. C'est chouette et impressionnant de voir tout le chemin parcouru!

La descente est fatigante car il y a beaucoup de roches et cailloux. Gare aux faux pas. Les bâtons aident bien. On traverse aussi toute une portion exploitée par les coupeurs de bois et ce n'est pas beau à voir!! Le paysage alentour est tristounet.


On arrive ensuite sur le "Milk run" path. Ce nom réfère à l'histoire de la construction de ce chemin pour laquelle les premiers ouvriers étaient payés non pas avec de l'argent mais du lait. On avait lu que ce chemin est le plus facile...Certes dans les 2/3 inférieurs du chemin mais pas du tout dans son premier tiers pentu, rocheux et irrégulier. Je transpire...et je dois me concentrer!

Puis on rejoint les bois. Le chemin s'adoucit largement et la marche peut s'accélérer sans trop d'efforts. Il y a de magnifiques blocs de pierre figés dans la forêt. C'est très beau!

Il est possible d'ici de rejoindre la première cascade et son bassin (cf J1) par une descente raide. Ça dirait bien à Gero. Moi, j'ai plutôt envie de continuer pour arriver à bon port tôt. On poursuit...et on arrive vers 11h à notre Guesthouse! On est content que la randonnée soit finalement beaucoup plus courte qu'annoncée (5h théoriques).


En plus, on est chanceux car à peine arrivé, il se met à pleuvoir comme vache qui pisse ;) Timing parfait!!!!

On remercie Stanford pour ces 4 jours avec lui. Il est vraiment super sympa, calme, bienveillant et très intéressant. Et il parle bien anglais, ce qui est un bel avantage:). On lui offre une petite tour eiffel, ça a l'air de lui faire plaisir et bien sûr, on lui règle le reste de son salaire avec un pourboire de 9000 kwacha en plus (10 euro).

Je lui demande son numéro de téléphone car je tiens vraiment à le recommander en tant que guide aux futurs randonneurs. Voici: Stanford Mulanje tour guide +265888456174 (il utilise what's up aussi).

Après une looongue et bonne douche à l'eau chaude (4 gouttes) et froide, on se pose dans la cour du lodge où on retrouve Elsa. Elle refait tout son sac et enchaîne à 14h pour Mulanje en taxi. Elle souhaite profiter des plantations de thé demain matin. On se dit au revoir pour la deuxième fois de notre périple; )

Gero dans la cour 

A propos des guides, nous avons fait face à différents cas de figure qui peuvent être intéressants pour de futurs randonneurs:


1. Nous: on paie l'entrée du parc (1000 kwacha par personne) - on s'enregistre à l'office des forêts - on y paie les nuitées d'avance pour 1000 kwacha par personne par refuge - le responsable nous appelle un guide officiel (ils ont une liste de guides officiels et ça tourne) - on paie 25 dollars par jour au guide (un quart avant le départ pour ses achats et le reste après) - à chaque refuge, on donne un pourboire au watchman (1000 kwacha) - à la fin, on donne un pourboire à Stanford (9000 kwacha).



Au total, ça nous revient à 99000 kwacha (hors nourriture pour 4 jours) = 116 euro pour deux


2. Quentin et Sybile ne voulaient pas de guide comme nous...Eux, ils ont trouvé une autre solution. Prêts à laisser tout tomber, ils ont fini par choisir un guide non officiel parmi l'attroupement des "guides" devant l'office des forêts. Ce guide leur a proposé la somme dérisoire de 5000 kwacha par jour (6 euro). Ils ont payé l'entrée du parc comme nous (1000 kwacha par personne) mais n'ont pas réglé les frais de refuge à l'office. Ils l'ont fait une fois arrivés au refuge auprès du watchman en plus du pourboire. Leur guide ne figure pas sur la liste officielle des guides et ne cause pas non plus. Il guide. Point! A Quentin, ça lui convient parfaitement, il ne souhaitait pas plus.


3. Elsa a son propre guide qu'elle a contacté personnellement en amont (contact donné par d'autres voyageurs). Elle a tout organisé, jusqu'au transport, avec lui en amont. Et à lui de payer l'entrée du parc, les refuges , les watchman et son propre pourboire est déjà compris. Elsa nous dit quand même qu'elle compte lui donner un pouboire de 10 euros en plus. Il figure sur la liste officielle en tant que porteur mais pas encore guide. Pourtant, Elsa le paie tout autant.


4. Daniela et Tomas rencontrés avant notre trek n'avaient pas du tout de guide. Mais comment ont-ils pu passer entre les mailles du filet?! C'est simple, ils ont menti...Ils ont affirmé à l'office des forêts avoir déjà un guide avec qui ils ont tout organisé et hop le tour est joué ;).


Au CCAP Likhubula guesthouse, on se pose encore un peu pour manger un peu de pain et des cacahuètes. Deux gamins sont là en train de plus ou moins quémander. On finit par partager notre pain avec eux. Il y a beaucoup de mouvement aujourd'hui. On réalise qu'on est dimanche. On est dans un lieu religieux, c'est pourquoi toute une foule de croyants endimanchés sont réunis pour l'occasion. Gero a envie de changer d'endroit pour dormir. Je suis OK. On part pour Likhubula forest lodge non loin d'ici. C'est encore plus joli et à peine plus cher (4500 kwacha par personne). On campe dans le jardin tout coquet à l'arrière du lodge très soigné et propre. On lave un peu de linge et on se repose face à une belle vue sur les montagnes.

Puis le temps est à nouveau instable et plusieurs averses se déversent sur nos têtes. On est chanceux de ne plus être en montagne, aie aie aie!! Vers 16h30, le ciel se met même à gronder. On avait presque oublié ce que ça fait après tant de chaleur et de soleil! Ce qui est top dans ce lodge, c'est qu'on peut se mettre sous une véranda ouverte sur des fauteuils à bascule ou carrément à l'intérieur dans un petit salon. Ça tombe donc à pic pour nous!

On a pris de belles couleurs ces jours de trek, on s'en rend compte seulement maintenant :). Et on sent aussi que ces 4 jours de crapahutage dans les montagnes nous a ouvert l'appétit:). C'est pourquoi dès 17h, on part au Hiker's nest pour anticiper la commande car on sait que ça prend toujours du temps. Tout est cuisiné frais donc forcément...On rencontre une famille d'origine indienne qui vit à Blantyre. Les hommes nous offrent des chips de pommes. Merci, c'est gentil :). Puis on discute un peu avec eux.


Ce soir, on est seul au restau donc ça va plus vite. On avait prévu de quoi s'occuper mais finalement on est surpris de déjà recevoir nos plats après une demi-heure ;). On dévore et on trinque à la savanna (le fameux cidre d'Afrique du Sud).


On demande par curiosité le prix des chambres ici car il ne figure pas dans les guides et pourtant ils sont accueillants comme tout. A l'intérieur de la maison, il y a une chambre avec SBD pour 25 000 kwacha pour 2 (15000 seul) et à l'extérieur, il y a une chambre pour 15500 pour 2 (10500 seul). On peut aussi camper pour 3500 kwacha par personne. Nous, ce soir, on paie 4500 kwacha par personne (5 euro) mais le cadre est bien plus beau. A CCAP Guesthouse, c'était aussi 3500 kwacha. En termes de repas, on peut manger à Hiker's nest comme à CCAP mais pas à Likhubula forest lodge.


Ce soir, dehors, c'est très venteux et d'énormes averses se font entendre. On est bien content d'être dans le restau pour l'instant. On pense à notre tente et notre linge dehors...On verra bien!


C'est vrai que des fois, je ne précise plus certains détails comme celui de l'électricité mais là, j'y pense. Alors que la nuit tombe, il fait nuit à l'intérieur et la dame apporte une seule bougie pour toute la pièce!! On y est maintenant habitué. Puis l'électricité revient quand on mange. Cool! C'est toujours plus sympa de voir ce qu'on mange ;).


On rentre vers 19h alors qu'il fait nuit NOIRE. Ce soir, le ciel est partiellement couvert et l'absence de la lune ne nous permet pas d'avancer sans lampe! Il n'y a pas non plus une seule lumière dans les environs. Plus personne est dans la rue. C'est complètement désert! On a l'impression qu'il est déjà tard mais pas du tout! On croise juste des petits grenouilles qui sautent à l'approche de notre frontale!!


On réussit à arriver au lodge sans se faire saucer! Trop fort! Puis on s'installe bien au chaud et au sec surtout dans le salon intérieur. Le décor fait ancien et à l'européenne.


Vers 21h, au dodo! Le vent souffle fort et les averses continuent. On est tout bien dans notre tente douillette :)

26


Notre réveil se fait sous le soleil encore un peu menacé par les nuages. La lumière est belle et l'air est frais. C'est très agréable pour petit-déjeuner. Je me répète mais cet endroit est très chouette.

Je demande des moto-taxis que je négocie pour 1000 kwacha/personne. Nickel, ça le fait sauf que je ne précise pas qu'on n'est pas encore prêts du tout!! Et évidemment, pour une fois, ils sont rapides et arrivent 5 minutes plus tard. Gero est super stressé et énervé contre moi!!! Je vais les voir pour leur dire qu'on a encore besoin d'au moins 20 minutes. Ils me disent qu'il n'y a pas de souci, ils attendent! Tout va bien, no stress!! La notion de temps n'est pas la même et dans ce cas-là, ça nous arrange bien ;). C'est quand même rangement express!

A 9h, on décolle pour redescendre jusqu'à Chikatale sur la piste de terre à travers ce beau décor entre montagnes et plantations de thé. Il fait presque frisquet sur la moto mais c'est tellement agréable. J’emmagasine de l'air pour plus tard;). Par contre, je ne sais vraiment pas comment ils font mais ils n'ont jamais de lunettes de soleil contre la poussière ambiante. En route, on s'arrête. Des locaux donnent de l'argent à mon conducteur qui est chargé de leur acheter de l'air tel en ville!

30 minutes plus tard, nous marchons pour sortir de la petite ville. On passe le marché bien fourni ce matin. Des ananas et d'étranges fruits à côté nous font bien envie.

Mais on ne veut pas se charger pour le long trajet d'aujourd'hui. Dommage!


On passe les mini-bus en refusant chaque proposition et on sort de la ville. Et pour cause, aujourd'hui est un nouveau jour: on veut tester l'auto-stop :). Quentin et Sybile se déplacent essentiellement de cette façon et nous ont raconté que ça marchait bien. Ça ne nous était pas venu à l'idée avant mais pourquoi pas, ça peut changer du mini-bus hyper blindé et qui s'arrête toutes les 30 secondes. On n'a pas grand chose à perdre de toute façon! Allez, c'est parti pour du blablacar local:).


On se met sur le côté de la route et je me place en premier, avec la bras tendu et non pas le pouce mais un geste du bras de haut en bas, la main vers le sol. C'est comme ça qu'ils font ici. Et puis j'y ajoute un grand sourire. Peu de temps après, une voiture s'arrête et la personne ne va pas très loin donc ça n'a pas intérêt pour nous. La plupart des conducteurs nous font aussi un signe sympa comme quoi ils restent dans les coins. A peine 10 minutes plus tard, c'est la bonne! Une petite nissan bordeaux toute neuve s'arrête: le couple va à Blantyre, notre première destination visée. On parle directement de prix. On propose 1000 kwacha par personne sachant que le minibus coûte 1500 kwacha. Ils sont OK. On est tout content que ça ait marché rapidement. Et c'est bien aussi qu'on se soit mis d'accord sur le prix comme pas de stress sur ce point. C'est déjà clair.


Nous voilà dans une voiture confortable toute neuve car le couple vient d'aller la chercher non loin d'ici. Ils sont vendeurs de voitures ;). On ne pouvait pas mieux tomber.

Le conducteur appuie bien sur le champignon. On a l'impression qu'il veut nous montrer sa "bonne conduite" ;). On discute de leur vie et de la nôtre. C'est très intéressant et sympa. Il faut savoir que ce sont des Malawiens d'une catégorie sociale clairement plus élevée. On le voit à leurs vêtements et à leur façon d'être.

Les paysages défilent, les villages s'enchaînent. C'est très chouette:). On se fait arrêter plusieurs fois par la police qui contrôle le permis de conduire, l'assurance.

1h20 plus tard, on arrive à Blantyre. Le conducteur est sympa car il nous dépose sur la route pour Lilongwe au niveau d'une station essence et des mini-bus.


J'en profite pour aller aux toilettes dans le bâtiment de Total avec l'écriteau géant "Bonjour"!! Et là en entrant, la douce odeur de pain au chocolat m'arrive aux narines...! Je salive!! Je regarde ce qu'ils ont: que des produits à la française comme des viennoiseries, des quiches...Le bonheur mais je résiste! C'est cher alors ça me dissuade;).

Dehors, il y a un ATM. Nickel, on souhaitait retirer des sous car avec notre trek, l'argent s'est envolé dans les montagnes; ). On retire 40000 kwacha (47 euro).

Blantyre...comme partout, les femmes portent tout sur leur tête, même leur sac à main des fois! 

On décide de marcher un bout pour se positionner au bon endroit pour faire à nouveau du stop pour Lilongwe cette fois-ci! On est motivé :).

Rapidement, une voiture s'arrête et Davy nous propose de nous emmener à l'aéroport. Ce n'est pas notre but. Il insiste en nous disant qu'aucune voiture ne s'arrêtera ici à cause de la police. Il veut nous déposer là où on pourra avoir une voiture. Ok, ça marche! Il est super gentil et on prend plaisir à rouler la vingtaine de minutes avec lui. Il est en fait taxi et va chercher des gens à l'aéroport. Il ne nous fait pas payer car il voulait juste nous aider et il va de toute façon dans cette direction. Trop gentil:)) Il nous dépose à la station petrola après l'aéroport et toute une foule attend...une voiture de locaux que des rabatteurs arrêtent: ils leur demandent où ils vont et combien de personnes ils veulent bien prendre. C'est une scène très étrange! Surtout quand les gens se poussent et se battent presque pour entrer dans les voitures...

Vue sur les environs de Blantyre d'ici!  

On décide de s'éloigner pour faire du stop mais ça ne fonctionne pas mieux. Alors pendant que Gero patiente à nouveau parmi la foule (aucune queue, c'est l'anarchie totale), je pars explorer les environs de la station essence pour trouver une voiture. Je tombe d'abord sur un mec qui me donne le numéro de son pote qui compte partir aujourd'hui pour Lilongwe. Gero appelle. Il nous dit qu'il nous rappelle dans 5 minutes, au bout du compte jamais. Puis je vais à la fenêtre d'une autre voiture. Paul a bien l'intention d'aller à Lilongwe avec son compagnon de route. Je négocie 3000 kwacha par personne. C'est OK. Quand je lui dis qu'il y a aussi Gero, il hésite/ Bon...OK. Je m'empresse d'aller chercher Gero toute contente:) On embarque Gérald avec qui Gero discute. Paul résiste un peu à le prendre en plus à bord puis il accepte. Par contre, Gerald me casse ma négociation par rapport au prix en disant que le bus coûte environ 5000 kwacha. Voilà du coup, on doit tous payer 5000 kwacha. Aaah! Le boulet! Pas grave car ça vaut toujours méga le coup de covoiturer sachant que je n'ai pas dégoté n'importe quelle voiture: une porsche flambant neuve :) Et ouaiiis...!! Paul nous dit que c'est probablement la seule du Malawi ;) Tu m'étonnes! Qui peut se le permettre ici.

Allez hop, c'est parti. Les deux sont très sympas et mettent l'ambiance. On entend en boucle des chansons pop, hip hop ou plus douces et on se rend vite compte que ce sont des chants religieux! Trop fort, c'est hyper moderne. Ils chantent et bougent dessus!! On échange de grands sourires. Gérald est aussi à fond dedans! La musique est comme toujours plein pot! Et on hurle pour discuter ensemble. Gérald adore la musique et joue lui-même du piano. Il va même sortir un CD avec son groupe. Il a aussi un business en cours. Il nous donne sa carte. On comprend aussi peu à peu qu'il appartient à la haute société. Il vit avec son oncle consul à Lilongwe dans une belle maison dans le quartier présidentiel. On discute bien ensemble. C'est super intéressant. On lui offre une petite tour Eiffel, ça lui fait très plaisir.

Pendant le trajet, on a quelques frissons car on roule très très vite, trop vite parfois. Il y a peu de voitures sur la route mais quand même quelques unes ainsi que des minibus, des villageois, des cyclistes, des biquets. Des fois, c'est moins une. Mais ça fait partie du jeu: ils ont une super voiture et ils appuient sur la pédale. Il y a de nombreux vendeurs sur la route qui tendent des brochettes de viande ou attendent patiemment avec leurs fruits, légumes, paniers à vendre.

Je prends plaisir à découvrir le paysage même s'il défile par moments à toute vitesse. Il y a de jolies collines avec à leur pied des petits villages à l'ancienne. Parfois, les terres semblent très volcaniques et les sommets alentours sont pointus. Puis la lumière est de plus en plus vive et les villages traversés très animés. J'adore l'ambiance mais on sent aussi qu'on se rapproche de la grande ville.


A peine 2h45 plus tard (contre 4h avec un bus), nous arrivons à Lilongwe. Il est 16h.

C'est la première fois qu'on voit autant de voitures et en prime de bouchons. Il y a beaucoup de piétons aussi. Paul et Mate nous déposent devant l'énorme supermarché déjà vu à Mzuzu, Shoprite, dans la vielle ville. Photos souvenirs - remerciements - échange de numéros - bye bye!

On est très content de nos belles expériences d'aujourd'hui. Pensée pour vous, Quentin et Sybile;) Et c'est la classe d'arriver de jour dans cette capitale bien moins sûre de nuit! On décide de marcher jusqu'à l'hébergement visé à plus d'un kilomètre et demie d'ici. On s'oriente grâce à maps.me comme toujours. Ça grimpouille un peu et on longe la route donc le chemin n'est pas génial mais praticable. On transpire à nouveau à cause de l'effort, ça faisait longtemps! Enfin, on atteint Mabuya camp. Il est possible aussi de prendre un tuktuk pour environ 1000 kwacha le tuktuk. C'est un endroit clôturé et protégé des regards extérieurs. L'intérieur est très sympa. On peut camper sur des emplacements plutôt pas mal ou on peut aussi dormir dans des dortoirs propres et soignés ou dans des chalets, maisonnettes. Il y a donc l'embarras du choix. Il y a même une piscine, des balancelles, un billard, des petits salons cozy et du wifi payant. Le personnel est souriant et serviable (sauf en cuisine où c'est bof bof). On opte pour le camping à 7 dollars/personne (dortoir: 12 dollars /chalet: 40 dollars en tout). Pour une capitale, ça reste très top. Il y a déjà quelques autres tentes. Ça ne nous arrive pas souvent. Il y a aussi un 4x4 avec tente sur le toit, des vans. C'est plus varié que d'habitude et même s'il y a plus de monde, l'ambiance reste familiale et détendue.


On s'installe tranquillement et on commande à manger au bar. Avec la commande, on descend au restaurant en contre-bas et on y donne notre commande. Il n'y a pas de choix pour le petit-déjeuner et le lunch. Le soir, seulement trois plats sont proposés dont un avec viande, un végétarien et un avec haricots. Les portions sont correctes et la cuisine plutôt bonne. Le petit restau semi-extérieur est coquet et donne envie d'y rester. C'est ce qu'on fait d'ailleurs: on profite de cette belle soirée avec Daniel (Autrichien) et Vera (Allemande) qu'on vient de rencontrer. Ils vivent à Innsbruck. Ils voyagent actuellement 3 mois en Afrique. Ils viennent du Mozambique et plus récemment du festival Lake of stars au Malawi, festival auquel on voulait d'abord aller puis on avait laissé tomber. Ils sont très positifs quant aux concerts et l'ambiance du festival. Chouette! C'est marrant car le courant passe tout de suite super bien avec eux. On fait les dingues; on veille jusqu'à 22h30 ensemble; )


Il fait frais ce soir. Parfait pour bien se reposer!

27
27
Publié le 4 octobre 2018


On décide de rester aujourd'hui sur place. Au petit-déjeuner, on se retrouve avec grand plaisir avec Vera et Daniel et on reste ensemble à blablater jusqu'à 14h!! On commande aussi entre temps à nouveau à manger mais on n'a toujours pas bougé d'un poil!!! On est juste bien ici et ensemble ;). Le temps est en plus très agréable, c'est couvert et l'air est doux.

Puis, on se décide pour partir ensemble en ville. Gérald nous avait dit qu'il nous appellerait pour faire un tour ensemble mais aucune news de lui. Donc nous voilà tous les quatre en ville. On s'arrête d'abord dans un magasin d'électronique dans lequel j'achète une carte SD 4 GB (6000 kwacha=7euro). Ils n'ont rien d'autre et ce n'est pas à défaut d'avoir cherché. Un vrai sketch qui aurait valu la peine d'être filmé!!! Le personnel (environ 6 personnes dont la boss) sort et ouvre des cartons et cartons l'un après l'autre pour espérer trouver d'autres cartes SD. Comme d'habitude, ils battent des records en terme d'organisation;). Mais je les ai stoppés en disant que ça m'allait comme ça!

Puis on se rend dans une pharmacie. On y achète du prazigen à prendre 6 semaines après la dernière baignade dans le lac contre le bilharziose. Le pharmacien nous demande notre poids et nous donne le bon nombre de cachets en fonction. J'en reçois 4, Gero 6. On paie en tout 2610 kwacha (3 euro).

Vera et Daniel retirent plus loin de l'argent et ensuite on se balade dans la petite galerie de souvenirs.On est les seuls touristes comme souvent mais les vendeurs sont sympas et nous laissent regarder assez tranquillement. Je craque pour une paire de boucles d'oreille en bois. Je les négocie à 1500 kwacha (1,80 euro) au lieu de 3000. Je suis contente d'avoir un petit souvenir du Malawi ;)


Puis...en fait, le tour de la "vieille ville" est vite fait. Ce n'est pas du tout une vieille ville à l'européenne. Ça n'a rien d'ancien et d'authentique. Ce n'est pas spécialement beau non plus.

Après avoir fait quelques courses à Shoprite, on rentre tranquillement.


Ce soir, Gero et moi, on commande l'un des repas proposés par l'hostel. C'est excellent! On se régale. Je suis surprise de voir une famille voyager avec un petit de 4 ans environ et surtout avec un bébé de quelques mois. Peut-être qu'ils habitent dans les coins?! Je n'ai pas l'occasion de parler avec eux mais ça m'aurait bien intéressée d'en savoir plus.


On revoit aussi le jeune couple israëlien de Monkey Bay. Ils partent demain pour la Zambie comme nous. Eux ont réservé un bus (les grands) pour 10000 kwacha par personne (12 euro). Et ils ont déjà réservé pour les dortoirs à Marula Lodge à South Luangwa National Park, là où on veut aussi aller. Ils sont plus prévoyants que nous sur le coup. Marula lodge vient de nous répondre qu'il ne reste plus qu'une place en dortoir ce qui nous embête bien car les chambres sont plus chères. On s'était dit qu'on devait anticiper puis le temps est passé et on a oublié. On verra bien..


La soirée est sympa. On retrouve Vera en compagnie d'autres Allemands venant d'Hanovre et carrément de la ville juste à côté d'Isernhagen!! Trop marrant! Le monde est petit. Pendant que Gero discute avec eux, Vera met toutes les photos de notre première carte SD pleine sur ma clé USB via son ordinateur portable. Top, ça nous libère une carte SD comme ça :). Puis l'Allemand le plus âgé nous parle beaucoup de l'histoire de différentes minorités et de la colonisation en Afrique. C'est très intéressant mais je me sens fatiguée. Mon écoute s'affaiblit de plus en plus alors je quitte le groupe pour aller dormir après avoir pris en photo la monnaie d'ici! (Je m'amuse bien hein!!)

28

Aujourd'hui, on ne traîne pas pour se lever. On souhaite partir tôt pour avoir toutes les chances d'atteindre South Luangwa en Zambie.


Vera vient gentiment nous dire que dans leur dortoir, deux Anglais partent pour la Zambie d'après ce qu'elle a entendu alors si jamais....Cool, on va les voir et on leur parle de notre envie d'aller dans la même direction. Malheureusement, ils ont juste un pickup avec deux places assises et pour 2h de route jusqu'à la frontière, ce n'est pas faisable. Dommage! Mais on n'est pas déçu. Après avoir fait nos sacs, on petit-déjeune avec Vera, Daniel et Noam. On partage nos victuailles. Ce matin, c'est le grand luxe: ananas, jus, yaourt, chocolat etc... :) Noam, la jeune israélienne est rejointe par sa copine et on discute de leur vie en Israël. Elles nous parlent du service militaire obligatoire pour tous (3 ans) et toutes (2 ans). Pour leur part, elles viennent de le terminer. Elles nous racontent ce qu'elles y ont fait comme travail. Et c'est effarant car elles portent une arme, elles ont concrètement à faire avec les soldats blessés ou les problèmes posés par les conflits. On est dans une réalité si différente...

On dit au revoir à Daniel et Vera. A une prochaine, qui sait! On échange nos coordonnées.

Et on est très content car à défaut de vous véhiculer jusqu'en Zambie, les deux Anglais sont OK pour nous déposer sur la route allant en Zambie. On compte y faire du stop! Alors nous voilà embarqués à l'arrière du pickup! Trop cool :)

Les deux frère et soeur anglais, Chris et Baky

Tout prend un peu de temps car on passe au supermarché dans la grande galerie marchande "Game Store". On y trouve toutes sortes de magasins. Ils ont besoin d'y acheter un réchaud, des bouteilles de gaz, des chaises de camping. Ils s'équipent pour la suite de leur périple en Zambie et au Botswana. Ils comptent voyager ensemble un mois.

Puis, après réflexion, ils nous demandent si c'est assez confortable à l'arrière et nous proposent finalement de nous véhiculer jusqu'à Chipata en Zambie dans la mesure où on compte de toute façon faire du stop...OUIII! On est super happy. Ça ne peut pas être mieux:))

Avant le vrai départ, on doit repasser par chez Baky qui vit à une demi-heure hors de la ville dans un centre pour la permaculture et l'environnement. Elle y étudie les chauves souris pour 8 mois. On traverse un village, les gens nous saluent. L'endroit où elle vit a l'air très sympa mais aussi un peu perdu. On discute avec Chris pendant que Baky va chercher des affaires.

11h: on décolle pour de bon. La frontière zambienne est à deux heures d'ici. La route est très bonne et on peut rouler vite. On s'installe le plus confortablement possible et on se protège du soleil comme du vent. Ça se couvre un peu, tant mieux.


On profite des derniers instants au Malawi. Beaucoup d'enfants nous saluent sur la route. On se rend compte aussi à quel point on s'est habitué aux différentes scènes de vie qui se déroulent sous nos yeux: les nombreux piétons le long de la route, les biquettes qui se baladent, les femmes avec leurs cargaisons sur la tête, les écoliers en uniforme, les marchés de légumes, les échoppes aux enseignes religieuses etc... Vraiment chouette!


On se fait arrêter plusieurs fois par la police plutôt sympa. Une fois, on doit tous descendre du véhicule pour aller marcher sur une étrange plateforme molle. On croit avoir compris que c'est pour désinfecter nos chaussures à l'approche de la frontière?!

Deux heures plus tard, on arrive à la frontière. On doit stopper le véhicule bien sûr et c'est parti pour 2h (oui, oui!) de transition!!!! On doit recevoir un tampon de sortie du Malawi. Pour ça, on doit remplir un formulaire rapide, patienter et c'est tout bon. C'est légèrement plus compliqué pour Chris et Baky avec leur voiture. Ils ont des papiers supplémentaires à remplir. En tout, on a besoin d'une heure à 4 sachant qu'il n'y a que nous;).

Entre temps, je vais dans la nouvelle maison bleue où il y a les toilettes. C'est propre. Il y a même des douches. Par contre, je ne pense pas que c'est payant alors le gars me recherche plus tard. Je le crois mais Gero veut voir le panneau. En effet, c'est bien 100 kwacha. La honte...enfin on ne sait pas ici ;).

On échange aussi nos derniers deniers. On met de côté 8000 kwacha pour participer aux frais du covoiturage (10 euro). On change le reste: pour 14000 kwacha malawiens, on obtient 210 kwacha zambiens (soit 15 euro). Le taux de change n'est pas très avantageux: il est 0,014 (contre 0,0164 sur le net). Peu importe, c'est juste pour le démarrage.


On poursuit ensuite en voiture jusqu'au poste d'entrée de la Zambie. On gare à nouveau la voiture...


La suite sur mon carnet zambien: https://www.myatlas.com/ConfettiEnVoyage/foulons-le-sol-zambien/t/374450