Carnet de voyage

Portugal à vélo (48 jrs)

16 étapes
60 commentaires
Pour ce 4e séjour au Portugal, nous visitons l’Algarve à vélo. Nous partons de Lisbonne pour longer la côte de l'Alentejo et revenir par la vallée du Guadiana jusqu’à Béja, puis 1 semaine en train.
Avril 2022
48 jours
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Lisbonne


À partir de l'aéroport de Lisbonne, un taxi nous amène à notre hotel et la belle cour arrière nous permet de procéder au remontage des vélos au beau soleil. Il faut savoir qu'il ne s'agit pas d'un voyage de vélo, mais plutôt d'un voyage à vélo. Les souliers de cyclotourisme seront donc plus commodes pour marcher, surtout sur les rues de pavé.

Situé juste à côté de la fameuse ligne de tramway « Prazeres », nous sommes à quelques kilomètres du traversier pour la station de Cacilhas. En 10 minutes et pour un peu plus d'un Euro, nous nous retrouvons dans cette banlieue sud de la région Lisbonnaise pour y apprécier le développement urbain axé sur les transports en commun. Un seul pont relie la rive sud à la Capitale. Plutôt que de traverser en voiture, les gens disposent de trois traversiers et plusieurs stations de trains dotés de vastes stationnements amènent le flot de passagers vers ces traversiers. Fabuleux! La Ville de Québec aurait avantage à s'en inspirer. Vous imaginez Lisbonne envahie par l'automobile, avec ses petites rues larges à peine pour le tramway…


Pour cette première journée de vélo, nous roulons vers le sud où le premier arrêt sera la toute jolie ville d'Azeitão, haut lieu pour le réputé vin de Muscadet, mais aussi pour ses techniques de fabrication des azulejos faites entièrement à la main.

Nous y reviendrons d'ailleurs en taxi avec Luc et Annie pour visiter la Casa-Museu José Maria Da Fonseca. Construite en 1854, elle possède d'ailleurs la plus impressionnante cave privée au monde. C'est quelque chose à voir!

Un petit détour s'est également imposé pour une dégustation au Vignoble Bacalhôa.

La Fabrique d'Azulejos. Les tuiles sont fabriquées et peintes à la main.
Casa-Museu José Maria Da Fonseca

Sur notre route, Palmela et son château nous aura offert une vue impressionnante sur notre destination pour les 4 prochains jours : Sétubal.

Château de Palmela 

Très agréable, cette ville est située juste à côté de la Serra de Arrabida qui offre des points de vue extraordinaire, notamment lors de la visite du Château São Filipe. Lors de notre passage, la route qui longe la mer vers Portinho était fermée, nous avons dû faire le grand tour et les vents étaient impressionnants.

Le château de São Filipe  et la vue à partir de la Serra 

Une journée complète a été consacrée pour marcher la ville et visiter tout d'abord le Musée du travail, qui relate la vie rurale des Portugais grâce à des objets recueillis par 38 équipes d'étudiants sur tout le territoire. Très intéressant.

Le Musée d'archéologie et d'ethnographie nous aura fait passé du bon temps.

La Casa du Bocage nous donnera une occasion de discuter avec le responsable de l'exposition sur le fameux photographe Américo Ribeiro.


Nous quittons Sétubal en utilisant le traversier de 25 minutes vers la péninsule de Troia. Aujourd'hui, réputée comme station balnéaire, on y retrouve le site romain de Cetobriga.

La route est fantastique, sans trop de montée, ni de difficultés jusqu'à Santiago de Cacem. Nous sommes samedi. La ville est envahie. Nous nous considérons doublement chanceux de ne pas avoir eu de pluie et d'avoir déniché un hotel tout près de tout ce qu'on souhaite visiter, à pied. On s'y installe pour les deux prochains jours.

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Santiago do Cácem est une ville intéressante pour un arrêt de quelques jours. Le plus impressionnant, c'est sans doute le site des ruines romaines. Je sais. je sais. Encore des ruines romaines me direz-vous. Et oui! Peu importe où on se trouve en Europe, on retrouve presque toujours des vestiges de l'Empire romain. Rien de bien surprenant! Cette fois-ci, les ruines sont situées sur une montagne, loin de la mer et sans rivière à proximité. Alors, comment ont-ils fait pour s'approvisionner en eau? Comment ont-ils transporté ces pierres de granit sculptées que l'on retrouve pour les colonnes du forum? Ou encore ces plaques de marbre taillées à la perfection? La géologie de la région est constituée de pierres de schiste . C'est donc dire qu'ils ont transporté ces mastodontes d'on ne sait où. Tout cela, il y a 2000 ans ne l'oublions pas.


Une ville complète a été déterrée presqu'en totalité sous l'impulsion d'un Evêque à partir de 1801: quartier résidentiel, maisons de riches propriétaires, secteur commercial, bains romains, hippodrome, forum, et surtout des rues magnifiquement pavées de pierres encore bien alignées.

Santiago do Cácem possède également un château-forteresse qui protégeait des envahisseurs. Tout autour, une agréable promenade « romaine » nous offre une belle vue sur les environs.


Petite curiosité, aucun restaurant n'était ouvert en ce dimanche du long congé de la fête nationale du 25 avril, fête de la révolution des oeillets qui marque la fin de la dictature de Salazar depuis 1974. Alors que les gens s'apprêtaient à écouter un spectacle en plein air, pas moyen de manger nul part… Nous avons donc opté pour un sandwich au supermarché du coin, heureusement ouvert.


L'anecdote est intéressante pour illustrer le faible coût de la vie au Portugal. Un café coûte entre ,60 à 1 Euro; un sandwich 1,2; une bouteille de vin quelques euros seulement; 10 petits paquets de papiers-mouchoirs pour 1,09; on peut très bien manger pour 6 ou 7 Euros le midi, vin compris.

Mais, comme partout en Europe, l'essence est très dispendieux. Il est présentement à 2 Euros le litre, soit 3$Can. Pas étonnant que personne ne se promène en camionnette. On se demande d'ailleurs comment font les chauffeurs de taxi pour s'en sortir. Une course qui coûterait 40 ou 50$ au Québec revient moins de la moitié du prix.


Un demi kilo de succulentes fraises provenant d'Espagne pour 1,39 Euros, soit environ 1,90$CAN 

Nous quitterons Santiago le lundi 25 avril, direction Vila Nova de Milfontes. On roulera sur des routes de campagne, en admirant des plantations de liège. vraiment impressionnant! On avait eu l'opportunité de voir ces arbres majestueux hier, en marchant vers le site de Mirobriga. Des montagnes d'écorce avaient attiré notre attention.

Nous roulerons direction sud ouest pour revenir vers le nord rejoindre la plage de São Tropes. Vraiment, on ne le regrettera pas ces kilomètres ajoutés. Juste après notre petit arrêt pour dîner au Kalux beach bar, on longera l'océan Atlantique pendant des kilomètres. Quelques arrêts nous donneront l'occasion d'admirer les surfeurs, prendre quelques clichés ou simplement profiter de l'immensité.

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Nous sommes arrivés à Vila Nova de Milfontes, lundi le 25 avril en cette fin de congé férié. En route, on sentait bien que les gens retournaient chez eux; le traffic était en effet plus important dans un seul sens. Cette petite ville bien connue des touristes portugais est considérée comme un trésor bien caché. Sa localisation, à l'estuaire de la rivière Mira, offre à ses nombreuses plages une belle protection contre les vents et les vagues de l'océan Atlantique. Des kilomètres et des kilomètres de plages de sable fin, des écoles de surf, des kayakistes, des planches à pagaie, bref, une destination qui offre de belles opportunités.

Pour nos amis les randonneurs, nous avons découvert la rota vicentina qui longe la côte. Nous avons d'ailleurs rencontré bon nombre de randonneurs.


https://rotavicentina.com/fr/


La ville dispose d'hébergements pour tous les goûts et des restaurants d'excellente qualité.

Nous avons choisi d'ajouter une journée pour pouvoir faire une boucle dans les montagnes. Encore une fois, la chance nous a souri. Quelques gouttes de pluie seulement mais sans conséquence puisqu'elles sont tombées pendant notre dîner à Colos.

Pour le reste, des paysages de campagne, des chênes-liège majestueux, des plantations d’oliviers, des chèvres, des brebis, des cigognes, une oie plutôt téméraire et un dindon défenseur de son territoire. On a été surtout heureux de rouler sans les bagages, surtout dans les montées. 😀

Demain est un autre jour.

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Aljezur 28 au 30 avril


Cette portion de route de 80 km représentait un certain défi surtout avec les montées. Pour faire le trajet de Vila Nova de Milfontes à Aljezur, nous avons opté pour les routes parallèles à la N-120. Très peu passantes, de beaux paysages et de belles occasions pour des pauses photos. Almograve et Cavaleiro: beaux endroits pour des vacances de plage. Zambujeira do mar que les guides offrent comme alternative au cas où Vila Nova serait complet et la joli Odeicexe et son moulin à vent situé tout au sommet de la ville.

Odeicexe et son art rural qui nous a fait rire, représente d'ailleurs notre porte d'entrée en Algarve.


Une fois à Aljezur, la montée au château a représenté un plaisir fou à pousser les vélos dans les petites ruelles de pavés, très pentues et tortueuses. En fait, il s'agissait du parcours de la Rota Vicentina. Tout compte fait, on a préféré cette option à celle de rouler sur la route principale.


Le Château d'Aljezur, ou plutôt les vestiges du château, recèle quelques particularités. Il a été construit par les arabes au Xe siècle et a servi à protéger la population contre les croisés. En 1249, il a été le dernier en Algarve a être conquis.

Le château d'Aljezur! 

Nous avions choisi un hébergement en banlieue d'Aljezur, un guest house situé à quelques kilomètres de la fameuse plage de Arrifana (Urbanização Paisagem Oceano). Heureuse décision. C'est beau. C'est calme. C'est plein de jeunes mordus de surf, des jeunes familles, quelques étrangers, et surtout d'excellents restaurants. En ce vendredi soir d'ailleurs, un repas jordanien nous attend et a été commandé à l'avance.

On a eu toute une journée de libre pour aller explorer; marcher sur la plage; observer les nombreux surfeurs suivre les conseils de leur coach; et se rendre jusqu'à Ponta da Atalaia, promontoire dominant l'Atlantique, qui recèle des vestiges de l’occupation musulmane.

Sagres 30 avril au 2 mai

La route d'Aljezur vers Sagres est magnifique. On roule presque toujours dans le parc naturel Vicentina. Il s'agit d'une route très populaire auprès des cyclistes. En ce samedi, on a croisé plusieurs pelotons du club local. J'étais contente de voir quelques femmes. 😉

Sagres est une destination fétiche pour la navigation portugaise. C'est ici que Henri le navigateur s'est retiré pour ouvrir l'école qui deviendra célèbre en formant de grands explorateurs. D'ailleurs, un historien rencontré nous a expliqué que le Portugal a perdu énormément de ses archives lors du tremblement de terre de 1755. Selon lui, de nombreuses découvertes réalisées par des navigateurs portugais auraient été ainsi perdues. Ce serait le cas du Labrador découverte portugaise, bien avant l'arrivée de Christophe Colomb.

C'est aussi là qu'on retrouve la pointe la plus au sud du Portugal : Le Cabo de São Vicente.

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Burgau 2-3 mai

La route pour se rendre à Burgau fait seulement 25 km, mais avec plusieurs montées. Encore une fois, on a eu de la chance. Malgré un ciel noir menaçant, on s’en est tiré sans aucune goutte.

Burgau est un arrêt dans un petit village de pêcheurs pour nous permettre d’apprécier la tranquillité avant d’arriver dans les villes plus importantes du sud.

On y passera un après-midi à écouter les vagues battre la plage et à observer le village vivre.

Lagos 3 au 5 mai


Sans doute la ville la plus intéressante à ce jour, Lagos est agréable avec ses petites rues piétonnes, ses nombreux restaurants, sa marina, ses fortifications construites par les Maures et ses nombreuses plages. Les touristes y viennent principalement pour admirer le Ponte da piedade creusé dans la roche par les vagues.

De nombreuses entreprises offrent des excursions nautiques, zodiak, kayak, bâteau,… Nous avons opté pour une demi journée en Catamaran. Quelle heureuse décision! Puisque nous sommes un petit groupe, notre guide nous donne de nombreuses explications très intéressantes et surtout, on a l'occasion de rencontrer des gens et de nager dans l'océan.

Ponte de piedade offre des occasions de laisser aller l'imaginaire: l'arc de triomphe en haut et en bas, le bébé éléphant.
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Caldas de Monchique 5-7 mai

On quitte la côte pour aller explorer les montagnes. Pour cette escapade, nous avions choisi de s'installer à Caldas de Monchique, station thermale réputée pour ses sources thérapeutiques que les romains connaissaient et utilisaient il y a 2000 ans. Malheureusement, les installations sont actuellement en rénovation et on s'est contenté de la piscine de notre auberge. C'est un joli petit village entouré de chemins pour les piétons pour sauver un peu de montées.

Le clou de notre escapade: une boucle dans la montagne (Volcan éteint qui a émergé de l’océan), en passant par le jolie ville de Monchique. Le sommet, le Pic de Fóia, nous a offert de très belles vues sur l'océan, Portimão et les environs. Nous sommes tombés « à Pic » sur un petit food truk, Alecrim, pour une pause santé accompagnée d' une Somersby.

C’est à Caldas de Monchique que nous prendrons l’un des meilleurs repas de tout le voyage. Au 1692. Curieusement, nous étions les seuls clients en plein vendredi soir. Questionné à ce propos, le maître d’hôtel nous explique que les touristes préfèrent se rendre à Monchique.

Au loin, on aperçoit la tour du Pic de Fóia. Une fois au sommet, ce cycliste nous attend avec un petit oiseau posé sur son doigt. 

Silves 7 au 9 mai

Nous planifions nos déplacements en utilisant google map, tout d'abord en comparant le trajet le plus rapide pour les voitures avec les trajets suggérés pour le vélo. Puis nous traçons notre itinéraire grâce à Ride with GPS afin d'éviter les sections non pavées.

Pour se rendre à Silves, on avait donc décidé de ne pas retourner à Monchique et d'utiliser un autre chemin. Parfois, on fait de belles découvertes. Cette fois-ci, on a eu droit à quelques sections rocailleuses. La route était pavée, … hum ça dépend de la définition. Une fois ce petit chemin de travers terminé, on a eu droit à une superbe descente de 5km avec des vues incroyables. Une descente bienvenue puisque le thermomètre monte rapidement. Il faisait en effet 29 degrés lorsque nous sommes arrivés.

À Laranjeiro (oranger) nous sommes impressionnés par les orangeraies. À notre arrivée, on aperçoit déjà le château de Silves.

Silves est l'ancienne capitale de l'Algarve. Elle a été longtemps un important pôle commercial et l'influence de la domination musulmane est très présente. La ville est imprégnée de cette culture. Céramique, architecture, nom de place, de rues ou de petits restaurants, fer forgé ornant les balcons, d'ailleurs notre hotel est un ancien palais arabe. Il nous offre une vue magnifique sur le château de Silves.

On dispose d'une pleine journée pour le château, la cathédrale, les murailles et la croix, symbole du Portugal. Le musée d'archéologie est très intéressant, puisqu'on y retrace les origines de la ville depuis l'âge de fer. Colonisée par les romains, puis les maures, conquise par le premier roi Portugais reconnu par le royaume d'Aragon, perdue à nouveau, puis envahie par les Visigoth. Bien intéressant de déambuler et de se demander que diraient ces pierres si elles pouvaient parler.

Ponte velha, Praça Al Mouhatamid Ibn Abbad, et des cigognes. On en voit partout. Elles surveillent  et nourrissent leurs petits.

Pour ceux et celles qui se questionnent sur la nourriture au Portugal, il faut dire que chaque région a ses spécificités. Ici en Algarve, on trouve beaucoup de poisson, de fruits de mer, pieuvre, calamar, crevettes, morue, et autres poissons… mais aussi plats au four ou braisés, au poulet, porc, boeuf, agneau et veau accompagnés de … frites. Dans l'Alentejo, j'ai gouté une spécialité où on retrouvait du porc et des crevettes dans le même plat. Tout simplement divin. Partout, c'est délicieux! Il faut cependant se méfier des proportions qui sont souvent largement suffisantes pour deux personnes. On commande une demi dose et c'est encore copieux. Puisque l'Algarve est une région très touristique, on y retrouve également d'excellents restaurants spécialisés. Hier, c'est chez l'italien que nous avons dégusté deux excellents plats et ce midi, c'est un couscous royal qui nous a comblé les papilles. On reviendra chez nous avec sans doute quelques livres en trop. 😩

Castelo de Silves, construit par les Maures, Xe, s.;  le roi Sancho I, premier conquérant chrétien de la ville
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Salir (Nave do Barão) 9-12 mai

L'Algarve est bien connue pour ses villes balnéaires et ses nombreuses plages. Il faut savoir aussi que l’intérieur de ses terres est généreuse au niveau de la flore et produit une variété de fruits. Pour se rendre à notre prochaine destination, nous avons été éblouis par cette nature. Nous n'avons rencontré aucune voiture tout au long de ces chemins traversant des orangeraies et des vergers de citrons, de limes et de clémentines.

Un petit arrêt dans la jolie ville de Alté et nous voilà repartis vers Salir où on a déniché une maison d’hôte intéressante que nous recommandons.


Nous sommes à Nave do Barão à la Casa da Tita. Cette maison ayant appartenue à la tante a été complètement réaménagée pour accueillir des visiteurs. Notre chambre se trouve dans une ancienne citerne, puisqu'à l'époque, on recueillait l'eau de pluie et au besoin, elle était transportée à dos d'âne. Ce projet de famille des deux parents retraités de l'enseignement et du fils polyglotte, permet de revaloriser cette propriété agricole et de donner du boulot dans ce petit village.

Après quelques minutes de discussion, notre décision était prise. On passerait 3 nuits ici.


La transformation de la maison a fait l'objet d'un article dans la revue  « Bio Living » 

Le lendemain, nous partons découvrir la toute petite ville de Salir, et aussi, relever le défi de monter jusqu'à Malhão, là où se trouve un monastère bouddhiste, 3ème en importance « d’Infu-magnétique terrestre » après ceux du Népal et du Tibet. Le Dalaï Lama y a d'ailleurs séjourné il y a 5 ans. Le temps qu’on s’y imprègne de l'énergie des lieux pour ensuite profiter pleinement de notre récompense: une descente sinueuse de 2,5 km. Il fait chaud. La piscine nous attend. Je me demande bien à quelle vitesse Contador a-t-il parcouru cette montée lors du dernier tour de l'Algarve?

Il est 17h et il fait encore 31ºC.

Stupa, le temple bouddhiste est situé sur le plus haut sommet de la région 

Le lendemain, nous avons planifié une boucle vers São Bras de Aportel et Loulé. Encore une fois, les routes sont parfaites. L'idéal, c'est d'utiliser les routes « tourismo rural ». Malgré les 5 montées et un thermomètre imposant, on a réussi à visiter le musée du vêtement de São Bras où on retrouve une exposition sur le liège. Vraiment intéressant. Un gros merci Laval. 😉

Le chêne-liège peut vivre très longtemps. À 25 ans, on peut retirer l'écorce, mais c'est après 45 ans que l'épaisseur est bonne 

Estoi 12-13 mai

En ce jour de fête d'Eric, nous partons vers les ruines romaines de Milreu. Cette fois-ci, nous sommes impressionnés par les dessins des céramiques intactes. Les représentations maritimes sont faites avec des pierres de différentes couleurs, ce qui explique qu'elles sont toujours distinctes après toutes ces années. Estoi n'est pas vraiment une belle ville. Heureusement qu'on y a trouvé une très belle maison d'hôte des gentilles soeurs Johanna et Anna.

En route, un arrêt à L'église de São Lourenço nous a permis d'apprécier le travail de la fabrique d'azuléjos de Azeitão. Absolument incroyable. Chaque céramique est différente.

L'Eglise est entièrement couverte. En bas: le jugement de Lourenço, puis, sa condamnation. 

Une petite marche nous permet d'admirer le Palais d'Estoi transformé en hotel de luxe, bien au dessus de nos moyens, même un jour d'anniverssaire.

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Tavira 13-15 mai

Pour notre déplacement de Estoi à Tavira, Ride with GPS nous aura joué un vilain tour. Alors que notre trajet annonçait des routes pavées entièrement, on a eu droit à environ 2 km de gravier, heureusement en pentes descendantes. Disons que cela fait partie des anecdotes à raconter et surtout, que cela nous conforte dans notre projet d'acquérir un vélo plus adapté…

Tavira nous aura offert une agréable pause dans cette jolie ville deux étoiles du guide vert. On loge juste en face du port d'où les gens prennent le traversier pour la plage de l'île de Tavira.

Les bougainvilliers du Château Maure  

La ville se découvre facilement à pied ou en petit train touristique, pour apprécier des vestiges de l'époque phénicienne (800 Av.C.), comprendre l'influence de l'héritage islamique, ainsi que son importance stratégique sur le plan économique.

Vila Real de Santo Antonio 15-17 mai

Un très beau parcours nous permet d'apprécier pour une dernière fois la côte de l'Algarve. Tout d'abord le petit village de Cacela Velha qui mérite un arrêt, puis la praia do Cabeço qui se targue d'être la plage la moins fréquentée (il faut dire que la suivante se nomme « Adam et Eve »…) juste avant de traverser Monte Gordo, la toute dernière station balnéaire de l'Algarve.

Ici encore, on observe les effets du développement axé sur le tourisme. Des complexes hôteliers et des tours d'habitation côtoient des terrains de golf et des restaurants chics. Aux dires de certains, ce sont plutôt les riches étrangers qui investissent avec comme résultat, que ces secteurs sont presqu'inhabités. Tout au long de la côte, ce sont les jappements des chiens-gardiens qui nous accueillent dans ces beaux quartiers.

Après Monte Gordo quelques kilomètres sont effectués dans très agréable parc au travers des pins et qui constitue un abri protecteur pour les caméléons.

Vila Real de Santo António est une petite ville charmante pas vraiment considérée comme une station balnéaire puisque sa plage est située à 2,5 km. Construite rapidement pour reloger des pêcheurs victimes de la peste, ses architectes ont emprunté le style de Lisbonne. Elle est située à l'embouchure de la rivière Guadiana, frontière entre le Portugal et l'Espagne. Un petit traversier permet une escapade à Ayamonte.

Nous logeons à la jolie place de Pombal.
Ayamonte: à droite, un bel exemple de densification. Nos ministres devraient savoir qu'il n'y a pas que des tours d'habitation

À 6 kilomètres, une petite excursion permet de visiter le château de Castro Marim et sa forteresse.

Vers Castro Marin, une superbe piste cyclable verte nous impressionne, entièrement dédiée aux vélos.  
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Alcoutim 17-18 mai

Cette étape du voyage nous fera remonter vers le centre du pays en longeant la rivière Guadiana pour explorer la vallée. Nous quittons par les montagnes et cela nous permet d'apprécier les paysages, la tranquillité ainsi que le barrage de Beliche. Que voulez-vous? Mon retraité est toujours intéressé par ces ouvrages. ;)


On rejoint la rivière à Foz de Odeleite. À Guerreiros do Rio, on prend une petite pause de Magnum (c'est devenu notre rituel), histoire aussi de faire le plein d'eau. Un peu plus loin, le village romain (Ben oui un autre!!!) de Montinho das Laranjeiras. Montagne des orangers, ça devait être un bon lieu de ravitaillement pour les troupes qui remontaient la rivière…

Alcoutim, très jolie, avec cette vue paisible sur la rivière et les rives espagnoles. Il fait très chaud et encore une fois, la pause piscine sera bien appréciée avant de gravir la montagne par la GR15, jusqu'à l'ancien château maure du VIIIe s.

Lorsqu'on choisi nos arrêts, il est facile de se laisser tenter par les grandes villes. On oublie trop souvent le charme des villages. Alcoutim mérite plus qu'un détour avec son centre intéressant à marcher et son histoire lié à la contrebande d'alcool des années folles. Il s'agit d'un des arrêts suggérés pour ceux qui marchent les 152 km de la GR15 ou encore qui descendent la rivière en kayak.

Le monument du Contrebandier 
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Pour la 11e édition, la ville de Mértola se transforme pendant 4 jours pour un Festival islamique. Nous arrivons en pleins préparatifs. Des toiles colorées couvrent le futur Souk qui s'étendra sur plusieurs rues piétonnes. Un site pour des spectacles en plein air est installé au château et un autre sur le bord de l'eau. Des gens arrivent de partout pour cette fête de rue qui rappelle l'influence arabe dans la région.

Nous visitons le château de Mértola d'où on a un superbe aperçu de la route que nous venons d'emprunter.

En soirée, nous serons nombreux à assister au spectacle d'ouverture.

Un tour de bateau nous donnera une belle occasion d'apprécier la nature des environs et d'entrevoir notre trajet du lendemain. Ce pont est beaucoup plus impressionnant vu d'en bas.

La fête islamique est aussi une belle opportunité pour varier les menus. Un bon kebab pour le repas du midi dans le souk et un super tajine kefta pour le repas du soir. J'en connais une qui aurait bien apprécié. 😉

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Nous quittons Mértola très tôt puisqu'on annonce un maximum de 36ºC. À ces températures, il vaut mieux rouler tôt le matin.

Après la traversée du fameux pont, une belle montée nous attend dès le départ. Encore une fois, on est agréablement surpris de la qualité du parcours. Nous sommes dans le parc naturel de la Vallée de la Guadiana, entourés de pins, d'oliviers, d'eucalyptus gigantesques, de cigognes qui surveillent jalousement leur nid, d'oiseaux au plumage rayé…

A Vale do Poço, on s'informe et on est heureux d'apprendre que la totalité de cette route alternative, pour demeurer dans le parc, est bien pavée. Malgré quelques kilomètres supplémentaires et plus de montées dans une route en lacets, on s'élance. On ne le regrettera pas. Absolument divin. D'abord un 12 km de descente. J'me disais. « On va finir par payer, c'est certain », sachant que le dénivelé était plus important par cette route.

Au final, c'est dans la montée après la traversée de la rivière qu'on mettra nos jambes à l'épreuve. Il fait déjà 30 degrés.

Heureusement, le temps est couvert.

On aura donc fait un total de 50 km dans ce parc pour 800m d'ascension.

On arrive trempés, mais heureux. Mission accomplie.

Si vous souhaitez obtenir ce parcours, je l'ai placé « grand public » sur Ride withGPS.

On a troqué la pause magnum pour une pause orange, aux 15 km : orange, banane, orange, avec quelques noix, on se sauve la vie. 

Serpa est une jolie ville dont le plus grand intérêt à notre avis est le musée de l'horlogerie. Monsieur D'Almeida, après avoir hérité de 3 montres de poche défectueuses de son grand-père, s'est lancé le défi de les réparer. Nicolas, on t'a pris pas mal de photos 😉

Bref, une passion venait de naître et il a passé sa vie à constituer sa collection aujourd'hui qui se chiffre à 2600 pièces. Le musée en contient 2000 et 600 autres sont à Evora.

Vraiment intéressant et original comme musée unique.

Bien entendu, notre visite serait incomplète sans marcher sur les murailles qui entourent la ville, voir l'aqueduc romain et visiter le château et son musée.

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Beja 21-22 mai

Le Portugal dispose d'un excellent réseau de trains. L'axe nord sud longe la côte et certains trajets desservent le centre. Notre décision a donc été de terminer à Beja cette portion vélo du voyage.

https://fr.portugalmap360.com/carte-des-trains-du-portugal

On s'y rend en appréciant ces derniers kilomètres dans une campagne productrice d'oliviers, d'amandiers, …

Les oliveraies aux différents stades de croissance. 

Nous sommes impressionnés par ces cultures bien irriguées. Jorge nous apprendra que cette région produisait antérieurement presqu'uniquement des céréales. Aujourd'hui, c'est plus diversifié, grâce à l'approvisionnement en eau provenant du plus grand lac artificiel en Europe: l'Alqueva. Alors qu'on s'inquiétait du faible niveau d'eau du barrage de Béliche (-5m), celui d'Alqueva alimente toute une région en eau. Présentement, un projet de panneaux solaires flottants est en marche.

https://www.juancole.com/2022/05/portugal-artificial-floatovoltaics.html

Beja est une ville plus importante que Serpa et sa principale attraction est le vieux couvent et le château. Dans la tour, une reconstitution visuelle intéressante permet de retracer l'histoire de la ville romaine « Pax Julia », visigoth, musulmane, chrétienne.

Une fête « Romaine » se tient d'ailleurs en mai tous les ans.

Lisbonne 22-23 mai

Nous aurons fait 1100 km de vélo sur 20 déplacements entre les villes, ainsi que deux boucles. Au total, on aura réalisé 12000m d'ascension.

Toujours très chanceux. Zéro pluie. Aucune crevaison et aucun pépin. Alors disons qu'en ce dimanche 22 mai, lorsqu'on s'est réveillé à Beja et qu'on a constaté qu'il pleuvait, on était heureux de notre décision.

Le train part de Beja pour se rendre à Casa Branca. On achète nos places directement du contrôleur et nos montures ont leur place attitrée et se reposent bien sagement. Tout un système. Le train de Casa Branca à Lisbonne est plein, surtout des jeunes. Il faut dire que ces derniers profitent de 25% de rabais sur le prix du billet qui est déjà intéressant.

On arrive à la gare Oriente à 10h36 et plutôt que d'attendre à midi pour le train qui nous mènerait à la gare Santa Apolina, on part à vélo faire les derniers 10 km vers notre hotel. Une piste cyclable le long de l'océan assure notre sécurité…

On prend quelques heures pour démonter les vélos et les ranger dans leur boîte et on peut profiter du reste de la journée.

Sur le bord de l'océan, de belles habitations  avec piste cyclable, terrains de jeux et services à proximité
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Pour cette dernière semaine, nous voyageons en train. On se rend dans le nord à Guimarães où Luc et Annie nous rejoignent à moto.

Au premier coup d'oeil, cette ville nous charme. De très jolies rues piétonnes, bien pavées, propres, des allées fleuries plantées d'arbres, tout cela agrémenté du calme caractéristique des Portugais.


C'est ici que Alfonso 1er roi du Portugal est né, qu'il a livré bataille et où, dit-on, le Portugal est né (1143). 
On y visite le magnifique palais des ducs où on s’imprègne de la vie des nobles. 
Château médiéval: on y retrace l'histoire du Portugal et du roi, descendant des Bourgogne et cousin du roi Espagnol Alfonso VII
On déambule dans le charmant centre historique. 
On admire la vue à partir de la montagne de Penha accessible par le téléphérique. 
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Braga se transforme à chaque année pour la fête romaine. Pendant 5 jours, des chanteurs, danseurs, amuseurs de rue, cracheurs de feu, centaures, lèpreux, des places publiques érigées pour des spectacles, bref, toutes sortes d'activités attirent des gens de tous les âges.

Nous y passerons deux jours à regarder une dizaine de spectacles.

Le samedi soir, la ville déborde de visiteurs pour le défilé des vainqueurs. Il y a tellement de monde que des files se forment partout pour le repas du soir. Bien installés sur la terrasse de notre hôtel, on a la chance de pouvoir observer tout cela.

C'est à Braga qu'on se payera une dégustation de Sushis préparés par un maître. Toute une expérience!

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Ancienne capitale du Portugal, Coimbra est une des villes les plus importantes, de par sa situation géographique entre Porto et Lisbonne, mais aussi parce qu'elle est traversée par une rivière importante, la Mondego.

La porte Almedina, l’entrée de la ville fortifiée d’une muraille de 2 km.  

Ville universitaire par excellence, on y trouve une des plus vieilles universités en Europe (1290), dont la bibliothèque est d'ailleurs reconnue patrimoine de l'Unesco. Déambuler dans ces salles où les universitaires assistent aux différentes cérémonies est très impressionnant. Visiter le laboratoire de chimie et le musée est un réel voyage dans le temps.

La fameuse bibliothèque Joanina renferme des ouvrages du XV, XVI et XVIIe. La visite minutée doit se faire en petits groupes et les photos y sont interdites. Les murs plus épais font office de coffre fort protecteur et quelques familles de chauffe souris y habitent et sont utiles pour éliminer les insectes nuisibles pour le fragile papier. Chaque soir, de grandes nappes sont installées sur les immenses tables de travail pour les protéger des défections.


Coimbra est une ville agréable dotée de très beaux parcs dont le surprenant jardin botanique de l'université. Ce jardin a été créé dans la foulée de la réforme du Marquis de Plombal qui s'est soldée par l'expulsion des Jésuites. « Fini l'enseignement dogmatique/théorique », il fallait maintenant pouvoir observer, expérimenter, peut-être même critiquer qui sait…

Un figuier d'Australie fort impressionnant avec ses branches qui descendent jusqu'en bas pour former de nouvelles racines. 

Un beau pont piétonnier nous permet de joindre l'autre rive, visiter le vieux couvent de Santa Clara, ainsi que le nouveau situé dans les hauteurs.

Malgré une planification rigoureuse de nos déplacements et de nos visites, on n'a pas pu visiter le Séminaire puisqu'il fallait une réservation préalable et que cela n'était indiqué nul part. Attention donc, presque tout est fermé les lundis.


Un des endroits les plus impressionnants est le Musée Machado. Sur trois niveaux, on découvre des vestiges de l'époque romaine, puis le forum de l'époque médiéval et ensuite l'ingénieux musée construit pour couvrir les restes de l'Eglise du XVIIe.

A droite, on peut voir les trois couches se superposer : romain, médiéval et XVIIe 
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Pour ce dernier séjour Lisbonnin, on cherchait quelque chose de différent à découvrir. Notre attention s'est porté sur le Jardin zoologique. On s'y rend facilement en métro et on y passe la journée entière. On admire les prouesses des dauphins. On assiste aux envols des oiseaux rares. On passe de longs moments à observer la vie sociale des chimpanzés. C'est fascinant. On observe de nombreuses espèces d'animaux pour une première fois. Mais surtout, nous sommes impressionnés par la vocation de ce zoo dont la mission est la protection des espèces menacées. Plusieurs espèces participent à un programme européen de reproduction et de réinsertion.

On y aura passé un bon moment.

En haut à gauche, L'Adax en extinction dans la nature. Le zoo a réintroduit 70 individus dans 16 zoos et dans un parc du Maroc. 


Nos derniers arrangements sont pris pour le départ vers l'aéroport avec nos boîtes. Au revoir Lisbonne. La ville se prépare fébrilement pour une semaine de festivités.

Un dernier petit conseil. Lorsque vous passez la sécurité de d'aéroport de Lisbonne, méfiez-vous! Ne traînez pas trop dans la zone de restauration puisqu'un autre point de contrôle des passeports vous attend plus loin. Pour la seconde fois en un an, passez cette zone aura nécessité plus d'une heure…