Par Cleroy
Road-trip: L'Alaska à bord du camping-car "Hervé"
Du 26 mai au 25 juin 2017
31 jours
Partager ce carnet de voyage
26
mai

Le voyage dans l’Ouest Américain s’est achevé sur une baignade expresse – mais divine – à Venice Beach. L’avion a décollé à 23h30, direction Anchorage. C’est un vol de nuit mais même si la cabine est plongée dans le noir, impossible de dormir : un bébé pleure. Son père a quitté sa place pour tenter de la calmer et s’isole au fond de la cabine, c’est-à-dire juste derrière moi. Passe encore, car il pleure par intermittence, mais les deux hôtesses sont elles lancées dans une conversation animée qui ne laisse place à aucune pause. Mon dos me fait mal (merci les chevaux islandais).

L’avion se pose un peu avant 4h, heure locale. J’ai maintenant 10h d’écart avec la France. Je récupère mon sac et quelques brochures touristiques, dont un plan de downtown. L’hôtel propose une navette, il s’agit en fait d’un taxi, je n’ai donc pas à attendre.

Quality Suite Downtown (chambre immense mais attention au tarif selon les périodes)

Bonne surprise, je récupère ma chambre dès mon arrivée avec quelques heures d'avance. J’en profite pour dormir 3h. Matinée calme avec 2 missions : rattraper mon retard sur le blog, et lessive. Cette dernière est une plus grande réussite que la 1ère fois ! [Référence à la mission lessive du 7/05 du voyage dans l'Ouest Américain]

Je pars ensuite à la découverte de downtown. Après un hot-dog (de renne) et quelques questions au Visitor’s Center, je m’embarque à bord du Trolley tour : une visite d’1h à bord d’un vieux bus. Brandon, notre chauffeur, donne pas mal d’anecdotes sur les rues que nous traversons et bâtiments que nous croisons. Entre autres : une maison souterraine (pour résister aux tremblements de terre), le Earthquake Park (le dénivelé est dû au tremblement de terre de 1964), un parc sur le permafrost, un orignal femelle, le lac avec ses emplacements pour hydravions (pour lesquels il y a une liste d’attente de plus de 15 ans !) ...

A bord du Trolley tour: une maison souterraine, le Earthquake Park, le lac Hood/Spenard

Après cela, je retourne à Resolution Point et remonte jusqu’à Ship Creek en passant par la Ulu Factory où on peut apercevoir les ouvriers travailler depuis la boutique.

Je tente d’avoir une vue dégagée sur les montagnes qui encerclent Anchorage, mais en vain.

Les montagnes au loin sont attirantes, mais difficiles à photographier ! 

Entre-temps, la marée monte, un pêcheur m’indique que les saumons devraient arriver. Je reste un moment, mais rien. Les pêcheurs – de tous âges – sont nombreux et plus patients que moi : je finis par renoncer.

Dîner au comptoir du Glacier Brewhouse.

27
mai

Au petit-déjeuner, je fais la connaissance de John, un américain originaire de Nashville, Tennessee, venu en Alaska pour 4 mois. Il doit retrouver un ami à Kenaï qui lui a trouvé un job. Sa sœur doit arriver en fin de journée, elle vient pour une mission avec sa paroisse, et sera basée plus au nord.

Nous partons visiter le musée ensemble, puis nous balader dans downtown. Le cinéma The 4th Avenue fête les 70 ans de son inauguration, et pour l’occasion, il y a un concert et des animations, dont une exposition de vieilles voitures, dans la rue. L’ambiance est festive. Nous allons ensuite découvrir le Farmer's market qui aura lieu tous les samedis et dimanches jusqu'à la fin de l’été. John est bavard et raconte sa vie à tous les commerçants. C’est là que nous nous quittons (non sans un hug à l’américaine), il part accueillir sa sœur à l’aéroport.

Les 70 ans de l'inauguration du cinéma The 4th Avenue

Je m’achète un ulu, couteau traditionnel que j’avais découvert au Groenland, que je compte bien utiliser en cuisine.

Détour par le centre commercial sur la 5th Street. Je cherche un general store mais il n’y en a pas. Je pensais m'offrir une consolation avec 30 minutes de massage par acupression mais je ressors de là avec l’impression d'être passée sous un rouleau compresseur…

Je me mets ensuite en quête d’un resto et mon choix se porte sur F Street Station. Pas de place au comptoir face aux chefs, je m’installe donc au bar. Mon voisin dîne seul mais n’a pas l’air de vouloir faire la conversation. Jusqu'à ce qu’un hollandais nous aborde un peu plus tard. Le hollandais et son ami nous quittent assez rapidement mais je reste à discuter avec mon voisin, un américain du Colorado venu en Alaska début mars. Il a quitté le Colorado car il trouve qu’il y a désormais trop de monde. Il est barman au 49th State Brewery et s’arrête quasiment tous les soirs au F Street Station après son service, pour dîner ou pour une bière. Je ne saurai pas son nom, mais je sais où le trouver !

En attendant, il me conseille le Humpy's que je pensais déjà tester.

28
mai

C’est dimanche, journée tranquille. J’en profite pour rattraper mon retard et envoyer textes et photos à Alex (pour ceux qui ne sont pas encore au courant, j’ai beaucoup de chance d’avoir une base arrière à Paris qui s’occupe du blog – merci Alex !)

Pour le déjeuner, ce sera brunch au Snowy City Café, le meilleur endroit en ville pour le petit-déjeuner. Ça se confirme, il y a foule. Même pour une place au comptoir, il me faut attendre pas loin de 30 minutes ! Je prends mon temps et étudie la suite du parcours. Après ça, je refais un tour au Farmers’ market et Coby de Kiss a moose me donne plein de conseils (les endroits où aller, les activités…)

Retour à l’hôtel pour une séance jacuzzi avant de ressortir dîner au Humpy’s. Ce soir, c’est « open mic » et les chanteurs et musiciens se succèdent sur scène. Mon voisin de comptoir entame d’emblée la conversation. Patrick, un grand gaillard de l’Illinois au look de bûcheron avec sa barbe rousse et sa chemise en flanelle, est gentiment éméché mais plutôt sympathique. Il joue de la batterie et passe bientôt sur scène pour quelques chansons.

Pendant ce temps, c’est Brian qui s’installe au comptoir et commence à discuter. Look de hipster, il est de Washington DC et est venu passer quelques jours de vacances en famille. Il a été déçu de l’organisation au Denali National Park : les rangers venaient tous de débuter et ne connaissaient pas le parc. Il y a très peu de chemins balisés. Son conseil : s’adresser aux chauffeurs de bus qui connaissent vraiment le parc. Son vol retour à 5h30, il fait la tournée des bars en attendant. Il est ravi de la victoire de Macron, et aimerait venir s’installer en Europe.

Je revois Patrick. Quelques verres de plus sont passés, il se lance dans une grande tirade, je ne suis pas sûre de tout bien comprendre. On parlait des glaçons dans son verre, je lui fais remarquer que je saisis l’idée générale mais pas le rapport entre les deux. Il sourit : pas de rapport avec les glaçons, mais plus probablement avec les bières qu’il a trop bues… :-)

Il est 0h, le bar commence petit à petit à se vider, je rentre à l’hôtel.

29
mai

Aujourd'hui je rends ma chambre d’hôtel et je fais la connaissance d’Hervé, mon nouveau compagnon de voyage. Hervé est un gros camping-car de 24 pieds de long (7,3m), plus grand que le modèle que j’avais réservé (en anglais, un camping-car est un « R.V. » pour « recreational vehicule »).

Détour par Walmart sous la pluie pour faire le plein de victuailles et commencer à m’installer.

Le soleil revient en soirée et je pars admirer le soleil « descendant » (il est encore loin de se coucher) à Point Woronsof. Petite balade le long de la plage avec vue sur Anchorage. C’est en bout de piste de l’aéroport, les avions passent juste au-dessus.

Coucher de soleil à Point Woronsof avec Hervé  😀

Alors que je pensais passer la nuit sur le parking de Walmart, je m’installe finalement sur le parking de Earthquake Park, c’est beaucoup plus sympa.

30
mai


Alors que je mets le grille-pain à chauffer, l’alarme incendie se déclenche. Bon, ça s’arrête comment ce truc ? Donc pour avoir des toasts au petit-déj, il faut ouvrir la porte et placer le grille-pain devant. OK, il faut que je trouve mes habitudes ;-)

Je termine mon installation et pars ensuite faire un petit tour dans Earthquake Park. Quelques panneaux expliquent les conséquences du tremblement de terre de 1964 (9,2 sur l’échelle de Richter).

Il est l’heure de quitter Anchorage !


J’emprunte la route 1, la Seward Highway, et ohlàlà, mais que c’est beau ! Les montagnes, la mer, le soleil… je fais plusieurs arrêts photos avant de stationner au bord d’une plage. Quelques pêcheurs sont là, à l’épuisette. J’observe un père et son fils mettre leur zodiac à l’eau quand je remarque un énorme aigle passer. Je le suis aux jumelles et réalise qu’il n’est pas seul, au moins une dizaine dans mes jumelles sont tranquillement posés un peu plus loin sur la plage. 2 espèces, dont le pygargue à tête blanche. Waouh… J’essaie de m’approcher pour une photo (Candy et son super zoom ne sont plus là) mais ce n’est pas vraiment possible.

le long de la Seward Highway 

Je m’arrête au Wildlife Conservation Center. Certes, ce n’est pas un zoo (je déteste ça) mais les animaux sont derrière des barrières. Le centre recueille les animaux blessés ou orphelins qui ne peuvent pas retourner à la vie sauvage. J’observe ainsi des caribous, cerfs, élans, bœufs musqués, renards et surtout des ours, bruns et noirs, mais aussi des loups, wood bisons… Les montagnes autour sont très belles, je perds la notion du temps et reste là plus de 3h.

le Wildlife Conservation Center 

Je repars et trouve une aire de repos quelques kilomètres plus loin qui sera parfaite pour la nuit. La lumière est magnifique et je bois l’apéro en regardant le soleil passer derrière la montagne. Dîner rapide et appel des parents : en France, j’ai déjà 35 ans :-)

31
mai

(hey, c’est mon anniversaire !)

Douche un peu fraîche ; on dirait que l’eau chaude s’arrête à l’évier et ne vient pas jusqu'à la douche. Argh… Je prends la route, mais pas pour longtemps, je multiplie déjà les arrêts photos.

Un peu après Moose Pass, j’ai repéré un trail : le Ptarmigan Lake trail. 3,5 miles pour atteindre le lac. Il est 13h, je me lance. Il faut s’inscrire sur un registre et indiquer où on se rend : qu’on sache où te chercher si tu disparais (ou plutôt à qui sont les restes qu’on retrouverait éventuellement). Il y a des ours et des élans, il faut donc être prudent et faire du bruit pour manifester sa présence. Après avoir chanté un peu, je me lance dans une grande conversation avec moi-même à voix haute. 45 minutes plus tard (je n’ai vu que des écureuils et le volatile qui a donné son nom au lac - c’est-à-dire un lagopède) je croise les premiers marcheurs sur le retour : ils n’ont pas vu d’ours. Je continue tout en déjeunant et admirant la vue. Il fait super chaud et j’enlève ma chemise pour continuer en t-shirt. Finalement je vais peut-être continuer à bronzer ici :-) Au bout d’1h30 de marche, j’arrive au lac : waouh, c’est magnifique !

le Ptarmigan Lake trail 

Un endroit pareil, j’ai évidemment envie de me baigner, même si je me doute que l’eau doit être fraîche. Je longe un peu le lac (même si j’ai décidé de ne pas aller jusqu'au bout, ce qui rajouterait 7 miles à la balade). Surgit soudain à toute vitesse un animal poilu qui me charge en grognant. Non ce n’est pas un ours, mais un chien et j’entends son maître, chasseur, le rappeler. Le chien s’arrête à mes pieds et m’épargne, le chasseur se confond en excuses et me laisse le cœur battant à toute vitesse.

Je reprends mon chemin. Au moins, je suis sûre de ne pas croiser un ours ici ! Je trouve un endroit parfait pour la mise à l’eau. 1, 2, 3…c’est parti. Ouh que c’est froid. Je nage rapidement jusqu'à un tronc d’arbre dépassant de l’eau. C’est peut-être un peu loin…non c’est bon, j’y suis. Vite, demi-tour. Je suis de retour sur mon rocher et me rhabille en vitesse. Ça pique un peu mais je me réchauffe vite au soleil. Je continue un peu le chemin mais celui-ci devient moins agréable et disparait sous la végétation qui s’épaissit. Je fais donc demi-tour et prends le chemin du retour.

Il est 17h passé quand j’arrive au point de départ, l’heure du goûter, et je souffle mes bougies sur un cookie. Je me suis offerte une tablette de chocolat pour l’occasion.

Je reprends la route et arrive enfin à Seward. Je m’installe face à Resurrection Bay et apprécie la vue un moment avant d’aller dîner au Chinook sur le port.

Je me balade ensuite pendant 1h avant de retrouver RV. Un pygargue s’est posé au bord de l’eau juste là, et je ressors l’observer. Une femme engage la conversation : Leslie est d’Hawaï et découvre l’Alaska pour la 1ère fois. Elle porte un jean et un pull : elle n’a jamais eu autant de vêtements sur le dos. Elle vit toute l’année en maillot de bains et paréo. Ça fait rêver… (j’insiste : ce n’est pas parce que j’aime les régions polaires que j’aime le froid !). Nous discutons un moment, et elle me quitte avec un hug et quelques mots en hawaïen.

C’est bientôt une loutre qui passe devant moi. Elle nage sur le dos tout en mangeant quelque chose, probablement un crabe. Alors que je crois le spectacle terminé, j’entends le souffle puissant d’une baleine à quelques mètres. Mais quelle journée !

1
juin

Après un passage au Visitor’s Center pour récupérer un plan de la ville et une carte de Exit Glacier, je m’installe face à Resurrection Bay. Aigles et colonie d’otaries sont au rendez-vous. Je lis une nouvelle de Jack London, dont l’histoire se déroule bien évidemment en Alaska.

Je pars ensuite pour Exit Glacier et commence par regarder les points de vue sur le glacier. Un ranger m’indique que je peux m’approche du glacier en traversant le outwash plain, mais que j’aurais peut-être les pieds mouillés. Tu parles ! vu ce qu’il faut traverser, c’est un peu plus que les pieds qu’il va falloir mouiller.

Exit Glacier 

Tant pis. Je décide de prendre de l’altitude et me lance sur le Harding Icefield trail. Ça grimpe et il fait chaud, mais le sentier est agréable. Je croise bientôt un groupe : une femme a glissé et s’est blessée à la tête. Elle est allongée sur sol mais consciente. C’est vrai que ce passage est plutôt dangereux et je redouble d’attention. J’arrive à Marmot Meadows. La vue sur le glacier est superbe. Le ciel s’est un peu couvert. D'après le ranger de ce matin, la suite du trail est enneigée, et vu les derniers mètres que j’ai dû franchir, je décide de m’arrêter là, d’autant plus que de toute façon, le dernier tronçon est fermé. Je redescends. Le groupe a appelé à l’aide et les rangers arrivent pour évacuer la blessée. Vu le chemin, cela ne va pas être simple, et je croise d’autres rangers un peu plus loin (ils vont être 8 au total).

Exit Glacier: sur le Harding Icefield trail 

Au détour d’un virage, je vois un petit animal se faufiler dans un terrier. J’attends patiemment devant et une petite tête apparait. C’est une jolie marmotte, un peu peureuse (elle disparait au moindre bruit) mais curieuse. Je reste un moment à l’observer avant de continuer.


Retour sur le front de mer, apéro en extérieur, dîner au chaud avant de ressortir me promener, attirée par le banc d’otaries aperçu par la fenêtre. La baie est paisible.

2
juin

Je commence par me balader dans downtown, à la recherche des bâtiments « historiques » (un siècle) et des peintures murales. Je découvre la rue commerçante. Il est 12h et je dois libérer mon emplacement. J’en profite pour la pause technique et m’occupe de la vidange des cuves. Je retourne ensuite au centre-ville et m’arrête au café Resurrection Art pour un cappuccino et un petit gâteau. Oui le dessert avant le sandwich aujourd'hui :-) Certaines boutiques proposent principalement du made in China mais d’autres offrent un choix différent avec du local et sympathique.

Seward 

Je me mets ensuite en route pour Lowell Point et le Tonsina trail dont m’a parlé la ranger du parc la veille. Le chemin traverse d’abord une forêt et je n’hésite pas à faire un peu de bruit pour signaler ma présence. Après une descente un peu raide, j’arrive bientôt sur une immense plage déserte. Je reste un moment à contempler le paysage, à ramasser quelques petits cailloux (j’avais pas dit que j’arrêtais ?) et même quelques morceaux de bois flotté en pensant à Stéphanie… ;-)

Lowell Point et le Tonsina trail 

Retour en ville, j’ai loupé la visite guidée des peintures murales, mais après tout je les ai déjà vues. C’est le « First Friday » et toutes les boutiques font nocturne et proposent un petit buffet. Je dîne au Seward Brewery, avant de retourner au Resurrection Art Café assister à la fin d’un concert. Un peu fatiguée pour prendre la route, je retourne m’installer sur le front de mer pour la nuit.

3
juin

Petit détour par la poste, j’ai une lettre qui doit être en France le 12, j’espère que ce n’est pas trop tard.


Je quitte Seward vers 11h. je fais une courte pause à Moose Pass regarder la roue du village et pour m’acheter une clochette (pour les ours). Un peu plus tard, arrêt sur un parking : un chemin mène à un lac, la descente est raide et un peu glissante, mais tout se passe bien, et je déjeune sur un rocher.

Arrêt à Cooper Landing. Un groupe m’indique des Dall sheep à distance. Elles sont loin, et même aux jumelles, on ne voit que des points blancs sur la montagne.

J’emprunte ensuite la route de Skilak Lake Road. Je vois plusieurs départs de sentiers, mais aucune indication. Je les trouverai finalement à la fin de la route, dommage ! Seulement 2 arrêts points de vue, certes très beaux, mais je me demande si ça valait vraiment le coup, car maintenant le RV est bien poussiéreux, extérieur comme –et surtout – intérieur !

le long de la Skilak Lake Road 

Je m’arrête à Ninilchik, d’abord à l’église Orthodoxe et son petit cimetière, puis dans le vieux village, à la boutique. La dame de 80 ans entame la conversation, et me montre les murs d’origine de la cabane principale (un siècle environ). La maison s’affaisse, rien n’est d’équerre, mais elle est toujours debout. La conversation s’oriente politique, elle prie pour que Trump soit destitué. Petit tour dans le village et je repars.

Ninilchik 

Je comptais faire étape dans le coin, mais le ciel s’est couvert, un brouillard levé, ça et les cabanes en ruine, plus la conversation…c’est assez lugubre, et je décide de poursuivre ma route. Bien m’en a pris, car à l’approche de Homer, le ciel s’ouvre et le soleil réapparaît. Superbe vue depuis les hauteurs avant d’entamer la descente.

En ville, un porc-épic traverse juste devant moi. Je m’installe à un camping sur le spit. Douche bien chaude et dîner au bord de l’eau.

4
juin

Pause lessive et wifi pour envoi des photos à Alex.

Je pars en fin de matinée à l’office de tourisme glaner quelques informations, puis au Islands & Ocean Visitor’s Center : expo + petit film sur leur action. Je suis ensuite le chemin jusqu'à la plage Bishop’s Beach. Il pleut légèrement mais c’est agréable.

Bishop’s Beach 

J’emprunte ensuite les 2 routes scéniques qu’on m’a indiquées un peu plus tôt : la 1ère aurait pu être sympa mais longe des propriétés privées et il n’y a aucun moyen de s’arrêter. La 2e amène à un véritable point de vue depuis les hauteurs.

Point de vue sur Homer's Spit et sur la baie Kachemak


Je me rends au Carl E. Wynn Nature Center. C’est déjà fermé, mais des cartes sont laissées en libre accès. Je renonce au grand tour – je suis vraiment seule. Le petit tour me permet d’observer un american robin et un varied thrush (noms français à chercher) et un glouton grimper aux arbres ! Sur le moment je ne sais pas trop ce que j’ai vu, mais après recherche, j’en ai la confirmation. Ce sont donc eux qui laissent tous ces poils sur les branches…




Je rentre au camping, bien décidée à allumer mon feu de camp, mais j’ai de nouveaux voisins, Carla et Craig, et ils m’invitent à partager le leur. Nous passons la soirée à bavarder au coin du feu avec vue sur la mer et les montagnes (et de jolies couleurs dans le ciel), avec tantôt une loutre ou un phoque au loin.

5
juin
5
juin

Carla et Craig sont repassés me prévenir qu’ils allaient à Seldonia aujourd'hui et non demain, mais j’étais sous la douche, et le ferry s’apprête à partir quand j’ai le message. Dommage. Je vais me balader sur le spit en commençant par « Land’s End ». Je me renseigne sur un éventuel tour en bateau le lendemain qui fait escale à Seldonia, parcours les boutiques (made in China ou local très cher), déjeune sur la plage, et observe une loutre manger ses crustacés dans le petit port.

Je retourne ensuite à l’office de tourisme : pour rejoindre le parc national de Katmai, il faut prendre un vol depuis…Anchorage. Apparemment une seule compagnie propose cela, à des tarifs plutôt prohibitifs. Je ne verrai pas la vallée des 10,000 fumées !

Après quelques courses, je me balade autour de Beluga Lake. Aucun animal visible depuis les plateformes d’observation.

Beluga Lake 

Je m’installe sur le spit le temps de dîner, recroise Carla et Craig qui me débriefent de leur journée : ils sont un peu déçus de leur excursion à Seldonia même s’ils ne regrettent pas d’être allés.

Je décide de quitter Homer et pars peu de temps après. Je fais halte pour la nuit face à la chaîne de volcans de l’autre côté de la baie.


6
juin
6
juin

Je reprends la route. Entre Soldotnia et Sterling, je marque un arrêt à la boutique de 2 rusty ravens, de Tom et Donna Cooper. Donna l’antiquaire et Tom, plutôt pierres et sculptures de bois d’élan.

2 rusty ravens 


La pluie m’attend lorsque je récupère la Seward Highway mais j’arrive finalement à Hope avec le soleil en début d’après-midi. Petit tour sur Main Street avec le Social Hall de 1902, puis au musée. Plusieurs bâtiments, tous d’époque et restaurés, évoquent la vie au temps de la ruée vers l’or. On est transporté dans une autre époque !

The Hope-Sunrise Historical and Mining Museum

La bibliothèque a déjà fermé, je me rends à la galerie d’art en face, directement dans le jardin des propriétaires. La dame me donne des infos sur les chemins de rando, celui à ne pas prendre (ours agressif et élans en ce moment).

Je fais ensuite la connaissance de Jim et Tammy (de San Diego), aux rires communicatifs, qui sont venus exprès pour le Bar Restaurant Seaview, mais celui-ci est fermé les lundis et mardis.

Petit tour au bord de l’eau et dîner. Alors que je termine la vaisselle, Jim et Tammy viennent me proposer une balade digestive. Jim semblait connaitre un chemin, mais malgré 3 tentatives, nous ne le trouvons pas. Nous faisons un petit tour en ville avant de nous quitter : leur voyage se termine, ils rentrent demain en Californie.

7
juin

Je n’ai quasiment pas dormi de la nuit. Au départ par manque de sommeil et parce que j’avais froid, ensuite à cause d’une tempête : la pluie résonne sur le toit, et le vent fait bouger RV. Je crains plusieurs fois qu’il finisse par se renverser, même si je me doute bien que ce ne sera pas le cas. Le petit matin arrive trop vite et je me lève fatiguée. Toutefois, le déluge a cessé, et le soleil fait quelques timides apparitions.

Le générateur est tombé en panne hier matin. Nouvelle tentative aujourd'hui, mais toujours rien. J’appelle le loueur, et insiste pour récupérer le RV initialement loué, un 19 pieds (5,8m). C’est OK si je viens aujourd'hui. Changement de programme, on oublie l’ascension de la montagne pour la vue sur Turnagain Arm, et on remballe tout. Après 2h de route, j’arrive à Anchorage, et on procède à l’échange. Direction le parking de Walmart pour m’installer. Mon nouveau compagnon est plus compact, je me sens un peu plus à l’aise au volant.


A 18h, je prends la route et rencontre quelques embouteillages pour sortir de la ville (tiens tiens…ça faisait longtemps). J’arrive à Talkeetna vers 20h. Installation au camping. Pas de vue, mais le centre-ville est accessible à pieds.

A 21h30, je ressors, et dîne au Mountain High, avec un concert live. Cuisine encore ouverte à presque 22h et un concert un mercredi soir ? Mais où suis-je donc ? :-) Ne nous emballons pas, le verre d’eau arrive rempli de glaçons et les portions sont copieuses (je finirai le crumble de rhubarbe demain) – on est bien toujours en Amérique !

Je vais ensuite me promener au bord de la rivière : le soleil brille plus que de l’or et la vue sur le mont Denali est superbe !



Après un nouvel arrêt photo, je m’immobilise en reprenant le sentier : à une quinzaine de mètres, un renard roux m’observe. Je tente une photo même si je suis un peu loin pour mon appareil. Je l’observe longuement avant qu’il ne disparaisse dans la végétation.

8
juin

Le bureau du camping était déjà fermé hier soir quand je suis arrivée (une note indiquait les emplacements disponibles) et je vais régler ce matin. J’ai décidé de rester ici pour 2 nuits.

Royal : je vais prendre le petit-déj en ville, et jette mon dévolu sur la Roadhouse. Après étude de la carte, rien ne me fait vraiment envie cependant. J’opte pour un café (je suis au thé avec RV) et un biscuit (=sourdough). J’en commande même un 2e, mais c’est trop. Le sourdough (entre le pain, la brioche et le scone) c’est super bon, mais je le soupçonne de gonfler une fois avalé, car ça cale vraiment. J'en mange la moitié et embarque le reste pour plus tard.

Petit-déjeuner à la Roadhouse 

Je flâne d’abord sur la rue principale et dans ses boutiques, avant de suive le parcours de ma carte avec les maisons « historiques » (dont la fameuse roadhouse). Je longe un peu la rivière (où j’étais hier soir) et me mets en quête du « river trail » indiqué par ma carte. Je ne trouve pas le chemin, arrive à un camping où d’après les propriétaires, ce chemin n’existe pas. Je décide de suivre la route en espérant le récupérer plus loin. Je marche pendant plus d’une heure quand je trouve enfin une route. J’observe quelques petits oiseaux. Je croise une navette. Je hèle le chauffeur et lui demande si cette route mène quelque part ; oui à la tyrolienne. Conduit-elle à un lac ? oui, mais j’en suis encore loin et apparemment de nombreux ours ont élu domicile là-bas. Je lui demande s’il peut me ramener au village et il accepte. Ouf ! ça me gagne plus d’une heure de marche, d’autant plus qu’il n’y avait pas grand-chose à voir sur cette route.

Petit détour par le cimetière et son monument dédié à ceux qui ont péri en tentant l’ascension du Mont McKinley, puis je retourne me promener au bord de la rivière.


Dîner au West Rib Pub & Grill. Il fait bon, je dîne en terrasse et opte pour le King Crabe.

9
juin

Dernier tour à la rivière où je peux observer un castor (et voir passer une carcasse d’élan emportée par le courant) avant de prendre la route, avec une courte étape dans une fabrique artisanale de sirop de bouleau.

Arrêt (et pause déj) au Denali South Viewpoint avec vue sur l’Alaska Range, et quelques kilomètres plus loin pour observer un élan mâle.

Denali South Viewpoint avec vue sur l’Alaska Range 

Je fais halte à Denali Air pour me renseigner sur les vols qu’ils proposent et la météo. Evelyn est impressionnée que je voyage seule et m’accorde une remise (celle prévue pour les militaires). Je dois repasser une heure plus tard, et elle vérifiera de nouveau la météo et les webcams.

Entre temps, je vais me renseigner au Wilderness Access Center (WAC). L’organisation du parc est compliquée ! Et tous les campings affichent complets ! Je rappelle Evelyn : je laisse tomber le vol pour aujourd'hui. Je m’inscris à une randonnée découverte avec un ranger pour le lendemain. La particularité du parc Denali, c’est qu’il n’y a pas (ou très peu) de sentiers balisés et qu’on peut aller où on veut. Vu qu’il y a aussi des ours, des élans et des loups, pas évident de se lancer et j’ai choisi l'option ranger pour ma première balade. Je repasse au WAC pour acheter mon ticket de bus, et me mets en quête du camping qu’on m’a indiqué. Le coin est joli (au bord d’un lac) mais les emplacements sont un peu « encaissés » dans la végétation. J’ai à peine le temps de boire l’apéro dehors qu’un orage s’annonce. J’adore le son du tonnerre mais c’est bientôt le déluge (avec même des grêlons !)

10
juin

6h : debout, le parc Denali m’attend.

A 8h, le bus part, nous ne sommes pas très nombreux, la rando est limitée à 11 personnes (+ le ranger).

Des bus sont immobilisés, et nous découvrons bientôt pourquoi : un loup remonte la plaine et vient à notre rencontre. Il zigzague entre les côtés de la route et disparaît. Courte, mais quelle belle rencontre ! C’est apparemment très rare de voir les loups d’aussi près. Un peu plus loin, on nous signale un ours, mais il s’agit plutôt de 2 boules de poil endormies sur la montagne, et on ne voit pas grand-chose ; puis une maman renard avec ses petits.

Cherchez le loup dans les 2 dernières photos 

Nous embarquons notre ranger Jessica et arrivons bientôt dans le coin de notre rando. 11h45, après les consignes de sécurité, nous nous mettons en chemin. La balade est tranquille, la ranger nous indique fleurs et crottes d’animaux. Traversée de rivière et pieds mouillés pour certains, nous gravissons une colline (son idée était de suivre la rivière, mais ce n’est pas possible, encore trop de neige). Au sommet, pause déjeuner avec vue sur les caribous (les rennes s’appellent différemment ici), puis redescente avant de rejoindre la route à 14h. 2h de marche.

Avec 2 autres couples, nous décidons de poursuivre jusqu'au Eielson Visitor's Center, et attendons quelques minutes le prochain bus. Arrivés à destination, nous avons la possibilité de repartir par le même bus 45 minutes plus tard ou de prendre un suivant. C’est cette option que je choisis, il est encore tôt et il est peu probable que je revienne alors autant en profiter. Je commence par suivre le Toundra loop trail puis le Gorge creek trail. Le sentier descend jusqu'à la rivière où je reste un moment observer le paysage. Je suis au cœur de l’Alaska !

Autour du Eielson Visitor's Center:  le Toundra loop trail et le Gorge creek trail

Je remonte et m’inscris pour la prochaine navette prévue quelques minutes après. Sur la route, nous observons une maman ourse et ses 2 petits, et un élan.

Il est presque 21h lorsque nous rejoignons l’entrée du parc. Nuit sur une aire de repos repérée la veille.

11
juin

Rien ne presse ce matin : il pleut, je prends mon temps.

En fin de matinée, je rejoins Healy à quelques kilomètres. C’est là qu’est exposé le bus qui a servi au tournage du film « Into the wild ». Le vrai est toujours à la même place à 20 miles du Stampede trail, accessible uniquement à pieds et avec la rivière Talkeetna à traverser. L’expédition est dangereuse et déconseillée (certains se sont noyés en tentant de l’atteindre). Je me contente de la réplique. A l’intérieur, quelques objets et une petite exposition retraçant les derniers jours de Christopher McCandless.

Carole into the wild 

Retour au parc Denali avec plusieurs arrêts pour observer des élans avant d’atteindre le parking de Mountain Vista où je laisse RV. Il est 14h40, la navette qui doit m’amener à Savage River n’est qu’à 15h07. C’est parti pour le Mountain Vista trail, donné pour 30 minutes. La boucle est bouclée en moins de 20 minutes, et la navette arrive à l’heure.

J’attaque par la Savage River loop, une boucle qui longe la rivière (petit pont pour traverser) et 1h plus tard j’entame le Savage Alpine trail. Quasiment au sommet, je profite de la vue sur la vallée pour enregistrer une vidéo pour souhaiter un bon anniversaire à maman, c’est déjà le 12 juin en France.

la Savage River loop 

Après cela, j’enfile gants et bonnet, le vent souffle fort là-haut ! Une demi-heure plus tard commence la descente, au milieu de nombreuses fleurs. Je croise de nombreux ground squirrel (entre l’écureuil et la marmotte - spermophile en français). Ils ont dû apprendre à reconnaître le bruit d’un appareil photo : ils disparaissent dès que je commence à zoomer, sauf un qui semble prendre la pause 😀

le Savage Alpine trail et le spermophile-star 

J’ai la chance de pouvoir observer une femelle élan avec son petit un peu plus loin.

A l’arrivée, j'enchaine avec la Savage Cabin trail, une petite boucle d’1,5km pour observer une cabane encore utilisée l’hiver par les rangers. Au total : quasi 12 km.

Nuit sur un parking un peu plus protégé du vent que celui de la veille.

12
juin

(bon anniversaire maman !)

Décidément, la pluie est encore au rdv ce matin. Je termine mes cartes postales en attendant que ça se lève, ce qui ne semble pas vouloir se produire. Après avoir fait le plein d’essence, je parcours les boutiques du boardwalk mall.

Je rejoins le parc et me lance sur le Horseshoe Lake trail, un sentier qui fait le tour d’un lac et va jusqu'à la rivière Nenana. Il pleut encore mais arrivée au lac, la vue de castors me fait complètement oublier la pluie.

le Horseshoe Lake trail 

Un peu plus loin, j’aperçois un gros animal poilu à quelques mètres, derrière les arbres. Je ne vois pas grand-chose et au premier coup d’œil, je ne sais pas ce que c’est, mais je penche pour un élan. Je n’ai pas envie de le surprendre et agite ma clochette. L’élan femelle fait nonchalamment quelques pas, suivie de ses deux petits. Je les observe quelques instants avant qu’ils ne disparaissent derrière les arbres.

Je termine ma balade avec lièvres, écureuils et encore des castors. On peut d’ailleurs admirer leur travail avec un barrage qui a créé le lac.

Nuit sur un autre parking, cette fois au sud du parc.

13
juin

Réveil à 5h, la lumière est magnifique, et je m’extirpe des couvertures pour sortir faire une photo. Il y a foule sur le parking ! Mais ils sont tous déjà partis lorsque je termine le petit-déjeuner.

La journée s’annonce radieuse. Je me dépêche, mais lorsque j’arrive au WAC, je constate que tous les bus sont complets jusqu’à 13h. Catastrophe… L’agent me propose un départ à 9h30 pour Toklat. Vendu ! 30 minutes plus tard, j’embarque. Ouf !

A l’arrêt Polychrome Mountains, après en avoir discuté avec la conductrice Cassie et d’autres passagers, je me lance : je vais randonner ici. Je m’éloigne du promontoire et arrive d’abord à un petit lac avant d’entamer l’ascension de la montagne pendant presque 1h. Au sommet, la vue est sublime ! La montagne en face arbore de multiples couleurs, j’adore !

Je décide de déjeuner ici. Waouh…et dire qu’on est mardi et qu’en temps ‘normal’, je serais au bureau…

Le vent qui souffle est un peu frais et je rajoute quelques épaisseurs avant de longer l’arrête, puis finalement de revenir sur mes pas : le sommet derrière moi est attirant. Si j’allais voir ce qu’il cache de l’autre côté ? J’arrive facilement au sommet. Je décide de redescendre sur ce versant et repère les lieux. La descente est raide, mais ça va. Au bout d’un moment, je commence à traverser des buissons, d’abord jusqu'à la taille, puis au-delà de ma tête. C’est là-dedans que je pourrais me retrouver face à un ours. Je continue en m’accrochant comme je peux aux branches et en chantant bien fort. J’arrive enfin au cours d’eau que je longe. Il y a plus ou moins un chemin que je suis en traversant çà et là la rivière. J’avais repéré qu’il faudrait le quitter à un moment et je continue à travers la plaine ou plutôt le « bog » et fini par avoir les pieds mouillés (mes chaussures sont étanches, mais pas quand l’eau entre par le haut !). Je rejoins enfin un petit lac (je suis sur le bon chemin !) et un peu plus loin enfin la route. 2 ou 3 bus de visite commentée passent avant que n’arrive enfin la navette. Il reste une place à bord – super !

Quelques kilomètres plus loin, arrêt pour observer des caribous, puis pour un énorme grizzly qui s’approche et traverse devant notre bus avant de disparaître dans un buisson. Je sais qu’il est là, on le devine, mais je ne le vois pas, et je me souviens de ma traversée des buissons quelques minutes plus tôt…

Arrêt au Visitor's center, les nuages se dissipent pour laisser apparaître le sommet du Denali. C’est incroyable, je ne le cherchais pas si haut l’autre jour !

le sommet du Denali apparaît au milieu des nuages (en haut à droite)

Nous repartons 30 minutes plus tard. Pas trop d’animaux à l’exception de quelques caribous assez près. Il faut dire que la plupart des passagers dorment ou lisent sur leur tablette (!), difficile de repérer quelque chose dans ces conditions !

14
juin

Le soleil est là ! Je me prépare rapidement et avant 9h je suis chez Denali Air. Evelyn n’est pas là mais sa collègue m’inscrit pour le vol de 10h (en m’appliquant la remise promise). Je prends place à côté de Bob, notre pilote. C’est parti pour le survol du parc Denali et un tour autour du sommet ! On peut même apercevoir les grimpeurs. Sur le chemin du retour, je vois mes Polychrome Mountains – qu’elles sont belles !

J’emprunte la Denali Highway et c’est parti pour plus de 120 miles de piste. Je ne roule pas vite, RV tressaute, les placards s’ouvrent et se renversent… mais la vue est magnifique ! Pause déjeuner face à l’Alaska Range, malheureusement les moustiques sont là aussi et je ne m’attarde pas.

le long de la Denali Highway 

A 18h30, j’arrive enfin au MacLaren summit, et me promène pendant plus d’une heure.

Balade au sommet MacLaren avec vue sur la chaîne de l'Alaska et le glacier MacLaren 

Arrêt pour la nuit un peu à l’écart de la route et face à un lac.

15
juin

Je descends jusqu'au lac et m’installe pour terminer une nouvelle de Jack London commencée hier soir. Puis après avoir profité du paysage, je reprends le chemin. Je m’arrête, surprise. A environ 45 mètres, une femelle élan est figée et me regarde, son petit derrière elle. On se regarde, je fais un peu de bruit et quelques pas de côté pour lui signifier que je ne viens pas vers elle et ne lui veut pas de mal. Ça lui suffit et elle reprend tranquillement sa route, avant de s’immobiliser un peu plus loin pour me regarder à nouveau. J’en profite pour faire une photo.

une belle rencontre 

Après ça, je reprends la route et rejoins enfin la partie asphaltée de la route avant de bifurquer sur la Richardson Highway, direction Valdez.

Vue depuis la Richardson Highway: Mount Drum & Willow Lake 

Quelques arrêts photo en route, puis au Worthington Glacier, visible depuis la route. Une bonne heure de marche aller-retour m’a permis de le surplomber et d’avoir une jolie vue sur la vallée.

Worthington Glacier 



Nouvel arrêt pour admirer des chutes d’eau, et j’arrive enfin à Valdez où je décide de me poser pour 3 nuits.

16
juin

Lessive !

En début d’après-midi, je pars me promener, en commençant d’abord par le Dock Point trail, courte balade au milieu de la végétation. Un chien vient à ma rencontre (il a l’air beaucoup plus gentil que celui qui m’avait chargée) : en fait, ce sont mes carottes qui l’attirent – je suis tombée sur le seul chien amateur de ce légume !

Je me promène ensuite sur le port, m’arrête à une boutique souvenirs où le vendeur me raconte diverses anecdotes sur le coin, puis parcours le Overlook trail, un sentier censé offrir de beaux points de vue sur la ville, mais avec au loin le terminal du pipeline, ce n’est pas très photogénique.

Après un tour au terminal du ferry, je visite le Maxine & Jesse Whitney Museum, qui outre une collection d’art natif, expose des animaux empaillés.

Maxine & Jesse Whitney Museum 
17
juin

J’attaque le Mineral Creek trail. La rando de 12,2 miles (plus de 18km) est donnée pour 6h, mais j’en mettrais 4h50. Si j’avais eu un 4x4, j’aurais pu traverser le pont et suivre la piste quasiment jusqu'au bout (seul le dernier mile n’est accessible uniquement à pieds) mais RV est au parking et je me lance en criant régulièrement pour signaler ma présence à d’éventuels gros animaux poilus. Je ne vois qu’une marmotte et des oiseaux, dont un tout jaune.

J’arrive enfin aux ruines de Stamp Mill. Arrêt photo et pause déj avant de reprendre le chemin en sens inverse. Peu de monde, je ne croise aucun randonneur (en fait si, deux arrivent quand je retrouve RV), seulement quelques voitures (énormes 4x4) qui ne semblent pas aller plus loin que la mine d’or encore en activité.

Après cette « mise en jambe », je vais à la Solomon Gulch Hatchery (il s’agit d’une usine/incubateur de poissons), mais ce n’est pas encore la saison, et les saumons ne sont pas encore là. Un Australien m’explique qu’au mois d’août dernier, il a vu au même endroit des milliers de saumons se précipiter. Dommage. Pour l’heure, je suis trempée. La vue est bouchée, il y avait bien une rando de 2h dans le coin, mais à quoi bon.

Je traverse avec RV l’ancienne ville (la ville de Valdez a été déplacée de 4 miles après le tremblement de terre de 1964, dans un site plus sûr), pas grand-chose à voir, et rentre au camping. Je dois attendre un peu avant de retrouver mon emplacement : un homme nourrit les aigles (c’est autorisé ici) et un attroupement s’est formé. Il faut voir les aigles attraper les poissons en plein vol !

Après ça, un bon chocolat chaud pour se réchauffer.

18
juin

Il ne pleut plus – c’est déjà ça.

Après un rapide rangement et quelques courses, je prends la direction de Shoup Bay et entame une randonnée. Après environ 1 mile en pleine végétation, le chemin débouche sur une plaine. Un petit chemin de traverse mène à la plage. Je l’emprunte et fais halte pour déjeuner avec vue sur les montagnes plongeant dans la baie. Je continue le sentier qui grimpe. Je manifeste bruyamment ma présence régulièrement. Moins de 2h après, je suis à Gold Creek. C’est paisible et je suis seule. Ou presque. Un petit avion vient de se poser sur la plage de galets. Un pilote et un couple. S’il a vendu son tour en leur disant qu’ils iraient là où personne d’autre ne peut aller, c’est raté 😀

Un pont, mélange de tradition et de modernité permet de traverser la rivière. Au-delà, un autre sentier permet d’accéder au bout de la baie avec vue sur le glacier Shoup. Mais c’est 10h aller-retour. Dommage.

Je reprends le chemin inverse, et croise d’abord un couple d’allemands, puis 2 américains, David et Tim, avec qui je discute un peu. Impressionnés que je voyage seule, et effrayés que je randonne seule sans bear spray, ils m’offrent une de leurs bombes de poivre. Me voilà parée :-) même si je préfère continuer à faire du bruit et ainsi éviter une rencontre rapprochée.


Je quitte Valdez et emprunte une route qui conduit au glacier Valdez. Ce n’est pas indiqué, heureusement que j’ai le Milepost. L’endroit est magnifique ! Le glacier, qui a bien reculé, est assez loin, mais des icebergs flottent à la surface du lagon. Et avec un rayon de soleil en prime ! Je me balade, doit m’approcher un peu trop près d’un nid de goéland car celui-ci commence visiblement à m’attaquer. Je m’éloigne rapidement.

Dans le Keystone canyon, je m’arrête pour quelques photos de Bridalveil Falls, en empruntant cette fois le début du sentier de Goat trail qui mène à un petit promontoire.

Bridalveil Falls 

Plusieurs arrêts photos, c’est magnifique et j’arrive à Blueberry Lake Recreation Site, vendu par le Milepost comme un des campings les mieux situés. Je confirme, c’est grandiose ! Près d’un lac, au milieu des montagnes. Julia et son mari, canadiens, s’arrêtent quelques minutes pour discuter. J’allume mon propre feu. Que c’est bon…

En fin de soirée, le feu éteint, je suis un petit chemin qui mène à un panorama à 360° sur les montagnes. Avec les couleurs du soleil couchant, c’est magnifique, grandiose ! (je me répète peut-être ?)

19
juin

Après le petit-déj en « terrasse », j’étudie la route à venir, puis retourne me promener au panorama. Le ciel est couvert, mais les montagnes sont toujours aussi belles. Difficile de quitter un endroit pareil.

Je prends la route mais m’arrête déjà quelques kilomètres plus loin pour suivre un sentier jusqu'à un promontoire qui donne une vue plongeante sur la vallée.

Je n’irai finalement pas au parc Wrangell, mais m’arrête tout de même à leur Visitor’s Center (inhabituellement situé à plus de 60km du parc). Le ciel est noir, on entend le tonnerre gronder au loin et je ne m’attarde pas.

Je fais route jusqu'au lac Louise avec le soleil, mais la pluie (le déluge) me rattrape à peine mon dîner terminé.

20
juin

Il ne pleut plus ce matin, et je me balade un peu avant de reprendre la route. Mais le temps que je rejoigne la Glenn highway, le brouillard s’est levé et la pluie est de retour. Je ne verrai pas le glacier Tazlina, ni les divers points de vue panoramiques que j’avais notés. Je renonce aussi à 1 ou 2 randos que j’avais repérées.

Je m’arrête en début d’après-midi au glacier Matanuska pour une petite balade de 30 minutes. Ensuite, la route commence à descendre et m’offre bientôt une vue dégagée sur Lion’s Head, une montagne en forme de pyramide.

Matanuska Glacier et Lion's Head


Arrêt au Visitor’s Center de Palmer pour récupérer quelques cartes de rando, et je prends la route pour Hatcher Pass. Nuit dans les hauteurs avec vue sur les montagnes et la vallée.

21
juin

Je me réveille avec le brouillard.

C’est parti pour la visite de Independence Mine, une mine d’or active la 1ère moitié du XXe siècle. Certains bâtiments ont été restaurés, d’autres ne sont plus qu’un tas de ruines. Je me balade au milieu et le brouillard qui se dissipe par moments crée une atmosphère particulière.

Independence Mine 
 Hatcher Pass dans les nuages

La route qui mène au col de Hatcher Pass est fermée, je redescends sur Palmer. Et là, je découvre…le soleil. J’étais coincée dans les nuages, retenus par les sommets. Je me lance donc sur le West Butte trail, l’ascension d’une petite montagne. C’est assez raide et un peu fatigant mais ça vaut le coup ! Du sommet, on voit le Turnagain Arm, le glacier Matanuska, les montagnes… waouh ! je reste un moment contempler la vue avant de redescendre (c’est plus rapide dans ce sens !)

West Butte trail et vue sur le glacier Matanuska et le Turnagain Arm 


Nuit au bord de la rivière Matanuska.

22
juin

Encore de la pluie ! Je ne suis pas gâtée pour mes derniers jours. Je commence à ranger un peu.

Je me promène autour de Reflections Lake. Sans doute les reflets sur le lac par beau temps sont de toute beauté. Aucun animal, mais plusieurs familles.

Reflections Lake 

J’enchaîne avec Thunderbird Falls trail, pour voir des chutes d’eau. Un chemin descend même quasi au pied des chutes.

Thunderbird Falls trail 

Je vais jusqu'au lac Eklutna mais décide de ne pas passer la nuit là, et vais m’installer au camping de Eagle river.

Eklutna Lake 

Après un petit tour dans les bois et au bord de la rivière, je me réchauffe près de mon feu de camp (je m’améliore pour l’allumage).

Eagle river campsite 
23
juin

Au réveil, j’hésite à prendre le petit-déj dehors. Mais c’est humide et je décide de rester à l’intérieur. Alors que je me lève chercher ma tasse, je me fige. Là, à côté de mon feu et de ma table, à moins de 3 mètres, un ours noir. UN OURS ! ça se bouscule dans ma tête ! Est-ce que j’ouvre la porte ? je sors ? Ben non. L’appareil photo ! Mais oui, bien sûr ! Où est-il ? Vite, sur la table ! L’ours marche tranquillement et s’éloigne déjà, empruntant le chemin que j’ai suivi hier soir. Furtive, mais quelle rencontre ! Il y a donc bien des ours ici…

Je me rends ensuite au Eagle River Nature Center. Je fais la connaissance d’Emily, une jeune franco-américaine qui travaille là comme bénévole. Nous discutons, Emily me raconte la vie au Centre, et nous faisons le Albert loop trail ensemble. Ça me change de parler en français et de mes randos en solitaire ! Et c’est rassurant, car il y a beaucoup d’ours et d’élans dans le coin. Mais ce n’est que de retour au Centre que je vois mon 2e ours noir de la journée.

Eagle River Nature Center 

Il y a des randos très tentantes dans le coin, mais le sommet des montagnes est dans les nuages. Je prends la direction d’Anchorage et y arrive avec le soleil. Il se cachait donc là. Je décide de faire le Flattop Moutains trail. La vue depuis les hauteurs est magnifique, mais malheureusement les Flattop mountains sont dans le brouillard, on ne voit pas à 10 mètres… A la place, je vais me promener au Potter Marsch, sorte de marécage au bord de l’eau, avec des pontons d’observation aménagés.

Je m’installe ensuite à Beluga Point le temps de dîner et de faire mes bagages, puis une petite balade digestive. Les couleurs sont magnifiques.

Nuit sur le parking de Walmart. Pas glamour, mais ce sera pratique demain.

24
juin

(Joyeux anniversaire Stéphanie !)

Petit tour par le centre de tri (on recycle même en vacances) puis plein d’essence, et à 10h30, je quitte RV. La navette me dépose à l’hôtel après un petit embouteillage… Welcome back to the city !

La chambre n’est pas encore prête, je laisse mes bagages et sors me promener. Je déjeune au Snow City Café et fais la connaissance de Hilary (de Anchorage) et de Ben (du Rhode Island).

Direction le Farmer’s Market, je vais saluer Coby et le remercier pour les conseils qu’ils m’avaient donnés. Joy, à qui j’avais acheté le Ulu n’est pas là, mais je transmets mon bonjour à son frère. Je profite du soleil (je suis en t-shirt – ça faisait longtemps !) avant de récupérer ma chambre.

Dîner au Humpy's. Je discute avec mes voisins de droite (oops j’ai oublié leur nom) qui m’offrent une bière, puis avec Ricardo, à ma gauche. Il est marrant mais commence rapidement à se répéter et à poser les mêmes questions plusieurs fois. Il est temps de partir. Ses amis et lui m’invitent à poursuivre la tournée des bars avec eux, mais je décline et pars contempler le coucher du soleil. Petit détour par Ship Creek mais les saumons ne sont toujours pas là.

25
juin

Mission bagages !

Message d’Hilary qui me propose d’aller randonner. Rendez-vous est pris pour 13h – cela me laisse le temps de faire un petit tour et de déjeuner. Je retourne au Snow City Café et croise Ben à nouveau, ravi d’apprendre qu'Hilary et moi allons randonner. Je lui propose de se joindre à nous, mais son travail l’oblige à rester sur Anchorage.

Hilary et son frère passent me chercher et direction Rendezvous Peak. Hilary s’aperçoit qu’elle a dû faire tomber son portable et nous abandonne pour partir à sa recherche. L’ascension est raide jusqu’au sommet mais une fois là-haut, on voit Anchorage et le Turnagain Arm, et la vue sur les montagnes est magnifique. Belle dernière rando !

Rendezvous Peak 

La descente est plus rapide (bien qu’un peu plus dure pour les genoux). Nous rejoignons Hilary qui a retrouvé son téléphone. Sur la route retour, nous voyons un jeune élan.


Dernière balade en ville, dîner au Glacier Brewhouse, où j’avais dîné le premier soir. La boucle est bouclée…

26
juin

La navette de l’hôtel me dépose à l’aéroport et commence l’attente avant l’embarquement à 5h et le décollage à 5h40. Escale à Minneapolis et arrivée à Paris mardi 27/06 à 11h30 après 2 mois de voyage.

Hervé, 1er du nom

Ce n'est pas le modèle que j'ai réservé, et le loueur essaye de me convaincre qu'il m'a "surclassée" en me donnant ce camping-car, mais je comprends clairement que je me fais avoir. Il y a plusieurs impacts sur le pare-brise, dont un de la taille d'une pièce de 2 euros en plein milieu de mon champ de vision, les coffres extérieurs ne se ferment pas, l'eau chaude n'arrive pas jusque dans la douche, le matelas du lit est défoncé et le générateur est capricieux. Néanmoins, Hervé I m'a permis de visiter à mon rythme la péninsule de Kenaï.

Hervé, 2e du nom

Après une dizaine de jours à bord de Hervé I, j'ai fait la connaissance de Hervé II. Plus compact, plus facilement manœuvrable, il s'est aussi paradoxalement avéré plus spacieux à l'intérieur.

Présentation:

Le Milepost 


Le Milepost, c'est LE guide pour tout voyage en Alaska. Il est réédité chaque année depuis 1949 et décrit chaque kilomètre de route et site à voir. Absolument indispensable !