Carnet de voyage

Avant le départ

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Partir du sud de la France au printemps 2018 en roulotte tractée par deux chevaux trait comtois avec nos deux enfants et deux chiens pour rejoindre l'Ecosse nécessite de nombreux préparatifs.
Mai 2018
1 jour
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Enfin, nous nous installons confortablement au sein de la famille pour faire la transition entre la vie passée et notre projet. Ce projet de voyage un peu spécial car nous n'en savons pas grand chose, nous ne prévoyons pas grand chose, pas de dates précises, ni de départ ni de retour, si ce n'est d'être tous les quatre réunis dans cette roulotte avec tous nos biens ou presque pour rejoindre l'Ecosse. Cette île n'est pas un but définitif, elle est un moyen pour aller plus loin dans la découverte et l'apprentissage pour nos enfants et nous même, mais revenons à nos chevaux. Une roulotte donc, tirée par deux chevaux pour traverser la France et d'abord rejoindre la Bretagne. Ça, c'est le projet. Mais avant il y a les préparatifs.

La roulotte, nous sommes allés la chercher dans le sud-ouest de la France. Elle a déjà voyagé de longs mois sur les routes, il y a quelques années mais depuis elle dormait dans une grange en attendant de repartir. Il faut l'aménager à notre goût et selon nos besoins parce que nous sommes quatre et que chacun compte bien emporter ses effets personnels car les déguisements, les légo, les bandes dessinées, la dînette et j'en passe ne vont pas attendre notre retour.


Roulotte sur châssis alu, tôle alu en extérieur, isolée laine de mouton et contre-plaqué intérieur. 
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Au boulot: ponçage, on ne sait pas encore quelle couleur choisir mais l'inspiration va venir!
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Changement des vitres en plexiglas, ces 2 rangées apportent énormément de lumière et apercevoir le ciel est plutôt agréable.
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A l'épreuve de l'humidité : rajout d'une tôle "goutte d'eau" en bas afin d'éviter que l'eau ne ruisselle sous le plancher.
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Le auvent avant/après : Jonathan ne tenait pas debout, il a fallu le rehausser du coup on a rajouté des protections sur le côté. 
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Publié le 16 avril 2018

C'est sur une foire agricole que nous découvrons notre cheval, il y a de cela déjà 8 ans. Volcom, un trait comtois de 1 an, un poulain qui sera porteur correspondant à notre projet de randonnée dans nos montagnes et pourquoi pas même rêver de voyage avec notre cheval bâté. Finalement, le travail à la ferme ne nous laissera guère de temps pour le voyage, seulement de quoi prendre soin de lui et sa "compère" au pré comme au foin, quelques balades en longe puis en selle et enfin le débardage des troncs d'arbres dans le terrain. Ces quelques activités développeront chez lui un très bon caractère et assez d'expérience pour n'avoir peur de pas grand chose sur la route. Seulement l'attelage c'est encore autre chose, un autre univers. Et pour le voyage, il faut être "homme de cheval" comme ils disent. Ce que nous ne sommes pas, pas encore. Depuis 5 mois maintenant, nous nous sommes attelés à la préparation physique de nos chevaux. Nous avons trouvé la coéquipière pour la paire, Malinka. Une jument comtoise, attelée seule ou en paire depuis de nombreuses années. Une jument d'expérience, calme et douce. Ce qu'il faut à un cheval (hongre) de 800kg qui n'a jamais travaillé et qui pète la forme. Durant 3 mois, nous avons travaillé les chevaux séparément pour que Volcom apprenne à tirer seul. Trois mois intensifs où nous avons attelé parfois tous les jours pendant trois semaines, parfois deux fois par semaine selon les circonstances. Il a fallu l'habituer aux frottements de sangles contre sa peau, à tout ces nouveaux bruits qui le suivent perpétuellement, les cliquetis de chaînes, les grincements du métal de la voiture hippomobile et cette herbe sèche ou ces brindilles qui craquent derrière lui et le ramènent à un souvenir lointain, qu'il garde dans ses gènes, d'une époque préhistorique où il était la proie d'une meute de loup et même parfois de l'homme. Cette étape passée et réussie, que l'on appelle vulgairement le débourrage, c'est à notre tour de rentrer dans l'apprentissage, être meneur. Jonathan ayant fait un stage court mais intensif prendra les guides en main alors que je serais à la place du groom mais on préfère le mot "co-équipière" car c'est de ça qu'il s'agit vraiment. Soigner les chevaux, garnir, dégarnir, régler les harnais et colliers, atteler, se mettre à la tête à un stop, monter à l'arrière de la voiture, descendre de la voiture, être les yeux à un carrefour...après ça, nous sommes rincés et dire que nous n'avons pas démarré le vrai voyage! A mon tour de me former à mener, au cas où... Depuis le début de l'aventure, ce monde me passionne mais de loin. Tout y est impressionnant, d'abord les chevaux puis le matériel et enfin la technique. Il ne m'a pas été facile de prendre ma place face à toutes ses nouveautés mais maintenant que je l'ai prise, je n'attends plus que le départ. Au début, j'ai dû m'imposer face à Volcom qui s'impatientait au moment de la mise à la voiture. Avoir 800kg de muscles qui s'agitent au bout des guides peut être assez déstabilisant et même angoissant surtout si celui-ci le ressent et en joue. Il a fallu apprendre de moi-même et trouver la fermeté pour me faire respecter. C'est incroyable, aujourd'hui, d'avoir accéder à ce que je désirais depuis de nombreuses années, une relation stable, un cheval respectueux, la base.

Volcom 1 an en 2010, le gros bébé déjà attachant qui a grandi sous les mélèzes de notre vallée.
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 Avant, Volcom au travail, mais pas trop.
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Ostéopathe, dentiste et maréchal-ferrant, rien n'est laissé au hasard avant le départ
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 Malinka (en haut), Volcom (en bas) sont travaillés en simple, le temps que nous nous fassions la main.
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Après un hiver concentré sur cet apprentissage pour chacun, c'est avec une grande joie que nous pouvons atteler en paire ! 
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Publié le 21 juillet 2018

Après moultes préparatifs, beaucoup de doutes et de remise en question, nous voilà sur un nouveau départ. Depuis quelques jours, nous voici dans un petit village dans le centre de la France. C'est de la ferme de Layat, chez Nathalie et Stéphane que nous commencerons nos premiers pas de roulottiers.

Mais reprenons au début.

Pendant le printemps, nous avons pu terminer la roulotte dans les moindres détails. Que ce soit la peinture intérieure et extérieure, l'aménagement pour dormir, manger, cuisiner, faire les rideaux, installer le poêle à bois, choisir le panneau solaire et le type de batterie, chaque installation nous a demandé pas mal de réflexion. Il y a aussi la partie "timon et palonniers" qui permet de tracter la roulotte par les chevaux, qui a été soudé une première fois puis modifié une deuxième fois après le premier essai. Ensuite le branchement des clignotants et du gyrophare afin d'être vu de loin, surtout par temps gris. Les petites choses et finitions prennent toujours trop de temps par rapport à ce qui est espéré... Nous avions peu de temps à consacrer à nos enfants... Nous avons donc fait le choix de les inscrire dans l'école Montessori d'Uzès. Résultat : un très bel accueil, une expérience inoubliable pour eux, de belles rencontres. Cette école est dans un lieu magique pour les enfants. Dès la rentrée, nous reprendrons l'école "à la maison" et espérons bien entretenir une correspondance avec eux.

En plus de la rénovation, nous continuions l'entraînement à l'attelage, pour les chevaux et pour nous. Au début de la mise en paire, Volcom et Malinka n'étaient pas vraiment accordés mais les sorties se passaient bien. Au fil du temps, la mise à la voiture était de plus en plus compliquée. Volcom s'impatientait et devenait carrément dangereux car il se cabrait au départ et trotinnait pendant un quart d'heure avant de se poser et que l'on puisse avoir les guides un peu détendues. Tout ça avec Malinka qui devait ne rien comprendre au caractère impulsif de son compagnon. Nous avons repris le travail à pied, en longues rênes, pour calmer le jeu avant la mise à la voiture (ou roulotte) avec beaucoup d'appréhension, mais cela a été efficace, un temps. Malgré cela, nous avons fait extraire les "dents de loup" de Volcom. Ces dents, héritage de la préhistoire, que certains chevaux ont et qui semble-t-il, tapent parfois dans le mors. Nous n'avons pas encore attelé à ce jour car la gencive n'est pas tout à fait cicatrisée mais presque tout nos espoirs reposent sur cette intervention.

Après toutes ces péripéties, nous voici début juillet. Dehors il fait chaud, l'herbe dans la nature commence à griller malgré les pluies printanières. Nous ne souhaitons plus passer par le sud pendant les vacances estivales pour rejoindre la Bretagne. Mais passer par les dénivelés du Massif Central nous semble difficile pour les chevaux. S'offre à nous un dilemme...

Nous avons l'idée de traverser à pied avec nos chevaux bâtés les Cévennes pour rejoindre Albi, sans la roulotte que Jonathan reviendrait chercher avec une remorque. Mais le trec à cheval est un peu dur pendant l'été pour nos enfants et notre chien de 10ans et nous décidons de faire demi tour après 20km.

Finalement, c'est par le biais de transporteur et l'aide d'ami(e)s que nous pourrons rejoindre une région plus fraîche, avec de l'herbe verte et un terrain plus propice. C'est comme ça quand deux jours de logistique, nous sommes tombés dans l'Allier !


Volcom sous calmant pour l'extraction des dents qui a été très facile et rapide. Une demi heure après, il broutait.
Le petit trec entre vignes, cigales et piquants.
Un peu dans le désordre, la roulotte vue de l'extérieur
L'intérieur et notre remorque Micheline rénovée pour une nouvelle vie
Notre premier campement à la ferme agro-logique de Layat (03-Trézelles)
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Publié le 9 août 2018

https://www.myatlas.com/ClemJonath/en-partant-du-centre


C'est en suivant ce lien que vous pourrez nous suivre durant le voyage. N'oubliez pas de vous abonner, nous avons dû changer de carnet de voyage c'est pourquoi il faut se réabonner... Petite erreur de notre part. A très bientôt sur les routes de France 😉

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Publié le 9 août 2018

https://www.myatlas.com/ClemJonath/en-partant-du-centre


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