Carnet de voyage

Le Népal

21 étapes
73 commentaires
Petit carnet de voyage pour ceux qui voudront nous suivre, on va essayer de vous faire découvrir avec nous !
Septembre 2018
30 jours
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Ça y est après plusieurs mois à en parler on y est, direction Katmandou! Après avoir failli louper l'avion à cause d'un lapin perdu (il va bien je vous rassure), quelques larmes pour la séquence émotions, on embarque. On réalise pas trop pour l'instant, mais ça ne saurait tarder. Vue du ciel de Rome, Sofia, Istanbul, Ankara, Batman (oui oui), Erbil, Koweït, entre autres. Escale à Doha pas le temps de niaiser que c'est reparti pour 4:30 de vol. Premier moment épique du voyage. Vous voyez en altitude quand la languette des boissons et yaourts sont toutes bombées? Oui vous avez compris, j'y vais donc avec prudence. Cinq minutes plus tard c'est Julien qui y va comme un bourrin et qui se fait tapisser de yaourt 😂 bref on arrive bientôt et on est contents!

1ère d'une longue série tentative de photobombing. Seuls au monde à Doha
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Enfin posés à Katmandou! On n'a pas fermé l'oeil depuis le départ, un peu hs mais contents d'arriver! On est accueillis par une petite pluie mais rien de méchant, des pluies de restes de mousson comme ils disent. Le contrôle visa se passe hyper vite et sans soucis, mon frère s'appellera désormais «Zoulien» pour le reste de son séjour. Pour récupérer les sacs c'est moi qui fais moins la maligne, il récupère le sien en 5 minutes. Il en faudra plus de 30 pour le mien, ça n'allait pas être si rapide pour moi, évidemment! On file direction le centre et notre airbnb pour la nuit où on est super bien accueillis par l'hôte! Elle nous donne quelques explications sur le quartier et on décide de s'y aventurer. Pour cela il faut faire l'inverse de ce qu'on nous a toujours appris depuis petits: regarder des deux côtés avant de traverser. Si l'on est tenté de faire ça ici, on ne traversera jamais, notre cerveau est conditionné au danger qui approche. Et au mieux (ou pire), on aurait tellement d'hésitation que les conducteurs ne comprendraient pas. Alors finalement à peine un coup d'oeil, on y va d'un pas décidé, et ça passe. On achète les 2-3 derniers équipements, un bon repas, et on rentre. Demain départ matinal pour Pokhara, là il est temps de prendre une douche encore digne de ce nom, et de dormir.

Pour information, il y a 3h45 de plus ici par rapport à la France, arrondissons à 4h, tout le monde sera content!

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Départ matinal ce matin, ça nous conditionne pour le rythme trek au moins! Après avoir remercié notre hôte, on part trouver notre bus: mission plus compliquée qu'il n'y paraît, au milieu de la multitude de passants, voitures, motos, bus, chiens, vaches, poussière. Deux trekkers nous demandent de l'aide pour trouver le bus aussi, on fini par trouver rapidement. On prend place, il y a des touristes et des népalais, direction Pokhara: située à 150km au nord ouest de Katmandou. Pas loin, me direz-vous. Et bien il nous aura fallu 8h, en comptant quelques pauses. Ici pas d'autoroute, une seule voie et dans un sale état. On le savait et on n'est pas pressés, on découvre le paysage qui change sous nos yeux, on dirait une jungle. Lorsqu'on arrive vers 15h, on prend la direction du lakeside, un quartier où se trouvent les guesthouses et lodges, dont le notre «Greenpeace». On a même droit à un balcon avec vue sur le lac! Après avoir discuté un peu avec le propriétaire des lieux, très gentil, on part decouvrir les bords du lac. Là on trouve un petit resto avec uniquement des locaux, et on décide de s'y arrêter manger. Ça sera le plat traditionnel «momo» (qui vient en fait du Tibet), un régal! Ça ressemble à des gyozas, mais en tellement meilleurs!! Asie oblige, c'est épicé. Pour adoucir on accompagne de notre première bière au Népal, dans cette guingette vue sur le lac. On est franchement bien là! Après ça, retour au lodge. Ce n'était pas une très grosse journée mais on en quand-même pris plein la vue! A demain pour la suite 😀


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Namaste! En ce dimanche c'était grasse matinée népalaise: réveil un peu avant 9h! C'est parti pour un petit déjeuner costaud avant de commencer la journée. On doit faire nos permis indispensables et obligatoires d'ailleurs, pour le trek: TIMS et ACAP. La carte TIMS (Trekker's Information Management System) est un permis autorisant n'importe quel trek au Népal. L'ACAP (Annapurna Conservation Area Project) est un permis permettant d'accéder à cette aire de conservation de l'Annapurna, la plus grande aire protégée du Népal. Pour ces permis il faut aller au Nepal Tourism Board, sorte d'office de Tourisme. Elle est à 3,5km de là où on est. Le lodge nous avait proposé de les faire pour nous, mais comme on avait la journée on a préféré le faire nous mêmes en marchant jusqu'à l'office. On a longé le lac Phewa, c'est immense et la vue est prenante. Le ciel est dégagé sur Pokhara mais couvert sur les montagnes au loin. Dans les nuages se dessinent à peine deux pics des Annapurnas. Dommage qu'on n'ait pas tout le panorama, mais on s'en contentera et on les verra de plus près (on espère que la météo nous fera ce plaisir!). On arrive à l'office de tourisme après une bonne heure de marche, le temps de quelques arrêts pour profiter du paysage. Sur place c'est plutôt rapide, en moins de 30 minutes on était déjà ressortis et avec nos permis en mains. Le retour se fera à pied aussi. On s'arrête déjeuner, et on discute avec un trekkeur anglais qui lui a fait l'Annapurna base camp, seul. On échange sur son expérience et anecdotes, nos questions, ses conseils. En rentrant on fait nos dernières provisions en eau et barres énergétiques. On allège aussi nos sacs, on peut laisser au lodge des affaires si on le souhaite, le temps du trek, inutile de se charger de poids superflu pour celui-ci! Sur ce je vous laisse avec ces quelques photos, la journée demain va être longue et à partir de là, je ne sais pas si on pourra vous donner des nouvelles tous les jours. Quoi qu'il en soit, tout sera posté ici dès que possible. On vous embrasse !

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Petite journée pour un trek si on peut dire ça comme ça. Le réveil a sonné tôt, 5h30. On a prévu de commencer le trek à Besisahar, à 80km au nord est de Pokhara. On décide de continuer en jeep jusqu'au prochain village pour commencer le trek. Là, les israéliens qui étaient aussi dans le bus nous proposent de partager la jeep pour aller jusqu'au prochain village, on accepte volontiers! Ce sont deux frères, Dotan et Sagiv, et leur amie Maya. Les chauffeurs de jeep n'ont pas bonne réputation ici. On se met d'accord sur le prix, et là un chauffeur nous amène tous les 5 à une autre jeep comptant déjà 5 passagers. On refuse et on en trouve finalement une autre, qui nous amène jusqu'à Nadi Bazar, à 930 mètres d'altitude. Il fait très chaud et humide, le soleil cogne. C'est donc à 5 que l'on commence à marcher. Quelques pauses pour observer le paysage impressionnante, et pour remplir les gourdes, une sangsue a d'ailleurs failli s'inviter dans la mienne. On n'oublie pas la pastille purifiante, qui donne un léger goût chloré, mais on s'y fait. Après 2 heures de marche, il commence à pleuvoir légèrement mais c'est vraiment sombre vers là où nous allons. On s'arrête à Bahundanda (1310m), où on passera la nuit. Ici lorsque l'on consomme le dîner, la chambre est offerte. C'est sommaire mais on a un toit sur la tête, une douche avec eau tiède, et un repas chaud. A peine arrivés, c'est l'heure de la douche! Il vaut mieux le plus tôt, car après les guesthouses se remplissent et il faut parfois être patient. Avant le dîner, on discute avec nos nouveaux compagnons de voyage qui sont très sympas. On est rejoint par Sam, un Anglais qui lui fini son trek demain, il l'a fait dans le sens contraire. On s'hydrate beaucoup et je dois attendre mon tour pour aller aux toilettes. Les douches et les toilettes sont dans une même cabine, et comme tous les trekkeurs sont arrivés et se douchent, je patiente. Tant pis, j'irai après le dîner. Ce sera un bon dahl pour tout le monde, on est rassasiés et on termine par du thé. Autant vous dire que mon envie pressante ne s'est pas arrangée. Je retente ma chance et c'est toujours occupé. On s'en fiche me direz-vous, mais c'est pour vous expliquer la suite. Une hôte de la guesthouse, me voyant sûrement désespérée, elle m'a pris la main et m'a dit «viens je t' amène chez moi». Chez elle c'est en bas du village, la guesthouse étant en haut. Elle a pris sa lampe frontale et, toujours en me tenant la main, on a descendu la centaine de marches pour aller chez elle. Elle m'a indiqué le chemin jusqu'aux toilettes. Après, elle m'a présenté sa maman, puis a repris ma main et nous sommes remonté. Ça peut être vu comme un détail, j'avais envie de le partager. On discute encore un peu avec nous acolytes, et là je vous dis bonne nuit! Bisous


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Mardi 25/09

La nuit a été coupée de quelques réveils mais elle a tout de même été bonne. On retrouve nos copains pour le petit déjeuner, copieux, et à 7:45 nous voilà partis de Bahundanda, direction Jagat à 10km de là. Ça commence par de la descente pendant une bonne partie, avec des marches, puis sans. On dirait qu'on marche dans la forêt tropicale. Le matin on est à l'ombre et c'est un gros avantage! Le chemin est encore humide, voir mouillé par endroits à cause de la mousson, il faut esquiver mais parfois c'est les pieds dans la boue assuré! Le premier pont suspendu (petit) apparaît, avec ses drapeaux népalais typiques accrochés. Mon pied me gratte, je passe mon doigt entre la chaussure et la chaussette pour gratter entre deux pas. Ça ne gratte plus, ça ne fait pas mal mais c'est désagréable et je comprends rapidement. Je m'arrête pour retirer ma chaussure, effectivement tâchée de sang. Je retire la chaussette et cherche l'intrus, je ne la trouve pas, elle s'est cachée au fond de ma chaussure. Je parviens finalement à déloger ma première sangsue, elle ne sera sans doute pas la dernière. Julien avait parié sur moi, ça n'a pas loupé c'est moi qui ouvre le bal, les autres n'en ont pas eu (pas d'affolement c'est plus dégoûtant qu'autre chose, ça ne transmet pas de maladie). Bref le trek ne s'arrête pas pour si peu, par contre nous passons côté soleil, et ça commence à remonter. Il fait très chaud mais malgré cela et le sac à dos, on avance à un bon ryhtme, avec des pauses régulières pour s'hydrater, profiter du paysage surtout, qui nous éblouit toujours autant. Il y a des cascades par dizaines. Deuxième pont suspendu, impressionnant celui-ci puisqu'il traverse la rivière Marsyangdi. Il faut traverser, je regarde devant et pas en bas. Arrivés à Jagat, c'est l'heure de la pause déjeuner pour reprendre des forces! Le village de Chamje de trouve à 1h de là. Le temps est clair, nous sommes en forme et il est tôt, c'est décidé nous continuons jusqu'à Chamje et dormirons là bas. Et quelle surprise en arrivant, une magnifique cascade, la plus impressionnante jusqu'à présent. On s'y arrête pour quelques photos, et finalement on arrive au village, où on passera la nuit. Il est 15h et nous sommes les premiers. Après 14km parcourus, chacun file à la douche, on se sent neuf! Avec Maya on va visiter le village, c'est très vite fait. On s'arrête à l'école, les enfants ont déjà terminé mais 5 garçons âgés de 6 à 10 ans sont encore là, dans leur cour de récré, et nous accueillent avec un sourire timide. Ils sont occupés à faire une construction avec des grands bâtons. Nous allons voir dans les salles de classe, elles sont toutes petites. Ils apprennent l'anglais dès petits. En sortant des salles de classe, on réalise que les garçons construisaient en fait un «filet» de volleyball, avec trois bâtons plus grands qu'eux, une vieille corde, et des blocs de pierre pour tenir les bâtons à la verticale, ne pouvant les planter. Malins ces petits! On rejoigne la guesthouse, on discute tous les 5, on joue aux cartes. Comme hier, le dîner se prend tôt et il est déjà l'heure de vous dire bonne nuit! Les nouvelles se feront peut être plus rares au fur et à mesure du trek, ne vous en faites pas pour nous :) bisous à vous

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Mercredi 26 septembre

Comme tous les matins, le lever et petit déjeuner sont très matinaux. On a très bien dormi donc pas de soucis, on est prêts pour la journée, qui s'annonce moins facile qu'hier: un gros dénivelé positif, puis une succession de descentes et montées. 7h20, le porridge à la banane avalé, avec un thé, et nous voilà sur le départ, objectif Dharapani à 1900 mètres. Nous atteignons la ville de Tal, à 1700 mètres, avant que le village soit au soleil, en moins de deux heures. Il y a un grand terrain de foot à l'entrée du village, on s'y arrête jouer au frisbee, que les garçons ont apporté. Pendant ce temps, nous avons commandé des chapati (pain au blé qui ressemble à une crêpe, en plus épais), pour notre picnic sur le reste du trek. Lorsque les chapati sons prêts, nous continuons notre route. C'est dur, ça monte, encore et encore des escaliers! Mais on continue à avancer. Une fois cette montée interminable passée, tout le monde est affamé, on trouve un petit endroit sur le trek, c'est là qu'on fera notre picnic: chapatis avec tehina. La tehina est une pâte israélienne de graines de sésame, citron et autres épices. Dotan et Sagiv préparent et nous font donc goûter leur cuisine: un régal! Il en faut peu, mais vraiment on a adoré, et pour le dessert, chapati avec beurre de cacahuètes! De quoi bien reprendre des forces. Il nous reste 45 minutes de marche après ce déjeuner pour rejoindre Dharapani, on commence tout de même à fatiguer. Arrivés là bas, on se met à chercher une guesthouse, nos copains hésitent à continuer. C'est vrai qu'il est tôt, 13:30, mais ça fait quand même 6h qu'on est partis, on a très bien avancé sur ces 12 kilomètres mais les jambes fatiguent après cette montée. ll y en a pour une heure jusqu'au prochain village, avec un dénivelé de 300 mètres à nouveau, et on en a déjà fait 500 aujourd'hui. Avec Ju on ne veut pas forcer ni s'épuiser trop vite, ou pire, se blesser maintenant, ce n'est que notre 3ème jour de trek (et deuxième vraie journée). C'est donc là qu'on se sépare de nos 3 acolytes, si tout va bien on devrait les retrouver demain à Chame. On trouve une guesthouse bien sympathique, deux français, Romain et Antoine sont là mais juste pour le déjeuner. Ils ont pris une jeep jusqu'à Chamje et c'est donc leur premier jour de trek, on les retrouvera peut être à Chame aussi. Dans notre guesthouse on fait connaissance avec un couple de Québécois d'une soixantaine d'années et leur guide, un Polonais de 70 ans, une Allemande d'une trentaine d'années avec son guide aussi. Tout le monde discute de tout, avec le Polonais on utilise google traduction car il parle très peu anglais. Je demande à l'un des guides ce.aue signifient les drapeaux colorés que l'on voit partout au Népal. En fait ce sont des drapeaux de prières bouddhistes: sur chaque drapeau, une prière. Chaque couleur a une symbolique: le bleu représente le ciel, le blanc l'eau, le vert la forêt, le jaune le vent, et le rouge le Dieu Soleil. C'est très enrichissant de l'écouter, une vision très juste de voir les choses. Sauf quand il m'a dit que les sangsues ne sucent que le «mauvais sang», ce qui ont du bon sang sont épargnés, «sorry madam». Ok, message reçu. Il fait frais et on va se mettre au chaud dans la chambre, en attendant le dîner à 18h30. J'en profite pour rédiger cette étape et vous la partager. Ensuite ce sera lecture et dodo, demain 16 kilomètres en prévision!

Namaste !

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Malgré le temps un peu plus froid puisque on gagne en altitude, on a très bien dormi. Comme presque tous les matins pour moi c'est porridge aux fruits, et Julien décide de changer il prend des œufs au plat avec des chapatis, le tout accompagné d'un bon thé chaud. De quoi bien tenir la matinée. On commence à marcher, objectif du jour Chame, 2670m. Au bout de 10 minutes c'est le checkpoint, il faut présenter les permis de trekking. Les permis sont tamponnés et validés, et lorsqu'on sort du «bureau», des népalaises nous attendent avec quelques offrandes. C'est la journée nationale du tourisme au Népal. Elles offrent à chaque touriste qui vient passer le check-point une kata, c'est une écharpe toute fine et légère qui porte chance. Elles nous font aussi le point rouge sur le front, avec des grains de riz colorés en rouge (je ne me rappelle plus comment ça s'appelle) et nous proposent des biscuits. A nous et aux dizaine d'autres trekkeurs qui passent. On n'a jamais vu ça en Europe! Un américain se fait rattrapper car il n'a pas accepté ces offrandes, il invente quelques excuses, puis fini par accepter. On repart tout contents, au bout de 10 minutes, le soleil cogne donc on s'arrête de nouveau pour l'étape importante de la crème solaire. Cette fois ci on repart pour de bon! Il est 8h passée, il fait encore frais à l'ombre, mais on est déjà collants. Le trek emprunte parfois la route (qui est une route en terre et pierres) car pas d'autre alternative, parfois des sentiers. A un moment sur la route, après environ une heure de marche, je vois un sentier sur la droite avec un pont en bois, que des trekkeurs empruntent pour traverser la rivière. Je pense que c'est là que nous devons aller, mais les sentiers rejoignant souvent la route et celui-ci n'étant pas indiqué, nous continuons sur la route. A peine 2 minutes plus tard, la route est traversée par ladite rivière qui tombe d'une petite cascade, avec un fort courant, et assez profond. Ce n'est pas le petit ruisseau que l'on peut traverser facilement en marchant sur des pierres. Julien decide de traverser, il y a très peu de rochers, ils sont mouillés, et si on tombe c'est au moins la mouillade jusqu'au mollet, sinon tout entier ou blessure! J'essaye de lui dire que ce n'est pas une bonne idée, mais avec la cascade et le débit d'eau, il ne m'entend pas. Il doit sauter d'une pierre à une autre, risqué car ça glisse, en plus la pierre bouge. Il réussi à traverser. Je ne suis pas convaincue mais après tout pourquoi pas. J'essaie de m'aider de mes bâtons de marche, ça me sert à rien, avec le courant ça me déstabilise plus qu'autre chose. Ju essaie de me dire quelque chose mais j'entends à moitié. Lui a réussi à sauter, il mesure 1m86, je fais 20cm de moins, et mon saut ressemblerait plutôt à un grand écart. Donc demi tour a moitié énervé sur ma pierre, ça ne rate pas je glisse et mets le pied dans l'eau. Super pour le reste du trek. Je rebrousse chemin et prends le sentier et le pont initialement prévu, puis je retire tout l'attirail et fais un contrôle minutieux anti sangsue. Ça va, je n'en ai pas, mon sang a dû s'améliorer en 2 jours. On continue, et là c'est très dur. Une montée interminable avec des escaliers en pierre, pendant longtemps, très longtemps. Vitesse escargot, mais on avance. Ju a des ampoules aux pieds, je lui passe les pansements compeed, on profite de la pause pour manger un snickers, il nous faut du sucre! Le couple de québécois, Gracien et Hélène, nous passent devant, ils sont partis plus tard que nous. On reprend notre marche, et on rattrape les québécois et leur guide. Fin de la montée interminable, on croise Antoine et Romain, partis plus tard mais depuis un village plus proche puisque hier ils ont continué quand nous nous sommes arrêtés. Là ils font une petite pause, on les recroisera aussi plusieurs fois sur la route. On a fait le plus dur, le reste de la journée est plus tranquille. Arrivés à un village, une petite fille vient nous saluer, on discute avec elle, Yasmine. Elle a 9 ans et parle très bien anglais. Son petit frère de 4 ans nous rejoint, et est fasciné par nos bâtons. On les leur prête et ils sont super contents. Malheureusement on doit les quitter, mais il y en a un qui ne veut pas nous laisser partir, c'est trop chou! Vers 11:30, il nous reste environ 2h de marche mais on sent vraiment que la montée nous a épuisé, on est affamés, et bon les snickers ça va ponctuellement, alors on s'arrête manger un bout: des momos, ça faisait longtemps! Pas le choix ici pour rester en forme, c'est riz, pâtes ou momos. On commande aussi des chapatis qu'on emportera pour faire notre goûter, on a un pot de beurre de cacahuètes, trop bon! Après ce bon repas, et une heure de trek restant finalement, on arrive à Chame, après 15km. Il est 14h passées, on trouve une bonne guesthouse, Ju a même droit à un grand lit, je prends le petit. Douche à l'eau chaude, un grand luxe, et on lave nos affaires. On fait un tour dans le village, assez grand par rapport aux autres. Il y a des banques, des pharmacies, des supérettes (toujours très rustique). On croise Gracien, ils partent de bonne heure demain aussi, on les croisera sans doute. Puis en rentrant à notre guesthouse, on croise Sabrina et son guide, ils viennent tout juste d'arriver, ça a été très dur pour elle. De retour à la chambre, on débrief, on contacte les israéliens qui sont aussi dans ce village mais à l'opposé, pour éventuellement prendre un thé avec eux après le dîner, mais tous le monde est ko, on les croisera demain, ou on les verra à Pisang, la prochaine étape. C'est l'heure du dîner, dhal baat pour Ju et noodles pour moi. Et pour terminer, des apple fritters! Des morceaux de pomme frits, visuellement ça ressemble à des calamars à la romaine, mais rien à voir, c'est tellement bon! On vous embrasse et à très bientôt pour la suite, dès qu'on pourra :)

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On prend un petit déjeuner rapide avec des trekkeurs qui ont dormi au même endroit que nous. Daniel, américain, et Stefania, italienne. Ils se sont rencontrés lors d'un trek de 4.000km traversant les États-Unis d'ouest en est, du costaud! Ils n'ont peur de rien, les pastilles purifiantes pour l'eau, la crème solaire etc, pas pour eux. Après ça on récupère nos vêtements propres mais encore trempés, il fait tellement froid et humide la nuit qu'ils n'ont pas séché. Pas grave, on les accroche sur le sac, ils sècheront sur le chemin. C'est parti pour le 5ème jour de trek, il fait frais mais le ciel est dégagé. On a vraiment beaucoup de chance à ce niveau, on n'a pas vu une goutte de pluie depuis Bahundanda le premier soir. On passe devant Sabrina, l'allemande, et son sherpa. On rattrape aussi Gracien, Hélène et leur guide, on se met à leur rythme une bonne demi-heure et on discute bien avec eux. Un frelon asiatique vient presque se poser sur mon bras. Ok pas de panique, je m'éloigne doucement. Il me suit, c'est fou ça quand même! Lorsqu'il décide de me laisser tranquille, il va se poser sur le sac du guide. Gracien a la super bonne idée d'essayer de le tuer avec un coup de casquette, c'est raté (ça me rappelle quelqu'un, il se reconnaîtra). On a un frelon asiatique énervé maintenant, c'est malin. Allez on avance, le frelon nous laisse finalement tranquille, sans incident. On reprend notre rythme et on les laisse derrière nous, ils s'arrêtent à la même ville que nous aujourd'hui donc on les reverra sans doute. Le paysage a complètement changé, la forêt tropicale a laissé place aux conifères, et au cannabis. Ça pousse comme de la mauvaise herbe (sans jeu de mot) ici, il y en a partout. On aperçoit, encore au loin, le pic de l'Annapurna II, majesteux. Nous arrivons au village de Dikhur Pokhari un peu avant midi, et nous sommes affamés. Le trek n'a rien de difficile aujourd'hui, mais plus nous montons en altitude, plus nos efforts demandent de l'énergie. Je dis à Julien de m'attendre, je vais voir ce que les différents restaurants du village proposent. Je tombe sur «Maya restaurant&lodge», avec terrasse sur le toit. Tiens, je vais prendre une photo et je la montrerai à Maya lorsque je la reverrai. sauf que je n'ai pas le temps de prendre la photo, j'aperçois justement Maya sur la terrasse de ce restaurant. Je fais demi-tour pour avertir Julien et nous rejoignons donc nos trois copains. Ils sont très contents de nous revoir, il vient de commander leur déjeuner, nous en faisons de même. Ils vont à upper Pisang (3300m), et nous à lower Pisang (3200m). Après le repas, nous repartons tous ensemble, mais nos chemins se séparent après quelques dizaines de mètres, nous les verrons peut-être demain soir. En continuant notre route, nous croisons Stefania et Daniel, ils pensent continuer plus loin aujourd'hui. En arrivant à lower Pisang, on croise de nouveau nos québécois, qui regagnent leur chambre. On préfère aller voir les différentes guesthouse du village pour faire notre choix. On en voit une en bois, avec plein de fleurs. J'y vais et rencontre l'hôte, à qui je demande si l'on peut rester là. Elle nous propose une chambre avec à nouveau un grand lit et un petit, cette nuit on inverse, même si dans le fond la taille du lit n'a aucune importance. Il y a une petite salle à manger, avec un poêle à bois, on va être au chaud pour le dîner (hier on a eu très froid car le poêle était éteint). Elle a un potager ou elle fait pousser des salades, carottes, menthe fraîche, des fruits. On se sent super bien là! Rien à voir mais on est choqués, on a vu un pigeon. A 3200 mètres, il s'est perdu? Un pigeon himalayen, soit. On vous laisse avec ces quelques photos, si ça fonctionne, et on vous embrasse! A demain :)

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Samedi 29 Septembre

Pour la première fois, la nuit n'a pas été au top. Réveil vers minuit et demi pour tous les deux, et la dernière fois que j'ai regardé l'heure il était 3h passées. Chaud, froid, doutes, je ne sais pas si j'étais réveillée à cause de cela, ou si je n'ai pas pu me rendormir de suite pour ces raisons. Aujourd'hui nous devons rejoindre Manang, gros village étape par lequel s'arrêtent tous les trekkeurs. Il y a 15 km à parcourir, pas de difficultés hormis l'altitude peut-être. Pourquoi tout le monde s'arrête à Manang? Cette «ville» est située à 3500 mètres au dessus du niveau de la mer. A partir de cette altitude, parfois même en dessous, peut survenir le mal aigu des montagnes (MAM). Il faut savoir le reconnaître, et agir en fonction, cela peut être grave dans le cas contraire. Il est conseillé de bien s'acclimater, c'est pour cela que nous passerons deux nuits à Manang, choix de la majorité des trekkeurs. Ensuite, il faut monter très progressivement, maximum 300-500 mètres de dénivelé par jour. Notre ascension jusqu'au col d'ici quelques jours, à plus de 5000m, va être très ralentie, mais nous avons notre temps et préférons le prendre. Physiquement, même si certains jours sont difficiles, je sais qu'on peut y arriver, ma seule crainte est le MAM, qui peut nous amener à stopper le trek et redescendre. Pour l'instant ça va. On part tout de même de bonne heure ce matin, on ne croise personne sur le trek pendant un très long moment, à part une petite chienne, Blackie, qui nous suivra pendant une bonne heure. On sent qu'on est en altitude et que le soleil ne pardonnera pas, on s'arrête souvent pour boire et se tartiner de crème solaire. Le dénivelé jusqu'à destination est de 300 mètres, et ça monte très progressivement. On passe l'aéroport de Humde, composé d'une piste déserte et d'une grande maison. Notre rythme est plus lent, on sent le manque de sommeil et le besoin d'énergie. Deux villages avant d'arriver à Manang, on choisi de faire la pause déjeuner, quelques samoussa aux légumes et curry. Nous sommes prêts à repartir, quand une petite fille de 4 ans viens vers nous avec un ballon de foot. Elle me prend la main et m'amène là où elle veut que je me place. On s'envoie le ballon à tour de rôle tous les trois, elle rigole et saute partout. Une dizaine de minutes plus tard, elle reprend son ballon et rentre chez elle, et nous continuons la route. Une heure plus tard nous arrivons à Manang. A l'entrée du village on croise Maya, mais avec d'autres personnes que les deux frères. Elle a pris un autre sentier qu'eux aujourd'hui, et les attend pour choisir leur logement. Ici les guesthouse sont très grandes, une vingtaine ou trentaine de chambres à chaque fois. Nous allons voir plusieurs guesthouse, sans être convaincus, et continuons notre recherche. La troisième que nous tentons est la bonne. Une trekkeuse qui s'en va nous dit qu'elle a passé la nuit ici et que c'est très bien, qu'elle n'a pas eu froid. On demande si c'est possible d'avoir une chambre pour deux, on nous en donne une, avec en prime wc privés, un luxe! Un tour à la salle à manger, qui est très sympa, pour commander le dîner. Ici il faut noter sur une feuille de commande ce que l'on veut pour le dîner et à quelle heure, idem pour le petit déjeuner. Ça fait une semaine qu'on n'a mangé ni viande ni poisson. Pour le poisson c'est du thon en boîte, la pêche étant compliquée à cette altitude. Pour la viande c'est poulet ou yak. Julien se laisse tenter par un curry au yak, j'en goûterai sans doute! Demain on va essayer de monter, avec des petits sacs, à 4000m, puis on redescendra à Manang pour la deuxième nuit d'acclimatation. Bisous à tous!

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Dimanche 30 Septembre

Namaste! La nuit a été presque parfaite! On s'est levés plusieurs fois boire, l'air étant très sec, et du coup plusieurs fois aux toilettes, pour le coup on est contents d'avoir les nôtres et de ne pas devoir sortir dans le froid à chaque fois. Pour la première fois, on a eu chaud! Les nuits précédentes, on dormait avec un bonnet, une polaire, leggings polaire et chaussettes chaudes sous la couette. Là, on a dormi sans bonnet, en t-shirt et short, un bonheur! Le seul inconvénient: nos voisins du dessous fument dans leur chambre, toute la fumée et l'odeur remontent dans la nôtre. Ça fait d'ailleurs depuis notre départ que je n'ai pas touché une cigarette, et je n'en ai aucune envie. A ceux qui veulent arrêter, venez, l'envie va vite vous passer. J'avoue qu'à Pokhara avec la bière, j'en avais eu envie, mais ça m'était vite passé. Et ici en hauteur, l'alcool est fortement déconseillé, j'y reviendrai. Après cette bonne nuit au chaud, c'est grasse matinée, petit déjeuner à 7h30, habituellement on est déjà en route à cette heure ci. On prend notre temps, pas besoin de faire nos sacs ce matin, c'est notre journée d'acclimatation. Et acclimatation ne veut pas dire rester scotché au lit toute la journée, il faut monter, puis redescendre. Plutôt que d'aller jusqu'au prochain village et revenir, nous décidons de monter à Praken Gompa, un monastère construit dans une grotte. Il y a à peine 2km pour le rejoindre, mais la montée est raide, le monastère est situé à presque 4000m. A peine sortis de notre guesthouse, nous croisons les israéliens, ils cherchent une autre guesthouse pour ce soir, ils ont eu très froid la nuit dernière dans la leur. On leur recommande la nôtre, ils vont voir. Maya nous dit qu'à 15h, il y a une session informative sur le mal aigu des montagnes au centre médical, et nous recommande d'y aller, nous irons. On commence l'ascension vers Praken Gompa, avec un sac à dos très léger, juste de l'eau, de la crème solaire et nos polaires en cas de froid. On s'essouffle vite, c'est normal, on y va très doucement, de toute façon on ne pourrait pas aller plus vite! Arrivés à mi chemin, on tombe sur nos québécois préférés! Ils sont contents de nous voir, et nous aussi! On ne les a pas vu hier, donc on discute un peu. On leur fait part de notre souhait de prendre un guide pour le passage du col, ils nous proposent de venir avec eux, mais c'est leur guide qui doit décider, et il ne nous propose pas, nous n'insistons pas. Ils continuent de monter vers le monastère, pendant qu'on prend quelques photos. Le panorama est juste à couper le souffle, on ne s'en rend peut-être pas compte en photos, mais on reste figés devant les géants de glace devant nous. Annapurna II et IV au loin, Annapurna III et Gangapurna devant nous. A leurs pieds, le village de Manang, et le lac Gangapurna. Jusqu'à présent c'est l'image qui m'a le plus marquée. On continue notre route, toujours aussi raide, puis on fini par arriver. Une petite porte permet d'accéder à l'intérieur de la roche, où se trouve la moniale (moine femme). Gracien et Hélène sont à l'intérieur, et un couple de Hollandais attendent, nous entrerons après eux. Lorsque les québécois sortent, nous continuons à discuter, et on prend une photo avec eux. C'est sur le téléphone d'Hélène, je la rajouterai lorsqu'elle me l'aura envoyée. Ils redescendent, nous attendons, quand vient notre tour. Nous passons la porte et après quelques escaliers taillés dans la roche, nous arrivons à la porte du petit temple. On enlève chapeau et casquette, et chaussures, puis on rentre. En face de nous, assise par terre, Ani Chorten, la moniale, âgée de 73 ans, nous salue et nous invite à s'asseoir en face d'elle. Elle m'invite à me rapprocher d'elle, ce que je fais. Alors elle me noue un collier en fils de laine tressés autour du coup, en prononçant une bénédiction pour que notre trek jusqu'au passage du col soit sain et sauf. Elle en fait de même avec Julien. C'est assez curieux comme expérience, je ne sais pas trop comment l'exprimer. Nous lui faisons une donation pour sa bénédiction. Elle nous offre un thé, et nous discutons avec elle. C'était son père, Tashi Lama, qui était là avant elle, jusqu'à l'âge de 100 ans. A cet âge là, il a dû être transporté en hélicoptère à Katmandou, où il décèdera à 103 ans. Ani Chorten vit donc seule toute l'année, où des visiteurs viennent la voir pour sa bénédiction, aussi bien des trekkeurs, que des népalais, et même des indiens. Elle n'a pas eu beaucoup de visite jusqu'à présent car le temps n'était pas idéal. Elle ne descend jamais à Manang, uniquement lorsqu'elle est malade. Nous la remercions bien, et lui disons au revoir. Il est temps de redescendre, en profitant encore de cette magnifique vue. Retour à la chambre poser le sac à dos, et il est l'heure de manger! On croise Dotan qui nous dit qu'ils ont commandé au Yeti restaurant&lodge, on les rejoint, ils viennent d'être servis. Des burgers et pizzas, ça nous donne super faim. On commande, burger de yak pour Ju, cheese burger pour moi, avec frites bien sûr! Pas très local, mais après une semaine de nouilles ou riz, on se fait plaisir et ça fait du bien! Nos burgers arrivent, ça m'a l'air énorme et je dis à Ju qu'il devra sans doute m'aider à terminer. Finalement, on engloutit tout sans difficultés. Le repas terminé, nos copains vont faire une sieste, ils sont dans la chambre juste à côté de la nôtre. On n'a pas vraiment envie de faire la sieste. En sortant du déjeuner, on tombe à nouveau sur les québécois, qui ont pris le café en terrasse, ils logent au Yeti. Ici à Manang, il y a des boulangeries où on peut trouver toutes sortes de pâtisseries, et du bon café. On n'en a pas bu depuis notre arrivée au Népal. Double expresso pour Ju, americano pour moi. On se laisserait bien tenter par une pâtisserie, mais on a bien trop mangé. Le café au soleil fait du bien! Gracien et Hélène nous disent qu'ils ont parlé à leur guide, et qu'on peut venir avec eux, mais il ne se tient pas responsable de notre acclimatation, ni logement et nourriture, cela va de soit. C'est très gentil de leur part, on va y réfléchir car leur ascension est plus rapide et donc plus courte que celle que nous avons prévue. Nous les rejoindrons dans tous les cas demain matin et verrons sur la route. Nous allons faire les quelques courses restantes, après Manang plus de ravitaillement possible avant la ville après le col. Il est bientôt 15h et nous rejoignons le «centre medical», qui est une ONG tenue par une médecin américaine, et un médecin népalais. Nous sommes une vingtaine à assister à la session, dont Sagiv qui s'est réveillé de sa sieste. Je n'entrerai pas dans les détails de toute la session, mais comme elle nous confirme ce que nous avions en tête: pas plus de 500 mètres de dénivelé entre chaque nuit pour éviter de brusquer l'organisme. Au niveau de la mer, le taux d'oxygène dans l'air est considéré à 100%. Ici à notre altitude, il est de 64%. À 5500 mètres, il passe à 50%. C'est pour ça qu'on s'essouffle plus vite, qu'on ventile d'avantage et que le rythme cardiaque s'accélère. Le corps s'acclimate, d'ailleurs les reins aussi et c'est pour ça qu'on doit aller aussi souvent au pipi room! Ah et l'alcool et les somnifères sont à proscrire, ils diminuent la respiration, et le corps doit justement l'augmenter pour s'acclimater. Finalement on a droit à un test qui mesure notre taux d'oxygène dans le sang. On a tous les deux 92%. Au niveau de la mer le taux est supérieur à 95%. Elle nous dit que c'est un bon taux pour l'altitude, cela ne nous protège pas du MAM et nous devons prendre les précautions citées plus haut. Notre rythme cardiaque est bon aussi. Voilà je vous laisse tranquilles pour le cours de sciences. On pense donc qu'on ne suivra pas les québécois sur tout le trajet demain, ils on prévu de monter de 700 mètres. Retour à la chambre et douche. Il ne fait pas froid, je tente la douche froide à coup de seau. En fait ce n'est pas si horrible, il faut aller vite et ça revigore. Comme le soleil donne sur la fenêtre de notre chambre, elle est restée chaude. La nuit tombe, on va bientôt aller dîner puis dormir pour le lever de bonne heure demain. On espère pouvoir vous donner des nouvelles pour la suite. Des bisous!

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Lundi 1er octobre

Réveil par nos voisins du dessous, les mêmes qu'hier, à 5h, bruits et cigarettes. Julien dort, je n'arrive pas à me rendormir. A 6:30, dernier petit déjeuner avec nos copains israéliens, ils vont faire un trek secondaire avant le col. Il est l'heure de rejoindre les québécois, et leur guide, ils sont d'accord pour qu'on les suive jusqu'au passage du col. Aujourd'hui direction Ledar, à 11km de là. Le ciel est couvert le matin, on ne voit aucun pic. Par chance, ça se dégage rapidement et on peut à nouveau en prendre plein la vue! Ça monte, et c'est difficile, nous sommes lents. Le guide trouve que nous avançons bien, pour l'altitude et le poids de nos sacs, lentement mais sûrement. Quelques vautours volent tout près de nous, on essaye de les prendre en photo mais trop tard. Cinq minutes plus tard, nous avons droit à une surprise: des dizaines de vautours se bataillent la carcasse d'une chèvre des montagnes. On les voit de près, ils sont immenses. Quelques photos et vidéos, et nous voilà repartis. Au loin, sous quelques nuages, on devine le col de Thorong La. Il est 11:30 et nous sommes affamés, et épuisés. Il nous reste 30 minutes pour atteindre Ledar. On continue, et finalement à midi nous y sommes. Avant même de prendre possession de nos chambres, on va directement au restaurant. Gracien commande une pizza, Hélène un curry, et nous des pâtes, avec du thé pour nous maintenir chauds. On ne parle pas beaucoup, tout le monde est ko, même manger paraît épuisant. Tout le monde se sent fatigué. Un couple de jeunes toulousains, Manon et Gaëtan, arrivent eux aussi, et n'ont pas peur: cigarette et bière pour commencer. Après ce déjeuner silencieux, on regagne nos chambres. Avec Julien on comprend vite qu'on va passer la nuit la plus froide jusqu'à présent. La température extérieure est la même que celle de la chambre, le vent s'engouffre par endroits. On se couvre déjà la tête, on met nos polaires. On se dit que même s'il y a des couvertures, on a bien fait de se trimballer le poids des sacs de couchage en plus, c'est sûr qu'on va les utiliser cette nuit. Ici pas de douche non plus ni d'eau courante. Tant pis, même s'il y en avait une, ça serait de l'eau glacée des montagnes. A l'heure où je vous écris il fait 6 degrés, cette nuit ça va tomber à zéro. Je redoute les passages aux toilettes nocturnes. On est épuisés, je fais une sieste 30 minutes, sans vraiment dormir, pendant que Julien lit le Seigneur des anneaux tome 2. J'émerge de ma sieste, et comme il continue à lire je lui demande de lire à voix haute, pour être attentive et ne pas être tentée de m'endormir plus longtemps et de ne pas trouver le sommeil cette nuit. Il a froid aux mains, je prends le relais de la lecture. A 17h on a rendez-vous à la salle à manger pour le déroulé de la journée de demain, objectif Thorong high camp pour la dernière nuit avant le col. A 18h c'est l'heure du dîner, j'ai l'impression de ne faire que manger, je n'ai pas encore faim, la faute aux gâteaux «coco crunch» avalés au goûter. 18h30, nous sommes une dizaine de trekkeurs à avoir terminé le repas et à nous serrer autour du poêle à bois. En fait ce n'est pas du bois, il est interdit de couper les arbres. Du coup, ils utilisent des bouses de yak, ma foi ça chauffe bien! On en profite, mais le retour à la chambre va être glacial. Je mets ma gourde à chauffer sur le poêle, ça me fera une bouillotte à glisser au fond de mon sac de couchage. Il est a peine 19h, l'heure de vous dire bonne nuit, on est vraiment épuisés, mais tout va bien! Des bisous!

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Mardi 2 Octobre

La nuit a été au top! Même pas froid malgré 0 degrés! Le petit déjeuner est consistant, pancake aux pommes pour Julien, porridge pomme cannelle pour moi. On a du mal à finir, mais il nous faut de l'énergie. La journée commence à 7:30, très fraîchement. Nous commençons la marche bien couverts, malgré cela le froid se fait bien sentir. Je n'ai pas regardé en partant, mais il doit faire 6 degrés environ. Malgré les gants, mes doigts sont figés autour de mes bâtons. J'ai un peu mal à a tête, le froid me gèle le front. Le menton est engourdi aussi, on articule bizarrement, comme au ski. Après une vingtaine de minutes, les rayons de soleil se font sentir, ça fait un bien fou! Sur le chemin, un nouveau spectacle nous est offert: un duel de yaks juste devant nous! On les esquive, en prenant soin de ne pas passer trop près des bébés yaks, on ne voudrait pas énerver leurs mamans. On fait une pause après un passage assez raide. Rinzi, le guide, nous offre à chacun un petit bout de fromage de yak, dur comme de la pierre, impossible de croquer dedans. Il nous dit qu'il faut le sucer, d'accord, ça ne me dit trop rien mais je ne refuse pas. Ça n'a pas vraiment de goût. La pause est finie, on continue! Un peu moins raide, mais on avance doucement tout de même. Le paysage ne laisse presque plus de place à une végétation, à part quelques buissons secs, et une plante étrange qui pousse au milieu des cailloux, je vous mettrai la photo. Le temps passe et le morceau de fromage de yak ne se ramolli pas, ça s'effrite parfois, avec un goût de lait périmé. Rinzi est derrière moi, je ne peux pas le cracher. Je le coince dans un coin de ma bouche. En jettant un coup d'oeil rapide à mes camarades, je vois qu'ils en ont fait de même. On arrive à Thorong Phedi, 4500m, à 9h30, il y a une boulangerie où tout est fait maison, on est tous d'accord pour s'y arrêter prendre un encas. A l'intérieur, un népalais rastaman, musique reggae, on adore l'ambiance! Ce sera thé noir et chocolate roll pour nous, sorte de brioche marbrée de chocolat, et café avec tarte aux pommes pour les québécois. A 10h30 nous repartons, c'est la partie la plus raide, direction Thorong high camp, 4900m. Rinzi nous dit que nous en avons pour 2 à 3h en fonction de notre rythme. C'est très dur, très raide, sur de la terre et des cailloux. Les bâtons sont nos meilleurs amis à ce moment-là. Nos pas nous font avancer de 10 cm, allure de tortue en moonwalk. On dirait les hobbits en route pour le mordor (mais en vachement mieux quand-même!). Nous avons fait plus de la moitié nous dit Rinzi, on est contents! Finalement, à notre allure d'escargot, on aura mis 1h pour rejoindre Thorong high camp, On retrouve Manon et Gaëtan dans la salle à manger, encore bien chaude car au soleil. Je ne vois pas de poêle, le dîner va se prendre à la fraîche. On déjeune léger, après les viennoiseries qu'on a englouti, on n'a pas une grosse faim. Tout le monde est épuisé et rejoint sa chambre pour une sieste. Cette nuit sera la pire. Il fait vraiment très froid et humide dans la chambre. Pas d'eau ni de douche ici non plus, mais pour le wifi ça ils savent faire, il est payant ici. Il y a beaucoup de monde ici au high camp, beaucoup que nous avons déjà croisé. Je tente les toilettes, si cette nuit l'envie me prend, ça sera dans la nature. C'est tellement crade que ça pue l'ammoniaque dans le cabanon wc. Après la sieste, on rejoint la salle à manger pour reprendre de la chaleur. Un peu de lecture. Je me sens comme semi fiévreuse, un peu comme après une longue journée à la plage. Je le dis à Julien, lui aussi se sent comme ça. Ce n'est pas un mal de crâne ou migraine, mais plutôt la tête chaude. Rinzi n'est pas inquiet, il me dit que c'est normal, avec un état de fatigue à cette altitude, et qu'après le vent froid toute la matinée, la tête doit se réchauffer. Il y a un point de vue un peu plus haut, je motive Ju à y aller, c'est raide mais à côté, on est là qu'une fois dans notre vie, il faut y aller. Le vent est glacial, on arrive en haut, vue à 360 degrés. Quelques photos et on redescend à la chambre pour un peu de lecture. Je lis à Julien, ça nous permet de ne pas psychoter sur le MAM, on est si près du but qu'on n'a pas envie de devoir rebrousser chemin maintenant. A 17h, on se retrouve à la salle à manger pour commander le dîner. Les deux salles sont bondées, on doit être une centaine. On s'assied où on peut. On commande aussi le petit déjeuner pour demain, à 4h30. Longue journée demain, on doit monter jusqu'au col avant 9h, car après le vent glacial se lève, puis redescendre au village de Mukhtinath, à 3700m, ça va être une longue descente!

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Mercredi 3 octobre

Pour la nuit dernière j'avais fait remplir la gourde d'eau chaude, et ça a bien été utile! Il est à peine 20h quand on se met au lit, réveil à 4h00. La tête est toujours chaude, mais on essaie de ne pas y penser. Julien lit un peu, je m'endors presque aussitôt. Vers 22h30, réveil par la vessie. Les toilettes sont dehors. Je n'ai absolument pas envie de sortir de mon cocon tout chaud pour affronter des températures négatives. Il le faut pourtant, impossible de me retenir jusqu'au réveil. Je me couvre et sors, et finalement j'oublie vite le froid. C'est la première fois de ma vie que je vois un ciel aussi étoilé, aussi beau, la voie lactée aussi nette. J'en prends encore une fois plein les yeux. Je ne traîne pas trop non plus et me remets ensuite vite dans mon sac de couchage. Malgré le fait qu'on n'ait pas si froid sous la multitude de couches au dessus de nous, la nuit est coupée de plusieurs réveils. L'air est sec, on a souvent soif. Il est 4h, le réveil sonne, et on se lève quand-même sans trop de mal. Ni Julien ni moi ne nous sentons mal, tant mieux! Si près du but, s'il fallait redescendre on le ferait bien-sûr, mais ça serait trop frustrant. Je passe les détails du petit-déjeuner, assez consistant comme d'habitude. 5h, nuit noire, froid glacial, nous voilà partis tous les cinq en direction du col, lampe frontale vissée sur la tête. Juste sur notre droite, le vide. On croise des chinois complètement inconscients, sans aucune lumière. En contrebas, on ne distingue que les frontales des trekkeurs, qui se suivent à la file indienne. On avance à pas de mouche, c'est moins raide qu'hier, mais le froid et chaque mètre pris en hauteur nous font subir chaque pas, sans compter le poids du sac à dos. Le jour se lève très doucement, vers 6h peut être, je ne sais plus. Je ne sens plus mes doigts malgré les gants, ni mes orteils. Le visage glacé, personne ne parle. Le soleil se lève, et ça fait un bien fou au moral qu'il fasse jour, que l'on puisse voir les montagnes autour de nous, que les rayons puissent à peine nous réchauffer. Au fur et à mesure de notre ascension, malgré le soleil, il fait très froid. Tout est givré par terre, le dessus de nos sacs aussi, nos gourdes commencent à geler, les tuyaux camelback des québécois le sont aussi. Arrivés à un refuge, on fait une pause et on croise Manon et Gaëtan, partis avant nous. Manon ne se sent pas bien, ils ne savent pas quoi faire. Rinzi va la voir, lui donne un médicament pour le mal des montagnes, et la rassure, elle peut continuer. Je prends conscience que jusqu'à présent on a de la chance, aucun symptôme, ne serait-ce que minime, du MAM. On est à bout de forces tous les deux (les autres aussi sans doute). Julien me dit que c'est physiquement le jour le plus dur de sa vie, c'est le mien aussi. Mon corps continue de me faire avancer, mais il n'a plus aucune ressource. J'ai envie de me débarrasser de mon sac, de m'allonger à même le sol rocailleux, et dormir. Je repense à des bons moments avec vous, famille et amis, et je continue à avancer. Il est 7h20, ça y est! Thorong La Pass, 5416 mètres. On l'a fait! De Nadi Bazar, 930 mètres il y a neuf jours à aujourd'hui, on est trop contents! Tout le monde se tape dans la main, et se fait une accolade. Il y a un minuscule tea house, tout le monde prend le thé de la récompense. Avant de repartir, on prend une photo devant le panneau du col et ses drapeaux. On repart environ une vingtaine de minutes après notre arrivée, histoire de ne pas provoquer le MAM tout de même, ici le taux d'oxygène est de 50% par rapport au niveau de la mer. Je suis très agréablement surprise, j'ai peut être du sang pourri, mais les Maïk c'est solide tout de même! Aucun de nous deux n'a eu ne serait-ce qu'une migraine liée à l'altitude. Merci les gènes :) Passée l'excitation du passage du col, ça rigole moins: deux heures de descente sur un sentier de graviers raide, il faut descendre plus de 1600 mètres. Ça nous tue les jambes et les genoux. D'ailleurs je glisse et me retrouve par terre, amorti fesse gauche sur un caillou. J'aurai sans doute un bleu mais je préfère ça qu'être tombée côté droit, côté ravin. On rêve d'une tyrolienne ou d'un toboggan géant qui nous amènerait en bas. Pause déjeuner, il est 10h50, et ça fait un bien fou de s'asseoir et de manger, au soleil. On y resterait bien, mais le repas terminé, il nous reste une heure de descente, ça parait interminable. On voit Muktinath au loin. Ça n'a rien à voir avec les villages avant le passage du col, je suis beaucoup moins fan. Des constructions qui poussent comme des champignons, entre un temple hindou et un monastère bouddhiste. Il est 13h, enfin nous arrivons à Muktinath, où nous regagnons notre chambre peu de temps après avoir passé le check point. On est au quatrième étage, c'est une blague ! On le prend bien-sûr à la rigolade, et faisons les escaliers des quatre étages pour arriver à chambre. Ça change des deux dernières nuits, même si on s'en était accommodé. On a une salle de bain et de l'eau chaude, on file à la douche, après deux jours sans on ne sent pas la rose! Sieste, lavage de vêtements, puis on rejoint nos québécois et Rinzi pour la dernière soirée avec eux sur le trek: ils partent de bonne heure demain, nous partirons plus tard. On les recroisera peut être sur la route, sinon on les reverra à Pokhara après le trek. Les jambes et les paupières sont lourdes, il est temps de rejoindre le lit. On dirait qu'on a fait deux journées en une, en tout cas on est trop contents d'y être arrivés! Bisous

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Jeudi 4 octobre

Super grasse matinée ce matin: lever à 8h. On a dormi presque 12 heures, d'une traite! Ça fait vraiment du bien on en avait besoin après ces derniers jours et surtout la journée d'hier! Le corps est toujours fatigué, Julien a la nuque raide, mes mollets sont tétanisés. Aujourd'hui on doit descendre 1000m, mais pas si vite fait, il faut commencer par une montée de presque 400m. Le paysage est très différent de ce côté du col, pas de végétation, ça ressemble à un désert. De l'autre côté des montagnes, c'est le Tibet. Après une heure et demie ou deux heures de marche, on arrive au bout de cette montée, le panorama est incroyable. Puis c'est parti pour la descente, le chemin n'est pas facile, c'est très incliné par moments et ça glisse. Après cette interminable descente, on arrive à une sorte de canyon, ou vallée de la rivière Panda Khola, que nous traversons par un pont suspendu. Lorsqu'on arrive à Lubra, le premier village depuis qu'on est partis, on décide de s'arrêter déjeuner. Le village est désert, et jusqu'à maintenant on n'a croisé aucun trekkeur, c'est étrange mais on suit bien le chemin du trek. On repart après avoir bien mangé, toujours en suivant le balisage. Sauf que ça monte beaucoup alors qu'on est censé descendre, le sentier est très étroit et en bord de ravin, avec beaucoup de glissements de terrain à passer, et un vent qui souffle des rafales très importantes. Ce sentier dangereux ne nous rassure pas, on rebrousse chemin et on prendra la route en terre que l'on voit descendre jusqu'au lit de la rivière, qu'on longera jusqu'à retrouver la route principale. Il y a des bergers avec leur troupeau de chèvres. Arrivés en bas, il faut tout de même traverser la rivière. Julien décide de traverser à un endroit possible, je sais que pour mes courtes jambes je vais me retrouver dans l'eau (ça vous rappelle quelque chose ?). J'avoue que je râle et lui dis que je ne passerai pas là. Un berger plus loin me fait signe de me rapprocher de là où il est, et qu'il va m'aider à traverser. Je me rapproche, quand j'arrive il a déjà traversé de l'autre côté. Puis il revient, me dit de monter sur son dos, il n'est pas plus grand ni plus épais que moi, mais il vient de re traverser la rivière pour venir me chercher, alors je saute sur son dos. Arrivés de l'autre côté, je le remercie et lui dis de patienter. Il m'a aidé sans rien attendre en retour, mais ça m'a touchée et je lui remets quelques roupies pour le remercier de son geste, il est très touché également. Julien resté de l'autre côté, enlève ses chaussures, retrousse son pantalon et s'apprête à traverser à son tour, avec son sac à dos, ses bâtons et les miens. Il m'envoie ses chaussures que je réceptionne, puis mes bâtons. Le premier est digne d'un lancer de javelot! Pour le deuxième, une rafale de vent vient contrer le lancer, et plouf à la rivière. On essaie tant bien que mal de le récupérer, c'est peine perdue il est parti dans le courant. Dommage, mais le plus gros du trek est fait et j'en aurai bien moins besoin maintenant. Nous terminons de traverser cet espèce de canyon, puis arrivons sur la route de poussière. Le vent est violent et soulève beaucoup de terre et de poussière. Malgré les lunettes, ça nous vient dans les yeux. Je sens que j'en ai dans la bouche quand je respire. On demande à des passants si Jomsom, que l'on doit rejoindre, est encore loin, on nous répond 2km. Tu parles, on ne voit rien à l'horizon! C'est plutôt 5 ou 6km! Julien me prête une buff qu'il a en plus, je la mets jusqu'en dessous de mes lunettes pour ne plus avaler ni respirer la poussière, il en a fait de même. On arrive à Jomsom, après 20 km de marche aujourd'hui. Aujourd'hui c'est mentalement que ça a été dur je dirais. Je n'avais pas cette image de Jomsom. C'est grand, sans doute la plus grande «ville» depuis le début du trek. Il faut trouver notre logement pour ce soir, les premiers essais sont infructueux, les hôtes pas aimables. J'aime moins ces grandes villes, l'esprit est très différent de ce qu'on a connu pendant toute la première partie avant le col. On croise Gaëtan à une terrasse de guesthouse, on lui demande son avis, il n'est pas convaincant. Alors on continue notre recherche, puis finalement on en trouve une pas mal, on s'y installe. Demain c'est en bus qu'on va rejoindre la prochaine étape, pour manger moins de poussière et ça fera du bien aux jambes! A demain pour la suite :)

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Vendredi 5 Octobre

Nous sommes réveillés par des coqs aux cocoricos très très étranges, c'est vraiment dommage qu'on ne puisse pas poster un enregistrement parce que ça vaut vraiment le coup! Il est tôt, car à 7h nous devons prendre le bus direction Tatopani, à 50km de Jomsom. Durée estimée du voyage, 4 heures. On va à l'endroit que nous a indiqué la guesthouse pour acheter les billets. Un monsieur nous dit de le suivre. Une centaine de mètres plus loin, il s'arrête et nous donne un tarif, plus cher, pour une jeep dans laquelle nous serions entassés à 8. Ce n'est pas ce qu'on a demandé. On croise Ruben, un espagnol qu'on a brièvement vu au high camp. Il s'est fait mal au genou en descendant, le trek s'arrête pour lui, retour à Pokhara. Il nous dit qu'il prend aussi le bus, à 7h30, et nous indique où il a acheté son billet. Le bus qui va à Pokhara s'arrête à Tatopani, on achète nos billets et peu après nous voilà dans le bus. Dernier rang, celui donc qui secoue le plus à chaque bosse sur la route. Et ça ne manque pas, ce sont des secousses à chaque instant, on s'en amuse au début, on décolle vraiment des sièges, on se croirait dans un parc d'attractions. On croise beaucoup de troupeaux de chèvres, il y en a qui, en guise de tag, sont marquées au spray rose. Le bus fait une pause une heure plus tard. C'est indiqué «tourist bus» sur le devant, soit disant plus grand et plus confortable que les microbus locaux. Plus spacieux sans doute, pour le confort je pense que c'est le même, puisque la route est la même pour tous. Un autre tourist bus s'arrête, et on voit descendre Hélène, Gracien et Rinzi! Décidément! Un petit coucou rapide car notre bus repart déjà! Un peu plus loin, il s'arrête au milieu de la route, car des travaux ont lieu, et il n'est pas certain de passer. Au bout d'une vingtaine de minutes, on repart! Nos rires à chaque secousse deviennent nerveux, c'est moins drôle de se cogner la tête, les épaules, de se tasser les vertèbres. La poussière entre dans le bus, on en a tout de même moins qu'en faisant le trek sur cette route. Le conducteur roule vite malgré l'état de la route et la proximité du ravin, par moments on ne voit pas le bord de la route tellement le bus s'en rapproche, on n'est clairement pas sereins, une roue dérape, sueurs froides. Les népalais eux, ne semblent pas s'en préoccuper. Nouvel arrêt moins d'une heure avant d'arriver à Tatopani, pour le déjeuner. On préfère ne pas déjeuner ici au bord de la route, et il vaut mieux ne pas avoir l'estomac rempli pour reprendre le bus. De nouveau les québécois, eux ont déjeuné là. C'est reparti pour le dernier bout de trajet, on est beaucoup descendu en altitude, il fait chaud! Finalement on nous signale l'arrêt Tatopani, nous sommes les seuls à y descendre. Nos sacs ont tenu bon sur le toit du bus, ouf! A la recherche d'une guesthouse, il y en a une avec un joli jardin, c'est celle qu'on choisi pour aujourd'hui. Devinez qui sont nos voisins de chambre! Nous avons faim et prenons un chowmein. Après celui délicieux qu'a eu Julien hier midi, ceux-ci semblent fades, mais ça passe. Il y a des sources d'eau chaude à côté, alors après le déjeuner, on y va! Il y a deux bassins, un chaud, et un brûlant! Il faut y aller doucement, Rinzi nous dit que ça peut faire un coup de chaud, certains se sentent mal, d'autres vomissent. Ça ne loupe pas, a peine arrivés, une fille sort du bassin le plus chaud et fait un geyser de son dahl bat un peu plus loin. On commence par le bassin le moins chaud, puis on s'aventure dans l'autre. Julien s'y fait, pour moi c'est brûlant et ça ne sera que trempette des pieds. Pour ne pas avoir trop chaud, on se prend une bière, la première depuis longtemps. Une libellule fait le tour du bassin encore et encore, puis se pose sur la main de Julien, elle y reste un moment. Après ce bon moment aux sources, direction le restaurant, on pensait manger sur la terrasse mais la pluie arrive, par petites gouttes. Demain c'est +1000m de dénivelé, on espère que la pluie nous épargnera. Après le dîner, on décide d'aller voir les boutiques pour essayer de trouver un bâton de marche. On en trouve un dans un petit shop, semblable au mien, je le prends! Et déjà l'heure d'aller se coucher, demain ça va être une grosse journée de montée! Des bisous

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Samedi 6 Octobre

Au réveil, Julien est en pleine forme. J'ai mal au dos, je pense que c'est à cause du bus hier, et des bons parfois très durement amortis. Étant revenus en basse altitude, les bananes sont de retour, porridge banane pour attaquer la journée, œufs brouillés pour Ju ! C'est une grosse journée qui nous attend, 15 km avec 1600m de dénivelé positif, 7 heures de marche en montée et escaliers. Hélène et Gratien (mea culpa j'avais mal orthographié depuis le début), nous ont demandé si on leur ferait le plaisir de faire le trek aujourd'hui avec eux, on accepte volontiers. Je ne sais pas si c'est le mal de dos, ou le corps qui fatigue après presque deux semaines à marcher quasiment tous les jours, mais aujourd'hui pour la première fois, j'ai conscience de mon sac à dos. C'est quelque chose auquel je ne pensais pas jusqu'à maintenant, je m'étais vite habituée et même si évidemment on avance mieux sans sac, je ne le ressentais pas comme un poids. Aujourd'hui, c'était mon fardeau. Chaque kilo me paraissait en peser le double. Il fait encore une fois beau et dégagé après la petite pluie de la veille, la chance reste avec nous. Le trek commence à l'ombre, le soleil nous atteind plus tard. A cette basse altitude, la chaleur est élevée, nous sommes trempés. Nous croisons Daniel l'américain et Stefania l'italienne! On les verra plusieurs fois au départ, puis plus du tout ensuite. La végétation est de nouveau celle du début du trek, entre rizières en terrasses, et forêt tropicale. On aperçoit à peine le sommet de l'Annapurna Sud. Cette montée interminable est éprouvante, le corps est rapidement en manque d'énergie. Les snickers aident très ponctuellement. Vers 11:30, on s'arrête déjeuner. J'aurais pu manger deux fois mon assiette de pâtes, Julien a bien fait en prenant un dhal bat, resservi gratuitement. A peine le déjeuner terminé, Rinzi nous dit qu'il faut partir. Le ciel s'est couvert et quelques gouttes tombent. Il ne veut pas qu'on se prenne la pluie. Finalement, les quelques gouttes de pluie cessent après quelques minutes. Le corps n'a pas eu le temps de transformer le repas en énergie que nous voilà déjà repartis, difficilement, mais toujours dans la bonne humeur. Il nous reste encore trois heures de montée, essentiellement avec des marches taillées dans la pierre. Je suis bien contente qu'on ait pu trouver un bâton hier, ça aurait été vraiment pénible avec un seul. On avance, lentement mais sûrement comme on dit. Finalement on voit au loin en hauteur Ghorepani! On y est presque, ça nous motive et on donne notre énergie restante pour enfin arriver à destination. Lorsqu'on y arrive, on se met à la recherche de notre logement pour cette nuit, les québécois ont une chambre réservée par Rinzi un peu plus haut dans le village. Il est 16h, on est partis depuis 7h ce matin. Demain ou plutôt cette nuit, il faudra se lever avant le soleil pour le voir se lever sur Poon Hill, colline à plus de 3000 mètres d'altitude qui offre, si le ciel est dégagé, un panorama sur les Annapurnas! A demain pour la suite!

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Dimanche 7 octobre

Il est 4h30 lorsque le réveil sonne. C'est tôt, mais nous voulons voir le lever de soleil depuis Poon Hill (3210m), qui promet une vue exceptionnelle sur les Annapurnas. Départ à jeun à 5h, bien couverts et avec la lampe frontale. Le ciel nous laisse admirer les étoiles, il devrait donc être dégagé aujourd'hui. Arriver à Poon Hill, ça se mérite. C'est 1,5km de pure montée par des marches de pierre, parfois très hautes. L'accès à la colline est payant, pas grand chose, mais c'est pour la conservation du lieu. Il faut une heure environ pour monter, nous mettons une quarantaine de minutes avant d'arriver, enfin. Le jour commence à peine à se lever. La première chose que je remarque, c'est la quantité de personnes venues pour ce spectacle, entre 300 et 400 je dirai, Julien dit 500. Beaucoup de personnes, groupes, familles, font ce trek depuis Pokhara. Ça fait drôle de renouer avec la foule tout d'un coup. Depuis le début du trek, on profite d'une telle tranquillité et quiétude, là j'ai l'impression de me retrouver place trocadero, à une moindre échelle. Tout le monde cherche à avoir sa photo parfaite, se bousculant, s'ignorant, bref, retour à la réalité le temps d'un instant. Nous croisons Stefania et Daniel à nouveau. Puis le soleil se lève enfin. Quelques nuages sont présents, pile devant les montagnes, mais au fur et à mesure que le soleil se lève, ils disparaissent, laissant place aux géants devant nous. Quel spectacle, vraiment, j'oublie la foule, le froid, et ouvre grand mes yeux pour observer, sans doute une unique fois dans ma vie, ce panorama. A notre tour, avec patience, de prendre quelques photos de ce bouquet final. Nous voyons les québécois, tout aussi ébahis que nous. Ils s'apprêtent à redescendre pour leur dernière nuit dans les Annapurnas. Nous irons prendre un verre avec eux à Pokhara, mais restons encore un peu profiter du spectacle. Une heure après notre arrivée, nous entamons la descente, puis regagnons le lodge pour le petit déjeuner. Le ventre rempli et les sacs bouclés, nous partons vers 9h, sans avoir vraiment de destination en tête. Il faut descendre jusqu'à Nayapul, à 17 km de Ghorepani, pour prendre le bus et rejoindre Pokhara, mais nous y allons vraiment tranquillement, et passerons sans doute la nuit quelque part sur le chemin. Le paysage est très vert, on adore et on se régale visuellement de cette descente. De nouveau nous avons un compagnon à quatre pattes. Il a une oreille cassée le pauvre, il nous suit jusqu'à s'arrêter à un restaurant d'où proviennent de bonnes odeurs qui, visiblement, sont arrivées jusqu'à la truffe de notre compagnon. Les genoux sont toujours sensibles et nous y allons prudemment. Lorsque nous nous arrêtons pour la pause déjeuner, nous décidons finalement de passer la nuit ici, a Ulleri. Très bonne idée finalement, car quelques gouttes commencent à tomber, et se transforment bientôt en trombes d'eau accompagnées de tonnerre, nous sommes bien au sec. Depuis que nous avons passé le col, les villages n'ont pas l'électricité tout le temps. Ici depuis notre arrivée, il n'y en a pas. En général ça vient le soir, lorsque la nuit tombe et que nous n'y voyons plus rien. J'en profite pour mettre de l'ordre dans mes idées pour cette étape. Julien écrit sur son carnet. On lit. Depuis la chambre, on a une magnifique vue sur l'école et sur la vallée. Encore une fois la nature nous surprend avec un magnifique arc-en-ciel, au dessus de l'école. Sans doute un des plus beaux et grands qu'on ait jamais vu. Il est tôt et j'aurai voulu aller me promener dans le village, on verra si la pluie se calme. 17h30, je reprends l'écriture, la pluie s'est calmée et il fait presque nuit. L'électricité fonctionne à présent. Il n'y a que nous, et une chambre de trois chinois dans le lodge, assez calme donc. Demain est déjà notre dernier jour de trek, si la pluie ou les genoux ne nous stoppent pas avant. On laisse avec ces quelques photos et on vous retrouve demain pour la suite!

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Lundi 8 Octobre

C'est parti pour la dernière journée de notre trek. La vue depuis la chambre nous permet de voir Annapurna South. Nous prenons le petit déjeuner sur le rooftop pour profiter encore de cette vue. Puis il est temps de dire au revoir à nos hôtes et de partir pour la dernière descente. Elle est raide, avec beaucoup d'escaliers. On croise majoritairement des trekkeurs qui montent, pour faire le trek de l'annapurna base camp, 4130 mètres. Ils n'en peuvent plus de monter. Nous sommes contents de descendre, quoi que je sens un peu de nostalgie au fond de moi, c'est déjà la fin après deux semaines de trek. Je garde en tête tous ces paysages traversés, et profite encore de ceux que nous voyons. J'ai attrapé la crève hier, au lever du soleil à Poonhill ou lors d'une pause à l'ombre en descendant, mais peu importe, ce n'est que ça de tout le trek. Julien à mal a son genou, je glisse (encore) et me réceptionne sur les fesses. Nous montons dans une jeep pour nous amener à Nayapul, d'où nous pourrons prendre le bus pour aller jusqu'à Pokhara. Dans la jeep il n'y a que nous et des népalais. C'est une jeep estampillée Real Madrid CR7, ça nous fait rire. A Nayapul, les bus et jeeps déchargent des lots de trekkeurs en groupe, avec guides et porteurs. Nous prenons le temps de déjeuner, on sent qu'on est bien descendu en altitude par les prix affichés qui sont eux aussi descendus. Julien se rend compte que nos bâtons de marche sont restés dans le coffre de la jeep, dans la cohue et les attroupements autour de nous pour nous proposer des services de taxi en sortant de la voiture, nous les avons oubliés. Il va voir aux alentours si la jeep Real Madrid est encore là, elle est déjà repartie. Tant pis, nous n'en avons plus besoin, mais ils ont fait partie du trek. Le déjeuner terminé, on voit passer des bus. Ici pas d'arrêt officiel. Dans les bus, il y a le chauffeur, et un ou deux «appeleurs/annonceurs» alors que le bus est encore en marche. On entend «Pokhara», on fait signe que nous souhaitons monter, le bus s'arrête, nous prend presque en marche et continue sa route. Nous sommes debout dans le bus, il n'y a pas de place, ni pour nous ni pour nos sacs. Les «appeleurs» nous font signe de nous assoir près du chauffeur. Un des appeleurs doit avoir 16 ans au plus, il vient parler au chauffeur à côté de moi, en s'écrasant à moitié sur moi, je crois que j'ai une touche. C'est parti pour plus d'une heure à l'avant du bus, avec leur conduite ici, à tout moment je traverse le pare brise, mais étonnamment je me sens en sécurité, et j'apprécie le trajet. On arrive à Pokhara, ici pas d'arrêt de bus non plus. Chacun dit où il veut s'arrêter, et on nous laisse en chemin. Il nous reste deux kilomètres à parcourir à pied pour rejoindre le lodge où nous avions laissé nos affaires. Il fait chaud et lourd ici! Sur le chemin, nous découvrons plein de boutiques, il me tarde d'aller y faire un tour durant ces prochains jours. Finalement nous arrivons au Green Peace lodge. Nous retrouvons Aziz, le jeune qui travaille là. Il nous demande comment s'est passé le trek, nous lui racontons un peu. Après une bonne douche, nous allons en direction du lac, pour une bonne bière bien méritée, en plus c'est happy hour! Qu'est ce qu'on est bien là! Nous rencontrons deux français, qui hésitent sur leur futur trek. Ils voudraient faire le même que nous mais hésitent à cause du froid, nous leur donnons notre ressenti et nos impressions. Puis un norvégien, un peu à l'ouest mais gentil. Pour le dîner, nous retournons au premier restaurant dans lequel nous étions allés à notre arrivée à Pokhara, les Moomins. Il n'y a que des locaux et la nourriture est excellent, avec une bonne musique de fond. Ensuite, nous regagnons le lodge pour un gros dodo, pour la première fois sans réveil demain! La suite sera sans doute moins racontée ici, ça va être plus calme maintenant. Namaste!


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Namaste! Quelques temps sans nouvelles mais tout va bien ici, et puis l'envie d'écrire à nouveau. Nous avons eu une semaine relax après le trek, ça fait drôle après deux semaines bien rythmées, mais ça fait aussi du bien! Le retour au calme commence par une bonne crève pour tout les deux mais rien de bien méchant, et une brève tourista, il fallait bien que ça nous arrive à un moment ou un autre. Nous sommes retournés au Green Peace lodge où nous étions avant le départ, où nous avions laissé quelques affaires. La vue sur le lac est toujours aussi belle, la chaleur toujours étouffante d'humidité. Les premiers jours avec la crève sont très calmes, on se ballade un peu, on flâne entre les boutiques. On a cousu des drapeaux sur nos sacs. Un soir on propose aux québécois de dîner avec nous et ils acceptent, on les a revu une dernière fois.

Nous prévoyons d'aller voir la pagode de la paix, au dessus du lac, mais elle est couverte sous les nuages. Je me décide à y aller un matin plus découvert, Julien ne se sentant pas encore en grande forme. Il faut aller de l'autre côté du lac en prenant une barque, le trajet dure à peu près 15 minutes pour arriver à la berge où commence le sentier pour monter à la pagode. Ce n'est pas loin mais ça grimpe assez raide, encore une succession de marches. Je suis trempée et essoufflée dès les premières, je me demande comment j'ai fait durant les deux semaines de trek, j'ai l'impression d'avoir perdu toute endurance! Il paraît qu'il y a des singes dans cette forêt, je n'en vois pas. Je parviens à la pagode après une petite heure, et ça en valait la peine. Perchée à 1100 mètres sur la colline Anadu, une vue imprenable sur tout Pokhara et le lac Phewa. Normalement on voit aussi les Annapurnas au loin, mais les nuages ne sont pas de cet avis. Petit cours culturel, les pagodes de la paix sont des stupa bouddhistes visant à inspirer la paix à travers toutes les ethnies et toutes les croyances. C'est le moine japonais Nichidatsu Fujii, fondateur d'un ordre de bouddhistes nippons, qui en a eu l'idée, après les attaques nucléaires d'Hiroshima et Nagasaki. Il avait pour projet d'ériger 100 pagodes de la paix à travers le monde, on en compte aujourd'hui 80. Celle de Pokhara aura mis 18 ans avant d'être terminée en 1999, suite à une démolition et des bâtons dans les roues de la part du gouvernement. Je prends le temps d'en faire le tour, puis de savourer la vue avec un cidre made in Népal, il ne faudrait pas se déshydrater 😄. Puis j'entame la descente, et retrouve la route de l'autre côté de la colline. Il paraît qu'il y a une grotte et une cascade à voir, mais j'ai un doute étant donné que je suis sur le bitume sans aucune végétation, et que de chaque côté ce n'est que boutiques et habitations. Pourtant après quelques minutes je vois un panneau indiquant la grotte. Je me retrouve d'abord dans un genre de souk, je ne comprends pas où je vais bien pouvoir trouver une grotte là dedans. Et puis finalement j'arrive au bout du souk et découvre une espèce de temple, avec des escaliers en colimaçon qui s'enfoncent dans le sol. Après quelques escaliers encore en extérieur, je me retrouve vite sous terre. C'est très étroit et ça ressemble plutôt à une mine, avec des échafaudages partout. Au bout, la terre s'ouvre et on y voit une cascade à l' extérieur, sans pouvoir y accéder. C'était vite fait finalement. Il faut retourner du côté du lac maintenant, j'y retourne à pied, au final ça m'a fait une bonne journée et une dizaine de kilomètres dans les jambes. Quand je suis presque rentrée, les nuages sont noirs et le vent souffle, ça sent l'orage et ça ne loupe pas, juste le temps de me mettre à l'abri dans un restaurant, ça tombe bien j'avais faim!


Aujourd'hui nous allons au lac Begnas (prononcer bègue-nass), le deuxième plus grand lac du pays après le Phewa. Les israéliens nous en avaient parlé, on peut s'y baigner et avec la chaleur ça tombe à pic! Après un gros petit déjeuner, c'est parti pour plus d'une heure de bus pour faire 25 km. A un arrêt, on entend une chèvre. En fait deux chèvres montent à bord du bus, en toute normalité. Julien se prend presque un pipi de chèvre sur les chaussures, ça ne sent pas la rose le reste du trajet! Le bus nous dépose à 5km de Majhikuna, petit hameau au point de vu splendide sur le lac. Pour y arriver, il faut marcher le long de la route en zigzag et en montée, pour ensuite redescendre. Après seulement quelques minutes nous sommes en nage, mais on continue. Après un peu plus d'une demi-heure, je tente de demander aux voitures montant si elles peuvent nous avancer, sans succès jusqu'à la troisième ou quatrième voiture, qui ralenti et semble vouloir prêter attention à ma requête. Ils sont trois et vont à Majhikuna aussi donc ils acceptent avec la bonne humeur de nous y emmener. En discutant avec eux, nous apprenons que ce sont des profs à la fac de médecine à Pokhara, ils ont la trentaine pas plus je dirais. Ils nous avouent qu'ils sont en heures de travail à l'heure où on parle, mais qu'ils avaient envie de manger un poisson grillé donc ils sont venus jusqu'ici! Tranquilles les gars! Après quelques minutes de trajet et de rigolade avec eux, nous les remercions bien et arrivons presque au lac, il faut descendre un sentier à pied. Après ça, waw! Un lac, avec quasiment aucune habitations aux alentours, vraiment nature! On s'arrête à une petite maisonnée au bord du lac, on prend à boire et on observe. Après ça, on va se baigner, mais à peine le temps de plonger tout le corps que le «serveur» nous indique qu'on n'a pas le droit de se baigner là. Étrange, on y a pourtant vu des gens juste avant nous, et puis c'est un lac quoi, ce n'est pas le sien. Bref. On se sèche un peu déçus, mais on n'abandonne pas. On choisi de déjeuner sur place un poisson grillé, comme nous l'ont recommandé les trois profs. Ça fait depuis Barcelone qu'on n'a pas mangé de poisson, et là, poisson frais juste pêché et grillé, ça nous tente bien! Et nous ne sommes pas déçus, il est farci de légumes et d'aromates, c'est un régal! Même les chats aux alentours se rapprochent à l'odeur. Ensuite on bouge pour pouvoir se baigner tranquillement, et on trouve un petit spot sans personne. Juste nous au milieu du lac, en face des rizières, juste une sensation de liberté immense. Après la baignade et les rigolades, il est temps de rentrer.


Mardi nous partons pour Katmandou, et le 19 direction Bangkok, mais là ça sera un nouveau carnet de voyage. D'ici là, quelques photos en vrac de la semaine. Des bisous!



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Dernier jour à Katmandou! En ce moment c'est le Dashain festival au Népal, la fête nationale en fait. Ça dure une semaine et se termine demain. Quasiment tout est fermé et tous les népalais sortent célébrer cet événement hindou. Aujourd'hui nous avions prévu d'aller à Swayambhunath, dit le temple des singes. Notre hôte nous dit que s'agissant de la veille du dernier jour du festival, nous devrions aller à la place du Darbâr, où se rendent les locaux pour les célébrations. C'est parti donc pour Durbar square! J'y suis allée hier quand Julien était malade mais ce n'était pas la même ambiance. Ah j'ai perdu mes lunettes de vue et j'en ai profité pour en refaire ici, 18€ la paire graduée, ça vaut le coup! A notre arrivée ça ne manque pas, il y a un de ces mondes! Une queue s'est formée passant par toute la place, sur 200 ou 300 mètres, chacun dans ses plus beaux habits traditionnels. Ils attendent de pouvoir accéder à un temple, ouvert uniquement à cette occasion. A côté de cette file interminable, un groupe s'est formé autour d'un petit temple. Il va y avoir un sacrifice. C'est tout un rituel, dans les gestes, les offrandes, les encens, les fleurs, tout est très soigné. Le petit buffle aussi est soigné, avant d'être attaché à un poteau. La suite m'a soulevé le cœur même si je n'ai pas vu la scène je l'ai entendu, et sentie. Ils sacrifient des buffles, chèvres, coqs et récupèrent ensuite le sang, qu'ils répandent sur le lieu de l'offrande aux dieux, sur leurs voitures et motos. Il est dit qu'ainsi les dieux, ayant reçu assez de sang, n'ont plus besoin de provoquer d'accidents. Nous respectons les eus et les coutumes, bien que pour nous ça ait été une scène choquante et gore. Bref nous nous éloignons et déambulons encore un peu. Nous voyons un rooftop donnant sur la place, et décidons d'y aller s'y mettre à l'ombre, le soleil cognant. Julien a faim et commande, pour moi ça m'a complètement coupé l'appétit. Après cela, direction le temple des singes, nous y allons à pieds. Dans les rues aussi, le sang marque encore les pavés ou la poussière, décidément...on arrive en bas du temple, qui est perché sur une colline, et à peine les premières marches montées, je vois un singe, mais à peine le temps de le signaler à Julien qu'en fait nous en voyons une multitude, ils sont partout! Complètement habitués à la présence humaine, ils vivent leur vie tranquilou! On continue à monter et lorsqu'on arrive au temple, on constate que c'est immense! On pensait juste faire le tour, mais en fait il y a plusieurs temples et pagodes, et bien-sûr beaucoup de boutiques avec toute sorte de souvenir artisanal: bijoux, couteaux, bols tibétains, porte clefs, vaisselle, de tout, et tout est trop beau et donne envie d'acheter. Heureusement que c'est férié et que la poste est fermée, sinon on aurait déjà rempli un carton à expédier à la maison! Nous faisons le tour, en évitant de peu un pipi de singe (j'ai déjà eu une crotte de pigeon sur le front hier, ça ira comme ça), on a une vue sur tout Katmandou, c'est immense! Sur le retour, petit arrêt à Thamel, quartier touristique que nous avons déjà vu, avec ses nombreuses guesthouses, restaurants, magasins d'équipements de trek. Notre hôte, Rabina, nous a proposé de dîner ensemble ce soir pour fêter Dashian, donc on décide d'acheter un gâteau pour le dessert. Après ça, retour à la guesthouse, quelques préparatifs pour la Thaïlande puis vient l'heure du repas. Il y a Rabina, son mari et leurs deux filles, sa soeur, et puis un italien, une indienne, une espagnole et un anglais qui logent aussi là. Elle a préparé un délicieux dal bhat, rien de mieux pour terminer ce séjour au Népal! Puis tout le monde se régale avec le gâteau, et il est l'heure de leur dire bonne nuit. Demain à cette heure ci nous seront à Bangkok, et ça se passera dans un nouveau carnet de voyage. C'est donc sur ces mots et ces images que je clôture celui-ci. Gros bisous et à très vite pour la suite 😘