Carnet de voyage

En partant du centre

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Notre premier voyage : rejoindre la Bretagne et découvrir la France en roulotte attelée par deux trait comtois avec nos enfants.
Août 2018
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Publié le 9 août 2018

Nous sommes dans la ferme de Layat pour notre dernière nuit dans un lieu connu et accueillant. Une boule dans le ventre nous laisse un goût étrange. La veille encore, Volcom se cabre dangereusement au démarrage avec une puissance exceptionnelle. Qu'avons-nous loupé ? Malgré cela nous devons partir, rien, pas d'obligation, seulement c'est maintenant, il ne faut pas reculer. Tous le monde nous dit "avec le voyage ça lui passera", croyons-les.

Nous nous levons au petit matin de cette période caniculaire pour se préparer. Nous sommes prêts, il est midi passé. Heureusement une brise légère vient nous donner l'illusion qu'il ne fait pas trop chaud. Les chevaux sont harnachés, dans le calme mais avec une forte pression dans tous nos membres, nous les attelons à la roulotte pour ne plus revenir sur nos pas. Pour la première fois, les chevaux démarrent...sans encombre. Place à la confiance, balayons la peur. Au fond de nos cœurs, ce sentiment d'oppression s'est envolé.


Il y a des montées, il y a des descentes, des plats, des faux-plats, des étangs, des châteaux, des fermes, ces maisons avec des tours auxquelles il manque des tuiles tels que les contes de fées nous les ont fait imaginer. Nous sommes dans le berceau de la royauté depuis le seizième siècle.

Chaque étape nous apprend et apporte quelque chose. Parfois nous faisons 5km parfois 10, parfois plus. Mais peu importe s'il y a l'essentiel pour nous. Nous sommes rythmés par la recherche d'herbe, d'eau et d'ombre. Il faut que le chemin soit carrossable, sans ornière ou nid de poule, autant dire que nous privilégions les petites routes. Ici ça ne manque pas. Au contraire nous fuyons les grosses montées même s'il faut rajouter une étape pour les contourner. Nous continuons de faire du tri dans nos affaires pour alléger la roulotte. Les vélos des enfants, la selle de cheval et plusieurs bricoles sont redescendus dans la famille, tant pis nous ne pourrons pas tout faire.

Cela fait maintenant 10 jours que nous avançons. Nous longeons quand c'est possible l'Allier, l'une des dernières rivières sauvage d'Europe paraît-il. Traversons des forêts immenses, rencontrons des fermiers qui nous prêtent un bout de champ et parfois nous dormons tout simplement dans les espaces aménagés des communes où l'on peut trouver le nécessaire. Bientôt nous changeons de page sur l'atlas routier pour découvrir un nouveau département...


Jour 1, la pression monte, finalement tout se déroule bien et notre première soirée de nomade est belle.
De belles activités en beaux lieux pour camper.
En passant par des lieux tout nouveaux pour nous tous.
Sans parler de l'hospitalité des habitants du coin qui nous offre à boire, à manger et qui nous invite chez eux.
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Publié le 5 octobre 2018

Déjà deux mois que nous ne sommes plus sédentaires. Harnacher les chevaux est quasiment notre quotidien et nous pouvons dire que nous n'avons plus d'appréhension avant les départs matinaux.

C'est un roulottier chevronné du nord de l'Angleterre qui nous avait dit, parmi plusieurs conseils, de suivre les rivières. Nous pourrions toujours y trouver de l'eau, de l'herbe même pendant la sécheresse et des routes avec peu ou pas de relief. Alors, lorsque cela fût possible, nous l'avons fait. Un peu comme si nous étions sur les traces d'un grand aventurier.

Suivre l'Allier jusqu'à Nevers n'étant pas vraiment notre direction, nous l'avons longé jusque après la ville de Moulins. Nous étions très fiers de nos chevaux. Pas un écart, ni même un regard oblique envers un quelconque panneau lumineux ou passage clouté biscornu.

Nous avons continué au nord sur une cinquantaine de kilomètres pour finalement prendre plein ouest, vers notre destination évidemment. Nous avons commencé à traverser les rivières et les contreforts du nord du Massif Central se sont fait sentir dans les petites jambes de nos chevaux. Ça y est nous étions dans le Berry. L'écho de ce pays avait atteint nos oreilles et nos danses jusque dans notre vallée d'origine. Et aujourd'hui nous y pénétrions. Le Cher puis l'Indre, c'est, pour le moment, ici que nous avons été les mieux reçus. L'accueil amène aux rencontres, à la découverte et aux bons moments. Avant ce territoire, nous campions d'étangs de pêche en stades municipaux puis en aires de pique-nique. Ici les villages nous cherchent les emplacements adéquats, proposent leurs services, invitent à leur fête et une fois, une seule fois bien-sûr nous offrent le restaurant...

Depuis le début du voyage nous avions du mal à trouver des petits producteurs qui font de la vente en direct. Quand j'aperçois une petite fromagerie bardée de bois, dans un joli village aux maisons anciennes rénovées avec goût, nous demandons l'arrêt aux chevaux. Enfin nous pouvons nous offrir des produits de qualité. Mais en plus de ce plaisir, la fromagère nous invite chez elle. Et chez elle... C'est magnifique. La ferme berrichonne avec les chèvres, la cour intérieure pavée et des poules et des oies et puis la rivière en bas, les prunes, les soirées sous les étoiles. On n'a pas vu les enfants pendant deux jours. Le matin, ils désertaient la roulotte de bonne heure pour rejoindre les copains à la salle de traite et déjeuner avec le lait des chèvres. Si nous n'avions pas dû partir, nous y serions encore.

Mais le voyage c'est le mouvement. Alors après le Berry de George Sand qui nous a tout autant plu par son bocage et ses châteaux, ce fût le parc naturel de la Brenne. Le pays aux mille étangs, enfin aux 4000 étangs depuis que les carpes d'amour, esturgeons et autres poissons de valeur y sont élevés. L'avantage d'être nomade, c'est d'avoir le luxe d'observer les multitudes d'oiseaux depuis sa cuisine avec un jardin différent à chaque étape. Nous ne comptons plus les échassiers, les martins-pêcheurs, les guêpiers, bernaches et autres migrateurs observés aux jumelles.

Certaines personnes nous demandent si les enfants ne s'ennuient pas trop, comme si le voyage était un prétexte à être divertie continuellement. Le voyage est pour chacun une école, où l'apprentissage de l'autonomie et des responsabilités nous concerne tous les quatre à notre échelle. Et quand les tâches journalières sont accomplies, chacun est libre "d'utiliser" son temps comme il l'entend. La nature s'avère être un terrain de jeux idéal pour les enfants alors que nous, adultes avons souvent besoin de bricoler sur la roulotte, le vélo, les harnais...et regarder les cartes topos, les cartes routières, les photos satellites, en gros notre itinéraire.

Nous avons eu le très grand plaisir de rencontrer d'autres roulottiers ! Trois autres couples, avec des enfants. C'est au bord de la Creuse, une très belle rivière, que nous sommes finalement restés dix jours dans ce campement improvisé. Chacun pouvait enfin partager et apprendre des expériences des autres dans ce nouvel univers, celui des nomades lents et sans gazoil. Dix jours paisibles au rythme des repas partagés ensemble, de la pêche, toujours bredouille mais qui n'a pas démotivé notre fils, des chevaux et comment chacun travaille avec. Nous avons découvert la podologie équine ou comment les chevaux sont tout simplement fait pour vivre sans fer à leur pied. Et puis toujours cette rivière, à l'eau fraîche et claire, dans laquelle nous nagions avec joie. Tout nous ramène à la vie simple, de la cuisson sur le feu à la cueillette des mirabelles, et surtout le site préhistorique sur lequel nous sommes. Ici se trouve une grande ressource de silex de qualité, nous trouvons tous les jours un fragment de lame taillée ou un quelconque outil de travail manuel datant du néolithique.

Le voyage doit reprendre son cours, nous souhaitons rejoindre la côte ouest bretonne avant la période des tempêtes.

Après la Creuse, c'est la Vienne que nous suivons. Le paysage avance lentement devant nos yeux mais nous remarquons à chaque commune que nous traversons, des différences de relief, de végétation, d'architecture et de matériaux de construction, la France défile sous les sabots. Ici, ce sont les maisons troglodytes, là des vignobles, les premiers que l'on voit depuis notre départ du sud. La région est passante, ça y est nous sortons de la diagonale du vide. Les TGV, les autoroutes et nationales sillonnent la page de notre atlas routier. Il faut faire des choix entre la circulation et les côteaux au sud, nous passerons au nord dans les zones maraîchères de l'ancien lit fluvial. Nous voilà dans le Val de Loire, patrimoine mondial de l'Unesco.


Un été de rencontres et de détente, ici baignade dans le Cher
Les animaux sauvages ou domestiques, contact au quotidien
St-Chartier
Ginkgo biloba géant dans le domaine Georges Sand
Le Berry de Georges Sand, l'occasion de réviser nos classiques
Bal Folk Berrichon
Le château de Sarzay, une ruine remontée en trente ans par un couple de passionné.
Les balades et la pêche, une grande occupation. Surtout s'il s'agit d'apprendre la technique.
Une clairière au milieu de la Brenne, une parenthèse coupée du monde
Des étangs, des petites routes, des forêts encore et encore. Autant prendre les guides pour m'exercer un peu.
Tout ça est assez fatiguant quand même
À la Guerche sur le bord de Creuse, notre rassemblement de roulottiers.
La salle de bain avec lumière naturelle
Les activités ludiques de plein air
Les repas pris en commun, parfois très élaborés.
Des chevaux et des poneys de partout, bientôt le pays sera envahie, les véhicules motorisés n'auront duré qu'un petit siècle.
Le roulottier reprend toujours la route, la nôtre suit la Vienne
Le soir, heure idéal pour observer les animaux
Chinon, une pause s'impose. 4 jours au camping pour visiter cette ville et sa forteresse médiévale.
Toutes les époques se croisent au dessus de la Loire. Nous faisons des choix pas toujours appropriés, ici un pont de 4m de large.
Au nord de Saumur, des élevages de chevaux de sang et du maraîchage à perte de vue.
Il y a aussi des coins paisibles où on s'imagine perdu et isolé, accompagné de nos alliés.

Mais nous sommes dans le Val de Loire, ni perdu, ni isolé.

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Publié le 15 décembre 2018

Longer la Loire fût une partie plutôt facile de notre voyage. Enfin, c'est après coup que nous pouvons dire ça, car en général, sur le moment rien n'est facile. Trouver un endroit pour s'installer dans une région très touristique n'est pas évident. Les communes sont averties et organisées en la matière d'accueil de visiteurs. C'est à dire que lorsque nous trouvons un endroit chouette sur la carte, arriver devant et trouver une barrière à l'entrée est chose courante. Et oui, nous ne sommes pas les seuls à chercher où passer la nuit, nous sommes logés à la même enseigne que les camping-caristes et gens du voyage. A un détail près, nous avons un convoi un peu particulier. Les curieux et passionnés n'hésitent pas à venir nous aider.

Ce qui nous semble compliqué alors que nous sommes fatigués; expliquer encore et toujours ce que nous recherchons. "de l'herbe, de l'eau, c'est pour une nuit, non nous ne pouvons pas faire 8km de plus... On en a déjà 15 parfois plus dans les sabots..." Heureusement ce n'est pas systématique, nous trouvons aussi sans aide et les deux situations s'équilibrent plutôt bien. L'eau est notre première préoccupation quand nous nous installons. Beaucoup de lieux publics ont un robinet d'eau potable, certains cimetières sont alimentés avec un puits, nous n'en buvions pas l'eau mais aucun problème pour les animaux, tout comme l'eau des rivières. Le long de la Loire, nous avons rencontré des panneaux avertissant de la contamination de l'eau par des cyanobactéries. Les chiens sont interdits à la baignade mais les chevaux peuvent la boire... Il règne un mystère ancestral que nous n'avons pas pris la peine d'élucider. Personne ne nous a laissé assoiffés.

Il y a peu de zone sauvage accessible en roulotte, nous sommes toujours chez quelqu'un. Cette personne nous invite si elle le souhaite et si les conditions d'accueil sont possible. Nous n'avons pas été si souvent qu'on l'eut espéré dans des fermes. Cinq ou six fois peut-être. Le plus souvent, nous sommes sur des emplacements communaux, ils ne sont pas tous fermés heureusement. Des airs de jeux, de pique-niques, des étangs pour la pêche, c'est le plus courant. Deux fois nous avons téléphoné à la mairie pour demander un emplacement, deux fois des réponses négatives: "essayez une autre commune". Si on se présente en mairie, avec les enfants, c'est déjà mieux, on nous accueille avec le sourire. Nous avons appris, (merci les roulottiers) que les voyageurs à cheval avaient un délai légal de stationnement sur une aire municipale de sept jours. Merci aussi aux lois napoléoniennes !

Nous ne sommes pas tous les jours sur la route, mais presque. Si le centre de la France est quadrillée par de nombreuses routes communales ou départementales peu empruntées, ce n'est pas le cas depuis que nous avons quitté les bords de Loire. Sur les routes de Bretagne, nous nous sentons comme dans le sud, entourés de chauffards. "Ah mais vous êtes proches de la côte". C'est donc ça... Alors vite rapprochons nous de notre bonne vieille campagne. Jusqu'à présent nous n'avions pas eu besoin de prendre des routes fréquentées. Mais pour traverser les rivières il faut prendre des ponts, et ces derniers sont dans les villes. Ancenis, La Roche-Bernard, Vannes et l'agglomération de Lorient, les chevaux nous font confiance et nous suivent dans ces étapes difficiles de notre voyage. Ils ont appris à prendre tous types de ponts. Ceux en acier avec les joints de dilatation qui brillent et éblouissent avec leurs grandes dents métalliques, parfois il faut en passer six sur le même pont sans faire d'écart au risque de se faire accrocher. Ce genre de détail est invisible pour les automobilistes, mais lorsque l'on devient roulottier, on apprend à connaître les époques de constructions des infrastructures fluviales. Les ponts en pierre sont spacieux et généralement fleuris, ils absorbent le bruit des sabots. Ceux en bois sont rares, heureusement pour nous, la lumière entre les planches surprend le regard de nos chevaux. Les ponts tournants, ceux qui laissent passer les bâteaux, ont une partie métallique. Celle-ci résonne si fort au contact des fers que les chevaux partent au petit trot. Au final, tous ces ponts ont été franchi et l'apprentissage de chacun en est grandi.

Calculer notre itinéraire est notre quotidien. C'est parfois rapide et facile, parfois laborieux. C'est selon le dénivelé, la fréquence de circulation. Parfois il ne faut pas autant réfléchir. Traverser Moulins nous a paru extraordinaire mais c'était notre dixième étape. Nous n'aurions pas pu traverser Vannes au début de ce voyage. A force de repousser nos limites de jour en jour, nous nous rendons compte que les capacités sont immenses, surtout celles de nos équidés. Nous nous aidons d'outils bien évidemment. Un atlas routier de 2007 au 1:200000, il manque quelques mises à jour mais l'essentiel est là. Il permet de nous situer dans l'hexagone et de voir l'itinéraire sur plusieurs jours, ce qui n'est pas possible avec le numérique. Le téléphone est essentiel pour avoir accès à une cartographie plus précise. Nous avons besoin des courbes de niveaux, des détails de chaque petite route ou chemin, des photos satellites... Il existe toutes sortes d'applications, nous avons choisi View ranger.

Bien-sûr les voyageurs d'avant les années 2000 n'avaient pas toutes ces technologies et s'en sortaient très bien, avec d'autres aides... Ce sont des choix à faire mais personne n'a fixé de règle à suivre dans ce domaine.

Il y a un an, nous voulions une roulotte et un voyage sans plastique, zéro déchet. Des défis on peut s'en imposer beaucoup mais les prises de têtes qui viennent avec, il faut alors les accepter. Vivre et voyager en roulotte avec deux enfants s'avère, pour nous, être suffisant en terme de difficultés.



Un pont, des ponts, des dizaines de ponts différents, pas très passionnant mais obligatoire
Sous les ponts, on y trouve les rivières...
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